Revue hebdomadaire du web par Khrys
Publié le 19.03.2026 à 10:25
La Suite numérique de l’État : critique des critiques
Publié le 19.03.2026 à 10:21
Numérique : l’alternative ne viendra pas d’un champion européen, mais des communs
Publié le 16.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 16 mars 2026
Publié le 10.03.2026 à 08:44
Agent automate et insoumission : faut-il désynchroniser ?
Publié le 09.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 9 mars 2026
Publié le 02.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 2 mars 2026
Publié le 19.03.2026 à 10:25
La Suite numérique de l’État : critique des critiques
Framasoft prend rarement position sur la politique numérique de l’État. La dernière fois où nous l’avions fait, c’était il y a 10 ans, en 2016, dans un article intitulé « Pourquoi Framasoft n’ira plus prendre le thé au Ministère de l’Éducation Nationale ».
Si nous le faisons aujourd’hui, c’est parce que les débats autour de La Suite Numérique (« La Suite » : une suite d’outils libres et collaboratifs développée par l’État) nous paraissent révéler quelque chose d’important : la difficulté, en France (voire en Europe), à penser une politique publique du numérique qui soit à la fois libre, crédible et orientée vers l’intérêt commun.
Malgré sa longueur, cet article ne prétend pas aller au fond du sujet. Notre objectif est de proposer, début mars 2026, quelques clés de compréhension accessibles à un public large sur La Suite, ses critiques et les enjeux politiques qu’elle cristallise.
Pour en savoir plus sur le pourquoi et le comment de cet article, vous pouvez lire notre « Boîte noire » en bas de page.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
- L’article présent faisant l’historique entre l’État français et le logiciel libre, et précisant la position de Framasoft quant aux critiques faites à La Suite Numérique de la DINUM
- Une (courte) tribune, parue dans l’Humanité fin janvier 2026, sur le fantasme de faire émerger, au niveau européen, un oligopole qui se poserait comme compétiteur aux GAFAM
- Un article rappelant un modèle qui a très bien fonctionné ces dernières années pour les petites communautés du logiciel libre (dont Framasoft) : les bourses NLnet (à paraître début avril 2026)
Les faits
La Suite, c’est quoi ?
La Suite est une suite d’outils collaboratifs libres portée par la DINUM pour les agents de l’État. Son objectif est de proposer un environnement de travail cohérent couvrant les usages les plus courants :

Capture écran du site lasuite.numerique.gouv.fr
- Tchap : messagerie instantanée basée sur Matrix
- Visio : visioconférence, basé sur LiveKit
- France Transfert : envoi sécurisé de fichiers lourds
- Messagerie : mails, contacts, rendez-vous
- Fichiers : stockage et partage de documents
Mais aussi :
- Grist : gestion de données et de formulaires
- Docs : édition collaborative de documents
- Assistant IA : basé sur Mistral
Il est à noter que l’ensemble de ces logiciels sont libres.

La Suite, c’est qui ?
Faire l’historique d’un tel projet est complexe, car malgré son jeune âge, il a déjà « pivoté » plusieurs fois.
Officiellement lancée en 2024, La Suite prolonge des initiatives plus anciennes, et s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’environnement de travail administratif, de protection des données publiques et de réduction de certaines dépendances technologiques (la fameuse « Souveraineté numérique »).
Wikipédia date ainsi la version 1.0 de Tchap (la messagerie sécurisée) en avril 2019. Mise en place par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC), celle-ci deviendra la direction interministérielle du numérique (DINUM), quelques mois plus tard, par le décret du 25 octobre 2019.
Fin 2021, sous l’impulsion de la DINUM, c’est le projet « Sac à dos Numérique de l’Agent Public » (SNAP) qui sera annoncé (et on se félicitera au passage que ce ne soit pas le nom final du projet qui ait été retenu 😅).
La DINUM est, toujours en citant Wikipédia, « un service du Premier ministre, elle est placée sous l’autorité du ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. Elle a pour mission d’élaborer la stratégie numérique de l’État et de piloter sa mise en œuvre.
Elle est considérée comme la direction des systèmes d’information de l’État français. ».

La Suite, c’est pour qui ?
Dans cet article, nous parlons de La Suite opérée par la DINUM, destinée aux ministères et agences de l’État. Il existe d’autres dispositifs proches par le nom ou par l’esprit, notamment une Suite Territoriale pour les collectivités et LaSuite.coop pour d’autres organisations (qui fera l’objet d’un article/interview a part entière dans les semaines à venir).
Début 2026, cette Suite est déployée dans 15 ministères et de nombreuses administrations, accessible à environ 1,6 million d’agents, et utilisée chaque mois par plus de 500 000 personnes.

Entre lasuite.numerique.gouv.fr (agents de l’État), la suiteterritoriale.anct.gouv.fr (pour les collectivités) et lasuite.coop (pour les entreprises, coopératives, associations, etc, notamment de l’ESS), il ne faudra pas s’y perdre !
Il nous paraît difficile d’évoquer La Suite sans mentionner Apps.education.fr, autre suite d’outils libres portée cette fois par l’Éducation nationale.
Par souci de transparence, précisons que Framasoft intervient ponctuellement comme prestataire sur ce projet, via PeerTube, notre alternative à YouTube & co. Cette collaboration reste limitée à une petite part du financement global du logiciel. Nous citons néanmoins Apps.education.fr parce qu’il constitue, à nos yeux, un précédent important : celui d’une offre publique d’outils libres à large échelle, pensée pour un autre grand périmètre administratif. Cette suite ne bénéficie ni des moyens humains et financiers de La Suite, ni de sa force de frappe communicationnelle, ce que nous déplorons par ailleurs.
La Suite dans la tourmente
Ces deux dernières années, La Suite a suscité trois types de réactions : des alertes institutionnelles sur son coût et sa coordination, des critiques venues d’une partie de l’écosystème libre, puis des offensives plus intéressées venues des éditeurs propriétaires.
L’alerte institutionnelle de la Cour des Comptes
En juillet 2024, la Cour des Comptes publie un rapport intitulé « Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la direction interministérielle du numérique » faisant état d’inquiétudes concernant La Suite (la mise en gras est de Framasoft) :
La faible coordination avec les besoins exprimés par les ministères pourrait se traduire par la création de produits numériques répondant imparfaitement aux besoins recensés. C’est notamment le cas de la suite numérique de l’État : alors que les premières briques de cette suite sont déjà peu utilisés et coûteux, le déploiement complet d’une alternative souveraine aux offres proposées par le secteur privé pourrait être une source de coûts croissants sans certitude quant à l’utilisation massive de cette suite par les agents. Seule une association forte des ministères, au niveau politique, doit permettre d’assurer un suivi étroit de cette suite qui doit pouvoir, si les résultats attendus d’un produit étaient insuffisants, revenir en arrière sur le déploiement d’une gamme d’outils encore mal coordonnés entre eux.
Ça pique un peu, hein ?
Pourtant, nous verrons plus loin que la situation est un peu plus complexe que cela.
La critique de l’écosystème libre
En août 2024, nos ami⋅es du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre) publient un communiqué au vitriol contre La Suite. Il s’en suivra des échanges particulièrement houleux, notamment sur LinkedIn. Les principaux arguments du CNLL sont les suivants :
- Concurrence irresponsable : selon le CNLL, la DINUM concurrence directement les éditeurs français de logiciels libres collaboratifs, avec un avantage déloyal : 100 % de financement public, moyens marketing de l’État, exemption de qualification SecNumCloud (sur ce dernier point, côté Framasoft, on n’a pas compris, car La Suite est bien qualifiée SecNumCloud) ;
- Capacités insuffisantes et irréalistes : La DINUM n’aurait ni les effectifs, ni l’expertise, ni les moyens pour se substituer aux éditeurs logiciels, comme le démontre aussi l’échec du projet Messagerie Collaborative de l’Etat sur plus de 10 ans ;
- Vision restrictive du Libre : selon le CNLL, la DINUM réduit le logiciel libre à la gratuité et à la défiance envers les éditeurs, sans comprendre qu’il nécessite un écosystème solide et une relation équilibrée avec les prestataires ;
- Impact négatif sur l’industrie française : En opérant elle-même des services cloud et en développant des logiciels non spécifiques à l’État, la DINUM parasiterait les investissements des éditeurs privés français, décrédibiliserait le logiciel libre et favoriserait in fine les solutions américaines.
Là encore, les affirmations sont dures. Si certaines sont justes, nous verrons plus bas que certaines se sont révélées fausses ou ont été démenties par le temps.
L’offensive des acteurs propriétaires et de leurs relais
Début 2026, nouvelles attaques contre La Suite. Cette fois en provenance des éditeurs propriétaires. La Business Software Alliance (BSA), qui représente les principaux acteurs mondiaux du logiciel et du cloud, parmi lesquels figurent notamment Microsoft, Google, Amazon, Oracle, IBM ou encore Adobe (bref : pas nos copains) a publiquement mis en garde contre les orientations prises par les autorités françaises.
Les articles dans la presse spécialisée se suivent et se ressemblent un peu :
- La Suite numérique de l’État ravive le débat sur la souveraineté et le rôle du privé (Solutions Numériques)
- Polémique autour de « LaSuite » : la DINUM se défend et ne ferme pas la porte au privé (LeMagIT)
- Outils numériques : la proactivité de l’État agace le privé (Acteurs Publics)
- Suite numérique de l’état, avec un agent IA : les éditeurs crient à la concurrence déloyale (Solutions Numériques)
- Stratégie numérique : l’État est-il un éditeur de logiciels comme les autres ? (La Gazette des Communes)
Mais pourquoi un tel déferlement de critiques ?

D’après nous, la source est initialement à rechercher en juillet 2025, lorsque l’entrepreneur Tariq Krim posta (sur LinkedIn et sur son site) une analyse très critique sur le rapport entre l’Etat et « la souveraineté numérique », avec plusieurs points plutôt légitimes. Mais le sujet est ensuite sorti du champ des spécialistes, au point que certains arguments furent même repris par… Sarah Knafo (oui oui, la députée d’extrême droite européenne, aujourd’hui candidate à la mairie de Paris), qui viendra rajouter son grain de haine (et de mensonge).
La cause, elle, est plutôt à chercher du côté de la crainte des éditeurs de solutions fermées. Voir l’État s’émanciper de leur giron pour se mettre à développer des logiciels qui fonctionnent ? Qui plus est sous licence libre ? Ça peut à terme signifier la perte de marchés importants pour eux. D’où des réactions très virulentes de leur part afin de décrédibiliser la suite logicielle de la DINUM.
Bref, c’est la mise en curée contre La Suite. Nos ami⋅es de Next.ink en feront d’ailleurs un excellent résumé (et on ne dit pas ça que parce que nous sommes cités dedans, promis !)
Prenons un peu (beaucoup !) de recul
Pour expliquer le point de vue de Framasoft, il faut faire un rapide rappel du contexte historique.
Hmm, non, en fait ce rappel ne sera pas rapide, puisqu’on va remonter jusque dans les années 60.
Notre objectif ici est de montrer les grandes lignes du rapport à l’État avec le logiciel libre, et notamment la stratégie du « Make » (« faire soi-même ses logiciels » ou « faire faire ses logiciels ») ou du « Buy » (« acheter » ou, plus souvent, « louer » ses logiciels après d’éditeurs).
Si on prend cette grille de lecture stratégique, on peut identifier différentes phases historiques structurantes. Désolé, c’est à gros traits, et sans doute pas exempts d’erreurs (n’hésitez pas à apporter vos corrections en commentaires).
Pour vous en faciliter la lecture, on vous a préparé rapidement une version plus graphique, sous la forme de chronologie.
Années 1960-70 : l’ère du « Make » souverain
- 1966 : Plan Calcul (de Gaulle) Création de la CII (Compagnie Internationale pour l’Informatique) en réaction au rachat de l’entreprise française Bull par l’américain General Electric. Et aussi au fait que de Gaulle a moyennement apprécié le fait que les États-Unis aient refusé d’exporter un supercalculateur destiné au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) pour le programme nucléaire militaire français. Volonté explicite de souveraineté matérielle et logicielle. L’État finance massivement le développement national.
- 1967 : Création de l’IRIA (qui deviendra l’INRIA en 79) Institut de recherche en informatique et automatique. Sa vocation : développer une capacité logicielle française publique.
- 1976 : Fusion CII-Honeywell-Bull Le Plan Calcul s’essouffle. C’est le début d’un recul « pragmatique » vers des alliances avec des acteurs américains. Signal précoce que le « Make » national complet est difficile à tenir. C’est la fin du projet Unidata, qui était un grand consortium européen (CII, Siemens, Philips) surnommé « l’Airbus de l’informatique ». En s’alliant avec l’Américain Honeywell, la France a probablement sabordé l’Europe de l’informatique.
Années 1980 : le tournant de la micro-informatique et les premières externalisations
- 1982 : paf ! le PAFE (Programme d’action pour la filière électronique). C’est l’arrivée de la gauche au pouvoir. Jean-Pierre Chevènement relance une politique industrielle volontariste (Plan Filière Électronique). Nationalisation de Bull, Thomson, etc. L’État veut « faire » l’informatique. (La nationalisation, pour les plus jeunes d’entre vous, c’est quand l’État pense qu’une entreprise est suffisamment importante pour le pays qu’il vaut mieux qu’elle appartienne… à l’État. Ça doit vous paraître une dinguerie aujourd’hui, mais ça se faisait, et ça marchait pas si mal… #soupir)
- 1982-1987 : le Minitel comme « Make » réussi. Le Minitel a été un succès technique et logiciel français (développé par la DGT/France Télécom). Mais il a crée un tel effet de lock-in qu’il a retardé l’adoption d’Internet en France. Le logiciel est alors entièrement développé en interne ou par des prestataires français sous contrôle étatique.
- 1989 : début de la pénétration de Microsoft dans l’administration. Les premiers contrats-cadres avec Microsoft pour équiper les postes de travail des ministères commencent à se mettre en place. Passage progressif du macroordinateur au PC, souvent avec des logiciels américains achetés « sur étagère » (typiquement, Microsoft Word est un logiciel « sur étagère » : vous l’achetez et vous l’installez, contrairement à un logiciel « sur mesure »).
Années 1990 : le basculement vers le « Buy »
- 1994-1997 : multiplication des contrats-cadres Microsoft. L’administration française signe des contrats globaux (« contrats Open ») avec Microsoft pour la bureautique. Le « Buy Microsoft » devient la norme de fait, sans véritable mise en concurrence systématique.
- 1994 : rapport Gérard Théry sur les autoroutes de l’information. Constat que la France a pris du retard sur Internet à cause du Minitel. Théry n’était pas vraiment un visionnaire : selon lui, le fonctionnement d’Internet « n’est pas conçu pour offrir des services commerciaux » et serait incapable d’offrir des services de qualité. Aucune recommandation forte sur le logiciel libre.
Années 2000 : l’émergence du logiciel libre comme alternative politique
- 2000/2001 : rapport Carcenac « Pour une administration électronique citoyenne ». Le député socialiste Carcenac recommande l’usage du logiciel libre dans l’administration.
- 2004 : contrat-cadre Microsoft renouvelé pour les ministères. En parallèle de l’expérience Gendarmerie, l’essentiel de l’administration reste sous contrat Microsoft (notamment l’Éducation Nationale). Double discours de l’État.
- 2005 : rapport du Conseil Général des Technologies de l’Information. Recommande la prise en compte du logiciel libre dans les choix informatiques de l’État.
- 2005 : la Gendarmerie nationale commence sa migration vers OpenOffice.org. La Gendarmerie abandonne Microsoft Office pour OpenOffice sur 90 000 postes. C’est le plus grand déploiement de logiciel libre dans l’administration française. (Même nos amis de LinuxFR en parlaient ;-) )
- Janvier 2004 : création de l’association Framasoft (qui existait de façon informelle depuis 2001)
- 2006 : rapport « La sécurité des systèmes d’information ». Souligne la dépendance stratégique aux logiciels étrangers, mais sans mesures contraignantes.
- 2006 : Loi DADVSI et lobbying Microsoft/industrie propriétaire. Débat sur le droit d’auteur numérique. Lobbying intense des éditeurs propriétaires. Le logiciel libre est menacé par certaines dispositions avant des amendements. Pour la petite histoire, la loi DADVSI est – pour caricaturer – la transposition dans le droit français de la directive européenne EUCD. L’association La Quadrature du Net (LQDN) a été fondée officiellement en 2008 par des militants issus de ces combats, même si plus spécifiquement pour lutter contre une autre loi : HADOPI (loi Création et Internet) et le « Paquet Télécom » européen.
- 2007-2008 : la Gendarmerie passe à Ubuntu Linux. Migration de 70 000 postes de Windows XP vers GendBuntu (Ubuntu personnalisé). Économies annoncées : plusieurs millions d’euros/an. C’est une sorte de cas d’école international.
Années 2008-2012 : tensions entre libre et lobbying propriétaire
- 2009 : 💸 contrat « Open Bar » #1 Microsoft au Ministère de la Défense. Le journaliste Marc Rees, du site PC-Inpact (ancêtre de Next.ink), révèle que le ministère de la Défense a signé un accord-cadre avec Microsoft (contrat dit « Open Bar ») permettant un accès illimité aux produits Microsoft pour environ 100 millions d’euros sur 4 ans. Ce contrat suscite une polémique massive :
- Absence de mise en concurrence réelle invoquée par les défenseurs du libre.
- Les associations du logiciel libre dénoncent une dépendance stratégique pour un ministère régalien.
- Soupçons de liens entre décideurs militaires et Microsoft (pantouflage).
- 2009 : référentiel Général d’Interopérabilité (RGI) v1.0. L’État impose officiellement l’utilisation de formats ouverts (ODF notamment) dans les échanges entre administrations. Victoire symbolique du « Make/Libre ».
- 2010 : rapport Riester sur le libre et les administrations. Le député Franck Riester (futur ministre) produit un rapport assez tiède, ne remettant pas en cause la domination des éditeurs propriétaires. Sa v2 ne vaudra, selon nous, pas mieux.
- 2011 : François Fillon annonce des investissements dans le « Cloud Computing ». Spoiler : ça sera un fiasco. On y reviendra plus bas.
- 2011 : 💸 l’affaire Louvois (logiciel de paie militaire). Arrêtons nous une minute sur cette catastrophe industrielle, parce qu’elle fait partie des « traumas » de la stratégie numérique française. Le système Louvois (Logiciel Unique à Vocation Interarmées de la Solde) est en effet un désastre économique et humain. La page dédiée Wikipédia vous donnera tous les détails, mais pour résumer :
- 2001 à 2003 : développé au départ sur la base d’un logiciel édité par l’entreprise Sopra.
- 2004 à 2006 : repris en interne par le ministère de la Défense.
- 2007 à 2008 : le logiciel est confié à l’entreprise Steria.
- 2009 à 2011 : c’est… le bordel ! À cause de nombreux bugs, le logiciel repousse sans cesse sa mise en production.
- 2011 à 2012 : le logiciel commence à être déployé, mais avec de telles erreurs qu’il fait légitimement un « bad buzz » sur les réseaux sociaux. Erreurs de paie touchant des dizaines de milliers de militaires (trop-perçus, sous-paiements, soldes à zéro).
- 2013 : le Ministre de la Défense annonce que le projet sera abandonné dès que possible et sera remplacé par un autre logiciel développé par … Sopra Steria (oui oui, la fusion des deux entreprises précédentes)
- 2016 : Louvois est définitivement abandonné. Au départ doté d’un Budget initial d’environ 80 millions d’euros, les dérapages ont été massifs. Suite à un rapport de la Cour des comptes, on parlera d’un « fiasco industriel et humain ». On parle d’une note autour de 500 millions d’euros, entre le prix d’achat et le coût des dysfonctionnements de Louvois ; cette somme ne tenant pas compte du coût de son remplaçant.
- 2012 : circulaire Ayrault : « Usage du logiciel libre dans l’administration ». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault signe une circulaire encourageant fortement l’usage du logiciel libre. Lire l’analyse de nos ami⋅es de l’April. Elle reconnaît aussi différents groupes de travail (par exemple MIMO) qui serviront à nourrir le SILL (Socle interministériel des logiciels libres, créé la même année et produisant une liste de logiciels libres recommandés. C’est un moment fort du « Make/Libre ». D’un point de vue politique en tout cas. Parce que d’un point de vue pratique, c’est loin d’être la fête.
Années 2013-2017 : l’ambivalence institutionnalisée
- 2013 : révélations Snowden et onde de choc La preuve que la NSA a des accès privilégiés aux systèmes Microsoft, Google, etc. relance le débat sur la souveraineté logicielle. Pourtant, les achats de logiciels américains continuent.
- 2013 : renouvellement du contrat « Open Bar » #2 Défense-Microsoft. Malgré la circulaire Ayrault, les révélations Snowden, et les protestations, le contrat est renouvelé pour 4 ans. L’April dépose une demande CADA. Des parlementaires s’indignent. Le Ministre de la Défense s’en cogne.
- Soupçons de pantouflage : des cadres du ministère de la Défense rejoignent des ESN (Entreprises de Services du Numérique) partenaires de Microsoft, et vice-versa.
- 2014 : Framasoft lance sa campagne « Dégooglisons Internet »
- 2014 : 💸 Cloud souverain : les fiascos Cloudwatt et Numergy. L’État avait investi dans deux projets de « cloud souverain », issus eux-même du projet Andromède, annoncé par François Fillon (je vous avais dit qu’on y reviendrait) :
- Cloudwatt (avec Orange) : initialement doté d’un capital de 225 M€, ~150 M€ investis par l’État, service fermé en 2020.
- Numergy (lui aussi doté de 225 M€ de capital, avec SFR et Bull aux manettes) : échec commercial, absorbé, pschit, yaplu.
- Exemples du « Make » raté dans le cloud, avec des fonds publics dilapidés.
- 2015 : 💸 l’ONP (Opérateur National de Paie) abandonné. Vous n’avez pas assez de fiascos ? Bougez pas ! Lancé en 2007 pour créer un système unifié de paie des fonctionnaires :
- Coût estimé : près de 350 millions d’euros (cf page 21) dépensés avant abandon.
- Principaux prestataires : des petites boîtes comme Accenture, Sopra (oui, les mêmes que plus haut, faut suivre) ou Capgemini.
- La Cour des comptes, toujours elle, qualifie le projet d’« échec coûteux ».
- 2016 : loi pour une République Numérique (loi Lemaire)
- Encourage l’ouverture des codes sources des administrations.
- Crée un droit à l’interopérabilité (limité).
- Le logiciel libre est mentionné mais il n’y a pas de priorité au libre
, car des amendements plus ambitieux sont rejetés sous pression du lobbying des éditeurs propriétaires.
- 2015 : 💸 l’Éducation Nationale annonce un partenariat avec Microsoft. Le milieu enseignant s’indigne. L’April se mobilise.
- 2016 : Framasoft se lève et se casse.
- Suite au partenariat entre l’Education Nationale, Framasoft (dont « Frama » signifiait initialement « FRAnçais et MAthématiques ») annonce qu’elle se tourne dorénavant vers l’éducation populaire.
- Framasoft annonce la création du collectif CHATONS
- 2016 : création de la DINSIC (Direction Interministérielle du Numérique et du Système d’Information et de Communication de l’État). Sous la direction d’Henri Verdier
, qui fera un travail conséquent et de qualité, reconnaissons-le, elle pousse l’ouverture des données et des codes, et anime le SILL. - 2016-2017 : pantouflage et revolving doors documentés. Plusieurs hauts fonctionnaires du numérique quittent l’administration pour rejoindre Microsoft, Capgemini (cité… 85 fois dans ce rapport du Sénat), Sopra Steria, Atos, etc. Inversement, des cadres du privé sont nommés à des postes de décision sur les marchés IT publics.

