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MEDIAS REVUES BLOGS
 Tristan Nitot
Sur la technologie, l'Internet et les libertés numériques

StandBlog

Publié le 01.10.2026 à 15:39

En vrac de septembre 2026

L’IA, une bulle ?

À propos de transition écologique

À propos de l’IA

  • Les IA médicales génèrent des erreurs dans les diagnostics et les noms de médicaments. Le pire, c’est que le titre parle d‘“IA médicales” alors qu’il s’agit de logiciels de transcription par reconnaissance vocale. C’est à dire des systèmes “relativement simples” par rapport à des logiciels de diagnostics ou des LLM.
  • L’accélération du temps, de l’excellent Zythom sur l’IA. Et on apprend qu’il ferme son blog ;
  • Points de repère sur l’empreinte eau des data centers - de quoi parle t’on ? quand ? comment ? combien ? Un un article de Bruno Petit qui fait le point sur ce sujet.
  • 3 promeneurs novices suivent les instruction de l’IA (Gemini) et ça manque de mal finir. Ayant ignoré les recommandations des Rangers, l’un des trois s’est blessé et ils ont passé la nuit en altitude, sans équipement, ils ont été récupérés par les secours. On se souviendra de cette vidéo, où 2 randonneuses ont évité le pire alors qu’elles suivaient une carte de rando créée par ChatGPT. Il existe une liste plus complète ;
  • L’onanisme des utilisateurs de chatbots. C’est outré, mais c’est drôle ! “De plus en plus d’artistes professionnels se plaignent : plutôt que d’avoir des instructions claires, les clients leur envoient des « idées » générées par IA. Et les artistes doivent deviner ce que veulent leurs clients. Le chatbot, c’est comme la masturbation : pratiquez-le seul ou dans un cercle restreint d’adultes consentants. Jamais en public. Jamais en présence de personnes non consentantes. Jamais dans un cadre professionnel.”
  • La Cybersecurity & Infrastructure Security Agency (USA) accuse les IA chinoises de vol à échelle industrielle des IA américaines. Quand on sait à quel point ces mêmes IA américaines ont pillé le copyright, ça rappelle bigrement une histoire de d’hôpital et de charité, non ?
  • US military had close call after using AI for false intelligence report. Autrement dit, en français, une action militaire a été commencée dans le détroit d’Ormuz, où l’armée américaine a lancé des bateaux et des avions pour arraisonner un cargo chinois parce qu’il aurait transporté du matériel nucléaire. Alors que les avions avaient déjà décollé, le commandement a eu un doute et a vérifié les informations. Il s’agissait d’un rapport erroné rédigé par une IA utilisée dans la chaîne de commandement. L’opération a été annulée à la dernière seconde. Tribune dans The Guardian par Timnit Gebru et Emily M Bender ;
  • Nvidia a multiplié ses émissions de GES par 8 en 6 ans et se garde bien de le dire ;
  • Indispensable : Felony Bench, le graphique mis à jour régulièrement qui montre quel LLM fait le plus de trucs illégaux (parce que la boite qu’il l’a créé fait n’importe quoi) ! On vit une époque formidable ;
  • On complètera le lien ci-dessus par isAIprofitable.com, qui liste combien les (grosses) boites ont dépensé et combien elles ont gagné. Sans surprise, ce sont les vendeurs de pelle qui font fortune (allusion à la ruée vers l’or où presque tout le monde a perdu de l’argent sauf les vendeurs de pelles) ;
  • Google annonce son projet de datacenter IA dans l’espace. Les lois de la physique sont les mêmes pour tout le monde, mais au moins Google le fait de façon didactique et presque humble (ça nous change du technofasciste qui fait des bagnoles à piles, vous savez celles qui passe de 0 à 1942 en 5 secondes…). Leurs vidéos sont intéressantes et adressent l’intérêt d’avoir de l’énergie solaire gratuite, 5 à 8 fois plus que sur Terre si on utilise une “Dawn-to-dusk orbit” (qui passe par les deux pôles, en s’assurant d’être toujours au soleil). Ils restent très flous sur le refroidissement (la taille des radiateurs devra probablement être immense) et sur la solidité et la durée de vie des panneaux solaires. Sur les rayonnements, leurs tests affirment que pour l’instant, ils devraient voir leurs TPU (les GPU maison) tenir 5 ans. Par contre, il passent entièrement sous silence l’empreinte des lancements et la durée de vie du satellite. On notera qu’ils envisagent de faire des clusters de satellites qui vont communiquer entre eux par rayons laser. Mais comment vont-ils communiquer avec la Terre ? Et compte tenu de leurs limites, vont-ils servir à de l’entraînement ou à de l’inférence ? Pas de précision encore…
  • Impact environnementaux de l’IA : nouvelle étude de GreenIT feat. Fred Bordage (forcément !) et James Martin ;
  • L’IA n’est pas une solution vers plus de sobriété explique Lou Welgryn de Data For Good à Libération. Et je crois qu’elle a clairement raison. Mais il y a toujours des exceptions à la règle, et le lien ci-dessous en est la preuve :
  • Microsoft agentically ports Copilot runtime to Rust for $120K. Pour 120 000 $, Microsoft a fait réécrire par un ingénieur et des agents IA le runtime de Copilot. Les 430 000 lignes de TypeScript ont été réécrites en 800 000 lignes de langage Rust (un langage sécurisé et optimisé inventé par Mozilla). Sur certains tests, on voit que le système tourne 16 fois plus vite et niveau mémoire on a vu une réduction de facteur 11. Après, il faut faire attention à 2 choses : 1 - rien n’indique que les gains de performance communiqués soient représentatifs de la réalité. Dans l’IA, le storytelling n’est jamais loin… 2 - qui dit amélioration des performances convoque (probablement) l’effet rebond (quand un outil consomme moins, on se met à le déployer partout et au final l’ensemble consomme plus qu’avant). Article d’origine par Github (oui, c’est en rapport avec EROOM) ;

