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La revue des révolutions féministes

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23.10.2026 à 09:30

Il n’y a pas d’âge pour les grandes révoltes

Lucie Geffroy

L’accélération de la bascule de la France ces derniers jours est effroyable. Hier, le président de la République a annoncé l’interdiction des manifestations déposées par « des gens qui n’ont aucune […]
Texte intégral (872 mots)

L’accélération de la bascule de la France ces derniers jours est effroyable. Hier, le président de la République a annoncé l’interdiction des manifestations déposées par « des gens qui n’ont aucune légitimité ». Face à la colère sociale, le pouvoir aux abois impose sa dérive liberticide et malmène davantage un état de droit déjà largement abîmé. La journée de mobilisation demain sera un crash test pour notre démocratie.
Les révoltes lycéennes qui, depuis plusieurs semaines s’expriment dans la rue et bénéficient d’une fort soutien populaire, démontrent à quel point il est fondamental d’écouter les adolescent⋅es. Les mobilisations ne font que s’amplifier, en dépit d’une répression policière d’une ampleur et d’une violence inédites : plusieurs lycéen⋅nes mutilé⋅es et près de 8 000 gardes à vue, auxquelles il faut ajouter près de 2 000 arrestations le week-end dernier.

Bascule sociale et politique, cette semaine semble bien marquer le crépuscule de dix ans de macronisme. Alors que dans plusieurs villes de France, les manifestations du 17 octobre ont été le théâtre de dégradations matérielles et de pillages, les autorités ont choisi de décréter des couvre-feux ciblant principalement les mineur⋅es.

En réponse à un cadrage médiatique et gouvernemental qui réduit déjà ce mouvement social historique à un soulèvement de « factieux » qui menaceraient la République, nous ne pouvons qu’appeler à écouter ce que réclament les plus jeunes de nos concitoyen⋅nes.

Une puissante agentivité

Changer de regard sur les enfants, changer de perspective : c’est tout le propos du dossier « Grandir » publié dans notre nouveau numéro. Vous y croiserez nombre de jeunes qui résistent, qui luttent, qui prennent la parole et font preuve d’une puissante agentivité. Ce sont des membres de l’association Les enfants s’organisent à Lyon, qui interpellent les pouvoirs publics pour obtenir des bancs dans la cour de récréation ; ce sont les mobilisations des adolescent⋅es sans titre de séjour qui, à l’intersection des revendications enfantistes et antiracistes, s’organisent pour faire reconnaître leurs droits. Ce sont aussi, Nour, Noham et Alicia, des élèves marseillais⋅es de primaire et de collège qui, à la faveur d’un groupe de parole entre enfants, réclament le droit de vote.


La Déferlante, jusqu’ici La revue des révolutions féministes, devient La revue féministe des révolutions


Ce numéro inaugure, on l’a dit, notre nouvelle formule. Face à la montée des périls fasciste, capitaliste ou climatique, nous avons souhaité élargir notre focale pour évoquer de manière plus explicite les luttes antiracistes, décoloniales, environnementales, handies ou encore enfantistes.

Signe concret de cette ambition, La Déferlante, jusqu’ici La revue des révolutions féministes, devient La revue féministe des révolutions. Dans une maquette plus inventive et plus aérée, vous lirez davantage d’enquêtes, de littérature, de poésie… Vous découvrirez aussi de nouvelles rubriques : Idées, Parti pris ou Pop culture et un décryptage des mobilisations de Sainte Soline qui, en 2023, ont marqué une rupture historique au sein des mouvements écologistes comme dans la violence de la répression. Un article qui résonne fort avec le désastre sécuritaire en cours.

Dans le contexte politique actuel, nous ne pouvons donc que vous inviter à soutenir la presse indépendante, pilier de la démocratie, et si vous le pouvez à vous abonner à La Déferlante. Et comme le proclame l’affiche de ce nouveau numéro, nous répétons haut et fort : « Il n’y a pas d’âge pour les grandes révoltes ».

Bonne lecture !

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21.10.2026 à 17:04

Paroles de lycéen·nes : les « 2009 » de Lucile Novat

Lucile Novat

On dit « les 2009 ». En référence àleur année de naissance bien sûr, mais aussi pour se démarquer des « 2010 » qui furent, de l’avis général, quoique pour d’obscures raisons, une génération […]
Texte intégral (3632 mots)

On dit « les 2009 ». En référence àleur année de naissance bien sûr, mais aussi pour se démarquer des « 2010 » qui furent, de l’avis général, quoique pour d’obscures raisons, une génération damnée.

