flux Ecologie

RÉSEAU ÉCOLOGISTE DES PROFESSIONNEL·LE·S DE L'ACTION PUBLIQUE
Le Lierre rassemble plus de 1 700 fonctionnaires, agents publics, contractuels, experts, consultants, acteurs et actrices des politiques publiques, convaincus que la transformation de l'action publique est indispensable pour répondre aux urgences écologique, sociale et démocratique.

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02.04.2025 à 16:16
Le Lierre
Lire plus (342 mots)

Suite à la publication de son dernier livre : Une société désirable, comment prendre soin du monde, Le Lierre et la Fondation pour l’écologie politique ont eu le plaisir de recevoir Dominique Méda à l’Académie du Climat

Animée par la philosophe Céline Marty, cette conférence a permis de répondre à plusieurs questions concernant le rôle des services publics dans une transition écologique et l’inclusivité possible d’une telle transition.

C’était l’occasion de comprendre différents éléments de cette reconversion ambitieuse de la société :
1️⃣ Le rôle que les services publics -et les fonctionnaires- pourraient jouer,
2️⃣ Le rôle que pourrait prendre l’Etat,
3️⃣ La place de l’Europe et l’espoir qu’elle peut représenter,
4️⃣ Comment résister à la recherche systémique de performance ?

Dominique Méda a pu mettre en lumière le pouvoir d’agir de chacun.e dans une reconversion écologique et inclusive de la société.

Consultez ici le compte rendu de ces échanges :

19.03.2025 à 22:10
Le Lierre
Texte intégral (985 mots)

🌿 Le réseau professionnel du Lierre recrute un-e chef-fe de projet, en charge de l’animation des dynamiques territoriales et du projet “Transitions territoriales”.

Missions principales :

  • Coordonner le projet « Transitions territoriales » (nom provisoire) :  Ce projet vise à contribuer aux dynamiques locales de transition en sensibilisant les non-convaincus d’une part, en outillant et en renforçant la capacité d’action de celles et ceux qui font progresser la transition écologique et solidaire dans les territoires d’autre part. Il consiste à produire des documents (synthèses pédagogiques, fiches méthodologiques, partage d’expériences et de bonnes pratiques) et à organiser des événements concourant à la mise en réseau et à la montée en compétence des acteurs locaux (agents administratifs, personnels techniques, de santé et d’action sociale, élu-e-s, associations engagées, citoyens désireux de s’engager localement).
  • Coordonner et structurer le développement des groupes locaux : Le Lierre comporte 12 groupes thématiques (GT) et 15 groupes locaux (GL). Le/la chef-fe de projet sera chargé-e de la structuration et l’animation des GL et un point d’entrée pour les membres du réseau souhaitant développer ou participer à des initiatives locales. 
  • Être en appui ponctuel sur d’autres missions prioritaires du réseau, comme pour l’organisation d’événements, la valorisation de publications ou la rédaction de demandes de financements… 

Organisation de l’activité : Le travail est organisé sous la responsabilité hiérarchique du Secrétaire général et un lien fonctionnel avec les référents du projet “Territoires & Transitions”, et l’équipe dirigeante du Lierre (appelée équipe d’animation). Le travail quotidien implique des liens réguliers avec les partenaires du projet (institutions, ONG, réseaux professionnels, think tank, associations) et les membres actifs du réseau, notamment les pilotes des groupes thématiques et groupes locaux.


Le ou la chef-fe de projet a vocation à assurer les activités suivantes :

Coordonner le projet stratégique “Transitions territoriales » 

  • Coordonner et piloter le projet dans sa globalité,
  • Animer certains groupes de travail dédiés au projet,
  • Articuler le projet avec la vie quotidienne du réseau,
  • Accompagner les travaux des groupes thématiques et groupes locaux
  • Aider à la rédaction, mise en forme et publication de fiches, notes et contributions thématiques.

Structurer et coordonner les groupes locaux et leur développement

  • Participer au lancement et au suivi des groupes locaux, 
  • Être le point d’entrée des demandes des GL,
  • Aider à l’organisation d’événements, à Paris et dans les GL,

Participer à la communication

  • Coordination de l’organisation d’événements
  • Participation aux relations presse
  • Représentation du réseau à des événements avec nos membres et partenaires

Expériences, compétences et savoir-être

  • Expérience (même courte) en coordination de projet et animation d’équipe (en administration, association, cabinet de conseil ou entreprise).
  • La connaissance concrète des collectivités territoriales, institutions et administrations publiques est nécessaire (pour comprendre l’environnement professionnel des membres du Lierre, contributeurs aux travaux et publics cibles).
  • Compétences et connaissances attendues :
    • Bonne connaissance des enjeux de la transition écologique, et des différents acteurs de l’action publique
    • Maîtrise des techniques d’animation et de gestion de projets
    • Bonne capacité d’expression écrite et orale
  • Savoir-être :
    • Partage des valeurs et objectifs du Lierre
    • Sens du travail en équipe et du reporting
    • Autonomie, capacité d’adaptation et bonne organisation personnelle

Conditions du poste :

  • Type de contrat : CDD de 1 an à temps plein (35h par semaine)
  • Date de début : mai ou juin 2025
  • Rémunération : 2 300 euros net par mois + prise en charge 50% Navigo + mutuelle santé.
  • Lieu de travail : Paris 5e, dans un lieu offrant plusieurs avantages :
    • Un espace de coworking associatif idéalement situé en plein de coeur de Paris, face à Notre-Dame, avec possibilité de réchauffer votre déjeuner sur place ou de profiter des nombreux restaurants aux alentours, 
    • Télétravail possible 1 à 2 jours par semaine, 

 Si vous êtes intéressé.e par ce poste et que vous pensez correspondre au profil recherché, merci d’envoyer rapidement votre CV, lettre de motivation (ou vidéo, si vous voulez) à l’adresse : contact@le-lierre.fr en mettant “Candidature Territoires & Transitions” et vos prénom et nom de famille dans l’objet du mail.
Date limite des candidatures le jeudi 3 avril 2025 (la date initiale du 9 avril a été avancée face au nombre élevé de candidatures reçues en mars).

