flux Ecologie

L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

▸ les 10 dernières parutions

08.09.2026 à 12:07

Il ne sera plus chassé en France : le lagopède alpin, «perdrix des neiges» en sursis face au réchauffement climatique

Esteban Grépinet

Texte intégral (1630 mots)
Menacé par le changement climatique et le dérangement humain, le lagopède alpin a disparu de 33% des communes des Alpes françaises où il était présent dans les années 1950. © Adrien Cozannet/Flickr

Il peuple les plus hauts sommets, là où la roche épouse la glace. Souvent surnommé la «perdrix des neiges», le lagopède alpin est l’une des rares espèces animales à survivre dans les paysages suspendus de très haute montagne, jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. En déclin dans les Alpes comme dans les Pyrénées, il vient d’obtenir un petit répit : le ministère de la transition écologique l’a classé ce mardi sur la liste des oiseaux protégés en France hexagonale – aux côtés du grand tétras, autre fragile gallinacé de montagne.

«C’est extrêmement rare, la dernière révision de cette liste pour l’Hexagone remonte à 2009», réagit auprès de Vert Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui salue une «avancée historique». Ce reclassement, qui implique aussi la sortie des deux espèces de la liste du gibier chassable en France, est froidement accueilli par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Son président, Willy Schraen, dénonce une décision «hors-sol et hors contexte».

Une relique des temps glaciaires

Annoncée au printemps par la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, la protection de ces deux oiseaux montagnards avait surpris tout le monde. Ce choix fait suite à un rappel à l’ordre du Conseil d’État, qui avait enjoint début mars au gouvernement de suspendre la chasse du lagopède alpin pour cinq ans en raison de son mauvais état de conservation (un moratoire similaire existe déjà pour le grand tétras depuis 2022). «La ministre a décidé d’aller plus loin, jusqu’au statut d’espèces protégées, complète Cédric Marteau. C’est une belle avancée pour la protection de la nature en France.»

Moins connu que le grand tétras – mis à l’écran par le naturaliste Vincent Munier et très médiatisé depuis l’échec de sa «réintroduction» dans les forêts des Vosges –, le lagopède alpin est considéré comme «quasi menacé» d’extinction en France. Lagopus muta est une espèce dite «relique», qui a survécu à la fin du dernier âge glaciaire, il y a un peu plus de 10 000 ans, et s’est réfugiée dans les zones froides du globe. «Une partie des oiseaux est remontée au nord, en Scandinavie, et d’autres en haute altitude, où ils sont maintenant coincés», retrace Charlotte Perrot, chargée de recherche sur la biodiversité de haute montagne à l’Office français de la biodiversité (OFB).

«Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres.»

Mais l’oiseau subit de plein fouet le réchauffement des températures lié aux activités humaines. «En été, il fait très chaud en montagne, maintenant ; et c’est difficile pour lui. On le voit au niveau du comportement : il ouvre le bec, cherche des endroits frais…, décrit Charlotte Perrot. Dans nos montagnes, il est coincé : soit il s’adapte, soit il disparaît.» Sur la période 2041-2070, l’aire de distribution du lagopède alpin dans les Alpes françaises devrait encore se contracter de 36%, avec une disparition progressive des Préalpes et des Alpes du Sud, selon les modélisations climatiques du programme interrégional du massif des Alpes «espèces arctico-alpines», auquel a participé la scientifique.

«C’est un oiseau adapté au grand froid plutôt qu’à la montagne», complète la chercheuse. Intégralement blanc l’hiver, le lagopède mue en brun-gris aux beaux jours pour se camoufler dans les pierriers et pelouses rases d’altitude. Son double plumage lui permet de s’isoler des températures les plus extrêmes, tandis que ses pattes emplumées lui servent de raquettes pour avancer dans la poudreuse.

Avec ses pattes emplumées, le lagopède (dont le nom signifie «patte de lièvre» en grec ancien) est un oiseau adapté au grand froid. © Animalia

«Il y a cinquante ans, vous pouviez en observer à partir de 1 600 mètres d’altitude, mais maintenant on n’en voit quasiment plus en dessous de 2 000 mètres, témoigne, côté pyrénéen, Thierry de Noblens, du Comité écologique ariégeois. Plus le réchauffement climatique s’intensifie, plus il va monter. Mais, en France, il n’existe pas des centaines de milliers d’hectares au-dessus de 2 000 mètres…»

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer !»

À cette menace rampante du changement climatique s’ajoutent les dérangements humains (tourisme, élevage…). Pour Charlotte Perrot, il s’agit de «la plus grosse pression à court terme pour l’espèce» : «Il partage son habitat avec plusieurs activités humaines, les domaines skiables, les routes qui vont de plus en plus haut, le pastoralisme… Il est acculé.» L’espèce a disparu de 33% des communes des Alpes où elle était présente il y a soixante ans, et de 21% pour les Pyrénées, d’après le suivi réalisé par l’observatoire des galliformes de montagne.

