
06.02.2026 à 12:15
Pablo Pillaud-Vivien
Peut-on rassembler une gauche éclatée sans renoncer à la transformation sociale ? Et comment ? Ce sont les questions auxquelles veut répondre Clémentine Autain avec sa candidature à la présidentielle.
Après Marine Tondelier, après François Ruffin, c’est donc au tour de Clémentine Autain d’entrer ce soir dans l’arène. La primaire de la gauche et des écologistes, prévue le 11 octobre prochain, prend corps, avant le vote des adhérents du PS en avril. Pour les partisans de cette primaire, il y a une question centrale : qui peut rassembler la gauche dans un moment de péril démocratique ?
TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER
Ce vendredi 6 février, Clémentine Autain publie un manifeste, La vie meilleure, et le défend ce soir lors d’un meeting parisien. Autain n’est pas une apparition soudaine. Plus de vingt ans d’engagement politique, un ancrage en Seine-Saint-Denis, une fidélité aux combats féministes. Elle a connu les alliances et les ruptures, les espoirs et les purges. Son manifeste s’ouvre étonnement par une brève relecture de son histoire personnelle. Dans un pays où l’on demande encore aux femmes de prouver deux fois leur légitimité à gouverner, Clémentine Autain y articule sa vie personnelle et sa capacité à être présidente. Non pas sur le mode de la confession, mais sur celui de la résilience personnelle et politique : tenir, comprendre, rassembler, ne jamais renoncer.
La vie meilleure dessine une ligne structurée autour de trois priorités :
Clémentine Autain connaît toutes les nuances de rouge et de vert. Elle en connaît long également sur toutes les nuances de féminisme. Avec sa cohérence maintenue, elle ne découvre pas les différences et les désaccords – et ne s’en effraie pas. Pour avoir travaillé avec tous, elle sait que la gauche est diverse, mais elle sait aussi qu’un monde les unit.
Le thème de la lutte contre l’insécurité alimentaire revient à plusieurs reprises dans son manifeste et incarne, aux yeux de la candidate, ces trois enjeux. Cette question concerne vivement toutes les classes sociales et peut donc être largement fédératrice. Il est politique parce qu’il impacte la santé publique, l’écologie, le monde paysan, le commerce international. De la cantine scolaire aux caisses alimentaires, de la Sécurité sociale de l’alimentation à la juste rémunération des producteurs, de la lutte contre la malbouffe à une alimentation plus saine et plus soutenable, Clémentine Autain veut faire émerger ce sujet concret et global comme un vrai sujet politique, emblématique d’une vie meilleure.
Sur le plan international, elle nourrit sa vision des travaux de Bertrand Badie qui interviendra à ses côtés lors de son meeting de lancement. Elle affirme la priorité à la mobilisation des sociétés, au droit international, à la coopération contre la loi du plus fort.
L’autre conviction de Clémentine Autain est sur le terrain du rassemblement politique. Ancienne adjointe de Bertrand Delanoë à Paris, suppléante d’un député PCF puis députée LFI, désormais associée au groupe écologiste, Clémentine Autain connaît toutes les nuances de rouge et de vert. Elle en connaît long également sur toutes les nuances de féminisme. Avec sa cohérence maintenue, elle ne découvre pas les différences et les désaccords – et ne s’en effraie pas. Pour avoir travaillé avec tous, elle sait que la gauche est diverse, mais elle sait aussi qu’un monde les unit. En tant qu’historienne, elle dira que c’est le combat pour l’égalité. Clémentine Autain n’ignore pas les cultures militantes existantes ni les électorats blessés par les divisions passées. Elle ne nie pas les clivages, mais elle tente de les dépasser, sans esprit de revanche.
Pour Clémentine Autain, la gauche n’a plus le luxe de la dispersion ni des egos surdimensionnés. Pour elle, la question n’est pas « Qui incarne le mieux ma famille politique ? » mais « Qui peut parler au pays et battre l’extrême droite ? » Elle pense être une réponse possible, au barycentre d’une attente de gauche solide, en phase avec son temps.
Le chemin vers cette primaire sera aussi un moment de vérité. Qui dit ? Et qui dit quoi ? Ceux qui conspuent la primaire, de Mélenchon à Guedj en passant par Hollande et Roussel, seront-ils plus forts que ceux qui la portent ? La présentation de projets et leur mise en discussions sont autant de façons de faire vivre cet espoir d’unité.
06.02.2026 à 11:41
la Rédaction
Les rédacteurs en chef de l’hebdomadaire américain The Nation ont adressé une lettre au comité norvégien pour proposer la ville de Minneapolis pour le cru 2026 du Nobel de la paix. « Avec leur résistance à l’autoritarisme violent, les habitants de Minneapolis ont renouvelé l’esprit de l’appel de Martin Luther King pour ‘l’affirmation positive de la paix’. » Une municipalité couronnée d’un tel prix, ce serait du jamais vu. Bien sûr, cette lutte peut paraître incomparable à côté des résistances iraniennes ou palestiniennes. Mais cette proposition est une belle réponse à l’obsession trumpienne du Nobel de la paix.
