LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs REVUES Médias
Souscrire à ce flux
Chaque lundi soir, sur lundimatin, une discussion, une rencontre, un débat...

▸ Les 198 dernières parutions

25.11.2025 à 11:00

Penser en résistance en Chine aujourd'hui avec Claire Froissart et Eva Pils

lundimatin

Dans la continuité de notre interview avec Romain Graziani (Les Lois et les Nombres) sur l’invention asiatique du totalitarisme comme pratique et idéologie de la loi-algorithme (le fa des Légistes antiques), surveillance généralisée, solidarité pénale collective et essaim corrompu de fonctionnaires-mandarins sous le pilotage du centre impérial, nous invitons Chloé Froissart, professeure de sciences politiques à l’INALCO au département d’études chinoises et Eva Pils, professeure de droit à l’université de Nuremberg, pour leur participation à l’élaboration du recueil d’articles et d’entretiens que constitue Penser en résistance dans la Chine d’aujourd’hui (dir. Anne Cheng et Chloé Froissart).

Nous avons engagé, il y a maintenant quelques temps, une conversation générale sur Lundimatin consacrée au fascisme et à ses variantes [2]. Nous n’avions pas évoqué le concept de « totalitarisme » pour de multiples raisons [3]. L’une de ces raisons est que si nous avons vu – avec Alpa Sha – les pratiques fascistes des tenants de l’Hindutva, du RSS et de Modi en Inde (dont la tonalité est d’inspiration nazie et fasciste italien) –, nous n’avions pas étudié le « fascisme » à travers l’histoire russe ou chinoise. Nous avons perçu ce qu’était la guerre en Ukraine grâce à de brillants entretiens, mais n’avions pas encore essayé de comprendre les spécificités « eurasiatiques » du fascisme (Russie, Chine, Japon).

Avec Penser en résistance dans la Chine d’aujourd’hui, le saut est fait. Car depuis 2012, de profondes tendances totalitaires – dont certaines viennent du Légisme antique, d’autres de l’exemple soviétique et du stalinisme, d’autres encore des délires spécifiques du Mao d’après 1957 – font retour en Chine, après une parenthèse complexe. « On assiste », comme l’écrit Chloé Froissart dans son introduction, « à une résurgence des traits fondamentaux du totalitarisme » (18). Résurgence qui s’accompagne de ce que le philosophe du groupe Socialisme et Barbarie, Claude Lefort appelait le « fantasme de l’Un ». Très concrètement la « pensée de Xi Jinping » est inscrite directement dans les statuts du Parti en 2017, la loi de sécurité nationale de 2015 a fait basculer le régime de l’exigence de « stabilité » à celle de « sécurité nationale » engendrant une « criminalisation des protestations et des dissensions »

Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

Télécharger l'émission (audio - mp3)

PDF

18.11.2025 à 11:00

Vivre sans police , du long été au crépuscule d’Exarchia - Victor Collet

lundimatin

A partir de 2008 le quartier athénien d’Exarchia, à dix minutes à pied du Parlement grec, a été le territoire d’une expérimentation sociale sans équivalent dans notre époque. Délivré de la présence policière suite aux émeutes consécutives à l’assassinat du jeune Alexandros Grigoropoulos par la police, il l’est resté pendant près de douze ans. Cette situation de territoire sans police, base arrière d’innombrables manifs et émeutes contre les politiques d’austérité imposées par l’ultralibéralisme de l’Union Européenne, lieu de vie collective à travers de très nombreux squats et lieux d’accueil de migrants, a aimanté toute une population de jeunes et moins jeunes d’Europe et d’ailleurs en quête d’une vie hors du modèle dominant.Entre « anarcho-tourisme » plus ou moins folklorique et tensions opposant les différents courants politiques qui le structuraient, ce bout de tissu urbain très particulier a largement échappé aux caricatures pour constituer aux yeux de milliers de gens un laboratoire essentiel à la revivification d’une perspective révolutionnaire. Victor Collet, que nous connaissions déjà pour ses études critiques sur les luttes immigrées à Nanterre et contre Aibnb à Marseille, y a vécu certains des moments les plus chauds de son histoire tumultueuse. A travers de nombreux témoignages constamment reliés à une analyse socio-historique, il raconte comment cette utopie urbaine a pu exister, et comment elle a fini par être étouffée. Son récit nous interroge sur les échelles de nos combats, sur les dangers et les illusions d’une territorialisation pourtant indispensable, sur le rapport entre espaces (jamais totalement) libérés et luttes dans toute la société. On en cause.

Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

Télécharger l'émission (audio - mp3)

PDF

11.11.2025 à 20:00

La fabrique de l'enfance (anthropologie de la comédie adulte) - Sébastien Charbonnier

lundimatin

Partons d’un postulat simple : l’âge est le rapport de pouvoir à la fois le plus commun et le plus tu. Or nous sommes tous des enfants en passe de devenir adultes, des adultes anciennement enfant, voire des parents en charge d’enfants ; quelle que soit notre place dans la hiérarchie des âges, nous croyons à l’innocence et à l’incomplétude de l’enfance autant qu’à la nécessité inéluctable de devenir adulte. Avec La fabrique de l’enfance, anthropologie de la comédie adulte, Sébastien Charbonnier vient dynamiter nos catégories et nos certitudes. En décortiquant les dispositifs et représentations qui produisent l’enfant autant que l’adulte, le philosophe met à nu l’un des mécanismes essentiel à notre conformation au capitalisme : il faut fabriquer de l’enfant pour perpétuer la comédie adulte.

La démonstration est aussi implacable qu’embarrassante : au cœur de nos attachements les plus forts et les plus sincères, se logent les dynamiques et les imaginaires qui nous assujettissent le plus puissamment au monde de l’économie. Et aucune crise de susceptibilité ou de culpabilité ne nous en sauvera. Ce dont il est question c’est d’abolir l’adulte, c’est-à-dire de libérer les devenirs.

La fabrique de l’enfance paraît aux éditions lundimatin ce vendredi 14 novembre. Le livre sera disponible dans toutes les bonnes librairies et en vente en ligne sur notre site ici. Des extraits sont aussi disponibles ici

Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

Télécharger l'émission (audio - mp3)

PDF

07.11.2025 à 10:00

Ectoplasmes et flashs fascistes - Nathalie Quintane

lundimatin

Juin 2024, dissolution de l'assemblée et possible arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Nathalie Quintane, écrivaine qu'on ne présente plus ou que l'on présente mal, s'est mise à consigner ce qu'elle voyait : des objets, des anecdotes, des scènes comme autant de flashs fascistes. Ces micro-évènements tout à fait ordinaires qui nous disent que quelque chose se passe : des langues qui se mettent à baver, des corps qui se ratatinent et la bêtise qui se raidit. Soixante-dix fantômes (éd. La Fabrique), n'est pas vraiment un essai et pas tout à fait de la poésie. Quintane aime bien l'idée de « fantaisie réaliste » parce que ça permet d'imaginer des têtes rouler et d'en rigoler mais elle est aussi un peu ethnographe, styliste et chroniqueuse. Ça fait beaucoup pour une seule personne mais c'est pour ça qu'on l'a invitée.

Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

Télécharger l'émission (audio - mp3)

PDF

27.10.2025 à 20:00

Ping-pong et révolutions - Dix sports pour trouver l'ouverture avec le philosophe Fred Bozzi

lundimatin

Dans Dix sports pour trouver l’ouverture, un ouvrage excellentissime que nous venons de publier avec les éditions lundimatin, Fred Bozzi, philosophe pongiste, propose un contre-pied magistral aux habituelles critiques du sport. Il y démontre notamment que : Le saut à la perche s’oppose techniquement à la conquête spatiale. Un terrain de rugby est le lieu d’une écologie anarchiste. Les épreuves d’un décathlon arrachent les corps à l’économie. Le ping-pong est propice à faire dégénérer les IA. La boxe incarne la vertu du silence dans un monde saturé de mensonges.  Le volley-ball conteste les théories du management. La danse révèle une puissance destituante.

La démarche est inédite, les démonstrations sont puissantes et tout ce que cela ouvre quant à notre rapport au sport comme à la pensée est déterminant. Comme le dit un ami, c’est le livre qu’aurait écrit Jacques Rancière s’il avait pratiqué le saut à la perche ou Eric Cantona s’il s’était lancé dans la philo plutôt que dans le cinéma. Une présentation plus poussée du livre est accessible ici. Fred Bozzi est notre invité pour ce lundisoir, faute de temps, nous ne discuterons pas des dix sports présents dans le livre mais déjà de Ping-pong, de boxe, de Football, de Tennis et un petit peu de danse. Le livre est disponible dans toutes les bonnes librairies mais vous pouvez le commander directement sur notre site en vous rendant ici : lundi.am/livres.

Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

Télécharger l'émission (audio - mp3)

PDF

27.10.2025 à 15:00

Casus Belli, la guerre avant l’État - Christophe Darmangeat

lundimatin

Avec cet entretien, nous débutons une nouvelle série thématique de lundimatin autour de « la guerre ». La guerre est dans toutes les têtes. Mais elle y est sur un mode abstrait, verbal, pauvre et nu. Nous voulons contribuer à sa reconquête conceptuelle. Une idée n’est concrète que lorsqu’elle est rapportée à la multitude des expériences réelles qui la constitue. Une idée n’est utile que lorsqu’elle pense en intériorité des mécanismes et des logiques qui nous permettent d’en saisir la réalité. Ce soir, nous accueillons l’anthropologue Christophe Darmangeat pour son volumineux Casus belli. La guerre avant l’État. Dans ce livre, publié en 2025 à La Découverte, Darmangeat déploie une vaste typologie des « confrontations » fondée sur des séries de cas ethnographiques fascinants.

Le concept de « guerre » ne renvoie et ne circonscrit plus qu’une forme précise et déterminée de confrontation parmi d’autres formes. La guerre y est définie comme une « confrontation discrétionnaire résolutive », c’est-à-dire : une confrontation collective sans accord préalable entre participants (l’agresseur ne demande pas l’autorisation d’attaquer) dont la résolution repose sur l’anéantissement de l’adversaire permettant d’asseoir sa propre « suprématie ». Mais, comme nous allons le voir, si toutes les guerres sont des confrontations, toutes les confrontations ne sont pas des guerres. La faide (ou feude), c’est-à-dire la vendetta, est une confrontation discrétionnaire comme la guerre, mais elle est résolue d’une autre façon que la guerre : non par la suprématie, mais par l’équilibre des comptes en homicides. La faide (la vendetta) est une confrontation par « règlement de comptes » qui passe par des « homicides de compensation ». La fin de cette confrontation n’est pas la suprématie par anéantissement de la force ennemie ; mais l’équilibre dans les comptes. Ce qui est frappant dans la définition de ces deux confrontations (guerre et faide), c’est qu’elles sont pensées comme pacifiste dans leurs finalités. La fin d’une guerre comme d’une vendetta est de mettre un terme à la faide ou la guerre par la faide et la guerre soit en atteignant l’équilibre soit en obtenant la suprématie.

En fait, ce qu’il est important de comprendre ici c’est que les confrontations ne doivent pas être pensées en fonction de la nature de ses agents. Par exemple, ce n’est pas l’État qui fait la guerre. La guerre n’est pas le propre de l’État. Pour comprendre une confrontation, il faut en déterminer les motifs et les fins. Ce sont à la fois les modes de circonscription du début et de la fin de la confrontation d’une part, et les motifs ou mobiles de la confrontation d’autre part qui en caractérisent le sens et le concept. Si la guerre et la faide sont deux confrontations « discrétionnaires résolutives », c’est parce qu’elles commencent sans prévenir l’adversaire et s’achèvent selon une « résolution » présente à l’esprit de celles et ceux qui la mènent (équilibre ou suprématie).  On verra qu’il y a bien d’autres formes de confrontations : par exemple, des confrontations où l’on s’accorde au préalable sur le lieu, l’heure et la durée du combat. Ce sont les duels collectifs. On sait comment ça commence, on est d’accord entre adversaires pour commencer et on sait où et comment cela doit se finir. Mieux encore : il y a des confrontations qui n’ont pas de résolution, qui sont non-résolutives, et dont la fin est indéfinie et, peut-être, infinie. C’est le cas des chasses aux têtes, des confrontations de deuil ou celles de vengeances. Les Wari’ de l’Ouest amazonien, par exemple, ne pratiquent pas la vengeance sur le mode de la vendetta qui, elle, doit rétablir l’équilibre des comptes homicides. Ils la pratiquent, lit-on chez Beth Conklin, comme « un impératif permanent, ontologique, découlant d’un état d’inimitié absolue entre deux populations. » (cité p. 107).

Pour commencer à appré

Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

Télécharger l'émission (audio - mp3)

PDF
30 / 198
  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
April - Libre à lire
Dans les algorithmes
Framablog
Goodtech.info
Quadrature du Net
Revue Eur. Médias et Numérique
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview
🌓