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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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24.03.2025 à 18:05

Conclave : fumée blanche ? Non, noire ! Par Laurent Degousée.

aplutsoc

Le conclave sur les retraites est mort mais il bouge encore : après la sortie le 16 mars dernier de son initiateur, François Bayrou, qui a sonné le glas, au motif du contexte international, du retour ne serait ce qu’à l’âge légal de la retraite à 62 ans par la voie de la concertation, censée […]
Texte intégral (1343 mots)

Le conclave sur les retraites est mort mais il bouge encore : après la sortie le 16 mars dernier de son initiateur, François Bayrou, qui a sonné le glas, au motif du contexte international, du retour ne serait ce qu’à l’âge légal de la retraite à 62 ans par la voie de la concertation, censée être sans tabou, et s’achever en mai prochain par la transposition législative du compromis qui en sortirait, rien ne va plus.

Pourquoi il ne fallait pas y aller.

Le conclave apparaît pour ce qu’il est : une tractation politicienne destinée à acheter la non-censure du budget – sur lequel son prédécesseur Michel Barnier s’était fracassé – des député-es socialistes qui n’ont cessé, par  » seul esprit de responsabilité et dans l’intérêt du pays et des Françaises et Français « , de reculer leurs lignes rouges sur le sujet quitte à renier l’engagement commun du programme du Nouveau Front Populaire, à savoir  » abroger immédiatement les décrets d’application de la réforme d’Emmanuel Macron passant l’âge de départ à la retraite à  64 ans. « 

Ce jeux de dupes, FO a fait le choix de s’en démarquer dès l’ouverture de cette grande messe sociale le 27 février dernier en la quittant derechef, refusant de permettre  » au gouvernement de gagner du temps, en maintenant ou aggravant la contre-réforme des retraites. « 

Pourquoi il fallait en sortir.

Le 19 mars dernier, c’était, après le patronat de l’artisanat un jour plus tôt, au tour de la CGT, échaudée par la sortie du Premier Ministre, de lui emboîter le pas en quittant à son tour cette concertation au grand soulagement de sa base qui se demandait ce que la centrale de Montreuil allait faire dans cette galère, elle qui revendiquait mettre ainsi un pied dans la porte pour, y compris, arracher le retour aux 60 ans.

L’UNSA, qui s’est vu invitée à la première réunion bien que non-représentative au plan national, reste elle à l’affût d’un compromis sur le sujet. Là où Solidaires, qui s’offusquait dans un premier temps d’avoir été écarté comme s’il s’agissait d’un insigne honneur, a finalement boycotté, contrairement à la FSU, la réunion de déclinaison dans la Fonction Publique qui s’est tenue le 19 mars dernier en parlant de mascarade : comprenne qui pourra.

Pourquoi il continue quand même.

Pour faire bonne bonne figure, la CFDT, flanquée de la CGC et de la CFTC, poursuit les échanges avec le MEDEF et la CPME au sein de ce qu’il convient désormais d’appeler la délégation paritaire permanente sur les retraites.

Ils partagent une ambition commune à moyen terme : que le pilotage du régime général de retraite du secteur privé leur soit confié, au même titre que celui des complémentaires AGIRC-ARRCO des cadres et des non-cadres qui représentent jusqu’à 25 % du montant des pensions, eux qui en partenaires sociaux zélés ont toujours su trouver des accords en dépit de l’augmentation de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans sous Sarkozy, puis de 62 à 64 ans sous Macron.

Exit ainsi la décision politique et les mobilisations sociales qu’elle entraîne immanquablement, de 1995 à 2023, dès lors qu’on touche à celles-ci. Et, là où notre modèle de protection sociale, issu du programme pour l’après-guerre du Conseil National de la Résistance (CNR), résulte d’un choix de société, il serait remplacé par le règne des actuaires avec, au passage, des fruits encore plus conséquents du paritarisme à se partager. Quitte à froisser le pouvoir en place, dont cet électorat est le fond de commerce, en taxant les retraité-es les plus fortunés, les mêmes qui ont profité à plein du passage de 65 ans à 60 ans en 1982 avec l’arrivée au pouvoir de Mitterrand, pour financer les pensions de celles et ceux à venir.

Que faire ?

