24.03.2026 à 11:48
Mohamed Lotfi
Il fut un temps où douter passait pour une preuve d'intelligence. Aujourd'hui, c'est presque devenu un aveu de faiblesse. Comme si hésiter entre deux idées revenait à ne pas en avoir. Comme si réfléchir demandait désormais de choisir son camp avant même d'avoir compris la question.
Dans nos grands débats contemporains, le spectacle est souvent le même. Les certitudes s'alignent comme des soldats. Les convictions se durcissent. Les slogans remplacent les arguments. Et la nuance, elle, se fait regarder de travers, comme un invité mal habillé à un dîner trop formel. Sur un sujet ou un autre, les Pour doivent être plus que jamais pour et les Contre, plus que jamais contre.
Sur la laïcité, la souveraineté, Gaza, l'Iran, ou encore le climat, chacun semble sommé de répondre par oui ou par non. Aimer ou détester. Défendre ou condamner. Il n'y a plus de place pour ce petit espace fragile où l'on peut dire je condamne, mais voici pourquoi, ou encore pire, je veux bien condamner, mais à qui ma condamnation profite t-elle ? Dans ce climat, la nuance devient suspecte. Elle dérange. Elle ralentit. Elle complique. Bref, elle fait tout ce que les certitudes détestent.
Et pourtant, comme le disait Voltaire, « le doute est un état désagréable, mais la certitude est ridicule ». On pourrait ajouter aujourd'hui qu'elle est parfois dangereuse. Car lorsque la peur s'invite dans le débat, elle ne produit pas de la réflexion, elle produit de la crispation. Elle fabrique des camps. Elle transforme les idées en identités. Et une idée qui devient identité cesse d'être discutée, elle doit être défendue à tout prix.
Commence alors cette étrange guerre civile idéologique où chacun parle plus fort que l'autre, persuadé que le volume remplace la justesse. On ne débat plus, on s'affronte. On ne cherche plus à comprendre, on cherche à gagner. Et dans ce vacarme, la nuance n'a pas de micro.
Introduire du doute dans ce contexte, c'est presque un acte de résistance. Non pas pour affaiblir les convictions, mais pour leur donner de la profondeur. Le doute n'est pas un ennemi de la vérité. Il en est souvent le point de départ. Descartes lui-même, n'a pas construit sa pensée sur la certitude immédiate, mais sur le doute méthodique. Douter pour mieux comprendre. Douter pour ne pas se laisser tromper. Douter pour construire, et non pour détruire.
Dans cette lignée, Taha Hussein, patron de la littérature arabe du 20me siècle, reste une figure fascinante. Dans son ouvrage sur la poésie préislamique, il ose une idée presque sacrilège. Et si ces textes, considérés comme fondateurs, étaient trop parfaits pour être authentiques ? Et si une partie de cet héritage était le fruit d'une reconstruction ultérieure ?
Son livre a provoqué un scandale. Toucher à une tradition, c'est déjà délicat. Toucher à une tradition considérée comme intouchable, c'est s'exposer à la tempête. Et la tempête est venue. Procès, critiques, pressions. Il a dû reculer sur certains points, modifier son ouvrage, en atténuer la portée, changer le titre. Mais l'essentiel était fait. Une brèche avait été ouverte.
Ce qui compte, ce n'est pas tant d'avoir eu raison ou tort. Ce qui compte, c'est d'avoir osé poser la question. D'avoir refusé de considérer une certitude comme un point final. D'avoir rappelé que même les piliers les plus solides méritent d'être examinés.
Il faut beaucoup de courage pour faire cela. Le courage de ne pas plaire à son camp. Le courage de décevoir ceux qui attendent une prise de position claire, nette, tranchée. Le courage d'habiter cette zone inconfortable où l'on réfléchit encore pendant que les autres ont déjà conclu. Le courage de penser contre soi-même.
Aujourd'hui, ce courage est rare. Non pas parce que les gens sont moins intelligents, mais parce que le contexte récompense autre chose. Les réseaux sociaux, par exemple, adorent les certitudes. Elles sont simples, rapides, partageables, mais non imputables. La nuance, elle, demande du temps. Elle oblige à lire, à écouter, à hésiter, à documenter. Elle ne tient pas toujours en une phrase. Elle n'est pas spectaculaire. Elle est patiente. Et la patience, dans un monde pressé, passe souvent pour de la faiblesse.
Alors on se retrouve avec des débats qui ressemblent à des matchs. Des positions qui se radicalisent. Des individus qui se définissent par opposition. Et au milieu, quelques voix qui tentent de ralentir le rythme, de complexifier la discussion, de rappeler que la réalité est rarement binaire.
Ces voix sont souvent mal comprises. On les accuse de relativisme. De lâcheté. De vouloir ménager tout le monde. De tenir un double discours. Mais la nuance n'est pas une fuite. C'est une exigence. Elle demande plus d'effort que le dogme. Plus de rigueur que l'adhésion aveugle.
Apporter de la nuance, ce n'est pas dire que tout se vaut. Ce n'est pas non plus refuser de trancher quand c'est nécessaire. C'est accepter que certaines questions méritent plus qu'une réponse rapide. C'est reconnaître que l'on peut défendre une idée tout en en voyant les limites. C'est refuser de transformer une conviction en religion.
Des religions sans dieu, mais avec des fidèles fervents. Des dogmes sans texte sacré, mais avec des gardiens vigilants. Et dans ces nouvelles chapelles, le doute est vu comme une hérésie.
