rubrique «À LIRE AILLEURS»
Publié le 15.03.2026 à 08:00
Guerre et écocide : la population de Téhéran sous une pluie d'hydrocarbures
Depuis des temps immémoriaux, un ciel noir en plein jour est un signe de fin du monde. À Téhéran, le soleil ne s'est pas levé le 9 mars. C'est la manifestation concrète de la guerre.
Publié précédemment dans Contre attaque https://contre-attaque.net/2026/03/10/guerre-et-ecocide-la-population-de-teheran-sous-une-pluie-dhydrocarbures/

Une pluie noire, une suie crasseuse tombe désormais sur cette immense ville de 15 millions d'habitants. Les avions de l'empire ont bombardé les raffineries et les dépôts pétroliers du pays, pour mettre à genoux l'économie iranienne, mais aussi pour intoxiquer son peuple. De gigantesques colonnes de fumée provoquées par des brasiers d'hydrocarbures quasiment impossibles à éteindre ont duré pendant des heures.
Des images montrent des autoroutes cernées de brasiers immenses, des conduits de pétrole qui explosent et des panaches de fumée brune de la taille de montagnes. Une métropole entière et tous ses habitants sont pris en otage par la pollution. L'air est irrespirable, l'eau est empoisonnée, la population suffoque dans les vapeurs de métaux lourds, de plomb, d'arsenic et de dioxyde de souffre. Les yeux sont irrités, la population s'étouffe : « La guerre est dans nos gorges » explique un habitant. En frappant ainsi les ressources du pays, Israël mène aussi une guerre chimique.
Migraines, toux, vertiges, malaises, emballement du cœur. Ce sont les premiers effets de cette pollution gigantesque, ressentis sur des kilomètres. Les maladies cardiaques, neurologiques et pulmonaires auront lieu pendant des années, voire des décennies. Les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables, les femmes enceintes pourraient perdre leurs bébés.
Même les dirigeants des USA ont été surpris par les frappes israéliennes qui ont visé 30 dépôts de carburant. Des bombardements plus étendus que ce qui avait été anticipé. Washington craint que la destruction de ces infrastructures pétrolières, qui servent aux civils, ne renforce le soutien au régime iranien et ne fasse grimper les prix du pétrole.
Impossible pour l'instant de faire un bilan comptable en terme « d'empreinte carbone », comme aiment le faire les technocrates, de ce qui est l'une des plus grandes catastrophes industrielles de notre temps. Mais une chose est déjà certaine, ces fumées toxiques mettent en péril la vie de centaines de milliers d'Iraniens. Elles témoignent aussi d'un fait indiscutable : la guerre c'est l'écocide, l'écocide c'est la guerre. Le militarisme, par nature, consiste à s'accaparer et à détruire l'environnement et les ressources.
Le terme d'écocide est intrinsèquement lié à la guerre. Le biologiste étasunien Arthur Garlston l'utilise pour la première fois à propos de l'invasion du Vietnam, en 1970. Pour soumettre le peuple vietnamien, tout l'arsenal impérial est alors utilisé : un tapis de bombe d'une intensité inégalée, des déluges de napalm brûlant tout – végétation, animaux et humains. Des généraux envisagent même sérieusement d'utiliser des bombes nucléaires, mais aussi et surtout de mener une guerre chimique. À partir de l'été 1961, l'aviation des États-Unis déverse des millions de tonnes d'agent orange-dioxine, un puissant herbicide produit par la firme Monsanto, sur la jungle vietnamienne et laotienne. Il s'agit de détruire l'écosystème dans son ensemble : les forêts qui servent de refuges aux combattants mais aussi les cultures. Entre 14% et 44% de la surface forestière du Vietnam est stérilisée ou contaminée.
Six décennies plus tard, on estime à 5 millions le nombre de personnes qui ont été intoxiquées par l'agent orange. La perversité de ses effets est qu'ils se transmettent de génération en génération. Depuis la fin des années 1960, des bébés voient le jour sans bras ou sans jambes, avec de graves malformations cardiaques ou des handicaps mentaux lourds.
Le premier février dernier, Israël a bombardé sur le sud du Liban un herbicide archi-cancérigène : du glyphosate envoyé sur des terrains boisés, oliveraies et vergers, à des doses hyper concentrées. L'objectif affiché : empoisonner le sol et détruire la végétation pouvant dissimuler des opérations de guérilla. Une attaque destinée à transformer le Sud Liban en désert. « Il s'agit à 100% de glyphosate, qui dépasse de 30 à 50 fois les doses habituelles utilisées dans l'agriculture », selon le ministre libanais de l'Agriculture, Nizar Hani, pour Reporterre. La zone contaminée représente 540 hectares.