L’intersyndicale nationale, un des rares acquis de la mobilisation monstre de 2023 avec le ressac en terme d’adhésions tous syndicats confondus,  n’en finit donc pas de se déliter (on peut cependant signaler le lancement, la veille de la journée anti-raciste du 22 mars, d’une campagne commune des huit organisations contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie au travail, le minimum syndical face à la montée de l’influence de l’extrême-droite dans le monde du travail).

C’est le bon moment de relire le dernier article de la plume de Trotsky, avant son assassinat en 1940, consacré aux syndicats et à leur décadence dans un monde qui l’est tout aussi pour mieux comprendre les tendances lourdes ainsi à l’œuvre : 

 » Aux yeux de la bureaucratie du mouvement syndical, la tâche essentielle consiste à  » libérer  » l’État de l’emprise capitaliste en affaiblissant sa dépendance envers les trusts et en l’attirant à lui. Cette attitude est en complète harmonie avec la position sociale de l’aristocratie et de la bureaucratie ouvrière qui combattent pour obtenir quelques miettes dans le partage des sur-profits du capitalisme impérialiste. Dans leurs discours, les bureaucrates travaillistes font tout leur possible pour essayer de prouver à l’État – démocratique – combien ils sont dignes de confiance et indispensables en temps de paix, et plus spécialement en temps de guerre.  Le mot d’ordre essentiel dans cette lutte est :  indépendance complète et inconditionnelle des syndicats vis-à-vis de l’État capitaliste. Cela signifie : lutte pour transformer les syndicats en organes des masses exploitées et non en organes d’une aristocratie ouvrière. Le second mot d’ordre est : démocratie dans les syndicats. « 

Face à ce défi et à un exécutif arrogant mais plus faible et divisé que jamais, les militant-es ouvriers ne doivent pas se couvrir la tête de cendres mais au contraire :

– Populariser la proposition du bureau confédéral de la CGT du 3 mars dernier d’organiser unitairement (enfin !)  » une manifestation nationale fin mai/début juin pour donner une perspective de mobilisation forte et appuyer notre stratégie pour gagner une loi d’abrogation, qui sera mise en débat le 5 juin à l’Assemblée nationale  » qui pourrait être le réceptacle de toutes les colères qui montent vis-à-vis de l’austérité dans la culture et les universités ou les discours de divisons racistes démenties par le succès des manifestations de samedi dernier.

– Relayer la pétition initiée par L’APRÈS qui met y compris en avant la nécessité de développer les financements de ce bien commun qu’est la Sécurité sociale.

– S’appuyer sur l’opiniâtreté de notre classe sociale là où le rapport de la DARES sur les grèves en 2023 montre que le nombre de journées non travaillées a bondi de 73 % à cette occasion.

L’abrogation de la retraite à 64 ans passera non seulement par la fin des atermoiements qui n’ont pour finalité que de protéger Macron et comme conséquence de faire prospérer l’extrême droite, mais par une telle politique, offensive au plan social comme politique !

Laurent Degousée, le 24 mars 2025.

24.03.2025 à 14:32

Ukraine – Un ex-déserteur contre-attaque.

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Serhiy Gnezdilov, qui a publiquement déserté d’une unité militaire puis est retourné dans l’armée, a déposé des plaintes auprès de la Cour constitutionnelle d’Ukraine. La raison en est les dispositions discriminatoires du Code de procédure pénale concernant l’absence de mesures alternatives de contrainte pour le personnel militaire. Il a déclaré que c’est en vertu de […]
Lire la suite (318 mots)

Serhiy Gnezdilov, qui a publiquement déserté d’une unité militaire puis est retourné dans l’armée, a déposé des plaintes auprès de la Cour constitutionnelle d’Ukraine. La raison en est les dispositions discriminatoires du Code de procédure pénale concernant l’absence de mesures alternatives de contrainte pour le personnel militaire.

Il a déclaré que c’est en vertu de ces dispositions légales qu’il a été placé en détention, alors que des milliers d’autres militaires continuent d’être derrière les barreaux en vertu de divers articles pendant que l’enquête sur leur éventuel crime ou l’enquête préliminaire est en cours.

Il a également annoncé qu’une organisation d’anciens combattants sera enregistrée d’ici un mois, qui poursuivra le travail de protection des droits des militaires.

