02.04.2025 à 10:42
Un grand pouvoir mais aucune responsabilité
Framalang
Texte intégral (15065 mots)
Mise à jour – 2 avril 16:20 : Remplacement du terme « merdification » par « emmerdification ».
Cory Doctorow, blogueur, journaliste et auteur de science-fiction canado-britannique bien connu chez les lecteur·ices assidu·es du Framablog, et étant notamment à l’origine du néologisme d’ « emmerdification » des espaces numériques, a récemment publié sur son blog une transcription d’une conférence qu’il donnait lors de la conférence Ursula Franklin ayant lieu au Innis College de l’Université de Toronto. Si l’auteur parle avant tout de son point de vue de canadien, son analyse de la situation et ses pistes de réflexion nous semblent mériter toute votre attention.
Notez enfin que l’auteur a aussi récemment été publié en français chez C&F Éditions avec l’ouvrage « Le rapt d’Internet ».
Cet article est une traduction de la publication de Cory Doctorow. Il est traduit et republié avec l’accord de l’auteur selon les termes de la licence CC BY 4.0. Cette traduction apporte un certain nombre d’illustrations et de liens non présents dans la version originale, afin de rendre la lecture plus agréable. Une vidéo de la conférence est également disponible.
Traduction Framalang : cwpute, retrodev, MO, Jums, spf, Booteille, tcit
Hier soir, je me suis rendu à Toronto pour pour l’évènement annuel de la Conférence Ursula Franklin, pour lequel j’ai donné un discours, au Innis College de l’Université de Toronto.
La conférence était intitulée « Un grand pouvoir n’a impliqué aucune responsabilité : comment l’emmerdification a conquis le XXIème siècle, et comment nous pouvons la renverser ». Il s’agit du dernier grand discours de ma série sur le sujet, qui avait commencé avec la conférence McLuhan de l’année dernière à Berlin.
Et qui s’était poursuivie pendant l’été avec une conférence introductive au Defcon.
Ce discours aborde spécifiquement les opportunités uniques de désemmerdification créées par le « désassemblage imprévu en plein-air » du système de libre-échange international par Trump. Les États-Unis ont utilisé des accords commerciaux pour forcer presque tous les pays du monde à adopter les lois sur la propriété intellectuelle qui rendent l’emmerdification possible, et peut-être même inévitable. Alors que Trump réduit en cendres ces accords commerciaux, le reste du monde a une opportunité sans précédent pour riposter à l’intimidation américaine en se débarrassant de ces lois et en produisant les outils, les appareils et les services qui peuvent protéger chaque utilisateur·ice de la Tech (étasunien·nes y compris) de se faire arnaquer par les grandes entreprises étasuniennes de la Tech.
Je suis très reconnaissant à l’idée de pouvoir donner cette conférence. J’ai été accueilli pour la journée par le Centre for Culture and Technology, fondé par Marshall McLuhan, et installé dans le relais de poste qu’il utilisait comme bureau. La conférence, elle, s’est déroulée dans le Innis College, nommé en hommage à Harold Innis, le Mashall McLuhan des penseurs et penseuses. De plus, j’ai eu pour enseignante la fille d’Innis, Anne Innis Dagg, une biologiste féministe, brillante et radicale, qui a quasiment inventé le domaine de giraffologie (l’étude des girafes fossiles, NDT).
Cependant, et avec tout le respect que j’ai pour Anne et son père, Ursula Franklin est la Harold Innis des penseur·euses. Une scientifique, activiste, et communicante brillante qui a dédié sa vie à l’idée que ce n’est pas tant ce que la technologie fait qui est important, mais plutôt à qui elle le fait et pour le bénéfice de qui.
Avoir l’opportunité de travailler depuis le bureau de McLuhan afin de présenter une conférence dans l’amphithéâtre d’Innis qui tient son nom de Franklin ? Ça me fait tout chaud à l’intérieur !Voici le texte de la conférence, légèrement modifié.
Je sais que la conférence de ce soir est sensée porter sur la dégradation des plateformes tech, mais j’aimerais commencer par parler des infirmières.
Un rapport de janvier 2025, provenant du Groundwork Collective, documente comment les infirmières sont de plus en plus recrutées par des applis de mise en relation — « le Uber des infirmières » — ce qui fait qu’elles ne savent jamais d’un jour sur l’autre si elles vont pouvoir travailler et combien elles seront payées.
Il y a quelque chose de high-tech qui se trame ici vis-à-vis du salaire des infirmières. Ces applis pour infirmières — un cartel de trois entreprises : Shiftkey, Shiftmed et Carerev — peuvent jouer comme elles l’entendent avec le prix de la main d’œuvre.
Avant que Shiftkey ne fasse une offre d’emploi à une infirmière, l’entreprise achète l’historique d’endettement de sa carte de crédit via un courtier en données. Plus spécifiquement, elle paie pour savoir combien l’infirmière a de dettes sur sa carte de crédit, et s’il y a un retard de remboursement.
Plus la situation financière de l’infirmière est désespérée, plus le salaire qu’on lui proposera sera bas. Parce que plus vous êtes désespérée, moins ça coûtera de vous faire venir travailler comme un âne à soigner les malades, les personnes âgées et les mourant·es.
Bon, il y a plein de choses qui se passent dans cette histoire, et elles sont toutes terrifiantes. Plus encore, elles sont emblématiques de l’ « emmerdification » (« enshittification » en anglais), ce mot que j’ai forgé pour décrire la dégradation des plateformes en ligne.
Quand j’ai commencé à écrire sur le sujet, je me focalisais sur les symptômes externes de l’emmerdification, un processus en trois étapes :
D’abord, la plateforme est bénéfique pour ses usager·es, tout en trouvant un moyen de les enfermer.
Comme Google, qui limitait les pubs et maximisait les dépenses en ingénierie du moteur de recherche, tout en achetant leur position dominante, en offrant à chaque service ou produit qui avait une barre de recherche de la transformer en barre de recherche Google.
Ainsi, peu importe le navigateur, le système d’exploitation mobile, le fournisseur d’accès que vous utilisiez, vous feriez toujours des recherches Google. C’était devenu tellement délirant qu’au début des années 2020, Google dépensait tous les 18 mois assez d’argent pour acheter Twitter tout entier, juste pour s’assurer que personne n’essaie un autre moteur de recherche que le sien.
C’est la première étape : être bon envers les utilisateur·ices, enfermer les utilisateur·ices.
La deuxième étape c’est lorsque la plateforme commence à abuser des utilisateur·ices pour attirer et enrichir ses client·es professionnel·les. Pour Google, il s’agit des annonceur·euses et des éditeur·ices web. Une part toujours plus importante des pages de résultats Google est consacrée aux annonces, qui sont signalées par des libellés toujours plus subtils, toujours plus petits et toujours plus gris. Google utilise ses données de surveillance commerciales pour cibler les annonces qui nous sont adressées.
Donc voilà la deuxième étape : les choses empirent pour les utilisateur·ices et s’améliorent pour les client·es professionnel·les.
Mais ces client·es professionnel·les sont également fait·es prisonnier·ères de la plateforme, dépendant·es de ces client·es. Dès lors que les entreprises tirent au moins 10 % de leurs revenus de Google, quitter Google devient un risque existentiel. On parle beaucoup du pouvoir de « monopole » de Google, qui découle de sa domination en tant que vendeur. Mais Google est aussi un monopsone, un acheteur puissant.
Ainsi, vous avez maintenant Google qui agit comme un monopoliste vis-à-vis de ses utilisateur·ices (première étape) et comme un monopsoniste vis-à-vis de ses client·es professionnel·les (deuxième étape), puis vient la troisième étape : Google récupère toute la valeur de la plateforme, à l’exception d’un résidu homéopathique calculé pour garder les utilisateur·ices prisonnier·ères de la plateforme, et les client·es professionnel·es enchaîné·es à ces utilisateur·ices.
Google se merdifie.
En 2019, Google a connu un tournant décisif. Son activité de recherche avait cru autant que possible. Plus de 90 % d’entre-nous utilisaient Google pour leur recherches, et nous l’utilisions pour absolument tout. Chaque pensée ou vaine question qui nous venait en tête, nous la tapions dans Google.
Comment Google pouvait-il encore grandir ? Il n’y avait plus d’autre utilisateur·ice pour adopter Google. On allait pas se mettre à chercher plus de choses. Que pouvait faire Google ?
Eh bien, grâce à des mémos internes publiés dans le cadre du procès anti-trust de l’année dernière contre Google, nous savons ce qu’ils ont fait. Ils ont dégradé la recherche. Ils ont réduit la précision du système, de sorte que vous ayez à faire deux recherches ou plus afin de trouver votre réponse, doublant ainsi le nombre de requêtes et doublant la quantité de publicités.
Pendant ce temps, Google a conclu un accord secret et illégal avec Facebook, nom de code Jedi Blue, pour truquer le marché de la publicité, en fixant les prix de manière à ce que les annonceur·euses paient plus et que les éditeur·ices gagnent moins.
Et c’est ainsi que nous arrivons au Google merdifié d’aujourd’hui, où chaque requête renvoie une bouillie générée par IA, au dessus de cinq résultats payants signalés par le mot SPONSORISÉ écrit en gris police 8pt sur fond blanc, eux-même, placés au dessus de dix liens remplis de spam qui renvoient vers des sites SEO (Search Engine Optimization, des sites conçus pour être affichés dans les premiers résultats de Google, NDT) produits à la pelle et remplis d’encore plus de bouillie générée par IA.
Et pourtant, nous continuons d’utiliser Google, parce que nous y sommes enfermé·es. C’est l’emmerdification, vue de l’extérieur. Une entreprise qui est bénéfique pour ses utilisateur·ices, tout en les enfermant. Puis les choses empirent pour les utilisateur·ices, de manière à ce qu’elles s’améliorent pour les client·es professionnel·les, tout en enfermant ces dernier·ères. Puis elle récupère toute la valeur pour elle-même et se transforme en un énorme tas de merde.
L’emmerdification, une tragédie en trois actes.
J’ai commencé en me concentrant sur les signes extérieurs de l’emmerdification, mais je pense qu’il est temps de commencer à réfléchir à ce qu’il se passe à l’intérieur des entreprises qui rendent cette emmerdification possible.
Quel est le mécanisme technique de l’emmerdification ? J’appelle cela le bidouillage (« twiddling »). Les merveilleux ordinateurs qui les font tourner lèguent aux entreprises du numérique leur infinie flexibilité. Cela veut dire que les entreprises peuvent bidouiller les commandes qui contrôlent les aspects les plus fondamentaux de leur activité. Chaque fois que vous interagissez avec une entreprise, tout est différent : les prix, les coûts, l’ordre des résultats, les recommandations.
Ce qui me ramène à nos infirmières. Vous vous rappelez de l’arnaque, celle où vous consultez le degré d’endettement de l’infirmière pour réduire en temps réel le salaire que vous lui offrez ? Ça c’est du bidouillage. C’est quelque chose qu’on ne peut faire qu’avec un ordinateur. Les patrons qui le font ne sont pas plus malfaisants que les patrons d’antan, ils ont juste de meilleurs outils.
Notez que ce ne sont même pas des patrons de la Tech. Ce sont des patrons de la santé, qui se trouvent disposer des outils de la Tech.
La numérisation — tisser des réseaux informatiques à l’intérieur d’une entreprise ou d’un domaine d’activité — rend possible ce genre de bidouillage qui permet aux entreprises de déplacer la valeur depuis les utilisateur·ices vers les client·es professionnel·les, puis des client·es professionnel·les vers les utilisateur·ices, et enfin, inévitablement, vers elles-mêmes.
Et la numérisation est en cours dans tous les domaines — dont celui des infirmières. Ce qui signifie que l’emmerdification est en cours dans tous les domaines — dont celui des infirmières.
La juriste Veena Dubal a inventé un terme pour décrire le bidouillage qui comprime le salaire des infirmières endettées. Ça s’appelle la « Discrimination Salariale Algorithmique » (Algorithmic Wage Discrimination), et cela fait suite à l’économie à la tâche.
L’économie à la tâche est un lieu central de l’emmerdification, et c’est la déchirure la plus importante dans la membrane séparant le monde virtuel du monde réel. Le boulot à la tâche, c’est là où votre patron de merde est une application de merde, et où vous n’avez même pas le droit de vous considérer comme un employé·e.
Uber a inventé cette astuce. Les chauffeurs et chauffeuses qui font les difficiles pour choisir les contrats que l’appli leur affiche commencent par recevoir des offres avec de meilleurs paies. Mais si iels succombent à la tentation et prennent l’une de ces options mieux payées, alors les paies commencent à nouveau à réduire, à intervalles aléatoires, petit à petit, imaginés pour être en dessous du seuil de perception humain. Évitant de cuire la grenouille pour seulement la pocher, l’entreprise attend que lae chauffeur·euse Uber se soit endetté·e pour acheter une nouvelle voiture et ait abandonné tout boulot annexe qui lui permettait alors de choisir les meilleures contrats. Et c’est ainsi que leurs revenus diminuent, diminuent, diminuent.
Le bidouillage est une astuce grossière faite à la va-vite. N’importe quelle tâche assez simple mais chronophage est une candidate idéale à l’automatisation, et ce genre de vol de revenus serait insupportablement pénible, fastidieux et coûteux à effectuer manuellement. Aucun entrepôt du XIXème siècle rempli de bonhommes à visière vertes penchés sur des livres de compte ne pourrait faire ça. La numérisation est nécessaire.
Bidouiller le salaire horaire des infirmières est un exemple parfait du rôle de la numérisation dans l’emmerdification. Parce que ce genre de choses n’est pas seulement mauvais pour les infirmières, c’est aussi mauvais pour les patient·es. Pensons-nous vraiment que payer les infirmières en fonction de leur degré de désespoir, avec un taux calculé pour accroître ce niveau de désespoir, et donc décroître le salaire pour lequel elles vont sans doute travailler, aura pour conséquence de meilleurs soins ?
Voulez-vous que votre cathéter soit posé par une infirmière nourrie par les Restos du Cœur, qui a conduit un Uber jusqu’à minuit la nuit dernière, et qui a sauté le petit déjeuner ce matin pour pouvoir payer son loyer ?
Voilà pourquoi il est si naïf de dire « si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit ». « Si c’est gratuit » attribue aux services financés par la publicité un pouvoir magique : celui de contourner nos facultés critiques en nous surveillant, et en exploitant les dossiers qui en résultent pour localiser nos angle-morts mentaux, et en les transformant en armes pour nous faire acheter tout ce qu’un publicitaire vend.
Avec cette expression, nous nous rendons complices de notre propre exploitation. En choisissant d’utiliser des services « gratuits », nous invitons les capitalistes de la surveillance à notre propre exploitation, ceux-là même qui ont développé un rayon-laser de contrôle mental alimenté par les données de surveillance que nous fournissons volontairement en choisissant des services financés par la publicité.
La morale, c’est que si nous revenions à simplement payer pour avoir des choses, plutôt que de demander leur gratuité de manière irréaliste, nous rendrions au capitalisme son état fonctionnel de non-surveillance, et les entreprises recommenceraient à mieux s’occuper de nous, car nous serions les client·es, et non plus les produits.
C’est pour cette raison que l’hypothèse du capitalisme de surveillance élève les entreprises comme Apple au rang d’alternatives vertueuses. Puisqu’Apple nous fait payer avec de l’argent, plutôt qu’avec notre attention, elle peut se concentrer sur la création de services de qualité, plutôt que de nous exploiter.
Si on regarde de façon superficielle, il y a une logique plausible à tout cela. Après, tout, en 2022, Apple a mis à jour son système d’exploitation iOS, qui tourne sur les iPhones et autres appareils mobiles, ajoutant une case à cocher qui vous permet de refuser la surveillance par des tiers, notamment Facebook.
96 % des client·es d’Apple ont coché cette case. Les autres 4 % étaient probablement ivres, ou des employé·es de Facebook, ou des employé·es de Facebook ivres. Ce qui est logique car, si je travaillais pour Facebook, je serais ivre en permanence.
Il semble donc, à première vue, qu’Apple ne traite pas ses client·es comme un « produit ». Mais, en même temps que cette mesure de protection de la vie privée, Apple activait secrètement son propre système de surveillance pour les propriétaires d’iPhone, qui allait les espionner de la même manière que Facebook l’avait fait, et exactement dans le même but : vous envoyer des publicités ciblées en fonction des lieux que vous avez visités, des choses que vous avez recherchées, des communications que vous avez eues, des liens sur lesquels vous avez cliqué. Apple n’a pas demandé la permission à ses client·es pour les espionner. Elle ne leur a pas permis de refuser cette surveillance. Elle ne leur en a même pas parlé et, quand elle a été prise la main dans le sac, Apple a menti.
Il va sans dire que le rectangle à distractions à 1000 dollars d’Apple, celui-la même qui est dans votre poche, c’est bien vous qui l’avez payé. Le fait que vous l’ayez payé n’empêche pas Apple de vous traiter comme un produit. Apple traite aussi ses client·es professionnel·les — les vendeur·euses d’applications — comme un produit, en leur extorquant 30 centimes sur chaque dollar qu’ils gagnent, avec des frais de paiement obligatoires qui sont 1000 % plus élevés que les normes dans le domaine, déjà exorbitantes. Apple traite ses utilisateur·ices — les gens qui déboursent une brique pour un téléphone — comme un produit, tout en les espionnant pour leur envoyer des publicités ciblées.
Apple traite tout le monde comme un produit.
Voilà ce qu’il se passe avec nos infirmière à la tâche : les infirmières sont le produit. Les patient·es sont le produit. Les hôpitaux sont le produit. Dans l’emmerdification, « le produit » est chaque personne qui peut être productifiée.
Un traitement juste et digne n’est pas quelque chose que vous recevez comme une récompense de fidélité client, pour avoir dépensé votre argent plutôt que votre attention. Comment recevoir un traitement juste et digne alors ? Je vais y venir, mais restons encore un instant avec nos infirmières.
Les infirmières sont le produit et elles sont bidouillées, parce qu’elles ont été enrôlées dans l’industrie de la Tech, via la numérisation de leur propre industrie.
Il est tentant de rejeter la faute sur la numérisation. Mais les entreprises de la Tech ne sont pas nées merdifiées. Elles ont passé des années — des décennies — à concevoir des produits plaisants. Si vous êtes assez vieille ou vieux pour vous souvenir du lancement de Google, vous vous souviendrez que, au départ, Google était magique.
Vous auriez pu interroger Ask Jeeves pendant un million d’années, vous auriez pu remplir Altavista avec dix trilliards d’opérateurs booléens visant à éliminer les résultats médiocres, sans jamais aboutir à des réponses aussi nettes et utiles que celles que vous auriez obtenues avec quelques mots vaguement descriptifs dans une barre de recherche Google.
Il y a une raison pour laquelle nous sommes tous passé·es à Google, pour laquelle autant d’entre nous ont acheté des iPhones, pour laquelle nous avons rejoint nos amis sur Facebook : tous ces services étaient nativement numériques, ils auraient pu se merdifier à tout moment, mais ils ne l’ont pas fait — jusqu’à ce qu’ils le fassent, et ils l’ont tous fait en même temps.
Si vous étiez une infirmière, que tous les patient·es qui se présentent aux urgences en titubant présentent les mêmes horribles symptômes, vous appelleriez le ministère de la Santé pour signaler la potentielle apparition d’un nouvelle et dangereuse épidémie.
Ursula Franklin soutenait que les conséquences de la technologie n’étaient pas prédestinés. Elles sont le résultat de choix délibérés. J’aime beaucoup cette analyse, c’est une manière très science-fictionnesque de penser la technologie. La bonne science-fiction ne porte pas seulement sur ce que la technologie fait, mais pour qui elle le fait, et à qui elle le fait.
Ces facteurs sociaux sont bien plus importants que les seules spécifications techniques d’un gadget. Ils incarnent la différence entre un système qui vous prévient lorsqu’en voiture vous commencez à dévier de votre route et qu’un système informe votre assurance que vous avez failli dévier de votre route, pour qu’ils puissent ajouter 10 dollars à votre tarif mensuel.
Ils incarnent la différence entre un correcteur orthographique qui vous informe que vous avez fait une erreur et un patrongiciel qui permet à votre chef d’utiliser le nombre de vos erreurs pour justifier qu’il vous refuse une prime.
Ils incarnent la différence entre une application qui se souvient où vous avez garé votre voiture et une application qui utilise la localisation de votre voiture comme critère pour vous inclure dans un mandat de recherche des identités de toutes les personnes situées à proximité d’une manifestation contre le gouvernement.
Je crois que l’emmerdification est causée par des changements non pas des technologies, mais de l’environnement réglementaire. Ce sont des modifications des règles du jeu, initiées de mémoire d’humain·e, par des intervenants identifiés, qui étaient déjà informés des probables conséquences de leurs actions, qui sont aujourd’hui riches et respectés, ne subissant aucune conséquence ou responsabilité pour leur rôle dans l’avènement du merdicène. Ils se pavanent en haute société, sans jamais se demander s’ils finiront au bout d’une pique.
En d’autres termes, je pense que nous avons créé un environnement criminogène, un parfait bouillon de culture des pratiques les plus pathogènes de notre société, qui se sont ainsi multipliées, dominant la prise de décision de nos entreprises et de nos États, conduisant à une vaste emmerdification de tout.
Et je pense qu’il y a quelques bonnes nouvelles à tirer de tout ça, car si l’emmerdification n’est pas causée par un nouveau genre de méchantes personnes, ou par de grandes forces de l’histoire joignant leur poids pour tout transformer en merde, mais est plutôt causée par des choix de réglementation spécifiques, alors nous pouvons revenir sur ces règles, en produire de meilleures et nous extraire du merdicène, pour reléguer cet internet merdifié aux rebuts de l’histoire, simple état transitoire entre le bon vieil internet et un bon internet tout neuf.
Je ne vais pas parler d’IA aujourd’hui, parce que, mon dieu, l’IA est un sujet tellement ennuyeux et tellement surfait. Mais je vais utiliser une métaphore qui parle d’IA, pour parler de l’entreprise à responsabilité limitée, qui est une sorte d’organisme colonisateur immoral et artificiel, au sein duquel les humain·es jouent le rôle d’une sorte de flore intestinale. Mon collègue Charlie Stoss nomme ces sociétés des « IA lentes ».
