10.02.2026 à 11:55
zabrahams
La nouvelle floraison de boules puantes anti-LFI se fait contre le thème de « la Nouvelle France ». Elle est intensément écœurante. La stupidité, l’inculture et le sectarisme haineux se tiennent par la patte pour continuer une sale besogne de diabolisation. Pour finir, seul s’en nourrit le projet d’alliance politique de toutes les droites. J’ai bien écrit « de toutes les droites ». Car il n’y a plus vraiment d’extrême droite en France à moins d’y assimiler toute la droite traditionnelle qui a déjà totalement absorbé son programme. C’est par cet aspect que l’opération doit d’abord être analysée. La séquence en cours a été mitonnée aux petits oignons, comme on dit. On devine les coupeurs de cheveux en quatre, les psalmodieurs de mantras à l’œuvre. Mais eux-mêmes sont le produit d’une époque. Et cela compte à cet instant peut-être davantage que leurs conclusions. Leur identité sociale est ici décisive. Voyons cela.
Parce que nous luttons pied à pied, dans chacun de nos discours notamment, contre le racisme, nous donnerions au racisme sa réalité. Et cela pour mieux en faire un « fonds de commerce ». Ils le disent sans avoir toujours conscience de ce que cette formule révèle de leur manière de penser les rapports politiques et humains. Et nous voici donc aussitôt repeints en « racialistes ». L’hebdomadaire extrémiste « Marianne » a poussé le plus loin pour l’instant ce nouvel argumentaire du « printemps républicain » avec une « Une » de film d’horreur. Sans imagination, « Le Figaro » rejoint le chœur et reproduit les éléments de langage. Ce ne sera pas le dernier à obtempérer.
Dans l’histoire de la propagande,« s’intéressent qu’au bien-être égoïste des ouvriers alors que des millions de paysans souffrent sans aide ». Ainsi, ceux qui combattent les causes des fractures de la société sont-ils tenus pour coupables d’une façon ou d’une autre de ce qu’ils nomment.
C’est le grand retournement. En quelque sorte. Le « risque » change alors de place : ce n’est plus la fracture le problème, mais la fracturation que le discours de la conflictualité rend visible. « Cachez ce sein que je ne saurai voir », s’horrifie Tartuffe. Les anti-racistes instaurent le racisme, les protestations du pauvre prouvent la puissance du riche, l’ouvrier valorise le patron et ainsi de suite. Et chacun des auteurs de ce grand retournement de se donner une pause d’intelligence inquiète. Ainsi se demandait-on sur telle chaîne d’information si la « Nouvelle France » en « exaltant le grand remplacement », durcissait le concept de « créolisation ». Que ce soit une autre manière de décrire le même phénomène (mais lequel, s’étranglent-ils ?) dans un domaine plus large, n’effleure naturellement pas leur esprit. Il est vrai que j’avais dû déjà subir cet été les flèches d’Henri Guaino, souvent mieux inspiré, m’accusant à propos de créolisation de vouloir « remplacer le peuple français ». Rien de moins.
Le propos de ces piliers de bonne conscience, je le sais bien, de toute façon n’est ni d’essayer de comprendre, ni de formaliser une ligne d’idée contraire, mais seulement d’empoisonner le message en diabolisant le messager. D’abord, parce qu’ils sont incapables d’autres choses la plupart du temps. Ne les croyons pas toujours meilleurs qu’ils ne sont. Leur imagination et créativité ne parviennent pas souvent à s’arracher aux psalmodies du moment. Ensuite, parce qu’ils affichent sans gêne leur « ressenti » sans se méfier d’eux-mêmes. C’est le système Trump : « pas besoin de règles de pensée, ma conscience me suffit ! » Et donc comment pourraient-ils se rendre compte qu’ils parlent en raison d’un banal conformisme de classe sociale. Mais mon devoir est de faire comme si leur offensive coordonnée était autre chose. Et pour cela, je dois la traiter pour ce qu’elle dit, mais sans jamais oublier d’où elle vient. Toute chose tient à la matière qui la compose. En quoi une idée aussi banale que « la Nouvelle France » justifierait un tel émoi si la cause n’était pas dans ceux-là mêmes qui redoutent l’idée ? Pour comprendre, examinons de plus haut.