Très en vrac


Publié le 10.09.2026 à 12:43

Les vacances furent bonnes ?

Vallée du Lot, juillet 2026 : la rivière et un espace où l'herbe est brulée

Les vacances furent bonnes ?

C’est la question que tout le monde pose à tout le monde. C’est normal, c’est la rentrée. Sauf que j’ai passé des vacances de merde. Et je me retrouve donc face à une alternative : soit je mens et je dis “très bien, et toi ?” et on passe à autre chose, soit je dis la vérité et j’étale ma colère.

Manque de bol pour les gens dont je suis proche, avec lesquels j’ai une relation franche, j’ai tendance, avec eux, à opter pour la 2e solution. Mais pourquoi ai-je passé des vacances pourries ?

C’est simple, la première vague de chaleur, avant même l’été, m’a mis en rogne. Ce qu’il faut savoir, c’est que d’une part je ne supporte pas la chaleur et d’autre part mon appartement monte rapidement en température. Je n’habite pas sous les toits (spéciale dédicace à Yann Barthès qui aurait mieux fait de se taire), mais c’est tout comme. Franchement, une vague de chaleur si tôt dans l’année, ça augurait mal. Et ça s’est confirmé : les vagues de chaleur, les canicules, se sont accumulées. La sécheresse s’est installée, et c’était visible au quotidien. On battait des records de température, des records de durée presque quotidiennement. Par dessus ça, les multiples feux de forêts nous ont tenu en haleine. Ça n’est pas juste qu’il faisait beaucoup trop chaud, mais des villages, des maisons, des campings étaient menacés et disparaissaient.

Là dessus, j’ai du annuler mon voyage à vélo prévu en Bretagne. On avait pourtant choisi la Bretagne précisément pour éviter la chaleur. C’était loupé. Alors on a décidé de faire plus court, avec moins de kilomètres et en Normandie à la place. Encore loupé. Nous avons eu le droit à la canicule et fait de ce fait beaucoup moins de kilomètres que prévu. Il y a eu des fois où, avec 35°C et un vélo chargé de bagages et un soleil de plomb, je ne pouvais juste pas pédaler (cardio dans le rouge), et donc obligé de pousser le vélo pendant plusieurs kilomètres. Pas exactement des vacances de rêve.

