Un odieux connard
Flux purgé de certains visuels, peut nuire à la compréhension des contenus.
Publié le 03.11.2026 à 19:53
Il y a des moments dans la vie où l’on se sent un peu seul. Par exemple, quand on se retrouve sans copains face à 200 Teutons grognons et les 6 chars qui les accompagnent, bien décidés à vous rouler dessus. Mais en 1945, le sous-lieutenant américain Audie Murphy a décidé de transformer ça en scène surréaliste, en grimpant sur un char en flammes pour attraper une arme et repousser tout ce petit monde. Le pire ? C’est que ça a marché.
Ce qui ne veut pas dire qu’il faut le faire chez vous, les enfants.
Et pour info les images de la vidéo sont tirées du film dédié à la vie d’Audy Murphy, To Hell and Back, de 1955. C’est eux qui n’avaient pas le budget neige, na. Ah, et j’ai vu à la fin il y a un « la seul » qui ne va pas, mais soyons fous. Ou alors j’ai juste la flemme de rééditer toute la vidéo juste pour une lettre, allez savoir.
En attendant, bon visionnage.
Et si ça ne marche pas, le lien est ici.
Publié le 21.10.2026 à 10:50
« Si deux individus se réunissent au même endroit, il est vrai de dire que d’une manière ou d’une autre, l’un est un peu plus un connard que l’autre.
Si un nouvel individu rejoint le groupe, il existe donc une chance non nulle qu’il soit un encore plus gros connard que les deux autres.
On peut donc dire que plus un groupe est grand, plus les probabilités d’y trouver de gros connards augmentent, et donc, leur nombre. »
Ainsi parlait Thalès de Milet, mathématicien du VIème siècle avant notre ère, expliquant à ses élèves réunis pourquoi chaque année, il y en avait toujours une paire qui lui brisaient les roudoudous. Hélas, ce théorème de Thalès fut rapidement éclipsé par l’arrivée d’un second où il était question d’une sombre histoire de triangles, ce qui était beaucoup plus politiquement correct pour sa postérité, la population abritant moins de triangles que de connards susceptibles de se sentir concernés.
C’est en me basant sur ce théorème mystérieusement oublié qu’aujourd’hui nous allons parler d’une créature étonnante, mais pas bien rusée : l’avocasseur. Un être plus ou moins aussi méprisable que le cycliste.
Mais pour mieux comprendre de quoi il retourne, il nous faut parler de l’écosystème de l’avocasseur qui débute par l’apparition d’un autre être magique, dont nous sommes en pleine saison des amours :
Le Casseur (Introduction à l’avocasseur)

J’ai voulu regarder sur Wikipédia, voici les premières lignes. On appréciera que dès que vous pétez quelque chose, c’est automatiquement militant. Ça ne peut pas être juste con. Non, c’est mi-li-tant. Je veux bien qu’on me donne la démonstration scientifique qui fait que quand je donne un coup de pied dans un lampadaire, soudain, mes idées progressent.
Comme le veut le théorème injustement méconnu de Thalès : plus un groupe est grand, plus les probabilités d’y trouver de gros connards augmentent, et donc, leur nombre. Ainsi, sitôt que vous procédez à un rassemblement, vous y trouverez presque automatiquement des gens qui vous donneront envie de distribuer du giflon : si vous organisez une réunion, un des présents lira toujours un Powerpoint aussi lentement que possible, si vous allez au cinéma, quelqu’un décidera invariablement que c’est le meilleur endroit pour se lancer dans une discussion WhatsApp au milieu de l’obscurité, et si vous décidez d’une grande manifestation, une bande de débilous viendra toujours profiter du chaos ambiant pour tout péter parce que c’est rigolo. Le casseur n’est donc un phénomène ni nouveau, ni intéressant : ce sont juste d’énormes connards. Et je m’y connais.
Dès le moyen-âge, on a ainsi trace de casseurs, descendant des côtes nordiques pour venir piller tout ce qu’ils trouvent. En l’absence de Micromania ou de Foot Locker, ceux que l’on appelle alors pompeusement « Vikings » se rabattent sur les monastères où à défaut de figurines Dragon Ball Z, on peut aussi trouver des statuettes à collectionner, mais quand même vachement moins fun. Il faut bien reconnaître qu’à côté de Végéta, l’enfant Jésus en impose drôlement moins, mais le character design du Vatican Cinematic Universe n’est pas le sujet. Car comprenant qu’ils ont affaire à de gros cons, les moines vont s’échiner durant des années dans le plus grand secret à concevoir un leurre attirant irrésistiblement les connards loin de leurs campagnes, et ils y parviendront avec un gadget aussi simple qu’étonnant : l’abribus.
Simple structure dressée en bord de route, de préférence en zone urbaine (c’est loin du monastère) elle attire invariablement les connards, qui ne peuvent s’empêcher de le défoncer. Comment ? Pourquoi ? Nul ne le sait, mais comme le disait Thalès « Chercher à comprendre un con, c’est chercher de la logique précisément là où il n’y en a pas. Et chercher quelque chose à un endroit où vous savez qu’il ne se trouve pas, voilà ce qui fait précisément de vous un con. » (il était vraiment sage). L’invention de l’abribus sera bientôt suivie de l’autobus, afin de rentabiliser ces mystérieuses structures installées un peu partout. Et si lorsque les connards sont en nombre, ils cassent l’abribus, quand ils sont en infériorité numérique, ils grimpent dedans. Et je défie quiconque ayant déjà pris les transports en commun de me dire que ce n’est pas un nid à individus méritant une bonne claquade dans la mouille, CQFD.

Abri gratuit en cas d’intempérie, conçu pour les transports publics qui bénéficient aux plus démunis, défoncer l’abribus est donc bien évidemment comparable à la prise de la Bastille.
Bien sûr, l’histoire pourrait s’arrêter là, et dans un monde normal les gens de goût riraient et désigneraient avec un légitime mépris ces silhouettes vêtues de noir qui deviennent berserks à la vue d’un plan de la RATP grand format, mais hélas, le théorème de Thalès est sans faille : plus de gros connards se rassemblent, y compris des casseurs, plus statistiquement, il y a des chances d’en voir apparaître d’encore plus énormes. Et c’est probablement ainsi qu’est né un être encore plus infernal que le casseur :
L’avocasseur
Si le casseur est le parasite du manifestant venu faire passer son message, l’avocasseur est une sorte de symbiote du casseur qui vient se greffer dessus pour tenter d’y trouver quelques points de karma social dans l’espoir de couvrir sa propre médiocrité. Mais, voyons plutôt.
Dénomination
L’avocasseur n’est pas l’avocat des casseurs, au sens des gens qui font virevolter leurs robes noires devant les tribunaux, et qui ont lu le droit avec le doigt pour y découvrir que tout péter n’était pas exactement un grand principe. L’avocat du casseur ne défend pas la casse, juste les droits de l’accusé. Alors que l’avocasseur, c’est ce quidam sans grand intérêt qui, sitôt qu’il entend le doux crépitement d’une poubelle qui brûle, au lieu de hausser les épaules en marmonnant « Mais pourquoi ? » s’exclame « C’est révolutionnaire ! » et se saisit de son clavier pour s’empresser d’expliquer que le casseur a bien fait de s’attaquer à cette vilaine poubelle qui ne faisait rien qu’à défendre le capitalisme. L’avocasseur, à défaut d’être inscrit au barreau, a son nom sur une plaque dorée chez les blaireaux.
Caractéristiques
Si le casseur porte des vêtements noirs et court vite, l’avocasseur est généralement vêtu de tenues plus chamarrées parce que ce soir, il a concert (un groupe indé, tu connais pas). Et s’il ne court pas, c’est parce qu’il a pris un Uber.
Or, si le casseur est souvent considéré comme l’incarnation du lumpenprolétariat (le prolétariat en haillons), on ne s’étonnera donc pas qu’il soit naturellement défendu par le lumpenbourgeois, la version Vinted du bourgeois persuadée d’être le bas-peuple parce qu’il porte des pulls trop grands, des chignons savamment à demi-défaits, ou a chez lui une table faite en bois de récupération. Le lumpenbourgeois est un peu le modèle 2.0 de la rombière qui après être allée s’encanailler dans les pays chauds, revient en vous expliquant avec gourmandise et une bonne dose de néo-colonialisme que « Mais oui, ils m’ont acceptée comme l’une des leurs. Mon guide m’appelait même « Oumpa », ce qui dans leur langue, signifie « la grande amie ». » Alors que « Oumpa » signifiait « Trou de balle« , un terme peu élogieux, mais qui amusait au moins suffisamment son guide pour supporter sa cliente un jour de plus. Ainsi, de même, l’avocasseur est vraiment persuadé d’être l’ami du casseur, et que s’ils se rencontraient, naitrait une grande et belle amitié autour d’une cause commune. Alors que le casseur lui prendrait sa montre avant de se barrer en rigolant.
