Quand on parle de résistance informationnelle, difficile de ne pas penser à l’un des pionniers français dans le domaine : Mediapart. Depuis plus de quinze ans, le média en ligne apporte une contribution majeure au journalisme d’enquête, enchaînant les révélations qui secouent la société française. De Jérôme Cahuzac aux détournements de fonds du Rassemblement national (RN) en passant par les affaires Benalla ou Baupin, Mediapart s’est imposé comme un contre-pouvoir redouté par les puissants, provoquant nombre de démissions de ministres et de procès… jusqu’à l’emprisonnement récent (et bref) d’un ancien président de la République. Cofondateur du site d’information, Edwy Plenel est l’un de ses visages les plus connus. Lorsque nous lui avons proposé de parler de résistance à l’extrême droite, il a immédiatement accepté.
Plus besoin d’invoquer les années 1930 pour se faire peur. Aux États-Unis, en Argentine, en Italie ou en Hongrie, le règne de l’extrême droite est devenu une réalité. Et partout, son exercice du pouvoir a des effets tangibles : recul des libertés, attaques contre les minorités et aggravation des inégalités sociales. Socialter dresse l’état des lieux des dégâts dans quatre pays où les droites extrêmes ont pris les rênes.
Découvrez notre recensions des ouvrages « En finir avec les idées fausses sur l’antispécisme » de Victor Duran-Le Peuch aux Éditions de l’Atelier et « Par effraction. Rendre visible la question animale » de Réjane Sénac aux Éditions Stock.
À l’origine militant socialiste devenu anarchiste, traducteur de nombreux auteurs libertaires, Sakae Ōsugi (1885-1923) a joué un rôle central dans la diffusion des idées anti-autoritaires au Japon. Au point de payer de sa vie son engagement.
Découvrez l'éditorial de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes », par Salomé Saqué, journaliste Blast, autrice de « Résister » et chroniqueuse dans nos pages.
Matière première indispensable pour la fabrication de nombreux médicaments, le plasma sanguin se retrouve aujourd’hui au cœur d’une lutte féroce entre géants pharmaceutiques et États en quête de souveraineté, soulevant de nombreuses questions éthiques.
Comme Linné, Buffon, Théophraste ou Darwin avant vous, apprenez à reconnaître les utilisateurs des IA génératives dans leur environnement naturel. Nos recommandations : si vous engagez le contact, assurez-vous d’avoir affaire à eux en personne et non à un avatar virtuel, limitez l’échange d’informations privées (monétisables), et maintenez une bonne distance pour éviter toute contamination.
La vigneronne de Durban-Corbières, une commune durement touchée par le méga-feu de l’été 2025, a perdu la quasi-totalité de ses 10 hectares de vignes dans l’incendie. Alors que la vigne est si déboussolée qu’elle refleurit en plein automne, rencontre avec une Audoise d’adoption, au milieu des cendres et des questionnements.
Adorés dans nos foyers, les chats déciment la faune sauvage dès qu’ils franchissent leur chatière. Peut-on repenser notre relation avec ces félins qui partagent nos vies depuis des millénaires ?
Découvrez notre recension de « Justice partout - Outils féministes pour répondre par nous-même aux violences » coordonné par Camille Soffer et Coline Zuber aux Éditions Le Passager clandestin.
Dans un contexte d’automatisation accrue du travail et de fascisation du capitalisme numérique, la gauche est sommée de repenser radicalement son rapport aux technologies oscillant historiquement entre techno-béatitude et hostilité farouche. Plusieurs ouvrages récents tentent d’ouvrir une nouvelle voie critique. Des propositions qui suscitent de stimulantes controverses.
Le 3 septembre 2025, la cour d’appel de Paris a reconnu la responsabilité de l’État dans l’effondrement de la biodiversité. Après trois ans de procédure à la suite du recours nommé « Justice pour le vivant », Adeline Paradeise, juriste en droit de l’environnement de l’association Notre affaire à tous, revient sur cette décision inédite qui pourrait contraindre l’État à agir contre les pesticides et, plus largement sur l’efficacité des procès menés contre l’État.
