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10.03.2026 à 08:44

Agent automate et insoumission : faut-il désynchroniser ?

Framatophe

L’émergence contemporaine de l’intelligence artificielle, et plus spécifiquement son glissement vers l’agent autonome, marque une rupture épistémologique que la pensée critique ne peut plus ignorer sous peine de sombrer dans l’anachronisme. Nous avons quitté l’ère du programme-outil pour celle de … Lire la suite­­
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L’émergence contemporaine de l’intelligence artificielle, et plus spécifiquement son glissement vers l’agent autonome, marque une rupture épistémologique que la pensée critique ne peut plus ignorer sous peine de sombrer dans l’anachronisme. Nous avons quitté l’ère du programme-outil pour celle de l’opérateur capable de naviguer, de manipuler et de s’autocorriger. Cette mutation n’est pas une simple avancée incrémentale, mais l’aboutissement d’une trajectoire historique dont il faut saisir la profondeur pour armer notre résistance. Ce billet est surtout prospectif, il ne relève pas d’une pensée aboutie et encore moins prescriptive.

Éviter l’anachronisme

Historiquement, la machine était conçue comme une extension de l’organe ou une prothèse de l’intellect. C’est le concept d’outil chez Simondon. Ce dernier montrait que l’évolution technique tend vers la concrétisation : la machine devient de plus en plus cohérente en elle-même, la fonction implique la transformation de la machine (l’idée du progrès au XVIIIe siècle). Avec l’IA contemporaine (oui, parce qu’on parle d’IA depuis bien, bien longtemps), on quitte le stade de la simple prothèse (qui exécute une commande) pour entrer dans celui de l’agent (qui interprète une intention et produit une stratégie). La machine n’est plus seulement au bout de l’esprit, elle commence à occuper l’espace de la décision intermédiaire.

L’agentivité autonome actuelle rompt avec la linéarité qu’on tend généralement à supposer lorsqu’on parle d’histoire des techniques (si on n’est pas historien des techniques, la plupart du temps, c’est ainsi qu’on voit les choses). Le système technique n’est plus un simple intermédiaire entre une intention et un résultat, mais un dispositif capable de définir ses propres sous-objectifs et de corriger ses trajectoires d’exécution en temps réel. Cette autonomie opérationnelle déplace le curseur de la décision, créant un système technique où l’opérateur humain intervient par la consigne de haut niveau plutôt que par le pilotage de précision. Et le paradoxe, c’est que ce faisant, nous créons un système hiérarchique radical dans lequel la plupart des opérateurs humains deviennent eux-mêmes des rouages, lorsque par exemple l’algorithme impose sa loi au livreur, au manutentionnaire, au vendeur. Toutes les professions, y compris les plus intellectuelles, sont désormais destinées à produire ce que Cory Doctorow nomme des centaures inversés.

La violence technologique que je mentionne ces derniers temps dans mes écrits m’inspirant de la pensée de Detlef Hartmann, se superpose à cette lecture. Dans le capitalisme industriel, les individus sont dépossédés de leur autonomie et rendus étrangers à leur propre activité. Dès les années 1970-1980, cette logique d’aliénation s’étend de la production industrielle à la production symbolique et intellectuelle par l’informatisation des tâches, toujours au service du contrôle et de la rationalisation capitalistes. La violence technologique prolonge ainsi la violence structurelle du capital en cherchant à formater les dimensions qualitatives de l’existence humaine (l’intuition, l’émotion, l’imaginaire) selon les exigences d’un ordre rationnel formel. Cette normalisation constitue une violence en ce qu’elle privilégie l’accumulation et le contrôle, réduit la richesse des facultés humaines à des catégories limitées et entrave les pratiques d’émancipation ainsi que la capacité collective à transformer consciemment le monde.

L’introduction des agents dans le système technique numérique modifie la structure de la preuve et de la responsabilité technique. Dans le paradigme du logiciel classique, la réponse est déterministe et traçable dans le code. Avec les modèles d’action autonomes, le système procède par inférences probabilistes et par itérations imprévisibles sur des interfaces tierces. Cette opacité du processus décisionnel, cette boîte noire, remet en cause l’imaginaire de la maîtrise technique, où l’utilisateur est censé comprendre et contrôler chaque étape de la transformation du réel par la machine (même si dans bien des cas, c’est vraiment imaginaire).

En s’extrayant de la simple génération de texte pour interagir directement avec les systèmes d’exploitation et les réseaux, les modèles d’IA aujourd’hui créent un nouveau milieu. Elles deviennent des acteurs dans l’infrastructure numérique. Elles imposent une cohabitation dans laquelle les processus automatisés s’autoalimentent, réduisant ainsi la latence entre la conception et l’application, mais augmentant radicalement la complexité du système technique global.

L’anachronisme consiste à s’obstiner à analyser l’IA comme un simple automate sophistiqué. La spécificité de l’agent autonome réside dans sa capacité de planification et d’adaptation face à l’imprévu. Ignorer cette dimension conduit à une méprise sur la nature même de la puissance de calcul contemporaine : elle n’est plus seulement quantitative (vitesse de traitement), mais qualitative (capacité de médiation et de substitution dans des tâches cognitives et décisionnelles complexes).

Mechanical Head (The Spirit of Our Time), Raoul Hausmann (env. 1920). Wikipedia

L’IA dans l’histoire de l’arraisonnement technique

Pour comprendre l’IA, il faut l’inscrire dans l’histoire de l’informatisation des organisations amorcée dans les années 1960-1970. Nous sommes alors passés d’un moment technique à un autre, entre « faire travailler les machines » à notre place, à la constitution de « systèmes d’information ». Cela a transformé l’ordinateur en un pivot du management, visant la quantification du réel, et en particulier la productivité de l’homme et son comportement (marketing). Déjà à cette époque, le discours sur la « neutralité technique » servait de paravent à une volonté de monitoring social et de rationalisation productiviste.

Je ne peux m’empêcher de penser (c’est peut-être justement un réflexe anachronique, donc : prudence) que l’IA générative contemporaine marque l’aboutissement technique de ce que Marx nommait le « sujet automate » : un stade dans lequel le système de machinerie ne se contente plus d’assister l’homme, mais s’autonomise pour devenir un processus de production de valeur dont l’humain n’est plus que l’accessoire. Dans cette configuration, l’IA n’est plus un outil inerte, mais un agent capable de gérer ses propres itérations. Dans un récent article Matt Shumer (oui, encore un entrepreneur de l’IA, mais on peut aussi le lire, ce n’est pas inutile), mentionne le modèle GPT-5.3 Codex : la machine contribue désormais à sa propre création en déboguant son code de formation et en optimisant elle-même son déploiement. En fermant cette boucle de rétroaction, l’IA instaure un métabolisme technique qui s’autoalimente : elle écrit le code des générations futures, créant une accélération où la puissance de calcul se valorise elle-même.