Cette méthode écocidaire et cruelle rejoint les armes chimiques tel que le phosphore blanc, qu'Israël déversait déjà au Liban comme à Gaza afin de rendre les terres incultivables et détruire les arbres qui pourraient servir d'abri aux combattants.
Dans les semaines qui ont suivi le 7 octobre 2023, 90.000 oliviers ont été brûlés, arrachés ou déracinés en Palestine. L'olivier est un arbre qui met des décennies à atteindre sa maturité, et qui peut vivre plusieurs siècles. Il est cultivé depuis des millénaires dans le pourtour méditerranéen, mais c'est aussi un arbre symbolique : le rameau d'olivier symbolise la paix et le pardon dans les textes sacrés. En Palestine, la cueillette des olives est un moment fort, qui a lieu dans un ambiance festive et collective, et permet d'entretenir des liens communautaires, d'éprouver l'attachement à la terre. On estime que les colons ont détruit 800.000 oliviers depuis 1967 dans les terres volées aux palestiniens.
Le colonialisme israélien s'attaque aux arbres, à l'eau, à toutes les ressources naturelles qui permettent au peuple palestinien de vivre. « Ils empoisonnent nos puits et nos terres avec des herbicides ou des déchets chimiques industriels » explique Ibrahim Manasra, habitant un village agricole près de Béthléem et responsable d'une ONG de défense de la nature. À Gaza, les terres arables ont été pilonnées pour rendre toute récolte impossible, et presque tous les oliviers ont été déracinés avec des bulldozers. Israël inonde aussi les terres avec de l'eau de mer, officiellement pour « détruire les tunnels du Hamas », mais qui a pour effet de rendre les champs stériles.
Pour écraser la résistance au Kurdistan, la Turquie organise à partir des années 1990 de grandes opérations de déplacements forcés de populations. À partir de 1994, l'armée turque met en place une politique de la terre brûlée pour priver le PKK de tout « soutien logistique ». Trente ans plus tard, des bombardements réguliers viennent toujours incendier vergers, vignes et champs. La Turquie utilise aussi ses barrages pour réduire le débit de l'Euphrate pour assoiffer les territoires Kurdes de Syrie et d'Irak. En Ukraine, territoire fertile considéré comme le « grenier à blé de l'Europe » depuis des siècles, l'armée russe a détruit de nombreuses terres cultivées, et fait sauter le barrage de la centrale hydroélectrique de Kakhovka. Une gigantesque inondation a contaminé les sols et endommagé le système d'irrigation. Même après le retrait des troupes, des milliers de mines continueront de joncher les champs, empêchant la reprise des cultures.
En 2022, le sabotage du pipeline Nordstream, qui acheminait du gaz entre la Russie et l'Europe, a émis dans l'atmosphère 465.000 tonnes de méthane, un gaz ayant un effet de serre 80 fois plus important que le dioxyde de carbone. La guerre en Ukraine aurait rejeté en trois ans 230 millions de tonnes d'équivalent CO2, soit les émissions annuelles de l'Autriche, de la Hongrie, de la République tchèque et de la Slovaquie réunies.
Plus généralement, l'ensemble des armées du monde, leurs véhicules lourds, chaînes logistiques, leur besoin de béton et de munitions, dégagent l'équivalent de 2.200 milliards de tonnes de CO2, soit 5,5% du total mondial. Un bilan largement sous évalué selon la chercheuse néerlandaise Hannah Huibregtsen, et qui va augmenter avec la hausse des budgets militaires. Il ne peut y avoir d'écologie sans antimilitarisme, et inversement.
Pour aller plus loin sur ce sujet :
Maudite soit la guerre, Pierre Douillard-Lefevre, Divergences, 2025, utilisé pour rédiger cet article.
Contre l'écologie de guerre, Vincent Rissier, La dispute, 2026.
Publié le 11.03.2026 à 08:00
Industrie de l'enfermement et des expulsions - MàJ de la brochure
Mise à jour d'une brochure qui a pour but de visibiliser les différents acteurs (entreprises, particuliers, associations...) qui se font de la thune sur la construction et le fonctionnement quotidien des centres de rétention en France
Lors de l'été 2021 plusieurs articles ont été publiés sur le site abaslescra.noblogs.org, au sujet des entreprises qui se font de l'argent sur l'enfermement et les expulsions.
Ces articles ont ensuite été réunis en une brochure qui a récemment été mise à jour.
