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22.10.2026 à 12:52

Guerre en Ukraine : le Kremlin se dit prêt à relancer les négociations trilatérales avec Kiev et Washington

Ugo Bertet

"Le président Volodymyr Zelensky a déclaré le 21 octobre que l'Ukraine soutiendrait les pourparlers de paix trilatéraux avec les États-Unis et la Russie après que le président russe Vladimir Poutine a affirmé que le Kremlin était prêt à reprendre les négociations" [The Kyiv Independant]. Le chef d'État ukrainien a précisé qu'il soutiendrait "des propositions concernant […]

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L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré Vladmirir Poutine à Saint Pétersbourg, le mercredi 21 octobre - Crédits : Kristina Solovyova / Kremlin
L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, le mercredi 21 octobre - Crédits : Kristina Solovyova / Kremlin CC BY 4.0

"Le président Volodymyr Zelensky a déclaré le 21 octobre que l'Ukraine soutiendrait les pourparlers de paix trilatéraux avec les États-Unis et la Russie après que le président russe Vladimir Poutine a affirmé que le Kremlin était prêt à reprendre les négociations" [The Kyiv Independant]. Le chef d'État ukrainien a précisé qu'il soutiendrait "des propositions concernant un cessez-le-feu", complète le média ukrainien.

Ces propos font suite à "la rencontre mercredi [21 octobre] à Saint-Pétersbourg […] entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le président russe, Vladimir Poutine, au lendemain d’une réunion la veille à Oslo avec des dirigeants européens et le président ukrainien", indique Ouest- France. Le Kremlin a déclaré qu’il était "prêt en principe" à reprendre les pourparlers de paix [BBC], tandis que Donald Trump a estimé que "nous n'avons jamais été aussi proches de la fin du conflit", souligne RFI.

En parallèle de ces discussions, les attaques se poursuivent. Kiev "a été la cible d’une nouvelle attaque de missiles dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026" [Ouest-France]. Après l’interruption des pourparlers en février, "la Russie a intensifié ses attaques alors que l'Ukraine manquait [de missiles] intercepteurs", rappelle la BBC.

Vers une reprise des négociations à la mi-novembre

À l’issue d’une réunion de trois heures "détaillée et franche" entre Vladimir Poutine et Steve Witkoff, Iouri Ouchakov, le conseiller diplomatique du Kremlin, a indiqué que "Moscou était prêt à reprendre les négociations à trois […], mais pas immédiatement, 'vers le 10 novembre'", rapporte Ouest-France. La nouvelle rencontre, qui pourrait se tenir à Abou Dabi (Émirats arabes unis), devrait porter sur "la mise en place d’un système de sécurité pour la Russie et l’Ukraine après la fin du conflit", selon Iouri Ouchakov [BBC].

À l'issue de l'entretien Poutine-Witkoff, le président ukrainien s’est dit "favorable" à une telle rencontre, mais "dès que possible". "L’ordre du jour est clair : mettre fin à la guerre, faire avancer la paix et, si je comprends bien, tout préparer en vue d’une rencontre au niveau des dirigeants", a-t-il déclaré [Ouest-France]. Et d'ajouter : "Nous verrons comment cela se passe cette fois-ci" [The Kyiv Independant].

Côté américain, Steve Witkoff a assuré que les discussions d'Oslo et de Saint-Pétersbourg avaient été "constructives et se poursuivraient dans le cadre de pourparlers trilatéraux", mais a reconnu qu’il restait "un travail important à accomplir", écrit Ouest- France. Autre élément qui pourrait encore faire bouger les lignes : la reprise des négociations tripartites à la mi-novembre interviendrait "une semaine après les élections américaines de mi-mandat", souligne El País.

Zelensky prêt à un 'gel' de la ligne de front

En attendant, Volodymyr Zelensky a appelé, mercredi 21 octobre, à un "'gel' de la ligne de front comme premier pas dans les discussions, une proposition exclue jusque-là par Moscou, qui exige un accord sur le fond avant tout arrêt des combats", relève Ouest-France. "C’est le minimum que nous attendons aujourd’hui de la Russie", a-t-il déclaré sur la chaîne américaine Fox News [France info].

"La Russie réclame notamment que l’armée ukrainienne se retire des territoires qu’elle tient encore dans la région de Donetsk, 'ce que Kiev considère comme inacceptable'" [Ouest-France]. Quelques jours plus tôt, le 16 octobre, Vladimir Poutine avait indiqué que ses exigences territoriales comprenaient "non seulement le Donbass, mais le reste des provinces ukrainiennes limitrophes de la Russie" [El País]. Le président russe ne prévoit pas "que cela fasse l’objet de pourparlers de paix avec l’Ukraine", complète le quotidien espagnol.

"Il faut que chacun fasse des concessions pour sortir de ce piège qui pourrait durer des années", analyse le général Jérôme Pellistrandi [RFI].  Le gel du front, "qui acterait la perte de 20 % du territoire ukrainien […] ouvre une porte pour une négociation", estime-t-il. "Soit Vladimir Poutine accepte et on part sur un cessez-le-feu sur le front […] soit Vladimir Poutine refuse, et c’est la poursuite de sa fuite en avant", conclut la radio internationale.

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21.10.2026 à 12:43

En Pologne, les députés votent un assouplissement des restrictions au droit à l’avortement, mais la réforme pourrait être bloquée par un veto présidentiel

Manon Mazuir

"Ovations, cris de joie, acclamations", entame le média polonais Wyborcza. "La chambre basse du parlement polonais a voté mardi [20 octobre] en faveur de l’autorisation de l’avortement en cas de graves malformations fœtales et de la dépénalisation de l’aide à l’avortement", informe l'agence de presse Reuters. Les deux textes de loi présentés "à l'initiative de […]

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En octobre 2020, la Pologne a connu les plus grandes manifestations du pays depuis 1989 en réaction à la décision du tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG - Crédits : LukaszKatlewa / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
En octobre 2020, la Pologne a connu les plus grandes manifestations du pays depuis 1989 en réaction à la décision du Tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG - Crédits : LukaszKatlewa / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Ovations, cris de joie, acclamations", entame le média polonais Wyborcza. "La chambre basse du parlement polonais a voté mardi [20 octobre] en faveur de l’autorisation de l’avortement en cas de graves malformations fœtales et de la dépénalisation de l’aide à l’avortement", informe l'agence de presse Reuters.

Les deux textes de loi présentés "à l'initiative de partis de gauche et du centre" et "soutenus par le gouvernement centriste de Donald Tusk" assouplissent ainsi les restrictions au droit à l'avortement dans un pays où il est considéré comme "l'un des plus restrictifs d'Europe", contextualise Le Monde.

Le premier projet de loi "décriminalise partiellement l’IVG et l’assistance aux avortements" [Libération]. Concrètement, le texte abroge plusieurs dispositions de l'article 152 du Code pénal polonais, selon lesquelles "toute personne pratiquant une interruption volontaire de grossesse sur une femme ou qui lui fournit une aide pour mettre fin à sa grossesse [en dehors des conditions légales] est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement", explique le journal juridique polonais Gazeta Prawna. Le projet de loi "a été adopté à 4 voix près, 217 députés sur 433 ayant voté pour, 213 contre, les autres s’étant abstenus ou n’ayant pas participé au vote", précise Libération.

La deuxième proposition revient "sur une décision de 2020 de la plus haute juridiction, le Tribunal constitutionnel, qui a rendu l’avortement illégal en cas de graves malformations du fœtus. Ce texte a été adopté avec un écart plus net de 30 voix", écrit Le Figaro.

Réforme limitée

La coalition pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk avait "remporté les élections de 2023 en partie grâce à sa promesse d’assouplir les restrictions en matière d’avortement", rappelle Reuters. "Pourtant, aucun de ces deux projets de loi n'autoriserait l’avortement sur simple demande jusqu’à 12 semaines de grossesse, comme l’avait promis la coalition civique de Tusk lors de la campagne électorale de 2023", nuance Politico.