Malgré ce déclin conséquent, la chasse au lagopède alpin se pratiquait encore dans quelques départements de montagne (Isère, Savoie, Haute-Savoie…). Depuis les années 2000, plusieurs associations écologistes ont engagé un véritable bras de fer avec les fédérations de chasse pour suspendre les quotas délivrés par les préfet·es à chaque fin d’été. En Ariège, seul département pyrénéen où cette chasse était encore autorisée, le comité écologique ariégeois revendique une vingtaine de victoires au tribunal depuis 2008.

«Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.»

«En plus de tous les problèmes qui leur tombent dessus, on ne va quand même pas les tuer ! Pour nous c’était indiscutable, mais ça nous aura pris dix-huit ans, regrette Thierry de Noblens, fer de lance de ce combat juridique. L’État a toujours défendu les chasseurs, même si leurs demandes sont absurdes, criminelles ou dans le déni scientifique le plus complet.» «Nous avons gagné l’ensemble des procédures, mais les préfets reprenaient quand même l’arrêt l’année suivante, malgré la décision du tribunal administratif, en changeant juste le chiffre ; c’est aberrant», regrette Cédric Marteau, de la LPO.

Outre l’interdiction définitive de sa chasse, la protection du lagopède alpin va désormais permettre une meilleure prise en compte de l’espèce lors des travaux d’aménagement, ainsi que la mise en place d’un programme d’actions pour tenter de sauver les dernières populations. «Arrêter la chasse, c’est pour nous un premier pas, abonde Thierry de Noblens. Maintenant qu’ils sont protégés, nous allons pouvoir mener des actions bien plus fortes sur leur biotope, ne serait-ce que sur les sentiers qui passent en plein dans des zones de lagopèdes.»

Des zones de quiétude sont expérimentées dans les Alpes, dans les massifs du Queyras, des Écrins ou du Mercantour. «Ce sont des dispositifs qui fonctionnent très bien, notamment parce qu’il y a beaucoup de sensibilisation autour, salue Charlotte Perrot. Mais il y a aussi des comportements que l’on peut adopter en montagne, qu’il y ait des restrictions ou pas : sortir le moins possible des sentiers, tenir ses chiens en laisse, ne pas faire trop de bruit…»

PDF
08.09.2026 à 11:54

«Ceux qui nous gouvernent sont allés trop loin» : après l’été infernal, les pompiers entament une grève d’un mois

Mathilde Picard

Texte intégral (1675 mots)
Paris, le 13 août 2026. Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des pompier·es (à droite), lors de sa rencontre avec le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. © Carine Schmitt/Hans Lucas via AFP

Durant cet été 2026, marqué par des incendies exceptionnels, les pompier·es ont alerté à de multiples reprises sur la difficulté d’exercer leurs missions en toute sécurité. Premier·es exposé·es aux fumées toxiques des incendies, elles et ils demandent un meilleur suivi sanitaire tout au long de leur carrière, ainsi qu’un financement plus pérenne. L’ensemble des syndicats a appelé à la grève à partir de ce mardi 8 septembre et ce pour six semaines.

Quelles sont vos principales revendications après l’été suffocant que nous venons de vivre ?

L’inspection générale de l’administration a constaté que 32 millions d’heures de garde dans les casernes étaient effectuées par des pompiers volontaires. Pour que ce temps de travail soit couvert par des professionnels, il faudrait recruter 21 000 personnes.

Nous réclamons également davantage de matériel, dont des camions-citernes pour les feux de forêts : on en a perdu près d’un millier sur dix ans. La livraison annoncée par Emmanuel Macron à l’issue des incendies de l’été 2022 n’a pas permis de développer le parc, seulement de le renouveler, car les véhicules arrivaient à leur limite d’âge.

«Si le gouvernement souhaite un fonctionnement optimal de la sécurité civile, il doit assumer financièrement.»

On l’a vu en Gironde cet été : des camions destinés aux feux urbains ont été utilisés à la place. Nos dirigeants continuent de nous dire qu’il n’y a pas eu de problèmes de moyens cet été. Ont-ils vu les civils éteindre les incendies ? Je n’avais jamais vu ça en France. Ce sont les agriculteurs qui ont dû venir nous aider avec leurs tracteurs. Les pompiers s’engagent dans la lutte contre les feux de forêts pendant leurs congés. Ça signifie que, si on se blesse ou qu’on se tue sur nos congés, on n’est pas reconnu comme blessé ni mort au travail.

Nous sommes coincés entre les politiques locales qui se plaignent de devoir tout payer pour la sécurité civile, et le gouvernement qui, lui, nous dit qu’il donne les moyens aux collectivités locales mais qu’elles ne gèrent pas correctement leur budget. Finalement, c’est sur nous que ça retombe : nous restons en bout de chaîne, à souffrir de cette situation.

Si le gouvernement souhaite un fonctionnement optimal de la sécurité civile, il doit assumer financièrement. Elle s’est dégradée ces dernières années. Aujourd’hui, avec la fermeture de certaines urgences et le manque de médecins, les pompiers ont davantage de gens à visiter et à emmener à l’hôpital.

