StandBlog
Publié le 01.10.2026 à 15:39
L’IA, une bulle ?
- J’ai découvert sur Mastodon @UnePorte@eldricht.cafe aka Agate Blue, qui réfléchit et écrit sur les conséquences d’une bulle financière liée à l’IA. Quelques liens intéressants :
- La première bulle de l’IA [2022-2026] (billet de blog du 3 juin 2026) ;
- La première bulle de l’IA, point d’étape n°1, un point sur ses prévisions publiées 40 jours plus tôt ;
- Une très longue réponse à la question La bulle IA va-t-elle éclater ? sous forme de fil de discussion Mastodon.
- Si l’IA est une bulle spéculative (c’est probable), quels points communs a-t-elle avec celle des Subprimes ? Frédéric Lordon l’explique, et c’est très didactique (ce qui n’en fait pas une certitude) ;
- Oracle explique qu’il va retarder son projet de datacenter IA au Nouveau Mexique, pour lequel il a emprunté 18 milliards de dollars. Gillo Malpart, sur LinkedIn explique que ça ne sent pas bon.
À propos de transition écologique
- Installer des panneaux photo-voltaïques dans un foyer pousse les voisin à réduire leur consommation électrique et à adopter des véhicules électriques explique une étude suisse. Comme si installer de tels panneaux faisait “tâche d’huile” socialement. ;
- The Rules of the Game Keep Us Trapped with Greg Elliott, un épisode qui tourne autour du livre de Greg Elliott The Psychopathic Selection Hypothesis, et qui évoque les propos de Cyril Dion : “ce n’est pas un problème de personne, c’est un problème de jeu. Et aujourd’hui, nous avons besoin de changer de jeu.”
- Plus de 8 000 morts pendant les canicules : « C’est le résultat de réactions politiques trop lentes et d’un manque d’adaptation » ;
À propos de l’IA
- Les IA médicales génèrent des erreurs dans les diagnostics et les noms de médicaments. Le pire, c’est que le titre parle d‘“IA médicales” alors qu’il s’agit de logiciels de transcription par reconnaissance vocale. C’est à dire des systèmes “relativement simples” par rapport à des logiciels de diagnostics ou des LLM.
- L’accélération du temps, de l’excellent Zythom sur l’IA. Et on apprend qu’il ferme son blog ;
- Points de repère sur l’empreinte eau des data centers - de quoi parle t’on ? quand ? comment ? combien ? Un un article de Bruno Petit qui fait le point sur ce sujet.
- 3 promeneurs novices suivent les instruction de l’IA (Gemini) et ça manque de mal finir. Ayant ignoré les recommandations des Rangers, l’un des trois s’est blessé et ils ont passé la nuit en altitude, sans équipement, ils ont été récupérés par les secours. On se souviendra de cette vidéo, où 2 randonneuses ont évité le pire alors qu’elles suivaient une carte de rando créée par ChatGPT. Il existe une liste plus complète ;
- L’onanisme des utilisateurs de chatbots. C’est outré, mais c’est drôle ! “De plus en plus d’artistes professionnels se plaignent : plutôt que d’avoir des instructions claires, les clients leur envoient des « idées » générées par IA. Et les artistes doivent deviner ce que veulent leurs clients. Le chatbot, c’est comme la masturbation : pratiquez-le seul ou dans un cercle restreint d’adultes consentants. Jamais en public. Jamais en présence de personnes non consentantes. Jamais dans un cadre professionnel.”
- La Cybersecurity & Infrastructure Security Agency (USA) accuse les IA chinoises de vol à échelle industrielle des IA américaines. Quand on sait à quel point ces mêmes IA américaines ont pillé le copyright, ça rappelle bigrement une histoire de d’hôpital et de charité, non ?
- US military had close call after using AI for false intelligence report. Autrement dit, en français, une action militaire a été commencée dans le détroit d’Ormuz, où l’armée américaine a lancé des bateaux et des avions pour arraisonner un cargo chinois parce qu’il aurait transporté du matériel nucléaire. Alors que les avions avaient déjà décollé, le commandement a eu un doute et a vérifié les informations. Il s’agissait d’un rapport erroné rédigé par une IA utilisée dans la chaîne de commandement. L’opération a été annulée à la dernière seconde. Tribune dans The Guardian par Timnit Gebru et Emily M Bender ;
- Nvidia a multiplié ses émissions de GES par 8 en 6 ans et se garde bien de le dire ;
- Indispensable : Felony Bench, le graphique mis à jour régulièrement qui montre quel LLM fait le plus de trucs illégaux (parce que la boite qu’il l’a créé fait n’importe quoi) ! On vit une époque formidable ;
- On complètera le lien ci-dessus par isAIprofitable.com, qui liste combien les (grosses) boites ont dépensé et combien elles ont gagné. Sans surprise, ce sont les vendeurs de pelle qui font fortune (allusion à la ruée vers l’or où presque tout le monde a perdu de l’argent sauf les vendeurs de pelles) ;
- Google annonce son projet de datacenter IA dans l’espace. Les lois de la physique sont les mêmes pour tout le monde, mais au moins Google le fait de façon didactique et presque humble (ça nous change du technofasciste qui fait des bagnoles à piles, vous savez celles qui passe de 0 à 1942 en 5 secondes…). Leurs vidéos sont intéressantes et adressent l’intérêt d’avoir de l’énergie solaire gratuite, 5 à 8 fois plus que sur Terre si on utilise une “Dawn-to-dusk orbit” (qui passe par les deux pôles, en s’assurant d’être toujours au soleil). Ils restent très flous sur le refroidissement (la taille des radiateurs devra probablement être immense) et sur la solidité et la durée de vie des panneaux solaires. Sur les rayonnements, leurs tests affirment que pour l’instant, ils devraient voir leurs TPU (les GPU maison) tenir 5 ans. Par contre, il passent entièrement sous silence l’empreinte des lancements et la durée de vie du satellite. On notera qu’ils envisagent de faire des clusters de satellites qui vont communiquer entre eux par rayons laser. Mais comment vont-ils communiquer avec la Terre ? Et compte tenu de leurs limites, vont-ils servir à de l’entraînement ou à de l’inférence ? Pas de précision encore…
- Impact environnementaux de l’IA : nouvelle étude de GreenIT feat. Fred Bordage (forcément !) et James Martin ;
- L’IA n’est pas une solution vers plus de sobriété explique Lou Welgryn de Data For Good à Libération. Et je crois qu’elle a clairement raison. Mais il y a toujours des exceptions à la règle, et le lien ci-dessous en est la preuve :
- Microsoft agentically ports Copilot runtime to Rust for $120K. Pour 120 000 $, Microsoft a fait réécrire par un ingénieur et des agents IA le runtime de Copilot. Les 430 000 lignes de TypeScript ont été réécrites en 800 000 lignes de langage Rust (un langage sécurisé et optimisé inventé par Mozilla). Sur certains tests, on voit que le système tourne 16 fois plus vite et niveau mémoire on a vu une réduction de facteur 11. Après, il faut faire attention à 2 choses : 1 - rien n’indique que les gains de performance communiqués soient représentatifs de la réalité. Dans l’IA, le storytelling n’est jamais loin… 2 - qui dit amélioration des performances convoque (probablement) l’effet rebond (quand un outil consomme moins, on se met à le déployer partout et au final l’ensemble consomme plus qu’avant). Article d’origine par Github (oui, c’est en rapport avec EROOM) ;
Très en vrac
- Firefox 155 Adds 2 New Changes for Faster Web Browsing. “Apart from being faster, Firefox 155 is also the only non-Chromium browser that supports uBlock Origin, as Google removed it entirely yesterday.” Bref, si vous voulez un bloqueur de pub, passez à Firefox !