On peut dire aussi « la classe foot », même si des classes foot il y en a tant et tant, il y en a tous les ans et à chaque niveau. J’étais leur prof de français de la 6e à la 4e. Après on a dit allez, ça suffit comme ça, c’est pas possible sinon, quoi à la fin, faut voir autre chose, couper le cordon.

Anaëlle T’es tombée sur quoi ?

Dado Mémoires de deux jeunes mariées. Toi ?

Là, ils viennent de passer l’oral du bac de français.

Anaëlle Une Vie de Maupassant.

Ils ont grandi.

Anaëlle Madame, j’ai FUMÉ ça.

La veille j’écris à Fatou ma joie qu’ils aient accepté l’invitation.

Une bulle de message téléphonique dans lequel il y a écrit " Non mais madame dès qu'ils ont entendu le mot INTERVIEW ils étaient tous chaud de le faire 😂🙏"

Alors voilà, l’interview, on y va.

Dado L’année dernière franchement j’étais limite en dépression. C’était trop dur la générale, TROP TROP dur.

Sarah En fait, je sais pas comment expliquer. On nous met la pression scolaire. On parle que de Parcoursup, de ce qu’on va faire plus tard. Dans la société actuelle ils veulent juste plus d’employés, plus de personnes qui travaillent. Ils pensent aux finances en fait. C’est tout.

Anaëlle Personnellement cette année, j’ai pas trop ressenti ça. Justement en STMG on est tombés sur des profs très jeunes qui nous rassuraient. Ils nous faisaient comprendre que réussir, c’est bien, mais que l’échec, c’est pas grave.

Youssouf J’pense que ceux qui sont en pro c’est pas pareil. Nous on a fait des stages, on a été dans le milieu du travail et franchement, c’était pas plaisant. Ça te montre la vraie réalité.

Moussa Moi, mon parcours il n’a rien à voir avec le vôtre.

2023. Moussa, dont le défaut principal réside dans sa difficulté à maintenir, sept heures par jour, un contact ininterrompu entre son corps et sa chaise, passe en commission éducative – un genre de réunion sans motif disciplinaire précis, censé alerter en amont de la « vraie » dégringolade. Quelque temps plus tard, on l’envoie étudier en Gambie. Il y restera trois ans.

Asma Quand t’es parti, il y a un moment où je faisais que de rêver de toi. Je faisais tout le temps le même rêve et genre, tu mangeais mon petit frère.

Anaëlle En vrai Moussa, est-ce qu’au début t’as détesté tes parents ?

Moussa  Nan, c’était une bonne décision.

Youssouf T’avais pas le seum ? C’est avec le recul que tu dis « c’était une bonne décision ». Tu vas pas dire que t’étais heureux d’aller là-bas ?

Moussa Nan, pas heureux non plus. Je me suis beaucoup battu en arrivant. On n’a pas la même mentalité, faut comprendre certaines choses, voilà. Faut t’habituer à eux, c’est pas à eux de s’habituer à toi.

Dado Après, Kahil il a voulu lancer une pétition pour que tu reviennes.

Moussa Mais c’était bon, c’était une bonne expérience. Une expérience que vous n’avez pas eue. Ici on a un certain confort mais on s’en rend pas compte. Par exemple s’asseoir comme ça, discuter… les gens de mon âge là-bas ils sont déjà en train de travailler. Ils ont pas la même vie.

Moi Et quelle vie tu t’imagines, toi ?

Moussa Moi ? Je m’imagine riche hein. Wallah je m’imagine pas pauvre, c’est impossible.

Anaëlle Moi aussi madame.

Moussa Pauvre, c’est genre, tu as de l’argent mais même quand tu le dépenses, tu dois le compter. Moi je veux dépenser sans compter. C’est ça être riche.

Arzu Justement les riches c’est en comptant qu’ils deviennent riches…

Youssouf Moi ça m’attire pas. Être riche, courir après toute ta vie. Je pense que même si je deviens riche, c’est pas ça qui va me satisfaire.

Moussa  C’est quoi qui te satisfait alors ? !

Youssouf J’veux avoir une vie paisible, être aligné avec moi-même, avec ma religion, mes convictions tout ça. Parce que dans tous les cas, l’argent pour moi c’est pas une finalité.

Anaëlle En fait, l’argent surtout ça t’ouvre beaucoup de portes.

Sarah Ouais voilà, j’sais pas comment expliquer. Quand les gens ils sont riches ils ont tout. Quand ils sont riches ils ont la gratuité. Même s’ils sont riches, on leur donne. Par exemple les magasins leur donnent, ils ont tout c’qu’ils veulent.

Moussa C’est vrai.

