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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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03.04.2025 à 21:21

5 avril contre Trump/Poutine : manifestation Paris 14h, manifestations aux Etats-Unis !

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Ce mercredi 2 avril, D. Trump a brisé la cohérence du marché capitaliste mondiale. Nous y reviendrons rapidement. Dans guerre commerciale, il y a guerre. Guerre impérialiste contre les peuples, c’est celle commencée en Ukraine, c’est celle commencée à Gaza. Ce samedi 5 avril, Aplutsoc appelle et sera dans la manifestation parisienne de solidarité avec […]
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Ce mercredi 2 avril, D. Trump a brisé la cohérence du marché capitaliste mondiale. Nous y reviendrons rapidement. Dans guerre commerciale, il y a guerre. Guerre impérialiste contre les peuples, c’est celle commencée en Ukraine, c’est celle commencée à Gaza.

Ce samedi 5 avril, Aplutsoc appelle et sera dans la manifestation parisienne de solidarité avec le peuple ukrainien. Nous avons publié l’appel unitaire, et celui l’intersyndicale – sauf FO, empêchée de signer par le noyautage politique.

Nous soulignons que ce samedi 5 avril aussi, des manifestations sont appelées dans tous les Etats-Unis sous le mot-d’ordre Hands off, bas les pattes : bas les pattes devant la démocratie, bas les pattes devant les services publics, bas les pattes Trump, Musk, Vance !

C’est un mouvement parti d’en bas, des réseaux locaux et syndicalistes confrontés à l’absence de réaction réelle, à cette heure, des directions syndicales nationales aux Etats-Unis. Par eux-mêmes, ils appellent à agir dans tous les Etats-Unis le même jour. C’est la voie nécessaire de la centralisation et de l’unification pour affronter la Maison Blanche qui est ainsi dessinée !

5 avril aux Etats-Unis, 5 avril à Paris avec le peuple ukrainien,

BAS LES PATTES TRUMP ET POUTINE,

UNION DES PEUPLES POUR VOUS CHASSER !

03.04.2025 à 16:33

Marine Le Pen est condamnée et ce n’est que Justice. Par Raquel Garrido.

aplutsoc

La condamnation de Marine Le Pen à deux ans de bracelet électronique, à 100 000€ d’amende et à l’inéligibilité est un signe que les temps changent. La culture de l’impunité politique se craquelle. D’ailleurs, cette décision de Justice rend le monde politique fébrile, bien au-delà des rangs du RN. Maintenant qu’ils comprennent que les peines […]
Texte intégral (940 mots)

La condamnation de Marine Le Pen à deux ans de bracelet électronique, à 100 000€ d’amende et à l’inéligibilité est un signe que les temps changent. La culture de l’impunité politique se craquelle.

D’ailleurs, cette décision de Justice rend le monde politique fébrile, bien au-delà des rangs du RN. Maintenant qu’ils comprennent que les peines prévues par les lois sur la confiance dans la vie politique s’appliquent vraiment, les puissants veulent changer la loi ! Bayrou, Ciotti, mais aussi les élus d’Horizons et même – quel malheur – de LFI dénoncent tous en chœur le fait qu’une peine d’inéligibilité puisse être assortie de l’exécution provisoire, c’est-à-dire qu’elle soit applicable immédiatement. Certains vont même jusqu’à remettre en cause le principe même des peines d’inéligibilité, arguant de la séparation des pouvoirs. Ils ciblent les juges qu’ils taxent d’outre-passer leurs pouvoirs. Le RN accuse nommément – c’est grave et dangereux – la juge Perthuis, et qualifie son tribunal de « juge-tyran ». Les larmes coulent à flots.

Cette victimisation est choquante et révèle l’attachement qu’ont les politiques à leur impunité. « Je fais ce que je veux et je ne rends de comptes à personne » est, au fond, leur doctrine d’action.

C’est donc l’heure de poser des limites à ce sentiment de tout-pouvoir. Remettons les choses à leur bonne place. Le souverain est le peuple. Il délègue l’exercice de sa souveraineté, par des élections, à des individus selon certaines conditions. Soyons précis : l’éligibilité n’est pas un droit absolu, loin s’en faut. Il existe de nombreuses règles qui l’encadrent : règles d’âge, de nationalité, incompatibilités professionnelles, non-cumul.. Le président Macron, par exemple, ne peut pas se représenter pour un troisième mandat. Il n’y a pas de quoi s’en indigner. L’inéligibilité est une toute petite peine pour qui n’a pas l’intention de se présenter.

Elle est taillée sur mesure pour ceux qui, à l’occasion de l’exercice d’un mandat, commettent des délits qui sont précisément rendus possibles par ce pouvoir électif. De la même façon qu’on retire son permis à un délinquant de la route, on retire son permis de se présenter à un délinquant de la politique. Ces peines spéciales sont moins une punition qu’une protection de la société.

La culture d’impunité est néanmoins pugnace. Marine Le Pen, comme ses complices, refuse d’assumer les conséquences de son délit. Face aux preuves accablantes, elle est restée dans le déni et n’a manifesté aucun regret ni aucune empathie vis-à-vis des victimes que sont les millions de contribuables et la démocratie elle-même qui repose sur un principe de loyauté en matière de financement des partis politiques. En toute logique, le tribunal en a conclu qu’il y avait un risque de récidive. Plus grave encore, il existe un risque de trouble à l’ordre public caractérisé par l’inexécution totale de la peine. En effet, Marine Le Pen planifie de partir en cavale pour échapper à la loi. Pas une cavale à l’étranger, non. Une cavale à l’Elysée ! Comme la Constitution octroie l’immunité pénale au président de la République, c’est une bonne planque. Les délits ont couru durant de nombreuses années, a démontré l’enquête longue et sérieuse. Malgré cela, Marine Le Pen, qui a pris la tête du système de détournement de fonds crée par son père (et qui a permis, nous dit le tribunal, de maintenir un train de vie confortable au clan Le Pen), a pu se présenter 3 fois. Fallait-il la laisser s’évader par le biais de l’élection présidentielle ? Assurément non. Ou alors c’est l’impunité qui gagne encore.

Signalons au passage que même si ce n’est pas la règle de principe, il est parfois absolument nécessaire qu’une décision s’applique de manière immédiate, avant toute décision de justice ou avant l’exercice d’une voie de recours. On songe par exemple aux mesures d’éloignement contre les maris dangereux. Nous n’avons jamais milité pour l’abolition du concept même d’exécution provisoire.

Il est important de souligner que le RN et ses électeurs ne courent aucun risque d’être privés de candidat. A vrai dire, c’est plutôt l’obstination de Marine Le Pen qui risque d’empêcher le nouveau candidat d’utiliser pleinement les deux ans qu’il reste pour faire campagne. C’est leur affaire, mais pas une atteinte à la démocratie.