Cette brochure a pour but de visibiliser les différents acteurs (entreprises, particuliers, associations...) qui se font de la thune sur la construction et le fonctionnement quotidien des centres de rétention en France. Elles sont regroupées par catégories (architectes, compagnies aériennes...) pour expliquer comment ces différents business fonctionnent, mais il y a aussi une liste complète à la fin.
Ces informations publiques, demandent un travail régulier de mise à jour. Une base de données en ligne est mise à jour plus régulièrement à cette adresse : https://abaslescra.noblogs.org/infos-pratiques/liste-des-marches-publics/
Cependant, il est toujours bon de revérifier les infos : il est possible qu'une entreprise ferme ou déménage, de nouveaux marchés peuvent être signés.
C'est pourquoi cette brochure a aussi pour but de fournir les bases pour effectuer ses propres recherches : elle comprend une dernière partie avec une liste de ressources et de tutoriels. Même s'il s'agit d'informations librement accessibles sur internet, on ne peut que recommander d'effectuer ce type de recherches en prenant des précautions : en utilisant tor + tails notamment (une liste de ressources en fin de brochure permet de se familiariser avec ces outils).
La brochure est disponible ici !
Publié le 08.03.2026 à 08:00
[Bure] Week end antirépression du 14 mars, le préprogramme
Le préprogramme du week end antirépression du week end du 13-14-15 mars est disponible.
Le préprogramme du week end antirépression du week end du 13-14-15 mars est disponible. Plusieurs ateliers ne sont pas confirmés encore, ça risque de changer. Consulter la page https://bureburebure.info/events/event/week-end-antirepression-a-bure/ pour avoir les mises à jour.
C'est pas obligatoire ni engageant, mais n'hésite pas à te préinscrire si tu viens pour aider à la logistique : https://forms.42l.fr/apps/forms/BnGQEFK92m7derdz
Flyer du préprogramme à télécharger en pdf sur ce lien.

Vendredi 13 soir :
20h30 : Film REAS : « Yoseli a un tatouage de la Tour Eiffel sur le dos et a toujours voulu voyager, mais elle a été arrêtée à l'aéroport pour trafic de drogue. Nacho est un homme trans qui a été arrêté pour fraude et qui a fondé un groupe de rock en prison. Doux ou rugueux, blonds ou rasés, cis ou trans, détenus de longue durée ou nouvellement incarcérés : Dans cette comédie musicale hybride, ils rejouent tous leur vie dans une prison de Buenos Aires. Une œuvre collective qui réinvente le genre de la comédie musicale : Les interprètes dansent et chantent sur leur passé en prison, font revivre leur vie sous forme de fiction et s'inventent un avenir possible par la fantaisie et l'imagination. » Durée : 1h22 20h30 : Pas lié au week end antirépression, mais le bar des 3 vallets de Treveray organise un karaoké. C'est à 25 minutes en voiture.Samedi 14 mars :
9h30-12h30 : Lecture d'un dossier judiciaire, comment préparer son axe de défense. À partir d'une lecture d'un dossier pénal, l'idée est d'arriver à se repérer dedans, savoir l'appréhender, et réfléchir à comment préparer une défense dans un procès. 9h30-12h30 : Perquisition et procédures judiciaires. Dans quelles procédures judiciaires existent les perquisitions ? Comment ça se déroule ? Quels sont les droits face aux perquisitions.
« Contre'Indic'Action les 14 mars 2026 rencontre internationale sur les indics, la trahison et les stratégies d'infiltration dans l'histoire récente des mouvements sociaux (a lieu aussi le lendemain à Paris).
Après que plusieurs informateurs des renseignements et/ou de la police aient été démasqués récemment, notamment en France, en Allemagne ou en Catalogne, nous estimons nécessaire d'en parler. Dans certaines structures, le besoin d'échanger nos expériences s'est fait de plus en plus ressentir, d'autant plus que « Momo » et, plus récemment, « Dîlan » ne seront ni les premiers ni les derniers cas où l'État cherche à nous surveiller, à nous traumatiser et à nous rendre incapables de lutter. Nous avons invité plusieurs camarades dont l'expérience et le travail politique sur le thème des indics et de la trahison nous aideront à identifier plus précisément les problématiques que créent ces informateur.ices et à nous protéger. Nous voulons essayer de mieux comprendre les profils et les stratégies de ces personnes utilisées comme « armes étatiques ». Il est clair que tous les cas sont très différents, d'autant plus que les deux derniers – contrairement aux « spycops » de l'État britannique – suggèrent également une instrumentalisation raciste par les autorités. Les informateurs sont des traîtres, toujours. Mais seule une différenciation et l'échange d'expériences internationales peuvent nous aider à nous protéger effectivement contre elleux.