- Meta verse 18 milliards de dollars pour s’éviter un procès : « Un petit accord de façade » explique Bastien Le Querrec, juriste à La Quadrature du Net (réservé aux abonnés, malheureusement). Pourquoi “petit” ? Parce que les plaignants lui réclamaient au total 200 milliards de dollars au départ ! Bastien continue : “le problème à la base de cette affaire, c’est quand même les algorithmes de recommandation, qui ne sont absolument pas remis en question par cet accord. Il y a malgré tout quelques bonnes choses dans cet accord, comme les « likes » qui vont être masqués, ce qui va limiter la viralité. Mais, encore une fois, comment les masquer ? Comment savoir qu’on est en présence d’un mineur ? Je ne vois rien d’efficace dans cet accord. On ne remet pas en question le modèle économique, on ne fait rien sur l’accompagnement des victimes, rien sur la prévention et sur l’éducation.”
- BonPote.com sort un livre : Le RN contre les français ;
- Marre des mauvaises nouvelles : cultivez l’espoir avec le philosophe Ernst Bloch par la philosophe Laurence Devillairs ;
- ‘Security by antiquity’: Why older tech is sometimes safer from hackers ;
- FTC to File Lawsuit Alleging Amazon Deceived Advertisers. On estime qu’Amazon a surfacturé les annonceurs qui passaient de la pub sur son site, de l’ordre de plusieurs milliards de dollars en quelques années, en truquant les enchères électroniques pour l’espace publicitaire ;
Publié le 10.09.2026 à 12:43

Les vacances furent bonnes ?
C’est la question que tout le monde pose à tout le monde. C’est normal, c’est la rentrée. Sauf que j’ai passé des vacances de merde. Et je me retrouve donc face à une alternative : soit je mens et je dis “très bien, et toi ?” et on passe à autre chose, soit je dis la vérité et j’étale ma colère.
Manque de bol pour les gens dont je suis proche, avec lesquels j’ai une relation franche, j’ai tendance, avec eux, à opter pour la 2e solution. Mais pourquoi ai-je passé des vacances pourries ?
C’est simple, la première vague de chaleur, avant même l’été, m’a mis en rogne. Ce qu’il faut savoir, c’est que d’une part je ne supporte pas la chaleur et d’autre part mon appartement monte rapidement en température. Je n’habite pas sous les toits (spéciale dédicace à Yann Barthès qui aurait mieux fait de se taire), mais c’est tout comme. Franchement, une vague de chaleur si tôt dans l’année, ça augurait mal. Et ça s’est confirmé : les vagues de chaleur, les canicules, se sont accumulées. La sécheresse s’est installée, et c’était visible au quotidien. On battait des records de température, des records de durée presque quotidiennement. Par dessus ça, les multiples feux de forêts nous ont tenu en haleine. Ça n’est pas juste qu’il faisait beaucoup trop chaud, mais des villages, des maisons, des campings étaient menacés et disparaissaient.
Là dessus, j’ai du annuler mon voyage à vélo prévu en Bretagne. On avait pourtant choisi la Bretagne précisément pour éviter la chaleur. C’était loupé. Alors on a décidé de faire plus court, avec moins de kilomètres et en Normandie à la place. Encore loupé. Nous avons eu le droit à la canicule et fait de ce fait beaucoup moins de kilomètres que prévu. Il y a eu des fois où, avec 35°C et un vélo chargé de bagages et un soleil de plomb, je ne pouvais juste pas pédaler (cardio dans le rouge), et donc obligé de pousser le vélo pendant plusieurs kilomètres. Pas exactement des vacances de rêve.
En fait, c’était pénible, mais c’était amplifié par deux choses. La première, c’est la solastalgie, la souffrance de voir s’abimer des endroits que j’aime, et donc de devoir en faire le deuil.
La deuxième chose qui s’est combinée et a amplifié la douleur, c’est que ça fait des années que j’aborde ces sujets, que j’ai fait évoluer ma carrière dans ce sens. Il y a quelques années, juste après le COVID, j’ai cru que les gens allaient enfin s’intéresser au sujet du changement climatique et des limites planétaires. En 2026, il est devenu clair que ça n’avait été qu’une mode, forcément passagère, et qu’on était revenu comme avant à prôner la croissance infinie dans notre monde fini, il faut dire que l’IA, c’est beaucoup plus excitant que l’écologie. Bref, j’ai aussi du faire le deuil de ma capacité à pousser l’écologie dans mon métier et dans les entreprises. Et franchement, le deuil, c’est super pénible.