En septembre 2024, Serhiy Gnezdilov a annoncé qu’il avait volontairement quitté son unité afin d’attirer l’attention sur l’absence de conditions de service établies dans l’armée et bien que, selon la Constitution, les citoyens ukrainiens ont le devoir de défendre l’État.

Il avait déclaré qu’il n’y a pas de politique d’État sur la question de la démobilisation. Serhiy était et reste convaincu que la question du repos dans l’infanterie et l’établissement de conditions de service claires au front sont une « question de sécurité nationale ». Par son action, il voulait transmettre aux autorités et à la société la « nécessité de parler » et de résoudre ce problème.

Serhiy Gnezdilov s’était porté volontaire pour les forces armées ukrainiennes dans le cadre d’un contrat en 2019 et avait participé aux combats dans l’est de l’Ukraine.

24 mars 2025

Source : RESU / PLT

24.03.2025 à 14:21

Droit du travail – Le patronat installe sa machine à licencier. Par Jean Gersin.

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Servi par l’État qui a massacré le droit du travail Le patronat installe sa machine à licencier Vencorex, Michelin, Casino… La vague de plans de licenciements massifs, déferle. Et s’installe. La Banque de France espère un taux de chômage à 7,8 % pour 2025-2026, ainsi que 150 000 destructions d’emploi. Ce désastre est le fruit des […]
Texte intégral (2028 mots)

Servi par l’État qui a massacré le droit du travail

Le patronat installe sa machine à licencier

Vencorex, Michelin, Casino… La vague de plans de licenciements massifs, déferle. Et s’installe. La Banque de France espère un taux de chômage à 7,8 % pour 2025-2026, ainsi que 150 000 destructions d’emploi.

Ce désastre est le fruit des cadeaux aux grandes entreprises sans exigence de contreparties, une facilitation des règles de licenciement et une économie financiarisée.

L’État a détruit méthodiquement toutes les digues qui avaient été créées pour encadrer les licenciements. Il a créé un droit sur mesure qui les facilite.

Un arsenal de lois a détricoté le droit du licenciement pour motif économique (LME) et de nouveaux accords de réorganisation ou de compétitivité ont vu le jour, au détriment de la protection des actifs.

1) Ordonnances Macron, tellement positif pour les patrons !

Septembre 2017 – Attaque contre les prud’hommes, possibilité accrue de négocier un moins-disant social dans chaque entreprise, irruption du référendum d’initiative patronale, diminution du nombre de représentants du personnel… Cette remise en cause du Code du travail satisfait les employeurs, qui ont les coudées bien plus franches pour imposer leurs choix dans les entreprises.

Le barème, corsetant étroitement les sommes que les salarié·es peuvent toucher en cas de licenciement jugé abusif par la justice, est la mesure phare des ordonnances qui ont réformé à marche forcée le droit du travail à l’automne 2017, juste après l’élection d’Emmanuel Macron. Afin de « libérer le travail », le tout nouveau président avait en quelques mois mis à bas des pans entiers du Code du travail, sans rencontrer d’opposition majeure.

CSE, morne plaine – La fusion dans le comité social et économique (CSE) de trois instances de représentation du personnel auparavant autonomes (délégués du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a entraîné une chute radicale du nombre des élus du personnel.

Moins nombreux, ils ont été éloignés de leurs collègues et doivent maîtriser un nombre croissant de sujets, sur la vie économique de l’entreprise, mais aussi la santé et la sécurité du personnel, et depuis juillet 2021, sur l’impact écologique de la production. Au risque de l’incompétence, de l’épuisement, et de ne plus trouver de relève.

Les APC, outils d’un chantage à l’emploi – les accords de performance collective ( APC), entrés en vigueur début 2018.

Ils permettent de modifier le salaire, le temps de travail ou le lieu de travail et doivent être avalisés par les syndicats majoritaires dans l’entreprise, ou bien approuvés par un référendum. Si les salarié·es en acceptent les termes, les APC se substituent aux conditions prévues par leur contrat de travail. En cas de refus, c’est le licenciement, sans mesure d’accompagnement particulière.

Les missiles contre le droit du travail avant les ordonnances

2) La loi dite de sécurisation de l’emploi du 14 juin 2013 – L’un des points de départ du démantèlement.