En cause : la "coalition multipartite compte de nombreux conservateurs et ne parvient pas à s’accorder sur une libéralisation allant aussi loin", décrypte le média européen. Les propositions adoptées mardi sont d'ailleurs "restées en suspens au sein d’une commission parlementaire pendant deux ans avant de refaire surface, sous l’impulsion d’une campagne qui s’intensifie à 12 mois des prochaines élections législatives, prévues fin 2027" [Politico].

En juillet 2024, la chambre basse (la Diète) avait "rejeté une proposition visant à dépénaliser l'aide à l'avortement […], la majorité nécessaire à l'adoption des dispositions sur ce sujet [n'ayant] pas été atteinte" [Gazeta Prawna].

"En réalité, ces textes législatifs ne constituent qu’une réforme très limitée et de petite envergure, et n’amélioreraient pas la situation de la plupart des femmes en Pologne qui ont besoin d’un accès à l’avortement", a déclaré à Reuters Leah Hoctor, vice-présidente pour l’Europe au centre pour les droits reproductifs.

L'un des droits les plus restrictifs d'Europe

"Actuellement, dans ce pays traditionnellement catholique, l’avortement n’est autorisé que dans deux circonstances : lorsque la grossesse résulte d’un acte criminel - comme un viol ou un inceste - ou lorsqu’elle met en danger la vie ou la santé de la mère", note Le Monde. Selon les données du Fonds national de santé polonais (NFZ), "573 avortements ont été pratiqués dans les hôpitaux publics polonais au cours du premier semestre 2026" [La Croix].

Avant la décision du Tribunal constitutionnel d'exclure la malformation grave du fœtus des motifs légaux de l'IVG, "98% des avortements légaux en Pologne étaient pratiqués pour cette raison". Cette nouvelle restriction avait "déclenché un torrent de protestations dans tout le pays, les plus grandes manifestations de masse en Pologne depuis le mouvement anticommuniste de 1989", relate Le Figaro.

Risque de véto présidentiel

"Ces projets vont désormais être examinés par le Sénat. S'ils y sont approuvés, ils seront transmis au président Karol Nawrocki", détaille Wyborcza. Mais le chef d'État nationaliste, soutenu par le parti Droit et justice (PiS), "devrait mettre son veto" à cette réforme, prévient Ouest-France. "Pour passer outre un veto présidentiel, il faut une majorité des trois cinquièmes [au sein de la chambre basse], majorité dont ne dispose pas la coalition dirigée par Tusk" [Politico].

"Deux manifestations doivent se tenir en fin de semaine à Varsovie, l’une contre l’avortement, l’autre pour", indique La Croix. Avant cela, "les organisations féministes prévoient d'organiser des manifestations dans 27 villes polonaises jeudi 22 octobre", prévient Wyborcza.

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20.10.2026 à 12:27

Marché unique : Andorre et Saint-Marin scellent un accord avec l'Union européenne après plus de dix ans de discussions

Ugo Bertet

"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos. L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef […]

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Texte intégral (2248 mots)
L'accord d'association entre l'UE, Saint-Marin et Andorre a été signé le lundi 19 octobre à Bruxelles (ici de gauche à droite, le président du gouvernement andorran, Xavier Espot, le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič, le commissaire à l’Économie, Valdis Dombrovskis et le ministre des Affaires étrangères saint-marinais, Luca Beccari) - Crédits : Jennifer Jacquemart / Commission européenne

"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos.

L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef du gouvernement [andorran], Xavier Espot, [le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et [le ministre des Affaires étrangères de Saint-Marin] Luca Beccari" [SER Andorra].

Le texte est le fruit d'un "parcours long et complexe", traversé par quatre gouvernements saint-marinais et trois Commissions européennes, souligne San Marino RTV. Les discussions, ouvertes en 2015, avaient abouti à un accord politique en décembre 2023. Sa signature n'est toutefois intervenue que près de trois ans plus tard, après des procédures juridiques et institutionnelles au sein de l'UE.

"Les négociations menées avec Andorre et Saint-Marin l'ont aussi été avec la principauté de Monaco. Mais celle-ci a préféré rompre les discussions avec l'Union européenne en 2023, car le droit européen entrait en contradiction avec certaines de ses règles, notamment l'accès favorisé des nationaux à l'emploi", rappellent Les Échos.

Des bénéfices concrets

L'accord doit permettre aux habitants des deux pays de bénéficier plus largement des libertés de circulation européennes. Il "créera de nouvelles possibilités d'étudier, de travailler et de vivre en Europe", a expliqué le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič, cité par l'agence espagnole EFE.

L'accord devrait ainsi permettre "la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, harmoniser les normes techniques ou sanitaires, et faciliter les échanges commerciaux, les investissements et les démarches administratives de part et d'autre", détaillent Les Échos.

Il vient notamment compléter les unions douanières dont bénéficient déjà les deux pays. "Les deux tiers des échanges commerciaux d'Andorre se font avec ses deux voisins, l'Espagne et la France. Pour Saint-Marin, la dépendance envers l'Italie, pays dans lequel il est enclavé, est encore plus forte, avec plus de 80 % de ses échanges", observent Les Échos. À terme, les sociétés de ces deux micro-États pourront aussi "participer à des appels d'offres publics européens", relève Altaveu. Tandis que les opérateurs européens pourront accéder à leurs marchés.

Le texte vise enfin à "renforcer la coopération dans des domaines tels que la recherche et l'innovation, l'éducation, la politique sociale, l'environnement ou la protection des consommateurs", détaille La Vanguardia.

Des dérogations pour préserver les spécificités des deux États

L'ouverture du marché unique sera toutefois progressive. Sur la libre circulation des personnes, Andorre "maintiendra un système de quotas" pour l'arrivée de "travailleurs, de résidents sans activité professionnelle et de saisonniers de moins de douze mois", détaille El Periòdic d'Andorra. Le dispositif entrera en application après "une période transitoire de deux ans" et sera "réexaminé tous les dix ans".

Plusieurs activités économiques bénéficieront également de périodes de transition. L'accord prévoit notamment "30 ans pour le tabac, 15 pour les services financiers, 7 pour les télécommunications" et "3 pour la libre prestation de services", énumère Altaveu. Tandis que pour les services financiers, "l'intégration se fera progressivement et sous certaines conditions", rapporte l'agence italienne Dire.

Saint-Marin et Andorre devront de leur côté assurer la "reprise évolutive de l'acquis européen", explique Il Resto del Carlino, c’est-à-dire intégrer dans leur législation les règles européennes applicables aux domaines couverts par l'accord, y compris leurs évolutions futures. Les deux pays conserveront leur souveraineté, mais ne disposeront pas du même pouvoir de décision sur ces règles que les États membres de l'UE. Une complexité qui a contribué à étendre les négociations.

Un accord qui doit encore être ratifié

"C’est l’un des accords les plus étendus signés par l’Union européenne et cela donne aux citoyens et aux entreprises de ces pays des certitudes juridiques, un statut que seuls la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein avaient, jusqu’à présent, au sein de l’espace économique européen", s’est félicité le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič [Les Échos]. Andorre et Saint-Marin ne deviendront toutefois ni membres de l'Union ni parties à l'Espace économique européen (EEE).

"Au-delà de cet accord d'association, nous envoyons un signal politique, en ces temps d'incertitudes géopolitiques", a assuré Maroš Šefčovič [Les Échos]. "Nous sommes dans une phase de graves turbulences géopolitiques, une période critique de l’histoire où tous les pays, quelle que soit leur taille, comptent", a complété le commissaire européen au Commerce [San Marino RTV].