Voilà pourquoi j’ai passé des vacances de merde. Alors, si vous me posez la question, sachez que je pourrais bien vous raconter tout ça. Ou vous envoyer lire cet article sur le Standblog ?
À lire aussi sur le même sujet
- Les limites planétaires et l’IA (2024) ;
- Pourquoi ne fait-on rien face aux enjeux écologiques ?, l’explication imparable de Cyril Dion (2025) ;
- Le Syndrome de Pénélope (2007) ;
- Dr Jekyll, le syndrome de Pénélope et le climat (2009) ;
- 7 milliards de surendettés (2003) ;
Publié le 31.08.2026 à 17:30
Lecture super intéressante de cette interview de Paul Klotz, essayiste : « La solitude est devenue une ressource délibérément recherchée et exploitée par les acteurs du numérique ».
En substance, pour maximiser leurs revenus, basés sur la publicité ciblée, les réseaux sociaux (mais pas que, les Youtube et Tiktok & co aussi) ont compris qu’il fallait que les gens restent scotchés à leurs écrans le plus possible, pour consommer le plus de pub possible. C’est ce qu’on a appelé l’économie de l’attention. Comme cela fonctionne sur la captation de données personnelles (plus on capte de données personnelles, plus on sait ce qui vous intéresse et plus vous cliquez sur les pubs), on a aussi appelé cela le capitalisme de surveillance. Des astuces pour vous garder captif, comme le scroll infini ont été développées. Au final, cela crée une addiction, et c’est bon pour les affaires (mais pas pour les gens). Et plus on subit cette addiction, plus on est dans la solitude. Miracle du capitalisme, on peut faire plus de business avec les gens souffrant de solitude (qui empire à cause des réseaux sociaux) : on leur vend plus de choses en ligne pour alléger leur misère, et maintenant, avec l’IA, on peut aussi leur vendre des compagnons virtuels (des genres d’amis imaginaires, mais à base d’IA). Mais Paul Klotz l’explique mieux que moi (j’ai ajouté le gras) :
Extraits :
Je définis le « capitalisme de la solitude » comme un système économique dans lequel la solitude est passée du statut de phénomène non intentionnel à celui de ressource délibérément recherchée et exploitée. Il est principalement le fait des acteurs du numérique dont les services produisent de la solitude, l’entretiennent et en tirent profit, notamment avec les réseaux sociaux ou les « compagnons IA ». Ce système n’est pas le fruit du hasard ou des circonstances : même s’il est formellement impossible d’établir une intentionnalité, plusieurs indices convergents démontrent qu’il y a un intérêt économique à la création et à l’alimentation de l’isolement. Le modèle économique des plateformes, on le sait, repose sur le temps d’usage de l’utilisateur. Plus il passe de temps à surfer et à scroller sur un réseau, plus il livre de données personnelles qui seront revendues à des annonceurs voulant acheter son attention. Or, pour maximiser ce temps d’usage, il faut mettre en place des mécanismes addictifs qui éloignent l’utilisateur de ses sociabilités réelles. Ainsi, le premier maillon du système produit de l’isolement, puisque l’utilisateur est littéralement captivé : à mesure qu’il scrolle, ses compétences relationnelles s’atrophient, et le coût de sortie de la plateforme devient de plus en plus élevé. Ensuite, une personne seule a davantage de valeur sur le « marché de l’attention », et cela pour deux raisons : elle produit un volume de préférences plus dense, donc davantage d’annonceurs se la disputent, et son isolement prédit également une consommation matérielle future plus grande. L’utilisateur seul est donc celui qui génère le plus de revenus pour la plateforme. Enfin, troisième canal : la tech vend des services payants contre la solitude, promettant aux utilisateurs de sortir de l’isolement qu’elle a elle-même créé. C’est le rôle des applications de rencontre, des sites pour se faire des amis, ou plus récemment des compagnons IA, ces agents conversationnels spécifiquement conçus pour créer et entretenir des relations affectives. Le fonctionnement de ces « compagnons », dont le modèle économique repose sur l’aspiration d’un maximum de données de l’utilisateur, est élaboré pour créer un véritable verrou émotionnel dont il est difficile de sortir. L’impact est considérable : aux Etats-Unis, 20 % des adolescents disent préférer passer du temps avec une intelligence artificielle (IA) plutôt qu’avec un camarade. En France, selon le Baromètre du numérique − cité dans une note du Crédoc de juin intitulée « L’IA émotionnelle, un ami qui vous veut du bien ? » −, 23 % des moins de 40 ans disent recourir à une IA comme « soutien psychologique », « ami », ou « amoureux ».
Publié le 31.08.2026 à 16:56
Complètement en vrac
- Citation du moment : “Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. “, par Jacques Prévert, remise au goût du jour par Jean-Louis Trintignant dans une version très légèrement différente : “Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple”.
- Grace à Bonpote, je découvre le Global Justice Report, un plan pour l’égalité et la prospérité dans le respect des limites planétaires (un sujet qui me passionne !). Voir aussi (si vous avez un abonnement au Monde Les ambitieuses pistes du laboratoire codirigé par Thomas Piketty pour réduire les inégalités mondiales tout en limitant le réchauffement climatique.
- Canicule : le fonds vert, destiné à l’adaptation au réchauffement climatique, a été divisé par trois en trois ans ;
- Se compter pour peser, un genre de pétition (non nominative) pour déclarer comment on est touché par les canicules et pour peser dans le débat public. Proposée par L’affaire du Siècle.
- J’ai plus d’un mois de retard, mais peu importe : l’application Cartes.app est sortie en 1.0 bêta ;
À propos d’un autre numérique
- Le CNRS tourne le dos à Microsoft et compagnie pour du numérique souverain, qui lui fait gagner de l’argent ;
- Je le mets ici pour ne pas le perdre : Hérétique, une “organisation convaincue qu’un autre numérique est possible”, avec d’intéressantes pensées ;
- Reprenons ensemble le contrôle de nos outils numériques en devenant sociétaires de LaSuite.coop ;
- La solitude est une ressource délibérément recherchée et exploitée par les acteurs du numérique ;
- [Réservé aux abonnés] « Je voulais créer un espace de compassion » : rencontre avec Tim Berners-Lee, l’inventeur du Web. «Il est encore possible de développer des choses pour le bien de l’humanité plutôt que pour le profit. »
- EuroCommons : un des remparts de l’Europe face à la colonisation numérique. Cela fait plaisisr que ce compte, pour l’instant sous pseudonyme sous le nom de “Souverain”, aborde la problématique des communs numériques et leur apport à l’autonomie stratégique.