Donal O'Driscoll (Chercheur, Undercover Research Group, London) Gemma Garcia (Journaliste, LaDirecta, Barcelona) à confirmer Matthias Monroy (Journaliste, CILIP, Berlin)
Présentation avec interprétation francais-anglais » Affiche à la fin de l'article.
16h15-18h15 : Atelier sécurité numérique. Quelles sont les outils de surveillance des forces répressives sur les outils numériques ? Quels outils pour s'en protéger ? 20h30 : Concert, The Rag Messenger :« Né de la rencontre entre la batteuse Ophélie Luminati, le clarinettiste Ezequiel Celada et le pianiste Auguste Caron, The Rag Messengers s'empare avec bonheur du répertoire des débuts du jazz.Si vos pieds se mettent soudain à battre la mesure et que vos jambes frétillent… pas d'inquiétude : c'est que ce jazz là se danse !La formule piano/clarinette/batterie, très populaire à l'époque, retrouve ici ses lettres de noblesse pour un voyage des clubs enfumés de la Nouvelle-Orléans au Harlem de la prohibition… Une musique qui n'a pas pris une ride près d'un siècle plus tard ! »Dimanche 15 mars
9h30-12h30 : Jeu grandeur nature sur la garde à vue : Apprentissage par le jeu des différentes étapes de la garde à vu et comment y réagir. 14h-16h : Conférence / présentation de livre sur l'affaire du 8 décembre : Plus d'infos prochainement 16h30-18h00 : Comprendre les alternatives aux poursuites et quels sont nos droits face à cela. Avertissement pénal probatoire, Ordonnance pénale, contribution citoyenne, composition pénale, classement sous condition, l'idée est de voir les différentes procédures, comprendre les enjeux et problématiques, ce qui est possible de mettre en œuvre. Cela sera aussi l'occasion de voir la Comparution avec Reconnaissance Préalable de Culpabilité, et ses dangers. Durée : 1h30 16h30-18h30 : Arpentage sur les méthodes de surveillance. Plusieurs textes qui viennent de dossier judiciaire abordant les méthodes de surveillance utilisées lors d'enquête. On se répartit les lectures, et on fait des retours en grand groupe après. Cet atelier dépendra du nombre de gens et sera annulé s'il n'y a pas assez de monde. 20h30 : Film ou DJ Set : Pas encore défini.S'il y a assez de monde, il sera possible de proposer des ateliers sur place de manière autogéré, si envie de partager d'autres sujets.
Pour toutes les informations sur comment venir, comment ça se passe logistiquement parlant, tout est marqué sur la page : https://bureburebure.info/events/event/week-end-antirepression-a-bure/
Publié le 07.03.2026 à 08:00
Camarade violeur / Une émission de Minuit Décousu
Épisode #241 Camarade violeur de Minuit Décousu Minuit Décousu, c'est un fanzine radiophonique nocturne sur Radio Canut (Lyon et alentours) et Cause Commune (Paris/IDF). Semaine après semaine pendant une heure, on en découd avec la nuit et on tire les fils de sons, de textes, d'archives et de voix qui s'entremêlent.
Quand c'est les « camarades » qui violent, on fait quoi ? Cette semaine, dans Minuit Décousu, on essaie de tirer des fils pour y répondre avec des brochures, des archives autonomes allemandes, des squats non mixtes, le st-grâal de la justice transformatrice, des milieux qui implosent, une archive d'entretien du collectif Bagarre sur la brochure « Ceci n'est pas un call out » et une interview de Emeline Fourment - chercheuse sur la question des VSS dans les milieux libertaires.

Émission enregistrée en non-mixité en direct des studios de Radio Canut le 3/02/2026. L'émission s'écoute sur notre audioblog, ici, et un peu partout en podcast. Bonne écoute !
Publié le 02.03.2026 à 08:00
Procès de Limoges : un appel pour le droit du vivant
Cinq ans après le 15 juin 2021, un procès se tiendra à Limoges les 19 et 20 mars 2026, au cours duquel nous allons être jugés pour des faits de « destruction ou dégradation du bien d'autrui par moyens dangereux pour les personnes » et « association de malfaiteurs », en rapport avec l'incendie de huit véhicules d'ENEDIS et de deux antennes-relais de téléphonie mobile et de télévision. Nous souhaitons que le procès de Limoges soit celui des technologies du numérique.