Années 2017-2022 : l’ère Macron, discours de souveraineté, mais pratique de dépendance
- 2017 : renouvellement (encore ! ! !) du contrat Open Bar #3 Défense-Microsoft
- Troisième reconduction (qui sera notamment révélé au travers d’un épisode de Cash Investigation). L’April et des associations de logiciel libre demandent des comptes. Le ministère invoque des raisons de « compatibilité » et de « continuité de service ».
- Demande de la création d’une commission d’enquête. Dénonce la dépendance au logiciel américain dans la Défense, notamment au regard des révélations Snowden (NSA/PRISM).
- 2018 : dynamisme de « beta.gouv.fr » et des Startups d’État. Approche « Make » en rupture avec les pratiques historiques : de petites équipes agiles au sein de l’État développent des services numériques publics (Mes Aides, Le Bon Bus, Signaux Faibles, etc.). Succès reconnu internationalement.
- 2020 : scandale du Health Data Hub sur Microsoft Azure. Pensé en 2018 suite au (plutôt bon) rapport de Cédric Villani sur l’IA et mis en place en 2019, le Health Data Hub (plateforme nationale des données de santé) est hébergé chez Microsoft Azure, malgré les données de santé extrêmement sensibles de millions de Français.
- Le CNLL, l’April, des médecins, lla CNIL elle-même émettent des réserves (et on reste polis)
- Le Conseil d’État est saisi
- Framasoft publiera aussi son avis
- Le gouvernement promettra une migration vers un hébergeur européen « dès que possible », promesse non tenue pendant des années et qui ne devrait être réalisée que fin 2026.
- Pantouflage suspecté : des liens entre des décideurs du Health Data Hub et différents groupes informatiques sont pointés par la presse.
- 2019 : la DINUM remplace la DINSIC. La Direction Interministérielle du Numérique est censée renforcer le pilotage des projets numériques de l’État. Nadi Bou Hanna est nommé directeur (on n’en gardera pas le meilleur souvenir).
- 2019 : Tchap (messagerie souveraine). L’État lance Tchap, une messagerie instantanée basée sur le protocole libre Matrix, pour les agents publics. Exemple positif de « Make » sur base libre, mais au coût particulièrement conséquent.
- 2019 : doctrine « Cloud au centre » (première version). L’État commence à formuler une doctrine cloud, mais elle ne tranche pas entre souveraineté et pragmatisme.
- 2020 : COVID et explosion des achats de licences
- Achat massif de licences Zoom ou Microsoft Teams pour le télétravail des agents des trois fonctions publiques, malgré l’existence d’alternatives libres (Jitsi, BigBlueButton, Mattermost).
- Le SILL recommandait des alternatives, mais elles n’ont pas été déployées à l’échelle.
- 2020 : 💸 dérapage et queue de poisson de SIRHEN. Attendez, ça fait un peu longtemps qu’on a pas eu de fiasco logiciel, là, non ? Ça tombe bien, la Cour des Comptes (toujours elle) pointe le dérapage du logiciel de RH et paie de l’Éducation Nationale « système d’information de gestion des ressources humaines et des moyens (SIRHEN). Évalué initialement en 2007 à 80 millions d’euros, son coût a été plusieurs fois réévalué pour atteindre 323,3 millions d’euros en 2017, et 400 millions d’euros en 2020.
- 2020 : Rapport Bothorel (mission parlementaire sur les données). Recommande l’ouverture des codes sources. Peu de choses sur le « Make vs Buy ».
- 2021 : doctrine « Cloud au centre » (le retour)
- Impose la qualification SecNumCloud pour les données sensibles.
- 💸 Mais ouvre la porte aux offres de cloud américain sous licence (Bleu = Microsoft/Orange/Capgemini, S3ns = Google/Thales).
- Critiques (légitimes) : cela revient à « acheter » du cloud américain avec un vernis français.
- 2021 : suite collaborative de l’État. La DINUM développe une suite collaborative libre pour l’administration. C’est le « Sac à dos numérique de l’agent public » qui évoluera plus tard en « La Suite »
- 2021 : rapport Latombe sur la souveraineté numérique. Le député Philippe Latombe produit un rapport sur la souveraineté numérique, critique envers la dépendance aux GAFAM dans l’administration et qui appelle à systématiser le recours au logiciel libre dans les administrations publiques en faisant de l’utilisation de solutions propriétaires une exception.
- 2021 : rapport de la Cour des comptes sur les grands projets SI de l’État. Constat récurrent : dérapages budgétaires, dépendance aux ESN, perte de compétences internes. La Cours des Comptes défonce légitimement certains projets (dont les fiascos évoqués plus haut).
- 2021 : 💸 l’affaire McKinsey et le conseil informatique à l’État
- Le Sénat révèle l’ampleur du recours aux cabinets de conseil (McKinsey, Accenture, Capgemini, etc.) dans les décisions numériques de l’État.
- Rapport sénatorial « Un phénomène tentaculaire » (McKinsey cité 477 fois dans le rapport).
- Questions sur des conflits d’intérêts : McKinsey conseille l’État tout en travaillant pour Microsoft, Amazon AWS, etc.
- Révélation que McKinsey ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France.
- Les montants dépensés en conseil (dont IT) atteignent plus d’un milliard d’euros par an.
- Novembre 2021 : Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, annonce le plan d’action du Gouvernement en matière de logiciels libres et communs numériques dans l’Administration. Si on est encore loin d’une priorité effective au logiciel libre, ce plan pose des bases encourageantes pour une administration tournée vers les logiciels libres, et les communautés qui les font vivre.

McKinsey réclamant gentiment ses croquettes à l’État. –Allégorie
Années 2022-2026 : tentatives de rééquilibrage et résistances
- 2022 : renforcement du SILL. Le Socle Interministériel de Logiciels Libres est enrichi et mieux promu par la DINUM. Un catalogue de près de 600 logiciels libres recommandés à ce jour (mars 2026).
- 2022 : Code.gouv.fr. La DINUM lance un portail centralisant les codes sources ouverts par l’administration. Démarche positive de transparence.
- 2022 : fin du contrat Open Bar Défense ? L’April annonce que l’accord n’a pas été reconduit. Cependant, le fait est que pendant plus de 12 ans au moins (2009-2020), Microsoft aura donc été très implanté dans l’Armée. D’autant que la fin de ce contrat ne signifie pas pour autant la fin de la dépendance technologique de l’administration aux solutions de Microsoft, le ministère passera désormais par l’UGAP (Union des groupements d’achats publics), une centrale d’achat public, pour prendre sa dose.
- Janvier 2024 rapport sur le « piège Microsoft »
- Ce rapport critique la politique tarifaire de Microsoft qui bascule vers le tout cloud. Une particularité de ce rapport est qu’il a pour rapporteur Anne Le Hénanff, devenue depuis ministre en charge de « l’IA et du numérique ».
- 2024 : débats sur l’IA souveraine. L’essor de l’IA générative (ChatGPT, etc.) relance le débat « Make or Buy ». L’État met en avant Mistral AI (startup française) mais les administrations utilisent massivement les outils Microsoft (Copilot) et Google (Gemini) ou même ChatGPT (souvent en *shadow IT*).
- Fun fact : en avril 2023, Cédric O, qui venait tout juste de quitter son poste de secrétaire d’État au numérique achète 1,15 % des parts de Mistral AI pour… 176,10 €. En décembre 2023 (8 mois plus tard), ces actions sont valorisées… 23 millions d’euros. Jolie bascule. Espèrons qu’il a gardé ses actions, parce qu’elles devraient valoir autour de 130 millions d’euros aujourd’hui (mars 2026). Un rendement à 740 000 fois la mise en moins de 3 ans, ça fait combien, en pantoufles ?
- Mai 2024 : la Suite numérique de l’État est annoncée. Déploiement de La Suite (webmail, messagerie instantanée, visioconférence, édition collaborative) basée sur des logiciels libres. Objectif : équiper 2,5 millions d’agents.
- Avril 2025 : 💸 l’Europe achète pour 264 milliards d’euros en logiciels et clouds états-uniens. Le Cigref publie le rapport « La dépendance technologique aux softwares & cloud services américains : une estimation des conséquences économiques en Europe ». Le résultat met des chiffres sur ce que tout le monde savait déjà : l’Europe est droguée aux technologies US. Pourtant, d’après le CNLL, la réponse est prête et s’appelle Eurostack. Mais pour l’instant, l’Europe a du mal à passer du constat aux actes.
- Janvier 2026 : des avancées pour le libre ? Suite à une question de la député écologiste au sujet des « impacts de la migration des serveurs publics vers Windows 11 », la ministre en charge de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff, répond et partage deux informations intéressantes : des réflexions sont en cours pour le développement de poste de travail libre et une évolution de la doctrine de l’État en matière d’achat public numérique.
- Mars 2026 : 💸 le Ministère de l’Éducation Nationale renouvelle un contrat avec Microsoft. Malgré les circulaires Ayrault (2012), Castex (2021), Lecornu (2026), et malgré l’existence de LaSuite et surtout de Apps.education.fr, le M.E.N. renouvelle son contrat avec Microsoft jusqu’en 2029. 🤷
Le point de vue de Framasoft
Comme on vient de le voir, l’État a souvent vanté la souveraineté numérique sans aller jusqu’au bout (c’était un peu « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais »).
Le libre a régulièrement existé comme solution crédible (à la dépendance des USA, ou aux entreprises qui facturaient 5 à 10 fois le prix), sans pour autant devenir une doctrine effective.
Pour nous, La Suite n’est peut-être pas un modèle parfait, mais ce n’est sûrement pas un fiasco. C’est une initiative publique louable, politiquement courageuse, et plus prometteuse que ne le disent ses détracteurs.
Sur la question du coût de La Suite
Mais… combien ça a coûté, en vrai ?
Pour le coût du projet, nous n’avons pas l’information (si vous avez des sources précises, n’hésitez pas à nous les communiquer en commentaire, nous amenderons l’article).
On peut cependant citer à minima ce même rapport de la Cour des Comptes, en citant la page 82 de ce rapport :
« Le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur « Tchap » à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour « Tchap »), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets » (page 82 de ce rapport).
(Puis, juste après :)
« Selon la Dinum, ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an etpar agent. À ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.
D’après nos informations (glanées auprès de différentes sources), La Suite, c’est environ 70 personnes travaillant sur le projet (développeur⋅euses, designers, administrateur⋅ices systèmes, chef⋅fes de projet, etc). À l’échelle de l’État, ce chiffre n’est pas très impressionnant, surtout au vu du nombre de bénéficiaires (voir plus bas).
Résumons : on sait ce qu’a coûté La Suite jusqu’à fin 2023 (en gros 10 M€). Puis la Cour des Comptes parle de 15 M€ « à ce jour », sans doute mi-2024. Après (en tout cas pour nous), c’est plus flou pour 2024 et 2025.
On sait que Tchap concentrait le gros des investissements (en gros 6 M€ jusqu’en 2023), et les 40 % restant étaient surtout consacrés à Resana et Osmose (gestion de fichiers), produits aujourd’hui « sortis » de La Suite.
Sans vouloir jouer les marchands de poissons, et en partant du principe qu’il y a eu une « montée en puissance » en 2024 et 2025, disons qu’on vous fait le total à, allez, 40 M€ et on vous offre le cabillaud en cadeau.
Si vous voulez les vrais chiffres, on vous laisse faire une demande CADA, nous on a d’autres chatons à fouetter caresser.
Est-ce excessif ?
La seule question valable selon nous est : « Est-ce que l’argent public est ici bien dépensé ? ».
Comme on l’a vu plus haut, la Cour des Comptes s’inquiétait, fin 2023, du coût de La Suite et de son faible nombre d’utilisateurs.
C’est là que notre historique peut aider à relativiser un peu.
Si on prend les coûts des trois fiascos logiciels cités plus haut (Louvois, ONP, SIRHEN), on arrive à un total de 1,25 milliard d’euros. Ou l’équivalent de plus de 30 fois notre évaluation au doigt mouillé du coût total de La Suite.
Alors évidemment, ça n’est pas un argument suffisant. Dire qu’un projet n’est pas du même ordre de grandeur qu’un triple fiasco financier et humain ne dit pas que l’argent a été bien dépensé.
Cependant, cela permet de mettre en perspective l’avis de la Cour des Comptes. Cette dernière a en effet vu l’État faire des dépenses faramineuses dans des logiciels peu, voire jamais utilisés. Ou dans des infrastructures comme Cloudwatt (150 millions d’argent public… disparus). Ou dans des cabinets comme McKinsey.
Bref, si on se met dans les souliers vernis d’un rapporteur de la Cour des Comptes, il paraît relativement logique qu’elle s’inquiète d’un nouveau dérapage. C’est son boulot.
Mais l’avis date de 2024, sur une étude qui portait, en gros, jusqu’à fin 2023. Or à ce jour (mars 2026), la situation a quand même beaucoup évolué :
- côté « Drive », Osmose a été décommissionné et Résana laissera probablement peu à peu la place à « Fichiers »
- côté usages, la Cour des Comptes parlait de 190 000 utilisateur⋅ices de Tchap dans son rapport. D’après le site officiel, la messagerie compterait aujourd’hui 600 000 utilisateur⋅ices au total. Même si d’après nos informations, les comptes actifs mensuellement seraient plutôt autour de 300 000, ce qui est – à notre sens – plus qu’encourageant, sachant d’où part l’administration en termes d’usages collaboratifs.
- Dans sa dernière newsletter, la DINUM annonçait 100 000 utilisateur⋅ices de Visio en février 2026.

Statistiques d’usage de différents services de la DINUM (au 25/02/2026)
Donc, est-ce que le coût de La Suite est raisonnable ? Clairement, s’il n’y avait pas eu certaines itérations malheureuses avant 2023, cela aurait été largement le cas. Mais est-ce que ce coût est excessif ? D’après nous, non.
En tout cas, il nous paraît que le coût de développement (« Build ») et celui de l’exploitation (« Run ») soit, début 2026, plus que raisonnable au vu du nombre d’utilisateur⋅ices, et des impératifs de sécurité qui entourent un tel projet.
Mais alors, c’est bien ou pas ?
Oui, globalement, nous pensons que La Suite est une très bonne chose. Non parce qu’elle serait irréprochable, mais parce qu’elle constitue aujourd’hui l’une des rares tentatives crédibles de réintroduire du logiciel libre, des logiques de communs et une forme d’autonomie dans l’environnement numérique de l’État.
Typiquement, Framasoft est bien plus en faveur de solutions telles que Apps.education.fr, car le développement s’y fait avec des rapports plus étroits avec les communautés du libre. Et la réutilisation de logiciels libres existants y est bien plus forte. Pour caricaturer, on peut dire que là où la DINUM crée ce qui deviendra un commun, apps.education.fr contribue à des communs existants.
La situation est en réalité plus subtile que ça, car il s’agit plutôt de curseurs qui ne sont, pour une solution comme pour l’autre, pas positionnée aux extrêmes de l’échelle entre création et contribution. Mais vous avez l’idée.
Il y a aussi les interrogations sur l’avenir de La Suite, par exemple :
- Les équipes seront-elles pérennisées ?
- Le projet lui-même survivra-t-il aux changements politiques à venir ? (élections de 2027, mais pas seulement)
- Est-ce à la DINUM non seulement de développer, mais aussi d’opérer/héberger les différents outils ?
- Quel sera le coût du maintien du code ?
- Quelles sont les articulations qui pourront être faites avec la société civile (dont Framasoft), les entreprises, et même avec les autres États ?
Tout cela est encore en construction. Mais quand on regarde la chronologie du rapport État // Numérique, et qu’on constate que La Suite a été annoncée il y a moins de deux ans, on peut aussi se dire que les réponses viendront en leur temps.
Concernant les critiques des éditeurs libres
C’est d’ailleurs pour cela que nous comprenons la frustration que certains éditeurs de logiciels libres ont pu exprimer. « Pourquoi développer des logiciels libres (de gestion de fichiers, par exemple) alors que des solutions libres existent déjà (Nextcloud, par exemple) ? ».
Cette critique nous paraît légitime dans son principe : lorsqu’un logiciel libre existe déjà, l’État doit pouvoir expliquer pourquoi il choisit de développer ou d’assembler autre chose.
Cependant, dans la forme de cette expression, nous avons surtout entendu la vexation que leur solution libre ne soit pas retenue.
Samuel Paccoud, chef de pôle de La Suite, répond plutôt clairement à cette critique dans le podcast « À la French » : dans une approche centrée sur l’utilisateur, il est souvent plus complexe, plus long, et souvent plus cher de travailler sur des dérivés de logiciels libres existants. Alors que construire sur des briques libres existantes, notamment les innombrables briques libres qu’il est possible d’assembler grâce à l’interopérabilité, peut être bien moins coûteux pour répondre aux besoins des utilisateur⋅ices.
Concernant les critiques des éditeurs non-libres
Mais le plus étonnant dans toute cette histoire, ça a sans doute été l’argument des éditeurs de logiciels propriétaires : « Oui, mais ça risque d’être la fin de la commande publique ! ! ! »
Tout doux, Bijou. Rappelons que ça n’est PAS le rôle d’un État de faire vivre cette commande publique. Le rôle de l’État, c’est ça :
la mission première de l’État est de permettre l’exercice de la souveraineté nationale qui appartient au peuple.
Ce n’est donc pas à l’État de financer des boîtes qui font du libre, et encore moins des boites qui font du propriétaire. C’est « logique » que l’État achète. Mais c’est pas un dû.
Donc venir couiner parce que l’État n’achèterait plus une licence Zoom (ou équivalent français), désolé, mais nous ne verserons aucune larme.
Ça serait d’ailleurs la même avec PeerTube : si l’État utilise massivement PeerTube et ne contribue pas, ça va nous fâcher, même si c’est un risque lorsque l’on fait du libre. Par contre, si l’État développe sa solution de diffusion de vidéos, en 100 % libre, et n’utilise pas PeerTube, Framasoft n’ira pas pleurnicher parce que Framasoft touche 0€. Comme tout éditeur de logiciel libre, nous aurons forcément envie de savoir pourquoi le choix serait de redévelopper une solution alors qu’une autre existe. Mais quiconque a déjà géré des projets logiciels sait que ces choix sont complexes et relèvent de nombreux facteurs.

Par ailleurs, imaginer que l’État renoncerait à la commande publique est un argument inepte. L’État va continuer à acheter des chaises, des stylos, des ordinateurs (peut être bientôt équipés Linux ?) et… des logiciels.
Regardez cette annexe du Projet de Loi de Finances 2026. Les dépenses en logiciels de l’État, c’est quand même approximativement 2 211 millions d’euros (2023) et 2 401 millions d’euros (2024) (cf. page 177 du PLF). Et on ne vous parle même pas du numérique en général (les serveurs, les ordis, les souris, etc.). Et là, on vient gueuler parce que l’État a investi quoi ? 30 ou 50 millions (soit 1 à 2 % du total) pour des logiciels utilisés par des centaines de milliers, voire des millions d’agents ?

Page 177 du rapport sur l’impact environnemental du budget de l’État présentant les dépenses de l’État concernant le numérique. Et, oui, on parle en millions d’euros, là…
Il faut savoir raison garder. Ces éditeurs ont surtout perçu qu’une partie de l’énorme manne d’argent public dont ils ont largement bénéficié pendant des décennies, souvent en gonflant très largement les factures, allait être un peu moins énorme. Et ils ont donc fait de la communication du lobbying.
Et quand on connaît la capacité de lobbying des éditeurs logiciels, reconnaissons à la DINUM qu’elle a fait un choix politique courageux. Et qui est en train de payer quand on regarde l’adoption croissante des outils de La Suite.
Cependant, restons vigilant⋅es, il y a fort à parier que les Capgemini, Sopra Steria, Microsoft & co. ne prendront pas cette défaite comme signifiant la fin du combat. Ils ont le temps et l’argent nécessaires pour faire pression aux bons niveaux institutionnels afin de faire abandonner un tel projet.
Y arriveront-ils ? Nous sommes prêt⋅es à parier que nous n’aurons pas à attendre 10 ans pour vous apporter la réponse.

Conclusion
Oui, certaines critiques faites à La Suite sont légitimes, notamment lorsqu’elles portent sur la réutilisation de logiciels libres existants, sur la contribution aux communs, sur la pérennité des équipes ou sur la place que doit occuper la DINUM dans l’exploitation de tels outils.
Mais non, cela ne suffit pas à conclure que La Suite serait une mauvaise idée.
À nos yeux, c’est au contraire une initiative précieuse, parce qu’elle rouvre un espace politique que l’État français a trop souvent laissé se refermer : celui d’un numérique public plus libre, moins dépendant d’éditeurs ou de cabinet de conseils dont l’objet est moins de servir la population que de se servir sur les institutions.