À propos de vélo
- Combien j’économise (d’Euros et de CO2) à vélo ?
- Voyager en train avec son vélo ;
- “À la Dérive” : un festival itinérant à vélo au cœur des campagnes : se déplacer de lieu en lieu à vélo, mais aussi alimenter l’événement en électricité en pédalant !
À propos de l’IA
- Un article passionnant : How I built a GPU backend for Emacs. Emacs est un éditeur de texte et très ancien projet de logiciel libre (datant du début des années 1970 !), développé par Richard M. Stallman lui-même et première pierre du projet GNU. Initié il y a longtemps, bien avant l’arrivée des GPU (processeurs graphiques), il ne tire pas profit de la puissance des ces puces, pourtant dédiées à l’affichage. L’auteur de l’article, Andros Fenollosa, se dit qu’il faudrait remédier à cela, parce que c’est dommage de ne pas utiliser la puissance des GPU. Mais cela demande une grosse réécriture d’Emacs. Andros se décide à utiliser l’IA générative pour cela. Finalement, il arrive à ses fins, mais il apprend des mainteneurs d’Emacs que toute contribution générée par IA est refusée par les mainteneurs pour une question de principe. Niveau performance, c’est quasiment identique sur un écran d’ordinateur portable, mais sur des écrans 4K, c’est jusqu’à 12 fois plus rapide en GPU qu’en CPU, sur certaines opérations. Mais au final, le jeu en vaut-il la chandelle ? Pas sûr du tout… Mais l’intérêt, c’est d’alimenter le storytelling de l’IA qui change tout.
- « Les médias, c’est le meilleur endroit où mettre de l’IA », ou comment un type rachète des titres de presse (Le Monde Informatique, Le Nouvel Économiste, Le Revenu, etc.) alors qu’ils sont ****« en redressement judiciaire, sans reprendre la moindre dette »****. Et après, il remplace les journalistes par des IA et des prestataires en Tunisie. Dommage que cet article soit réservé aux abonnés, mais il montre le travail de fond des journalistes de Next.ink. Faut-il encore préciser qu’une démocratie en bonne santé a besoin d’une presse en bonne santé elle aussi ? Et relire sans cesse Hanna Arendt ;
- Aux Etats-Unis, une opposition grandissante à Flock, un réseau de 120 000 caméras qui identifient les voitures (article réservé aux abonnés). Un cas d’école : une entreprise privée met en place plus de 120 000 caméras de surveillance de la voie publique. Mais voilà : on réalise que certains policiers l’utilisent pour surveiller leurs ex ou leurs compagnes. Et puis il y a le comportement de la police de l’immigration, ICE, qui met tout le monde sous tension. Le problème existe depuis longtemps (j’ai écris un livre en 2015 sur le sujet), mais cela devient un problème plus prégnant aujourd’hui, avec la politique américaine, la baisse du prix du matériel électronique et l’augmentation des capacités de traitement et de reconnaissance d’image (avec des technologies proches de l’IA). La résistance est en marche, auto-organisée sur Internet ;
- Cory Doctorow sort un nouveau livre : The Reverse Centaur’s Guide to Life After AI: How to Think About Artificial Intelligence Before It’s Too Late. Deux articles à ce sujet : the real price of artificial intelligence dans The Guardian et How to burst the AI bubble: Strike at its roots dans Ars Technica. Il y reprend la brillante analogie du centaure inversé.
- Google et Amazon annoncent une forte augmentation de leurs émissions de gaz à effet de serre, liée à l’IA . “Les émissions de Google ont bondi de 82% depuis 2019 (+18% sur la seule année écoulée), alors que la firme s’était engagée à réduire ses émissions de moitié d’ici 2030. Pour Amazon, c’est +58% sur la même période (+16% en un an), alors que le groupe a promis d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040.” Bref, ils avaient promis une réduction de leurs émissions, mais ils livrent une très forte augmentation. Merci l’IA ! (Balancer une telle info alors on termine à peine la 2e vague de chaleur de l’année, je n’ai pas de mots…). Le rapport environnemental de Google pour l’année fiscale 2026 (format PDF).
- Dans le kernel Linux, “L’afflux permanent de rapports de bugs générés par IA rend la gestion des trous de sécurité quasiment ingérable”, explique Linus Torvalds. En effet, “il y a une énorme duplication venant du fait que différentes personnes trouvent les mêmes choses avec les mêmes outils”. Version originale : “the continued flood of Al reports has basically made the security list almost entirely unmanageable, with enormous duplication due to different people finding the same things with the same tools.”
- Le Figaro titre Eau, énergie… l’impact environnemental de l’IA, un point de crispation majeur, qui me fait l’honneur de me citer.
- La distribution Debian vient de décider que le recours responsable à l’IA était acceptable. Évidemment, c’est super clivant. J’aimerais avoir le temps d’écrire sur le sujet, si important et si complexe… Edit : Next.ink vient de publier un article en français à ce sujet, Debian dit oui à l’IA et divise la communauté.
À propos d’EROOM
- Un bel exemple d’hyper-optimisation qui permet de faire tourner un modèle d’IA sur un matériel de très faible puissance, en l’occurrence un LLM de 30 millions de paramètres sur un microcontroleur Dual core 240 MHz et 512 KB SRAM interne qui vaut une douzaine d’euros à l’unité en Chine ;
- EROOM en action : un ancien ingénieur de Microsoft en a eu marre des logiciels trop gourmands, il a donc décidé de réécrire Notepad de la façon la plus compacte possible. Il a utilisé l’assembleur et délégué la plupart des tâches à Windows. Résultat, 2686 octets.