Vous avez donc ces IA lentes, dont les boyaux grouillent de gens, et l’impératif de l’IA, le trombone qu’elle cherche à optimiser, c’est le profit. Pour maximiser les profits, facturez aussi cher que vous le souhaitez, payez vos travailleur·euses et vos fournisseur·euses aussi peu que vous le pouvez, dépensez aussi peu que possible pour la sécurité et la qualité.
Chaque dollar que vous ne dépensez pas pour les fournisseur·euses, les travailleur·euses, la qualité ou la sécurité est un dollar qui peut revenir aux cadres et aux actionnaires. Il y a donc un modèle simple d’entreprise qui pourrait maximiser ses profits en facturant un montant infini de dollars, en ne payant rien à ses travailleur·euses et à ses fournisseur·euses, et en ignorant les questions de qualité et de sécurité.
Cependant, cette entreprise ne gagnerait pas du tout d’argent, pour la très simple raison que personne ne voudrait acheter ce qu’elle produit, personne ne voudrait travailler pour elle ou lui fournir des matériaux. Ces contraintes agissent comme des forces punitives disciplinaires, qui atténuent la tendance de l’IA à facturer à l’infini et ne rien payer.
Dans la Tech, on trouve quatre de ces contraintes, des sources de discipline anti-emmerdificatoires qui améliorent les produits et les services, rémunèrent mieux les travailleur·euses et empêchent les cadres et des actionnaires d’accroître leur richesse au détriment des client·es, des fournisseur·euses et des travailleur·euses.
La première de ces contraintes, c’est le marché. Toutes choses égales par ailleurs, une entreprise qui facture davantage et produit moins perdra des client·es au profit d’entreprises qui sont plus généreuses dans leur partage de la valeur avec les travailleur·euses, les client·es et les fournisseur·euses.
C’est la base de la théorie capitaliste, et le fondement idéologique de la loi sur la concurrence, que nos cousins étasuniens nomment « loi anti-trust ».
En 1890, le Sherman Act a été première loi anti-trust, que le sénateur John Sherman, son rapporteur, défendit devant le Sénat en disant :
Si nous refusons de subir le pouvoir d’un roi sur la politique, nous ne devrions pas le subir sur la production, les transports, ou la vente des produits nécessaires à la vie. Si nous ne nous soumettons pas à un empereur, nous ne devrions pas nous soumettre à un autocrate du commerce disposant du pouvoir d’empêcher la concurrence et de fixer les prix de tous les biens.
Le sénateur Sherman faisait écho à l’indignation du mouvement anti-monopoliste de l’époque, quand des propriétaires de sociétés monopolistiques jouaient le rôle de dictateurs, ayant le pouvoir de décision sur qui pouvait travailler, qui mourait de faim, ce qui pourrait être vendu et à quel prix.
En l’absence de concurrence, ils étaient trop gros pour échouer, trop gros pour être emprisonnés, et trop gros pour s’en préoccuper. Comme Lily Tomlin disait dans ses publicités parodiques pour AT&T dans l’émission Saturday Night Live : « Nous n’en avons rien à faire. Nous n’en avons pas besoin. Nous sommes l’entreprise de téléphone. »
Qu’est-il donc arrivé à la force disciplinaire de la concurrence ? Nous l’avons tuée. Depuis une quarantaine d’années, la vision reaganienne des économistes de l’École de Chicago a transformé l’anti-trust. Ils ont rejeté l’idée de John Sherman selon laquelle nous devrions maintenir la concurrence entre les entreprises pour empêcher l’émergence d’« autocrates du commerce », et installé l’idée que les monopoles sont efficaces.
En d’autres termes, si Google possède 90 % des parts de marché, ce qui est le cas, alors on se doit d’inférer que Google est le meilleur moteur de recherche au monde, et le meilleur moteur de recherche possible. La seule raison pour laquelle un meilleur moteur de recherche n’a pas pu se démarquer est que Google est tellement compétent, tellement efficace, qu’il n’y a aucun moyen concevable de l’améliorer.
On peut aussi dire que Google est le meilleur parce qu’il a le monopole, et on peut dire que le monopole est juste puisque Google est le meilleur.
Il y a 40 ans, donc, les États-Unis — et ses partenaires commerciaux majeurs — ont adopté une politique de concurrence commerciale explicitement pro-monopole.
Vous serez content·es d’apprendre que ce n’est pas ce qui s’est passé au Canada. Le Représentant du Commerce étasunien n’est pas venu ici pour nous forcer à bâillonner nos lois sur la compétitivité. Mais ne faites pas trop les fier·es ! Ce n’est pas arrivé pour la simple raison qu’il n’y en avait pas besoin. Parce que le Canada n’a pas de loi sur la concurrence qui mérite cette appellation, et n’en a jamais eue.
Au cours de toute son histoire, le Bureau de la Concurrence (« Competition Bureau ») a contesté trois fusions d’entreprise, et a empêché exactement zéro fusion, ce qui explique comment nous nous sommes retrouvés avec un pays qui doit tout aux ploutocrates les plus médiocres qu’on puisse imaginer comme les Irving, les Weston, les Stronach, les McCain et les Rogers.
La seule raison qui explique comment ces prodiges sans vergogne ont été capables de conquérir ce pays est que les étasuniens avaient boosté leurs monopolistes avant qu’il ne soient capables de conquérir les États-Unis et de porter leur attention sur nous. Mais il y a 40 ans, le reste du monde adoptait le « standard de bien-être du consommateur » pro-monopole de la Chicago School (Consumer Welfare Standard, CWS), et on s’est retrouvé·es avec… des monopoles. Des monopoles en pharmaceutique, sur le marché de la bière, celui des bouteilles de verre, des Vitamine C, des chaussures de sport, des microprocesseurs, des voitures, des lunettes de vue, et, bien sûr, celui du catch professionnel.
Souvenez-vous : ces politiques spécifiques ont été adoptées de mémoire d’humain·e, par des individus identifiables, qui ont été informés, qui sont devenus riches, et n’en ont jamais subi les conséquences. Les économistes qui ont conçu ces politiques sont encore dans le coin aujourd’hui, en train de polir leurs faux prix Nobel, de donner des cours dans des écoles d’élite, de se faire des millions en expertise-conseil pour des entreprise de premier ordre. Quand on les interroge sur le naufrage que leurs politiques ont provoqué, ils clament leur innocence, affirmant — sans ciller — qu’il n’y a aucune manière de prouver l’influence des politiques pro-monopole dans l’avènement des monopoles.
C’est comme si on avait l’habitude d’utiliser de la mort-au-rat sans avoir de problème de rats. Donc ces gens nous demandent d’arrêter, et maintenant les rats nous dévorent le visage. Alors ils prennent leurs grands yeux innocents et disent : « Comment pouvez-vous être sûrs que notre politique contre la mort-au-rat et l’invasion globale de rats soient liées ? C’est peut-être simplement l’Ère des Rats ! Peut-être que les tâches solaires ont rendu les rats plus féconds qu’à d’autres moments de l’histoire ! Ils ont acheté les usines de mort-au-rat puis les ont fermé, et alors quoi ? Fermer ces usines après qu’on ait décidé d’arrêter d’utiliser de la mort-au-rat est une décision rationnelle et Pareto-optimale. »
Les marchés ne punissent pas les entreprises de la Tech parce qu’elles ne font pas de concurrence avec leurs rivaux, elles les achètent. C’est une citation, de Mark Zuckerberg :
Il vaut mieux acheter que d’entrer en concurrence.
C’est pour cela que Mark Zuckerberg a acheté Instagram pour un milliard de dollars, même si l’entreprise n’avait que 12 salarié·es et 25 millions d’utilisateur·ices. Comme il l’écrivait à son Directeur Financier dans un e-mail nocturne particulièrement mal avisé, il était obligé d’acheter Instagram, parce que les utilisateur·ices de Facebook étaient en train de quitter Facebook pour Instagram. En achetant Instagram, Zuck s’assurait que quiconque quitterait Facebook — la plateforme — serait toujours prisonnier·ère de Facebook — l’entreprise.
Malgré le fait que Zuckerberg ait posé sa confession par écrit, l’administration Obama l’a laissé entreprendre cette fusion, parce que tous les gouvernement, de tous les bords politiques, et ce depuis 40 ans, ont pris comme position de croire que les monopoles sont performants.
Maintenant, pensez à notre infirmière bidouillée et paupérisée. Les hôpitaux font partie des secteurs les plus consolidés des États-Unis. D’abord, on a dérégularisé les fusions du secteur pharmaceutique, les entreprises pharmaceutiques se sont entre-absorbées à la vitesse de l’éclair, et elles ont gonflé les prix des médicaments. Alors les hôpitaux ont eux aussi fusionné vers le monopole, une manœuvre défensive qui a laissé une seule chaîne d’hôpitaux s’accaparer la majorité d’une région ou d’une ville et dire aux entreprises pharmaceutiques : « Soit vous baissez le prix de vos produits, soit vous ne pouvez plus les vendre à aucun de nos hôpitaux ».
Bien sûr, une fois cette mission accomplie, les hôpitaux ont commencé à arnaquer les assureurs, qui mettaient en scène leur propre orgie incestueuse, achetant et fusionnant jusqu’à ce que les étasunien·nes n’aient plus le choix qu’entre deux ou trois assurances. Ça a permis aux assureurs de riposter contre les hôpitaux, en laissant les patient·es et les travailleur·es de la santé sans défense contre le pouvoir consolidé des hôpitaux, des entreprises pharmaceutiques, des gestionnaire de profits pharmacologiques, des centrales d’achats, et des autres cartels de l’industrie de la santé, duopoles et monopoles.
Ce qui explique pourquoi les infirmières signent pour travailler dans des hôpitaux qui utilisent ces effroyables applis, remplaçant des douzaines d’agences de recrutement qui entraient auparavant en compétition pour l’emploi des infirmières.
Pendant ce temps, du côté des patient·es, la concurrence n’a jamais eu d’effet disciplinaire. Personne n’a jamais fait de shopping à la recherche d’une ambulance moins chère ou d’un meilleur service d’urgences alors qu’iel avait une crise cardiaque. Le prix que les gens sont prêts à payer pour ne pas mourir est « tout ce que j’ai ».
Donc, vous avez ce secteur qui n’a au départ aucune raison de devenir une entreprise commerciale, qui perd le peu de restrictions qu’elle subissait par la concurrence, pavant le chemin pour l’emmerdification.
Mais j’ai dit qu’il y avait 4 forces qui restreignaient les entreprises. La deuxième de ces forces, c’est la régulation, la discipline imposée par les états.
C’est une erreur de voir la discipline du marché et la discipline de l’État comme deux champs isolés. Elles sont intimement connectées. Parce que la concurrence est une condition nécessaire pour une régulation effective.
Laissez-moi vous l’expliquer en des termes que même les libertariens les plus idéologiques peuvent comprendre. Imaginons que vous pensiez qu’il n’existe précisément qu’une seule régulation à faire respecter par l’État : honorer les contrats. Pour que le gouvernement puisse servir d’arbitre sur le terrain, il doit avoir le pouvoir d’inciter les joueurs à honorer leurs contrats. Ce qui veut dire que le plus petit gouvernement que vous pouvez avoir est déterminé par la plus grande entreprise que vous voulez bien tolérer.
Alors même si vous êtes le genre de libertarien complètement gaga de Musk et qui ne peut plus ouvrir son exemplaire de La Grève tellement sont toutes collées entre elles, qui trépigne à l’idée d’un marché du rein humain, et demande le droit de se vendre en esclavage, vous devriez quand même vouloir un robuste régime anti-monopole, pour que ces contrats puissent être honorés. Quand un secteur se cartelise, quand il s’effondre et se transforme en oligarchie, quand internet devient « cinq sites internet géants, chacun d’eux remplit des d’écran des quatre autres », alors celui-ci capture ses régulateurs.
Après tout, un secteur qui comporte 100 entreprises en compétition est une meute de criminels, qui se sautent à la gorge les uns les autres. Elles ne peuvent pas se mettre d’accord sur quoi que ce soit, et surtout pas sur la façon de faire du lobbying.
Tandis qu’un secteur de 5 entreprises — ou 4 — ou 3 — ou 2 — ou une — est un cartel, un trafic organisé, une conspiration en devenir. Un secteur qui s’est peu à peu réduit en une poignée d’entreprises peut se mettre d’accord sur une position de lobbying commune.
Et plus encore, elles sont tellement isolées de toute « concurrence inefficace » qu’elles débordent d’argent, qu’elles peuvent mobiliser pour transformer leurs préférences régulatoires en régulations. En d’autres termes, elles capturent leurs régulateurs.
La « capture réglementaire » peut sembler abstraite et compliquée, aussi laissez-moi vous l’expliquer avec des exemples concrets. Au Royaume-Uni, le régulateur anti-trust est appelé l’Autorité des Marchés et de la Concurrence (« Competition and Markets Authority », abbrégé CMA), dirigé — jusqu’à récemment — par Marcus Bokkerink. Le CMA fait partie des enquêteurs et des régulateurs les plus efficaces du monde contre les conneries de la Big Tech.
Le mois dernier (le 21 janvier 2025, NDT), le Premier ministre britannique Keir Starmer a viré Bokkerink et l’a remplacé par Doug Gurr, l’ancien président d’Amazon UK. Hey Starmer, on a le poulailler au téléphone, ils veulent faire entrer le renard.
Mais revenons à nos infirmières : il y a une multitude d’exemples de capture réglementaire qui se cachent dans cette situation, mais je vais vous sélectionner le plus flagrant d’entre eux, le fait qu’il existe des courtiers en données qui vous revendront les informations d’étasunien·nes lambda concernant leurs dettes sur carte de crédit.
C’est parce que le congrès étasunien n’a pas passé de nouvelle loi sur la vie privée des consommateur·ices depuis 1988, quand Ronald Reagan a signé la loi appelée « Video Privacy Protection Act » ( Loi de Protection de la Vie Privée relative aux Vidéos) qui empêche les vendeur·euses de cassettes vidéo de dire aux journaux quelles cassettes vous avez emmenées chez vous. Que le congrès n’ait pas remis à jour les protections de la vie privée des étasunien·nes depuis que Die Hard est sorti au cinéma n’est pas une coïncidence ou un oubli. C’est l’inaction payée au prix fort par une industrie irrespectueuse de la vie privée, fortement concentrée — et donc follement profitable — et qui a monétisé l’abus des droits humains à une échelle inconcevable.
La coalition favorable à maintenir gelées les lois sur la vie privée depuis la dernière saison de Hôpital St Elsewhere continue de grandir, parce qu’il existe une infinité de façons de transformer l’invasion systématique de nos droits humains en argent. Il y a un lien direct entre ce phénomène et les infirmières dont le salaire baisse lorsqu’elles ne peuvent pas payer leurs factures de carte de crédit.
Donc la concurrence est morte, la régulation est morte, et les entreprises ne sont punies ni par la discipline du marché, ni par celle de l’état. Mais il y a bien quatre forces capables de discipliner les entreprises, de contribuer à l’environnement hostile pour la reproduction des monstres merdifiants et sociopathes.
Alors parlons des deux autres forces. La première est l’interopérabilité, le principe selon lequel deux ou plusieurs autres choses peuvent fonctionner ensemble. Par exemple, vous pouvez mettre les lacets de n’importe qui sur vos chaussures, l’essence de n’importe qui dans votre voiture, et les ampoules de n’importe qui dans vos lampes. Dans le monde non-numérique, l’interopérabilité demande beaucoup de travail, vous devez vous mettre d’accord sur une direction, une grandeur, un diamètre, un voltage, un ampérage, une puissance pour cette ampoule, ou alors quelqu’un va se faire exploser la main.
Mais dans le monde numérique, l’interopérabilité est intégrée, parce que nous ne savons faire qu’un seul type d’ordinateur, la machine universelle et Turing-complète de von Neumann, une machine de calcul capable d’exécuter tout programme valide.
Ce qui veut dire que pour chaque programme d’emmerdification, il y a un programme de contre-emmerdification en attente d’être lancé. Quand HP écrit un programme pour s’assurer que ses imprimantes refusent les cartouches tierces, quelqu’un d’autre peut écrire un programme qui désactive cette vérification.
Pour les travailleur·euses à la tâche, les applis d’anti-emmerdification peuvent endosser le rôle du fidèle serviteur. Par exemple, les conducteur·ices de taxi à la tâche en Indonésie se sont monté·es en coopérative qui commissionnent les hackers pour écrire des modifications dans leurs applis de répartition de travail. Par exemple, une appli de taxi ne contractera pas un·e conducteur·ice pour aller cherche un·e client·e à la gare, à moins qu’iel soit juste à la sortie de celle-ci, mais quand les gros trains arrivent en gare c’est une scène cauchemardesque de chaos total et létal.
Alors les conducteur·ices ont une appli qui leur permet d’imiter leur GPS, ce qui leur permet de se garer à l’angle de la rue, mais laisse l’appli dire à leur patron qu’iels sont juste devant la sortie de la gare. Quand une opportunité se présente, iels n’ont plus qu’à se faufiler sur quelques mètres pour prendre leur client·e, sans contribuer à la zizanie ambiante.
Aux États-Unis, une compagnie du nom de Para proposait une appli pour aider les conducteur·ices chez Doordash à être mieux payé·es. Voyez-vous, c’est sur les pourboires que les conducteur·ices Doordash se font le plus d’argent, et l’appli Doordash pour ses conducteur·ices cache le montant du pourboire jusqu’à ce que vous acceptiez la course, ce qui veut dire que vous ne savez pas avant de la prendre si vous acceptez une course qui vous paiera 1,15$ ou 11,50$ avec le pourboire. Alors Para a construit une appli qui extrayait le montant du pourboire et le montrait aux conducteur·ices avant qu’iels ne s’engagent.
Mais Doordush a fermé l’appli, parce qu’aux États-Unis d’Amérique, les applis comme Para sont illégales. En 1998, Bill Clinton a signé une loi appelée le « Digital Millenium Copyright Act » (Loi du Millénaire Numérique relative aux Droits d’auteur, abrégé DMCA), et la section 1201 du DMCA définit le fait de « contourner un accès contrôlé par un travail soumis aux droits d’auteur » comme un délit passible de 500.000$ d’amende et d’une peine de prison de 5 ans pour une première condamnation. Un simple acte de rétro-ingénierie sur une appli comme Doordash est un délit potentiel, et c’est pour cela que les compagnies sont tellement excitées à l’idée de vous faire utiliser leurs applis plutôt que leurs sites internet.
La toile est ouverte, les applis sont fermées. La majorité des internautes ont installé un bloqueur de pubs (qui est aussi un outil de protection de vie privée). Mais personne n’installe de bloqueur de pubs pour une appli, parce que c’est un délit de distribuer un tel outil, parce que vous devez faire de la rétro-ingénierie sur cette appli pour y arriver. Une appli c’est juste un site internet enrobé dans assez de propriété intellectuelle pour que la compagnie qui l’a créée puisse vous envoyer en prison si vous osez la modifier pour servir vos intérêts plutôt que les leurs.
Partout dans le monde, on a promulgué une masse de lois qu’on appelle « lois sur la propriété intellectuelle », qui rendent illégal le fait de modifier des services, des produits ou des appareils afin qu’ils servent vos propres intérêts, plutôt que les intérêts des actionnaires.
Comme je l’ai déjà dit, ces lois ont été promulguées de mémoire d’humain·e, par des personnes qui nous côtoient, qui ont été informées des évidentes et prévisibles conséquences de leurs plans téméraires, mais qui les ont tout de même appliquées.
En 2010, deux ministres du gouvernement Harper (Premier ministre canadien, NDT) ont décidé de copier-coller le DMCA étasunien dans la loi canadienne. Ils ont entrepris une consultation publique autour de la proposition qui rendrait illégale toute rétro-ingénierie dans le but modifier des services, produits ou appareils, et ils en ont pris plein les oreilles ! 6138 canadien·nes leurs ont envoyé des commentaires négatifs sur la consultation. Ils les ont mis en garde que rendre illégale le détournement des verrous propriétaire interférerait avec la réparation des appareils aussi divers que les tracteurs, les voitures, et les équipements médicaux, du ventilateur à la pompe à insuline.
Ces canadien·nes ont prévenu que des lois interdisant le piratage des verrous numériques laisseraient les géants étasuniens de la Tech s’emparer du marché numérique, nous forçant à acheter nos applis et nos jeux depuis les magasins d’appli étasuniens, qui pourraient royalement choisir le montant de leur commission. Ils ont prévenu que ces lois étaient un cadeau aux monopolistes qui cherchaient à gonfler le prix de l’encre ; que ces lois sur les droits d’auteur, loin de servir les artistes canadien·nes, nous soumettraient aux plateformes étasuniennes. Parce que chaque fois que quelqu’un dans notre public achèterait une de nos créations, un livre, une chanson, un jeu, une vidéo verrouillée et enchaînée à une appli étasunienne, elle ne pourrait plus jamais être déverrouillée.
Alors si nous, les travailleur·euses créatif·ves du Canada, nous mettions à migrer vers un magasin canadien, notre public ne pourrait pas venir avec nous. Il ne pourrait pas transférer leurs achats depuis l’appli étasunienne vers l’appli canadienne.
6138 canadien·nes le leur ont dit, tandis que seulement 54 répondant·es se sont rangé·es du côté du Ministre du Patrimoine canadien, James Moore, et du Ministre de l’Industrie, Tony Clement. Alors, James Moore a fait un discours, à la réunion de la Chambre Internationale du Commerce ici à Toronto, où il a dit qu’il allait seulement écouter les 54 grincheux·ses qui supportaient ses idées affreuses, sur la base que les 6138 autres personnes qui n’étaient pas d’accord avec lui étaient des « braillard·es… extrémistes radicaux·ales ».
Donc en 2012, nous avons copié les horribles lois de verrouillage numérique étasuniennes dans notre livre de lois canadien, et nous vivons maintenant dans le monde de James Moore et Tony Clement, où il est illégal de pirater un verrou numérique. Donc si une entreprise mets un verrou numérique sur un produit, ils peuvent faire n’importe quoi derrière ce verrou, et c’est un crime de passer passer outre.
