À première vue, les révélations sur les liens entre le pédocriminel Jeffrey Epstein et des personnalités politiques et financières ont surtout provoqué des scandales à l'étranger, comme en témoignent les démissions en cascade en France, au Royaume-Uni ou en Norvège.
Plusieurs signaux faibles suggèrent toutefois que l’administration Trump pourrait également être affectée. Les mauvais sondages et une cote de popularité très faible sur les questions économiques et en matière l'immigration pourraient-ils ralentir l'activité présidentielle ?
1 — Ralentissement en matière de signature de décrets présidentiels
Au cours de ses 100 premiers jours à la Maison-Blanche, Trump avait signé plus de 140 décrets présidentiels — soit plus que n’importe quel autre de ses prédécesseurs —, battant ainsi le record établi par Roosevelt en 1933. Le président américain a tenu à aller vite afin de produire un effet de « choc et d’effroi », suivant la doctrine militaire basée sur l’écrasement de l’adversaire à travers l’emploi d’une immense puissance de feu.
Si Trump et les Républicains ont encore un nombre important de mesures à implémenter, notamment plus d’une centaine listées par la Heritage Foundation dans son Projet 2025, Trump a considérablement réduit son recours aux executive orders.
Depuis septembre dernier, il signe moins de 10 décrets par mois, contre plus d’une trentaine au cours du premier trimestre 2025.
En novembre, Trump avait consacré une importante énergie à tenter de convaincre plusieurs élus républicains de s’opposer à un vote contraignant le département de la Justice à publier les documents liés au pédocriminel Jeffrey Epstein. Après avoir échoué, il a tenté de sauver la face en présentant le vote comme une « victoire », alors qu’il qualifiait quelques mois plus tôt de « stupides » les élus républicains qui soutenaient la proposition.
Depuis que Trump a signé l’Epstein Files Transparency Act le 19 novembre, sa secrétaire à la Justice Pam Bondi est sous pression permanente en raison de son opposition à la publication de la totalité des documents.
Celle-ci sera appelée à témoigner devant la commission judiciaire de la Chambre ce mercredi 11 février.
Il s’agira de sa deuxième audition au Congrès en moins de six mois, suite à une première audition début octobre au Sénat au cours de laquelle Bondi avait subi des attaques des deux partis.
2 — Un ralentissement à l’international
Les tarifs et les menaces d’imposition de mesures douanières sont largement impopulaires aux États-Unis. Selon l’agrégateur de l’analyste Nate Silver, la politique commerciale de l’administration (-17,8 %) est vue encore moins favorablement par les électeurs que sa politique migratoire (-10,5 %) ou économique (-16 %).
Trump semble avoir quelque peu mis de côté l’utilisation des tarifs par rapport aux premiers mois de son deuxième mandat.
Malgré plusieurs menaces, les derniers droits de douane imposés par Trump sur un pays remontent au début du mois d’août, lorsqu’il a mis en place des tarifs supplémentaires de 25 % sur l’Inde en raison de son importation de pétrole russe — début février ces tarifs ont été toutefois levés.
Des tarifs sectoriels sur les semiconducteurs ont été annoncés en janvier.
Trump continue d’utiliser la menace de tarifs — notamment avec les pays européens pour leur soutien apporté au Groenland mais aussi avec la Corée du Sud —, sans pour autant les imposer.
Le président américain, pour qui le mot « tarifs » est « le plus beau qui existe dans le dictionnaire », ainsi que les conseillers qui l’entourent craignent que la politique internationale très active durant l’année 2025 ne coûte des voix lors des élections de mi-mandat, en novembre. Accusé de passer le plus clair de son temps à s’occuper des affaires internationales plutôt que domestiques, Trump et son vice-président, J.D. Vance, devraient ainsi passer moins de temps à l’étranger cette année 1.
Depuis le 1er novembre, Trump n’est sorti qu’une seule fois du pays, pour se rendre à Davos fin janvier.
Sur la période janvier-octobre 2025, Trump a passé 25 jours à l’étranger — soit 11 de plus par rapport à son premier mandat — répartis sur 14 voyages.
Il devrait se rendre en Chine début avril pour s’entretenir avec Xi Jinping.
