28.03.2025 à 12:00
admin
Le nouveau Mouais (mars-avril 2025) est paru, avec un dossier consacré aux questions inter-générationnelle. Retrouvez l’édito de Lou Is On, adolescente d’aujourd’hui portant un regard vif et lucide sur notre époque : « Alors oui, dans ce monde où désormais tout va trop vite, peut-être avons-nous plus de mal à nous mélanger, nous, les différentes générations ». C’est fou de se dire que ceux que l’on caractérisent aujourd’hui de « jeunes ».. Read More
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C’est fou de se dire que ceux que l’on caractérisent aujourd’hui de « jeunes » et de « vieux », ne le resteront pas et ne l’ont pas toujours été.
Il y a vingt ans, les Millenials devaient penser que le monde leur appartenait, ils représentaient la jeunesse et tout ce qu’elle implique. Certains disaient même qu’ils ne dépasseraient surement pas les trente ans, et il était alors préférable, selon eux, de prendre la vie par les deux bouts. Aujourd’hui, les engrenages continuent de tourner, et le cercle se referme peu à peu. C’est ainsi que le monde fonctionne, chaque génération attend son moment, celui où profiter de la vie est écrit en majuscules.
Et puis une fois cette période achevée, on s’ efface peu à peu, on se construit une vie pour combler le silence. Ce bruit blanc qui arrivera un jour, celui que toute génération confondue redoute, sans exception. Car malgré les différences, les fractures qui nous séparent, nous sommes concernés par grand nombre de choses. En effet, avant d’être un enfant , un quarantenaire ou un retraité, nous sommes des humains. Un point commun non négligeable. Alors oui, dans ce monde où désormais tout va trop vite, où les identités se confondent au milieux des likes, des cliques, des hashtags, ce monde où trouver une place devient de plus en plus éprouvant, où les âmes vides d’inconnues ressassent sans cesse comment les autres doivent mener leur vie, où ton existence même doit constamment dépendre de l’approbation des autres…effectivement, peut-être avons-nous plus de mal à nous mélanger, nous, les différentes générations.
Il y a ceux qui plongent tête la première dans ce tourbillon étourdissant, ceux qui se battent pour sauver un possible futur désastreux, et quelques-uns, au milieu, qui essaient de survivre entre les « c’était mieux avant » et les « qu’est ce qu’il va se passer plus tard ?». Au plus on avance, au plus on construit, mais il ne faut pas oublier que ce qui a déjà été construit peut toujours s’effriter sous l’érosion et les intempéries. Au bout d’un moment, l’effet domino nous rattrape, et le retour en arrière n’est plus possible.
Alors à défaut de construire plus vite pour semer la tempête, mieux vaut s’arrêter pour réfléchir. Réfléchir aux conséquences de nos actes, mais aussi à ce qui nous rassemble. Les différences, les fossés, les ravins, nous avons les moyens de bâtir les ponts pour les franchir. Même au milieu des guerres sans fin que mène l’humanité depuis la nuit des temps, et de la crainte que l’histoire ne se répète.
Et tandis que le monde bourdonne, papillonne, vrombit tout autour, s’active sans se soucier de notre présence, nous seul avons le pouvoir de fermer les yeux pour se retrouver face à nous-même.
Et de réfléchir à cette peur que nous avons…du bruit blanc.
Par Lou is On
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18.03.2025 à 13:08
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L’invasion israélienne du Liban, le 23 septembre 2024, a touché de plein fouet la communauté soudanaise (la guerre civile au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et 10 millions de déplacés) de ce pays, la jetant sur les routes une deuxième fois. Le Club Soudanais de Beyrouth est devenu un refuge pour des dizaines de déplacés et leurs famille. Reportage, par notre reporter Pluto. © Pluto pour.. Read More
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Créé en 1967, le Club Soudanais de Beyrouth est devenu le lieu de rencontre incontournable de la communauté soudanaise du Liban depuis des décennies. Depuis que le Soudan est déchiré dans une guerre civile d’une violence inouïe, des centaines voire des milliers de Soudanais ont trouvé refuge au Liban, notamment dans le dud du pays, y ayant obtenu le statut de réfugiés politiques auprès de l’ONU et survivant de menus travaux (construction, agriculture, etc.). L’invasion israélienne du Liban, le 23 septembre 2024, les a touchés de plein fouet, a fait plusieurs victimes dans la communauté et en a jeté de nombreux sur les routes, une deuxième fois, à la recherche d’un lieu sûr.