C’est trop long, j’ai pas le temps de tout lire
- L’État, au travers de sa Direction Interministérielle au Numérique, s’est mis a développer ses propres logiciels (libres).
- La Cour des Comptes, traumatisée par des échecs précédents, a fait son boulot en alertant sur des dérapages possibles. Mais au final, pour l’instant, les coûts n’ont pas dérapé, et ça se présente même plutôt bien.
- Les éditeurs de logiciels libres ont grincé des dents, légitimement, parce que la DINUM a fait des choix qui ne retenaient pas forcément leurs solutions développées avec amour. Mais l’État est, eh bien, souverain. Et s’il serait bon que les raisons de ces choix soient transparentes et puissent être débattues publiquement, les choix faits par la DINUM nous semblent cohérents.
- Les éditeurs de logiciels propriétaires crient au meurtre, affirmant que l’État doit passer par eux pour développer les logiciels utilisés par les agents de l’État, sinon ils ne pourraient pas se payer un troisième yacht. Mais il est bon de rappeler que ce sont nos impôts qui ont déjà payé les deux premiers, alors que le service rendu était parfois catastrophique. Et que les petits choux ont encore les dents largement suffisamment acérées pour se gaver sur la bête.
- La Suite a fait largement parler d’elle dans les médias (jusqu’au New-York Times). Et ça, c’est bon pour le libre et les communs numériques.
- Au vu des statistiques d’usage, bientôt une très large partie des agents publics utiliseront des logiciels libres collaboratifs dans leur quotidien. Et ça, ce n’était clairement pas un pari gagné.
Bref, arrêtons deux minutes de cracher dans la soupe : La Suite, c’est bien. C’est imparfait. Mais c’est bien.
Boite noire
Boite noire
Cet article est déjà bien long, mais l’auteur de ces lignes s’est dit que cela vaudrait la peine de faire une « boite noire » à la Médiapart (la moustache d’Edwy Plenel en moins).
Commençons par le début. Pourquoi Framasoft prend-elle la parole sur le sujet ?
Et bien pour au moins 2 raisons.
La première, c’est que nous en avons eu assez de répéter que nous souhaitions discuter à égalité avec les politiques. En effet, être élu, c’est évidemment un pouvoir, mais c’est aussi un devoir. Celui d’être au service de l’intérêt général. Or après plus d’une décennie de discussions avec des élus locaux ou régionaux, des secrétaires d’État, ou même des ministres, nous avons (comme beaucoup) eu un sentiment d’épuisement face aux comportements parfois plein de bonne volonté, parfois emplis de morgue et de suffisance. Épuisement renforcé par la technocratie intrinsèque à ce milieux, et par les calendriers électoraux, qui font qu’il est compliqué de nouer une relation de partenariat saine de plus de cinq ans avec un agent de l’État.
La seconde, c’est que le plaidoyer, c’est un métier.
Et un métier à temps plein. Un métier que nous respectons beaucoup, d’ailleurs. Big up aux camarades de l’April, évidemment. Mais aussi à celles et ceux de La Quadrature, d’Alternatiba, etc.
C’est d’ailleurs un ancien camarade de La Quadrature qui avait dit à l’auteur de ces lignes qu’il fallait trouver un équilibre entre les globules blancs (qui protègent et défendent le corps humain contre les agressions extérieures) et les globules rouges (qui transportent l’oxygène vers tous les organes et tissus du corps). Les deux sont indispensables, mais il est quasiment impossible d’être à la fois (ou même successivement) globule blanc, puis rouge.
C’est aussi pour cette raison que Framasoft signe peu de tribunes. Nous sommes humain⋅es, et notre énergie de globules rouges est donc limitée. Celle-ci est donc dirigée vers nos actions, qui sont – en toute humilité – tout à fait conséquentes pour une association de – seulement – 35 adhérent⋅es (vous pouvez lire notre rapport d’activité ou regarder nos statistiques pour vous en convaincre).
Alors, pourquoi cet article dix ans plus tard ?
Parce que les critiques adressées à La Suite nous paraissent, selon les cas, légitimes, exagérées ou franchement mal orientées. Et parce qu’au-delà du projet lui-même, ce débat dit beaucoup de la place du logiciel libre dans l’action publique.
Dans l’article, on voit que ce sont surtout les institutions (Sénat, Assemblée Nationale, Cour des Comptes) et les entreprises (du logiciel libre ou pas), qui se sont exprimées sur le sujet. Mais la société civile a peu pris la parole. C’est ce que nous essayons de faire aujourd’hui.
Nous souhaitions aussi, au travers de cet article, faire une rapide histoire du rapport entre l’État et le numérique libre. Et pour cela, nous avons fait le choix de remonter jusqu’à De Gaulle, car ce sont bien certaines décisions stratégiques de l’époque « pré-libre » qui nous ont mis dans la sauce.
Comme toute vision historique, la nôtre fait l’objet de choix et de biais. Cependant, je tiens à remercier chaleureusement Étienne Gonnu, chargé de mission Affaires Publiques à l’April, d’avoir bien voulu relire et amender cette partie là avant publication. L’April est probablement l’association la mieux placée aujourd’hui pour raconter cette histoire, et ses membres le feraient sans doute bien mieux que nous [rappelons au passage que Framasoft est membre de l’APRIL, donc tu es légitime, pyg 😉 NDLR]. Mais… on s’est dit qu’on allait se lancer, et que dans le pire des cas, cela donnerait envie à d’autre d’amender cette chronologie.
Enfin, pour l’anecdote, la rédaction de cet article s’est étalé sur près de trois semaines, essentiellement à temps perdu (souvent le soir et les week-ends). Il aura réclamé de très nombreuses heures de travail, essentiellement pour aller chercher les sources ou les vérifier (certains rapports ayant plus ou moins disparus d’Internet). Or, entre temps, les nouvelles concernant La Suite, et plus généralement la souveraineté numérique, ont continué de s’enchaîner.
-
- Le 24 février, c’était Samuel Paccoud, Chef de pôle de La Suite, qui était invité dans le podcast A la French.
- Quelques jours plus tard, le 7 mars, on apprenait que l’Education Nationale renouvelait son contrat avec Microsoft.
- Deux jours plus tard, le 9 mars, on apprend que c’est la DGFIP (les Impôts) qui pourrait migrer vers Linux
- Encore deux jours plus tard (11 mars), c’est la mise en ligne de l’audition de Henri Verdier (ancien directeur de la DINUM quand elle s’appelait encore DINSIC), entendu par la Commission « Dépendances structurelles et vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique » de l’Assemblée Nationale
Bref, « le monde il bouge, et il vous attend pas » (© OSS117), donc à un moment, il fallait bien clore cet article « critique des critiques », qui lui même fera l’objet, n’en doutons pas, de critiques (les commentaires du Framablog sont là pour ça). Si vous nous interpellez sur LinkedIn, il y a peu de chances qu’on vous réponde là-bas 😜 .
Pierre-Yves Gosset, le 13 mars 2026
Publié le 19.03.2026 à 10:21
Numérique : l’alternative ne viendra pas d’un champion européen, mais des communs
Face à l’hyper-domination États-unienne dans le numérique, l’idée d’un compétiteur européen fait rêver les politiques… et quelques entrepreneurs. Pourtant, cette voie nous paraît sans issue, comme nous l’écrivions dans une tribune du Journal l’Humanité parue le 21 janvier 2026, que nous reproduisons ici.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
- Cette (courte) tribune, parue dans l’Humanité fin janvier 2026, sur le fantasme de faire émerger, au niveau européen, un oligopole qui se poserait comme compétiteur aux GAFAM
- Un (long) article faisant l’historique entre l’Etat français et le logiciel libre, et précisant la position de Framasoft quant aux critiques faites à La Suite Numérique de la DINUM
- Un article rappelant un modèle qui a très bien fonctionné ces dernières années pour les petites communautés du logiciel libre (dont Framasoft) : les bourses NLnet (à paraître début avril 2026)
Un an après l’élection de Trump, le constat s’impose : les géants américains du numérique n’ont opposé aucune résistance au pouvoir politique. Derrière les discours sur l’innovation, la disruption, ou la neutralité technologique, leur docilité révèle une réalité plus profonde : les grandes plateformes numériques sont aujourd’hui le socle d’un appareil économique, politique et géostratégique, qui semble mis au service d’un fascisme qui ne prend même plus la peine d’avancer masqué.
Face à la domination technique et économique des Big Tech, un fantasme revient régulièrement dans le débat public européen : il faudrait bâtir un « Airbus du numérique », un champion industriel capable de rivaliser avec les géants américains. Cette solution a le mérite de la simplicité, mais elle a le défaut de ne pas s’attaquer au cœur du problème.
En effet, les GAFAM ne sont pas de simples entreprises dont les capitalisations boursières battent des records, année après année. Elles forment un oligopole technique mondial contrôlant infrastructures, données, logiciels et usages. Pour cela, elles s’appuient sur un modèle économique nouveau : le capitalisme de surveillance. Un système basé sur la centralisation des infrastructures et l’extraction massive de données personnelles visant à transformer nos comportements en marchandises.
L’histoire industrielle européenne nous a appris qu’Airbus n’a jamais été un contre-modèle au capitalisme, mais une adaptation à ses contraintes. Transposer cette logique au numérique, c’est ignorer la spécificité politique des technologies de l’information. Car ici, il ne s’agit pas seulement de produire, mais de piloter les infrastructures qui structurent le débat public, l’accès au savoir, les relations sociales ou le fonctionnement même des services publics.
En réalité, « l’Airbus du numérique » reproduirait les mêmes travers toxiques et délétères que ses concurrents : dépendance aux marchés financiers, gabegie d’argent public, course à la croissance, concentration des données, impacts écologiques délétères, etc. Nous ne combattrons pas le capitalisme par le capitalisme.
Sortir de la servitude volontaire aux GAFAM suppose donc un changement de cap plus radical : sortir du marché comme horizon unique du numérique. Cela passe par le développement et la reconnaissance des communs numériques : logiciels libres, infrastructures décentralisées, interopérables, gouvernées collectivement et ancrées dans les territoires.
Des alternatives existent déjà, parfois depuis des décennies. Elles sont portées par des associations, des coopératives, des collectivités, des institutions publiques. Elles sont certes bien moins visibles que les grandes plateformes car elles ne promettent ni croissance infinie, ni domination mondiale, mais elles proposent en revanche un contre-modèle bien plus robuste : un numérique au service de l’intérêt général, de l’autonomie et de la démocratie.
Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft
Tribune parue initialement dans l’Humanité, le 21 janvier 2026
Publié le 16.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 16 mars 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- La planète compte 400 milliardaires de plus qu’il y a un an et ils sont de plus en plus riches, selon le magazine Forbes (lemonde.fr)
Elon Musk arrive largement en tête du classement annuel du magazine américain des personnes les plus riches du monde. Ces derniers cumulent un patrimoine record de 20 100 milliards de dollars. La fortune de Donald Trump a augmenté de 27 %.
Voir aussi La fortune de Musk bat des records : pour l’atteindre, il faut multiplier par cinq celle de la famille Arnault (huffingtonpost.fr)
Avec une fortune estimée à 839 milliards de dollars dans le dernier classement de « Forbes », le patron de Tesla et de X dépasse très largement celui du groupe LVMH.
Pour Bernard Arnaud, pour rappel on a ceci.

- When Billionaires Can’t Get Their Money Out : What BlackRock’s $26 Billion Problem Means for You (kapindarsharma.medium.com)
- « 3 428 milliardaires saccagent la planète, et nous avec » (reporterre.net)
- En Australie, des crocodiles s’aventurent en ville à cause des inondations (reporterre.net)
- China approves ‘ethnic unity’ law requiring minorities to learn Mandarin (bbc.com)
- Inde : la fascisation à l’œuvre sous l’impulsion de Modi et du BJP (spectremedia.org)
- Qui est Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah Ali Khamenei, choisi comme nouveau guide suprême iranien ? (humanite.fr)
- La Turquie prépare-t-elle un nouveau bain de sang au Rojava ? (kurdistan-au-feminin.fr)
Malgré les pourparlers entre Damas et les autorités kurdes du Rojava, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour déstabiliser le Rojava.
- Allemagne : la stigmatisation de trois librairies de gauche vire à l’affaire d’État (actualitte.com)
De l’autre côté du Rhin, une récompense saluant chaque année le travail des libraires indépendants, dotée par le ministère de la Culture, suscite un intérêt peu commun. La liste des lauréats publiée en février 2026 aurait en effet été expurgée des noms de trois commerces engagés à gauche. La lutte contre « l’extrémisme » aurait motivé l’action du ministère, qui aurait par ailleurs dissimulé son intervention aux gérants des librairies.
- Swiss e-voting pilot can’t count 2,048 ballots after USB keys fail to decrypt them (theregister.com)
- La Belgique ne peut pas se permettre que Microsoft tombe en panne : Un signal d’alarme sur la souveraineté numérique (belibre.be – article de novembre 2025)
- “Dangereux et socialement inacceptable” : des experts s’opposent au déploiement précipité des contrôles d’âge (clubic.com)
430 chercheurs en sécurité informatique de 32 pays ont publié le 2 mars 2026 une lettre ouverte réclamant un moratoire sur les systèmes de vérification d’âge en ligne. Parmi eux, des chercheurs français d’Inria, de l’École polytechnique et de Télécom Paris.
- #ChatControl : les eurodéputé·es mettent fin à la surveillance de masse indiscriminée (next.ink) – voir aussi Historic Chat Control Vote in the EU Parliament : MEPs Vote to End Untargeted Mass Scanning of Private Chats (patrick-breyer.de)
In doing so, the Parliament firmly rejected the error-prone and unconstitutional surveillance practices of recent years. Pressure is now mounting on EU governments to respect the MEPs’ vote and bury untargeted mass surveillance in Europe once and for all.
- Android : l’Europe s’attaque au système secret de Google qui contrôle vos applications et veut une alternative open source (clubic.com)
- Interpellée par le logiciel libre, Bruxelles ajoute un .ods à sa consultation Cybersécurité (next.ink)
Il n’y a pas de petite victoire. La Document Foundation, qui pilote le développement de la suite bureautique libre et gratuite LibreOffice, s’est félicitée mardi 10 mars d’avoir obtenu gain de cause en 24 heures auprès de la Commission européenne.
- Au Portugal, « les discours de haine provoquent une amnésie dans la population » (politis.fr)
Au Portugal, le second tour de l’élection présidentielle a vu l’emporter le candidat socialiste de centre gauche António José Seguro. Toutefois, le parti populiste d’extrême droite Chega a réalisé une percée historique. Daniel Matias, traducteur littéraire et Portugais d’origine, s’inquiète de la stigmatisation des immigrés, qui pourtant font tourner le pays.
- UK startup raises $15M to build Europe’s sovereign alternative to biometric surveillance (biometricupdate.com)
- Les Ig Nobel, prix satirique, quittent les États-Unis pour la Suisse (courrierinternational.com)
- Cette statue de Donald Trump et Jeffrey Epstein installée à Washington recrée une scène culte de « Titanic » (huffingtonpost.fr)
Le groupe « La poignée de main secrète », à l’origine de l’installation, avait déjà mis en place une statue représentant les deux hommes dans la capitale fédérale américaine.
- Revers judiciaire pour Donald Trump, qui échoue à faire vaciller le patron de la Fed Jerome Powell (huffingtonpost.fr)
Un juge fédéral a annulé une démarche judiciaire contre le président de la Fed lancée par l’administration Trump.
- Ubuntu, Fedora, Linux Mint Discuss Age Verification Amid California Law Backlash (9to5linux.com)
The upcoming law mandates that OS providers and application developers implement age verification measures to protect minors online.
- An investigation of the forces behind the age-verification bills (lwn.net)
What started as curiosity about who was pushing these bills turned into documenting a coordinated influence operation that, from a privacy standpoint, is building surveillance infrastructure at the operating system level while the company behind it faces zero new requirements for its own platforms.
- Online Pharmacies Hawk Trans Drugs to Vulnerable Kids Without Requiring Prescription, Watchdog Warns (dailysignal.com)
A medical watchdog is calling on the Food and Drug Administration to investigate companies that allow Americans to purchase sex-rejecting drugs without a prescription, in pursuit of transgender identity.
- US : Près d’un tiers des Républicains de moins de 50 ans déclarent être racistes et un quart antisémites (legrandcontinent.eu)
- StorageReview Sets New Pi Record : 314 Trillion Digits on a Dell PowerEdge R7725 (storagereview.com)

- Why SETI Might Have Been Missing Alien Signals (seti.org) Turbulent plasma near distant stars could blur ultra-narrow signals before they leave their home star systems, making them difficult to detect.
Spécial IA
- ‘AI Is African Intelligence’ : The Workers Who Train AI Are Fighting Back (404media.co)
- Inside the Dirty, Dystopian World of AI Data Centers (theatlantic.com)
- OpenAI robotics leader resigns over concerns about surveillance and autonomous weapons amid Pentagon contract (fortune.com)

- AI CEOs Worry the Government Will Nationalize AI (yro.slashdot.org)
- ChatGPT, Other Chatbots Approved for Official Use in the Senate (nytimes.com)
New guidelines said Senate aides could use A.I. tools for official work, including research, drafting and editing documents, and preparing briefings and talking points for lawmakers.
- Anthropic Sues the Pentagon After Being Labeled a Threat To National Security (yro.slashdot.org) – voir aussi Anthropic sues US over blacklisting ; White House calls firm “radical left, woke” (arstechnica.com)

- Uploading Pirated Books via BitTorrent Qualifies as Fair Use, Meta Argues (torrentfreak.com)
To help train AI models, Meta and other tech companies have downloaded and shared pirated books via BitTorrent from Anna’s Archive and other shadow libraries. In an ongoing lawsuit, Meta now argues that uploading pirated books to strangers via BitTorrent qualifies as fair use. The company also stresses that the data helped establish U.S. global leadership in AI.
- Grammarly pulls AI author-impersonation tool after backlash (bbc.com)
Writing tool Grammarly has disabled an AI feature which mimicked personas of prominent writers, including Stephen King and scientist Carl Sagan, following a backlash from people impersonated.
- États-Unis : la presse tech durement touchée par l’essor des résumés IA de Google (next.ink)
- The Washington Post Is Using Reader Data to Set Subscription Prices. How Does That Work ? (washingtonian.com)
Some subscribers recently received a heads-up that they’re on the hook for a new rate “set by an algorithm using your personal data.”[…]The Post‘s use of algorithmic pricing is not surprising, given the newspaper’s recent fixation on artificial intelligence—consider its AI-powered search engine and robot-led podcast.
- Jack Dorsey’s Block Accused of ‘AI-Washing’ to Excuse Laying Off Nearly Half Its Workforce (it.slashdot.org)
- ChatGPT se trompe à plus de 50 % quand on l’interroge sur des urgences médicales (slate.fr)
- Le plus grand danger de l’IA à l’université n’est pas la triche, c’est l’érosion de l’apprentissage lui‑même (theconversation.com)
en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.
- IA : le modèle économique de ChatGPT repose sur les hallucinations (legrandcontinent.eu)
Afficher des choses fausses n’est pas un défaut de l’IA : c’est l’une de ses caractéristiques structurantes.
- BuzzFeed Nearing Bankruptcy After Disastrous Turn Toward AI (futurism.com)
- Silicon Valley is buzzing about this new idea : AI compute as compensation (businessinsider.com)
- After outages, Amazon to make senior engineers sign off on AI-assisted changes (arstechnica.com)
AWS has suffered at least two incidents linked to the use of AI coding assistants.
- AI can rewrite open source code—but can it rewrite the license, too ? (arstechnica.com)
“There is nothing ‘clean’ about a Large Language Model which has ingested the code it is being asked to reimplement,” Free Software Foundation Executive Director Zoë Kooyman told The Register.
- Debian decides not to decide on AI-generated contributions (lwn.net)
- L’économie du logiciel est-elle morte ? (linuxfr.org)
- MALUS : Liberate Open Source (malus.sh)
Clean Room as a Service. Finally, liberation from open source license obligations. Our proprietary AI robots independently recreate any open source project from scratch. The result ? Legally distinct code with corporate-friendly licensing. No attribution. No copyleft. No problems.
Voir aussi la vidéo de présentation au FOSDEM (fosdem.org)
- L’IA va t-elle rendre la cybersécurité obsolète ? Ou bien la Silicon Valley est-elle encore en train de fantasmer ? (zdnet.fr)
« Si le développeur du code propose l’outil de sécurité du code, n’est-ce pas comme si le renard gardait le poulailler ? »
- Checking an LLM’s work is a systemic, not an individual, problem. (productpicnic.beehiiv.com)
AI is a machine that turns quality assurance into burnout
- Judges Find AI Doesn’t Have Human Intelligence in Two New Court Cases (yro.slashdot.org)
The AI bots are machines, and portraying them as though they’re thinking creatures like artists or attorneys doesn’t change that, and shouldn’t.
- AI autocomplete doesn’t just change how you write. It changes how you think (scientificamerican.com)
AI-powered writing tools are increasingly integrated into our e-mails and phones. Now a new study finds biased AI suggestions can sway users’ beliefs

- Sam Altman Says Intelligence Will Be a Utility, and He’s Just the Man to Collect the Bills (gizmodo.com)
“Intelligence too cheap to meter” doesn’t quite come across the way Altman might intend.
- No, “AI” is not a Stochastic Parrot (medium.com/@margarmitchell)
- The AI Bubble Is An Information War (wheresyoured.at)
Spécial guerre au Moyen-Orient
- Face à la guerre en Iran, la Turquie tente d’éviter toute implication (orientxxi.info)
En bons termes avec l’administration de Donald Trump, mais brouillée avec Tel-Aviv, frontalière d’un Iran avec lequel elle entretient des relations aussi anciennes que complexes, Ankara a toutes les raisons de se sentir concernée par le conflit opposant l’alliance militaire israélo-étatsunienne à la République islamique.
- Pluie noire, fumée toxique… Les scientifiques alertent sur les conséquences des explosions à Téhéran (huffingtonpost.fr)
Alors que quatre dépôts pétroliers ont été frappés à Téhéran, en pleine offensive israélo-américaine, la capitale iranienne s’est retrouvée enveloppée dans un nuage de fumée noire.
Voir aussi Pluie noire à Téhéran : un cocktail chimique cancérigène menace 9 millions d’habitant·es (bonpote.com)

- Al Jazeera reports from Israeli bombing of Beirut apartment block (aljazeera.com)
- Lebanon : Israel Unlawfully Using White Phosphorus (hrw.org)
Human Rights Watch Verifies Use of Incendiary Weapon over Residential Areas in Southern Lebanon
- Israeli strike kills 12 healthcare workers in southern Lebanon (theguardian.com)
The facility was attacked on Friday night, bringing the toll of medical staff to 31 killed in past 12 days
- The Palestinians forced to demolish their own homes by Israel (aljazeera.com)
- La mini guerre mondiale pour le nouveau Moyen-Orient (legrandcontinent.eu)
Depuis le début des opérations Epic Fury et Roaring Lion le 28 février 2026, la guerre a changé d’échelle. D’une campagne israélo-américaine contre l’Iran, elle est devenue régionale et s’étend désormais à seize pays.
- US and Israel ‘would be banned from Scotland over illegal war’ (thenational.scot)
THE US and Israel’s attacks on Iran breached international law – so both nations’ militaries would be banned outright from an independent Scotland, John Swinney has said.
- Trump Surprised To Find He’s At War in Iran (doomsdayscenario.co)
Once his not-even-half-baked plan failed to materialize in Iran, it’s clear that there’s no Plan B.

- The Dangerous Mismatch Between American Missiles and Iranian Drones (theatlantic.com)
The United States, Israel, and their Gulf allies are using up scarce and costly munitions at an astounding rate. These losses can’t be replenished nearly quickly enough to avoid possible global repercussions, as far more formidable adversaries than Iran—Russia and China—assess the war-fighting capacity that America holds in reserve. If they conclude that the West has burned through too many interceptors to defend itself, Russia might pursue aggressive action against NATO, or China could move against Taiwan.
- Que risquent les personnes arrêtées pour avoir filmé les attaques iraniennes sur Dubaï ? (slate.fr)
Un sexagénaire britannique pensait simplement immortaliser un moment spectaculaire pendant ses vacances à Dubaï. Mais en filmant une attaque de missiles iraniens, il s’est retrouvé accusé de cybercriminalité et risque désormais la prison.
- Pourquoi la crise énergétique provoquée par la guerre en Iran est différente des chocs pétroliers des années 1970 (legrandcontinent.eu)

- Économie russe : après avoir bondi de 70 % depuis le début de la guerre contre l’Iran, le baril de brut russe se vend à son plus haut niveau depuis deux ans (legrandcontinent.eu)
- Ce que la guerre au Moyen-Orient dit des fragilités de notre système alimentaire (basta.media)
La France importe plus de 80 % de ses engrais, dont les prix s’envolent. La fermeture du détroit d’Ormuz rappelle l’urgence à sortir d’un modèle agricole accro aux énergies fossiles. D’autres voies existent, à rebours des orientations du gouvernement.
- Au Moyen-Orient, l’eau potable ciblée par les protagonistes de la guerre (reporterre.net)
- The Gulf built oil pipelines to avoid Hormuz. It’s now doing the same for data (restofworld.org)
Saudi Arabia, Qatar, and the UAE are financing competing data corridors through Syria, Iraq, and East Africa to bypass the two maritime choke points that threaten their digital connectivity.