13.03.2025 à 15:57
Le Lierre
Texte intégral (1629 mots)

La proposition de loi “TRACE” discuté mi-mars prochain au Sénat propose d’instaurer une trajectoire de réduction de l’artificialisation des sols concertée avec les élus locaux. Dans la perspective des débats parlementaires, le groupe Aménagement du territoire du Lierre analyse – dans cette tribune parue dans la Gazette des communes – les enjeux du ZAN et les inconvénients apportés par cette proposition de loi qui détricote dangereusement le cap nécessaire de la sobriété foncière.

N’oublions pas les raisons d’être du ZAN : Les sols sont le support et le lieu d’habitat de la biodiversité, ils nous nourrissent, ils régulent les bioagresseurs et les maladies, préservant la santé des plantes, ils régulent le cycle de l’eau, ses flux et sa qualité, prévenant les inondations et nous donnant accès à de l’eau potable ; ils captent le carbone. L’artificialisation galopante qui détruit les sols pose un vrai risque dont nous mesurons aujourd’hui parfaitement les conséquences – sans parvenir encore à en traiter l’origine. En France, plus de 20 000 hectares de sols sont artificialisés par an1.

Le ZAN devrait être un impondérable parce qu’il permet de préserver une ressource essentielle qui ne l’était pas suffisamment jusqu’à présent : l’assouplissement prévu dans la proposition de loi sénatoriale est contre-productif, ne faisant que reporter la nécessité d’agir.

Ainsi entre autres mesures, la proposition de loi “TRACE”2 prévoit non seulement de supprimer l’objectif intermédiaire de réduction de moitié de l’artificialisation d’ici 2030, mais elle va jusqu’à modifier la définition juridique de l’artificialisation : non plus “l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol”, mais seulement “la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers”. Cette reformulation appauvrit le sens du ZAN et ignore la dimension qualitative de la fonction écologique des sols.

Plutôt que d’abroger l’objectif intermédiaire à 2030 initial, il faudrait concentrer tous les efforts sur les moyens – techniques et financiers – à trouver pour l’atteindre.

L’argument des « maires bâtisseurs »


Comme ses prédécesseurs, le Premier ministre a promis de soutenir les « maires bâtisseurs » lors de sa déclaration de politique générale le 14 janvier 2025. Mais cette vision, quelque peu désuète et décalée au regard des enjeux actuels, mérite d’être remise en question.
Le développement du territoire et la mise en œuvre de nouveaux projets ne doit plus se traduire systématiquement par la consommation d’espace et l’artificialisation des sols.
L’attractivité d’un territoire passe également par l’amélioration du cadre de vie et donc par le réusage et la rénovation du bâti et des espaces urbains existants. Il faut donner les moyens aux élus de favoriser à chaque fois des approches alternatives, comme la densification urbaine et la requalification. En prenant en compte les enjeux locaux, les besoins réels en logements et la nécessaire réindustrialisation des territoires, il faut pouvoir arbitrer et innover non pas contre, mais dans le cadre du ZAN.
Ces solutions sont souvent plus complexes et plus coûteuses, certes, mais seulement si on en a une approche à court terme. Il faut changer nos manières de faire en nous adaptant à cette nouvelle trajectoire de l’aménagement, qui peut d’ailleurs favoriser la créativité et l’émergence de nouveaux métiers et de nouvelles filières.


Il ne s’agit pas d’éluder les difficultés de mise en œuvre du ZAN bien réelles, mais ce qu’il faut savoir c’est que des solutions existent et doivent être expérimentées, y compris pour adresser la diversité des contextes territoriaux des collectivité : plusieurs associations et instituts ont déjà fait des propositions concrètes d’outils fiscaux, techniques et juridiques pour y répondre.
De fait, plusieurs territoires ont déjà fait d’immenses progrès dans le domaine de la sobriété foncière et de la préservation des sols, les retours d’expériences réussies en ce domaine ne manquent pas. On peut à ce titre mentionner les cinq régions (Bretagne, Normandie, Bourgogne Franche-Comté, Nouvelle Aquitaine, Hauts-de-France) qui ont déjà adopté la mise à jour de leurs schémas d’aménagement (SRADDET).

Malheureusement, la position de cette PPL fait l’inverse : partir de l’existant, ne rien changer, en dépit du fait manifeste que tout change autour de nous. C’est un retour en arrière. Il semble pourtant incohérent de vouloir conserver des manières de faire héritées de la France des années 1970 quand le béton coulait à flot, les matériaux étaient peu chers et le pétrole abondant. Face aux défis actuels, le gouvernement en tant que garant de l’intérêt général, doit pouvoir faire preuve de vision, d’ambition et de courage politique. Les aléas climatiques, l’extinction de la biodiversité, les conflits d’usages, ne disparaîtront pas magiquement en mettant le ZAN sous le tapis.