Par exemple, si HP met un verrou numérique sur ses imprimantes qui vérifie que vous n’êtes pas en train d’utiliser des cartouches d’encre tierces ou de recharger une cartouche HP, c’est un crime de contourner ce verrou et d’utiliser une encre tierce. Et c’est pour ça que HP peut continuer de nous racketter sur le prix de l’encre en le faisant monter, et monter, et monter.
L’encre d’imprimante est maintenant le fluide le plus coûteux qu’un·e civil·e peut acheter sans permis spécial. C’est de l’eau colorée qui coûte 10.000$ le gallon (environ 2000€ le litre, NDT) ce qui veut dire que vous imprimez votre liste de courses avec un liquide qui coûte plus cher que la semence d’un étalon gagnant du Derby dans le Kentucky.
C’est le monde que nous ont laissé Clement et Moore, de mémoire d’humain·e, après qu’on les ait avertis, et qu’ils aient tout de même appliqué leur plan. Un monde où les fermier·ères ne peuvent pas réparer leurs tracteurs, où les mécanicien·nes indépendant·es ne peuvent pas réparer votre voiture, où les hôpitaux pendant les confinements de l’épidémie ne pouvaient pas mettre en service leurs respirateurs artificiels défectueux, où chaque fois qu’un·e utilisateur·ice canadien·ne d’iPhone achète une appli d’un·e auteur·ice canadien·ne de logiciel, chaque dollar qu’iels dépensent fait un petit tour par les bureaux d’Apple à Cupertino en Californie, avant de revenir allégés de 30 centimes.
Laissez-moi vous rappeler que c’est le monde dans lequel une infirmière ne peut pas avoir de contre-appli ou d’extension pour son appli « Uber-des-infirmières » qu’elles doivent utiliser pour trouver du travail, qui les laisserait échanger avec d’autres infirmières pour refuser des gardes tant que les salaires pour celles-ci ne montent à des niveaux corrects, ou bloquer la surveillance de leurs déplacements et de leur activité.
L’interopérabilité était une force disciplinante majeure pour les entreprises de la Tech. Après-tout, si vous rendez les publicités sur votre site internet suffisamment inévitables, une certaine fraction de vos utilisateur·ices installera un bloqueur de pubs, et vous ne toucherez jamais plus un penny d’eux. Parce que personne dans l’histoire des bloqueurs de pub n’a jamais désinstallé un bloqueur de pubs. Mais une fois qu’il est interdit de construire un bloqueur de pubs, il n’y a plus aucune raison de ne pas rendre ces pubs aussi dégoûtantes, invasives et inévitables que possible, afin de déplacer toute la valeur depuis les utilisateur·ices vers les actionnaires et les dirigeants.
Donc on se retrouve avec des monopoles et les monopoles capturent les régulateurs, et ils peuvent ignorer les lois qu’ils n’aiment pas, et empêcher les lois qui pourraient interférer avec leur comportement prédateur — comme les lois sur la vie privée — d’être entérinées. Ils vont passer de nouvelles lois, des lois qui les laissent manipuler le pouvoir gouvernemental pour empêcher d’autres compagnies d’entrer sur le marché.
Donc trois des quatre forces sont neutralisées : concurrence, régulation, et interopérabilité. Ce ne laissait plus qu’une seule force disciplinaire capable de contenir le processus d’emmerdification : la main d’œuvre.
Les travailleur·euses de la Tech forment une curieuse main d’œuvre, parce qu’iels ont historiquement été très puissants, capables d’exiger des hauts salaires et du respect, mais iels l’ont fait sans rejoindre de syndicat. La densité syndicale dans le secteur de la Tech est abyssale, presque indétectable. Le pouvoir des travailleur·euses de la Tech ne leur est pas venu de la solidarité, mais de la rareté. Il n’y avait pas assez de travailleur·euses pour satisfaire les offres d’emploi suppliantes, et les travailleur·euses de la Tech sont d’une productivité inconcevable. Même avec les salaires faramineux que les travailleur·euses exigeaient, chaque heure de travail qu’iels effectuaient avaient bien plus de valeur pour leurs employeurs.
Face à un marché de l’emploi tendu, et la possibilité de transformer chaque heure de travail d’un·e travailleur·euse de la Tech en or massif, les patrons ont levé tous les freins pour motiver leur main d’œuvre. Ils ont cajolé le sens du devoir des travailleur·euses, les ont convaincus qu’iels étaient des guerrier·ères saint·es, appelant l’avènement d’une nouvelle ère numérique. Google promettait qu’iels « organiseraient les informations du monde et les rendraient utiles ». Facebook leur promettait qu’iels allaient « rendre le monde plus ouvert et plus connecté ».
Il y a un nom pour cette tactique : la bibliothécaire Fobazi Ettarh l’appelle la « fascination vocationnelle » (« vocational awe » en anglais, NDT). C’est lorsque l’intérêt pour le sens du devoir et la fierté sont utilisés pour motiver les employé·es à travailler plus longtemps pour de moins bons salaires.
Il y a beaucoup d’emplois qui se basent sur la fascination vocationnelle : le professorat, le soin aux enfants et aux personnes âgées, et, bien sûr, le travail d’infirmière.
Les techos sont différent·es des autres travailleur·euses cependant, parce qu’iels ont historiquement été très rares, ce qui veut dire que bien que les patrons pouvaient les motiver à travailler sur des projets auxquels iels croyaient, pendant des heures interminables, à l’instant-même où les patrons leurs ordonnaient de merdifier les projets pour lesquels iels avaient raté l’enterrement de leur mère pour livrer le produit dans les temps, ces travailleureuses envoyaient chier leurs patrons.
Si les patrons persistaient dans leurs demandes, les techos quittaient leur travail, traversaient la rue, et trouvaient un meilleur travail le jour-même.
Donc pendant de longues années, les travailleur·euses de la Tech étaient la quatrième et dernière contrainte, tenant bon après que les contraintes de concurrence, de régulation et d’interopérabilité soient tombées. Mais alors sont arrivés les licenciements de masse. 260 000 en 2023 ; 150 000 en 2024 ; des dizaines de milliers cette année, et Facebook qui prévoit d’anéantir 5 % de sa masse salariale, un massacre, tout en doublant les bonus de ses dirigeants.
Les travailleur·euses de la Tech ne peuvent plus envoyer chier leurs patrons, parce qu’il y a 10 autres travailleur·euses qui attendent derrière pour prendre le poste.
Bon, j’ai promis que je ne parlerai pas d’IA, mais je vais devoir un tout petit peu briser cette promesse, juste pour signaler que la raison pour laquelle les patrons de la Techs sont aussi excités par l’IA c’est qu’ils pensent qu’ils pourront virer tous leurs techos et les remplacer par des chatbots dociles qui ne les enverront jamais chier.
Donc voilà d’où vient l’emmerdification : de multiples changements dans l’environnement. L’effondrement quadruple de la concurrence, de la régulation, de l’interopérabilité et du pouvoir de la main d’œuvre crée un environnement merdigène, où les éléments les plus cupides et sociopathes du corps entrepreneurial prospèrent au détriment des éléments modérateurs de leur impulsion merdificatoire.
Nous pouvons essayer de soigner ces entreprises. Nous pouvons utiliser les lois anti-monopole pour les briser, leur faire payer des amendes, les amoindrir. Mais tant que nous n’aurons pas corrigé l’environnement, la contagion se répandra aux autres entreprises.
Alors discutons des manières de créer un environnement hostile aux merdificateurs, pour que le nombre et l’importance des agents merdificateurs dans les entreprises retrouvent leurs bas niveaux des années 90. On ne se débarrassera pas de ces éléments. Tant que la motivation du profit restera intacte, il y aura toujours des gens dont la poursuite du profit sera pathologique, immodérée par la honte ou la décence. Mais nous pouvons changer cet environnement pour qu’ils ne dominent pas nos vies.
Discutons des lois anti-trust. Après 40 ans de déclin anti-trust, cette décennie a vue une résurgence massive et globale de vigueur anti-trust, qu’on retrouve assaisonnée aux couleurs politiques de gauche comme de droite.
Au cours des quatre dernières années, les anti-monopolistes de l’administration Biden à la Federal Trade Commission (Commission Fédérale du Commerce, abrégé en FTC) au Department of Justice (Département de la Justice, abrégé en DoJ) et au Consumer Finance Protection Bureau (Bureau de Protection des Consommateurs en matière Financière) ont fait plus de répression anti-monopole que tous leurs prédécesseurs au cours des 40 années précédentes.
Il y a certainement des factions de l’administration Trump qui sont hostiles à ce programme mais les agents de répression anti-trust au DoJ et au FTC disent maintenant qu’ils vont préserver et renforcer les nouvelles lignes directrices de Biden concernant les fusions d’entreprises, qui empêchent les compagnies de s’entre-acheter, et ils ont effectivement déjà intenté une action pour bloquer une fusion de géants de la tech.
Bien évidemment, l’été dernier Google a été jugé coupable de monopolisation, et doit maintenant affronter la banqueroute, ce qui explique pourquoi ils ont été si généreux et amicaux envers l’administration de Trump.
Pendant ce temps, au Canada, le Bureau de la Concurrence édenté s’est fait refaire un dentier au titane en juin dernier, lorsque le projet de loi C59 est passé au Parlement, octroyant de vastes nouveaux pouvoirs à notre régulateur anti-monopole.
Il est vrai que le premier ministre britannique Keir Starmer vient de virer le chef du Competition and Markets Authority (Autorité des Marchés et de la Concurrence, abrégé en CMA) et l’a remplacé par l’ex patron d’Amazon UK. Mais ce qui rend le tout si tragique c’est que le CMA faisait un travail incroyablement bon au sein d’un gouvernement conservateur.
Du côté de l’Union Européenne, ils ont passé la Législation sur les marchés numériques (Digital Markets Act) et le Règlement sur les Services Numériques (Digital Services Act), et ils s’attaquent aux entreprises de la Big Tech avec le tranchant de la lame. D’autres pays dans le monde — Australie, Allemagne, France, Japon, Corée du Sud et Chine (oui, la Chine !) — ont passé de nouvelles lois anti-monopole, et lancent des actions majeures de répression anti-monopole, donnant souvent lieu à des collaborations internationales.
Donc vous avez le CMA britannique qui utilise ses pouvoirs d’investigation pour faire des recherches et publier des enquêtes de marché approfondies sur la taxe abusive pratiquée par Apple sur les applis, et ensuite l’UE qui utilise ce rapport comme feuille de route pour sanctionner Apple, puis interdire le monopole d’Apple sur les paiements grâce à de nouvelles régulations. Ensuite les anti-monopolistes en Corée du Sud et au Japon traduisent l’affaire européenne et gagnent des affaires quasi-identiques dans leurs propres cours de justice.
Et quid de la capture réglementaire ? Et bien, on commence à voir les régulateurs faire preuve d’astuce pour contrôler les grosses entreprises de la tech. Par exemple, la Législation sur les Marchés Numériques et le Règlement sur les Services Numériques européens ont été imaginés pour contourner les cours de justice national des états membres de l’UE, et spécifiquement de l’Irlande, le paradis fiscal où les entreprises étasuniennes de la Tech prétendent avoir leurs bureaux.
Le truc avec les paradis fiscaux c’est qu’ils deviennent immanquablement des paradis criminels, parce qu’Apple peut prétendre être irlandaise cette semaine, être maltaise ou chypriote ou luxembourgeoise la semaine d’après. Alors l’Irlande doit laisser les géants de la Tech étasuniens ignorer les lois européennes sur la vie privée et autres régulations, ou le pays les perdra au profit de nations plus sordides, plus dociles et plus compétitives.
Donc à partir de maintenant, la régulation européenne sur le secteur de la Tech sera exécutée en cour fédérale européenne, et pas en cour nationale, en considérant les cours irlandaises capturées comme endommagées et en les contournant.
Le Canada doit renforcer sa propre capacité à appliquer les régulations sur le secteur de la Tech, en détricotant les fusions monopolistes comme celle de Bell et Rogers, mais par dessus tout, le Canada doit poursuivre son programme sur l’interopérabilité.
L’année dernière, le Canada a passé deux projets de loi très excitants : le projet de loi C244, une loi nationale sur le Droit de Réparation ; et le projet de loi C294, une loi d’interopérabilité. Nommément, ces deux lois permettent aux canadien·nes de tout réparer, depuis les tracteurs aux pompes à insuline, et de modifier les logiciels dans leurs appareils, que ce soient les consoles de jeux comme les imprimantes, pour qu’ils puissent fonctionner avec des magasins d’applis, des consommables, ou des extensions tierces.
Pourtant, ces projets de loi sont fondamentalement inutiles, parce qu’ils ne permettent pas aux canadien·nes d’acquérir les outils nécessaires pour briser les verrous numériques. Vous pouvez modifier votre imprimante pour qu’elle accepte des encres tierces, ou interpréter les codes diagnostiques d’une voiture pour que n’importe quel mécanicien·ne puisse la réparer, mais seulement si il n’y a pas de verrou numérique qui vous empêche de le faire, parce que donner à quelqu’un l’outil qui permet de briser un verrou numérique reste illégal grâce à la loi que James Moore et Tony Clement ont fourré dans la gosier du pays en 2012.
Et chaque imprimante sans exception, chaque enceinte connectée, voiture, tracteur, appareil ménager, implant médical ou appareil médical hospitalier aura un verrou numérique qui vous empêchera de le réparer, de le modifier, ou d’utiliser des pièces, un logiciel ou des consommables tiers.
Ce qui veut dire que ces deux lois remarquables sur la réparation et l’interopérabilité sont inutiles.
Alors pourquoi ne pas se débarrasser de la loi de 2012 qui interdit de briser les verrous numériques ? Parce que ces lois font partie d’accords d’échange avec les États-Unis. C’est une loi dont on a besoin pour garder un accès sans taxe aux marchés étasuniens.
Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Donald Trump va imposer 25 % de taxe sur toutes les exportations vers le Canada. La réponse de Trudeau c’est d’imposer des taxes de représailles, qui rendront les produits étasuniens 25 % plus chers pour les canadien·nes. Drôle de façon de punir les États-Unis !
Vous savez ce qui serait mieux encore ? Abolir les lois canadiennes qui protègent les compagnies des géants de la Tech étasuniens de la concurrence canadienne. Rendre légale la rétro-ingénierie, le jailbreak (le fait de contourner les limitations volontairement imposées par le constructeur) et la modification des produits technologiques et services américains. Ne demandez pas à Facebook de payer une taxe pour chaque lien vers un site d’information canadien, légalisez le crochetage de toutes les applis de Méta et de bloquer toutes les pubs qui en proviennent, pour que Mark Zuckerberg ne puisse plus se faire un sou sur notre dos.
Légalisez le jailbreak de votre Tesla par des mécanicien·nes canadien·nes, pour débloquer toutes les fonctionnalités normalement disponibles sur inscription, comme le pilotage automatique, et l’accès complet à la batterie, pour un prix fixe et pour toujours. Pour que vous puissiez mieux profiter de votre voiture et que, quand vous la revendrez, lae prochain·ne propriétaire continue de jouir de ces fonctionnalités, ce qui veut dire qu’iel paiera davantage pour votre voiture d’occasion.
C’est comme ça que l’on peut faire du tort à Elon Musk : pas en s’affichant publiquement comme horrifié·es par ses saluts nazi. Ça ne lui coûte rien. Il adore qu’on parle de lui. Non ! Frappez dans sa machine à sous incroyablement lucrative du marché de l’abonnement d’occasion sur lequel il se repose pour son entreprise de Swastikamions. Frappez-le en plein dans le câble d’alimentation !
Laissez les canadien·nes monter un magasin d’applis canadien pour les appareils Apple, le genre qui prend 3 % de commission sur les transactions, pas 30 %. En conséquence, chaque journal canadien qui vend des abonnements en passant par cette appli, et chaque créateur·ice de logiciel, musicien·ne ou écrivain·ne canadien·ne qui vend quelque chose en passant par une plateforme numérique verra ses revenus augmenter de 25 % du jour au lendemain, sans enregistrer un·e seul nouvelle·eau client·e.
Mais nous pouvons rallier de nouvelles·aux client·es, en vendant des logiciels de jailbreak et un accès aux magasins d’applis canadiens, pour tous les appareils mobiles et les consoles, partout dans le monde, et en incitant tous les éditeur·ices de jeux vidéos et les développeur·euses d’applis à vendre via les magasins canadiens pour les client·es du monde entier sans payer 30 % aux géantes entreprises étasuniennes de la Tech.
Nous pourrions vendre à chaque mécanicien·ne dans le monde un abonnement à 100$CAD par mois pour un outil de diagnostique universel. Chaque fermier·ère du monde pourrait acheter un kit qui leur permettrait de réparer leurs propres tracteurs John Deere sans payer 200$CAD de frais de déplacement à un·e technicien·ne de Deere pour inspecter les réparations.
Ils traceraient un chemin dans notre direction. Le Canada pourrait devenir un moteur de l’export des technologies, tout en baissant les prix pour les usager·ères canadien·nes, tout en rendant les affaires plus profitables pour tous ceux qui vendent des médias ou des logiciels sur des magasins en ligne. Et — c’est la partie la plus intéressante — ce serait un assaut frontal contre les entreprises étasuniennes les plus grandes, les plus profitables, les entreprises qui, à elles seules, maintiennent le S&P 500 à flot, en frappant directement dans leurs lignes de compte les plus profitables, en réduisant à néant, en l’espace d’une nuit et dans le monde entier, les centaines de milliards de revenus de ces arnaques.
Nous pouvons aller plus loin qu’exporter pour les étasuniens des médicaments à prix raisonnable. Nous pourrions aussi exporter pour nos amis étasuniens les outils extrêmement lucratifs de libération technologique.
C’est comme ça que vous gagnez une bataille commerciale.
Qu’en est-t-il des travailleur·euses ? Là, nous avons de bonnes et de mauvaises nouvelles.
La bonne nouvelle, c’est que la popularité des syndicats dans l’opinion publique est à son plus haut niveau depuis le début des années 1970, que le nombre de travailleur·euses souhaitant rejoindre un syndicat n’a pas été aussi haut depuis des générations, et que les syndicats eux-mêmes sont assis sur des réserves financières battant tous les records, qu’ils pourraient utiliser pour organiser la lutte de ces travailleur·euses.
Mais voilà la mauvaise nouvelle. Les syndicats ont passé toutes les années Biden — alors qu’ils disposaient de l’environnement réglementaire le plus favorable depuis l’administration Carter, que l’opinion public était à son maximum, qu’un nombre record de travailleur·euses voulaient rejoindre un syndicat, qu’ils avaient plus d’argent que jamais à dépenser pour syndiquer ces travailleur·euses — à faire que dalle. Ils n’ont alloué que des clopinettes aux activités de syndicalisation, aboutissant à la fin des années Biden à un nombre de travailleur·euses syndiqué·es inférieur à celui de leur début.
Et puis nous avons eu Trump, qui a illégalement viré Gwynne Wilcox du National Labor Relations Board, laissant le NLRB sans quorum et donc incapable de réagir à des pratiques professionnelles injuste ou de certifier des élections syndicales.
C’est terrible. Mais la partie n’est pas terminée. Trump a viré les arbitres, et il pense que cela signifie la fin de la partie. Mais je vais vous dire un truc : virer l’arbitre ne termine pas la partie, ça veut juste dire que l’on rejette les règles. Trump pense que c’est le code du travail qui crée les syndicats, mais il a tord. Les syndicats sont la raison par laquelle nous avons un code du travail. Bien avant que les syndicats ne soient légalisés, nous avions des syndicats, qui combattaient dans la rue les voyous à la solde des patrons.
Cette solidarité illégale a conduit à l’adoption d’un code du travail, qui légalisait le syndicalisme. Le code du travail est passé parce que les travailleur·euses ont acquis du pouvoir à travers la solidarité. La loi ne crée pas cette solidarité, elle lui donne seulement une base légale. Retirez cette base légale, et le pouvoir des travailleur·euses reste intacte.
Le pouvoir des travailleur·euses est la réponse à la fascination vocationnelle. Après tout, il est bon pour vous et pour vos camarades travailleur·euses de considérer votre travail comme une sorte de mission. Si vous ressentez cela, si vous ressentez le devoir de protéger vos utilisateur·ices, vos patient·es, vos patron·nes, vos étudiant·es, un syndicat vous permet d’accomplir ce devoir.
Nous avons vu cela en 2023, lorsque Doug Ford (premier ministre de l’Ontario, NDT) a promis de détruire le pouvoir des fonctionnaires d’Ontario. Des travailleur·euses de toute la province se sont soulevés, annonçant une grève générale, et Doug Ford a plié comme l’un de ses costumes bas de gamme. Les travailleur·euses lui on mis une raclée, et on le refera si il le faut. Chose promise, chose due.
Le « désassemblage imprévu en plein-air » du code du travail étasunien signifie que les travailleur·euses peuvent à nouveau se soutenir les uns les autres. Les travailleur·euses de la Tech ont besoin de l’aide des autres travailleur·euses, parce qu’eils ne sont plus rares désormais, plus après un demi-million de licenciements. Ce qui signifie que les patrons de la Tech n’ont plus peur d’eux.
On sait comment les patrons de la Tech traitent les travailleur·euses dont ils n’ont pas peur. Regardez Jeff Bezos : les travailleur·euses dans ses entrepôts se blessent trois fois plus que la moyenne nationale, ses livreur·euses doivent pisser dans des bouteilles, et iels sont surveillé·es par des caméras IA qui les balancent si leurs yeux ne regardent pas dans la direction requise ou si leur bouche est ouverte trop souvent pendant qu’iels conduisent, parce que le règlement interdit de chanter avec la radio.