Car non, les deux espèces ne se croisent pas, ou peu. Dans le cas où vous disposeriez d’une paire de jumelles et désireriez observer des avocasseurs dans leur milieu naturel, sachez qu’il suffit justement de regarder dans quels quartiers les casseurs ne sont pas. Vous pourrez alors voir de vastes troupeaux de ces majestueuses créatures, généralement au point d’eau, à savoir le bar Chez Simone, où le coca est à 6€.

La Liberté guidant le peuple, Eugène Delavocasse, 2026
Comportement
En 2017, le célèbre professeur Banks de l’université de Miskatonic décide de se lancer dans une grande étude des avocasseurs. Pour cela, il attend la saison des mouvements sociaux en France (il n’a pas à attendre longtemps), et après avoir repéré sur une carte de Paris les spots de brunchs, les friperies au prix du neuf, et bien sûr, les Starbucks, il parvient à dresser une carte des meilleurs endroits où observer ces créatures, et décrit alors leur comportement dans une étude fascinante intitulée « L’avocasseur – Un être méprisant et méprisable« , dont voici les grandes lignes.
L’avocasseur ressent un besoin viscéral de défendre le casseur dont il est le symbiote. Si le casseur attaque une poubelle, c’est qu’il était en colère (et une colère légitime !) donc c’est cool. S’il défonce un abribus, c’est pour faire passer un message. S’il enfonce un vitrine pour piquer tout ce qu’il y a dedans, c’est parce que ce sont des choses de première nécessités, comme des Playstation 5 ou une paire d’Adidas pas à sa taille. De manière générale, l’avocasseur accusera la société, le gouvernement, le capitalisme et à peu près tout et tout le monde SAUF le mec qui a pété ceci ou volé cela. Car, chaussé de son petit chapeau colonial ou haut de forme en fonction de ses goûts, l’avocasseur ne peut pas traiter « ces gens-là » comme des adultes responsables. Non, avec un paternalisme où suinte une bonne dose de mépris, il en parle comme de petites choses incapables du moindre mal (car si All Cops Are Bastards, All Casseurs Are Bons), contrairement à vous et moi. On retrouve chez lui ce même ton que prend cette mamoune qui, voyant son fils déféquer sur la table en classe en chantant le générique de Pokémon, parvient à vous expliquer que c’est parce qu’il est surdoué, car reconnaître qu’il est con lui ferait socialement trop mal. La vérité attendra donc, pourvu que ça flatte l’ego du bonimenteur.
Surtout que, non, tout le monde voit bien que Jean-Matthéo est complètement con. C’est assez factuel. Mais les faits étant embêtants, un peu de maquillage et il n’y paraitra plus.
Pour l’avocasseur, ledit maquillage repose sur un principe simple, qui ignore tout du théorème de Thalès : comme les MÉCHANTS sont en face, alors tous ceux qui sont de notre côté sont GENTILS. Il lui est impossible, inimaginable de supposer, ne serait-ce qu’un seul instant, qu’il y a dans son grand rassemblement, comme dans tous les rassemblements de l’univers, des connards, et que ces connards agissent, ça alors, comme des connards. Non, si ces gens sont opposés aux mêmes larrons que lui, c’est qu’ils sont naturellement gentils, profondément politisés, sont à deux doigts de décrocher une licence de philosophie et s’ils défoncent une boutique, c’est pour faire passer un message suite à leurs lectures de Kant, Marx et Jaurès.
Chacun sait que chez les casseurs, les choses se passent ainsi :
« Eustache ! Eustache, viens donc !
– Parbleu, c’est les ténèbres ! Que se passe-t-il, Jean-Edouard ?
– Vois ce commerce ! Penses-tu qu’il soit lié au Grand Capital ?
– Ma foi, nous devons vérifier, afin de lui ratiboiser la gueule dans le respect des valeurs de la République. Hm ! C’est un magasin de jeux vidéos. je pense que cela rend violent : nous devrions le ravager afin d’éviter que des enfants ne sombrent dans la violence gratuite. Et garder tous les jeux pour nous afin qu’ils ne tombent pas entre de mauvaises mains.
– Ethique, militantisme, progrès social : voilà quelques mots que nous allons enseigner à cette vilaine échoppe. François-Amédée ! Va donc chercher une barrière pour servir de bélier. Dans un instant, le monde sera un peu plus sûr ! »
Aucun rapport avec « Moi vois cible facile, moi attaque cible facile », bien sûr, car il est IMPOSSIBLE que des connards existent dans un rassemblement de milliers de personnes, comme c’est pourtant le cas depuis la nuit des temps. L’avocasseur est persuadé que tout voleur est au fond automatiquement un brave type : il le sait, il l’a vu dans Aladdin.
Langage
Contrairement à une croyance qui voudrait que l’avocasseur communique comme vous et moi, il est hélas plus proche du perroquet, et pas seulement à cause de ses atours chamarrés. On retrouve en effet chez la bête des termes qu’il ne maîtrise pas bien mais répète sans cesse après les avoir entendus ailleurs :
- « Non mais il y a des assurances !« , prouvant ainsi qu’il n’a pas bien compris comment une assurance marchait
- « Arrêtez de chouiner pour du matériel ! » surtout si ce n’est pas le sien, mais nous y reviendrons plus loin
- « En 1789, on n’aurait pas fait grand chose sans tout casser ! » qui montre qu’il n’est pas au courant qu’en 1789, les révolutionnaires s’organisaient précisément en milices contre les brigands
- « Je suis Marxiste » qui prouve qu’il n’a jamais entendu parler de Marx autrement que sur Insta, Engels et lui expliquant que le lumpenprolétariat qui pille et vole est un ennemi du camarade ouvrier
- « Les Droits de l’Homme avant ceux des vitrines ! » qui prouve qu’il n’a jamais jeté un œil, sinon il aurait appris que le respect de la propriété privée s’y trouve (article 17). Mais il y a les bons et les mauvais Droits de l’Homme.
Certaines phrases lui sont impossibles à prononcer, son larynx se figeant si vous tentez d’en enseigner à l’avocasseur. Par exemple : « Je suis d’accord avec les manifestants, mais pas avec la casse, qui justement, détourne de la manifestation et de son message, et fait le jeu de ceux d’en face. Sans compter que plus c’est violent, plus les gens auront peur de venir, et moins on aura de manifestants, donc on y perd à court comme à long terme« . Non, avoir une position un minimum construite comme « C’est pas les gentils contre les méchants, il y a aussi des connards au milieu« , holala, c’est déjà beaucoup trop. Il faut savoir compter jusqu’à trois, restons donc à deux camps.
Le langage de l’avocasseur est similaire à celui du fat venu se montrer à un vernissage d’art contemporain (il ne vient pas voir : il vient être vu) : il parle beaucoup et avec un langage soutenu, mais est incapable de distinguer une œuvre d’un extincteur. Dans le doute, il trouve tout formidable, et ira défendre jusqu’à la dernière banane scotchée à un mur plutôt que de laisser Jean-Eudes, son voisin, avoir une occasion de lui lancer « Tu n’as pas compris« . Remplacez la banane par trois crétins qui pètent une vitrine, et vous aurez avec l’avocasseur le même fat venu vous expliquer que « Alors en fait, vous n’avez pas compris, c’est très profond, c’est un acte profondément politique. »

« Si je vois du sens là où vous dites qu’il n’y en a pas, c’est la preuve que je suis plus intelligent que vous, compris ? »
Reproduction
L’avocasseur ne se reproduit pas comme la plupart des espèces connues, pour la simple et bonne raison qu’il ne vit que pour pratiquer l’onanisme social. Comprendre qu’il se faufile là où personne ne l’avait demandé, sort sa grosse conscience morale factice, et se met à l’astiquer devant tout le monde en répétant via différentes paraphrases « Vous avez vu comme je suis beaucoup plus socialement impliqué que vous ?« . Tout comme un type qui a besoin de vous affirmer qu’il est charismatique ne l’est évidemment pas, un larron qui a besoin de signaler à longueur de temps à quel point il est formidable, généreux et solidaire est probablement un con égocentrique. D’ailleurs, s’il ne l’était pas, il n’aurait pas à devoir faire cette éternelle mise en avant.