Cette mutation transforme notre rôle : nous passons du statut d’opérateur pilotant une machine, ou d’opérateur annexe à la machine (le livreur surveillé par l’algorithme qui lui dit où déposer le colis et en combien de temps) à celui de simple fournisseur de ressources. À moins de faire partie d’une élite des big tech, nous sommes en train de passer du statut déjà peu enviable de périphérique biologique d’un système algorithmique à celui d’un terreau d’où le système extrait les données nécessaires à sa propre maintenance. Il en résulte une « seconde nature » technologique, telle que décrite par Jacques Ellul et Langdon Winner : un environnement si totalisant et si profondément imbriqué dans nos formes de vie qu’il devient invisible à nos yeux. Nous basculons alors dans un somnambulisme technologique, acceptant comme inéluctable un cadre de vie où la technologie dicte ses propres normes de fonctionnement1.

Le braconnage culturel est-il une impasse ?

Ces deux dernières années, je me suis appuyé sur deux concepts qui permettent de se figurer des méthodes d’émancipation de ce cadre de vie ainsi imposé. Celui de mètis repris de James Scott, dans L’œil de l’État, et celui de braconnage culturel, repris de Michel de Certeau, dans L’invention du quotidien (voir la troisième section de cet article). Autant mener résistance contre un système totalitaire par la ruse laisse au moins un horizon ouvert de techniques à tester et à éprouver (on pense par exemple au Fediverse et ses protocoles), autant les tactiques de M. de Certeau me semblent désormais quelque peu obsolètes. Que nous dit M. de Certeau ? Il nous parle des tactiques du quotidien qui permettent, par des usages imprévus, de détourner l’ordre imposé. J’y voyais comme lui autant d’actes possibles de résistance, comme détourner des objets de leurs finalités ordonnées par leur marchandisation. Souvenez-vous par exemple de la Pirate Box qu’il était possible d’installer sur un routeur TP-Link. Mais aujourd’hui, nous devons affronter quelque chose de beaucoup plus brutal : l’IA générative semble immunisée contre ce braconnage car elle ne se contente plus de prescrire un usage… elle l’absorbe.

Le braconnier joue sur les failles d’un système rigide. L’agent IA, lui, est par définition malléable et adore les déviations. Chaque tentative de détournement devient une nouvelle donnée d’entraînement, une itération supplémentaire qui permet au système de corriger ses erreurs et d’intégrer la subversion dans sa propre logique formelle. Le système se fiche du sens de votre révolte tant qu’il peut en modéliser le comportement. Le braconnage numérique risque donc de n’être qu’une collaboration involontaire à l’emprise algorithmique « voulez-vous que je vous aide à créer votre Pirate Box ? »

Quelle mètis pour l’insoumission ?

Dès lors, il ne s’agit plus de ruser dans le système, mais de ruser contre son intelligibilité. Notre mètis doit devenir une intelligence de la désynchronisation :

  1. Le sabotage de la prédictibilité : puisque le capitalisme de surveillance tend à une augmentation des degrés de certitude, l’insoumission passe par l’injection de « bruit » et l’entretien de zones de haute tension identitaire. On peut penser aux pratiques de data obfuscation. Il faut refuser la standardisation des subjectivités en multipliant les appartenances contradictoires que l’algorithme ne peut réduire à un profil de consommation cohérent. Hélas, le principal biais de cette approche, c’est l’épuisement à transformer notre quotidien en lutte permanente, coûteuse et aux résultats incertains, contre des machines qui, elles, ne s’épuisent pas. Reste à s’appuyer sur le droit et les garde-fous de type RGPD et AI-Act… suffiront-ils ? j’ai des doutes.
  2. Désynchroniser nos pratiques de l’ordre imposé : face à l’agent qui navigue pour nous, la ruse consiste à restaurer notre propre encapacitation par le recours aux Communs numériques et aux low-tech. C’est une forme de « désapprentissage » de la dépendance. L’objectif est de reconstruire des espaces d’autonomie technique où l’on refuse la médiation de l’agent propriétaire. Là, le logiciel libre a toutes ses cartes à jouer, et c’est maintenant ! il est presque déjà trop tard. À trop dénigrer les LLM et les services qui emmerdifient le web, nous avons laissé passer le train de l’adoption des usages : la seule solution consiste selon moi à utiliser les modèles existant et les détourner. C’est une réminiscence du braconnage culturel que je mentionnais plus haut, sauf qu’ici, il s’agit d’un geste technique, qui implique des communautés, et non plus le quotidien personnel de chacun de nous. Nous devons braconner ensemble. De petits LLM à l’usage concret et frugal.
  3. L’action préfigurative : j’en parle dans ce billet. Il s’agit de créer des « archipels » de liberté numérique qui échappent physiquement et logiquement au contrôle centralisé. Cela revient à refuser le somnambulisme technologique en organisant des espaces dans lesquels la créativité, le partage et la solidarité redeviennent les mesures de l’intérêt du monde numérique.

En acceptant les modèles d’IA comme des auxiliaires « pratiques », nous signons un contrat dont les clauses d’aliénation ne nous seront révélées qu’une fois que le verrouillage socio-technique sera total. Nous devons donc politiser non pas seulement l’usage, mais les conditions de possibilité de ces techniques. Si un système technique exige pour fonctionner une structure de commandement hiérarchique ou une extraction illimitée de données, il doit être combattu en tant qu’artefact intrinsèquement autoritaire. Notre mètis ne doit plus être celle du braconnier qui se cache dans la forêt, mais celle du constructeur d’une autre forêt, impénétrable (ou le moins possible).

Un monde sans les IA d’aujourd’hui (à moins d’une catastrophe) n’est plus envisageable. Et jamais, nous n’avons été autant dépossédés de notre cadre de vie. La menace est trop grande pour que nous puissions nous payer le luxe d’ignorer ou faire semblant d’éviter cet avancement technologique brutal et foudroyant. La question ne se limite plus à se demander si chacun d’entre nous utilise ou pas ces technologies. Elles s’imposent partout, et s’imposeront encore. Je ne vois donc qu’une seule possibilité : ruser. Ruser en utilisant ces techniques, en y opposant d’autres savoirs (et c’est en cela que la mètis est le miroir inversé de la technè) et en leur volant de la valeur. La transformer en commun. D’abord par la connaissance et la réappropriation cognitive, ensuite en désynchronisant l’usage de l’autorité.

Idées en vrac et à réfléchir ensemble :

  • des SLM (Small Language Models) à usage concret et frugal (avec une sorte de Huggingface vraiment communautaire, spécialisation fine de type LoRA),
  • des espaces numériques où la créativité redevient le moteur de la valeur ajoutée (un web off-line first, flux RSS, pages statiques, Fediverse),
  • reformer un web à part, un web « des gens », sans usages imposés, et lui aussi frugal.
  • Autres idées ? c’est le moment :)


  1. Je reprends ici deux expressions de Langdon Winner, dans La baleine et le réacteur, dont je conseille vivement la lecture.↩︎

Image d’entête de l’article : Parallax Immersion, de Thomas Canto, par Alessandra Ioalè, 2014 (source).

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09.03.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 9 mars 2026

Khrys

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02.03.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 2 mars 2026

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  • Dirty Data (dirtydata.earth),

    a collaborative project by the Environmental Reporting Collective (ERC), builds on this work by supporting nearly 40 journalists — reporters, photographers, editors, and designers — working on the issue across Asia, Latin America and Europe. Together, they are producing original reporting that contributes to a critical story still unfolding in communities around the world.