Avec cette loi, le contrôle des plans de sauvegarde de l’emploi qui relevait du Conseil des prud’hommes dépend de l’administration. Et ce contrôle porte uniquement sur la procédure de licenciement, ainsi que sur le PSE.

Donc ? Comme le contrôle du motif intervient a posteriori, la justification économique du licenciement n’est plus centrale, ce qui permet aux entreprises de licencier alors même que leurs difficultés ne sont pas avérées.

En l’absence de motif, la sanction que risque l’entreprise est exclusivement indemnitaire. Bon nombre de firmes abondent le plan de sauvegarde de l’emploi en se préoccupant très peu du motif.

Depuis, les ordonnances Macron ont instauré des barèmes prud’homaux pour les licenciements sans cause réelle et sérieuse.

Les indemnités en cas d’absence de motif économique sont plafonnées depuis 2017, en fonction de l’ancienneté dans l’entreprise.

Les sommes versées sont plus faibles qu’elles ne l’étaient auparavant et les salariés qui ont été embauchés depuis peu n’ont plus guère d’intérêt à ester en justice. Les frais de justice et les indemnités qu’ils peuvent espérer n’en valent pas la chandelle.

Les employeurs ne risquent pas grand-chose à les licencier de manière abusive. Il leur suffit de provisionner le coût de la violation du droit et d’attendre une hypothétique saisine du Conseil de Prud’hommes. Ils peuvent d’ailleurs être rassurés sur ce point : depuis l’instauration de la rupture conventionnelle, les recours sont en chute libre.

3) La loi travail du 8 août 2016 a modifié la définition du motif économique. C’est un jalon important sur le chemin de la dérégulation des licenciements.

Jusqu’alors, la jurisprudence avait contribué à protéger les salariés contre les licenciements intempestifs, le PSE devait être justifié par des problèmes économiques avérés. À partir de 2016, une liste d’indicateurs comptables a été introduite et l’évolution d’un seul d’entre eux suffit à établir l’existence de difficultés économiques.

Lorsqu’une entreprise voit son chiffre d’affaires ou ses commandes baisser sur un certain nombre de trimestres par rapport à l’année précédente, elle a la possibilité de licencier.

C’est notamment ce qui a pu se passer avec la crise sanitaire : plusieurs entreprises ont vu leur carnet de commandes ou leur chiffre d’affaires chuter avec l’épidémie de Covid-19, mais pas forcément au point d’être en danger. Pourtant, certaines ont pu licencier plus facilement grâce à la loi.

Depuis les ordonnances Macron, le périmètre géographique de référence a évolué. Avant ces textes, un groupe, prospère à l’étranger, mais traversant une mauvaise passe en France, pouvait beaucoup plus difficilement licencier pour motif économique. Depuis 2017, les ordonnances ont réservé le contrôle du motif économique aux entreprises situées sur le territoire national. La situation à l’étranger du groupe n’est donc plus prise en compte.

4) Les ordonnances Macron ne s’arrêtent pas là. Avec elles, le caractère « suffisant » des mesures qui sont prévues dans le plan de sauvegarde de l’emploi n’est apprécié qu’au regard des moyens de l’entreprise, et non plus au regard des moyens du donneur d’ordre.

Cela constitue un gros changement pour les entreprises qui font appel à des sous-traitants.

Un exemple ? MA France. Cet équipementier automobile, dont l’usine est située en Seine-Saint-Denis, est en liquidation judiciaire depuis le printemps 2024. 80 % de ses commandes proviennent de Stellantis. Or, lorsque l’administration va étudier la qualité du PSE, elle va regarder les moyens de MA France seulement, et pas du tout ceux du donneur d’ordre qui aurait pu avoir ou qui a une influence sur l’entreprise.

5) Les pouvoirs publics ont multiplié les accords collectifs qui facilitent les départs.

Le droit du licenciement pour motif économique est non seulement plus contraignant et plus coûteux pour les employeurs mais aussi plus protecteur pour les salariés.

Il offre des garanties (contrat de sécurisation professionnelle, consultation des élus qui peuvent faire appel à un expert pour analyser de la situation ou pour établir le plan de sauvegarde de l’emploi). Toutes choses éludées avec les accords de réorganisation.