Sarah  Après madame être juste AISÉ financièrement c’est bien hein.

Anaëlle Ouais d’un côté, la vérité, Youssouf il a pas totalement tort. Parce que quand t’as tout, t’as une famille qui t’aime, des enfants qui t’aiment, ça te rajoute un truc que l’argent va pas forcément te donner… Ne serait-ce qu’un 2 000 euros, tu peux très bien vivre ta vie.

Moussa Nan, nan, nan les gens j’suis pas d’accord. Moi j’suis riche, j’vais être riche. Wallah restez branchés.

Asma  En fait moi si je gagne de l’argent c’est très bien, être riche comme Moussa il a dit c’est très bien, mais faut faire quelque chose que j’aime, sinon…

Moussa Ah moi, tant que ça rapporte de l’argent j’m’en fous.

Youssouf Mais l’argent c’est éphémère.

Moussa Mais toi-même t’es éphémère !

Youssouf  Je sais…

Moussa Chaque chose est éphémère ! On peut pas avancer comme ça !

Anaëlle Non mais si tu réfléchis comme ça, Moussa, tu vas tuer quelqu’un. Faut pas TROP aimer l’argent hein.

Youssouf  Tu veux être riche comment, en mode millionnaire ?

Moussa Millionnaire j’m’en fous. J’veux avoir beaucoup d’argent sur mon compte. Faut connaître ses principes. Déjà je mettrais bien ma famille. Et aussi y a beaucoup de personnes, j’vois qu’ils sont dans le besoin. Y a beaucoup de personnes qui quittent leur pays natal pour venir en France, c’est rien d’autre que le besoin.

Moi Donc en fait tu redistribuerais ta richesse ?

Moussa Ouais. Mais j’en garderais aussi. Beaucoup.

Youssouf Moi j’veux la richesse du cœur.

Moussa Toi t’es fou toi.

2022. Sur vitemonprénom.fr on te dit comment tu t’appelleras quand Zemmour sera président. Tout le monde y est allé et chacun m’informe de son nouveau baptême : lucas, jeanne, martin, alice… C’est la grande gaieté matinale. Sauf pour Moussa qui est très fâché, car il va s’appeler Louis – comme le roi décapité.

Vanessa Moi j’trouve on a grave d’la chance de grandir dans le 93, y a moins de racisme ici. Y a beaucoup moins de racisme que dans les villages, dans le seizième et tout. Y a des gens qui vivent dans le 77, c’est dur, genre y a des racistes dans leur classe !

Anaëlle Les Français ils sont chelous hein.

Youssouf Quand j’étais en stage à GiFi, GiFi République, y avait plein de Blancs, de vrais Français, quand ils me voyaient ils me prenaient de haut. Avant même que je parle ils me disaient « Si tu sais pas je vais demander à… » Et quand je parlais bien, j’voyais dans leurs yeux que ça changeait leur regard sur moi. En fait quand ils me voyaient, mon apparence, ils se disaient « Ah c’est sûr lui il sait pas ». Alors que moi j’suis quelqu’un de… je sais très bien m’adapter.

Sarah C’est pour ça madame, on a tous besoin de prouver notre valeur.

Arzu En fait on est OBLIGÉS de réussir.

Sarah Parce qu’on est sous-estimés un peu. On nous voit comme des p’tits jeunes de quartier populaire qui savent pas quoi faire de leur vie. Qui s’expriment mal, qui font n’importe quoi en gros. Qui dégradent la chaussée et tout. Après madame, si y a pas tous les étrangers qu’il y a en France, la France elle vit pas !

Asma  … la France elle TOMBE !

Youssouf Déjà, ils ont pas la Coupe du monde.

Sarah Parce que le pays il vit grâce aux étrangers.

Moi Ce que t’appelles « étrangers » c’est assez large en fait, tu parles aussi des descendants d’immigrés ?

Sarah Exactement. Des descendants d’immigrés surtout. Mais même les autres étrangers. En vrai tout le monde hein.

Anaëlle Vous savez madame, moi j’suis une jeune fille noire, si j’suis dehors à 23 heures et j’croise une voiture de police, j’vais moins me sentir en sécurité que si j’croisais une camionnette blanche.

Moussa C’est la manière. Comment ils le font, j’aime pas, j’valide pas. Ils manquent trop de respect. Parce qu’ils savent qu’ils ont un pouvoir. Alors que dans la vie courante, s’ils te parlent mal comme ça, tu les CABOSSES.

Sarah Ce qui s’est passé après la mort de Nahel madame, j’crois que c’était la pire vague de racisme qui a jamais existé. Parce que vraiment c’était n’importe quoi sur les médias.