Anciennement, on affirmait avec aplomb que la Terre était plate et qu'elle occupait le centre de l'univers. Ce n'était pas l'absence d'intelligence qui produisait ces certitudes. C'était l'absence de doute.
Aujourd'hui, nous avons accès à une quantité d'information sans précédent. Et pourtant, le réflexe de certitude n'a pas disparu. Il a simplement changé de forme. Il est plus rapide, plus bruyant, souvent plus agressif.
Dans ce contexte, célébrer la nuance par le doute devient presque un geste subversif. C'est subversif de rappeler que la complexité n'est pas un défaut, mais une caractéristique du réel.
Peut-être que quelqu'un, quelque part, reprendra le flambeau de Taha Hussein. Pas forcément sur la poésie préislamique, mais sur d'autres certitudes de notre époque. Cette personne sera sûrement critiquée, caricaturée, attaquée. C'est inévitable. Mais si elle parvient à introduire ne serait-ce qu'un peu de doute dans une mer de certitudes, elle aura déjà fait beaucoup. Pour la pensée. Pour le débat. Pour cette fragile idée que réfléchir, au fond, c'est accepter de ne pas savoir complètement.
Et si cela dérange, tant mieux. C'est souvent le signe que quelque chose d'important est en train de se passer.
Mohamed Lotfi https://www.facebook.com/mohamed.lo...> 21 Mars 2026
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24.03.2026 à 11:48
Janet Abou-Elias, William Hartung
« J'adore l'idée de me procurer un drone et d'asperger d'urine légèrement frelatée au fentanyl les analystes qui ont tenté de nous nuire », a déclaré Alex Karp, PDG de Palantir, une entreprise émergente de technologies militaires.
17 mars 2026 | tiré du site alencontre.org | Photo : Alex Karp lors de la conférence annuelle de présentation de sa société Palantir. https://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/planete-palantir-une-nouvelle-machine-de-guerre-plus-courageuse.html
Loin d'être une simple sortie de route, cette déclaration reflète une éthique plus large qui s'installe dans le secteur militaro-technologique de la Silicon Valley : une éthique qui considère la coercition comme une innovation, la cruauté comme une franchise, et l'application sans contrôle de la puissance technologique comme à la fois inévitable et souhaitable.
Alex Karp apprécie autant la joute verbale que la direction d'une entreprise qui fabrique des armes de haute technologie. Sa société a aidé Israël à accélérer le rythme des bombardements et des massacres de Palestiniens à Gaza, et sa technologie a permis à l'ICE [U.S. Immigration and Customs Enforcement's] d'accélérer les expulsions, tout en aidant à localiser et identifier des manifestants à Minneapolis.
Non seulement Karp ne regrette rien des dommages causés par les produits de son entreprise, mais il s'en délecte ouvertement.
En février dernier, il a déclaré à un journaliste de CNBC : « Si vous critiquez l'ICE, vous devriez manifester pour obtenir davantage de Palantir. Notre produit, par essence, exige que les utilisateurs respectent le Quatrième Amendement de la Constitution américaine, qui protège les données contre les perquisitions et saisies abusives. »
Pourtant, ces déclarations n'ont pas incité Karp à demander à l'ICE de cesser d'utiliser son logiciel dans sa lutte contre la dissidence pacifique, ni à accepter un contrat à durée indéterminée d'un milliard de dollars avec le Département de la Sécurité intérieure (DHS), dont l'ICE est affilié.
Fidèle à son soutien inconditionnel à la répression, tant au niveau national qu'international, Karp, au plus fort de la guerre de Gaza, a tenu une réunion du conseil d'administration de Palantir à Tel Aviv, proclamant : « Notre travail dans la région n'a jamais été aussi vital. Et il se poursuivra. » Dans un entretien avec Maureen Dowd du New York Times, il a résumé sa philosophie ainsi :
« Je suis en réalité progressiste. Je veux moins de guerres. On ne met fin à la guerre qu'en possédant la meilleure technologie et en terrorisant nos adversaires. S'ils n'ont pas peur, ils ne se réveillent pas la peur au réveil, ils ne se couchent pas la peur au ventre, ils ne craignent pas la colère américaine, ils nous attaqueront. Ils nous attaqueront partout. »
La réalité, cependant, est bien plus complexe. La technologie de Palantir a été utilisée pour tuer des dizaines de milliers de personnes à Gaza et ailleurs, dont beaucoup n'avaient aucun lien avec le Hamas, n'exerçaient aucun contrôle sur ses actions et étaient souvent décédées avant même sa victoire aux élections locales de 2006 et la prise de contrôle de Gaza.
L'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 était incontestablement inadmissible. Pourtant, la riposte d'Israël, qui a consisté à tuer plus de 70 000 Palestiniens à Gaza – un chiffre relativement prudent que même le gouvernement israélien reconnaît désormais –, constitue une réponse totalement disproportionnée, qualifiée de génocide par la plupart des experts indépendants.
L'idée qu'un tel massacre puisse se justifier comme un moyen d'intimider les agresseurs et de réduire la violence est intellectuellement insoutenable et moralement obscène.
Bienvenue donc dans l'univers d'Alex Karp, l'un des chefs de file de la nouvelle vague de technomilitaristes de la Silicon Valley.
L'IA militarisée ou le techno-optimisme débridé ?Ce n'est plus le complexe militaro-industriel (CMI) de votre enfance.
Les dirigeants actuels du CMI – à la tête de géants industriels comme Lockheed Martin, RTX (anciennement Raytheon), Boeing, General Dynamics et Northrop Grumman – sont bien plus circonspects que Karp.