Les compteurs Linky et les antennes 5G sont d'ores et déjà déployés sur tout le territoire français. Un épais nuage électromagnétique est en train de recouvrir le monde entier. Les firmes multinationales multiplient les actions de lobbying auprès des gouvernements et dans les commissions officielles de protection de la santé publique. Pourtant, les études menées par des scientifiques indépendants tendent à prouver la dangerosité des rayonnements électromagnétiques mais elles sont ignorées par les industriels qui affirment que cette dangerosité n'est pas prouvée scientifiquement. Cette manœuvre n'est pas nouvelle. Les industriels l'ont déjà utilisée pour le tabac, l'amiante et la dioxine.
En attendant, ils se frottent les mains devant l'ampleur de l'arnaque des objets connectés. Vendus une fortune, ces objets sont à la fois des émetteurs d'ondes, des moyens de surveillance légaux et la cause d'un gaspillage phénoménal des ressources naturelles. Nous assistons à la mise en orbite de milliers de satellites et au développement à marche forcée de l'intelligence artificielle. Un contrôle généralisé de la population se met en place à une vitesse stupéfiante.
Le principe de précaution doit être appliqué de façon rigoureuse. La santé des personnes et la préservation de l'environnement ne doivent plus être sacrifiées sur l'autel du profit. La situation de notre planète et des organismes vivants qui l'habitent est de plus en plus compromise par l'extractivisme et l'augmentation vertigineuse de la consommation d'énergie. Le réchauffement planétaire, la destruction de la biodiversité et les atteintes de toute sorte à l'environnement entraînent une série de catastrophes climatiques, sanitaires et humaines. Cette destruction du vivant connaît une accélération exponentielle. Les changements dépassent les prévisions des scientifiques qui sonnent l'alarme depuis longtemps. Le temps des bonnes paroles arrive à sa fin. Notre planète, nos mondes, sont en train d'être détruits sous nos yeux.

Devant l'étendue du désastre, il faut agir maintenant. Les États et les institutions internationales tiennent un discours écologique de façade en contradiction complète avec leurs actions. Il revient à chacune et chacun d'entre nous d'agir. Une réflexion globale et collective doit impérativement se mettre en place pour définir une nouvelle conception du vivant qui ne doit plus jamais être une marchandise. L'interdépendance entre tout ce qui vit implique la nécessité d'une coopération égalitaire entre l'humain et les autres organismes vivants.
Il est incontestable que les lois et normes actuelles sont au service des industries mortifères. La désobéissance civile est donc vitale. Pourtant, elle est souvent réprimée au nom d'un dogme « antiterroriste » qui cache mal la terreur réelle que les gouvernements sont prêts à exercer.
Soyons solidaires de toutes celles et tous ceux qui cherchent à arrêter cette machine Infernale : mobilisons-nous dans la perspective du procès de Limoges qui aura lieu les 19 et 20 mars 2026.
Nous espérons que cet appel sera discuté, repris et amplifié.
Les inculpé·es et le Comité de soutien 15 Juin
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 01.03.2026 à 13:12
L'Actu des Oubliéǝs • SVI • EP6 • Iran
En février, retour sur la révolte qui a secoué l'Iran
En Iran, le régime de terreur instauré en 1979 après une vague révolutionnaire, imposé après des assassinats politiques et par un référendum que l'on soupçonne entaché de fraudes massives, pourrait-il enfin tomber ?
Pas moins de cinq soulèvements ont secoué le pays ces huit dernières années. Le 28 décembre, c'est au bazar de Téhéran que les commerçants ferment boutique et sortent dans la rue, bientôt rejoints par toutes les composantes de la société. Une insurrection matée dans le sang, qui pourrait être une étape de plus vers la fin d'un système de domination totale.
MAJ : Fin février, des manifestations ont repris dans les universités - les états-unis semblent lancer une attaque d'envergure pour renverser le régime.

Si le player ne se lance pas, écoutez ici
Doublage Vivie Izae
Médias Rojava : Rojava information center Rise up 4 Rojava Women Defend Rojeva Fondation Danielle Mitterand > Rojava des ressource pour comprendre et agir Serhildan Conseil Démocratique Kurde en France
Iran : Conseil national de la résistance iranienne Iaata > L'économie politique du soulèvement actuel Lundi matin > Comprendre le soulèvement en Iran Collectif Roja > Les protestations en Iran … Le Grand Continent > Une révolte contre la rente... Orient XXI > Iran, Carthographie d'un soulèvement Ricochets > Iran, Concéder l'ignorance Dossier Mediapart : L'Iran, un pays en révolte en-hrana(.)org
Musique 4'11 - In Dafe - 21G 12'08 - Soghoot - 1404 سقوط ۱۴۰۴ 28'11 - Koorosh - MA (feat. Sami Low)
Visuel Affiche lors d'une manifestation après la mort de Jina Amini, 2022 Brett Morrison
Publié le 28.02.2026 à 08:00
Courant Alternatif n° 356 : Mort aux vaches, et au champ d'honneur !