Et pour gagner ces points de karma social et les frotter sous le nez de tous les passants, l’avocasseur n’a aucun scrupule, aucune pitié, aucun des sentiments humains dont il se targue. S’il voit quelqu’un se faire démonter sa baraque et pleurer, l’avocasseur qui ne jure que par la solidarité, n’ira surtout pas soutenir l’individu. Non, il ira danser sur les cendres en mettant en avant à quel point il a compris, lui, que c’était incroyablement politique. Et que ce vol en masse de cartes Pokémon, c’était un message pour le gouvernement (probablement « Pika Pika« ). C’est le même genre de personnes qui, juste après un massacre, plutôt que de dire « C’est affreux« , vous dira « Ah ! Et pourtant, quand ça arrive dans tel pays, vous ne dites rien, alors que MOI j’y pense !« . L’avocasseur, comme tous les énormes connards, n’attend pas que les corps refroidissent pour tout ramener à lui et tenter de montrer à qui veut l’entendre que c’est vraiment un mec bien et impliqué, et surtout, plus que vous. Et nous avons donc déjà abordé pourquoi il a besoin d’insister très fort sur le fait qu’il est quelqu’un de bien : précisément parce qu’il est l’opposé.
L’avocasseur se reproduit donc essentiellement en intégrant d’autres connards en mal de reconnaissance à son groupe. S’il s’avère qu’on découvre dans ledit groupe quelqu’un qui fait preuve d’un minimum de compassion, de savoir, et qui est capable de dire « Je suis allé à la manif’ mais je vois pas bien l’intérêt de cramer la machine de téléconsultation médicale du quartier« , il est aussitôt rejeté à coups de pied au cul. De la logique… et pourquoi pas essayer de faire avancer concrètement les choses, aussi, hmmm ?
Mauvaise foi
L’avocasseur, comme tous les connards, est d’une incroyable mauvaise foi (j’auto-expertise ce propos). Et comme il n’est là que pour se faire mousser (au fond, il n’en a rien à foutre des casseurs), il se moque bien de la cause qu’il prétend défendre. Car oui, l’avocasseur a beau être débile, il sait bien qu’au fond, en défonçant la boutique du coin de la rue, le patron comme les employés ne vont pas s’exclamer « Super, j’ai envie de voter pour mes agresseurs ! » et que leur camp vient donc de reculer dans les urnes. Tout comme les gens du quartier, où les gens qui voient ça ou en entendent parler, ont tendance à se dire « Je sais pas trop, en fait, si j’ai envie de voter pour des gens qui expliquent que me faire savater la gueule ou ruiner ma propriété alors que je n’ai rien à voir avec la choucroute, ça va c’est cool si on dit que c’est politique« . Et que, disons, c’est précisément le genre de choses qui fait progresser le camp le plus radical d’en face, celui qui aime bien l’ordre, et aussi les rassemblements, mais plutôt du genre national. L’avocasseur est donc, non seulement l’avocat des casseurs, mais aussi l’un des plus grands alliés de ceux qu’il prétend combattre se faisant ainsi le chantre de la contre-révolution, le champion de la réaction, le héraut du conservatisme le plus sec. Un agent infiltré ne ferait pas mieux. L’avocasseur préférera voir tout le pays tomber aux mains des gens qu’il présente comme détestables que de manquer une occasion de se faire mousser avec ses discours faussement progressistes mais vraiment contre-productifs à la prochaine soirée d’anniversaire où il est invité (à un super rooftop, en plus).
C’est là que finalement, et comme annoncé, l’avocasseur est finalement bel et bien un encore plus gros connard que le casseur. Car si le casseur se contente de ravager les quartiers à sa portée, l’avocasseur, lui, serait prêt à foutre en l’air le monde entier, pourvu que ça flatte son ego.
Et ça, en effet, c’est bien plus grave qu’une vitrine brisée.
Questions fréquemment posées
Un avocasseur explique que je dois « comprendre » pour ma boutique/voiture/mairie/rame de tram qui a fini en cendres, et qu’en fait, les mecs qui l’ont défoncée avaient un message profond. Que faire ?
Organisez une manifestation. Durant celle-ci, rendez-vous chez l’avocasseur, ravagez son appart’, défoncez ses bibelots, taguez les murs avec des messages politiques (histoire que vraiment, il ne puisse rien dire), puis partez en lâchant d’un air complice « T’inquiète, t’as une assurance !« .
Et s’il refuse de comprendre ?
Pas de panique : instantanément, d’autres avocasseurs se manifesteront. N’oubliez pas que ce sont des charognards sans foi ni loi : ils dévoreront l’un des leurs si cela peut leur permettre de passer pour plus ouverts et tolérants que lui en façade.
Super, vous parlez des casseurs, mais et les violences policières, les grenades, tout ça, et les télés qui tournent en boucle sur les feux de poubelle et…
Et le cancer, et la faim dans le monde, et le… ça n’a aucun rapport. Avoir une position sur l’un n’empêche pas d’en avoir une sur l’autre. Mais si vous tenez à me faire une liste des sujets autorisés à la publication, n’hésitez pas, camarade commissaire. Vous ne seriez pas un avocasseur, par hasard ?
Une révolution, ça ne se fait pas avec des câlins !
Si violenter quelqu’un qui n’a rien fait, dans sa personne ou dans ses biens, vous parait totalement acceptable au point de le défendre ouvertement, il va falloir se poser quelques questions sur votre éthique. Une révolution, ça ne se fait pas en attaquant le peuple. Ça, c’est précisément une contre-révolution.
Vous, vous auriez gueulé à la prise de la Bastille !
Comparer le pillage d’une librairie manga à la prise d’une prison royale… c’est vraiment quand on fait des choses bien petites qu’il faut trouver des connards assez énormes pour les comparer à des grandes.
Vous ne comprenez pas en quoi c’est utile à la cause, c’est tout.
Oh si : cette année, le RN n’aura même pas à tourner son clip de campagne. Bravo les gars. Continuez, vous êtes vraiment des champions.
Quelque chose me dit que le théorème méconnu de Thalès et sa non-postérité va se vérifier dans les commentaires, en m’expliquant que, quand même : j’aurais mieux fait de parler de triangles.
Publié le 06.10.2026 à 12:02
Peuple !
Si vous ne connaissez pas Léo Major, c’est une grave erreur. Ce Québécois honteusement méconnu est en effet une sorte de personnage dont même les scénaristes hollywoodiens ne voudraient pas tant il enchaîne les trucs improbables : faire sauter un bunker le 6 juin 44 au matin, piquer les codes secrets de l’armée allemande l’après-midi, enchaîner en savatant tout et tout le monde durant la campagne de Normandie, puis aux Pays-Bas, capturer une ville seul et cramer des QG nazis juste parce qu’on l’avait énervé, ou encore reprendre une colline en Corée là où 10 000 Américains avaient dû se replier…
Voilà, c’est un petit résumé de la modeste carrière du Monsieur. Aussi, chez Grand Angle, dans la collection Héros de Guerre, après Albert Roche, j’ai commis une bédé sur Léo Major, avec Damien Jacob au dessin. Et ça ressemble à ça :

Ah oui, ai-je précisé qu’il faisait tout ça avec uniquement un oeil ?
J’ai mis un ou deux extraits dans cette très brève bande-annonce :
Je vous laisse donc le soin d’aller voir votre libraire préféré, de lui claquer la bise et de lui demander où diable est cette magnifique bédé pour que vous puissiez enrichir sa belle échoppe.
Bon, et après Top Landivisiau Maverec’h sur Youtube, Diego a demandé Inception en bande-annonce de film made in France. Je poste cela sur mes réseaux sous très peu histoire que vous ayez un peu de contenu de votre odieux serviteur à vous mettre sous la dent entre deux lectures.
Dernier point pour ceux arrivés jusqu’ici : votre serviteur sera ce weekend à Saint-Malo, vendredi et samedi, pour dédicacer avec monsieur le chon.

Comme ça, vous savez tout.
Pardon ? On y annonce le tome 6 du Petit Théâtre des Opérations disponible en avant-première ? Palsambleu. Ça valait le coup de lire jusque là, alors.
Sur ces moyennement humbles propos, je m’en retourne à mon brandy.
Publié le 24.09.2026 à 09:19
La France est capable de produire des blockbusters.
Je vous en avais déjà parlé cet été avec Iron Man, mais ayant eu l’occasion de me remettre tranquillement devant ma machine infernale, il est temps de vous proposer une deuxième bande-annonce. Cette fois-ci, il sera question de Top Gun – Maverick, puisque l’aéronavale française a aussi du talent et de rudes missions que l’on ne voit que trop peu sur nos écrans. Sans compter le charme unique de sa base d’entrainement de Landivisiau.
Bon visionnage, donc.
Et si ça ne marche pas, cliquez ici.