Ce lieu est le Club Soudanais de Beyrouth, devenu un refuge, un hébergement d’urgence pour des dizaines de déplacés soudanais et leurs familles. L’immeuble situé dans le quartier de Hamra a aussi accueilli des familles libanaises, syriennes, palestiniennes de la Bekaa et du Sud-Liban fuyant les bombes israéliennes.
En plus d’aider les déplacés de guerre, des activistes et bénévoles de la communauté soudanaise ont interpellé l’ONU en tant que réfugiés politiques, demandant sa protection, voire même leur relocalisation vers des pays sûrs – mais face au silence de l’institution, elle a dû tenir bon comme elle pouvait face aux bombes et à l’absence de moyens.
Un réfugié soudanais, ayant fui la guerre au Soudan puis les bombardements israéliens au Liban-Sud, a trouvé refuge avec sa fille au Club Soudanais de Beyrouth. 10 novembre 2024
Au Club soudanais de Beyrouth, des réfugiées et leurs enfants partagent un dîner traditionnel soudanais, que l’on se partage dans une grande assiette. 10 novembre 2024
Après le dîner, les réfugiés soudanais ayant trouvé refuge au Club soudanais de Beyrouth se passent des tasses de thé bien sucré. 10 novembre 2024
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11.03.2025 à 11:03
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Vous connaissez Maïa Mazaurette, autrice et chroniqueuse féministe abordant principalement la question de la sexualité. Mais elle s’intéresse également aux conflits générationnels, et à ces «créatures fantastiques» que sont les jeunes. Thème abordé au vitriol dans un roman de jeunesse : Rien ne nous survivra, SF où les moins de 25 ans… partent en guérilla meurtrière contre leurs aînés. Rencontre. J’ai initialement contacté Maïa dans le cadre de mon nouveau.. Read More
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J’ai initialement contacté Maïa dans le cadre de mon nouveau projet de bouquin, qui causera de la représentation de la violence d’émancipation des classes opprimées dans la pop-culture. Alors, évidemment, quand j’ai vu passer ce synopsis : « Les jeunes ont rasé Paris, ont renversé les fondamentaux de notre société ; les jeunes ont osé briser le plus délicieux des tabous : tuer les vieux. Tous les vieux. A partir de vingt-cinq ans », j’ai sauté sur l’occasion pour questionner l’autrice sur la genèse de cette œuvre, où l’on suit le parcours meurtrier de deux snipers, Silence et l’Immortel, avec en fond ce questionnement moral -ou immoral- : « Au jeu de l’intolérance jeunes / vieux, qui a commencé ? »
Disant d’emblée que « l’éthique est un genre qui me passionne », Maïa me détaille le contexte de production du roman. « J’étais très jeune la première fois que j’ai écrit Rien ne me survivra. J‘avais 19 ans. Je l’ai republié et réécrit quand j’avais 25 ans. Puis je l’ai re-republié, donc je l’ai encore écrit une troisième fois. C’est le seul texte que j’ai réécrit plusieurs fois, donc le seul texte qui m’a accompagnée longtemps », sans, précise-t-elle, qu’elle en ait changé le fond. Et, ajoute-t-elle, « je reste, à 46 ans, 100% derrière ce que j’ai écrit à cette époque-là, et ça oriente plein des choix que je fais encore aujourd’hui. Ce prisme du conflit de, disons, « guerre des sexes », qui est celui que j’ai le plus l’occasion de travailler, n’a jamais chez moi écrasé l’autre grand conflit qui m’intéresse : le conflit intergénérationnel ».
Je reviens avec elle sur mon moment de lecture, dans les transports en commun de Montréal. Au bref instant de règne de la gérontocratie Barnier, comment il était cathartique de voir ces jeunes gens décimer leurs aînés, notamment lors d’une brutale et jouissive séquence de tir au vieux lapin dans les rangs d’une Assemblée Nationale en panique. Dans les ressentiments, les rancœurs et les raisons qui y poussent les jeunes à partir en guérilla contre les vieilles générations, beaucoup de choses font mouche. « Notre société n’a toujours pas réussi à vraiment appréhender la question de l’adolescence, du fait qu’on doit vivre, et c’est bien, avec des personnes dont le cerveau ne fonctionne pas complètement comme le nôtre. On ne sait pas quoi en faire. On ne sait ni utiliser le caractère brillant des moins de 25 ans, ni s’en protéger quand il faudra s’en protéger ». Dans notre société, les personnes en situation de pouvoir sont âgées, faisant peser leur domination sur leurs enfants et leurs petits-enfants, « je trouve étrange qu’on ne se questionne pas plus sur ce truc un peu nébuleux et mystérieux, au milieu de l’enfance et de l’âge adulte. Un moment où, comme les neurosciences l’ont pas mal creusé, ta puissance physique et ta capacité à appuyer sur des boutons -ceux d’un fusil, par exemple…- est optimale par rapport à celle d’un adulte et d’un enfant. Et, en même temps, la conformation de ton lobe préfrontal te rend moins capable de ressentir de l’empathie, donc plus capable de créer de la violence ». Elle évoque un livre sorti récemment, Les causes de la violence, de Jean-David Zetoun (éditions Denoël), où il est notamment expliqué que la forme la plus statistiquement prévalente de violence est celle-ci : un homme de 22 ans qui tue un autre jeune homme de 22 ans, de la même classe sociale. Zetoun « pointe la question de la jeunesse et de la violence, qui est peut-être la seule force que tu as pour t’imposer dans l’espace public à cet âge-là. Tu n’as pas la thune, pas les réseaux, éventuellement pas des formes de sagesse -ou de compromission- qui vont te permettre d’aller jusqu’à l’Assemblée nationale… Par contre, ce que tu as, c’est la puissance physique ».