- Des pirates pro-iraniens revendiquent une importante cyberattaque d’une entreprise médicale américaine (lemonde.fr)
Les systèmes informatiques de la société Stryker ont été en partie paralysés, et le contenu de certains appareils professionnels de salariés effacés à distance. Le groupe qui a revendiqué l’attaque est soupçonné d’être proche des services iraniens.
- Drone strikes halt a third of the world’s helium supply, threatening chip production (techspot.com)
The global helium market remains on edge as QatarEnergy’s massive Ras Laffan facility – responsible for nearly a third of the world’s supply – remains offline more than a week after Iranian drone strikes halted operations. The prolonged outage has highlighted vulnerabilities in the semiconductor supply chain, drawing renewed attention to the essential yet fragile nature of the helium trade.
- Iran Declares Google and Microsoft to Be Military Targets(futurism.com)
“The Americans should await our countermeasure and our painful response.”
Spécial femmes dans le monde
- À Gaza, Amnesty International alerte sur une crise sanitaire qui frappe les femmes et les filles (huffingtonpost.fr)
Dans un rapport publié après 29 mois de guerre, l’ONG décrit l’effondrement du système de santé dans l’enclave palestinienne et ses conséquences graves pour les femmes.
- Génocide à Gaza : Susan Sarandon blacklistée pour son soutien à la Palestine (humanite.fr)
Après avoir pris position contre le génocide en cours à Gaza, l’actrice Susan Sarandon a été virée par son agent et est désormais boycottée par l’industrie cinématographique aux États-Unis.
- Après leur silence pendant le chant de leur hymne national, cinq footballeuses iraniennes obtiennent l’asile en Australie (huffingtonpost.fr)
Après avoir refusé de chanter l’hymne iranien lors d’un match de la Coupe d’Asie féminine, plusieurs joueuses ont demandé protection en Australie, craignant des représailles à leur retour.
- Inside Kenya’s Femicide Crisis : Government Report Points to Danger at Home (africauncensored.online)
- Percée des idées masculinistes chez les hommes de la génération Z (lesnouvellesnews.fr)
Près d’un quart des hommes de la génération Z pensent que les femmes ne devraient pas être « trop indépendantes ou autosuffisantes », contre 12 % des boomers. Une vaste étude du King’s College, menée dans 29 pays, met en évidence une adhésion croissante aux idées masculinistes chez les jeunes hommes, creusant un fossé générationnel.

- The Fallout from Reporting on White Nationalism in Canada (thetyee.ca)
Journalist Rachel Gilmore published an investigation in The Tyee. The men she unmasked showed up to intimidate her in person.
- La médecin légiste de Jeffrey Epstein n’avait pas conclu au suicide lors de l’autopsie (slate.fr)
Kristin Roman a pratiqué l’examen du corps. Elle avait initialement refusé de trancher entre suicide et homicide, avant que la ville de New York ne classe l’affaire.
Voir aussi Jeffrey Epstein Prison Guard Googled Him Minutes Before Death And Made $5K Cash Deposit Days Earlier, DOJ Records Show (radaronline.com) et Why Epstein’s Prison Guard Is Now Under Scrutiny For His Death (forbes.com)

- Chili : les craintes des femmes et des sans-papiers face à l’arrivée de José Antonio Kast au pouvoir (rfi.fr)
L’ultra-conservateur, dont l’investiture est prévue ce mercredi 11 mars, est opposé à la pilule contraceptive ou encore à l’avortement. Au Chili, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est possible que dans trois cas : s’il y a une malformation du fœtus, si la vie de la femme est en danger, ou en cas de viol.
- The one thing everyone gets wrong about feminism (theguardian.com)
A 2025 study notes that in the US, “during the highly gender-specialised era of the 1960s, married women did seven times more housework and four times more childcare than their husbands”. Now, the study says, women do twice as much housework and childcare, which is both far from equal and far from what it was.
- Palantir CEO Makes Shocking Confession on Disrupting Democratic Power (newrepublic.com)
Palantir CEO Alex Karp thinks his AI technology will lessen the power of “highly educated, often female voters, who vote mostly Democrat” while increasing the power of working-class men. […] Karp’s message is loud and clear : My technology will take political capital away from one of your greatest enemies—liberal women with degrees—and give one of your favorite demographics to patronize—working-class men—more political power to transfer to you.
À ce sujet, on pourra réécouter ce que disait Peter Thiel (cofondateur de Palantir) dès 2010 (tube.fdn.fr) :
Maybe you could actually unilaterally change the world without having to constantly convince people and beg people and plead with people who are never going to agree with you – through technological means.Technology is this incredible alternative to politics

Spécial France
- Nicolas Sarkozy risque la pose d’un nouveau bracelet électronique après cette décision de justice (huffingtonpost.fr)
L’ancien président devra purger sa peine de six mois de prison ferme aménageable dans l’affaire Bygmalion, le tribunal correctionnel ayant refusé la confusion de cette peine avec celle du dossier Bismuth.
- Hélène, Bernard et ses fils : succession sans vergogne (arretsurimages.net)
- Une « victoire historique » pour le devoir de vigilance : Yves Rocher condamné à indemniser six salariés de filiales turques pour discrimination syndicale (humanite.fr)
- Cryptomonnaies : un couple des Yvelines dépouillé de 900 000 euros en bitcoin lors d’un home-jacking (huffingtonpost.fr)
le trio de malfaiteurs a sonné à l’entrée et annoncé « être policiers afin de se faire ouvrir la porte »
- Un chercheur français a découvert une faille béante dans l’IoT de Meari : plus d’1,1 million de babyphones et caméras sont exposés, dont certains sont vendus sous marque par Leroy Merlin, Fnac, Cdiscount ou Amazon. (clubic.com)
un broker MQTT sans aucune protection, accessible depuis n’importe quel navigateur, qui donne accès en temps réel aux flux vidéo de babyphones et caméras connectées à travers le monde. Derrière, 378 marques partagent le même backend défaillant
- Une révolution inattendue arrive pour les appels téléphoniques : Orange, Bouygues, Free et SFR vont-ils répondre présent ? (universfreebox.com)
Présentée lors du Mobile World Congress, une nouvelle technologie du géant des télécoms Deutsche Telekom va transformer les appels téléphoniques en y intégrant traduction instantanée, assistance et résumés automatiques grâce à l’intelligence artificielle directement intégrée à son réseau. Déployée prochainement en Allemagne, cette grande avancée va-t-elle faire des émules en France ?
À noter que Deutsche Telekom est déjà attaquée par un collectif allemand pour non respect de la neutralité du net : Epicenter.works, the Society for Civil Rights, the Federation of German Consumer Organizations, and Stanford Professor Barbara van Schewick are filing an official complaint with the Federal Network Agency against Deutsche Telekom’s unfair business practices. Voir aussi cette vidéo d’explication au DEnOG (media.ccc.de) (le FRnOG allemand).
- Yann LeCun, star française de l’IA, lève 890 millions d’euros pour sa start-up parisienne AMI (france24.com)
- Illégales, infaisables ou dispendieuses : les “drôles” de promesses technologiques pour les municipales de 2026 (synthmedia.fr)

- Hardware, câbles et logiciels, les raisons pour lesquelles la France n’est pas encore souveraine selon Henri Verdier (zdnet.fr)
L’ancien directeur de la Dinum prône une sensibilisation accrue aux alternatives souveraines :
– Le déploiement massif des communs numériques
– L’adoption systématique de logiciels libres
-L’utilisation de standards ouvertsÉcouter l’intervention (videos.assemblee-nationale.fr)
- « On vit dans un dépotoir numérique » : en Seine–Saint-Denis, les data centers dégradent le quotidien des riverains (synthmedia.fr)
- Collège : les « groupes de besoins » obligatoires en français et en maths finalement abandonnés (parents.fr)
Deux ans seulement après leur création, les « groupes de besoins » au collège disparaissent officiellement. Un décret publié ce jeudi 12 mars met fin à l’obligation d’organiser les cours de français et de mathématiques par groupes de niveau. […] Dès son annonce, le dispositif avait provoqué une forte opposition chez les enseignants et plusieurs syndicats. Beaucoup craignaient que ces groupes de niveau ne conduisent à trier les élèves trop tôt et à accentuer les inégalités scolaires. Certains enseignants estimaient également que l’organisation concrète était très difficile à mettre en place dans les établissements, notamment en raison du manque d’effectifs et de moyens.
- Tout comprendre à la situation financière des universités en trois minutes (alternatives-economiques.fr)
- À Paris, la prestigieuse université Panthéon-Sorbonne lance un cri d’alerte (huffingtonpost.fr)
Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public en France.
- À Paris, les SDF chassés en toute illégalité par les mairies d’arrondissement (streetpress.com)
- Saviez-vous que la loi oblige les maires à organiser la résilience alimentaire ? (basta.media)
Trois jours. C’est la durée des stocks alimentaires en cas de rupture d’approvisionnement. Alors que « tout est organisé pour diminuer le nombre de ceux qui nourrissent », Pierrick Berthou, agriculteur, rappelle les possibles à l’échelle des communes.
- “Les fumées rentrent directement dans les appartements”, des capteurs installés sur des balcons pour mesurer la pollution des bateaux (france3-regions.franceinfo.fr)
À Ajaccio, de petits capteurs installés sur les balcons des riverains du port permettent de mesurer en temps réel la pollution liée aux navires. Ce projet européen vise à compléter les données existantes et à mieux comprendre l’impact des émissions sur l’air que respirent les habitants, pour mieux envisager des solutions.
- « Ici, tant pis pour ceux qui meurent » : à Fos-sur-Mer, les malades passent après les industries (reporterre.net)
Spécial femmes en France
- Après une comparaison sexiste entre femmes et eau, le coach sportif Quentin Rivoire publie une vidéo d’excuses et plaide l’humour (huffingtonpost.fr)
- Selon l’Arcom, la voix des femmes reste au second plan sur les plateaux télé (telerama.fr)
Temps de parole inférieur, moins de reportages, invités surtout masculins… Excepté pour les présentatrices, la parité est loin d’être respectée dans l’audiovisuel français, pointe le rapport publié ce 12 mars. Sans compter les discriminations quotidiennes.
Spécial médias et pouvoir
- En amont des municipales, X et TikTok présentent un biais vers l’extrême droite (next.ink) – voir aussi Municipales 2026 : X et TikTok favorisent l’extrême droite (synthmedia.fr)

- Pourquoi Bernard Arnault veut contrôler toute la presse économique ? (humanite.fr)
Syndicats, journalistes et Reporters sans frontières se sont rassemblés jeudi 12 mars devant le Conseil d’État à Paris. En jeu, la vente du magazine Challenges à Bernard Arnault et l’application du règlement européen sur la liberté des médias. Entretien avec Thibaut Bruttin, directeur de RSF, pour comprendre ce qu’il se joue.
- Iran : la propagande israélienne « en exclusivité » sur Franceinfo (politis.fr)
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a pu dérouler tranquillement son argumentaire guerrier à l’antenne, face à un intervieweur qui a tout fait pour ne pas froisser son invité. Et tant pis pour la propagande glaçante et les mensonges.
- “Comment continuer à informer sous pression ?” La presse locale fragilisée, RSF tire le signal d’alarme (telerama.fr)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Le Livret A financera en partie le programme nucléaire de nouveaux réacteurs EPR (lemonde.fr) Le Livret A financera à hauteur de 60 % ce programme nucléaire, a annoncé l’Elysée à l’issue d’un Conseil de politique nucléaire tenu en présence d’Emmanuel Macron sur le chantier de la future centrale de Penly (Seine-Maritime).
- « Jusqu’à 650 milliards d’euros », la relance du nucléaire est une bombe budgétaire (reporterre.net)
- Après avoir calomnié Francesca Albanese, Jean-Noël Barrot rétropédale (humanite.fr)
- Éric Dupond-Moretti pourrait être nommé Défenseur des droits. Les protestations pleuvent (lesnouvellesnews.fr)
Au terme du mandat de Claire Hédon, Emmanuel Macron envisagerait de nommer Éric Dupond-Moretti Défenseur des Droits. Si beaucoup crient au copinage, des associations s’inquiètent du sort réservé aux « victimes de violences sexuelles et aux enfants. »
- Tant pis pour la souveraineté numérique ? L’Éducation nationale signe 4 ans de plus avec Microsoft (01net.com)
Pourtant, cette décision contrevient aux directives de l’État. En France, les administrations et les établissements de l’Enseignement supérieur ne peuvent pas choisir n’importe quel fournisseur de cloud ou de solutions numériques. La doctrine « Cloud au centre de l’État » impose par exemple le recours à un fournisseur labellisé SecNumCloud (le plus haut niveau de cybersécurité) pour l’hébergement de toutes les données sensibles de l’État et d’acteurs publics. Ce label, qui inclut une clause d’immunité aux lois extraterritoriales, exclut de fait les géants du cloud américains comme Amazon, Microsoft Azure et Google Cloud, tous trois soumis à la loi « Fisa » et au « Cloud Act ».
- La privatisation des démarches de cartes grises a conduit à des “fraudes massives”, selon la Cour des comptes (franceinfo.fr)
D’après un rapport de l’institution, des “garages fictifs” ont permis d’immatriculer frauduleusement “près d’un million de véhicules”.
- En Bretagne, l’État veut tuer dans l’oeuf une décision importante sur les pesticides (reporterre.net)
Le Sage n’est toujours pas signé et c’est encore une victoire pour les syndicats pro-pesticides. Voilà près d’un an qu’ils freinent la révision de la gestion de l’eau en Bretagne. L’État les soutient et joue la montre.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne (mediapart.fr)
Le militant tué à Lyon gravitait depuis plusieurs années dans les cercles néofascistes locaux. Des milliers de posts anonymes sur X retrouvés par « Mediapart » montrent l’étendue de sa pensée raciste et antisémite, construite autour d’une glorification du fascisme et une nostalgie du nazisme.
Voir aussi « Moi je soutiens Adolf, mais chacun son truc » : les posts de Quentin Deranque sur X, une idéologie néonazie assumée (humanite.fr)
- Némésis : photographiée réalisant une gestuelle néonazie, Alice Cordier évoque une référence… au rap (humanite.fr)
- Yaël Braun-Pivet « horrifiée » par les révélations de « Mediapart » mais assume l’hommage à Quentin Deranque (huffingtonpost.fr)

- Une minute de silence qui ne passe pas (blogs.mediapart.fr)
Comment expliquer que la quasi-totalité de la représentation nationale se soit associée sans la moindre protestation à cette minute de silence en hommage à un militant d’une extrême droite qui se situe aux antipodes des valeurs humanistes et démocrates dont se targue la République française ?
- Extrême droite Municipales 2026, « A la reconquête de nom ville » : à Versailles, Reconquête bâcle ses professions de foi (liberation.fr)
Le parti d’Eric Zemmour a oublié de noter le nom de la ville des Yvelines dans les tracts de sa candidate aux élections municipales. Une bourde qui s’ajoute aux différentes polémiques sur le site internet de Sarah Knafo, candidate Reconquête à Paris, ou sur des propos racistes tenus par des militants.

- Ces maires qui ont tenté de restreindre le droit de grève (en vain) (basta.media)
Les maires peuvent restreindre le droit de grève de leurs agents grâce à une loi de 2019. Plusieurs édiles, y compris de gauche, ont tenté de le faire. Ces décisions soulignent l’autoritarisme de certains maires-employeurs qui méprisent le dialogue social.
- Vols, tentatives de cambriolage : une journaliste du « Monde », spécialiste des PFAS, dépose plainte (reporterre.net)
- Pris pour un cambrioleur chez lui : un jeune homme de 19 ans accuse la BAC de l’avoir “passé à tabac” (france3-regions.franceinfo.fr)
Une famille a porté plainte à Toulouse après l’agression au domicile de leur fils par des policiers de la BAC le 27 février 2026. Croyant à un cambriolage, les forces de l’ordre ont roué de coups le jeune homme de 19 ans avant de quitter les lieux sans appeler les secours.
Spécial résistances
- À Lyon, une grande marche contre le racisme en réponse à la manifestation néofasciste pour Quentin Deranque (basta.media)
Plus de 100 marches contre le racisme se tiendront ce 14 mars, veille des élections municipales. À Lyon, la manifestation prend des allures de réponse politique après la mort du militant néofasciste Quentin Deranque.

- « Il faut décortiquer leurs discours » (lempaille.fr)
Un collectif sétois s’est monté pour s’opposer localement à la montée de l’extrême droite. Entre une distribution de leur feuille d’infos et l’organisation d’une journée de conférences, rencontre avec deux militant·es infatigables, Daniel et Jeanne.
- Plus de 200 personnes contre l’association Familya, critiquée pour ses liens avec l’extrême droite (leprogres.fr)
derrière sa « vitrine respectable » (conseils conjugaux, médiation familiale…), Familya servirait « une vision traditionaliste et normative de la famille ».
- RSA : des allocataires portent plainte contre le département du Finistère (politis.fr)
Six allocataires du RSA, soutenus par la CGT, ont porté plainte, dans le Finistère, contre le président du conseil départemental, Maël de Calan, pour « harcèlement moral institutionnel ». Ils dénoncent une série de contrôles administratifs jugés intrusifs et excessifs.
- Qui terrorise qui ? Chroniques du procès des inculpé·es du 8/12 (rebellyon.info) – voir aussi le podcast de l’émission Minuit Décousu : avec les inculpe-e-s du 8 decembre 2020 : quand l’antiterroristes toque a la porte et avec les inculpés -e-s du 8 décembre 2020 : qui terrorise qui ? le petit théâtre de la justice d’exception (actualitedesluttes.info)
Spécial outils de résistance
- Indextrême : Geste SS (indextreme.fr)
- Bascule autoritaire : un manuel pour résister (revuesilence.net)
À l’automne 2025, le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) a publié un Manuel citoyen pour une défense civile non-violente. Son but ? Se préparer à réagir et résister par les armes de la non-violence en cas de coup d’État, d’occupation militaire ou de venue au pouvoir d’un régime autoritaire.
- La Base de données d’infiltré·e·s traduite en français (nantes.indymedia.org)
La Base de données d’infiltré·e·s est une base de données recensant les cas d’infiltré·e·s à long terme qui ont ciblé des groupes engagés dans des activités subversives au 21ème siècle. Son but est d’aider les anarchistes et autres rebelles à comprendre comment les infiltré·e·s opèrent. - The No-AI list (noai.starlightnet.work)
A list of projects that pledged not to use AI or are disrupting it.
- Anti Gen AI Heroes : Alexia keeps a list of ai-free software (stopgenai.com)
- Réagir aux violences en ligne – Un guide au service des femmes (regulation-tech.cnam.fr)

- Nos sexes sont politiques : manuel illustré d’anatomie génitale (documentation.planning-familial.org)
Spécial GAFAM et cie
- Google Spends $1 Million On AI-Generated Kids Videos While Slop Floods YouTube (kotaku.com)
After years of struggling to get freaky children’s content in order on YouTube, the company goes full throttle
- After complaints, Google will make it easier to disable gen AI search in Photos (arstechnica.com)
- À Châteauroux, Google avance masqué : les dessous d’un projet de data center XXL (multinationales.org)
À une dizaine de kilomètres de Châteauroux, Google envisage d’implanter un immense data center sur 195 hectares, son premier en France […] Très peu d’informations filtrent sur le terrain, malgré les questionnements sur son impact écologique et ses réels bienfaits.
- Meta acquires Moltbook, the AI agent social network (arstechnica.com)
Meta has acquired Moltbook, the Reddit-esque simulated social network made up of AI agents that went viral a few weeks ago. The company will hire Moltbook creator Matt Schlicht and his business partner, Ben Parr, to work within Meta Superintelligence Labs.
- Meta reportedly plans sweeping layoffs as AI costs increase (theguardian.com)
Meta is planning sweeping layoffs that could affect 20 % or more of the company, three sources familiar with the matter told Reuters, as Meta seeks to offset costly artificial intelligence infrastructure bets and prepare for greater efficiency brought about by AI-assisted workers.
- Meta to Shut Down Instagram End-to-End Encrypted Chat Support Starting May 2026 (thehackernews.com)
Les autres lectures de la semaine
- Gen Zers Are Canceling Spotify and Buying CDs Instead—Here’s Why (newsweek.com)
“We’re all waking up to the fact that we basically own nothing,” Amity said. “Not movies, shows, songs, art, games—it’s all borrowed in a place that it can be deleted forever despite paying for it.”
- De l’Iran à la surveillance de masse : la double guerre de Palantir (legrandcontinent.eu)
- « La guerre est indissociable d’un système qui détruit la planète » (reporterre.net)
- Flambée des prix du pétrole et du gaz : « La vraie question, c’est : est-ce qu’on a besoin d’autant d’énergie ? » (reporterre.net)
- 6 h 30, une violente déflagration secoue la mine… Il y a 120 ans, la catastrophe de Courrières faisait au moins 1 099 morts (humanite.fr)
- Quel avenir pour le municipalisme ? Retour sur les expériences de Barcelone et de Madrid (theconversation.com)
- Dans une société capitaliste, nos épuisements sont politiques (reporterre.net)
- Pourquoi les végétaux des milieux extrêmes sont‑ils souvent en forme de boule ? (theconversation.com)
- Cécité, droits des femmes et biologie (linuxfr.org)
- Perception de la douleur et approche sociétale de l’endométriose (blogs.mediapart.fr)
- Sophie Oluwole, la pionnière nigériane qui a redéfini la philosophie (theconversation.com)
- ‘Viking’ was a job description, not a matter of heredity, massive ancient DNA study shows (science.org)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Rêve
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Les vidéos/podcasts de la semaine
- Ada Palmer : print revolution vs digital revolution (tube.fdn.fr)
- L’Éducation nationale prolonge un contrat avec Microsoft (contre ses propres consignes et celles de l’Etat) (radiofrance.fr)
- “On ne peut pas”libérer” l’Iran en le bombardant” (blast-info.fr)
- A better world is possible (tube.fdn.fr)
- Peut-on être LGBT+ et d’extrême-droite ? (tube.fdn.fr)
- Municipales : pourquoi Knafo déteste les femmes ? (spoiler : car elle est d’extrême droite) (humanite.fr)