J’ai noté que certains commentaires et mails demandaient activement « Palsembleu, mais comment diable pouvez-vous produire ça sans datacenter ? », la réponse est donc : Minimax, installé sur mon humble PC. La principale victime de tous ces mauvais calembours est donc ma carte graphique. Ainsi que les stagiaires qui pédalent pour l’alimenter, mais c’est un autre sujet.
Publié le 11.09.2026 à 09:15
Incassable, ça vous dit quelque chose ? Un film où il est question d’un type qui survit à tout ? Eh bien nous avons historiquement eu la version volante.
En 1940, le sergent-chef Jean Louveau, de l’Armée de l’air se retrouve dans une mauvaise situation : son avion est touché, des Allemands lui tournent autour, et l’un d’entre eux décide de le finir.
C’est sans compter sur la qualité frrrançaise de son avion, qui finit par rendre la situation d’abord improbable, puis complètement pétée. Voici donc un nouvel épisode du Petit Théâtre des Opérations, hop.
Et comme toujours, le lien direct pour contrer les vilains soucis techniques.
Bon visionnage.
Publié le 26.08.2026 à 09:57
Les scénaristes seront-ils remplacés par l’Intelligence Artificielle ?
Une question que nous posons régulièrement en ces lieux, entre deux gorgées de brandy et une bouffée de cigare. Mais curieusement, à chaque fois qu’un film sort, c’est comme si tous les scénaristes d’Amérique hurlaient d’une même voix « Ne me remplacez pas : je peux faire pire qu’elle !« . Je pense que c’est lors d’un concours sur le sujet qu’un studio où l’on ne s’était pas arrêté à deux gorgées de bourbon et une bouffée de bédo a décidé de tout miser sur Supergirl.
C’est pourtant facile : c’est un personnage qui ne réside pas sur Terre. Vous pouvez donc inventer n’importe quelle planète, espèce, enjeu, aventure, méchant… sans aucun problème, car la galaxie est vaste et limitée uniquement par l’imagination. Alors, qu’ont choisi nos héros ? Supergirl a-t-il redéfini les codes de la science fiction comme ça, entre deux portes, pendant que vous ne faisiez pas attention ? Une seule manière de vérifier :
Spoilons, mes bons !

L’affiche. Point de flammes, mais est-ce que le soleil, ça ne compterait pas un peu ?
Notre film s’ouvre sur le chaos. Pas le chaos originel des poètes grecs, non, mais plutôt un chaos de lendemain de soirée, avec son plancher couvert de bouteilles, de restes de nourriture, et d’objets qui sentent l’arrière-train pour des raisons que personne ne sait – ou ne veut – expliquer. C’est au milieu de tout cela que Krypto, un sympathique chien blanc et relou, s’ébat, renverse ce qui est encore debout et pisse sur le reste. Dommage qu’on n’accepte pas les chiens en politique : il avait toutes les qualités requises.
Nous voilà donc au sein d’une espèce de van d’étudiante teufeuse, et justement, ladite propriétaire grogne sous ses draps dans son lit sale un peu plus loin : il s’agit de Kara, notre héroïne, qui est encore défoncée au whisky premier prix de chez Super U. On comprend, via un message sur son répondeur de son cousin Superman, que Kara fête son anniversaire pendant une bonne semaine, et va donc de planète en planète pour se torcher dans les bars les plus foireux, mais surtout les moins chers, de la galaxie. Diable ! Quelle héroïne ! Vite, qu’on lui donne un diabolo et un Monoprix : elle a déjà le chien !
Vous me direz « Un instant, Monsieur Connard. Vous parlez de van d’étudiante et de bars galactiques : son van vole ? »
Et c’est d’ores et déjà ici que je tiens à vous prévenir. Imaginez : on vous nomme scénariste d’un film qui se déroule dans l’espace infini. Vous avez le droit de caser n’importe quoi, car vous avez un budget derrière qui se compte en centaines de millions de dollars. Alors ? Trous noirs ? Vaisseaux gigantesques ? Planètes extraordinaires ? Palais aux angles improbables, nés de civilisations qui n’ont rien de commun avec la nôtre ?
Eh bien pour Supergirl, sachez que tous les scénaristes ont juste dit « Vas-y, on prend une aventure basique au fin fond du Midwest, mais on colle des réacteurs aux véhicules et on colle l’espace par la fenêtre, et pouf, ça fait une aventure galactique« .
Je n’exagère pas : Supergirl vit dans un vaisseau qui n’est qu’un van à réacteurs, l’intérieur étant équipé de trucs que l’on retrouve chez votre concessionnaire de camping-cars favori. Je ne sais pas, on aurait pu imaginer un lit un peu étonnant, compatible avec plusieurs espèces, ou un lavabo qui ne ressemble pas à un truc piqué dans une station-service, mais non : l’imagination des scénaristes s’est vraiment arrêtée là. Et ce sera comme ça TOUT le film. Un bar ? C’est un bar du Midwest, mais il y a un alien. De la musique ? Celle que vous pouvez entendre dans une station-service du Missouri, sauf que le ciel est rouge dehors. Un transport intergalactique ? C’est un bus avec un réacteur, mais avec le même aménagement peu confortable à l’intérieur. Enfin, je spoile (et c’est mal) : nous y reviendrons.
Car pour l’instant, allons ailleurs dans la galaxie, sur Planète-Générique-VIII. Où nous découvrons une lande triste, au milieu de laquelle se trouve une vieille bicoque pourrie, car oui, dans toute la galaxie, on retrouve des baraques pourries dignes du far-west, mais là encore, c’est un hasard. C’est là qu’une petite famille de forgerons tremble, car ils ont entendu un vaisseau se poser juste à côté de leur palais de planches. Et savent que ce sont les Brigands.
Oui, avec une majuscule, car là encore, sachez que les scénaristes se sont dit :
– Dis-donc José, je dois mettre des méchants dans le film, mais là, j’ai pas trop d’idées.
– Ben mets des brigands.
– Oooh ! Bonne idée ! Et je vais intelligemment les appeler « Les Brigands ».
C’est donc avec nom digne d’un groupe français que cette troupe d’affreux jojos débarque. Et là encore, ils ont été écrits avec soin. Si je vous dis « Armures noires, crânes rasés, dents pointues et piercings », vous visualisez ? Oui ? Précisément parce que vous l’avez vu 30 000 fois ? Eh bien voilà. Mais attendez, attendez ! Car on va encore plus loin dans l’originalité ! Le chef de la bande pourrait tout avoir : parler via un hologramme, ne s’exprimer que par les odeurs car il est d’une espèce différente, être incapable de respirer la même atmosphère que ses interlocuteurs… mais non. De TOUTES les choses possibles, ce que l’équipe du film a choisi de lui donner c’est… c’eeeest…
Un accent russe.

« Moi méchant original, da. Trrrès inoubliable. Vodka, traban, Lénine, da. »
Vraiment, la galaxie est bien faite.
Maintenant que vous voyez le niveau, et que je continue à me demander où on recrute à Hollywood pour avoir des daubes pareilles, revenons à ce fameux chef de bande, Krem (oui, oui) qui débarque dans la chaumière en claquant la porte, puis ses fesses sur la chaise la plus proche. Pas à un zeugma près, il roule des mécaniques puis ses R, et lance à la petite famille tremblante face à lui :
– Vous. Vous êtes du clan des forgerons. Et très réputés.
– C’est vrai.
– Alors puisque votre métier, c’est commerçants, pourquoi habitez-vous au milieu de nulle part, sans personne à qui vendre vos biens ou même acheter des matières premières ?
– … écoutez, n’en demandez pas trop aux gens derrière ce film. De toute façon, on ne veut pas d’emmerdes : vous voulez nos épées ? Prenez-les et partez.
Tout le monde semble d’accord pour ce plan, sauf que voilà, le fils de la maison est un peu con. Lui était dans sa chambre avec ses écouteurs (c’est vraiment bien, dans la galaxie, tout le monde vit comme nous), et n’a pas entendu ce qu’il se passait. Voyant par sa porte entrouverte sa famille qui a l’air terrifiée, il décide, plutôt que de chercher à comprendre, de bondir en hurlant « OUUUUAAAAHOUAAAARGH ! » pour faire peur. Quel petit rigolo !
Sauf que Krem, qui n’aime pas les gens, rigolos ou non, qui sortent de nulle part en hurlant, lui met sa hache dans la gueule. L’ado relou meurt (comme quoi tout n’est pas à jeter), les parents s’énervent parce que certes, il était un peu con mais ils s’y étaient attachés, et meurent donc à leur tour en voulant le venger. Krem crame tout, grogne un peu quand une défense automatique de la maisonnée détruit le vaisseau avec lequel il est venu, mais se passe les nerfs sur la maison des forgerons en cramant. Et, ah, ça va mieux !