06.02.2026 à 11:36
la Rédaction
Peut-on rassembler une gauche éclatée sans renoncer à la transformation sociale ? Et comment ? Ce sont les questions auxquelles veut répondre Clémentine Autain avec sa candidature à la présidentielle.
Après Marine Tondelier, après François Ruffin, c’est donc au tour de Clémentine Autain d’entrer ce soir dans l’arène. La primaire de la gauche et des écologistes, prévue le 11 octobre prochain, prend corps, avant le vote des adhérents du PS en avril. Pour les partisans de cette primaire, il y a une question centrale : qui peut rassembler la gauche dans un moment de péril démocratique ?
Ce vendredi 6 février, Clémentine Autain publie un manifeste, La vie meilleure, et le défend ce soir lors d’un meeting parisien. Autain n’est pas une apparition soudaine. Plus de vingt ans d’engagement politique, un ancrage en Seine-Saint-Denis, une fidélité aux combats féministes. Elle a connu les alliances et les ruptures, les espoirs et les purges. Son manifeste s’ouvre étonnement par une brève relecture de son histoire personnelle. Dans un pays où l’on demande encore aux femmes de prouver deux fois leur légitimité à gouverner, Clémentine Autain y articule sa vie personnelle et sa capacité à être présidente. Non pas sur le mode de la confession, mais sur celui de la résilience personnelle et politique : tenir, comprendre, rassembler, ne jamais renoncer.
La vie meilleure dessine une ligne structurée autour de trois priorités :
Le thème de la lutte contre l’insécurité alimentaire revient à plusieurs reprises dans son manifeste et incarne, aux yeux de la candidate, ces trois enjeux. Cette question concerne vivement toutes les classes sociales et peut donc être largement fédératrice. Il est politique parce qu’il impacte la santé publique, l’écologie, le monde paysan, le commerce international. De la cantine scolaire aux caisses alimentaires, de la Sécurité sociale de l’alimentation à la juste rémunération des producteurs, de la lutte contre la malbouffe à une alimentation plus saine et plus soutenable, Clémentine Autain veut faire émerger ce sujet concret et global comme un vrai sujet politique, emblématique d’une vie meilleure.
Sur le plan international, elle nourrit sa vision des travaux de Bertrand Badie qui interviendra à ses côtés lors de son meeting de lancement. Elle affirme la priorité à la mobilisation des sociétés, au droit international, à la coopération contre la loi du plus fort.
L’autre conviction de Clémentine Autain est sur le terrain du rassemblement politique. Ancienne adjointe de Bertrand Delanoë à Paris, suppléante d’un député PCF puis députée LFI, désormais associée au groupe écologiste, Clémentine Autain connaît toutes les nuances de rouge et de vert. Elle en connaît long également sur toutes les nuances de féminisme. Avec sa cohérence maintenue, elle ne découvre pas les différences et les désaccords – et ne s’en effraie pas. Pour avoir travaillé avec tous, elle sait que la gauche est diverse, mais elle sait aussi qu’un monde les unit. En tant qu’historienne, elle dira que c’est le combat pour l’égalité. Clémentine Autain n’ignore pas les cultures militantes existantes ni les électorats blessés par les divisions passées. Elle ne nie pas les clivages, mais elle tente de les dépasser, sans esprit de revanche.
Pour Clémentine Autain, la gauche n’a plus le luxe de la dispersion ni des egos surdimensionnés. Pour elle, la question n’est pas « Qui incarne le mieux ma famille politique ? » mais « Qui peut parler au pays et battre l’extrême droite ? » Elle pense être une réponse possible, au barycentre d’une attente de gauche solide, en phase avec son temps.
Le chemin vers cette primaire sera aussi un moment de vérité. Qui dit ? Et qui dit quoi ? Ceux qui conspuent la primaire, de Mélenchon à Guedj en passant par Hollande et Roussel, seront-ils plus forts que ceux qui la portent ? La présentation de projets et leur mise en discussions sont autant de façons de faire vivre cet espoir d’unité.
NOBEL DU JOUR
Les rédacteurs en chef de l’hebdomadaire américain The Nation ont adressé une lettre au comité norvégien pour proposer la ville de Minneapolis pour le cru 2026 du Nobel de la paix. « Avec leur résistance à l’autoritarisme violent, les habitants de Minneapolis ont renouvelé l’esprit de l’appel de Martin Luther King pour ‘l’affirmation positive de la paix’. » Une municipalité couronnée d’un tel prix, ce serait du jamais vu. Bien sûr, cette lutte peut paraître incomparable à côté des résistances iraniennes ou palestiniennes. Mais cette proposition est une belle réponse à l’obsession trumpienne du Nobel de la paix.
L.L.C.