Et, donc, qu’est-ce qui l’a poussée à vouloir décrire ce monde où, justement, par « hygiène », c’est ainsi qu’ils le disent, les jeunes, plutôt que de se taper entre eux, justement, décident de tuer les vieux purement et simplement ? « On a, me dit Maïa, des créatures fantastiques qui vivent à côté de nous, quasiment des demi-divinités. Je trouve que c’est un moment où tu sors quasiment de l’humanité. Mais bon, j’aime vraiment les jeunes (rires) ». Elle poursuit, à propos de son roman : « Utopie, dystopie ? Aux gens de décider, dans la forme que prend la Révolution. Mais j’estime qu’il y a là une description du réel. Je m’étais documentée, j’avais l’âge d’être concernée par ces problèmes. C’était ma réponse de jeune femme, tout simplement ». Dans quel sens ? « Je me sentais démunie. Révoltée, car j’étais ambitieuse, je voulais une place vite, mais j’avais l’impression qu’avant que ce soit mon tour de pouvoir profiter pleinement de la vie, j’aurais peut-être 50-60 ans, à être toujours dans l’urgence, l’urgence féministe notamment, en mode, si l’égalité salariale c’est dans 150 ans, moi je serai morte ! » Donc, « à un moment tu ne vois plus que la violence pour avancer. Sans négliger le fait que moi, petit chat qui ne peut pas écraser un moustique, j’adorais cette idée de pouvoir prendre des gros flingues et de se tirer dessus (rires) » -avec un côté Counter Strike notammé tiré de son expérience de gameuse.
Un texte précurseur sur le thème, aujourd’hui massivement abordé, notamment depuis que Chlöe Swarbrick, une parlementaire néo-zélandaise, a un atomisé d’un « OK Boomer » définitif un bonhomme qui voulait la couper tandis qu’elle évoquait la question du réchauffement climatique, des Baby boomers donc, cette caste de pollueurs aigris et âgés qui règnent sans partage sur ce monde et refusent tout changement. « Chaque fois qu’on élit une assemblée, bien sûr, je regarde la proportion de femmes, mais je regarde aussi l’âge des gens qui nous gouvernent. Plus on se renseigne, qui a l’argent ? Qui a le pouvoir ? Les gens âgés ». Et, ainsi, « mon utilisation de la violence dans le livre, c’est aussi pour acter une impuissance des jeunes, une impuissance politique, économique, une impossibilité à se faire entendre, qui est encore complètement présente aujourd’hui ».
Plus tard dans notre entretien, Maïa évoque sa lecture passionnée du livre de l’anarchiste et antispéciste Yves Bonnardel, La domination adulte. L’oppression des mineurs (éditions Le Hêtre Myriadis), « une vraie bombe, une manière de penser différemment ces sujets-là, avec un peu moins d’angélisme ». Elle critique « cette tendance, dès qu’on parle des mineurs, à dire, « ils sont innocents, il faut protéger leur innocence ». Moi, personnellement, je pense que j’ai été innocente cinq minutes et demie mais, y compris dans le rapport à la sexualité, je pense que déjà à 13 ans j‘avais conscience d’une forme de pouvoir ». Sachant qu’il y a évidemment, insiste-t-elle « une différence entre dire que l’adulte n’a pas à s’immiscer là-dedans, ce qui est absolument complètement le cas, et dire que les enfants sont innocents ». Ce qui, pour le coup, lui semble « être une une restriction totale, à nouveau, d’une force de la jeunesse, qui est sauvage, qui n’est pas maîtrisable. Et il faut donc des perspectives pour donner plus de place à cette énergie infantile, qui est parfois extrêmement violente ».