"Après la signature, le Conseil de l'UE demandera l'accord du Parlement européen avant de procéder à la conclusion de l'accord", indique SER Andorra. Andorre et Saint-Marin devront ensuite ratifier cet accord, une procédure qui passe par un "référendum consultatif" du côté de la principauté, précise la radio andorrane. Mais la ratification ne semble pas acquise en Andorre : un "sondage publié en 2024 prêtait une forte majorité au 'non'", soulignent Les Échos. L'accord devra également faire l'objet de ratifications dans les États membres de l'UE.

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19.10.2026 à 12:18

"La France sous haute tension" : la presse européenne décrypte les manifestations et les violences du week-end

Valentin Ledroit

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines […]

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Texte intégral (1811 mots)
La Place de la République à Paris et ses rues adjacentes ont été l'épicentre des violences samedi 17 octobre
La Place de la République à Paris, samedi 17 octobre - Crédits : FreCha / wikimedia commons CC BY-SA 4.0

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines d'entre elles, avec des conteneurs, des barrières, des bicyclettes et du mobilier urbain".

En Italie, Il Giornale retient notamment "le clocher qui s'effondre, le toit dévoré par les flammes [et] une immense colonne de fumée" au-dessus de l'hôtel de ville de Limoges. La RTBF rapporte "qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil”. Dimanche, la situation était toujours sensible à Paris, où "des moments calmes [ont succédé] à des moments de tension entre forces de l'ordre et manifestants cagoulés", poursuit le service public belge.

Les fractures sociales françaises au cœur du mouvement

Au-delà du bilan matériel, la presse européenne s'interroge sur les causes du mouvement et des débordements. "Il s'agit d'un problème à 100 % d'origine française. Des conséquences d'un échec français né sur le sol français", affirme le journaliste du Spiegel, rejetant d'emblée tout lien entre les violences et l'immigration. "Cette affirmation, qui se cache également derrière l'expression 'violence migratoire', relève du racisme pur et simple", estime-t-il.

De son côté, The Independent rappelle que le système éducatif français peine à "permettre aux enfants issus de milieux défavorisés de gravir l'échelle sociale". Les manifestations lycéennes de septembre se sont depuis élargies, sous l'effet d'une colère liée au pouvoir d'achat et à la dégradation des services publics.

"Ces conditions de vie discriminatoires constituent une forme de violence sociale", complète Der Spiegel, évoquant les quartiers défavorisés où se concentrent les difficultés scolaires, le chômage et les tensions avec la police. "L'échec de la France consiste à laisser se succéder depuis des décennies, dans les banlieues, les générations perdues. […] Et pour certains, la criminalité offre une perspective plus attrayante que le système éducatif".

Der Standard considère que "la République française fait à ses jeunes citoyens une promesse qu'elle ne peut tenir : la promesse d'égalité". Le quotidien autrichien cite le témoignage d'un jeune manifestant, diplômé avec mention en physique et mathématiques, qui aurait déposé 80 candidatures pour des formations et des emplois, toutes infructueuses. "Il faut le souligner, Mohammed manifestait pacifiquement samedi", est-il précisé, en distinguant la mobilisation sociale des auteurs de violences.

Une crise de l'autorité qui pourrait profiter au RN ?

"À Paris, la police n'a plus maîtrisé la situation pendant des heures", note Der Standard qui décrit une "France sous haute tension". The Guardian rapporte les accusations de Guillaume Guérin, maire (LR) de Limoges, dénonçant "une défaillance colossale de l'État" après l'incendie de l'hôtel de ville. Selon l'édile, les assaillants n'étaient pas "des manifestants qui défendent des causes", mais "des personnes organisées pour faire la guerre".

Pour Blick, ces violences pourraient surtout bénéficier à Marine Le Pen. "Dans un décor très présidentiel, drapeau tricolore derrière elle, [la candidate du RN] a dressé le bilan accablant du titulaire de la fonction suprême. Une intervention qui, à bien des égards, la conforte dans son rôle de présidente (presque) déjà élue au suffrage universel". "Elle incarne la fermeté, l'autorité, le recours. Plus les émeutiers cassent, plus ils font son jeu politique", juge l'universitaire Dominique Wolton, interrogé par le journal suisse.

Dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé les violences dans une allocution télévisée, faisant part de sa "colère" et de sa "honte" [La Libre]. Le président a également promis de faire la lumière sur les "défaillances d'anticipation et de renseignements" des forces de l'ordre. Ce lundi matin, il a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, "compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel" [Euronews].

À six mois d’un scrutin très attendu, le climat politique inquiète également la presse étrangère. Der Standard estime que "[Jean-Luc] Mélenchon poursuit finalement la même stratégie de polarisation que [Marine] Le Pen : tous deux espèrent accéder au second tour de l'élection présidentielle grâce à l'autre". Un affrontement qui, selon le journal autrichien, "divise et sape la démocratie" et pourrait conduire à de nouvelles tensions "au plus tard au printemps prochain".

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16.10.2026 à 12:19

Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky défie Donald Trump, l'UE renouvelle son soutien à l'Ukraine

Manon Mazuir

"Plutôt que l’option de la docilité attendue par Donald Trump, le président ukrainien a finalement opté pour la confrontation", attaque Le Monde. Jeudi 15 octobre, "Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, après plusieurs jours de pause à la demande des autorités américaines", explique le quotidien du soir. "L'Ukraine avait […]

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"Vous pouvez compter sur nous", a assuré le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce vendredi 16 octobre - Crédits : Conseil européen
"Vous pouvez compter sur nous", a assuré le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce vendredi 16 octobre - Crédits : Conseil européen

"Plutôt que l’option de la docilité attendue par Donald Trump, le président ukrainien a finalement opté pour la confrontation", attaque Le Monde. Jeudi 15 octobre, "Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, après plusieurs jours de pause à la demande des autorités américaines", explique le quotidien du soir. "L'Ukraine avait frappé plus tôt une raffinerie de Rosneft à Riazan, au sud-est de Moscou" [L'Express].

Le courroux du président américain ne s'est pas fait attendre. "Je pense que c’est une honte", a déclaré Donald Trump à la chaîne Newsmax [Le Parisien]. "Tout ce que fait" Volodymyr Zelensky, "c’est de faire grimper les prix mondiaux du pétrole […]. Quand vous frappez des raffineries de diesel […] vous ne rendez pas service au monde", a fustigé celui qui a par ailleurs déclenché la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier [L'Express].

Le locataire de la Maison-Blanche a même de nouveau imputé au chef d'État ukrainien "la pleine responsabilité de l’impossibilité d’un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie" : "je pense qu’il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine", a-t-il ainsi lancé, comme le relate Le HuffPost. "Zelensky n’est pour nous pas le bon type pour trouver un accord", a tancé Donald Trump, qui avait déjà réclamé quelques jours plus tôt son remplacement [Libération].

Volodymyr Zelensky "trahi" par les États-Unis

Le président américain avait annoncé unilatéralement une "'trêve énergétique' la semaine dernière, surprenant ses alliés, Kiev y compris" [20 Minutes]. Un "cessez-le-feu concernant les sites énergétiques […] que la Russie n'a pas respecté", note L'Express.

Kiev accuse Washington "d'avoir suspendu le partage de renseignements et perturbé les services d'accès à internet par satellite Starlink, alors que les attaques russes contre l'Ukraine se sont intensifiées", relate Euronews. Le président ukrainien s’était inquiété, mardi 13 octobre, du fait que son pays n’avait pas été informé de l’imminence d’une attaque russe contre une centrale électrique de la capitale ukrainienne. Les perturbations ont été "présentées comme un problème technique". Une hypothèse rejetée par Volodymyr Zelensky selon qui des "responsables américains ont 'averti leurs homologues ukrainiens que le partage de renseignements serait suspendu si Kiev ne mettait pas fin à ses frappes'" [Euronews].

