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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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29.05.2026 à 10:22

Élection présidentielle 2027 : l’ONG Quota climat et le média Les Surligneurs lancent une plateforme anti-désinformation

Médianes

(396 mots)
Pascal Praud dans l’émission «L’Heure des pros» du 28 mai 2026. La chaîne CNews a récemment été condamnée pour désinformation climatique. © Capture d’écran CNews

«La désinformation s’organise. Nous aussi.» Le slogan de la plateforme Droit à l’info est on ne peut plus clair. Ce site vise à épingler rapidement les déclarations fallacieuses et a été lancé en vue de l’élection présidentielle de 2027, ont annoncé jeudi le média de vérification Les Surligneurs et l’association anti-désinformation climatique Quota climat.

Par des outils d’analyse automatisée à grande échelle, il s’agit de détecter «au plus tôt les récits émergents susceptibles de relever de la désinformation», précisent Eva Morel, secrétaire générale de Quota climat, et Vincent Couronne, directeur général des Surligneurs. La désinformation «se construit, se répète, se diffuse par des acteurs qui ont intérêt à fragiliser les conditions mêmes du débat démocratique», soulignent les deux organisations.

Des alertes sur la désinformation climatique pendant trois mois

Après analyse et vérification par des équipes de fact-checking, des alertes seront diffusées en moins de 48 heures en cas de risque important de propagation d’une fausse information dans le débat public.

Ces alertes, via le site droitalinfo.org et la chaîne WhatsApp Droit à l’info, porteront durant trois mois (jusqu’à juillet) sur la désinformation climatique – une phase de «validation opérationnelle» avec ce sujet sur lequel l’ONG Quota climat «dispose d’une expertise et d’un historique documenté». Passée cette étape test, les alertes doivent être élargies à l’international, l’économie, la démocratie, le social et la société.

Le projet est financé par le fonds de dotation La Concorde, animé par des entrepreneur·ses et qui se présente comme «apartisan». Eva Morel d’appuyer : «Nous cherchons des cofinancements pour la suite.»

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28.05.2026 à 14:10

L’apéro du Club de Vert avec Camille Etienne

Julie Lelievre

(182 mots)

Rendez-vous le mercredi 10 juin à partir de 18h45 au Ground Control (81, rue du Charolais, Paris 12ème) !

Au menu :

  • Enregistrement en public du podcast «C’était mieux après» : Loup Espargilière recevra l’activiste Camille Etienne.
  • Suivi d’un apéro toutes et tous ensemble pour apprendre à se connaître et comploter pour faire de Vert le grand média du climat.

Une soirée conviviale et engagée, comme on les aime chez Vert !

Inscrivez-vous gratuitement sur ce lien

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28.05.2026 à 12:27

Canicule : nos conseils pour rafraîchir votre logement

Rémy Calland

Texte intégral (1907 mots)
Illustration. Le ventilateur est un allié de poids en période de forte chaleur… Surtout s’il est bien utilisé. © Mathieu Thomasset/AFP

Vous avez chaud, et votre logement aussi. En 2024, la France comptait quelque 5,8 millions de passoires énergétiques – ces appartements ou maisons dotés d’une piètre isolation thermique (généralement classés F ou G dans le diagnostic de performance énergétique, le fameux «DPE»). On parle plus souvent de cet enjeu-là l’hiver, quand les factures de chauffage des habitant·es explosent. Mais il devient de plus en plus important l’été, et même dès le printemps : les logements se transforment vite en de véritables bouilloires.

Dans ces habitations, les gens n’ont pas toujours les moyens (financiers ou logistiques) de mener une rénovation thermique – d’autant que le gouvernement a récemment suspendu, puis annoncé la relance, du dispositif MaPrimeRénov’. Mais «il y a quelques grands principes qui s’adaptent à peu près à tous les logements», amorce auprès de Vert Guénolé Conrad, coordinateur de l’association Low-tech lab, qui vise à valoriser des techniques sobres, accessibles et à faible impact environnemental (le low tech, ou «technologies douces»).

Empêcher le soleil de rentrer

Parmi ces grands principes : bloquer les apports solaires dans l’habitat. Idéalement, cela doit être fait à l’extérieur des fenêtres, pour éviter que le rayonnement infrarouge du soleil pénètre les vitres et réchauffe le logement.

Il s’agit de fermer ses volets ou ses brises-soleil, de déplier son auvent pour ombrager ses fenêtres, ou de poser un film anti-chaleur sur ses vitres (facilement trouvable en magasin de bricolage, entre 15 et 50 euros, selon la taille à couvrir).

Si vous êtes plutôt amateur·ices du système D, plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez fixer du carton sur votre fenêtre pour limiter l’entrée du soleil. Pour éviter de vous retrouver dans le noir, privilégiez plutôt la couverture de survie (entre cinq et dix euros environ) scotchée à l’extérieur de la fenêtre (avec la face argentée exposée au soleil pour réfléchir les rayons) pour un effet pare-soleil efficace. Un tuto explicatif est disponible sur le site du Low-tech lab.