A nous maintenant d’incarner l’éthique en politique. Militons pour développer et renforcer les règles éthiques applicables en démocratie. Incarnons « l’esprit public » promu par notre camarade Clémentine Autain. C’est un des enjeux principaux de notre campagne pour sortir de la monarchie présidentielle par une Assemblée constituante.

Raquel Garrido, le 2 avril 2024

Source : https://www.l-apres.fr/marine_le_pen_est_condamnee_et_ce_n_est_que_justice

03.04.2025 à 15:49

En hommage à Badara Ndiaye.

aplutsoc

Le magazine Inprecor nous informe à la suite du bulletin Afriques en lutte de la disparition ce mois de février 2025 de Badara Ndiaye, vieux militant trotskyste au Sénégal. En guise d’hommage, il convient de mettre en perspective les conditions de son parcours militant. Badara Ndiaye, Badou pour les copains, était un enfant du quartier […]
Texte intégral (1863 mots)

Le magazine Inprecor nous informe à la suite du bulletin Afriques en lutte de la disparition ce mois de février 2025 de Badara Ndiaye, vieux militant trotskyste au Sénégal.

En guise d’hommage, il convient de mettre en perspective les conditions de son parcours militant. Badara Ndiaye, Badou pour les copains, était un enfant du quartier populaire de Niayes Thiocker, d’un temps où la spéculation immobilière n’avait pas encore colonisée totalement le Plateau à Dakar. Par le fait de l’école publique, l’enfant du bidonville devint un professeur d’anglais dans l’enseignement secondaire sans passer par la fac en France. De ses origines, Badou a toujours gardé une simplicité et une gentillesse à l’égard de tous, accessible pour tous, portant une attention particulière aux questions culturelles et aux moyens de partager cette culture avec les gens ordinaires dans des formes accessibles (chants, contes, spectacles, danses…).

Contrairement à une autre partie de la direction de l’OST qui avait été gagnée au trotskysme en Europe sur les campus des années 70s via la diffusion du bulletin Afrique en Lutte et par le rayonnement de l’extrême gauche d’alors, Badou avait été du noyau initial du GOR clandestin.

Le GOR, Groupe Ouvrier Révolutionnaire, organisation sympathisante de la 4eme Internationale (SU), agissait dans les conditions de la clandestinité imposée par le despote-poète-président Senghor, celui qui régnait sur le kolkhoze de l’arachide qu’était devenu le Sénégal nouvellement indépendant. La terre étant, elle l’est toujours, propriété d’État, les paysans disposaient de l’usufruit mais se voyaient contraints de se plier à la monoculture de l’arachide dont l’État assurait la commercialisation locale et internationale. A l’ombre de ce monopole prospéraient les affairistes dont les bénéfices dépendaient principalement de leurs bonnes relations avec les sommets de l’État mais peu de leur qualité d’entrepreneur. De mauvaises saisons de l’arachide, son cours mondial n’aidant pas à faire le bonheur des paysans, en saisons aggravées de sécheresse, en plus de l’absence de soutien et de promotion des cultures vivrières, tout cela déboucha sur un exode rural jetant une masse grandissante dans l’agglomération dakaroise ou sur la route de l’émigration.

Le GOR était un pur produit des années 68. Le Sénégal avait connu son Mai 68 en même temps que le Mai français avec une gréve générale totale, un mouvement étudiant et de la jeunesse affrontant les flics dans les rues. Le syndicalisme, dont les racines remontaient des décennies avant l’indépendance, avait un poids social et politique considérable malgré le régime de dictature policière du poète-président, dont le parti unique – le PS – était membre de la 2ème Internationale. Même la centrale officielle, la CNTS, organiquement liée au PS, était traversée par ce bouillonnement social.

Le monde enseignant fut l’un des moteurs de cette contestation syndicale et fournit de nombreux cadres à la gauche où prédominait le courant stalinien. Hormis la frange nationaliste incarnée par le professeur Cheikh Anta Diop, les staliniens du PAI tenaient le haut du pavé parmi ceux qui se voulaient anti-impérialistes. Les années 68 amenèrent la contestation avec l’apparition du courant maoïste autour du journal Xarebi. C’est dans ces conditions que le courant trotskyste apparut, polémiquant en permanence contre les tenants de la révolution par étapes, dans sa version pro-Moscou comme dans sa version pro-Pékin. Malheureusement, le GOR ne fut pas aidé par l’Internationale : le lambertisme réussit à mettre la main sur la scission survenue en 1977 donnant la création de la LCT. Une autre maîtrise du débat entre d’une part, la majorité européenne du SU et le SWP américain alors animateur de la TLT/FLT, et, d’autre part, le SU et le CORQI, sans oublier les autres courants qui ne sont jamais mentionnés, aurait pu donner de tout autres fruits.

Quoi qu’il en soit, l’évolution graduelle, entre 1978 et 1983, de la dictature vers un régime normal de démocratie bourgeoise, permit le passage du GOR clandestin à l’OST publique et légalisée. Hélas, encore une fois, la section sénégalaise ne fut pas aidée par l’Internationale !

Alors que les années 80 démarraient sous les auspices de la révolution sandiniste, de l’apparition de Solidarnosc, avant-garde de la révolution politique à l’Est, et enfin de l’affirmation du Parti des Travailleurs au Brésil, la direction du SU fut déstabilisée par la violence de la contre-révolution libérale impulsée par Reagan et Thatcher ; elle fut aussi décontenancée par les formes prises par la révolution politique tant attendue par des générations de trotskystes accablés par la répression stalinienne et la mise en position de minorité ostracisée. L’absence de maîtrise des questions nationale et démocratique eut aussi des conséquences fâcheuses au-delà des frontières de l’ex-URSS.

Lorsque le pouvoir du PS, de Senghor en Abdou Diouf, usé par des décennies de népotisme, de parasitisme et de corruption, contesté dans la rue, fut battu dans les urnes par un parti bourgeois rival (le PDS d’Abdoulaye Wade), il fallait savoir distinguer entre le soutien à la légitimité démocratique exprimée par le score électoral du PDS et l’alignement sur les gouvernements et coalitions autour du PDS. Exercice rendu d’autant plus difficile qu’il s’exerçait dans un nouveau cadre : non plus celui de l’OST, organisation indépendante, mais celui de la participation à un parti large, AJ-PADS.

AJ-PADS était né par la fusion à la fin des années 80 entre le principal courant maoïste, dont il avait gardé la référence au sigle And Jäf (En avant! en wolof) et d’autres courants dont l’OST. A partir de 2000, après la défaite électorale de Diouf, les promoteurs de la révolution par étapes s’engouffrèrent dans l’enfermement doré dans les gouvernements de coalition avec Wade puis avec Macky Sall. La recherche du « développement national indépendant », la « voie anti-impérialiste », se perdit dans le marécage de la corruption, cooptation, intégration. Résultat : la gauche fut passée au laminoir du désenchantement et lorsque l’heure fut venue de la contestation de masse du pouvoir de Macky Sall, la gauche, dans toutes ses composantes historiques, céda la place à la coalition populiste d’un quarteron d’inspecteurs des finances en rébellion, sous la marque du PASTEF.

