01.08.2026 à 02:30
Gaëlle Desnos
Le quartier de la Plaine, à Marseille, est connu pour ses drôles d'oiseaux, ses punks et sa jeunesse délurée. Mais on a découvert qu'il abrite une autre espèce d'illuminés : ils répondent au nom de Pèlerins d'Arès et leur prophète connaît Dieu. Tout a commencé par un bout de papier, distribué à la sauvette sur la Canebière. En lettres capitales : « LAISSONS MOURIR POLITIQUE ET RELIGION » ; au dos, une adresse, des horaires d'ouverture et la mention sibylline : « Les Pèlerins d'Arès ». Le (…)
- CQFD n°254 (juillet-août 2026) / Popolitique, Le dossier
Le quartier de la Plaine, à Marseille, est connu pour ses drôles d'oiseaux, ses punks et sa jeunesse délurée. Mais on a découvert qu'il abrite une autre espèce d'illuminés : ils répondent au nom de Pèlerins d'Arès et leur prophète connaît Dieu.
« Tu peux prier, méditer, faire du yoga, il n'y a pas de recette ! »
À l'origine du mouvement : l'ancien prêtre orthodoxe Michel Potay. Dans les années 1970, celui-ci aurait reçu, dans sa maison de la petite localité d'Arès (Gironde), une série de révélations : Jésus, puis Dieu en personne, lui auraient livré un évangile. Sur les conseils de sa femme, Michel a tout consigné dans Le Signe ou la Révélation d'Arès, un ouvrage où se mêlent considérations sur la pénitence et charges contre toutes les formes de pouvoirs – religieux, politique, financier, social, culturel. Depuis, une communauté s'est formée autour de lui. Et si le prophète est mort récemment, en 2025, les pèlerins continuent de prêcher sa promesse : changer l'homme pour changer le monde.
Le mouvement ne semble pas avoir fait beaucoup d'émules. Mais de nombreuses villes, de Paris à Bordeaux, de Toulouse à Lille, et même en Suisse, comptent de petits groupes d'« arésiens ». En 2016, sur son blog personnel, Michel Potay présentait cette constellation comme autant d'« Anarkhia de pénitents » : des « petites unités humaines libres », affranchies « des grandes masses » dont profiteraient « le pouvoir et les ambitieux ». La politique, elle, est rarement définie mais toujours renvoyée à son péché originel : « fabriquer des lois et offenser la liberté ». Convoquant Proudhon, Élisée Reclus, Tolstoï ou encore Jacques Ellul, le prophète charge néanmoins les « anars historiques » : « Comment ces assassins pouvaient-ils croire que tuer les puissants empêcherait qu'on les remplace ? […] Seul un travail apostolique de longue haleine sera efficace. »
Récemment, l'activité du mouvement s'est emballée au contact des Gilets jaunes. Toujours sur son blog, Michel Potay recense fièrement les apparitions d'arésiens en chasuble et pancarte à la main dans la presse locale. En commentaire, un fidèle se félicite que la médiatisation du mouvement « s'intensifie depuis sa participation à la contestation », et propose la création d'un « Comité de relations publiques » chargé de porter le message et le « rôle prophétique » de Michel Potay. Une autre note de blog précise, toujours dans cette veine politico-mystique, « les revendications du Gilet jaune Michel Potay » : bâtir de « petites souverainetés françaises indépendantes », peuplées « d'humains pénitents, aimants, pardonnants, pacifiques, intelligents et libres spirituellement qui finiront par vivre en hommes de Dieu ».
La lecture du blog de Michel nous a un peu paumés, mais notre interlocuteur marseillais répond à toutes nos questions avec chaleur. Faut-il être croyant ? « Juif, bouddhiste, chrétien, musulman ou humaniste, le message d'Arès est universel. » Faut-il prier ? « Tu peux prier, méditer, faire du yoga, il n'y a pas de recette ! » Comment s'engager concrètement ? « On tient des permanences, on parle aux gens dans la rue et une fois par an, on fait un pèlerinage à Arès, mais rien d'obligatoire. » Une seule question semble le mettre dans l'embarras : si Michel Potay a tout quitté pour se consacrer à sa révélation, comment subvient-il à ses besoins ? « Dans son message, Dieu lui a dit : “Si des gens peuvent vous filer un peu de sous pendant que vous vous occupez de ça…” » On ravale notre envie de rire.
