16.07.2026 à 14:51
dev
Chères lectrices, chers lecteurs,
Nous venons d'apprendre que lundimatin était ruiné, nous avons donc urgemment besoin de vous.
Makassar, l'entreprise en charge de la distribution des livres que nous publions, est en train de faire faillite [1]. Ce que cela signifie pratiquement et financièrement pour nous, c'est que la totalité des ventes des livres que nous avons édités, imprimés et publiés ces deux dernières années, ne nous sera jamais restituée. On ne parle pas d'un manque à gagner mais d'une perte sèche et massive que nous ne sommes pas encore en mesure de chiffrer précisément car s'y ajoutent de nombreux frais connexes mais on parle d'au moins 50 000 euros évaporés dans la nature. Donc deux ans et demi de travail, des dizaines de milliers d'euros de frais d'impression, tout cela est parti en fumée, ou plutôt en faillite. Nous sommes des dizaines d'éditeurs indépendants dans cette situation plus que critique, un site récapitule tous les appels à soutien ici : https://www.sauvonslesindes.fr/
Au regard de nos très nombreuses activités, officielles ou plus discrètes, ce crash dans la vente de livres pourrait sembler marginal, il nous met pourtant dans une situation financière intenable. Lundimatin a toujours été intégralement indépendant, sans publicité, sans subvention et sans abonnement. Tout ce que nous produisons est accessible sans condition à toutes et tous grâce aux dons que nous récoltons mensuellement ou ponctuellement lors d'appels à soutien. Avoir tenu presque douze ans sur ce modèle relève de l'exploit et d'un usage de la débrouille qui pourrait relever de l'œuvre d'art. Mais cela implique une grande précarité économique, de très nombreuses limites et, nous le constatons aujourd'hui, une grande fragilité.
Si notre faillite n'était qu'économique, tout cela serait anecdotique. Si notre seule fragilité était financière, tout irait plutôt très bien. En douze années d'existence, nous avons traversé des séquences très diverses, celle dans laquelle nous sommes est de loin la plus délicate, la plus périlleuse et la plus pénible. La fascisation ambiante propage l'impuissance, le ressentiment et la bêtise. Mécaniquement certains ressuscitent toutes les illusions de gauche dans une chasse au moindre mal qui ne sera qu'un pragmatisme de la défaite pendant que d'autres s'arc-boutent dans des postures identitaires radicales aussi déconnectées de tout qu'elles sont surconnectées à l'esseulement des réseaux sociaux et de leur soustraction d'âme.
Nous n'avons plus le vent en poupe, il vient violemment de face. D'où la nécessité impérieuse de tenir le cap.
Lundimatin n'est pas un journal, c'est un point d'énonciation. Depuis l'éclatement de tout discours unifié et cohérent sur le monde, depuis l'effondrement même d'un monde qu'il s'agirait de rendre intelligible nous avons toujours pris le parti de l'expérience et donc de l'expérimentation. Pour le dire plus clairement, nous pensons que le plus haut degré de la radicalité consiste à appréhender le réel avec toute la finesse et le tact nécessaire. À rebours d'une certaine mystique de la conversion qui voudrait que tel discours ou tel énoncé permette d'éclairer et de conformer les impies, nous partons du principe et du constat que mille pratiques, mille rapports échappent à l'empire de l'économie ou tout du moins n'y sont pas totalement subordonnés. Notre tâche est d'ouvrir l'espace de complicité et de conspiration qui leur permet de se trouver, de résonner et de prendre de l'ampleur, en convergents désaccords. La diversité des formes, des dimensions et des signatures qui se retrouvent dans ce journal en atteste, sa régularité et sa longévité aussi. Nous avons la prétention de constater que nous tenons, envers et contre tout, une place unique et indisputée.
Le nombre de personnes qui nous soutiennent mensuellement ou ponctuellement, n'a jamais été aussi élevé, preuve s'il en est que notre travail est précieux pour beaucoup. Les sommes données sont néanmoins tendanciellement à la baisse pour toutes les raisons que l'on peut imaginer, c'est un constat partagé par tous les « médias indépendants ». La contraction des revenus de notre lectorat mêlée à l'illusion de gratuité produite par la surabondance des flux d'informations, joue en notre défaveur. À défaut de trouver un Pierre-Edouard Stérin d'ultra-gauche [2] prêt à nous financer à perte et pour le fun, nous ne pouvons compter que sur celles et ceux qui estiment que lundimatin doit continuer.