  • Chat Control : The EU’s CSAM scanner proposal (patrick-breyer.de)
  • Introducing Times New Resistance – a Times New Roman impersonator that autocorrects the autocrats. (abbyhaddican.com)

    Do you have access to the computer of an ICE apologist, white supremacist, Republican mouthpiece, right wing propagandist, or other morally bankrupt American ? Times New Resistance autocorrects specific words as they are typed. For example, the word ICE autocorrects to the Goon Squad and the word Trump autocorrects to Donald Trump is a felon. To the untrained eye, Times New Resistance looks just like Times New Roman – the official font of the U.S. State Department. When you install the font, it will appear in your font menus as Times New Roman, with an extra space between the words Times and New.

  • Observatoire des coupes rases (canopee.ong)

    Malgré la place croissante des coupes rases dans le débat public, leur suivi demeure lacunaire : les données disponibles sont le plus souvent agrégées et n’offrent pas d’information quant à leur répartition territoriale. Pour répondre à ce manque, Canopée a développé l’observatoire des coupes rases : un suivi des coupes rases fondé sur la détection satellitaire.

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  • LibreOffice Online : a fresh start (blog.documentfoundation.org)

    LibreOffice is a desktop application, but we get many requests for a web-based version of the suite that users can deploy on their own infrastructure. Several years ago, project members started to develop LibreOffice Online, but in 2022 the Board of Directors at The Document Foundation voted to freeze the project and put it in the “attic”, for reasons that have now been superseded. Earlier this month, the current Board of Directors decided to revoke those votes to give new life to the project

  • Breaking Free (forbrukerradet.no)

    In the new report Breaking Free : Pathways to a fair technological future, the Norwegian Consumer Council has delved into enshittification and how to resist it. The report shows how this phenomenon affects both consumers and society at large, but that it is possible to turn the tide. Together with more than 70 consumer groups and other actors in Europe and the US, we are sending letter to policymakers in the EU/EEA, UK and the US.

  • Le centre de notre Galaxie se dévoile aux yeux des astronomes (humanite.fr)

    Pour la première fois, des astronomes ont pu observer en détail ce qu’on appelle la « zone centrale moléculaire » de la Voie lactée.

  • SolarSystem Video (solarsystem.video), a federated video streaming platform for planetary science, brought to you by the Planetary Research Cooperative.
  • Fondation du Rien (fondationdurien.org)

    La Fondation du Rien vous fabrique du temps libre. Inscrivez-vous gratuitement à l’une de nos activités annulées pour jouir enfin tranquillement d’une plage de temps libre.

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23.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 23 février 2026

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  • Leïla Shahid : ce soleil qui s’installe derrière l’horizon (humanite.fr)

    En français, en arabe, en anglais, la ferme tendresse de sa voix portait loin. De la rue aux rédactions des médias, jusqu’aux chancelleries du continent européen et du monde. Leïla Shahid était l’incarnation de la Palestine, de son peuple et de sa terre, de son histoire et de sa culture.

  • Mort de Susan George, figure inspirante de l’altermondialisme (basta.media)

    Susan George vient de décéder à l’âge de 91 ans, après avoir été de tous les combats altermondialistes, depuis le blocage de l’OMC à Seattle jusqu’à l’organisation des forums sociaux mondiaux.

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18.02.2026 à 07:45

Reprenons le contrôle de notre vie numérique dès maintenant !

Fla

J’ai écrit ce texte il y a un an, peu après la ré-élection de Trump. Il est resté en attente de publication car je voulais lui ajouter des illustrations, mais je ne suis pas graphiste. Finalement, la situation géopolitique est … Lire la suite­­
Texte intégral (1601 mots)

J’ai écrit ce texte il y a un an, peu après la ré-élection de Trump. Il est resté en attente de publication car je voulais lui ajouter des illustrations, mais je ne suis pas graphiste. Finalement, la situation géopolitique est maintenant encore pire qu’il y a un an, tant sur le territoire américain notamment avec l’ICE que dans les relations avec les autres pays, du Venezuela au Groenland. L’hypothèse d’un Trump qui couperait l’accès des européens aux entreprises américaines du numérique existe. Il est donc temps de publier cet article de rappel, même sans illustrations.

Je donne depuis 2012 des conférences sur la vie privée en ligne. J’y explique les mécanismes qui permettent aux fournisseurs de services numériques de collecter pléthore de données sur toutes les personnes qui les accèdent, même sans qu’elles y créent de comptes. Évidemment, je détaille aussi les enjeux, en répondant à la principale remarque : « je ne vois pas le problème, je n’ai rien à cacher ». J’explique, exemples à l’appui, que les données qu’ils collectent sur nous ont des conséquences importantes sur nos vies même pour des citoyens modèles toujours dans la légalité. Qu’elles leur permettent de maximiser notre tarif d’assurance, de nous accorder ou non un crédit immobilier, de nous refuser à un entretien d’embauche. Qu’elles leur permettent aussi d’influencer les opinions, et ainsi faire basculer le résultat d’élections ou de référendums (sans le rôle clé de Cambridge Analytica, le Brexit n’aurait probablement pas eu lieu et Donald Trump n’aurait probablement pas été élu en 2016).

Mais je souligne aussi toujours quelque chose d’essentiel, que l’on a trop vite tendance à oublier : rien ne disparaît dans le monde numérique. Ce que nous publions en ligne aujourd’hui restera enregistré pour toujours, et ce même si nous le supprimons. Or, les dirigeants et les lois eux, changent. Les informations accumulées sur la population sont disponibles, historique compris. Si l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir était encore hypothétique pour une grande majorité des pays il y a seulement 15 ans de cela, nous voyons aujourd’hui, années après années, sombrer l’État de droit dans laquelle une partie du monde a eu la chance de naître. La montée des partis haineux s’observe dans tous les pays, et ils arrivent maintenant régulièrement au pouvoir, et ce jusqu’au pays le plus puissant du monde : les États-Unis d’Amérique.

Si les conséquences de l’arrivée d’un régime oppresseur à la tête d’un pays sont déjà catastrophiques pour sa population, la ré-élection de Donald Trump change complètement d’échelle : elles deviennent mondiales. Il n’y a qu’une poignée de pays dans le monde dont la vie numérique ne dépend pas majoritairement des États-Unis. Imaginez-vous à quoi ressemblerait votre journée de demain si soudainement Google, Microsoft, Amazon, Apple, Meta, CloudFlare et toutes les autres entreprises américaines coupaient leurs services dans votre pays. Pensez à toutes les actions que vous ne pourriez plus faire. Plus de téléphone, d’ordinateur, de tablette ni de montre connectée. Dans l’ordre, à la sortie du lit : pas de réveil, pas de météo, pas d’agenda, pas de journal pendant le petit déjeuner, puis pas d’horaires ni de ticket de bus, ni d’accès au compte bancaire ni de moyen de paiement (Visa et Mastercard sont américains). Même si certaines applications ne sont pas fournies directement par Google, Apple, Microsoft ou Amazon, la très grande majorité d’entre elles utilisent leur infrastructure pour fonctionner et seraient donc immédiatement hors service. Vous n’avez même pas quitté votre logement que vous avez déjà utilisé ces multinationales des dizaines de fois. Se voir couper ces accès vous semble irréaliste ? C’est pourtant exactement ce qui est arrivé à Nicolas Guillou, juge français à la Cour Pénale Internationale, qui enquête sur les évènements en Palestine. Lire son témoignage. (Si cela vous inspire, vous pouvez rejoindre une réflexion collective sur le sujet).

