par Olivier Nouaillas
Le doute n’est plus permis. Trump 2 n’a rien à voir avec Trump 1. Certes, les deux Trump, celui qui est arrivé au pouvoir en 2017 et celui qui y est revenu en 2025, ont en commun d’annoncer la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, celui conclu en 2015 lors de la COP 20, où 196 pays prenaient l’engagement solennel de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C. Mais Trump 2 va beaucoup plus loin en déclenchant une attaque généralisée non seulement contre le climat, mais d’une façon plus générale contre la science et tout ce qui a trait à l’environnement. Il est en cela fidèle au Project 2025, un programme idéologique de 900 pages mis au point par la Fondation Heritage, un cercle de réflexion ultra-conservateur, et dont il avait nié l’existence lors de sa campagne électorale. Un mensonge de plus.
La liste des régressions en cours aux Etats-Unis est tout simplement ahurissante. Déjà, le jour même de son investiture, le 20 janvier 2025, le président américain a publié vingt six décrets, dont six concernaient directement l’énergie et l’environnement avec des titres qui parlent d’eux-mêmes : « Déclarer une urgence énergétique nationale », « déchaîner l’énergie américaine », « déclencher le potentiel extraordinaire des ressources de l’Alaska », etc, etc. Autant de traductions grandiloquentes du slogan qu’il avait martelé durant sa campagne électorale, à savoir « Dry, baby, drill » (Fore, bébé, fore). Ce qui en langage trumpiste veut tout simplement dire : tout pour les énergies fossiles (pétrole, gaz de schiste, etc.) et presque rien pour les énergies renouvelables. Autant dire que les conséquences seront catastrophiques en termes de bilan carbone et cela dans un pays qui est déjà le deuxième émetteur de gaz à effet de serre et le premier en termes historiques. « L’élection de Trump, c’est quatre milliards de tonnes de CO2 en plus dans l’atmosphère d’ici 2030, soit l’équivalent des émissions annuelles de l’Europe et du Japon », a ainsi calculé Carbon Brief, un site britannique spécialisé.
Mais cette addiction aux énergies fossiles, n’est pas la seule caractéristique de l’administration Trump, saison 2. Celle-ci voue également une véritable hostilité à la science. Après avoir qualifié durant la saison 1 le changement climatique de « canular inventé par les Chinois » et flirté avec les thèses anti-vax durant l’épidémie de Covid, Trump a en plus laissé carte libre à son allié, le libertarien Elon Musk, promoteur de l’extrême-droite et ennemi déclaré de toute réglementation. Ce dernier a lancé une véritable chasse aux effectifs dans l’administration fédérale américaine, de l’éducation nationale à toutes les agences s’occupant de près ou de loin l’environnement. Ainsi des milliers de personnes ont été suspendues ou licenciées de l’EPA, la prestigieuse Agence américaine pour l’environnement, y compris dans le service qui s’occupait de la gestion des parcs nationaux américains ! Trente et une normes environnementales (de la protection de l’eau à celle des espèces sauvages en passant par la réduction des gaz à effet de serre dans les centrales à gaz et au charbon) ont déjà été supprimées.
Ce n’est pas tout : près de 10 % des effectifs de la NOAA, l’Agence météorologique et océanographique américaine, de réputation mondiale, ont été congédiés. Ceci alors que la NOAA est à la fois un des piliers du système de connaissance scientifique du climat, mais aussi des prévisions météorologiques, notamment pour déclencher le système d’alerte aux cyclones. Ce qui risque d’avoir des conséquences catastrophiques pour la population américaine lors des épisodes extrêmes météo à venir… La Nasa elle-même, sans doute pour s’attirer les bonnes grâces du président américain, a décidé de licencier sa scientifique en chef, Katherine Calvin, chercheuse sur le climat et à ce titre co-présidente du groupe 3 du GIEC consacré aux solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Atterrée, la climatologue française Valérie Masson Delmotte, ancienne vice-présidente du groupe 1 du GIEC, a qualifié ces mesures de « sabotage » et « d’obscurantisme ».
