Mathilde Picard
«Nous sommes absolument scandalisés par cette façon si partiale de faire de l’information», s’indigne George Pinol, délégué syndical central du SNJ-CGT France Télévisions. Dimanche, au journal de 20 heures de France 2, une séquence de presque douze minutes, sans commentaire, a montré à l’écran un enchaînement de scènes violentes des manifestations du 17 octobre. Ce cadrage qui se focalise sur les incendies, scènes de pillages et dégradations a éclipsé les manifestations pacifiques et joyeuses, les occupations de ronds-points ou opérations escargot. Pourtant, plus de 1 000 mobilisations avaient rassemblé entre 550 000 et 800 000 personnes dans toute la France ce jour-là, pour lutter contre la vie chère et exiger davantage de justice sociale. Le syndicat CFDT du groupe France Télévisions a calculé que sur les 48 minutes d’émission spéciale dimanche (hors allocution présidentielle), moins de deux avaient été consacrées aux revendications des manifestant·es. Le président de la Société des journalistes (SDJ) de France Télévisions, Valéry Lerouge, explique à Vert que ce journal déséquilibré est le fruit d’«un enchaînement de fausses bonnes idées et d’une erreur d’appréciation, sans intention de montrer seulement de la casse gratuite. Le résultat est catastrophique, mais il n’y a pas de volonté politique derrière.» Alors qu’un entretien avec la chanteuse Angèle était prévu en seconde partie d’émission, la direction de l’information a décidé de le déprogrammer pour proposer un sujet davantage lié à l’actualité sociale du week-end. Le résultat : des images brutes, sans commentaire ni mise en contexte, montées en quelques heures seulement. «Espérer un sujet de douze minutes de qualité, monté en quatre heures, c’est mission impossible», souligne Valéry Lerouge. Alors que nombre de télespectateur·ices ont écrit au médiateur de France Télévisions, Philippe Corbé, le directeur de la rédaction, reconnaît que «nous aurions dû être plus précis dans le montage, la contextualisation et le commentaire pour qu’il n’y ait pas de confusion». Pour le syndicat SNJ-CGT du groupe, il ne s’agit pas d’un accident mais d’«une propagande» pour l’exécutif. Selon son communiqué publié mardi, le cadrage du journal a donné à voir «un mouvement social d’ampleur nationale réduit à un message de haine». L’organisation syndicale a même demandé la démission de l’équipe du journal de 20 heures. Selon le reporter d’images George Pinol, il y a eu «une dérive éditoriale qui met l’accent sur les violences plutôt que sur les revendications et l’ampleur de la mobilisation pacifique». «J’ai un peu honte de ce qu’on a mis à l’antenne, en tant que défenseur de l’audiovisuel public, car j’étais sur le terrain et, à l’écran, je n’ai pas vu de mention de la blessure très grave d’une manifestante dont la main a été arrachée, ni des jeunes qui chantaient», pointe le journaliste. Ce malaise au sein de la rédaction de France Télévisions n’est pas nouveau, même si le journal de dimanche a été son catalyseur. Le délégué syndical SNJ, Antoine Chuzeville, rappelle que «cela fait presque un mois que la couverture médiatique du mouvement lycéen illustre une fascination pour les images de violence, alors que notre travail consiste à décrypter ces évènements et à les mettre en perspective ; dimanche, c’est devenu trop visible.» Selon lui, rien ne sert de blâmer l’équipe qui a réalisé le reportage de douze minutes, ce serait plutôt l’occasion de créer une réflexion sur la hiérarchisation des informations sur les chaînes. «Nous manquons de débats collectifs sur l’éditorial, détaille-t-il. Il y a une forme de dépolitisation du journalisme, alors que ces évènements sont incompréhensibles sans être reliés aux motivations politiques qu’il y a derrière.» Selon l’observatoire des médias Acrimed, 75% du temps d’antenne de France 2 a été dédié aux dégradations lors des journaux télévisés du 28 septembre au 1er octobre, en plein mouvement lycéen. Au-delà du 17 octobre, «la couverture [des mobilisations sociales] nous pose question, confirme Valéry Lerouge. Nous avons rencontré la direction mercredi dernier pour déplorer le démarrage tardif du traitement des revendications sociales, et le fait qu’on parlait trop de casses. On a noté un début de rééquilibrage sur la fin de la semaine dernière.» Ce mercredi après-midi, la SDJ a organisé une réunion pour faire le point sur la situation. France Télévisions n’est pas le seul média dont les choix éditoriaux dans la couverture des mobilisations dérangent. Dès le 3 octobre, la SDJ du Parisien soulignait dans un communiqué transmis en interne «le manque d’analyse factuelle» dans les angles choisis et «la lecture idéologique des faits» dans un éditorial du vendredi 2 octobre dernier. Plusieurs journalistes qui ont couvert la manifestation du 17 octobre pour des chaînes d’information en continu ou pour la presse nationale