Et bien, toutes ces actions qui pourraient ne plus être accessibles car elles dépendent de ces acteurs, sont aujourd’hui enregistrées et analysées. Les États-Unis, qui contrôlent et stockent la majorité des usages numériques mondiaux et connaissent donc en détail la vie d’une grande partie des humains de notre planète, sont maintenant gouvernés par un régime en roue libre qui a muselé les contre-pouvoirs, opprime les minorités, expulse la presse, parle d’annexer des territoires alliés comme le Groenland, soutient les autres régimes extrémistes en Allemagne et ailleurs, coupe les financements de la science et des aides au développement, sans parler de l’Ukraine et de la Palestine.

Il est d’une urgence absolue que nous soyons numériquement indépendants des services propriétaires fournis par des entreprises américaines.

Il s’agit bien sûr de développer et soutenir des logiciels libres, seuls garants d’un numérique respectueux car auditables par des tiers. Notre rôle de citoyens est évidemment de porter ce sujet à nos politiques, mais aussi à notre travail et, le plus facile, dans notre vie personnelle.

Il y a de nombreuses alternatives qui existent à tout un tas d’applications, services, logiciels que vous pouvez utiliser, mais pour ce premier article, je conclurai sur ces quelques recommandations, très facile à mettre en place pour démarrer :

Pour limiter la collecte de données :

  • Accédez au web avec un navigateur de confiance (je recommande Mozilla Firefox, sur ordinateur comme sur mobile) correctement configuré (installez les extensions uBlock Origin et LocalCDN)
  • Pour limiter les accès aux informations de votre téléphone, évitez d’installer des applications et allez plutôt sur les sites web. Vous n’arrivez pas à vous passez de Google Maps, YouTube, Facebook ou Instagram pour le moment ? Ouvrez un nouvel onglet privé dans Firefox pour y accéder, cela limitera un peu la casse, et vous serez moins tenté de le rouvrir constamment

Pour la confidentialité de vos échanges :

  • Utilisez une messagerie libre chiffrée telle que Signal qui est l’état de l’art dans le domaine, plutôt que Facebook Messenger ou Whatsapp, ou le SMS ou l’e-mail avec lesquels de nombreuses personnes peuvent accéder à vos communications

Si vous êtes prêts à y consacrer un peu de temps, une belle étape est de passer à un système d’exploitation libre et de confiance. Les alternatives ne manquent pas. Si vous voulez des solutions françaises, Linux Mint fonctionne très bien pour les ordinateurs, et /e/ OS pour les téléphones. Vous avez peur de vous lancer seul(e) ? Trouvez quelqu’un pour vous aider près de chez vous !

Un autre point important où vous pouvez vous faire accompagner : quitter GMail. Là aussi, il suffit de vous laisser guider !

Et bien sûr, les services de Framasoft, sur Degooglisons-internet.org !

Il y a énormément à dire sur le sujet, cet article peut donc vous sembler trop court, et cette liste d’alternatives très incomplète. De plus, d’autres alternatives encore plus résilientes peuvent exister. J’ai pris ici le parti d’aller droit au but et de recommander des solutions accessibles à toutes et tous dès maintenant sans compromis aucun, car je juge la situation urgente particulièrement à la vue de ce qui se passe outre atlantique. Mais n’ayez crainte, j’ai hâte de revenir avec des articles permettant d’aller plus loin !

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17.02.2026 à 08:29

Attention à l’économie de l’attention

Gee

Parce que les phénomènes d’addiction aux médias sociaux ne sont pas apparus spontanément mais ont savamment été mis en place par les GAFAM, et qu’il faudrait sans doute que ça se sache un peu plus… Attention à l’économie de l’attention … Lire la suite­­
Texte intégral (1921 mots)

Parce que les phénomènes d’addiction aux médias sociaux ne sont pas apparus spontanément mais ont savamment été mis en place par les GAFAM, et qu’il faudrait sans doute que ça se sache un peu plus…

Attention à l’économie de l’attention

Étudions un instant cette scène de la vie courante :

Un personnage assis sur les toilettes regarde son smartphone d'un air blasé : « Allons voir quelques minutes ce qui se passe sur les réseaux sociaux… »

(Beaucoup) plus tard. Le même personnage est à l'état de squelette.

Cette scène n’est pas l’opération du Saint Esprit, mais bien le résultat de…

L’économie de l’attention.

Gee hurle dans un mégaphone : « ATTENTION ! » Le squelette sur les toilettes sursaute en criant : « Gaarg ! ». Le smiley commente : « Ah bah ça a ravivé notre squelette… »

L’économie de l’attention, ça se matérialise notamment par « l’éditorialisation » du contenu.

Un type lambda dit : « Rah ça me gonfle les réseaux des GAFAM et leurs algorithmes ! » Gee : « Leurs éditorialisations. » L'autre : « De quoi ? » Gee : « N'importe quel site a des algorithmes. Trier des messages sans filtre et sans biais, ça reste un algorithme. Ce que t'aimes pas, c'est l'éditorialisation. »

L’éditorialisation, c’est ce site web qui sélectionne ce qu’il veut bien te montrer ou non, selon des critères sur lesquels tu n’as pas toujours ton mot à dire.

C’est d’ailleurs pour ça qu’on préfère parler de « médias » sociaux plutôt que de « réseaux » sociaux : ce sont bien des médias avec des lignes éditoriales bien définies.

Un logo Facebook dit : « Mais c'est pour votre bien ! Pour vous rendre un service meilleur ! » Le type lambda dit : « C'est vrai ? » Facebook répond : « Ben non. C'est pour vous faire bouffer de la pub et revendre vos données persos. » Le type : « Ah. »

Bien sûr, pour exploiter vos données et vous refourguer de la pub, Facebook et consorts ont besoin de vous garder le plus longtemps possible sur leurs plateformes, de capter votre attention.

Et pour ça, j’aime autant vous dire que tous les moyens sont bons

et que c’est pas l’éthique qui les étouffe.

Un scientifique à côté d'une boîte où il y a un rat : « Vous voyez ce rat ? Il appuie sur un bouton pour avoir de la nourriture quand il a faim. Tout va bien, hein ? »

Suite, le scientifique dit : « Maintenant, si le bouton n'offre plus de la nourriture qu'aléatoirement… notre rat devient fou ! Il appuie frénétiquement sur le bouton et s'empiffre même s'il n'a plus faim* ! Niahahahahahaha… » Une flèche indique : « Représentation à peine caricaturale des psychologues qui bossent sur les circuits d'addiction pour le compte des GAFAM. »

C’est l’une des célèbres expériences de la boîte de Skinner – non, pas le proviseur des Simpson.

Lorsque Facebook vous cache des trucs, lorsque vous avez 10 publications navrantes au possible entre 2 publications qui vous intéressent, ce n’est pas un bug : c’est une fonctionnalité.