Seule survit la fille des forgerons, qui parvient à s’échapper en… en…
Attendez ? Non elle ne fait rien. Elle reste là, juste devant Krem, sans rien faire, les bras ballants, mais le méchant décide de l’ignorer. Alors que comme nous le verrons par la suite : ça n’a aucun sens, puisqu’il fait partie d’un clan… dont la spécialité est de s’en prendre aux filles. On va dire qu’il avait oublié, ou qu’il avait son cours de poney (mais avec des réacteurs) qui allait commencer. Et pas du tout que le film s’est dit « Merde, s’il la bute, tout s’arrête ici. ». Nooon.
Revenons donc à Kara la spatiopunk à chien, qui est dans un nouveau bar galactique à se bourrer la gueule et à s’amuser avec le juke box, qui joue des musiques de bar américain (décidément !) le tout avec une bonne vieille prise de courant bien de chez nous (je dois acheter un adaptateur pour changer de pays, mais vous pouvez changer de planète, aucun souci). Mais attention, ooooh, on est dans l’espace et c’est vachement original : dans un coin, un client a les oreilles POINTUES ! Pendant que Kara se recommande une Bud, voici que la porte du bar s’ouvre en grand et que la fille des forgerons apparait, une épée dans le dos. Elle fait son possible pour attirer l’attention et lance :
– Je suis Forgeronne ! La fille du clan des forgerons ! Ma famille a été tuée par l’infâme Krem ! Son vaisseau a été détruit, aussi il est bloqué ici, sur Planète-Générique-VIII. Je demande votre aide pour le retrouver et me venger. Quiconque me guidera jusqu’à lui et me laissera le tuer recevra la précieuse épée que je porte, après qu’elle ait goûté le sang de ce vilain !
Évidemment, le fait que Forgeronne ait 14 ans n’aide pas spécialement à la prendre au sérieux. La clientèle se fout un peu d’elle, et finalement, un énorme extraterrestre avec une tête de cake aux prunes décide de lui prendre l’épée directement. Car celle-ci vaut en effet du pognon. Kara, qui refusait de s’en mêler jusqu’alors, soupire, peste, et décide de sortir expliquer au cake aux prunes de quoi il retourne.
– Écoutez Monsieur, je sais que vous n’avez pas une tête de porte-bonheur, mais ce n’est pas une raison pour voler l’épée d’une jeune fille qui vient de perdre sa famille. Alors rendez-là. Sivouplé.
Hélas, les gâteaux, même aux fruits, sont peu portés sur la diplomatie, et Kara est obligé de savater la gueule du margoulin. Elle rend alors son épée à Forgeronne, puis s’en retourne à son spatio-van pour cuver son mauvais alcool et faire subir à la porcelaine de ses toilettes les derniers outrages. Hélas, voilà que de bon matin, on frappe à sa porte : c’est Forgeronne qui explique que puisque Kara est gentille, elle ne pourrait pas l’aider ?
– Ecoute ma p’tite, les histoires de vengeance, moi, je m’en fous. Tout ce qui m’intéresse dans la vie, c’est me pinter la gueule, car comme tous les héros supposés briser les codes, au lieu d’être gentille et serviable, je suis grognonne et alcoolo.
– Mais enfin ! N’y aura-t-il pas une idée originale dans le film ?
– Non. Maintenant, laisse moi, je dois aller faire pisser mon chien.
Et Kara de s’éloigner de son vaisseau, avec Forgeronne sur ses talons qui n’arrête pas d’insister. Seulement, pendant que les deux dames se sont éloignées, voici qu’approche en douce… Krem ! Et ses Brigands à majuscules. Car ayant perdu leur vaisseau quand ils ont attaqué les forgerons, ils en cherchent un nouveau, et ont décidé de prendre celui de Kara, comme ça, au pif. C’est vraiment pas de bol ! À noter que l’équipe en charge des décors a placé le vaisseau dans une plaine d’herbes rases, où l’on peut voir un mec arriver à 10km, mais ni Kara, ni Forgeronne n’ont donc remarqué une bande de mecs en armures et aux piercings qui font bling-bling approchant droit vers leur appareil.
Pendant que Kara ne pose pas de questions intéressantes comme « Mais au fait, on est dans la galaxie, on a des vaisseaux avec canons à neutrons et des mitrailleuses laser, qui utilise encore des épées, bordel ? », les vilains montent à bord de son spatio-van, sûrement attirés par l’odeur de la bière, et s’en emparent. Krypto, qui a flairé les coquins, file à toute allure vers le vaisseau pour tenter de leur mordiller les chevilles, mais Krem sort alors un curieux pistolet, et tire une aiguille qui paralyse le fidèle canin. Après avoir rigolé (Krem, pas Krypto qui lui se marre moins), les méchants ferment les écoutilles et s’envolent. On ne sait pas s’ils réalisent alors qu’ils ont volé la navette la plus cradingue du quartier. N’allez pas aux toilettes, c’est tout ce que je dois vous dire, Messieurs.

Alors que tout le monde sait qu’au lieu de la fléchette, il suffisait d’allumer un aspirateur pour repousser Krypto.
Kara ramasse son toutou tout paralysé et vite, l’emmène à une guérisseuse alien vivant sur la planète sous une tente.
– Guérisseuse ! Mon chien ne bouge plus. Chose qu’il fait très peu, car d’habitude il fait chier tout et tout le monde. Mais c’est parce qu’il est hyperactif-hypersensible-autiste asperger, bien sûr.
– Comme tout l’monde. Mais ma pauvre amie, si ton chien ne bouge plus, c’est parce que l’aiguille de Krem contenait un poison pour le paralyser. Poison qui le tuera dans trois jours, dans d’atroces souffrances.
– Et vous ne pouvez rien faire ?
– Je vis sous une putain de tente. On est dans la GALAXIE. On a des réacteurs turbo-magiques, des scanners qui font bzioup bzioup, et donc, des hôpitaux. Mais toi tu as amené Kiki le chien sous la première tente de clodo venue. Tu crois que je vais le guérir avec une infusion à la beuh ?
– Etant moi-même clodo : oui.
Allez, on va dire que c’est parce que Kara a perdu son vaisseau qu’elle n’a pas pu l’emmener à l’hôpital. Et qu’il n’y en a aucun sur cette planète. Oui, voilà : c’est une planète ou il n’y a que des bars ou des forgerons. Rien d’autre. Ça doit être la planète des nains.
Mais la guérisseuse redonne espoir à notre héroïne :
– Ce poison… les Brigands s’en servent pour le chantage. Ils empoisonnent quelqu’un, puis ne donnent l’antidote qu’en échange de quelque chose.
– Alors oui, mais alors pourquoi avoir tiré sur mon chien sachant qu’ils ne comptaient pas me faire chanter, juste me voler mon vaisseau ?
– … euh…
– Pourquoi ils ne lui ont juste pas collé une bonne grosse balle à l’ancienne au lieu de s’emmerder avec ce venin mystérieux qui doit coûter un peu, juste pour shooter Kiki ?
– … alors…
– Et accessoirement, en supposant juste que c’est parce qu’ils ont le réflexe d’utiliser cette arme, pourquoi ne la verra-t-on plus du film ?
Vous l’aurez deviné : la seule réponse est « PARCE QU’ON NE SAVAIT PAS COMMENT FAIRE POUR QUE L’HEROINE PARTE EN QUÊTE, DONC ON A DIT QUE LES MECHANTS AVAIENT EMPOISONNÉ SON CHIEN JUSTE POUR RIGOLER ET SEULS EUX ONT L’ANTIDOTE ! »
Quelle écriture. C’est fabuleux.
Cela dit, Kara refuse de faire équipe avec Forgeronne pour autant. Elle lui explique lourdement que les histoires de vengeance, c’est nul, ça n’apporte rien de bon. Elle, elle va juste récupérer l’antidote sur Krem, et basta. Raison pour laquelle elle va à l’arrêt de bus galactique (si, si), où arrive ledit bus qui est exactement ce que vous imaginez… mais avec des réacteurs. Quelle créativité, vraiment ! À bord, des passagers ronflent sur des sièges foireux, et alors que Kara aspire à un peu de repos elle aussi, voilà qu’elle découvre que Forgeronne est montée aussi !
– Mais ? Forgeronne, comment es-tu arrivée là ?
– Je t’ai suivie !
– Non mais c’est pas la question : l’arrêt de bus était AUSSI au milieu de nulle part, sans aucune explication d’ailleurs, avec une plaine tout autour. Je t’aurais vue arriver à des kilomètres. Et ensuite, monter dans un bus et ne pas se faire repérer durant des heures… je veux dire : c’est pas grand, un bus. Le film aurait mis un vaisseau plus grand, d’accord, mais…
– Nan mais je suis montée entre deux scènes. Comme ça, zéro explication.
