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10.09.2026 à 13:16

Serbie : le président Vučić convoque de nouvelles élections législatives sur fond de crise politique

Léa Deseille

Dans une allocution télévisée, le président de la Serbie, Aleksandar Vučić, a annoncé mercredi 9 septembre "la dissolution de l’Assemblée nationale et la décision de convoquer des élections législatives anticipées, qui auront lieu le 25 octobre 2026", rapporte Politika. "Nous avons besoin de résultats électoraux qui détermineront et montreront clairement la volonté des citoyens - […]

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Le président serbe, Aleksandar Vučić, prononce un discours après avoir rencontré le président du Conseil européen, António Costa, en juin 2026 - Crédits : Conseil européen
Le président serbe, Aleksandar Vučić, prononce un discours après avoir rencontré le président du Conseil européen, António Costa, en juin 2026 - Crédits : Conseil européen

Dans une allocution télévisée, le président de la Serbie, Aleksandar Vučić, a annoncé mercredi 9 septembre "la dissolution de l’Assemblée nationale et la décision de convoquer des élections législatives anticipées, qui auront lieu le 25 octobre 2026", rapporte Politika. "Nous avons besoin de résultats électoraux qui détermineront et montreront clairement la volonté des citoyens - où, dans quelle direction et quelle voie la Serbie va", a-t-il précisé.

Cette décision intervient après que le Premier ministre, Đuro Macut, a appelé lundi à la tenue de nouvelles élections, dans le but "d'apaiser les tensions au sein de la société [serbe]" [Politico].

Et pour cause. Le pays est traversé depuis novembre 2024 par un "vaste mouvement de protestation né de l'effondrement d'un auvent dans la gare de Novi Sad, dans le nord du pays" [France 24]. "Cet accident, qui a fait 16 morts, a provoqué la colère de centaines de milliers de citoyens, emmenés par un mouvement étudiant, qui y voyaient le résultat de la corruption qui gangrène [le pays]", poursuit le média français.

"L’opposition accuse également Vučić et ⁠ses alliés de violence contre les opposants politiques, des liens avec la criminalité organisée et la restriction de la liberté des médias" [Die Zeit], accusations que rejette le président serbe.

Une "campagne électorale" avant l'heure

"Dirigeant nationaliste, Aleksandar Vučić, 56 ans, est au pouvoir en tant que Premier ministre ou comme président depuis plus d’une décennie" [Le Monde]. "Son parti, le Parti progressiste serbe, est classé comme conservateur de droite et populiste de droite", souligne Die Zeit. Élu président en 2017, et réélu en 2022, Vučić a récemment affirmé "qu’il allait démissionner aussitôt après avoir officiellement convoqué les législatives, pour se lancer dans la campagne, laissant entrevoir son ambition de revenir au poste de Premier ministre" [Le Monde]. Il pourrait ainsi conserver le pouvoir, "quel que soit son titre officiel", analyse Die Zeit.

Ces dernières semaines, le président serbe a parcouru la Serbie pour "rencontrer des citoyens et parler des projets économiques et de leurs besoins" [France 24]. Le gouvernement a par ailleurs annoncé "une enveloppe de 980 millions d'euros qui seront distribués […] à plusieurs catégories de citoyens, pour répondre à la crise énergétique et à la hausse des prix" avec, comme premiers bénéficiaires, "les retraités, les vétérans de guerre et certaines catégories sociales".

Face à ce que l'opposition considère comme une "'campagne électorale' avant l'heure" [France 24], les étudiants ont annoncé qu'ils présenteraient leur propre liste au scrutin.

Un État candidat qui s'éloigne de l'Union européenne

Le président Vučić a estimé, pendant son allocution de mercredi, que "la Serbie a choisi une bonne voie européenne, mais en préservant en même temps les amitiés traditionnelles, la fierté nationale et la dignité" [Politika].