Le type sur ses toilettes scrolle en pensant : « Nul… nul… nul… OH ÇA C'EST MARRANT ! Nul… Nul… » Des flèches indiquent « frustration » sur les nuls, + « récompense » sur le « c'est marrant ». Le résultat est l'addiction, comme au casino.

Votre attention, c’est LA valeur qui se monétise sur les grandes plateformes.

Et comme votre nombre d’heures de vie reste, j’en suis bien navré, limité, eh bien on presse de plus en plus vos capacités d’attention.

Une femme regarde Netflix tout en scrollant sur son téléphone. Des petits diablotins autour lui disent : « Hé, si tu regardes la vidéo en accéléré, tu pourras en voir plus ! Tu devrais checker Instagram ! De toute façon, les scénaristes de Netflix écrivent leurs dialogues en prenant en compte le fait que tu regardes autre chose en même temps* ! Tiens, une pub ! »

Véridique, c’est le second screen content, d’où la qualité navrante de certains dialogues où on vous explique et réexplique le scénario, en long, en large et en travers…

Et ces mécanismes de stimulation des circuits d’addiction se retrouvent partout, jusque dans les innocents jeux mobile « free-to-play »… dont il faudrait s’interroger sur la pertinence de les filer à de (parfois très) jeunes enfants pour les occuper.

Gee, blasé, montre une scène en disant : « Ce qui est quand même un peu équivalent à faire ça… » Un papa porte sa fille devant une machine à sous : « Allez, tire le levier, ma puce ! Tu vas te refaire cette fois ! Tu veux une clope ? »

Eeeet en même temps…

bah j’ai pas envie de vous culpabiliser plus que ça.

Parce que pour lutter contre ça comme contre beaucoup d’autres saletés, remettre en cause les comportements individuels…

Ça ne suffit pas.

La Geekette, blasée : « Tu vas encore nous dire que le problème est systémique, et que c'est le capitalisme ? » Gee complète : « De surveillance ! Le capitalisme de surveillance, cette fois. Mais oui, sinon. Oui. »

Shoshana Zuboff, une professeure de la Harvard Business School spécialiste du sujet, explique que le capitalisme de surveillance traduit l’expérience humaine en données comportementales afin de produire des prédictions qui sont ensuite revendues sur le marché des comportements futurs.

Gee : « Je suis sûr que ça n'a aucun effet néfaste sur nos sociétés et nos orientations politiques… » Elon Musk : « Non. C'est comme la pub, ça ne marche pas. On investit des milliards dans le vent, pour la déconne. Pas du tout parce que ça nous permet de façonner le monde à notre image. »

Avant d’interdire les réseaux sociaux aux gamins via des contrôles d’âge inefficaces et dangereux pour la vie privée, on pourrait déjà se demander pourquoi ce genre de truc existe encore en France :

Gee attend sur le quai d'une gare. On entend : « Le trafic est interrompu sur le RER B. Pour plus d'informations, rendez-vous sur le média social d'un fasciste et son IA néonazie, négationniste et générant des images pédopornographiques sur demande*. »

X, anciennement Twitter, si vous n’aviez pas la réf. Comment ce truc continue d’être utilisé par toute la classe politique et des services publics comme la RATP, alors qu’il devrait être illégal depuis belle lurette, ça me dépasse…

Alors oui, Mastodon, c’est mieux.

C’est libre.

C’est décentralisé.

Mais ça ne vit pas dans un éther déconnecté de l’économie de l’attention, et ça reste imprégné de ses travers, comme nous le sommes toutes et tous (c’est le principe d’un système dominant).

Un personnage regarde des nuages pleins d'émojis caca qui arrivent au-dessus de sa tête : « Euuuh, c'est quoi ça ? » Un autre répond : « C'est un shitstorm* qui arrive. » Le premier : « Sur Mastodon ?! » L'autre : « Oui. Tu pourras facilement transférer la vague de haine sur un autre serveur. C'est cool, non ? »

Selon le Wiktionnaire, « déferlement de commentaires et réactions haineuses sur internet ».

Alors oui, un réseau libre et décentralisé, c’est un million de fois de mieux qu’un énième avatar des GAFAM, technofasciste ou pas…

ou pas encore…

Mais pour conclure : au-delà de cramer X, Facebook et cie – ce qu’il faut assurément faire –, est-ce qu’il ne faudrait pas s’interroger sur l’opportunité de cramer l’intégralité des médias sociaux ?

Le mec lambda demande, inquiet : « Mais on va faire quoi pour s'occuper ? » Gee hausse les épaules : « Je pense qu'on va s'ennuyer. J'aime bien l'idée. » Note : BD sous licence CC BY SA (grisebouille.net), dessinée le 13 février 2026 par Gee.

Crédit : Gee (Creative Commons By-Sa)

Sources

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16.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 16 février 2026

Khrys

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09.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 9 février 2026

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04.02.2026 à 08:00

Retravaillez vos PDFs sans crainte

Eve Demaziere

Vous avez besoin de retravailler vos PDFs pour compléter un formulaire en ligne ? Voici pourquoi il ne faut pas utiliser de convertisseurs de PDF en ligne qui ne soient pas libres, même gratuits. Un peu de vocabulaire, pour bien se … Lire la suite­­
Texte intégral (1501 mots)

Vous avez besoin de retravailler vos PDFs pour compléter un formulaire en ligne ? Voici pourquoi il ne faut pas utiliser de convertisseurs de PDF en ligne qui ne soient pas libres, même gratuits.

Un peu de vocabulaire, pour bien se comprendre :

  • « en ligne » = sur internet, sur le réseau, sur le web, connecté
  • « le cloud » = les lieux de stockage sur le réseau, là où se trouvent les éléments de votre Drive, les documents partagés, les données des bases de données…
  • « en local » = sur votre ordinateur, hors connexion, injoignable depuis l’extérieur.

Les PDFs demandés sont très personnels

Nous devons de plus en plus souvent fournir des documents justificatifs au format PDF, sur les sites des administrations dématérialisées, que ce soit pour nous, pour aider une personne qui ne sait pas faire ou un étranger perdu dans la dématérialisation de la préfecture. Nous scannons des documents papier sur un copieur pour obtenir les documents PDFs puis nous les téléchargeons sur le formulaire de l’administration. Qu’il s’agisse de justificatifs d’identité, de nationalité, de domicile, de travail, diplômes, avis d’imposition, carte de séjour, convocation de la préfecture, permis de conduire ou attestation Vitale, il s’agit de documents personnels qui construisent notre identité. Nous devons donc veiller à ne pas les laisser dans un endroit non sûr.

Scanner les documents au format PDF puis finaliser les PDFs

Un premier conseil : nommez correctement, au fur et à mesure, chaque scan fourni par votre copieur. Par exemple, pour les différents scans des pages de votre passeport, nommez dans l’ordre : passeport1, passeport2, passeport3, et rangez-les dans son sous-dossier /passeport/. Quand vous devrez les réunir en un seul PDF, vous les trouverez dans l’ordre, sans avoir à les regarder pour vérifier.

Le copieur génère les PDFs, mais il nous faut souvent un outil pour les retravailler : réunir certaines pages en un seul document, mettre les pages dans l’ordre et à l’endroit, supprimer les pages inutiles, alléger le PDF final…

Pour cela, on peut utiliser un outil convertisseur en ligne, gratuit : voici pourquoi c’est une mauvaise idée et quel outil utiliser, à la place.