Aujourd’hui, si les licenciements pour motif économique restent majoritaires, ils ont largement chuté en dix ans (128 000 en 2013, 89 000 en 2023).

Le nombre de ruptures de contrat de travail augmente via un foisonnement d’accords de réorganisation (ex-accords de compétitivité remplacés par les accords de performance collective, ruptures conventionnelles collectives, accords d’activité partielle de longue durée…). Et cela permet de contourner aisément le droit du licenciement économique !

6) Plus aucune contrepartie en matière de sauvegarde de l’emploi n’est en outre demandée à l’entreprise.

À commencer par ces accords de performance collective (APC), introduits avec les ordonnances Macron => Les APC constituent un bulldozer contre le droit du travail.

Ils permettent d’écarter complètement le contrat de travail. Ils peuvent changer le « socle contractuel », à savoir les trois éléments les plus importants : la rémunération, le lieu et le temps de travail. De ce fait, on se retrouve depuis quelques années avec des accords qui demandent des sacrifices très importants aux salariés sans que l’employeur ne fournisse de garanties sur l’emploi ou les conditions de travail.

7) Les ruptures conventionnelles collectives (RCC), apparues avec les ordonnances de 2017, obéissent également à cette logique de simplification des licenciements.

Il y a des verrous pour les RCC. Ce sont des accords collectifs qui doivent donc être signés par des syndicats. Mais on ne peut pas dire que les entreprises qui choisissent de supprimer des emplois par ce biais le fassent dans un contexte de négociations classiques. Le rapport de force nécessaire à la négociation n’est pas forcément équilibré.

Pris dans une logique de chantage à l’emploi, les syndicats se retrouvent souvent « le pistolet sur la tempe ». Ils sont contraints d’accepter des modalités dégradées pour les salariés. Ce que confirme une note de la Dares, publiée dans le cadre du comité d’évaluation des ordonnances Macron, instance supprimée par le gouvernement en 2022 :

« L’analyse de l’échantillon montre qu’en contrepartie de restructurations moins importantes, les salariés et leurs représentants acceptent pour une large majorité des clauses (aménagement des rémunérations, du temps de travail ou de la mobilité) plus favorables à la partie employeur. »

8) Alors que le droit du licenciement a longtemps été érigé en modèle de protection pour les salariés, comment se fait-il que les pouvoirs publics aient pu choisir de déconstruire cet édifice, brique par brique ?

La justification repose sur une thèse que l’on peut résumer ainsi : « un droit du licenciement trop strict serait un frein à l’embauche ». Ce postulat a largement été repris par les économistes libéraux et les politiques pour inspirer les lois et dispositifs qui se sont succédé depuis vingt ans.

Ce postulat, asséné depuis des années pour réformer le droit du licenciement, n’a jamais été démontré.

Le droit qui devrait en théorie définir quels sont les licenciements injustifiés et ceux qui ne le sont pas, ne remplit plus son office.

Sur la base de la destruction du droit du travail, le capitalisme aborde en fanfare sa nouvelle ère, celle du « zéro droit pour ceux d’en bas », « tout est permis aux milliardaires », « faites des canons, on s’occupe des profits ». Ce sont les canons du syndicalisme qui sont à reconsidérer à l’orée d’une période si prometteuse en rebondissements.

Jean Gersin, mars 2025.

Article à paraitre dans le prochain numéro du bulletin Interventions Syndicales.

24.03.2025 à 11:21

Soutien à l’Ukraine Résistante – Parution du bulletin numéro 37 de mars 2025.

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Le numéro 37 daté du 25 mars 2025 du bulletin Soutien à l’Ukraine Résistante, réalisé par les Brigades Éditoriales de Solidarité, offre 138 pages d’infos et de réflexions sur la situation en Ukraine alors que Trump et Poutine sont en train de discuter du sort de cette nation dans son dos, en son absence. Nous […]
Lire la suite (255 mots)

Le numéro 37 daté du 25 mars 2025 du bulletin Soutien à l’Ukraine Résistante, réalisé par les Brigades Éditoriales de Solidarité, offre 138 pages d’infos et de réflexions sur la situation en Ukraine alors que Trump et Poutine sont en train de discuter du sort de cette nation dans son dos, en son absence.