Candidate à l'adhésion à l'UE depuis 2012, la Serbie "piétine en raison de réformes jugées insuffisantes en matière d'État de droit ainsi que des tensions persistantes avec le Kosovo" [Le Figaro], ce qui inclut notamment "la mise en place des conditions nécessaires à la tenue d'élections libres et équitables" [Die Zeit]. La Serbie entretient également des "liens étroits avec la Russie", qu'elle refuse de sanctionner depuis 2022 et la guerre d'agression russe en Ukraine.

Cette même semaine, des milliers de personnes se sont rassemblées pour assister aux funérailles du criminel de guerre Ratko Mladic. "Condamné à la prison à perpétuité par un tribunal de l'ONU pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, Ratko Mladić a été inhumé lundi à Belgrade avec les honneurs militaires et en présence de représentants du gouvernement" [Deutsche Welle]. Un événement qui a indigné Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ayant qualifié ces images de "choquantes".

Les élections législatives anticipées du 25 octobre prochain pourraient "mettre le modèle de Vučić à l’épreuve" [Deutsche Welle]. Toutefois, "l’opposition politique en Serbie reste fragile" et personne "ne s'attend à ce qu'une seule élection suffise à redresser les institutions serbes ou à modifier fondamentalement les relations du pays avec l'UE", conclut le média allemand.

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09.09.2026 à 12:39

Guerre en Ukraine : l’Union européenne autorise l’achat par Kiev de systèmes Patriot via le prêt de 90 milliards d’euros

Manon Mazuir

Nécessité fait loi : l'Union européenne a annoncé mardi 8 septembre 2026 "avoir donné son feu vert pour que l’Ukraine puisse acheter des intercepteurs de missiles Patriot, en utilisant une partie du prêt de 90 milliards d’euros qui lui a été accordé par les 27" [Sud-Ouest]. De fabrication américaine, les intercepteurs Patriot sont "particulièrement efficaces contre les […]

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Kiev affirme avoir besoin de 300 missiles intercepteurs Patriot pour se défendre l'hiver prochain - Crédits : Sgt. Alexandra Shea / Wikimedia Commons Public Domain U.S. Department of War
Kiev affirme avoir besoin de 300 missiles intercepteurs Patriot pour se défendre l'hiver prochain - Crédits : Sgt. Alexandra Shea / Wikimedia Commons Public Domain U.S. Department of War

Nécessité fait loi : l'Union européenne a annoncé mardi 8 septembre 2026 "avoir donné son feu vert pour que l’Ukraine puisse acheter des intercepteurs de missiles Patriot, en utilisant une partie du prêt de 90 milliards d’euros qui lui a été accordé par les 27" [Sud-Ouest].

De fabrication américaine, les intercepteurs Patriot sont "particulièrement efficaces contre les missiles balistiques tirés presque quotidiennement par la Russie sur l’Ukraine, et que Kiev peine à abattre, faute d’intercepteurs", explique Le Temps. "Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de réclamer l’aide de ses alliés pour lui en fournir davantage, mais la guerre en Iran a lourdement ponctionné les stocks disponibles", poursuit le journal suisse.

"Je salue l’accord des États membres sur la dérogation accordée à l’Ukraine pour acheter des matériels cruciaux pour les systèmes de défense aérienne Patriot", a déclaré mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, citée par Sud-Ouest. Kiev va pouvoir "utiliser la prochaine tranche du prêt européen, d’un montant de 3,2 milliards d’euros, 'pour mieux protéger son ciel des attaques russes indiscriminées'", a confirmé la cheffe de l'exécutif européen [Le Temps].

Dérogation à la préférence européenne

"C'est la première fois que Kiev est autorisée à mobiliser ce prêt pour acheter des intercepteurs Patriot fabriqués aux États-Unis, face à une pénurie critique de munitions antiaériennes ukrainiennes", indique le quotidien régional L'Indépendant.

Car "l’une des conditions apportées à l’octroi de ce prêt de 90 milliards d’euros est la priorité donnée à l’achat d’équipements fabriqués en Europe", commente la RTBF. Or "le système de défense antiaérienne Samp-T NG, de fabrication franco-italienne, est encore peu disponible pour l’instant", poursuit le média belge.