Améliorer, pas affaiblir
Détricoter le ZAN, c’est également balayer d’un revers de manche les efforts réalisés par les nombreux acteurs dans les régions, les communes, les métropoles, les instances déconcentrées…qui ont œuvré depuis 2021 pour le mettre en œuvre.
C’est le rôle de l’État et du service public que d’avoir une vision ambitieuse des efforts à fournir tout en donnant de réels moyens aux collectivités pour la mettre en œuvre. Des élus locaux se sont exprimés en ce sens dans une tribune récente, demandant à ce qu’il n’y ait pas de retour en arrière.3
Le mérite du débat actuel autour du ZAN est qu’il met en lumière une interrogation plus profonde : à quand la fin du pointillisme politique et de la multiplication des plans et programmes sans cohérence les uns avec les autres ?
Quand serons-nous capables de construire avec les collectivités territoriales une stratégie d’aménagement du territoire suffisamment ambitieuse pour faire face aux enjeux actuels, économiques, démographiques et écologiques ?
Il est temps que l’État affirme, au côté des collectivités territoriales, un rôle plus fort en faveur de la régulation et de la préservation des espaces naturels, en adressant les contradictions manifestes. Cela nécessite une vision claire, qui ne cède pas face aux pressions ou aux résistances, mais qui place l’intérêt général au cœur de ses décisions.

Une tribune du Groupe de Travail Aménagement et Territoire du Lierre
à retrouver sur le site de La Gazette

  1. Cerema, mai 2024. ↩︎
  2. PPL “Trajectoire de Réduction de l’Artificialisation Concertée avec les Elus” déposée au Sénat le 7 novembre 2024. ↩︎
  3. https://www.lagazettedescommunes.com/956885/zan-les-elus-locaux-demandent-des-solutions-pas
    un-abandon/
    ↩︎

18.02.2025 à 10:00
Le Lierre
Texte intégral (1004 mots)

Comment faire évoluer les compétences et métiers des agents publics à l’aune des transitions écologiques et sociales ? Comment intégrer la transition écologique dans le dialogue social ? Peut-on améliorer l’attractivité de l’emploi public, en valorisant l’engagement écologique des agents ?   

Réservez votre matinée du mardi 18 mars pour aborder ces questions lors d’une conférence de lancement de notre guide « RH & Transition Écologique », co-rédigé par le groupe de travail RH du Lierre et FPTE.

Participez à cet événement le mardi 18 mars de 9h à 12h, à Paris 7e (lieu à venir) ou en visio-conférence.
Le nombre de place est limité ! Inscription gratuite mais obligatoire ici : https://www.helloasso.com/associations/le-lierre/evenements/sortie-du-guide-rh-du-lierre

Découvrez et téléchargez ici le guide 👇

☘️ La transition écologique ne peut pas se faire contre, ou sans les agents ; elle doit au contraire se faire avec eux.
Responsables de la gestion des agents, les DRH ont un rôle-pivot permettant ou facilitant l’engagement écologique de toute la structure administrative pour laquelle elles travaillent. 

Le guide pratique « les DRH au service de la transition écologique » interroge, avec de nombreux exemples et suggestions à l’appui,  chacune des fonctions de gestion des ressources humaines sous l’angle de la transition écologique.

1️⃣ Dans une première partie, il propose en 6 chapitres une planification RH de la transition écologique :
1. comment repenser l’organisation à l’aune de la transition écologique,
2. comment identifier les compétences et faire évoluer les métiers,
3. comment recruter les personnels dotés des compétences nécessaires et les fidéliser,
4. comment orienter la masse salariale vers la transition écologique,
5. quelles adaptations du temps de travail adopter,
6. et comment intégrer la transition écologique dans le dialogue social.

2️⃣ La deuxième partie se penche, en 5 chapitres,  sur l’accompagnement des agents pour la transition écologique :
7. le développement des parcours individuels et collectifs (plan de formation) de formation pour la transition écologique,
8. la valorisation de l’engagement écologique des agents,
9. le développement de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail grâce à la transition écologique,
10. la prise en compte de l’impact des crises écologiques dans la prévention des risques physiques et psychosociaux,
et 11. la mise en place d’une action sociale écologique.
Le chapitre conclusif revient sur les interconnexions entre la DRH et les autres directions, et le rôle-pivot de la première pour la mise en œuvre de la transition écologique dans la structure administrative concernée. 

Les mesures évoquées dans ce guide pratique sont possibles à droit constant.
Cependant, les auteurs suggèrent aussi quelques évolutions normatives qui faciliteraient la mise en ouvre RH de la transition écologique. 

Le Guide dans les médias

Ce guide a fait l’objet de plusieurs mentions dans la Presse : sur Acteurs publics le 19 février, dans la Gazette des communes le 21 février, sur la plateforme Weka.fr, ainsi que sur le site de l’INSP (ex-ENA).