Nous invitons nos amis, lectrices et lecteurs à faire circuler le plus largement possible cette publication qui remplit une fonction d’information incontournable dans le soutien à la lutte du peuple ukrainien contre l’agression de Poutine. Contre les mensonges et manipulations campistes, contre un message pseudo-pacifiste aux relents munichois, rétablissons les faits ! Bâtissons la solidarité !

Télécharger le bulletin gratuitement (format PDF)

Retrouver toute la collection du bulletin sur le site des éditions Syllepse

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20.03.2025 à 19:47

Serbie – Colère historique ou révolution ?

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Les médias français ont découvert le samedi 15 mars que des marches parties de toutes les villes de Serbie déferlaient sur Belgrade. Et plus précisément convergeaient vers le Parlement pour un rassemblement central en milieu d’après-midi. Dans un pays de 6,6 millions d’habitants, l’ampleur d’une mobilisation de 800 000 à 1 million de personnes faisait soudain […]
Texte intégral (1896 mots)

Les médias français ont découvert le samedi 15 mars que des marches parties de toutes les villes de Serbie déferlaient sur Belgrade. Et plus précisément convergeaient vers le Parlement pour un rassemblement central en milieu d’après-midi. Dans un pays de 6,6 millions d’habitants, l’ampleur d’une mobilisation de 800 000 à 1 million de personnes faisait soudain réaliser qu’il y a 25 ans Slobodan Milosevic était tombé pour moins que ça.

Alors les titres parlent de « colère historique contre la corruption » pour souligner ce qui, selon ces médias, constitue les limites politiques du mouvement. Ou bien ils parlent de « révolution de couleur menée par des agences étrangères » reprenant ainsi les éléments du langage pro-russe utilisés par le président Vucic.

Et tous d’insister sur la diversité et les apparentes contradictions exprimées dans la manifestation où les drapeaux de l’UE et de l’OTAN pouvaient côtoyer le Z de l’opération spéciale de Poutine et les revendications nationalistes serbes contre l’indépendance du Kosovo.

Enfin, en l’absence d’une opposition à Aleksandar Vucic susceptible de représenter, selon eux, une alternative politique, la plupart des commentateurs s’empresse de conclure que le président autoritaire et corrompu, cible de cette historique colère, va continuer à tenir le pays. Pour les médias occidentaux rien ne doit gâter la candidature de la Serbie à l’UE et la bonne exécution des contrats des ventes de Rafale, car Vucic sait parler à la fois à l’oreille de Dassault et à celle de Poutine.

Au pouvoir depuis 2014, Aleksandar Vucic était contesté depuis de nombreuses années : élections truquées, opposition des habitants de la vallée du Jadar à l’exploitation du lithium, incitation à la haine entre communautés… Et puis, un auvent en béton de la gare de Novi Sad s’est effondré, provoquant la mort de 15 personnes. C’était le 1er novembre 2024. Alors les étudiants se sont mis à occuper les facultés, à tenir des assemblées, à appeler à la grève générale.

Une deuxième journée de grève générale, le 7 mars dernier, marquait l’extension du mouvement des étudiants aux larges masses de Serbie et le délitement du parti de Vucic, de son appareil répressif, des télévisions gouvernementales… La foule immense qui, le 15 mars, envahit tout Belgrade et dont les quatre cortèges avancent vers le parlement de Serbie, est en mouvement depuis des mois, si c’est « une colère », il est sûr qu’elle vient de loin.

En chemin la démocratie s’est invitée. Les assemblées d’étudiants, les plénums, les groupes de travail, sont les formes que le mouvement a adoptées pour que sa base débatte et décide. Même dans les moments de tension où des provocateurs ont tenté d’installer un climat de violence devant le Parlement ou au moment où les forces de répression ont utilisé un canon à son (arme interdite en Serbie en vertu de l’article 106 de la loi sur la police) l’auto- organisation des manifestants dans leurs différents cortèges, a été capable d’assurer la sécurité. L’immense foule a été dirigée vers la place Slavija où les prises de parole se succéderont jusqu’à 20h.30.

