Depuis Jean-Luc Godard avec À bout de souffle en 1960, le prix Jean Vigo signale les réalisateurs originaux, prometteurs, parfois virtuoses. Et bien souvent il fait mouche (Maurice Pialat pour L’Enfance nue en 1969 ou Bruno Dumont en 1997 pour La Vie de Jésus ou, plus récemment, Jean-Charles Hue avec Mange tes morts : Tu ne diras point en 2014 et Jean-Bernard Marlin avec Shéhérazade en 2018). Le cru 2024 est plus qu’à la hauteur, avec l’arrivée dans le paysage cinématographique français
Voici plusieurs mois déjà, avant même la réinstallation de Donald Trump à la Maison Blanche, que le duo Musk - Trump monopolise l’attention médiatique. S’il soulève l'inquiétude des uns et l’enthousiasme des autres, ce ralliement de la Silicon Valley au trumpisme marque l’entrée dans une nouvelle ère. Accélérant des dynamiques engagées depuis quelques décennies, la mainmise des grandes entreprises de la Tech sur l’espace public et l’agenda d’une droite radicale ont convergé.
Tous les procès pour viol se ressemblent, mais chaque victime de viol l’est à sa façon. C’est par cette paraphrase du célèbre incipit d’Anna Karénine de Tolstoï que l’on pourrait qualifier la plongée inédite dans les affres du procès des viols de Mazan, qui s’est déroulé pendant quatre mois devant la Cour criminelle du Vaucluse. Souvent qualifié d’historique, il fait écho au procès d’Aix-en-Provence dont l’avocate Gisèle Halimi avait fait, en 1978, une tribune politique
Qu’est-ce qu’un État en guerre ? À quoi ressemble-t-il, hors des clichés qui défilent en continu sur nos petits écrans ? À quoi pensent les gens ? Comment le vivent-ils au quotidien ? Ont-ils encore des rêves, des rages, des revendications ? Les tergiversations occidentales n’ont rien à voir avec ce qui se passe chez les villageois. Qu’ils vivent ici ou là, ils ont d’ores et déjà emménagé dans un autre pays, l’État en guerre. Dans cet État-là, tout y est à la fois
Il fut un temps où les intellectuels s’intéressaient à la forme la plus appauvrie et aliénante du travail manuel : la chaîne d’usine. C’étaient les années 1970. Le plus connu d’entre ces militants fut sans doute Robert Linhart, avec son ouvrage L’Établi, paru en 1978, qui raconte une année de travail comme ouvrier spécialisé (OS) dans une usine Citroën. Il s’agissait d’une démarche politique visant à la fois à leur permettre d’acquérir une expérience personnelle
Un jour, quand les historiens tenteront d’expliquer le xxie siècle américain, ils se pencheront sans doute sur ce grand déferlement de progressisme culturel qu’il est désormais convenu d’appeler le Great Awokening1. Pour l’analyser, il faudrait réfléchir au « wokisme » comme expérience vécue. Le phénomène woke est un exemple relativement rare d’un mouvement dans le domaine des idées ayant eu des effets concrets sur la vie quotidienne. Soudainement, aux alentours de 2020,