Et hop.

Je tiens à prouver mon propos : l’arrêt du bus galactique.
Seulement, on ne peut jamais être tranquille. Car soudain, le bus est attaqué… par des pirates de l’espace ! Qui ont un gros vaisseau, une armée de drones araignées, des téléporteurs, bref, du matériel et ils abordent le malheureux bus pour… exiger que chaque passager donne ses richesses. Une montre, un portefeuille, un bracelet…
Attendez, laissez-moi reformuler : des mecs avec UN VAISSEAU INTERGALACTIQUE ET UNE ARMÉE DE DRONES SUPER ÉVOLUÉS essaient de faire fortune en piquant des bracelets à 50 balles au mieux de voyageurs qui prennent les bus publics ? C’est un peu comme si Elon Musk vous faisait les poches pendant que vous preniez un café. On va dire que les pirates de l’espace sont assez mauvais en gestion d’entreprise. De toute façon ils ne sont pas là pour ça, mais bien pour se faire casser la gueule par Kara. Qui pour l’instant, ne bouge pas, à la surprise de Forgeronne.
– Kara ? Mais toi qui es super forte, pourquoi ne les lattes-tu pas ?
– Parce que là, je suis normale. Je viens de Krypton, ma force dépend du soleil. Un soleil jaune ? Je suis super balaise, comme Superman. Un soleil rouge, comme la planète qu’on vient de quitter ? Je suis normale. C’est même pour ça que je vais là : pour perdre ma résistance et pouvoir me bourrer la gueule. Et enfin, le soleil vert m’empoisonne.
– Holala, mais comment va-t-on faire ?
Eh bien c’est assez simple. Kara décide d’attaquer les pirates quand même, sans ses pouvoirs, ils la maitrisent et après quelques péripéties… l’éjectent du bus. Où, incroyable coup de bol, devinez quel soleil se lève derrière la planète voisine ? Un jaune, mais oui ! Kara devient donc super balaise, revient à toute berzingue vers le bus pourri, et explique à coups de phalanges dans les gencives ce qu’elle pense des margoulins.
Je vous avoue… que ce n’est pas super intéressant ni héroïque, cette affaire. C’est vraiment du : « Je n’ai rien à faire, les méchants m’envoient tout seuls vers le truc qui me rend invincible, et une fois invincible… bah je ne peux plus perdre, ce qui limite l’intérêt du combat ».
Combat que je vous passe : bang les drones, paf les bandits, boum leur vaisseau. Le bus est sauvé, tout le monde est content ! Et ne pose donc pas de questions sur comment, entre deux plans, Kara a changé de tenue, puisqu’elle était en combi spatiale au moment de se faire éjecter, puis soudain, elle a ses vêtements de ville. Qui doivent aussi être invincibles puisqu’ils résistent même aux tirs du vaisseau des méchants.
Si son slip est si résistant, je comprends mieux pourquoi Superman le porte par-dessus ses vêtements.
Bref. Le bus et ses passagers heureux font étape à une station spatiale galactique qui est donc… mais oui ! Une station EXACTEMENT comme n’importe où sur Terre, sauf qu’on a mis une bestiole qui fait caca du pop-corn pour dire « Regardez, c’est pas sur Terre ! ». Ah. Kara prend à manger, à boire, et va causer aux pirates qu’elle a capturés.
– Oukison les Brigands ?
– La galaxie est vaste. Des brigands, il y en a partout : tenez, nous-mêmes…
– Non mais le SEUL groupe qui a eu l’idée géniale de s’appeler les Brigands.
– Ah oui, eux. Eh bien ils sont sur la planète Toupourri.
Direction Toupourri, donc, où Kara et Forgeronne débarquent pour trouver… un bidonville du Midwest ? Peuplé d’humains, avec des bâtiments humains, etc. Là encore, gros travail. La fine équipe se rend ainsi au bar (du Midwest) le plus proche, où Kara cherche des informations sur l’endroit exact de la planète où s’abritent Krem et ses amis. Alors certes, la faune locale n’est pas aimable, et Kara doit casser moult gueules, mais elle se calme quand arrive…
– AQUAMAN !
– Euh… non. Pas du tout. Je suis Lobo, le mercenaire de l’espace.
– Mais pourtant tu es joué par…
– Shhh. Lobo. LOBO. Le chasseur de primes qui a tué toute une planète à lui seul et est immortel.
– Bon, d’accord.
Car il se trouve que Lobo aussi cherche les Brigands. Mais lui c’est pour arrêter… Jean-Jacques. Non, pas Krem, le chef. Juste un Jean-Jacques quelconque de la bande. Mais quels enjeux mes petits amis ! Et Kara refuse aussi de faire équipe avec lui, car il est très fort, certes, même elle en a peur, mais il est surtout très violent. Kara préfère se rencarder auprès du barman, car comme dans toutes les parties de jeu de rôles, l’aubergiste a toujours plein d’infos. Et là, la sienne est : « Vous et la fille avec laquelle vous voyagez… allez dans une chambre à l’étage. Nous allons faire venir un ami qui sait où se cachent les Brigands. »
Elles y vont et prennent un peu de repos. L’occasion pour Forgeronne de causer avec Kara qui lui raconte son passé à l’aide d’un flashback, que nous passerons ici en dialogue.
– Mais attends, tu n’es pas terrienne, Kara ? Tu es de Krypton ?
– Eh oui.
– La planète qui a implosé ?
– Ah, oui… et non. Krypton n’est pas morte en un jour, hélas ! Figure-toi que mon papounet faisait partie du grand conseil de Krypton, tentant d’avertir la population que ça allait péter. Mais personne ne l’a écouté.
– Zut ! Mais attends Kara, Krypton, c’était une société super évoluée, non ? Avec des vaisseaux spatiaux, toute une civilisation qui volait vers les étoiles… donc 100% de la population n’a pas pu péter avec Krypton, non ?
– Euh… si. On va dire que c’est arrivé un jour où il y avait kermesse, et on adore les kermesses. Bref, lorsque la planète a pété, les parents de Superman ont envoyé leur fils vers la Terre pour le sauver.
– Donc ils savaient construire une navette dans leur garage, mais en ont juste fait une pour leur fils ? En sachant ce qui allait arriver ? Et attends, si eux pouvaient en faire une à la main, c’est qu’il devait y avoir de vraies navettes sur Krypton, non ? Pour sauver plus de monde ?
– Forgeronne ?
– Oui ?
– Ta gueule.
Forgeronne tente bien de se taire, mais c’est de pire en pire car Kara poursuit son navrant récit.
– Je disais : Superman a ainsi été évacué. Mais moi, mon père avait un autre plan : il a enclenché un champ de force de sa conception qui a sauvé toute une partie de la ville où nous étions. Qui s’est retrouvée à dériver dans l’espace sur son bout de planète détaché du reste. Nous l’appelions Argos, c’était le dernier morceau de Krypton.
– Attends, donc toujours pas de navette pour sauver un pinpin, par contre on en est au stade où les mecs avaient prévu de faire FLOTTER UN BOUT DE LA PLANETE DANS L’ESPACE ?
– Ahem je… bon. Je suis née sur Argos. Sauf que pas de bol, le bout de planète où nous étions avait décroché avec lui des bouts du cœur de Krypton, la kryptonite. Et il n’y avait plus le reste de la planète pour nous protéger de ses radiations. Les gens ont commencé à mourir. Heureusement, mon père a retrouvé dans son garage – là encore – les plans de la navette qui avait servi à évacuer Superman. Il l’a donc construite à son tour et…
– Ton père pouvait construire un champ de force pour faire s’envoler un putain de bout de planète, mais construire une navette pourrie, il lui fallait les plans exacts de quelqu’un d’autre ?
– TA. GUEULE.
– Okay, okay.
– Donc… on m’a glissée dans le bousin, évacuée avec mon chien – PAS DE COMMENTAIRE – et je suis arrivée sur Terre, où mon cousin Superman a pris soin de moi et m’a appris l’Anglais car je ne parlais que le kryptonien.
– C’est marrant, en sachant que dans nos aventures, dans toute la galaxie, tout le monde parle l’anglais qui est appelé « le commun » et…
– J’AVAIS PREVENU. JE ME CASSE, PETITE LANGUE DE PUTE. AH JE SAIS PAS SI C’EST EN FORGEANT QU’ON DEVIENT FORGERON, MAIS DANS TON CAS, C’EST EN FORGEANT QU’ON DEVIENT FORT CONNE.

Voilà voilà : les mecs savaient fabriquer un système pour faire voler tout un bout de planète, par contre une navette pour deux, pfou, c’est au-delà de nos compétences.