« Violences policières : peut-on comparer les États-Unis et la France ? », sur France Culture. La ville de Minneapolis vient d’être le théâtre de deux bavures, des agents de la ICE tuant froidement Renee Nicole Good et Alexis Pretti. En France, une nouvelle fois, un homme, El Hacen Diarra, est mort dans un commissariat. D’un côté de l’Atlantique, les bavures ont été suivies d’une mobilisation populaire spectaculaire, de l’autre, rien. Pourquoi ? Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS, Yann Philippe, maître de conférences en histoire et civilisation américaines et Frédérique Sandretto, américaniste, s’interrogent sur les différences et similitudes entre les polices américaines et françaises, leurs approches plus ou moins démocratiques, le caractère systémique de la violence armée aux États-Unis (autant d’armes que d’habitants et l’un des taux d’homicides les plus élevés des pays du Nord).



Le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, a décidé de classer LFI à l’extrême gauche… contre l’avis du Conseil d’État. Valadista nous explique cette fulgurance intellectuelle.

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05.02.2026 à 12:12
Pablo Pillaud-Vivien
Dans les deux villes, les stratégies des insoumis annoncent 2027 : celle d’une agressivité qui cible la gauche sortante. Sera-t-elle gagnante ? Et pour qui ?
À Paris, la tête de liste Sophia Chikirou vient de sortir une affiche relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle elle accuse la municipalité sortante d’être responsable de la noyade d’un enfant et de sévices sexuels dans les centres de loisirs de la ville. Les visages d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Grégoire appuient ce message.
Cette campagne vise à susciter émotion et compassion pour ces enfants et leur famille. Sophia Chikirou n’exprime pas un désaccord politique : elle porte une accusation grave, celle de la responsabilité dans la mort d’un enfant. Elle crée de l’irréparable. Par ailleurs, la candidate insoumise cible dans tous ses discours « 25 ans » de gouvernance socialo-communisto-écologiste. Comme si les difficultés du monde populaire à Paris commençait au moment où la gauche a gagné Paris. Le problème ne serait donc pas la droite mais cette gauche-là.
TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER
À Marseille, c’est la même mécanique. Début janvier, Sébastien Delogu, le candidat LFI à la mairie, affiche son slogan « Avec Delogu, Marseille propre. Sans déchets ni corruption ». Houlala ! Mais d’où sortent ces idées !? Certes, Sébastien Delogu parle au cœur des Marseillais… Mais ne voit-il pas qu’il réactive un imaginaire inacceptable ? Comme Sophia Chikirou, le député des Bouches-du-Rhône vise l’administration sortante gauche plurielle de Benoît Payan. Il l’accuse explicitement de corruption. Le candidat insoumis s’appuie sur une récente enquête de Blast concernant le « plan écoles ». Elle devient une munition dans une campagne qui crée l’irréparable entre les deux listes.
À Paris comme à Marseille, villes d’enjeu national, ces campagnes sont grosses de dangers, le risque majeur étant la fracture irréversible. Quand on chauffe un électorat à blanc contre une majorité sortante de gauche, quand on la rend moralement illégitime, quand on en fait l’ennemi principal, il devient très difficile – voire impossible – d’appeler à voter pour la liste qui pourra faire barrage à l’extrême droite de Franck Allisio et à la droite trumpisée de Rachida Dati. Le risque est pourtant connu de tous.
Les élections de mars sont un laboratoire : on fracture, on oppose, on démonte les alliances existantes. Il sera temps, le soir du premier tour, d’en tirer les leçons politiques.
Pourquoi les insoumis font-ils ces choix ?
Tout ramène à 2027 et à la stratégie présidentielle des insoumis. Jean-Luc Mélenchon se revendique désormais de la « gauche radicale ». C’est un changement lexical qui n’est pas anodin. S’il y a une gauche radicale, c’est qu’il existe une autre gauche, molle, rose pâle, gestionnaire, avec laquelle il faut rompre.
Dans le quotidien de ces campagnes municipales, l’objectif des insoumis semble être d’inscrire une frontière entre deux gauches irréconciliables. Les élections de mars sont un laboratoire : on fracture, on oppose, on démonte les alliances existantes. Il sera temps, le soir du premier tour, d’en tirer les leçons politiques. Cette stratégie va-t-elle mobiliser le camp insoumis au sens large ? Dans ces villes où Jean-Luc Mélenchon a réuni près de 30% des électeurs, quel sera le score insoumis ? La stratégie mise en œuvre aux municipales teste une stratégie de premier tour pour la présidentielle. La castagne contre le reste de la gauche peut-elle gagner ?
Mais ce test stratégique n’est pas sans risque. Il peut se payer cher. S’il aboutit au basculement de Paris et Marseille à l’extrême droite ou à la droite extrême, la gauche, les électeurs jeunes et des quartiers populaires que LFI tente de mobiliser pourraient lui demander des comptes. Les plumes et le goudron menacent. Le récit d’une gauche gagnante sur la base d’une rupture avec le reste de la gauche deviendrait difficile à tenir. Le risque de défaites en chaîne et d’une défaite générale menace. À force de vouloir prouver que La France insoum
05.02.2026 à 12:09
la Rédaction
Dans les deux villes, les stratégies des insoumis annoncent 2027 : celle d’une agressivité qui cible la gauche sortante. Sera-t-elle gagnante ? Et pour qui ?