À l’origine également de ce changement de ton de l'Ukraine, "l’accord conclu [le 9 octobre dernier] entre les États-Unis et la Russie sur la livraison de barils de pétrole russe, vivement dénoncé par Kiev", décrypte Courrier international. "Un accord qui se fait au mépris des sanctions imposées sur le pétrole russe", rappelle Le Monde. Une stratégie assumée par Donald Trump "pour faire baisser le prix de l’énergie alors que les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre outre-Atlantique", contextualise L'Opinion.

Dans une interview accordée au journaliste britannique Piers Morgan, Volodymyr Zelensky "a déclaré se sentir trahi par les agissements de Trump. 'C’est douloureux quand le président Trump choisit un camp, et pas le nôtre', a-t-il déploré" [L'Opinion].

L'Ukraine en quête de soutien européen

C'est à Bruxelles que Volodymyr Zelensky tente ce vendredi 16 octobre d'obtenir "un soutien réaffirmé de ses alliés européens" lors du Conseil européen réunissant les chefs État et de gouvernements de l'UE [BFM TV]. À leur arrivée au deuxième jour de ce sommet européen, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont réaffirmé "la nécessité de maintenir la pression sur la Russie pour contraindre Moscou à mettre fin à sa guerre d'agression contre l'Ukraine", informe La Libre. 

Présent dès jeudi dans la capitale belge, "le dirigeant ukrainien y a rencontré le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, pour souligner l'urgence de réapprovisionner l'Ukraine en missiles intercepteurs et en munitions, face à la recrudescence des frappes russes" [BFM TV]. Le patron de l'Otan a souligné de son côté "l'importance d'un 'cessez-le-feu énergétique" [TF1 Info].

"Auprès des Européens, qu'il a commencé à rencontrer dès jeudi après-midi, Volodymyr Zelensky a rappelé la nécessité de maintenir la pression sur Moscou" [BFM TV]. "Nous voulons tous en Europe que cette guerre prenne fin. Et pour que cela arrive, il faut des signaux forts : plus de pression réelle sur la Russie et davantage de soutien en matière de défense pour l'Ukraine", a-t-il martelé.

Mais le président ukrainien se trouve à Bruxelles en pleine discussion budgétaire européenne pour la période 2028-2034. "C'est le moment où on compte ses sous et la guerre en Ukraine coûte cher", note RFI. "Prix, durée de l’aide, c’est ce qui explique que, tout en affirmant leur soutien à l’Ukraine, de nombreux pays disent aussi leur soutien à un cessez-le-feu énergétique", fait valoir la radio française.

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15.10.2026 à 13:11

Budget pluriannuel, énergie, Ukraine… ce qui attend les Vingt-Sept au Conseil européen

Ugo Bertet

"Un sommet européen décisif débute à Bruxelles, jeudi 15 octobre, réunissant pour deux jours l'ensemble des dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne", entame France info. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Les discussions porteront notamment sur les "prix de l'énergie […] […]

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Texte intégral (2503 mots)
La réunion des vingt-sept chefs d’État et de gouvernement a débuté ce jeudi 15 octobre. Au centre, António Costa président du Conseil européen - Crédits : Conseil européen

"Un sommet européen décisif débute à Bruxelles, jeudi 15 octobre, réunissant pour deux jours l'ensemble des dirigeants des 27 États membres de l'Union européenne", entame France info.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Les discussions porteront notamment sur les "prix de l'énergie […] et la question des déséquilibres macroéconomiques mondiaux, en particulier les relations avec la Chine", indique Adnkronos. Vendredi, "les dirigeants écouteront le président Volodymyr Zelensky sur les derniers développements [en Ukraine]", avant d'aborder les sujets de défense et de sécurité et de conclure par "la migration pendant le déjeuner", complète l'agence de presse italienne.

Mais le prochain budget pluriannuel de l’UE pour 2028-2034 devrait concentrer les tensions. "Les dirigeants de l’UE se dirigent jeudi vers leur plus grand affrontement sur le prochain budget à long terme de l'Union", écrit France 24. Face à un "futur budget […] susceptible d'être nettement plus important que l'actuel" [ZDF], et des pays réclamant des coupes budgétaires, les négociations "sont tendues", observe France info, alors que le président du Conseil européen, António Costa souhaite parvenir à "un accord final d’ici à la fin de l’année".

Budget 2028-2034 : "Nous sommes toujours loin d'un accord"

Pour la période 2028-2034, "la Commission européenne propose un budget de 1 985 milliards d’euros", destiné à financer "de nombreux projets de l'UE [comme] la politique agricole commune [et] le soutien aux régions [moins développées]", précise ZDF. Cette enveloppe initiale suscite cependant de vives tensions. "L’Allemagne et les autres contributeurs nets trouvent cela beaucoup trop élevé", indique le média allemand.

Pour tenter de rapprocher les positions, "l'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, a présenté la dernière proposition […] avec des réductions de quelque 140 milliards d'euros au total budgétaire" [France 24]. Dublin souhaite néanmoins "sanctuariser les fonds dédiés à l’agriculture et à la cohésion", tout en proposant "55 milliards d’euros de ressources propres supplémentaires, via notamment la fiscalité environnementale et une contribution des grandes entreprises", souligne France info.

Mais cette nouvelle proposition ne fait pas l'unanimité. L’Allemagne, à la tête des pays dits 'frugaux', exige "des réductions de plusieurs centaines de milliards d’euros" [France 24]. "Dans l’autre coin du ring européen, on retrouve les "amis de la cohésion", ceux qui défendent les fonds de cohésion destinés aux régions européennes les plus pauvres, ainsi que le maintien d’une PAC forte", explique Ouest-France. La France, qui en fait partie, estime que l’Europe a besoin d’un budget plus important "pour faire face aux défis croissants auxquels [elle] est confrontée" [France info]. "La présidence française a prévenu les représentants européens qu'elle ne signerait pas d'accord sur le budget européen sans l'inscription de nouvelles recettes substantielles", indique BFM TV.

Un accord d’ici à la fin de l’année, voulu par António Costa, paraît de plus en plus incertain. "Nous sommes toujours loin d’un accord", a averti le chancelier allemand Friedrich Merz [France info], tandis que "l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas ont déjà indiqué qu'ils ne souhaitaient pas d'un accord à tout prix", rapporte RMF 24. Pour l'heure, "l'objectif est de trouver un compromis d'ici la fin de cette année, et donc aussi avant l'élection présidentielle française au printemps", un objectif "extrêmement ambitieux", analyse ZDF.

Énergie, Chine, migration… les autres sujets du sommet

Au-delà du budget, les dirigeants européens auront "un débat très attendu sur les prix de l'énergie, que les hostilités au Moyen-Orient ont propulsés à des niveaux record", écrit Euronews. À ce sujet, "six États membres (l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, le Portugal et l'Espagne) ont proposé une taxe exceptionnelle à l'échelle de l'UE pour capter les profits excessifs des compagnies énergétiques", mais "l’idée reste clivante", souligne le média paneuropéen.

Face à un "déficit commercial quotidien de 1 milliard d’euros" avec la Chine, Bruxelles veut obtenir des "résultats tangibles [de Pékin]" [Euronews]. À la suite de la visite du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič à Pékin la semaine dernière, "le Conseil devrait donner un mandat à la Commission pour préparer de nouveaux instruments de riposte, comme l'ont demandé la France et l'Allemagne dans un document commun, avec notamment la possibilité de couper l'accès au marché européen des entreprises chinoises en cas de pratiques déloyales répétées sur un secteur, ou encore un mécanisme plus ou moins contraignant de diversification des approvisionnements", indiquent Les Échos.

Vendredi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, participera aux discussions sur l’Ukraine. Les Vingt-Sept devraient aborder "la façon de continuer à financer Kiev pour résister à l'agression russe, puisque le prêt de 90 milliards d'euros pour 2026-2027 'ne répondra pas à tous les besoins' du pays", analyse Adnkronos. Les "attaques hybrides d'origine russe" et "la situation au Moyen-Orient" figureront également à l’ordre du jour [Adnkronos].

