26.02.2026 à 16:36
Tristan Nitot
Sam Altman, patron d’OpenAI, dans une interview, commet une erreur énorme quand il dit “Les gens parlent de l’énergie nécessaire à entraîner un modèle d’IA, mais cela consomme aussi beaucoup d’énergie pour entraîner un humain ! Cela prend genre 20 ans d’une vie et toute la nourriture nécessaire pendant ce temps-là pour devenir intelligent”.
C’est à la fois vrai… et complètement faux (et scandaleux) de mettre sur un pied d’égalité la machine et l’humain (voire la machine et le vivant dans son ensemble).
Avoir un monde rempli de machines mais sans humains et sans vivant n’a aucun intérêt.
Alors qu’un monde avec des êtres vivants et sans machines est non seulement envisageable, mais il a même été la règle depuis l’apparition de la vie il y a presque 4 milliards d’années. Rappelons que Homo Sapiens a 300 000 ans et que l’ancêtre de l’ordinateur, imaginé par Charles Babbage, l’a été en 1834, il y a moins de 200 ans. Le premier microprocesseur commercial, l’Intel 4004, a été lancé en 1971, il y a 55 ans.
Bref, le moment où les microprocesseurs ont existé représente 0,01833% du temps d’existence d’Homo Sapiens.
Enfin, devant l’ineptie énoncée par Sam Altman, il convient de rappeler que la première mission d’un individu vivant est la survie de l’espèce. Pas de prévoir sa disparition au nom d’un éventuel règne sans partage des machines.
(Post créé à 100 % SANS IA. Évidemment.)
14.02.2026 à 10:53
Tristan Nitot
Si ChatGPT devient le nouveau Google, cela implique que l’IA est en train de tuer le Web. Je m’explique :
Le Web, au départ, c’est que des humains écrivent des documents avec des hyperliens entre eux, ces documents comprenant du texte, une mise en page, des images, du son, des vidéos si nécessaire.

Et de l’autre côté de l’écran, des humains lisent les textes et naviguent entre ces documents en suivant les liens. Pour cela, ils utilisent un navigateur (un “user-agent” dans le jargon), un logiciel qui va chercher le document, le présente en interprétant le contenu, tout en préservant l’utilisateur des personnes mal-intentionnées qui peuvent se trouver sur le Web (lequel n’est pas peuplé que de bisounours).
Il arrive souvent que les utilisateurs trouvent le contenu initial via un moteur de recherche, qui est donc devenu indispensable dans l’expérience utilisateur. Accessoirement, le moteur de recherche affiche de la pub dans ses résultats et ça finance les éditeurs de navigateurs (Google, Apple, Mozilla & co).
Mais ça, c’était avant.

Maintenant, l’humain utilise son ChatBot IA, lui pose une question, l’IA lui donne une réponse (pas toujours juste mais qui sonne bien). Cette réponse a probablement été synthétisée en piochant dans le Web plus ou moins récemment, mais ça, l’utilisateur n’en sait rien. Il ne visite plus le Web, il n’a pas vu de pub, il n’a pas financé le site Web ni le moteur de recherche. Peut-être même utilise-t-il son ChatBot depuis une application mobile, donc sans passer par un navigateur.
Le Web n’a pas complètement disparu de l’équation, mais il est complètement invisibilisé.
Deuxième effet Kiss Cool : avec l’IA, l’information n’est plus produite par des humains mais par des machines. Donc le Web est inondé de contenus synthétiques d”intérêts variables (qui viendront à leur tour nourrir l’IA, ce qui est une idée… peu ragoutante).
La mer d’information qu’était le Web et que les humains “naviguaient” (comme on disait dans les années 1990) est devenu un océan pollué d’informations de qualité décroissante. Et les humains ne naviguent plus dessus, ils consomment un contenu synthétique qui en est issu.
On a remplacé un outil qui permettait aux humains de publier et d’accéder aux contenus proposés par d’autres humains (donc de communiquer et de se comprendre) par des outils où du contenu est généré par des machines qui est résumé par des machines. L’humain a quasiment disparu de l’équation.
Bref le Web est (bientôt) mort, tué par l’IA.
Peut-on alors inventer un nouveau Web, vraiment humain, sans IA, avec des barrières bloquant les IA ?
Si oui, à ce moment-là, on pourra alors crier “Le Web est mort, vive le Web”…