3 — Trump a supprimé une publication raciste représentant le couple Barack et Michelle Obama en singes
Jeudi 5 février, Donald Trump a partagé sur son compte Truth Social une vidéo créée par IA représentant l’ex-président Barack Obama et Michelle Obama en singes. Celle-ci a provoqué une vague d’indignation chez les démocrates, mais également chez plusieurs républicains dont le sénateur Tim Scott, qui l’a qualifiée de « chose la plus raciste que j’aie vue venant de cette Maison-Blanche ».
La porte-parole de l’administration, Karoline Leavitt, a défendu la vidéo en déclarant que celle-ci « provient d’une vidéo virale sur Internet qui dépeint le président Trump comme le roi de la jungle et les démocrates comme des personnages du Roi Lion ».
Après que plusieurs élus républicains aient rejoint Scott, dont les sénateurs Roger Wicker et Pete Ricketts, Trump a été contraint de supprimer la vidéo de son compte, accusant l’un de ses assistants de l’avoir mise en ligne.
Il s’agit de la première fois que Trump supprime une de ses publications sur les réseaux sociaux depuis son retour au pouvoir, en janvier 2025, après une polémique et face à une opposition suscitée au sein même du GOP.
Afin de se conformer à une décision de justice, Trump avait dû supprimer en avril 2024 plusieurs publications en lien avec son procès à New York pour falsification de dossiers commerciaux, dans le cadre duquel il a été condamné le mois suivant.
Lors de son premier mandat, ProPublica avait recensé via son portail Politwoops plusieurs dizaines de publications effacées par le président américain entre janvier 2017 et janvier 2021.
Depuis son investiture en 2025, Trump semblait être immunisé face à toute critique, notamment celles émanant de son propre parti. Ce revers intervient alors que sa côte de popularité est au plus bas depuis un an.
Les premières médailles des Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan Cortina ont été décernées samedi 7 février.
La Norvège figure en tête du classement avec trois médailles d’or (ski de fond, patinage de vitesse et saut à ski), une d’argent (patinage de vitesse) et deux de bronze (ski de fond).
Elle est suivie par la Suisse avec trois médailles d’or et une d’argent, les États-Unis avec deux médailles d’or, et l’Autriche, avec une médaille d’or et trois d’argent.
La Norvège semble être favorite pour terminer en première place du classement, lorsqu’on prend en compte le nombre de médailles d’or.
Oslo avait remporté les précédents Jeux de Pékin en 2022, terminant la compétition avec 37 médailles dont 16 en or. Le pays a gagné tous les Jeux depuis 2014.
Les États-Unis, qui présentent la plus grande délégation à Milan (233 athlètes) pourraient également remporter un nombre important de médailles.
Parmi les pays de l’Union, c’est l’Allemagne qui semble avoir le plus de chances de finir en tête. Berlin a la deuxième délégation en termes de nombre d’athlètes (189) derrière l’Italie parmi les 27 (196 athlètes).
Depuis les premiers Jeux olympiques d’hiver de 1924, qui s’étaient tenus à Chamonix, Berlin a remporté 267 médailles dont 107 en or.
Le pays se classe ainsi en troisième place derrière la Norvège (405 médailles) et les États-Unis (330 médailles au total).
L’Allemagne avait terminé à la deuxième place lors des Jeux de Pékin, remportant 12 médailles d’or.
Cette page sera mise à jour quotidiennement avec les résultats des dernières compétitions.
Malgré des conditions météorologiques exceptionnelles, le Portugal a tranché et António José Seguro remporte l’élection présidentielle.
Derrière ce succès net du centre gauche se dessine pourtant une autre réalité politique : la consolidation méthodique du candidat d’extrême droite André Ventura.
Yves Léonard tire les leçons du scrutin de ce dimanche.
« Que d’eau ! Que d’eau ! » On connaît le mot malheureux du maréchal Mac-Mahon, alors président de la République française, lors d’une visite à Toulouse en juin 1875 sur les bords de la Garonne en crue — les inondations venant de faire plus de deux-cents victimes dans la ville.