Quelles pistes de sortie de l’enfer adultiste ? « Faire, faire des choses. On sait que chez les gamins aujourd’hui, il y a une crise de la santé mentale terrible, et le Covid n’a pas aidé. Et on leur dit tout le temps « faites-vous confiance », comme s’il suffisait de décider. Mais moi, ce que je voudrais, c’est leur donner beaucoup plus de capacités d’action, leur donner des responsabilités, –et évidemment, leur donner le droit de vote beaucoup plus tôt, c’est une certitude ». Avant de tacler cette mode « de l’over-parenting, les parents hélicoptères (terme désignant les parents surprotecteurs, NDLR) qui commencent à foutre des GPS dans le sac de leurs gosses… Il y a une espèce d’annihilation d’une puissance de vie qui me paraît extrêmement néfaste. Il pouvoir mettre les gens dans la liberté ». Et de conclure, sur où elle en est maintenant qu’elle n’a plus 25 ans : « Comment étendre le champ du bonheur ? De la liberté de mouvement, de la paresse ? Ce sont des défis qui me passionnent. Et là, j’ai l’impression d’être exactement à l’endroit où je veux être, qui est d’envoyer bazarder le vieux monde ».
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11.03.2025 à 10:49
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Sous la pluie (car la météo est de droite le sachiez-vous) mais toujours avec l’aplomb que permet le pantaï à celles et ceux qui s’y adonnent pleinement, le carnaval indépendant officiel de Nice, le seul vrai carnaval qui soit, s’est comme chaque année élancé depuis la place Saint-Roch jusqu’au Babazouk, rassemblant les âmes rieuses de Nice, de la Roya & encore au-delà · Retour en image de Hugo Gueniffey, photographe.
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26.02.2025 à 10:33
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« Je m’appelle M@my et je suis alcoolique, addicte, dépendante. Je me démène comme je peux pour rester clean, jour après jour, 24 heures à la fois ». La dépendance touche toutes les catégories socio-professionnelles. Tous les âges. Une fille, un frère. Des parents. Qu’est qu’on fait alors ? On s’énerve, on ferme les yeux, on coupe les liens, ou… on cherche une autre façon de faire. Témoignage. Je vous.. Read More
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Je vous propose ici de découvrir mon regard sur la dépendance, ce qui marche pour moi, ce qui je pense, pourrait marcher pour un plus grand nombre. Et en parler pour moi… ça marche.
Je m’appelle M@my et je suis alcoolique, addicte, dépendante. Je me démène comme je peux pour rester clean, jour après jour, 24 heures à la fois. Et comme la vie de manière générale, parfois, ça vrille.
Je suis née bourrée. Famille dysfonctionnelle mais vite prise en charge. J’ai eu autant de chance que je n’ai su créer ma propre malchance sur mon chemin. J’ai un bac +2, sans malheureusement avoir jamais trop bossée en cours. Si j’avais su. Je suis plus qu’adulte, presque un peu vieille, aux premiers jours de l’automne de ma vie j’espère. TDAH diagnostiqué récemment. Ça m’aurait peut-être aidé de le savoir plus tôt. Ah oui, je suis borderline… J’ai du mal à gérer mes émotions mais j’ai bien avancé là-dessus. Je présente bien. J’ai toujours su arrondir les angles. Je suis vivante alors que j’ai bu plus que de raison, que j’ai beaucoup fait la fête, que je me suis parfois persuadé que gagner un gros lot changerait toute ma vie, que j’ai énormément kiffé et usé de la poudre et des pétards. Mais maintenant, je ne peux plus me permettre d’avoir d’illusion à ces sujets.
En 2013, j’en ai marre d’en avoir marre, je ne parviens pas seule à arrêter de boire. Tous les jours je me dis « demain je ne boirai pas ». Et tous les matins avant d’aller bosser, il me faut un petit truc avec le café sinon je tremble. Le midi je déjeune dans une brasserie, comme toujours je suis bien vue alors le cocktail du patron est offert. Un quart de vin avec le plat du jour, et un digestif avec le café. Sur le chemin du retour du boulot je bois quelques demis, m’achète deux bouteilles de vins blancs, une bouteille de Téquila ou de Jack Daniels s’il n’y en a plus. Une fois chez moi, je grignote autour du vin, je fume mon pétard, je m’assomme avec un dernier verre d’alcool dur pour celui-ci. Je tombe et le matin je me relève. Et ça recommence. Je sais, c’est « dark ». Mais c’est mon chemin. Et malheureusement, il peut vite devenir celui de n’importe qui. A cette époque, je gagne très bien ma vie, ça ne se voit pas que je bois, parfois j’ai la mine fatiguée mais j’arrive toujours à me rebooster.
