1 — Ralentissement en matière de signature de décrets présidentiels
Au cours de ses 100 premiers jours à la Maison-Blanche, Trump avait signé plus de 140 décrets présidentiels — soit plus que n’importe quel autre de ses prédécesseurs —, battant ainsi le record établi par Roosevelt en 1933. Le président américain a tenu à aller vite afin de produire un effet de « choc et d’effroi », suivant la doctrine militaire basée sur l’écrasement de l’adversaire à travers l’emploi d’une immense puissance de feu.
- Si Trump et les Républicains ont encore un nombre important de mesures à implémenter, notamment plus d’une centaine listées par la Heritage Foundation dans son Projet 2025, Trump a considérablement réduit son recours aux executive orders.
- Depuis septembre dernier, il signe moins de 10 décrets par mois, contre plus d’une trentaine au cours du premier trimestre 2025.
En novembre, Trump avait consacré une importante énergie à tenter de convaincre plusieurs élus républicains de s’opposer à un vote contraignant le département de la Justice à publier les documents liés au pédocriminel Jeffrey Epstein. Après avoir échoué, il a tenté de sauver la face en présentant le vote comme une « victoire », alors qu’il qualifiait quelques mois plus tôt de « stupides » les élus républicains qui soutenaient la proposition.
- Depuis que Trump a signé l’Epstein Files Transparency Act le 19 novembre, sa secrétaire à la Justice Pam Bondi est sous pression permanente en raison de son opposition à la publication de la totalité des documents.
- Celle-ci sera appelée à témoigner devant la commission judiciaire de la Chambre ce mercredi 11 février.
- Il s’agira de sa deuxième audition au Congrès en moins de six mois, suite à une première audition début octobre au Sénat au cours de laquelle Bondi avait subi des attaques des deux partis.
2 — Un ralentissement à l’international
Les tarifs et les menaces d’imposition de mesures douanières sont largement impopulaires aux États-Unis. Selon l’agrégateur de l’analyste Nate Silver, la politique commerciale de l’administration (-17,8 %) est vue encore moins favorablement par les électeurs que sa politique migratoire (-10,5 %) ou économique (-16 %).
- Trump semble avoir quelque peu mis de côté l’utilisation des tarifs par rapport aux premiers mois de son deuxième mandat.
- Malgré plusieurs menaces, les derniers droits de douane imposés par Trump sur un pays remontent au début du mois d’août, lorsqu’il a mis en place des tarifs supplémentaires de 25 % sur l’Inde en raison de son importation de pétrole russe — début février ces tarifs ont été toutefois levés.
- Des tarifs sectoriels sur les semiconducteurs ont été annoncés en janvier.
- Trump continue d’utiliser la menace de tarifs — notamment avec les pays européens pour leur soutien apporté au Groenland mais aussi avec la Corée du Sud —, sans pour autant les imposer.
Le président américain, pour qui le mot « tarifs » est « le plus beau qui existe dans le dictionnaire », ainsi que les conseillers qui l’entourent craignent que la politique internationale très active durant l’année 2025 ne coûte des voix lors des élections de mi-mandat, en novembre. Accusé de passer le plus clair de son temps à s’occuper des affaires internationales plutôt que domestiques, Trump et son vice-président, J.D. Vance, devraient ainsi passer moins de temps à l’étranger cette année 1.
- Depuis le 1er novembre, Trump n’est sorti qu’une seule fois du pays, pour se rendre à Davos fin janvier.
- Sur la période janvier-octobre 2025, Trump a passé 25 jours à l’étranger — soit 11 de plus par rapport à son premier mandat — répartis sur 14 voyages.
- Il devrait se rendre en Chine début avril pour s’entretenir avec Xi Jinping.
3 — Trump a supprimé une publication raciste représentant le couple Barack et Michelle Obama en singes
Jeudi 5 février, Donald Trump a partagé sur son compte Truth Social une vidéo créée par IA représentant l’ex-président Barack Obama et Michelle Obama en singes. Celle-ci a provoqué une vague d’indignation chez les démocrates, mais également chez plusieurs républicains dont le sénateur Tim Scott, qui l’a qualifiée de « chose la plus raciste que j’aie vue venant de cette Maison-Blanche ».
- La porte-parole de l’administration, Karoline Leavitt, a défendu la vidéo en déclarant que celle-ci « provient d’une vidéo virale sur Internet qui dépeint le président Trump comme le roi de la jungle et les démocrates comme des personnages du Roi Lion ».
- Après que plusieurs élus républicains aient rejoint Scott, dont les sénateurs Roger Wicker et Pete Ricketts, Trump a été contraint de supprimer la vidéo de son compte, accusant l’un de ses assistants de l’avoir mise en ligne.
Il s’agit de la première fois que Trump supprime une de ses publications sur les réseaux sociaux depuis son retour au pouvoir, en janvier 2025, après une polémique et face à une opposition suscitée au sein même du GOP.
- Afin de se conformer à une décision de justice, Trump avait dû supprimer en avril 2024 plusieurs publications en lien avec son procès à New York pour falsification de dossiers commerciaux, dans le cadre duquel il a été condamné le mois suivant.
- Lors de son premier mandat, ProPublica avait recensé via son portail Politwoops plusieurs dizaines de publications effacées par le président américain entre janvier 2017 et janvier 2021.
Depuis son investiture en 2025, Trump semblait être immunisé face à toute critique, notamment celles émanant de son propre parti. Ce revers intervient alors que sa côte de popularité est au plus bas depuis un an.
Sources
- Vance says the Olympics are ‘one of the few things’ that unite Americans », PBS, 5 février 2026.