Depuis 2023, la ville de Villeurbanne permet à ses habitants de bénéficier d’un droit au « non-numérique », en proposant une alternative systématique aux démarches en ligne pour ses services municipaux. Elle est l’une des seules communes, en France, à en faire une revendication politique, avec l’espoir que cette initiative inspire d’autres collectivités.
Loin d’être de prétendus « déserts politiques », les quartiers populaires ont souvent été à l’avant-garde des mobilisations antiracistes contre les violences policières ou pour un logement digne. Souvent négligés dans la mémoire collective, les combats d’hier nourrissent aussi ceux d’aujourd’hui.
Le Pô italien et l’Èbre espagnol racontent chacun une histoire d’adaptation précaire. Ces deltas, modelés par des écosystèmes en perpétuel mouvement, subissent aujourd’hui les transformations de fleuves traversant deux des régions les plus industrialisées d’Europe, et victimes de leurs excès : pollution des sols, contamination des eaux, artificialisation croissante. Rencontre avec les communautés de pêcheurs et habitants qui tentent de sauvegarder tant bien que mal ces rives malmenées par des années de négligence et de normes insuffisantes.
Face à la numérisation et à l’automatisation massive de tout ce qui régit la vie quotidienne, la résistance s’organise un peu partout dans le monde. Socialter explore quatre pistes pour reprendre collectivement le contrôle.
La recherche progresse pour tenter de percer le mystère des rêves, et dans ce sillon une nouvelle discipline est en plein essor : l’ingénierie des rêves, qui explore les possibilités d’intervenir sur leur contenu. Ses promesses sont nombreuses, mais elles ne suscitent pas que des intentions innocentes.
Héritières d’une tradition séculaire, les prud’homies de pêche défendent une gestion équitable de la mer. En manque de bras et de reconnaissance, elles tentent de survivre à l’effondrement de la pêche artisanale et des écosystèmes marins.
Il est devenu en 2022 la substance herbicide la plus utilisée en France, devant le glyphosate. Mais le prosulfocarbe a deux graves défauts. D’abord, son extrême volatilité, qui lui permet de fuguer à des kilomètres du champ où il a été épandu – autrement dit, vers des milliers de parcelles bio, de jardins ou de cours d’école. Second problème : l’évaluation de sa toxicité comporte des failles. Un scandale en puissance.
Découvrez la nouvelle chronique de Salomé Saqué, journaliste (Blast) et autrice, sur l'appel au boycott de Leroy Merlin orchestré par le média d'extrême droite Frontières à la suite de la suspension de leurs publicités sur le site de la marque d'éléctroménager.
Que faire face au raz-de-marée de l’intelligence artificielle et, plus largement, de la numérisation du monde ? Comment se battre et quels horizons dessiner ? Nicolas Bonanni est engagé dans le collectif STopMicro(1), qui lutte depuis plus de trois ans contre l’extension d’une usine de semi-conducteurs à Grenoble. Cofondateur de l’association technocritique Le Mouton Numérique(2) et doctorant en sociologie, Irénée Régnauld s’intéresse, lui, aux questions éthiques dans le domaine de l’intelligence artificielle. Socialter leur a proposé de confronter leurs regards, pour tenter d’esquisser des pistes de résistances technocritiques.
« Dis-moi à quoi tu carbures, je te dirai qui te contrôle » aurait pu être le sous-titre de l’enquête fouillée de l’économiste Lucas Chancel, Énergies et inégalités. Une histoire politique (Seuil, 2025). De la maîtrise du feu aux mines de charbon, de l’extractivisme fossile aux panneaux solaires, il montre comment les batailles politiques pour le contrôle de l’énergie peuvent conduire à une explosion des inégalités sociales et environnementales ou, au contraire, ouvrir la voie à une reprise en main collective et démocratique. Une clef pour penser une véritable transition énergétique.
Présentés comme inéluctables, le déploiement des intelligences artificielles (IA) et la numérisation de la société s’imposent à marche forcée. Face à cette accélération et ses impacts délétères, certains appellent d’urgence à une « désescalade numérique ». En premier lieu, dénoncer une injonction politique construite de toute pièce et esquisser les contours d’une nouvelle politique du refus.