Colos, villages vacances, auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?
Peut-on éprouver du plaisir dans un monde injuste, sans se sentir coupable ou complice ? Le philosophe Michaël Fœssel répond par l’affirmative. Quand il ne confine pas à la simple satisfaction de nos désirs et ne succombe pas aux sirènes consuméristes, le plaisir se joue en effet de l’ordre établi, cultive le sens du collectif, de l’inattendu et de la surprise, et reste éminemment politique et subversif. Inscrit dans l’histoire de la gauche, il permet de sortir du seul registre de l’indignation et de la dénonciation, pour esquisser d’autres horizons désirables.
Longtemps ancrés à gauche, certains espaces festifs populaires suscitent aujourd’hui la convoitise d’une extrême droite bourgeoise et identitaire, qui peine toutefois à en maîtriser les codes. Face à ces tentatives d’appropriation, des résistances locales s’organisent.
Interrogeant l’évolution du rapport des classes populaires rurales au travail et au temps libre, l'activiste Lumir Lapray appelle la gauche écologiste à redevenir le « camp du kif » en faisant tenir ensemble, à l’instar du maire de New-York Zohran Mamdani, revendications matérialistes et joie de vivre.