De retour à la rédac, on fouille dans les statuts de l'association. Michel Potay, « Personnalité Tutélaire », reçoit effectivement un salaire et des indemnités en sa qualité de « Prédicateur ». Le montant n'est pas indiqué. Mais le document nous apprend qu'il existe plusieurs niveaux d'engagement : les simples pèlerins ou les « Frères et Sœurs de foi » ; les « Postulants », qui demandent à rejoindre l'association ; les « Sociétaires », dont la candidature a été validée par le Comité d'administration ; les « Membres actifs », qui ont deux ans d'ancienneté et sont reconnus comme « dynamiquement et régulièrement engagés » ; enfin, les administrateurs, élus parmi ces derniers. Et si la hiérarchie peut paraître rigide, le prophète sait rassurer ses ouailles :« Je sais que vous ne faites pas partie […] du noyau dur engagé sur tous les fronts de notre foi active […], [mais je lis] votre petit courrier mensuel d'une très belle écriture accompagnant votre demi-dîme et je vous considère comme de mes très proches », répond-il à une « Sœur » dans la section commentaire de son blog.
À la fin de notre entrevue, on avait demandé à notre pèlerin si on pouvait feuilleter le livre de Michel Potay. Sur le site de l'Association pour la diffusion internationale de la révélation d'Arès, il est vendu 23 euros. Mais après une heure de discussion, il nous l'a gracieusement prêté : « Il y a quelques conseils pour prier si tu veux ! » C'est comme ça que commencent les sectes, non ?
24.07.2026 à 02:30
Joris
Face à la perte de sens et à l'hyper individualisation de nos sociétés, des marques surfent sur nos croyances et utilisent des techniques de marketing intrusives pour nous vendre des trucs farfelus et ainsi faire perdurer un système économique mortifère. Ah t'es scorpion ? Tu devrais prendre un cheeseburger andalouse chez McDonald's. Pourquoi ? Parce qu'apparemment les scorpions n'ont « que des numéros 10 dans leur team ». Vous cherchez le sens de cette campagne marketing ? Ça tombe bien, (…)
- CQFD n°254 (juillet-août 2026) / Killian Pelletier, Le dossier
Face à la perte de sens et à l'hyper individualisation de nos sociétés, des marques surfent sur nos croyances et utilisent des techniques de marketing intrusives pour nous vendre des trucs farfelus et ainsi faire perdurer un système économique mortifère.
Ah t'es scorpion ? Tu devrais prendre un cheeseburger andalouse chez McDonald's. Pourquoi ? Parce qu'apparemment les scorpions n'ont « que des numéros 10 dans leur team ». Vous cherchez le sens de cette campagne marketing ? Ça tombe bien, nous aussi ! C'est le nouveau credo des marques : surfer sur le buzz de l'astrologie pour nous vendre leurs produits de merde et leurs services dont personne n'a besoin. Ce phénomène a un nom : l'astromarketing. Les crises successives, l'impérialisme, l'écocide mondial et le « six-seven » entraînent une perte d'espoir dans un avenir commun et poussent à un repli sur soi. Par conséquent, nous sommes de plus en plus individualistes y compris dans nos croyances et même la religion décline (ce n'est pas pour nous déplaire mais elle avait le mérite de s'inscrire dans une perspective collective). Selon une étude de l'Institut français d'opinion publique (Ifop) de 2021, 49 % des Français croient en dieu contre 55 % en 2004 et 66 % en 1947. Du coup, chacun·e fait sa popote spirituelle pour retrouver des repères. Le New Age et l'astrologie gagnent du terrain comme outil de réflexion sur soi et comme clé de lecture de nos rapports interpersonnels. Toujours selon l'Ifop, en 2022, 44 % des Français·es croyaient au fait que le signe astrologique explique des caractères des gens. Le même sondage montre que 20 % pensent que leurs relations personnelles sont influencées par les signes du zodiaque de leur entourage. La consommation devient alors une pratique distinctive de sa propre identité et les entreprises l'ont bien compris.