Le numéro de janvier 2026 (n°356) de l'inusable mensuel anarchiste communiste est bouclé, les abonnements arriveront vers le 7 janvier : abonnez vous sans tarder ou réservez le dans les bonnes librairies. La « une » et le sommaire du mois ci-dessous. Les articles seront publiés sur le site de l'OCL une fois les abonnements servis, au fil du mois.

SOMMAIRE
3 ✔ Edito : « Mort aux vaches et au champ d'honneur »
Luttes des classes 4 ✔ Grèves spontanées à Arcelor Dunkerque sur fond d'une restructuration sans fin 8 ✔ Syndicat et syndicalisme
Dossier : Luttes conte l'agro-industrie 10 ✔ FNSEA – ETAT FRANCAIS : La co-gestion, c'est l'abattage ! 13 ✔ Ce n'est pas les vaches qu'il faut abattre mais le virus Capitaliste et son vecteur, l'État ! 14 ✔ Fermes-Usines : la résistible ascension de l'agro-alimentaire ?
Répression 18 ✔ Sainte-Soline : « Le procureur clôt l'enquête ? On la rouvre ! » 21 ✔ Limoges : Procès de l'Affaire du 15-Juin
Environnement 23 ✔ Pourquoi la pollution est d'abord un gros problème d'égalité (et non un petit souci d'écolo saoulant) ?
Militarisation générale 27 ✔ Course aux armements : Que vient faire Renault dans cette galère ?
L'air du temps 30 ✔ La brutalisation inhérente aux rapports sociaux capitalistes, vivier du fascisme 31 ✔ La démocratie c'est la peste, vive la zone. Sur le livre de Qinn Slobodian, Le capitalisme de l'apocalypse
Immigration 33 ✔ Capitalisme, immigration et xénophobie
International 35 ✔ Sahara Occidental, un conflit oublié
Rubriques : 6 ✔ Insubordination salariale 16 ✔ Big Brother 20 ✔ Qui sommes nous ? 22 ✔ Brève de l'éco : Sécu, Internet, contre-budget du R.N. 36 ✔ Poésie : Benjamin Péret, Épitaphe pour un monument aux morts de la guerre
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 27.02.2026 à 08:00
[Brochure] Iran : chroniques d'un embrasement annoncé
Brochure trouvée sur Dingueries sur le soulèvement de janvier 2026 en Iran
Ces dernières semaines, un large mouvement de révolte secoue violemment l'Iran ! A travers tout le pays, la population affronte le régime islamique. Tandis que le gouvernement iranien a coupé internet et pratiquement toute possibilité de communication avec l'extérieur du pays, il est diffi cile de savoir la tournure prise par les évènements… hormis la certitude que la répression est impitoyable et meurtrière. Nous avons compilé des textes, tracts, témoignages, communiqués, etc. qui rapportent en partie la situation là-bas. Ils donnent un aperçu des enjeux de la lutte et posent certaines questions essentielles au mouvement : quelles cibles attaquer, comment se coordonner, comment se défendre, pour quel objectif lutter ? Nous savons que jusque là, des manifestations massives embrasaient chaque nuit des centaines de villes à travers toutes les provinces du pays, réclamant la chute du régime des mollahs. Le mouvement de protestation a débuté contre l'envol des prix, l'impossibilité d'accéder à la nourriture, à l'eau, au logement, aux soins. Il s'est rapidement élargi et radicalisé, faisant trembler un État déjà instable ! La révolte actuelle est la continuité d'une décennie de luttes et d'explosions sociales régulières. Leur terreau : le régime despotique insoutenable d'un État capitaliste dont l'économie est en crise chronique d'une part, et d'autre part une longue tradition de luttes sociales radicales dont les dernières explosions remontent à quelques années seulement.