déplorent aussi les cadrages de leur direction. Arielle (le prénom a été modifié) travaille dans un quotidien et regrette que ses propositions de sujets visant à questionner le maintien de l’ordre aient été refusées. «Jusqu’au dernier moment, mes chefs ont sous-estimé l’ampleur de la mobilisation, abonde-t-elle. J’ai été sidérée par l’ampleur de leur déconnexion avec le terrain. Ensuite, ils ont préféré faire un angle sur les émeutiers, en interrogeant des interlocuteurs controversés.» Sacha (il a souhaité rester anonyme), quant à lui, est reporter d’images pour une chaîne d’information en continu et a été mobilisé samedi dernier. «J’aurais bien aimé filmer les cortèges de manifestants et les interroger sur leurs revendications, plutôt que de montrer seulement les voitures brûlées, car je sais que ce sont ces images qui seront commentées en boucle toute la journée», confie-t-il à Vert. Dans les écoles de journalisme aussi, le traitement des mobilisations, depuis le début du mouvement lycéen, choque nombre d’étudiant·es. À l’initiative des élèves de l’École des hautes études en sciences de l’information et de la communication (Celsa), 780 jeunes de quinze établissements différents ont signé une tribune parue dans L’Humanité, la veille du 17 octobre. «Nous allons être amenés à évoluer dans un paysage médiatique détérioré, déplore Orso, l’un des cosignataires. Nous allons intégrer un jour ou l’autre ces rédactions et refusons de couvrir des mouvements sociaux avec ce manque de déontologie.» Parmi les reproches des étudiant·es visant cette couverture médiatique : le peu de place accordée aux revendications lycéennes, l’invisibilisation des violences policières, les lignes éditoriales sensationnalistes ou encore le déséquilibre politique parmi les commentateur·ices des évènements. Lundi, les Gilets jaunes à l’origine des mobilisations ont annoncé un «acte II» pour ce samedi 24 octobre. Un évènement dont la couverture médiatique sera scrutée par toute la profession. Texte intégral (1664 mots)

La direction de France Télévisions admet des erreurs
«Il y a une forme de dépolitisation du journalisme»

Un cadrage médiatique contesté dans de nombreuses rédactions
Les étudiants en journalisme interpellent leurs aînés
Louise Deshautels
Après la mobilisation du 17 octobre, les images de pillages et de destructions matérielles ont tourné en boucle à la télévision, éclipsant les revendications lycéennes. La réponse gouvernementale s’est voulue sécuritaire, avec des centaines de personnes interpellées et des couvre-feux ciblés dans plusieurs villes : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux et Nice. Une situation qui rappelle certaines mobilisations emblématiques, retrace l’historienne spécialiste des mouvements sociaux et des révolutions, Ludivine Bantigny. Dans cet entretien à Vert, elle revient sur l’utilisation de la violence comme outil de contestation et de revendication. De nombreuses pancartes revendiquent l’héritage de Mai 68, avec une génération qui écrit : «On te remet 68». Les points de comparaison entre les deux mouvements sont nombreux. En 1968, la mobilisation avait aussi commencé par une jeunesse scolarisée qui voulait étudier autrement, qui revendiquait des conditions non seulement matérielles mais également plus de dignité. Puis il y avait eu une répression policière. Des jeunes matraqués par la police et que l’on avait vus ensuite à la Une de certains magazines, le visage maculé de sang. Après ça, une solidarité s’était manifestée avec le monde du travail. Des organisations syndicales avaient appelé à une grève générale de 24 heures. On peut aussi souligner la similarité de certaines revendications actuelles avec le mouvement lycéen et étudiant de 1986 contre la loi Devaquet, qui prévoyait notamment d’instaurer une sélection à l’entrée des universités. Avec, à ce moment-là aussi, l’idée de lutter contre les inégalités. Ou encore avec celui de 2006 contre le contrat de première embauche (CPE), qui avait aussi commencé dans la jeunesse scolarisée pour s’étendre au monde salarié. Dans toutes ces grandes mobilisations, les étudiants et étudiantes ont revendiqué l’auto-organisation, avec la volonté de ne pas se laisser déposséder du mouvement. C’est quelque chose que je relève beaucoup en ce moment, face au discours de certains médias et politiques qui vise à dire qu’il y aurait une manipulation, que les jeunes seraient complètement instrumentalisés. C’est très grave, parce que c’est une infantilisation, une sorte de mépris à l’égard de cette jeunesse. Comme si elle était incapable d’autonomie, d’intelligence et de liberté de penser. Les grandes grèves générales avec occupation, comme celles de 1936 ou 1968, n’étaient pas forcément accompagnées de dégradations matérielles. C’était plutôt l’inverse d’ailleurs, avec la volonté d’occuper les lieux de travail en faisant attention à ne rien abîmer, à