Zoé Moreau
Au cœur de cet été caniculaire, nombre d’habitant·es des grandes villes disaient étouffer dans leur logement et envisager de partir. Déménager, mais pour aller où ? Le géographe Guillaume Faburel répond à la question dans son nouveau livre, Où habiter ?, qui sort ce jeudi aux éditions Tana. L’ouvrage montre combien le dérèglement climatique constitue une raison suffisante de quitter les métropoles. Elles sont toutes désavantagées, en France, par rapport à leur arrière-pays. En période caniculaire, l’écart peut aller jusqu’à 12°C entre le cœur de Toulouse et une campagne arborée située à 40 ou 50 kilomètres, par exemple. Auprès de Vert, le chercheur plaide pour un rééquilibrage en faveur des campagnes et identifie sept ensembles géographiques où d’autres manières de vivre pourraient se développer – sans en faire pour autant des refuges à l’abri de toutes les crises. Guillaume Faburel. Avec d’autres géographes, nous avons identifié sept territoires exemplaires par leur capacité d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique. Il ne s’agit pas de refuges où l’on serait protégé de tout. Ce sont des espaces qui offrent davantage de possibilités pour vivre de manière nourricière, dans la proximité et dans la solidarité. Il y a d’abord trois espaces de collines : bretonnes, normandes et poitevines. Ce sont des territoires de faible altitude, caractérisés par leurs paysages bocagers et situés en retrait des littoraux. Les côtes sont exposées à la submersion et à la pression des résidences secondaires, qui exclut déjà une partie des habitants locaux. Nous parlons donc plutôt de territoires intérieurs, avec de petites parcelles, liées à la structure du bocage. Viennent ensuite quatre ensembles de moyenne montagne, qui se situent entre 500 et 1 200 mètres d’altitude : la partie centrale des Pyrénées, notamment l’Ariège ; mais pas les Pyrénées-Atlantiques, soumises à la pression de la côte basque. Ainsi que les plateaux du Massif central, le Morvan (jusqu’aux côtes de Meuse) et les Préalpes. Nous avons croisé une trentaine d’indicateurs. On a d’abord cherché les endroits où il reste une forêt diversifiée et non une plantation en monoculture exploitée par coupes rases… La forêt peut être nourricière, fournir du bois de chauffage et de charpente, servir de refuge à des écosystèmes remarquables et apporter de la fraîcheur. Nous avons aussi regardé si les zones abritaient des logements que l’on peut occuper de nouveau sans avoir à construire des zones résidentielles ; des terres agricoles à un prix accessible avec des parcelles qui ne s’étendent pas sur des centaines ou des milliers d’hectares ; ainsi que des ressources permettant de produire de la matière et de l’énergie. Cela suppose de retrouver davantage d’autonomie et de rapprocher les lieux de production des lieux de vie. Il existe encore, dans ces territoires, une petite paysannerie, mais aussi des «modestes économes» qui pratiquent déjà le réemploi, la réparation, la mise en bocaux, le potager ou le verger. Ce sont des savoir-faire et des manières de vivre dont nous allons avoir besoin. «Les nouveaux habitants peuvent contribuer à faire vivre certains territoires.» Le tissu social n’est pas nécessairement plus développé qu’en ville, mais il repose davantage sur la proximité et l’entraide. Il existe des chantiers participatifs, des échanges d’outils, des personnes que l’on peut appeler pour monter une serre, ainsi que des cultures festives, parfois traditionnelles. Les nouveaux habitants peuvent également contribuer à faire vivre certains territoires : leurs enfants peuvent aider à maintenir une classe ouverte et leurs achats soutenir une épicerie menacée de fermeture. À condition de ne pas arriver en voulant reproduire exactement leur mode de vie urbain, ils peuvent y retrouver des capacités d’action qu’ils n’avaient plus dans les métropoles. Entre 1900 et 2015, la population mondiale a été multipliée par un peu plus de quatre et la population urbaine par plus de quinze. Or les consommations d’énergie et de bois, les émissions de polluants ou la production de déchets ont progressé dans des proportions proches de celles de l’urbanisation. La ville produit donc des effets écologiques néfastes très supérieurs à son poids démographique. La concentration urbaine pourrait, en théorie, permettre des économies d’énergie. Mais celles-ci sont compensées par des effets rebond : les grandes villes stimulent l’hyperconsommation, l’hypermobilité et l’hyperactivité. «Les ruralités ont longtemps été mises au ban, maltraitées, ignorées et invisibilisées par notre société orientée vers l’urbain.» Cette organisation a aussi profondément transformé les campagnes. Les exodes ruraux ont retiré des bras à l’agriculture pour alimenter les usines urbaines ; il a