La Cour suprême israélienne a accordé vendredi un sursis aux ONG humanitaires étrangères menacées de devoir quitter la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée ce week-end après avoir refusé de se plier aux exigences du gouvernement israélien pour leur permettre de rester.
Sans se prononcer sur le fond du différend entre ces ONG et l'Etat israélien, la Cour a rendu un arrêt gelant l'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions, prévue à compter du 1er mars.
La Cour avait été saisie cette semaine par un consortium représentant plusieurs de ces ONG qui lui demandait de suspendre en référé l'application de cette mesure dans l'attente d'un examen judiciaire complet.
« Nous attendons toujours de voir comment cette injonction sera interprétée par l'Etat et si cela entraînera ou non une augmentation de notre capacité à opérer », a déclaré à l'AFP Athena Rayburn, directrice d'AIDA, groupement d'organisations internationales travaillant dans les Territoires palestiniens, et une des parties ayant saisi la Haute Cour.
« La situation à l'intérieur de Gaza reste catastrophique, chaque jour où nous sommes empêchés d'agir coûte des vies », a-t-elle ajouté.
« C'est néanmoins un pas dans la bonne direction, même s'il reste encore un très, très long chemin à parcourir », a jugé Mme Rayburn, assurant que son organisation continuerait à se « battre pour pouvoir faire son travail et fournir une aide vitale aux Palestiniens dans le besoin ».
Yotam Ben-Hillel, avocat représentant les ONG devant la Cour, a salué l'arrêt rendu tout en déclarant à l'AFP ne pas savoir ce qui allait advenir dans les prochains jours.
Mais « aujourd'hui, la Haute Cour de justice a donné aux habitants de Gaza et de Cisjordanie un peu d'air », s'est-il félicité.
Le 30 décembre, les autorités israéliennes avaient informé 37 organisations, parmi lesquelles Médecins sans frontières (MSF), Oxfam, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) ou encore CARE que leur licence arrivait à expiration et ne serait renouvelée que si elles fournissaient une liste des noms de leurs employés palestiniens, désormais exigée officiellement pour des raisons de « sécurité ».
Israël avait donné deux mois aux ONG pour fournir cette liste, en vertu d'une directive de mars 2025 qui impose un contrôle strict sur le personnel palestinien des organisations internationales.
L'ONU avait à cette époque appelé Israël à revenir sur cette décision visant des organisations « indispensables » à l'envoi de l'aide dans la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali el-Khatib, a déclaré vendredi soir que le CSC était « favorable à une stratégie de sécurité nationale, et n'est pas adepte du port d'armes ». Il a tenu ces propos au cours d'un iftar (repas de rupture du jeûne) organisé en présence du président de la République Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam, et du président du Parlement Nabih Berry.
« Nous sommes favorables à une stratégie de sécurité nationale. Nous ne sommes pas des adeptes du port des armes ni du sacrifice de nos fils. Si nous avons été contraints de porter les armes en raison de l’absence de l’État, c’était pour nous défendre », a précisé le dignitaire chiite. Avant d'ajouter : « Nous avons payé un lourd tribut et nos villes ont été détruites, nous appelons à un dialogue sincère ». Ali el-Khatib exerce de fait la fonction de président intérimaire du CSC depuis quatre ans, en l'absence d'une nouvelle nomination suite à la mort de Abdel Amir Kabalan.
Il s'est directement adressé aux trois présidents. « Nous misons sur votre mandat. Nous sommes avec l’État qui instaure un équilibre social, restitue les fonds des déposants, libère le territoire, obtient la libération des prisonniers, étend son autorité sur l’ensemble du territoire national, permet le retour des déplacés dans leurs villages et entame le processus de reconstruction », a-t-il dit, cité par l'agence al-Markaziya.
Lors de la visite du pape Léon XIV au Liban en décembre 2025, Ali el-Khatib avait déjà affirmé : « Nous ne sommes pas des amateurs d’armes et nous plaçons la cause du Liban entre vos mains, dans l’espoir que le monde aidera notre pays à s'en sortir. »
Ses propos vendredi interviennent alors que le Hezbollah refuse toujours de remettre ses armes au nord du fleuve Litani, malgré la décision du gouvernement prise en ce sens, et le plan prévu par l'armée libanaise en cinq phases pour désarmer la formation chiite. Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, s'est dit à plusieurs reprises favorable à une « stratégie de sécurité nationale », sans qu'elle n'implique pour le Hezbollah une remise de ses armes.