bien préserver les machines. Mais la casse comme forme d’action contestataire n’est pas nouvelle. On l’a beaucoup vu pendant le mouvement des Gilets jaunes. Globalement, elle apparait à chaque moment de révolte urbaine : en 2005, après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, décédés dans un transformateur électrique en essayant d’échapper à la police [à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, NDLR] ; ou lors de la mort de Nahel Merzouk à Nanterre [dans les Hauts-de-Seine]. «Il y a deux poids, deux mesures dans le regard que l’on porte aux violences.» Il est même possible de remonter bien plus loin. En 1947 et 1948, de grandes grèves ouvrières avaient éclaté chez les mineurs, les métallurgistes… Eux aussi utilisaient des moyens de dégradation matérielle et la confrontation avec les forces de l’ordre. À cette époque était même apparu le slogan «CRS SS». On venait juste de sortir de la guerre et les grévistes avaient l’impression que la répression gouvernementale dont ils faisaient l’objet était similaire à celle des SS qui venaient d’occuper le pays. Dès la fin du 19ème siècle, on parlait des briseurs de réverbères et de vitrines. Rien de ce que l’on voit aujourd’hui en termes de violence urbaine n’est totalement nouveau. La particularité, c’est que ces actes sont concentrés autour de jeunes issus surtout des quartiers populaires, qui souffrent de discrimination et considèrent qu’il y a une violence sociale, à laquelle ils répondent par une autre forme de brutalité. C’est toujours à double tranchant. En 1968, pendant la nuit du 10 au 11 mai, les étudiants et étudiantes ont décidé d’exclure les forces de l’ordre du Quartier latin, à Paris, avec l’érection de barricades. La répression qui s’en est suivie a engendré une mobilisation encore plus vaste, la grève généralisée, et finalement les occupations. «Certains sont choqués par les magasins dévalisés, d’autres affirment que la vraie violence est ailleurs.» Si le mouvement des Gilets jaunes a remporté un certain nombre d’acquis, notamment concernant la taxe instaurée sur les carburants, c’est aussi parce qu’il y avait un engagement extrême, qui pouvait passer par des attaques de magasins et des formes de résistance physique aux forces de l’ordre. Un autre exemple, c’est celui des suffragettes britanniques. Après plusieurs années de mobilisation pacifique, certaines avaient voulu passer à la vitesse supérieure et s’étaient attaquées au mobilier urbain en incendiant des monuments. Cela leur avait permis de conquérir l’égalité entre les femmes et les hommes sur le plan des droits civiques. Il y a deux poids, deux mesures dans le regard que l’on porte aux violences. Il suffit de comparer le mouvement lycéen et les actions de certains grévistes, lors de fermetures d’usines, ou même de certains agriculteurs. Ils brûlent des pneus, saccagent des bâtiments publics ou s’en prennent physiquement à des personnes. Cela a été le cas en 2015, lorsque des salariés d’Air France avaient arraché les chemises de deux cadres lors d’une manifestation à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, contre un projet de restructuration qui menaçait plusieurs milliers d’emplois. Ces prises à partie et actions directes divisent l’opinion, mais une partie les comprend. «C’est révoltant aux yeux de certains que l’on puisse être à ce point scandalisé par les violences matérielles, et pas sociales.» L’opinion publique n’est jamais unanime et, surtout, elle est en partie construite, notamment par les grands médias. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, le débat est très divisé. Certains sont choqués par les magasins dévalisés, d’autres affirment que la vraie violence est ailleurs. Elle se trouve parmi les gens qui meurent dans la rue à cause de la pauvreté ; dans le fait que certains sont amenés à fouiller dans les poubelles, y compris des personnes qui ne sont pas sans abri mais qui n’arrivent plus à finir leur mois ; dans les féminicides et les violences sexistes et sexuelles, face auxquelles le pouvoir ne réagit pas avec la fermeté que beaucoup désirent ; dans la répression policière, qui fait que des personnes sont mutilées à vie. C’est révoltant aux yeux de certains que l’on puisse être à ce point scandalisé par les violences matérielles, et pas sociales. D’autres encore estiment que l’on a plus entendu parler des vitrines brisées dans Paris ou à Marseille que de Gaza sous les bombes. Texte intégral (1587 mots)

Cette révolte étudiante et sociale s’inscrit-elle dans la lignée des mouvements sociaux historiques en France ?

Quelle place prennent la violence et les dégradations matérielles dans l’histoire des mouvements contestataires ?
L’usage de la violence a-t-il un impact sur la réussite des mobilisations ?
Comment évolue, aux yeux de l’opinion publique, la légitimité de l’usage de la violence au sein des mouvements sociaux ?