Les rédacteurs ont également pu présenter ce guide à l’occasion de 2 événements de la communauté RH de la fonction publique :

  1. les Entretiens territoriaux de Strasbourg, avec un atelier dédié le jeudi 12 décembre intitulé Le DRH le pivot de la transition écologique de la collectivité ?
  2. du colloque de l’Observatoire RH de la fonction publique, le 16 décembre 2024 (vidéo de leur intervention disponible ici), et donner une interview vidéo à retrouver ici.
30.01.2025 à 10:13
Le Lierre
Texte intégral (1227 mots)

« ADEME, OFB, Agence Bio : depuis plusieurs semaines, ces trois structures sont ciblées de façon très marquée par une partie de la classe politique. Celle-ci, invoquant notamment le contexte budgétaire, demande la diminution des prérogatives de ces opérateurs et, pour l’Agence Bio, sa disparition, matérialisée par un vote au Sénat. 

Nous, agents publics impliqués dans la transition écologique de nos modèles agricoles et alimentaires, pointons les risques de ces propositions, qui menacent la dynamique fragile de transition agro-écologique et l’accompagnement de nos agriculteurs face aux défis environnementaux, sans répondre pour autant aux enjeux budgétaires et d’efficience de l’action publique.

Nos systèmes agricoles sont intrinsèquement dépendants d’un climat stable et d’écosystèmes en bonne santé.
Face aux conséquences déjà visibles des crises environnementales, une transition massive vers des solutions agroécologiques prometteuses, couplée à une évolution de notre alimentation, sont nécessaires. Elles seules garantiront notre santé et notre sécurité alimentaire, la protection de nos écosystèmes et la pérennité économique de notre agriculture. Dans un contexte troublé pour la transition agroécologique (restrictions budgétaires, normes agro-environnementales contestées, difficultés économiques des exploitations freinant leurs investissements verts…), protéger les acteurs et agents publics qui accompagnent le monde agricole face à l’urgence environnementale doit être une priorité absolue pour pérenniser les dynamiques balbutiantes de transition. 

Ces éléments n’ont malheureusement aujourd’hui que peu de poids face aux arguments budgétaires. Or, si un débat sur l’agenciarisation de l’État, ses coûts, et le contrôle de ses opérateurs, mérite d’être posé au vu de l’état de notre démocratie et de nos finances publiques, cibler ces trois agences semble peu compréhensible au vu de leurs performances récentes. Affaiblir ou supprimer ces opérateurs ne se soldera ni par une augmentation de l’efficience de l’action publique, devant guider les choix budgétaires actuels, ni par de réelles économies budgétaires de court terme, ni par des gains à long terme. Cela risque même d’augmenter les coûts de l’inaction environnementale qui grèvent toujours plus les budgets de l’État (coûts de dépollution de l’eau, de santé, de soutien des agriculteurs face aux aléas climatiques…).
Fragiliser ces opérateurs fait aussi planer le risque d’une dégradation du service rendu à nos agriculteurs en pleine crise. Les expertises techniques et de gouvernance partenariale de ces structures au service du monde agricole ne seront pas intégralement reprises, si elles sont diluées dans les actions déjà gérées par FranceAgriMer ou le ministère de l’Agriculture. 

Supprimer l’Agence Bio pourrait fragiliser durablement le rôle de force d’entraînement de la filière bio pour nos filières agricoles dans les transitions agroécologique et alimentaire, et l’écosystème partenarial bio construit depuis la création du logo AB en 1985 par le Ministère de l’Agriculture. Cela risque de détruire l’efficience de l’action publique sur le bio, fondée sur une expérience de l’Agence consciencieusement acquise depuis plus de 20 ans et un accompagnement sur-mesure de la filière que ses agents mettent en œuvre : son efficacité et celle du travail de ses salariés ont justement été soulignées par la Cour des comptes en 2022. Le licenciement de ses employés sera brutal, et occasionnera une perte majeure de compétences pour l’Etat qui mettront des années à être reconstruites. Comme l’attestent les réactions unanimes du monde agricole et de l’agroalimentaire ces derniers jours, l’hypothèse d’une disparition de cette agence fait aussi craindre un éloignement et une standardisation de l’accompagnement de l’État au secteur, alors que la filière bio est en cours de rémission d’une crise très violente. 

Ces arguments sont aussi valables pour l’ADEME, qui portait à elle seule en 2022 deux-tiers des aides de l’État aux entreprises sur la transition écologique. L’inspection générale des finances invitait d’ailleurs en 2023, à faire de l’ADEME “le maître d’ouvrage privilégié des aides à la transition écologique des entreprises” en soulignant son expertise reconnue en matière environnementale, permise par le travail et l’engagement professionnel de ses agents.
L’affaiblissement de l’ADEME menace d’entraîner une perte de compétences unique de l’État sur les enjeux environnementaux, dont ceux de transition agro-écologique (agrivoltaïsme, valorisation des haies, diagnostics climatiques de fermes…). Veut-on vraiment priver le monde agricole, percuté par les crises environnementales, de l’expertise cruciale de cette agence ? 

Quant à l’OFB, vouloir son affaiblissement indique une méconnaissance de l’histoire et du rôle majeur de cet opérateur. Cette structure, issue d’une fusion récente (2020) de deux opérateurs, a déjà permis de diminuer le nombre d’opérateurs publics. Son action est décisive sur le plan environnemental, la Cour des comptes reconnaissant en 2024 que l’objectif lui ayant été assigné à sa création était atteint, malgré la complexité de la tâche.
Affaiblir l’OFB mettrait en péril l’exercice de ses missions, dont la préservation de la qualité de l’eau et des écosystèmes essentielle à une agriculture saine, à notre sécurité alimentaire, à notre santé, et surtout à celle des agriculteurs très exposés aux pollutions en milieu rural. 