En comparaison, les développeur·euses d’Amazon ont le droit de venir travailler avec des crêtes roses, des piercings au visage et des tshirts noirs qui parlent de choses incompréhensibles pour leurs patrons. Iels ont le droit de pisser quand iels veulent. Jeff Bezos n’est pas tendre avec les travailleur·euses de la Tech, de la même manière qu’il ne nourrit pas une haine particulière contre les travailleur·euses des entrepôts ou les livreur·euses. Il traite ses travailleur·euses aussi mal qu’il est permis de le faire. Ce qui veut dire que les dévelopeur·euses aussi connaîtrons bientôt les bouteilles de pisse.
Ce n’est pas seulement vrai pour Amazon, bien entendu. Prenons Apple. Tim Cook a été nommé directeur général en 2011. Le comité directeur d’Apple l’a choisi pour succéder au fondateur Steve Jobs parce c’est le gars qui a compris comment délocaliser la production d’Apple vers des sous-traitants en Chine, sans rogner sur la garantie de qualité ou risquer une fuite des spécifications de produit en amont des lancements de produit légendaires et pompeux l’entreprise.
Aujourd’hui, les produits d’Apple sont fabriqués dans une gigantesque usine Foxconn à Zhengzhou, surnommée « iPhone City« . Effectivement, ces appareils arrivent par conteneurs dans le Port de Los Angeles dans un état de perfection immaculée, usinés avec les marges d’erreur les plus fines, et sans aucun risque de fuite vers la presse.

Chantier de construction d’une usine Foxconn (sous-traitant principal d’Apple) à Zhengzhou.
Photo sous licence CC BY-NC-SA par Bert van Dijk.
Pour aboutir à cette chaîne d’approvisionnement miraculeuse, Tim Cook n’a eu qu’à faire d’iPhone City un enfer sur Terre, un lieu dans lequel il est si horrible de travailler qu’il a fallu installer des filets anti-suicide autour des dortoirs afin de rattraper les corps de travailleur·euses tellement brutalisé·es par les ateliers de misère de Tim Cook qu’iels tentent de mettre fin à leurs jours en sautant dans le vide. Tim Cook n’est pas attaché sentimentalement aux travailleur·euses de la Tech, de même qu’il n’est pas hostile aux travailleur·euses à la chaîne chinois·es. Il traite simplement ses travailleur·euses aussi mal qu’il est permis de le faire et, avec les licenciements massifs dans le domaine de la Tech, il peut traiter ses développeur·euses bien, bien pire.
Comment les travailleur·euses de la Tech s’organisent-iels en syndicat ? Il y a des organisations spécifiques au domaine de la Tech, comme Tech Solidarity et la Tech Workers Coalition. Mais les travailleur·euses de la Tech ne pourront massivement se syndiquer qu’en faisant preuve de solidarité avec les autres travailleur·euses et en recevant leur solidarité en retour. Nous devons toustes soutenir tous les syndicats. Toustes les travailleur·euses doivent se soutenir les un·es les autres.
Nous entrons dans une période de polycrise omnibordélique. Le grondement menaçant du changement climatique, de l’autoritarisme, du génocide, de la xénophobie et de la transphobie s’est transformé en avalanche. Les auteurs de ces crimes contre l’humanité ont transformé internet en arme, colonisé le système nerveux numérique du XXIème siècle, l’utilisant pour attaquer son hôte, menaçant la civilisation elle-même.
L’internet merdifié a été construit à dessein pour ce genre de co-optation apocalyptique, organisée autour de sociétés gigantesques qui échangeraient une planète habitable et des droits humains contre un abattement fiscal de 3 %, qui ne nous présentent plus que des flux algorithmiques bidouillables et bloquent l’interopérabilité qui nous permettrait d’échapper à leur emprise, avec le soutien de gouvernements puissants auxquels elles peuvent faire appel pour « protéger leur propriété intellectuelle ».
Ça aurait pu ne pas se passer comme ça. L’internet merdifié n’était pas inévitable. Il est le résultat de choix réglementaires spécifiques, réalisés de mémoire d’humain·e, par des individus identifiables.
Personne n’est descendu d’une montagne avec deux tablettes de pierre en récitant « Toi Tony Clement, et toi James Moore, tu ne laisseras point les canadien·nes jailbreaker leurs téléphones ». Ces gens-là ont choisi l’emmerdification, rejetant des milliers de commentaires de canadien·nes qui les prévenaient de ce qui arriverait par la suite.
Nous n’avons pas à être les éternel·les prisonnier·ères des bourdes politiques catastrophiques de ministres conservateurs médiocres. Alors que la polycrise omnibordélique se déploie autour de nous, nous avons les moyens, la motivation et l’opportunité de construire des politiques canadiennes qui renforcent notre souveraineté, protègent nos droits et nous aident à rendre toustes les utilisateur·ices de technologie, dans chaque pays (y compris les États Unis), libres.
La présidence de Trump est une crise existentielle, mais elle présente aussi des opportunités. Quand la vie vous donne le SRAS, vous faites des sralsifis. Il fut un temps où nous avions un bon vieil internet, dont le principal défaut était qu’il requérait un si haut niveau d’expertise technique pour l’utiliser qu’il excluait toustes nos ami·es « normalles·aux » de ce merveilleux terrain de jeu.
Les services en ligne du Web 2.0 avaient des toboggans bien graissés pour que tout le monde puisse se mettre en ligne facilement, mais s’échapper de ces jardins clos du Web 2.0 c’était comme remonter la pente d’une fosse tout aussi bien graissée. Un bon internet tout neuf est possible, et nécessaire. Nous pouvons le construire, avec toute l’auto-détermination technologique du bon vieil internet, et la facilité d’usage du Web 2.0.
Un endroit où nous pourrions nous retrouver, nous coordonner et nous mobiliser pour résister à l’effondrement climatique, au fascisme, au génocide et à l’autoritarisme.
Nous pouvons construire ce bon internet tout neuf, et nous le devons.
01.04.2025 à 09:42
Framamèmes : vos mèmes préférés en versions libres et accessibles !
Framasoft
Texte intégral (1340 mots)
Vous voulez produire du mème libre, artisanal et remixé ? Framasoft sort (vraiment) le service Framamèmes. Vraiment. Promis.
Un générateur de mèmes libres ? C’est une blague ?
Noyons le poisson dans le bocal : Framamèmes est une blague… mais une blague durable, qu’on compte bien continuer de maintenir même après ce 1er avril.
Vous pouvez d’ores et déjà vous rendre sur Framamemes.org, et tester vous-mêmes les mèmes à faire… comme chez mémé. Même que mémé aime les mèmes de millenials : si Framasoft a 20 ans, ses membres en ont (en moyenne) deux fois plus 😊.
Notez que ce n’est pas la première fois qu’à Framasoft, on prend la blague au sérieux et maintient le petit projet fun au-delà de l’annonce (l’occasion de vous faire redécouvrir Framaprout, Framadsense ou le fameux bingo du troll).
Les mèmes sont hors la loi… sauf chez Framamèmes !
Il faut dire que la culture du remix et du partage est (à peine) tolérée par les industries culturelles qui capitalisent sur le droit d’auteur et le copyright.
Fi du fair use, exit l’exception pour parodie… les mèmes pourraient tout à fait être considérés comme illégaux, et mener à des poursuites judiciaires si leurs ayants droits y voyaient un intérêt (même que c’est déjà arrivé).
C’est pour cela que Gee s’est jeté sur sa tablette graphique au cours d’un stream (sur PeerTube, parce qu’ici, on est libres de bout en bout) et s’est dit : « tiens, et si je faisais mes propres versions libres des mèmes les plus populaires ? »
La route est longue, mais le mème est libre
Avec son propre style de dessin bien connu du lectorat du Framablog, et en n’hésitant pas à franciser les mèmes, que ce soit simplement en traduisant les textes inclus dans les images (« draw 25 » sur la carte Uno devient « pioche 25 cartes ») ou même en appliquant le style français aux panneaux autoroutiers !

À gauche, les versions originales ; à droite, les versions dessinées ET francisées par Gee !
Quelques mèmes plus tard, il est devenu évident qu’un site web était nécessaire pour les partager. En ajoutant une pincée de JavaScript pour inclure un éditeur (libre, évidemment), et même une police libre (parce que All Fonts Are Beautiful, comme on dit)… on obtient Framamèmes !
Pour l’instant, une sélection restreinte de mèmes est proposée, mais Gee compte bien continuer à enrichir l’éditeur dans les semaines à venir ! N’hésitez pas à proposer les mèmes que vous voudriez voir adaptés en commentaires.
Des mèmes libres… et accessibles !
Partager des images en ligne, c’est bien : si elles sont accessibles à toutes et à tous, c’est mieux ! Une bonne pratique consiste à systématiquement inclure une description des images porteuses d’informations dans la balise prévue à cet effet (la fameuse balise alt
en HTML).
Pas mal de médias sociaux, notamment Mastodon (le réseau de microblogging libre et décentralisé que nous plébiscitons à Framasoft), permettent d’inclure un tel texte alternatif au moment d’intégrer une image dans un message.
Eh bien avec Framamèmes, on a décidé de vous simplifier la tâche : lorsque vous créez un mème, vous avez la possibilité de copier en un clic un texte descriptif de votre image dans le presse-papier ! Parce qu’il n’y a pas de raison que tout le monde ne puisse pas profiter de vos créations dont on ne doute pas qu’elles vaudront le détour…
Lancé sur un coup de tête et de crayon
Franchement : c’était pas prévu, à Framasoft, de faire un 1er avril cette année. On a du boulot plein le cloud. On a une Assemblée Générale ce week-end.
Alors faire un 1er avril qui en plus est un vrai service que vous pouvez vraiment utiliser… on ne l’imaginait pas. Sauf que Gee nous l’a servi sur un plateau. Et puis ça nous amuse. Et puis c’est une raison de rappeler que les monopoles de la propriété intellectuelle, ça peut très vite effacer de jolis sourires.
Alors on dit merci à Gee (et aux petites mains qui ont aidé à l’accouchement 😄) et on rappelle que cet artiste libre essaie de vivre de son art : vous pouvez le soutenir en achetant son nouveau livre, en jouant à ses jeux vidéo, ou encore par un don.
L’art libre, c’est vraiment bien plus intéressant que de voir ces mèmes refaits par des IA, avec OpenAI qui pille tranquillement le style de Hayao Miyazaki… le même Miyazaki qui déclarait que l’art généré par IA était « tout à fait écœurant » et constituait « une insulte à la vie même » (voir notamment cet article (en anglais).
Et puis surtout : amusez-vous avec Framamèmes, faites tourner autour de vous, et faites des mèmes libres, quelle que soit la date !
31.03.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 31 mars 2025
Khrys
Texte intégral (8589 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- La Corée du Sud confrontée aux incendies les plus dévastateurs de son histoire (france24.com) – voir aussi Au moins 27 morts, 36 000 hectares brûlés, crash d’un hélicoptère… Des incendies « sans précédents » ravagent la Corée du Sud (humanite.fr)
- La Chine dévoile un robot coupeur de câbles sous-marins (next.ink)
- Le séisme en Birmanie a fait plus de 1 600 morts selon la junte, les experts redoutent un bilan largement plus lourd (liberation.fr)
Les autorités birmanes ont revu à la hausse le nombre de victimes ce samedi 29 mars dans l’après-midi, tandis que les secours multiplient les efforts pour rechercher des survivants. L’Institut géologique américain anticipe jusqu’à 100 000 victimes possibles.
- L’administration Trump veut imposer un accord inégal qui ferait de l’Ukraine une propriété américaine (legrandcontinent.eu)
- Turquie : un mouvement de masse se construit contre le coup de force d’Erdoğan (contretemps.eu)
- Turquie : un juge ordonne l’incarcération de sept journalistes dont un photographe de l’AFP (liberation.fr)
L’ONG Reporters sans Frontières a qualifié mardi de « scandaleuse » la décision d’un juge turc de placer en détention provisoire les journalistes, accusés par les autorités d’avoir participé à un rassemblement illégal à Istanbul.
- Pro-opposition TV channel handed 10-day blackout over İmamoğlu protest coverage (bianet.org)
RTÜK has issued a total of seven penalties against four television channels due to their broadcasts during the protests
- Le PKK et Erdoğan : à peine né, le processus de paix est gelé (contretemps.eu)
- Fin de voyage pour Gaia : après une décennie à scruter 2 milliards d’objets célestes, quelles découvertes le satellite de l’Agence spatiale européenne a-t-il permises ? (humanite.fr)
- Europe is looking for alternatives to US cloud providers (arstechnica.com)
The global backlash against the second Donald Trump administration keeps on growing. Canadians have boycotted US-made products, anti–Elon Musk posters have appeared across London amid widespread Tesla protests, and European officials have drastically increased military spending as US support for Ukraine falters. Dominant US tech services may be the next focus.
- Guerres, inondations, incendies : l’UE recommande de préparer chez soi un kit de survie de 72 heures en cas de crise (liberation.fr)
La commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises, Hadja Lahbib, a présenté mercredi 26 mars plusieurs mesures que la population devrait suivre pour anticiper une crise. Elle appelle les États membres à créer une stratégie commune sur le sujet.
- “Tesla kills” : le magasin Tesla de Lausanne vandalisé, une première en Suisse romande (rts.ch)
- Danish PM accuses US of ‘unacceptable pressure’ as JD Vance says he will join Greenland visit (theguardian.com)
US vice-president says he will join unsolicited visit to Arctic island, which Mette Frederiksen says is ‘not what Greenland needs or wants’
- Flight bookings between Canada and US down 70 % amid Trump tariff war (theguardian.com)
- Elon Musk started aligning with Donald Trump even before he won. Now Canada’s tech industry is following a similar playbook (thestar.com)
- Tesla : des manifestations anti-Musk devant des magasins à travers tout les États-Unis (liberation.fr)
Un peu partout dans le pays, de nombreuses personnes se sont rassemblées samedi 29 mars devant des boutiques de la marque automobile, dans le cadre d’une journée mondiale d’opposition au milliardaire et proche conseiller de Donald Trump.
- Comment l’administration Trump essaie de protéger Tesla (et Elon Musk) par tous les moyens (huffingtonpost.fr)
Du téléachat à la répression terroriste, Donald Trump fait tout pour sauver Elon Musk dont l’entreprise automobile est en déclin.
- Elon Musk Is Hijacking Rural America’s Internet (jacobin.com)
- Trump can’t fire us, FTC Democrats tell court after being ejected from office (arstechnica.com)
“A President cannot remove an FTC Commissioner without cause,” lawsuit says.
- As Trump Broadens Crackdown, Focus Expands to Legal Immigrants and Tourists (nytimes.com)
U.S. border officials are using more aggressive tactics at ports of entry as the administration scrutinizes green card and visa holders who have expressed opposition to its policies.
- ICE is kidnapping immigrant and labor rights activists (peoplesdispatch.org)
- El Salvador, a new migrant prison under the Trump administration (globalvoices.org)
- Immigration Myths Feed Divisions among Workers (labornotes.org)
The Trump administration’s opening barrage against immigrants—arresting thousands of people around the country and declaring that hospitals, schools, and churches are no longer off limits—has put a chill on immigrant communities.
- L’anglais, langue officielle des États-Unis : un décret de Trump qui bouleverse une longue histoire multilingue (theconversation.com)
Depuis leur indépendance, les États-Unis n’avaient jamais proclamé de langue officielle. Le 1er mars dernier, le président américain Donald Trump a décrété le statut officiel de l’anglais, marquant une rupture fondamentale avec l’approche traditionnelle du gouvernement américain en la matière.
- When the physicists need burner phones, that’s when you know America’s changed (theguardian.com)
- Aux États-Unis, la mort mystérieuse d’une ancienne procureure qui pose questions (lexpress.fr)
L’ex-procureure de Virginie, Jessica Aber, a été retrouvée morte samedi. Depuis, la disparition de celle qui avait enquêté sur des espions russes et un ex-agent de la CIA fait l’objet de spéculations outre-Atlantique.
- Harvard Professor Steven Levitsky : “Right Now, the U.S. Is Ceasing to Be a Democracy” (spiegel.de)
- DOGE Plans to Rebuild SSA Codebase in Months, Risking Benefits and System Collapse (wired.com)
Social Security systems contain tens of millions of lines of code written in COBOL, an archaic programming language. Safely rewriting that code would take years—DOGE wants it done in months.
- U.S. Officials Called Signal a Tool for Terrorists and Criminals. Now They’re Using It (theintercept.com)
Despite years of official criticism of encrypted messaging, CIA Director John Ratcliffe revealed that Signal comes installed on agency computers.
- The Trump Administration Accidentally Texted Me Its War Plans (theatlantic.com) – voir aussi Un journaliste de The Atlantic a reçu par erreur des informations militaires confidentielles, confirme la Maison-Blanche (nouvelobs.com)
Il a révélé avoir reçu le plan d’attaque détaillé des raids américains menés le 15 mars contre les Houthis au Yémen.
- Private Data and Passwords of Senior U.S. Security Officials Found Online (spiegel.de)
Donald Trump’s most important security advisers used Signal to discuss an imminent military strike. Now, reporting by DER SPIEGEL has found that the contact data of some of those officials, including mobile phone numbers, is freely accessible on the internet.
- Arkansas Bill Targets ‘Gender Nonconforming’ Haircuts for Kids (newsweek.com)
- États-Unis : la Floride veut assouplir la législation sur le travail de nuit des mineur·es (rfi.fr)
L’État de Floride examine un projet de loi qui assouplit les conditions dans lesquels les mineur·es pourraient travailler, et cela, pour compenser la perte de main d’œuvre liée à l’expulsion de migrant·es.
Voir aussi Florida debates lifting some child labor laws to fill jobs vacated by undocumented immigrants (edition.cnn.com)
Florida has been working for years to crack down on employers that hire undocumented immigrants. But that presented a problem for businesses in the state that are desperate for workers to fill low-wage and often undesirable jobs.
- 10 000 emplois de postiers bientôt supprimés aux États-Unis (rapportsdeforce.fr)
Selon le directeur général des Postes, le renouvellement des baux de près de 31 000 bureaux de poste serait trop coûteux pour l’État, en raison notamment « de la hausse générale des loyers à l’expiration des baux ». Pour compenser les hausses de dépenses, il acte également la suppression de 10 000 emplois « dans les 30 prochains jours », grâce à « des départs volontaires à la retraite »
- L’OMS n’a « pas d’autre choix » que de couper dans son budget après le retrait américain (huffingtonpost.fr)
Les États-Unis étaient de loin le plus grand contributeur au budget de l’Organisation mondiale de la santé, jusqu’à la décision de Donald Trump.
- “This will be a painful period” : RFK Jr. slashes 24 % of US health dept. (arstechnica.com)
- RECOVER Long COVID pathobiology grants restored (thesicktimes.org)
Long COVID research grants from the National Institutes of Health’s RECOVER program will be restored following news stories about their abrupt cancellations and advocacy to restore the funding, according to patient representatives in the initiative.
- Fin de partie pour 23andMe, en passe d’être vendue (next.ink)
Pour les usager·es installé·es dans des zones où la loi protège les données personnelles, il est encore possible de supprimer ses informations et données génétiques pour éviter qu’elles ne soient transmises à un futur acheteur.
Voir aussi A Sale of 23andMe’s Data Would Be Bad for Privacy. Here’s What Customers Can Do (eff.org)
- Kink and LGBT dating apps exposed 1.5m private user images online (bbc.com)
- COP30 : au Brésil, des syndicalistes rendent hommage au défenseur de l’environnement Chico Mendes (humanite.fr)
- « Cela n’augure rien de bon pour l’avenir » : la taille maximale de la banquise de l’Arctique n’a jamais été aussi réduite (humanite.fr)
- Indice de vie sur Mars : pour la première fois, des chercheurs découvrent des molécules similaires à celles sur Terre (humanite.fr)
- Chewing Gum Releases Hundreds of Microplastics In Your Mouth, Study Finds (sciencealert.com)
Spécial IA
- A well-funded Moscow-based global ‘news’ network has infected Western artificial intelligence tools worldwide with Russian propaganda (newsguardrealitycheck.com)
- How AI coding assistants could be compromised via rules file (scworld.com)
AI coding assistants such as GitHub Copilot and Cursor could be manipulated to generate code containing backdoors, vulnerabilities and other security issues via distribution of malicious rule configuration files
- Open Source devs say AI crawlers dominate traffic, forcing blocks on entire countries (arstechnica.com)
AI bots hungry for data are taking down FOSS sites “by accident”, but humans are fighting back.
- Fausses photos et vidéos porno : l’Espagne légifère contre les montages à caractère sexuel par IA (liberation.fr)
Le gouvernement de gauche espagnol a présenté ce mardi 25 mars un large projet de loi visant à « protéger les jeunes filles et garçons ainsi que les adolescents » face aux dangers du « numérique ».
- Elon Musk’s X has a new owner—Elon Musk’s xAI (arstechnica.com)
xAI buys X ; deal values social network at $33 billion, $11B less than Musk paid.”xAI and X’s futures are intertwined,” Musk wrote. “Today, we officially take the step to combine the data, models, compute, distribution and talent. This combination will unlock immense potential by blending xAI’s advanced AI capability and expertise with X’s massive reach.”
- OpenAI’s Studio Ghibli meme factory is an insult to art itself (bloodinthemachine.com)
Sam Altman is promoting his new image generator by appropriating the work of one of the greatest living animators—who is “disgusted” by AI.
- Apple says it’ll use Apple Maps Look Around photos to train AI (theverge.com)
The company says that as part of its commitment to privacy, any images it captures that are published in the Look Around feature have faces and license plates blurred. Apple also says it will only use imagery with those details blurred out for training models. It does accept requests for those wanting their houses to also be blurred, but by default they are not.
- Apple’s AI isn’t a letdown. AI is the letdown (edition.cnn.com)
AI can never fail, it can only be failed. Failed by you and me, the smooth-brained Luddites who just don’t get it.
- Boston Dynamics’ Atlas can run and cartwheel like a human now – and it’s stunning – (zdnet.com)
- You can now download the source code that sparked the AI boom (arstechnica.com)
On Thursday, Google and the Computer History Museum (CHM) jointly released the source code for AlexNet, the convolutional neural network (CNN) that many credit with transforming the AI field in 2012 by proving that “deep learning” could achieve things conventional AI techniques could not.
