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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

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27.03.2026 à 14:48

Déclaration des Femmes rurales des communes de Domba, Massigui et Sanso « { Femmes rurales face à l'endettement abusif : sensibilisation et construction d'alternatives solidaires à Sanso, Massigui et Domba} »

Collectif

Nous, femmes des communes de Domba, Massigui et Sanso réunies à Massigui dans le cadre de l'atelier de renforcement de capacités des Femmes rurales sur l'endettement abusif en vue d'une sensibilisation et la construction d'alternatives solidaires, avons échangé sur nos réalités, nos difficultés et nos solutions locales.

24 février par CADTM Afrique https://www.cadtm.org/Declaration-Des-Femmes-Rurales-Des-Communes-De-Domba-Massigui-Et-Sanso

Face aux défis de remboursement des crédits dont le taux d'intérêt usuraire varie entre 16 et 100% ; des conditions d'octroi de crédits (garanties mobilières et immobilières, cautionnement, aval et cautions solidaires), des pressions constantes dans le recouvrement des créances, les pénalités de retard de paiement et la saisie des biens mobiliers et immobiliers entrainant parfois à la perte en vies humaines, dont les femmes des trois communes sont profondément affectées.

Leurs activités génératrices de revenus et leurs conditions de vie deviennent de plus en plus précaires.

Les impacts socio- économiques des microcrédits dans les trois communes sont très préoccupantes. Ils se traduisent notamment par la dislocation de familles, le surendettement, les emprunts pour rembourser les anciennes dettes, le rééchelonnement.

Par ailleurs, on observe un exode rural accru des femmes vers les zones minières dans le but de faire face à leur obligation financière, la fuite, la migration des femmes, l'adultère souvent dû à la trahison ou le refus de paiement des autres membres du groupe qui ont contracté la dette Nous lançons un appel à la reconnaissance du rôle central des femmes dans le ménage et la société tout entière.

Nos constats après déclaration des femmes rurales

• Le taux d'intérêt usuraire ; • La trahison des autres membres de la caution solidaire entraînant l'engagement d'une poursuite de la présidente par l'institution de microcrédits ; • L'application des taux d'intérêt usuraires ; • Le versement de la caution judiciaire par les débitrices ; • L'alimentation du compte par les débitrices ; • Les ONG qui font des pratiques dédiées au microcrédit ; • Les hommes qui se cachent dernière leur femme pour contracter une dette ; • Les femmes ne sont pas suffisamment formées pour exercer des activités génératrices de revenus ni de la bonne gestion du fond reçu ; • Des pénalités sont appliquées à chaque retard de paiement ce qui rend la dette plus lourde • La retenue d'un montant sur le prêt contracté considérée comme une épargne de garantie • La méconnaissance des textes qui régissent le secteur de la microfinance ; • L'adultère des femmes pour pouvoir rembourser les crédits ; • Les conflits conjugaux et l'humiliation des emprunteurs dans leur communauté.

« Nous ne demandons pas l'impossible : juste une socialisation du secteur des institutions de microcrédits conformément aux objectifs institutionnels qui leur sont assignés » Nos propositions de solutions et Alternatives

• La réduction du taux d'intérêt de 24 à 4% en révisant les critères de convergence de l'UEMOA ; • La revue de la politique de l'octroi du crédit par la constitution des femmes en association qui oblige la présidente à payer seule le prêt ; • La suppression des pénalités de retard de paiement ; • La suppression de la caution judiciaire ; • L'arrêt de l'alimentation du compte par les femmes ; • L'arrêt de retenue sur le montant des prêts accordés ; • Le rejet des demandes d'emprunt faites par les femmes au profit des hommes ; • La suppression du profit chez les ONG qui exerce l'activité des institutions de microcrédits ; • La formation des femmes sur les textes qui régissent le secteur de la microfinance ; • La formation des femmes sur les activités génératrices de revenus et la gestion des emprunts ; • La transformation des tontines traditionnelles des femmes en système d'épargne de crédits auto-gérés, à taux zéro et non clientéliste.

Nous appelons nos autorités, partenaires et alliés, à marcher à nos côtés pour la transformation sociale du secteur de la microfinance.

