Un espoir pour les forêts hexagonales en cette fin d’année 2024 : des projets industriels dangereux sont stoppés. C’est le cas dans le Jura pour une centrale photovoltaïque (voir notre article) comme pour l’extension d’une scierie dans la Creuse : la déclaration d’utilité publique du projet d’extension de la zone d’activités de Tra-le-Bos au profit de la scierie Farges Bois à Égletons a été annulée par le tribunal administratif de Limoges, tout comme la vente de la maison d’une riveraine qui a attaqué une délibération de la communauté de communes. Un article à lire dans La Montagne.
« Ce que je vois, c’est un pays qui appartient d’abord à l’industrie minière et forestière ». Cette tribune n’a pas été publiée en France, mais là où il y a encore de la neige à noël, au Québec, par Le Devoir. Mêmes causes, mêmes effets et mêmes résistances…
Et puisqu’on est au Canada, le même journal signale la sortie de Boréaliser, un recueil de textes de fiction (ou pas) issu d’un projet interdisciplinaire réunissant des littéraires et des écologistes. La forêt, c’est aussi « là où habite la littérature ».
…se demande pudiquement le titre d’un article du Monde publié le 27 décembre, suite à la publication de l’avis de l’Autorité environnementale sur la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie.
En période de fêtes, qui a envie de connaître la réponse à pareille question ? Pourtant, dit l’article, « les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse au troisième trimestre 2024 » et du coup, « le respect des objectifs climatiques de la France implique un rythme deux fois supérieur, puisqu’il s’agit de réduire les émissions de 4,7 % par an en moyenne entre 2022 et 2030 ».
L’Humanité annonce plus franchement en titre que « la France s’éloigne de ses objectifs » et ajoute : « Si la ministre Agnès Pannier-Runacher assure (par exemple sur RTL) que la dynamique reste bonne, la baisse des émissions de gaz à effet de serre accuse un ralentissement en 2024. Et la politique de réduction de la consommation énergétique du gouvernement a été jugée trop peu ambitieuse ».
Bien qu’il s’agisse d’une ressource locale et renouvelable, le bois, quand il est utilisé pour se chauffer, n’est pas sans conséquence sur la santé et l’environnement. De plus en plus d’études montrent que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), émis en grandes quantités lors de la combustion du bois, sont extrêmement cancérigènes, en plus d’être polluantes. Un article à lire dans Capital et notre article relayant l’appel de médecins à cesser de subventionner le chauffage au bois.
L’humeur n’est pas à la fête du côté des écologistes, politiques comme associatifs. Macroniste de la première heure, François Bayrou a été nommé Premier ministre. La défense de l’environnement n’est pas sa priorité politique. Un article à lire dans Reporterre, ainsi que notre communiqué ici.
Une audience correctionnelle spéciale devait se tenir, mercredi 11 décembre, à Nevers. Elle a fait long feu. Pour des poursuites plus dures encore ? Cinq dirigeants et une dirigeante de sociétés de travaux forestiers sont prévenus de travail dissimulé lors des trois années — 2019, 2020 et 2021 — ayant précédé un contrôle massif (!) diligenté par la MSA dans le Morvan. Selon la Mutualité sociale agricole, les employés de ces entreprises étaient déclarés, mais leurs horaires étaient grandement minimisés, afin de payer moins de charges (et, donc, de faire davantage de profits ?). Un article à lire dans le Journal du Centre.
Les entreprises de travaux forestiers ont vécu une année difficile, entre la météo et une réglementation durcie. Une entreprise d’insertion à Vire Normandie va devoir s’adapter, comme toute la filière bois. C’est vrai : qui aurait pu prévoir le réchauffement climatique et la chute de la biodiversité ? Ce n’est pas comme si la communauté scientifique alertait depuis des années et que des milliers d’associations, comme SOS Forêt, réclamaient des mesures… Un article à lire dans La Voix Le Bocage.
Si des forêts jurassiennes sont sauvées de l’industrie photovoltaïque, pas de repos pour les militant·es, qui ne sont pas vraiment aidés par cet article de TF1 qui commence mal : la chaîne présente le chauffage bois comme « vertueux écologiquement » et pas cher… Pas cher ? qui va payer la facture de la destruction des forêts ? Et les conséquences sanitaires d’un retour massif au bois-énergie chez les particuliers ? La chaîne du groupe Bouygues concède cependant que cela « implique de construire des usines à un rythme effréné » pour répondre à la demande et la suite donne une idée de l’horreur forestière que prépare la 7e unité de fabrication de granulés de bois sur 30 kilomètres carrés autour de Sains-Les-Bains. SOS Forêt a transmis à la préfecture du Jura son avis négatif dans le cadre de la consultation du public sur ce projet.
Située à Tursac, en Dordogne, la scierie « Au coin des scieurs » exploite le bois local de manière durable. Respectueuse de l’environnement, l’association crée du lien entre les professionnels de la forêt et pratique de petits prix pour des ouvrages variés. Il y a trois ans, Philippe Petrau a relancé cette scierie à l’abandon avec des amis et fait de tout, en fonction des commandes. Une exemple à suivre bien plus que les mégascieries industrielles dévastatrices des écosystèmes forestiers. Un article à lire et une vidéo sur France Télévision.
