Le directeur du Danish Refugee Council (DRC) pour les territoires palestiniens affirme que le travail des ONG étrangères menacées de devoir quitter la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée reste largement entravé par les autorités israéliennes, malgré un sursis accordé par la Cour suprême israélienne.
Fin février, la plus haute juridiction judiciaire israélienne a rendu un arrêt gelant l'entrée en vigueur de dispositions qui imposent aux organisations humanitaires de fournir la liste de leurs employés locaux pour pouvoir continuer à travailler dans les territoires palestiniens.
« Nous espérions que cette injonction nous permettrait de reprendre la rotation du personnel étranger et l'acheminement d'aide, mais cela n'a pas été le cas. Les demandes (des ONG, ndlr) ont continué d'être refusées », a déclaré à l'AFP Alan Moseley, de passage à Paris.
Quasiment aucune ONG visée par les mesures israéliennes n'a réussi à faire entrer de fournitures à Gaza ces derniers mois, ajoute ce responsable de DRC. Et si des marchandises commerciales pénètrent dans le territoire, conformément à l'accord de cessez-le-feu, elles sont souvent inabordables pour de nombreux Gazaouis.
Certaines ONG parviennent à acheminer des denrées via les camions de l'ONU encore habilités à entrer ou les achètent sur place, mais « c'est très difficile et très coûteux », tandis que des pénuries, notamment de matériel médical, sont signalées, dit-il.
« Il y a des millions de dollars, des tonnes de fournitures de l'autre côté de la frontière, en Egypte et en Jordanie, et une énergie considérable est déployée pour tenter de (les) débloquer », poursuit M. Moseley. « On entend dire que certaines choses peuvent servir à fabriquer des armes. Mais ce que l'on voit, ce sont des fauteuils roulants, des prothèses, des fournitures scolaires, des vêtements pour enfants… »
Une deuxième audience s'est tenue le 23 mars devant la la Cour suprême, qui « nous a proposé de retirer notre requête et d'accepter de fournir les données du personnel mais nous avons refusé et avons demandé un jugement définitif » attendu ces prochains jours, a-t-il précisé.
Outre la protection des données de leurs personnels, les ONG ont fait valoir deux arguments que la Cour a refusé d'examiner, selon Alan Moseley, notamment « l'obligation pour une puissance occupante de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire, et non de l'entraver ».
« Nous avons également avancé un argument crucial concernant notre enregistrement auprès de l'Autorité palestinienne, en faisant valoir que le ministère israélien (des Affaires de la diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, chargé du dossier, ndlr) [n'était] pas compétent », a-t-il ajouté.
Le 30 décembre, les autorités israéliennes ont informé 37 organisations humanitaires que leur licence arrivait à expiration et ne serait renouvelée que si elles fournissaient au plus tard le 28 février une liste des noms de leurs employés palestiniens.
L'ONU a appelé Israël à revenir sur cette décision visant des organisations « indispensables » à l'envoi de l'aide à Gaza.
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