fallu les remplacer par des machines. Nous assistons aujourd’hui à un deuxième sacrifice des campagnes. Pour électrifier les usages urbains au nom de la transition, les ruralités sont sommées d’accueillir parcs agrivoltaïques, champs d’éoliennes et grands méthaniseurs. Il faut désormais rééquilibrer la population, les activités et les pouvoirs entre villes et campagnes : non plus vassaliser les ruralités, mais retrouver une forme de concorde et de respect. Non. Nous n’en avons pas tous les moyens et il ne s’agit pas de reproduire l’erreur du passé en inversant simplement le mouvement. Combien de personnes devraient partir, lesquelles, pour aller où et comment ? La question reste posée. Environ 100 000 personnes quittent aujourd’hui chaque année les espaces métropolitains en France. Le phénomène reste discret, mais il est installé depuis dix ou quinze ans et doublera certainement ces vingt-cinq prochaines années. Pour assurer l’approvisionnement en nourriture, il faudrait pouvoir compter sur dix millions d’actifs ruraux – paysans, artisans, mais aussi travailleurs du soin, de l’éducation et de la transmission. Nous parlons donc de cinq à dix millions de personnes qui pourraient changer d’espace ou d’activité. Il ne s’agit évidemment pas d’un exode urbain forcé, mais d’un rééquilibrage susceptible de ramener notre empreinte collective et individuelle sous les limites planétaires. Oui et non. En tous cas, pas automatiquement. Les ruralités ont longtemps été mises au ban, maltraitées, ignorées et invisibilisées par notre société orientée vers l’urbain. On ne peut pas faire comme si cette histoire n’existait pas et décréter que tout le monde est désormais ami. Cependant, les recherches que nous menons montrent que les installations néorurales se passent généralement mieux que ne le laisse entendre le traditionnel «marronnier» médiatique sur les conflits de voisinage. «Il faut considérer les ruralités pour ce qu’elles sont : d’autres formes de vie et de savoirs dont on doit aujourd’hui se nourrir.» Le point de friction principal porte sur la conception de l’écologie et le rapport au vivant. Pour caricaturer : les chasseurs d’un côté et les cyclistes ou les véganes de l’autre. Il faudra apprivoiser les désaccords et retrouver des alliances autour du vivant entre les nouveaux venus et ceux qui vivent là depuis longtemps. C’est aussi aux urbains de ne pas arriver avec un imaginaire misérabiliste, en pensant qu’ils vont «sauver» les ruralités. Il faut considérer les ruralités pour ce qu’elles sont : d’autres formes de vie et de savoirs dont on doit aujourd’hui se nourrir. Si, complètement. Le risque est déjà à l’œuvre. Lorsqu’un appartement parisien a fortement pris de la valeur en vingt ans, sa vente permet d’acheter une très grande propriété dans certains de ces territoires. Le capital accumulé dans les métropoles s’exurbanise et le marché immobilier gentrifie déjà des espaces ruraux. «Des populations entières sont assignées à l’enfer du béton.» Il faut donc accompagner le rééquilibrage géographique d’un rééquilibrage politique. Les collectivités locales, les foyers ruraux ou les parcs naturels doivent retrouver la capacité d’agir selon la perspective qu’ils jugent bonne : surveiller les effets de seuil, éviter des arrivées trop massives, privilégier la réhabilitation des logements vacants plutôt que la construction. Il ne s’agit pas de trier les personnes entre celles qui auraient le droit d’entrer et les autres, mais de rendre aux territoires la maîtrise de leur évolution. Sans rééquilibrage politique, les collectivités resteront dépendantes de l’ingénierie des métropoles et d’urbanistes formés depuis et pour elles. Nous courrons alors le risque de recréer précisément ce que nous prétendons quitter. Des populations entières sont assignées à l’enfer du béton, alors qu’elles désirent elles aussi de plus en plus partir, notamment parmi les classes populaires. Dans ce cas, l’action est à envisager à l’échelle du quartier et de la communauté. La priorité est de libérer, là où elles vivent, du foncier, de désasphalter, de cultiver et de planter – notamment des arbres nourriciers. Cela rafraîchit, apporte des compléments alimentaires, recrée de la sociabilité et produit des effets bénéfiques sur la santé. Mais on ne pourra pas adapter suffisamment les grandes villes, et ce n’est pas le message principal du livre : celui-ci est de rappeler que des ressources existent ailleurs, loin, pour retrouver des capacités d’action. Texte intégral (2177 mots)

Vert : où faut-il aller, pour fuir les températures extrêmes ?

Sur quels critères les avez-vous identifiés ?
Concrètement, à quoi ressemblerait la vie dans ces territoires ?
Dans votre livre, vous appelez à un rééquilibrage démographique entre villes et campagnes. Pourquoi ?