- Redskins et punks, des bandes(-sons) antifascistes (radiofrance.fr)
- Des dieux imparfaits : que veut nous dire Homère ? (radiofrance.fr)
Dans les épopées d’Homère, les dieux ne sont pas parfaits : ils se disputent, mentent, trahissent, prennent parti. Ils ressemblent en somme aux humains par leurs passions et leurs défauts. Pourquoi Homère choisit-il de représenter des dieux imparfaits ?
- Micheline Gambaretti, la détective privée qui traque les pollueurs dans le Finistère (splann.org)
- Les cancers du sein, de la prostate, du sang ou encore du pancréas sont plus rares chez les végétarien·nes (radiofrance.fr)
- La Gen Z fait des blagues sur l’avortement et c’est une bonne nouvelle ! (humanite.fr)
- À tisser, la mémoire du féminisme en ligne. Pour fêter les 30 ans des Pénélopes, une interview d’une de leurs fondatrices, Joelle Palmieri (joellepalmieri.org). Toutes les interviews du projet À tisser se trouvent par ici.
Les trucs chouettes de la semaine
- Libre circulation : la justice européenne impose la reconnaissance de l’identité de genre (stophomophobie.com)
La CJUE a rendu une décision importante pour les droits des personnes transgenres dans l’Union européenne. Dans un arrêt publié ce 12 mars 2026, la juridiction estime qu’un État membre ne peut pas refuser de délivrer des documents d’identité conformes à l’identité de genre d’un·e citoyen·ne lorsque cette identité a été légalement reconnue dans un autre pays de l’Union.
- Forbidding generative AI and LLMs on Pepper&Carrot (davidrevoy.com)

- L’administration fiscale dit non à Microsoft et choisit Linux ! (generation-nt.com)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
Publié le 10.03.2026 à 08:44
Agent automate et insoumission : faut-il désynchroniser ?
L’émergence contemporaine de l’intelligence artificielle, et plus spécifiquement son glissement vers l’agent autonome, marque une rupture épistémologique que la pensée critique ne peut plus ignorer sous peine de sombrer dans l’anachronisme. Nous avons quitté l’ère du programme-outil pour celle de l’opérateur capable de naviguer, de manipuler et de s’autocorriger. Cette mutation n’est pas une simple avancée incrémentale, mais l’aboutissement d’une trajectoire historique dont il faut saisir la profondeur pour armer notre résistance. Ce billet est surtout prospectif, il ne relève pas d’une pensée aboutie et encore moins prescriptive.
Éviter l’anachronisme
Historiquement, la machine était conçue comme une extension de l’organe ou une prothèse de l’intellect. C’est le concept d’outil chez Simondon. Ce dernier montrait que l’évolution technique tend vers la concrétisation : la machine devient de plus en plus cohérente en elle-même, la fonction implique la transformation de la machine (l’idée du progrès au XVIIIe siècle). Avec l’IA contemporaine (oui, parce qu’on parle d’IA depuis bien, bien longtemps), on quitte le stade de la simple prothèse (qui exécute une commande) pour entrer dans celui de l’agent (qui interprète une intention et produit une stratégie). La machine n’est plus seulement au bout de l’esprit, elle commence à occuper l’espace de la décision intermédiaire.
L’agentivité autonome actuelle rompt avec la linéarité qu’on tend généralement à supposer lorsqu’on parle d’histoire des techniques (si on n’est pas historien des techniques, la plupart du temps, c’est ainsi qu’on voit les choses). Le système technique n’est plus un simple intermédiaire entre une intention et un résultat, mais un dispositif capable de définir ses propres sous-objectifs et de corriger ses trajectoires d’exécution en temps réel. Cette autonomie opérationnelle déplace le curseur de la décision, créant un système technique où l’opérateur humain intervient par la consigne de haut niveau plutôt que par le pilotage de précision. Et le paradoxe, c’est que ce faisant, nous créons un système hiérarchique radical dans lequel la plupart des opérateurs humains deviennent eux-mêmes des rouages, lorsque par exemple l’algorithme impose sa loi au livreur, au manutentionnaire, au vendeur. Toutes les professions, y compris les plus intellectuelles, sont désormais destinées à produire ce que Cory Doctorow nomme des centaures inversés.
La violence technologique que je mentionne ces derniers temps dans mes écrits m’inspirant de la pensée de Detlef Hartmann, se superpose à cette lecture. Dans le capitalisme industriel, les individus sont dépossédés de leur autonomie et rendus étrangers à leur propre activité. Dès les années 1970-1980, cette logique d’aliénation s’étend de la production industrielle à la production symbolique et intellectuelle par l’informatisation des tâches, toujours au service du contrôle et de la rationalisation capitalistes. La violence technologique prolonge ainsi la violence structurelle du capital en cherchant à formater les dimensions qualitatives de l’existence humaine (l’intuition, l’émotion, l’imaginaire) selon les exigences d’un ordre rationnel formel. Cette normalisation constitue une violence en ce qu’elle privilégie l’accumulation et le contrôle, réduit la richesse des facultés humaines à des catégories limitées et entrave les pratiques d’émancipation ainsi que la capacité collective à transformer consciemment le monde.
L’introduction des agents dans le système technique numérique modifie la structure de la preuve et de la responsabilité technique. Dans le paradigme du logiciel classique, la réponse est déterministe et traçable dans le code. Avec les modèles d’action autonomes, le système procède par inférences probabilistes et par itérations imprévisibles sur des interfaces tierces. Cette opacité du processus décisionnel, cette boîte noire, remet en cause l’imaginaire de la maîtrise technique, où l’utilisateur est censé comprendre et contrôler chaque étape de la transformation du réel par la machine (même si dans bien des cas, c’est vraiment imaginaire).
En s’extrayant de la simple génération de texte pour interagir directement avec les systèmes d’exploitation et les réseaux, les modèles d’IA aujourd’hui créent un nouveau milieu. Elles deviennent des acteurs dans l’infrastructure numérique. Elles imposent une cohabitation dans laquelle les processus automatisés s’autoalimentent, réduisant ainsi la latence entre la conception et l’application, mais augmentant radicalement la complexité du système technique global.
L’anachronisme consiste à s’obstiner à analyser l’IA comme un simple automate sophistiqué. La spécificité de l’agent autonome réside dans sa capacité de planification et d’adaptation face à l’imprévu. Ignorer cette dimension conduit à une méprise sur la nature même de la puissance de calcul contemporaine : elle n’est plus seulement quantitative (vitesse de traitement), mais qualitative (capacité de médiation et de substitution dans des tâches cognitives et décisionnelles complexes).

Mechanical Head (The Spirit of Our Time), Raoul Hausmann (env. 1920). Wikipedia
L’IA dans l’histoire de l’arraisonnement technique
Pour comprendre l’IA, il faut l’inscrire dans l’histoire de l’informatisation des organisations amorcée dans les années 1960-1970. Nous sommes alors passés d’un moment technique à un autre, entre « faire travailler les machines » à notre place, à la constitution de « systèmes d’information ». Cela a transformé l’ordinateur en un pivot du management, visant la quantification du réel, et en particulier la productivité de l’homme et son comportement (marketing). Déjà à cette époque, le discours sur la « neutralité technique » servait de paravent à une volonté de monitoring social et de rationalisation productiviste.
Je ne peux m’empêcher de penser (c’est peut-être justement un réflexe anachronique, donc : prudence) que l’IA générative contemporaine marque l’aboutissement technique de ce que Marx nommait le « sujet automate » : un stade dans lequel le système de machinerie ne se contente plus d’assister l’homme, mais s’autonomise pour devenir un processus de production de valeur dont l’humain n’est plus que l’accessoire. Dans cette configuration, l’IA n’est plus un outil inerte, mais un agent capable de gérer ses propres itérations. Dans un récent article Matt Shumer (oui, encore un entrepreneur de l’IA, mais on peut aussi le lire, ce n’est pas inutile), mentionne le modèle GPT-5.3 Codex : la machine contribue désormais à sa propre création en déboguant son code de formation et en optimisant elle-même son déploiement. En fermant cette boucle de rétroaction, l’IA instaure un métabolisme technique qui s’autoalimente : elle écrit le code des générations futures, créant une accélération où la puissance de calcul se valorise elle-même.
Cette mutation transforme notre rôle : nous passons du statut d’opérateur pilotant une machine, ou d’opérateur annexe à la machine (le livreur surveillé par l’algorithme qui lui dit où déposer le colis et en combien de temps) à celui de simple fournisseur de ressources. À moins de faire partie d’une élite des big tech, nous sommes en train de passer du statut déjà peu enviable de périphérique biologique d’un système algorithmique à celui d’un terreau d’où le système extrait les données nécessaires à sa propre maintenance. Il en résulte une « seconde nature » technologique, telle que décrite par Jacques Ellul et Langdon Winner : un environnement si totalisant et si profondément imbriqué dans nos formes de vie qu’il devient invisible à nos yeux. Nous basculons alors dans un somnambulisme technologique, acceptant comme inéluctable un cadre de vie où la technologie dicte ses propres normes de fonctionnement1.
Le braconnage culturel est-il une impasse ?
Ces deux dernières années, je me suis appuyé sur deux concepts qui permettent de se figurer des méthodes d’émancipation de ce cadre de vie ainsi imposé. Celui de mètis repris de James Scott, dans L’œil de l’État, et celui de braconnage culturel, repris de Michel de Certeau, dans L’invention du quotidien (voir la troisième section de cet article). Autant mener résistance contre un système totalitaire par la ruse laisse au moins un horizon ouvert de techniques à tester et à éprouver (on pense par exemple au Fediverse et ses protocoles), autant les tactiques de M. de Certeau me semblent désormais quelque peu obsolètes. Que nous dit M. de Certeau ? Il nous parle des tactiques du quotidien qui permettent, par des usages imprévus, de détourner l’ordre imposé. J’y voyais comme lui autant d’actes possibles de résistance, comme détourner des objets de leurs finalités ordonnées par leur marchandisation. Souvenez-vous par exemple de la Pirate Box qu’il était possible d’installer sur un routeur TP-Link. Mais aujourd’hui, nous devons affronter quelque chose de beaucoup plus brutal : l’IA générative semble immunisée contre ce braconnage car elle ne se contente plus de prescrire un usage… elle l’absorbe.
Le braconnier joue sur les failles d’un système rigide. L’agent IA, lui, est par définition malléable et adore les déviations. Chaque tentative de détournement devient une nouvelle donnée d’entraînement, une itération supplémentaire qui permet au système de corriger ses erreurs et d’intégrer la subversion dans sa propre logique formelle. Le système se fiche du sens de votre révolte tant qu’il peut en modéliser le comportement. Le braconnage numérique risque donc de n’être qu’une collaboration involontaire à l’emprise algorithmique « voulez-vous que je vous aide à créer votre Pirate Box ? »
Quelle mètis pour l’insoumission ?
Dès lors, il ne s’agit plus de ruser dans le système, mais de ruser contre son intelligibilité. Notre mètis doit devenir une intelligence de la désynchronisation :
- Le sabotage de la prédictibilité : puisque le capitalisme de surveillance tend à une augmentation des degrés de certitude, l’insoumission passe par l’injection de « bruit » et l’entretien de zones de haute tension identitaire. On peut penser aux pratiques de data obfuscation. Il faut refuser la standardisation des subjectivités en multipliant les appartenances contradictoires que l’algorithme ne peut réduire à un profil de consommation cohérent. Hélas, le principal biais de cette approche, c’est l’épuisement à transformer notre quotidien en lutte permanente, coûteuse et aux résultats incertains, contre des machines qui, elles, ne s’épuisent pas. Reste à s’appuyer sur le droit et les garde-fous de type RGPD et AI-Act… suffiront-ils ? j’ai des doutes.
- Désynchroniser nos pratiques de l’ordre imposé : face à l’agent qui navigue pour nous, la ruse consiste à restaurer notre propre encapacitation par le recours aux Communs numériques et aux low-tech. C’est une forme de « désapprentissage » de la dépendance. L’objectif est de reconstruire des espaces d’autonomie technique où l’on refuse la médiation de l’agent propriétaire. Là, le logiciel libre a toutes ses cartes à jouer, et c’est maintenant ! il est presque déjà trop tard. À trop dénigrer les LLM et les services qui emmerdifient le web, nous avons laissé passer le train de l’adoption des usages : la seule solution consiste selon moi à utiliser les modèles existant et les détourner. C’est une réminiscence du braconnage culturel que je mentionnais plus haut, sauf qu’ici, il s’agit d’un geste technique, qui implique des communautés, et non plus le quotidien personnel de chacun de nous. Nous devons braconner ensemble. De petits LLM à l’usage concret et frugal.
- L’action préfigurative : j’en parle dans ce billet. Il s’agit de créer des « archipels » de liberté numérique qui échappent physiquement et logiquement au contrôle centralisé. Cela revient à refuser le somnambulisme technologique en organisant des espaces dans lesquels la créativité, le partage et la solidarité redeviennent les mesures de l’intérêt du monde numérique.
En acceptant les modèles d’IA comme des auxiliaires « pratiques », nous signons un contrat dont les clauses d’aliénation ne nous seront révélées qu’une fois que le verrouillage socio-technique sera total. Nous devons donc politiser non pas seulement l’usage, mais les conditions de possibilité de ces techniques. Si un système technique exige pour fonctionner une structure de commandement hiérarchique ou une extraction illimitée de données, il doit être combattu en tant qu’artefact intrinsèquement autoritaire. Notre mètis ne doit plus être celle du braconnier qui se cache dans la forêt, mais celle du constructeur d’une autre forêt, impénétrable (ou le moins possible).
Un monde sans les IA d’aujourd’hui (à moins d’une catastrophe) n’est plus envisageable. Et jamais, nous n’avons été autant dépossédés de notre cadre de vie. La menace est trop grande pour que nous puissions nous payer le luxe d’ignorer ou faire semblant d’éviter cet avancement technologique brutal et foudroyant. La question ne se limite plus à se demander si chacun d’entre nous utilise ou pas ces technologies. Elles s’imposent partout, et s’imposeront encore. Je ne vois donc qu’une seule possibilité : ruser. Ruser en utilisant ces techniques, en y opposant d’autres savoirs (et c’est en cela que la mètis est le miroir inversé de la technè) et en leur volant de la valeur. La transformer en commun. D’abord par la connaissance et la réappropriation cognitive, ensuite en désynchronisant l’usage de l’autorité.
Idées en vrac et à réfléchir ensemble :
- des SLM (Small Language Models) à usage concret et frugal (avec une sorte de Huggingface vraiment communautaire, spécialisation fine de type LoRA),
- des espaces numériques où la créativité redevient le moteur de la valeur ajoutée (un web off-line first, flux RSS, pages statiques, Fediverse),
- reformer un web à part, un web « des gens », sans usages imposés, et lui aussi frugal.
- Autres idées ? c’est le moment :)
- Je reprends ici deux expressions de Langdon Winner, dans La baleine et le réacteur, dont je conseille vivement la lecture.↩︎
Image d’entête de l’article : Parallax Immersion, de Thomas Canto, par Alessandra Ioalè, 2014 (source).
Publié le 09.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 9 mars 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Le réchauffement climatique s’emballe depuis 2015 (reporterre.net)
Si le rythme du réchauffement observé ces dix dernières années se maintient, le seuil de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris sera durablement dépassé avant 2030

- La montée des eaux est largement sous-estimée, selon une étude (reporterre.net)
La montée du niveau des océans est sous-estimée d’environ 0,3 mètre en moyenne, selon une étude de deux chercheureuses de l’Université de Wageningue aux Pays-Bas publiée mercredi 4 mars dans la revue Nature. À plusieurs endroits comme les régions d’Asie du Sud-Est et du Pacifique, déjà très exposées aux inondations et au risque de submersion, les écarts pourraient même atteindre 1 à 1,5 mètre. Pour parvenir à de telles conclusions, les scientifiques ont analysé 385 études sur l’exposition côtière et l’évaluation des risques publiées entre 2009 et 2025 ainsi que des données satellitaires. Ils se sont rendu compte que la majorité de ces études utilisaient une méthodologie qui prenait en compte la gravité et la rotation de la Terre, mais pas les marées, les courants ni les vents. Résultat : la mer a été mesurée comme si elle était toujours calme.
- Pire que la clope, la chaise (lagedefaire-lejournal.fr))
Selon l’OMS, la sédentarité est devenue le premier facteur de mortalité prématurée évitable, devant le tabac. Une épidémie mondiale qui tient à nos modes de vie où travail, loisirs et déplacements se font de plus en plus souvent en position assise.
- Qualcomm CEO : ‘Resistance is futile’ as 6G mobile revolution approaches (fortune.com)
- Global economy must stop pandering to ‘frivolous desires of ultra-rich’, says UN expert (theguardian.com)
- Ultratechnologique et pronucléaire… La Chine lance son plan quinquennal (reporterre.net)
- China Enacts Sweeping Secrecy Law in Uyghur Region to Silence Witnesses and Bury Evidence of Crimes (uyghurtimes.com)
A new law is in effect in Uyghur region — and it tells government workers what they cannot say, where they cannot travel, and who they cannot talk to, for the rest of their lives if necessary.
- De Telegram à la prison : le Kremlin criminalise la vie quotidienne des Russes (legrandcontinent.eu)
Chanter dans la rue, partager des messages ou des photos sur Telegram : dans la Russie de Poutine, des pratiques autrefois banales sont devenues des crimes punis par un État répressif.
- En Europe, les ferries émettent autant de CO2 que 6,6 millions de voitures (reporterre.net)
Les ferries émettent chaque année, dans les seuls ports européens, autant de CO2 que 6,6 millions de voitures. Soit 13,4 millions de tonnes de CO2 estimées en 2023. C’est l’un des chiffres phares qui ressort du rapport publié le 3 mars par l’ONG Transport & Environment (T&E).
- Des chercheurs alertent sur les dangers de la généralisation de la vérification d’âge (next.ink)
Dans une lettre ouverte, 371 chercheuses et chercheurs de 30 pays s’opposent à la généralisation de la vérification d’âge imposée aux différents services en ligne par de nombreuses législations dans le monde sans que les implications sur la sécurité, la vie privée, l’égalité et la liberté aient été prises en compte.
Voir aussi Publication d’une lettre ouverte contre les lois imposant la vérification d’âge sur les sites, notamment signée par des experts en cybersécurité. (csa-scientist-open-letter.org)

- Réseaux sociaux addictifs : l’offensive des Big Tech à Bruxelles (multinationales.org) – voir aussi Addicted to the algorithm (corporateeurope.org)
How Big Tech lobbies to keep us hooked on social media
- The Government Uses Targeted Advertising to Track Your Location. Here’s What We Need to Do. (eff.org)
We’ve all had the unsettling experience of seeing an ad online that reveals just how much advertisers know about our lives. You’re right to be disturbed. Those very same online ad systems have been used by the government to warrantlessly track peoples’ locations, new reporting has confirmed.
- « À court de larmes » : traumatisés par le scandale des PFAS, les États-Unis cherchent une issue (reporterre.net)
- Procédure bâillon : la condamnation de Greenpeace confirmée, l’ONG risque la banqueroute aux États-Unis (humanite.fr)
- États-Unis : le Kansas, champion de la transphobie (politis.fr)
- Un « Walk of shame » sur l’affaire Epstein apparaît dans ce parc de Washington (huffingtonpost.fr)
Des étoiles aux noms de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, Bill Clinton, Bill Gates ou encore le Prince Andrew ont été installées près de la Maison-Blanche.[…] Une étoile à l’effigie d’Elon Musk, le patron de Tesla, aurait également été placée sur le « Chemin de la Honte », mais elle a rapidement été arrachée.
- Des activistes autochtones empêchent la privatisation des fleuves en Amazonie (basta.media)
Après 33 jours de mobilisations, des centaines de militantEs autochtones ont mis fin à un projet de privatisation de voies navigables au Brésil qui aurait bénéficié au géant du négoce états-unien Cargill.
- Après la fuite d’un gazoduc, le Pérou en état de crise énergétique (humanite.fr)
Le gouvernement péruvien a mis en place des restrictions d’usage du gaz naturel et du carburant après un incident survenu dimanche 1er mars sur un pipeline du sud du pays andin. Dans plusieurs régions, les files d’attente se multiplient devant les stations-service.
- Des chercheureuses ont mis des tardigrades dans du sol martien, ils n’ont pas du tout apprécié (slate.fr)
RIP
- Remembering ‘Diamond’ Dave Whitaker (missionlocal.org)
- “Diamond” Dave Whitaker (80over80sf.org)
Diamond Dave should need no introduction. He is a literal legend of the beatnik and hippie era. He knows all the “hipstory” there is to tell. He was one of the people who set Bob Dylan on his path in life. He was one of the first radio hosts on KPOO.
Spécial IA
- Iran War Provides a Large-Scale Test For AI-Assisted Warfare (tech.slashdot.org)

- Pentagon Refuses to Say If AI Was Used to Select Elementary School as Bombing Target (futurism.com)
- OpenAI Blurs Its Mass Surveillance Red Line With New Pentagon Contract (forbes.com)
Anthropic saw a surveillance problem and walked. OpenAI saw an opportunity and signed. Now, Sam Altman is under fire for struggling to explain how OpenAI’s contract is any safer.
- Quit ChatGPT : right now ! Your subscription is bankrolling authoritarianism (theguardian.com) – voir aussi “Ne soutenez pas ce régime fasciste” : le boycott de ChatGPT prend de l’ampleur, plus d’un million de personnes ont déjà rejoint QuitGPT (lesnumeriques.com) et ChatGPT uninstalls surged by 295 % after DoD deal (techcrunch.com)
- Anthropic’s Claude grabs top spot in App Store after Trump’s ban (engadget.com)
The AI chatbot topped OpenAI’s ChatGPT app on Apple’s charts for “free” apps.
- OpenAI amends Pentagon deal as Sam Altman admits it looks ‘sloppy’ (theguardian.com)
ChatGPT owner’s CEO says it will bar its technology being used for mass surveillance or by intelligence services
- Altman said no to military AI abuses – then signed Pentagon deal anyway (theregister.com)
OpenAI CEO’s principles lasted about 12 hours before $200M check arrived

- Derrière la polémique entre Trump et Anthropic, les enjeux de l’usage militaire de l’IA (next.ink)
Claude d’Anthropic a été utilisé par l’armée des États-Unis dans son attaque de l’Iran. Alors que le CEO de l’entreprise s’y oppose depuis quelques jours, le moment révèle à la fois le nouveau palier que l’industrie de l’IA a franchi dans le déploiement de ses technologies et la tentative de maîtrise du secteur par le gouvernement des États-Unis.
- Microsoft gets tired of “Microslop,” bans the word on its Discord, then locks the server after backlash (windowslatest.com)
Microsoft’s aggressive AI push in Windows 11 through 2025 brought upon themselves the title Microslop. Unfortunately for the company, it’s everywhere on social media, and there isn’t a way to stop the spread, unless, of course, it’s their own Discord server.
- Hackerbot-claw : un bot exploite GitHub Actions et vide le dépôt de Trivy (next.ink)
Un bot alimenté a utilisé les GitHub Actions pour compromettre des dépôts GitHub. Ironie du sort, il a piraté un scanner de sécurité (vulnérabilité, mauvaises configurations…), publié une extension VS Code malveillante et renommé le dépôt (en privé).
- OpenAI is developing alternative to Microsoft’s GitHub (reuters.com)
- Your LLM Doesn’t Write Correct Code. It Writes Plausible Code. (blog.katanaquant.com)