Le cloud, un endroit sûr pour les données personnelles ?

Votre convertisseur en ligne, comme iLovePDF (mais il y en a des dizaines d’autres),  travaille vos documents sur le « cloud » (le réseau) : vous envoyez vos PDFs originaux sur le site de iLovePDF, il fait ce que vous lui demandez et vous livre le PDF final.

A noter que vous n’avez pas besoin de créer de compte personnel, tout est en libre accès, ce qui fait son succès. Mais l’avenir des documents est très incertain. Même s’il ne vous le dit pas, il y a de fortes chances qu’il conserve les PDFs envoyés et générés dans sa propre base de données.

Or, vous savez que les données en ligne, même les plus protégées, peuvent être piratées et récupérées par des personnes malveillantes (voir un article sur les cyberattaques en France, novembre 2025 ou le site « C’est qui qui a fuité aujourd’hui ?« ). Vous avez sûrement déjà reçu un mail vous expliquant le piratage de vos données sur l’un de vos comptes : moi, le dernier était la base de données de mon médecin…

Ces attaques valent pour les convertisseurs en ligne : « Attention, des fuites de données touchent ces deux outils PDF en ligne » (article de 2024).

Vos documents risquent donc d’être récupérés et utilisés par des escrocs. La proposition de certains convertisseurs de protéger le fichier en le chiffrant n’est pas sérieuse : il existe autant d’outils « déverrouilleurs de PDF » que d’outils qui les « verrouillent ».

Quels usages pour des escrocs ?

Il existe un important marché de documents de données personnelles, vendues au plus offrant sur des forums illégaux (voir l’article sur le vol des données de la Fédération de tir). Parmi les documents que vous avez retravaillés sur votre convertisseur en ligne, beaucoup peuvent servir à créer une nouvelle identité ou à usurper la vôtre.

En modifiant les documents avec un outil de retouche d’image (comme Photoshop ou Gimp), les pirates peuvent falsifier de vrais documents pour les attribuer à d’autres personnes, par exemple fournir une fausse convocation de la préfecture à un étranger, comportant son nom, son numéro d’étranger (la convocation se monnaye 300 euros). Ou usurper votre identité (voir l’article L’usurpation d’identité). Ou vous rendre visite à l’improviste, puisqu’ils ont votre adresse…

La solution : convertir les PDFs avec un outil sûr

La solution est d’utiliser un outil que vous installez sur votre ordinateur et qui travaille en local ou dont les serveurs sont sécurisés, c’est le cas des logiciels libres. Vos documents restent au chaud et ne s’en vont que dans le bon site web, celui de l’Etat qui vous l’a demandé pour votre démarche. Accessoirement, conserver une copie PDF de vos papiers est une bonne idée, en cas de perte ou de vol : prenez donc soin d’archiver régulièrement les données de votre ordinateur sur un disque dur externe (que de recommandations…).

Les étapes :

  1. Vous scannez vos documents sur le copieur, en les réunissant dans une clé USB
  2. Vous veillez à donner un nom clair à chaque document scanné et à les ranger dans un dossier spécifique
  3. Par la clé USB, vous les récupérez sur votre ordinateur.
  4. Vous utilisez un outil sûr pour retravailler les documents qui le nécessitent : regrouper les pages, les mettre à l’endroit et dans l’ordre, réduire le poids du PDF total, et vous continuez à donner un nom clair au PDF résultant
  5. Et vous ne mettez le document en ligne qu’au moment de compléter le formulaire.

Les outils libres, ou en local

La cerise sur le gâteau : un filigrane sur vos PDFs

Une fois votre PDF finalisé, vous pouvez utiliser le service FiligraneFacile, un service gratuit créé et mis à disposition par l’État, pour sécuriser avec un filigrane numérique les documents à envoyer. Voyez :

Bons PDFs et bonne bagarre avec la dématérialisation !

PDF

03.02.2026 à 08:42

Sortir de la matrice : Le combat pour un numérique libre et humain

Magali Garnero

Il est impossible de vivre dans une société orchestrée par les GAFAM ! Les multinationales comme Alphabet (Google), Amazon, Méta (Facebook), Apple et Microsoft sont des entreprises qui s’imposent de plus en plus par leurs pouvoirs économique, politique et technologique. Elles … Lire la suite­­
Texte intégral (3189 mots)

Il est impossible de vivre dans une société orchestrée par les GAFAM !

Les multinationales comme Alphabet (Google), Amazon, Méta (Facebook), Apple et Microsoft sont des entreprises qui s’imposent de plus en plus par leurs pouvoirs économique, politique et technologique.

  • Elles font partie des plus grandes capitalisations boursières. Leurs chiffres d’affaires comme leurs bénéfices se comptent en milliards. En milliards, arrivez-vous à concevoir ce genre de fortune ? Tout cet argent, c’est indécent !
  • Et elles n’hésitent d’ailleurs pas à l’utiliser pour faire du lobbying que ce soit à Bruxelles, en France et ailleurs, pour lutter contre les tentatives de régulations européennes, comme le DMA, le DSA ou le RGPD. Sans parler de ce qu’il se passe aux États-Unis, où c’est pire. Les droits humains sont beaucoup moins protégés et respectés là-bas.
  • Leurs intérêts passent forcément avant le bien commun, avant l’intérêt général des personnes qui peuplent cette terre, avant même la protection de notre environnement, avant la planète.
  • Et bien sûr, elles imposent leurs technologies numériques, leurs standards, rendant difficile l’utilisation d’alternatives.

Cela a de très nombreuses conséquences sur le commun des mortel·les comme vous et moi, quasiment invisibles, mais très bien décrites dans de nombreux articles : surveillance massive grâce à l’extraction de données des utilisateurices sans leur consentement « éclairé », dépendance et enfermement dans des services soi-disant gratuits, obsolescence logicielle programmée, perte de contrôle du matériel informatique, monopole par l’achat systématique d’autres entreprises pour éliminer la concurrence, menace pour les libertés par la censure, la captation et la monétisation de l’attention, perte de la souveraineté numérique (influence et dépendance institutionnelles).

Je ne sais pas vous, mais moi, je ne peux vivre dans cette société où je me sens continuellement épiée, manipulée, en colère, esseulée, paranoïaque, désespérée et, pour finir, résignée. Je ne suis pas Winston Smith, le héros de 1984 de Georges Orwell et pourtant notre société ressemble chaque jour de plus en plus à celle d’Océania…

Heureusement, il est encore possible, pour nous, de partager nos doutes, nos pensées, nos tentatives et nos solutions pour s’en sortir avec d’autres personnes.