Aujourd'hui, les marques prennent possession de votre intimité. Pour cela, elles jouent sur une stratégie appelée « marketing expérientiel ». Si consommer un produit ou un service est, dans beaucoup de cas, un réflexe de survie quotidien, c'est aussi le reflet d'une conviction individuelle sur le modèle de société que l'on souhaite voir advenir (in colibris we trust). D'un point de vue spirituel, on « ne consomme pas les produits, mais le sens de ces produits », nous rappellent les universitaires Sandra Camus et Max Poulain1. Avec le marketing expérientiel, on ne vous vend pas seulement un produit ou un service, on vous vend une expérience qui vient toucher vos croyances. Combiné au « marketing sensoriel » (la direction artistique de la boutique, la petite musique qui va bien, l'odeur d'encens ou d'huile essentielle de vanille...), la manipulation est fatale. Cette mise en scène vous donne ainsi un sentiment de bien-être et vous rapproche de vos valeurs. Donc, quand vous mangez une boîte de sept « chocolats chakras » à 25 balles de chez Cosmic Dealer qui vous promet de « sortir l'addictif et l'artificiel de notre alimentation, et revenir à l'équilibre cosmique », vous aurez l'impression d'un alignement de vos énergies. Mais la réalité, c'est que vous vous serez fait entuber. Et ce n'est pas le microdosing de plantes dans ces chocolats qui soignera vos rhumatismes.
L'éveil spirituel étant considéré comme une « quête de soi », l'individualisation de nos valeurs qui en découle nous pousse théoriquement à avoir des comportements alignés avec celles-ci. En plus de nos valeurs, lorsqu'on achète un produit, on engage nos émotions. « En consommant, l'individu existe, se construit et élabore son image sociale ; c'est en cela que la consommation renferme un processus de production »2. Une production de soi que les marques utilisent pour vous donner l'illusion que vous êtes spécial·e et qu'être réceptif·ve à leurs campagnes marketing a du sens. Avec son « mode astrologie », Tinder vous fait matcher avec des profils aux signes compatibles avec le vôtre. « Tes infos nous aideront à déterminer ton signe lunaire, ton ascendant ou ton signe solaire », explique l'appli avant d'ajouter : « Plus tu nous donneras d'infos, plus le calcul sera précis. » Et entre vendre du rêve et vendre des données personnelles, il n'y a qu'un pas. À la rédac' on préfère se connecter avec les énergies de l'anarchisme et de la révolution pour que l'auteur de ces lignes arrête les antidépresseurs et retrouve foi dans une perspective collective enviable parce que C'EST NOTRE PROJET !
1 . « La spiritualité : émergence d'une tendance dans la consommation », dans Management et Avenir n°19, 2008.
24.07.2026 à 02:30
Malo Toquet
Jour de mai, à la rédac : on reçoit une lettre d'un mystérieux abonné. Il est fait prisonnier à Riom pour avoir tenté d'incendier un McDonald, en signe de protestation contre le génocide à Gaza. Il s'appelle Ghislain Bellorget et il a 85 ans. Que deviennent les anarchistes quand ils vieillissent ? Beaucoup s'évanouissent dans la nature, se dispersent ou se fatiguent tout simplement. Peut-être sont-ils comme les moineaux de Pagnol qui « disparaissent, un jour, sans laisser de squelette ». (…)
- CQFD n°254 (juillet-août 2026)
Jour de mai, à la rédac : on reçoit une lettre d'un mystérieux abonné. Il est fait prisonnier à Riom pour avoir tenté d'incendier un McDonald, en signe de protestation contre le génocide à Gaza. Il s'appelle Ghislain Bellorget et il a 85 ans.