Alors que les pompier·es sont exposé·es à des fumées toxiques tout au long de leur carrière, l’intersyndicale dénonce le manque de suivi sanitaire…

Nous sommes exposés à toutes sortes d’éléments toxiques car nous intervenons partout. Particules fines, benzène, amiante… Les gaz de combustion contiennent des millions de substances différentes. Un meuble qui brûle contient des produits retardateurs de flammes, par exemple. Or leur efficacité n’est pas prouvée et ces retardateurs se transforment en des milliers de molécules que l’on retrouve ensuite dans le sang des pompiers, car ils les absorbent par la peau.

«Je connais des jeunes pompiers d’une trentaine d’années qui ont des cancers de la prostate, de la vessie ou encore des testicules.»

Avant, nous avions des visites médicales tous les ans, puis tous les deux ans. Aujourd’hui, elles ont lieu tous les quatre ans. Nous avons une visite intermédiaire avec un infirmier tous les deux ans et devons attendre le double pour voir un médecin. Ça va à l’encontre de tout ce qu’on découvre sur notre santé ces dernières années ! Plus on a chaud, plus le gouvernement met le chauffage.

Je connais des jeunes pompiers d’une trentaine d’années qui ont des cancers de la prostate, de la vessie ou encore des testicules. On appelle ça des «cancers de fumeurs» mais, eux, ils n’ont jamais fumé. On n’est pas chercheurs, mais on se doute bien que ça vient des fumées des feux. Nous ne sommes pas assez soumis à des études, or nos dirigeants s’appuient sur des analyses scientifiques pour financer nos équipements. Nous sommes exposés à des substances cancérogènes sans aucune protection. On pourrait les avoir, mais on ne nous les achète pas. On nous traite comme si nous étions plus forts que les autres et que nous avions de meilleurs poumons.

En plus de l’équipement, il faudrait limiter le temps d’exposition. Si on avait un suivi médical régulier, on pourrait contrôler les doses assimilées. On ferait des analyses régulières et, en cas de trop grande exposition, soit on n’effectuerait plus d’interventions le temps que le corps se régénère, soit, si ce sont des molécules persistantes, on arrêterait tout simplement les expositions aux fumées pour éviter de tomber malade. Pour cela, il faut plus de personnel, c’est comme une course de relais.

Quelle forme prendra la grève ?

Nous assurerons un service normal. Comme en milieu hospitalier, les pompiers sont soumis à un service minimum obligatoire. Nos missions seront réalisées de la même manière qu’en temps normal. La grève consistera à poser des banderoles sur nos casernes et à porter le brassard «En grève».

«Ça fait dix ans que nous alertons sur le niveau de sécurité civile de plus en plus préoccupant et que nous ne sommes pas écoutés.»

Le 29 septembre, un rassemblement est prévu au Champ de Mars, à Paris ; ça devrait être une mobilisation d’ampleur, avec des déplacements de pompiers de tous les départements. Des rassemblements statiques seront aussi organisés sur le même lieu, les 27 et 28 septembre. Un peu partout en France, les pompiers sont à l’initiative de rencontres citoyennes devant les mairies, les préfectures ou sur les places de marché. L’idée est d’expliquer aux gens pourquoi nous sommes en grève. J’en ai fait une à Poitiers [dans la Vienne, NDLR], la semaine dernière ; une autre est prévue le 11 septembre à Orléans [Loiret], par exemple.

Lors de ces actions, nous nous mettons à la disposition du public, des citoyen·es et des parlementaires pour leur expliquer la situation de la sécurité civile aujourd’hui. C’est l’occasion de parler de nos 600 heures travaillées gratuitement par an [par les pompier·es volontaires, NDLR], de notre exposition à des substances cancérogènes sans protection et de nos conditions de travail de manière générale.

Cette mobilisation est inédite. Ceux qui nous gouvernent sont allés trop loin. Ça fait dix ans que nous alertons sur le niveau de sécurité civile de plus en plus préoccupant et que nous ne sommes pas écoutés. Souvent, les syndicalistes sont perçus comme des gens qui ne sont jamais contents. Nous ne demandons même pas un plus gros salaire ou davantage de confort. Nous souhaitons juste que les Français, quand ils ont des problèmes, puissent être pris en charge par les pompiers.

PDF
08.09.2026 à 06:00

Futurs parcs d’attractions XXL près de Paris : pourquoi le projet voulu par Emmanuel Macron rappelle le fiasco d’EuropaCity

Lilou Hiver

Texte intégral (1479 mots)
Paris, le 24 août 2026. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane ont annoncé la création de trois parcs d’attractions XXL près de Paris. © Henrique Campos/Hans Lucas via AFP

Un complexe de loisirs «hors normes» qui doit «confirmer la place de la France en tant que première destination touristique au monde». C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a présenté le projet saoudien de trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), le 24 août, aux côtés du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Le tout pour la bagatelle de six milliards d’euros. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été communiqué : tout juste sait-on que l’un des parcs aura pour thème les mangas.

Cette annonce rappelle à Bernard Loup, militant du Collectif pour le Triangle de Gonesse, engagé contre l’urbanisation des terres agricoles, un projet avorté à une vingtaine de kilomètres plus à l’est : EuropaCity.