Il leur arrive de déclarer que la montée des tensions au Moyen-Orient ou en Asie pourrait générer une demande pour leurs produits chez les alliés des États-Unis dans ces régions, mais ils ne se livreraient jamais à la rhétorique ouvertement orwellienne dont Karp semble avoir le secret.
Cependant, le CMI de demain annonce non seulement une évolution technologique ou des pratiques commerciales, mais aussi – comme le suggère Karp – un possible changement culturel où le militarisme est ouvertement glorifié, sans avoir besoin de se justifier par des arguments de promotion de la stabilité mondiale ou de défense d'un « ordre international fondé sur des règles ».
Imaginez le nouveau complexe militaro-industriel comme une version individualiste et ultra-technologique de la « guerre de tous contre tous » du philosophe Thomas Hobbes.
Et ceux qui le dirigent veulent nous faire croire que la seule façon de « gagner » une future guerre est de confier les rênes de notre monde politique à une clique d'êtres autoproclamés supérieurs, menée par des personnalités comme Alex Karp, Peter Thiel (fondateur de Palantir), Palmer Luckey (directeur d'Anduril) et l'inimitable Elon Musk.
Alex Karp est co-auteur d'un ouvrage intitulé « La République technologique : Puissance dure, croyances illusoires et avenir de l'Occident », dans lequel il expose sa vision des conditions nécessaires, selon lui, pour que l'Amérique retrouve sa position dominante sur la scène mondiale.
Ce livre est une longue lamentation sur la façon dont la plupart des Américains ont perdu leur sens du devoir et leur patriotisme, gaspillant leur temps dans des activités futiles comme la téléréalité et les jeux vidéo.
Avec son co-auteur Nicholas W. Zamiska [conseiller légal de Palantir], il appelle à une nouvelle mission nationale fédératrice pour remettre sur les rails cette nation de fainéants et restaurer les États-Unis à leur juste place de première puissance politique et militaire mondiale.
La solution proposée par Karp : un nouveau projet Manhattan (qui, rappelons-le, a permis la création de la bombe atomique et la fin de la Seconde Guerre mondiale).
Cette fois, l'objectif ne serait pas de développer des armes nucléaires, mais d'accélérer les applications militaires de l'intelligence artificielle (IA) et de conférer aux États-Unis un avantage technologique permanent sur la Chine.
Il est difficile d'imaginer une vision plus appauvrie ou plus erronée de l'avenir de l'Amérique, ou plus dénuée d'humanité.
Les faucons, les réalistes traditionnels et les technomilitaristes qualifieront bien sûr de naïve toute approche humanitaire de la politique étrangère et intérieure, mais en réalité, ce sont les militaristes de la nouvelle vague qui font preuve de la plus grande naïveté.
Après avoir gaspillé des milliards de dollars et des centaines de milliers de vies dans les guerres de ce siècle – des guerres qui n'ont absolument pas atteint leurs objectifs annoncés (tout comme la plus récente en Iran ne manquera pas de le faire), tout en rendant le monde bien plus dangereux –, ils continuent de proférer des platitudes sur la recherche de la « paix par la force » et sur l'utilisation de la puissance militaire américaine pour consolider un « ordre international fondé sur des règles ».
Compte tenu des pertes américaines subies au cours de ce siècle face à des adversaires bien moins bien financés et technologiquement avancés en Irak et en Afghanistan, cette rhétorique éculée commence à ressembler à une plaisanterie cruelle, voire aux soupirs désabusés des représentants d'un empire en déclin.
La guerre technologique sera-t-elle moins coûteuse et nous protégera-t-elle ?Laissant de côté l'idéologie un instant, il convient de se demander si les entreprises technologiques émergentes peuvent réellement produire de meilleurs systèmes de guerre à moindre coût.
Palmer Luckey, d'Anduril – protégé de Peter Thiel, fondateur de Palantir – a récemment fait la une des journaux en déclarant à un journaliste de CNBC que les États-Unis pourraient dépenser peut-être la moitié du budget actuel du Pentagone, qui s'élève à 1000 milliards de dollars, et disposer d'un système de défense plus efficace s'ils cessaient simplement d'acheter « les mauvaises choses ».
L'idée qu'un fournisseur d'armement puisse proposer un meilleur rapport qualité-prix paraît presque révolutionnaire à une époque où la cupidité et la corruption font des ravages au sein du complexe militaro-industriel.
La philosophie qui sous-tend la déclaration de Luckey à CNBC est en réalité exposée dans un document remarquable d'Anduril intitulé « Repenser l'Arsenal de la Démocratie », une critique acerbe des pratiques commerciales actuelles du Pentagone et des géants de l'armement comme Lockheed Martin.
Le manifeste de Luckey doit être perçu comme une attaque frontale contre les cinq principaux conglomérats d'armement – menés par Lockheed Martin et RTX (anciennement Raytheon) – qui perçoivent aujourd'hui un tiers des contrats octroyés par le Pentagone.
Ces multinationales ont fait leur temps, suggère l'essai, accomplissant un travail nécessaire et utile durant la Guerre froide, une période révolue.
« Pourquoi les entreprises de défense actuelles ne peuvent-elles pas simplement faire mieux ? » interroge-t-il. « … Ces entreprises travaillent lentement, alors que les meilleurs ingénieurs excellent dans la rapidité… Ces entreprises ont conçu les outils qui ont assuré notre sécurité par le passé, mais elles ne représentent pas l'avenir de notre défense. »
Ce document suggère presque que des entreprises comme Lockheed Martin devraient recevoir un prix d'honneur pour l'ensemble de leur carrière, puis être écartées, afin que des personnalités comme Thiel, Karp, Luckey et Musk puissent prendre les rênes de l'industrie de l'armement.