Au total, "l'Ukraine s'apprête à se procurer environ 1 000 missiles Patriot au cours des prochaines années, avec l'aide de ses alliés et grâce [au] prêt de l'Union européenne, a déclaré mardi" le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Ievgueniï Khmara [The Guardian].

Toutefois, la plupart de ces missiles "ne pouvant être livrés que dans les années à venir, [le pays en guerre avec la Russie] appelle […] ses alliés à lui fournir dès à présent des moyens de défense antiaérienne provenant de leurs propres stocks, en échange de missiles plus performants issus de ces contrats dans le futur" [RTBF]. Kiev affirme "avoir besoin de 300 missiles intercepteurs Patriot pour se défendre pendant l’hiver", relaie The Guardian.

Livraisons européennes

En réponse à l'appel de l'Ukraine, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a promis à la suite d'une réunion virtuelle du groupe de contact pour la défense de l'Ukraine (une organisation rassemblant une cinquantaine de pays), mardi 8 septembre, "d'envoyer des missiles pour le système de défense antiaérienne Patriot provenant du stock de la Bundeswehr [l'armée allemande] à l'Ukraine"  [La Dépêche]. Le ministre allemand n'a cependant "pas précisé le nombre de systèmes concernés ni évoqué de calendrier", souligne TFI Info.

"J'appelle tous les membres du groupe de contact pour la défense de l'Ukraine à examiner leurs propres stocks et à effectuer des livraisons similaires", a également déclaré Boris Pistorius, cité par La Dépêche.

Berlin emboîte ainsi le pas de Londres, le secrétaire d’État britannique à la Défense, Wes Streeting, ayant annoncé le même jour que "le Royaume-Uni consacrerait 100 millions de livres sterling (116 millions d’euros) au renforcement des capacités de défense aérienne de l'Ukraine cet hiver, notamment grâce à des Patriot" [Agence Europe] mais aussi des "munitions de gros calibre et des drones" [TFI Info].

De leur côté, "la France et l'Italie accélèrent pour mettre à disposition de l'Ukraine leurs systèmes de défense aérienne SAMP/T", car la situation devient critique compte tenu de "la recrudescence attendue des attaques russes cet hiver" [Les Échos]. "Les Européens qui participent au mécanisme Purl de l'Otan pour acquérir des armes pour l'Ukraine, promettent toutefois de livrer à temps", relate le quotidien français. 

Aucun signe d'assouplissement

Hier encore, Vladimir Poutine et Donald Trump "se sont entretenus une heure par téléphone" avec pour objectif "de relancer les tentatives des États-Unis - au point mort depuis longtemps - d’arrêter les combats via de nouvelles discussions en face-à-face entre les deux belligérants", informe 20 Minutes.

Le chef d’État russe a indiqué au président américain "que la Russie n’avait aucune 'visée agressive' à l’égard de l’Europe" [Le Monde]. Il a toutefois "régulièrement affirmé que son armée progressait sur l’ensemble du champ de bataille et que la conquête de la totalité de la région du Donbass, dans l’Est, n’était qu’une question de temps", rappelle Le Parisien.

Volodymyr Zelensky a déclaré "que des négociateurs russes, ukrainiens et américains pourraient se réunir dès ce mois-ci pour discuter d’une issue pacifique", selon 20 Minutes, "mais la Russie s’est montrée plus réservée, estimant lundi qu’il était 'trop tôt' pour parler concrètement d’une telle rencontre".

Selon Le Monde qui cite l’agence Bloomerg, "le président russe n’a montré aucun signe d’assouplissement lors des discussions avec les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner" le week-end dernier. "Moscou entendrait, au contraire, intensifier ses frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, en pariant sur une position plus favorable au printemps", analyse le journal français.