Dans un triple contexte de crise environnementale, agricole et budgétaire, nous exprimons et apportons tout notre soutien à nos collègues et au travail fait par ces trois acteurs reconnus pour l’impact et l’efficience de leurs actions, au contact quotidien du monde agricole et essentiels pour la transition agroécologique, notre sécurité alimentaire et notre santé collective.
Nous appelons à ce que les arbitrages sur le devenir de ces structures continuent de porter ces priorités collectives de transition écologique et de santé ». 

_______

Signatures : 

  • Raphaël YVEN, président, Le Lierre
  • Emilie AGNOUX, co-fondatrice, Le Sens du service public
  • Christine MORO, vice-présidente, Une Fonction publique pour la transition écologique
  • Mylène JACQUOT, secrétaire générale, CFDT Fonction Publique
  • Marie PLA, co-porte-parole, Collectif Nos services Publics 
  • Benoit TESTE, secrétaire général, FSU
  • Luc FARRÉ, secrétaire général UNSA Fonction Publique
29.01.2025 à 12:14
Le Lierre
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23.01.2025 à 12:46
Le Lierre
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🌿 Adaptation :  comment vivre dans un monde à + 4 degrés ? 🌍 

Dans le cadre de la consultation ouverte par le gouvernement sur les contours du 3eme plan national d’adaptation au changement climatique, Le Lierre a proposé une série de leviers concrets et structurants pour engager un changement de paradigme, impératif pour relever les défis du changement climatique. Au-delà de la nécessité d’un pilotage stratégique qui doit être porté au plus haut niveau de l’Etat, nos préconisations s’inscrivent dans la nécessité d’une approche coordonnée avec des moyens et des financements à la hauteur des besoins. 

Notre contribution est structurée autour d’objectifs transversaux au secteur public, accompagné d’un focus spécifique sur les enjeux de santé publique :

🏛️ Principes généraux

1️⃣ Pour des financements à la hauteur des enjeux

  • Alignement du projet de loi de finances 2025 avec les ambitions du PNACC
  • Chiffrage des efforts budgétaires nécessaires pour garantir des actions à long terme
  • Mobilisation  de financements et identification des leviers à structurer avec les acteurs publics et privés

2️⃣ Pour des politiques publiques mieux coordonnées

  • Planification et pilotage stratégique et opérationnel des actions d’atténuation et d’adaptation
  • Rappel des engagements pris sur les enjeux  clés du climat et de la biodiversité
  • Synergie des actions de sensibilisation et de formation  sur l’adaptation et l’atténuation 
  • Revalorisation des services publics et de leur rôle central dans l’adaptation au changement climatique

3️⃣ Pour un soutien renforcé aux collectivités

  • Mieux intégrer le réflexe adaptation dans  la commande publique
  • Offrir plus de marges de manœuvre et de moyens  aux collectivités
  • Articuler les documents de planification locaux à la trajectoire d’adaptation  

💡 Zoom sur les enjeux de santé

Nous avons souligné l’enjeu primordial des impacts du changement climatique sur la santé publique en reprenant et approfondissant les mesures proposées par le projet actuel du PNACC 3 🏥

Découvrez notre contribution !

09.12.2024 à 16:39
Le Lierre
Texte intégral (2306 mots)

Vous faisiez quoi, en novembre 2019 ? De notre côté, nous lancions Le Lierre avec une trentaine de personnes ! 5 ans après, nous avons fêté l’anniversaire du réseau le samedi 23 novembre à Paris ! ☘️ Découvrez les meilleurs moments de la journée à travers ce court billet et les illustrations de Claire Masson (@Clérème).

Nos 5 ans étaient l’occasion d’une journée “bilan & perspectives” pour analyser ensemble l’état de notre société et des transformations à conduire, et passer collectivement l’action, malgré les obstacles croissants, notamment les reculs politiques et la montée des résistances face aux enjeux environnementaux ! 

Pour cela, nous avons organisé une matinée spéciale ouverte aux membres du Lierre pour faire un bilan des actions conduites par le réseau depuis 5 ans et discuter de nos projets et perspectives, notamment pour favoriser l’implication d’un nombre croissant d’acteurs publics, de membres du Lierre et de partenaires dans nos projets. L’après-midi, ouvert au grand public réunissait une dizaines d’intervenants autour de 3 tables-rondes dont vous trouverez plus bas les grandes lignes !

Côté bilan, nous pouvons notamment mettre au crédit des pionniers qui ont lancé le Lierre :