Les formes de la démocratie directe, les plénums, les assemblées, que la base du mouvement a su construire sont les seules auxquelles le peuple serbe accorde aujourd’hui quelque légitimité. L’autre solution à laquelle tente de se raccrocher Vucic, est un classique des temps de crise : un gouvernement « technique » politiquement neutre. Mais l’exigence démocratique est déjà trop forte et trop consciemment exprimée pour tomber dans le panneau de la neutralité qu’elle soit promise par Vucic ou par sa prétendue « opposition ». « Nous sommes ici parce que nous ne vous permettrons plus de nous priver de notre liberté, parce que nous nous protégeons les uns les autres » déclarait une étudiante, place Slavija, indiquant bien qu’il n’est pas dans l’intention des manifestants de déléguer, à quelque parti que ce soit, le combat pour l’avenir du peuple serbe.

Si c’est d’une « révolution de couleur » dont il s’agit, elle a celle de la révolution de la dignité, dite de Maidan ou, avec des nuances, celle du Hirak algérien et des « révolutions arabes ». A ceux qui moquent la dynamique de la lutte de classe comme si nous prétendions que les soulèvements des peuples se produisent de manière synchronisée dans une mécanique insurrectionnelle bien huilée, faisons observer cette dynamique à l’œuvre. La chute de la tyrannie de la maison Assad constitue un formidable encouragement à l’émancipation. Et d’abord pour tous les peuples du pourtour méditerranéen. Comme le note Jacques Chastaing : « ce soulèvement (serbe) a enclenché depuis début janvier 2025 des mouvements semblables en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro tandis qu’il contribuait à amplifier ceux préexistant en Slovaquie et en Géorgie, puis en a généré d’autres plus tard jusqu’à ces derniers jours en Bulgarie, en Albanie, en Grèce avec de larges soutiens en Croatie ou en Slovénie, et un mouvement simultané de grande ampleur le 15 mars aussi en Hongrie. (…) « Bien conscients de cela, les étudiants serbes qui sont aujourd’hui la pointe la plus avancée de ce mouvement général ont publié un manifeste s’adressant à tous les étudiants d’Europe et du monde les appelant à rejoindre leur lutte pour une Europe libre pour stopper le fascisme montant, pour se débarrasser de l’exploitation et de toutes les oppressions. Le premier manifeste de riposte de la jeunesse et des peuples à Trump/Poutine et leur monde. »

Oui, le peuple serbe par son immense mobilisation, a été le premier depuis l’entrée en fonctions de Trump et de sa clique fasciste à répondre, avec les armes de construction massive de la démocratie, aux prétentions de l’impérialisme américain et de l’impérialisme russe à reconfigurer une Europe conforme au nouvel ordre mondial qu’ils veulent imposer.  

Dès le mois de janvier 2025 les étudiants des facultés occupées avaient une claire conscience de la dimension de leur lutte et de la dynamique qu’elle est capable de créer, ils en livrent clairement la méthode : l’auto organisation à la base de leur grève et de l’occupation des facultés.

Voilà certainement ce qui permet au Monde du 16 mars d’écrire que les étudiants serbes « veillent soigneusement … à ne pas faire de politique » (sic!).

Document : 

Lettre des universités occupées de Serbie aux étudiant.e.s du monde entier (janvier 2025)

Actuellement, en Serbie, les étudiant.e.s ont le contrôle total de 62 facultés sur 80. Il s’agit de la plus grande manifestation étudiante dans notre région depuis 1968. Elle a été déclenchée par une série d’événements tragiques causés par des décennies de répression, de corruption et de violence perpétrées par le régime en place. Jusqu’à présent, l’opposition s’est montrée incompétente dans ses méthodes, c’est pourquoi nous, les étudiants, avons pris les choses en main. Nous avons suspendu les cours, dissous toutes les associations étudiantes représentatives, organisé des plénums, voté des revendications, formé des groupes de travail et commencé à faire pression. Nous nous sommes installé.e.s dans les bâtiments de la faculté et les avons adaptés à la vie quotidienne. Nous avons mis en place des cuisines, des dortoirs, des pharmacies, des ateliers, des cinémas et des salles de classe d’auto-éducation. En l’espace de trois semaines, la quasi-totalité des bâtiments universitaires de Serbie sont devenus des centres d’auto-organisation politique fonctionnant 24 heures sur 24. Nous avons le soutien total de nos concitoyen.ne.s, nous survivons grâce à leurs dons et, chaque jour, d’autres groupes oppressés de la société se joignent à notre lutte.

