On peut dire que le scrutin des élections municipales qui s’achève se caractérise par son opacité, en écho sans doute au temps qui est le nôtre et que je nommerais volontiers « troublé », « troublant » ou « perturbant ». Certes, les municipales ne fournissent jamais de lecture nationale simple tant elles mêlent logiques locales, sociologiques, personnelles et partisanes. Elles résistent aux récits immédiats et à la perspective d’une victoire ou d’une défaite globale. Que peut-on affirmer ? On peut
Pour inventer, il ne faut pas être certain du résultat, et pour le faire continûment, il ne faut pas se laisser piéger soi-même – et donc se relancer, se renouveler, ce qui est une épreuve. Pierre-Michel Menger On en parle dans cet épisode- Pierre-Michel Menger, Le travail créateur. S'accomplir dans l'incertain, Gallimard-Seuil, coll. "Hautes Études", 2009, 667 p.- Pierre-Michel Menger, Etre artiste. Œuvrer dans l’incertitude, Éditions Al Dante, 2012, 70 p.
Simon Leys affirmait que « la Chine est la religion des Chinois1 ». L’observation prend un relief particulier à partir de 1949 : avec la fondation de la République populaire de Chine, un nouveau régime, adossé au maoïsme, s’installe et exige que la foi dans le Parti communiste se substitue à toute croyance jugée « étrangère ». Mais l’on pourrait aller plus loin : la Chine ne serait pas seulement une religion civile, elle serait aussi un mythe – mythe que les « Occidentaux », des missionnaires jésuites