Dans une tribune parue en juillet 2021 dans Le Monde, nous écrivions : « pour être sûr que la troisième guerre mondiale n’aura pas lieu, il faut voir qu’elle est en train de commencer – et savoir s’y préparer 1 ». Sept mois plus tard, la Russie envahissait l’Ukraine et cela semblait nous prendre au dépourvu. Presque cinq ans après, nous nous demandons encore comment réagir, alors que le grand allié sur lequel nous comptions paraît non fiable, si ce n’est hostile. Un triple paradoxe Le premier paradoxe
Au bout de quatre ans d’une guerre d’agression et de destruction, l’armée russe et les forces d’occupation en Ukraine sont dans l’impasse. La Russie ne fera pas tomber Kiev et n’anéantira pas l’État ukrainien. Le rêve insensé annoncé par Vladimir Poutine en février 2022 a tourné au cauchemar. Les gouvernements européens n’hésitent plus aujourd’hui à partager le bilan établi par le président Zelensky : « Poutine n’a pas atteint ses objectifs. Il n’a pas brisé les Ukrainiens. Il n’a pas gagné la guerre.
C’est en avril 2013 que le parti « Alternative für Deutschland » (AfD) est fondé, notamment par des universitaires, convaincus qu’il existe une « alternative » à la politique mise en œuvre pour surmonter les difficultés de la zone euro. L’afflux de réfugiés en Allemagne à l’automne 2015 fait rapidement de l’immigration le principal combat auquel s’identifie l’AfD. À ses débuts, le parti fait campagne sur un agenda conservateur pro-occidental, dont témoigne la plate-forme adoptée à Erfurt, quelques