Sur les murs de nos villes, mais de nos jours sans crainte, des doigts errants affichent au vol leurs opinions, protestations, propositions ; messages allant du pense-bête élémentaire à l’interrogation métaphysique. Aucun doute, dans la foule anonyme des passants circulent de la réflexion, du jugement, de l’aveu, du rêve. Le journal intime de la vie des villes s’écrit en public.
Le 8 avril, la chambre de l’instruction du tribunal de Paris devait rendre une décision très importante. Celle-ci est désormais repousée au 6 mai. Si elle confirme un non-lieu, cela pourrait handicaper dramatiquement la liberté de recherche historique et d’enquête journalistique sur le dernier génocide du xxe siècle : celui perpétré au Rwanda en 1994. Ce génocide, comparable à la Shoah et à celui des Arméniens, visait les Tutsi, désignés comme une « race » par l’idéologie exterminatrice du régime
Lauréat de sept Césars et d’un million d’entrées pour Illusions perdues (2021), Xavier Giannoli ressentit sans doute ce que Jean-Pierre Jeunet envisagea après Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) : la légitimité et la possibilité de réaliser une œuvre plus coûteuse et ambitieuse, une occasion unique dans la vie d’un cinéaste. Pour le réalisateur lorrain, cela passa par Un long dimanche de fiançailles (2004), toujours le meilleur film français sur la Première Guerre mondiale et sa suite, œuvre