«Tout le monde semble avoir oublié EuropaCity, mais je ne vois pas très bien en quoi cette nouvelle initiative est différente», souffle le militant octogénaire. En 2011, le groupe Auchan, deuxième distributeur français, annonce la création d’un vaste complexe de loisirs et de commerces de 80 hectares, pour un investissement de trois milliards d’euros. Il s’associe au groupe chinois Wanda, alors premier opérateur de parcs d’attractions en Chine. Un centre aquatique, une piste de ski, plus de 500 boutiques, une salle de concert et un complexe cinéma sont notamment prévus.

«Un projet d’une autre époque»

Le parc doit s’implanter sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), au nord de Paris. «Des terres pourtant réputées comme exceptionnelles et parmi les plus fertiles d’Europe», souligne Stéphane Tonnelat, ethnographe au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et auteur de Sauver les terres agricoles (Seuil, 2026). Elles sont notamment précieuses dans un monde en proie au changement climatique puisqu’elles ne nécessitent pas d’arrosage. Grâce à leur grande profondeur, les sols peuvent stocker l’eau de pluie, qui remonte ensuite par capillarité lorsque les températures augmentent.

De 2016 à 2019, Bernard Loup, président du Collectif du Triangle de Gonesse, s’est mobilisé contre le projet EuropaCity. © Jérôme Fourcade/Hans Lucas via AFP

Pendant presque dix ans, Bernard Loup et son collectif se sont mobilisés pour faire annuler le projet et conserver ces terres agricoles. «On a fait de nombreux recours juridiques, on a occupé une partie du terrain, on a informé la presse et la population, on a même marché de Gonesse à Matignon… et ça a fini par payer», se remémore le militant. En 2018, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise annule l’arrêté de création de la zone d’aménagement.

Le gouvernement abandonne définitivement EuropaCity en novembre 2019, lors d’un conseil de défense écologique. Il s’agit d’un «projet d’une autre époque, fondé sur une consommation de masse d’objets et de loisirs. Nous souhaitons éviter autant que possible ce genre d’équipements, qui concentrent l’activité à l’écart des villes, dévitalisent les centres historiques et créent d’importants besoins de transports automobiles», avait déclaré Élisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique.

145 hectares de terres agricoles urbanisées

«En quoi le parc à Cergy répond mieux à la situation actuelle ?», s’exaspère Bernard Loup. Pour Stéphane Tonnelat, ces nouveaux parcs prouvent que l’intérêt du gouvernement pour l’environnement n’existe plus. «On fait face aux mêmes problématiques qu’avec EuropaCity, mais avec un projet dont l’envergure est multipliée par deux», ajoute-t-il, exaspéré. Les parcs de Cergy doivent s’étendre sur 200 hectares, selon l’Élysée, dont 55 seront aménagés sur le site de l’ancien parc d’attractions Mirapolis, qui a fait faillite et est à l’abandon depuis 1991. Les 145 hectares restants doivent, eux, être pris sur des terres agricoles.

Sauf que celles-ci abritent des zones humides, nids de biodiversité. Si le complexe est construit, il se trouvera aussi à la lisière du parc naturel du Vexin, un plateau agricole classé dont les zones naturelles d’intérêt écologique couvrent près de 29% de la surface. «Le bruit et la lumière vont forcément perturber le quotidien de la quinzaine d’espèces protégées présentes», explique Tony Clavaud, cofondateur du collectif Mirapolis aux habitant·es, contre le projet. On y trouve notamment plusieurs chauves-souris et une libellule rare, l’agrion de Mercure.

Autre similitude avec EuropaCity, le gouvernement français collabore avec des investisseurs étrangers. Pour le nouveau parc, le président de la République a confirmé son financement par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund dédiée au divertissement, au sport et à la culture. «Que ce soit la Chine ou l’Arabie saoudite, à chaque fois ce sont des rapprochements avec des gouvernements autoritaires, ce qui est hautement questionnable», pointe l’ethnographe Stéphane Tonnelat.

Les débuts d’une mobilisation

Avec ces nouveaux parcs d’attractions, Emmanuel Macron promet la création de 22 000 emplois directs, «du jamais-vu depuis Disneyland Paris», s’est-il félicité sur X. «C’est un projet qui pourrait vraiment conforter l’attractivité touristique de l’Île-de-France», a renchéri sur TF1 Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France. Des arguments qui sonnent comme un disque rayé quand on sait que les perspectives d’attractivité économique et touristique étaient déjà mises en avant pour EuropaCity. «Sauf que, ce qu’ils ne disent pas, c’est que les emplois seront pour la plupart saisonniers, et que les personnes recrutées ne seront pas forcément du coin car, comme à Disneyland, il faut embaucher du personnel qui parle toutes les langues d’Europe», constate Bernard Loup.