Mais réduire les dépenses d'armement – aussi utile que cela puisse être compte tenu des autres priorités nationales urgentes – ne saurait constituer le seul objectif de la politique de défense. La question essentielle est de savoir si des systèmes d'IA, prétendument moins coûteux, plus agiles et plus précis, peuvent réellement être déployés de manière à promouvoir la paix et la stabilité plutôt que de nouveaux conflits.
En réalité, le risque existe que, si les États-Unis pensent pouvoir utiliser de tels systèmes pour intervenir militairement de façon routinière tout en subissant moins de pertes, la tentation d'entrer en guerre s'accroisse.
Malgré tout ce qui précède, l'idée de briser l'emprise des grands groupes d'armement sur le développement et la production de l'arsenal américain reste séduisante. Mais les affirmations du secteur technologique selon lesquelles il peut faire le travail mieux et à moindre coût restent à prouver.
Un drone coûte certes moins cher qu'un avion de chasse F-35, mais qu'en est-il des essaims de drones déployés par vagues successives et rapidement reconstitués en temps de guerre, ou encore des navires et véhicules blindés sans pilote fonctionnant grâce à des logiciels complexes et non éprouvés, susceptibles de tomber en panne à des moments critiques ?
Et si, comme le souhaiteraient le secteur technologique et ses lobbyistes de plus en plus nombreux, on laissait ces nouveaux militaristes opérer sans le moindre contrôle, avec un affaiblissement des garde-fous tels que les tests indépendants et la limitation des prix abusifs – des garde-fous déjà trop faibles pour garantir une efficacité optimale ?
Lorsque le président Ronald Reagan négociait des accords de contrôle des armements avec le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev au siècle dernier, sa devise était « Faites confiance, mais vérifiez ».
Dans le cas de Palantir et de ses semblables, la devise devrait peut-être être « Méfiez-vous et vérifiez ». Il est impératif de dépasser leurs slogans marketing et de les obliger à prouver que leurs nouvelles technologies fonctionnent comme annoncé et sont réellement supérieures aux précédentes.
Dans ce cas, Palantir et Anduril devraient être considérés comme des fournisseurs et rémunérés pour leurs services, sans pour autant prétendre influencer notre budget militaire ou notre politique étrangère, et encore moins les fondements mêmes de notre démocratie déjà fragile.
Le lobby militaro-technologique : des perturbateurs sous stéroïdesAvant l'essor actuel du développement d'armements dans le secteur technologique, certaines entreprises de la Silicon Valley agissaient comme si leurs produits étaient si supérieurs et abordables qu'elles n'avaient pas besoin de recourir au lobbying traditionnel.
Aussi irréaliste que cela ait pu paraître, la Silicon Valley s'est désormais lancée à corps perdu dans la corruption légalisée : des contributions ciblées aux campagnes électorales au recrutement d'anciens fonctionnaires pour servir ses intérêts.
Le premier exemple est, bien sûr, le vice-président J.D. Vance, qui a été employé, encadré et financé par – oui ! – Peter Thiel, le fondateur de Palantir, lors de son ascension au Sénat puis à la vice-présidence.
Lorsqu'il a été choisi comme colistier de Donald Trump en 2024, la campagne a bénéficié d'un afflux massif de fonds provenant du secteur militaro-technologique, dont des dizaines de milliards de dollars d'Elon Musk. Une fois engagé, l'une des principales missions de Vance s'est avérée être d'obtenir encore plus de dons auprès des militaristes de la Silicon Valley.
Puis vint le Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE) de Musk, une organisation qui a donné une image désastreuse à l'efficacité en réduisant les programmes et les effectifs fédéraux de manière apparemment aléatoire et en démantelant des outils essentiels comme l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), tout en laissant le Pentagone quasiment intact.
Bien que l'USAID ait connu des difficultés, elle a également financé des efforts essentiels de développement et de santé publique à l'échelle mondiale, qui ont permis à des millions de personnes de survivre. Une véritable démarche d'efficacité aurait consisté à analyser ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas au sein de cette agence.
Au lieu de cela, les disciples de Musk, qui ne connaissaient rien à l'aide économique, l'ont tout simplement démantelée.
On compte aujourd'hui un nombre important de dirigeants de la Silicon Valley à des postes clés au sein de l'administration Trump, sous la direction de Vance, mais aussi des dizaines d'autres à des postes importants dans l'armée, au sommet de la hiérarchie du Pentagone et dans diverses agences de politique intérieure et étrangère.
Peter Thiel et Alex Karp sont manifestement convaincus que ce qui est bon pour Palantir est bon pour l'Amérique, mais la vision de l'Amérique qu'ils promeuvent est à la fois dangereuse et déshumanisante.
Retour à la réalité (et maîtrise des technophiles)Le problème des nouveaux technomilitaristes n'est pas qu'ils se trompent sur le pouvoir de la technologie, mais qu'ils se trompent dangereusement sur qui devrait l'utiliser, à quelles fins et sous quelles contraintes.
Le pouvoir sans contrainte n'est pas de l'innovation. C'est de l'inconscience déguisée en fatalité. Une part croissante des outils qui façonnent la politique de sécurité étrangère et intérieure américaine est conçue, déployée et promue par un petit groupe d'acteurs privés dont les motivations sont purement financières, dont la vision du monde est profondément militarisée et dont la responsabilité envers le public est, au mieux, minimale.