- AI Translations Are Adding ‘Hallucinations’ to Wikipedia Articles (404media.co)
- The world’s most unreliable encyclopaedia : Elon Musk’s AI Wikipedia alternative is distorting the truth about Northern Ireland, defaming, and perversely altering history (belfasttelegraph.co.uk)
From Bloody Sunday to RHI, Gerry Adams, Bobby Sands, and Michael Stone, Elon Musk’s Grokipedia is spreading dangerous lies about Northern Ireland.
- Musk fails to block California data disclosure law he fears will ruin xAI (arstechnica.com)
Musk can’t convince judge public doesn’t care about where AI training data comes from.
- Comment les entreprises de la tech nous forcent à utiliser l’IA (limitesnumeriques.fr)
- Qui sont les spin doctors de la tech qui influencent le pape sur l’IA ? (synthmedia.fr)
- AI-generated art can’t be copyrighted after Supreme Court declines to review the rule (theverge.com)
The country’s highest judicial court won’t reconsider a decision that determined AI-created art is ineligible for copyright protection.
- L’IA en route vers un krach historique ? Un ex-patron de Goldman Sachs tire la sonnette d’alarme (slate.fr)
Face aux investissements records observés dans le domaine de l’intelligence artificielle, l’expert financier Lloyd Blankfein redoute une bulle spéculative et voit dans l’emballement actuel les prémices d’une crise comme celle des subprimes en 2008.
Spécial guerres en Iran, au Liban, en Palestine…
- Hacked Tehran traffic cameras fed Israeli intelligence before strike on Khamenei (calcalistech.com)
- La guerre en Iran a changé d’échelle : 5 points pour comprendre l’essentiel de ce qui se passe depuis hier au Moyen-Orient (legrandcontinent.eu)
- Cartographier les frappes à Téhéran, en Iran et au Moyen-Orient : que s’est-il passé depuis hier ? (legrandcontinent.eu)

- Pourquoi l’Iran a‑t‑il frappé plusieurs États du Golfe ? (theconversation.com)
Les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran au cours du week-end ont de nouveau plongé la région dans la guerre et ont entraîné la mort du guide suprême iranien. L’Iran a riposté par des salves de missiles balistiques et de drones visant Israël, mais aussi plusieurs de ses voisins du Golfe persique.
- L’eau potable : le talon d’Achille des pays du Golfe face aux frappes iraniennes ? (legrandcontinent.eu)
Alors que les stocks de missiles intercepteurs diminuent sous l’effet de la guerre d’usure menée par Téhéran, le régime iranien pourrait, pour intensifier l’escalade, élargir ses frappes au-delà des infrastructures énergétiques et commencer à cibler des infrastructures civiles vitales, telles que les usines de dessalement d’eau.
- Amazon cloud unit’s data centers in UAE, Bahrain damaged in drone strikes (reuters.com)
- De Gaza à l’Iran, la loi du plus fort s’impose (orientxxi.info)

- Israël envahit le Liban et ordonne l’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth, stop à l’agression ! (revolutionpermanente.fr)
Depuis le 2 mars Israël a rouvert le front de guerre avec le Liban. Le pays a ordonné l’évacuation de 8 % du territoire libanais et pourrait lancer une offensive terrestre d’ampleur, tandis qu’il ordonne l’évacuation du sud du pays et de l’intégralité de la banlieue sud de Beyrouth. De son côté, le gouvernement libanais s’est montré volontaire dans la collaboration active avec Israël.
- Israël se prépare à une invasion en profondeur du territoire libanais (legrandcontinent.eu)
- L’armée israélienne à nouveau accusée d’utiliser du phosphore blanc dans ses bombardements au sud du Liban (libnanews.com)
- L’extension territoriale d’Israël depuis octobre 2023 (orientxxi.info)
- Forty nations meet in The Hague to discuss measures against Israel’s West Bank annexation (middleeasteye.net)
The Hague Group conference pledges to ensure accountability for international crimes and prevent arms and material support from reaching Israel
- U.S. Troops Were Told Iran War Is for “Armageddon,” Return of Jesus (jonathanlarsen.substack.com)
Advocacy group reports commanders giving similar messages at more than 30 installations in every branch of the military
- Après avoir laissé entendre l’inverse, Trump assure ne pas avoir été entraîné par Israël dans la guerre contre l’Iran (huffingtonpost.fr)

- Rubio Says US Had to Strike Iran Because Iran Would Defend Itself If Attacked (truthout.org)
a circular explanation that appeared to pass the buck for the aggression to Israel, despite reports that Israeli leaders have been coordinating a joint attack with the U.S. for months.
- Lack of a clear Iran plan could suck US into a long conflict : ‘Where does this go ?’ (theguardian.com)
- Iran war : Will Europe’s split on US strikes backfire ? (dw.com)
Spain says the US and Israel have breached international law, Germany says it’s no time to lecture allies. Even legal experts are split. Critics warn that reluctance to call out unlawful conduct could come back to bite.
- Guerre en Iran : à quoi va servir le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée ? (huffingtonpost.fr)

- Donald Trump menace d’arrêter le commerce avec l’Espagne, après que celle-ci a refusé à l’aviation américaine l’accès à des bases militaires (lemonde.fr)
Le président américain reproche également à Madrid de « n’avoir pas accepté de consacrer 5 % » de son PIB à des dépenses en matière de défense, comme le veut le nouvel objectif de l’OTAN.
- Frappes au Moyen-Orient : les prix du pétrole déjà affectés (reporterre.net)
Les frappes étasuniennes et israéliennes au Moyen-Orient affectent déjà le cours du pétrole. De quoi interroger la dépendance mondiale à l’or noir, et pousser une transition énergétique et des infrastructures locales et résilientes.
- Guerre au Moyen-Orient : Wall Street flanche dans le sillage des Bourses européennes (france24.com)
- Iran : comment le détroit d’Ormuz peut bloquer l’économie mondiale (bonpote.com)
Spécial femmes dans le monde
- Le changement climatique exacerbe les violences contre les femmes (reporterre.net)
- Two Ugandan women detained after allegedly kissing in public (bbc.com)
- Epstein files show a financier obsessed with excluding women from science and tech (plus.flux.community)
Thousands of released documents show how infamous sex criminal used his riches to fund misogyny and suppress female researchers
- DOJ admits 47,635 Epstein files – including Trump allegations – were removed (independent.co.uk)
- De Washington aux pays du Sud : l’offensive anti-genre et anti-avortement (cetri.be)
Le vice-président des États Unis JD Vance durcit sa croisade anti genre et anti-avortement et compte désormais l’exporter vers les pays du Sud. L’extension inédite de la « Règle du bâillon mondial » et l’activisme autour de la « Déclaration du consensus de Genève » créent un nouveau cadre politique et financier qui remplace peu à peu les politiques de santé publique par des programmes anti-genre.
- Femmes et cyberviolences (1/4) : un état des lieux documenté, genré, et difficile à ignorer (clubic.com)
- Meta-prédateurs : quand la Silicon Valley réarme le harcèlement de rue (synthmedia.fr)
Faut-il vraiment parler d’innovation au sujet des montures connectées de Meta, ou plutôt d’une régression anti-féministe ?
- Féministes contre la marche à la guerre et l’armement des génocides (politis.fr)
Face au réarmement et à la militarisation des sociétés européennes, des militantes féministes et antiracistes alertent sur l’économie de guerre qui s’installe. Elles appellent à lier luttes sociales, décoloniales et antimilitaristes pour faire front contre le fascisme.

- Victoire de Ma Voix Mon Choix pour un avortement libre et gratuit dans l’UE (lesnouvellesnews.fr)
Grâce à l’initiative citoyenne Ma Voix Mon Choix, des fonds européens pourront désormais financer l’accès à l’IVG pour toutes les femmes, dans tous dans les pays de l’Union Européenne.
Voir aussi Les femmes européennes pourront désormais avorter gratuitement dans le pays membre de leur choix (lareleveetlapeste.fr)
C’est une magnifique victoire pour toutes les femmes de l’Union Européenne. Après trois ans de combat, le mouvement “Ma Voix Mon Choix”, et les 1,12 million de personnes ayant signé la pétition, ont obtenu une avancée majeure. La Commission européenne s’engage à utiliser des fonds européens pour permettre à toute femme de l’Union qui ne peux pas avorter dans son pays de le faire ailleurs en Europe. L’avortement, le suivi médical, les frais de transport. Tout pourra être gratuit ou remboursé selon la décision du pays d’accueil.
- Danish Women Are Fashion-Bombing Statues to Protest Most Statues Being Dead Guys (jezebel.com)
Women are knitting and crocheting clothes for the few female statues to make a wholesome statement about the country’s monuments.
- L’économie féministe depuis l’Argentine et Abya Yala (contretemps.eu)
Au printemps 2025 se sont tenues les rencontres d’économie féministe d’Abya Yala, à Buenos Aires. Abya Yala signifie “notre terre” en langue du peuple originaire Kuna ; il est utilisé en remplacement de terme colonial “Amérique”. Avec Corina Rodríguez Enríquez et Flora Partenio, toutes deux chercheuses impliquées dans ces élaborations, nous revenons sur les enjeux de l’économie féministe, notamment depuis Abya Yala.
- Coopération internationale, les femmes doivent accéder au pouvoir (humanite.fr)
Luc Arnaud, Directeur général du Gret, ONG de solidarité internationale plaide pour une transformation des modes de délibération collective afin qu’ils contribuent à l’égalité entre les femmes et les hommes en permettant aux femmes d’accéder au pouvoir de décision.

Spécial France
- Aux Municipales, on ne vote pas pour un maire. Voici un guide simple pour comprendre le scrutin de liste (france3-regions.franceinfo.fr)
- Tous les ennuis judiciaires de Rachida Dati sont répertoriés sur ce site, et ça l’agace beaucoup (huffingtonpost.fr)
- YGGtorrent – Fin de partie (yggleak.top)
Détournement de cartes bancaires et fingerprinting abusif de ses 6.6 millions d’utilisateurs, DDoS des concurrents, blanchiment de millions d’euros via des montages sophistiqués, fausses identités fabriquées à partir de CNI volées. Dans ce leak vous allez découvrir les coulisses du plus gros tracker torrent francophone.
- Un piratage lié à l’Office français de l’immigration a permis de voler des données (kulturegeek.fr)
Une cyberattaque ciblant un sous-traitant de l’OFII a exposé les données personnelles de milliers de ressortissants étrangers en France. L’organisme confirme le vol et annonce une plainte.
- « Ce médicament, c’est une bombe nucléaire » : des victimes des fluoroquinolones témoignent (politis.fr)
Face aux douleurs et au déni du monde médical, les victimes des fluoroquinolones se battent. Pour être reconnues, soignées, et obtenir réparation.
- Dégâts « irréversibles » : une usine de ballons dirigeables s’apprête à détruire des zones humides (reporterre.net)
- Les mares ne pourront pas être transformées en bassines agricoles, tranche le Conseil d’État (reporterre.net)
- Pollution aux PFAS dans les champs : « Le monde agricole va tomber de haut » (disclose.ngo)
Spécial femmes en France
- La justice reconnaît le lien direct entre cancer du sein et travail de nuit (humanite.fr)
Ce 3 mars, le tribunal administratif de Marseille a reconnu que le cancer du sein d’une infirmière était une maladie professionnelle, après avoir travaillé de nuit pendant plus de 20 ans.
- Le « gender gap » se creuse chez les adolescent·es (lesnouvellesnews.fr)
Une étude de l’Ifop alerte : un « clivage de genre béant » s’ouvre entre les adolescent·es. Les filles sont plus féministes que les garçons. Et, face au masculinisme montant, le retard de l’éducation féministe à la vie affective et sexuelle laisse l’écart se creuser.

- Sexisme dans les médias : environ 75 % des personnes mentionnées dans les articles sont des hommes (reporterre.net)
- Métiers artistiques : les écarts de revenus entre femmes et hommes se creusent (lesnouvellesnews.fr)
Le Syndicat national des Artistes Plasticien.nes dénonce la précarité des métiers des arts visuels et graphiques. Pire : les écarts de revenus entre les femmes et les hommes se creusent. Focus sur l’industrie de la bande dessinée où les autrices gagnent en moyenne deux fois moins que leurs confrères.
- Municipales : en tête de liste, les femmes très largement sous-représentées, surtout à droite (politis.fr)
Le ministère de l’Intérieur a publié l’intégralité des listes qui se présentent aux élections municipales. Et le constat est sans appel : la très grande majorité des têtes de liste sont des hommes. Et même quand les femmes le sont, elles ont moins de chance d’être élues.
- Fiona Texeire : « Il existe encore des conseils municipaux 100 % masculins » (revueladeferlante.fr)
Pour la première fois, lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, l’obligation de parité concernera aussi les listes présentées dans les communes de moins de 1 000 habitant·es.
- Pour des villes féministes : ces communes qui montrent l’exemple (oxfamfrance.org)
À l’approche des Municipales et l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Oxfam publie le rapport « Pour des villes féministes » qui met en lumière les bonnes pratiques déployées par des communes françaises en faveur de l’égalité de genre.
- Violences conjugales : le 3919 de plus en plus visé par des attaques masculinistes coordonnées (huffingtonpost.fr)
La ligne d’écoute et d’orientation pour les femmes victimes de violence, qui enregistre un nombre d’appel record en 2025, doit aussi gérer des coups de fil « malveillants ».
- « Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême » (basta.media)
Némésis, qui menaçait de mener des actions coup de poing dans les manifestations féministes du 8 mars, a finalement annoncé y renoncer. À quelles fins ce collectif « fémonationaliste » tente-t-il d’instrumentaliser les droits des femmes ?
- Manif 8 mars : Némésis ne participera pas mais veut toujours falsifier les luttes (lesnouvellesnews.fr)
Les féministes sont soulagées de voir le groupe d’extrême droite Némésis hors de la manifestation du 8 mars… et plus inquiètes de le voir prendre la lumière avec ses idées antiféministes.

- À Marseille, l’un des cadres de la liste Renaissance en garde à vue pour violences sexuelles (huffingtonpost.fr)
- Pour le 8 mars, le « ministre des victimes » fait du viol un sous-crime (syndicat-magistrature.fr)
À quelques jours de la journée du 8 mars, et alors que la France a été condamnée à plusieurs reprises par la CEDH pour n’avoir pas empêché la victimisation secondaire des victimes de violences sexuelles durant leur parcours judiciaire, Gérald Darmanin, auto-proclamé ministre des victimes, choisit de présenter un nouveau projet : juger les crimes de viol en un jour.
- Le rappeur Naps, condamné pour viol, remis en liberté sous contrôle judiciaire (huffingtonpost.fr)
L’auteur du tube « La Kiffance » avait été condamné en février à sept ans de prison avec mandat de dépôt pour avoir violé une femme en 2021.
Spécial médias et pouvoir
- Les médias dominants veulent dominer sans entraves (acrimed.org)
Réserver une conférence de presse à des médias numériques alternatifs ? La presse traditionnelle est sous le choc et dénonce une atteinte à sa « liberté ». Davantage qu’une « simple » éruption corporatiste, les cris d’orfraie témoignent d’une résistance farouche à toute remise en cause des rapports de pouvoir (et de classe) qui structurent le champ journalistique.
- Pour forcer l’Arcom à sanctionner CNews et Europe 1, ces expert·es du droit saisissent le Conseil d’État (huffingtonpost.fr)
Relais de la parole toujours plus décomplexée de l’extrême droite, les médias de Vincent Bolloré sont ciblés pour leur manque de pluralisme à l’approche des municipales.[…] ce ne sont pas moins de 57 universitaires spécialistes du droit qui ont lancé cette procédure d’urgence dans le but de dénoncer le manque de pluralisme sur les antennes de la chaîne d’information en continu et de la radio.
- Némésis et les guet-apens néonazis : où est l’info de l’Huma dans les médias ? (arretsurimages.net) – voir aussi Némésis et les guet-apens néonazis : mais où est donc passée l’info de L’Huma dans les médias ? (politis.fr)
- Face à LFI : le règne des interrogatoires (acrimed.org)
- Les Unes de la presse écrite contre Mélenchon et LFI (acrimed.org)
- Iran : lobbying pro-chah dans les médias français (acrimed.org)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Emmanuel Macron propose d’étendre la dissuasion nucléaire française au reste de l’Europe (slate.fr)
En proposant de déployer temporairement des capacités nucléaires françaises chez des alliés européens, Paris opère un tournant stratégique inédit depuis la création de la force de frappe.

Voir aussi Course à l’armement nucléaire : la France accélère (reporterre.net) - Ruptures conventionnelles : le nouveau prétexte pour réduire les droits au chômage (frustrationmagazine.fr)
- À Menton, Louis Sarkozy découvre que la vie politique ne se résume pas à la filiation (huffingtonpost.fr)
« Si j’arrive en troisième position, ça voudra dire que Menton me dit : “Je ne suis pas une fille facile, il faut recommencer, un an c’était trop vite, trop fort, trop rapide, pour me séduire” »

- L’État a discrètement versé, en 2025, 100 millions d’euros supplémentaires au concessionnaire de l’A69, Atosca. (reporterre.net)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Mort de Quentin Deranque : « Le Progrès » révèle un document décisif qui éclaire les conditions de son décès (huffingtonpost.fr)
Dans une vidéo tournée quelques minutes après que le jeune homme a reçu des coups à la tête, on entend ses amis lui recommander de ne pas aller à l’hôpital.
Voir aussi Mort de Quentin Deranque à Lyon : de nouvelles images le montrent en première ligne de la bagarre (blast-info.fr)

- France. La fabrique des OQTF (orientxxi.info)
Les obligations de quitter le territoire français (OQTF) sont devenues un marqueur récurrent du débat public sur l’immigration en France. Derrière ce sigle se cache une réalité administrative souvent méconnue, propice aux simplifications et aux récupérations politiques. Mais cette mesure est surtout un mécanisme qui conduit à priver des milliers de personnes de leurs droits fondamentaux.
- Projet de loi polices municipales, blanc-seing pour la Technopolice municipale (laquadrature.net)
- Polices municipales : des effectifs en hausse… sans effet évident sur la délinquance (theconversation.com)
- La France : troisième pays européen où il y a le plus de procédure-bâillons (lareleveetlapeste.fr)
Diffamation, secret des affaires, lois antiterroristes détournées : les puissants ont transformé la justice en machine à broyer. L’objectif n’est pas de gagner : c’est d’épuiser. Financièrement d’abord – une procédure peut coûter entre 3 000 et 30 000 euros à la partie défenderesse, parfois bien davantage.
- La Maison de l’Argentine à Paris investie par l’extrême droite (blogs.mediapart.fr)
Polémique autour du retrait d’une plaque commémorative en hommage aux 30 000 disparu.es de la dictature argentine et de l’utilisation des locaux par l’extrême droite
- “Un niveau a été dépassé” : victime d’une agression physique, la députée LFI du Puy-de-Dôme Marianne Maximi dépose plainte (larep.fr)
À force de répéter que les personnes qui luttent contre l’extrême droite sont devenues le danger dans le pays et que l’extrême droite est une force respectable, il y a des conséquences concrètes sur le terrain […] Ceux qui participent à ça, sont responsables de ce que cela crée. Ce climat national détestable a des conséquences locales.
- Menacée au couteau en pleine rue, cette candidate LFI aux municipales porte plainte (huffingtonpost.fr)
Vendredi soir, Jamila Haddoum a été agressée, menacée et insultée dans le centre-ville de Strasbourg alors qu’elle se trouvait avec ses enfants.
- “Mon nom figure sur la liste des 25 gauchistes à tuer”, un militant LFI porte plainte pour menaces de mort, injures racistes et homophobes (france3-regions.franceinfo.fr)
- Au tribunal : deux salles, deux ambiances (blast-info.fr)
Dans une salle du tribunal, on juge un élu parisien pour usage et détention de vidéos pédopornographiques. Dans une autre, ce sont trois hommes qui ont volé la vaisselle de l’Élysée.
Spécial résistances
- Wauquiez, crotte de nez ! (mailchi.mp)
Scoop ! La France a découvert le 12 février dernier que les violences masculines tuent. Mais cela n’était pas à l’occasion d’un féminicide (qui survient tous les deux jours en moyenne en France). Et la minute de silence n’était pas pour nos mortes. Au 26 février 2026, on dénombrait 16 féminicides depuis le début de l’année. En 2025, 167 femmes ont été tuées par des hommes en raison de leur genre, 141 en 2024, 136 en 2023. ça en fait des minutes de silence, non ? De quoi faire taire nos députés un long moment. Les portraits de ces femmes ne sont pas affichés sur la façade de l’hôtel de région. Wauquiez-crotte-de-nez a, par contre, jugé bon d’afficher le portrait d’un militant néo-fasciste.
Nous serons dans la rue le 8 mars pour dire non aux fachos qui piétinent les droits des femmes.
- Grève féministe et solidarité au-delà des frontières : où manifester le 8 mars (basta.media)
Le 8 mars sera l’occasion pour les mouvements féministes de rappeler que l’égalité est loin d’être acquise. Dans un contexte de guerres, d’austérité budgétaire et de menaces de l’extrême droite, une centaine de manifestations sont annoncées.
- À Marseille, la broderie comme résistance féministe (medfeminiswiya.net)
Chaque mois à Marseille, des femmes de tous horizons se réunissent pour broder ensemble, des portraits de femmes victimes de féminicides politiques. Ensemble autour d’une même banderole, elles redonnent vie à ces héroïnes.
- En solidarité avec LFI et l’antifascisme. Construire un front social antifasciste et antiraciste (contretemps.eu)
- « On fait le travail de la préfecture » : des habitants expulsent des machines de l’A69 (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Manuel d’action pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles (noustoutes.org)
- Créer un sondage ou une enquête quand on est un collectif féministe (dinah.eu.org)
- WhatsApp chez les militantEs ? coup de gueule ! (tutox.fr)
- « Les Jours » recensent toutes les casseroles des députés RN (lesjours.fr)
Racisme, antisémitisme, condamnations judiciaires… Notre trombinoscope expose les brebis galeuses du Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

- Municipales : la carte des 170 « brebis galeuses » du RN (streetpress.com – à regarder avec l’extension Behind The Overlay ou en configurant uBlock Origin si on ne veut pas donner de mail)
- Comme un air de haine (airdehaine.fr)
Contrairement à une idée désormais acquise dans la population et dans les rédactions de la presse télévisée, le parti de Marine Le Pen n’a pas changé. On y trouve toujours des antisémites, des racistes, des complotistes et en périphérie, des groupuscules néo-nazi violents. Tout cela est largement documenté par la presse. Nous avons décidé de compiler ici les liens vers ces articles et d’apporter quelques informations supplémentaires lorsque cela est possible.
- Quelques autres outils : https://poligraph.fr/ ; https://clair.vote ; https://datan.fr ; https://politiwiki.fr
Spécial GAFAM et cie
- La Commission européenne sanctionne lourdement Google pour abus de position dominante dans la publicité – La revue européenne des médias et du numérique (la-rem.eu)
Après avoir constaté plusieurs abus de position dominante qui favorisent chaque fois la place de marché publicitaire de Google, AdX, la Commission européenne décide d’une amende de près de 3 milliards d’euros et exige des remèdes dans les deux mois. Trump s’emporte…
- Lunettes connectées : des scènes d’intimité envoyées aux sous-traitants kényans de Meta (next.ink) – voir aussi Meta’s AI display glasses reportedly share intimate videos with human moderators (engadget.com)
The company’s terms of service allow AI annotation by workers in Kenya and elsewhere.
- Lunettes Ray-Ban de Meta : une infrastructure de surveillance de masse portée par sept millions de personnes ? des sous-traitants ont accès aux images et Meta prépare la reconnaissance faciale en temps réel (developpez.com)

- WhatsApp qui continue à rechercher « volontairement » dans vos messages des contenus pédopornographiques ? Cette commission du Parlement européen dit non (01net.com)
- Non, Windows 12 ne sortira pas en 2026 : voici ce que Microsoft a prévu cette année pour votre PC (frandroid.com) – voir aussi No, an AI-focused “Windows 12” is not coming this year — false report gets the facts completely wrong (windowscentral.com)
- TikTok won’t protect DMs with controversial privacy tech, saying it would put users at risk (bbc.com)
- Motorola announces a partnership with GrapheneOS Foundation, marking a new chapter in smartphone security and expanding its enterprise portfolio (motorolanews.com)
Les autres lectures de la semaine
- The Slow Death of the Power User (fireborn.mataroa.blog)
iOS shipped without a user-accessible filesystem for over a decade. Google Drive abstracts away the folder metaphor entirely if you let it. iCloud will “optimize” your local storage, which is a polite way of saying it will silently move your files to Apple’s servers and give you a ghost of them on your own machine, and most users have no idea this is happening or what it means. […] The smartphone didn’t just shift computing to a smaller screen. It replaced a computing paradigm — one built on ownership, modification, and composability — with a consumption paradigm built on managed access, curated experience, and dependency. And it did so with the full, deliberate, enthusiastic participation of every major platform vendor.
- The Emotional Toll of Living With Institutional Betrayal (damemagazine.com)
While interpersonal traumatic events are often the most harmful, those that involve betrayal of a trusted or depended upon relationship or institution are uniquely harmful.[…]DARVO stands for Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender […]institutions also use this strategy, and they often have more power and resources, allowing them to be more effective than individuals. […] We can’t let institutions that have failed us and are complicit in widespread injustices overwhelm us to the degree that we stop expecting and demanding change. Institutional courage never actually starts with institutions, but with people’s stubborn refusal to look away and insistence that the truth still has the power to change the world.
- Technofascisme : quand la Silicon Valley réinvente la suprématie blanche (synthmedia.fr)
- Trump II et la normalisation de la prédation extractiviste (contretemps.eu)
Le second mandat de Trump entérine le basculement du « pacte vert » vers un « pacte brun », transformant l’extractivisme en principe de gouvernement et en levier central de domination géopolitique. Expansion fossile, contrôle des minéraux critiques, diplomatie coercitive et militarisation des approvisionnements s’y combinent au détriment des souverainetés locales et des équilibres écologiques.