Bref je décide d’essayer des trucs, je me renseigne sur les addictions. En même temps je regarde des séries, surtout US à l’époque, et un des personnages un peu border que je kiff essaye d’arrêter en allant aux Narcotiques Anonymes (NA). Bon, je regarde sur internet et je trouve des réunions Alcooliques Anonymes (AA). Mouais, peut-être que… Fin septembre 2014, je pousse la porte de ma première réunion des AA, un lundi soir après le travail. Et vraiment, je suis certaine que si j’ai la chance d’être devant ce clavier aujourd’hui, et bien vivante, c’est grâce à ça. Parce que depuis malheureusement, j’ai connu plusieurs personnes qui n’ont pas réussies à se relever, qui ont sombré dans la rue, dans l’isolement, dans la dépression et pour certaines sont mêmes décédées. Rip : Gaby, Soizig, Pierre, Philippe.
Grâce à ce choix, cet acte de pré-survie, j’ai appris que je suis atteinte de la maladie de la dépendance. Je suis atteinte de la maladie de l’alcoolisme. Je ne suis pas responsable de ma maladie mais je suis responsable de mon rétablissement.
Les Alcooliques Anonymes sont une organisation d’entraide pour les personnes qui souhaitent arrêter de boire. Les réunions des AA sont largement disponibles avec environ 87 000 groupes AA dans le monde. AA est un programme de vie qui met l’accent sur l’abstinence d’alcool, la croissance personnelle et spirituelle et la confiance en une puissance supérieure. Tout repose sur un programme en douze étapes et un bon nombre d’outils comme la prière de la sérénité que l’on attribue à Marc Aurèle. On la fait lors de chaque réunion AA et NA en début et fin de séance. C’est une prière d’action et de lâcher prise.
« Mon Dieu, Donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celle que je peux et la sagesse d’en connaître la différence. »
Il y a aussi le parrain ou la marraine. En anglais « sponsor ». C’est une personne de confiance, à qui tu confies tes difficultés. Tu peux par exemple lui faire des appels sandwich. Ma daronne fête son anniversaire, je ne me sens pas d’y aller, de me sentir jugé, d’entendre une phrase qui me fera péter un câble, qui m’amènera à exploser ce qui évidemment gâchera l’anniversaire. Je ne veux pas y aller et je dois lui dire. J’appelle mon sponsor avant d’appeler ma mère, on fait le point sur comment je vais présenter les choses, sur le fait que d’une manière générale c’est ok que je n’y aille pas, le jour suivant se lèvera quand même. J’appelle ma mère, on se frite un peu au téléphone, ça m’énerve. Elle a raison je gâche toujours tout. Purée je boirais bien un petit verre pour me calmer. J’appelle mon sponsor. Je verbalise l’échange avec ma mère. Et en fait elle a raison. C’est fait. Ça ne dépend plus de moi. Et ça aurait était pire si j’y étais allée. Ah… tiens mais dis donc, l’envie du verre a disparue.
Au moment où j’écris ces lignes, cela fait 92 jours que je n‘ai pas consommé. Ce n’est pas la première fois que j’arrête. Et maintenant ? Comment tenir ? Qu’est-ce que je dois faire pour rester abstinente ?
Il est évident que je dois rester en lien avec des personnes du programme qui se rétablissent et mon sponsor. Je dois fuir comme la peste mon autosuffisance, mes idées et lubies scabreuses. Il m’est nécessaire de mettre en pratique le programme, l’humilité, le service, la foi et plus que tout l’Action dans tous les domaines de ma vie. J’ai besoin de me souvenir tous les jours que je dois tout faire pour ne pas aller chercher la première goutte du premier verre, la première « taf » du premier joint, le premier grattage du premier jeu, la première ligne de la première poudre, la première conso quoi ! Je dois aller en réunion, mettre les principes au-dessus des personnalités car j’ai tendance à m’insatisfaire de l’autre et à me raconter des histoires de supposés ressentiments. Continuer à avoir de l’espoir, à méditer, à nourrir ma puissance supérieure car c’est un de mes meilleurs traitements, c’est mon meilleur cacheton.
Je dois me rappeler sans avoir tendance à en faire une sinécure, que je fais de mon mieux, que tant que je pose des actes pour me rétablir, je suis sur la bonne voie. Que l’alcool est une drogue et que pour me rétablir je dois m’abstenir de toute drogue.