À Paris, la tête de liste Sophia Chikirou vient de sortir une affiche relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle elle accuse la municipalité sortante d’être responsable de la noyade d’un enfant et de sévices sexuels dans les centres de loisirs de la ville. Les visages d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Grégoire appuient ce message.
Cette campagne vise à susciter émotion et compassion pour ces enfants et leur famille. Sophia Chikirou n’exprime pas un désaccord politique : elle porte une accusation grave, celle de la responsabilité dans la mort d’un enfant. Elle crée de l’irréparable. Par ailleurs, la candidate insoumise cible dans tous ses discours « 25 ans » de gouvernance socialo-communisto-écologiste. Comme si les difficultés du monde populaire à Paris commençait au moment où la gauche a gagné Paris. Le problème ne serait donc pas la droite mais cette gauche-là.
À Marseille, c’est la même mécanique. Début janvier, Sébastien Delogu, le candidat LFI à la mairie, affiche son slogan « Avec Delogu, Marseille propre. Sans déchets ni corruption ». Houlala ! Mais d’où sortent ces idées !? Certes, Sébastien Delogu parle au cœur des Marseillais… Mais ne voit-il pas qu’il réactive un imaginaire inacceptable ? Comme Sophia Chikirou, le député des Bouches-du-Rhône vise l’administration sortante gauche plurielle de Benoît Payan. Il l’accuse explicitement de corruption. Le candidat insoumis s’appuie sur une récente enquête de Blast concernant le « plan écoles ». Elle devient une munition dans une campagne qui crée l’irréparable entre les deux listes.
À Paris comme à Marseille, villes d’enjeu national, ces campagnes sont grosses de dangers, le risque majeur étant la fracture irréversible. Quand on chauffe un électorat à blanc contre une majorité sortante de gauche, quand on la rend moralement illégitime, quand on en fait l’ennemi principal, il devient très difficile – voire impossible – d’appeler à voter pour la liste qui pourra faire barrage à l’extrême droite de Franck Allisio et à la droite trumpisée de Rachida Dati. Le risque est pourtant connu de tous.
Pourquoi les insoumis font-ils ces choix ?
Tout ramène à 2027 et à la stratégie présidentielle des insoumis. Jean-Luc Mélenchon se revendique désormais de la « gauche radicale ». C’est un changement lexical qui n’est pas anodin. S’il y a une gauche radicale, c’est qu’il existe une autre gauche, molle, rose pâle, gestionnaire, avec laquelle il faut rompre.
Dans le quotidien de ces campagnes municipales, l’objectif des insoumis semble être d’inscrire une frontière entre deux gauches irréconciliables. Les élections de mars sont un laboratoire : on fracture, on oppose, on démonte les alliances existantes. Il sera temps, le soir du premier tour, d’en tirer les leçons politiques. Cette stratégie va-t-elle mobiliser le camp insoumis au sens large ? Dans ces villes où Jean-Luc Mélenchon a réuni près de 30% des électeurs, quel sera le score insoumis ? La stratégie mise en œuvre aux municipales teste une stratégie de premier tour pour la présidentielle. La castagne contre le reste de la gauche peut-elle gagner ?
Mais ce test stratégique n’est pas sans risque. Il peut se payer cher. S’il aboutit au basculement de Paris et Marseille à l’extrême droite ou à la droite extrême, la gauche, les électeurs jeunes et des quartiers populaires que LFI tente de mobiliser pourraient lui demander des comptes. Les plumes et le goudron menacent. Le récit d’une gauche gagnante sur la base d’une rupture avec le reste de la gauche deviendrait difficile à tenir. Le risque de défaites en chaîne et d’une défaite générale menace. À force de vouloir prouver que La France insoumise est seule légitime, elle pourrait bien prouver autre chose : qu’elle est seule.
CANDIDATURE DU JOUR
Après le fracas (non) provoqué à droite par la candidature de David Lisnard, voici la réplique à gauche : le socialiste Jérôme Guedj vient d’annoncer vouloir briguer la présidentielle. L’ex-meilleur ami de Jean-Luc Mélenchon s’est déclaré ce jeudi sur France Inter : « Je suis aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle pour porter la voix d’une gauche républicaine, la voix d’une gauche européenne, la voix d’une gauche universaliste, laïque, d’une gauche sociale, écologiste ». Kamoulox ! Le député de l’Essonne souhaite « un cadre collectif » mais refuse la primaire portée par le premier secrétaire, Olivier Faure, assurant qu’« il y a un espace pour une tonitruance socialiste ». On apprend à la même occasion qu’il a créé son propre micro-parti, « Le courage de la nuance ». Jérôme Guedj semble avoir une idée singulière de la nuance lui qui a traité Jean-Luc Mélenchon de « salopard antisémite ». Il affirme qu’on a besoin de riches pour « contribuer à la justice sociale » : une autre idée du socialisme vient d’éclore. Son projet se résume simplement : République et laïcité. Jérôme Guedj entre en concurrence avec Raphaël Glucksmann qui se place, lui, sur le terrain de l’armement de l’Europe face à Poutine. Jérôme Guedj déplore une gauche qui « crève d’ambiguïté » et appelle à de « la clarté dans les valeurs ». Drôle de destin pour un « frondeur » que devenir le trait d’union entre Lecornu et le PS !