- Retour sur le soulèvement en Iran. Entretien avec le collectif Roja (contretemps.eu)
Alors que les États-Unis et l’État colonial d’Israël se sont lancés dans une nouvelle agression impérialiste de grande ampleur, nous revenons dans cet entretien avec les militant·es du collectif Roja sur les soulèvements populaires en Iran depuis dix ans, qui n’ont jamais demandé d’intervention armée extérieure.
- “J’ai vu beaucoup de fierté dans leur regard” : elle photographie des “vieux” dans des scènes incongrues (france3-regions.franceinfo.fr)
- Elle a découvert la matière noire mais n’a jamais reçu le prix Nobel : qui est Vera Rubin ? (futura-sciences.com)
- Le Gaze à l’état fumeux. Sur « Bourgeois Gaze » de Rob Grams (contretemps.e)
Des critiques de la « domination de classe au cinéma », comme l’annonce le sous-titre du livre de Rob Grams Bourgeois Gaze (Les Liens qui Libèrent, 2026), sont en principe bienvenues. Encore faut-il qu’elles soient précises et visent juste. Ce dont doutent Occitane Lacurie et Clémentine Meyer, qui en proposent ici une recension critique.
- Found : The 19th century silent film that first captured a robot attack (npr.org)
The Library of Congress has found and restored a long-lost silent film by Georges Méliès.
- On a retrouvé la plus vieille empreinte d’anus de l’histoire du monde (slate.fr)
- Si l’univers est silencieux, c’est peut-être parce que les civilisations meurent avant de se rencontrer (slate.fr)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Droits des femmes
- Pour toustes
- Poing
- Antifa
- Nazi
- Galeuses
- Melon
- Obtempère
- All men
- 8 mars
- Émotives
- Magique
- Dogs of War
- Iran
- Grown ups
- International law
- Imagine
- Chatbot
- GenAI
- Vibe coding
- Quit
- Trap
- Green Bin
- Patriarchy
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Quentin Deranque : ce qu’il s’est vraiment passé (reportage de l’Humanité) (tube.fdn.fr)
- Candidats racistes, antisémites, homophobes : le RN n’a JAMAIS changé de profils (humanite.fr)
- Antiféminisme, racisme : dans les conversations des hommes “sympathisants” de Némésis (humanite.fr)
- Antifasciste – La chronique de Pierre-Emmanuel Barré (tube.fdn.fr)
- Comment les irresponsables ont mis les nazis au pouvoir (blast-info.fr)
- Les Oradour coloniaux français – avec Olivier Le Cour Grandmaison (spectremedia.org)
- Masterclass dun syndicaliste chômage cotisation sociale – Pierre Édouard Magnan
- À propos de ParcourSup (Jean-Claude Raux, député NFP de Loire Atlantique) (tube.fdn.fr)
- Pourquoi les médias défendent-ils autant les sportifs accusés de VSS ? Entretien avec M. Mhiri (humanite.fr)
- La vengeance des femmes – avec Dominique Memmi (spectremedia.org)
Les trucs chouettes de la semaine
- 18 bonnes nouvelles – récolte du jeudi 5 mars (lescerisesdehiatus.blogspot.com)
- Le projet LibreOffice Online relancé pour concurrencer Google et Microsoft (it-connect.fr)
- « Ces ordinateurs devaient finir à la déchèterie » : des lycéenNEs reconditionnent de vieux PC (reporterre.net)
- Accessible Numbers (accessiblenumbers.com)
A guide to presenting numbers and data clearly.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
Publié le 02.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 2 mars 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- En Ukraine, l’entreprise russe Rosatom est « complice de crimes de guerre » (reporterre.net)
Les enquêteureuses recensent « au moins 226 cas d’arrestations illégales de civils et d’employés de la centrale » […] Plusieurs témoignages évoquent des passages à tabac, des électrochocs, des menaces contre les familles, des simulations d’exécution.
- Pakistan declares state of ‘open war’ after bombing major Afghan cities (theguardian.com)
Wave of strikes comes after Taliban forces attack Pakistani border troops following earlier action from Islamabad
- Is a left victory possible in Iran ? (redpepper.org.uk)
Despite brutal crackdowns against protestors, Iran’s dictatorship is weaker than it has been in decades.
- Israël vient de frapper l’Iran avec les États-Unis : est-ce le début d’une guerre à grande échelle ? (legrandcontinent.eu)

- Israël annonce avoir tué Ali Khamenei : la mort du guide suprême iranien marque-t-elle la fin du régime des ayatollahs ? (legrandcontinent.eu) – voir aussi Ali Khamenei (1939-2026) : de la fin d’un tyran en Iran (legrandcontinent.eu)
- Bombardements en Iran : l’Australie soutient les États-Unis, la France dénonce les conséquences du « déclenchement de la guerre »… On fait le point sur les réactions internationales (humanite.fr)
- Syrie : une nouvelle fois, les Kurdes abandonné·es par leurs alliés régionaux et par les Occidentaux (theconversation.com)
Les forces kurdes ont perdu énormément de terrain face à l’avancée de celles de Damas. Le nouveau régime syrien a su habilement manœuvrer pour mettre fin au projet kurde du Rojava, en passe d’être totalement anéanti à la grande satisfaction de la Turquie.
- Le secrétaire général du Parti communiste marxiste du Kenya, Booker Ngesa Omole, enlevé par des agents de police (humanite.fr)
- Sénégal : la répression de l’homosexualité s’intensifie, une vingtaine de personnes arrêtées depuis une semaine (rfi.fr)
Depuis deux semaines, les arrestations se multiplient à travers le pays, parfois mises en scène sur les réseaux sociaux. Dernier cas en date : celui du tiktokeur Saliou Mbaye, connu sous le pseudonyme de Zale, interpellé vendredi 20 février à la frontière sénégalo-gambienne alors qu’il tentait de quitter le territoire
- GenZ212 : une semaine d’arrestations, de poursuites et de lourdes condamnations (enass.ma)
Les villes de Casablanca et Marrakech ont connu, en l’espace d’une semaine, une série d’arrestations, de poursuites judiciaires et de condamnations visant des militants de GenZ212, dans un contexte coïncidant avec le quinzième anniversaire du Mouvement du 20 février.
- Gig workers in Africa have been helping the US military. They had no idea (restofworld.org)
Data labelers for the company Appen say they have little insight about how their work is used.
- Chat Control is in the final stretch – but it could be a marathon, not a sprint (edri.org)
even though the recently-agreed position of EU Member States is a cautiously optimistic step, we are still far from a final deal. Perhaps the most worrying issue that remains is the threat of age verification becoming mandatory across all digital methods of private communication – a hugely disproportionate limitation on our privacy and free speech.
- Une Flottille internationale vers Cuba est annoncée après le durcissement des sanctions américaines (investigaction.net)
Il s’agit d’une initiative de solidarité non gouvernementale qui se présente comme une réponse au durcissement récent des sanctions économiques des États-Unis et au blocage de l’accès de Cuba au carburant, aux médicaments et à d’autres biens essentiels.
- À Guadalajara au Mexique, habitants et touristes racontent “le chaos et la panique” après la mort du chef de cartel “El Mencho” (franceinfo.fr)
La mort du baron de la drogue le plus recherché du pays, dimanche, a provoqué une flambée de violence, notamment dans l’État de Jalisco, à l’ouest de Mexico.
- Canal de Panama : le Panama reprend le contrôle de deux ports stratégiques au groupe hongkongais CK Hutchison (lemonde.fr)
Cette décision fait suite au jugement de la Cour suprême, qui avait considéré comme « inconstitutionnelle » la concession à la société CK Hutchison, des ports de Cristobal et de Balboa, situés aux deux extrémités de cette voie stratégique. Washington a salué l’annonce tandis que Pékin a promis de « protéger les droits et les intérêts légitimes de ses entreprises ».
- ICE whistleblower accuses agency of ‘deficient, defective and broken’ training amid hiring surge (thehill.com)
“For the last five months, I watched ICE dismantle the training program, cutting 240 hours of vital classes from a 584 hour program, classes that teach the Constitution, our legal system, firearms training, the use of force, lawful arrests, proper detention and the limits of officers’ authority,” […] “They ceased all of the legal instructions regarding use of force. This means that cadets are not taught what it means to be objectively reasonable, the very standard which the law requires them to meet when deciding whether or not to use deadly force.”
- Trump administration scrubs LGBTQ+ questions from federal surveys (advocate.com)
- New law puts Kansas at vanguard of denying trans identities on drivers licenses, birth certificates (apnews.com)
Kansas is set to invalidate about 1,700 driver’s licenses held by transgender residents and roughly as many birth certificates under a new law that goes beyond Republican-imposed restrictions in other states on listing gender identities in government documents.
- A new California law says all operating systems, including Linux, need to have some form of age verification at account setup (pcgamer.com)
- Across the US, people are dismantling and destroying Flock surveillance cameras (bloodinthemachine.com)

- Scientists Discovered WiFi Can Spy on You—Even When You’re Not Online (popularmechanics.com)
You only need to walk past a location with an active WiFi network and radio waves WiFi sends out will bounce off you and create an image
- Armed Man Shot Dead at Mar-a-Lago Was Fixated on Epstein Files, Text Shows (tmz.com)
- IDMerit data breach : 1 billion records of personal data exposed in KYC data leak (cybernews.com)
An unprotected database owned by IDMerit and likely containing know-your-customer (KYC) data has spilled vast amounts of personal records across multiple countries, including the USA, Germany, France, China, Brazil, and many more.
- Au moins 30 morts au Brésil après des pluies torrentielles (reporterre.net)
- Le premier astronaute évacué de l’ISS pour problème médical donne de ses nouvelles (huffingtonpost.fr)
Spécial IA
- Data centers will consume 70 percent of memory chips made in 2026 – supply shortfall will cause the chip shortage to spread to other segments (tomshardware.com)
Soon enough, you might not even be able to buy a calculator.
- La crise de la RAM va provoquer des faillites en cascade, et ce n’est pas n’importe qui qui l’explique (frandroid.com)
Au cours d’une interview accordée à un média taïwanais, Pua Khein-Seng, dirigeant et co-fondateur de Phison, spécialiste de la mémoire flash, a expliqué que la crise actuelle de la mémoire vive va bientôt mettre dos au mur de nombreux fabricants de produits électroniques grand public… et en pousser certains à la faillite.
- Data center builders thought farmers would willingly sell land, learn otherwise (arstechnica.com)
Even in a fragile farm economy, million-dollar offers can’t sway dedicated farmers.
- “AI Added ‘Basically Zero’ to US Economic Growth Last Year, Goldman Sachs Says” (gizmodo.com)
- Quand un scénario catastrophe sur l’IA fait trembler Wall Street (france24.com)
Un essai sous forme de prospective, paru dimanche sur un blog économique et financier relativement obscur, est devenu si viral qu’il a contribué à plusieurs dégringolades de titres en Bourse. En cause : le scénario catastrophe qu’il déroule, prédisant une chute libre de l’économie réelle liée aux performances des IA.
- Notre appétit pour l’IA alimente la violence au Congo (reporterre.net)
- Burger King will use AI to check if employees say ‘please’ and ‘thank you’ (theverge.com)
AI chatbot ‘Patty’ is going to live inside employees’ headsets.
- Tech Firms Aren’t Just Encouraging Their Workers To Use AI. They’re Enforcing It. (tech.slashdot.org)
Tech companies ranging from 300-person startups to giants like Amazon, Google, Meta, Microsoft and Salesforce have moved beyond encouraging employees to use AI tools and are now actively tracking adoption and, in several cases, tying it to performance reviews.
- The OpenClaw Necropsy : Agency, Apathy, and the Great Enclosure (the-mind-of-ai.com)
- L’ambition de Doctolib pour devenir un acteur clé de l’IA en santé (huffingtonpost.fr)
Avec un laboratoire d’intelligence artificielle clinique et 20 millions d’euros investis, Doctolib veut développer des outils d’aide au diagnostic et à la décision médicale.
- Gender, racism and xenophobia : The biases of artificial intelligence in Latin America (english.elpais.com)
- L’IA progresse aux dépens des femmes (lesnouvellesnews.fr)
- Les caméras cachées filmées avec des lunettes connectées sont de plus en plus courantes mais illégales (huffingtonpost.fr)
- L’IA ne réforme pas les institutions démocratiques, elle les détruit (synthmedia.fr)
- Sam Altman would like to remind you that humans use a lot of energy, too (techcrunch.com)
- A.I. Isn’t People (todayintabs.com)
- The People vs. AI (time.com)
- A New Wharton Study on AI Warns of a Growing Problem : Cognitive Surrender (open.substack.com)
- Why AI writing is so generic, boring, and dangerous : Semantic ablation (theregister.com)
Just as the community adopted the term “hallucination” to describe additive errors, we must now codify its far more insidious counterpart : semantic ablation.[…]When an author uses AI for “polishing” a draft, they are not seeing improvement ; they are witnessing semantic ablation.[…]The result is a “JPEG of thought”.
- Alain Damasio et l’IA générative, histoire d’une balle dans le pied (absurdi.tech)
- Le pape demande aux prêtres de ne pas utiliser l’IA pour leurs homélies (next.ink)
- An AI coding bot took down Amazon Web Service (arstechnica.com)
- OpenAI convoqué à Ottawa pour des plans de la tuerie de Tumbler Ridge partagés à ChatGPT (ledevoir.com)
- AIs can’t stop recommending nuclear strikes in war game simulations (newscientist.com)
- Le Pentagone donne 3 jours à Anthropic pour lever ses restrictions, ou être black-listé (next.ink)
Anthropic travaille déjà pour le Pentagone. En novembre 2024, elle communiquait sur un partenariat qu’elle avait noué avec Palantir et AWS pour fournir aux agences de renseignement et de défense des États-Unis un accès aux modèles Claude d’Anthropic. À l’époque, les conditions d’utilisation chez Anthropic étaient floues. Depuis, l’entreprise les a un peu modifiées en septembre dernier en précisant que les utilisateurs de ses modèles ne doivent pas « développer ou concevoir des armes » avec, alors que le texte précédent interdisait seulement leur utilisation pour en acquérir (ce qui est toujours le cas dans les nouvelles conditions).
- Le Pentagone cesse toute collaboration avec l’intelligence artificielle d’Anthropic et se tourne vers OpenAI (lemonde.fr)
La start-up californienne, qui a refusé d’ouvrir sans restriction à l’armée américaine son modèle d’IA, a promis de saisir la justice. OpenAI a annoncé, de son côté, un accord avec le ministère de la défense qui pourra utiliser son système d’IA avec certaines « garanties ».
- The cult that wants to give human rights to robots (spiked-online.com)
Anthropic’s ‘Claude Constitution’ reflects the misanthropic, ultra-utilitarian Effective Altruism agenda.
- États-Unis. “QuitGPT”, la campagne pour résilier son abonnement à ChatGPT, prend de l’ampleur (courrierinternational.com)
Lancée sur la plateforme Reddit, une initiative visant à encourager les usagers de ChatGPT à résilier leur abonnement à cet outil d’intelligence artificielle prend de l’ampleur. Le média américain “MIT Technology Review” raconte les motivations de ceux qui suivent ce mouvement, principalement pour s’opposer aux politiques de Trump.
RIP
- Hyperion author Dan Simmons dies from stroke at 77 (arstechnica.com)
Spécial Palestine et Israël
- Scoop : Dems working on secret report found Gaza cost Harris votes (axios.com)
Top Democratic officials who worked on the party’s still-secret autopsy of the 2024 election concluded that Kamala Harris lost significant support because of the Biden administration’s approach to the war in Gaza
- Le bilan des journalistes tués en 2025 est terrible, et c’est notamment la faute d’Israël (huffingtonpost.fr)
Le Comité pour la protection des journalistes n’avait jamais comptabilisé autant de journalistes morts dans le monde sur une année civile.
Voir aussi Israël serait responsable de la mort des deux tiers des journalistes tués dans le monde en 2025 (courrierinternational.com)
- Israel wants to execute Palestinians, and the world will allow it (aljazeera.com)
A bill legalising the execution of Palestinians is being pushed through the Knesset. International indifference paved the way for it.
Voir aussi Les Israéliens veulent « légaliser » le meurtre des Palestiniens (chroniquepalestine.com)
- Francesca Albanese is a powerful voice for justice, which is why the Israel lobby is trying to silence her (mondoweiss.net)
Israel lobby groups have spread doctored quotes by UN Special Rapporteur for Human Rights Francesca Albanese to defame her. Their desperate campaign is a testament to her work and the threat she poses by holding Israel accountable for genocide.
- L’inventivité palestinienne face à l’innovation israélienne (curseurs.be)
Loin de se contenter de subir la surveillance et la répression israéliennes, les Palestinien·nes développent des formes variées de résistance, à la fois individuelles et collectives, pour préserver leur dignité et leur autonomie. Leur exemple pourrait bien nous inspirer.
Spécial patriarcat / femmes dans le monde
- Une école frappée lors de l’opération israélo-américaine en Iran, des dizaines d’écolières meurent (huffingtonpost.fr)
Les autorités ont livré un bilan d’au moins 85 personnes tuées, dont des dizaines d’élèves. D’autres enfants pourraient se trouver sous les décombres.
- L’affaire Epstein est-elle un crime contre l’humanité ? L’hypothèse crédible de l’ONU (lesnouvellesnews.fr)
La publication des « Epstein files » a révélé l’ampleur planétaire du réseau du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Des experts mandatés par les Nations unies estiment que cette affaire doit être requalifiée en crime contre l’humanité.
- Jeffrey Epstein : le paradigme masculin de l’élite financière (legrandcontinent.eu)
La première grande affaire de la mondialisation fracture nos représentations. De Steve Bannon à Noam Chomsky, de Bill Clinton à Donald Trump : une même élite paraît se tenir dans le même nœud. Pourquoi ?
- Des fichiers du dossier Epstein occultés ? Des documents manquants sur Trump sèment le doute (huffingtonpost.fr)
Parmi les documents absents se trouvent des entretiens d’une jeune femme accusant Donald Trump d’agression sexuelle.
- Comment Andrew Mountbatten-Windsor pourrait être retiré de la ligne de succession au trône (theconversation.com)
De nouveaux documents relatifs à l’affaire Epstein récemment rendus publics poussent aujourd’hui la monarchie à l’exclure de cet ordre de succession, ce qui aurait aussi un impact direct sur les autres entités du royaume au sein du Commonwealth, à commencer par l’Australie.