Des fenêtres recouvertes de couvertures de survie. © Low-tech lab

Vous pouvez aussi installer des rideaux thermiques (idéalement aux couleurs claires, pour refléter les rayons), qui fonctionnent aussi bien l’hiver que l’été. Ils sont posés à l’intérieur du logement et n’interceptent pas tous les rayons, mais sont une solution facile à mettre en œuvre. «L’essentiel est d’éviter que le soleil charge son énergie dans la masse de la maison, c’est-à-dire les planchers et les murs, car c’est ça qui va maintenir la température élevée le soir», souligne Guénolé Conrad.

Aérer son logement dès que possible

Pour faire retomber le mercure, une solution : l’aération. «Il n’y a pas de secret, explique Guénolé Conrad, du Low-tech lab. Il faut évacuer la chaleur en créant une circulation d’air.» Dès que la température extérieure redescend (le soir ou tôt le matin), toutes les fenêtres doivent être ouvertes pour renouveler l’air intérieur – c’est encore mieux si le logement est traversant.

Plusieurs solutions sont envisageables pour favoriser la circulation, dont l’utilisation de linge mouillé. On peut le mettre devant la fenêtre ou face à un ventilateur – une bassine d’eau ou un pain de glace fonctionnent également. C’est le principe de l’évaporation : la chaleur environnante servira à évaporer l’eau qui s’évacuera et rafraîchira l’air ambiant. «Ça peut faire gagner quelques degrés», estime Guénolé Conrad.

Dans les régions envahies de moustiques, l’achat d’une moustiquaire peut être bénéfique pour ne jamais renoncer à ouvrir la nuit par crainte d’être piqué·e.

Les ventilateurs fixés au plafond sont également efficaces. «Un brasseur d’air ne refroidit pas la pièce, mais il améliore fortement le ressenti thermique selon les situations, un ventilateur de plafond peut faire ressentir 2 à 5 degrés de moins», indique Pierre Deroubaix, ingénieur en charge de l’adaptation au changement climatique à l’Agence de la transition écologique (Ademe). Pour qu’il soit le plus efficace possible, il vaut mieux l’installer au centre de la pièce, relativement loin des murs, et pas trop près du plafond. L’Ademe a testé en laboratoire une cinquantaine de ces plafonniers à pales pour en déterminer l’efficacité. Vous pouvez consulter la liste ainsi que des conseils d’installation dans leur récapitulatif«Les plafonniers consomment 20 à 50 fois moins d’électricité que la climatisation», précise l’expert. Et si jamais vous ne pouvez pas vous passer de climatisation, combiner les deux permet de diminuer la température de consigne de votre clim.

Les brasseurs d’air sur pied, eux, sont moins coûteux mais plus bruyants. Leur rayon d’action est moins grand que celui des plafonniers mais il peut servir d’appoint.

Sur son site Vivre avec la chaleur, l’organisme Santé publique France recense des techniques pour sensibiliser le public aux températures élevées. Il conseille d’orienter son ventilateur vers l’extérieur devant une fenêtre ouverte, au petit matin, pour faire sortir l’air chaud et le renouveler. Une astuce «utile dans un logement qui n’est pas traversant, et lorsqu’il est impossible de faire des courants d’air».

Il est conseillé de mettre son ventilateur face à la fenêtre. © Adobe stock

Végétaliser son environnement

Les plantes, c’est joli, et ça peut être un allié pour lutter contre la chaleur. Concrètement, le phénomène d’évapotranspiration (qui combine l’évaporation de l’eau dans les sols et la transpiration des feuilles des plantes) peut participer au rafraîchissement de l’air ambiant – dans des proportions limitées. Un arbre mature évapore quelque 450 litres d’eau par jour, soit l’équivalent de cinq climatiseurs en marche pendant 20 heures, évoque Santé publique France.

Attention, ce n’est pas une technique miracle pour autant : «Il faudrait une grande surface de terre bien humidifiée pour que ça puisse vraiment rafraîchir l’air», nuance Guénolé Conrad, pour qui cette technique reste «anecdotique» sur le plan des températures. L’intérêt de la végétalisation repose surtout dans la couverture qu’elle permet, puisque tout ce qui peut faire de l’ombre sur la façade, et principalement sur les fenêtres, est bon à prendre.

Vous pouvez ainsi planter des végétaux dans votre jardin, sur votre balcon ou même sur vos rebords de fenêtres. Les façades végétalisées peuvent améliorer le confort des habitant·es en protégeant le bâtiment du rayonnement solaire, détaille l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans un guide pratique à destination du public. Attention toutefois à choisir des espèces résistantes à la sécheresse, pour limiter les besoins en eau. Dans certaines villes (Lille, Paris, Toulouse, etc.), il existe des «permis de végétaliser» que les habitant·es peuvent demander pour pouvoir jardiner dans leur rue et leur quartier, et ainsi contribuer à la création d’îlots de fraîcheur urbains.