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08.09.2026 à 12:04

Groenland : face aux ambitions de Donald Trump, l'Union européenne veut être "plus présente" dans l'Arctique

Valentin Ledroit

"Tous les regards sont tournés vers le Groenland", entame Le Monde. Huit mois après les menaces américaines d'annexion, Ursula von der Leyen était de retour à Nuuk dimanche 6 et lundi 7 septembre. Une visite destinée à "resserrer les liens" entre l'Union européenne et le territoire autonome dépendant du Royaume du Danemark, résume le quotidien. "L'Europe fait un […]

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Ursula von der Leyen (à gauche), aux côtés du Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et de la cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, dimanche 6 septembre
Ursula von der Leyen (à gauche), aux côtés du Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et de la cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, dimanche 6 septembre - Crédits : Aurore Martignoni / Commission européenne

"Tous les regards sont tournés vers le Groenland", entame Le Monde. Huit mois après les menaces américaines d'annexion, Ursula von der Leyen était de retour à Nuuk dimanche 6 et lundi 7 septembre. Une visite destinée à "resserrer les liens" entre l'Union européenne et le territoire autonome dépendant du Royaume du Danemark, résume le quotidien.

"L'Europe fait un choix : celui d'être plus présente et plus impliquée au Groenland et dans l'Arctique", a indiqué la présidente de la Commission européenne après avoir dévoilé un programme d'investissement de 200 millions d'euros en faveur de l'île. À travers la signature d'une déclaration commune et de ce nouveau programme, Ursula von der Leyen entend ainsi "renforcer [la] présence politique, économique et sécuritaire [de l'UE] dans l'Arctique", relève Politico.

Côté groenlandais, le rapprochement est aussi accueilli favorablement. Le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen estime que l'UE s'est montrée non seulement comme un partenaire important, mais aussi comme un "ami loyal et digne de confiance", rapporte le journal danois Politiken.

Des investissements dans l'énergie, internet et les matières premières

L'aide européenne, mise en place dans le cadre de la stratégie "Global Gateway", devrait se traduire par des projets dans trois domaines clés : "la connectivité, l'énergie propre et les matières premières critiques", énumère Deutsche Welle. "Et bien sûr, davantage d'opportunités pour la population du Groenland", a ajouté Ursula von der Leyen.

Concrètement, ces fonds devraient permettre "d'améliorer les connexions internet, de développer l'hydroélectricité ou encore de soutenir la pêche et l'éducation", détaille ABC News. "Le logement, les petites entreprises et le tourisme durable" devraient également en bénéficier, complète la chaîne américaine.

Cette nouvelle relation doit s'inscrire dans la durée. En plus des 200 millions d'euros (environ 1,5 milliard de couronnes danoises) annoncés lundi, la présidente de la Commission "a promis de doubler le soutien de l'UE pour le porter à 530 millions d'euros (un peu moins de 4 milliards de couronnes danoises) d'ici 2034", note Politiken.

Soutien européen face aux pressions américaines

Pour ABC News, "l'Union européenne cherche à rassurer un Groenland inquiet en lui promettant un partenariat renforcé et des centaines de millions d'euros d'investissements, après les menaces répétées du président américain Donald Trump de prendre le contrôle de l'île". Le média américain rappelle que les Européens accordent "une attention accrue" à l'île arctique depuis que le pensionnaire de la Maison-Blanche "insiste pour que les États-Unis prennent le contrôle de l'île pour des raisons de sécurité".

Ces menaces n'ont pas disparu. Hier encore, "Donald Trump a publié […] sur son réseau Truth Social une carte représentant une grande partie de l’Amérique du Nord et des Caraïbes sous les couleurs du drapeau américain" [Le Figaro]. "Le visuel englobe notamment le Groenland, Cuba, […] l’Islande [et même] plusieurs territoires français, dont la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon".

"Sans prononcer le nom du président américain", Ursula von der Leyen a fait directement référence aux précédentes déclarations du président américain, affirme RFI. "C'est aux habitants du Groenland et du Danemark de décider de l'avenir du Groenland. À personne d'autre", a-t-elle assuré lors d'une conférence de presse.