Je pourrais dresser des listes de gratitude, ce qui est fortement recommandé en période de difficultés ou de début de clean, mais je pense déjà les faire en remerciant chaque jour l’univers pour ce que j’ai et là où je suis, où j’en suis.
Je dois, chaque jour, 24 heures par 24 heures, me souvenir que je suis dépendante et que je me rétablis en agissant. Je dois lâcher prise sur ce qui ne dépend pas de moi, accueillir les événements et ne pas y voir un succès ou une défaite personnelle. La vie est faite d’interactions, je peux juste faire que celles qui me concernent soient des plus justes, douces et bienveillantes.
Entretenir mon cadre de vie en y incorporant et en y nourrissant la meilleure version de moi. Celle dont je suis fière, celle qui résonne à mon enfant intérieur, qui peut s’avérer être une excellente challengeuse. Et cette version ne consomme pas.
Par M@my
Un article tiré de notre numéro #53, en accès libre, mais pour nous soutenir et nous recevoir directement dans votre boîtes aux lettres, abonnez-vous à la version papier ! https://mouais.org/abonnements2024/
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10.02.2025 à 08:38
admin
Cet automne a commencé en Martinique un vaste mouvement contre la vie chère, dans une île où 90% des produits alimentaires sont importés, 40% plus chers qu’en métropole, et aux prises avec une caste coloniale. Nous en avons parlé avec l’écrivain afro-futuriste Michael Roch qui, dans Les Choses immobiles, aborde la question de la lutte violente, légitime, pour l’indépendance -et ses dérives. Manifestations, pillages, incendies, avec au moins trois morts.. Read More
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Manifestations, pillages, incendies, avec au moins trois morts et des blessés, sur fond de Bruno-Retailleau-le-facho (mais tout va sans doute aller mieux avec l’arrivée de Valls à l’Outre-Mer, par pitié tuez-moi)faisant tout son possible pour pisser sur le fioul : depuis septembre dernier, la situation sur l’île des Antilles française, quinze années après la grève générale initiée par le collectif guadeloupéen Liyannaj Kont Pwofitasyon, dit LKP, est à nouveau explosive -il faut dire que rien là-bas ne s’est amélioré, bien au contraire. L’occasion était donc bonne de se pencher dans Les Choses immobiles, de Michael Roch, paru récemment aux éditions Mu. Un roman-brulôt de science-fiction, écrit tambour battant, dont la verve gouailleuse m’a rappelé mes quelques mois passés là-bas, à Schoelcher. Se déroulant dans une Martinique en pleine guérilla de libération, avec deux frères longtemps séparés se déchirant entre lutte contre joug colonial et dérives fascisantes du combat indépendantiste, l’œuvre pose moult questions, dont j’ai eu la joie de discuter avec son auteur, en visio -capricieux- depuis Fort-de-France.
« Tout ce que j’ai écrit dans Les Choses immobiles, me dit-il d’emblée, c’est juste une extrapolation de ce qui se passe actuellement dans nos milieux militants ». « Quand j’ai écrit le bouquin, c’était en rapport au Déchoucage [Mouvement anticolonialiste antillais passant notamment par le déboulonnage -« déchoucage », donc- de statues]. Et puis là, aujourd’hui, on a le mouvement contre la vie chère, et c’est rebelote ». « Rebelote » de quoi ? « Des leaders du mouvement ont parfois des propos ethno-suprémacistes. Il y en a une, par exemple, Aude Goussard, qui déclare en live que la souveraineté d’une nation ne doit appartenir qu’à l’ethnie dominante de cette nation-là. C’est du noirisme, du supremacisme noir. Et il faut pouvoir pointer du doigt, dans nos propres mouvements de lutte, là où ça dérape ».
Difficile, en effet, de contester un pouvoir tout en faisant en sorte de s’extraire de la matrice de ce même pouvoir -et beaucoup de mouvement décoloniaux en font les frais. « Ces mouvements se sont construits dans le carcan capitaliste, raciste, impérialiste ; ils ont tendance à reprendre ce vocabulaire-là, qui appartient déjà aux colons. Ces personnes ont le même trait psychologique du pouvoir. Chez eux aussi, l’expression de ce pouvoir ne passe que par un suprématisme ». Elles visent donc, selon Michael, « à réinstaurer un ordre qui sera d’autant plus violent pour d’autres catégories de personnes, à commencer par les femmes et les personnes LGBTQ+ ». Voilà donc, « au-delà de la question des békés » [dans les Antilles françaises, un béké est un blanc créole descendant des premiers colons esclavagistes, NDLR], et au travers d’une vaste réflexion « sur la blanchité, sur le rapport à l’État français et à son emprise coloniale, sur tout, en fait », ce contre quoi il faut lutter, sur tous les fronts. En vigilance.