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Les forêts de Loulle et Mont-sur-Monnet (39) ne seront pas coupées pour laisser à place à des panneaux solaires. Après trois années de lutte, le Préfet du Jura, Serge Castel, a pris un arrêté refusant l’autorisation de défrichement qui aurait permis le lancement des travaux du parc photovoltaïque de 51 ha prévu par Cévennes Énergies.
Aux côtés de divers collectifs (collectifs citoyens, associations de protection de l’environnement mais aussi associations de chasse), SOS Forêt a participé à la lutte contre ce projet aberrant en informant, en contribuant à l’enquête publique (voir notre article) et en étant représentée à la manifestation qui illustre cet article. Comme les Soulèvement de la Terre du Haut-Jura, qui a annoncé cette décision dans un communiqué, nous pensons que ce refus d’autorisation de défrichement est une belle victoire et un soulagement.
Voici la suite du communiqué :
« C’est un soulagement, pour les non-humain⋅es qui habitent ces précieux hectares de forêts. C’est un soulagement pour les habitants et paysans locaux inquiets de voir la ressource en eau gravement impactée. Et c’est un soulagement aussi pour les usagers de cette forêt, amoureux de la nature, chasseurs, randonneurs, spéléologues… tous·tes attaché⋅es aux forêts et lapiaz sur ces sols karstiques, à la beauté et la richesse de ces milieux et à toute l’histoire qu’ils contiennent.
L’avis du Préfet, suivant tous ceux de ses services ayant eu à se prononcer sur le dossier et celui des commissaires enquêteurs, ne devrait pas nous surprendre. Et pourtant…
Aujourd’hui, de trop nombreux projets écocides voient le jour, validés par les autorités au mépris des impacts environnementaux, sociaux et démocratiques. Très souvent les études d’impacts sont incomplètes, bâclées ou conduites à la va-vite (rappelons qu’elles sont à la charge du porteur de projet). La désinformation des citoyen⋅ne⋅s est la norme, entre publi-rédactionnels ou plaquettes commerciales et centaines de pages de dossier exposant les dessous d’un greenwashing éhonté.
À Loulle et Mont-sur-Monnet, une partie de ces manquements ont été comblés par un travail bénévole de longue haleine produit par les collectifs locaux. Ils n’ont eu de cesse d’informer la population locale sur les enjeux du projet. Ils ont fait un travail objectif et sérieux de communication, mettant au jour les erreurs, faiblesses, lacunes, mensonges du porteur de projet. Ils ont révélé, étayé et développé les connaissances naturalistes sur les sites concernés. Ils ont fédéré, expliqué, dénoncé, tout en complétant le travail des services de l’État (DREAL, ONF, MRAE) qui avaient eux-même déposés des avis défavorables et étayés sur le sujet.
Chaque dossier est examiné individuellement, sur des critères éclatés par les différentes législations, sans jamais devoir prouver sa pertinence énergétique. L’État a refermé le débat public sur la transition énergétique, dont on sait qu’elle doit être pensée et planifiée à l’échelle d’un territoire pour se réaliser et avoir les effets escomptés. Notre avenir énergétique est abandonné au marché et aux promoteurs privés, charge aux habitant⋅e⋅s de se mobiliser pour limiter la casse sur la biodiversité, dont la situation n’est pas moins critique que celle du climat.
Comment multiplier ces victoires nécessitant la mobilisation d’un grand nombre de personnes sur leur temps libre pendant que celles et ceux qui sont payés à déployer et signer ces projets ne prennent que trop rarement en considération les réels enjeux écologiques, démocratiques et sociaux ?
Les collectifs sont plus déterminés que jamais et ils ne s’arrêteront pas à cette victoire, à cet îlot sauvé au milieu d’un territoire criblé de projets absurdes. La Communauté de commune, après avoir écarté le débat pour soutenir ce projet, s’est inquiétée du fait que la législation ayant évolué, un nouveau projet de 40 hectares serait désormais compté comme de l’artificialisation des sols. On sait qu’il est désormais illégal de défricher plus de 25 hectares pour installer un parc photovoltaïque, mais on peut s’attendre à de nouveaux bricolages et coups tordus en saucissonnant le projet.
À Cressia, à Pimorin, mais aussi ailleurs dans la région, par exemple dans la Nièvre, les milieux naturels et agricoles extensifs continuent d’être la cible des promoteurs industriels de projets d’énergies renouvelables : plus faciles à mener, moins cher car personne ne leur fait payer le coût incommensurable des destructions de nos communs. Tant que cela ne changera pas, que les zones déjà artificialisées ne seront pas privilégiées, nous continuerons à défendre ces espaces de vie dont notre espèce dépend.
Nous mettrons en lien nos expériences, nos compétences, et nos énergies, pour que nulle part de tels projets ne soient imposés à un territoire. C’est le seul moyen de tenter de s’extraire du destin mortifère qui est promis au vivant. »
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