Enfin, les dirigeants tiendront un "débat stratégique sur la migration" [Adnkronos]. Ce dernier, consécutif à la crise migratoire de Ceuta, "devrait opposer Sánchez à la majorité emmenée par Meloni dans la salle", souligne Euronews. Malgré un agenda 'dense', "personne n'attend aucune décision sur les questions à l'ordre du jour […], il s'agira 'd'ouvrir la voie' pour que les décisions soient prises à l'avenir", précise une source diplomatique européenne [Adnkronos].

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14.10.2026 à 12:07

Hongrie : le Parlement abolit une loi anti-LGBTQI+ de l'ère Orbán

Valentin Ledroit

"En Hongrie, un nouveau pan de l'ère Orbán disparaît", titre L'Espresso. Mardi 13 octobre, les députés hongrois ont adopté la suppression de dispositions d'une loi de 2021, qui limitait la représentation de l'homosexualité et des identités de genre auprès des mineurs. Pour le magazine italien, cette décision constitue "un premier signe d'ouverture à l'égard de […]

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Des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Budapest, fin juin, à l'occasion de la première marche des fiertés depuis le départ de Viktor Orbán
Des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Budapest, fin juin, à l'occasion de la première marche des fiertés depuis le départ de Viktor Orbán -Envagyokabela / wikimedia commons CC BY-SA 4.0

"En Hongrie, un nouveau pan de l'ère Orbán disparaît", titre L'Espresso. Mardi 13 octobre, les députés hongrois ont adopté la suppression de dispositions d'une loi de 2021, qui limitait la représentation de l'homosexualité et des identités de genre auprès des mineurs. Pour le magazine italien, cette décision constitue "un premier signe d'ouverture à l'égard de la communauté LGBTQI+ après la longue parenthèse orbanienne".

Adoptée sous le gouvernement de Viktor Orbán, la législation interdisait notamment la diffusion auprès des mineurs de contenus représentant l'homosexualité ou la diversité de genre. "Même les livres abordant ces sujets d'une manière adaptée à l'âge des enfants ne pouvaient être vendus que sous un emballage plastique noir accompagné d'avertissements", rappelle la Deutsche Welle. Le texte adopté mardi comporte également des mesures de lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs et des dispositions relatives aux enfants laissés dans les hôpitaux.

Une mise en conformité avec le droit européen

Le Monde souligne que la portée du vote reste à relativiser. Interrogée par le quotidien, Eszter Polgári, directrice du programme juridique de l’association Háttér Society, principale organisation hongroise de défense des droits LGBTQI+, se dit "satisfaite de voir disparaître cette légitimation de la marginalisation et de la stigmatisation", tout en rappelant que le gouvernement cherchait avant tout à "se mettre en conformité avec le droit européen".

En avril dernier, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait jugé que la législation hongroise de 2021 violait le droit de l'Union et portait atteinte à ses valeurs fondamentales, notamment en stigmatisant les personnes LGBTQI+. Le média hongrois Telex souligne que la procédure européenne engagée contre Budapest pouvait aboutir à "une amende déduite des aides européennes". "On ne peut dire pour l'instant si la majorité ira plus loin, ou si elle compte en rester à ce qui peut apparaître comme une simple mise en œuvre de l'arrêt de la CJUE", complète Eszter Polgári [Le Monde].

À Bruxelles, le vote a néanmoins été accueilli favorablement. La Commission européenne y voit "un signal important d'engagement en faveur de nos valeurs communes", ont réagi les commissaires Hadja Lahbib et Michael McGrath, cités par la RTBF.

Une réforme qui divise la classe politique hongroise

Sur le plan intérieur, cette décision marque une nouvelle rupture entre le gouvernement conservateur de Péter Magyar, arrivé au pouvoir au printemps, et les formations nationalistes. Le Fidesz de Viktor Orbán et l'autre parti d'extrême droite Mi Hazánk "ont voté ensemble contre la loi renforçant la protection des enfants. Ils ont rejeté l'aide aux nourrissons abandonnés dans les hôpitaux et la protection des enfants contre toutes les formes de violence. Honte !", a ainsi fustigé Péter Magyar [Telex].

De son côté, Mi Hazánk dénonce une concession à Bruxelles. "Le groupe Tisza [du Premier ministre, ndlr] a modifié la loi dans l'intérêt des pédophiles, sous la pression de l'Union européenne", accuse la députée Dúró Dóra, citée par 24.hu. Son parti a annoncé vouloir demander au président de la République de ne pas promulguer le texte.

Pour la Deutsche Welle, ce vote illustre plus largement la volonté de Péter Magyar, "lui-même conservateur et partisan d'une ligne dure en matière d'immigration", de "rompre avec les politiques répressives d'Orbán concernant les médias, le système judiciaire et d'autres domaines".

Une avancée pour les droits LGBTQI+, mais des restrictions qui subsistent

Malgré cette avancée, les associations de défense des personnes LGBTQI+ restent prudentes. "C'est un pas en avant important et positif", salue Háttér Society dans le quotidien espagnol El País, avant de tempérer : "Mais il reste encore beaucoup à faire."

Le journal espagnol souligne notamment que la réforme ne touche pas "aux dispositions constitutionnelles" relatives à la famille et à l'identité de genre, ni à une autre loi prévoyant que l'État doit protéger "les institutions de la famille et du mariage […] dans lesquelles la mère est une femme et le père un homme".

Dans Le Monde, Eszter Polgári note également les limites du changement engagé par la nouvelle majorité. "N'ayant pas le droit de changer leur identité, elles et ils ont des papiers qui ne reflètent pas leur identité réelle", explique-t-elle à propos des personnes transgenres. "C'est un très gros problème."

Péter Magyar lui-même reste prudent sur les évolutions législatives à venir. "En tant que Premier ministre, j'ai le devoir de représenter tous les Hongrois, et il existe des sujets sensibles", déclarait-il le 10 octobre dans un entretien au quotidien finlandais Helsingin Sanomat, évoquant notamment l’euthanasie et les droits des minorités sexuelles.

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13.10.2026 à 12:23

Royaume-Uni : Andy Burnham présente les enjeux du prochain sommet avec l’UE

Ugo Bertet

"Andy Burnham a appelé à faire évoluer les relations entre le Royaume-Uni et l'UE, à l'approche du sommet prévu le [20 novembre] prochain. Devant le Parlement, le Premier ministre britannique a estimé que le maintien du statu quo ne répondait plus aux intérêts du pays et a plaidé pour l'ouverture d'un débat sur l'avenir des […]

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Le sommet UE-Royaume-Uni, initialement prévu en juillet, se tiendra à Bruxelles, le 20 novembre prochain - Crédits : Lauren Hurley / Flickr No 10 Downing Street CC BY-NC-ND 4.0

"Andy Burnham a appelé à faire évoluer les relations entre le Royaume-Uni et l'UE, à l'approche du sommet prévu le [20 novembre] prochain. Devant le Parlement, le Premier ministre britannique a estimé que le maintien du statu quo ne répondait plus aux intérêts du pays et a plaidé pour l'ouverture d'un débat sur l'avenir des relations avec Bruxelles", relève Euronews.

Face aux députés britanniques, Andy Burnham a affirmé que "la Grande-Bretagne devrait engager un 'dialogue sérieux' sur l’avenir de ses relations avec l’UE", détaille Le Figaro. "À chaque étape, le public britannique sera le patron, et il est clair que l'opinion publique soutient actuellement une approche pragmatique comme celle que je suggère", a ajouté le locataire du n° 10 [BBC].

Depuis son arrivée à Downing Street en juillet dernier, le Premier ministre britannique "a à plusieurs reprises affiché son intention de rapprocher le Royaume-Uni de l'UE et a récemment affirmé qu'un retour dans le bloc faisait partie des options envisagées pour l'avenir du pays" [Euronews]. Le mois dernier, Andy Burnham avait même déclaré que "le Brexit avait 'fait plus de mal que de bien' et que le Royaume-Uni avait besoin d'une stratégie claire sur sa relation de long terme avec Bruxelles", rappelle le média paneuropéen.