L’offensive raciste actuelle et son contenu islamophobe sont naturellement une stratégie d’éléments de langage émis par les récitants des catégories sociales adverses. Ils font le job : diviser en profondeur le grand nombre populaire. Cependant la réussite de la diffusion dépend de mécanismes de transmission plus diffus mais historiquement bien identifiés. Elle porte la marque des milieux dont elle exprime les angoisses socio-culturelles. Wilhelm Reich (« Psychologie de masse du fascisme » 1930) décrit bien ce contremaître allemand au chômage dans son pays dans les années vingt/trente, méprisé par sa famille même parce qu’il ne travaille pas. Mais le samedi, il met son uniforme brun, son baudrier et son brassard nazi. Il patrouille dans les rues gonflé d’importance par la peur qu’il répand, mais aussi par les félicitations qu’il reçoit d’autres abrutis dans son cas. Les catégories sociales en voie de déclassement dans « la suite dorée de la bourgeoisie » comme la nommait Marx, s’affolent de la radicalisation des rapports sociaux, sur laquelle elles n’ont plus aucune prise et qui les prive de tout rôle. Elles mettent l’uniforme de la bonne conscience une fois par page et le baudrier du « renvoi dos à dos » qui lui donne la position de surplomb fantasmée. Chaque fois où cette radicalisation s’exprime, comme le céphalopode, qui a sa tête dans le pied, elles quittent la scène en jetant de l’encre. Elles brouillent les contours et aveugle cette scène « que je ne saurai voir ».
Le monde ainsi flouté change de sens. Les racisés ? Ils sont en majorité dans les milieux populaires. Les fuyards refusent d’y être identifiés. Ils insultent d’impersonnelles « émeutes urbaines » quand nous identifions des « révoltes populaires ». Jalousie : les « racisés » sont tant de fois plus instruits que ces faux « intellectuels », plus ouverts à des mondes culturels inconnus d’eux. Les « racisés » sont si souvent liés familialement aux guerres justes alors que parfois les pères des petits porte-plumes les ont perdus dans le camp de l’oppresseur. Et ainsi de suite. La stratégie du racisme trouve sur ce mode de nombreux alliés dans la plèbe des déchus du système. Ils avaient pourtant été les plus ardents louangeurs de la « mondialisation heureuse ». Le phénomène qui rend possible cette déchéance intellectuelle est spécifiquement lié au déclassement social. Car le rôle social de petit idéologue des dominants était mieux valorisé, matériellement et symboliquement, quand le néolibéralisme, de droite et de gauche, brillait encore de mille feux. Comme tel, c’est un vecteur puissant de nostalgie. « C’était mieux avant ». Ici s’enclenche un conservatisme qui a vite fait de fossiliser des empreintes temporelles envahissantes. Et mortelles. Car empoisonner le messager pour effacer le message empêche d’entendre l’alerte et surtout de s’organiser pour y réagir. Rien ne fait mieux le jeu de l’adversaire.