Végétaliser son balcon permet de lutter contre la chaleur. © Adobe stock

Repeindre les surfaces extérieures en blanc

Une autre technique, celle de la peinture blanche, est moins accessible que les autres selon le type de logement, mais permet de rafraîchir l’habitat. Quand une surface est claire, elle réfléchit le rayonnement du soleil et absorbe donc moins de chaleur – c’est ce qu’on appelle l’effet d’albédo. Depuis plusieurs années, des entreprises se spécialisent dans la peinture des toits de bâtiments en blanc pour améliorer le confort thermique. Vous pouvez aussi le faire vous-même grâce à ce tutoriel disponible sur le Low-tech lab, inspiré par l’entreprise Cool roof France. Attention, «peindre les toits en blanc n’aura qu’un effet limité si la toiture est bien isolée», prévient l’Ademe. Cette technique est plutôt indiquée pour les passoires thermiques.

Les règles d’urbanisme empêchent parfois de repeindre sa toiture. Sachez que le principe fonctionne également sur d’autres surfaces qui accumulent la chaleur. «Si on a une cour en bitume noir chez soi, ne serait-ce que peindre en blanc, ça peut être une option intéressante», suggère Guénolé Conrad, du Low-tech lab.

Une question «de bon sens»

Au-delà de ces astuces, il faut adapter au maximum son quotidien pour limiter tout apport de chaleur supplémentaire, c’est-à-dire éviter d’allumer ses plaques de cuisson et son four, ou d’utiliser son aspirateur trop longtemps. L’impact de ces appareils semble anecdotique, pourtant ils peuvent ajouter quelques dixièmes de degrés. «Ces conseils sont basiques, estime le coordinateur de l’association, mais la démarche low tech est avant tout une démarche de bon sens, et elle peut faire la différence quand l’isolation thermique n’est pas une solution accessible.»

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28.05.2026 à 11:15

«Achète-toi une clim et ferme ta gueule» : en pleine canicule, les présentateurs météo affrontent une vague d’insultes

Médianes

Texte intégral (1230 mots)
Le bulletin météo de BFM TV, ce jeudi 28 mai. © Capture d’écran BFM TV

«Imbécile, il pleut chez moi», «Ta gueule on va pas mourir bordel avec ta carte ultra-violette bande de dégénérés», «Achète-toi une clim et ferme ta gueule»… Depuis le début de la canicule, qualifiée par les scientifiques «d’événement sans précédent» à cette période de l’année, des journalistes reçoivent insultes et menaces sur les réseaux sociaux pour avoir rendu compte de l’envolée des températures. Les cartes météo sont jugées trop rouges et trop alarmistes par certain·es. «Le coup des cartes en rouge, ça nous a un peu fait tomber de notre chaise, raconte François Pitrel, journaliste environnement à BFM TV. C’est un vieux truc. Je ne pensais pas qu’on allait nous refaire le coup une énième fois.»

Il raconte les messages, parfois homophobes, reçus par des collègues à la rédaction. À tel point que la société des journalistes (SDJ) de BFM TV a publié un communiqué, mardi, pour dénoncer «une vague d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, venant d’internautes climatosceptiques». «Quand les gens se font viser nominativement, quand ils se font menacer, on passe dans une autre dimension», pointe François Pitrel.

La raison du choix de cette couleur est pourtant simple : «Plus les températures sont supérieures aux normales de saison, plus la carte est rouge. Avec des températures de 15 à 17°C supérieures aux normales de saison actuellement, les cartes diffusées dans les bulletins météo de BFM TV affichent logiquement un rouge vif», a expliqué la chaîne dans un article dédié. Elle précise se baser sur les valeurs fixées par Météo-France, et qu’aucune intervention humaine n’a lieu «pour accentuer artificiellement un phénomène climatique».

«On a fait notre boulot comme d’habitude. On a traité la canicule de façon hyper factuelle. Même si la météo, qui est basée sur des infos scientifiques, donne des boutons à ces gens», souffle François Pitrel. Sa consœur de TF1, la présentatrice météo Evelyne Dhéliat, abonde : «On était fin mai à une moyenne de saison de 21°C au nord et de 23°C dans le sud. Donc il est tout à fait normal que, quand on est à des températures de 30°C ou 35°C, les cartes soient de couleur extrêmement vive.» Elle précise qu’elle n’a pas reçu d’attaques ; ce qui est loin d’être le cas d’autres journalistes qui couvrent la canicule.

«À un moment, on ne peut pas faire comme si de rien n’était»

Pour Sébastien Thomas, journaliste au service météo-climat de France télévisions, ces attaques sont «systématiques» en période de fortes chaleurs et «très intenses dès lors qu’on pointe l’anormalité ou la responsabilité humaine dans les émissions de gaz à effet de serre ; dès qu’on fait de la science, en fait». «C’est totalement débile de s’en prendre aux messagers quand on n’aime pas le message», assène-t-il.

Lors du journal météo-climat diffusé samedi dernier, le présentateur a été l’un des premiers à mettre les mots sur l’épisode de chaleur à venir : «Nous basculons dans l’inconnu, météorologiquement parlant», avait-il déclaré. «C’est le narratif qui m’est venu, car c’est exactement la situation que m’avait décrite mon prévisionniste. Il n’y avait pas d’autres expressions qui caractérisaient la situation qu’on allait vivre», souligne-t-il.