Ce dont ce pays a besoin, c'est de tout sauf d'une nouvelle élite d'ingénieurs milliardaires qui nous dicte que la guerre est inévitable, que la peur est le seul chemin vers la paix et que la démocratie doit se soumettre à la sagesse supérieure de ceux qui programment des algorithmes et fabriquent des armes.
En réalité, nous connaissons déjà ce discours : celui des stratèges nucléaires de la Guerre froide, des adeptes du décompte des morts pendant la guerre du Vietnam et des architectes de la doctrine du « choc et de la stupeur » qui a contribué à la destruction de l'Irak.
À chaque génération, on promet que cette technologie (quelle qu'elle soit) rendra enfin la guerre, à l'américaine, propre, précise et décisive. Pourtant, à chaque fois, le nombre de morts ne cesse d'augmenter.
Ce qui rend la situation actuelle particulièrement dangereuse, c'est la rapidité et l'opacité avec lesquelles de tels systèmes sont développés et déployés.
Outils de ciblage basés sur l'IA, plateformes de surveillance prédictive, armes autonomes et systèmes de fusion de données sont tous intégrés aux structures militaires et policières sans débat public approfondi, avec un contrôle insuffisant et sans véritable consentement des populations qui en subiront les conséquences, parfois mortelles.
La rhétorique de la disruption induite par l'IA est devenue un prétexte commode pour contourner purement et simplement les processus démocratiques.
Le postulat de base des technomilitaristes est que la guerre permanente est l'état naturel de notre monde et que notre seul choix réside dans l'efficacité avec laquelle nous décidons de la mener. En réalité, la sécurité ne s'obtient jamais en terrorisant le reste de la planète pour la soumettre.
Elle s'acquiert par la diplomatie, la retenue, le respect du droit international et de la justice économique, ainsi que par le travail de longue haleine et ingrat de bâtir des institutions qui réduisent la probabilité de violences de masse plutôt que de les automatiser.
Alex Karp et ses pairs se perçoivent peut-être comme des réalistes, osant dire ce que d'autres n'osent pas dire. En vérité, leur vision du monde est fragile et nihiliste, confondant domination et force, et innovation et sagesse.
L'humanité mérite mieux qu'une course aux armements sans fin menée par des hommes (et ce sont presque tous des hommes !) qui s'arrogent le droit de décider qui peut sacrifier une vie. Cette nouvelle machine de guerre, version moderne du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, devrait tous nous effrayer.
Si la technologie doit façonner l'avenir de la guerre (et elle le fera), alors la société doit façonner les règles qui la régissent. L'alternative serait de confier notre responsabilité morale à une poignée de visionnaires autoproclamés et d'espérer qu'ils ne se trompent pas.
L'histoire nous enseigne que c'est un pari que nous ne pouvons pas nous permettre de prendre. (Article publié sur le site Tom Dispatch le 8 mars 2026 ; traduction de Marie Claire Tellier publiée sur son blog)
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24.03.2026 à 11:46
Tatiana Py Dutra
L´événement réunira des milliers de participants venus de dizaines de pays pour débattre des stratégies à adopter face à la montée de l'extrême droite et de l'impérialisme.
Tiré du site du CADTM.
Le programme de la 1re Conférence internationale antifasciste pour la souveraineté des peuples, qui se tiendra du 26 au 29 mars à Porto Alegre, a été présenté au public ce mercredi 12 (voir à la fin de l'article). L'événement, qui s'est tenu dans le salon Ipê du Centre culturel de l'Université fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS), a réuni des représentants du comité d'organisation, des dirigeants politiques, des leaders de mouvements sociaux ainsi que l'historien et politologue belge Eric Toussaint, membre du comité international de la conférence. Outre les dates et horaires des tables rondes principales, la liste des intervenants, modérateurs et commentateurs de chacune d'entre elles a été présentée,
En ouverture, le président du PT de Porto Alegre et membre du comité d'organisation local, Rodrigo Dilélio, a souligné la portée internationale que l'initiative a déjà acquise.
L'événement compte déjà 3 500 préinscrits provenant de plus de 30 pays. La majorité sont des Brésiliens, mais il y a une délégation importante venue d'Argentine, a-t-il déclaré.
Dilélio a également expliqué que la première journée de la conférence, le 26 mars, sera consacrée au Forum des autorités antifascistes, à l'Assemblée législative du Rio Grande do Sul, réunissant des parlementaires et des représentants de gouvernements de différents pays. Le programme de la journée devrait se terminer par une grande marche dans les rues de la capitale gaucho. Au cours des trois jours suivants, 11 tables rondes et 150 activités autogérées sont prévues, organisées par les entités et mouvements participants.
Nous avons encore le défi, d'ici demain et mardi, de définir les lieux pour ces 150 activités autogérées. C'est un défi de taille. Nous avons déjà repéré quelques dizaines d'endroits, dont plusieurs ici même dans l'enceinte de l'université, a-t-il déclaré.
Université et résistance démocratique
Dans son allocution aux personnes présentes, la rectrice de l'UFRGS, Márcia Barbosa, a affirmé que l'université avait pris la décision de participer activement à l'organisation de la conférence compte tenu du contexte politique international.
Lorsque notre administration a été sollicitée, l'idée était non seulement de mettre un espace à disposition, mais aussi d'être co-auteurs et co-autrices de tout ce mouvement, a-t-elle déclaré.
Selon elle, la montée en puissance des forces autoritaires exige une réponse coordonnée de la société.
Nous vivons une période où se construit, à l'échelle internationale, un mouvement visant à éliminer les quelques avancées que nous avons obtenues dans divers domaines. Cette construction doit être combattue, a-t-elle affirmé.