Et c’est donc sur ces sujets complexes qu’il a souhaité travaillé dans les Choses immobiles, « parce qu’autant la lutte violente est nécessaire, autant ce qu’a fait Mandela dans ses années de sabotage, moi je suis tout à fait OK avec ça, autant il faut faire attention ». Ainsi, par exemple, « après qu’il y ait eu deux, trois attentats où il y a eu des morts, il est revenu là-dessus en se rendant bien compte que l’arbitraire, ne sert absolument à rien dans la lutte ». Citant le puissant essai « Rester barbare » (Ed. La Fabrique) de Louisa Yousfi, Michael affirme donc que c’est ça, cette ligne de crête, qui a servi de leitmotiv à son roman : « Ce « rester barbare », rester cannibale. Comment rester Marron (1), sans succomber à cette tentation du renversement de l’ordre mais pour mettre à la place le même type de pouvoir ? »
Mais comment développer ce genre de réflexion sur un mouvement légitime d’émancipation sans sombrer dans le moralisme ? L’exercice est ardu. Et pour Michael, en premier lieu, « ce genre de texte doit se faire dans l’instant de la crise, dans l’instant de la révolte ». D’où un roman bref, incisif -abrupt, cassant, lui fais-je remarquer. « Oui, il a vraiment été écrit dans l’instant. Les notes ont été prises durant la crise ». Et finalement, cette crise, d’ailleurs « on n’en est pas vraiment sortis, parce que quelques mois après l’apparition du bouquin, il y a ce mouvement qui est apparu, avec quasiment les mêmes enjeux. Les protagonistes étaient différents, mais il y a eu de nouvelles couches qui se sont ajoutées ».
Un mouvement social, donc, qui s’est fait remarquer de par son ampleur et son intensité. Et qui a été violemment réprimée ? « Pas tant que ça, nuance Michael. Enfin, si, ça a été effectivement violent. Cette arrivée des CRS, ça faisait 40 ans qu’ils n’étaient pas venus sur l’île. Ça a été pris véritablement comme une invasion du territoire, ces forces armées qui arrivent par avion. Mais finalement, leur présence n’a pas causé de violences policières comme on en avait eu dans les années 2020, avec notamment ce qui est arrivé à Kéziah ».
A cette époque, un 16 juillet, Kéziah Nuissier, 21 ans, militant antichlordécone, avait eu le crâne fracassé et un œil crevé, après avoir été tabassé derrière un camion par des policiers et des gendarmes -évidemment, selon une coutume hélas bien implantée, c’est lui avait été poursuivi pour violences supposées sur les forces de l’ordre, sur la base de faux témoignages (2). « Non, là, poursuit Michael, les CRS ont été déployés de manière assez stratégique, et pour répondre à des tirs à balles réelles qui étaient sur les zones d’émeute ».
Et de me faire le récit de ces journées de révolte populaire. « Ça a été bizarre les premiers jours. Il y avait ces camions militaires en plein centre-ville ». « Il y avait une manifestation qui était une espèce d’opération escargot, avec des camions qui montaient sur Fort-de-France. Et donc le centre-ville avait été barré, barricadé par des camions militaires. C‘était très impressionnant ». Ce fut, les trois premiers jours, la seule présence militaire sur le site -après quoi, ils interviendront la nuit, sur les barrages. En tournée de promotion loin de l’île pendant une bonne partie des événements, Michael n’y a guère participé. « Je n’ai du tout été sur les barrages J’ai fait la première marche, lors des premiers appels à la grève ». Et, de retour chez lui, il n’y est pas retourné, car « les leaders ont clairement montré leurs prétentions fascisantes, et en tant qu’antifasciste c’est plutôt quelque chose contre lequel j’ai envie de m’inscrire ».