Nous devons donc non seulement combler le gouffre laissé par la faillite de Makassar et substantiellement augmenter le nombre de nos abonnés ainsi que les sommes que nous récoltons pour notre publication hebdomadaire [3]. Ajoutons que vos dons ouvrent le droit à une réduction d'impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant dans la limite de 20 % du revenu imposable. Ce qui signifie que si vous payez beaucoup d'impôts et que vous calculez bien, un don de 1000 euros ne vous en coutera que 340.
Pour nous soutenir, c'est donc par là :
Tous nos livres restent disponibles sur le site de lundimatin : https://lundi.am/livres moyennant des frais de port très modestes. Les librairies amies peuvent aussi nous les commander en direct, nous avons réussi à sauver un peu de stock, un nouveau distributeur prendra en charge notre catalogue dès la rentrée.
En avant...
[1] Dans la « chaîne du livre », le distributeur sert d'intermédiaire logistique entre l'éditeur et les libraires. Il stocke les livres, les achemine jusqu'aux librairies, récolte l'argent des ventes et le reverse aux éditeurs. C'est ce maillon qui est cassé et cette dernière étape (rendre l'argent) qui fait défaut
[2] C'est un running-gag qui court dans notre rédaction depuis des années. Un jour, un milliardaire en quête d'encanaillement sonnera à notre porte en nous proposant de nous alléger de toute contrainte économique. La porte entrouverte, nous l'attendons toujours...
[3] Pour limiter tout effet de surdramatisation, nous avons volontairement omis de préciser que nos bureaux avaient été cambriolés la semaine dernière et qu'il nous faut donc racheter une grosse partie de notre matériel vidéo. Si vous travaillez dans le cinéma et que vous savez comment récupérer des caméras 4K pour pas cher, merci de nous contacter. De même, si vous êtes riche propriétaire et que vous disposez de locaux à louer lumineux et sécurisés, ça peut nous intéresser. Tout autre type de soutien ou de coup de main étant évidemment le bienvenu.
07.07.2026 à 17:06
dev
(Pardon : le subjonctif optatif) André Bernold
- 6 juillet / Avec une grosse photo en haut, Littérature, 4
Tout justifierait que se produisît un soulèvement général de la population. Il serait regrettable qu'il n'eût pas lieu. Il serait à craindre que les sorts n'échussent de la sorte, n'eût été, ces jours-ci & à jamais, l'afflux constant de très mauvaises nouvelles ; suivies, peu après, d'effroyables catastrophes ; elles-mêmes relayées par des menaces d'anéantissement. Il serait donc également à redouter, et que ce fût, et que ce ne fût pas : tout contre tout. Comme dit Pascal : il nous faut parier, car nous sommes embarqués.
Ce sera.
André Bernold
07.07.2026 à 16:43
dev
Le tube de l'été chantera-t-il l'apocalypse ? C'est en tous cas la proposition caniculaire d'Elliptik.
Je t'ai rencontré un jour de fin du monde
Apocalypse bébé,
Vagabonde
Mon âme a sorti ses ailes pour ne pas se fondre
Café du matin, liberté surveillée réchauffée au micro-onde
Vivre était devenu une folie, espérer un torticolis
Quand les règles changent, on devrait nous adapter
Quand les va-en-guerre chargent, on devrait sécuriser
Rester dépressifs et bien informés
Quand les patrons tabassent, racisent, méprisent, on devrait nous flexibiliser.
Et quand les vacances arrivent, on devrait nous reposer.
Je t'ai rencontré un jour de fin du monde.
T'étais bourrée de speed et d'efficacité, solitude profonde
Fatigués ? Rien à cirer !
Cliquez ici, Téléchargez
Acceptez les conditions d'utilisation et souriez
Apocalypse bébé,
Quand notre peau s'arrache, on devrait prendre sur soi et ne pas gratter
Quand les doutes s'installent, on devrait les ignorer
Et quand les vacances arrivent, on devrait nous reposer.
Je t'ai rencontré un jour de fin du monde.
Débout comme une barricade, mon corps est devenu une Fronde
Tu m'as regardé dans les yeux, l'éternité, une seconde, deux secondes
Apocalypse bébé
Ma Joconde
Ton bout de lèvres est devenu pour moi
un quatrième-monde
Un refuge, une nouvelle durée,
Rebelle et sauvage comme une joie féconde
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Mégabits qui bouffent nos neurones
Sur les écrans et dans la rue
Des fachos partout ça déconne
Des fachos partout
Alors Débout !
Débout crevards, zonards
Bâtards, flémards, gocho revanchards,
Têtes de lard
Ce n'est pas grave de ne pas savoir
où on va
Seule chose une c grave
Ne pas saboter cette réalité qu'on a
Apocalypse bébé
On ne sait jamais,
Même les étoiles tremblent
Quand ma main effleure ta main
Le futur est incertain
Allez Débout
Arrachons la joie
ELLIPTIK