Offensive de l'extrême droite
L'économiste et militant international Éric Toussaint a souligné que le contexte mondial actuel est très différent de celui qui a marqué l'émergence du Forum social mondial au début des années 2000.
Il y a 25 ans, les altermondialistes, les oppositions proposant des changements, étaient à l'initiative. Les gouvernements de gauche se multipliaient, non seulement en Amérique latine, mais aussi en Europe et en Asie. À l'heure actuelle, nous assistons à une offensive généralisée des forces néofascistes d'extrême droite ainsi qu'à des actions impérialistes, a-t-il déclaré, citant comme exemple les actions de Trump contre les nations latino-américaines et au Moyen-Orient.
Selon lui, dans ces circonstances, il est fondamental de constituer un nouvel espace international réunissant les partis politiques, les mouvements sociaux et les réseaux internationaux de solidarité pour résister à l'offensive néofasciste et aux actions impérialistes.
Il faut un espace au niveau international et par continent, par pays, capable de mobiliser des actions, car, bien sûr, il y a résistance. Il y a résistance en Argentine contre Milei ; aux États-Unis, il y a le mouvement No Kings, qui défend les droits et les migrants face aux expulsions massives organisées par Trump via l'ICE ; dans plusieurs pays européens, des résistances importantes, sérieuses, significatives, en solidarité avec la Palestine. Ce sera donc très significatif lorsque nous nous réunirons, dans 15 jours, ici à Porto Alegre, a souligné Toussaint.
Mobilisation politique
Dans son intervention, le conseiller municipal Roberto Robaina a également mis en garde contre la gravité du contexte international :
Nous sommes dans une situation impressionnante, sans précédent. Car nous sommes en mars et nous avons déjà eu dans le monde un président enlevé et un président assassiné par l'action du gouvernement Trump. Ce n'est donc pas n'importe quoi, c'est un saut qualitatif. Car depuis ce deuxième mandat de Trump, les États-Unis ont adopté une logique de mépris total du droit international . Rejoignant Toussaint sur la question de l'articulation d'une résistance antifasciste mondiale, Robaina a souligné l'importance de la grande marche prévue pour le premier jour de la Conférence, en tant que moment décisif de mobilisation.
La marche est un moment de démonstration de force. Je pense donc qu'il est nécessaire que nous nous engagions tous, tous les partis, toutes les organisations, à l'organiser. Car si l'on prend les six ou sept dernières années au Brésil, depuis 2019, nous avons connu des moments où les mobilisations ont été très fortes. Mais á d'autres moments les mobilisations ont montré une relative faiblesse. Et je crois que nous sommes à un moment où les gens ne voient pas nécessairement les raisons de descendre dans la rue le 26. Si nous ne nous mobilisons pas, si nous ne lançons pas l'appel, si nous ne créons pas un climat de mobilisation dans la ville et dans la région métropolitaine, selon lequel il est impératif d'être dans la rue ce jour-là, nous n'aurons pas de grande marche. Mais si nous parvenons à le faire, si les gens sont mobilisés, je suis sûr qu'ils répondront, a-t-il conclu.
Contexte international
Pour le dirigeant communiste Raul Carrion, la conférence se tient à un moment de profondes transformations de la géopolitique mondiale. Selon lui, la rencontre vise à articuler deux fronts de lutte centraux :
La lutte, d'une part, contre le fascisme, qui renaît dans ce contexte, et la lutte contre l'impérialisme, qui aujourd'hui, de manière très agressive, s'en prend aux peuples, a-t-il déclaré, soulignant également que l'initiative a suscité un intérêt international précisément parce qu'elle cherche à unir différentes organisations et réseaux de lutte.
Programme international
La présidente du PSOL dans l'État de Rio Grande do Sul, Gabi Tolotti, a présenté une partie des tables rondes thématiques de la conférence, qui réuniront des dirigeants politiques, des universitaires et des militants de plusieurs pays. L'une d'entre elles sera consacrée à la résistance palestinienne.
Je vais animer une table ronde qui traitera de la question palestinienne, de la résistance palestinienne face au génocide et à l'oppression de l'État d'Israël (…) Nous aurons des personnalités très importantes sur ce thème à cette table ronde, comme Ualid Rabah, de la Fédération palestinienne, Breno Altman, d'Opera Mundi, Marjane Gibril, ambassadeur de Palestine au Brésil, Ibrahim Alzeben, ambassadeur de la Ligue arabe, et Thiago Ávila, mon camarade qui était avec moi lors de la Global Smud Flotilla.
Travail, terre et droits
Le dirigeant syndical Jairo Boelter a présenté des tables rondes qui traiteront de la relation entre le néolibéralisme, la précarisation du travail et la montée de l'extrême droite.
Ici, au Brésil, la droite a déchiré le carnet de travail des travailleurs brésiliens a-t-il affirmé, ajoutant que le débat abordera également la crise dans les campagnes et la concentration foncière.
Le capital achète les terres. Nous continuons à concentrer la terre entre les mains d'une poignée de producteurs à une échelle gigantesque, a-t-il déclaré, avant de présenter la table ronde qui abordera le racisme, le féminicide et les droits civils.
Nous battons des records de féminicide dans le Rio Grande do Sul et au Brésil, a-t-il affirmé.