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07.09.2026 à 10:53

"Un séisme politique" : l'extrême droite allemande remporte les élections régionales en Saxe-Anhalt, un signal fort pour l'UE

Florian Chaaban

"Un séisme politique", titre France info, un "tournant décisif", juge le magazine allemand Der Spiegel. "Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), fondé en 2013, a enregistré, dimanche 6 septembre, le meilleur résultat de son histoire [en Saxe-Anhalt], Land de l'ancienne Allemagne de l'Est, tandis que le parti du chancelier Friedrich Merz [s'est effondré]" [Le Monde]. Selon les résultats […]

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Texte intégral (2389 mots)
Emmenée par Ulrich Siegmund (35 ans), l'AfD pourrait devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un Land depuis 1945 - Crédits : MatthiasK2007 / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
Emmenée par Ulrich Siegmund (35 ans), l'AfD pourrait devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un Land depuis 1945 - Crédits : MatthiasK2007 / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Un séisme politique", titre France info, un "tournant décisif", juge le magazine allemand Der Spiegel. "Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), fondé en 2013, a enregistré, dimanche 6 septembre, le meilleur résultat de son histoire [en Saxe-Anhalt], Land de l'ancienne Allemagne de l'Est, tandis que le parti du chancelier Friedrich Merz [s'est effondré]" [Le Monde].

Selon les résultats encore provisoires arrêtés à 3h21 ce lundi matin, le parti a recueilli "43,8 % des voix. Il a ainsi plus que doublé son score par rapport aux dernières élections de 2021 et réalise son meilleur [score] jamais obtenu lors d'élections régionales", analyse La Tagesschau. "Loin derrière, la CDU du ministre-président du Land, Sven Schulze, arrive en deuxième position avec 17,2 %". Soit "le pire résultat jamais enregistré par le parti en Saxe-Anhalt". Derrière, "le Parti social-démocrate obtient 9,3 % des voix, les Verts 8,9 %, le parti radical de gauche Die Linke 8,6 %" [Les Échos].

Mais en dépit de son "succès écrasant" [La Libre], l'AfD n'est toutefois "pas parvenue à obtenir la majorité absolue au parlement régional", avec 39 sièges sur 83.

"Nous avons écrit une page d'histoire"

Fier de ce résultat, la tête de liste de l'AfD, Ulrich Siegmund, estime que sa formation a "écrit une page d'histoire" [Les Échos]. "Dans ce Land considéré comme l'un des plus pauvres d'Allemagne, le parti d'extrême droite a surfé sur le sentiment de déclassement de la population, la peur d'une partie des électeurs d'une dilution de leur identité allemande, mais aussi sur le talent de communicateur et la maîtrise des réseaux sociaux de son dirigeant", complète le quotidien économique.

Si le RN est pour l'heure "[resté] silencieux" [Ouest-France], d'autres voix se sont fait entendre en France. Comme celle du Ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, qui considère ce résultat comme "un moment grave en Europe", et a exhorté à "entendre avec humilité les colères, les inquiétudes, les peurs et y répondre".

Pour Der Spiegel, le danger "dépasse largement les frontières de la Saxe-Anhalt. Pendant la campagne, beaucoup ont affirmé que [ce territoire] était un petit Land et que son importance ne devait pas être surestimée. Mais c’est faux. Depuis que l'AfD a gagné en puissance, chaque élection régionale a acquis une dimension politique nationale". Plus encore, "la fin de la démocratie libérale en République fédérale devient envisageable", estime le journal.

L'Europe en toile de fond

"A contrario du Rassemblement national en France, l'extrême droite allemande n'a cessé de se radicaliser ces dernières années, ce qui ne l'a pas empêchée d'attirer de plus en plus d'électeurs, tandis que le RN coupait les ponts avec la formation allemande au Parlement européen" [Les Échos].

Ces élections régionales étaient considérées comme un test décisif pour déterminer si l'AfD, "parti anti-immigrés et pro-russe - désormais [vainqueur] dans la plus grande économie de l’Union européenne", pourrait réussir à "transformer sa popularité électorale en une place au sein du gouvernement" [Politico]. Le parti lui-même n'a jamais caché qu'il voyait dans la Saxe-Anhalt "un modèle pour ses ambitions nationales, avec pour slogan : 'Ça commence ici'".

D'autant que le plébiscite est clair. "Plus des trois quarts (77,8 %) des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes" dimanche, observe La Libre. Il s'agit du taux de participation "le plus élevé en Saxe-Anhalt depuis la réunification allemande".