Cette liste, déjà trop longue, n’est sans doute pas, hélas, finie. En interdisant l’usage même des mots «femme», «genre», «émissions de gaz à effet de serre», «changement climatique» et même «justice environnementale» dans les articles scientifiques sollicitant des subventions fédérales – comme l’a révélé un article du site Reporterre – l’administration Trump rejoint les tristes heures d’un maccarthysme revisité par Orwell.
Heureusement, un mouvement de résistance commence à s’organiser. Réuni sous le vocable Stand up for science (Debout pour la science ! ), la communauté scientifique mondiale a organisé des manifestations de protestation le 7 mars non seulement aux Etats-Unis, mais aussi en France, réunissant plus de 15.000 participants. De plus, le 31 mars, plus de 1 900 scientifiques américains ont courageusement signé une lettre ouverte au peuple américain qui se veut « un SOS pour lancer un avertissement : la recherche américaine est en train d’être décimée ».
Il va sans dire que les JNE, qui connaissent l’importance des faits scientifiques dans leur travail d’information, prendront toute leur part dans ce combat vital contre l’obscurantisme.
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L’article 🔐 [7 avril] Conférence Points de bascule (tipping points) climatiques [ClimTip – TipESM] est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie.
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Lors du Festival Ça Presse à l’Hôtel de Ville de Lyon, à la mi-mars, le Syndicat de la Presse Pas Pareille a lancé son site Internet, se positionnant comme un acteur « sur lequel compter ».
par Jocelyn Peyret
« Le SPPP regroupe divers médias indépendants », nous explique Tatiana, salariée de Silence, un média lyonnais membre du SPPP (NDLR : et titre pionnier de la presse écologiste en France). Un de ses buts « est de créer du lien entre tous ces médias, de mettre en commun des outils, de porter des revendications et, de manière générale, de se faire connaître et exister dans le paysage médiatique ». L’idée, « c’est de rassembler des médias qui n’appartiennent pas à un groupe industriel, financier ou politique. Ce sont des médias qui ont aussi des valeurs communes, qui sont solidaires de toutes les luttes pour l’émancipation. Ça va être souvent des médias portés par des associations ou des sociétés coopératives et qui vont financièrement dépendre principalement des abonnements, des dons ou d’événements qu’ils organisent. »
Le Syndicat, dont l’idée a émergé lors des Assises Internationales de la Presse Pas Pareille en 2022, a pu se créer grâce au journal Mouais !, qui a bénéficié d’une subvention du Fonds de la Presse Libre pour amorcer le projet. Parmi la trentaine de médias qui a répondu au premier appel, la majorité sont des journaux papier même « s’il y également des média en ligne et des radios ». La prédominance des médias papier vient que ce sont eux qui ont été à l’origine du Syndicat. « Il y avait une envie de réenchanter un peu le papier. »
Quatre médias membres du SPPP – Silence, L’âge de Faire, La Brèche et Lisbeth – ont mené un travail collectif autour du groupe Bolloré. « La particularité de ce dossier, c’est qu’on l’a fait de manière coordonnée. Les membres des rédaction concernaient ont fait des réunions pour définir sur quel sujet chacun allait traiter. L’idée, ça a été de pouvoir couvrir plusieurs sujets parce qu’il y a pas mal d’axes possibles, de choses à aller chercher. Il y a eu un travail plus complet que si ça n’avait été qu’une seule rédaction qui aurait travaillé dessus. » Pour Tatiana, l’enjeu est double : « ça a l’intérêt de constituer un dossier plus élaboré, mais aussi de faire connaître des médias à travers nos propres médias. De pouvoir mettre en avant le travail d’un autre dans notre dossier collectif ». Alors que les critiques contre l’empire Bolloré se font de plus en plus présentes, le SPPP espère faire prendre conscience que d’autres médias sont possibles et qu’ils existent sur l’ensemble du territoire.