- Zéro nouveau matériel : une boussole EROOM pour une solution numérique adaptée au besoin sur le blog OCTO ;
À propos de Vélorutopia
- Lectures du mois d’août chez KAK, qui a lu ma nouvelle utopique Solar Punk intitulée Vélorutopia ;
Publié le 29.06.2026 à 11:24
Des nouvelles de l’IA
- L’excellent James Martin a publié un Tableau de choix de l’IA frugale qui permet de voir que les petits modèles consomment jusqu’à 100 fois moins d’énergie que le gros modèle Claude Opus en étant à peine moins bon. Et en plus, ils sont considérablement moins chers, voire gratuits !
- Je cite HalluWorld : “Un récent rapport de l’ONU estime que d’ici 2030, les data centers utiliseront autant d’énergie que 1,9 milliards de personnes, et consommeront autant d’eau que 1,3 milliard d’humains.” On saluera. le fait que pour cette nouvelle édition, le rapport cesse de se focaliser sur l’empreinte carbone et prend maintenant aussi en compte la consommation d’eau et l’artificialisation des sols. Ces trois métriques font partie des 9 limites planétaires.
- a German court has ruled that Google is liable for false statements in AI Overviews. Une court de justice allemande a jugé que Google était responsable des fausses informations générées par IA dans une recherche. En l’occurrence, deux éditeurs étaient traités d’escrocs par l’IA de Google dans une page du moteur de recherche. Autant Google n’est pas responsable quand il cite une page avec une information, autant d’après la justice allemande, ils le sont quand c’est l’IA qui écrit des bêtises. On notera que les deux éditeurs avaient demandé à Google de corriger cela et que ce dernier ne l’a pas fait…
- La ligne rouge est franchie : des drones 100 % autonomes dopés à l’IA ont tué des soldats sans aucune intervention humaine ;
- SpaceX market cap tops $2 trillion after shares of Elon Musk’s rocket company gain 23% on debut. L’introduction en bourse de SpaceX fait d’Elon Musk le premier humain à disposer de plus de 1000 milliards de dollars. Reste à voir si cela reste à de tels niveaux stratosphériques !
- Deepfakes : même les experts ne peuvent plus faire la différence entre fausses vidéos créées par une IA et véritables vidéos ;
- Les applications d’IA permettant de dénuder des personnes fait exploser le chantage fait aux adolescents ;
- Musk, Altman, et les autres… Comment sept milliardaires ont pris le contrôle de l’IA. Et surtout : comment allons nous rester libres et heureux si une poignées de milliardaires cyniques contrôlent la plus formidable invention de l’humanité ? Pour ceux qui croient encore en leur probité et leur altruisme, juste un rappel : Les milliardaires de la Silicon Valley conspirent pour bloquer une loi fiscale taxant les ultra-riches.
- Idée du siècle : Une IA qui fonctionne avec une manivelle (en anglais). Korben en a fait un article : CrankGPT : l’IA à manivelle qui se mérite à la force des bras. En gros, c’est une manivelle qui alimente un Raspberry Pi qui fait tourner des modèles librement disponibles. “La résistance de la manivelle augmente avec la charge de calcul, rendant physiquement plus dur de tourner quand l’IA réfléchit”. Voilà une idée que j’aurais aimé mettre dans ma nouvelle SolarPunk Vélorutopia ;
- Is AI ruining our skills? Early results are in — and they’re not good. Ce papier, on a mesuré la capacité de médecins à détecter des adénomes lors de coloscopies. Ils en détectaient 28%. Et puis on a introduit l’IA dans le processus de détection. Et on a vu le taux de détection sans IA chuter à 22%.
- Oracle licencie 21 000 personnes pour financer des datacenters IA à la place (lesquels vont abîmer l’habitabilité de la planète et promettent de pouvoir détruire de nouveaux emplois une fois construits). On marche sur la tête, là, non ? (Note : si ça se trouve, l’IA n’est qu’une excuse pour les licenciements, c’est déjà arrivé. Sauf que là, c’est une boite qui investit massivement dans la construction de datacenters).
- Europe must choose between AI and climate goals, data center lobby says. “Entre l’IA et le climat, il va falloir choisir”, explique le lobby des datacenters. Devinez ce qu’il suggère ? de faire plus d’électricité avec des énergies fossiles ! (et donc de sacrifier le climat). Ils ont choisi pile la bonne semaine pour dire une ânerie pareille… Sur le sujet, en français : Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir par l’excellente Mathilde Saliou ;
- The Tokenpocalypse Is Here: Companies Are Scrambling To Stop Spending So Much on AI ;
- C’est de l’IA, donc je ne l’ai pas lu / AI, DR ;, déjà évoquée ici, mais cette fois-ci sous la plume d’Hubert Guillaud. Il a aussi commis Data centers : une résistance populaire, qui mérite d’être lu ;
- For Most of the World, Open-Source AI Is the Only Way Forward “Proprietary AI is both too expensive and too centralized in control for most countries and companies to rely upon”. Version française : “L’IA propriétaire est trop chère et permet un contrôle trop centralisé pour que la plupart des pays et des entreprises puissent s’y fier”. L’article est basé sur une présentation de Yann LeCun à l’occasion de l’UN Open Source Week 2026 ;
- Lu chez HalluWorld : “TikTok charrie près de trois fois plus de contenus générés par IA que YouTube, d’après une étude de la solution d’édition vidéo Kapwing : 59 % des vidéos proposées à un compte tout neuf chez TikTok, contre 21 % chez son concurrent. Le pire ? La catégorie “enfants” est la plus touchée (57 %)”. What could go wrong?
- L’écrivain Julien Blanc-Gras raconte comment il a découvert un livre portant sa signature… qu’il n’a pas écrit. Vendu sur Amazon, l’ouvrage a été généré par IA.
- Le gouvernement américain exige d’approuver un par un les clients qui auront accès à l’IA GPT 5.6. Cela intervient juste après ceci : Anthropic « désactive brutalement » ses deux modèles d’IA les plus puissants, faute de pouvoir se conformer aux ordres de l’administration Trump. Voir le billet d’Anthropic à ce sujet : Statement on the US government directive to suspend access to Fable 5 and Mythos 5 ;
- Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence. Peut-être que la canicule va aider les gens à comprendre ?