"L'Union européenne a également suivi de près ces élections", avance la BBC. "Les douze prochains mois s'annoncent comme une saison électorale chargée dans toute l'UE. Des scrutins sont prévus dans des pays clés tels que la France, l'Italie, l'Espagne et la Pologne". Et Bruxelles "craint que davantage de partis 'extrêmes', tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique, ne tirent profit de cette situation à tous les niveaux".

Un revers pour Friedrich Merz

Il n'y a pas qu'à l'échelle européenne que ce scrutin envoie un signal fort. "Le revers est sévère pour Friedrich Merz. Impopulaire, le chef de la CDU s'est peu impliqué dans cette campagne locale. La cuisante défaite de [dimanche soir] risque d'affaiblir davantage le chancelier et pourrait fragiliser sa position à la tête du gouvernement fédéral", analyse Euronews.

"Nombre de militants de la CDU tiennent le chancelier pour responsable de leur défaite en Saxe-Anhalt", écrit Le Monde, se faisant l'écho de l'un d'entre eux : "beaucoup votent en raison de la situation au niveau fédéral, c’est-à-dire à cause de Friedrich Merz, et voilà le résultat". Le chancelier, qui ne s'est pas encore exprimé sur l'issue de ce vote, doit s'exprimer ce lundi à 13h30. "Le plus européen [des partis allemands], pilier de toutes les alliances, a perdu le cap et doit décider comment réagir" [Corriere della Sera].

Se pose désormais la question des alliances. Si "la co-présidente nationale de l'AfD, Alice Weidel, a déclaré que le parti disposait d''un mandat très clair pour gouverner'" [Politico], la répartition des 83 sièges va se faire "à la proportionnelle entre les partis qui ont obtenu plus de 5 %" [Ouest-France]. "Or un seul parti acceptait dimanche soir de discuter pour former une coalition avec l'AfD, le BSW de Sahra Wagenknecht", "un tout jeune mouvement qui se veut de gauche, mais dont certaines positions, sur l'immigration ou la guerre en Ukraine, ne sont pas si éloignées de l'AfD" [France 24].

Dans l'immédiat, le ministre-président Sven Schulze (CDU) et son gouvernement "restent en fonctions pour expédier les affaires courantes. Le nouveau Parlement régional devra se réunir au plus tard le 6 octobre, soit trente jours après le scrutin", note Le Monde.

Le "cordon sanitaire" "défendu par l'ensemble de la classe politique allemande, hors AfD, tient encore. Jusqu'à quand ?", s'interroge France info.

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15.07.2026 à 13:34

Un 14 juillet d'une ampleur "massive" aux couleurs de l'Europe et de l'Ukraine

Amélie Philotas

Un 14 Juillet "XXL aux couleurs de l'Ukraine et de ses alliés" [France 24]. C'est avec un esprit très européen que s'est déroulé, ce mardi, le traditionnel défilé sur l'avenue des Champs-Élysées, à Paris. Une parade d'une ampleur "massive", mobilisant 6 700 militaires à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules. Le défilé a […]

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Texte intégral (2006 mots)
Cette année, le défilé du 14 juillet mettait à l'honneur la coalition des volontaires pour l'Ukraine - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
De nombreux chefs d'État et de gouvernement européens étaient présents dans la tribune officielle - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

Un 14 Juillet "XXL aux couleurs de l'Ukraine et de ses alliés" [France 24]. C'est avec un esprit très européen que s'est déroulé, ce mardi, le traditionnel défilé sur l'avenue des Champs-Élysées, à Paris. Une parade d'une ampleur "massive", mobilisant 6 700 militaires à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules.

Le défilé a également réuni 500 soldats venus des 35 pays de la "coalition des volontaires", en présence d'un bon nombre de leurs dirigeants respectifs. Des militaires ukrainiens ont aussi pris part au cortège, tandis que le président Volodymyr Zelensky a assisté à l'événement depuis la tribune.