Une communauté à la rescousse

Depuis plus de trente ans, une irréductible communauté de libristes se bat pour proposer des logiciels libres et respectueux des utilisateurices. Cette communauté suit 4 libertés. Ces libertés ne sont pas de simples recommandations, mais des critères obligatoires qui forment le socle éthique et pratique du mouvement du logiciel libre

    • la liberté 0 (en informatique, tout commence par 0, faut pas s’étonner) : la liberté d’utiliser les logiciels, qui qu’on soit, où qu’on soit, quel que soit le matériel utilisé. Aucune restriction ;
    • la liberté 1 : la liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins. Bon ok, tout le monde n’a pas forcément cette compétence technique d’accéder au code source. Mais beaucoup l’ont, et peuvent donc aller y jeter un œil et améliorer le dit logiciel. Ensemble on est plus fort ;
    • la liberté 2 : la liberté de redistribuer des copies de ce logiciel (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre ces copies) ;
    • la liberté 3 : la liberté d’améliorer le logiciel et de distribuer ces améliorations à d’autres, pour en faire profiter toute la communauté.

Quand j’ai rencontré les libristes, les logiciels libres (dits aussi open source dans le monde entrepreneurial) s’opposaient aux logiciels « propriétaires », maintenant ces derniers sont nommés « privateurs » pour bien montrer qu’ils privent les utilisateurices des libertés qui leur sont offertes par les logiciels libres.

Les valeurs qui en découlent : Transparence, Accessibilité, Coût, Coopération, Indépendance, Sécurité, Innovation et Protection de la vie privée.

J’utilise plusieurs logiciels libres que vous connaissez sans doute déjà :

    • Firefox qui remplace les navigateurs web comme Chrome, Edge ou Safari.
    • Signal ou Matrix/Element pour discuter instantanément. Adieu WhatsApp et Messenger.
    • Nextcloud qui offre le partage de fichiers, documents, le calendrier, le traitement de texte collaboratif. Bye bye Google Workplace et AWS.
    • LibreOffice la suite bureautique avec tableur, texte, pdf, diaporama. Non à Excel, Word et compagnie !
    • Évolution ou Thunderbird, pour gérer ses mails. Ciao Apple mail et Outlook.
    • VideoLAN, pour voir et écouter des films et de la musique.
    • Inkscape et Gimp, pour dessiner ou retoucher des photos.

Et ce ne sont pas les seuls.

Alors certains détracteurs me diront qu’il sont moins bien, moins beaux, moins connus, moins fonctionnels… Rappelons juste une chose, la communauté libriste s’appuie sur les contributions d’informaticien·nes qui le font sur leur temps libres (bénévolat), il y a également de plus en plus d’entreprises qui paient des salarié·es pour l’amélioration et le maintien de ces logiciels et services libres, sans oublier des fondations à but non lucratif ou encore des universitaires. Merci à toustes. Mais on est très loin, très très très loin des milliards cités plus haut. Bref on fait ce qu’on peut et c’est déjà fabuleux pour moi tout ce qui est produit chaque jour.

Un boycott inconfortable mais indispensable

L’émancipation passe par la reprise de contrôle sur nos outils et nos données et il n’est pas aisé de changer ses habitudes, de sortir de son confort d’utilisation.

Pourquoi arrêter d’utiliser des logiciels et services en ligne qui fonctionnent bien et que l’on maitrise depuis des années ?

Si vous vous posez encore cette question, je vous laisse aller relire la première partie de mon texte.

Si au contraire, vous êtes entré·es dans une démarche d’actions individuelles et que vous voulez réduire votre dépendance au quotidien alors j’ai de bonnes nouvelles.

Il existe une multitude de logiciels libres qui remplacent tous les logiciels privateurs utilisés, voire imposés ces dernières années par les GAFAM et autres entreprises privatrices. Et il y a même un annuaire, Framalibre proposé par Framasoft. Vous pourrez découvrir de nombreux logiciels libres, suivant vos besoins, vos envies ou votre curiosité ! Et derrière chaque logiciel libre, il y a une communauté qui maintient, qui améliore, qui promeut. Et, en France, l’April, dont je suis la présidente, les défend au niveau institutionnel et politique.

Voilà de quoi remplacer tous vos logiciels privateurs installés par un voire plusieurs logiciels libres ! Votre ordinateur se sentira libéré et vous remercie !

Mais il n’y a pas que les logiciels que l’on peut changer. Il y a aussi les mauvaises habitudes en ligne. Tous ces services soi-disant gratuits qui vous espionnent, accèdent à vos données et vous envoient des informations ciblées pour vous manipuler. Rappel : Les GAFAM ne sont pas neutres, ils façonnent nos sociétés, nos lois, nos comportements.

Allez, je continue de vous offrir des informations en cadeau, alors que Noël est déjà passé depuis quelques semaines. C’est toujours grâce à la communauté libriste et à ses nombreuses initiatives pour se libérer.

Vous aimez les images de chats ? Et bien les chatons vont sauver internet ! Si si, absolument ! Initiative lancée d’abord par Framasoft, qui voulait se dégoogliser, le Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres, et Solidaires – ça fait CHATONS en acronyme :-D a vu le jour en  février 2016 (bon anniversaire des 10 ans ! !), soit il y a plus de huit ans, et est composé de nombreuses organisations (associations, particuliers et entreprises – il y a deux « portées » par an qui en fait augmenter le nombre total). Toutes proposent des services en ligne que vous pouvez utiliser sans rien avoir à installer sur votre ordinateur, juste en lançant votre navigateur web. Est-ce que l’on peut avoir confiance dans ces chatons ? Alors il faut savoir que pour devenir chatons, il faut s’engager à respecter la charte des chatons. Et si votre chatons ne vous plaît plus, comme tout est transparent, ouvert, neutre et solidaire, il est possible d’en adopter un autre. Aucun emprisonnement, ni surveillance, ni manipulation. Ce n’est pas non plus un monde de bisounours, alors n’hésitez pas à soutenir les organisations qui vous offrent ces services, litières, croquettes et sous-sous sont toujours les bienvenus !

Autre initiative fort sympathique : DéMAILnagement. Vous avez capté le jeu de mots ? Comme son nom l’indique, cette initiative vous permet de quitter Gmail, mais aussi d’autres fournisseurs qui ont accès à toutes les données qui circulent dans vos mails (et ne se privent pas pour y accéder) et de découvrir le mail libre ! Ok, ça veut dire avoir une nouvelle adresse mail et cela fait toujours peur, cela peut également prendre du temps à mettre en place, prévenir tous vos contacts, vos banques, employeurs, administrations et autres… mais après, on est un peu plus en sécurité. La transition se fait en douceur, les données sont protégées, et c’est vous qui choisissez ce que vous voulez suivant vos besoins, vos valeurs, vos envies, vos moyens.

Est-ce que vous connaissez PeerTube ? Comme son nom l’indique, c’est une plateforme de vidéos décentralisée qui commence à faire de l’ombre à YouTube. Développée par Framasoft, encore elle, elle donne accès à de nombreuses vidéos et permet de monter sa propre instance pour héberger les siennes et les partager avec d’autres. Et OpenstreetMap ? pour sortir de GoogleMap, Mappy ou autre service de cartographie ? Et Wikipedia ? Cette encyclopédie en ligne qui met en exergue les 4 libertés du logiciel libre ? FFDN, qui regroupe de nombreux fournisseurs d’accès à Internet. Vous n’avez qu’à choisir un près de chez vous. On a parlé des GAFAM, mais il y a aussi d’autres entreprises dont il faut se méfier… genre au hasard X et toutes les possession d’Elon Musc, dernier cadeau de l’article : le Fediverse. C’est un ensemble de plusieurs réseaux sociaux où diverses applications sont compatibles et permettent de discuter ensemble.