Faut-il pour autant que tous les citadins aillent investir ces espaces ?
Les habitants de ces territoires accueilleront-ils à bras ouverts des citadins venus s’y installer ?
Un afflux important d’urbains ne risquerait-il pas de transformer ces territoires ruraux en nouvelles villes et d’en chasser les habitants ?
Tout le monde n’a pas les moyens de quitter la ville. Que dites-vous à celles et ceux qui voudraient partir mais ne le peuvent pas ?
Zoé Moreau
Qu’on le veuille ou non, l’été 2026 restera celui d’une bascule. Au plus fort de la troisième vague de chaleur, fin juillet, 15 millions de Français·es se reconnaissaient dans les symptômes de l’éco-anxiété – un record. C’est ce qu’a révélé, la semaine dernière, une étude de l’Observatoire de l’éco-anxiété, Obseca (notre article). Aux manettes de cette enquête, le psychologue et psychothérapeute Pierre-Éric Sutter. Auprès de Vert, il revient sur cette inquiétude face à la crise environnementale, qui peut être aussi bien bénéfique que paralysante. Pour éviter qu’elle ne dégrade la santé mentale, il invite à apprivoiser ses peurs, à reconnaître les limites de son pouvoir individuel et à retrouver une capacité d’action à sa mesure. Pierre-Éric Sutter : Il n’y a pas de définition consensuelle. La plus simple et la plus opérationnelle, selon moi, consiste à parler d’inquiétudes vis-à-vis de la crise environnementale. Il existe toute une gradation. Au départ, il peut s’agir d’inquiétudes passagères. Puis ces pensées peuvent revenir de plus en plus régulièrement, jusqu’à devenir permanentes et très intrusives. C’est l’évolution de ces inquiétudes qui va déterminer si l’éco-anxiété est adaptative ou mal-adaptative. On peut faire un parallèle avec la différence entre être déprimé et être dépressif. Lorsque vous perdez un être cher, vous pouvez traverser une période de déprime sans pour autant souffrir de dépression. Vous ressentez de la tristesse et vous vous posez des questions existentielles, mais, progressivement, vous retrouvez un état de santé mentale positif. En revanche, si cette détresse psychologique s’installe durablement, elle peut évoluer vers une psychopathologie, comme une dépression. Pour l’éco-anxiété, c’est la même chose. Une personne peut être très inquiète de la dégradation de l’environnement sans présenter de trouble psychique. Son éco-anxiété est alors adaptative. Mais si elle ne parvient plus à réguler cette inquiétude et que celle-ci devient envahissante, elle peut basculer vers une forme mal-adaptative et développer, en plus, une dépression réactionnelle ou un trouble anxieux généralisé. Dans les formes les plus graves, les personnes peuvent être envahies par des ruminations : «On va tous mourir», «C’est la fin du monde», «On ne peut rien y faire», «À quoi bon continuer à vivre ?» Elles peuvent être constamment tétanisées par la peur, ne plus parvenir à agir, rester en boule au fond de leur lit et perdre le goût de la vie. Certains patients peuvent aussi avoir des pensées suicidaires. Quand ces inquiétudes ne vous quittent plus, qu’elles vous empêchent de dormir, que vous êtes constamment triste ou que vous avez spontanément des crises de larmes, il faut s’en préoccuper. Il ne faut pas confondre la cause et les conséquences. Les professionnels du soin observent des symptômes et cherchent à comprendre ce qui les a provoqués. Dans le cas de l’éco-anxiété, il y a d’un côté la souffrance des personnes et, de l’autre, la crise environnementale qui provoque leurs inquiétudes. Cette cause n’est évidemment pas de leur faute : elle relève aussi du politique. Dire qu’il ne faudrait pas être «éco-anxieux», mais «éco-furieux», me paraît méprisant pour la souffrance des gens. Certaines personnes souffrent réellement. Reconnaître cette souffrance ne signifie pas nier les causes politiques du dérèglement climatique. On peut à la fois s’attaquer à ces causes et prendre soin des personnes qui en subissent les conséquences psychologiques. Il est par ailleurs parfaitement légitime d’être inquiet face aux problèmes environnementaux. Nous respirons tous le même air, nous buvons tous la même eau et nous dépendons tous des mêmes conditions pour nous nourrir. Il existe donc des raisons rationnelles de s’inquiéter. Ce qui pose problème, c’est lorsque cette inquiétude dégrade la santé mentale. Oui. L’anxiété nous informe de l’existence d’un danger et peut nous mettre en action. Si un bus vous fonce dessus et que vous n’avez pas peur, vous ne faites pas le pas de côté qui peut vous sauver. Face à la crise environnementale, c’est la même