Une autre approche collective développée par le SPPP est la mise en vente d’abonnements groupés. Une obligation de prendre un minimum de deux abonnements pour bénéficier de tarifs préférentiels et découvrir ainsi de nombreux médias indépendants.
Le SPPP relaie aussi les informations sur les menaces contre les médias qui en font partie. « La mairie RN de Perpignan s’attaque à l’Empaillé », dénonce ainsi le Syndicat. L’Empaillé, qui se définit comme « une presse libre pour l’Occitanie », est mis « en examen par la juge d’instruction de Perpignan, après une plainte pour injure déposée par ce directeur de la police municipale ». En octobre 2023, le journal a publié « une enquête sur la mairie de Perpignan. Puisque la liberté de la presse existe encore dans ce pays, nous nous permettions alors de dénoncer la politique lepéniste de Louis Aliot et » son idéologie autoritaire, raciste et anti-féministe […] Au passage, nous relevions qu’Aliot a embauché un caïd de la police nationale parisienne, Philippe Rouch, qui enchaîne les saisies de drogues, largement médiatisées « . C’est cette phrase qui nous vaut actuellement d’être mis en examen. » Le média en ligne Blast, dont est issue une partie des informations publiées par l’Empaillé, est lui aussi en procès. Le rendu est prévu pour le 3 avril. Une affaire que suivront de près les membres du SPPP, dont l’Empaillé est un des fondateurs.
Pour en savoir plus :
– www.syndicatdelapressepaspareille.org
– https://lempaille.fr/la-mairie-rn-de-perpignan-sattaque-a-lempaille
– www.lesautresvoixdelapresse.fr
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Ils réinventent la démocratie, écologique et sociale
Table ronde
jeudi 10 avril
19 h – 21 h
La démocratie subit les assauts de l’extrême-droite, la désillusion liée à l’exercice du pouvoir des partis politiques aux affaires depuis des décennies et, corollaire, la perte de confiance dans les institutions.
En matière environnementale, c’est encore plus vrai peut-être, alors que seul le processus démocratique permet de s’assurer l’acceptabilité de mesures qui vont s’avérer de plus en plus contraignantes face à la situation qui se dégrade très rapidement. L’appel à la construction d’une démocratie différente vient des rangs militants pour le respect de la nature et de tous les vivants.
On accuse parfois la démocratie de prendre trop de temps. Mais, comme nous l’a dit un jour Éric Gauthier, à l’initiative de l’expérimentation de Sécurité sociale de l’alimentation de Cadenet dans le Vaucluse : « Comme nous n’avons plus le temps de nous tromper, prenons celui de faire les choses de façon à ce qu’elles marchent bien du premier coup. »
Pour parler d’expériences démocratiques inventives, nous recevons :
– Danièle Bacheré, de la coopérative Oasis du Coq à l’âme
– Jérémy Dumont, du collectif Nous sommes vivants
– Antoine Gaillard, membre de l’Atelier paysan, du Collectif SSA et administrateur de la Fédération des Associations de Maintien d’une Agriculture Paysanne de Picardie (FAMAPP)
Cette table ronde sera animée par Carine Mayo et Isabelle Vauconsant, journalistes.
Académie du Climat
2 place Baudoyer Paris 4e
Inscription gratuite et recommandée : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdZjGWGocXSPm3VaLvdSYMsjeorZWLz7JrXtfHPBIqLjgEnSQ/viewform
Le débat sera enregistré et accessible en différé sur la chaîne YouTube des JNE : https://www.youtube.com/@jneasso9668/streams
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Notre regard sur les insectes évolue en fonction d’études scientifiques récentes qui nous ouvrent sur leur univers minuscule et méconnu, pour ne pas dire mal aimé. À la tête d’une équipe au Centre de recherche sur la cognition animale du CNRS de Toulouse, Mathieu Lihoreau étudie le comportement des insectes depuis vingt ans et nous conduit vers ce nouveau regard. Dans la lignée de Jean-Henri Fabre, cet éthologue défend l’importance de l’observation en milieu naturel pour mieux les comprendre. Il prend l’exemple de la drosophile, abondamment étudiée dans des milliers de laboratoires dans le monde, mais dont on ne connaît quasiment pas les mœurs à l’état naturel.