Si la séquence a entraîné des commentaires plutôt positifs sur LinkedIn, elle a aussi été repostée sur X et a entraîné beaucoup d’attaques. Un réseau social que le journaliste a quitté après dix ans d’utilisation, fin 2023, justement pour «se prémunir de ça». «Je préférerais annoncer des températures classiques et dire aux gens : Profitez de votre week-end de la Pentecôte”, mais on a des températures qui sont 10 à 15 degrés au-dessus de la normale de saison. On ne peut pas faire comme si de rien n’était», appuie-t-il.

La majorité des gens veulent «des solutions, des perspectives, des explications»

Au-delà des réseaux sociaux, les déclarations climatosceptiques débordent aussi des plateaux télés. Malgré l’évidence scientifique, des voix assurent que tout cela est «normal». Lundi, le présentateur de CNews Pascal Praud a déclaré que «non, ce n’est pas une chaleur exceptionnelle». Le lendemain, l’éditorialiste Daniel Riolo a dénoncé sur le plateau de RMC «tout ce blabla pour deux semaines de chaleur dans l’année». «Tu mets un t-shirt et puis t’arrêtes de chouiner», a-t-il tranché.

Présentatrice phare à TF1 depuis 1991, Evelyne Dhéliat note pourtant «une situation inédite». «On s’aperçoit qu’on n’a jamais vécu cela. Il y a des gens qui pensent que la Terre est plate, ou que l’Homme n’a pas été sur la Lune… Qu’est-ce que vous voulez faire ? Moi, je suis ma ligne, ma direction», confie-t-elle.

François Pitrel, de BFM TV, craint que ces attaques et ces propos ne «freinent le débat». «Ils font perdre du temps parce que le sujet, aujourd’hui, ce n’est plus de savoir quelles sont les causes du changement climatique ou les couleurs des cartes de l’été. C’est autant de temps qu’on perd pour parler d’adaptation ou de bonnes pratiques», pointe-t-il. Sébastien Thomas constate qu’en dehors de cette «frange» climatosceptique, beaucoup de téléspectateur·ices s’intéressent aux questions liées au réchauffement climatique : «Je pense que les gens de bonne foi savent qu’il y a quelque chose de grave qui est en train de se passer à l’échelle du monde. Les gens ont envie d’avoir des solutions, des perspectives, des explications.»

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28.05.2026 à 10:22

Canicule : six solutions low-tech pour «adapter 50 000 écoles maintenant et à bas coût»

Médianes

Texte intégral (1589 mots)
Installation de brasseurs d’air dans l’école de Saint-Vallier-de-Thiey (Alpes-Maritimes). © Alex Bonnemaison

N’en déplaise aux rassuristes de plateaux TV, nos enfants sont bel et bien mis·es en danger par la vague de chaleur exceptionnellement longue et précoce de ce mois de mai. D’une part parce qu’elles et ils sont plus vulnérables que les adultes face à la chaleur : «Il est plus difficile pour un enfant de se rafraîchir par sudation pour des raisons physiologiques», rappelle le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

D’autre part parce que le bâti scolaire est particulièrement mal adapté au climat qui se réchauffe. Le bitume dans les cours d’école peut facilement grimper jusqu’à 50 degrés Celsius (°C), avec un rayonnement affectant particulièrement les enfants de petite taille, souligne le Cerema. Quant aux bâtiments eux-mêmes, «les deux tiers ont été construits avant 1970», concède le ministère de l’éducation nationale, et au moins 80% d’entre eux mériteraient d’être rénovés, selon Le Monde.

Des solutions low-tech, duplicables partout

«Les communes [qui ont la charge des bâtiments scolaires, NDLR] n’ont ni le temps ni les moyens pour rénover en urgence toutes les écoles du pays», explique Amaury Fievez, doctorant à l’École des mines et à la tête d’un projet de recherche-action (recherche menée directement sur le terrain) baptisé Racine (pour Recherche sur l’adaptation aux canicules à l’intérieur de nos écoles). La mission qu’il s’est donnée, avec le soutien de l’État, tient en une seule phrase : «Trouver comment adapter nos 50 000 écoles maintenant et à bas coût.»

Depuis juin 2025, il expérimente dans une trentaine de sites scolaires de l’Hexagone des solutions low-tech (ou «technologies douces», en français), ces techniques abordables, rapides et simples à utiliser ou réparer. «Des mesures de bon sens surtout, mais qui se sont perdues ou qui ont été éclipsées par les nouvelles technologies, résume Amaury Fievez. L’idée est d’avoir une méthode duplicable partout sans avoir besoin d’ingénieurs surqualifiés.»

Installation de persiennes en bois dans l’école de Saint-Vallier-de-Thiey (Alpes-Maritimes). © Alex Bonnemaison

La mise en œuvre rapide de ces mesures permettrait, selon lui, à la plupart des écoles de «traverser une canicule comme celle-là sans perdre en confort de vie». Le tout pour un budget inférieur à 100 000 euros, sans commune mesure avec le coût d’installation et de fonctionnement d’un système de climatisation ou la réalisation de travaux de rénovation thermique.