Un sommet pour relancer la coopération avec Bruxelles

Andy Burnham a indiqué que le sommet UE-Royaume-Uni se concentrerait sur "la stimulation de la croissance et le contrôle de l’immigration illégale", avec également d’autres sujets "sur la table", tels que l'alimentation, l’interconnexion des systèmes énergétiques ou encore l’échange de quotas d’émission [Euronews]. Ce sommet de "relance" doit mettre fin à “des mois d'incertitude” entre Londres et Bruxelles [The Guardian].

Le Premier ministre britannique estime que ces accords pourraient "faire gagner quelque 10 milliards de livres par an à l’économie britannique, d’ici à 2040", souligne Le Figaro. "À l'heure actuelle, des camions entiers de plantes ou de produits frais peuvent être détruits en raison d’un simple tampon manquant ou d’un léger retard administratif", rappelle Andy Burnham [BBC].

Plusieurs points restent toutefois sensibles. La mobilité des jeunes est "la question la plus épineuse […] les deux parties [étant] en désaccord sur les chiffres globaux, ainsi que les frais de scolarité que les étudiants paieraient dans les universités britanniques" [The Guardian]. Andy Burnham a également reconnu que l’initiative européenne Made in Europe, qui vise à favoriser les produits et entreprises européens dans certains secteurs stratégiques, "présentait des 'risques' pour l'industrie britannique". Le Premier ministre souhaite parvenir à "un arrangement qui fonctionne à la fois pour le Royaume-Uni et l'UE", précise le quotidien britannique. Mais ce rapprochement avec Bruxelles ravive aussi les tensions politiques à Londres. "Des responsables de droite au Royaume-Uni accusent le Parti travailliste de vouloir rouvrir le débat, jugé clivant, sur le Brexit". Tandis que la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, a affirmé qu’Andy Burnham était "en train de 'défaire' l’accord de retrait avec l’UE" [Euronews].

Une ingérence russe lors du vote sur le Brexit ?

La veille, dans le podcast The Rest is Politics, Andy Burnham avait relancé le débat sur l'ingérence russe dans le référendum de 2016, dont l'ampleur et l'effet sur le résultat restent discutés. "En arrivant à Downing Street, j’ai posé la question suivante : y a-t-il eu une ingérence de la Russie dans le référendum de 2016 ? Et j’ai obtenu une réponse claire : oui, il y en a eu une", avait-il déclaré [Le Figaro].

Andy Burnham n'a en revanche "donné aucune précision sur les preuves étayant ses déclarations" [L'Express], tandis que Moscou a toujours nié toute ingérence en dénonçant une "hystérie antirusse", souligne Le Figaro. Le ministre des Affaires étrangères, Stephen Doughty, a de son côté affirmé qu'il était clair que "la Russie avait tenté d’interférer mais avait échoué", rapporte The Guardian.

"Andy Burnham est le premier dirigeant britannique à affirmer publiquement l’existence d’une ingérence russe dans le vote de 2016", relève Libération. "Je pense que cela aidera les électeurs allemands et français à comprendre qu'une partie de cette politique est orchestrée par nos ennemis, à savoir la Russie", a justifié le Premier ministre [L'Express].

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12.10.2026 à 12:05

Guerre en Ukraine : accord sur le diesel jugé illégal, trêve énergétique, Zelensky surpris… les questions qui se posent après les annonces de Donald Trump

Léa Deseille

"Va t-on vers un vrai répit ?", se questionnent Les Échos. Dimanche 11 octobre, "Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie" [The Guardian]. Cette trêve "est instauré[e] immédiatement dans le conflit russo- ukrainien. Les deux parties ont donné leur accord. Ne le rompez pas !'", a écrit le président américain […]

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À seulement trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump tente le tout pour tout pour faire baisser le prix de l'essence aux Etats-Unis et gagner des électeurs - Crédits : Maison-Blanche
À seulement trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump tente le tout pour tout pour faire baisser le prix de l'essence aux États-Unis et gagner des électeurs - Crédits : Maison-Blanche / Flickr

"Va t-on vers un vrai répit ?", se questionnent Les Échos. Dimanche 11 octobre, "Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie" [The Guardian]. Cette trêve "est instauré[e] immédiatement dans le conflit russo- ukrainien. Les deux parties ont donné leur accord. Ne le rompez pas !'", a écrit le président américain sur Truth Social, complète le média britannique.

Mais cet accord aurait été négocié "sans que Kiev n’en ait été informé", assure Le Monde, provoquant la "surprise" du président ukrainien Volodymyr Zelensky [Les Échos]. Et ce dernier d'ajouter : "si les Russes acceptent un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques, l'Ukraine l'acceptera. Si le président Trump l'a négocié avec Poutine, qu'on nous dise simplement quand le cessez-le-feu entre en vigueur. Nous sommes prêts et nous l'accepterons'" [Les Échos].

Un accord énergétique jugé illégal

Cette nouvelle annonce américaine fait suite à un accord inédit entre la Russie et les États-Unis. "Le président américain Donald Trump [avait indiqué] vendredi [9 octobre] avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou", explique France info.

Concrètement, le département du Trésor des États-Unis a autorisé la livraison de diesel russe "jusqu'en avril 2027 'afin de permettre l'approvisionnement du marché mondial'. Un accord voulu par le président américain pour essayer de noyer le mécontentement des Américains face à la hausse du prix du diesel", jugent Les Échos.

Or "des élus démocrates et républicains ont mis en cause dimanche 11 octobre la légalité de [cette mesure], affirmant que cela contrevenait à une loi du Congrès américain", alerte Libération. "'La décision du président Trump d'autoriser les importations de diesel russe aux États-Unis va directement à l'encontre de la loi', ont estimé sept sénateurs, dont quatre appartenant au Parti républicain, faisant référence à une loi adoptée par le Congrès en 2022 après l'invasion russe de l'Ukraine et qui interdit l'importation d'énergie russe'", précise France info.

De son côté, le gouvernement américain refuse cette interprétation. "Sachez que toute personne au Congrès qui prétend […] que cela nous est interdit se trompe", a affirmé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent [Libération].

Les frappes sur les infrastructures énergétiques se poursuivent

La solidité de l'accord sur le diesel russe annoncé par Donald Trump est donc limitée, tout comme l'efficacité de la trêve sur les infrastructures énergétiques négociée dimanche soir. Après l'annonce de Trump, "Moscou s’est gardé, pour l’heure, du moindre commentaire", remarque Le Monde. Puis, "des attaques russes ont touché des centrales électriques à Kharkiv et à Kiev après que Trump a annoncé un cessez-le-feu énergétique immédiat, a déclaré Volodymyr Zelensky" dimanche soir [The Kyiv Post].

De son côté, l'Union européenne s'est dit prête à "soutenir une trêve des frappes sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l’Ukraine 'dès qu’elle tiendra'", selon les mots de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas [Le Figaro].

Les dernières négociations de Donald Trump ne s'appliqueraient donc pas réellement, alors qu'elles sont décisives pour lui. Elles interviennent "à moins d'un mois d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite de son [bail] à la Maison-Blanche" [La Libre].

Dans les derniers sondages, la cote de popularité du milliardaire est au plus bas et le coût de la vie est affiché comme la principale priorité des électeurs. "Il a affirmé que cette mesure permettrait de faire baisser les prix des carburants aux niveaux mondial et national", ajoute The Guardian. "Le premier sujet pour Trump, ce sont les midterms et le prix du diesel aux États-Unis. Il est prêt à tout pour montrer qu'il privilégie les intérêts nationaux américains", conclut Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Eurasie de l'Institut français des relations internationales, interrogée par Les Échos.

