Il existe dans toute relation éducative un moment étrange – non pas dramatique, mais silencieux – où quelqu’un s’engage envers quelqu’un d’autre pour quelque chose qui n’existe pas encore. L’enseignant qui ouvre un texte, l’éducateur qui reprend pour la troisième fois une explication, le parent qui persiste dans la lecture du soir : tous font, sans nécessairement le savoir, le même geste fondamental. Ils promettent. Non pas un résultat, non pas une garantie – mais une direction, une présence maintenue
On peut dire que le scrutin des élections municipales qui s’achève se caractérise par son opacité, en écho sans doute au temps qui est le nôtre et que je nommerais volontiers « troublé », « troublant » ou « perturbant ». Certes, les municipales ne fournissent jamais de lecture nationale simple tant elles mêlent logiques locales, sociologiques, personnelles et partisanes. Elles résistent aux récits immédiats et à la perspective d’une victoire ou d’une défaite globale. Que peut-on affirmer ? On peut
Pour inventer, il ne faut pas être certain du résultat, et pour le faire continûment, il ne faut pas se laisser piéger soi-même – et donc se relancer, se renouveler, ce qui est une épreuve. Pierre-Michel Menger On en parle dans cet épisode- Pierre-Michel Menger, Le travail créateur. S'accomplir dans l'incertain, Gallimard-Seuil, coll. "Hautes Études", 2009, 667 p.- Pierre-Michel Menger, Etre artiste. Œuvrer dans l’incertitude, Éditions Al Dante, 2012, 70 p.