☀ Ne pas laisser entrer le soleil

«Première règle : le soleil ne doit pas rentrer !», avertit Amaury Fievez, qui invite à protéger les surfaces vitrées du puissant rayonnement solaire : «Une fenêtre au soleil, c’est comme un radiateur allumé.» Laisser des espaces vitrés mal protégés dans une pièce non isolée peut facilement faire grimper le thermomètre de 10°C.

Le chercheur recommande l’utilisation de volets extérieurs – idéalement en bois – pour absorber et bloquer jusqu’à 80% du flux solaire. Quand c’est impossible, l’installation de films réfléchissants sur les vitres peut permettre de réduire de 50 à 65% le flux, «mais cela devient contre-productif l’hiver lorsqu’on a besoin du pouvoir réchauffant du soleil», précise-t-il.

À l’école de Grabels (Hérault), des toiles en jute protègent les façades du rayonnement solaire. © Amaury Fievez

Les protections intérieures, telles que les stores ou les rideaux, sont «mieux que rien mais largement insuffisantes». Inversement, tout ce qui peut faire de l’ombre depuis l’extérieur, aux fenêtres et aux murs de façade – toile d’ombrage, parasols, arbres –, est «doublement intéressant car cela évite aussi que les murs emmagasinent de la chaleur», précise-t-il.

🌡 Fermer la journée, aérer la nuit

Fermer les fenêtres dès qu’il fait chaud dehors empêche la chaleur de s’immiscer à l’intérieur ; les ouvrir dès que les températures extérieures retombent permet de «stocker de la fraîcheur à l’intérieur, explique Amaury Fievez. Les murs, les meubles et les objets emmagasinent de l’énergie, donc en ouvrant longtemps lorsqu’il fait frais, on fait tomber la température plusieurs degrés plus bas et ça dure plus longtemps.»

Il prend l’exemple d’une salle de classe à Paulhac (Haute-Garonne), étudiée depuis le début de la vague de chaleur : «Sans ouverture nocturne, la température descendait seulement de 3,5°C la nuit, alors qu’il faisait 15°C de moins dehors. Ouvrir la nuit permet de gagner jusqu’à 5°C le matin, et ça se réchauffe moins vite ensuite.»

Fenêtres équipées de films solaires dans l’école de Saint-Vallier-de-Thiey (Alpes-Maritimes). © Alex Bonnemaison

Il conseille de commencer l’aération nocturne plusieurs jours avant la vague de chaleur, «pour emmagasiner de la fraîcheur», et de la poursuivre plusieurs jours après : «À cause des murs qui stockent l’énergie, des pièces peuvent rester très chaudes plusieurs jours après le pic de chaleur si on n’ouvre pas.»

Le principal frein à la mise en place de cette mesure simple réside dans les risques d’intrusion. «La mise en place de barreaux aux fenêtres ou d’un système de gardiennage est un réel frein pour les communes», concède-t-il.

💨 Installer des brasseurs d’air

L’installation de ventilateurs de plafond (ou brasseurs d’air) ne diminue pas la température mais améliore le ressenti des occupant·es grâce au mouvement de l’air. «On parle de 2 à 3°C ressentis en moins, toutes choses égales par ailleurs», explique le chercheur.

En moyenne dix fois moins cher qu’un climatiseur (hors coût d’installation), un ventilateur de plafond a également une consommation d’énergie dérisoire, presque 100 fois inférieure à celle d’un climatiseur.

💦 Recourir à la brumisation ou au linge mouillé

Quand les ventilateurs de plafond fonctionnent, se vaporiser le corps ou appliquer un linge mouillé sur les épaules peut aussi changer le ressenti des occupant·es. «On simule la transpiration en plein vent, ça peut même donner froid !», observe Amaury Fievez.

🥕Adapter les repas

En période de fortes chaleurs, les repas chauds et copieux augmentent la température corporelle et l’inconfort. Sans compter que cuisiner chaud fait grimper la température de plusieurs degrés dans les bâtiments concernés.

Si certaines collectivités revoient leurs pratiques pour servir des repas froids, «il y a encore trop d’écoles où on continue de servir des repas chauds en pleine canicule», regrette Amaury Fievez.

⏰ Changer les horaires ?

Pratiquée de longue date dans des pays comme l’Espagne, l’adaptation des horaires de cours pour commencer et terminer plus tôt est une solution qui devrait être examinée en France, selon Amaury Fievez. «Mais cela devrait être un sujet national, car c’est trop difficile à mettre en place au niveau communal», pense-t-il.

À Paulhac (Haute-Garonne), l’accord du rectorat a été sollicité pour envisager la démarche, mais il faut aussi que les parents et le corps professoral s’organisent, ce qui peut prendre du temps.