L’intégration de l’OST dans le PADS n’était pas en soi un facteur de fatalité. La compréhension de la question démocratique et de son articulation avec le maintien de l’indépendance du mouvement ouvrier et populaire, dans toutes ses composantes (syndicats, associations, comités…), dans la perspective d’un gouvernement basé sur la majorité sociale, celle des travailleurs des villes et des campagnes, aurait permis d’éviter sinon de limiter ce désastre. Intégration-corruption pour les uns (revendiquée et assumée par la direction du PIT prenant pour modèle les success stories des leaders de l’ANC devenus milliardaires – Il faut ici saluer les honnêtes militants de la fraction publique du PIT qui tentent de préserver les bases d’un parti de gauche agissant et revendiquant… ), ONGisation des activités pour les autres, précarisation, paupérisation, tentatives désespérées de la migration, pour les larges masses.

Les dernières années de sa vie, Badou les passa à l’animation d’une association de défense des migrants, DIADEM. Il en fut le président jusqu’à son décès. Dans cette activité, Badou était à l’unisson des jeunes générations qui cherchent une voie, un salut par l’organisation collective, consciente et solidaire.

Olivier Delbeke

Lexique

GOR : Groupe Ouvrier Révolutionnaire, organisation sympathisante de la QI.

OST : Organisation Socialiste des Travailleurs, section sénégalaise de la QI.

LCT : Ligue Communiste des Travailleurs, née de la scission de 1977 du GOR, d’abord liée à la minorité internationale du SU puis aspirée dans l’orbite du lambertisme après 1979. Disparue à la fin des années 80 après quelques tentatives de coalition avec Mamadou Dia.

PAI : Parti Africain de l’Indépendance, sous hégémonie stalinienne. Affaibli puis marginalisé par ses rivaux staliniens à partir de 1978.

PIT : Parti de l’Indépendance et du Travail, né de la scission de 1978 du PAI. Raillé comme étant la « fédération départementale du PCF » dont il suivait les moindres variations d’orientation, le PIT était en compétition avec ses frères-ennemis de la LD/MPT (Ligue Démocratique / Mouvement pour un Parti du Travail) qui, eux, trouvaient leurs subsides du coté du PC italien ou de la Roumanie et de la Corée du Nord (!!)

AJ-PADS : Parti Africain pour la Démocratie et le Socialisme.

AJ-MRND : Mouvement pour la Révolution Nationale Démocratique, précurseur du PADS, de filiation maoïste, partisan « révolutionnaire » de la théorie stalinienne de la révolution par étapes.

PDS : Parti Démocratique Sénégalais, d’inspiration libérale, créé puis dirigé des décennies durant par Abdoulaye Wade. Macky Sall, formé initialement dans AJ-MRND, lui a succédé comme Brutus succéda à César.

PS : Parti Socialiste de Senghor puis de Diouf, section de l’Internationale Socialiste. Parti de l’indépendance, puis de la dictature puis du népotisme pendant 40 ans, tout en sachant faire des odes à la culture, à la démocratie et au socialisme.

PASTEF :  Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité. Actuellement au pouvoir, s’affiche « anti-impérialiste ». Rigoriste religieux, sinon intégriste, en tout cas polygame, en ce qui concerne son noyau dirigeant.

Nota :

Le résultat des développements politiques et sociaux au Sénégal depuis l’an 2000 et la défaite électorale de Diouf, a entraîné un éclatement à l’infini des grands courants politiques de toutes obédiences, ce qui rend difficile tout effort de classification. Cet émiettement se manifeste par la révélation de « grands hommes providentiels au destin national » par dizaines sinon par centaines à l’heure de chaque scrutin électoral. Caricatural mais tragique à l’aune des défis sociaux et écologiques qui se posent.

03.04.2025 à 10:50

« Même le silence est considéré comme de la dissidence » : Un entretien avec le syndicaliste russe Pavel Kudyukin.

aplutsoc

Entretien avec le syndicaliste russe Pavel Kudyukin Pavel Kudyukin est coprésident du syndicat Solidarité Universitaire et membre du Conseil de la Confédération du Travail de Russie (KTR). Il a également été vice-ministre du Travail en Russie (1991-93). Dans cette interview approfondie avec Federico Fuentes et Serhii Shlyapnikov pour LINKS International Journal of Socialist Renewal, Kudyukin […]
Texte intégral (4184 mots)

Entretien avec le syndicaliste russe Pavel Kudyukin

Pavel Kudyukin est coprésident du syndicat Solidarité Universitaire et membre du Conseil de la Confédération du Travail de Russie (KTR). Il a également été vice-ministre du Travail en Russie (1991-93). Dans cette interview approfondie avec Federico Fuentes et Serhii Shlyapnikov pour LINKS International Journal of Socialist Renewal, Kudyukin parle de la situation des travailleurs et des syndicats en Russie et dans les territoires qu’elle occupe, ainsi que du débat sur l’expulsion des syndicats russes des instances internationales. Kudyukin aborde également les différentes positions parmi les militants de gauche russes concernant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, et les campagnes pour libérer les prisonniers politiques détenus dans les prisons russes.

Pourriez-vous décrire la situation des travailleurs aujourd’hui en Russie, trois ans après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie ?

Il est important de noter qu’une différenciation significative des niveaux de salaires s’est produite. Les salaires ont principalement augmenté dans les entreprises militaires, étant donné la nécessité d’attirer des travailleurs vers ces emplois. Les entreprises non militaires confrontées à une plus grande concurrence pour la main-d’œuvre ont également essayé d’augmenter les salaires pour attirer des travailleurs, bien que toutes n’aient pas réussi. Mais les salaires d’une partie importante des travailleurs stagnent et ne suivent pas les hausses de prix. En outre, l’écart entre le salaire moyen et le salaire médian — celui qui divise les revenus en deux moitiés égales — s’élargit.

J’ai récemment appris l’existence d’une usine métallurgique dans la région de Tcheliabinsk, où les travailleurs sont très mécontents de leur salaire de 50 à 60 mille roubles [580-600 dollars US par mois]. Bien que ces salaires puissent ne pas sembler terribles pour la région, ils sont loin de correspondre à la croissance moyenne des salaires rapportée.

Dans le secteur public, les salaires accusent un retard significatif. Le financement des industries publiques a soit stagné, soit diminué en termes nominaux et réels. Les soi-disant Décrets de Mai de 2012, qui visaient à aligner les salaires dans l’éducation, la science, la santé et la culture sur les moyennes régionales, ne sont plus mis en œuvre.

Les retraités sont confrontés à une situation similaire. L’indexation officielle ne reflète pas et ne compense pas la hausse réelle des prix à la consommation pour les besoins de base des retraités. Les prix de nombreux produits alimentaires essentiels, des médicaments et des services publics — trois dépenses principales pour les retraités — augmentent plus rapidement que l’inflation globale.