Pour s’opposer à ce projet, lancé sans concertation avec les citoyen·nes concerné·es, le collectif Mirapolis aux habitant·es s’est rapidement constitué. Lors de sa première réunion, le 27 août dernier, une soixantaine d’habitant·es inquiet·es avaient fait le déplacement. Une pétition vient également d’être lancée. «Ce qu’on veut, c’est davantage d’informations et que les habitants soient consultés», réclame Tony Clavaud, cofondateur du collectif. «S’ils ont besoin d’aide pour lutter, les membres du Triangle de Gonesse viendront les soutenir. On est aussi passés par là», glisse amicalement Bernard Loup. Il est encore trop tôt pour savoir comment le projet évoluera. S’il suit son cours, un débat public devrait être organisé. Reste à voir si les parcs de Cergy connaîtront le même destin qu’EuropaCity.

PDF
07.09.2026 à 18:09

Concours : vos places pour le So good MAIF Festival à Marseille et Nantes

Vert

(182 mots)

Vert est partenaire du So good MAIF Festival. Pour ses prochaines éditions, le festival posera ses valises à Marseille le 26 septembre et à Nantes le 16 octobre. Au menu : des rencontres, des conférences, des expériences immersives, de l’humour et les concerts de Camélia Jordana et Danyl à Marseille et Miki à Nantes ! Le tout pour célébrer l’engagement sous toutes ses formes. Retrouvez toutes les infos ici.

🎁 Nous avons le plaisir de vous faire gagner deux places pour chaque date. Pour participer, rien de plus simple : assurez-vous d’être disponible à Marseille le 26 septembre ou à Nantes le 16 octobre, et inscrivez-vous au tirage au sort ici jusqu’au dimanche 13 septembre. Nous contacterons par mail les gagnant·es.

PDF
07.09.2026 à 16:24

Marche pour le climat du 26 septembre : la carte des manifestations près de chez vous

Mathilde Picard

(369 mots)

À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de 30 000 personnes ont signé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face au réchauffement climatique.

Dans ce texte, elles et ils appellent à une mobilisation nationale le 26 septembre. Actuellement, on recense 138 manifestations dans tout l’Hexagone : cliquez sur l’image ci-dessous pour en savoir plus.

Cliquez sur la carte pour savoir si une mobilisation est organisée près de chez vous. © 26 septembre

Soutenues par de nombreuses organisations écologistes comme Greenpeace, les Amis de la Terre, Alternatiba ou le Réseau action climat, ces marches sont organisées directement par des citoyen·nes. Ces personnes forment des groupes locaux que vous pouvez rejoindre en amont du 26 septembre. Des assemblées se tiendront le même jour que les manifestations afin de planifier les prochains rendez-vous.

Les canicules successives, les incendies et la sécheresse exceptionnelle ont alimenté l’indignation des associations environnementales, qui alertent depuis des années sur les conséquences du changement climatique. L’écoanxiété progresse au sein de la population française et a touché plus de 15 millions de personnes cet été. Face à cette tendance, scientifiques, thérapeutes et premier·es concerné·es soulignent les bienfaits de l’action collective. D’autres mobilisations sont prévues aux mois de septembre et d’octobre.

PDF
07.09.2026 à 11:27

«Nos enfants ne rêvent pas de ces Jeux-là» : dans les Hautes-Alpes, un bois menacé alimente la colère contre les JO 2030

Clément Gousseau

Texte intégral (2044 mots)
Des manifestant·es inaugurent une «réserve d’enfance protégée» au bois de Prarial de Montgenèvre (Hautes-Alpes), le 6 septembre. © Thibaut Durand/Vert

«Oserez-vous toucher au bois de nos enfants ?» Face aux pistes de ski et au golf international de Montgenèvre (Hautes-Alpes), Stéphane Faure-Brac hausse le ton, comme un défi lancé aux organisateur·ices des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises.

C’est dans ce village de 461 habitant·es, à deux pas de l’Italie, que le fondateur du Comité d’alerte sur l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 a donné rendez-vous pour un grand rassemblement, ce dimanche. Il est bien décidé à dénoncer ces Jeux qu’il qualifie de «gabegie».

Selon les organisateur·ices de la manifestation, plus de 400 personnes, enfants et adultes, sont venues faire entendre leur colère. Elles et ils dénoncent une «dérive» environnementale : le défrichement de 5,5 hectares de mélèzes dans le bois du Prarial, situé sur la commune, afin d’accueillir des épreuves.

Le bois du Prarial de Montgenèvre (Hautes-Alpes) est concerné par des opérations de défrichement en vue des Jeux olympiques de 2030. © Thibaut Durand/Vert

Montgenèvre fait partie des sites hôtes de ces futurs JO et doit être le théâtre des compétitions de ski freestyle, de snowboard, de ski-alpinisme et de freeride. Problème : le village ne dispose pas de toutes les infrastructures nécessaires.

«On n’a pas besoin de soi-disant promesses de durabilité qui ne seront pas tenues»

«Pour répondre aux exigences sportives internationales, le projet prévoit l’aménagement de plusieurs pistes et équipements spécifiques de manière à créer des parcours conformes aux prescriptions de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS)», taille la Solideo, l’établissement public chargé de coordonner la réalisation des futures infrastructures.