Le Conseil supérieur chiite avait été créé dans les années 60 par l’imam Moussa Sadr. Il avait été conçu alors comme une voie d’émancipation pour la communauté chiite, un lobby représentant ses intérêts, à une époque où elle était marginalisée. Son rôle s’est éclipsé après le renforcement du tandem Amal-Hezbollah. Ali el-Khatib est aujourd'hui considéré comme un proche du Hezbollah, mais n'entretient pas de bonnes relations avec Nabih Berry, le leader d'Amal, selon plusieurs sources chiites concordantes interrogées par notre publication le mois dernier.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL’armée libanaise a établi vendredi sept nouvelles positions au Liban-Sud à proximité de la frontière avec Israël, réparties entre les localités de Yaroun, Maroun el-Ras et Aïtaroun (caza de Bint Jbeil), ainsi que Meis el-Jabal (caza de Marjeyoun), rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Cinq autres positions devraient être installées d’ici la fin de la semaine.
À Meis el-Jabal, deux nouveaux points ont été mis en place : l’un dans la région de Karkazane, au nord-est du village, l’autre dans la zone de Kroum el-Charqi, à l’est de la localité.
Ce déploiement intervient dans un contexte d’incursions israéliennes régulières dans les localités frontalières, et trois jours après un rare face-à-face entre les armées libanaise et israélienne le long de la Ligne bleue. Mardi, un poste d’observation que l’armée libanaise installé dans la zone de Sarda, au sud de Khiam, avait été pris pour cible par des tirs israéliens. Le commandement avait alors ordonné de riposter aux sources de feu. L’armée israélienne avait justifié ses tirs par l'absence de coordination préalable. Malgré les menaces, l’armée libanaise avait refusé de quitter les lieux, et renforcé jeudi le poste.
Aucune information n’a été rendue publique quant à une éventuelle coordination pour les nouvelles positions établies vendredi, et aucun incident n’a été signalé.
Par ailleurs, vendredi, l’armée israélienne a effectué des tirs sporadiques sur le Liban-Sud. À l’aube, trois obus ont atteint la zone dite d’al-Mahafir, à la périphérie de Aïtaroun (caza de Bint Jbeil), rapporte notre correspondant. Ils ont été tirés depuis un char positionné sur le site israélien d’al-Malikiya, près de la frontière. Plus tard dans la matinée, l’artillerie israélienne a effectué des tirs nourris en direction des champs de Wazzani (caza de Hasbaya).
Ces attaques surviennent au lendemain de 13 frappes israéliennes sur la Békaa-Nord qui ont fait deux morts, une Libanaise, Fatima Siblaoui, et un adolescent syrien de 16 ans, Hussein Mohsen el-Khalaf, ainsi que 29 blessés dont neuf enfants, selon le bilan définitif publié vendredi par le ministère de la Santé. Les obsèques de Fatima Siblaoui ont eu lieu à Flaoua, à l’ouest de Baalbeck, en présence du Hezbollah. L'armée israélienne avait indiqué avoir frappé « huit camps d'entraînement » de la force al-Radwan, l'unité d'élite du Hezbollah dans la région de Baalbeck.
La poursuite des attaques israéliennes, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, a été au centre d’un entretien entre le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam au palais de Baabda. Les deux responsables ont également abordé les préparatifs de la conférence internationale de soutien à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure (FSI), prévue à Paris le 5 mars, ainsi que la question du soutien international à l’institution militaire. Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a été officiellement invité à participer à cette conférence par l’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro. Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a lui aussi reçu une invitation à participer à la conférence. Il a souligné que le Liban compte sur le succès de cet événement, en raison de son importance cruciale à ce stade, et affirmé que le soutien aux Forces de sécurité intérieure, aux côtés de l’armée libanaise, constitue un objectif essentiel pour renforcer la capacité de l’État à étendre son autorité à l’ensemble du territoire national et à préserver la sécurité et la stabilité.
Plus tôt dans la journée, le chef de l’État avait présidé une réunion sécuritaire consacrée aux préparatifs de cet événement, en présence du ministre de la Défense Michel Menassa, du ministre de l'Intérieur Ahmad Hajjar, du commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, et du directeur général des FSI, le général Raëd Abdallah.
Vendredi soir, au cours d'un iftar (repas de rupture du jeûne) organisé en présence du président de la République, du Premier ministre et du président du Parlement Nabih Berry, le vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali el-Khatib, a déclaré que le CSC était « favorable à une stratégie de sécurité nationale, et n'est pas adepte du port d'armes ». Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, s'est dit à plusieurs reprises favorable à une « stratégie de sécurité nationale », sans qu'elle n'implique pour le Hezbollah une remise de ses armes.
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