Est-ce que la guerre est à l’origine de ces hausses de prix ? Les travailleurs voient-ils le lien entre les deux ?

L’inflation est entraînée par la hausse des prix dans le secteur militaire et les industries étroitement liées au complexe militaro-industriel. Cependant, la plupart des gens n’associent pas l’inflation, qui les préoccupe profondément, à la guerre. Même les sondages d’opinion officiels montrent que l’inflation est désormais la principale préoccupation des citoyens. Mais pour l’instant, les gens ont tendance à la considérer comme une question distincte plutôt que comme une conséquence de la guerre.

Cela signifie-t-il que l’objectif du président russe Vladimir Poutine de maintenir la population relativement indifférente à la guerre a été atteint ?

Actuellement, les gens essaient soit de ne pas penser à la guerre, soit, dans une certaine mesure, répètent la propagande officielle. Certains pensent que si la guerre a pu être une erreur, maintenant qu’elle a commencé, elle doit continuer.

Cependant, il y a un sentiment croissant — bien que difficile à mesurer avec précision — parmi les gens que la guerre doit se terminer le plus rapidement possible. Ces personnes ne se soucient pas nécessairement de la façon dont elle se termine : que ce soit par la capitulation de l’Ukraine ou par une déclaration abrupte du leadership russe selon laquelle tous les objectifs ont été atteints. Ils accueilleraient probablement toute résolution avec soulagement.

Qu’a signifié la guerre en termes de droits des travailleurs ?

La guerre a été utilisée pour restreindre les droits du travail dans les entreprises impliquées dans l’effort de guerre. Plus particulièrement, les restrictions sur les heures supplémentaires ont été levées. Légalement, c’est absurde, car le décret gouvernemental contredit le Code du travail, qui fixe des limites spécifiques aux heures supplémentaires. Mais c’est quelque chose qui se produit en Russie : formellement, la loi prime ; mais si nécessaire, les décrets gouvernementaux supplantent les lois.

Les entrepreneurs, en particulier ceux de l’Union russe des industriels et des entrepreneurs, en profitent. Ils font pression pour augmenter le montant permis d’heures supplémentaires, citant les pénuries de main-d’œuvre. En effet, il y a une pénurie de main-d’œuvre, bien qu’elle soit inégale selon les différents secteurs économiques. Mais ce n’est pas parce qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre que n’importe qui peut facilement trouver un emploi — il y a souvent un décalage entre les qualifications des personnes et ce dont les entreprises ont besoin.

Cela dit, du point de vue d’un travailleur, la situation actuelle est quelque peu favorable. Le chômage, tel que mesuré par la méthodologie de l’OIT [Organisation internationale du travail] (qui est plus précise que le taux de chômage officiel), est à un niveau historiquement bas. Il approche ce que la théorie économique définit comme le « plein emploi », qui est lorsque le chômage tombe en dessous de 2-3 %.

Il y a eu une vague de licenciements de travailleurs en raison de leurs opinions anti-guerre, en particulier dans l’éducation et le théâtre. Plus de 100 personnes ont perdu leur emploi. Les syndicats ont-ils aidé les travailleurs dans ces cas ?

Nous avons essayé de fournir un soutien juridique. Nous avons eu plusieurs affaires judiciaires contestant des licenciements sur la base de violations de procédure, notamment des infractions aux articles 81 et 82 du Code du travail, qui obligent les employeurs à proposer des postes alternatifs avant le licenciement. Mais un problème courant que nous avons rencontré était que des individus étaient déclarés « agents étrangers » et ajoutés au registre officiel.

La loi fédérale 255 impose de graves restrictions à ceux répertoriés comme agents étrangers, y compris l’interdiction d’enseigner dans les établissements d’enseignement publics et municipaux. Ainsi, des universités comme l’Université d’État de Moscou, HSE [École des hautes études en sciences économiques] et RANEPA [Académie présidentielle russe d’économie nationale et d’administration publique] ont fait valoir qu’elles ne pouvaient pas offrir de postes alternatifs car la loi interdit le soutien financier aux agents étrangers. Cette interprétation est juridiquement absurde car les salaires ne sont pas un soutien financier ; ils sont une compensation pour le travail. Mais les tribunaux russes se sont prononcés contre nous.

De plus, de nombreux membres de Solidarité Universitaire ont quitté le pays en deux vagues : d’abord après février 2022, puis après septembre 2022. Cela nous a considérablement affaiblis. Cependant, ces anciens membres travaillent activement sur des efforts d’auto-organisation pour les universitaires exilés.

Quels autres défis les travailleurs rencontrent-ils pour s’organiser dans des conditions de guerre ?

Il existe des restrictions très sévères sur les possibilités d’action collective. Même une grève « italienne » [un terme couramment utilisé en Russie pour une grève du zèle], qui est un moyen classique de contourner les restrictions légales sur les grèves, est pratiquement impossible selon la législation russe. Si nous examinons attentivement le Code du travail, nous pouvons voir que légalement, faire grève est presque impossible. Les grèves de style italien par les travailleurs de la santé et certaines entreprises industrielles ont été relativement réussies dans le passé. Maintenant, cependant, elles se heurtent à de la résistance.

Les opportunités pour de telles actions ont pratiquement disparu depuis 2020, lorsque des restrictions anti-COVID sur les manifestations de rue ont été introduites. Même les piquets solitaires conduisent à des détentions et des sanctions administratives, malgré la loi autorisant de telles actions. Cela limite considérablement les possibilités d’activité syndicale. Lorsqu’un syndicat ne peut pas organiser une grève ou un rassemblement, ses options d’action deviennent très limitées.

Dans certains cas, les syndicats parviennent à participer à des négociations collectives et à obtenir des améliorations dans leurs conventions collectives. Le problème est que la plupart des syndicats indépendants sont des syndicats minoritaires, ce qui signifie qu’ils ont une influence limitée dans les négociations collectives. Cependant, les syndicats médicaux, Novoprof [Nouveaux syndicats, qui unit les travailleurs du secteur des services et de l’alimentation] et Solidarité Universitaire ont réussi à apporter de petites améliorations aux conditions de travail par le biais de conventions collectives.

Mais en général, étant donné la répression policière croissante que les autorités justifient en raison de la guerre, l’activité syndicale est extrêmement restreinte. Des actions à grande échelle qui pourraient changer cette tendance ne sont pas quelque chose pour lequel la plupart des travailleurs sont prêts pour le moment.

Nous connaissons également de nombreux cas de syndicalistes emprisonnés. Anton Orlov, coordinateur régional du syndicat des travailleurs médicaux Action à Bachkortostan, a été emprisonné pendant neuf ans après la grève d’Ichimbaï par le personnel médical. Kirill Ukraintsov, un militant syndical du Syndicat des coursiers, a également été arrêté et emprisonné pendant plusieurs mois avant d’être libéré. Y a-t-il un sentiment croissant que la solidarité elle-même est maintenant considérée comme dangereuse ?