Josué Toubin-Perre
Des tags critiquant TotalEnergies à l’intérieur et à l’extérieur des murs. Un immense dessin à la craie représentant Patrick Pouyanné, président-directeur général de la multinationale, en poulpe étendant ses tentacules et son pétrole sur l’université de Montpellier (Hérault). Quand on arrive à la faculté des sciences, occupée par des étudiant·es depuis le 6 octobre, on assiste à un mouvement de révolte sans précédent dans l’histoire de l’institution. La faculté des sciences de Montpellier n’a pas une réputation contestataire, contrairement à la faculté de lettres voisine. Mais depuis le 10 juin, c’est elle qui est en ébullition. La cause ? Un accord académique passé entre l’université de Montpellier et l’association TotalEnergies Professeurs associés. À travers cette dernière, TotalEnergies, première compagnie pétrolière française et cinquième mondiale, propose aux universités de mettre à disposition «gracieusement» des professeur·es, en échange de certains avantages. «Bienvenue dans notre espace d’autogestion», présente Ratus*, étudiante en troisième année de licence de biologie. Sur les trois étages du bâtiment 36 occupé, se sont construits en deux semaines une cantine solidaire, des dortoirs, des espaces de révision et de cours participatifs, un espace médical et un roulement bien ficelé pour le ménage. «Cette occupation n’est pas juste là pour faire joli, elle nous coûte aussi. Que l’université soit fermée m’empêche de faire un stage dans un laboratoire, obligatoire pour pouvoir passer en master. Mais on sait qu’on se bat pour des enjeux qui sont plus hauts que nous», souligne l’étudiante. «Vous imaginez vouloir travailler sur les questions écologiques et être diplômé d’une fac qui a un accord avec une telle entreprise, responsable de l’extraction de pétrole et de gaz mais aussi visée par des plaintes de “complicité de crimes de guerre” notamment pour ses actions au Mozambique ?», déplore Pierre*, étudiant en première année de licence Sciences de la vie, santé, environnement (SVSE). L’accord avec TotalEnergies a répandu l’essence de la contestation, mais ce sont les mobilisations lycéennes de septembre qui ont été l’allumette de l’occupation. «On a senti un mouvement national. D’un coup, on s’est retrouvé à 500 en assemblée générale. Et l’enjeu local de Total a soudé le mouvement», se souvient Pierre. Autre mouvement de contestation interne, mais cette fois du côté des laboratoires, quinze «correspondants transition écologique» (CTE) se sont mis en grève début septembre. Ce sont des personnes volontaires pour faire un lien entre les différentes composantes de l’université, un statut créé en 2024 par la faculté des sciences pour «ancrer les pratiques durables dans l’ensemble des structures de l’établissement». Elles et ils expliquent que «puisque cette convention remet en cause les missions, le sens et le rôle des CTE, nous nous mettons en grève de notre fonction […] tant que cette convention ne sera pas abrogée.» Nombre de chercheur·ses manifestent aussi publiquement leur désaccord. «Au-delà du symbole de l’entreprise, certaines contreparties sont inacceptables», juge Matthieu Romagny, mathématicien dans un institut de l’université et élu d’opposition au conseil de la faculté des sciences. Parmi les passages les plus décriés de la convention, dont nous avons pu consulter une copie, l’université de Montpellier décrit TotalEnergies comme un «acteur majeur de la transition énergétique». Pourtant, le 25 octobre 2025, le tribunal administratif de Paris a condamné la firme pour «pratiques commerciales trompeuses», en particulier pour s’être présentée en ces termes sur son site internet. En échange de 62,5 heures d’équivalent travaux dirigés (TD) assurées dans l’année par des professeur·es de TotalEnergies, le partenariat permet à ces employés de la multinationale de co-construire certaines unités d’enseignement (UE) du master Énergies et d’évaluer les élèves. Une autre clause a fait bondir nombre de scientifiques : «L’université de Montpellier s’engage à ne pas reproduire ni utiliser la marque et le logo qui pourraient porter préjudice à TotalEnergies.» «Pour moi, TotalEnergies utilise la même stratégie de marchands du doute que les industries du tabac, déplore Matthieu Romagny. Elles font mine de vouloir financer la recherche, elles mettent un pied dans les universités pour mieux contrôler ce qui est dit… mais elles ne veulent pas que ça se sache.» Pour le chercheur, ce n’est pas un hasard si la major pétrolière a visé l’université de Montpellier, très réputée pour ses travaux autour de l’écologie. En 2025, selon le classement de Shanghai, elle se classait première université française sur ces questions, et quatorzième mondiale. Dès juin, la pilule avait du mal à passer. La première version de la convention de partenariat avait failli être rejetée au conseil de la faculté des sciences. Lors de ce premier vote, elle avait récolté 14 voix pour et 14 contre, égalité parfaite. C’est donc le doyen de la faculté, Jean-Michel Marin, qui a tranché, en décidant d’accepter l’accord avec TotalEnergies. Mais la montée des contestations pourrait entrainer une annulation du partenariat. Selon des sources concordantes, lundi 19 octobre, Jean-Michel Marin a rencontré une délégation des étudiant·es occupant·es. Il leur a promis de soumettre au vote lors de la prochaine réunion du conseil de la faculté des sciences une nouvelle mouture du partenariat. Impossible de savoir toutes les modifications, mais selon ses propos rapportés, confirmés par plusieurs sources, la