Que d’eau, que d’eau aussi au Portugal ces derniers jours, alors que l’élection présidentielle était dans son second tour : trois tempêtes – Kristin, Leonardo et Marta, celle-ci survenant le week-end du scrutin – ont durement frappé le pays, faisant une quinzaine de morts. Si plusieurs villes se sont retrouvées sous l’eau — notamment Alcacer do Sal et Santarém, parmi les plus touchées — au point de remettre en question la tenue du vote le dimanche 8 février, la Commission nationale des élections (CNE) et le chef de l’État ont finalement confirmé vendredi l’élection, malgré la demande du candidat d’extrême droite André Ventura de reporter le scrutin d’une semaine.
La dépression Marta a plongé samedi soir plus de 100 000 Portugais dans l’obscurité : celle-ci, combinée aux séquelles des précédentes tempêtes, n’a pas permis d’organiser le vote dans huit concelhos et a perturbé le scrutin dimanche, les électeurs allant voter le matin par prudence, de nouvelles intempéries étant annoncées dans l’après-midi et en soirée. Le taux de participation est proche de celui du premier tour, en dépit des craintes nées des conditions météorologiques épouvantables.
Comme attendu depuis le soir du premier tour (18 janvier), le grand vainqueur est António José Seguro qui l’emporte avec près de 67 % des voix. Le résultat du nouveau président est l’un des meilleurs depuis 1976, sans dépasser celui réalisé par Mário Soares en 1991.
Avec près de 33 % des suffrages, André Ventura approche le score de l’Alliance démocratique (PSD-CDS) des législatives de mai 2025 (33,1 %), ce qui était son objectif déclaré. Ce score pourrait le conforter dans sa marche en avant pour s’imposer au sein d’une droite fragmentée.
Les trois S : la tradition politique de Seguro
Après Mário Soares en 1986 et Jorge Sampaio en 1996, António José Seguro sera le troisième ancien secrétaire général du Parti socialiste à occuper le palais présidentiel de Belém. Dans quelques semaines, le 9 mars, il inscrira ses pas dans ceux de ses prédécesseurs pour être « le président de tous les Portugais », comme il l’a déclaré à plusieurs reprises.
António José Seguro doit son succès à une campagne habile au premier tour et aux divisions de la droite qui lui ont permis de franchir largement en tête la première étape, pour s’imposer comme « le seul candidat démocrate » du deuxième tour et rassembler. Le report des voix à gauche s’est bien effectué, de même qu’au centre-droit dont l’électorat a voté pour lui, sans enthousiasme mais pour faire obstacle à André Ventura. Seguro l’emporte dans tous les districts du Portugal continental et des régions autonomes des Açores et de Madère.
C’est une consécration et une revanche pour cette personnalité toujours pondérée, apaisante et non clivante. Alors qu’António José Seguro atteindra l’âge de soixante-quatre ans dans quelques jours, son élection à la présidence est le dernier jalon d’un parcours non linéaire.
Ventura n’a pas gagné l’élection, mais il a peut-être gagné la possibilité de s’imposer à droite en réalisant une union à son profit.
Yves Léonard
Figure prometteuse du PS dans les années 2000, s’inscrivant dans le sillage d’António Guterres, António José Seguro avait succédé à José Sócrates à la direction du parti en juillet 2011 dans un contexte difficile. Il a ensuite été stoppé net lors d’une primaire au sein du PS en juin 2014, sèchement battu par António Costa. Le triomphe présent a donc un goût de revanche, alors que Seguro revient la scène politique après une traversée du désert d’une dizaine d’années, sans apparitions ni déclarations publiques, hormis comme éditorialiste sur une chaîne d’information en continu depuis l’automne 2024.
Seguro est une personnalité de centre gauche, adepte d’un socialisme modéré. La protection du Système national de santé, fragilisé depuis la crise du Covid et quelques coupes budgétaires, figure parmi ses priorités. Il pourrait également privilégier une lecture du rôle du chef de l’État lui conférant une position de surplomb, dans le cadre d’un régime qui a renforcé son semi-présidentialisme lors du second mandat de l’actuel titulaire de la charge, Marcelo Rebelo de Sousa : celui-ci a notamment dissous l’Assemblée de la République à trois reprises depuis sa réélection en janvier 2021, un record depuis l’adoption de la Constitution et la mise en place des institutions démocratiques en 1976.