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09.10.2026 à 12:32

Guerre en Ukraine : des discussions américano-ukrainiennes débutent en présence des Européens

Manon Mazuir

Énième tentative pour mettre fin à la guerre en Ukraine. "Des pourparlers américano-ukrainiens vont se tenir [ce] vendredi et samedi à Miami" en Floride, explique France 24. "La délégation ukrainienne doit rencontrer demain aux États-Unis Jared Kushner", le gendre du président américain agissant en qualité de médiateur inofficiel, "ainsi que Steve Witkoff", l'émissaire spécial, a […]

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Volodymyr Zelensky et Donald Trump, lors de leur rencontre bilatérale en marge du sommet de l'Otan à Ankara le 8 juillet 2026 - Crédits : Daniel Torok / Flickr Maison-Blanche
Volodymyr Zelensky et Donald Trump, lors de leur rencontre bilatérale en marge du sommet de l'Otan à Ankara le 8 juillet 2026 - Crédits : Daniel Torok / Maison-Blanche

Énième tentative pour mettre fin à la guerre en Ukraine. "Des pourparlers américano-ukrainiens vont se tenir [ce] vendredi et samedi à Miami" en Floride, explique France 24.

"La délégation ukrainienne doit rencontrer demain aux États-Unis Jared Kushner", le gendre du président américain agissant en qualité de médiateur inofficiel, "ainsi que Steve Witkoff", l'émissaire spécial, a déclaré jeudi Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a dit "compter également sur la participation d’une équipe européenne" [Le Figaro].

Les Européens ont cette fois été invités autour de la table. "Les États-Unis ont convié les conseillers à la sécurité nationale de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni, ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Otan, à se joindre à des discussions avec l’Ukraine" [Ouest-France].

L'équipe ukrainienne sera composée "du chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Kyrylo Boudanov, de l'ex-ministre de la Défense [aujourd'hui chef du renseignement extérieur, ndlr] Roustem Oumerov et de deux autres hauts responsables, Serguiï Kyslytsia et David Arakhamia", précisent Les Échos. Côté américain, outre Jared Kushner et Steve Witkoff, "des représentants du conseil de sécurité national et du ministère des Finances américain participeront" également aux discussions, indique le quotidien.

"Nouvelles idées"

Les pourparlers porteront sur de "nouvelles idées" avancées par les États-Unis pour mettre fin au conflit avec la Russie, en particulier des "propositions de garanties de sécurité pour l’Ukraine" et "un projet de prospérité pour l’après-guerre", ont précisé des responsables américains cités par le journal belge Le Soir.

"Les efforts de médiation américains étaient au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février mais ont repris ces dernières semaines", contextualise Ouest-France.

"Pour Washington, les inquiétudes autour de l'arrivée de l'hiver et de l'approvisionnement en énergie plaident en faveur d'une reprise des discussions", expliquent Les Échos. "Les Européens ont fait part aux États-Unis de leurs préoccupations face aux coûts élevés de l’énergie et aux autres répercussions financières majeures de la guerre en Ukraine", a indiqué un haut responsable américain cité par Le Figaro. Et d'ajouter : "ils sont tous nerveux à l'arrivée de l'hiver" […]. Les États-Unis essaient donc de jouer les médiateurs avec pour objectif d'aboutir à une proposition commune" [The Kyiv Post].

"Aucune perspective immédiate" de sommet

"Jared Kushner et Steve Witkoff s'étaient rendus en septembre à Moscou et à Kiev mais les pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens n'ont toujours pas recommencé", rappelle Le Figaro. À cet égard, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a jugé jeudi que "l'impasse" actuelle dans laquelle se trouvait le conflit était "très dangereuse". "L'un des camps, ou les deux, vont intensifier ce qu'ils font pour tenter de briser l'adversaire", a-t-il estimé [France 24].

La réponse du chef d'État ukrainien ne s'est pas fait attendre : "on ne peut pas, d’un côté, négocier avec les Russes au sujet de futurs projets économiques, tout en affirmant de l’autre que nous nous trouvons dans une sorte d’impasse diplomatique", a-t-il opposé [Deutsche Welle]. Côté russe, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré jeudi "qu’il partageait l’analyse de Rubio, ajoutant qu’il ne voyait aucune perspective immédiate d’un sommet tripartite entre le président russe Vladimir Poutine, Zelensky et Trump".

Une proposition de cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques 

D'après Le Monde, "un cessez-le-feu partiel portant sur les infrastructures énergétiques et les exportations de céréales" figure parmi les pistes dessinées par Washington. Une solution également envisagée par "l'Ukraine et ses alliés européens" : après plusieurs semaines infructueuses de frappes ukrainiennes destinées à faire chavirer l'économie russe, ceux-ci "plaident désormais pour un cessez-le-feu dans le secteur énergétique et en mer".  

À ce stade, les Occidentaux se heurtent à l'opposition de Vladimir Poutine, qui "avait [déjà] rejeté la semaine dernière une telle idée" [TF1 info]. Toutefois, Steve Witkoff et Jared Kushner "pourraient se rendre à Moscou d’ici à la fin du mois pour de nouveaux entretiens avec Vladimir Poutine" [Le Monde]. "Malgré le scepticisme qui règne à Kiev quant aux perspectives d’une percée, un responsable ukrainien a [fait valoir] que les prochaines élections de mi-mandat aux États-Unis et l’intérêt de la Russie pour un allègement des sanctions pourraient inciter Poutine à accepter une forme de cessez-le-feu" [The Kyiv Post].

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08.10.2026 à 12:17

UE-Chine : le commissaire européen au Commerce à Pékin pour "rééquilibrer les échanges" entre les deux parties

Ugo Bertet

Maroš Šefčovič arrive ce jeudi 8 octobre à Pékin avec pour objectif de "tenter de rééquilibrer les échanges entre l'Union européenne et la Chine, sans déclencher une guerre commerciale" [RFI]. "Le déficit commercial de l'UE avec la Chine atteint un milliard d'euros par jour et s'est creusé de 20 % en un an", précise la […]

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Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce, est à Pékin les 8 et 9 octobre pour deux jours de négociations - Crédits : Claudio Centonze - Commission européenne

Maroš Šefčovič arrive ce jeudi 8 octobre à Pékin avec pour objectif de "tenter de rééquilibrer les échanges entre l'Union européenne et la Chine, sans déclencher une guerre commerciale" [RFI]. "Le déficit commercial de l'UE avec la Chine atteint un milliard d'euros par jour et s'est creusé de 20 % en un an", précise la radio publique française.

Ces négociations s'annoncent comme une "mission particulièrement difficile" selon le commissaire européen au Commerce [Hospodárske noviny]. À la veille de son arrivée, "la Chine a rejeté une demande de l'UE de limiter volontairement ses exportations de voitures hybrides", rappelle BFM TV.

Alors que "Bruxelles et Pékin dialoguent depuis des mois pour résoudre la crise, […] l'UE menace de sévir face à ce que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a qualifié de 'point de bascule'. Mais la Chine prévient qu'elle réagira en cas de mesures qu'elle jugera contraires à ses intérêts", résume France 24.

La quête d'un "équilibre plus juste"

"Nous chercherons des moyens de ramener ce déficit croissant à un niveau acceptable", a indiqué le commissaire européen [Hospodárske noviny].

À Pékin, Maroš Šefčovič cherchera à "obtenir le maximum [sur trois leviers]", précise le média slovaque. Outre le déficit commercial, notamment dans le secteur automobile, l’ingénierie et l’industrie chimique, le commissaire négociera sur "les moyens d'accroître les exportations européennes vers le marché chinois" afin de parvenir à "un équilibre plus juste entre les exportations et les importations". La troisième concerne "la sécurité économique, dans le cadre duquel l’UE aborde la question des approvisionnements en terres rares et en composants technologiques sensibles, tels que les aimants permanents et les puces électroniques", indique Hospodárske noviny. "La dépendance de l'Europe en la matière est très forte", précise France 24.