Une nouvelle étape de résistance
Lors de la présentation du programme, l'éducatrice et dirigeante syndicale Juçara Dutra a mis en avant trois tables rondes thématiques de la conférence, qui aborderont aussi bien la montée de l'extrême droite sur la scène internationale que les défis de la solidarité entre les peuples et le rôle de l'éducation dans la résistance démocratique. À propos de la table ronde consacrée à l'offensive de l'extrême droite dans le monde, Dutra a souligné que le débat s'inscrira dans un contexte mondial marqué non seulement par la montée des forces néofascistes, mais aussi par la persistance du néolibéralisme qui, selon elle, aggrave les inégalités et crée un terrain fertile pour la montée de l'autoritarisme.
À la fin de la présentation, Rodrigo Dilélio a souligné que la conférence devrait se conclure par une assemblée finale et la publication d'un document politique.
À l'issue de celle-ci, nous tiendrons l'Assemblée finale… avec la lecture de la Charte de Porto Alegre, qui orientera sans doute la lutte antifasciste dans les années à venir, a-t-il déclaré.
Les organisateurs espèrent que la rencontre réunira des milliers de participants de différents pays, consolidant ainsi Porto Alegre comme un nouveau point de convergence international contre la montée de l'extrême droite, de l'impérialisme et des politiques néolibérales.
Programme de la 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES
Le Programme de la 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES
JEUDI 26 MARS FORUM DES AUTORITÉS DÉMOCRATIQUES ANTIFASCISTES 14h – Ouverture du Forum des autorités antifascistes Avec les députés Pepe Vargas, Luciana Genro et Bruna Rodrigues
14h30 – 1re table ronde – LE RÔLE ET LES LIMITES DE L'ACTION INSTITUTIONNELLE DANS LA LUTTE DÉMOCRATIQUE Modération : les députées fédérales Maria do Rosário et Daiana Santos
Intervenants : le sénateur Humberto Costa (ancien président du Parlasul, Brésil), le sénateur Oscar Andrade (secrétaire général du PCU), la députée européenne Ana Miranda (Espagne), le député européen João Oliveira (Portugal), le député Thomas Portes (France), Abdul Razak (conseiller municipal du Connecticut, États-Unis), le député Glauber Braga (Brésil), le député Erkan Bas (président du Parti des travailleurs de Turquie), Vilma Ripoll (ancienne députée, Argentine)
16h – 2e table ronde – EXPÉRIENCES D'APPROFONDISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE DANS LES GOUVERNEMENTS POPULAIRES Modération : la députée Stela Farias et le député Matheus Gomes
Intervenants : Maurizio Fabbri (président de l'Assemblée de la région d'Émilie-Romagne, Italie), Fernando Rojas (directeur de la Casa de las Américas, Cuba), Daniel Jadue (ancien maire de Recoleta, Chili), Luiz Fernando Mainardi (maire de Bagé, Brésil), Dani Brizolara (adjointe au maire de Pelotas, Brésil), Franco Metaza (député du Mercosur, RI La Campora, Argentine), représentant de la délégation du Venezuela.
18h – MARCHE D'OUVERTURE DE LA 1re CONFÉRENCE INTERNATIONALE ANTIFASCISTE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES* Lieu : Largo Glênio Peres (en face du marché public)
VENDREDI 27 MARS 8h – Petit-déjeuner (UFCSPA) Adresse de bienvenue de la Fondation Rosa Luxemburg
9h – 1re conférence – L'OFFENSIVE DE L'EXTRÊME DROITE DANS LE MONDE : CAUSES, CONSÉQUENCES ET DÉFIS Modérateur : Brenno Almeida (président de la Fondation Perseu Abramo)
Intervenants : la députée Sâmia Bomfim (Brésil), Eric Toussaint (CADTM Belgique), Jorgelina Matusevicius (Ventos del Pueblo, Argentine), Ricardo Abreu de Melo « Alemão » (PMG, Brésil), Thomas Portes (député LFI, France), Valter Pomar (PT, Brésil)
Intervenants : Gabriel Portillo (dirigeant syndical et AUTE, coordinateur du front syndical León Duarte, Uruguay), conseiller municipal Giovani Culau (sociologue, ancien dirigeant de l'UNE et de l'UJS)
11h – 2e conférence – LA LUTTE CONTRE LE FASCISME ULTRANÉOLIBÉRAL DE MILEI Modératrice : la députée Luciana Genro
Intervenants : Claudio Lozano (Unidad Popular), Isaac Rudnik (Libres del Sur), Julio Gambina (ATTAC CADTM), Sergio Garcia (MST, Argentine)
Commentateurs : Juçara Dutra (Internationale de l'Éducation, ancienne présidente de la CNTE) et Thomas Battagliano (Fédération universitaire, Argentine)
12h à 14h – Activités autogérées 14h – 3e conférence – LA LUTTE DES TRAVAILLEURS CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME ET LE FASCISME Modérateur : désigné par les centrales syndicales (Brésil)
Intervenants : Quintino Severo (CUT), Adilson Araújo (président de la CTB), Hugo Godo (CTA, Argentine), Carlos Martinez (FSM Cône Sud, secrétaire international de l'UNTIMRA et du Département international de la PIT-CNT, Uruguay), Airto Mugia (ELA), Humberto Montes de Oca (Syndicat des électriciens, Mexique), la députée européenne Leila Chalbi (LFI, France)