Et si on parlait du matériel ? Et de son coût écologique ? Mieux vaut choisir des appareils respectueux, ou du reconditionné. Le ré-emploi c’est la vie qui continue

Tout cela est un bon début mais c’est fragile, comme tous les biens communs. Financièrement déjà. C’est pourquoi les associations qui proposent ces logiciels et services sont souvent en recherche de soutien financier et de contributions, techniques ou pas. C’est valable également pour les entreprises qui codent, développent et maintiennent des logiciels libres. Il faut les favoriser, leur donner la priorité. Mais en plus ils sont régulièrement menacés par différentes lois.

Collectivement : on est plus puissant qu’on ne le croit !

Si les politiques avaient pour but l’intérêt du plus grand nombre et le respect de la vie privée cela se saurait. En tout cas depuis plusieurs année, les questions se posent, soient sur leurs compétences soit sur leur absence de compréhension des conséquences de certains projets de lois.

Il est possible d’agir collectivement et de plein de manières différentes. À vous de choisir comment et combien de temps vous êtes prêt à consacrer. Ensemble, on est plus puissant qu’on ne le croit !

  • adhérer à des associations militantes, des syndicats ou des partis politiques. Faîtes entendre votre voix, vos idéaux, mais également vos peurs et coups de gueules ! (c’est plus utile dehors que dedans, ça diminue aussi le nombre de cheveux blancs)
  • rejoindredes dynamiques locales : l’Agenda du Libre recense de nombreuses organisations et présentent les évènements autour du numérique organisés partout en France et aussi un peu en Belgique et en Suisse. Allez à leur rencontre ! Iels sont sympa.
  • informer le grand public par des campagnes, des ateliers, des conférences ou des stands. Participer aux émissions Libre à vous ! sur Cause commune. C’est une occasion extraordinaire de partager nos idées, nos valeurs, d’échanger sur les dernières nouveautés, d’alerter sur les derniers méfaits des GAFAM et de se sensibiliser sur les sujets du moment.
  • s’organiser à plusieurs, mettre en place différents partenariats entre associations et entreprises (je ne vous ai pas encore parlé du CNLL, il n’y a pas que des personnes et des associations dans la communauté libriste, il y a aussi de nombreuses entreprises !).

– profiter de chaque occasion pour lancer des campagnes de sensibilisation. Comme l’opération Adieu Windows, bonjour le Libre ! qui a débuté en octobre 2025, à la date choisie par Microsoft pour arrêter son support gratuit à Windows 10 alors qu’une loi européenne l’obligeait à le maintenir une année supplémentaire. L’opération a pour but de visibiliser au maximum les actions des GULL (Groupe d’Utilisateurices de Logiciels Libres), qui régulièrement organisent des rencontres accessibles à toustes pour libérer les ordinateurs et téléphones des personnes qui le souhaitent des produits des GAFAM. On appelle cela des install’s parties.

mobiliser l’opinion publique par la mise en place de pétitions ou de plaidoyers destinés aux politiques, sur des sujets importants comme l’éducation au numérique, l’interopérabilité ou la souveraineté technologique. Cela n’est pas toujours évident d’atteindre des chiffres suffisants pour influencer les lois, mais c’est toujours une occasion de voir nos sujets abordés dans la presse. Si vous aimez ce genre de mobilisations, allez sur les sites de la quadrature du net ou d’HOP  (Halte à l’Obsolescence Programmée)

convaincre les candidat·es aux élections de s’engager pour le Libre et les libertés numériques. Par exemple en leur faisant signer un pacte, comme le Pacte du Logiciel Libre. Une occasion de passer à l’action, une chance pour ces personnes de s’engager à donner la priorité aux logiciels libres, à faire respecter la vie privée et aussi à sortir des griffes des GAFAM.

essayer de faire évoluer la législation, prendre contact avec les député·es, les sénateurices, les membres du gouvernement. Constamment. C’est chronophages et rarement épanouissant mais c’est indispensable. C’est aussi très intimidant. Mais ces personnes sont sensées nous représenter, et comme leurs votes ne correspondent pas toujours à l’intérêt général, il faut leur rappeler qu’on existe ! !

Les actions collectives et les mobilisations créent un rapport de force, tandis que les politiques publiques permettent d’ancrer durablement le logiciel libre dans la société. Les deux sont indispensables pour une transition numérique éthique et durable.

Et parfois, ok trop rarement, il y a de bonnes surprises qui en ressortent comme la loi pour une République numérique, comme l’utilisation des logiciels libres au sein du ministère de l’éducation, l’utilisation par la gendarmerie d’une distribution libre améliorée et adaptée à ses besoins.

Au niveau européen le RGDP (Règlement Général pour la Protection des Données) ou le DMA (Digital Market Act) et le DSA (Digital Service Act). En Europe, on est quand même mieux protégé·es qu’aux États-Unis.

Et pour conclure ?

Chaque geste compte, comme ce conte où un feu de forêt se déclenche, tous les animaux fuient, sauf un petit colibri qui essaie de l’éteindre, goutte d’eau par goutte d’eau. Quand les autres animaux s’en rendent compte, ils décident d’en faire de même et d’essayer de mettre fin à l’incendie ensemble.

Et bien, nous aussi, notre monde brule et il est temps de se rassembler pour changer le système, sortir de nos prisons un peu trop confortables et s’émanciper numériquement.

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02.02.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 2 février 2026

Khrys

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26.01.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 26 janvier 2026

Khrys

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  • Venezuela : quand l’éditocratie légitime l’impérialisme (acrimed.org)

    Défendre le droit international ou appuyer l’impérialisme étatsunien ? Les éditorialistes ont tranché.

  • Praud et Morandini : sur CNews, une semaine absolument normale (politis.fr)

    Des propos racistes le mardi par l’un, une condamnation définitive envers l’autre le mercredi, un maintien dudit condamné à l’antenne le jeudi : rien à signaler sur la chaîne d’info d’extrême droite de Vincent Bolloré.

  • Procès des droites contre les indés : un hiver bien rempli (portail.basta.media)

    Les mois de décembre 2025 et janvier 2026 ont été chargés en procédures judiciaires pour les médias indépendants. Tandis qu’une rédaction du pays d’Arles est confrontée à un « procès-bâillon » intenté par l’extrême droite, trois autres médias locaux ont récemment célébré une victoire. Leur point commun : des plaignants identifiés comme de droite ou d’extrême droite.

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19.01.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 19 janvier 2026

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12.01.2026 à 07:42

Khrys’presso du lundi 12 janvier 2026

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  • Généalogies féministes et fractures politiques : à la mémoire d’Eleni Varikas (blogs.mediapart.fr)

    Le vendredi 9 janvier 2026, Eleni Varikas s’est éteinte à Paris. Son travail s’est concentré sur la théorie féministe, le colonialisme, les origines du racisme et les problématiques de l’exclusion. À travers une lecture exigeante de l’universalisme moderne, Eleni Varikas n’a cessé d’en interroger les angles morts, les exclusions constitutives et les hiérarchies qu’il prétend pourtant abolir.

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