Je reviens à la question de départ. Qu’est-ce que « la Nouvelle France ». Pardonnez-moi :
« La Nouvelle France » porte un message par son seul intitulé dans le combat concret. C’est un message de fierté et de confiance en soi pour ceux qui s’y reconnaissent. Les membres qui font, vivent ou interprètent la nouveauté sont appelés à en être fiers et à s’approprier ce destin collectif. Par extension, et dans la logique du changement permanent de la société, la Nouvelle France pronostique une créolisation permanente de la population. Elle est d’autant plus forte en ce moment que la nouvelle population est un brassage sans précédent de la migration intérieure et extérieure au pays. Elles obligent les individus à « s’inventer » à partir d’eux-mêmes, au présent. Et cela d’autant plus fortement qu’ils n’ont aucun modèle culturel environnant vraiment dominant auquel « s’assimiler ». S’il fallait entrer dans le détail, j’irais jusqu’à invoquer comment, face à une série télévisée filmée dans le cadre des USA, il y a la même distance culturelle pour n’importe quel jeune en France, quelque soit son lieu de vie ou bien son origine ethnique. Le modèle humain est donc créolisé à longueur d’imprégnation comme spectateur. Cette Nouvelle France, c’est aussi et surtout donc celle de ses projets à inventer pour sa propre vie personnelle. Il en est ainsi quand la fragmentation sociale n’assigne plus (même si c’est très relatif et surtout « ressenti ») de destin social préétabli. Mais la même obligation de création s’impose pour la vie collective à guider en direction de l’intérêt général de cette dernière.
Ici vient la nouveauté de l’impératif écologique. Qu’on le veuille ou non, c’est là une composante désormais incontournable. La Nouvelle France y est assujettie qu’elle le veuille ou non. Et elle doit y répondre obligatoirement si elle veut assurer sa survie et celle de ses enfants. Il s’agit d’inventer les changements à faire dans la civilisation humaine pour assumer les conséquences du désastre du changement climatique et de la surexploitation de l’environnement.
Au total, « la Nouvelle France » c’est à la fois un fait, un projet et son moyen populaire. C’est le remplacement de générations sur des bases culturelles entièrement nouvelles, une créolisation des cultures présentes et un projet politique pour affronter le futur écologique de la condition humaine.
J’en reste là aujourd’hui. Je forme le vœu que cette réflexion puisse avoir lieu dans un cadre plus large que ce modeste blog. Pour aider à y réfléchir, je place ici un lien vers un article plus ample, publié en duo sur notre journal en ligne « l’ insoumission ». Il fut publié comme réplique à un article lamentable d’ignorance paru dans le journal « le Monde ». Son auteure, pourtant bien mal placée pour ce genre d’angle, s’était en effet immédiatement positionnée sous le point de vue « borné » d’après lequel il s’agirait d’une nouvelle forme d’identitarisme. Nous y définissions « la Nouvelle France » au contraire comme le résultat d’un brassage dont nous décrivions quelques exemples socio-culturels de haute amplitude.
07.02.2026 à 20:29
zabrahams
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion d’un meeting avec Yassin Zeghli et Paul Vannier à Argenteuil, le 7 février 2026.
07.02.2026 à 11:05
zabrahams
Quelle savoureuse pièce de théâtre de boulevard cette campagne municipale des socialistes parisiens et de leurs commensaux. Leur candidat maire, est le sieur Grégoire, actuel premier adjoint de la maire Anne Hidalgo. Il l’a trahie. Justice immanente : il sait déjà qu’il ne sera jamais maire, quoiqu’il arrive. C’est déprimant pour faire campagne. Et ça le rend plus poussif que jamais. En effet, il a lu les confidences dans l’excellent journal « Le Figaro ». C’est là que le président du groupe Horizons (dissident macroniste tendance Edouard Philippe) au Conseil de Paris a vendu une mèche que d’aucuns croyaient bien cachée. Il révèle qu’on a voulu l’associer à un complot entre les membres de la liste Bournazel (macroniste) et certains PS pour désigner celui qui pourrait « réunir tout le monde au troisième tour ». Le troisième tour, c’est le dimanche après le résultat des élections quand le Conseil de Paris élit le maire. Du coup, Grégoire vient de découvrir que son fauteuil de maire est devenu un siège éjectable pour lui. Et le bouton « ON » a été armé. Voici la recette de la mécanique. Primo, Gregoire a dit qu’il ne ferait jamais alliance avec LFI et les Verts populaires de la liste Chikirou. « Ni au premier ni au deuxième tour ». Il l’a dit et répété il y a encore trois jours. Et alors ? Avec qui compte-t-il gagner le « troisième tour » puisqu’il est certain de n’avoir aucune majorité absolue sans LFI ? Avec Bournazel. Mais pour vaincre les réticences, il faudra un sacrifice rituel du PS. Ça tombe bien les candidat.es remplaçants ne manquent pas. Le Figaro a demandé confirmation au démissionnaire. Le Figaro : « Vous faites donc référence à un autre candidat de gauche, et non au socialiste Emmanuel Grégoire ? », « Oui » répond le petit rapporteur. Et il précise : « Plusieurs candidats en secret font campagne et des noms sont déjà testés auprès de certains conseillers de Paris, dont j’ai fait partie. Cela est inacceptable pour les électeurs. » En secret ! Des noms sont testés ! Du diable si tous ces gens vont se souvenir des électeurs une semaine après avoir été élus s’ils ont déjà oublié le nom de leur candidat un mois avant !Donc le concours du remplacement est ouvert.