Cette édition, qui marque la dernière du double quinquennat d'Emmanuel Macron, a mis en avant le "réveil stratégique de l’Europe" et une armée "prête au combat", selon l’Élysée [Le Monde]. Le chef de l'État "qui quittera le pouvoir en 2027, [a souhaité] aussi montrer la remontée en puissance des armées françaises en dix ans de présidence, au cours de laquelle le budget de défense français aura doublé" [Sud Ouest].

Mettre en lumière la coalition des volontaires

"L’objectif de ce dixième et dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que chef d’État : illustrer de la manière la plus convaincante possible le soutien français et européen à l'Ukraine, et montrer au monde la force retrouvée de la nouvelle coalition européenne face à la Russie", résume L'Express.

La coalition des volontaires est une initiative portée par la France et le Royaume-Uni afin de garantir une paix durable en Ukraine après un hypothétique cessez-le feu avec la Russie. Elle réunit "la quasi-totalité des pays européens, membres ou non de l'Union européenne, ainsi que la Turquie et le Canada, deux membres importants de l'Otan, mais aussi l'Australie, le Japon ou la Nouvelle-Zélande", rappellent les Échos.

Ce mardi, sur les Champs-Élysées, près de 500 soldats de 35 pays de la coalition des volontaires pour l’Ukraine ont ouvert le défilé sous les yeux de leurs chefs d’État ou de gouvernement respectifs, notamment l’Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer ou encore le Polonais Donald Tusk. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le général Grynkewich, commandant suprême de l'Otan, ont aussi été conviés à l'événement.

"Les États-Unis, eux, sont les grands absents de cette coalition. Le rédacteur en chef de la revue Conflit [Jean-Baptiste Noé] rappelle que cette coalition est née durant une période de tension entre l’Ukraine et les États-Unis. Une bonne manière pour les Européens d’exister en dehors de l’Otan", souligne RCF.

La présence ukrainienne, un symbole

La parade militaire est une autre manière pour Emmanuel Macron de réaffirmer son soutien à l'Ukraine : l'ouverture du défilé par la Patrouille de France, "accompagnée de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France" [France 24]. Au sol également, l'Ukraine était à l'honneur. Le défilé a été marqué par la présence de vingt-cinq militaires ukrainiens, "applaudis par la tribune présidentielle et notamment par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui-même ovationné à son arrivée", complète le média international.

Selon le président français, la présence de militaires ukrainiens sur la célèbre avenue parisienne apparaît comme un "symbole de fraternité, de courage et de destin partagé" [TV5 Monde]. La veille, le président ukrainien a pris part à un sommet de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, qui accueillait deux nouveaux participants : la Moldavie et la Macédoine du Nord.

Avec ces deux ajouts, la coalition des volontaires compte désormais 36 membres. En effet, mardi, la Bulgarie a annoncé son retrait de l'alliance. "Nous ne faisons pas partie d’une coalition qui insiste sur la poursuite de l’aide financière et militaire à l’Ukraine", a ainsi déclaré le Premier ministre pro-russe Roumen Radev à l'issue du défilé [Ouest-France].

Soutien accru à Kiev

Au cours de cette rencontre, les pays membres "ont convenu de soutenir Kiev dans la durée, y compris pour certains par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un hypothétique cessez-le-feu conclu avec la Russie" [TV5 Monde]. La France et l'Ukraine ont également conclu une "feuille de route" prévoyant l'acquisition par Kiev de 16 avions de combat Rafale et leurs armements. "Les premiers doivent voler dans les airs ukrainiens dès 2028-2029", a annoncé le président français [Les Échos].

Pour renforcer sa défense antiaérienne, l'Ukraine va également se doter "d'une première série de batteries SAMP/T de nouvelle génération qui viennent compléter les systèmes qui seront livrés avec leurs missiles dans les semaines à venir", a ajouté Emmanuel Macron, cité par le journal économique.