Que deviennent les anarchistes quand ils vieillissent ? Beaucoup s'évanouissent dans la nature, se dispersent ou se fatiguent tout simplement. Peut-être sont-ils comme les moineaux de Pagnol qui « disparaissent, un jour, sans laisser de squelette ». Mais d'autres restent, éléments insolubles dans le capitalisme. Ghislain Bellorget fait partie de ceux-là.
« J'ai déposé un bidon incendiaire derrière le McDo du centre-ville et j'ai signé avec un drapeau israélien coupé en deux »
Le 24 avril 2026, il nous écrivait depuis sa cellule de prison. Un mois plus tard, on reçoit une lettre sur papier fin, où court une écriture singulière : une sorte de tremblement qui donne à la prose un air de flamme. Il faut le dire, l'homme a un côté explosif : il a été arrêté le 30 juillet 2025, pour une affaire de tentative d'incendie d'un McDo, à Clermont-Ferrand, en 2024.
« Cher CQFD,
Je viens de recevoir votre journal, hélas je suis hébergé à la prison de Riom depuis le 1er août 2025. Quelques jours avant, je suis parti de chez moi à 4 heures du matin direction Clermont-Ferrand. J'ai déposé un bidon incendiaire derrière le McDo du centre-ville et j'ai signé avec un drapeau israélien coupé en deux. Le Raid est venu me réveiller quatre jours plus tard. J'ai commis cet acte pour les Palestiniens de la bande de Gaza !
Bien à vous, Ghislain.
PS : L'engin n'a pas fonctionné.
PS Bis : J'ai fêté mes 85 ans en prison ! »
Ghislain n'est pas le premier libertaire à nous écrire de sa prison : pendant des années, Jean-Marc Rouillan, membre d'Action directe avait tenu une chronique pour CQFD. Mais c'est vrai qu'à la rédac, on est un peu fleur bleue. Et les lettres d'amour (et de revendication politique), c'est d'un romantisme... Irrésistible !
Donc on se met en quête dudit poseur de bombe. Déjà, Ghislain est bien dans nos fichiers d'abonnés, mais personne à la rédac n'en a entendu parler. Les premières recherches ne dévoilent pas grand-chose, à part quelques articles sur une exposition de photos de voyage d'un photographe de presse à la retraite. Il pourrait être un obscur vieux monsieur mordu d'expéditions. Mais en creusant un peu, on tombe sur deux émissions d'une radio libertaire à propos de ses tribulations pendant la guerre du Vietnam. Puis un article de correspondant pendant la guerre soviéto-afghane dans la revue libertaire Agora. Le zigue a l'air d'avoir une vie diablement rythmée !
Mais pas facile de causer avec lui... Le standard du centre pénitentiaire de Riom nous envoie poliment nous faire cuire le cul, donc on harcèle le maire et les commerçants de son village pour avoir un proche. Sans succès : « Monsieur Bellorget ? Ça fait longtemps qu'on l'a pas vu par ici, je ne crois pas qu'il soit chez lui en ce moment. » Sans blague ! Et puis, un jour, alors que tout espoir commence à s'évanouir, un camarade en dilettante à la rédac me dit : « Un anar auvergnat en prison ? Mon coloc doit avoir son contact ! » La vie est subtilement malicieuse.