« Le mouvement contre la vie chère est mené par une association qui s’appelle RPPAC [Rassemblement populaire pour la protection des populations et des ressources afro-caribéennes]et qui en Guadeloupe s’est associé directement avec le Rassemblement National de Guadeloupe, c’est dire… » Il n’empêche que, selon lui, effectivement, même mal posée, cette question de la richesse est prépondérante. « Ce rapport avec l’hégémonie et le monopole béké est extrêmement important, et ça nous pousse, nous, artistes, et d’autres qui y réfléchissent, à essayer de trouver des moyens pour porter ces questions-là autrement ». Et c’est tout l’enjeu actuel, puisque les leaders du RPPAC ont perdu leur statut d’interlocuteurs avec l’État et les békés. Notamment suite à l’arrestation du président de l’association, Rodrigue Petitot. Pourquoi ? « D’abord, il s’est introduit dans la résidence du préfet, d’où un dépôt de plainte, et il a été mis sous bracelet électronique, avec l’ordre de ne pas trop quitter son domicile. Puis il s’est fait arrêter et là, il est emprisonné parce qu’il a sorti une vidéo dans laquelle il menace les maires de Martinique de s’en prendre à eux de manière… très imagée. Il a dit « On va vous attaquer à l’intérieur comme à l’extérieur ». On ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais couplé à d’autres propos, c’est quand même assez saisissant… » D’autant que, poursuit Michael, « avant de lancer le mouvement, il avait eu une vidéo dans laquelle il disait qu’il y avait trois étapes à leur lutte : la première, c’était le blocage des ronds-points, par exemple. La deuxième, je ne sais plus ce qu’il y mettait. Et la troisième, c’était… la traque de l’ennemi, et sa destruction. Le monsieur sort des mots, je ne sais pas s’il est conscient de ce qu’il dit ».
En tous les cas, « ça ne pouvait pas se passer crème comme ça ». Et, ajoute encore Michael, « ce n’est pas comme si le fascisme n’avait jamais existé dans les Antilles ». Il y a, en effet, par exemple, déjà eu un pouvoir aux connotations fascistes -celui de François Duvalier- en Haïti. Les historiens et les historiennes de l’île sont ainsi « très alertes sur ce qu’il se passe ». « On fait gaffe, et là, on est vraiment sur une jonction, car toutes les avancées du mouvement ont été rendues caduques par ce qui s’est passé en France récemment, avec la démission du gouvernement. Il faut tout recommencer à zéro ». Ce qui pose évidemment, il était impossible de ne pas en parler en conclusion, « cette question de : est-ce que c’est vraiment nécessaire qu’on soit encore rattaché à la France ? Sachant que moi, par exemple, je suis indépendantiste ». « C‘est totalement aberrant de dépendre d’une chute du gouvernement français… »
On a vu, notamment pendant les dernières élections présidentielles, un électorat martiniquais voter massivement pour la France Insoumise au premier tour, puis tout aussi massivement pour le Front National au deuxième tour. Est-ce que, selon lui, le fait d’accorder des gages sur une indépendance future à court ou moyen terme permettrait de faire retomber les tensions et de donner moins d’écho aux agitateurs fascisants sur l’île ? « Non, répond-il. Je pense que ce sera toujours le risque, parce que dès qu’il y a un changement de pouvoir, il y a des gens qui vont tenter de s’immiscer. Et on sait que le fascisme, et en tout cas l’extrême droite, est très volubile, très audible. Ce sont ceux qui crient le plus… »
Il n’en demeure pas moins que, selon Michael, l’indépendance des îles des Antilles peut être faite ici et maintenable. Des structures viables et fonctionnelles sont d’ores et déjà présentes -en partie installées par l’emprise coloniale française. « Mais, précise-t-il, ce n’est pas parce qu’on aurait une indépendance que ces structures seraient amenées à disparaître. La transition ne va pas forcément être abrupte. Ce n’est pas parce qu’on quitte le bateau que le bateau coule ». « Il y a déjà beaucoup de choses en place. Par exemple, il y a des questionnements sur : si on quitte l’État français, est-ce que tous les bandits vont se retrouver dans la rue ? Est-ce que ça ne va pas être le chaos total ? Non, parce qu’il y a déjà des structures existantes de gestion de la vie collective ». La même chose que nous autres anarchistes, disons souvent : si l’anarchie est déclarée demain, il y aura, par exemple, toujours des hôpitaux…
Il conclut : « Cette question de l’indépendance, c’est surtout un moyen d’aller vers autre chose, plutôt qu’une fin. Le but de toute ma politique et mon imaginaire, ce n’est pas de m’arrêter à l’indépendance, c’est de voir comment, en étant indépendants de l’État français, on peut bâtir un système meilleur pour les individus vivant en Martinique ».
Par Macko Dràgàn
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(1) Le marronnage désigne, à l’époque coloniale, la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître. Le fugitif lui-même était appelé marron ou cimarron (du castillan cimarrón)
(2) https://theconversation.com/martinique-contre-la-vie-chere-un-collectif-atypique-242869
(3) https://reporterre.net/Keziah-militant-anti-chlordecone-tabasse-par-les-forces-de-l-ordre-puis-accuse-de-violences
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