Du coup le Grégoire c’était déjà pas un aigle. Le voilà pigeon de l’élection. Le jus est faible. Ça se voit. Il vient de publier un « programme ». Les débiteurs de « Libération » disent que c’est le même que celui de Chikirou. Donc il faudrait voter tout de suite Grégoire dit le journal de la haine anti LFI. Les « journalistes » ânonnent ce refrain. Mais maintenant on sait que voter Grégoire, c’est élire un inconnu caché. Mais qui ? Le recopiage du programme insoumis ne trouble pas le bulletin paroissial de la petite gôche parisienne. Sans doute parce que les plumes de service doivent trop de choses à vingt-cinq ans de copinage avec la mairie. On raconte ? Pourtant, le plagiat de Grégoire va loin. Le programme et la liste Chikirou s’appellent « le Nouveau Paris populaire ». Celui que vient d’éditer le zombie PS Grégoire s’appelle… « Paris populaire ». Pourri à souhait. La force de conviction sur laquelle compte ce radeau de la méduse de Grégoire, c’est la force de confusion. À Paris, on connaît. Danielle Simonnet faisait déjà campagne contre la dirigeante CGT Céline Verzeletti investie par les insoumis, en se réclamant du NFP, et même de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute fait-elle déjà partie du complot Bournezélien, car ses compétences en matière de trahison trouveront leur emploi.
Car pour les sales coups Grégoire est entouré de toutes les compétences. Être le premier adjoint d’une candidate maire qui fait 20 000 voix sur deux millions d’habitants dans une ville qu’il dirige avec elle, cela demande un bon niveau de compétence en sabotage. Et pour les conseils juridiques ? Grégoire a déjà le must. L’immense Valette-Valla, l’ancien patron de Tracfin, est là ! Lui-même. « La Lettre A » nous l’apprend. Certes, il en a été « débarqué en mars 2024 après un rapport de l’Inspection des services de renseignement(ISR) pointant des problèmes de management (LL du 28/02/24) ». « Débarqué », c’est le mot de cette lettre confidentielle (pub gratuite), « problème de management », c’est la version officielle de ladite Lettre A. Mais des témoins préférant garder leur anonymat, mentionnent aussi autant l’inquiétude créée par ses étranges comportements et déplacements aux Émirats arabes unis et ses coups tordus. Comme par exemple, mais pas exclusivement, contre le député insoumis Carlos Martens Bilongo. Il y a aussi l’affaire Sihem Souid qui accuse Tracfin d’avoir inventé de toute pièce une escroquerie contre sa propre affaire. Emmanuel Grégoire reçoit donc de l’ex-barbouze un « coup de main ». Il serait intervenu bénévolement – c’est bien précisé – sur des questions juridiques liées à la campagne. Lesquelles ? Mystère. Il n’y avait donc personne d’autre de compétent parmi la bande de bras cassés qui dirige la ville depuis vingt-cinq ans ? « Guillaume Valette-Valla – raconte la Lettre A – est aujourd’hui conseiller référendaire à la Cour des comptes.Il y avait déjà officié dans les fonctions de secrétaire général adjoint (à la mairie de Paris) avant de rejoindre le service de renseignement de Bercy. Le magistrat gravite dans la sphère socialiste depuis de nombreuses années », dit la Lettre A. On connaît. Ici, Valette-Valla évoluait aussi depuis 2012 dans les bandes hollandistes au sommet des hiérarchies. Puis il avait été placé à la