En matière de politique locale, ce sont désormais les médias qui sont les maîtres du jeu. Non qu’ils fassent ou défassent les régimes d’éligibilité, lesquels sont encore le résultat d’une double alchimie, à savoir celle des machines politiques et celle des héritages et des réputations locales. Si les médias sont aux commandes, c’est d’abord qu’ils ordonnent désormais les cérémonies, les scènes théâtrales qui font la logique des événements notables. À Marseille, pour qui prend la peine de suivre les
Impossible, depuis quelques jours, de passer à côté de cette actualité à mi-chemin entre l’esclandre et la bouffonnerie, sur fonds de réels Instagram interposés, de plateaux télés gênants, et de poulet frit. Brièvement, les faits : Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen – qui a notamment brillé pendant les Jeux Olympiques en 2024 – cible une enseigne de fast-food au nom de la lutte contre la malbouffe et d’une apparente inquiétude pour les riverain∙es dérangé∙es par « l’odeur » (ainsi que le mentionne
« Les parents ont mangé des raisins verts, mais ce sont les enfants qui ont mal aux dents ». La Bible (Jérémie 31 : 29-34) Ma mère m’a toujours dit que si quelqu’un te traite de « sale noir », ce n’est pas toi mais sa bouche et sa langue qui sont sales. Autrement dit, elle m’a incité à décaler mon regard1 et à écouter au-delà de ces mots et des maux qu’ils véhiculent ; à interroger d’abord leur source pour mieux comprendre à qui ils sont véritablement adressés. L’actualité de l’injure raciste Dans