mécanique : la peur peut nous permettre de prendre conscience du danger et de nous y adapter. C’est pourquoi je me réjouis qu’un nombre croissant de personnes s’inquiètent pour l’environnement – à condition, bien entendu, que cette inquiétude reste adaptative et ne les rende pas malades. Ce que je défends, c’est une saine inquiétude : celle qui nous prépare au monde qui arrive au lieu de nous immobiliser. La peur est saine lorsqu’elle nous informe d’un danger. Il faut apprendre à l’apprivoiser et à élaborer une stratégie d’action réaliste. Les personnes éco-anxieuses peuvent parfois voir arriver certains changements un peu avant les autres, parce que leur inquiétude les conduit à modifier leurs habitudes et à se préparer. Souvent, je préconise cinq grandes étapes. Cela peut prendre entre six mois et un an et demi pour tout mettre en place. La première consiste à réduire la surcharge cognitive. Il ne s’agit pas d’arrêter de s’informer : l’information est indispensable pour comprendre le danger et agir. Mais répéter dix fois la même information négative ne sert à rien. À force de s’abreuver de mauvaises nouvelles, le cerveau sature. Il faut donc limiter cette «infobésité» et rééquilibrer les informations négatives par des informations positives, notamment en recherchant des initiatives et des solutions qui fonctionnent. La deuxième étape porte sur la régulation émotionnelle. Il faut comprendre ses peurs, les respecter et les apprivoiser. Lorsqu’on est entièrement pris dans l’émotion, on ne parvient plus à rationaliser. Or la peur contient une énergie considérable : une fois canalisée, elle peut devenir le prélude à l’action. La troisième étape consiste à renoncer à devenir un «super-héros de l’environnement». Il faut accepter qu’on ne peut pas tout régler et se concentrer sur ce qui dépend réellement de soi. La quatrième est la construction d’un «écoprojet» adapté à ses préoccupations, à ses ressources et à ses compétences. Si vous êtes informaticien, vous n’avez pas nécessairement besoin de devenir maraîcher pour contribuer à un projet écologique. Vous pouvez mettre vos compétences informatiques au service d’un écolieu ou d’une initiative collective. L’objectif doit être ajusté aux ressources de la personne, et non l’inverse. La cinquième étape consiste à retrouver l’espérance et à célébrer les petites victoires. Toutes les avancées comptent : avoir apprivoisé une peur, trouvé un projet adapté, mobilisé une compétence ou abandonné une habitude devenue incompatible avec ses valeurs. Cette gratification permet de contrebalancer les informations négatives et de retrouver progressivement un équilibre intérieur. Non, pas toujours. Certains de mes patients me disent : «J’ai mis en place des écogestes, mais ce n’est pas avec cela que j’ai sauvé la planète.» Évidemment : personne ne sauvera la planète à lui tout seul. Il faut faire le deuil de cette idée. Se lancer seul, tête baissée, en pensant pouvoir tout régler, peut conduire à un burn-out écologique. Cela concerne aussi certains militants. Le passage à l’action doit donc être raisonné. Il faut distinguer ce qui dépend de soi de ce qui n’en dépend pas et se réapproprier son pouvoir d’agir à son niveau. Ce que je sais, c’est qu’une personne souffrant d’une éco-anxiété adaptative parvient à retrouver un équilibre intérieur et à prendre soin d’elle-même en prenant soin du monde. Elle trouve un projet à sa mesure, qui lui permet de réduire sa surcharge cognitive et émotionnelle, de passer à l’action et de retrouver de l’espérance. Sur le fond, je n’ai rien à dire. C’est presque un copié-collé du rapport sur l’éco-anxiété auquel j’ai participé avec l’Ademe [l’Agence de la transition écologique, NDLR] en 2025. En revanche, sur la forme, c’est un beau raté, vu le contexte. Tout flambe et on parle des conséquences sur les individus sans parler des causes du dérèglement climatique et de la responsabilité de l’État au regard de son inaction climatique. C’est une belle maladresse de communication. Texte intégral (1776 mots)

Vert : C’est quoi, l’éco-anxiété ?
Quelle est la différence entre les deux ?
À quoi reconnaît-on une éco-anxiété devenue mal-adaptative ?
L’inquiétude face à la crise environnementale paraît légitime. Peut-on alors qualifier l’éco-anxiété de maladie ?
L’éco-anxiété, c’est une réaction saine, alors ?
Comment accompagnez-vous vos patients souffrant d’éco-anxiété mal-adaptative ?
Passer à l’action suffit-il pour aller mieux ?
Comment avez-vous perçu la publication par le gouvernement, cet été, d’un guide pour gérer son éco-anxiété ?