Oui, absolument. Les actions collectives — même lorsqu’elles sont purement économiques par nature — sont perçues comme hautement déloyales envers les autorités. Cependant, il y a encore des poussées occasionnelles d’activité.

Il existe quelques échappatoires légales, par exemple, qui permettent des protestations liées aux arriérés de salaires ou dans des secteurs spécifiques comme la livraison, où les personnes ne sont pas employées sous des contrats de travail formels. Paradoxalement, cela les libère des restrictions du Code du travail. Un exemple récent de ce phénomène est la protestation des livreurs à Tcheboksary.

Nous savons que cela s’applique également aux chauffeurs de taxi, qui ne sont pas non plus officiellement employés sous contrat de travail. Pourtant, même parmi eux, les tentatives d’auto-organisation se heurtent à des résistances. Par exemple, il y a eu une tentative d’organiser un rassemblement de voitures de chauffeurs de taxi dans une ville. Après le rassemblement, les participants ont été visités à leur domicile par la police qui a effectué des contrôles sur leur implication dans ce qu’on appelle des activités illégales. La police et les tribunaux interprètent ces questions aussi largement que possible.

Mais revenons à nos questions : Qu’en est-il de la situation des travailleurs dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie ?

Malheureusement, ces territoires restent une sorte de terra incognita pour les droits du travail et les conditions économiques. Il n’est pas clair comment l’emploi y fonctionne. Il n’est même pas clair qui y travaille actuellement ou dans quelles conditions, car une grande partie de l’infrastructure est en ruines.

De plus, une grande partie de la population masculine a été conscrite, même avant le début de l’invasion à grande échelle. Dans les parties de Donetsk et de Louhansk qui étaient sous contrôle russe avant 2022, il y a eu une mobilisation générale qui a retiré de nombreux hommes de la main-d’œuvre. Les dernières données suggèrent que les pertes au combat parmi ces conscrits sont supérieures à la moyenne.

Les deux principales fédérations syndicales russes, la Fédération des syndicats indépendants de Russie (FNPR) et la Confédération du travail de Russie (KTR), ont réagi différemment à la guerre. Comment leurs réponses se comparent-elles ?

La FNPR, fidèle à sa forme, a affiché une loyauté totale envers le gouvernement et a activement soutenu la guerre. Leurs célébrations du 1er mai 2022 ont été honteusement organisées sous le symbole « Z » [qui est utilisé dans la propagande gouvernementale de guerre], transformant ainsi une journée de solidarité des travailleurs en un symbole de guerre et d’agression. De nombreux syndicats affiliés à la FNPR participent activement à la collecte de fonds liés à la guerre et aux événements militaires.

La KTR, quant à elle, a publié une déclaration immédiatement après l’invasion à grande échelle. La déclaration était prudente dans sa formulation, exprimant principalement des inquiétudes quant au fait que la guerre aggraverait les conditions des travailleurs et endommagerait les liens traditionnels entre Russes et Ukrainiens. Pour le 1er mai 2022, la KTR a adopté le slogan « La solidarité est plus forte que la haine », qui représentait une position subtile mais clairement oppositionnelle à la guerre. Mais après sa déclaration initiale, la KTR est restée principalement silencieuse, évitant les commentaires publics sur la guerre.

Parmi les syndicats de base, l’Association des travailleurs [Syndicat interrégional] (MPRA), qui représente les travailleurs industriels, a une adhésion qui est largement neutre ou seulement légèrement pro-guerre. Le syndicat des enseignants n’a pas publié de déclaration officielle car certaines sections locales ont menacé de partir s’il le faisait, mais des membres individuels du conseil ont lancé une pétition signée par plusieurs milliers d’éducateurs dans les premiers jours de la guerre.

Solidarité Universitaire, qui représente les travailleurs de l’enseignement supérieur, a publié deux fois des déclarations explicitement anti-guerre. La deuxième déclaration, après l’annonce de la mobilisation partielle en septembre 2022, appelait ouvertement les gens à ne pas participer à la guerre. Le syndicat, avec des experts juridiques, a organisé des webinaires sur la façon d’éviter légalement la mobilisation. C’était un travail important.

La plupart des autres syndicats, cependant, sont restés silencieux — bien que le silence lui-même exige du courage en Russie, car il est compris comme de la dissidence.

Les syndicats anti-guerre ont-ils réussi à établir des connexions avec les syndicats en Ukraine ? Nous savons que les syndicats ukrainiens font pression pour expulser la FNPR des organisations syndicales internationales en raison de sa position pro-guerre. Quel est votre avis ?

La FNPR a volontairement quitté la Confédération syndicale internationale (CSI) sous la menace d’expulsion, bien que les syndicats affiliés à la FNPR restent membres de certaines fédérations syndicales mondiales. À ce jour, les autorités russes ont déclaré deux syndicats mondiaux (ITF et IndustriAll) comme « organisations indésirables ». Cela suppose que la collaboration avec ces organisations entraîne des poursuites pénales. Ainsi, la FNPR et les syndicats membres de la KTR ont dû quitter ces organisations.

Le problème, malheureusement, est que nos collègues ukrainiens exigent l’exclusion non seulement de la FNPR mais de tous les syndicats russes. Selon les récits des participants aux forums internationaux, les représentants ukrainiens ignorent délibérément les syndicats indépendants russes et poussent à exclure totalement les organisations syndicales russes. Ce n’est pas une position raisonnable. Il est compréhensible pourquoi les syndicats ukrainiens adoptent cette position — c’est psychologiquement justifié. Mais politiquement, ce n’est pas une stratégie très sage. Il est dans le meilleur intérêt des travailleurs ukrainiens de maintenir le contact avec les syndicats russes indépendants qui ne soutiennent pas la guerre.

Quant aux connexions avec les collègues ukrainiens, elles subsistent mais à un niveau personnel. J’ai un vieil ami de Kryvyï Rih, et nous sommes restés en contact sans conflit. Il y a d’autres camarades ukrainiens aussi avec qui nous parlons. Cependant, il s’agit de connexions personnelles plutôt qu’institutionnelles.

Quel a été l’impact de la guerre sur les universités, la liberté académique et le droit à la dissidence ?

En réalité, la répression de la liberté académique a commencé avant l’invasion à grande échelle. Malheureusement, les établissements d’enseignement supérieur en Russie ont toujours eu des problèmes avec la liberté académique. Ces problèmes sont devenus plus prononcés vers 2019, après des protestations relativement importantes impliquant des étudiants et certains membres du corps enseignant. Cela a conduit à une pression accrue sur les éducateurs ayant des opinions politiques et sociales indépendantes.

Les universités, y compris celles considérées comme relativement libérales comme HSE, ont commencé à introduire des règlements internes restreignant la liberté d’expression. Ces restrictions ont commencé encore plus tôt, avec des règles interdisant aux membres du corps enseignant de déclarer publiquement leur affiliation universitaire si leurs opinions ne s’alignaient pas sur la position de l’administration. Il était également interdit aux membres du corps enseignant de critiquer leurs institutions. Cette tendance ne se limite pas à l’enseignement supérieur. Par exemple, un leader des travailleurs du métro de Moscou a été licencié simplement pour avoir donné une interview à un journal.