mention polémique de Total Energies comme «acteur majeur de la transition énergétique» n’y figurerait plus. Le conseil de la faculté des sciences se réunira le 4 novembre. Même si elle n’est pas encore à l’ordre du jour, c’est vraisemblablement à cette date que la nouvelle version de convention sera proposée. Si elle est rejetée par le conseil, l’ancienne sera de nouveau soumise au vote. Et si cette dernière est également refusée, alors le partenariat entre l’université de Montpellier et TotalEnergies sera sans doute annulé. Contacté par Vert, le doyen Jean-Michel Marin n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations. Les étudiant·es occupant·es disent célébrer cette première victoire, «même si nous savons que c’est le moment où il ne faut rien lâcher», assume Ratus. L’occupation de la faculté des sciences de Montpellier a d’ailleurs été prolongée pour une semaine supplémentaire. «Personnellement, je suis assez confiant pour ce vote, et je pense que l’accord sera annulé, confie le mathématicien Matthieu Romagny. En juin, c’était déjà très serré et, depuis, nous avons eu le temps d’en parler entre collègues : il y a eu de nombreuses prises de parole qui ont éclairé certains aspects qu’un tel accord impose aux universités.» *Les prénoms ont été modifiés. Texte intégral (1626 mots)


Un campus sous tension

Des mouvements de contestation à tous les niveaux

Montpellier, université numéro 1 en écologie

Le doyen de la faculté promet un deuxième vote
Une première victoire
Eva Thiébaud
«Ce qui se passe ici, c’est grâce à vous ! Votre mobilisation vous rend impossibles à ignorer !» En jean et veste coupe-vent noire, à la tribune, Russett Perry, sénatrice démocrate de l’État de Virginie, défend un projet de loi de moratoire qu’elle vient de déposer. Il fait beau et frais en ce samedi 17 octobre, le soleil fait jouer ses rayons dans les feuilles des arbres du parc où applaudissent une petite centaine de militant·es. Car au-delà de ce sage rassemblement, au-delà des alignements de maisons propres et colorées qui l’accueillent, Leesburg, située en grande banlieue de Washington D.C., est le théâtre d’un envahissement qui inquiète ses habitant·es. Celui de centres de données gigantesques aux consommations électriques massives, suivis de leur cortège d’infrastructures d’alimentation géantes. Ces data centers pullulent avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) générative, particulièrement énergivore. Pour mieux évaluer les impacts sanitaires et environnementaux de ces constructions, Russett Perry et les associations organisatrices de l’événement demandent une pause dans l’État de Virginie. Un moratoire, à l’image de ceux décidés en juillet dans l’État de New York, ou en août au Texas. Sauf que la Virginie est bien plus concernée par le développement débridé de centres de données qu’aucun autre État américain. Dans le comté de Loudoun, dont l’idyllique Leesburg est le chef-lieu, le long de larges routes rectilignes reliant entre elles les banlieues cossues de la capitale, se situe l’allée des centres de données (Data center alley), le hub historique de la donnée. Là où, attirés par la proximité de Washington D.C., des incitations fiscales, une électricité abondante et l’accès à des câbles internet sous-marins reliant l’Amérique du Nord à l’Europe, les data centers se sont développés dès les années 1990. Et là où, après la mise en ligne fin 2022 de l’agent conversationnel ChatGPT, ces infrastructures se sont mises à bourgeonner à une cadence inégalée. Au premier semestre 2026, la Virginie concentrait environ 400 de ces bâtiments pour une puissance cumulée ayant doublé au cours de la seule année 2025, atteignant 12,3 gigawatts (GW) – pour mémoire, un réacteur nucléaire dispose d’une puissance de l’ordre d’un GW. «C’est totalement inédit et ça menace toutes nos ressources.» Julie Bolthouse, directrice de l’aménagement du territoire au sein du Conseil environnemental du Piedmont (Piedmont environmental council), une association régionale, a pris le relais à la tribune. Figure de proue du mouvement, la jeune femme, en polaire grise et lunettes sur le nez, énumère les sujets mis à mal par la construction extensive de centres de données : qualité de l’air, fiabilité du réseau électrique, coût de l’énergie, eau… «Tout cela pour quoi ?, reprend-elle. Soi-disant pour nos téléphones, soi-disant pour la sécurité nationale. Pourquoi faisons-nous tout cela ? Pour que quelques-uns puissent gagner de l’argent à court terme.» La manifestation fait partie d’une série de «marches pour un moratoire» organisées à travers toute la Virginie en ce mois d’octobre. Elle rassemble ce jour-là des militant·es du Projet climat Loudoun (Loudoun Climate project), de la Fondation foncière de Virginie (Land trust of Virginia) et de Bloquons la liaison nord de la vallée (Block Valley Link North), une toute récente association de voisin·es inquiet·es de la construction d’une immense ligne à haute tension. «En mai, je ne savais rien des data centers. J’ai dû m’informer, ça se passe littéralement dans mon jardin», confie Ashley Warmeling, co-présidente de ce nouveau collectif. Dans l’assistance, un jeune homme avec une casquette verte porte une pancarte «Pas de centres de données, pas de rois» («No data centers, no kings»), en référence aux rassemblements anti-Donald Trump qui ont lieu partout aux États-Unis le même jour. Si les manifestant·es de Leesburg semblent tous pencher côté démocrate, l’opposition aux centres de données transcende en réalité les lignes partisanes et peut impliquer