Louise Deshautels
À la suite de cet été particulièrement chaud et sec, les nappes phréatiques manquent d’eau. Au 1er septembre, 61% des réservoirs d’eau souterraine du territoire hexagonal affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles, selon le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Une situation «dégradée sur l’ensemble du territoire», détaille David Ratheau, hydrogéologue au BRGM. 90% des nappes affichent un niveau en baisse alors que seulement 8% sont stables et 2% sont à la hausse. Depuis le mois de mars, leur vidange est en cours. Un phénomène naturel qui se produit chaque année pendant les périodes estivale et automnale. L’eau accumulée l’hiver et au printemps est prélevée pour répondre aux besoins humains – agriculture et consommation courante –, à ceux de la végétation, et pour alimenter les rivières en eau lorsqu’elles en ont besoin. Cette année, les conditions météorologiques ont accentué le phénomène. Depuis mai, le territoire hexagonal n’a pas connu de pluies assez fortes et longues pour remplir les réserves d’eaux souterraines. À cette sécheresse se sont ajoutées des températures élevées depuis juin. L’état des nappes phréatiques en sort donc plus dégradé qu’à la même période en 2025 : au 1er septembre de l’an dernier, 44% des points d’observation étaient sous les normales mensuelles. La situation reste contrastée selon les régions. Dans le bassin parisien, la Beauce ou encore le pourtour méditerranéen, les niveaux d’eau sont modérément hauts ou autour de la moyenne. À l’inverse, d’autres territoires affichent des situations déficitaires. Le niveau d’eau est très bas pour la Lorraine, la Champagne, le Massif central, les Charentes, la Bretagne ou encore l’Aquitaine. Avec une situation particulièrement préoccupante dans le Limousin, le Jura et le nord de l’Alsace. Le BRGM distingue les nappes dites «réactives», dont les niveaux peuvent évoluer rapidement en fonction des précipitations, des nappes «inertielles», qui réagissent plus lentement aux conditions météorologiques. Pour les premières, les épisodes orageux de la fin août ont parfois provoqué de faibles remontées locales, sans signaler pour autant le début de la recharge hivernale. Celle-ci dépendra de la quantité et de la répartition des pluies cet automne. Les prévisions saisonnières de Météo-France pour les trois prochains mois privilégient un automne plus chaud que la normale en France hexagonale. Pour les précipitations, un scénario plus humide que la moyenne est anticipé sur l’ouest du pays, mais aucune tendance ne se dégage pour le reste du territoire. À partir de ce mois de septembre, la baisse des températures et l’entrée progressive de la végétation en dormance – dès l’automne, les plantes cessent de pousser et perdent leurs feuilles pour survivre à l’hiver – devraient réduire les besoins en eau. Les prélèvements pourraient également diminuer avec la fin de la période d’irrigation et de la saison touristique. «Les besoins des différents usagers diminueront, et donc la ressource sera moins sollicitée. Ce qui est quand même une bonne nouvelle», concède David Ratheau. S’il y a une leçon à retenir de cet été, selon l’hydrogéologue, c’est qu’une «bonne recharge à l’hiver ne prémunit pas d’une situation délicate à la période estivale». En février, l’Hexagone avait connu des pluies abondantes qui avaient permis de remplir les réserves mais, dès juin, la situation s’est dégradée dans la plupart des territoires. La situation reste toutefois moins préoccupante qu’à l’été 2022. Cette année-là, une sécheresse hivernale avait laissé les nappes dans une situation fragile pour aborder un été marqué par de fortes chaleurs. Texte intégral (975 mots)

L’est de l’Hexagone à sec
𝗘́𝘁𝗮𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗻𝗮𝗽𝗽𝗲𝘀 𝗱'𝗲𝗮𝘂 𝘀𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗮𝘂 𝟭𝗲𝗿 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟲𝗤𝘂𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 ?