  • La constitution progressive et continue d’un réseau solide de près de 2 000 membres représentatifs de l’action publique et des priorités qui sont les nôtres,
  • Le déploiement du réseau partout en France et au delà (avec une dizaine de groupes locaux, dans presque toutes les régions et également à Bruxelles et Washington),
  • L’investissement de nos membres sur diverses thématiques (à travers la constitution d’une dizaines de Groupes Thématiques), et la démonstration d’une capacité à produire des analyses / propositions pertinentes sur une dizaines de sujets importants (voir nos publications),
  • L’émergence d’un collectif (indépendant et apartisan) qui ose prendre la parole sur ses sujets et participer au débat public quand il l’estime nécessaire, pour faire avancer les idées, valeurs et propositions qui sont les nôtres, 
  • Un réseau désormais bien identifié (des pouvoirs publics / acteurs institutionnels, acteurs publics au sens large et partenaires économiques,sociaux et écologistes), riches de partenariats très variés (avec des associations, collectifs, think tank, réseaux professionnels, universités, communautés de travail, fédérations d’acteurs, ONG…etc) et capable de constituer un émetteur fiable et crédible sur nos thématiques (nous le disons factuellement, car nos travaux ont suscité l’intérêt et des invitations de plusieurs décideurs, grands médias et institutions publiques),
  • Nous sommes restés fidèles à nos principes et objectifs initiaux : faire se rencontrer des acteurs publics, partager des pratiques & idées et se former, participer au débat public,
  • Nous sommes d’abord et avant une communauté vivante, cohérente (en termes de valeurs), solidaire et soudée, que nous nous voyons s’enraciner progressivement dans les espaces professionnels qui le nécessitent, au service de l’intérêt général.

Côté perspectives, nous avons pu discuter avec nos membres des orientations suivantes :

  • Notre détermination à avancer, lucides sur les risques et les pièges à éviter : notamment celui du techno-solutionnisme, du pessimisme (que nous voulons combattre aujourd’hui, sans renoncer à être lucide) et d’une écologie « techniciste » (celle des chiffres, courbes, des experts et gestionnaires), qui consisterait à nous concentrer sur les outils et dispositifs structurants de l’action publique, mais en oubliant les plus vulnérables, les plus défavorisés et en minorant l’influence des cadres économiques, sociaux et culturels qui façonnent et structurent nos sociétés et constituent parfois des obstacles majeurs à la révolution écologique ;
  • Notre aspiration renouvelée à porter une écologie qui donne la priorité au maintien des conditions d’habitabilité de la planète (cf Bruno Latour) et à la protection du vivant, et pas au développement de la production. Il s’agit notamment de contribuer redéfinir le progrès à l’aune de cet impératif climatique et écologique, et de réunir dans la classe écologique l’ensemble des forces progressistes, à rebours des réactionnaires qui sont dépassés par la situation du Nouveau Régime Climatique et qui refusent de faire de l’habitabilité de la planète un combat vital et un facteur susceptible de faire évoluer leur vision du monde ;
  • L’importance de travailler avec d’autres à dépasser certains carcans et à construire une écologie qui rassemble, et des politiques publiques en adéquation avec la vie des gens ; 
  • Notre souhait de contribuer à construire les alliances que nous appelons de nos vœux dans tous les territoires et avec les organisations avec qui nous partageons les valeurs et objectifs les plus essentiels. Ce travail implique, à notre échelle, de renforcer nos liens et travaux avec des syndicats, collectifs, associations, ONG mais aussi les administrations, institutions, acteurs universitaires et le monde de la recherche ;
  • L’objectif d’engager un travail ambitieux sur les transitions (écologiques, sociales, économiques, culturelles et démocratiques) à l’échelon local, dans tous les territoires, dans la perspective des élections municipales de 2026. Nous souhaitons notamment produire et partager du contenu à tous les acteurs territoriaux pour contribuer à rendre le débat public objectif quant à l’urgence écologique et pour empêcher qu’il ne s’enferme dans les caricatures, les contre-vérités et les anathèmes.

🟢 Table-ronde 1 : La transition écologique coûte-t-elle trop cher ? 

Avec Selma Mahfouz (économiste), Nathalie Lhayani (ex-Présidente du FIR, membre du comité d’orientation du Lierre), Benoît Leguet (DG d’I4CE), Guillaume Duval (journaliste, ex rédacteur en chef d’Alternatives Économiques).

Au cœur des négociations de la COP 29 à Bakou, la question du financement de la transition écologique est centrale dans l’atteinte des objectifs.
Dis concrètement, il s’agit de décider de qui va payer, et ça soulève beaucoup de questions complexes. Est-ce seulement aux États ou aussi aux acteurs privés de payer ? Et parmi les Etats concernés et responsables, quels États ? Quel rôle pour l’Union européenne ? Est-ce une question de financements publics (nationaux et internationaux) ou de réorientation des investissements privés ? En France, quelles réponses et suites au rapport Pisani-Ferry chiffrant à environ 66Md€ les investissements supplémentaires en France, chaque année ? Nous avons discuté de ces questions ainsi que des solutions possibles, tant par le levier des choix budgétaires, monétaires et fiscaux, que celui du changement des modèles économiques des entreprises pour mieux intégrer le risque environnemental dans l’économie.

🟢 Table-ronde 2 : L’écologie, plus que jamais un combat ? 

Avec Mylène Jacquot (CFDT), Erwan Lecoeur (sociologue), Léa Falco (Pour un réveil écologique), Sébastien Maire (France Villes et territoires durables) et Noël Mamère (ex-député européen). Animée par Clémence Boullanger du Lierre.

Vous êtes déprimés par l’élection américaine ? Par les reculs du Green Deal européen ? Nous avons pu réfléchir ensemble au sens de l’engagement dans la transition écologique et sur l’avenir de ses combats. Nous avons parlé action politique, engagement militant, rôle du service public et des collectivités, syndicats et élections municipales, au cœur d’un débat résolument combatif dont le document de synthèse vous restitue les grandes lignes !

🟢 Table-ronde 3 : S’engager, c’est créer ! Quelles stratégies pour nos organisations ?

