« L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies1. » La formule de Tocqueville, dans L’Ancien Régime et la Révolution, pourrait servir d’exergue à l’histoire politique française. Révolutions, restaurations, chutes de régimes, longues séquences d’usure où le pouvoir demeure légal tout en cessant peu à peu d’être pleinement légitime : à travers la variété des constitutions et des majorités, les mêmes mécanismes réapparaissent, comme si notre histoire rejouait
Imaginons un avenir où chacun jouirait d’un haut niveau de bien-être ; où 90 % de la population mondiale verrait son revenu doubler tout en travaillant moitié moins d’heures qu’aujourd’hui. Un monde où la moitié la plus pauvre de l’humanité verrait sa part de la richesse mondiale passer de seulement 2 % aujourd’hui à 30 % ; un monde où l’on consommerait suffisamment, sans que personne ne surconsomme. Et imaginons que cet avenir se réalise sur une planète capable d’accueillir durablement la vie humaine,
La mort de Ratko Mladić et son héroïsation lors des rassemblements spontanés en République serbe de Bosnie et en Serbie m’ont replongée dans les années 1990. Adolescente, depuis ma télévision à Belgrade, je regardais, révoltée et impuissante, la destruction de Vukovar, le bombardement de Dubrovnik, les premiers snipers à Sarajevo, les corps ensanglantés qui gisaient sur le sol. Je voyais aussi surgir des jeunes hommes au crâne rasé, prêts à traverser la Drina pour aller se battre et « casser du Turc