En fait, c’était pénible, mais c’était amplifié par deux choses. La première, c’est la solastalgie, la souffrance de voir s’abimer des endroits que j’aime, et donc de devoir en faire le deuil.

La deuxième chose qui s’est combinée et a amplifié la douleur, c’est que ça fait des années que j’aborde ces sujets, que j’ai fait évoluer ma carrière dans ce sens. Il y a quelques années, juste après le COVID, j’ai cru que les gens allaient enfin s’intéresser au sujet du changement climatique et des limites planétaires. En 2026, il est devenu clair que ça n’avait été qu’une mode, forcément passagère, et qu’on était revenu comme avant à prôner la croissance infinie dans notre monde fini, il faut dire que l’IA, c’est beaucoup plus excitant que l’écologie. Bref, j’ai aussi du faire le deuil de ma capacité à pousser l’écologie dans mon métier et dans les entreprises. Et franchement, le deuil, c’est super pénible.

Voilà pourquoi j’ai passé des vacances de merde. Alors, si vous me posez la question, sachez que je pourrais bien vous raconter tout ça. Ou vous envoyer lire cet article sur le Standblog ?

À lire aussi sur le même sujet


Publié le 31.08.2026 à 17:30

L'économie de la solitude

Lecture super intéressante de cette interview de Paul Klotz, essayiste : « La solitude est devenue une ressource délibérément recherchée et exploitée par les acteurs du numérique ».

En substance, pour maximiser leurs revenus, basés sur la publicité ciblée, les réseaux sociaux (mais pas que, les Youtube et Tiktok & co aussi) ont compris qu’il fallait que les gens restent scotchés à leurs écrans le plus possible, pour consommer le plus de pub possible. C’est ce qu’on a appelé l’économie de l’attention. Comme cela fonctionne sur la captation de données personnelles (plus on capte de données personnelles, plus on sait ce qui vous intéresse et plus vous cliquez sur les pubs), on a aussi appelé cela le capitalisme de surveillance. Des astuces pour vous garder captif, comme le scroll infini ont été développées. Au final, cela crée une addiction, et c’est bon pour les affaires (mais pas pour les gens). Et plus on subit cette addiction, plus on est dans la solitude. Miracle du capitalisme, on peut faire plus de business avec les gens souffrant de solitude (qui empire à cause des réseaux sociaux) : on leur vend plus de choses en ligne pour alléger leur misère, et maintenant, avec l’IA, on peut aussi leur vendre des compagnons virtuels (des genres d’amis imaginaires, mais à base d’IA). Mais Paul Klotz l’explique mieux que moi (j’ai ajouté le gras) :

Extraits :

Je définis le « capitalisme de la solitude » comme un système économique dans lequel la solitude est passée du statut de phénomène non intentionnel à celui de ressource délibérément recherchée et exploitée. Il est principalement le fait des acteurs du numérique dont les services produisent de la solitude, l’entretiennent et en tirent profit, notamment avec les réseaux sociaux ou les « compagnons IA ». Ce système n’est pas le fruit du hasard ou des circonstances : même s’il est formellement impossible d’établir une intentionnalité, plusieurs indices convergents démontrent qu’il y a un intérêt économique à la création et à l’alimentation de l’isolement. Le modèle économique des plateformes, on le sait, repose sur le temps d’usage de l’utilisateur. Plus il passe de temps à surfer et à scroller sur un réseau, plus il livre de données personnelles qui seront revendues à des annonceurs voulant acheter son attention. Or, pour maximiser ce temps d’usage, il faut mettre en place des mécanismes addictifs qui éloignent l’utilisateur de ses sociabilités réelles. Ainsi, le premier maillon du système produit de l’isolement, puisque l’utilisateur est littéralement captivé : à mesure qu’il scrolle, ses compétences relationnelles s’atrophient, et le coût de sortie de la plateforme devient de plus en plus élevé. Ensuite, une personne seule a davantage de valeur sur le « marché de l’attention », et cela pour deux raisons : elle produit un volume de préférences plus dense, donc davantage d’annonceurs se la disputent, et son isolement prédit également une consommation matérielle future plus grande. L’utilisateur seul est donc celui qui génère le plus de revenus pour la plateforme. Enfin, troisième canal : la tech vend des services payants contre la solitude, promettant aux utilisateurs de sortir de l’isolement qu’elle a elle-même créé. C’est le rôle des applications de rencontre, des sites pour se faire des amis, ou plus récemment des compagnons IA, ces agents conversationnels spécifiquement conçus pour créer et entretenir des relations affectives. Le fonctionnement de ces « compagnons », dont le modèle économique repose sur l’aspiration d’un maximum de données de l’utilisateur, est élaboré pour créer un véritable verrou émotionnel dont il est difficile de sortir. L’impact est considérable : aux Etats-Unis, 20 % des adolescents disent préférer passer du temps avec une intelligence artificielle (IA) plutôt qu’avec un camarade. En France, selon le Baromètre du numérique − cité dans une note du Crédoc de juin intitulée « L’IA émotionnelle, un ami qui vous veut du bien ? » −, 23 % des moins de 40 ans disent recourir à une IA comme « soutien psychologique », « ami », ou « amoureux ».