Avec Wandrille Jumeaux (co-fondateur du Lierre), Marie Pla de Nos Services Publics, Ludovic Grousset de Sens du Service Public, Julian Perdrigeat, DG de La Fabrique des Transitions, Anne Bringault, Directrice du Réseau Action Climat et Clara Léonard, DG de l’Institut Avant Garde.

Le Lierre a proposé cet échange à quelques uns de ses partenaires pour partagé leur raison d’être, la trajectoire et les principales réussites de leur organisation (association, collectif, réseau, think tank ou alliance transpartisane de territoires et de réseaux), ainsi que leurs stratégies & priorités au regard des contextes national et international. Nous avons pu notamment discuté des principaux chantiers sur lesquels travailler, ensemble ou séparément, au regard de la complémentarité de nos approches. Le contenu des échanges de cette table-ronde est réservé aux participants et à nos membres. Il va notamment nourrir les prochaines temps de travail collectif que le Lierre va proposer à ses membres en janvier 2025 pour travailler sur notre feuille de route 2025-2027. Un compte-rendu très synthétique des échanges figure dans le document ci-dessus.

26.11.2024 à 17:26
Le Lierre
Texte intégral (1516 mots)

Début novembre, nous recevions Claire Lemercier et Willy Pelletier pour la présentation de leur ouvrage paru récemment, « La Haine des fonctionnaires » (2024). Voici le replay :

D’où vient-elle, cette « haine » ? Les auteur·ices donnent à voir trois flots de mépris des fonctionnaires différents qui confluent en un délétère torrent : 

1️⃣ Celle des milieux populaires face à des fonctionnaires, qui sont bien souvent les seuls à même de les aider mais ne le peuvent pas toujours, par le manque de moyens humains et financier dont ils souffrent ainsi que la cannibalisation de leur temps de travail par les exigences de reporting ;

2️⃣ Celle de responsables politiques, économiques et médiatiques acquis aux thèses du « nouveau management public » et du néo-libéralisme ; 

3️⃣ Celle des fonctionnaires pour eux-mêmes, pour ce qu’ils sont contraints de faire, ce qu’ils n’ont plus le temps ou les moyens de faire : celle des profs aux classes de 40 élèves, des infirmières qui n’ont plus le temps de prendre soin, des assistantes sociales débordées et sans plus de moyens…

Selon ces auteur·ices, nous sommes aujourd’hui à « un point de basculement historique », qui appelle plus que jamais à la mobilisation de toutes celles et ceux qui savent toute la valeur des services publics ! (Re)visionnez le replay ici :

Et découvrez le compte-rendu détaillé : ☘️ Willy Pelletier et Claire Lemercier présentaient leur ouvrage paru récemment La Haine des fonctionnaires (Éditions Amsterdam, 2024)L’occasion de nous rappeler à quel point « les idées toutes faites à l’endroit des fonctionnaires sont bien souvent des idées toutes fausses ».

  1. Fonctionnaires = paresseux ? 

Ce rappel était particulièrement nécessaire dans le cadre des débats provoqués par la proposition du gouvernement d’augmenter le délai de carence des fonctionnaires, visant à réduire « l’absentéisme ». Cette proposition repose sur la caricature bien connue de fonctionnaires profiteurs et paresseux. 

Cette idée ne résiste en effet pas à l’épreuve des faits : à métiers identiques entre le privé et le public, les fonctionnaires ne sont pas plus en arrêt maladie que dans le privé. Dans leur livre, les auteur·ices montrent même que certaines catégories de fonctionnaires (entre la territorial, l’État et l’hospitalière) sont même parfois moins en arrêt maladie que les salarié·es du privé. Selon eux, « 5,2 % des fonctionnaires, contre 4,4 % des salariés du privé, ont eu [en 2019] recours aux arrêts maladie ». Et de démontrer que pour « les fonctionnaires d’État, le pourcentage est […] inférieur au privé : seulement 3,6 % ».

Derrière les chiffres du gouvernement, et « l’absentéisme » affiché des fonctionnaires, ce sont plutôt des différences de métiers et de conditions de travail qui se cachent : 

  • L’âge moyen des fonctionnaires est de 50 ans, soit 10 de plus que les travailleur·euses du privé, et le risque de maladie et problèmes de santé augmentent avec l’âge ;
  • Les fonctionnaires connaissent une plus grande exposition aux risques, parce qu’iels sont davantage en contact avec le public – que l’on pense à toutes celles et ceux qui travaillent à l’hôpital ;
  • Pour l’essentiel, les fonctionnaires ne sont pas des gens assis sur leurs chaises toute la journée, mais essentiellement des ouvriers, des employés, des professeur·es, des agents d’entretien des égoutiers, des forestiers, des aides-soignantes et des agents des routes ; autant de métiers indispensables au bon fonctionnement des services publics, au bénéfice de la vie quotidienne des citoyens. Or, comme nous le rappelle Willy Pelletier, « on est davantage en congé maladie quand on est aide-soignante que quand on est cadre à TF1 ! » 
  1. D’où vient la « haine des fonctionnaires ? » 

Les auteur·ices donnent à voir trois flots de mépris des fonctionnaires différents qui confluent en un délétère torrent : 