L.L.C.

« En Bonne Voix », le podcast dédié à la parole. Notre amie et chroniqueuse pour Regards Rokhaya Diallo ambitionne d’explorer « le pouvoir de la parole, la puissance des mots et l’influence des voix, parce qu’une voix peut déplacer des foules, et qu’un mot bien énoncé peut changer une vie ». On y trouvera des avocats, des rappeurs, des journalistes, des comédiens, des activistes, des écrivains, des influenceurs et des responsables politiques. Un podcast disponible gratuitement sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Amazon Music et en vidéo sur YouTube.



L’album « Dans ma bulle » de Diam’s a 20 ans cette année. Et il n’a pas pris une ride.
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05.02.2026 à 10:06
Melaine Fanouillère
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la saison 6 du podcast L’Actu des Oublié.e.s, notre rendez-vous en terre de luttes.
Les oublié.es. Les invisibles, les précaires pris.es dans l’œil du cyclone capitaliste. Les peuples dont l’existence est menacée, celles et ceux qui lèvent le poing dans l’ombre, oublié.es des caméras et des micros. Leur résistance quotidienne, leur soulèvement spontané, leurs expériences sociales soufflent un espoir déterminé, sèment les graines des pratiques futures, s’érigent avec courage en rempart contre l’obscurantisme. Quand un peuple ou une portion du peuple retrouve sa liberté de parole, conquiert des espaces où se réunir et expérimente l’auto-organisation, la transformation sociale commence.
L’instant révolutionnaire où l’expérience sociale font dire à des millions de personnes « Nous ne reviendrons pas à la normalité ». Voilà ce que raconte l’Actu des Oublié.e.s, pour tendre et finalement soulever un espoir internationaliste face à la violence néo-libérale pour prendre soin de nous, des terres et de la diversité du vivant.

04.02.2026 à 13:11
Catherine Tricot
Jean-Luc Mélenchon entre en campagne par la porte internationale et fonde sa candidature sur la centralité du droit international, le non-alignement, la critique de l’impérialisme américain.
Ce jeudi 28 janvier, devant un fond bleu-blanc-rouge, Jean-Luc Mélenchon a donné rendez-vous à une vingtaine de titres de la presse internationale pour exposer la doctrine insoumise concernant « la nouvelle donne internationale ». Diffusée sur YouTube, cette conférence de 1h45 a déjà été visionnée plus de 200 000 fois. Elle constitue, explicitement, une étape importante dans la perspective de la campagne présidentielle.
TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER
Cette intervention visait tout à la fois à refonder le corps de doctrine insoumise et à exposer ce que serait l’action d’un gouvernement insoumis.
Pour commencer, le leader de LFI a voulu assumer un tournant en instituant la centralité du droit international. Jean-Luc Mélenchon se démarque ainsi de ce qui, pour lui, était l’historique internationalisme qui se fondait sur un soutien aux États de l’ancien bloc de l’Est (largement disparu) et sur une solidarité aux forces progressistes. Pour l’homme qui se revendique à plusieurs reprises de la gauche radicale (terme très inhabituel dans sa bouche), il s’agit d’une inflexion nette avec la pensée classique des courants issus de l’extrême gauche. Dans sa conférence, il illustrera ce changement d’approche par un soutien apporté à l’État libanais dirigé par le général Joseph Aoun ou encore par un souhait de commercer autant avec la Chine qu’avec l’Inde. Il veut « laisser de côté les désaccords idéologiques » avec les différents régimes dès l’instant qu’ils sont légitimes du point de vue du droit international et qu’est faite la distinction entre pays agresseur et pays agressé – le cas échéant. Concernant la Russie, une fois la guerre terminée avec des conditions de sécurité garantie, Jean-Luc Mélenchon veut la voir réintégrée dans l’espace européen qu’il désigne, à la suite de Gaule, comme s’étendant de « l’Atlantique à l’Oural ».
L’autre enjeu de cette conférence est de caractériser le bouleversement du monde que Jean-Luc Mélenchon ne fait pas remonter à la réélection de Donald Trump. D’entrée de jeu, les États-Unis sont présentés comme « un empire agressif né d’un génocide et qui a passé les neuf dixièmes de son temps en guerre avec le reste du monde ». Il nomme « néosuprématisme » l’actuel pouvoir à la Maison Blanche pour le distinguer du fascisme historique. Au racisme et suprématisme ethnique, il ajoute la dimension libertarienne, obscurantiste, techno-capitaliste. Il récuse l’opposition entre illibéralisme et néolibéralisme, le premier étant la réponse raciste aux souffrances infligées par le second.