- OpenAI reporterait son entrée en Bourse à 2027 : le Nasdaq dévisse pour la cinquième séance. Mais quel est le petit malin qui secoue le château de cartes qu’est le marché de l’IA ?
- C’est vieux (février 2026) mais c’est bon : The AI climate hoax, avec en particulier un graphique qui montre l’écart entre les promesses de neutralité carbone des vendeurs d’IA et la réalité. En Orange : la réalité. En pointillés verts, ce qu’ils prétendent faire en tenant compte des recours aux énergies renouvelables et autres tours de passe-passe comptables. En violet : leurs promesses. On mesure bien l’augmentation pour tous des chiffres en orange en complète opposition avec les promesses du passé. Ça serait “juste” un énorme scandale, un mensonge planétaire, s’il ne s’agissait pas d’un truc pire, l’habitabilité de la planète.

Faire de la meilleure informatique
- « Il est temps de choisir son camp » : et si on créait un label « sans IA générative » ? ;
- Internet : tout cramer pour repartir sur des bases saines, par . Pierre-Yves Gosset de Framasoft aux JdLL2026. Voici ce qu’il comptait aborder : Enshitification partout, justice nulle part… Le web part en vrille. Et nous ? On regarde faire ?. Et c’est très bon !
En vrac
- Changer le système de l’intérieur est impossible explique l’économiste Jean-Philippe Decka ;
- ‘Cet engin-là n’est pas un vélo, c’est un cyclomoteur’ : à Paris, les policiers multiplient les contrôle des fatbikes ;
- Aussi dans le journal anglais The Guardian : ‘A point of resistance’: the Normandy village that said ‘non’ to Pete Hegseth ;
- LaSuite.coop : interview d’une coopérative qui veut (elle aussi !) dégoogliser internet. LaSuite.coop reprend les communs produits par la Dinum pour les proposer à d’autres publics.
- Roger Waters & Mona Miari – Comfortably Numb Re-Imagined. Il manque la guitare de David Gilmour, mais c’est excellent !
- Banned Book Library, un hack brillant qui transforme une ampoule connectée en point d’accès permettant la diffusion en Wifi de livres électroniques (format ePub) aux appareils proches ;
- Climat : 50 ans d’alertes des scientifiques et d’immobilisme de nos dirigeants ;
- C’est très vieux (2011), mais c’est encore plus juste avec l’IA : pièges ;
- Habitabilité de la planète, un enjeu juridique majeur, comme l’expliquent Baptiste Morizot et Laurent Neyret dans cette émission de France Inter, au micro de Mathieu Vidard. “Parce qu’il est urgent de renouveler le droit de l’environnement, Baptiste Morizot et Laurent Neyret imaginent un nouveau principe cardinal à l’image de celui de « dignité», issu du procès de Nuremberg.” ;
- Canicule et climat : l’hypocrisie des décideurs, une chronique de Camille Crosnier (3 mn).
- (Réservé aux abonnés) - Christophe Cassou, climatologue : «Il faut politiser les canicules et dénoncer les défaillances des responsables » ;
- (Réservé aux abonnés) - Procès climatique : la justice demande à TotalEnergies d’intégrer les émissions de gaz à effet de serre de ses clients dans son plan de vigilance ;
- On estime que 4,5 millions d’enfants dans les pays en voie de développement vont mourir suite à la suppression du programme USAID par Musk et le DOGE. Un député américain a rappelé l’information et Musk le traîne dans la boue et menace de lui faire un procès. Il ne fait pas bon rappeler que l’homme le plus riche du monde a condamné à mort des millions d’enfants pauvres. Qu’on se rassure, en janvier dernier, “seulement” 762 000 morts étaient recensés, dont 500 000 enfants environ. Mais évidemment, ces décès prématurés continuent.
- Lisez la revue de presse de Khrys. C’est mieux que ce que je fais ! (et ça sort toutes les semaines alors que la mienne c’est tous les mois).
Des nouvelles de mon égo
- Numérique : l’ère du soin, par l’équipe de Noesya. J’y suis cité à propos d’EROOM mais l’article est excellent d’après moi, et le serait même si je n’étais pas cité !
- Clément Durand, auteur du podcast Les Dessous de l’IA m’a invité pour son épisode numéro 68. L’humanité a-t-elle les moyens de s’offrir l’IA ?. J’y reprendre les informations de ma conférence du même nom présentée à la School of Product ;
- J’étais sur le plateau de 64”, l’émission de TV5Monde avec Daria Marchenko, pour un débat sur l’IA.
- Saint-Aubin-sur-Mer. Un banc rend hommage à Philippe Nitot ;
Publié le 31.05.2026 à 20:22
En Vrac
- Je découvre avec plaisir la notion de Hopepunk, “un sous-genre des littératures de l’imaginaire, qui est conçu comme l’opposé des dystopies des sous-genres grimdarket cyberpunk. Les œuvres de ce sous-genre traitent de personnages qui luttent pour un changement positif, en coopérant avec une solidarité et une bienveillance radicales pour apporter des solutions communautaires aux problèmes.” Ma nouvelle Vélorutopia pourrait-elle être qualifiée de Hopepunk ? Pourquoi pas !
- Les médias sociaux n’en sont plus, ou comment nous sommes passés d’un numérique qui pouvait maintenir du lien (en échangeant sur les médias sociaux avec nos proches) en endroits où on consomme du contenu créé par des influenceurs et des célébrités. Je me permets de citer les mots éternels du grand Georges Abitebol : “Monde de merde”. (vidéo).
- Sous la pression des algorithmes : quand contrôler les pauvres les conduit à renoncer à leurs droits. Il explique, à propos des allocations familiales : “Les familles monoparentales représentent ainsi 36% des contrôles à domicile, alors qu’elles ne constituent que 16% des foyers allocataires. La logique est circulaire : la précarité engendre l’instabilité des déclarations, l’instabilité engendre les erreurs, les erreurs engendrent les contrôles, les contrôles engendrent les sanctions. Et la boucle se referme sur celles et ceux qude la CNAF est censée protéger. (…) Conséquence : une partie des personnes concernées préfèrent désormais renoncer à leurs droits plutôt qu’à les faire valoir.” Lien trouvé via Hubert Guillaud qui le mentionne : Fraude sociale : l’industrialisation de la chasse aux pauvres continue.