Commentateurs : Jair dos Santos (Syndicat des métallurgistes de Campinas) et Danilo Serafim (Syndicat des enseignants, CEPE/RJ)
16h – 4e conférence – LE BRÉSIL SOUS LA MENACE DE L'EXTRÊME DROITE ET DE L'IMPÉRIALISME Modérateur : Raul Carrion (ancien député, SRI PC do B)
Intervenants : professeure Jana Silverman (États-Unis), eurodéputé João Oliveira (Portugal), Nádia Campeão (présidente du PC do B), Tarso Genro (ancien gouverneur, Institut Novos Paradigmas), Paula Coradi (présidente du PSOL), Beto Albuquerque (président du PSB-RS)
Commentateurs : le député Leonel Radde et Tica Moreno (Marche mondiale des femmes)
19h – 5e conférence – LA SOLIDARITÉ ENTRE LES PEUPLES ET LA LUTTE ANTI-IMPERIALISTE Modératrice : la députée Maria do Rosário
Intervenants : Socorro Gomes (Cebrapaz, ancienne présidente du Conseil mondial de la paix), Vijay Prashad (Tricontinental, Inde), Jorge Arreaza (député à l'Assemblée nationale, ancien vice-président du Venezuela), Fernando Rojas (Casa das Américas, Cuba), Sushovan Dhar (CADTM), Rafael Barnabe (Porto Rico), Patricia Pol (ATTAC, France)
Commentateurs : Olívio Dutra (ancien gouverneur et ancien ministre, Brésil), Pedro Cesar Batista (Internationale antifasciste, Brésil)
SAMEDI 28 MARS 8h30 à 10h30 – Activités autogérées
11h à 13h – Activités autogérées
14h – 6e conférence –LA RÉSISTANCE PALESTINIENNE FACE AU GÉNOCIDE ET À L'OPPRESSION DE L'ÉTAT D'ISRAËL. Modératrice : Gabi Tolotti (présidente du PSOL-RS et membre de la Global Sumud Flotilla)
Intervenants : Ualid Rabah (Fepal), Breno Altman (Ópera Mundi), Maran Jebril (ambassadeur de Palestine), Ibrahim Alzeben (ambassadeur de la Ligue arabe), Thiago Ávila (Global Sumud Flotilla), Muna Mohamed (UNE), la députée européenne Ilaria Salis (Italie), Mauren (BDS)
Commentateurs : Sayid Marcos Tenório (Braspal)
16h30 – 7e conférence – LA LUTTE CONTRE LE FASCISME DANS LES AMÉRIQUES Modératrice : Misiara Oliveira (SRI du PT)
Intervenants : Mônica Valente (FSP), Benigno Perez Fernandez (consul général de Cuba), Atilio Borón (Argentine), Cyn Huang (DAS), Pietro Alarcón (Internationale UP et Commission internationale Pacto Histórico), Rander Peña (Internationale antifasciste, vice-chancelier pour l'Amérique latine, secrétaire général de l'ALBA), le sénateur Oscar Andrade (secrétaire général du PCU), Javier Miranda (représentant du PC chilien, ancien ministre des Droits de l'Homme et ancien président du Frente Amplio, Uruguay) Intervenants : Amanda Harumi (ancienne secrétaire exécutive de la CCLAE, SRI PC do B)
19h – 8e conférence – LA LUTTE CONTRE LE NÉGATIONNISME CLIMATIQUE ET POUR LA RÉFORME AGRAIRE DANS LE CONTEXTE DE LA CRISE ENVIRONNEMENTALE Modératrice : Lara Rodrigues (MST) Intervenants : João Pedro Stédile (MST), Vânia Marques Pinto (Contag), Michel Lowy (France), David Otieno (Ligue paysanne kenyane), Zé Correa (FSM) Intervenants : Annie Hsiou (USP) et Jairo Boelter (Adufrgs)
DIMANCHE 29 MARS 9h30 – 9e conférence – ANTIRACISME, FÉMINISME ET DROITS CIVILS DANS LA LUTTE CONTRE LE FASCISME Modératrice : la députée Fernanda Melchionna
Intervenantes : Mirelle Fanon (juriste, France), Penelope Dugan (France), Danielle Costa (politologue, SEPPIR/Bahia), Ideli Salvatti (Humaniza SC), la conseillère municipale Luana Alves, la pasteure Filigrana Garcia (Ação Contra el Odio, Espagne), Aracélia Arapiuns (Peuples autochtones)
Commentatrices : Letícia Carolina Nascimento (auteure transféministe et pédagogue) et la députée Laura Sito
11h30 – 10e conférence – ÉDUCATION, SCIENCE ET TECHNOLOGIE POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES Modératrice : la députée Sofia Cavedon
Intervenants : Márcia Barbosa (rectrice de l'UFRGS), la sénatrice Teresa Leitão, Gloria Ramirez (Fecode, Colombie), Bianca Borges (présidente de l'UNE), Sonia Alesso (Internationale de l'Éducation), Cláudio Mendonça (président de l'Andes)
Intervenants : Huo Silva (président de l'Ubes), Fátima Silva (CNTE), Rozane Zan (présidente du CPERS) et une représentante de la Fasubra
14h30 – 11e conférence – RÉSISTANCES, ARTICULATIONS ET ALTERNATIVES : UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE Modérateur : Damian Hazar (FSM)
Intervenants : Zoe Konstantopoulou (ancienne présidente du Parlement grec), la députée européenne Manon Aubry (France), Fernanda Gadea (ATTAC Espagne), Ana Maria Prestes (SRI PC do B), le conseiller municipal Roberto Robaina (président du PSOL Porto Alegre), Valter Pomar (Fondation Perseu Abramo)
Commentateurs : Liége Rocha (CI FSM, FDIM), Raul Pont (ancien maire de Porto Alegre)16h30 – Assemblée générale et adoption de la Charte de Porto Alegre18h – Clôture
Publication originale : Revista Movimento
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