Cet automne, trois œuvres françaises de fiction ont représenté des jeunes femmes vivant des relations lesbiennes. Love Me Tender reste la plus réelle, puisqu’adaptée du récit autobiographique éponyme de Constance Debré. La cinéaste Anna Cazenave Cambet, révélée en 2021 par De l’or pour les chiens qui formait déjà un récit sur une jeune femme en rupture de ban avec son milieu, rebaptise son héroïne Clémence Delcourt (jouée par Vicky Krieps) et ne représente pas la famille prestigieuse de l’écrivaine.
« Toutes tragédies créent de nouvelles zones qu’il faut habiter. » (Claudia Mosquera) Chaque époque hérite de ses fantômes. La nôtre, saturée de mémoriaux et de commémorations, ne manque pas tant de monuments que de sens. Nous avons appris, avec Pierre Nora1, à ériger des lieux de mémoire ; mais nous avons moins appris à écouter ce que j’appellerai ici la mémoire des lieux : cette mémoire souterraine qui circule sous la pierre, dans la mer, dans les vents et jusque dans le souffle des vivants.
Jean-Luc Domenach est décédé le 8 janvier 2026, dans la semaine suivant l’intervention de l’administration Trump au Venezuela. Il était né au lendemain des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, le 11 août 1945. Plus de quatre-vingts ans séparent ces deux dates. À l’échelle d’une vie d’homme consacrée à la recherche, à l’enseignement et à l’engagement. Mais aussi à l’échelle d’un monde qu’il n’a cessé d’interroger dans ses ruptures et ses continuités : les résurgences de l’impérialisme