À partir du 28 décembre, le mouvement grandit et atteint différentes couches de la population, des Bazars (bourgeoisie commerçante) à la classe ouvrière, en passant par les étudiants : tous ceux qui subissent les privations et ou la terreur imposées par les « gardiens de la révolution ». Chaque jour les rassemblements se multiplient dans tout le pays et tournent chaque nuit à l'affrontement avec les forces de l'ordre (police, « gardiens de la révolutions »…). Des barricades sont érigées, des commissariats, bâtiments religieux, officiels ou associés au gardiens de la révolution sont attaqués. Les flics sont temporairement chassés de certains quartiers et leurs véhicules sont défoncés. Des portraits du guide suprême sont brûlés dans la rue. L'entraide s'organise pour évacuer les blessés et défendre les hôpitaux contre les descentes de flics cherchant à y attraper des manifestants.
D'autre part, les grèves et refus de travailler se répandent dans différents secteurs : les transports, les raffineries, l'éducation. À Arak, centre industriel à 250 km au sud de Téhéran, un conseil ouvrier (shora) élu par les grévistes aurait pris le contrôle de la ville et diffusé un appel aux travailleurs iraniens, réclamant « la fin de l'ère des patrons et des mollahs » ! Ces attaques s'en prennent ouvertement au régime, mais aussi à la religion dont les institutions sont intégrées à la machine répressive de l'État et qui encadre l'ensemble des rapports sociaux (exploitation, la famille, les rapports genrés, l'éducation, la politique…). Ce soulèvement résonne directement avec le mouvement précédent de 2022 suite au meurtre par la police des mœurs de Mahsa Amini . En face, la répression s'intensifie, elle est terrible. Les forces de l'ordre tirent à balle réelle faisant en quelques jours des milliers de morts. Dès le 8 janvier, internet et les téléphones portables sont coupés pour entraver les communications et l'organisation. Cela nous empêche de connaître l'ampleur réelle de ce qui s'y passe mais nous montre que le régime est prêt à tout pour tuer la révolte. Plus d'une dizaine de milliers de personnes sont arrêtées. Des aveux forcés sont filmés et diffusés.
Mais la future répression s'organise aussi à l'intérieur de la lutte ! D'ores et déjà les monarchistes, soutien de l'héritier du dernier Shah d'Iran, tentent de tirer leur épingle du jeu se posant comme l'alternative viable au régime. Profitant de l'affaiblissement du gouvernement en place, d'autres nuances de la réaction se préparent à prendre le relais ! Le danger peut aussi venir de l'extérieur : les menaces d'intervention des États-Unis qui prétendent défendre les intérêts de la population iranienne contre leur gouvernement sanguinaire ne doivent tromper personne. Une intervention étrangère, même motivée par des discours démocratiques et humanitaires se traduirait immanquablement par un étouffement de la révolte.
Le régime de Khamenei est affaibli par les récentes révoltes successives qui ont embrasé le pays et c'est bien dans ce contexte qu'émergent des luttes aussi puissantes que celle que nous connaissons aujourd'hui. Ces luttes s'inscrivent dans un contexte politique où le gouvernement iranien est affaibli, à la fois par les sanctions économiques imposées en 2015,et par les frappes récentes des États-Unis. On assiste à un effondrement progressif des soutiens entretenus par l'Iran dans la région : d'abord la destruction des milices du Hamas puis du Hezbollah (force d'intervention paramilitaire) dans le conflit israélo-palestinien, puis la chute consécutive du régime de Bachar al Assad en Syrie.
Derrière la crise du régime des mollahs, c'est la crise du régime capitaliste qui se dessine en Iran et partout dans le monde. Aucun changement de régime politique ne peut résoudre le problème de la crise de l'économie iranienne et de la misère, dont les causes sont plus profondes que les sanctions économiques occidentales et la corruption des « gardiens de la révolution ». Cette dernière décennie, aux quatre coins du globe des soulèvements ont éclaté, soulignant la crise que traversent les États capitalistes, qu'ils soient autoritaires ou démocratiques. C'est dans ce contexte mondial qu'intervient la révolte actuelle en Iran.
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 27.02.2026 à 08:00
Source en italien : Blog per gettare benzina sul fuoco 20 février 2026
Nous recevons et nous diffusons
Feu aux Jeux olympiques ! Aujourd'hui on ne voyage pas !
La nuit du 13 février en plusieurs points et nœuds ferroviaires nous avons incendié et endommagé les câbles le long des voies, provocant de fait le blocage de plusieurs lignes à grande vitesse. Ces actions sont notre contribution à l'accueil chaleureux et aux vœux de cette édition des Jeux olympiques d'hiver.