- La phase G : les GPU et les IA génératives comme nouvelle phase de l’histoire environnementale de la numérisation ? (gauthierroussilhe.com)
- Chronique imparfaite des risques des agents autonomes (maisouvaleweb.fr)
- Entre le factuel et le factice : l’esthétique fasciste contemporaine face à l’IA (chatonsky.net)
Special outils anti-IA
- AI Labyrinth (ai-labyrinth)
- Anubis (anubis)
- Glaze (glaze.cs.uchicago.edu)
- HarmonyCloak (mosis.eecs.utk.edu)
- Iocaine (iocaine.madhouse-project.org)
- Kudurru (kudurru.ai)
- Nepenthes (nepenthes)
- Nightshade (nightshade.cs.uchicago.edu)
Spécial Palestine et Israël
- Liban : en violation du cessez-le-feu, Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis la trêve (humanite.fr)
Israël a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, vendredi 28 mars, après avoir frappé le sud du Liban. Après quatre mois de trêve, cette nouvelle attaque est une violation du cessez-le-feu déclaré fin novembre.
- Press freedom groups condemn targeted killing of two journalists in Israeli strikes (theguardian.com)
Israel Defense Forces has confirmed it killed Hossam Shabat and Mohammed Mansour, claiming they were terrorists
- Des Palestiniens témoignent devant l’ONU des abus sexuels infligés par des Israéliens (france24.com)
Des Palestiniens dénoncent, à visage découvert, les coups et les violences sexuelles qui leur ont été infligés dans les prisons israéliennes ou par des colons devant un panel d’experts des Nations unies à Genève”Je ne pensais pas qu’il existait sur Terre des gens avec un tel degré de laideur, de sadisme et de cruauté”.
- Gaza : les violences sexuelles et reproductives participent du génocide (humanite.fr)
- Israël : avec la visite de Jordan Bardella, c’est tout le RN qui est adoubé par Benyamin Netanyahou (humanite.fr)
- Israël : le cabinet du gouvernement a voté le limogeage de la procureure générale, Gali Baharav-Miara (liberation.fr)
Cette magistrate indépendante de 65 ans occupe ce poste depuis 2022. Elle s’est opposée à plusieurs reprises à Benyamin Nétanyahou, notamment en ordonnant une enquête sur les liens du Premier ministre israélien avec le Qatar, principal financeur du Hamas.
- Les excuses tardives de L’Académie des Oscars pour son manque de soutien au réalisateur Hamdan Ballal (telerama.fr)
D’abord silencieuse après l’arrestation du réalisateur palestinien primé début mars à Los Angeles, l’Académie a envoyé une lettre que nombre de ses membres ont publiquement jugée insuffisante. L’instance a présenté des excuses ce vendredi 28 mars.
- États-Unis. Dans les universités, une campagne maccarthyste pour protéger Israël (orientxxi.info)
Après de fortes mobilisations dans les plus grandes universités américaines contre la guerre que mène Israël à Gaza, vient le temps du retour de bâton, renforcé par l’administration toute puissante de Donald Trump. Sur les campus, pour les soutiens du peuple palestinien, c’est la chasse aux sorcières, qui n’épargne pas les voix juives.
- Projet Esther : le rapport de la Heritage Foundation dont s’inspire Trump pour sa lutte contre le mouvement pro-palestinien (legrandcontinent.eu)
- Répression des pro-palestinien·nes : une étudiante turque arrêtée aux États-Unis (humanite.fr)
À Somerville, dans la banlieue de Boston, une étudiante turque, Rumeysa Ozturk a été arrêtée en pleine rue par des agents fédéraux en civils, mardi. Son visa a été révoqué en raison de son soutien présumé à la cause palestinienne. La vidéo de son interpellation a rapidement suscité une vague d’indignation.
Voir aussi Aux États-Unis, le parcours infernal d’une étudiante turque arrêtée et déplacée à l’autre bout du pays (huffingtonpost.fr)
- UK : Oxford council passes Boycott, Divestment and Sanctions motion (middleeasteye.net)
The city council, in which no party has overall control, cites ICJ rulings over decision to pass motion boycotting Israel
Spécial femmes dans le monde
- La sociologue Eva Illouz « annulée » du prix Israël pour « idéologie anti-israélienne » (liberation.fr)
Le ministre de l’Éducation israélien a refusé l’attribution de la plus haute distinction scientifique du pays à la directrice d’études à l’EHESS pour avoir signé une pétition appelant à une investigation de la Cour pénale internationale contre de possibles crimes de guerre en Cisjordanie.
- Libération d’une otage kurde après 32 ans de captivité (kurdistan-au-feminin.fr)
- En Belgique, les autorités enquêtent sur des dizaines d’agressions sexuelles sous soumission chimique (liberation.fr)
Ces femmes auraient été droguées à leur insu, vraisemblablement par de la kétamine mélangée à leur boisson, en consommant dans des établissements de Courtrai, indique le parquet de Flandre occidentale ce jeudi 27 mars. A minima 41 victimes ont été identifiées entre décembre 2021 et décembre 2024.
- Elon Musk deadnames his ‘killed’ child — his trans daughter claps back (out.com)
- Le masculiniste Andrew Tate accusé de viol et de violences physiques par son ex-compagne (huffingtonpost.fr)
La mannequin Brianna Stern a déposé une plainte contre l’influenceur américano-britannique qu’elle accuse de l’avoir violée en mars 2025 dans un hôtel de Los Angeles.Brianna Stern n’a porté plainte qu’après le départ d’Andrew Tate pour la Roumanie, après qu’il l’a menacée de « la tuer » si elle le « trahissait »
Spécial France
- Procès Sarkozy : l’ex-président est le « véritable décisionnaire et commanditaire » du pacte conclu avec Kadhafi, affirme le parquet financier (liberation.fr)
Le procureur du PNF a évoqué ce mardi 25 mars dans ses réquisitions « l’implication totale » de l’ancien chef de l’Etat, demandant sa condamnation, avec Claude Guéant et Brice Hortefeux, pour corruption et association de malfaiteurs.
Voir aussi Procès Sarkozy-Kadhafi : sept ans de prison et 300 000 euros d’amende requis contre l’ancien président (liberation.fr)
Le parquet a requis une peine de sept ans de prison à l’encontre de Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir conclu un « pacte de corruption » avec l’ancien dictateur libyen Muammar al-Kadhafi pour financer sa campagne de 2007.
- Olivier Faure menace sur les retraites : si le Parlement n’est pas saisi, la censure serait « une obligation morale » (liberation.fr)
- « Les universités jugées wokistes sont mal notées » : la gauche veut supprimer le Hcéres (reporterre.net)
- Pression américaine sur les entreprises françaises : « Inadmissible » pour le Medef, la loi « va continuer à s’appliquer » assure Bergé (liberation.fr)
Des sociétés françaises ont reçu une lettre de l’ambassade des États-Unis concernant leurs programmes internes en faveur de la diversité.
- Julie Sweet met fin aux politiques d’inclusion et de diversité chez Accenture (solidaires-octo.com)
Nous n’en sommes plus à une menace vague et lointaine d’un avenir déplaisant, ce sont les conséquences concrètes de politiques autoritaires de Trump. Il n’aura fallu que 17 jours pour qu’Accenture se plie aux exigences de Trump et de son administration fasciste.
- Au Centre Pompidou, l’exposition “Paris noir” invisibilise-t-elle ceux qui l’ont rendue possible ? (telerama.fr)
Pour son exposition mettant à l’honneur des artistes noirs, le musée se serait approprié le travail d’anciens collaborateurs, eux-mêmes noirs. C’est ce qu’affirme l’un deux, Chris Cyrille, dans un post Instagram interpellant les deux commissaires.
- Carambolage à Paris : le conducteur de la voiture percutée par trois véhicules de police qui le poursuivaient sera jugé en juin (liberation.fr) – voir aussi Carambolage après un refus d’obtempérer : pourquoi le conducteur de la BMW ne sera pas poursuivi pour les blessures des dix policiers (liberation.fr)
le parquet a semble-t-il considéré que si les véhicules de police ont fini encastrés dans la BMW poursuivie, ce n’est pas du fait du conducteur – quand bien même il aurait refusé de se soumettre à un contrôle routier – mais parce que les policiers n’ont pas pu ou su freiner à temps.
- Piétonnisation et végétalisation des rues à Paris : 66 % des votant·es pour étendre le dispositif (liberation.fr)
Par une large majorité, les participant·es à la votation citoyenne organisée ce dimanche 23 mars dans la capitale ont voté « oui » à la proposition de « végétaliser et rendre piétonnes 500 nouvelles rues dans Paris ». Mais le scrutin est marqué par une très faible participation (3,9 %).
- SUV, vols en avion… Il faut supprimer ces publicités, estiment des hauts fonctionnaires (reporterre.net)
- Vaches perturbées par l’électricité : RTE devra verser plus de 450 000 euros à un éleveur (reporterre.net)
Cette fois, la décision est définitive : la ligne à haute tension qui passait au-dessus de sa ferme est bien en lien avec les difficultés que Dominique Vauprès a rencontrées dans son élevage laitier.
- Dans le Marais poitevin, des mégabassines continuent d’être construites (reporterre.net)
Deux ans après la grosse manifestation antibassines de Sainte-Soline, où en est la construction des 16 retenues d’eau prévues dans les Deux-Sèvres ? Quatre bassines ont été construites, dont une jugée illégale après des recours.
- Tofu, steaks au soja : les cantines sommées de ne plus en servir (reporterre.net)
Dans un avis, l’Anses préconise de ne plus servir d’aliments à base de soja dans la restauration collective. Et recommande à l’industrie agroalimentaire de modifier ses méthodes de fabrication pour éviter les substances nocives.
- « Comportements inappropriés » avec des élèves : un directeur de lycée catholique de Saint-Nazaire suspendu après un voyage scolaire (liberation.fr)
Le chef d’établissement est accusé de s’être rendu dans les chambres d’élèves âgées de 15-16 ans lors d’un voyage scolaire organisé à Paris et d’y avoir eu des gestes ainsi que des propos « déplacés ». Enseignants et parents n’étaient même pas au courant de sa présence dans la capitale.
- Dans le milieu gay, les violences sexuelles sortent du placard (alterechos.be)
Peu documentées, les agressions entre partenaires masculins sont un angle mort de la prise en charge des violences sexuelles. Des représentations stéréotypées de la virilité aux espaces de drague particulièrement propices aux agressions, en passant par le chemsex et un contexte sociétal hétéronormé… Le tabou domine.
Spécial femmes en France
- Des noms de grandes scientifiques vont être gravés sur la tour Eiffel (humanite.fr)
Le projet Hypathie, du nom d’une scientifique grecque d’Alexandrie, a pour but de faire graver les noms de quarante grandes femmes scientifiques au deuxième étage de la Tour Eiffel. Dès son inauguration en 1889, 72 noms d’hommes scientifiques sélectionnés par Gustave Eiffel avaient été plaqués en lettre d’or sur une frise.
- Ce rapport déterré par Mediapart contredit le gouvernement sur le port du voile dans le sport (huffingtonpost.fr)
Le site d’investigation révèle l’existence d’un rapport fouillé passé sous les radars et niant l’existence d’un lien entre sport et radicalisation.
- « 81,5 % des actes islamophobes sont commis contre des femmes » : les femmes musulmanes à la croisée des oppressions (humanite.fr)
- Gérard Depardieu jugé pour agressions sexuelles : le one-man-show en trois actes de son avocat (telerama.fr) – voir aussi Procès de Gérard Depardieu : près de 200 avocats dénoncent le sexisme du conseil de l’acteur, Jérémie Assous, dans une tribune publiée par “Le Monde” (francetvinfo.fr) et Fin du procès Depardieu : quatre jours d’“apologie du sexisme”, selon les avocates de la partie civile (telerama.fr)
« Monsieur Depardieu est fort avec les faibles et il est faible avec les forts. »[…]« Monsieur Depardieu a plusieurs facettes : c’est aussi le voyou de Châteauroux, un homme d’argent qui a investi dans le pétrole, un homme proche des dictateurs et un agresseur sexuel. »
- Gérard Depardieu ne « sait pas » ce qu’est une agression sexuelle, voici un rappel de la définition (huffingtonpost.fr)
- L’actrice Vahina Giocante dénonce les « dégueulasseries » de Gérard Depardieu sur les tournages de films (huffingtonpost.fr)
« J’ai vu un homme se gargariser de la honte et de la terreur des plus faibles et s’abreuver de manière insatiable à toutes formes de domination. J’ai vu des équipes entières prises en otage par la gêne insupportable que ces mots et ces gestes provoquaient
- Une femme retrouvée morte dans la Marne, son mari arrêté après un assaut du GIGN (liberation.fr)
Une enquête en flagrance pour « homicide sur conjoint » a été ouverte par le parquet de Châlons-en-Champagne après l’arrestation d’un ancien policier septuagénaire déjà condamné pour des faits de violences conjugales, samedi 29 mars à Esternay.
- Féminicide de Chahinez : “Je ne ressens aucune culpabilité” répond l’accusé à son procès (rue89bordeaux.com) – voir aussi Féminicide de Chahinez Daoud : son ex-mari condamné à la perpétuité (humanite.fr)
- Féminicide de Sandra Pla : un procès contre l’État, « pour les autres » (humanite.fr)
Sandra quitte son compagnon fin décembre 2020. Dès le 6 janvier, elle porte plainte pour violences conjugales. Le 24 février, elle demande une ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales de Bordeaux – demande rejetée après une semaine. Fin mars, elle veut porter plainte pour harcèlement : on ne lui laissera enregistrer qu’une simple main courante. Le 30 mars, elle écrit au procureur et au président de la République : « Je crains le pire des dénouements sans votre intervention. » Sans effet. […] Sandra Pla « n’a jamais eu la protection qu’elle souhaitait, sa famille veut que ça n’arrive plus jamais à d’autres ».
Spécial médias et pouvoir
- Le Syndicat de la Presse Pas Pareille, un acteur sur lequel compter (blogs.mediapart.fr)
Ça y est ! le Syndicat de la presse pas pareille (SPPP) est lancé, et doté d’un site. Il défend une presse émancipatrice, contre toutes formes de domination. Réfléchi lors des Assises de la Presse Pas Pareille, il souhaite promouvoir les médias indépendants, créer une dynamique collective entre rédactions et porter des revendications politiques et économiques.
- Débat sur Gaza : France info mis en garde par l’Arcom après une séquence qui imaginait l’enclave en Riviera du Moyen-Orient (liberation.fr)
- La mairie RN de Perpignan s’attaque à l’Empaillé (lempaille.fr)
- Politiser la haine : la stratégie du buzz (acrimed.org)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Comment Bercy efface, en catimini, une ardoise de 320 millions d’euros de pénalité fiscale pour Vincent Bolloré (humanite.fr)
Le milliardaire aurait menti avec l’aide de Bercy. Selon le Canard Enchaîné, le groupe Vivendi a baissé son imposition sans payer les pénalités prévues, avec le soutien du ministère de l’Économie et des Finances.
- Sous Macron, 207 milliards d’euros de cadeaux fiscaux accordés aux ultrariches (reporterre.net)
- Alexis Kohler dit au revoir à l’Élysée et bonjour à la Société générale (liberation.fr)
Le bras droit historique d’Emmanuel Macron, secrétaire général de l’Elysée depuis huit ans, a été nommé directeur général adjoint de la banque française, a annoncé cette dernière ce vendredi 28 mars.
- Le scandale Galileo, énième rappel de la nécessité de réguler l’enseignement supérieur privé (alternatives-economiques.fr)
Alors qu’une enquête accablante sur le groupe Galileo a mis une nouvelle fois en lumière les abus des établissements supérieurs privés lucratifs, les pouvoirs publics s’interrogent enfin sur la régulation de ce secteur.
- Normandie : des professeurs apprennent par leur application professionnelle Iprof que leur poste est supprimé (francebleu.fr)
Le rectorat dit effectivement que les collègues vont recevoir un courrier et ils vont le recevoir à priori le 2 avril, puisque l’instance académique a lieu le 1er avril, sachant que pour saisir ses vœux quand on perd son poste et qu’il en faut un nouveau, les collègues ont jusqu’au 3 avril.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- La dématérialisation réduit l’accès aux droits, alerte (encore) la Défenseure des droits (next.ink)
- Médecins du monde dénonce “une grave atteinte aux fondements de notre modèle social”, après le vote du Sénat limitant l’accès aux prestations sociales pour les étrangers (francetvinfo.fr)
L’ONG signe une tribune publiée mercredi pour dénoncer “une préférence nationale déguisée” à propos d’une proposition de loi Les Républicains adoptée au Sénat pour restreindre certaines prestations sociales aux étrangers.
- Antisémitisme : Deux députés écologistes veulent saisir la justice contre Manuel Valls (20minutes.fr) Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a affirmé lundi que « la haine des Juifs vient essentiellement du monde arabo-musulman, en France comme ailleurs ».
- Le « racisme anti-Blancs » n’existe pas (politis.fr)
Alors que les actes antisémites progressent de manière significative, de même que les actes racistes et islamophobes, les défenseurs de la France aux Français, les bons, les blonds, les Blancs, allument un contre-feu, et dénoncent avec force et vigueur le « racisme anti-Blancs ». C’est dire si leur combat contre l’antisémitisme est sincère. Et prioritaire. En réalité, ils ne font que hiérarchiser leur haine. Les Arabes et les Noirs d’abord, les juifs ensuite.
Voir aussi Fabien Roussel évoque un « racisme anti-blanc » (liberation.fr)
- “Je n’ai plus d’espoir” : sur les quais de Seine, un campement de 250 mineurs isolés bientôt évacué (francetvinfo.fr)
- Quand l’extrême droite instrumentalise le féminisme pour cibler l’islam et les migrant·es (theconversation.com)
Le féminisme est traditionnellement associé à des valeurs progressistes, telles que l’égalité et la justice sociale. Mais ces dernières années, des activistes d’extrême droite, comme « Némésis », les « Antigones » ou les « Caryatides », revendiquent leur féminisme. Ciblant l’islam et les migrants au nom de la défense des femmes, elles sont de plus en plus présentes dans les médias.
- Un an d’infiltration chez les identitaires (streetpress.com)
- À Toulon, deux mineurs tabassés par un groupe d’extrême droite attendent toujours des nouvelles de leurs plaintes (streetpress.com)
- Le silence de l’État face au meurtre d’un agriculteur anti-mafia en Corse (basta.media)
Pierre Alessandri était connu en Corse pour son engagement syndical contre la spéculation, les fraudes et les pratiques mafieuses. Alors que les investigations se poursuivent sur son assassinat le 17 mars, le silence des autorités est effarant.
Spécial résistances
- Mais qui brûle les voitures Tesla de Niort ? (liberation.fr)
En six mois, douze véhicules électriques de la célèbre marque du milliardaire Elon Musk ont été incendiés dans la ville des Deux-Sèvres. Les enquêteurs privilégient la piste criminelle.
- Millau fait flamber les machos : un carnaval pour cramer le crapaud patriarcal (millavois.com)
Spécial outils de résistance
- Bloque Bolloré sur Internet et les médias d’extrême droite (bloquebollore.codeberg.page)
- Non, la France n’est pas « submergée » par l’immigration (alternatives-economiques.fr)
Spécial GAFAM et cie
- Oops : Google says it might have deleted your Maps Timeline data (arstechnica.com)
- L’Italie ordonne à Google d’empoisonner son DNS public en vertu de la loi stricte Piracy Shield qui vise à empêcher le piratage des retransmissions en direct (developpez.com)
- Everything you say to an Alexa speaker will be sent to Amazon – starting today (theconversation.com)
Amazon has disabled two key privacy features in its Alexa smart speakers, in a push to introduce artificial intelligence-powered “agentic capabilities” and turn a profit from the popular devices.
- Whittaker : “don’t be fooled by WhatsApp’s marketing fluff” (cybernews.com)
Meredith Whittaker, the president of Signal, isn’t too happy with Will Cathcart’s recent statements, which suggest there are hardly any differences between WhatsApp and Signal.”WhatsApp can link that information to Facebook, to Instagram and to payment data that they could buy into. Signal simply doesn’t have all that data”
Voir aussi Dans un contexte tendu, Signal rappelle ses différences avec WhatsApp (next.ink)
Les autres lectures de la semaine
- Doctorow : rendre l’interopérabilité contraignante (danslesalgorithmes.net)
- Le service public dans la tourmente du néolibéralisme (contretemps.eu)
- D.O.G.E. : anatomie du coup d’État numérique d’Elon Musk (legrandcontinent.eu)
- Par pitié, arrêtez de dire « les Anglo-Saxons » (slate.fr – texte d’octobre 2020)
- A 1930s movement wanted to merge the US, Canada and Greenland. Here’s why it has modern resonances (theconversation.com)
- Guerre d’Algérie. Armes chimiques, le mur du silence (orientxxi.info)
Récemment déprogrammé par France Télévisions, Algérie, sections armes spéciales met en lumière la guerre chimique menée par l’armée française contre la population civile. En donnant la parole à des victimes et des anciens combattants, le documentaire soulève également des questions sur la transparence des archives militaires et la mémoire collective.
- « L’inceste reste considéré comme le problème de la victime » (revueladeferlante.fr)
- Comment nommer les nuages ? Une histoire entre science et art (theconversation.com)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Retailleau : “Vive le sport, à bas le voile” : cette journaliste lui répond (lemediatv.fr)
- Loi Attal, narcotrafic : la grande offensive réactionnaire du Gouvernement Bayrou (lemediatv.fr)
- La Tesla du démon (radiofrance.fr)
- L’IA au service de la charia, c’est la charIA (radiofrance.fr)
les bros de la Silicon Valley inventent des technologies qui sont ensuite utilisées par leurs bros d’Iran pour oppresser les femmes. On est vraiment au carrefour des masculinités toxiques. […] Ça veut dire aussi que les génies de l’IA… font de loooongues études, très pointues… ils sont capables de coder des programmes hyper compliqués et la première chose qu’ils font au moment d’utiliser leurs compétences, c’est DE FOUTRE LA MISÈRE AUX MEUFS ? ! ! ! !