« Quand les femmes se lèvent pour la socialisation du secteur de la microfinance, elles défendent l'amélioration réelle de leurs conditions socio-économiques »

Nous, femmes des communes de Massigui, Sanso et Domba, réunies à Massigui dans le cadre d'un atelier de renforcement de capacités des Femmes rurales sur l'endettement abusif : sensibilisation et construction d'alternatives solidaires, avons échangé sur nos réalités, nos difficultés et nos solutions locales.

Nous faisons face aux mêmes défis d'obtention et de remboursement de crédits : le taux d'intérêt usuraire entre 16 à 100%, les garanties imposées qui dépassent les capacités de remboursement des femmes ; la pression constante dans le recouvrement des créances, le paiement des pénalités de retard et la saisie des biens mobiliers et immobiliers. Nos activités génératrices de revenus sont directement touchées, et nos conditions de vie deviennent plus précaires.

Les impacts socio-économiques des microcrédits continuent d'affecter les femmes. Partout, nous demandons que les autorités et les partenaires reconnaissent notre rôle central dans la prise en charge des ménages.

Fait à Massigui, le 06 février 2026

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26.03.2026 à 18:13

Un syndicat des enseignants de la C.-B. adopte une motion pour le BDS

West Coast Committee

Une initiative de mobilisation lancée par des enseignants a abouti à un vote historique en faveur du respect du « piquet de grève mondial » appelé par les syndicats palestiniens. Présentée par… Source

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26.03.2026 à 16:57

Paradigme fiscal désuet et fiscalité à réformer

Wedad Antonius, Renée-Claude Lorimier

Tandis que la richesse se concentre de plus en plus entre quelques mains, la pauvreté s'accroît à un rythme effarant. Des milliers de personnes n'ont plus les moyens de se nourrir adéquatement, de se loger, et de manière générale de répondre à leurs besoins de base et à ceux de leur famille. Les réponses du gouvernement de la CAQ devant ces problèmes demeurent profondément insatisfaisantes.

Dans le rapport de janvier 2026 de l'Observatoire québécois des inégalités, Geoffroy Boucher écrivait que les PDG des 21 plus grandes entreprises québécoises « … ont gagné 62 795 $ en 8,8 heures, soit ce qu'un travailleur ou une travailleuse moyen gagne en une année au Québec. Cette rémunération tient compte des salaires, mais également de différentes primes telles que les bonus en argent et les options d'achat d'actions. » Il semble clair qu'il faut envisager une fiscalité plus équitable pour corriger une telle situation.

Pourquoi une réforme fiscale ?

La fiscalité est un des outils les plus puissants pour renflouer les coffres du gouvernement, afin de maintenir un filet social fort et d'assurer la justice sociale. Cependant, depuis plusieurs décennies, nos décideurs se basent sur trois paradigmes qui s'avèrent aujourd'hui complètement désuets. Le premier suppose qu'en permettant aux riches de s'enrichir, c'est toute la société qui prospère, par la magie du « ruissellement » de la richesse de haut en bas… cette théorie s'est avérée avec les années complètement fausse : les écarts de richesse ne cessent d'augmenter !

Le deuxième paradigme stipule que l'équilibre budgétaire ne peut être atteint que par la baisse des dépenses et surtout pas par l'augmentation des revenus des revenus : « Remettre l'argent dans les poches des Québécois » a été un slogan entendu dans plusieurs campagnes électorales… Dans cet esprit, chaque baisse d'impôt est perçue comme une bonne nouvelle. Toutefois, le manque à gagner qui en résulte conduit le gouvernement à adopter des politiques austéritaires, à réduire les services publics, ce qui entraine l'appauvrissement de la population… De fait, l'IRIS évalue que les baisses d'impôt successives des années 2018-2023 ont entrainé des pertes récurrentes de près de 4,1 milliards de $ pour le gouvernement québécois.