La Commission entend  repartir de Pékin avec de "premiers résultats concrets", a indiqué un porte-parole de l'exécutif européen [BFM TV]. Les Européens aimeraient obtenir de la Chine "des engagements à réduire volontairement ses exportations dans quelques secteurs clés, notamment les véhicules hybrides", précise France 24.

Paris et Berlin veulent doter l'UE de nouveaux moyens de riposte

En amont de ce déplacement à Pékin, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont préconisé de conférer à la Commission européenne "davantage de pouvoirs pour restreindre ou même couper les importations en provenance de pays qui créent des distorsions sévères et systématiques", précise Politico. Cette proposition doit être présentée lors du prochain sommet européen, mi-octobre, sous la forme d'un outil permettant "d'exclure du marché intérieur les biens et les services d'un pays en guerre commerciale avec l'UE" [BFM TV].

"Si la Chine n'est pas explicitement nommée dans la proposition franco-allemande, elle est clairement visée", note RFI, qui évoque "un changement radical de la position allemande".

En réponse, "le ministère chinois du Commerce a exhorté Berlin et Paris à 's'abstenir d'encourager l'UE à recourir à des outils protectionnistes à tout bout de champ', dont elles risquent au final de 'subir elles-mêmes les conséquences'", souligne France 24.

Le Parlement européen demande une relation plus équilibrée avec Pékin

En parallèle, les discussions avancent aussi à Strasbourg. Les députés européens ont adopté mercredi 7 octobre (454 voix pour, 86 contre et 110 abstentions) "une recommandation concernant les relations de l'UE avec la Chine", rapporte Informat.ro. Le texte demande "des conditions plus équitables pour les entreprises européennes" et classe la surcapacité industrielle chinoise, les subventions publiques et les restrictions d'accès au marché comme "des problèmes de plus en plus importants pour l'économie de l'Union", résume le média roumain.

"Le Parlement demande de réduire les risques créés par les dépendances européennes à l’égard des matières premières critiques, des médicaments, des batteries, des véhicules électriques, des technologies de l’information et de la communication et des semi-conducteurs. […] La réduction de ces dépendances n’est pas présentée comme une interruption des relations économiques avec la Chine", précise Informat.ro.

Le vote est intervenu "juste à temps pour le voyage" du commissaire Šefčovič à Pékin, observe Politico. La rapporteure, Hilde Vautmans (Renew Europe), voulait qu'il y aille "avec le mandat le plus fort possible de cette maison". "L'Europe a une puissance économique. Il est temps de l’utiliser", conclut-elle [Politico].

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07.10.2026 à 12:13

Allemagne : l'arrestation pour espionnage de l'ancien chef du renseignement fragilise les services secrets du pays

Valentin Ledroit

"C'est une information qui a fait l'effet d'une bombe outre-Rhin", résument Les Échos. Mardi 6 octobre au matin, la police allemande a arrêté August Hanning à son domicile. Cet homme de 80 ans a dirigé entre 1998 et 2005 le Bundesnachrichtendienst (BND), le service allemand de renseignement extérieur, "avant de rejoindre le ministère fédéral de […]

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Texte intégral (1843 mots)
August Hanning a dirigé le Bundesnachrichtendienst (BND), le service allemand de renseignement extérieur, entre 1998 et 2005
August Hanning a dirigé le Bundesnachrichtendienst (BND), le service allemand de renseignement extérieur, entre 1998 et 2005 - Crédits : Tim Reckmann / ccnull.de CC-BY-NC 2.0

"C'est une information qui a fait l'effet d'une bombe outre-Rhin", résument Les Échos. Mardi 6 octobre au matin, la police allemande a arrêté August Hanning à son domicile. Cet homme de 80 ans a dirigé entre 1998 et 2005 le Bundesnachrichtendienst (BND), le service allemand de renseignement extérieur, "avant de rejoindre le ministère fédéral de l'Intérieur, où il a occupé le poste de secrétaire d'État jusqu'en novembre 2009", puis de devenir consultant dans le secteur privé [Deutsche Welle].

Selon les premières informations de l'enquête, son ancien directeur de cabinet Manfred D. lui aurait fourni, contre rémunération, des informations secrètes du BND entre 2010 et 2022. "Au total, environ 2 000 documents auraient été transmis […]. Il s'agissait souvent de comptes rendus destinés à des réunions des services organisées à la Chancellerie, au cours desquelles les responsables des services de sécurité échangent leurs points de vue chaque semaine", rapporte le Tagesschau.

Une affaire d'espionnage d'une ampleur potentiellement historique

Pour la Süddeutsche Zeitung, ces révélations pourraient devenir "l'une des très grandes affaires d'espionnage de la République fédérale". Politico évoque de son côté "l'une des plus graves compromissions potentielles du renseignement allemand depuis la fin de la guerre froide".

August Hanning est "fortement soupçonné d’espionnage constituant une trahison d’État, de recueil de secrets d’État, de tentative de trahison d’État ainsi que d’activité d’agent de services secrets", a fait savoir le parquet fédéral dans un communiqué [Le Monde]. "Il aurait notamment utilisé des informations classifiées pour une analyse destinée à un membre d'un service de renseignement étranger". Dans une autre situation, il aurait aussi "échangé pendant des années des informations politiques" avec un représentant d'un autre service de renseignement étranger, relate le journal économique Handelsblatt.

Les documents saisis comprendraient "des rapports extrêmement sensibles", portant notamment sur "le programme nucléaire iranien ou l'armée russe" [Tagesschau]. L'identité des éventuels bénéficiaires demeure incertaine. Selon les informations de plusieurs médias allemands, dont la Süddeutsche Zeitung, le service destinataire de l'une des analyses ne serait "pas la Russie". Politico, citant un responsable du renseignement allemand, affirme de son côté que "ni les services russes ni les services chinois n'étaient impliqués".

Une découverte fortuite

L'enquête est née d'une tout autre affaire. "La procédure en cours a été déclenchée par des découvertes réalisées lors d'une perquisition au domicile de Hanning en septembre 2025", note Handelsblatt. La police cherchait à déterminer si sa société de sécurité privée était liée à une tentative présumée d'enlèvement des enfants de la riche héritière allemande Christina Block.

Les enquêteurs auraient alors découvert un support contenant de nombreux documents secrets récents du BND. "La meilleure découverte jamais réalisée" par la police criminelle de Hambourg dans une affaire d'espionnage, selon les sources policières citées par la Süddeutsche Zeitung. Le BND a ensuite examiné les données et ouvert des vérifications internes, avant que le parquet fédéral ne reprenne l'enquête en mai 2026.

Une crise de confiance au pire moment pour le BND

L'affaire dépasse désormais le seul cas d'August Hanning. Le scandale éclate surtout alors que le gouvernement de Friedrich Merz prépare une réforme destinée à accroître les pouvoirs opérationnels du renseignement extérieur. Les accusations surviennent donc à un "moment particulièrement sensible" pour le BND, estime Politico.

L'épisode a également fait réagir la classe politique allemande. "La confiance absolue est la monnaie d'échange du renseignement", affirme le député conservateur Marc Henrichmann dans Handelsblatt. Son collègue Roderich Kiesewetter avertit que lorsque des informations sensibles arrivent "entre des mains étrangères", cela "nuit et met également en danger nos partenaires".

L'actuel patron du BND, Martin Jäger, assure néanmoins qu'"aucun de [ses] objectifs, aucune de [ses] priorités" ne sont remis en cause par l'affaire [Süddeutsche Zeitung]. D'autant que d'importantes menaces continuent de planer sur le pays, selon lui. La veille de l'arrestation, Martin Jäger avertissait que l'Allemagne risquait d'être "entraînée dans un conflit violent avec la Russie", sur fond de "guerre de l'ombre" menée par Moscou [Les Échos]. 

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