des républicains. «On attend une délégation du Tea Party [un mouvement contestataire d’extrême droite, NDLR] lors de l’une des prochaines marches», confirme, au-dessus de sa table pleine de tracts et d’affiches, Ting Waymouth, la coordinatrice du Réseau d’action climatique de Chesapeake (Chesapeake climate action network). La convergence tient à plusieurs facteurs qui vont du coût de l’électricité aux risques que font peser les centres de données sur la santé des riverain·es. «Mais les questions de propriété privée parlent aussi beaucoup aux électeurs républicains», nous confie Julie Bolthouse après l’événement. Les destructions massives d’emploi, voire la fin de l’humanité, promises par l’intelligence artificielle (IA), n’enthousiasment pas non plus les administré·es virginien·nes, quel que soit leur bord politique. Ces craintes ont ainsi propulsé les data centers dans le jeu des élections législatives de mi-mandat – en août, 40% des campagnes électorales embrassaient sérieusement le sujet, selon le Washington Post. Le 3 novembre prochain, les électeur·ices voteront essentiellement pour renouveler la Chambre des représentants et une partie du Sénat : une élection test pour la politique du président Donald Trump, dont la popularité est au plus bas – la guerre qu’il a initiée en Iran ayant provoqué une hausse inégalée des prix du carburant. Mais si les démocrates se prêtent à rêver de remporter les deux chambres, les décisions de suspension de data centers ne se joueront de toute façon pas au niveau fédéral, mais bel et bien au niveau local ou au niveau des États. Où les projets de moratoires ne rencontrent pas toujours l’approbation générale. «Il y a un conflit au sein même des démocrates sur la question des data centers, analyse Julie Bolthouse. Mais celles et ceux qui sont élus au niveau local ne peuvent pas ignorer leurs administrés.» Le dynamisme de certains mouvements citoyens a ainsi permis d’empêcher l’implantation de projets, comme celui de la «Prince William Digital Gateway», une zone technologique de 850 hectares qui devait voir le jour en Virginie. Ces blocages restent toutefois ponctuels face à la tendance générale. «Les obstacles au développement s’accroissent, mais la valeur d’une implantation en Virginie augmente également, notent les analystes de Cushman & Wakefield dans une note. La trajectoire du marché n’a pas changé, pointant vers une expansion continue mais plus cadrée.» Le soleil baisse sur le parc et les militant·es commencent à ranger leurs tracts. «Ce qui est aussi important, c’est que ces centres de données s’accompagnent d’infrastructures secondaires, comme des centrales à gaz, des pipelines, des lignes haute tension», insiste Ting Waymouth. Des infrastructures massives et polluantes, qui, si la bulle de l’IA venait à se dégonfler, pourraient se révéler superflues. «Nous laissant autour du cou, ici, en Virginie, un fardeau d’actifs inutilisables», soupire Julie Bolthouse. Les militant·es se dispersent. Rendez-vous demain, à la prochaine marche. Texte intégral (1877 mots)

Une concentration inédite

«Ça se passe littéralement dans mon jardin»

Un sujet au centre des débats des élections de mi-mandat
Centrales à gaz, pipelines et lignes à haute tension
Esteban Grépinet
Voilà une nouvelle qui ne manque pas de piquant. La commune de Castellar, au nord de Menton (Alpes-Maritimes), a annoncé samedi la découverte d’un porc-épic à crête. L’observation de cette espèce – filmée fin septembre grâce à un piège photographique – est une «première absolue en France», vante la mairie sur ses réseaux sociaux. Présent dans le sud de l’Italie depuis des siècles, ce gros mammifère – une vingtaine de kilogrammes ! – s’est progressivement rapproché de la frontière française ces dernières décennies. «Il s’agit de la première observation certaine en France, confirme Lucas Benaiche, naturaliste indépendant basé dans le sud du pays. On se doutait qu’il arriverait dans ce secteur, car c’est la zone de passage géographique la plus simple pour l’espèce ; mais on ne savait pas où ni quand.» Reconnaissable à ses longs piquants blancs, le porc-épic à crête est un rongeur originaire d’Afrique du Nord et subsaharienne. Sa présence sur le continent européen ne date pas d’hier : «Si les sources bibliographiques mentionnent depuis plusieurs décennies une introduction ancienne par les Romains durant l’Antiquité, certaines sources évoquaient une introduction plus tardive au Moyen-Âge», expliquait Lucas Benaiche le 12 octobre, dans un post publié sur LinkedIn. Longtemps confiné au sud de l’Italie, Hystrix cristata a passé la chaîne de montagne des Apennins à partir des années 1970, s’étendant dans toute la plaine du Pô, de Venise à Milan. La population la plus proche de la frontière française proviendrait cependant d’une deuxième introduction humaine de l’espèce, effectuée depuis la région de Rome. De manière anecdotique, un piquant de l’animal avait été retrouvé échoué sur une plage corse ce printemps. Faute d’études sur le sujet, la dynamique de l’espèce demeure difficile à expliquer. L’effet de la hausse globale des températures sur son expansion reste forcément une hypothèse, souligne Lucas Benaiche : «Son passage des Apennins concorde avec le moment où l’on commence à observer les effets du changement climatique, avec des hivers moins rudes et des ressources alimentaires qui évoluent.» L’établissement d’une véritable population dans le sud-est de la France pourrait prendre plusieurs années – l’animal observé à Castellar étant probablement un individu isolé. «Principalement nocturne, ce mammifère se réfugie en journée dans des terriers ou des cavités. Son régime alimentaire est essentiellement végétarien : il consomme des racines, des tubercules, des écorces et des fruits tombés au sol», documente le site spécialisé Faune France. «À une époque où les nouvelles concernant l’érosion de la biodiversité sont souvent alarmantes, cette arrivée spontanée constitue une excellente nouvelle», salue la mairie de Castellar. Si l’espèce n’est pas connue pour être invasive, les conséquences de son arrivée en France sur les écosystèmes restent encore à étudier. Texte intégral (705 mots)