Arzu C’était la folie.

Asma  Alors qu’en vrai, cette colère c’est eux qui la suscitent. S’ils font des bavures policières et qu’après, en mode ils sont fiers d’eux…

Sarah Mais en fait madame vous savez pourquoi on s’y prend mal ? Parce que nous, au lieu de… au lieu de s’attaquer, j’sais pas, à un truc utile pour de vrai, en fait on dégrade notre lieu de vie.

Fatou C’est ça. Ils ont dégradé nos commerces.

Dado C’est les garçons… (Le rire se répand chez les filles.)

Sarah En fait ils sont partis voler alors qu’y a leurs parents ils travaillent là-bas.

Fatou Darty !

Sarah Ils ont pas réfléchi en fait !

Vanessa Lidl !

Dado Eh ils sont trop bêtes ! (Elles se marrent.)

Moi C’était de la bêtise ?

Sarah Bien sûr que non. C’était de l’énervement, c’était de la haine.

Moi Vous avez suivi l’affaire « Hamza la Douane » à propos de racisme ?

Sarah Ah ouais mais madame lui aussi… Il est dans une génération matrixée par les réseaux sociaux. Il veut juste faire des vues. Il se rend pas compte de la gravité.

Moi Je comprends pas bien, quelle gravité ?

Sarah Il est dans l’excès. J’ai vu y avait une émission qui parlait de lui, ils disaient « Ouais c’est ça les Arabes ». En fait il donne une mauvaise image.

Moussa Moi j’pense, le comble des combles en France c’est t’es noire, et EN PLUS t’es voilée. Alors là c’est trop, wallah.

Youssouf  Vous voyez à la mairie, les trucs pour faire les papiers tout ça. Quand j’y vais, ils parlent trop mal à ma mère. Ils disent « Allez là-bas », limite ils regardent même pas dans les yeux. Alors qu’avec les autres ils ouvrent bien leur bouche pour faire des grands sourires.

Murmure collectif Mais tellement…

Anaëlle Au lycée tu mets juste un p’tit bandeau on te dit « enlève ton VOILE ».

Sarah En fait le bandeau j’crois que t’as le droit, mais à partir d’un certain nombre de centimètres faut pas dépasser.

Dado Moi j’mettais hein, j’m’en foutais.

Sarah Faut pas dépasser cinq centimètres j’crois.

Anaëlle Tu peux, mais en fait il faut que le chignon soit assez haut.

Dado À la grille dans mon lycée elle te crie dessus devant tout le monde. Elle fait « Enlève ton bandeau ! » Ah non attends, elle dit… « TU-ME‑L’ENLÈVES. »

Asma Une fois j’avais retiré mon voile mais je l’avais autour du cou, pour sortir ma carte. Elle me fait « Ah nan nan nan tu rentres pas avec ça. Tu-me-le-ranges. On sait jamais c’que tu caches en dessous. » Qu’est-ce que j’vais cacher sous mon voile, hein ?

2021. Les enfants ne s’arrêtent plus de glousser derrière leurs masques chirurgicaux. Ils viennent d’apprendre que les prêtres catholiques faisaient vœu de célibat.

Youssouf En fait moi y a que ma mère qui m’a élevé. J’ai pas eu le côté paternel. De base, les gens quand ils sont petits on dit « Ouais il est où leur père », tout ça. Moi j’ai jamais eu… j’ai jamais eu BESOIN d’avoir un père en fait. Genre ma mère elle a su combler ça en moi. Ça veut dire… c’est très bien déjà.


« Moi j’suis une jeune fille noire, si j’suis dehors à 23 heures et j’croise une voiture de police, j’vais moins me sentir en sécurité que si j’croisais une camionnette blanche. »
Anaëlle


Moi L’amour ça prend beaucoup de place dans vos vies ?

Indignation collective NAAAAAN !

Youssouf Ça sert à rien en fait. C’est à perte. Moi j’ai mis l’cœur et, bref.
Ça m’a appris des leçons. En fait c’est bien mais… Eh c’est éphémère, comme tout !

Fatou Mais il faut qu’tu goûtes au moins un goumin dans ta vie !

Anaëlle C’est mauvais d’mettre le cœur.

Moi Ça t’est arrivé ?

Anaëlle Ah nan nan nan, j’ai donné rien à personne moi.

Youssouf Quand j’aime quelqu’un j’peux pas aimer juste un peu. Tous les gens qui disent « Il faut pas s’attacher », c’est faux ! Moi dans tous les cas j’m’attache et… C’est un défaut ou une qualité, j’sais pas.

Sarah Pleure pas hein.