Depuis ses ruches jusqu’à Fukushima, Mathieu Lihoreau nous parle de ses chères abeilles, de leur apprentissage social ou de leur intelligence ; de la reconnaissance faciale chez les guêpes ; des émotions des bourdons ou de leur aptitude à jouer ; de la mémoire des moustiques et de leurs larves ; des métamorphoses des criquets pèlerins et de leur compas solaire ; ou encore des cultures et de la sensibilité des insectes en général. Il évoque même pour eux la possibilité d’une « conscience miniature ». Et s’il faut toujours tout ramener à notre propre espèce et à nos intérêts, sachez que des études aussi « gratuites » en apparence que le régime alimentaire des locustes engendre des progrès pour lutter contre l’obésité. Nous savions que les insectes étaient nécessaires aux écosystèmes, mais ils se révèlent aussi passionnants : ce livre en est une preuve magistrale !
Cette collection « Chroniques sauvages » a pour slogan « Chaque animal a une histoire, chaque chercheur une aventure ». Elle est dirigée par la chercheuse Audrey Dussutour, « Madame Blob ».
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Tana éditions – 144 pages, 19,90 €
Contact presse : Anne Vaudoyer. Tél. : 06 63 04 00 62 – anne.vaudoyerpresse@gmail.com
(Marc Giraud)
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Il s’appelle Mathyas, il est cadre dans la publicité à Montréal (Québec). Il a, comme on dit, tout pour être heureux, sauf qu’il ne l’est pas vraiment. Lui, son rêve, c’est de vivre au milieu des moutons…
par Maryvonne Ollivry
Un jour, sur un coup de tête, Mathyas quitte tout, pays, job, amis, et débarque en France. Mais comment s’y prendre ? S’il a lu quantité d’ouvrages sur le pastoralisme, il n’a jamais mis la main à la… patte. Alors, dans la salle d’un café de village provençal où sont attablés des éleveurs, son accent québécois interrompt soudain les conversations : l’un de vous aurait-il besoin d’un berger ? Et de préciser qu’il n’a jamais exercé mais est prêt à apprendre. Voilà, c’est parti… Mathyas fera ses classes chez l’un, puis chez l’autre, parfois, face à la dureté des hommes comme des éléments, se désespérera, mais jamais ne renoncera. Le film s’inspire de l’expérience de Mathyas Lefébure racontée dans son ouvrage « D’où viens-tu, berger ? » (Actes Sud).
La réalisatrice Sophie Desrape, dont c’est le sixième long-métrage, a su transmettre à la fois la beauté du métier et son âpreté. Au milieu de somptueux paysages, elle montre aussi la violence des relations humaines, le fossé creusé entre les gens du terroir et les fonctionnaires européens, les coups au cœur et la colère des éleveurs quand leurs brebis font le bonheur des loups. Colère que comprend Mathyas bien sûr sans pour autant remettre en question l’instinct du canidé sauvage. La nature n’est pas angélique. L’homme non plus. Mais à suivre sa passion, en vivant son expérience jusqu’au bout, en s’élevant dans les alpages le temps de l’estive, Mathyas parvient à s’élever tout court.
Un film de Sophie Deraspe (Québec/France) avec Félix-Antoine Duval, Solène Rigot, Guilaine Londez et Bruno Raffaeli.
Distribution : Pyramide Films
Contact presse : Rachel Bouillon. Tél.: 06 74 14 11 84 – rachel@rb-presse.fr
Sortie le 9 avril 2025
Bande annonce
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