Les trucs chouettes de la semaine
- Sixteen Organizations Endorse the UN Open Source Principles (unite.un.org)
- Une alternative franco-allemande à Google Docs (francetvinfo.fr)
- Atlas international des nuages – Manuel de l’observation des nuages et des autres météores (cloudatlas.wmo.int)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
30.03.2025 à 09:00
Spotify, la machine à humeur
Framasoft
Texte intégral (2386 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 17 janvier 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Dans son livre, Mood Machine, la journaliste indépendante Liz Pelly, décortique ce que Spotify a changé dans la musique, pour les clients du service, comme pour les musiciens. Entre uberisation et syndrome de Stockholm.
Cela fait des années que la journaliste indépendante Liz Pelly observe Spotify. Son essai, Mood Machine : The Rise of Spotify and the Costs of the Perfect Playlist (Simon & Schuster, 2025) estime que la musique est devenue un utilitaire plus qu’un art. Pour les fans de musique, le streaming est, malheureusement, un « produit spectaculaire » : « un jukebox universel et infini ». Pour les musiciens cependant, Spotify a été une menace plus existentielle que la révolution du partage de fichiers qui l’a précédée, car le streaming, lui, a reçu le vernis de la légitimité, explique le Washington Post dans sa critique du livre. Mais Spotify a surtout détourné les bénéfices de la musique a son profit, tout en préparant le terrain pour remplacer les musiciens par de la musique générée par l’IA. Le secteur d’ailleurs s’y prépare : un récent rapport de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac) annonce la chute de la rémunération des artistes et le déferlement à venir de la musique générée par IA
La musique, une activité purement fonctionnelle
Liz Pelly rappelle que les origines de Spotify plongent directement dans The Pirate Bay, l’emblème du téléchargement illégal de musique du début des années 2000, notamment parce que le service était une réponse au comportement des gens et à l’envolée du téléchargement illégal. Pour le fondateur de Spotify, la musique a été considérée comme Amazon a considéré les livres : un cheval de Troie pour exploiter les clients. La recette de la suprématie auditive de Spotify a surtout reposé sur les playlists, spécifiques, homogènes et de plus en plus automatisées, descendant monotone de la radio commerciale et des musiques d’ambiance. Nos habitudes d’écoute culturelles ont été peu à peu déformées par la domination de Spotify. « Les auditeurs ont été encouragés à aborder la musique comme une activité purement fonctionnelle – pour dormir, étudier ou meubler un lieu public – sans avoir à fournir aucun investissement particulier dans des artistes individuels et identifiables ». En fait, Spotify vise avant tout à maintenir ses clients dans leur zone de confort. Spotify incarne « un modèle de créativité axé sur le service client qui conduit à une stagnation esthétique », explique Pelly. Le « son Spotify » ressemble à la décoration des appartements sur Airbnb, partout identique.
« À quel moment un système de recommandation cesse-t-il de recommander des chansons et commence-t-il à recommander une idée complète de la culture ? » demande Pelly. Spotify préfère que vous vous engagiez de la manière la plus passive et la plus distraite possible. Comme en politique, les superstructures panoptiques fonctionnent mieux lorsque leurs sujets ne leur accordent pas trop d’attention. Comme l’aurait dit un jour Daniel Ek, le fondateur de Spotify, « notre seul concurrent est le silence ». Dans le New Yorker, le prof de littérature Hua Hsu qui discute du même livre, parle d’un syndrome Spotify comme d’un syndrome de Stockholm. « Tout comme nous entraînons l’algorithme de Spotify avec nos goûts et nos dégoûts, la plateforme semble, elle, nous entraîner à devenir des auditeurs 24 heures sur 24 ». Pelly soutient, en fait, que la plus grande innovation de Spotify a été sa compréhension de l’affect, de la façon dont nous nous tournons vers la musique pour nous remonter le moral ou nous calmer, nous aider à nous concentrer sur nos devoirs ou simplement nous dissocier. Contrairement aux maisons de disque, son but n’était pas de nous vendre un tube dont on se lasse, mais de nous vendre un environnement sonore permanent. Quand on écoutait MTV ou la radio, nous pouvions parfois tomber sur quelque chose de différent ou d’inconnu. Désormais, la personnalisation « laisse présager d’un avenir sans risque, dans lequel nous ne serons jamais exposés à quoi que ce soit que nous ne voudrions pas entendre ». Sur Spotify, « les sons flottent en grande partie sans contexte ni filiation ». Les artistes y sont finalement assez invisibles. La musique décontextualisée de son histoire.
Internet était censé libérer les artistes de la monoculture, en offrant les conditions pour que la musique circule de manière démocratique et décentralisée. Certes, elle circule plus que jamais, mais la monoculture, elle, s’est terriblement renforcée.
Spotify, une ubérisation comme les autres
Dans les bonnes feuilles du livre que publie Harpers, Pelly évoque une autre dimension des transformations qu’a produit la plateforme, non pas sur les utilisateurs et clients, mais sur la musique et les musiciens eux-mêmes. Elle décrit les artistes fantômes de la plateforme, une polémique où les playlists populaires de Spotify semblaient se peupler de musiques de stock et d’artistes qui n’existaient pas. Pelly montre que Spotify avait en fait, malgré ses longues dénégations, bel et bien des accords avec des sociétés de productions pour produire des flux de musique moins chers. Ce programme, baptisé Perfect Fit Content (PFC, que l’on peut traduire par « contenu parfaitement adapté »), offrait des conditions de rémunération moindre et visait clairement à réduire les droits payés par Spotify aux artistes, normalisant des titres bons marchés pour remplir les playlists. « Au milieu des années 2010, le service s’est activement repositionné pour devenir une plateforme neutre, une méritocratie axée sur les données qui réécrivait les règles de l’industrie musicale avec ses playlists et ses algorithmes ». En se rendant compte que de nombreux abonnés écoutaient de la musique en fond sonore, Spotify a opté pour une solution qui lui permettait de réduire les dividendes qu’elle versait au majors (représentant quelques 70 % de ses revenus) afin de devenir bénéficiaire. Pour cela, elle a misé sur les recommandations par playlists d’humeur qui se sont peu à peu peuplées de titres PFC – et ce alors que Spotify se défend de faire des placements de chansons dans ses playlists.
De nombreuses entreprises fournissent désormais Spotify en musique libre de droits à petits budgets, au détriment d’artistes indépendants. Loin d’être la plateforme de la méritocratie musicale qu’elle prétend être, Spotify, comme bien des entreprises, « manipule secrètement la programmation pour favoriser le contenu qui améliore ses marges ». Pour les musiciens précarisés qui produisent ces musiques, cela ressemble surtout à une ubérisation à marche forcée, avec des enregistrements à la chaîne et des musiques écrites sur un coin de table pour correspondre à un style précis, qui signent des contrats avec des droits réduits. « La musique de fond est à certains égards similaire à la musique de production, un son produit en masse sur la base d’un travail à la demande, qui est souvent entièrement détenu par des sociétés de production qui le rendent facilement disponible pour la publicité, la sonorisation de magasin, la production de films… » Ce que l’on appelle « la musique de production » est d’ailleurs en plein essor actuellement, explique Pelly, notamment pour créer des fonds sonores aux micro-contenus vidéo de Youtube, Insta ou TikTok, afin d’éviter des accords de licences compliqués voire la suppression de contenus lié à la violation du droit d’auteur. Pour ces entreprises qui produisent de la musique à la chaîne, comme Epidemic Sound, la musique n’est rien d’autre qu’une « activité de données », aplanissant les différences entre les musiques, produisant un brouillage des frontières esthétiques.
Les musiciens de l’Ivors Academy, une organisation britannique de défense des auteurs-compositeurs, affirment que les « frictions » que des entreprises comme Epidemic cherchent à aplanir sont en fait des protections industrielles et de droit d’auteur durement gagnées. Nous sommes entrés dans une course au moins disant, explique un producteur. Quand ces morceaux décollent en audience, ils génèrent bien plus de revenus pour Spotity et les labels fantômes que pour leurs auteurs, par contrat. « Ce traitement de la musique comme rien d’autre que des sons de fond – comme des pistes interchangeables de playlists génériques et étiquetées en fonction de l’ambiance – est au cœur de la dévalorisation de la musique à l’ère du streaming. Il est dans l’intérêt financier des services de streaming de décourager une culture musicale critique parmi les utilisateurs, de continuer à éroder les liens entre les artistes et les auditeurs, afin de faire passer plus facilement de la musique à prix réduits, améliorant ainsi leurs marges bénéficiaires. Il n’est pas difficile d’imaginer un avenir dans lequel l’effilochage continu de ces liens érode complètement le rôle de l’artiste, jetant les bases pour que les utilisateurs acceptent la musique créée à l’aide de logiciels d’IA générative. » Epidemic Sound a déjà prévu d’autoriser ses auteurs à utiliser les outils d’IA pour générer des pistes musicales. Et Spotify, pour sa part, a fait part ouvertement de sa volonté d’autoriser la musique générée par l’IA sur la plateforme.
L’exploitation de l’IA par Spotify ne s’arrête pas là. Elle est toujours corrélée à des initiatives pour réduire les coûts, rappelle Pelly, en évoquant par exemple le Discovery Mode, un programme de promotion automatique où les artistes qui acceptent d’y participer acceptent également une redevance inférieure. Bien sûr, Discovery Mode a attiré l’attention des artistes, des organisateurs et des législateurs et il est probable que PFC attise également les critiques… Mais « les protestations pour des taux de redevance plus élevés sont plus difficiles quand les playlists sont remplies d’artistes fantômes ».
MÀJ du 27/01/2025 : Liz Pelly est en interview dans le Monde.
24.03.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 24 mars 2025
Khrys
Texte intégral (11100 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- The New World Order Is Here, And America Isn’t Part Of It (theindex.media)
History pivoted in Tokyo yesterday – though few Americans noticed. The foreign ministers of Japan, China, and South Korea gathered for the first time since 2023, posed for ceremonial photographs, and drafted plans for an Asian future where American preferences no longer command deference.
- Subsea fibre cables can ‘listen out’ for sabotage (bbc.com)
- « Il y a des choix terribles à faire » : combien de millions de personnes vont mourir à cause des coupes de l’aide américaine, interroge l’OMS ? (humanite.fr)
- Faute de fonds, l’OMS pourrait cesser 80 % de ses opérations en Afghanistan (lapresse.ca) L’Organisation mondiale de la Santé (OMS)
prévient lundi que si elle ne trouve pas de fonds alternatifs, elle sera forcée de fermer d’ici juin « 80 % des services de soins essentiels » qu’elle soutient en Afghanistan, dont le système de santé ne tient que grâce au soutien des bailleurs internationaux.
- Une arme sonique utilisée contre des manifestant·es en Serbie ? (huffingtonpost.fr)
Les autorités serbes ont démenti avoir usé de cet arsenal dont l’utilisation est interdite dans le pays. Mais un émetteur d’ondes millimétriques pourrait également être en cause. Ce type d’arme non-létale émet un intense rayon de chaleur causant une sensation de brûlure extrêmement désagréable.
- La Hongrie de Viktor Orbán interdit la marche des fiertés et va utiliser la reconnaissance faciale pour cibler les participant·es (leparisien.fr)
Le texte a été adopté via une procédure exceptionnelle à une large majorité par la coalition au pouvoir avec 136 voix pour et seulement 27 voix contre.
- Musk’s X suspends opposition accounts in Turkey amid civil unrest (politico.eu)
Suspensions affect accounts spreading information about the widespread demonstrations.
- Heritage Foundation and Allies Discuss Dismantling the EU (desmog.com)
The group behind the radical Project 2025 agenda is increasingly turning its attention to Europe.
- Conflit en RDC : le Rwanda rompt ses relations diplomatiques avec la Belgique (liberation.fr)
Le ministère des Affaires étrangères rwandais a annoncé sa décision « avec effet immédiat » ce lundi 17 mars, accusant la Belgique d’avoir « pris parti » pour Kinshasa.
- Allemagne : Tesla coupe les vivres aux travailleurs de sa giga-factory en congés maladie (humanite.fr)
La direction de la giga-factory Tesla près de Berlin s’affranchit du droit du travail en coupant dans les revenus de ses salariés malades, jusqu’à les pousser à un départ sans indemnités. […] Pour y parvenir Musk a bénéficié de la complicité des autorités fédérales et du Land de Brandebourg, en vertu d’une très grande coalition rassemblant CDU, libéraux SPD et Verts.
- Tesla removed as participant in 2025 Vancouver International Auto Show (vancouverisawesome.com)
The decision was for “the safety of attendees, exhibitors, and staff.”
- 80 Teslas damaged at Hamilton dealership, largest car vandalism reported in Canada against the U.S. company (cbc.ca)
- Teslas set on fire with Molotov cocktails, Las Vegas police say (reviewjournal.com)
- Man Tests If Tesla Autopilot Will Crash Into Wall Painted to Look Like Road (futurism.com)
The Elon Musk-led EV maker has given up entirely on LIDAR or radar sensors, which its many competitors have been using for object detection for years, with Musk once calling LIDAR “fricking stupid, expensive and unnecessary.”But by relying only on visual data, Tesla’s Autopilot can easily be fooled by anything from heavy fog to a wall-scale painting of the road ahead
- Tesla rappelle tous ses Cybertruck à cause d’un risque de chute de carrosserie (liberation.fr)
Le constructeur américain, propriété d’Elon Musk, rappelle l’ensemble de ces véhicules produits depuis novembre 2023 à cause de panneaux de carrosserie qui risquent de tomber.
- « Adaptable aux menaces futures », plus performant, furtif… Trump présente le F-47 de Boeing, avion de combat nouvelle génération (liberation.fr)
- UK issues new ‘travel warning’ to anyone going to the US (express.co.uk)
Brits going to the USA have been warned after high profile incidents of tourists being detained ‘in chains’ at the border.
- German man with green card ‘violently interrogated’ by US border officials (theguardian.com)
Berlin checking if US immigration policy has changed after Fabian Schmidt becomes third German to be detained
- Tourist in US chained ‘like Hannibal Lecter’ (bbc.com)
- Un scientifique français refoulé à son entrée aux États-Unis pour des messages anti-Trump, Paris grince des dents (liberation.fr)
Le gouvernement français a déploré ce mercredi 19 mars l’interdiction d’entrée sur le territoire américain d’un chercheur venu assister à une conférence pour le CNRS, en raison de son « opinion personnelle » sur la politique du président américain concernant la recherche.
- The airport panopticon is getting people deported and detained (theverge.com)
as Trump expands the Department of Homeland Security’s (DHS) mandate, legal immigrants, too, are finding themselves in the government’s crosshairs. Their arrests are facilitated by DHS’s vast surveillance capabilities, which are largely invisible to the public by design — and where the details of a person’s life, from years-old criminal charges to seemingly innocuous social media posts, are weaponized.
- Les États-Unis mettent fin au statut légal de plus de 500 000 migrant·es, indignation des associations (liberation.fr)
Arrivé·es en 2022 et 2023 dans le cadre d’un programme lancé par Joe Biden, un demi-million de Cubain·es, Haïtien·nes, Nicaraguayen·nes et Vénézuélien·nes vont être contraint·es de quitter les États-Unis d’ici le 24 avril.
- What the Venezuelans Deported to El Salvador Experienced (time.com)
- Donald Trump met fin au programme de traçage des enfants ukrainiens enlevés par la Russie (huffingtonpost.fr)
Durant trois années, des chercheurs de l’université de Yale avaient collecté numériquement de précieuses informations, compromettantes pour Vladimir Poutine.
- Donald Trump retire la protection des deux enfants de Joe Biden et révèle la localisation de son fils Hunter (liberation.fr)
Le président américain a déclaré lundi 17 mars suspendre le dispositif de sécurité du Secret Service qui protégeait jusqu’à présent le fils et la fille de son prédécesseur.
- The Trump Administration Wants USAID on the Blockchain (wired.com)
“It feels like a fake technological solution for a problem that doesn’t exist”
- Trump moves to close down Voice of America (bbc.com)
US President Donald Trump has signed an order to strip back federally funded news organisation Voice of America, accusing it of being “anti-Trump” and “radical”.
Voir aussi The silencing of Voice of America (vox.com)
- Lawsuit demands an immediate halt to VOA’s dissolution and the prompt reinstatement of its employees (substack.com)
A lawsuit was filed in federal court here today seeking to restore the Voice of America. My successor as VOA’s White House bureau chief, Patsy Widakuswara, who grew up under a dictatorship in Indonesia, is the lead plaintiff. Some of the other plaintiffs, who for now are anonymous, are among nearly 50 VOA journalists whose J-1 visas are being cancelled and must leave the country within 30 days. At least six of those face going home to authoritarian countries where they could be jailed, or worse.
- États-Unis : RSF poursuit l’administration Trump pour défendre Voice of America (rsf.org)
Les régimes autoritaires, comme le Kremlin et le Parti communiste chinois, se réjouissent de la mort de Voice of America. Il est clair que l’action de Donald Trump encouragera une répression plus sévère contre les journalistes et la liberté de la presse.
- Wired is dropping paywalls for FOIA-based reporting. Others should follow (freedom.press)
The news business isn’t just any business — it serves a vital role in our democracy, recognized by the First Amendment. But media outlets can’t serve that role if they’re bankrupt. And as a result, news readers often find themselves blocked by paywalls from reading important stories about government business. […] Wired has a solution — it’s going to stop paywalling articles that are primarily based on public records obtained through the Freedom of Information Act.
- Holocaust remembrance pages — and one about Bea Arthur — removed in Pentagon’s DEI purge (jta.org)
Stories of Holocaust survivors were caught in the anti-DEI net, as was an article about Jewish “Golden Girls” star Bea Arthur.
- États-Unis : le démantèlement du ministère de l’Éducation validé dans la journée par Donald Trump (liberation.fr)
Le président américain prévoit de ratifier, ce jeudi 20 mars, un décret visant à fermer le ministère de l’Education et à transférer ses compétences aux États. Mais ce démantèlement n’est pas possible sans l’adoption d’une loi au Sénat.
- The US government has sent Columbia University a ransom note (theguardian.com)
Like a mob boss, the government threatens to cut off two of the university’s fingers : academic freedom and faculty governance
- Frappée au portefeuille, l’université Columbia accepte les réformes voulues par Trump (liberation.fr)
Pour garder ses 400 millions de dollars de subventions, l’université new-yorkaise cède au chantage et s’engage notamment à évaluer le travail du Centre d’études palestiniennes et de l’Institut d’études israéliennes et juives.
- FTC removes posts critical of Big Tech from its website (techcrunch.com)
The Federal Trade Commission (FTC) has removed over 300 blog posts published during the agency’s leadership under former chair Lina Khan, Wired reports. These include posts that are critical of companies like Amazon and Microsoft for their handling of customer data.
- FCC to get Republican majority and plans to “delete” as many rules as possible (arstechnica.com)
- The Trump-Musk Regime Wants to Make Segregation Great Again (thenation.com)
Last month, the Trump administration made a racist change to its rules for business that get federal contracts, so that “the federal government no longer explicitly prohibits contractors from having segregated restaurants, waiting rooms and drinking fountains.”
- ‘It’s a Heist’ : Real Federal Auditors Are Horrified by DOGE (wired.com)
- Donald Trump se fait recadrer par le président de la Cour suprême après avoir appelé à destituer un juge fédéral (huffingtonpost.fr)
- Report : mRNA vaccines are in RFK Jr’s crosshairs ; funding in question (arstechnica.com)
Federal support for mRNA vaccine research appears in jeopardy after KFF Health News reported Sunday that officials at the National Institutes of Health have directed scientists to remove all references to the lifesaving technology from their grant applications. All such research is now under direct scrutiny from health secretary and long-time anti-vaccine advocate Robert F. Kennedy Jr.
- Scientists Say NIH Officials Told Them To Scrub mRNA References on Grants (kffhealthnews.org)
National Institutes of Health officials have urged scientists to remove all references to mRNA vaccine technology from their grant applications, two researchers said, in a move that signaled the agency might abandon a promising field of medical research.
- Resisting Attacks on Science (criticalpublichealth.org)
So it happened. We have officially withdrawn a paper accepted for publication in a scientific journal because of editorial requests to remove language deemed out of compliance with executive orders.[…] It’s true, we could ‘comply’ with these editorial requests without altering the article’s main scientific contributions. But, let’s be clear. These are not editorial requests aimed at improving our science or clarifying our main arguments. […] By erasing entire groups of people from scientific dissemination, these requests reinforce the very inequities that the public health community should be seeking to address. […] We refuse to publish our work in any journal that enables such political interference or denies access to dissemination for reasons unrelated to the quality of the science itself […]Not everyone will have the luxury to make this choice, but for those who do, please take a stand.
- Measles arrives in Kansas, spreads quickly in undervaccinated counties (arstechnica.com)
- Grippe aviaire : réapparition d’une souche transmissible à l’homme dans un élevage de poulets aux États-Unis (liberation.fr)
Des cas de grippe aviaire de type H7N9, une des principales souches à l’origine des contaminations humaines, ont été confirmés dans un élevage de poulets aux Etats-Unis, déjà confrontés à une flambée de H5N1.
- Les États-Unis supplient l’Europe de leur envoyer des… œufs (infos.rtl.lu)
- Bill Gates Gives Up on Climate Change (futurism.com)
By the early 2020s, billionaires had positioned themselves as the masters of climate change policy, taking advantage of their great fortunes to become indispensable to environmentalism. Now, however, many of those same billionaires are pulling support at an alarming rate. And Bill Gates — Microsoft founder, sixth richest man in the world, and alleged sex pest — is the latest among them.
- Greenpeace condamnée aux États-Unis à verser des centaines de millions de dollars à l’exploitant du Dakota Access Pipeline (liberation.fr)
L’ONG a été condamnée ce mercredi 19 mars à verser plusieurs centaines de millions de dollars à Energy Transfer pour avoir participé à des manifestations en 2017 contre ce pipeline traversant le nord des États-Unis.
- Les deux astronautes américains coincé·es dans l’ISS depuis 9 mois ont quitté la station (liberation.fr)
Sunita Williams et Barry Wilmore ont embarqué ce mardi 18 mars au petit matin dans le vaisseau Crew Dragon de l’entreprise SpaceX d’Elon Musk, qui s’est détaché du laboratoire orbital. Elle et il doivent regagner la Terre dans la soirée.