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27.05.2026 à 17:36

«Il faut que tout cela disparaisse» : après une pollution massive aux PFAS, métaux lourds et microplastiques, l’entreprise Locacil jugée pour écocide en Alsace

Médianes

Texte intégral (1913 mots)
L’entreprise Locacil a cessé son activité en juin 2025, laissant derrière elle 30 000 tonnes de broyats de plastique. © Dorian Mao/Vert

À quelques mètres de la piste cyclable longeant l’entreprise Locacil à Feldkirch (Haut-Rhin), des terrils noirâtres de plus de cinq mètres de haut semblent sortir du sol du site industriel. Ils ne sont pas constitués de résidus miniers, mais de morceaux broyés de polychlorure de vinyle, le célèbre PVC, ou de polyéthylène et d’élastomère, un plastique souple semblable à du caoutchouc. Ces substances servent à recouvrir les câbles électriques présents dans de nombreux appareils d’électroménagers, chargeurs de téléphone ou encore dans les prises murales.

«Il y a des odeurs nauséabondes lorsque l’on passe en vélo à côté de l’entreprise. Même les cyclotouristes prennent le temps de s’arrêter en mairie pour nous signaler le problème. Il faut que tout cela disparaisse», clame Jean-Marie Romann, premier adjoint au maire sans étiquette de Feldkirch. Lors de la mandature précédente, la municipalité a rencontré à de nombreuses reprises le gérant de Locacil.

Le maire actuel, Jean Tomé, élu en mars dernier, est dans l’équipe municipale depuis plus de vingt ans : «Nous avons cru dans le projet du gérant de Locacil lorsqu’il est venu nous voir pour la première fois en mairie, il y a près de 10 ans. Son activité de revalorisation des déchets avait un vrai sens, mais ça a été fait n’importe comment.» S’il n’a plus de nouvelles du gérant depuis près d’un an, le maire se rappelle parfaitement de leurs derniers rendez-vous : «En 2022 et 2023, il nous a baladé pendant des mois en nous faisant croire qu’il allait enlever ces immondes tas de plastique. Il ne l’a jamais fait. Nous n’avions pas d’autres moyens d’actions que de porter plainte, et nous l’avons fait.»

Trois ans d’enquête et un procès dont le jugement sera rendu le 1er et 2 juillet

La municipalité de Feldkirch a déposé plainte contre l’entreprise Locacil en juillet 2023. Après un peu moins de trois ans d’enquête, ce mercredi 27 mai, l’entreprise, son gérant et sa femme ont comparu devant la 6e chambre correctionnel du tribunal judiciaire de Strasbourg. L’audience a été renvoyée aux 1er et 2 juillet 2026.

Les prévenus sont poursuivis pour écocide par le parquet du pôle régional environnement de Strasbourg. Introduit en 2021 dans le Code de l’environnement, le délit d’écocide consiste à émettre intentionnellement, dans l’air ou les eaux, une ou plusieurs substances, avec pour conséquence des effets nuisibles graves et durables sur la santé, la flore ou la faune, ou des modifications graves du régime normal d’alimentation en eau.

Ce délit est puni de dix ans d’emprisonnement et d’une amende de 4,5 millions d’euros. C’est la première fois qu’une entreprise est poursuivie pour un tel délit en Alsace et l’une des premières fois en France.

Jean Tomé est maire du village de Feldkirch depuis mars 2026. © Dorian Mao/Vert

Avant d’en arriver au procès, neuf inspections de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) sur le site de Locacil ont été réalisées entre mai 2024 et décembre 2025.

Dans les rapports de ces visites, accessibles au public sur le site de Géorisques, il est possible d’identifier près d’une vingtaine de mises en demeure de l’entreprise afin qu’elle respecte les règles qui encadrent son fonctionnement, des consignations (des dépôts d’argent de l’entreprise auprès de la préfecture qu’elle ne pourra récupérer qu’après s’être mise en conformité), ainsi que des amendes.

Le tout pour une somme totale dépassant le million d’euros. Ces procédures ont abouti à la liquidation judiciaire de l’entreprise avec cessation immédiate de l’activité, ordonnée par le tribunal judiciaire de Colmar le 24 juin 2025.

30 000 tonnes de plastique stockées sur le site

La première inspection de Locacil par la Dreal remonte au 30 mai 2024. À l’époque, la dernière visite du site date de 2017. Dans leur rapport, les inspecteur·ices décrivent ainsi l’activité de l’entreprise : «Des broyats de câbles électriques sont livrés sur le site. Ces déchets font l’objet d’une opération de tri qui permet de séparer les PVC souples, les élastomères, les polyéthylènes et le cuivre. Le cuivre est revendu. Les déchets plastiques sont en grande majorité entreposés sur site, dans l’attente d’un traitement dans une installation qui reste à construire d’après le gérant. À ce jour, les déchets produits sont accumulés sur le site.»

Au total, plus de 30 000 tonnes de ces petits morceaux de plastique ont été identifiées sur le site de Locacil. Ces déchets sont toujours entreposés à l’air libre.

Le Saubaechlé et deux plans d’eau pollués

Dans le même rapport, les inspecteur·ices ont constaté «que des broyats plastiques présents au sol étaient entraînés dans les avaloirs d’eau pluviales par les écoulements d’eau». Ces déchets ont ensuite terminé leur route «dans le ruisseau qui traverse le site au niveau de l’exutoire du réseau de collecte des eaux pluviales.»