Mais, pour le leader insoumis, la globalité de la politique américaine se comprend d’abord comme une continuité – depuis Obama et jusqu’à Biden – de la guerre contre la Chine, « adversaire systémique ». Il insiste : il n’y aura pas de retour en arrière quand bien même les Démocrates reprendraient le pouvoir. Le moment trumpien est aussi important que la dislocation du bloc de l’Est. Il est irréversible et passe par la destruction méthodique de l’ordre international. La prétention de propager la démocratie est désormais remplacée par l’affirmation brute de la force. Cette guerre contre la Chine passe par le contrôle de toutes les voies de passages des produits chinois, notamment sur les mers. Et de citer la reprise en main du canal de Panama, du détroit d’Ormuz, les prétentions sur le Groenland… Il ajoute la préparation à un affrontement militaire avec la Chine. Jean-Luc Mélenchon s’élève vivement contre la banalisation de la guerre au temps de l’atome.
Ce moment apparaît au leader insoumis aussi comme une opportunité. Il y voit l’occasion de déployer une politique du non-alignement, d’isoler politiquement les États-Unis et d’amorcer la construction d’un monde multilatéral qu’il oppose à la vision multipolaire d’un monde organisé en grands ensembles concurrents. Dans cette perspective, il promeut de nécessaires réformes de l’ONU, en particulier sur le droit de veto. Il avance une idée nouvelle, celle de promouvoir des « causes communes » et pour ce faire, de nouer des alliances à géométrie variable. Parmi les « causes communes », il énonce l’enjeu de récréer une monnaie commune, alternative à la suprématie totale du dollar. Il veut relancer la question du désarmement nucléaire, chimique et bactériologique. Il pousse l’enjeu de la définanciarisation qui désormais menace à tout moment de faire craquer les économies.
Avec cette conférence, Jean-Luc Mélenchon hisse le débat politique sur les questions internationales. Il ne traite pas tout dans le détail et il soulève des questions qui peuvent être débattues. Ainsi, on pourra discuter de cette « opposition » entre internationalisme et droit international qui a pour conséquence de replier les enjeux internationaux sur les questions étatiques et de droit. Alors qu’à raison, il parle de la monnaie, il n’évoque pas l’enjeu et le danger des cryptomonnaies qui défont le lien entre État et monnaie. Il ne revient pas sur quelques sujets sur lequel on l’attend aussi comme les échecs de la gauche en Amérique latine. Il priorise la remise en cause des États-Unis mais minore les enjeux face à la puissance chinoise – qui n’est pas que bienveillante. Et que dire de la Russie ? Il parle volontiers de la France et de l’action d’un gouvernement insoumis mais ne dit rien de l’avenir désirable pour l’Europe. Il évoque les États et assez peu l’action des peuples. Il aborde la question de la création d’un Kurdistan sans élargir la réflexion aux enjeux de frontières, de souveraineté dans l’articulation avec les enjeux de l’humanité (climat, ressource). Bref, il reste de nombreux sujets en suspend sur lequel Regards reviendra…
Jean-Luc Mélenchon prend date et n’entend pas laisser le champ libre à Dominique de Villepin, plante ses banderilles dans la logique du discours portée par Raphaël Glucksmann, affirme sa stature présidentielle. La compétition est lancée. Les concurrents sont défiés.
04.02.2026 à 13:09
la Rédaction
Jean-Luc Mélenchon entre en campagne par la porte internationale et fonde sa candidature sur la centralité du droit international, le non-alignement, la critique de l’impérialisme américain.
par Catherine Tricot
Ce jeudi 28 janvier, devant un fond bleu-blanc-rouge, Jean-Luc Mélenchon a donné rendez-vous à une vingtaine de titres de la presse internationale pour exposer la doctrine insoumise concernant « la nouvelle donne internationale ». Diffusée sur YouTube, cette conférence de 1h45 a déjà été visionnée plus de 200 000 fois. Elle constitue, explicitement, une étape importante dans la perspective de la campagne présidentielle.
Cette intervention visait tout à la fois à refonder le corps de doctrine insoumise et à exposer ce que serait l’action d’un gouvernement insoumis.