- Incendies, cyclones… Un nombre record d’exilés climatiques en 2024 (reporterre.net)
L’histoire de la semaine
- Man Installed “Kill Switch” So That If He Was Ever Fired, All Hell Would Break Loose (futurism.com)
Last week, a Texas-based software developer by the name of Davis Lu was found guilty by a federal jury for maliciously disrupting servers at Eaton Corp, a huge power management firm headquartered in Dublin, Ireland.
Spécial IA
- Amid Job Cuts, DOGE Accelerates Rollout of AI Tool to Automate Government Tasks (pcmag.com) – voir aussi AI can’t do your job (pluralistic.net)
- Elon Musk et DOGE : Votez Grok (arretsurimages.net)
Les logiciels ne remplaceront jamais les êtres humains, et ceux qui défendent leur déploiement le savent. Tout ce que les fossoyeurs de la démocratie attendent de l’outil technique, c’est qu’il soit perçu comme un concurrent plausible du fonctionnaire le temps du remplacement de la bureaucratie par l’infrastructure […] Si j’écris jusqu’ici “IA” entre guillemets, c’est parce que “l’IA” en tant qu’outil technique n’existe pas. L’IA n’est pas un outil technique, c’est une idéologie
- AI Is Not Unavoidable. Not This AI, That’s for Sure (fossforce.com)
Current AI is a perfect smoke screen to mess with democracy and freedom. More exactly, current AI is great for “manufacturing excuses and replacing politics, automating not paperwork but democratic decision-making… If you want a labor force, a regulatory bureaucracy, or accountability to disappear, you simply say, ‘AI can do it.’”
- AI Slop Is a Brute Force Attack on the Algorithms That Control Reality (404media.co)
Generative AI spammers are brute forcing the internet, and it is working. […] The best way to think of the slop and spam that generative AI enables is as a brute force attack on the algorithms that control the internet and which govern how a large segment of the public interprets the nature of reality. It is not just that people making AI slop are spamming the internet, it’s that the intended “audience” of AI slop is social media and search algorithms, not human beings.
- AI crawlers haven’t learned to play nice with websites (theregister.com)
- AI bots are destroying OpenAccess (go-to-hellman.blogspot.com)
- FOSS infrastructure is under attack by AI companies (thelibre.news)
LLM scrapers are taking down FOSS projects’ infrastructure, and it’s getting worse. (theregister.com) SourceHut says it’s getting DDoSed by LLM bots
- Cloudflare turns AI against itself with endless maze of irrelevant facts (arstechnica.com)
On Wednesday, web infrastructure provider Cloudflare announced a new feature called “AI Labyrinth” that aims to combat unauthorized AI data scraping by serving fake AI-generated content to bots. The tool will attempt to thwart AI companies that crawl websites without permission to collect training data for large language models that power AI assistants like ChatGPT.
- Quand les IA font des rapprochements trompeurs (theconversation.com)
Qu’elles soient génératives ou non, les IA ayant appris des corrélations fallacieuses exposent leurs utilisateurs à des biais plus ou moins importants. Si les corrélations fallacieuses peuvent apparaître amusantes de par leur absurdité, elles peuvent également être source de discriminations.
- People are using Google’s new AI model to remove watermarks from images (techcrunch.com)
- Farewell Photoshop ? Google’s new AI lets you edit images by asking. (arstechnica.com)
- Gemini gets new coding and writing tools, plus AI-generated “podcasts” (arstechnica.com)
- Le journal italien « Il Foglio » confie la rédaction de ses articles à l’IA pendant un mois (liberation.fr)
- AI running out of juice despite Microsoft’s hard squeezing (theregister.com)
Biz leaders still dream of obedient agents replacing workers. In the actual workplace, they’re going AWOL
- Microsoft augmente ses prix pour déplacer les coûts de l’IA générative sur les utilisateurices (theconversation.com)
- The Unbelievable Scale of AI’s Pirated-Books Problem (theatlantic.com)
- Majority of AI Researchers Say Tech Industry Is Pouring Billions Into a Dead End (futurism.com)
Asked whether “scaling up” current AI approaches could lead to achieving artificial general intelligence (AGI), or a general purpose AI that matches or surpasses human cognition, an overwhelming 76 percent of respondents said it was “unlikely” or “very unlikely” to succeed.
- Shift Project : la trajectoire du numérique est « insoutenable », d’autant plus avec l’IA (next.ink)
- The Environment Can’t Afford AI (open.substack.com)
Spécial Palestine et Israël
- La guerre israélienne a réduit à néant l’agriculture et l’élevage de Gaza (chroniquepalestine.com)
- Israël lance une « opération terrestre » à Gaza et menace de prendre « des mesures d’une envergure jamais vue » (liberation.fr)
L’État hébreu a continué ce mercredi 19 mars de bombarder Gaza, en dépit du cessez-le-feu et des critiques de la communauté internationale. Tsahal a par ailleurs « pris le contrôle » du couloir de Netzarim, dans le centre de l’enclave.
- L’ONU « choquée », la Turquie évoque une « politique génocidaire »… La communauté internationale s’inquiète des attaques israéliennes à Gaza (liberation.fr)
Dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 mars, la bande de Gaza a été la cible de bombardements israéliens venus rompre la trêve en vigueur depuis plusieurs semaines. Des attaques condamnées à l’international, sauf par les États-Unis.
- Gaza, le test décisif de la liberté de presse (pivot.quebec)
Malgré une pétition, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec refuse de dénoncer les violations de la liberté de la presse par Israël.
- Gaza : plus de 470 mort·es palestinien·nes dans les bombardements, Israël lance ses « opérations terrestres ciblées » et interdit la circulation sur le principal axe nord-sud (humanite.fr)
- Mahmoud Khalil, emprisonné aux USA pour avoir soutenu Gaza (amnesty.fr)
L’arrestation et la détention d’un ancien étudiant de l’université Columbia, qui avait manifesté en faveur de la population palestinienne à Gaza, créent un dangereux précédent pour la liberté d’expression aux États-Unis.
- Benjamin Netanyahu vient en aide à Elon Musk, Tesla devrait bientôt équiper les hauts fonctionnaires israéliens (auto-moto.com)
- Israël. La start-up nation au service de la guerre et de l’occupation (orientxxi.info)
Les start-up, souvent présentées comme un symbole de la modernité d’Israël, sont en réalité une partie intégrante du complexe militaire de ce pays. Une troisième enquête montre comment le géant américain Microsoft est partie prenante de cette stratégie de mort visant les Palestiniens. […] Dès que Lavender désigne un individu comme étant un militant du Hamas, ce repérage fait office d’ordre d’exécution, sans que soient vérifiées les données qui ont conduit la machine à cette conclusion. En faisant abstraction de leur rang ou de leur grade, l’IA a sélectionné 37 000 Palestiniens selon le principe des « traits » communs aux membres du Hamas et du Djihad islamique, l’armée assumant le risque que cette similarité l’induise en erreur et que le programme désigne des policiers, des membres de la défense civile, des parents de militants, des homonymes comme cibles potentielles. C’est exactement ce qui est arrivé. Lavender a donc joué un rôle déterminant dans l’usage intensif des bombardements, en particulier pendant les premières phases de la guerre durant lesquelles les officiers, couverts par leur hiérarchie, n’ont pas été tenus de vérifier les critères de choix de la machine (bien qu’elle se trompe dans 10 % des cas), s’assurant seulement que la cible était un homme puisque le Hamas et le Djihad islamique n’ont pas recours à des combattantes. Un fonctionnement qui a conduit l’armée israélienne à tuer quelques 15 000 Palestiniens au cours des six premières semaines de son intervention à Gaza. Ce carnage s’est interrompu non pas pour des raisons morales, mais par peur de manquer de bombes. Une crainte infondée puisque l’aide américaine s’est poursuivie sans interruption.
Spécial femmes dans le monde
- Mexico Recognizes Palestine : A Historic Gesture of Solidarity (pressenza.com)
In a significant diplomatic move, Mexico’s President Claudia Sheinbaum has officially recognized Palestine as a state, marking a historic moment in international relations. Sheinbaum, who enjoys an 80 % approval rating, reaffirmed her commitment to Palestinian human rights as she welcomed the Palestinian Authority’s ambassador to Mexico, Nadya Rasheed.
- Belarus forces accused of raping women fleeing to Poland (euobserver.com)
Testimonies are emerging of sexual violence against women and girls attempting to enter Poland from Belarus, in a wider report on illegal pushbacks of prospective asylum seekers.
- Aux États-Unis, les existences trans et non-binaires en danger vital (basta.media)
- Vivian Jenna Wilson on Being Elon Musk’s Estranged Daughter, Protecting Trans Youth and Taking on the Right Online (teenvogue.com) – voir aussi Vivian Jenna Wilson, fille d’Elon Musk : « C’est un gros bébé pathétique, pourquoi devrais-je avoir peur de lui ? » (liberation.fr)
RIP
- Émilie Dequenne, de “Rosetta” à “La Consolation” : où revoir ses rôles les plus marquants ? (telerama.fr)
L’actrice belge est morte ce dimanche 16 mars, emportée, à 43 ans, par un cancer.
Spécial France
- L’Algérie rejette une liste de ses ressortissants à expulser soumise par la France et dénonce la démarche (lemonde.fr) – voir aussi Benjamin Stora : « Cette crise franco-algérienne est instrumentalisée à des fins de politique intérieure » (humanite.fr)
- La CGT claque la porte du conclave sur les retraites, qui reste-t-il autour de la table ? (huffingtonpost.fr)
Le conclave initié par François Bayrou prend l’eau depuis son refus à un retour à la retraite à 62 ans. Trois organisations sur huit ont déjà quitté les négociations.
- Panne et messageries chiffrées : une nuit agitée pour l’Assemblée sur le narcotrafic (liberation.fr)
Une rarissime panne technique a empêché de comptabiliser les votes des députés jeudi soir dans l’hémicycle. Les élus ont finalement voté, à l’ancienne, contre la levée de la confidentialité des messageries chiffrées dans la lutte contre les trafiquants de drogue.
Voir aussi Panne informatique à l’Assemblée nationale : quand la démocratie bugue, la voix reprend ses droits (projetarcadie.com)
- “On part avec les opérateurs” : des communes privées d’antennes relais sur fond de guerre des pylônes téléphoniques entre des entreprises concurrentes (francetvinfo.fr)
- Scandale des eaux en bouteille : la commission d’enquête va saisir Gérard Larcher pour parjure, après l’audition de la PDG de Nestlé Waters (publicsenat.fr)
- Nucléaire : une mise en service du premier des six nouveaux réacteurs EPR2 d’ici 2038 au lieu de 2035, affirme l’Élysée (liberation.fr)
À l’issue d’un conseil de politique nucléaire ce lundi autour d’Emmanuel Macron, la présidence de la République a indiqué que le programme EPR2 serait retardé d’au moins trois ans. Le coût de ce programme devrait se situer « sous les 100 milliards d’euros » selon le ministre de l’Énergie.
- Polémique après la nomination de Dominique Voynet au sein d’un comité sur le nucléaire (leparisien.fr)
L’ancienne ministre de l’Environnement, fervente opposante autoproclamée à l’atome, a été nommée par Yaël Braun-Pivet au sein du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire.
- Périphérique : une nouvelle étude confirme les effets positifs des transformations (paris.fr)
L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a une nouvelle fois analysé les effets de la baisse de la vitesse sur le périphérique, cinq mois après sa mise en place. Et tous les voyants sont au vert : bruit, embouteillages, pollution et accidents.
- Les laboratoires français Cerballiance ont été victimes d’une cyberattaque : voici les données qui ont fuité (clubic.com)
- Notre-Dame-de-Bétharram subit une inspection pour la première fois depuis trente ans (liberation.fr)
- “On a ouvert la boîte de Pandore” : après Bétharram, des accusations visent l’institution Saint-Dominique de Neuilly (francebleu.fr)
D’anciens élèves de l’Institution Saint-Dominique de Neuilly-sur-Seine ont ouvert un groupe Facebook suite aux révélations dans l’affaire Bétharram. Il a permis de recueillir une vingtaine de témoignages à l’encontre de plusieurs anciens professeurs et surveillants. […] “On a été extrêmement choqué·es. On a eu l’impression d’ouvrir une boîte de Pandore parce qu’en moins de dix jours, on a eu des témoignages sur sept personnes accusées de faits très graves, de violences physiques, de violences psychologiques, de violences sexuelles”
- Sévices à l’établissement catholique Notre-Dame-de-Garaison : « Mon témoignage est politique » (liberation.fr)
Violenté enfant dans l’établissement catholique digne d’un « Bétharram bis », Renaud Serraz veut briser, pour lui et tous les autres, le « douloureux silence » dans lequel l’a enfermé le déni familial et collectif.
- “Una disgrazia di più”, “insupportable drame”, “toute la Corse paye le prix du sang”, vague de réactions après l’assassinat de Pierre Alessandri (france3-regions.francetvinfo.fr)
- L’association à l’origine des alertes aux pollens met la clé sous la porte (ouest-france.fr)
Le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) a envoyé ce vendredi 21 mars son dernier bulletin. Alerté sur des problèmes de gestion, le gouvernement n’a pas versé sa subvention fin 2024. Dans l’attente d’une décision du tribunal de commerce de Lyon le 26 mars, l’association risque la liquidation.
- Deux ans et demi après les incendies en Gironde, les derniers panaches de fumée ont enfin disparu (liberation.fr)
Ce jeudi 19 mars, le quotidien « Sud Ouest » rapporte que tous les points chauds de l’incendie de Landiras sont désormais éteints. Sur le dernier site encore actif, la combustion souterraine a été stoppée grâce à une opération d’envergure.
- Météo-France décrit une France à +4 °C apocalyptique (reporterre.net)
Spécial femmes en France
- Épigénétique, inactivation du chromosome X et santé des femmes : conversation avec Edith Heard (theconversation.com)
Edith Heard est biologiste et directrice générale de l’European Molecular Biology Laboratory (EMBL). Elle a reçu la médaille d’or du CNRS en 2024 pour ses travaux sur l’épigénétique et l’inactivation du chromosome X.
- Cinq ans après le début du Covid : infirmières et aides-soignantes toujours déconsidérées (basta.media)
- Femmes discriminées : « Le principe d’un salaire égal pour un travail égal n’est pas appliqué » (basta.media)
- Le Centre-Val de Loire devient la deuxième région à proposer un congé menstruel à ses 2 200 fonctionnaires (liberation.fr)
Après la Nouvelle-Aquitaine, une deuxième collectivité régionale autorise, depuis janvier, ses agentes qui souffrent de menstruations douloureuses à s’absenter de leur travail, sans retrait de salaire, maximum treize jours par an.
- IVG : le Sénat vote une loi réhabilitant les femmes condamnées pour avoir avorté avant la dépénalisation (liberation.fr)
Le texte visant à faire reconnaître à l’Etat les « souffrances » des femmes condamnées a été adopté à l’unanimité par les sénateurs ce jeudi 20 mars, en première lecture.
- Port du voile dans le sport : n’arborer « aucun signe religieux ostentatoire » dans les compétitions est la « seule ligne du gouvernement », assure Aurore Bergé (lemonde.fr)
- Un homme avoue avoir drogué et violé une quinzaine de femmes près de Montpellier (liberation.fr)
Un paysagiste de 34 ans est mis en examen après avoir reconnu quinze agressions sexuelles avec soumission chimique. Trois plaintes avaient été enregistrées, la gendarmerie cherche d’autres victimes.
- Joël Le Scouarnec reconnaît la totalité de ses abus sexuels sur 299 victimes (huffingtonpost.fr)
Devant la cour criminelle du Morbihan, l’ex chirurgien a même évoqué un viol, disant « accepter les conséquences judiciaires », a précisé son avocat à « Ici Breizh Izel ».
- Procès Pelicot : “Pour les familles des condamnés, la honte fait partie du quotidien” (courrierinternational.com)
- Viols de Mazan : Gisèle Pelicot va publier ses mémoires, « avec ses propres mots », en janvier 2026 (liberation.fr)
La septuagénaire sortira dans quelques mois un livre dont le titre provisoire est « Un hymne à la vie », annonce-t-elle au « Guardian » ce jeudi 20 mars. L’ouvrage sera publié dans 21 langues.
Spécial médias et pouvoir
- Comment le groupe Bolloré réduit ses anciens journalistes au silence, révèle Reporters sans frontières (telerama.fr)
- Nathalie Saint-Cricq nommée temporairement directrice de la rédaction nationale de France Télévisions (liberation.fr)
- Jean-Marc Morandini condamné à deux ans de prison avec sursis en appel pour corruption de mineurs (liberation.fr)
L’animateur de la chaîne CNews qui avait été condamné en première instance à un an de prison avec sursis, voit sa peine s’alourdir. Il doit aussi payer une amende de 20 000 euros pour des faits commis sur trois adolescents entre 2009 et 2016.
- Affiche de Cyril Hanouna : LFI condamnée pour atteinte au « droit à l’image » (liberation.fr)
- Le « Figaro Magazine » fait sa une sur le « Belgiquistan » « woke » et « islamisé » (huffingtonpost.fr)
Le dossier de l’hebdomadaire français sur une Belgique supposément aux mains de l’extrême gauche et des islamistes est loin d’avoir fait l’unanimité dans le pays.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- « Non » à la retraite à 62 ans : Eric Lombard contredit François Bayrou et assure que « c’est aux partenaires sociaux de décider » (liberation.fr)
Quelques heures après l’annonce du Premier ministre sur France Inter ce dimanche 16 mars, son ministre de l’Economie a assuré que le dernier mot sur l’âge de départ à la retraite reviendra aux partenaires sociaux.
- Le droit du travail est-il devenu une machine à licencier ? (alternatives-economiques.fr)
Confrontées à des difficultés économiques, les entreprises multiplient les plans sociaux. Mais certaines n’hésitent également plus à se séparer directement de leurs salariés tant la législation leur a facilité la tâche.
- “Irréaliste, dangereux et inefficace” : l’ex-boss de l’ANSSI détruit l’article sur les backdoors du projet de loi Narcotrafic (clubic.com)
L’ancien directeur de l’ANSSI, Guillaume Poupard, a fermement dénoncé la tentative du gouvernement d’imposer des backdoors dans les messageries chiffrées. Il y voit une approche inefficace et risquée pour la sécurité numérique française.
Voir aussi Le gouvernement prêt à tout pour casser le droit au chiffrement (laquadrature.net) et Loi narcotrafic : Bruno Retailleau échoue à faire écouter les messageries chiffrées (humanite.fr)
- En signant avec Microsoft, l’Éducation nationale piétine souveraineté et autonomie numérique (zdnet.fr)
Alors que les appels politiques à la défense de la souveraineté technologique se multiplient, le ministère signe un énorme contrat avec Microsoft. Montant de l’accord : de 74 à 152 millions d’euros.
Voir aussi Microsoft aime toujours l’Éducation nationale (cafepedagogique.net) et Souveraineté numérique : fronde contre l’Éducation nationale qui attribue un “gros” contrat à Microsoft (silicon.fr)
Hexatrust, l’association professionnelle des acteurs français et européens de la cybersécurité et du cloud de confiance, pousse un coup de gueule contre le ministère de l’Éducation nationale qui vient d’attribuer un marché public de 74 millions € à Microsoft. De son côté, le député Philippe Latombe demande son annulation.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Prolongement de la VSA : la petite danse autoritaire du gouvernement (laquadrature.net)
Voir aussi Gestion des foules, enquêtes policières : la vidéosurveillance algorithmique s’implante-t-elle durablement en France ? (theconversation.com)Le gouvernement avait lancé une expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) dans la perspective des Jeux olympiques de Paris. L’Exécutif souhaite désormais prolonger l’expérimentation jusqu’en 2027, ce que l’Assemblée nationale a définitivement voté, ce mardi 18 mars.
- Loi « simplification » : un déni de démocratie pour mieux imposer les data centers (laquadrature.net)
À son article 15, ce projet de loi « simplification » (ou PLS) prévoit d’accélérer la construction d’immenses data centers sur le territoire français, en permettant à l’État de les imposer aux territoires concernés et en multipliant les dérogations au droit de l’urbanisme, de l’environnement ou au principe de participation du public.
- Sénat : la droite, au soutien de Retailleau, présente deux propositions de loi sur l’immigration (liberation.fr)
Les textes, présentés ce mardi 18 mars, proposent notamment d’augmenter la durée de rétention pour les étrangers dangereux et de conditionner les prestations sociales à une durée de résidence. La gauche dénonce une « retaillisation du Sénat ».
- Gérald Darmanin appelle dans une circulaire à repérer les détenus étrangers expulsables (lemonde.fr)
- Voile dans le sport : François Bayrou recadre les ministres opposés à l’interdiction (liberation.fr)
Le Premier ministre a convoqué et recadré ce mardi 18 mars cinq ministres opposés à « la ligne » du gouvernement : celle d’interdire le port de signes religieux dans l’ensemble des compétitions sportives. Gérald Darmanin avait mis sa démission dans la balance.
- Une suspension de 30 % à 100 % du RSA en cas de sanction : la précarisation débridée des privé·es d’emploi (humanite.fr)
Le gouvernement a détaillé auprès des conseils départementaux les grandes lignes de sa réforme du RSA dans une lettre […] jeudi 20 mars. Selon cette dernière, les allocataires qui ne peuvent pas justifier une quinzaine d’heures d’activité hebdomadaire verront leur allocation être suspendue de 30 à 100 %, et ce, pendant plusieurs mois.
- “Pas assez handicapée pour eux” : amputée et cardiaque, son allocation est supprimée (francebleu.fr)
- Gaîté lyrique : la police lance une évacuation brutale des jeunes migrant·es (liberation.fr)
Ce mardi 18 mars au petit matin, les forces de l’ordre ont encerclé la salle de spectacle parisienne occupée depuis trois mois par environ 500 exilé·es. Des dizaines de manifestant·es sont présent·es et nassé·es.