- J’apprends avec tristesse le décès de Pierre Ficheux, pilier du libre francophone et de l’embarqué…
- Article passionnant mais malheureusement réservé aux abonnés du Monde : À Caen, la montée des eaux oblige à inventer un quartier démontable dans cinquante ans.
- Rapport de l’association Parlons Climat qui est fascinant. Leur objectif : étudier “Quelles propositions font gagner ou perdre des voix lorsqu’un électeur choisit entre deux candidats ?”. Information clé : > Le climatoscepticisme assumé fait perdre des voix dans tous les électorats. Sur les enjeux de transition proposer de supprimer les mesures existantes car le changement climatique n’est pas de notre fait recueille 44,4% des choix au global, 40,0% au NFP, 41,5% au centre, 46,7% chez les LR et 47,3% au RN. Dans le même temps, Accélérer au-delà des mesures existantes est gagnant dans toutes les familles politiques, RN compris (51,0%).”
À propos de l’IA
- Claude Code, mon geôlier très compétent pose la question suivante : pourquoi continurais-je à développer pour le plaisir alors qu’on a inventé une machine qui me remplace et que je dois piloter, où le plaisir est-il passé ?
- En France, deux tiers des jeunes considèrent l’IA comme « un conseiller de vie » d’après une enquête de la CNIL “près de 9 jeunes sur 10 utilisent une IA conversationnelle en France et près d’un sur deux y évoque des sujets personnels, ces outils s’imposant comme des interlocuteurs en matière de santé mentale — non sans risques pour leur bien-être et leurs données.”
- Comment enseigner l’éthique à l’IA ? En demandant conseil à différentes religions ! Tech is turning increasingly to religion in a quest to create ethical AI. J’avoue que je ne sais pas quoi penser de cela. Est-ce vraiment une bonne idée ? Est-ce une meilleure option que de laisser ces principes aux ingénieurs ? N’est-ce pas une façon de faire semblant de traiter le problème pour continuer comme avant ?
- Chrome downloads a 4GB AI file without user consent. C’est pour installer une IA qui tourne dans ce navigateur (que je n’utilise pas pour plein de raisons, l’une d’entre elle est illustré par cette n-ième péripétie)
- The Filipino virtual assistants behind LinkedIn’s “thought leadership” content mill “For \$7 an hour, virtual assistants use AI tools to write LinkedIn posts and comments on behalf of Western executives”. VF : Pour 7/$ de l’heure, des assistants basés aux Philippines utilisent des outils d’IA pour écrire des commentaires LinkedIn depuis les comptes de dirigeants basés en occident”. Il sont rémunérés. Comme le dit un de ces anciens assistants : “It’s all AI comments by fake people answered with fake replies by other fake people” / “Ce sont des commentaires IA par des faux gens, avec des fausses réponses par d’autres fausses personnes”.
- The impossible maths of the AI boom, malheureusement réservé aux abonnés. En gros, la croissance américaine des 4 derniers trimestres vient à 93% des investissements de l’IA. Dans le meilleur des cas, seul Amazon pourrait tirer son épingle du jeu d’après l’analyste, tous les autres (Microsoft, Alphabet, Meta et Oracle) perdront entre 9 et 35 milliards de dollars d’ici 2030. Il appelle cela “la plus grosse destruction de valeur des actionnaires de l’histoire”. Avec les prochaines introductions en bourse, la hype va continuer encore un peu, mais après, on va se réveiller, et ce sont les fonds de pension et les petits investisseurs qui vont trinquer, probablement en 2027 ou 2028. Il rappelle qu’Alan Greenspan a parlé à propos de la bourse d’”exubérance irrationnelle” en décembre 1996, mais l’éclatement de la bulle Internet n’a eu lieu qu’en 2000.
- Encore chez Hubert Guillaud : De la montée de la contestation de l’IA à l’école, deux liens :
- “Dans le cadre d’un des procès contre les géants du numérique aux Etats-Unis, des documents internes de Google ont montré que la motivation de Google à fournir des outils aux écoles visait à « fidéliser les enfants à vie »” (source).
- Une étude de la Brookings Institution conclut que les outils d’IA « compromettent le développement fondamental des enfants ».
- Google devient officiellement un moteur d’IA avant tout. À sa conférence Google I/O, ils annoncent qu’aux USA, cet été, beaucoup de requêtes à Google Search (aux USA) seront des réponses par une IA. Les liens seront relégués tout en fin de page là où, comme on le disait il y a 10 ans, personne ne va jamais. Le résultat de recherche ne sera pas nécessairement un texte généré par IA, mais cela pourra être une vidéo générée pour l’occasion par une IA. Le LLM utilisé derrière est Gemini Flash 3.5. Il n’est pas dit comment la consommation de ressources informatiques va augmenter avec ce déploiement massif. C’est un exemple assez frappant de ce qui ne va pas avec l’IA : aucune communication claire / crédible / scientifique sur l’empreinte environnementale d’une part et d’autre part, un déploiement à très large échelle (on parle à terme de milliards d’utilisateurs) qui fait que cette empreinte, même si les outils sont optimisés, sera phénoménale. Article en français : Google I/O 2026 : Google installe Gemini et Search au cœur de l’ère agentique, avec plein de chiffres vertigineux (la production de tokens par Google a été multipliée par 7 dans l’année et par 48 l’années d’avant) ;
- Alors là, j’avoue que je n’étais pas prêt : Magnifica Humanitas , une encyclique du Pape Léon XIV (Croix-Baton-V, pour ceux qui ont des lettres) qui critique le capitalisme et l’IA. Et ce qu’il écrit, pour ce que j’en ai lu, sonne divinement (désolé) juste ! Article intéressant sur Le Grand Continent (lisible gratuitement avec le mode lecture de Firefox) : Que retenir de Magnifica Humanitas ?