tête de Tracfin par Macron devenu président. La Lettre A en raconte aussi une bien bonne : « il avait été approché par l’équipe de la socialiste Anne Hidalgo,qui souhaitait le recruter pour diriger sa campagne présidentielle de 2022. Une proposition déclinée par l’intéressé. » Malin le serin ! Mais quel ingrat ! « Contacté, Guillaume Valette-Valla indique avoir fourni son aide sur son temps libre, à côté de son activité professionnelle qu’il exerce à temps partiel. » précise la Lettre A. Le reste du temps ? Il donne des coups de main. C’est évident et cela va de soi. « Tout le monde le sait » comme dirait Grégoire. En tous cas l’appoint d’un conseiller en coups tordus d’un si haut niveau, lié à son pire concurrent devrait être pris au sérieux par Grégoire. Son vieux pote du cabinet de Jean-Marc Ayrault a trop d’appétit.
Son compère le maire surprise de Marseille fait sa crise de déprime à l’ancienne : en silence et de loin. Il s’est fait piéger en grand. Son compagnonnage politique affiché avec le président Macron s’achève dans un coup de Jarnac de première grandeur. Le nouveau chef de cabinet du président a fait un signalement financier sur la gestion du plan « Marseille en grand » à propos du transfert d’une école. Le détail de ce signalement est déjà publié partout. J’en épargne la reprise ici. Mais que vient faire le pistolero du président Macron dans cette galère ? Voilà : il avait été nommé à la tête de la structure marseillaise pour gérer en forme rapide et efficace l’exécution du plan « Marseille en Grand ». Donc le voilà directement responsable des habituelles turpitudes des socialistes du cru. Sagement, l’homme a préféré tout dénoncer avant d’être pris lui-même dans la dénonciation par d’autres. Encore une fois dans ce milieu tout le monde trahit tout le monde à la première occasion. Benoit Payan s’est tant moqué des autres ! Il est donc puni par où il a péché. N’avait-il pas réussi un coup sans précédent avec son idée du candidat maire caché dans la liste dont la première de cordée, d’abord élue maire, Michelle Rubirola a aussitôt démissionné ? Dans sa liste aussi désormais le « troisième tour » surplombé par le dossier de Marseille en grand est un sujet de débat où se confrontent des appétits concurrents.
Sébastien Delogu, tête de liste des Insoumis et des Verts populaires mangeait donc ses pop-corn de bon appétit en regardant le spectacle de la cour des miracles municipales marseillaises. Là-dessus arrive comme par hasard une histoire bien pourrie à la marseillaise. Selon le Canard Enchaîné « plusieurs sources judiciaires » (pas une, pas deux , « plusieurs » sources… Ce n’est pas un palais de justice c’est une volière et ça jacasse !) aurait su par l’homme qui a vu l’ours en plein trafic avec un singe lui apprenant qu’un hippopotame aurait accusé Delogu de s’être fait livrer à domicile un sac de noix de coco ! Tel quel. Quelle horreur. L’hôtel de ville frémit de joie. C’est le coin de Marseille où l’on accuse plus vite que son ombre ! Par l’odeur alléchée, Payan est aussitôt sorti de sa prostration. Il a mis son péplum de soirée et pris la pose pour exiger des « explications ». De Marseille à Naples, éclats de rire devant ce numéro de vertu outragée. Mais à Naples, ils ne font pas (encore) de confidences au Canard enchaîné.