Le projet, en concertation préalable jusqu’au 2 octobre, implique aussi la «modernisation d’infrastructures du domaine skiable», notamment le remplacement d’un télésiège, pour un coût global annoncé de 26,78 millions d’euros.

Des manifestant·es dénoncent les dérives environnementales des Jeux olympiques 2030, à Montgenèvre (Hautes-Alpes), le 6 septembre. © Thibaut Durand/Vert

«C’est une aberration écologique quand on voit les données scientifiques et l’été qu’on vient de passer», dénonce Camille (qui n’a pas souhaité donner son nom), Briançonnaise, tentant de se faire entendre au milieu des morceaux joués par la fanfare, ce dimanche. Derrière elle, des enfants inscrivent leur prénom sur des plaquettes de bois, à côté d’un dessin de mélèze. «L’organisation de ces Jeux a été décidée sans que les gens puissent choisir. On fait perdurer le mythe du tout-ski», poursuit-elle.

«C’est un projet creux dont on ne sait rien. On n’a pas besoin de soi-disant promesses de durabilité qui ne seront pas tenues», abonde Stéphane Faure-Brac, avant d’indiquer le chemin vers le bois du Prarial.

«S’ils coupent un arbre, ils trancheront un rêve d’enfant»

Pour tordre le cou au projet et empêcher les défrichements, ce militant a eu une idée : créer la première «réserve naturelle d’enfance protégée» de France. «On invite les enfants à donner leur nom à un mélèze, en y accrochant une petite plaquette. Notre message est simple : nos gamins ne rêvent pas de ces Jeux, ils rêvent d’une forêt protégée. S’ils coupent un arbre, ils trancheront un rêve d’enfant avec.»

Parents et enfants inscrivent leur prénom sur des pancartes, accrochées plus tard sur les mélèzes du bois de Prarial, à Montgenèvre (Hautes-Alpes) © Thibaut Durand/Vert

Dans les enceintes résonne une chanson créée pour l’occasion, dont le refrain est chanté par des enfants : «Vieux mélèzes, vous ne tomberez pas, nous sommes une forêt d’enfants, nos racines sont sœurs éternellement.»

«C’est important pour moi d’être là, de transmettre mes valeurs de protection de la nature à mes enfants, témoigne Célia Grimal, venue en famille et avec d’autres parents. On se sent souvent impuissant face à toutes les problématiques environnementales. Mais, pour une fois, on se dit qu’on peut faire quelque chose.»

Scrutant les arbres, dont certains sont centenaires, Louise, 7 ans, et son amie Coline, 11 ans, sont du même avis. «Ça nous fait de la peine de savoir que tous ces arbres vont être coupés. On a besoin de protéger notre montagne», confie la première.

Comme elles, Lynn, Hyacinthe, Romane, Sacha, Pacôme, Léonce et plus de 600 enfants à travers la France ont désormais un mélèze à leur nom. «Nous avons ouvert les parrainages en ligne et notre appel a été entendu jusqu’en Bretagne et à Lille», rembobine Stéphane Faure-Brac.

Coline, 11 ans, et Louise, 7 ans, devant le mélèze qui porte leur prénom, dans le bois de Prarial, à Montgenèvre (Hautes-Alpes). © Thibaut Durand/Vert

L’initiative a même trouvé un écho en Suisse, avec la venue à Montgenèvre de John Moorhead, représentant de la Global Coalition for Responsible Sport. Cette association suisse cherche à mettre les organisations sportives face à leurs responsabilités environnementales lors de l’organisation de mégaévénements. «Ce qui va se passer à Montgenèvre, alors que l’on vient de vivre l’été le plus chaud de l’histoire, est une honte. Le peuple doit se mobiliser», lance-t-il. Stéphane Faure-Brac formule le même vœu : «Les gens de Montgenèvre doivent se réveiller.»

«Les JO sont un prétexte de mobilisation pour les gens anti-tout»

Dans la commune, le sujet est très clivant. Certain·es lorgnent de potentielles retombées économiques et touristiques. «Tous ces changements vont être bénéfiques pour nous, ça nous assure au moins vingt belles années de ski après les Jeux, s’enthousiasme Vincent Voiron, directeur technique de l’École du ski français de Montgenèvre. Cela va sécuriser certaines pistes et apporter du renouveau. Quand on bosse dans l’industrie du ski, on ne peut pas s’opposer aux JO.»

La maire (sans étiquette), Muriel Jourdain, ne voit pas de «conséquences visuelles importantes» concernant le projet sur le bois du Prarial. «Les JO sont un prétexte de mobilisation pour les gens anti-tout, qui ne veulent plus de tourisme, plus d’investissement, mais qui ne proposent rien pour faire vivre les gens de la montagne. Ici, l’hiver, mille personnes trouvent un équilibre financier. Si demain on n’a plus de ski ni de Jeux olympiques, que feront-ils ?»

Un manifestant à Montgenèvre (Hautes-Alpes), le 6 septembre. © Thibaut Durand/Vert

Toutefois, l’édile le reconnaît : «Tout le monde sait que, quand on parle de Jeux durables, c’est antinomique. On va dépenser beaucoup d’argent et il y aura beaucoup d’infrastructures.» Et d’ajouter que «Montgenèvre ne peut pas rétropédaler et renoncer à accueillir les Jeux. Je n’ai pas la prétention d’avoir des milliards d’euros à gaspiller quand on ne recevra plus de subventions de l’État et de la Région parce que j’aurais refusé les JO.»