Oui, elle boude. Lassée par Forgeronne qui souligne que le scénario tangue plus que notre héroïne les soirs de cuite, Kara décide de quitter la chambre pour retourner voir les aubergistes et leur demander quand, bordel, leur ami va venir les rejoindre pour filer des infos sur les Brigands, parce que là, Forgeronne commence à lui courir sur le krypto-hariko. Les aubergistes, qui suent à grosses gouttes et ne sont pas du tout suspects, lui servent un petit thé pour patienter… et soudain, Kara ne se sent pas bien.
– Vous m’avez servi du… du…
– Du poison, oui, c’est vrai.
– Non, du thé ! Mon corps n’est pas habitué à l’eau ! Je vais mourir !
Heureusement, non. Un petit verre de lait (car oui, ils ont évidemment du lait dans un frigo bien américain – mais sûrement avec un réacteur derrière), et ça va mieux. Et ça tombe bien car si les aubergistes ont voulu empoisonner notre héroïne, c’est parce qu’ils comptaient la livrer aux Brigands, avec Forgeronne ! Comme ils lui expliquent : les Brigands ont leur fille, et sont prêts à l’échanger contre deux autres filles… car le truc des Brigands, c’est que c’est un groupe constitué d’hommes, qui kidnappent de jeunes femmes pour qu’elles produisent plus de garçon !
Les méchants sont de la brigade du patriarcat : c’est là aussi original. J’imagine que si on creusait encore, on trouverait un sticker « Trump Président » sur le pare-chocs de leur grosse navette.
Navette qui justement, se matérialise soudain au-dessus du quartier pourri où se trouve l’auberge ! Et en descendent Krem et ses Brigands, qui se mettent à terroriser tout le secteur. Mais lorsqu’ils tombent sur Kara, évidemment, même si affaiblie par le poison, elle commence à se battre, et c’est parti : pif, paf bang, ça se distribue des mandales dans tout le secteur. Le fameux Lobo arrive sur sa moto se joindre à la baston, et on va le dire : son personnage ne sert à rien. Il passe, met des mandales, revient, repart, mais s’il n’était pas dans le film, ce serait la même.
Parlons cependant d’un élément assez fabuleux : les figurants des Brigands.
J’imagine que quelqu’un était chargé de leur donner des consignes, mais qu’il a eu un rhume le jour des scènes d’actions, car si vous regardez celles-ci, je vous recommande d’observer les figurants : c’est fabuleux. Aucun ne fait quoi que ce soit d’utile. On les voit courir maladroitement, s’agiter en regardant vers les héros, mais ils ne font rien. À part attendre leur tour pour attaquer Kara ou Lobo par groupes de un. Bien sûr, ils ont des flingues, mais ils ne s’en servent pas non plus, ce serait con de ne pas se faire massacrer. C’est assez touchant : ils ont cette allure maladroite d’élèves de cinquième à leur première boom qui bougent un peu des épaules sur le bord de la piste de danse sans savoir s’ils doivent y aller ou pas. Ils sont mignons, ces Brigands. Un peu cons, mais mignons.
De la même manière, Krem, qui est protégé par le script, se promène dans tout le coin en râlant de son petit accent russe, à la recherche de jeunes filles à violenter. Oui, les héros le voient. Non, ils ne font rien car sinon, le film s’arrête là. Ah, et non, Krem n’utilise pas son pistolet à seringues qui paralysent et empoisonnent : comme déjà dit, ça a servi une fois sur un chien, et pouf, plus du film. Toujours est-il qu’alors qu’il va dans un coin isolé, Forgeronne le suit et tente de le pourfendre, mais Kara vole pour l’en empêcher. Forgeronne est furieuse :
– Pourquoi tu ne m’as pas laissée le tuer ?
– Car la vengeance n’apporte rien, à part plus de colère. Et puis, qui te dit que tu allais y arriver ? Krem est doué, il attendait ton attaque, il…
– Ah ben tiens, pendant que tu causais, il a tué les aubergistes, et leur fille aussi, qu’il avait amenée.
– Zut.
Mais Kara insiste : l’important, c’est quand même de ne pas se venger. Elle est très, très lourde sur le sujet, et le répète tellement entre deux scènes que je ne le précise pas à chaque fois. Mais retenez bien que c’est vraiment son fil rouge.
Enfin. Après cette grosse baston, Kara en a quand même marre, et décide d’en finir avec les Brigands, qui sont parvenus à s’enfuir avec leur navette. Elle demande donc à un larron du cru si on peut l’emmener à leur base secrète et… oui. Aucun souci, m’dame. Suffisait de demander d’un air un peu menaçant. On la colle donc au fond d’une navette de filous, et on la largue au milieu de nulle part, dans une plaine déserte (encore une), où elle peut voir au loin, dans le ciel, la navette des méchants gentiment amarrée. À nous deux, Brigands ! Préparez vos figurants à attendre leur tour !
Sauf qu’à peine a-t-elle fait quelques pas… qu’un soleil vert se lève ! Kara grogne, et tombe au sol, abandonnée car ceux qui l’ont amenée sont déjà repartis. Kara avait connement oublié de se renseigner sur le soleil local : quand c’est ton seul point faible, et que tu y penses pourtant à chaque fois pour te bourrer la gueule, c’est ballot ! Heureusement pour elle, une petite main vient attraper la sienne.
– Kara, je vais te trainer jusqu’à un abri !
– For… Forgeronne ? Mais comment es-tu arrivée jusqu’ici ? Par la navette des filous ? Mais elle…
– Comme pour le bus : je suis montée dedans entre deux scènes. Et descendue pareil, même s’il y a eu un plan où on a bien vu la navette partir, avec toi seule au milieu de nulle part sans personne à des centaines de mètres à la ronde.
C’est bien de faire des plans montrant qu’elle est isolée, mais à la scène suivante, non. Un peu comme un film où vous faites un plan aérien d’un type marchant seul dans le désert, mais soudain on découvre qu’il est suivi par un vendeur de chouchous et de boissons fraîches. Passons et revenons à nos héroïnes, qui donnent envie d’en prendre par le pif pour tenir jusqu’au bout.
– M… merci, Forgeronne.
– Oh. Et j’ai apporté ta tenue bleue et rouge avec le « S » dessus. Au cas où.
– Celle dont tu ignorais toute la signification pour moi ? Que c’est une relique de ma planète ?
– Voilà.
– Celle que tu ne peux pas avoir avec toi puisqu’on l’a vue dans un coin de ma navette volée précisément par les Brigands ?
– Ah euh… oui, merde. Bon, je vais faire diversion en essayant de me rendre utile.
Forgeronne traine donc notre andouillette favorite jusqu’à une grotte voisine, qui la protège un peu des rayons du soleil vert. Kara, entre deux râles, explique que les méchants, se sachant poursuivis par une kryptonienne, ont évidemment installé leur QG dans une zone au soleil vert. Malin ! Enfin quand je dis malin… mais nous y reviendrons. Car en attendant, Forgeronne va chercher de l’eau pour aider Kara, mais hélas, se fait attraper par les méchants en maraude, qui s’empressent de l’enfermer dans leur vaisseau. Où elle se retrouve en cage avec… Lobo !

Le vrai nom de Lobo étant Jean-François Caméo. La seule raison de sa présence.
– Monsieur Lobo ? Mais comment êtes-vous arrivé là ? Vous éclatiez les méchants dans la précédente scène d’action ? Et puis vous n’êtes pas super fort, capable d’éradiquer une planète entière ?
– Euh… je…
– Allez-vous me dire « Ta gueule » ?
– J’y venais.
– Alors que de temps gagné ! Je me tais !
Non, vous n’aurez aucune réponse à ces questions. À la place, dans le vaisseau ultra-générique des méchants (sombre, humide, pointes partout), les méchants interrogent Forgeronne dans le plus pur style des méchants (« Oh, je vais te tuer si tu continues, mais je ne le ferai pas sinon le film s’arrête, même si tu me craches dessus et m’insulte alors que d’habitude, je tue pour un regard de travers ! »), avant que Forgeronne ne parvienne à filer en passant là aussi, par une trouvaille incroyable : LES CONDUITS D’AERATION.
Vous savez pourquoi les scénaristes sont menacés par l’IA ? Parce que même l’IA est plus créative que ça. Et, oui, les conduits sont évidemment assez grands pour qu’elle passe sans souci. Hélas pour elle, après quelques aventures que je vous passe, elle se retrouve… avec Krem qui lui dit que aha, bon, on a bien rigolé, mais il est temps de mourir maintenant.
« Mais que fait Kara ? » vous exclamez-vous, apeurés à l’idée que Krem tue la petite héroïne, holala oui, quel suspens.