Nous avons participé aux blocages massifs des routes et des ports pendant les mois de mobilisation pour la Palestine, avons envahi les gares et attaqué la police quand c'était possible. Mais aujourd'hui nous avons choisi d'agir protégés de la lumière de la lune, dans un petit groupe réuni par l'affinité et par l'envie d'être conséquents aux slogans criés au cours des derniers mois : bloquons tout ! Parce que nous pensons que, outre participer aux grandes mobilisations et au conflit qu'elles peuvent engendrer, il est nécessaire de diffuser l'action autonome, pour ne pas les laisser être désamorcées, récupérées et dirigées par les professionnels de la politique « militante ».
Le pouvoir se prépare à la guerre et nous aussi, anarchistes, révolutionnaires, individus conscients, nous voudrions faire de même. L'infrastructure ferroviaire est un nœud central de la mobilité des forces et du matériel de guerre et l'accord entre RFI [1] et Leonardo, visant à mettre en place la logistique militaire dans la péninsule [2], en est l'exemple le plus clair. Attaquer la RFI est donc un acte concret d'antimilitarisme et un geste de solidarité envers tous ceux qui subissent aujourd'hui l'atrocité de la guerre et du colonialisme.
Les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina ne font pas exception : des rivières d'argent alimentent une spéculation immobilière bien contente d'armer des rivières de ciment pour construire des usines jetables et changer les « usage et destination » sociale de quartiers populaires entiers. Une grande affaire qui derrière l'image patinée et prestigieuse du grand événement sportif cache des hectares de forêts de mélèzes rasées au sol pour faire place à des pistes de ski et à des montagnes défigurées de manière irréversible par les remontées mécaniques.
Cette action exprime enfin notre rage pour la présence aux Jeux d'agents de l'Ice, les escadrons anti-immigrés désormais tristement connues pour les meurtres, rafles, abus et violences perpétrés contre les indésirables et les opposants intérieurs aux États-Unis, ce qui nous rappelle que chaque police et chaque groupement fasciste est là pour être utilisé contre sa propre population quand la "raison d'État" l'exige.
Il suffit seulement de peu d'ingrédients pour agir contre le monde de l'exploitation, de l'oppression et de la dévastation : un peu d'étude, de précaution et de détermination à parts égales, quelques complices, quelques litres de combustible... et tout est possible ! Bonne chance !
Solidarité avec les prisonniers anarchistes du monde entier Solidarité à Juan, Stecco, Anna, Alfredo, Tonio, Ghespe, Dayvid aux compagnons réprimés dans l'opération Ipogeo, aux prisonniers palestiniens
Pour l'Anarchie
Publié le 24.02.2026 à 08:00
Revolutiontimes : nouveau site international pour la revolution
Présentation du site revolutiontimes.world, un site d'élaboration collective pour la revolution
Nous sommes pour la révolution sans frontières, par une insurrection généralisée contre tous les États, contre le capital et la propriété, par l'abolition de la marchandise, de l'argent, du travail, de la famille… La création d'un monde nouveau libéré de l'exploitation et de l'oppression n'est pas séparable de la destruction de la société existante.
Au sein des soulèvements à travers le monde, des dynamiques autonomes posent concrètement dans leur pratiques la question de la révolution. Nous nous inscrivons dans cette visée. Nous sommes liés à une histoire, celle de la lutte de classe révolutionnaire.
Dans la période actuelle, notre classe lutte et se bat. Comment aller jusqu'à la révolution mondiale ?
Ce site est un outil pour tisser des liens, se rencontrer et participer, avec d'autres, à cet effort collectif mondial pour percer le brouillard du présent.
Pour cela, nous voulons :
Rendre compte des soulèvements en cours.
Œuvrer à un imaginaire collectif autour de la révolution et sa victoire.
Promouvoir les luttes réelles de notre classe dans la vie quotidienne.
Vous y trouverez des textes écrits collectivement par l'équipe éditoriale. Un petit texte intitulé « que voulons nous » présente un certain nombre de tâches que le collectif de ce site souhaite porter, bien au-delà de lui-même.
Vous trouverez également ce qui constitue le socle commun de nos positions politiques, notre rapport aux luttes et leurs dynamiques, une analyse de la période ainsi qu'une tentative de carte mondiale des soulèvements et une liste de questions que nous souhaitons partager avec les camarades en lutte à travers le monde. D'autres textes suivront.
Nous avons fait le choix d'un processus d'écriture collectif, ce qui prend du temps. Nous ferons un effort particulier pour traduire les textes dans le plus de langues possibles, cela nous semble indispensable dans une démarche internationaliste. Toute aide à ce propos sera d'ailleurs la bienvenue. Bonne lecture !
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Pour nous contacter et contribuer à cet effort collectif : revolutiontimes@riseup.net