Publié le 31.08.2026 à 16:56

En vrac de juillet aout 2026

Complètement en vrac

À propos d’un autre numérique

À propos de vélo

À propos de l’IA

À propos d’EROOM

À propos de Vélorutopia


Publié le 29.06.2026 à 11:24

En vrac de juin 2026

Des nouvelles de l’IA

Faire de la meilleure informatique

En vrac

Des nouvelles de mon égo


Publié le 31.05.2026 à 20:22

En vrac de Mai 2026

En Vrac

  • Je découvre avec plaisir la notion de Hopepunk, “un sous-genre des littératures de l’imaginaire, qui est conçu comme l’opposé des dystopies des sous-genres grimdarket cyberpunk. Les œuvres de ce sous-genre traitent de personnages qui luttent pour un changement positif, en coopérant avec une solidarité et une bienveillance radicales pour apporter des solutions communautaires aux problèmes.” Ma nouvelle Vélorutopia pourrait-elle être qualifiée de Hopepunk ? Pourquoi pas !
  • Les médias sociaux n’en sont plus, ou comment nous sommes passés d’un numérique qui pouvait maintenir du lien (en échangeant sur les médias sociaux avec nos proches) en endroits où on consomme du contenu créé par des influenceurs et des célébrités. Je me permets de citer les mots éternels du grand Georges Abitebol : “Monde de merde”. (vidéo).
  • Sous la pression des algorithmes : quand contrôler les pauvres les conduit à renoncer à leurs droits. Il explique, à propos des allocations familiales : “Les familles monoparentales représentent ainsi 36% des contrôles à domicile, alors qu’elles ne constituent que 16% des foyers allocataires. La logique est circulaire : la précarité engendre l’instabilité des déclarations, l’instabilité engendre les erreurs, les erreurs engendrent les contrôles, les contrôles engendrent les sanctions. Et la boucle se referme sur celles et ceux qude la CNAF est censée protéger. (…) Conséquence : une partie des personnes concernées préfèrent désormais renoncer à leurs droits plutôt qu’à les faire valoir.” Lien trouvé via Hubert Guillaud qui le mentionne : Fraude sociale : l’industrialisation de la chasse aux pauvres continue.
  • J’apprends avec tristesse le décès de Pierre Ficheux, pilier du libre francophone et de l’embarqué…
  • Article passionnant mais malheureusement réservé aux abonnés du Monde : À Caen, la montée des eaux oblige à inventer un quartier démontable dans cinquante ans.
  • Rapport de l’association Parlons Climat qui est fascinant. Leur objectif : étudier “Quelles propositions font gagner ou perdre des voix lorsqu’un électeur choisit entre deux candidats ?”. Information clé : > Le climatoscepticisme assumé fait perdre des voix dans tous les électorats. Sur les enjeux de transition proposer de supprimer les mesures existantes car le changement climatique n’est pas de notre fait recueille 44,4% des choix au global, 40,0% au NFP, 41,5% au centre, 46,7% chez les LR et 47,3% au RN. Dans le même temps, Accélérer au-delà des mesures existantes est gagnant dans toutes les familles politiques, RN compris (51,0%).”

À propos de l’IA

IA illimitée : le début de la fin

Résilience

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