Alors que l’essoufflement du système politique portugais, basé sur un bipartisme de fait avec l’alternance PS/PSD qui a dominé la vie politique depuis une quarantaine d’années, provoque une instabilité qui pourrait conduire à de nouvelles élections législatives anticipées dans un avenir proche, le nouveau chef d’État pourrait être amené à faire preuve d’un interventionnisme un peu contre-nature.
António José Seguro est aussi un humaniste respecté, connu pour sa pondération et sa probité, comme l’ont montré, entre les deux tours, les soutiens et ralliements venus d’une grande partie du spectre politique, notamment ceux de l’ancien président de la République et du PSD Aníbal Cavaco Silva, et des maires de Lisbonne et de Porto.
Lors de ces ralliements, certains ont toutefois manqué à l’appel, comme le Premier ministre et actuel président du PSD, ou bien des candidats battus au premier tour comme João Cotrim Figueiredo — le candidat libéral renvoyant dos-à-dos les deux prétendants à la victoire finale. Ces personnalités politiques ont été rejointes dans leur non-soutien par l’ancien Premier ministre et président du PSD (2011-2015), Pedro Passos Coelho, favorable à une droitisation plus poussée de son parti, voire à un rapprochement avec le leader de Chega André Ventura, un de ses anciens poulains.
La stratégie électorale de Ventura
Ventura n’a pas gagné l’élection, mais il a peut-être gagné la possibilité de s’imposer à droite en réalisant une union à son profit. C’est du moins son objectif, qui lui permettrait de briser un plafond de verre l’empêchant pour l’heure d’être davantage que le chef du principal parti d’opposition à l’Assemblée.
Après dépouillement du scrutin de ce dimanche 8 février 2026, il ressort que Ventura est devancé dans tous les districts et ne s’impose que dans deux concelhos sur 308. Il obtient ses meilleurs scores à Portalagre (Elvas, 49,15 %) et Madère (Câmara de Lobos, 49,82 % et Ribeira Brava, 49,14 % — Ventura totalise 44 % sur l’île), approchant aussi 40 % dans plusieurs communes du nord-est (Bragança), ou au sud du Tage.
Si la dynamique semble plutôt en faveur de Ventura, dont le parti avait obtenu 22,76 % aux législatives de mai 2025, le candidat libéral João Cotrim Figueiredo n’entend pas se laisser déposséder du capital engrangé au premier tour de la présidentielle, malgré ses soucis liés au dépôt d’une plainte pour agression sexuelle juste avant celui-ci. Quant au Premier ministre social-démocrate Luís Montenegro, les prochains mois promettent pour lui d’être agités, forcé qu’il est de composer avec les autres forces politiques : à la tête d’un gouvernement minoritaire, il ne peut désormais que rechercher un accord sur chaque projet de loi, notamment avec Chega pour les récentes lois sur l’immigration et sur le travail. Si le PS sort renforcé du scrutin présidentiel, son secrétaire général José Luís Carneiro a rappelé toutefois qu’il s’agit avant tout de la victoire d’un homme, António José Seguro, saluant celle-ci le soir du scrutin.
Si la trajectoire de Giorgia Meloni inspire Ventura, son modèle en Europe reste Viktor Orbán : c’est bien le modèle hongrois « d’autoritarisme compétitif » qu’il souhaite importer au Portugal.
Pour ce qui touche à Donald Trump, autre modèle de Ventura, ce dernier s’est montré un peu plus prudent ces derniers temps.
Alors que Trump projetait d’annexer le Groenland ou de désengager les États-Unis de l’OTAN, Ventura a pris conscience, sondages aidant, que les prises de position du président américain heurtent l’opinion publique portugaise, plutôt favorable à l’Union européenne et à l’appartenance à l’OTAN, le pays étant un membre fondateur de l’Alliance 1. Face à la résistance des citoyens de Minneapolis contre les agissements de la police fédérale de l’immigration, l’atlantisme de l’opinion portugaise a été sérieusement ébranlé, plusieurs marches de protestation ayant été organisées au Portugal. Ventura s’est alors fendu d’une déclaration timide, soutenant qu’on ne pouvait tirer ainsi sur des citoyens sans défense. De même, si la base américaine des Açores a été encore récemment utilisée, notamment pour les opérations menées en Iran, beaucoup au Portugal s’inquiètent d’un intérêt accru de l’administration américaine pour cet archipel stratégique au cœur de l’Atlantique, alors qu’une importante diaspora açoréenne est implantée aux États-Unis 2.