Pour commencer, le leader de LFI a voulu assumer un tournant en instituant la centralité du droit international. Jean-Luc Mélenchon se démarque ainsi de ce qui, pour lui, était l’historique internationalisme qui se fondait sur un soutien aux États de l’ancien bloc de l’Est (largement disparu) et sur une solidarité aux forces progressistes. Pour l’homme qui se revendique à plusieurs reprises de la gauche radicale (terme très inhabituel dans sa bouche), il s’agit d’une inflexion nette avec la pensée classique des courants issus de l’extrême gauche. Dans sa conférence, il illustrera ce changement d’approche par un soutien apporté à l’État libanais dirigé par le général Joseph Aoun ou encore par un souhait de commercer autant avec la Chine qu’avec l’Inde. Il veut « laisser de côté les désaccords idéologiques » avec les différents régimes dès l’instant qu’ils sont légitimes du point de vue du droit international et qu’est faite la distinction entre pays agresseur et pays agressé – le cas échéant. Concernant la Russie, une fois la guerre terminée avec des conditions de sécurité garantie, Jean-Luc Mélenchon veut la voir réintégrée dans l’espace européen qu’il désigne, à la suite de Gaule, comme s’étendant de « l’Atlantique à l’Oural ».
L’autre enjeu de cette conférence est de caractériser le bouleversement du monde que Jean-Luc Mélenchon ne fait pas remonter à la réélection de Donald Trump. D’entrée de jeu, les États-Unis sont présentés comme « un empire agressif né d’un génocide et qui a passé les neuf dixièmes de son temps en guerre avec le reste du monde ». Il nomme « néosuprématisme » l’actuel pouvoir à la Maison Blanche pour le distinguer du fascisme historique. Au racisme et suprématisme ethnique, il ajoute la dimension libertarienne, obscurantiste, techno-capitaliste. Il récuse l’opposition entre illibéralisme et néolibéralisme, le premier étant la réponse raciste aux souffrances infligées par le second.
Mais, pour le leader insoumis, la globalité de la politique américaine se comprend d’abord comme une continuité – depuis Obama et jusqu’à Biden – de la guerre contre la Chine, « adversaire systémique ». Il insiste : il n’y aura pas de retour en arrière quand bien même les Démocrates reprendraient le pouvoir. Le moment trumpien est aussi important que la dislocation du bloc de l’Est. Il est irréversible et passe par la destruction méthodique de l’ordre international. La prétention de propager la démocratie est désormais remplacée par l’affirmation brute de la force. Cette guerre contre la Chine passe par le contrôle de toutes les voies de passages des produits chinois, notamment sur les mers. Et de citer la reprise en main du canal de Panama, du détroit d’Ormuz, les prétentions sur le Groenland… Il ajoute la préparation à un affrontement militaire avec la Chine. Jean-Luc Mélenchon s’élève vivement contre la banalisation de la guerre au temps de l’atome.
Ce moment apparaît au leader insoumis aussi comme une opportunité. Il y voit l’occasion de déployer une politique du non-alignement, d’isoler politiquement les États-Unis et d’amorcer la construction d’un monde multilatéral qu’il oppose à la vision multipolaire d’un monde organisé en grands ensembles concurrents. Dans cette perspective, il promeut de nécessaires réformes de l’ONU, en particulier sur le droit de veto. Il avance une idée nouvelle, celle de promouvoir des « causes communes » et pour ce faire, de nouer des alliances à géométrie variable. Parmi les « causes communes », il énonce l’enjeu de récréer une monnaie commune, alternative à la suprématie totale du dollar. Il veut relancer la question du désarmement nucléaire, chimique et bactériologique. Il pousse l’enjeu de la définanciarisation qui désormais menace à tout moment de faire craquer les économies.
Avec cette conférence, Jean-Luc Mélenchon hisse le débat politique sur les questions internationales. Il ne traite pas tout dans le détail et il soulève des questions qui peuvent être débattues. Ainsi, on pourra discuter de cette « opposition » entre internationalisme et droit international qui a pour conséquence de replier les enjeux internationaux sur les questions étatiques et de droit. Alors qu’à raison, il parle de la monnaie, il n’évoque pas l’enjeu et le danger des cryptomonnaies qui défont le lien entre État et monnaie. Il ne revient pas sur quelques sujets sur lequel on l’attend aussi comme les échecs de la gauche en Amérique latine. Il priorise la remise en cause des États-Unis mais minore les enjeux face à la puissance chinoise – qui n’est pas que bienveillante. Et que dire de la Russie ? Il parle volontiers de la France et de l’action d’un gouvernement insoumis mais ne dit rien de l’avenir désirable pour l’Europe. Il évoque les États et assez peu l’action des peuples. Il aborde la question de la création d’un Kurdistan sans élargir la réflexion aux enjeux de frontières, de souveraineté dans l’articulation avec les enjeux de l’humanité (climat, ressource). Bref, il reste de nombreux sujets en suspend sur lequel Regards reviendra…
Jean-Luc Mélenchon prend date et n’entend pas laisser le champ libre à Dominique de Villepin, plante ses banderilles dans la logique du discours portée par Raphaël Glucksmann, affirme sa stature présidentielle. La compétition est lancée. Les concurrents sont défiés.