Dado Au collège, Kahil il a vu que Youssouf était triste pour une fille, et Kahil il s’est mis à pleurer. Pourquoi en fait, c’est son fils ??? (À Moussa qui rit avec les autres :) Mais t’étais même pas là toi !

Fatou (dans la rigolade généralisée) Vous vous rappelez quand Rayan il avait failli mettre une fille enceinte ? On disait « Faut acheter des habits pour l’enfant, on va aller à Kiabi » !

Arzu Après le prof de maths il lui avait fait une morale.

Anaëlle Moi j’trouve qu’il faut vraiment attendre d’être à un âge où ton cerveau il est MATURE, pour avoir la conscience de ne pas dépendre émotionnellement d’un garçon.


Moussa Mais quand même y en a… leur couple il commence au lycée et ensuite ça se termine en mariage !

Approbation collective Ouais ! Ouais, c’est vrai !

Youssouf Nan mais ça… Moi aussi j’voulais ça mais… On voulait tous ça ! Vous êtes là au lycée et jusqu’à…Vous vous mariez et tout. Qui ne veut pas ça en vrai ?

2020. Ça part léger puis ça gonfle. Un fou rire pur et contagieux terrasse la classe. Objet de l’hilarité : Christophe Colomb. Dans l’évidence du globe posé sur le bureau, l’Amérique gigantesque occupant sa part du monde, il y a soudain, du haut de leurs onze années de vie, quelque chose d’irrésistiblement drôle. Bien sûr, ils savaient déjà, mais là d’un coup ça les foudroie – l’énormité de l’anecdote, l’absurdité de l’erreur et la gravité de ses conséquences. Après tout, c’est vrai, quoi, comment c’est possible ? Qu’on ait pu ignorer, au milieu de l’océan, ce secret gros comme un continent ? Manquait-il d’imagination, ou était-il juste débile ? Colomb n’a‑t-il jamais envisagé, même après l’avoir foulé de ses pieds, que le vaste monde s’étendait au-delà de ses grandes ambitions et ses petits exploits ?

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21.10.2026 à 16:11

La Déferlante, la revue féministe des révolutions

Marie Barbier

Lorsque nous avons créé La Déferlante, nous avions à cœur de mettre en avant les luttes féministes et LGBTQIA+, avec une grille de lecture qui, déjà, se voulait intersectionnelle. Cinq […]
Lire + (439 mots)

Lorsque nous avons créé La Déferlante, nous avions à cœur de mettre en avant les luttes féministes et LGBTQIA+, avec une grille de lecture qui, déjà, se voulait intersectionnelle.

Cinq ans plus tard, face à la montée des périls – fasciste, capitaliste ou climatique –, nous souhaitons évoquer de manière plus explicite les mouvements émancipateurs de gauche dans leur diversité : luttes antiracistes, décoloniales, environnementales, handies ou encore enfantistes. Entre ces groupes victimes d’injustices multiples s’opèrent des convergences aussi réjouissantes que fragiles : à l’heure où nous écrivons ces lignes, le silence imposé aux voix qui dénoncent le génocide à Gaza ou la violente répression des révoltes lycéennes sont les énièmes manifestations autoritaires d’un système économique et politique sourd à toute revendication de changements.

Pour documenter plus largement les mouvements sociaux en cours, La Déferlante, jusqu’ici revue des révolutions féministes, devient revue féministe des révolutions. Nous gardons à l’esprit que certaines révolutions peuvent aussi être réactionnaires, et méritent, en tant que telles, d’être décryptées.

Aussi, dans cette nouvelle Déferlante, vous pourrez lire davantage d’enquêtes. Nous inaugurons une nouvelle rubrique, Anatomie d’une lutte, pour répertorier les outils de mobilisation dans les mouvements sociaux, riches d’enseignements. Nous vous proposerons également davantage de cartes blanches littéraires, de poésie, et des rubriques Idées et Pop culture pour nourrir nos imaginaires et alimenter notre réflexion en ces temps de multiples crises et de bouleversements intenses.

Enfin, avec une ambition graphique toujours marquée, nous faisons évoluer la maquette de la revue : les pages que vous tenez entre les mains sont plus aérées, et nous y avons intégré une nouvelle typographie baptisée Moulin, créée par la graphiste Sandrine Nugue.

En espérant que la découverte de cette nouvelle formule vous apportera autant de plaisir que celui que nous avons éprouvé lors de son élaboration, nous vous souhaitons une bonne lecture, joyeuse et combative. •

Par Marie Barbier, Lucie Geffroy, Emmanuelle Josse, Marion Pillas,
corédactrices en chef de La Déferlante

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