Remontée vers le nord

Hicham Zemrani
Lors de son déplacement au commissariat central de Paris, dans le 3ème arrondissement, le 18 octobre, Jordan Bardella a eu droit à un invité surprise. Alors qu’il répondait aux questions des journalistes sur les violences commises la veille dans la capitale, le président du Rassemblement national (RN) a été interpellé par Pouria Amirshahi, député (divers écologiste) de la circonscription. S’en est suivi un échange houleux entre les deux hommes, l’élu de gauche reprochant à l’eurodéputé d’extrême droite de se comporter comme un «charognard» qui «souffle sur les braises». Huit millions de vues sur Instagram plus tard, l’écologiste revient auprès de Vert sur cette altercation et cible le gouvernement, désigné comme l’unique responsable des incidents survenus le 17 octobre. En vue de l’élection présidentielle, il enjoint aux partis de gauche de sceller un contrat de gouvernement pour faire face à l’extrême droite. En convoquant une conférence de presse au pied d’un commissariat, il voulait se mettre en scène dans cette posture imbécile de l’ordre, de l’autorité qu’il incarnerait, tel un chacal qui vient dévorer avec plaisir les restes du festin dont il se repaît. C’est-à-dire ces images de violence et de saccage qui viennent décrédibiliser le mouvement social. Or, c’est ce dont il est question au départ : un mouvement lycéen qui, de façon massive et joyeuse, a réussi à convaincre une partie de l’opinion. Cela a beaucoup contrarié le RN. Il ne supporte pas de voir cette jeunesse se mobiliser autour d’idées qui ne sont pas les siennes. Jordan Bardella cherche à incarner cette posture autoritaire qui est le gène permanent de l’extrême droite. Voir ce type se mettre en scène de façon si vulgaire m’a d’abord attristé, puis mis en colère. J’ai donc voulu lui dire ses quatre vérités. Surtout qu’il était tiré à quatre épingles, propre sur lui. Il ne sortait pas du terrain et cela se voyait. Je n’aime pas ce genre de posture. A fortiori quand cela vient d’un gars raciste, antisémite et d’extrême droite. Il n’avait rien à faire ici. Une pornographie de la violence s’installe dans tous les réseaux visuels avec une sorte de fascination morbide de la part de ceux qui, comme Jordan Bardella, Bruno Retailleau et même Gabriel Attal, s’en servent pour justifier un rappel à l’ordre. Je n’aime pas ça. Durant cette période, nous avons besoin d’unir le pays, de le fédérer. Il faut lui parler de belles choses. Il n’a pas besoin de cette saturation de la violence permanente. Nourrir les journaux télévisés de ces images est dangereux parce que cela fait peur aux gens. Politiquement, la responsabilité incombe au gouvernement. Alors que le mouvement lycéen prenait de l’ampleur, sa seule réponse a été la confrontation policière avec des forces de l’ordre suréquipées dont certains membres se sont lâchés hors de tout contrôle éthique et réglementaire. Le gouvernement est censé servir l’intérêt général, mais il n’agit pas dans l’intérêt de ces jeunes, il ne les écoute pas. Dans le cadre du débat budgétaire, il aurait pu déposer un amendement à son propre projet de loi pour proposer des moyens supplémentaires. Mais il ne l’a pas fait. Pas un centime de plus. Il a laissé pourrir la situation. Puis vient le 17 octobre. Tout se passe magnifiquement bien dans le cortège. C’est bon enfant et joyeux, avec des pancartes inventives et créatives. Là encore, la doctrine du maintien de l’ordre fait défaut. Des cortèges sont coupés en deux, la police procède à des interpellations parfois arbitraires… Pendant ce temps, des gens viennent se servir dans des commerces. À aucun moment le dispositif n’a été anticipé. Nous avons demandé une commission d’enquête parlementaire. J’espère qu’elle sera vite mise en place pour faire la lumière sur cette journée. Quant aux individus venus casser et en découdre, leur responsabilité civile et pénale est engagée. Quand on est ministre de l’intérieur et qu’on est infoutu de mettre en place une doctrine de maintien de l’ordre efficace de façon répétée et continue, il faut en tirer les conséquences et partir. Des membres du gouvernement doivent assumer leurs responsabilités. Être confronté à une crise sociale et incriminer «l’ultra-gauche», cela montre qu’il est tombé bien bas. Et qu’en plus, il est un menteur. La procureure générale de Paris dit que, pour l’instant, aucun élément ne permet d’affirmer que les casseurs sont issus de tel ou tel groupe. «L’ultra-gauche», personne ne sait ce que cela veut dire. Si ce n’est que cela permet de jeter la gauche en pâture à l’opinion, faisant le lit de l’extrême droite, de Bruno Retailleau et de Gabriel Attal. Tout cela est évidemment une vulgate qui sert, avant l’élection présidentielle, le camp de la réaction, «de l’ordre». Je mets des guillemets parce qu’en réalité, c’est celui du désordre. Ce camp a mis le pays en pagaille, abîmé nos services publics et mis sous cloche la société et les jeunes. Tous