La vidange se poursuit
La situation globale reste contrastée et est plus dégradée que l’an dernierL’automne jouera les arbitres
Vert
Pour ce renfort précieux pour notre équipe, il est attendu une fine connaissance de la politique française et des enjeux écologiques. Parmi les missions, le ou la journaliste participera à décrypter les programmes et autres propositions des candidat·es et se rendra sur le terrain en reportage. Le ou la journaliste peut avoir un profil généraliste sur l’écologie et la politique, ou plus spécialisé (climat, énergie, agriculture, transports, etc.). → Un média généraliste qui a l’urgence écologique comme grille de lecture de l’actualité. Avec ses formats courts, simples et accessibles gratuitement, Vert veut permettre au plus grand nombre de comprendre les crises de notre époque et de savoir comment agir. → Un journal quotidien (et hebdo) envoyé sous forme de newsletter qui compte plus de 140 000 abonné·es et un site très consulté. → Des comptes sur les réseaux très suivis (570 000 followers sur Instagram, 120 000 sur LinkedIn et Facebook, mais aussi des comptes sur Youtube, TikTok, Bluesky, Threads, etc.). → Un média indépendant financé par les dons de particuliers. → Une équipe de 18 salarié·es. En lien avec le rédacteur en chef du pôle écrit (Rémy Calland), le directeur de la rédaction (Loup Espargilière) et l’ensemble de la rédaction, la ou le journaliste politique sera chargé·e de couvrir l’actualité de la campagne présidentielle, d’analyser la place de l’écologie dans la discussion publique et de décrypter les programmes des candidat·es à l’élection présidentielle. → Veille continue (AFP, médias, réseaux sociaux, sources institutionnelles ou personnelles, etc.) ; → Participation aux conférences de rédaction quotidiennes et hebdomadaires ; → Proposition de sujets dans la ligne éditoriale de Vert ; → Décryptages de programmes des principaux partis et candidat·es ; → Reportages de terrain ; → Enquête possible. Formation : École de journalisme ; école de sciences politiques. Expérience : au moins 3 ans d’expérience en média national ; avoir couvert une précédente campagne est un grand plus. Compétences : rigueur, excellente plume, maîtrise des formats décryptage et reportage d’actualité, sens de l’info, capacité à trouver des sujets et angles originaux. Connaissances : maîtrise des enjeux écologiques, connaissance des institutions. Qualités personnelles : autonomie, créativité, rigueur, efficacité, adaptabilité, esprit d’équipe. Type de contrat : contrat à durée déterminée (CDD). Salaire : 2 700€ brut, hors ancienneté et 13ème mois. Lieu de travail : sur site, à Césure (13, rue Santeuil, 75 005 Paris). Avantage : titres-restaurant pris en charge à 50% par jour travaillé ; mutuelle 50% ; forfait mobilité durable. → Vert est un média 100% indépendant qui vit des dons de ses lectrices et lecteurs. Pas d’actionnaires bizarres à qui rendre des comptes ou de publicités gênantes. → Vert est un média à impact. Vous contribuerez à bousculer le paysage médiatique avec un média qui a formé des centaines de journalistes, d’étudiant·es en journalisme et même de lycéen·nes. Vert a initié la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, nos journalistes interviennent régulièrement dans les grands médias, sont auditionnés par le Sénat, et nos informations sont régulièrement reprises en France comme à l’étranger. → Vert est un média ouvert sur son écosystème. Nous collaborons avec tout un tas de médias indépendants et traditionnels, ainsi qu’avec des associations, des festivals, ou des collectivités qui ont à cœur de faire le pont entre des acteurs souvent éloignés les uns des autres. → Vert est un média engagé dans la transformation de la société avec des valeurs fortes de sobriété et de solidarité. Nous avons par exemple pris position contre la montée de l’extrême droite, et nous sommes en faveur d’une société plus féministe, antiraciste et inclusive. Lisez notre manifeste. → Vert est un média en plein développement. L’équipe s’étoffe au fil des mois et le titre dispose d’une notoriété et d’un crédit croissants. Les prochaines années s’annoncent fastes et nous sommes porté·es par une communauté de lecteur·ices et de soutiens enthousiastes : le Club de Vert, les personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, compte déjà plus de 15 000 membres. → La direction porte une attention particulière aux conditions de travail des salarié·es, au respect de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Par ailleurs, un environnement sain, des locaux sympas et une bonne ambiance nous semblent être les ferments d’une expérience professionnelle riche. Le processus de sélection : Date de prise de poste : lundi 19 octobre 2026. Texte intégral (1089 mots)
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Louise Deshautels