Les occupations de facultés sont la forme la plus radicale d’auto-organisation étudiante. L’occupation implique la suspension des cours, des obligations d’examen et fonctionne indépendamment du soutien des professeurs et de l’administration. Vous avez le droit de vous organiser de cette manière et, grâce à l’autonomie de l’université, vous êtes également protégé.e.s contre l’intervention directe de la police. La faculté reste occupée jusqu’à ce que vos revendications soient satisfaites. La suspension des activités d’une faculté constitue en soi une forme de pression sur les institutions. L’occupation d’établissements scolaires est aux étudiant.e.s ce que la grève est aux travailleur.euse.s.

Historiquement, les occupations de facultés se sont avérées efficaces dans la lutte pour une éducation plus accessible, mais aujourd’hui, nous devons les utiliser pour résoudre des problèmes sociétaux plus larges.

Nous gérons les occupations par le biais de groupes de travail. Les groupes de travail sont ouverts à tou.te.s celleux qui souhaitent y participer et se concentrent sur la stratégie, les actions publiques, les médias, la sécurité et les activités au sein de l’occupation.

Les groupes de travail présentent leurs idées et leurs propositions au plénum. Le plénum est un forum ouvert à tou.te.s les étudiant.e.s de la faculté. Ces assemblées mettent en pratique la démocratie directe. Chacun.e dispose d’une voix égale et du droit de décider des questions relatives à la direction des actions.

Le monde est au bord de l’effondrement, la démocratie représentative est un échec et notre avenir est en danger. C’est le seul moyen de prendre le contrôle et de changer la société. Il y a d’innombrables raisons pour un blocus, et vous savez mieux que quiconque quelle est la vôtre.

Traduisez et partagez cette lettre !

Auto-organisez vous et commencez à mettre en place la démocratie directe maintenant !

Étudiant.e.s du monde entier, joignez-vous aux occupations ! »

20.03.2025 à 19:01

L’APRES – Retraites : une autre loi est possible !

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Le conclave n’était qu’une farce. Voilà ce qui est à retenir de la dernière prise de parole du premier ministre, François Bayrou. Alors que les organisations salariales et patronales étaient en pleine discussion, dans un calendrier établi par le gouvernement même, le premier ministre prend la parole, siffle la fin de la récré, et annonce […]
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Le conclave n’était qu’une farce. Voilà ce qui est à retenir de la dernière prise de parole du premier ministre, François Bayrou. Alors que les organisations salariales et patronales étaient en pleine discussion, dans un calendrier établi par le gouvernement même, le premier ministre prend la parole, siffle la fin de la récré, et annonce tout de go : il n’y aura pas de remise en question de l’âge de départ à la retraite à 64 ans.

Bafouant les règles élémentaires de la démocratie sociale, reniant une fois de plus le vote des dernières élections législatives, méprisant encore le formidable mouvement social de 2023 contre la mise en place de la retraite à 64 ans, le gouvernement s’entête. Ce n’est pas un conclave, c’est une entrave !

Le calendrier international lui sert d’argument : regardez comme l’heure est grave, la guerre est aux portes. Nous refusons d’opposer les budgets de la défense aux budgets sociaux. Nous refusons de constater, les bras ballants, qu’il est possible de passer outre les règles d’orthodoxie budgétaire quand il s’agit de canons, jamais quand il s’agit de nos pensions.

La réforme des retraites est injuste. Elle pénalise les travailleurs et travailleuses les plus vulnérables. Le nombre de départs à la retraite avec décote ne cesse d’augmenter depuis son entrée en vigueur. La pénibilité des métiers s’accroît. L’état de santé de nombreux salarié·es se dégrade, les contraignant à cesser leur activité avant d’avoir pu atteindre l’âge de la retraite à taux plein.

Plus que jamais, l’abrogation est à l’ordre du jour ! Nous lançons une initiative populaire, de soutien aux organisations syndicales et à leur combat, de reprise en main collective du débat autour des retraites. Avec des parlementaires, des syndicalistes, des élu·es locaux, nous appelons les citoyen·nes à se rassembler et à se mobiliser pour une autre loi retraite ! Osons la démocratie, une autre loi doit être débattue partout dans le pays !

Marlène Collineau.

Source : https://www.l-apres.fr/retraites_une_autre_loi_est_possible

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