La répression s’est intensifiée avec le contrôle politique croissant sur les universités. Des cours d’endoctrinement tels que « Fondements de l’État russe » ont été introduits, avec des manuels remplis d’idées obscurantistes rappelant les idéologies les plus réactionnaires du XIXe siècle. Dans certains cas, des étudiants ont dénoncé des professeurs pour avoir exprimé des opinions dissidentes. Un cas notable concernait Maria Rakhmaninova, professeure à l’Université des sciences humaines et sociales de Saint-Pétersbourg, qui a été dénoncée par ses étudiants et rapidement licenciée, la forçant à l’exil.

Existe-t-il des stratégies parmi les travailleurs universitaires pour résister à cela ?

Malheureusement, les travailleurs universitaires sont très fragmentés. C’est un problème plus large : les travailleurs russes en général sont très atomisés. En conséquence, les stratégies de résistance sont principalement individuelles. Certains membres du corps enseignant choisissent de rester silencieux sur des sujets sensibles, d’autres cherchent à émigrer s’ils peuvent obtenir des postes académiques à l’étranger, même temporairement. Certains essaient de naviguer dans les restrictions tout en promouvant encore des idées progressistes de manière subtile. Cependant, il n’y a pas de stratégie unifiée, et la solidarité entre les travailleurs académiques est très faible.

Certains professeurs universitaires de gauche bien connus, comme Boris Kagarlitsky et Azat Miftakhov, sont actuellement en prison pour leurs convictions politiques. En réponse, il y a des campagnes pour soutenir les prisonniers politiques de gauche. Pourquoi de telles initiatives sont-elles importantes ?

Ces efforts représentent une dernière ligne de défense, pour ainsi dire. Même si l’action politique est presque impossible, montrer de la solidarité avec ceux qui ont subit de telles mesures reste crucial.

Il existe une longue tradition de cela, remontant à l’époque pré-révolutionnaire. Même pendant les périodes les plus dures de répression politique après les années 1870, il y avait toujours des réseaux de soutien pour les prisonniers politiques, comme la Croix-Rouge politique. Des organisations similaires existaient en Russie soviétique jusqu’en 1937 environ.

Plus récemment, il existe plusieurs initiatives pour soutenir les prisonniers politiques de gauche. Un exemple important est le Fonds de soutien aux prisonniers politiques de gauche. La Russie a des prisonniers politiques de diverses tendances idéologiques : libéraux, nationalistes et de gauche. Le fonds aide à soutenir les militants de gauche qui sont moins visibles publiquement que leurs homologues libéraux.

Une autre initiative intéressante est « Dialogues avec Kagarlitsky ». Étant donné que Boris Kagarlitsky est l’un des prisonniers politiques de gauche les plus éminents, cela sert à la fois de plateforme pour la discussion publique parmi les gauchistes et d’avenue pour le dialogue entre la gauche et les libéraux. Un large éventail d’organisations y ont participé, des anarchistes aux sociaux-démocrates en passant par le Comité des actions de solidarité [qui implique plusieurs organisations de gauche] et Rabkor [le média en ligne que Kagarlitsky a dirigé jusqu’à son emprisonnement]. Ces discussions ont eu lieu à Moscou, Saint-Pétersbourg, Oufa et Ekaterinbourg.

De tels efforts aident à maintenir des connexions horizontales entre différents groupes de gauche et rappellent aux gens qu’ils ne sont pas seuls. Soutenir les prisonniers politiques ne consiste pas seulement à aider ceux qui sont derrière les barreaux — c’est tout aussi important pour ceux qui restent libres.

Vous avez signé la déclaration « La Gauche pour la paix sans annexions » qui a été distribuée lors d’un rassemblement d’émigrés de gauche anti-guerre post-soviétiques à Cologne en novembre. Quel était le but de cette déclaration ?

Il existe un large éventail de positions parmi les gauchistes anti-guerre concernant des questions telles que : que signifie la paix pour laquelle nous nous battons ? Et cette paix peut-elle être achetée à n’importe quel prix ? Par exemple, il y a un fort sentiment que la résistance du peuple ukrainien ne fait qu’augmenter les victimes, et que, par conséquent, cette résistance ne devrait pas être soutenue. Certains gauchistes occidentaux et une partie de la communauté émigrée russe soutiennent l’idée que le peuple ukrainien ne devrait pas recevoir d’armes.

Mais cela signifie essentiellement livrer l’Ukraine à l’agression russe — à l’agression du Kremlin — même si les gens peuvent ne pas s’en rendre compte. Pendant ce temps, personne ne restreint les livraisons d’armes à la Russie depuis l’Iran, la Corée du Nord, ou la livraison de composants critiques pour la production d’armes depuis la Chine, et parfois même depuis des pays européens.

Les auteurs de la déclaration La Gauche pour la paix sans annexion disent que seul le peuple ukrainien peut décider combien de temps il est prêt à résister et dans quelles conditions il est prêt à faire la paix. Eux seuls peuvent décider sur quoi ils sont prêts à faire des compromis.

Il est faux pour les Russes, surtout les gauchistes russes, d’imposer aux Ukrainiens comment ils devraient agir ou de restreindre les actions qu’ils peuvent entreprendre. Cela pourrait affaiblir la position de la société ukrainienne et même les forcer à la capitulation. Nous croyons également que la paix durable doit être fondée sur le rejet des annexions, et un seul pays est capable de réaliser des annexions. L’objectif principal était de souligner ces positions.

Certains signataires de cette lettre peuvent être considérés comme des défaitistes révolutionnaires. Clairement, cette position est un peu idéaliste dans les circonstances actuelles, car il n’y a pas de perspectives visibles pour une résolution révolutionnaire de la guerre. Mais au moins, nous devions affirmer fermement la possibilité d’une telle position.

Pavel Kudyukin

Repris du site d’Europe Solidaire Sans Frontière

Version originale : https://links.org.au/even-silence-viewed-dissent-interview-russian-trade-unionist-pavel-kudyukin

31.03.2025 à 18:51

Avant la prise de parole de Marine Le Pen sur le plateau de TF1 à 20H.

aplutsoc

Nota : cette première réaction se place avant les propos et arguments que Marine Le Pen tiendra à l’occasion de la séquence avec tapis rouge que lui offre TF1 à partir de 20H. La décision de justice prise aujourd’hui à l’encontre de Mme Le Pen et d’une bande de dignitaires du RN, parmi lesquels M. […]
Texte intégral (1143 mots)

Nota : cette première réaction se place avant les propos et arguments que Marine Le Pen tiendra à l’occasion de la séquence avec tapis rouge que lui offre TF1 à partir de 20H.