Enfin une décision de justice qui redonne confiance. Le cyberharcèlement dont a été victime Aly Diouara lors de son investiture par La France insoumise a été condamné par la Justice. C’est la prison avec sursis et inéligibilité ! Six hommes ont été condamnés jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à des peines allant de l’amende avec sursis à quatre mois d’emprisonnement pour avoir cyberharcelé le député LFI Aly Diouara. La justice a retenu le caractère raciste des attaques pour la quasi-totalité du groupe. Certes, les juges ont écarté les réquisitions de prison ferme du parquet. Mais ils ont établi la culpabilité de cinq des six prévenus présents pour l’intégralité des faits reprochés. Et cela en incluant la circonstance aggravante d’actes liés à l’origine, l’ethnie ou « la race » de la victime. Stéphane C., un profil isolé poursuivi pour avoir lancé des appels à la « remigration », écope de la sanction la plus lourde : quatre mois d’emprisonnement. Quatre autres cybervoyous sont condamnés à un mois d’emprisonnement avec sursis : Frédéric B., qui avait reconnu avoir tweeté « Ta gueule bamboula », Eric L., auteur d’un message sur la « vermine », ainsi que Mathieu C. et Christophe M. Pour ces cinq-là, le tribunal les a reconnus « coupables des faits de la prévention », validant ainsi juridiquement la dimension raciste de leurs messages. De plus, le tribunal a prononcé à l’encontre de chacun des six condamnés une peine complémentaire d’inéligibilité d’un an avec exécution provisoire. Ils ont également l’obligation d’accomplir à leurs frais un stage de citoyenneté ou de sensibilisation au respect dans l’espace numérique, sous peine d’une amende de 1.000 euros. Sur le plan civil, les six hommes sont condamnés solidairement à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à Aly Diouara pour son préjudice moral. Le cas d’un septième homme, Patrick R., a été disjoint et renvoyé au 23 février. » Les réticences et tergiversations que contient aussi le jugement en affaiblissent la portée dissuasive. La preuve ce jugement a donné lieu à une relance brutale des vagues d’insultes et menaces de mort.
Cependant, le jugement est là. Il nous protège un peu. Les voyous sont désormais considérés comme des délinquants. Ils ont à présent un casier judiciaire. Cela permettra de les punir plus sévèrement lorsqu’ils vont récidiver. Évidemment, une jurisprudence est ainsi établie qui peut nous protéger aussi des cyber bandes organisées et faciliter leur condamnation.
Le ministre de l’Intérieur Nunez, le préfet du Nord et le procureur du département se rangent en flanc garde du Président de la Communauté juive de Lille. Pourtant celui-ci les prend tous pour des imbéciles après avoir violé la loi sur le séparatisme et organisé une réunion politique publique dans la synagogue. Ils regardent ailleurs et ne sévissent pas. Pourquoi ? Peur de qui ? Peur de quoi ? En tous cas, ce président répond à nos accusations par des affirmations qui font offense à l’intelligence de ceux qui en ont une. Mais pas à celles des notables cités. Il affirme :
1/ Ce n’était « pas du tout une réunion politique » dans la synagogue. Donc l’essayiste ami de Soral, Eric Naulleau, invité pour présenter un livre contre moi, en compagnie d’un député RN qui diffuse une vidéo pour se vanter de la réunion, ce n’est pas politique ! Nunez et le procureur de Lille le pensent aussi puisqu’ils ne font rien.