Amende maximale demandée contre le milliardaire. Ce mardi, le tribunal correctionnel d’Orléans a requis cinq ans de prison avec sursis contre Olivier Bouygues pour la destruction d’espèces protégées sur son domaine de chasse de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Il a également demandé une amende de 750 000 euros, le maximum prévu pour ce type d’infraction, et une interdiction d’exercer une activité en lien avec la chasse pendant cinq ans pour le fils de Francis Bouygues, fondateur du groupe de BTP, de télécoms et de médias du même nom. Le milliardaire était jugé pour «atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée ou à son habitat» et «destruction, transport et détention illicites d’une espèce animale non domestique», aux côtés de cinq autres prévenus : le régisseur de sa propriété et quatre gardes forestiers. À l’encontre de ces derniers, des peines d’un à quatre ans d’emprisonnement avec sursis ont été demandées, accompagnées d’amendes de 5 000 à 20 000 euros et de retraits temporaires du permis de chasse. Pour l’avocat d’Olivier Bouygues, Éric Grassin, les réquisitions sont «excessives». L’homme d’affaires n’a cessé de nier toute responsabilité depuis le début du procès. «J’ai d’autres chats à fouetter que de gérer au quotidien» les affaires de la propriété, a-t-il affirmé à la barre. En ouverture de son procès, lundi, il a même évoqué sa «surprise» à l’annonce de l’ouverture de l’enquête l’année dernière. Rembobinons. Le 5 mars 2025, une source anonyme assure avoir vu des cadavres d’espèces protégées sur la propriété d’Olivier Bouygues. Des perquisitions sont menées et de nombreux oiseaux morts sont découverts : buses, grands cormorans, grandes aigrettes et faucons crécerelles. Des oiseaux qu’il est pourtant interdit de chasser. La tuerie ne se limite pas là. Les enquêteur·ices de l’Office français de la biodiversité (OFB) déterrent également des chats domestiques et sauvages. Outre les cadavres, les visites de la propriété ont permis de retrouver du matériel de chasse prohibé tel que des pièges à mâchoires ou encore une pelleteuse qui servait à l’enfouissement des animaux. Preuve supplémentaire : des documents listant les espèces protégées comme «nuisibles» à éliminer sont exposés, ainsi qu’un «système de prime» pour ceux qui parviendraient à éliminer les oiseaux ciblés. Selon les déclarations du régisseur du domaine, Olivier Bouygues «ne voulait pas que ça soit rendu public». Selon la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, la chasse de ces oiseaux était réalisée avec l’objectif de «préserver les parties de chasse organisées régulièrement en enlevant les prédateurs du petit gibier». Selon les éléments de l’investigation, les pratiques mises en cause se produisaient «en toute saison, avec une intensification au printemps», ont précisé le parquet et l’OFB, chargés de l’enquête. Cinq des six prévenus ont reconnu les faits, à l’exception d’Olivier Bouygues, donc, qui a martelé n’avoir «jamais vu» ce charnier. Il a tout de même reconnu en connaître l’existence, préférant parler de «fosse écologique». De son côté, le régisseur du domaine a évoqué des «pratiques ancestrales», réfutant toute accusation de «destruction» et évoquant une «régulation d’espèces qui menacent notre gibier ou notre poisson». La procureure de la République d’Orléans a dénoncé une «organisation qui perdure», avec à sa tête «le même propriétaire». Pour autant, tous les prévenus ont rejeté la responsabilité du propriétaire dans les destructions, ainsi que la qualification de «bande organisée». Une quinzaine d’associations de protection de l’environnement se sont constituées parties civiles. Parmi elles, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dont le président Allain Bougrain-Dubourg a assuré lundi prendre part à un procès «symbolique, car il illustre une situation totalement inédite», «avec des gens qui sont pétés de thunes, qui s’exonèrent du respect de la biodiversité». Selon lui, cette affaire doit avoir «valeur d’exemple» et «rappeler à l’ordre d’autres» personnes «qui pourraient avoir des idées analogues». À l’issue des réquisitions, les associations ont réclamé plusieurs dizaines de milliers d’euros en réparation du préjudice écologique et moral. La date du délibéré n’est pas encore connue. Texte intégral (1001 mots)

Pièges à mâchoires et pelleteuse
Une affaire à «valeur d’exemple»
Esteban Grépinet
Il peuple les plus hauts sommets, là où la roche épouse la glace. Souvent surnommé la «perdrix des neiges», le lagopède alpin est l’une des rares espèces animales à survivre dans les paysages suspendus de très haute montagne, jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. En déclin dans les Alpes comme dans les Pyrénées, il vient d’obtenir un petit répit : le ministère de la transition écologique l’a classé ce mardi sur la liste des oiseaux protégés en France hexagonale – aux côtés du grand tétras, autre fragile gallinacé de montagne. «C’est extrêmement rare, la dernière révision de cette liste pour l’Hexagone remonte à 2009», réagit auprès de Vert Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui salue une «avancée historique». Ce reclassement, qui implique aussi la sortie des deux espèces de la liste du gibier chassable en France, est froidement accueilli par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Son président, Willy Schraen, dénonce une décision «hors-sol et hors contexte». Annoncée au printemps par la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, la protection de ces deux oiseaux montagnards avait surpris tout le monde. Ce choix fait suite à un rappel à l’ordre du Conseil d’État, qui avait enjoint début