- L’affaire Epstein provoque une nouvelle démission, celle du président du Forum de Davos (huffingtonpost.fr)
Børge Brende a échangé plus de 100 messages et courriels avec Jeffrey Epstein, qu’il a rencontré à trois reprises.
- Après la blague sexiste de Donald Trump, des joueurs de l’équipe américaine de hockey font marche arrière (huffingtonpost.fr)
Plusieurs joueurs de hockey américains, sacrés champions olympiques à Milan, ont présenté leurs excuses jeudi 26 février pour la réaction de leur équipe après que Donald Trump a plaisanté en disant« Je dois vous dire qu’il va falloir faire venir l’équipe féminine, vous le savez bien »[…] ironisant qu’il serait « probablement destitué » s’il ne le faisait pas.
- Offensive internationale contre l’éducation à la sexualité : le Planning familial alerte (basta.media)
Le Planning familial publie une étude inédite sur l’offensive contre l’éducation à la sexualité à travers l’Europe. Le rapport met en lumière un réseau d’organisations qui utilisent les mêmes mécanismes que pour s’attaquer au droit à l’avortement.
- Tennessee GOP Intro Bill To Kill Women Who Get An Abortion (lets-address-this-with-qasim-rashid.ghost.io)
- First British baby born using transplanted womb from dead donor (bbc.com)
- Pour les enfants, le pouvoir a-t-il un genre ? (theconversation.com)
- Le terme « divorce alpin » devient viral (huffingtonpost.fr)
Sur les réseaux sociaux, les témoignages de femmes ayant été abandonnées sur des sentiers de randonnée par leurs partenaires affluent[…]l’expression reprend le titre d’une nouvelle de l’auteur écossais Robert Barr parue en 1893 et traduite en français en 1983, rebaptisée Un divorce à la montagne. Elle fait le récit d’un homme qui, ne pouvant divorcer, prévoit de tuer sa femme lors d’un voyage dans les Alpes Suisses.
Spécial France
- Fin de vie : l’Assemblée nationale approuve la proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir ; le texte transmis au Sénat (lemonde.fr)
Après avoir épluché quelque 2 000 amendements en un peu plus d’une semaine lors de cette deuxième lecture, les députés ont adopté mercredi deux textes : l’un, consensuel, sur le développement des soins palliatifs ; l’autre, plus discuté, sur l’aide à mourir.
- Corruption des élus locaux, anatomie d’un phénomène français (theconversation.com)
Contrairement à ce que l’on peut voir dans d’autres pays européens, les atteintes à la probité font rarement figure d’enjeu majeur lors des élections en France.
- Wikidati, l’encyclopédie des affaires de Rachida Dati (wikidati.fr)
- Projet de loi contre les fraudes : la grande désertion des députés (projetarcadie.com)
- Les jeunes s’intéressent moins à l’environnement et aux sujets de société (clementbrizard.github.io)
- Le Conseil d’État confirme la classification de LFI à « l’extrême gauche » pour les municipales (humanite.fr)
- Après les révélations de l’Humanité, la dissolution du collectif Némésis réclamée par LFI (humanite.fr)
Les échanges entre fémonationalistes et néonazis, destinés à tendre des pièges à leurs adversaires, à Lyon, ont conduit la France Insoumise à réclamer la dissolution du groupuscule dirigé par Alice Cordier… Sur CNews, cette dernière assure n’avoir rien compris à un « échange Telegram obscur avec des pseudos ».
- L’appel de la CGT et de la CFDT à ne pas laisser « la première porte de la République » à l’extrême droite (huffingtonpost.fr)
À deux semaines des municipales, des responsables associatifs et syndicaux signent une tribune invitant à refuser « toute complaisance » avec l’extrême droite
- Jean-Baptiste Kempf menace de quitter la France : le créateur de VLC tacle Gérald Darmanin (frandroid.com)
- Un piratage lié à la CAF expose les données des bénéficiaires au RSA (kulturegeek.fr)
Dans un e-mail, la direction interministérielle du Numérique (DINUM), à savoir l’opérateur chargé de la transmission aux conseils départementaux des données des CAF nécessaires à l’instruction du RSA, indique avoir fait l’objet d’un piratage en janvier 2026, impliquant un accès non autorisé et un vol de données.
- Une fuite chez un éditeur de logiciels médicaux expose 11 à 15 millions de Français·es (next.ink)
Cegedim Santé a admis jeudi soir avoir été victime d’une intrusion réalisée au travers de son logiciel de santé MonLogicielMedical.com.
Voir aussi Cyberattaque dans la santé : une enquête ouverte après le piratage des données administratives de 15 millions de Français·es (humanite.fr)
- Le gouvernement recule sur sa réforme des lycées pro, jugée « inégalitaire » et « discriminante » (basta.media)
Le gouvernement a marqué, la semaine dernière, un recul sur sa réforme du lycée professionnel, engagée depuis 2023. C’est un soulagement pour les syndicats enseignants, qui s’opposent en particulier à la réduction du temps scolaire des élèves.
- Après les crues, l’état de catastrophe naturelle reconnu dans près de 300 communes (huffingtonpost.fr)
La majeure partie de ces communes se trouvent en Gironde, dans le Maine-et-Loire et dans le Lot-et-Garonne
- Cette vallée s’inspire des castors pour combattre les crues (reporterre.net)
- En Guadeloupe, l’eau ronge la côte… et des os d’esclaves sortent du sable (reporterre.net)
« En Guadeloupe, vous avez beaucoup de plages, aujourd’hui touristiques, qui sont installées sur d’anciens cimetières d’esclaves. »
Spécial femmes en France
- Bientôt un vaccin contre le cancer du sein triple négatif ? (humanite.fr)
Une nouvelle stratégie thérapeutique faisant appel à des vaccins personnalisés a été présentée le 18 février dans la revue « Nature ». Elle permettrait d’échapper aux récidives, responsables de 12 000 décès en France chaque année.
- César 2026 : L’attachement, meilleur film et un record de parité ! (lesnouvellesnews.fr)
- Écarts de salaires : les femmes toujours assignées aux travaux les moins rémunérateurs (lesnouvellesnews.fr)
Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes et leur volume de travail rémunéré inférieur de 9,1 %. L’INSEE note une réduction des écarts mais les femmes ont toujours les jobs moins bien payés et le travail non rémunéré qui leur est assigné handicape leurs carrières.
- « Sans les femmes, pas d’avenir pour l’agriculture » (reporterre.net)
Moins aidées, moins payées et invisibilisées : les agricultrices subissent des discriminations historiques, que peine à prendre en compte le gouvernement
- Femmes sans-abri de Bordeaux : invisibles par nécessité (revue-farouest.fr)
En Gironde, plus de 12 000 personnes sont privées de domicile. Mais dans les recensements bordelais, les femmes restent quasi absentes. Pas parce qu’elles ne sont pas là. Parce qu’elles se cachent pour survivre.
- Femmes exilées. « Leur vie est en danger à chaque seconde » (lisbethmedia.com)
Elles ont quitté leur pays pour échapper aux violences conjugales, aux mutilations sexuelles, aux persécutions politiques ou religieuses. Mais une fois en France, les femmes exilées se heurtent à une autre forme de brutalité : celle des maltraitances administratives, du manque de formation des agents et magistrats, et d’un accès entravé aux soins.
- Pourquoi les femmes ne seraient-elles pas crédibles ? (entreleslignesentrelesmots.wordpress.com)
Il se passe quelque chose de similaire dans nos villages et nos équipes de travail. Celle qui porte plainte veut tout gâcher. Peu importe la raison, elle veut tout gâcher. L’attention se porte sur la victime et ses motivations, car celles-ci ne peuvent jamais être bonnes, car on sait bien que nous sommes tordues.
- Affaire Henric : quand la procédure judiciaire fait reculer les victimes (blogs.mediapart.fr)
Je suis une victime de violences sexuelles. J’ai porté plainte dans ce qui est aujourd’hui connu publiquement comme l’affaire Henric. Je fais aujourd’hui un choix difficile : je ne me constituerai pas partie civile. La procédure est censée protéger. Mais lorsqu’elle s’étire, se complexifie, elle peut produire, pour certaines victimes, une nouvelle source de souffrance.
- Techno : Cinq DJ soupçonnés de violences sexistes et sexuelles déprogrammés de festivals (20minutes.fr)
- Mouvements masculinistes : au Sénat, des hommes appellent à rompre avec la neutralité face aux violences sexistes et sexuelles (lesnouvellesnews.fr)
- Toutes les fois où le RN a voté contre les droits des femmes (bonpote.com)

- Chère Alice Cordier (blast-info.fr)
Vous avez menti sur les lieux. Vous avez menti sur les horaires. Vous avez menti sur le déroulé des faits. Vous avez menti sur tout. […] Sous couvert de défense des droits des femmes, le collectif Némésis, qui explique par ailleurs ne pas avoir de position sur la PMA, l’IVG ou les inégalités salariales, soit un bien étrange féminisme, est en réalité un groupe identitaire et fémonationaliste, adepte de la théorie raciste-complotiste du « grand remplacement » et partisan d’un « féminisme » consistant à promouvoir la défense du « mâle blanc », ainsi que vous l’expliquiez en novembre 2020
- Fémonationalisme/lesbonationalisme : c’est pas du féminisme ! Nemesis hors de nos rues ! (nantes.indymedia.org)
Nous avons beaucoup plus en commun, peut-être, avec les hommes dont ces femmes-là se méfient. Surtout s’ils luttent, comme c’est bien probable, contre le racisme, et même peut-être contre le capitalisme. On a des choses à faire ensemble —et on les fait déjà. Et c’est ça le féminisme, le lesbianisme. Construire des alliances larges, non pas sur des bases identitaires (ni de sexe, ni nationales) mais à partir d’une conscience partagée de ce que le fonctionnement social actuel est radicalement injuste, oppressif, odieux, insupportable en un mot. Et qu’il nous mène droit dans le mur. Alors que tant d’autres mondes sont possibles…
Spécial médias et pouvoir
- Antifascisme et LFI : les médias brutalisent le débat public (acrimed.org)
C’est une actualité qui a écrasé toutes les autres pendant une semaine entière : la mort de Quentin Deranque, militant néofasciste tué après une rixe avec des militants antifascistes, a totalement saturé le débat public.

- France Télévisions : la dépolitisation expliquée par les « dépolitisateurs » (acrimed.org)
- « En un an, on est passé de près de 1 000 à 10 000 sites d’actu en français générés par IA » (rembobine.info)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Frappes en Iran : Emmanuel Macron assure que la France n’a été « ni prévenue, ni impliquée » dans l’opération (huffingtonpost.fr)
- 3 mois de droits au chômage en moins : ce que le patronat a obtenu en cas de rupture conventionnelle (basta.media)
À l’issue d’une dernière séance de négociation, mercredi, le patronat et plusieurs organisations syndicales se sont accordés sur un texte qui entérine une réduction des droits pour les chômeurs en rupture conventionnelle.
- Santé : le passage aux urgences et les hospitalisations vont coûter plus cher (franceinfo.fr)
- « L’État sera probablement condamné pour carence fautive » : la toxine céréulide repérée pour la première fois chez un bébé dans l’affaire des laits infantiles (humanite.fr)
Une annonce qui confirme, selon plusieurs familles touchées par le scandale des laits infantiles contaminés, la passivité de l’État français.
- Maires de demain, le VIH n’attendra pas vos choix politiques (politis.fr)
Alors que l’objectif 2030 d’ONUSIDA est gravement menacé par des coupes budgétaires massives, la France fait le choix politique de réduire ses engagements dans la lutte contre le VIH.
- « L’État sera probablement condamné pour carence fautive » : la toxine céréulide repérée pour la première fois chez un bébé dans l’affaire des laits infantiles (humanite.fr)
Une annonce qui confirme, selon plusieurs familles touchées par le scandale des laits infantiles contaminés, la passivité de l’État français.
- Feu vert pour la raffinerie classée Seveso dans une zone inondable (reporterre.net)
L’enquête publique avait pourtant reçu 85 % d’avis défavorables sur les 2 000 reçus.
- PFAS : dix ans de négligences ont conduit à l’une des plus graves contaminations en France (disclose.ngo)
L’eau potable de 16 communes de l’est de la France est impropre à la consommation depuis juillet 2025. En cause, la papeterie Ahlstrom de Stenay, dans la Meuse, qui a disséminé des PFAS dans les terres agricoles via ses boues d’épuration, révèlent Disclose et France 3. D’après notre enquête, ce sont en fait plus de 40 communes qui pourraient être touchées. Informé de ces pratiques et de la toxicité des produits utilisés par l’industriel, l’État a laissé faire.
Le dossier associé : Poison éternel (disclose.ngo)
Révélations sur l’une des plus graves pollutions industrielles en France
- « Une mauvaise réponse à un vrai problème » : Macron veut multiplier les poulaillers industriels sous pression du lobby agro-industriel (reporterre.net)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Dissolution, « reconstitution de ligue dissoute » : Nuñez lance une opération répressive contre l’antifascisme (revolutionpermanente.fr)
Après la réunion de Macron, Nuñez et DGSI, l’exécutif a annoncé la dissolution de cinq « émanations » de la Jeune Garde ainsi que la saisine du parquet pour « reconstitution de ligue dissoute », franchissant un nouveau cap dans la criminalisation du mouvement antifasciste et, plus largement, de l’ensemble de la gauche.
- Némésis accusé d’organiser des « guets-apens » pour les antifas, Nuñez promet d’analyser la situation (huffingtonpost.fr)
« L’Humanité » a révélé des discussions entre les cadres du collectif identitaire et ceux de groupuscules d’ultradroite lyonnais pour attirer dans un piège des militants antifascistes.
- Vincent Claudin, assistant parlementaire d’une députée du RN, licencié à cause de publications racistes, homophobes et antisémites sur les réseaux sociaux (lemonde.fr)
Cet ami de Quentin Deranque a appartenu au groupuscule d’ultradroite Lyon populaire, qui a fait l’objet d’une procédure de dissolution, selon « Mediapart », qui qualifie le collaborateur du RN d’« assistant parlementaire néonazi ».
- Creuse. Retour sur les violences racistes et virilistes du 15 août dernier à Royère-de-Vassivière (lempaille.fr)
- Quentin Deranque, alibi macabre du coming out fasciste de la classe dominante (frustrationmagazine.fr)

- Le RN n’a “aucun lien de près ou de loin” avec l’ultradroite, affirme Bardella (france24.com)
- Sarah Knafo, Thierry Mariani… Quand le Shift Project invite l’extrême droite à parler climat (reporterre.net)
- Un général de gendarmerie, à la tête de l’Office de lutte contre les crimes de haine, exfiltré pour des soupçons de propos à connotation raciste (franceinfo.fr)
Un gendarme considère ce haut gradé “nauséabond” tout en assurant qu’il n’est pas connu pour être un “gros facho” mais plutôt quelqu’un de “vieille France”, sans forcément de méchanceté.
- Affaire Geneviève Legay : en appel, l’avocate générale confirme les réquisitions de 6 mois de prison avec sursis contre le commissaire Souchi (france.attac.org)
Spécial résistances
- Affaire Deranque : « Nous, descendant·es de personnes déportées et résistantes, nous ne pouvons plus nous taire » (politis.fr)
Des enfants, petits-enfants, ou arrière-petits-enfants de personnes ayant combattu le nazisme et Vichy et qui en ont été victimes disent leur colère de l’hommage rendu au militant d’extrême droite tué à Lyon, de la criminalisation de la gauche alors que c’est l’extrême droite qui exerce la violence.
- Plutôt que de hurler avec les loups, nous réaffirmons l’antifascisme (manif-est.info)
Nous continuons d’appeler à l’auto-organisation et à l’autodéfense populaire face aux violences d’extrême droite. Comme le rappelle un adage récent : il y a 80 ans, antifa se prononçait Résistance.
- « La gauche existe. Elle ne se laissera pas annuler » (blast-info.fr)
À l’initiative de Pascale Gillot et Frédéric Lordon, un groupe d’intellectuels appelle, dans une tribune, à l’organisation d’une riposte coordonnée face au péril fasciste.
- Remettre les points sur les (naz)i ! (mouton-numerique.org)
- Lettre ouverte à Laurent Nuñez : Nous demandons l’interdiction de la présence de Némésis aux manifestations du 8 mars (france.attac.org)
Face à la montée des tensions lors des rassemblements pour la journée internationale des droits des femmes, nous, syndicats et associations, alertons sur les risques de débordements liés à la présence du groupe d’extrême droite. Nous demandons au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez d’interdire la présence du collectif Némesis dans nos manifestations.
- 8 mars 2026 – Journée internationale des luttes pour les droits des femmes (entreleslignesentrelesmots.wordpress.com)
Féminisme paysan et populaire, réforme agraire et souveraineté alimentaire
- Délit de solidarité : les sept militant·es basques relaxé·es (basta.media)
Le tribunal de Bayonne, dans le Pays basque, a relaxé, le 17 février, sept militant·es poursuivi·es pour avoir aidé des exilés à passer la frontière franco-espagnole. Pour les associations, c’est une victoire face au « délit de solidarité » […] La coalition J’accuse, constituée autour des quatre hommes et trois femmes désormais relaxé·es, compte bien rester mobilisée.
- Open Letter : We say no to Big Tech mass snooping on our messages ! (edri.org)
EDRi and 35 organisations are urging Members of the European Parliament to reject any extension of the the temporary ePrivacy derogration, also known as “Chat Control 1.0”, and to protect the rights that keep us safe from arbitrary snooping in our lives.
- Notation des allocataires : la CNAF publie son code mais omet l’essentiel (laquadrature.net)
- Pour protéger ses habitants des pesticides, une commune rachète les terres agricoles avoisinantes (basta.media)
À L’Houmeau, près de La Rochelle, la mairie acquiert des parcelles polluées aux pesticides pour les mettre en prairie. « La santé n’a pas de prix », assure l’édile. Un choix politique qui lui a valu des menaces d’une figure locale de la FNSEA.
- Des étudiant·es d’AgroParisTech dénoncent l’ingérence de l’agroindustrie (lareleveetlapeste.fr)
Placée sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, l’école compte par exemple Christiane Lambert, au sein de son conseil d’administration. Cette ancienne présidente de la FNSEA entre 2017 et 2023, y a été nommée par arrêté du ministre de l’Agriculture, comme la moitié de ce conseil.
Spécial outils de résistance
- Dirty Data (dirtydata.earth),
a collaborative project by the Environmental Reporting Collective (ERC), builds on this work by supporting nearly 40 journalists — reporters, photographers, editors, and designers — working on the issue across Asia, Latin America and Europe. Together, they are producing original reporting that contributes to a critical story still unfolding in communities around the world.
- Chat Control : The EU’s CSAM scanner proposal (patrick-breyer.de)
- Introducing Times New Resistance – a Times New Roman impersonator that autocorrects the autocrats. (abbyhaddican.com)
Do you have access to the computer of an ICE apologist, white supremacist, Republican mouthpiece, right wing propagandist, or other morally bankrupt American ? Times New Resistance autocorrects specific words as they are typed. For example, the word ICE autocorrects to the Goon Squad and the word Trump autocorrects to Donald Trump is a felon. To the untrained eye, Times New Resistance looks just like Times New Roman – the official font of the U.S. State Department. When you install the font, it will appear in your font menus as Times New Roman, with an extra space between the words Times and New.

- Observatoire des coupes rases (canopee.ong)
Malgré la place croissante des coupes rases dans le débat public, leur suivi demeure lacunaire : les données disponibles sont le plus souvent agrégées et n’offrent pas d’information quant à leur répartition territoriale. Pour répondre à ce manque, Canopée a développé l’observatoire des coupes rases : un suivi des coupes rases fondé sur la détection satellitaire.
Spécial GAFAM et cie
- WhatsApp chez les militantEs ? coup de gueule ! (tutox.fr)
- Microsoft Japan raided over suspected violation of anti-monopoly law (reuters.com)
- I Verified My LinkedIn Identity. Here’s What I Actually Handed Over. (thelocalstack.eu)
When you click “verify” on LinkedIn, you’re not giving your passport to LinkedIn. You get redirected to a company called Persona. Full name : Persona Identities, Inc. Based in San Francisco, California. LinkedIn is their client. You are the face being scanned. […] They use uploaded images of identity documents — that’s my passport — to train their AI. […] And look at who’s doing “Data Extraction and Analysis” — Anthropic, OpenAI, and Groqcloud. Three AI companies are processing your passport and selfie data.
- Hackers Expose The Massive Surveillance Stack Hiding Inside Your “Age Verification” Check (techdirt.com)
In 2,456 publicly accessible files, the code revealed the extensive surveillance Persona software performs on its users, bundled in an interface that pairs facial recognition with financial reporting – and a parallel implementation that appears designed to serve federal agencies.
Les autres lectures de la semaine
- Trump, l’Europe et l’internationale néofasciste : du soutien idéologique à la coordination politique (contretemps.eu)

- La guerre, c’est la paix (melakarnets.com)
- L’injustice fiscale, carburant de la Révolution française (alternatives-economiques.fr)
- Le cinéma français victime de « bourgeois gaze » ? (frustrationmagazine.fr)
- Immigration, colonialisme et maladies chroniques : ce que disent les corps de nos mères (frustrationmagazine.fr)
- Mieux que la bienveillance, la gentillesse est la qualité la plus précieuse chez un être humain (slate.fr)
- Neanderthals seemed to have a thing for modern human women (arstechnica.com)
“Neanderthal deserts” in our genomes suggest a strong pattern in matings.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Villepin
- Justice
- Polis
- Votes
- Pitié
- Bowling
- Smash
- Atlas des massacres nazis et fascistes en Italie pendant la seconde guerre mondiale (straginazifasciste.it)
- Immonde
- Oil
- Panels
- Persist
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Péages ferroviaires : une ristourne inédite pour inciter les TGV à s’arrêter dans 27 villes moyennes (radiofrance.fr)
- Israël-Palestine : anatomie d’un conflit (radiofrance.fr)
- Israël commet un génocide à Gaza (tube.fdn.fr)
- Epstein Files & Twitter : Last Week Tonight with John Oliver (youtube.com)
- Epstein Files : la théorie du complot qui était VRAIE ? (humanite.fr)
- “Ça m’a fait flipper” : un informaticien français pirate involontairement 7 000 aspirateurs robots (radiofrance.fr)
- Insécurité : les caméras de vidéosurveillance font-elles vraiment baisser la délinquance dans les communes ? (franceinfo.fr)
- Au tribunal de Bobigny, un policier présente ses excuses à un suspect qu’il avait frappé et traité de “babouin” (radiofrance.fr)
– “Et ce coup de poing ?”
– “Mon cerveau a mal fonctionné. J’ai fait n’importe quoi. C’est vraiment pas ce que je voudrais montrer de moi.”
– Et s’il n’y avait pas eu d’enregistrement, insiste la présidente. Comment peut-on avoir confiance dans les procès-verbaux de la police après ça, se fâche-t-elle ? - Terrorisme d’ultradroite (arte.tv – disponible jusqu’au 21/11/2026)
Un documentaire sur la menace sous-estimée du terrorisme d’extrême droite à l’échelle mondiale.
- “Nous assistons à la formation d’un arc néofasciste” (video.blast-info.fr)
- Fascisme vs antifascisme le renversement des valeurs – Avec Johann Chapoutot (tube.fdn.fr)
- Se défendre, une philosophie de la violence (lundi.am)
Relire et revoir Elsa Dorlin
- En a-t-on vraiment fini avec l’hystérie ? (podcasts.audiomeans.fr)
- Pas en mon nom (tube.hoga.fr)
Explication de blague – Dans l’émission La riposte sur Radio nova, Richard Sabak fait une blague transphobe “pas transphobe”…
Les trucs chouettes de la semaine
- LibreOffice Online : a fresh start (blog.documentfoundation.org)
LibreOffice is a desktop application, but we get many requests for a web-based version of the suite that users can deploy on their own infrastructure. Several years ago, project members started to develop LibreOffice Online, but in 2022 the Board of Directors at The Document Foundation voted to freeze the project and put it in the “attic”, for reasons that have now been superseded. Earlier this month, the current Board of Directors decided to revoke those votes to give new life to the project
- Breaking Free (forbrukerradet.no)
In the new report Breaking Free : Pathways to a fair technological future, the Norwegian Consumer Council has delved into enshittification and how to resist it. The report shows how this phenomenon affects both consumers and society at large, but that it is possible to turn the tide. Together with more than 70 consumer groups and other actors in Europe and the US, we are sending letter to policymakers in the EU/EEA, UK and the US.
- Le centre de notre Galaxie se dévoile aux yeux des astronomes (humanite.fr)
Pour la première fois, des astronomes ont pu observer en détail ce qu’on appelle la « zone centrale moléculaire » de la Voie lactée.
- SolarSystem Video (solarsystem.video), a federated video streaming platform for planetary science, brought to you by the Planetary Research Cooperative.
- Fondation du Rien (fondationdurien.org)
La Fondation du Rien vous fabrique du temps libre. Inscrivez-vous gratuitement à l’une de nos activités annulées pour jouir enfin tranquillement d’une plage de temps libre.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