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10.07.2026 à 12:45

Espionnage : l'Italie expulse deux agents russes sous couverture diplomatique

Manon Mazuir

"À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion", entame L'Express. L'Italie a annoncé, jeudi 9 juillet, "l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son territoire sous couverture diplomatique, dénonçant une 'ingérence grave et inacceptable'", informe Libération. "Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux […]

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Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé l'utilisation par la Russie d'armes hybrides contre l’Italie et l’Occident - Crédits : Дмитрий Шулейко / iStock
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé l'utilisation par la Russie d'armes hybrides contre l'Italie et l'Occident. Ici, l'ambassade russe à Rome - Crédits : Dmitri Chouleyko / iStock

"À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion", entame L'Express. L'Italie a annoncé, jeudi 9 juillet, "l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son territoire sous couverture diplomatique, dénonçant une 'ingérence grave et inacceptable'", informe Libération.

"Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux attachés militaires de l'ambassade de la Fédération de Russie en Italie, impliqués dans des activités d'espionnage", a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani [Le Figaro]. Le chef de la diplomatie italienne a ainsi "communiqu[é] à l'ambassadeur russe à Rome qu'Ivan Petrovich Gorbachev et Mikhaïl Astakhov [devaient] quitter [la capitale italienne] dans un délai de trois jours" [France 24].

Une décision forte, à laquelle Moscou a promis "une réponse appropriée", relate le média français, citant l'agence de presse Ria Novosti. De son côté, l'ambassadeur russe à Rome, Alexeï Paramonov, s'en est pris "à la diplomatie italienne, accusée de vouloir limiter l'influence russe dans la péninsule" [L'Express].

Des informations liées à l'Ukraine et à la sécurité européenne

"Au moins un des deux agents russes a collecté, en échange d'argent, des informations relatives au système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T, que l'Ukraine doit recevoir cette année pour le tester, et aux missiles franco-italiens Aster déjà livrés à Kiev", précise Libération. Il "s'intéressait également à la mission de l'Otan en Bulgarie ainsi qu'à l'entreprise italienne Avio, qui produit des moteurs de drones et des missiles supersoniques", complète le quotidien français.

L'annonce de ces expulsions "intervient deux jours après l'arrestation de deux anciens agents des services de renseignement italiens accusés d'avoir livré à Moscou des informations sensibles relatives notamment à l'aide militaire à l'Ukraine", explique Le Télégramme.

Les deux affaires seraient liées, l'un des agents russes étant "accusé d'avoir rémunéré l'un des deux ex-espions italiens, selon une enquête de la justice italienne", poursuit le journal régional. Comme le révèlent des écoutes, "de nombreux fichiers [auraient] été transmis [par Gavino Raoul Piras, ancien des services de renseignement italien] à l'agent des services secrets russes, Mikhaïl Astakhov, l'un des deux fonctionnaires expulsés", rapporte la Rai.

"Les juges italiens décrivent des documents classifiés, allant du 'confidentiel' au 'secret', et parfois marqués 'Nato (Otan) Secret'" [L'Express]. Il n'y aurait cependant, selon la justice, aucun "risque potentiellement préjudiciable de manière exceptionnellement grave aux intérêts de la République", dans la mesure où "aucune information ne semble en effet avoir été classée 'très secret'", nuance la Rai.

Guerre hybride

"Ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg", a estimé mardi dernier le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, cité par France 24, dénonçant "un conflit hybride" mené par Moscou. Même son de cloche du côté d'Antonio Tajani, pour qui la Russie "continue d'utiliser des 'armes hybrides' contre l'Italie et l'Occident" [L'Express].

Moscou n'en est pas à son premier coup d'essai en Italie. En 2021, "deux diplomates russes avaient déjà été expulsés après l'arrestation de Walter Biot, officier de la marine italienne accusé d'avoir vendu à l'ambassade russe des documents italiens et de l'Otan" [L'Express].

"Depuis le sommet de l'Otan à Ankara, le ministre de la Défense a reconnu sans détour la vulnérabilité du pays face à la pénétration russe" : "je ne suis pas surpris, les espions sont partout", a-t-il déclaré [L'Opinion]. Avant de rappeler que l'offensive de Moscou "ne se limite pas à la recherche d'informations classifiées, mais vise aussi l'espace public, à travers les réseaux sociaux, les opérations d'influence et la manipulation de l'opinion, à un an des élections législatives de 2027", souligne le quotidien français.

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