- LinkedIn va (enfin) limiter la portée des contenus générés par IA, et il faut bien reconnaître que c’est devenu absolument insupportable. L’endroit a toujours été un lieu en ligne où se faire mousser, mais maintenant ce sont des IA qui génère du texte et des images qui peut paraître appétissant mais sans aucune consistance. On les détecte assez vite, mais je déteste qu’on me mente. Comme toujours, je pense “tu ne prends pas le temps de l’écrire, et tu voudrais que je prenne le temps de le lire ?”.
- Un fournisseur d’électricité de 49 000 résidents de Lake Tahoe va rediriger l’électricité qu’il leur vendait vers des datacenters — il leur reste donc juste 1 an pour trouver un autre fournisseur (aussi mentionné par la newsletter Techno-lucide par Data For Good). Peut-être est-ce pour cela que les américains préféreraient avoir une centrale nucléaire plutôt qu’un datacenter derrière chez eux .
- OpenAI va mettre 250 millions de dollars pour aider les gens qui perdent leur job à cause de l’IA à en trouve un autre. C’est un peu comme si un marchand de canon promettait 1% de son chiffre d’affaire pour acheter des pansements.
- En Irlande, les datacenters font augmenter les factures d’électricité pour les consommateurs. Ils consomment 22% de l’électricité disponible et les récentes augmentations de prix (de l’ordre de 260€ sur 8 ans, explique The Guardian. Le rapport : The cost of data centre growth in Ireland: Households paid an estimated €715 million more in electricity bills ;
IA illimitée : le début de la fin
- Tokenmaxxing : l’IA par abonnement touche à sa fin, par Hubert Guillaud. C’est un virage essentiel pour l’IA. On passe d’un modèle au début essentiellement gratuit, qui a été ensuite celui d’une approche forfaitaire (et déficitaire) à une facturation à l’usage. Même si on pourrait bénéficier d’une remise (grâce à la subvention par les actionnaires), on va enfin voir ce qu’on dépense. Il faut dire que les chiffres sont hallucinants : un collaborateur de Meta (Facebook) a ainsi dépensé pour 1,4 million de dollars de tokens en 30 jours. Forcément, à ce prix-là, les utilisateurs et leurs employeurs vont commencer à faire attention à la dépense et donc, indirectement, à l’empreinte environnementale de la chose. L’article précise aussi une chose importante : on va enfin voir combien on dépense, mais par contre, on ne mesure toujours pas la qualité (et la valeur !) de ce qui est produit…
- all GitHub Copilot plans will transition to usage-based billing on June 1, 2026. Dorénavant, chez Github, tous les forfaits passeront à une facturation à l’usage.
- Il y a quelques semaines, Bryan Catanzaro, VP de Nvidia, expliquait que le coût d’une IA est très supérieure à celle d’un employé ;
- Uber a explosé son budget annuel pour l’IA en 4 mois ;
Résilience
- Une publication des copains de Wavestone : Enquête sur la résilience et l’autonomie numériques : quand l’impératif stratégique se heurte à la réalité ;
- EuroCommons - Digital Stack Migration Coalitions Public Call “EuroCommons, a European programme launched by Caisse des Dépôts (CDC), part of Horizon Numérique 2030 (€18 billion strategic envelope) is a call to large European organisations and to open source vendors to join collective working groups, coalitions, to plan, prepare, finance and execute concrete migrations away from proprietary software dependencies.”
Des nouvelles de mon égo
- 3 fois sur BFM Business ce mois-ci (c’est exceptionnel) :
- Tech & Co le 6 mai où je fais une petite sortie sur la création d’emplois par Amazon (voir billet LinkedIn) et j’apprends par la suite qu’un emploi créé par Amazon détruit 2,2 emplois (voire 6)
- De nouveau sur chez eux le 19 mai, où j’aborde la question de l’acceptabilité sociale des lunettes connectées : peut-on encore avoir une conversation authentique, une négociation commerciale ou toute autre discussion sensible avec quelqu’un qui porte de telles lunettes ?
- Enfin une dernière fois le 26 mai ;
- Je crois que je vais finir influenceur vélo : En Normandie, son muli l’attend chez ses parents !
- Sur France Inter le 14 mai, une interview d’Arthur Mensch, qui explique que dans son entreprise, plus personne n’écrit de code, car c’est une tache déléguée à l’IA. Je nuance ses propos Intelligence artificielle : le patron de Mistral alerte sur le risque de décrochage européen. Sur le sujet, on lira avec intérêt le biller de l’ami Nils Lesieur : L’IA, ce nouveau membre invisible de vos équipes : catalyseur ou perturbateur ?
- Persos A à L
- Carmine
- Mona CHOLLET
- Anna COLIN-LEBEDEV
- Julien DEVAUREIX
- Cory DOCTOROW
- Lionel DRICOT (PLOUM)
- EDUC.POP.FR
- Marc ENDEWELD
- Michel GOYA
- Hubert GUILLAUD
- Gérard FILOCHE
- Alain GRANDJEAN
- Hacking-Social
- Samuel HAYAT
- Dana HILLIOT
- François HOUSTE
- Tagrawla INEQQIQI
- Infiltrés (les)
- Clément JEANNEAU
- Paul JORION
- Christophe LEBOUCHER
- Michel LEPESANT
- Persos M à Z
- Henri MALER
- Christophe MASUTTI
- Jean-Luc MÉLENCHON
- MONDE DIPLO (Blogs persos)
- Richard MONVOISIN
- Corinne MOREL-DARLEUX
- Timothée PARRIQUE
- Thomas PIKETTY
- VisionsCarto
- Yannis YOULOUNTAS
- Michaël ZEMMOUR
- LePartisan.info
- Numérique
- Thomas BEAUFILS
- Blog Binaire
- Christophe DESCHAMPS
- Dans les Algorithmes
- Louis DERRAC
- Olivier ERTZSCHEID
- Olivier EZRATY
- Framablog
- Fake Tech (C. LEBOUCHER)
- Romain LECLAIRE
- Tristan NITOT
- Francis PISANI
- Irénée RÉGNAULD
- Nicolas VIVANT
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