Une délocalisation des épreuves à Val Thorens ?

Dans le bois du Prarial, certain·es estiment que les leçons des précédents JO, notamment ceux de Milan-Cortina (Italie) cette année, n’ont pas été retenues. «On est toujours incapable d’organiser des Jeux sans tout détruire, sans folie des grandeurs, et avec un peu d’intelligence. Je suis pour le sport, mais ces JO 2030 sont absurdes», peste Bertrand Camus, professeur de ski à Briançon (Hautes-Alpes).

Muriel Jourdain n’est pas de cet avis : «Il y a quand même moins de faste que lors des précédentes éditions. On vit une époque de transition ; on voit bien que les choses ne collent plus, mais on n’a pas de solutions pour faire vivre les gens sans produire.»

Stéphane Passeron, ancien skieur de fond professionnel et ex-entraîneur de l’équipe de France de ski nordique handisport, s’est fait une raison. «J’étais aux Jeux d’hiver de Vancouver en 2010, je sais ce que c’est. Le ski, c’est ma vie. Mais le modèle des Jeux de 2030 est dépassé : c’est une folie, il faut en prendre conscience. Il est temps de passer à autre chose», tranche-t-il.

Stéphane Passeron, ancien skieur de fond professionnel et ex-entraîneur de l’équipe de France de ski nordique handisport, à Montgenèvre (Hautes-Alpes), le 6 septembre. © Thibaut Durand/Vert

Existe-t-il une autre voie ? «Qu’ils organisent les épreuves de Montgenèvre à Val Thorens, en Savoie, propose Stéphane Faure-Brac. Ils ont les infrastructures pour et accueillent déjà des Coupes du monde.»

Une solution qui ne semble pas être d’actualité. Dans son dossier de concertation préalable, la Solideo ne l’envisage pas parmi les options étudiées, estimant que «les Jeux constituent un accélérateur permettant de regrouper des investissements répondant à des besoins à la fois sportifs et de long terme pour le territoire». Les travaux de défrichement dans le bois du Prarial devraient commencer à l’automne 2027.

PDF
06.09.2026 à 07:00

Détergent, bicarbonate, savon noir : comment choisir des produits ménagers plus écologiques

Mathilde Picard

Texte intégral (1612 mots)
Les labels recommandés par l’Ademe servent de repères dans les supermarchés. © Jean-Michel Delage/Hans Lucas via AFP

80% du temps, notre air intérieur est cinq à sept fois plus pollué que l’extérieur, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Parmi les multiples sources de pollution de notre maison figurent les produits ménagers, qui peuvent contenir des substances toxiques pour l’environnement et la santé.

Pour faire le ménage et assainir son logement sans le contaminer davantage, «le premier réflexe est de limiter le nombre de produits utilisés et de restreindre la dose que l’on applique», souligne Emily Spiesser, référente «consommation plus responsable» pour l’Ademe. «Si vous voulez mieux nettoyer, il faut le faire plus régulièrement, pas utiliser davantage de produit», renchérit le docteur Philippe Carenco, médecin et ancien chef du service d’hygiène du CHU de Nice (Alpes-Maritimes).

Les substances nocives contenues dans les produits ménagers sont multiples. On retrouve de l’ammoniaque dans les nettoyants pour vitres, pour toilettes, cuisinières ou salles de bains, lequel peut irriter les voies respiratoires. Autres ingrédients à risque : les composés organiques volatils (COV) présents dans les détergents, aérosols ou parfums d’ambiance. Certains sont des cancérogènes avérés, comme le benzène, le toluène et le formaldéhyde. D’après le Haut Conseil pour la santé, en 2021, 91% des produits ménagers testés émettaient cette dernière molécule.

Selon la sensibilité des consommateur·ices, les détergents et autres produits d’entretien peuvent entraîner des effets néfastes immédiats : nausées, asthme, irritations, inflammations des muqueuses, difficultés respiratoires, allergies, toux. Sur le long terme, ils renforcent aussi notre exposition aux perturbateurs endocriniens (qui dérèglent le système hormonal) et peuvent s’ajouter à d’autres polluants de notre quotidien.

Quels sont les produits à éliminer en priorité ?

«Les sprays et produits avec parfums doivent être évités car ils sont présents dans l’air et finissent dans nos poumons, explique Philippe Carenco. Ces substances peuvent être irritantes si on les utilise de façon régulière et sont susceptibles de déclencher des gênes respiratoires chez les personnes sensibles.»

Désodorisants pour toilettes, diffuseurs d’huiles essentielles ou autres aérosols peuvent davantage contaminer notre intérieur que le purifier. Par exemple, la combustion d’encens libère des COV. «Le propre n’a pas d’odeur», insiste Philippe Carenco. Contrairement à une idée très ancrée dans notre culture, les parfums ne sont pas synonymes d’environnement sain, au contraire. Ajoutés aux produits d’entretien, nombre d’entre eux contiennent des phtalates, qui perturbent le système hormonal.