PROCÈS DU JOUR
Au procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires européens, le parquet a requis quatre ans de prison dont un ferme et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, sans exécution provisoire : une configuration juridique qui, loin de clore le feuilleton, l’inscrit dans le calendrier politique. Car même en cas de condamnation assortie d’inéligibilité – hypothèse crédible –, la cheffe de file du Rassemblement national ne manquera pas de se pourvoir en cassation, une procédure qui pourrait aboutir quelques mois avant la présidentielle de 2027… De quoi entretenir jusqu’au bout l’ambiguïté stratégique : préparer la candidature de Jordan Bardella sans enterrer Marine Le Pen alors même que les deux incarnent des projets d’extrême droite distincts. Les partisans de Marine Le Pen (l’écrasante majorité de l’appareil) continueront de chercher une candidature conforme à son orientation. Les jeux ne sont donc pas faits mais pas certain que l’on puisse conclure que rien ne va plus…
P.P.-V.

« ICE, le bras armé de Trump » : en 11 minutes, ce documentaire revient sur les origines de ICE. Saviez vous que cette police de l’immigration a été fondée au lendemain du 11 septembre 2001, liant lutte contre l’immigration illégale et lutte antiterroriste ? Pour les recrues de cette police armée au service de Donald Trump, 50 000 dollars à l’embauche et 47 jours de formation (puisque Trump est le 47ème président des États-Unis – véridique). 11 minutes de cauchemar mais édifiant.



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03.02.2026 à 11:41
Catherine Tricot
L’affaire Epstein expose une élite convaincue d’être au-dessus des lois. Le pouvoir sans frein et sans limite comme horizon.
L’affaire Jeffrey Epstein bouscule profondément la société américaine et notamment les soutiens de Donald Trump. Les MAGA doutent de plus en plus de la probité des hommes qu’ils ont porté au pouvoir. Mais l’affaire est en train de prendre une dimension nouvelle : les opinions publiques occidentales découvrent, médusées, l’intrication des relations entre le criminel sexuel, suicidé en 2019, et leurs hommes de pouvoir.
TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER
Sous la contrainte, de façon chaotique et insatisfaisante, l’administration Trump doit déclassifier des millions de documents. Ces mails, photos, vidéos, enregistrements… informent moins sur les crimes sexuels (ces documents-là ne sont pas rendus publics) que sur cet autre monde où se croisent et badinent les puissants. L’onde de choc en Europe est telle que plusieurs dirigeants politiques et économiques ont été contraints de démissionner après que soient rendus publics leurs liens persistants avec Jeffrey Epstein. La tornade emporte les plus vénérables ambassadeurs, président du prix Nobel de la paix, ministres et princes de tous pays, animateur de collecte de fonds caritatifs, sportifs et artistes… La France commence à être touchée par cette boue dans laquelle la prédation sexuelle n’est pas le seul motif.
Assurément, la consolidation de l’entre-soi politique, économique, culturel et médiatique est le fondement de ces échanges. Mais cela passe bel et bien par le partage de femmes, jeunes, très jeunes. La connivence et la jouissance, la violence et la transgression constituent la matière du pacte. Le caractère so exclusive, qui en constitue l’attrait, commence dès le partage des jets et des fêtes sur l’île privée d’Epstein. Appartenir à un monde distinct de celui, commun, des mortels… quel bonheur !
Le mouvement planétaire #MeToo a révélé le caractère massif, systémique des violences sexuelles faites aux femmes. L’affaire Epstein dévoile le lien intime entre pouvoir et domination sexuelle.
L’affaire Epstein lève le voile sur l’Olympe dégueulasse et décadent où l’idéal promu se targue de n’avoir aucune limite, cohérent avec un capitalisme débridé. Le pouvoir ici, c’est se prendre pour Icare avec la promesse de ne jamais se brûler les ailes.
Pourquoi vouloir le pouvoir ? Pour se prendre pour des dieux et n’avoir plus de compte à rendre de rien ni à personne. Étendre une suprématie si loin qu’elle puisse se moquer de tout et de ne plus être entravée par aucune conscience. Se sentir au-dessus des lois qui régissent le monde et la nature, qui régissent la morale et communément nos vies. Se contreficher même de l’avenir de l’humanité (cohésion des peuples, réchauffement climatique, cultures). L’affaire Epstein lève le voile sur l’Olympe dégueulasse et décadent où l’idéal promu se targue de n’avoir aucune limite, cohérent avec un capitalisme débridé. Le pouvoir ici, c’est se prendre pour Icare avec la promesse de ne jamais se brûler les ailes.
L’affranchissement de toute éthique ou conscience pour alimenter l’egotrip est désormais la drogue dure de ces messieurs. Il y a trente ans encore, décorations officielles, roulements de tambour, belles femmes et grosses voitures satisfaisaient le narcissisme que ces hommes ont été invités à cultiver dès leur plus jeune âge. C’est du passé. Il faut augmenter la dose.
Tous n’ont pas été programmés pour devenir de très méchantes personnes. Ils le sont devenus parce qu’on leur a trop dit qu’ils étaient magnifiques, qu’ils étaient les meilleurs, que leurs revenus et leurs désirs pouvaient être sans limite. Si un autre monde est possible et souhaitable, il passe par la déconstruction de ces valeurs de compétition et de possession.