Eh bien rappelez-vous : Kara était dans une grotte, empoisonnée par le soleil vert, et donc, sans Forgeronne pour lui ramener de l’eau. Alors, a-t-elle dû improviser ? Trouver la volonté de se relever ? Tenter quelque chose avant l’issue inévitable de l’empoisonnement ? Eh bien…
Non.
En fait, elle ne fait rien, et paf, un soleil jaune se lève. Oui, les méchants s’étaient cachés dans une zone où il y a un soleil vert, qui tue les Kryptoniens ET un soleil jaune qui les rend invincibles. Voilà voilà. On appréciera la bêtise des méchants, et comment, pour la deuxième fois (la précédente, c’était l’attaque du bus) les méchants se sont débrouillés pour que Kara se retrouve avec un soleil jaune. Elle va donc aussitôt mieux, s’envole après avoir enfilé sa tenue de Supergirl parce que… parce que, et va au vaisseau des méchants, où elle défonce tout le monde et sauve Forgeronne. À nouveau les figurants se surpassent en nullité, s’agitant sans queue ni tête, alors qu’ils sont 50, et ne font rien à part agiter les bras. Lobo aide un peu Kara – mais là encore, il ne serait pas là, ce serait la même – et bien vite, le vaisseau se crashe, les méchants tentent de fuir et de s’en reprendre à Forgeronne, mais Kara les re-latte, libère aussi les filles kidnappées par la bande depuis des plombes, et finalement, Forgeronne se retrouve seule, avec Krem à sa merci.
Kara vole jusqu’à eux.
– Non, ne le tue pas.
– Mais enfin ! Il a tué ma famille ! En plus c’est un méchant complètement générique, avec son armure noire, ses piercings, son accent russe !
– Oui, mais le tuer souillerait ton âme. Montre-lui que tu es bonne. Que tu vaux mieux que ça.
Forgeronne se met alors à pleurer, jette son épée, et vient faire un câlin à Kara avant de s’éloigner.
C’est alors que… Kara prend l’épée et tue Krem.
Mais ? Que ? Et tout le discours depuis 1h40 sur la vengeance ? Ce que tu viens de dire sur tuer qui est mal (même si tu as dû tuer des tas de gens depuis le début du film avec tes yeux lasers et autres explosions ou mecs jetés dans les airs) ? Non ? Eh bien oui : le film défèque lourdement sur son propre fil rouge et voilà. Kara bute les gens de sang froid. Bon, coup de bol, l’antidote pour son chien n’était pas planqué dans le vaisseau qu’elle a détruit mais était autour du cou du méchant (quelle chance que le mec se trimballe partout avec une fiole fragile autour du cou mais qui résiste à tous les combats, et qui ne sert qu’à soigner un chien qu’il ne connait pas !). Kara retourne donc voir Krypto chez la guérisseuse-sous-tente, hop, l’antidote et la bête se remet en 0,3s (alors que votre grippe, même avec les médocs, c’est pas la même). Et non, pas de soleil jaune en vue, pourtant.
Tout le monde est content.
Kara décide d’aller finir de fêter son anniversaire, et de manière moins arrosée, avec Forgeronne puisqu’elle n’a même pas le droit à un panaché, puis ayant récupéré sa navette, se rend sur Terre, à Métropolis, pour annoncer à Superman que se bourrer la gueule, c’était super, mais qu’elle va p’têtre rester un peu par ici finalement, et essayer de faire un peu de bien.
Comme quoi, exécuter de sang froid, ça vous rend meilleur. J’imagine que ça doit être la morale du film en tout cas puisque l’écran vire au noir, un grand « S » apparait et…
… FIN !

« Tuer c’est mal, sauf si c’est moi qui tue. »
Je résumé : une héroïne qui se bourre la gueule voit un type empoisonner son chien sans raison. Elle décide de le retrouver, mais échoue face à des pirates. Heureusement, ils la balancent sur un soleil qui la rend invincible, elle n’a rien à faire. Elle continue mais échoue face à des Brigands. Heureusement, ils se sont cachés dans une zone où il y a un soleil qui la rend invincible, elle n’a rien à faire. Après 1h30 à expliquer que tuer et se venger, c’est mal, elle tue le méchant et se venge. Fin.
Sacrée écriture les enfants.
Juste pour rire, voici ce que me sort une IA quand je lui demande un pitch de Supergirl qui profite du fait qu’elle est loin de la Terre :
Kara Zor-El n’a pas le luxe de l’amnésie. Contrairement à son cousin, elle a vu son monde mourir, et cette douleur la pousse à fuir la Terre pour arpenter les territoires interdits du cosmos, là où la physique s’effondre.
Au-delà des frontières cartographiées s’étend le Suaire d’Ambre, une nébuleuse vivante faite de plasma conscient et d’ossements de divinités stellaires pétrifiées. C’est ici que Kara découvre une anomalie terrifiante : le Grand Silence, une déchirure gravitationnelle qui ne dévore pas seulement la matière, mais la mémoire même de l’univers. Chaque système englouti est effacé de la causalité, comme s’il n’avait jamais existé. Au cœur de cette tempête de vide flotte une merveille impossible : l’Arche de Verre, une cité-sanctuaire kryptonienne intacte, piégée dans une stase temporelle par une caste de navigateurs astraux oubliés.
Pour sauver ce fragment vivant de son peuple, Kara doit naviguer à travers des écosystèmes spatiaux inédits : des forêts de comètes bioluminescentes abritant des parasites solaires, des anneaux planétaires forgés dans le métal psychique, et les Chuchoteurs, des entités nées de naines blanches mourantes qui se nourrissent des regrets des voyageurs. Privée de son soleil jaune au fur et à mesure qu’elle s’enfonce dans les ténèbres du vide, Kara ne peut plus compter sur sa seule invulnérabilité. Ses pouvoirs faiblissent, laissant place à une lutte brute pour la survie où chaque battement de cœur sous radiation étrangère devient une torture.
L’enjeu n’est plus seulement physique, il devient existentiel. Le cœur de l’Arche alimente l’expansion du Grand Silence. Pour stopper l’effacement définitif de milliers de mondes vivants, Kara doit faire un choix dévastateur : condamner elle-même ce dernier vestige de Krypton à l’oubli éternel, ou laisser l’univers disparaître pour préserver son passé.
Un voyage cosmique viscéral où la fille de l’acier apprend que la véritable force n’est pas d’empêcher un monde de s’éteindre, mais d’avoir le courage de porter son deuil pour éclairer les autres.
Le plus triste, c’est que ce n’est pas l’IA qui monte.
C’est notre niveau qui descend.
Oui, encore.
Publié le 13.08.2026 à 19:08
Le cinéma français rayonne dans le monde entier.
« Comme Tchernobyl », répondront les esprits taquins, après avoir pleuré des larmes de sang devant la dernière comédie nationale d’une telle originalité qu’on aurait pu sobrement l’appeler Titre jaune sur fond bleu. Et si pour des raisons qui m’échappent, il n’est pas permis de couler une chape de béton sur certaines de nos, ahem, vedettes, tout comme cela fut fait sur le réacteur précédemment évoqué, contentons-nous de rêver.
Et si la France produisait vraiment des blockbusters ? À quoi ressembleraient-ils ?
C’est l’été, et m’étant honteusement amusé avec ma machine personnelle et un peu d’IA locale (point de datacenter dans l’affaire), je vous propose donc la bête suivante : Iron-Man made in France. Il y a bien des années, je l’avais évoqué par écrit, alors maintenant que j’ai les moyens de lui donner vie…
Voici donc.
Et si ça ne marche pas, cliquez ici.
Évidemment, je vous laisse le soin de hurler à l’utilisation d’IA en commentaires, ou sinon, à me glisser si un autre film mériterait une bande-annonce. Avatar, Spider-Man, Top Gun… que de possibilités
Publié le 27.07.2026 à 08:57
Le sous-marin coulé par ses toilettes
Les blagues de caca font rire.
Oh, ne faites pas les prudes qui ne mangent pas de ce pain-là. Nous savons tous très bien quels gloussements vous retenez à la mention du sujet. Et pourtant, celui-ci est bien sérieux : tenez, saviez-vous qu’en avril 1945, les Allemands avaient perdu un sous-marin flambant neuf à cause d’une sombre histoire de capitaine qui a besoin d’aller vider ses flancs, d’une chasse d’eau surpuissante, et d’un petit pépin ?
Voici l’histoire du U-1206. Peu subtile, et pourtant : vraie.
Et si ça ne s’affiche pas, cliquez ici.
En attendant, restez au frais, comme on dit dans les morgues à sa clientèle.