  • Celle des milieux populaires face à des fonctionnaires, qui sont bien souvent les seuls à même de les aider mais ne le peuvent pas toujours, par le manque de moyens humains et financier dont ils souffrent ainsi que la cannibalisation de leur temps de travail par les exigences de reporting ;
  • Celle de responsables politiques, économiques et médiatiques acquis aux thèses du « nouveau management public » – caractérisé par une « séparation entre les fonctions de stratégie, de pilotage et de contrôle et les fonctions opérationnelles de mise en œuvre ; la fragmentation des bureaucraties verticales par création d’unités administratives autonomes (des agences), par la décentralisation ou par l’empowerment de groupes d’usagers ; le recours systématique aux mécanismes de marché ; la mise en place d’une gestion par les résultats fondée sur la réalisation d’objectifs, la mesure et l’évaluation des performances et de nouvelles formes de contrôle dans le cadre de programmes de contractualisation. » (Bezes, 2012, p. 17) ; 
  • Celle des fonctionnaires pour eux-mêmes, pour ce qu’ils sont contraints de faire, ce qu’ils n’ont plus le temps ou les moyens de faire : celle des profs aux classes de 40 élèves, des infirmières qui n’ont plus le temps de prendre soin, des assistantes sociales débordées et sans plus de moyens…

Pris en étau entre ces haines « d’en bas », « d’en haut » et « d’eux-mêmes », il ne reste plus beaucoup d’espace aux fonctionnaires pour déployer leurs compétences et désirs d’agir au service de l’intérêt général. Pis, cet étau est un terrain propice à l’enclenchement d’un terrible cercle vicieux : plus la destruction des services publics avance, plus la légitimité des fonctionnaires s’amenuise, et plus les critiques de ses détracteurs semblent fondées.  Selon ces auteur·ices, nous sommes à « un point de basculement historique », qui appelle plus que jamais à la mobilisation de toutes celles et ceux qui savent toute la valeur des services publics. 

  1. Les dommages de l’externalisation 

L’externalisation est un phénomène peu présent dans le débat public, alors qu’il est déterminant dans l’état actuel du marché du travail et des services publics en particulier. L’ouvrage s’intéresse à l’externalisation des services publics « par le haut », soit par des cabinets de conseil, et « par le bas », par le recours à des sous-traitant pour effectuer un ensemble de tâches, notamment celles du nettoyage. 

  1. Le discours sur l’écologie punitive participe-t-il de ce fonctionnaire bashing 

L’écologie bashing et le fonctionnaire bashing ne font qu’un, et ont tous les deux pour eux d’être plus que des discours mais bien des pratiques. La situation de l’ONF et des forestiers l’illustre : les forestiers ont pour métier ce qui était pour eux une vocation, et celle-ci est empêchée. La médecine du travail est aujourd’hui le secteur le moins choisi par les étudiants : cela n’aide pas à assurer le suivi de la santé des fonctionnaires exposés, et notamment les forestiers. C’est « l’empire des comptes » : on rogne sur tout pour la rentabilité financière immédiate. Cela pose un grave problème quand cela s’attache à de sujets n’appartenant pas à cette logique de rentabilité immédiate (santé, forêts). La mise sous tension de ces différents secteurs produit des aggravations réciproques : ici moins de médecins du travail entraîne moins de forestier en bonne santé donc détérioration de l’état des forêts et in fine de la santé globale…

Un autre exemple développé dans l’ouvrage est celui du défaut d’entretien des routes, qui entraîne des accidents ; des services de secours qui arrivent tardivement du fait de leur émiettement et du manque de personnel, puis le temps d’attente aux urgences en CHU. L’enchaînement de ces manquements produit un accroissement significatif de la mise en danger des populations. 

08.11.2024 à 11:51
Le Lierre
Texte intégral (1272 mots)

Vous faisiez quoi, en novembre 2019 ? De notre côté, nous lancions Le Lierre avec une trentaine de pionniers !

5 ans après, nous fêtons l’anniversaire du Lierre 🎉 le samedi 23 novembre à la Mairie du 12e arrondissement de Paris (130 avenue Daumesnil). 

✊ Dans un moment politique particulier, en France et à l’international, cette journée spéciale, Le Lierre appelle à une mobilisation collective des acteurs publics.

Programme détaillé & inscription ici !

Nous proposons une journée “bilan & perspectives” pour analyser ensemble l’état de notre société et des transformations à conduire, et passer collectivement l’action, malgré les obstacles croissants, notamment les reculs politiques et la montée des résistances face aux enjeux environnementaux ! Au programme ? Une matinée spéciale ouverte à tous les membres du Lierre (lien d’inscription dans les newsletters), pour faire un bilan des 5 ans et discuter de nos perspectives, puis un après-midi ouverte au grand public avec 3 tables-rondes passionnantes !

Vous êtes déprimés par l’élection américaine ? Par les reculs du Green Deal européen ? Venez prendre un pas de côté avec nous samedi, pour réfléchir ensemble au sens de l’engagement dans la transition écologique et sur l’avenir de ses combats. Nous parlerons action politique, engagement militant, rôle du service public et des collectivités, syndicats et élections municipales, dans un débat qui promet d’être résolument combatif avec (noms des intervenants) 

Un pot convivial est proposé à l’issue de l’après-midi, afin de poursuivre les échanges (de 18h30 à 19h30 en salle des fêtes de la Mairie du 12e) 🍸 et nous vous proposons de poursuivre la soirée en bar-restaurant à partir de 20h !

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