L’objectif de Ventura est de s’imposer à droite en menant l’union pour gagner les prochaines élections législatives, dont personne ne croit vraiment qu’elles se dérouleront aussi tard que prévu, soit en 2029. Sa stratégie consiste à la fois à mobiliser la droite radicale populiste et l’extrême droite, tout en donnant des gages à la droite conservatrice avec des propositions plus modérées : en somme, il s’agit de cannibaliser l’électorat conservateur, sans pour autant perdre les liens historiques, souvent masqués, voire niés, qui lient Ventura aux groupes d’extrême droite.
L’un des plus violents de ces groupes, le groupe néonazi et ultranationaliste « 1143 », a fait l’objet le 22 janvier d’une opération d’envergure menée par la police judiciaire. Celle-ci a placé en détention trente-sept de ses membres, le groupe étant suspecté de fomenter une « guerre raciale » avec l’intention de réaliser sous peu « un acte criminel ». Alors que 1143 a appelé à voter pour André Ventura au second tour, celui-ci s’est bien gardé de condamner ses actions, et même de s’en démarquer. Le 24 janvier, Ventura s’est contenté de déclarer : « Je recherche le vote des Portugais ordinaires. Dans ces Portugais ordinaires, il y a des gens de toutes sortes ». Quelques jours plus tôt, avant que se tienne le scrutin du premier tour, il a de même exalté devant le château de Guimarães la fondation du royaume du Portugal en 1143 — le groupe 1143 ayant choisi son nom en référence à cette date.
Le triomphe présent de Seguro a un goût de revanche, alors que celui-ci revient sur la scène politique après une traversée du désert d’une dizaine d’années.
Yves Léonard
Durant la campagne du second tour, outre le seul débat télévisé où, malgré quelques bonnes réparties, Ventura a été donné perdant par la plupart des commentateurs, celui-ci s’est montré devant les caméras à de très nombreuses reprises, profitant de la succession d’intempéries pour « porter assistance » aux populations sinistrées, avec packs d’eau minérale. Dénonçant l’impéritie des pouvoirs publics, notamment celle de la ministre de l’Intérieur restée à Lisbonne dans son bureau au lieu de se rendre sur le terrain, il a souligné l’insécurité engendrée par les intempéries.
Les sorties médiatiques de Ventura, dans une situation dramatique pour les populations, ont été diversement appréciées, et lui ont valu sur les réseaux sociaux quelques vidéos moqueuses et grinçantes. Ventura ne s’en est pourtant pas soucié et a présenté le scrutin du 8 février comme celui du « choix entre un candidat qui ne va rien faire, qui va tout garder en l’état, et un autre candidat qui veut transformer le pays et rendre leur dignité aux Portugais et aux Portugaises ».
Les affiches de campagne de Ventura délivraient le même message antisystème : « Quand ils sont tous contre un homme, c’est parce qu’il est sur la bonne voie ». Le soir même du scrutin, expliquant son résultat, Ventura a repris cet argument, en présentant son score comme très bon pour « un candidat ayant contre lui tout le système politique ».
Plusieurs commentateurs ont décrit le scrutin du 8 février comme une forme de deuxième tour des élections législatives de mai 2025.
Si, pour le PS, l’élection de Seguro redonne espoir au parti après une série de revers électoraux depuis 2024, le scrutin est pour la droite un indicateur de la recomposition en cours. Très critiqué pour la gestion des intempéries par son gouvernement – celui-ci devant être remanié sous peu –, Luís Montenegro a déclaré au soir du scrutin que « rien n’a changé avec cette élection présidentielle » et qu’il comptait sur le nouveau président élu pour conforter la stabilité des institutions.
Le Premier ministre pourrait cependant être pris sous peu dans une nouvelle tourmente — à moins que le score de Ventura ce 8 février et le contexte international ne lui donnent un sursis, sinon un répit.