Pour éviter l’accumulation des contaminants dans notre air intérieur, il faut aérer cinq à dix minutes par jour et après avoir fait le ménage. «Lorsqu’on étend son linge et surtout lorsqu’on utilise une lessive parfumée, il est utile d’aérer ; on peut avoir des molécules allergisantes ou nocives pour la santé sur le long terme qui se diffusent dans l’air», indique Emily Spiesser.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que les enfants et les femmes enceintes sont les plus exposé·es aux effets néfastes de la pollution de l’air. De même pour certaines personnes vulnérables (cardiaques, asthmatiques, immunodéprimées).

Faut-il se passer de la Javel et autres désinfectants ?

«On n’a pas à désinfecter quoi que ce soit à la maison, même en cas de gastroentérite d’un membre du foyer, cela n’empêchera pas l’exposition au virus via les surfaces, les précautions doivent porter en premier lieu sur la limitation des contacts directs entre les personnes ainsi que le fréquent lavage des mains.» Philippe Carenco est catégorique : il faut se passer de la Javel et des autres désinfectants. «En moyenne, seules 3% des bactéries de notre maison peuvent provoquer des maladies», selon l’Association Santé Environnement France.

L’Anses rappelle que les savons et détergents naturels suffisent à nettoyer les surfaces en cas de personne malade à la maison. Pourtant, en France, sept ménages sur dix utilisent encore de l’eau de Javel, rapporte l’Ademe. Dans ces logements, les enfants ont plus de risques de développer des infections respiratoires (sinusite, otite, bronchite, pneumonie). Si vous tenez à y recourir, l’institution conseille de la diluer dans de grandes quantités d’eau, en évitant absolument l’eau chaude et le vinaigre.

Les antibactériens, quant à eux, peuvent contenir du triclosan, un perturbateur endocrinien. En plus d’être nocifs pour la santé et d’être inutiles dans un logement de particulier, les désinfectants se retrouvent dans les eaux usées et sont difficilement dégradés par les bactéries des stations d’épuration, chargées de traiter les polluants. Ils participent donc à la pollution de l’environnement.

Les écolabels sont-ils fiables pour choisir son détergent ?

L’Ademe recommande de se fier à plusieurs labels environnementaux dont elle a vérifié la fiabilité. Ecocert, Nature & Progrès : vous pouvez retrouver la liste des certifications ici. Ils sont un critère efficace pour choisir parmi les multiples bouteilles des supermarchés et un meilleur repère que les noms des marques ou des produits. «Certains noms de marques posent problème car ils sous-entendent que le produit est respectueux de l’environnement, alors qu’il ne l’est pas», alerte Emily Spiesser.

Pour les détergents, l’experte recommande l’écolabel européen. «Il permet de limiter l’impact environnemental du produit sur tout son cycle de vie : extraction des matières premières, utilisation et fin de vie ; et il porte sur des garanties sanitaires et environnementales.»

Les produits d’entretien labellisés peuvent malgré tout contenir des substances issues de la pétrochimie, mais sont garantis sans perturbateurs endocriniens tels que les alkylphénols.

Les solutions pour nettoyer en douceur

Dans la majorité des cas, le ménage mécanique est préférable aux solutions chimiques : enlever la poussière régulièrement avec un balai ou un aspirateur et laver le sol avec de l’eau chaude suffisent. Même lorsqu’il s’agit de déboucher un évier, il vaut mieux privilégier l’usage d’une ventouse, d’un furet ou dévisser le culot du siphon avant d’utiliser les déboucheurs chimiques comme le Destop.

Ce dernier contient des substances (acide sulfurique, acide chlorhydrique, soude caustique, hydroxyde d’ammonium, entre autres) qui ne peuvent pas être traitées intégralement par le système d’assainissement et qui contaminent les sols et nappes phréatiques.

Un ensemble de produits naturels peut suffire à l’intégralité de votre ménage : le bicarbonate de soude pour déboucher des canalisations ou nettoyer les surfaces, le vinaigre blanc (en petite quantité) pour détartrer ou le savon (noir ou autre) pour dégraisser et laver les surfaces.

Peu importe les produits choisis, «il vaut mieux mettre des gants pour faire le ménage ou la vaisselle», souligne Emily Spiesser. Cela permet d’éviter de mettre sa peau en contact direct avec des substances irritantes ou abrasives.

Pour les plus motivé·es, plusieurs recettes élaborées par l’association de préservation de l’eau et de l’environnement Ceseau permettent de fabriquer soi-même ses produits d’entretien.

PDF
10 / 10

🌱 Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds

🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
🌱 Printemps des Luttes Locales
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE
La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
🌱 Observatoire de l'Anthropocène

🌱 Reporterre
Présages
Reclaim Finance
Réseau Action Climat
Résilience Montagne
SOS Forêt France
Stop Croisières

🌱 Terrestres

🌱 350.org
Vert.eco
Vous n'êtes pas seuls