Après la réalisation d’analyses au cours de l’enquête, le Saubaechlé, le cours d’eau traversant le site de l’entreprise, ainsi que deux plans d’eau situés en aval appartenant à la Collectivité européenne d’Alsace sont pollués «aux métaux lourds et particulièrement au cuivre, aux PCB (polychlorobiphényle), aux PFAS et aux microplastiques», précise la procureure de la République de Strasbourg, Clarisse Taron, dans un communiqué publié en mars 2026. Ces substances peuvent provoquer une très forte mortalité dans les écosystèmes aquatiques et la disparition de nombreux êtres vivants des milieux pollués. C’est ce qu’il se produit dans la Thur depuis plusieurs années, dont le Saubaechlé est un affluent.

Toujours selon le communiqué, le gérant de Locacil a été «placé sous contrôle judiciaire depuis le 20 mars avec interdiction de quitter le territoire français». Lors de l’audience du mercredi 27 mai, il a demandé la levée de cette interdiction aux juges pour postuler «à des postes à Genève ou Singapour». Il affirme avoir été «licencié de son emploi situé à Dubaï» dans le secteur du négoce de métaux suite à son interdiction de sortir du territoire. Les juges ont décidé de suivre les réquisitions du procureur et de maintenir le contrôle judiciaire et l’interdiction de quitter le territoire national.

On retrouve du plastique broyé de toutes les couleurs autour du site de Locacil. © Dorian Mao/Vert

«Je ne suis pas sûr que deux jours d’audience suffiront à traiter ce dossier très technique, interpelle Thomas Wetterer, avocat de la défense. Nous avons un dossier qui comporte plus de 3 000 pages et nous devons produire nos conclusions en à peine trois mois. De son côté, le ministère public s’appuie sur une très longue enquête, avec une enquête préléminaire qui a débuté il y a près de trois ans.»

Thomas Wetterer a fait savoir que le gérant de la société Locacil et sa femme «ne souhaitent pas s’exprimer dans les médias» à la suite de l’audience.

L’association Alsace nature environnement s’est constituée partie civile dans ce procès. Son conseil, François Zind, abonde : «Alsace Nature réclame avant tout la remise en état du site et des écosystèmes touchés par la pollution. Ce procès doit aussi permettre d’envoyer un signal au monde de l’entreprise : ce n’est pas parce que l’on est en liquidation judiciaire que l’on peut échapper aux poursuites pénales.»

Parmi les nombreuses autres parties civiles, l’agglomération de Mulhouse, la commune de Feldkirch, l’Agence de la transition écologique (Ademe) ou encore la Fédération de pêche du Haut-Rhin.

Une dépollution du site à plusieurs millions d’euros

Pour faire évoluer la situation du site et évacuer les déchets, la préfecture du Haut-Rhin est en train de «discuter avec les fournisseurs de Locacil pour que chacun récupère le tonnage vendu à l’entreprise», affirme Jean Tomé. Une première étape nécessaire mais qui ne permettra pas de «dépolluer le sol et les milieux contaminés» selon le maire.

Les montagnes de déchets en plastique dépassent les 6 mètres de hauteur. © Dorian Mao/Vert

Ce n’est pas la première fois que le site industriel de Feldkirch fait face à une pollution majeure. Le 12 juillet 2009, un incendie a ravagé le bâtiment principal de l’ancêtre de Locacil, Ecomix, spécialisée dans la revalorisation des pneumatiques, entraînant une pollution de l’air et des produits cultivés par un maraîcher du village. L’entreprise a été liquidée le 4 août 2009.

Un passif qui assombrit encore les perspectives pour ce site industriel : «Dépolluer a été estimé à 6 millions d’euros sur la partie de Locacil et plus de 4 millions d’euros pour la partie d’Ecomix qui n’appartient pas à Locacil», précise le maire. Avec seulement 1 000 habitants, la commune n’a pas un budget suffisant pour réaliser ce chantier. «Nous ne voulons pas que ce terrain demeure une friche industrielle. C’est à l’État de prendre ses responsabilités et de faire respecter le principe du pollueur-payeur», assène le maire de Feldkirch.

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27.05.2026 à 11:58

«Dans un climat non modifié par l’homme, cet épisode aurait été impossible» : la canicule inédite qui touche la France s’intensifie

Médianes

Texte intégral (1248 mots)
Les températures maximales atteignent 30 à 35°C sur la majorité du pays. © Christophe Archambault/AFP

13 départements sont désormais en vigilance orange pour le risque de canicule ce mercredi après-midi : la Manche, l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne, les Côtes-d’Armor, le Morbihan, le Finistère, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Vendée, la Charente-Maritime, la Charente et la Gironde. Jeudi, ce niveau d’alerte sera étendu à Paris et sa petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

400 records de température, des pics à 39°C

Ce mardi, les températures maximales atteignent 30 à 35 degrés Celsius (°C) en général en France, et jusqu’à 36 à 37°C sur le Poitou-Charentes et le Centre-Val de Loire, voire 38°C à certains endroits de l’Aude et de la moyenne vallée du Rhône. La chaleur reste étouffante sur la majorité du pays et culminera même localement à 39°C dans le Languedoc. Il faudra attendre dimanche pour sentir les températures redescendre progressivement. Cette semaine, «la température à l’échelle de la France est en moyenne plus de 10°C plus chaude que la normale, et localement plus de 15°C plus chaude», souligne Matthieu Sorel, climatologue de Météo-France.