Je décroche le téléphone. Au bout du fil : une voix vive et rieuse. Ghislain m'apprend – je tombe de ma chaise – qu'il a obtenu sa remise en liberté provisoire le 22 mai. Désormais retranché dans sa petite maison de la montagne bourbonnaise, il se bat contre une végétation qui n'a pas attendu la fin de ses dix mois de taule pour reprendre ses droits. Et puis, il attend son procès. Il raconte volontiers ses aventures même si, sur les sujets plus sensibles, il m'oppose un élégant, mais non moins définitif : « Je ne peux pas répondre à ta question. »
« Ils sont arrivés en tirant des balles à blanc qui font le même bruit que des balles réelles »
Son arrestation ne semble pas l'avoir beaucoup ému. « Le Raid chez moi, ça a été assez violent. Mais pour tout te dire, je savais ce que je risquais. Ils sont arrivés en tirant des balles à blanc qui font le même bruit que des balles réelles. Ils sont entrés dans ma chambre sans arrêter de tirer, tout ça pour un type de presque 85 ans. Du cinéma. » Après quoi, la machine s'est mise en route : police judiciaire de Clermont, agents de déminage de Lyon, incarcération à la prison de Riom. Là-bas, il est envoyé, dans le « module de respect », nouvelle lubie de l'administration carcérale pour faire passer son activité comme un acte d'humanisme : « On est en cellule individuelle, on a des promenades le matin ET le soir. » Mazette, qui voudrait de la liberté après ça ? Ghislain ne semble pas avoir été davantage traumatisé par son séjour. « Les gens ne m'emmerdaient pas. Faut dire que j'étais le plus âgé. Enfin, il paraît qu'il y avait un monsieur de 86 ans, mais il était dans un autre quartier. Je faisais du yoga dans ma cellule et je lisais beaucoup. » Cet épisode ne semble pas l'intéresser plus que ça. Faut dire qu'il a vécu des moments marquants.
D'abord, son expérience en 1965 d'instit à Da Nang, une petite ville du sud Vietnam, où il fait tache dans la société d'expat' aimablement colonialistes. Il sympathise avec des mouvements étudiants, s'oppose à la bigoterie de sa hiérarchie...
Une de ses photos, rejetée par son agence de presse, aura un destin glorieux : on y voit une main écorchée pendue dans des barbelés
« Après plusieurs petits incidents diplomatiques, le proviseur et le vice-consul m'ont renvoyé en France. »
Chassé par la porte, il rentre par la fenêtre : il retourne au Vietnam comme photographe de presse pendant cinq ans, en pleine guerre entre le sud et le nord. Une de ses photos, rejetée par son agence de presse, aura d'ailleurs un destin glorieux. On y voit une main écorchée pendue dans des barbelés. Elle est récupérée, à son insu mais pour sa plus grande satisfaction, par le mouvement antimilitariste. Associée au slogan « L'armée recrute… elle te tend la main », elle devient un classique des tracts contre la conscription. Puis, en mai 1968, il hésite à rentrer : « Je me suis dit, si c'est une révolution, ça durera plus d'un an... » Hélas, l'histoire a tranché.
« Je n'ai jamais arrêté de voyager, j'ai visité plus de 80 pays grâce à mon travail de photographe. » Parmi ses péripéties, d'autres guerres civiles : Afghanistan, Irlande du Nord, puis Palestine (Cisjordanie) en 2003. Mais ce n'était pas son premier voyage là-bas : en 1962, il s'était déjà rendu dans un kibboutz tout au nord d'Israël. « À l'époque je ne connaissais rien des Palestiniens, je n'avais pas entendu parler de la Nakba et pour moi, la vie là-bas, c'était l'expérience de l'utopie communautaire. »
Le réveil est brutal : « J'ai vu leur quotidien. Le plus choquant, c'est que l'histoire n'a cessé d'empirer. Encore il y a quelques jours, un ami palestinien m'a envoyé des vidéos de blindés en train de déverser des produits toxiques sur des terres cultivables palestiniennes. » Il y retourne en 2009, puis en 2015. En 2013, il tente même d'entrer à Gaza par l'Égypte, sans succès. « Je suis militant libertaire depuis longtemps. Mais c'est l'internationalisme qui m'a toujours tenu le plus à cœur. Ma première manif, c'était contre le franquisme. On descendait la rue Mouffetard, il devait y avoir 60 personnes pour quatre organisations [rire]. On partait de loin à l'époque. » Sûrement une manière de rester optimiste face à nos maigres victoires depuis. En attendant Ghislain, le Chien rouge te souhaite de bien profiter de ta liberté. Compte sur nous pour continuer d'aboyer avec toi : « Palestine vaincra ! »