les ingrédients sont mis en place pour favoriser ce discours de l’ordre sécuritaire, cette vision phallique de la politique. Je suis d’autant plus inquiet que la France n’est pas étanche au monde. Les unes après les autres, des démocraties libérales basculent dans des pouvoirs d’extrême droite. Il y a une urgence absolue à un réveil démocratique de toutes les personnes de bonne volonté dans ce pays. Mais cela ne suffira pas. Il faut être prêt si, malheureusement, le RN arrive au pouvoir. Et si ce n’est pas le cas, nous savons que le reflux de l’extrême droite sera long. C’est pourquoi, avec d’autres personnalités de la société civile, des associations et des syndicats, nous avons lancé La Digue, une organisation internationale conçue pour permettre à des personnes directement concernées par une doctrine autoritaire de militer et de s’engager ensemble. Nous devons identifier sur quelles lignes de résistance il faudra être prêt. Toute la gauche doit comprendre que la priorité est d’empêcher l’extrême droite de s’emparer du pouvoir. Pour y parvenir, il y a plusieurs moyens. Par exemple, affirmer d’emblée que, quelles que soient les candidatures à l’élection présidentielle, il y aura un contrat de gouvernement entre les forces de gauche, que nous gouvernerons ensemble. Cet engagement pris auprès de l’opinion permettrait de montrer à la société qu’il n’y a pas que le choix entre les héritiers d’Emmanuel Macron et l’extrême droite. Concernant les candidatures, il est encore trop tôt pour savoir comment cela va se dessiner. Mais les électeurs de gauche sont très exigeants et n’accepteront pas que nous sacrifions le pays sur l’autel de nos divisions. Texte intégral (1865 mots)

Pourquoi avez-vous tenu à interpeller Jordan Bardella lors de son déplacement au commissariat central de Paris ?
Vous avez même évoqué une «pornographie de la violence» qui exciterait l’extrême droite…
Qui porte la responsabilité de ce qui s’est produit samedi ?
Pourquoi réclamez-vous le départ de Laurent Nuñez ?
En visant «l’ultra-gauche», Emmanuel Macron tente-t-il de détourner l’attention de ce mouvement social d’ampleur ?
Craignez-vous que les Français soient tentés par une offre politique autoritaire ?
Face au risque que vous décrivez, la gauche peut-elle s’offrir le luxe de la division ?
Vert
Ce poste requiert d’excellentes compétences en tournage (mobile et caméra), montage (Adobe Premiere), une grande autonomie ainsi qu’une très bonne connaissance des réseaux sociaux. Notre futur·e journaliste vidéo doit avoir une expérience en vidéo dans les médias (traditionnels, indépendants, voire sur Youtube). → Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir. → Des comptes sur les réseaux très suivis (436 000 followers sur Instagram, 140 000 sur Facebook, mais aussi des comptes sur Linkedin, Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.). → Une production vidéo qui s’étoffe (11 à 27 millions de vues par mois) → Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es. → Un média indépendant financé à plus de 90% par les dons de particuliers. → Une équipe de 18 salarié·es. En lien direct avec la cheffe du pôle vidéo/réseaux sociaux de Vert (Margot Desmons), et en tandem avec notre journaliste vidéo (Moncef Arbadji), vous aurez pour missions : → Veille continue (AFP, médias, réseaux sociaux, sources institutionnelles ou personnelles, etc.) → Participation aux conférences de rédaction quotidiennes et hebdomadaires → Proposition de sujets dans la ligne éditoriale de Vert → Tournage et montage de vidéos d’actualité à destination des réseaux sociaux et du site. Les formats seront variés. → Trouver les bonnes personnes à interviewer → Identification de tendances en matière de vidéo ou sur les réseaux sociaux Formation : école de journalisme ou d’audiovisuel Expérience : au moins 1 an d’expérience en journalisme vidéo Compétences : → Excellente veille → Tournage de reportage (mobile et caméra) → Capacité à aller au cœur de l’action si besoin → Capacité à trouver les «bons personnages» et à mettre à l’aise les personnes interviewées → Excellentes compétences de montage → Capacité à rebondir sur des actualités chaudes, à trouver des angles originaux, à s’adapter au ton du média → Capacité à travailler seul·e et en équipe → La connaissance des enjeux environnementaux est un grand plus Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe. Type de contrat : contrat en CDD de 1 an Salaire : Entre 2300€ et 2600€ brut, selon expérience. Locaux : à Césure, un tiers-lieu situé dans l’ancien campus de l’université Sorbonne-Nouvelle, dans le 5ème arrondissement de Paris Titres-restaurant : titres-restaurant pris en charge à 50% Congés : 6 semaines de congés Mutuelle : prise en charge à 50% Télétravail : possible 1 jour par semaine → Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes. → Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger. → Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres. → Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste. → Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : Le Club de Vert, les personnes extraordinaires qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres. → La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche. → Nos bureaux se trouvent à Césure, un tiers-lieu qui héberge des centaines de collectifs, associations, entreprises et autres organisations tournées vers le monde de demain. Le processus de sélection : Date de prise de poste : fin novembre 2026 Texte intégral (1274 mots)
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