L’épisode de chaleur se poursuit jusqu’à la fin de la semaine. © Météo-France

Mardi était la journée la plus chaude jamais connue en mai à l’échelle du pays au mois de mai. Il a fait 24,8 °C en moyenne en France contre 24,6°C lundi. «Nous battons des records, qui datent de la veille», insiste Françoise Vimeux, climatologue au sein de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). L’indicateur thermique national (soit la moyenne des mesures quotidiennes de trente stations en France) n’a pas encore atteint les 25,3°C, signe du passage à une vague de chaleur selon la définition des météorologues. Météo-France qualifie donc toujours cet épisode caniculaire d’«historique, exceptionnel et inédit pour un mois de mai». «Tous les superlatifs sont possibles pour décrire cet épisode», résume Matthieu Sorel.

La nuit, tous les records sont permis

«Sa durée et son étendue géographique sont particulièrement exceptionnelles, toute la France est concernée, en particulier la façade ouest», renchérit Françoise Vimeux. 400 records de températures ont été battus localement ce mardi, selon le service météo-climat de BFM. À Niort (Deux-Sèvres), le thermomètre indiquait 35,6°C au plus chaud de la journée, contre 35°C la veille, précédent record pour un mois de mai dans cette ville. À Poitiers (Vienne), le mercure est monté jusqu’à 35,1°C, battant également le record de lundi (34,3°C). Besançon (Doubs) a connu 32,2°C, une température extrême qui n’avait pas été mesurée dans la ville depuis le 26 mai 1892.

La nuit n’offre pas de répit durant cet épisode caniculaire. Les températures les plus fraiches ont, elles aussi, battu des records sans précédent pour un printemps : il a fait 22,1°C à Dinard (Ile-et-Vilaine). C’est la deuxième température la plus élevée tous mois confondus dans la ville côtière, derrière la célèbre canicule d’août 2003. À Deauville, Quimper, Lorient, Alençon, Le Mans, Évreux, Bordeaux, Dax et Tarbes, la température la plus fraîche restait au minimum autour de 20°C, du jamais vu ce mois-ci.

Une conséquence prévisible du réchauffement climatique

Cet épisode caniculaire s’explique par le dôme de chaleur qui couvre l’Europe. «Dans un climat réchauffé en France hexagonale de 2,2°C sur la dernière décennie par rapport à la seconde moitié du 19ème siècle, ce genre d’épisode au mois de mai est entré dans la gamme des possibles, explique Françoise Vimeux, dans un climat non modifié par l’homme, il aurait été impossible». Cet épisode caniculaire colle aux projections climatiques réalisées il y a déjà quarante ans, «on est dans le haut du panier dans les projections sur l’état de notre climat», précise la chercheuse.

Ces températures inédites menacent directement notre santé physique et mentale, comme l’explique à Vert l’épidémiologiste Kévin Jean. Elles renforcent également la pollution à l’ozone, en particulier en Ile-de-France et dans la région lyonnaise. Des restrictions de circulation ont été prises par les préfets pour limiter les pics de contamination. Des mesures insuffisantes pour l’association de lutte contre la pollution de l’air Respire qui exige la gratuité des transports en commun et des messages plus clairs de santé publique.

S’adapter «à la gamme des extrêmes possibles»

Mercredi, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a fait un point sur l’impact de la chaleur sur la santé, l’état des cours d’eau et des forêts ainsi que sur le bon fonctionnement des infrastructures électriques et de transports. «La situation est sous contrôle», a assuré la ministre. Aucune alerte sur les niveaux d’eau n’a été déclarée mais une vigilance particulière est de mise. De même pour les incendies de forêts : la météo des forêts qui permet de surveiller l’état de la végétation et prévenir les départs de feux, habituellement lancée au mois de juin, a été avancée à ce jeudi.

«Le gouvernement poursuit son travail au-delà du court-terme en matière d’adaptation au changement climatique, vante Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, l’an passé, plus de 1 200 projets ont été financés pour nous adapter.» Des propos loin d’être rassurants alors que le Fonds vert chargé de financer les projets de transition écologiques (rénovation d’écoles, végétalisation) a été raboté cette année, passant de 2,5 milliards d’euros de subventions en 2023 à seulement 850 millions en 2026.

«Il faut que la France devienne résiliente», martèle Monique Barbut. Le plan d’adaptation en France concerne un réchauffement à +4°C degrés d’ici la fin du siècle. «Les politiques qui font des choix d’adaptation se déclinant au niveau local doivent prendre en compte toute la gamme des extrêmes possibles, pas seulement le réchauffement moyen car cette vague de chaleur illustre bien que nous ne pouvons pas exclure que le réchauffement soit plus important».

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