La décision de justice prise aujourd’hui à l’encontre de Mme Le Pen et d’une bande de dignitaires du RN, parmi lesquels M. Alliot, maire de Perpignan, est, comme le déclare le communiqué de l’APRÈS, une décision logique, et qui n’a en fait que trop attendu : les faits accablants, combinant détournement de fonds publics, enrichissements privés, dans le cadre d’un système organisé initialement par Jean-Marie Le Pen, sont connus depuis treize ans !

C’est une non-condamnation ou une mesure de « clémence » qui aurait été un coup porté à la démocratie. La lettre du droit interdisait au juge de ne pas condamner dans cette affaire. Mais en ne cédant pas aux pressions initialement exercées, au moins implicitement, lors de la mise en place du gouvernement Bayrou, puis lors de la nomination de M. Ferrand par Macron à la tête du Conseil constitutionnel, le tribunal a bel et bien, qu’elle qu’ait été son intention, porté un coup au véritable système anti-démocratique : celui de la V° République, dont le RN est un pilier fondamental. Ce coup rejoint celui porté par les sept ans de prison requis contre le grand délinquant qu’est l’ancien président de la V° République Nicolas Sarkozy.

Fait de la plus haute importance : la toute première réaction au verdict est venue de Moscou, en à peine quelques minutes, rapidement suivi par Victor Orban. L’axe néofasciste fait savoir son mécontentement. S’ils en avaient les moyens, ils programmeraient une « intervention militaire spéciale » contre les « juges fascistes ». A l’heure où sont écrites ces lignes, l’on n’a pas encore connaissance d’éventuelles réactions de l’autre branche de l’Axe, celle du triumvirat Trump/Musk/Vance.

Leur ligne est claire : dénoncer le « gouvernement des juges ». La défense des affairistes et corrompus du RN rejoint le combat de Trump contre tous les tribunaux encore indépendants des États-Unis, comme celui d’Orban, comme celui de Netanyahou contre les normes constitutionnelles israéliennes en relation avec ses projets de déportation et de massacre des Palestiniens. L’existence de normes de droit fondées sur la loi égale pour toutes et tous, et d’une jurisprudence publique et transparente, fait partie, pour les révolutionnaires sérieux, des acquis à défendre et à approfondir. Ce que nous pouvons reprocher au système judiciaire, ce n’est pas de condamner des puissants comme Mme Le Pen, mais de le faire trop rarement en étant trop souvent implacable avec les pauvres.

La ligne générale des pseudo-défenseurs de la démocratie que sont les amis de Mme Le Pen, à savoir les Poutine, les Trump, les Orban et les Netanyahou, ose se réclamer de la démocratie contre le « gouvernement des juges » alors qu’ils ne défendent rien d’autre que la dictature exercée frauduleusement au nom d’un peuple clientélisé et manipulé qui ne peut s’exprimer que dans les conditions de plébiscites contraints.

Dans ces conditions, il faut noter l’équivoque du communiqué de LFI, qui dit « prendre acte » de la décision de justice envers des élus RN corrompus, mais dit aussi s’opposer à l’impossibilité d’un recours, ce qui est faux – le recours est possible, c’est la peine d’inéligibilité qui s’applique sans attendre, de même qu’une suspension de permis de conduire peut s’appliquer avant tout appel ! – puis explique dédaigneusement que LFI n’utilise pas « un tribunal » contre le RN et le battra (toute seule ?!) « dans les urnes et dans la rue ». Toute équivoque est levée par l’explication de texte twittée par J.M. Mélenchon : «  … la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple. C’est à cela que devrait servir le référendum révocatoire dans une 6° République démocratique. »

Il se confirme ici que la 6° République de J.L. Mélenchon n’est pas démocratique, mais bonapartiste et présidentielle, et qu’elle aurait recours à des « référendums » n’ayant par ailleurs aucune chance d’aboutir contre le Chef en place, tout en déniant l’exercice de la justice et en préconisant ouvertement ici le fait que les élus, surtout, sans doute, le « président », soient au-dessus des lois. Le terrain de la critique mélenchonienne de la décision de justice contre Mme Le Pen est celui-là même du RN, de M. Retailleau, et derrière eux de l’axe poutinien : contre la démocratie reposant sur la garantie des droits fondamentaux et de l’état de droit, l’ordre plébiscitaire des Chefs « populaires » à poigne.

C’est là cela même avec quoi il faut en finir, et en vue de quoi le jugement d’aujourd’hui est fondamentalement une bonne nouvelle. La VI° République que nous voulons ne sera pas la V° bis, elle n’aura pas de président mais une assemblée constituante et des assemblées à différents niveaux, combinées à la garantie des droits assurée par le judiciaire et la fonction publique.

Les forces démocratiques, la gauche et le mouvement ouvrier sauront-ils exploiter cette bonne nouvelle comme il convient ?

Il faut pour cela qu’elles s’unissent contre la V° République et le déni de démocratie qu’est l’existence même de l’exécutif Macron/Bayrou/Retailleau, en exigeant un gouvernement démocratique qui hausse les salaires, abroge la loi retraites, sauve les services publics, aide l’Ukraine et prenne à bras le corps la question climatique, étape vers une assemblée constituante et un changement de régime.

C’était possible voici quelques mois. Cela ne le serait plus dans le monde de Trump et Poutine ? Alors que le gouvernement Bayrou semble plus fragilisé que jamais ? Alors que le RN va partir en campagne pour sa prétendue « démocratie » contre « les juges » et « le système » ? Inacceptable !

Il va falloir l’imposer, par les luttes sociales, par la démocratie, par l’unité d’action, et par l’indispensable bataille politique de clarification, notamment contre le bonapartisme autoritaire lui-même dans l’union populaire qui doit, pour gagner, s’en débarrasser !

31/03/2025 à 18H45.

31.03.2025 à 13:22

Condamnation de Marine Le Pen : une décision logique qui met fin à des années d’impunité. L’APRES.

aplutsoc

La décision de justice concernant Marine Le Pen, d’autres élus et dirigeants du RN est logique d’un point de vue judiciaire et de la gravité des faits reprochés : détournement de fonds publics à hauteur de 4 millions d’euros dans le cadre d’un système de financement de son parti politique ayant duré plusieurs années. D’après le tribunal, […]
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La décision de justice concernant Marine Le Pen, d’autres élus et dirigeants du RN est logique d’un point de vue judiciaire et de la gravité des faits reprochés : détournement de fonds publics à hauteur de 4 millions d’euros dans le cadre d’un système de financement de son parti politique ayant duré plusieurs années.

D’après le tribunal, ce détournement a permis indirectement aux dirigeants du RN d’assurer leur train de vie personnel, et constitue un contournement des règles de financement des partis politiques et donc un détournement démocratique.

La décision de justice n’exprime aucun acharnement. C’est l’application de la loi.

Elle n’empêche en rien le RN de défendre ses propositions et de se présenter aux prochaines élections.