2/ Il déclare avoir « pour règle que les membres du RN ou LFI n’aient pas le droit d’entrer à la synagogue » « parce que ce sont des partis extrémistes ». Donc c’était bien la synagogue. Et on y trie les entrants d’après leur appartenance politique. Sauf quand c’est un député RN. Et sauf quand il s’agit de traîner dans la boue Mélenchon. Preuve qu’il ne fait pas de politique n’est-ce pas… Nos protestations ont délié des langues. Il semble que cette réunion et cette synagogue ne soient pas une exception. Nos amis doivent donc être vigilants et ne jamais manquer de dénoncer ces pratiques quand elles ont lieu.
Cet homme prend tout le monde pour des imbéciles pour échapper aux rigueurs de la loi qui interdit les réunions politiques dans les lieux de culte. Cette interdiction est-elle réservée aux chrétiens, aux musulmans, aux bouddhistes ? Pourquoi cet homme peut-il se moquer de la loi ? Parce qu’il le sait : le préfet du Nord s’en fiche. Le procureur aussi. Le ministre de l’Intérieur regarde ailleurs. Pourquoi ? Parce que ça prouve que les extrémistes ne sont pas à LFI ? Les députés LFI du Nord ont fait un signalement. Pas la mairie PS de Lille. Pas le RN. Pas le président de la région. Pas le ministre de l’Intérieur. Telle est la laïcité à géométrie variable. Si ça avait été à la mosquée ou à l’église, on aurait peut-être entendu une toute autre chanson.
Nunez par contre est vraiment décevant. On s’est trompé à son sujet. On pensait être enfin tombé sur un homme qui n’aime pas les cow-boys ni les marchands de politi-chienneries. Mais l’ancien préfet de police de Marseille laisse faire la basse besogne des supporters PS contre LFI. Il innove et trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques. Alors qu’en 2020 et 2023, LFI était classée comme « gauche », le ministre fait du Trump face à Mamdani. Il décide de nous classer « Extrême gauche » comme « nuance » dans ses décomptes. Mais le PS serait à « gauche » et pas au centre avec les macronistes dont ils soutiennent le gouvernement ? C’est bouffon ! Mais depuis quand le ministre de l’Intérieur décide de ce type de changement d’identité des partis ? Depuis quand Laurent Nunez est-il devenu un sociologue de la politique pour décider que nous sommes d’extrême-gauche ? Pour satisfaire quelle demande et de qui ? Pourquoi maintenant ? Peut-on avoir confiance pour voir organiser les élections par quelqu’un qui truque les étiquettes politiques ? Et les résultats, c’est lui aussi qui les classe ? Ces façons de faire sont celles d’une république bananière. En toutes hypothèses, compte tenu de ce précédent, et des mauvais souvenirs de la précédente élection présidentielle d’étrange mémoire avec son yoyo du premier tour, il nous faut changer de braquet. Il nous faudra lutter pour des garanties sérieuses. S’impose à présent la présence d’observateurs internationaux et d’observateurs au ministère de l’Intérieur. Nous devons préparer les recours devant les organismes internationaux. Et bien maîtriser le type de plainte qu’il sera possible de déposer contre les responsables de manipulations. Un ministre de l’Intérieur qui change les étiquettes des partis alors que la justice a déjà tranché deux fois le sujet doit devenir suspect à nos yeux. Surtout quand il sert un président qui ne reconnaît pas le résultat des élections législatives. Et qui s’enferme avec le ministre de l’Intérieur un soir de présidentielle à 23 heures. La règle du jeu, oui. Tant qu’il y a une règle et que tout le monde la respecte. N’est pas Trump qui veut en France.
04.02.2026 à 17:28
hd
Discours prononcés par Jean-Luc Mélenchon entre 2017 et 2025, rassemblés pour célébrer la première abolition du 4 février 1794.
04.02.2026 à 17:02
zabrahams
Aujourd’hui, nous célébrons la lutte contre l’esclavage à l’occasion de la première abolition du 4 février 1794.
À cette occasion, nous publions des discours prononcés par Jean-Luc Mélenchon entre 2017 et 2025.