Selon le troisième paradigme, il suffit d'augmenter la progressivité de l'impôt pour s'attaquer au problème des inégalités… Même si cette mesure reste toujours aussi nécessaire, elle est clairement insuffisante. Aujourd'hui, les fortunes colossales détenues par les mégariches sont moins liées à leurs revenus qu'aux gains en capitaux qui leur permettent après année d'augmenter leur patrimoine à une vitesse fulgurante. Ainsi, plusieurs rentiers vivent uniquement des dividendes qu'ils peuvent tirer de leurs investissements. D'après l'Observatoire des inégalités : « … les entreprises canadiennes ont versé un total de 341,5 milliards de dollars à leurs actionnaires en 2023, contre 64,4 milliards en 2003. Il s'agit d'une augmentation de 431 % en 20 ans ». Ce même rapport ajoute : « Au Québec, en 2023, les familles faisant partie des 10 % les plus riches captaient, à elles seules, près de la moitié de la richesse (45,6 %), contre seulement 4,3 % pour les 40 % les plus pauvres ».

Nous croyons, comme le groupe Millionnaires Patriotes, qu'il est temps que les ultrariches contribuent au même titre que tous et toutes au financement de services publics universels, gratuits et de qualité.

Par ailleurs, une réforme de notre politique fiscale s'impose afin de répondre aux multiples crises actuelles : dérèglements climatiques, insécurité alimentaire, pénurie de logements et protection contre le pouvoir des milliardaires qui, de plus en plus, dictent les politiques des États.

Pistes de solution

Plusieurs organismes [1]proposent des mesures qui rendraient notre fiscalité plus équitable et rapporteraient des milliards de dollars dans les coffres du gouvernement. Nous en retiendrons trois :

Taxer la fortune : Malgré la croissance fulgurante du patrimoine des ménages les plus aisés ces dernières années, ni le Canada ni le Québec ne taxent la fortune des plus nantis, contrairement à d'autres pays. Afin que chacun paie sa juste part, il faut, en plus d'imposer les revenus, taxer la richesse. Ceci importe d'autant plus que la situation actuelle permet aux ménages fortunés qui vivent de leurs rentes de réduire pratiquement à néant leur contribution à la richesse collective. L'IRIS propose une taxe progressive qui rapporterait au gouvernement 6,8 milliards de dollars annuellement. Augmenter la taxe sur les gains en capital pour les entreprises et les particuliers : Actuellement, les gains en capital ne sont imposés qu'à 50 % (alors que les salaires des contribuables le sont à 100 %). Justin Trudeau avait proposé une timide réforme faisant passer à 66,6 % le taux d'imposition de la tranche des gains en capital excédant 250 000 $. Cette mesure, qui aurait généré 19,4 milliards de recettes fiscales fédérales sur 5 ans, a été annulée par le PM Mark Carney le 21 mars 2025, poussant le Québec à adopter la même politique fiscale. Ceci représente un manque à gagner de quelque 4 milliards pour la population québécoise [2]. Augmenter les paliers d'imposition afin que les grandes fortunes contribuent à la société à la mesure de leur revenu. Le modèle proposé par l'IRIS, permettrait au gouvernement québécois de récupérer 3,2 milliards de dollars.

À elles seules, ces trois mesures rapporteraient au Québec près de 14 milliards de dollars de façon récurrente, soit un montant bien supérieur au déficit actuel. Le Québec a les moyens de réaliser ses ambitions de justice sociale, mais il faudrait aller chercher l'argent là où il se trouve.

Selon nous, ce n'est pas en nous dépossédant de nos services publics et en les privatisant que nous allons sortir de la crise actuelle. Il faut plutôt collectiviser le financement, resserrer les mailles de notre filet social, miser sur un renforcement démocratique et favoriser l'égalité entre les citoyens et les citoyennes.

[1] Au Québec, les syndicats, l'Iris, Oxfam, la quarantaine d'associations membre de la Coalition Main Rouge (dont Attac-Québec) et Québec solidaire réclament haut et fort une réforme de la fiscalité.

[2] Statistique Canada estime la part de l'économie du Québec à 20 % de celle du Canada.

Wedad Antonius et Renée-Claude Lorimier sont membres du CA d'Attac Québec.

Photo : Superyachts au port de Porto Cervo, Sardinia (Crédit : Heinz-Josef Lücking, CC BY-SA 3.0 de, wikimedia commons) https://en.wikipedia.org/wiki/Superyacht#/media/File:Three_luxury_yachts_-_Lady_Anne,_Lady_Moura_and_Pelorus.jpg

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