mars au gouvernement de suspendre la chasse du lagopède alpin pour cinq ans en raison de son mauvais état de conservation (un moratoire similaire existe déjà pour le grand tétras depuis 2022). «La ministre a décidé d’aller plus loin, jusqu’au statut d’espèces protégées, complète Cédric Marteau. C’est une belle avancée pour la protection de la nature en France.» Moins connu que le grand tétras – mis à l’écran par le naturaliste Vincent Munier et très médiatisé depuis l’échec de sa «réintroduction» dans les forêts des Vosges –, le lagopède alpin est considéré comme «quasi menacé» d’extinction en France. Lagopus muta est une espèce dite «relique», qui a survécu à la fin du dernier âge glaciaire, il y a un peu plus de 10 000 ans, et s’est réfugiée dans les zones froides du globe. «Une partie des oiseaux est remontée au nord, en Scandinavie, et d’autres en haute altitude, où ils sont maintenant coincés», retrace Charlotte Perrot, chargée de recherche sur la biodiversité de haute montagne à l’Office français de la biodiversité (OFB). «Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres.» «C’est un oiseau adapté au grand froid plutôt qu’à la montagne», complète la chercheuse. Intégralement blanc l’hiver, le lagopède mue en brun-gris aux beaux jours pour se camoufler dans les pierriers et pelouses rases d’altitude. Son double plumage lui permet de s’isoler des températures les plus extrêmes, tandis que ses pattes emplumées lui servent de raquettes pour avancer dans la poudreuse. Mais l’oiseau subit de plein fouet le réchauffement des températures lié aux activités humaines. «En été, il fait très chaud en montagne, maintenant ; et c’est difficile pour lui. On le voit au niveau du comportement : il ouvre le bec, cherche des endroits frais…, décrit Charlotte Perrot. Dans nos montagnes, il est coincé : soit il s’adapte, soit il disparaît.» Sur la période 2041-2070, l’aire de distribution du lagopède alpin dans les Alpes françaises devrait encore se contracter de 36%, avec une disparition progressive des Préalpes et des Alpes du Sud, selon les modélisations climatiques du programme interrégional du massif des Alpes «espèces arctico-alpines», auquel a participé la scientifique. «Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres, témoigne, côté pyrénéen, Thierry de Noblens, du Comité écologique ariégeois. Plus le réchauffement climatique s’intensifie, plus il va monter. Mais, en France, il n’existe pas des centaines de milliers d’hectares au-dessus de 2 000 mètres…» À cette menace rampante du changement climatique s’ajoutent les dérangements humains (tourisme, élevage…). Pour Charlotte Perrot, il s’agit de «la plus grosse pression à court terme pour l’espèce» : «Il partage son habitat avec plusieurs activités humaines, les domaines skiables, les routes qui vont de plus en plus haut, le pastoralisme… Il est acculé.» L’espèce a disparu de 33% des communes des Alpes où elle était présente il y a soixante ans, et de 21% pour les Pyrénées, d’après le suivi réalisé par l’observatoire des galliformes de montagne. Malgré ce déclin conséquent, la chasse au lagopède alpin se pratiquait encore dans quelques départements de montagne (Isère, Savoie, Haute-Savoie…). Depuis les années 2000, plusieurs associations écologistes ont engagé un véritable bras de fer avec les fédérations de chasse pour suspendre les quotas délivrés par les préfet·es à chaque fin d’été. En Ariège, seul département pyrénéen où cette chasse était encore autorisée, le comité écologique ariégeois revendique une vingtaine de victoires au tribunal depuis 2008. «Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.» «En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer ! Pour nous c’était indiscutable, mais ça nous aura pris dix-huit ans, regrette Thierry de Noblens, fer de lance de ce combat juridique. L’État a toujours défendu les chasseurs, même si leurs demandes sont absurdes, criminelles ou dans le déni scientifique le plus complet.» «Nous avons gagné l’ensemble des procédures, mais les préfets reprenaient quand même l’arrêt l’année suivante, malgré la décision du tribunal administratif, en changeant juste le chiffre ; c’est aberrant», regrette Cédric Marteau, de la LPO. Outre l’interdiction définitive de sa chasse, la protection du lagopède alpin va désormais permettre une meilleure prise en compte de l’espèce lors des travaux d’aménagement, ainsi que la mise en place d’un programme d’actions pour tenter de sauver les dernières populations. «Arrêter la chasse, c’est pour nous un premier pas, abonde Thierry de Noblens. Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.» Des zones de quiétude sont expérimentées dans les Alpes, dans les massifs du Queyras, des Écrins ou du Mercantour. «Ce sont des dispositifs qui fonctionnent très bien, notamment parce qu’il y a beaucoup de sensibilisation autour, salue Charlotte Perrot. Mais il y a aussi des comportements que l’on peut adopter en montagne, qu’il y ait des restrictions ou pas : sortir le moins possible des sentiers, tenir ses chiens en laisse, ne pas faire trop de bruit…» Texte intégral (1630 mots)

Une relique des temps glaciaires

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer !»
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