En République, la justice doit être la même pour toutes et tous. Elle ne peut être rendue différemment selon le statut politique des citoyens, le mandat qu’on occupe ou celui pour lequel on postule.

Il ne peut exister d’immunité politique. La participation à l’élection présidentielle ne confère aucun privilège.

La 6e République que nous appelons de nos vœux devra être celle de l’honnêteté et du respect de l’éthique.

Publié par L’APRÈS le 31 mars 2025

31.03.2025 à 11:26

Contre la guerre de Poutine et la complicité de Trump ! Grande manifestation Paris samedi 5 avril 2025 à 14H, de République à Bastille.

aplutsoc

Télécharger le tract au format PDF L’appel de l’intersyndicale sans FO :
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L’appel de l’intersyndicale sans FO :

31.03.2025 à 10:31

Interventions Syndicales Numéro 9 (Mars 2025) est arrivé !

aplutsoc

Le numéro 9 daté de Mars 2025 du bulletin Interventions Syndicales est paru. Nous invitons nos lecteurs et lectrices à le découvrir et à le faire circuler. Et rien n’interdit de débattre de son contenu, bien au contraire. Sommaire :

28.03.2025 à 22:18

Éditorial du 28 mars 2025 – Pour les salaires, pour les retraites, pour les services publics, pour l’Ukraine : unité !

aplutsoc

Selon un vieil adage, la lutte des classes est « internationale dans son contenu et nationale dans sa forme ». A certains moments, de plus en plus, la situation internationale interfère directement sur la forme nationale de la lutte des classes. C’est le cas actuellement en France, et certainement pas qu’en France. Les larges masses perçoivent le danger […]

27.03.2025 à 17:38

Le peuple du Groenland se mobilise contre les impérialistes.

aplutsoc2

Prés de 20 000 manifestants à Nuuk, capitale du Groenland, contre la venue de J.D. Vance et de ses hommes de main, ce 27 mars 2025. Oui, c’est le début de quelque chose, de quelque chose qui concerne l’Amérique du Nord et l’Europe reliés par l’Arctique et l’Atlantique. Initialement, Mme Vance (et un escadron de […]

24.03.2025 à 18:05

Conclave : fumée blanche ? Non, noire ! Par Laurent Degousée.

aplutsoc

Le conclave sur les retraites est mort mais il bouge encore : après la sortie le 16 mars dernier de son initiateur, François Bayrou, qui a sonné le glas, au motif du contexte international, du retour ne serait ce qu’à l’âge légal de la retraite à 62 ans par la voie de la concertation, censée […]

24.03.2025 à 14:32

Ukraine – Un ex-déserteur contre-attaque.

aplutsoc

Serhiy Gnezdilov, qui a publiquement déserté d’une unité militaire puis est retourné dans l’armée, a déposé des plaintes auprès de la Cour constitutionnelle d’Ukraine. La raison en est les dispositions discriminatoires du Code de procédure pénale concernant l’absence de mesures alternatives de contrainte pour le personnel militaire. Il a déclaré que c’est en vertu de […]

24.03.2025 à 14:21

Droit du travail – Le patronat installe sa machine à licencier. Par Jean Gersin.

aplutsoc

Servi par l’État qui a massacré le droit du travail Le patronat installe sa machine à licencier Vencorex, Michelin, Casino… La vague de plans de licenciements massifs, déferle. Et s’installe. La Banque de France espère un taux de chômage à 7,8 % pour 2025-2026, ainsi que 150 000 destructions d’emploi. Ce désastre est le fruit des […]

24.03.2025 à 11:21

Soutien à l’Ukraine Résistante – Parution du bulletin numéro 37 de mars 2025.

aplutsoc

Le numéro 37 daté du 25 mars 2025 du bulletin Soutien à l’Ukraine Résistante, réalisé par les Brigades Éditoriales de Solidarité, offre 138 pages d’infos et de réflexions sur la situation en Ukraine alors que Trump et Poutine sont en train de discuter du sort de cette nation dans son dos, en son absence. Nous […]

20.03.2025 à 19:47

Serbie – Colère historique ou révolution ?

aplutsoc

Les médias français ont découvert le samedi 15 mars que des marches parties de toutes les villes de Serbie déferlaient sur Belgrade. Et plus précisément convergeaient vers le Parlement pour un rassemblement central en milieu d’après-midi. Dans un pays de 6,6 millions d’habitants, l’ampleur d’une mobilisation de 800 000 à 1 million de personnes faisait soudain […]

20.03.2025 à 19:01

L’APRES – Retraites : une autre loi est possible !

aplutsoc

Le conclave n’était qu’une farce. Voilà ce qui est à retenir de la dernière prise de parole du premier ministre, François Bayrou. Alors que les organisations salariales et patronales étaient en pleine discussion, dans un calendrier établi par le gouvernement même, le premier ministre prend la parole, siffle la fin de la récré, et annonce […]

20.03.2025 à 18:51

21 mars 2025 : une initiative pour un nouvel internationalisme à Montreuil.

aplutsoc

La rencontre  « Résister aux impérialismes et au régimes autoritaires, soutenir les luttes en Ukraine et en Géorgie » est organisé par des militants anti-autoritaire de la mouvance « Les peuples Veulent ». Programme : # 15h – 17h30 : atelier chants ukrainiens# Cantine géorgienne et ukrainienne, (rupture de jeune à 19h30)# 18h-19h : Visio avec des camarades d’Ukraine et de Géorgie# 19h-20h15 […]

18.03.2025 à 18:26

Face à l’axe Trump-Musk-Poutine et aux gouvernements néolibéraux autoritaires européens : pour une politique de sécurité anticapitaliste et internationaliste ! Par Gauche anticapitaliste (Belgique)

aplutsoc

La Gauche anticapitaliste a été frappée comme l’ensemble des forces politiques et sociales de gauche par les basculements internationaux des dernières semaines, consécutifs à la victoire électorale de l’extrême droite trumpiste dans la première puissance impérialiste mondiale, les USA. Dans ce contexte, le débat sur les questions de sécurité, militaires et de défense a saisi […]

18.03.2025 à 15:28

Crime de masse contre Gaza : pourquoi ?

aplutsoc2

Des centaines et des centaines de morts à cette heure, et à nouveau la terreur, les populations revenues, pour la énième fois, dans leur habitat détruit, à nouveau chassées. Que cherchent le gouvernement et l’armée israéliennes à Gaza en stoppant ouvertement le cessez-le-feu pour massacrer ? La destruction du Hamas n’est que l’alibi de la […]

17.03.2025 à 21:29

Interventions Syndicales – Réunion en ligne du vendredi 21 mars 2025 à 20H

aplutsoc

Ce dimanche 16 mars, le conclave de Monsieur Bayrou a subi des coups venant de son propre camp ! Bayrou lui-même s’est emporté en disant que le retour à 62 ans était totalement exclu puis, Lombard, le ministre de l’économie, a tenté de récupérer les dégâts en tentant de faire croire qu’il y aurait néanmoins des […]
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