Voir aussi Évacuation de la Gaîté Lyrique (lundi.am) « La merde ambiante se propage »
- Dans les quartiers populaires, le « monde d’après » est pire que celui d’avant (reporterre.net)
Confinés, verbalisés, endeuillés : en Seine-Saint-Denis, la pandémie de Covid-19 a laissé des cicatrices.« C’était la chasse aux gamins. Ils couraient dans les escaliers, les flics leur tombaient dessus. À chaque étage, on frappait aux portes : “Ouvrez ! Ils sont où ?” »« Les jeunes étaient coincés chez eux à huit ou neuf. Comment respirer ? Mais dehors, c’était l’amende assurée. »
- À Paris, trois policiers condamnés pour des violences hors-service devant le pub Saint-Michel (liberation.fr)
En mai 2024, au petit matin, en plein cœur de la capitale, trois fonctionnaires frappent violemment trois hommes d’origine maghrébine face à l’établissement de nuit. Deux des agents de police n’en sont pas à leur première condamnation de ce type.
- Paris : le journaliste Clément Lanot frappé à la tête par un policier lors de la manifestation contre l’extrême droite (leparisien.fr) – voir aussi Manifestation contre le racisme à Paris : un journaliste témoigne après avoir reçu un coup de matraque d’un policier (huffingtonpost.fr)
Le journaliste indépendant Clément Lanot affirme qu’il était « clairement identifiable » et portait un casque.
- France : 100 000 personnes manifestent contre le racisme (secoursrouge.org)
Des journalistes frappés. Des personnes âgées plaquées au sol. Des manifestants agressés alors qu’ils brandissaient des drapeaux antifascistes, une banderole mentionnant « Tant qu’il le faudra » arrachée en tête de cortège. Voici la réaction de la police lors d’une marche nationale contre le racisme et l’extrême droite ce samedi 22 mars à Paris.
- L’assassinat de Djamel Bendjaballah, ce crime raciste que l’État refuse de voir (huffingtonpost.fr)
Sept mois après la mort de Djamel Bendjaballah tué près de Dunkerque, ses proches et des élus écologistes appellent à reconnaître le mobile raciste de l’acte.
La mauvaise conduite de la semaine
- Paris : 13 blessés dont 10 policiers après un refus d’obtempérer (liberation.fr)
on voit le véhicule des mis en cause percuter le feu rouge, avant d’être à son tour heurté par une voiture de police qui le suivait. Une deuxième voiture de police suivant juste après s’encastre à son tour dans la première voiture de police. Un peu plus tard, une troisième voiture de police vient percuter les deux premières.
- La vidéo associée (tube.fdn.fr)
Spécial résistances
- « Jamais l’art ne pourra servir d’alibi à des matraquages et à des expulsions de mineur·es » (politis.fr)
Plus de 400 personnalités du monde de la culture dénoncent la violente expulsion de la Gaîté lyrique qui a eu lieu le mardi 18 mars 2025. Depuis le 10 décembre, 460 mineur·es isolé·es occupaient ce théâtre emblématique de la capitale.
- Pour les victimes de Gérard Depardieu : une riposte féministe le 24 mars devant le tribunal judiciaire de Paris (humanite.fr)
Nous, militantes féministes, dont Anna Toumazoff, Rose Lamy, Blanche Sabbah, avec le soutien des associations la Fondation des femmes, trois comités locaux de #NousToutes, le collectif Le Bruit Qui Court et la Brigade d’action féministe, appelons à nous réunir le 24 mars devant le tribunal judiciaire de Paris à 12 h 00.
- Discriminations en entreprise : huit organisations syndicales lancent une campagne unitaire contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie au travail (humanite.fr)
- Polytechnique et ministère de l’Éducation Nationale : le CNLL exige l’arrêt immédiat des migrations vers Microsoft 365 (cnll.fr)
Spécial outils de résistance
- Résister à l’extrême droitisation du débat public (acrimed.org)
- « Grand remplacement », insécurité, immigration et Islam : 4 intox de l’extrême droite débunkées (humanite.fr)
- Saboter, faire la fête, surgir… 16 actions pour désarmer le fascisme (reporterre.net)
Spécial GAFAM et cie
- “Careless people” : le livre qui fait trembler Meta et (Mark Zuckerberg) (lesinrocks.com)
Sarah Wynn-Williams dénonce avec le plus de virulence les pratiques sans foi ni loi de Mark Zuckerberg : elle l’accuse d’avoir facilité, au Myanmar, la diffusion de messages de haine de la part de la junte et la planification de violences sexuelles et de tueries de masse à l’encontre de la minorité musulmane.
- Polytechnique cède aux sirènes du cloud de Microsoft (lalettre.fr)
La directrice générale de Polytechnique, Laura Chaubard, a acté en toute discrétion une migration des données de la prestigieuse école d’ingénieurs vers l’offre Microsoft 365. La bascule suscite les critiques de chercheurs, qui s’inquiètent de voir la confidentialité de leurs données menacée par les lois extraterritoriales américaines.
Voir aussi L’école Polytechnique veut migrer sur Microsoft 365 et déclenche un tollé (next.ink)
Les autres lectures de la semaine
- Les amish, un rôle plus important qu’on le croit dans la dernière élection présidentielle aux États-Unis (theconversation.com)
Si les amish sont numériquement peu importants aux États-Unis, leur image, celle d’une communauté profondément attachée aux « valeurs traditionnelles », fait d’eux un enjeu électoral important. Durant la dernière campagne présidentielle, le soutien d’une partie significative d’entre eux à Donald Trump a sans doute eu une influence importante
- DOGE is going global. It needs to be stopped (disconnect.blog)
The extreme right is organizing for a new austerity campaign modeled on Elon Musk’s destructive efforts
- Why Fighting Back Against Trump Is the Only Option (theintercept.com)
If there’s any lesson so far in Trump’s second term, it’s that playing nice isn’t just bad optics — it’s a losing strategy.
- « Le pouvoir en place montre sa volonté de faire disparaître des pans entiers de savoirs » (basta.media)
- Lettre de Mahmoud Khalil, prisonnier politique palestinien en Louisiane (contretemps.eu)
Le pouvoir trumpiste a jeté en prison Mahmoud Khalil, militant palestinien et figure du mouvement étudiant de solidarité avec Gaza aux États-Unis. Dans cette lettre, dictée depuis sa prison dans l’État de Louisiane, celui-ci revient sur les conditions et la signification politique de son arrestation arbitraire
- But how to get to that European cloud ? (berthub.eu)
The very short version : It has now become clear that European governments can no longer rely on American clouds, and that we lack good and comprehensive alternatives. Market forces have failed to deliver a truly European cloud, and businesses won’t naturally buy as yet unproven cloud services, even when adorned with a beautiful European flag, so for now nothing will happen. This means it’s time for industrial policy, which requires politics to be proficient in “industry.” Such proficiency is the only way to develop policies and plans that don’t go off the rails (which, unfortunately, can happen in many ways).
- Why We Need “Shortwave 2.0” (radioworld.com)
international broadcasters should not close any more shortwave transmitting sites. They are essential facilities to relay information when the internet is blocked, which will happen in more places, more frequently and more thoroughly.
- Open Source Software : The $9 Trillion Resource Companies Take for Granted (library.hbs.edu)
- L’Hécatombe Capitaliste de l’Excellisation dans la Recherche et l’Enseignement Supérieur (aoc.media)
- Inférences : comment les outils nous voient-ils ? (danslesalgorithmes.net)
- Le document secret qui a bouleversé le contrôle du nucléaire français (mcinformactions.net)
- La tragédie de l’adaptation (lundi.am)
« Se préparer au pire devient le discours officiel »
- Pétromasculinité : Quand la crise climatique et l’autoritarisme se nourrissent l’une de l’autre (revuepolitique.be)
- Jeanne Guien : « Se libérer de la consommation est une bataille féministe » (reporterre.net)
- Passive Voice Considered Harmful · Refactoring English (refactoringenglish.com)
- « Iels notaient absolument tout » : en Irak, des traces de bureaucratie vieilles de 4 000 ans dépoussiérées (liberation.fr)
Des centaines de tablettes administratives de l’empire d’Akkad, fondé en Mésopotamie vers 2330 av. J.-C., ont été déterrées en Irak, offrant un rare aperçu de la bureaucratie à l’époque antique.
- À quand remonte la consommation régulière de viande ? Les dents fossilisées apportent des réponses (theconversation.com)
- Transmission, influence des migrations ou des générations… Ce que le chant des mésanges nous apprend sur l’évolution de la culture dans le monde animal (humanite.fr)
loin d’être identique au fil des millénaires, le chant des oiseaux serait en perpétuelle évolution culturelle au gré des migrations aviaires
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Angoisse
- Étrangers
- Voile
- Gymnase
- Bistrot
- Complices
- Genocide
- Silencer
- Consignes
- Gaslighters
- Device
- Training
- MAGA
- Masques
- Empathy
- Tesla
- Crazy
- Violence
- Minorités
- Trade Unions
- Morning
- Obscene
- Geeks
Les vidéos/podcasts de la semaine
- L’Europe au pied du mur (radiofrance.fr – podcast en trois épisodes)
- À propos de la nouvelle enseigne des Marchands de Presse (tube.fdn.fr)
- Violences policières le 22 mars (video.blast-info.fr)
- Viril : la masculinité mise à mâle (arte.tv)
- Welcome to Hell (tube.fdn.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- 52 bonnes nouvelles – récolte du jeudi 20 mars (lescerisesdehiatus.blogspot.com)
- Un site web avec une vidéo live de l’espace devant une porte, et un bouton pour que les internautes puissent ouvrir la porte quand un poisson est devant (visdeurbel.nl)
- Sur l’île d’El Hierro, le savant qui récolte l’eau des nuages (politis.fr)
Sur l’île d’El Hierro, aux larges des Canaries espagnoles, en proie à une pénurie d’eau, un biologiste polonais tente de produire des fruits sans apport d’eau autres que la pluie et le brouillard, en se fondant sur la recherche scientifique.
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
23.03.2025 à 09:00
Y aura-t-il une alternative au technofascisme ?
Framasoft
Texte intégral (3824 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 08 novembre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Dans « Les prophètes de l’IA », le journaliste Thibault Prévost nous explique que le futur est désormais un programme idéologique et politique, celui des grands acteurs de la Tech. Leur objectif : faire perdurer la religion, le capitalisme et le colonialisme en les rendant fonctionnels. La méthode que met en œuvre cette petite élite de technomilliardaires consiste à prendre le pouvoir par la technologie, non pas pour sauver le monde, mais uniquement pour se sauver eux-mêmes. La perspective technofasciste est un récit éminemment séducteur… mais sans horizon, puisque cette élite ne propose ni d’améliorer notre futur ni d’en partager les fruits. Seulement de renforcer leur pouvoir.
Le livre du journaliste Thibault Prévost, Les prophètes de l’IA (Lux éditeur, 2024), a une grande vertu : nettoyer notre regard de ce qui l’embrume.
Il permet d’abord de comprendre que la technologie ne mobilise pas tant des imaginaires, comme on l’entend trop souvent, mais bien des idéologies. Imaginaire, le terme fait référence à quelque chose qui n’existerait que dans l’imagination, qui serait sans réalité, comme dévitalisé, sans effet autre que sûr le rêve et l’irréel. Rien ne me semble moins vrai. Ce que nous sommes capables de composer dans nos esprits à une puissance d’évocation sans précédent, qui mobilise et galvanise les énergies et façonne le réel. Le terme d’imaginaire dépolitise ce que nos esprits façonnent, quand les récits que nous brodons et partageons construisent d’abord des ralliements, des adhésions ou leur exact inverse, des rejets, des défections, des oppositions. Ce que nous imaginons ne flotte pas dans l’éther, bien au contraire. Nos imaginaires reflètent tout le temps des idées et conduisent nos agissements, décrivent des façons de voir le monde, de le régir, de le gouverner. Imaginaire : le terme ne vise qu’à dépolitiser ce qui est à l’œuvre dans la mise en représentation du monde, à savoir dévitaliser les luttes idéologiques par des récits neutralisés qui ont pour but de les rendre plus séduisants, plus accrocheurs, plus malléables, plus appropriables, plus diffusables. Mais derrière le storytelling, les récits que l’on construit sur l’IA, les discours que l’on porte sur la technologie, il n’est question de rien d’autre que d’une lutte idéologique.
A mesure que la technologie a pris une place prépondérante dans nos sociétés, le discours qui la porte s’est chargé de promesses, de prophéties, de mythes, de prédictions qui se sédimentent en idées politiques qui annoncent, au choix, la fin du monde ou le retour des Lumières. L’un comme l’autre d’ailleurs n’ont qu’un objectif : nous éloigner de la réalité et nous faire adhérer à leur promesse. À savoir qu’il n’y a pas d’alternative au futur que propose la technologie. Qu’il soit rose ou sombre, c’est la technologie qui le façonne, c’est l’élite technologique qui le construit. Le futur est devenu une religion.
Prévost rappelle trop rapidement la longue histoire de l’avènement des religions technologiques, schismes du rêve transhumaniste, pour se concentrer surtout sur les courants et les figures les plus récents. Ce qui l’intéresse, c’est de regarder les habits les plus neufs du transhumanisme, cette consécration de la science et de la technologie, qui promet d’améliorer la condition humaine. Qui souhaite rendre la religion, le capitalisme et le colonialisme fonctionnels, effectifs, comme pour les faire perdurer à jamais. Ces courants qui déifient les sciences de l’ingénierie ne proposent pas qu’une transcendance, c’est-à-dire un dépassement de l’homme par la technique, mais bien l’avènement d’une technocratie toute puissante. L’essai, qui se présente sous forme d’un catalogue des idées du secteur, devient vite épuisant à lire, tant ces délires mis bout à bout se concatènent dans leur logique rance, qui ne produit rien d’autre qu’un total mépris pour la société comme pour les individus qui la composent.
Un monde de… tarés
Le livre de Thibault Prévost a une autre vertu. Il nous montre que les grands ingénieurs, les grands investisseurs, les grands entrepreneurs et les grands penseurs de l’IA sont tous complètement… tarés ! Excusez du peu ! Les récits de dépassement, de conquête, de croisade, de puissance ou d’IApocalypse qu’ils nous vendent forment un ramassis de technodélires qui n’ont rien de sérieux ou de rationnel, malgré le fait qu’ils se présentent ainsi. Ces délires sur l’intelligence artificielle générale, sur la transcendance par la machine comme sur l’effondrement, nous abreuvent d’idéologies hors-sol, sectaires, fanatiques et vides pour mieux invisibiliser leur autoritarisme et leur cupidité débridée (à l’image de celle qu’exprimait Mustafa Syleyman dans son livre particulièrement confus, La déferlante). Tous les grands gourous de la tech que Prévost évoque dans son livre (et il n’y a pas que Musk) semblent d’abord et avant tout des individus totalement perchés et parfaitement lunaires. Ils sont tous profondément eugénistes, comme le répète le chercheur Olivier Alexandre (voir aussi dans nos pages). Ils sont obsédés par le QI et la race. Ils ont à peu près tous tenu à un moment ou à un autre des propos racistes. Ils sont tous profondément opposés à la démocratie. Ils partagent tous des discours autoritaires. Derrière leurs récits, aussi barrés les uns que les autres, tous n’oeuvrent qu’à leur propre puissance. A peu près tous partagent l’idée que ceux qui ne croient pas en leurs délires sont des parasites. Leur délire élitiste, eugéniste et cupide a de quoi inquiéter. Le futur qu’ils nous vendent n’a rien d’un paradis, puisqu’il ne remet en rien en cause des privilèges qui sont les leurs, bien au contraire. Tous nient les biens communs. Tous veulent détruire la régulation, à moins qu’ils en soient en maîtres. Ils nous exhortent à penser un futur si lointain qu’il permet de ne plus être fixé dans un cadre politique normé, ce qui permet de totalement le dépolitiser. Tous cachent les enjeux politiques qu’ils défendent sous des questions qui ne seraient plus que technologiques. Remplacer le discours politique par un discours technique permet d’abord de déplacer son caractère politique, comme pour l’aseptiser, l’invisibiliser.
A le lire, Prévost nous donne l’impression de nous plonger dans les disputes sectaires, rances et creuses… qui anônent un « cocktail d’arrogance élitiste et de naïveté qui défend férocement la légitimité morale des inégalités ». Qu’ils se définissent comme altruistes efficaces, longtermistes, doomers, ultralibertariens, extropiens ou rationalistes… (tescralistes, comme les ont qualifiés Timnit Gebru et Emile Torres), ils semblent avant tout en voie de fascisation avancée.
L’IA ne va pas sauver le monde, elle vise à sauver leur monde !
L’IA ne va pas sauver le monde. Elle vise à sauver leur monde, celui d’une caste de milliardaires au-dessus des lois qui cherchent à se garder du reste de l’humanité qu’elle abhorre. « L’IA n’est que le paravent technique d’une entreprise tout à fait classique de privatisation et de captation des richesses ». L’IA vise d’abord la préservation du taux de profit.
La Tech a longtemps été Démocrate et pro-démocratie, rappelle le journaliste, mais c’est de moins en moins le cas. La perspective que la Silicon Valley perde de sa puissance, explique en partie son réalignement. Le techno-solutionnisme progressiste qu’ils ont longtemps poussé a fait long feu : la Tech n’a produit aucun progrès social, bien au contraire. Ses solutions n’ont amélioré ni la démocratie, ni l’économie, ni l’égalité, ni l’espérance de vie… surtout quand on les compare aux technologies sociales du XXᵉ siècle comme l’hygiène publique, le développement des services publics ou la justice économique.
Si ces évolutions politiques ont plusieurs origines, l’influence de grandes figures, de financeurs milliardaires, sur le secteur, semble déterminant, à l’image des Marc Andreessen et Peter Thiel, qui ne sont pas tant des évangélistes de la tech, que des évangélistes néolibéraux ultra-conservateurs, qui promeuvent par leurs discours et leurs investissements des projets anti-régulation et autoritaires. Prévost rappelle que la grande caractéristique de cette élite financière est d’être férocement opposée à la démocratie. Ces milliardaires rêvent d’un monde où une poignée d’individus – eux – captent toutes les richesses et tous les pouvoirs. « La tech est un système immunitaire développé par le capitalisme pour lutter contre tout ce qui pourrait le mettre en crise », disait déjà Antoinette Rouvroy. Ces gens sont tous admirateurs de régimes autoritaires. Ils rêvent d’un progrès technique sans démocratie tel qu’ils le font advenir dans les outils qu’ils façonnent et les entreprises qu’ils dirigent.
En compilant toutes ces petites horreurs qu’on a déjà croisées, éparses, dans l’actualité, Prévost nous aide à regarder ce délire pour ce qu’il est. Nous sommes confrontés à « un groupe radicalisé et dangereux », d’autant plus dangereux que leur fortune astronomique leur assure une puissance et une impunité politique sans précédent. Leurs exploits entrepreneuriaux ou financiers ne peuvent suffire pour les absoudre des horreurs qu’ils prônent. Prévost les montre comme ce qu’ils sont, un freak-show, des sortes de monstres de foire, complotistes, fascistes, prêts à rejoindre leurs bunkers et dont le seul rêve est de faire sécession. Le journaliste décrit un monde réactionnaire qui ne craint rien d’autre que son renversement. « Ces patrons méprisent nos corps, nos droits, nos existences ». Leur discours sur les risques existentiels de l’IA permet de masquer les effets déjà bien réels que leurs outils produisent. « L’IA est une métaphore du système politique et économique capitaliste qui menace l’espèce humaine ». Pour sécuriser leur avenir, cette élite rêve d’un technofascisme qu’elle espère mettre en œuvre. Notamment en manipulant les peurs et les paniques morales pour en tirer profit.
Le pire finalement c’est de constater la grande audience que ces pensées rances peuvent obtenir. La réussite fait rêver, la domination fait bander… oubliant qu’il s’agit de la domination et de la réussite d’un petit monde, pas de celui de l’Occident ou de tous les entrepreneurs du monde. En nous répétant que le futur est déjà décidé et qu’ils en sont les maîtres, ils nous intoxiquent. « À force de se faire dire que le futur est déjà plié, que c’est la Silicon Valley qui décide de l’avenir de l’humanité, le public, convaincu qu’il n’a pas son mot à dire sur des enjeux qui le dépassent, remet son destin entre les mains des Google, Microsoft, Meta ou Amazon. » Ce déplacement permet d’orienter la régulation vers des dangers futurs pour mieux laisser tranquille les préjudices existants. Derrière la promotion de leur agenda néolibéral pour maximiser leurs profits aux dépens de l’intérêt général, se profile le risque d’une bascule vers un capitalisme autoritaire qui contamine le monde au-delà d’eux, comme le notait la chercheuse Rachel Griffin. « À l’instar de la Silicon Valley, l’Union européenne semble être en train de mettre à jour son logiciel idéologique vers un capitalisme autoritaire qui privilégie l’économie de la rente et les monopoles à l’économie de marché et la concurrence ». Cette transformation du capitalisme est assurée par la technologie. Les systèmes s’immiscent dans nos institutions, à l’image de leurs LLM que les acteurs publics s’arrachent en permettant aux entreprises de la Silicon Valley « d’étendre leur intermédiation sur un corps social médusé ». Qu’importe si ChatGPT raconte n’importe quoi. Les prophètes de l’IA, ces « bullionaires » (contraction de bullshitters et de millionnaires) eux aussi mentent avec assurance. Derrière leurs délires apparents, un transfert de pouvoir est en cours. Pas seulement une privatisation du futur, mais bien son accaparement par quelques individus qui font tout pour n’avoir de compte à rendre à personne. La fétichisation de l’individu rationnel, tout puissant, du génie solitaire, du milliardaire omnipotent, du grotesque individualiste ne nous conduit à aucune société qu’à son délitement. La métaphore computationnelle qui permet d’affirmer que la seule intelligence est désormais celle de la machine, vise à nous reléguer, à nous transformer en une marchandise dévaluée, puisque nos esprits valent désormais moins que le calcul, tout comme notre force de travail a été dévaluée par l’énergie fossile.
Du grand leurre de l’IA au risque technofasciste
Prévost rappelle que les machines nous trompent. Que l’automatisation est un leurre qui masque les ingénieurs et les travailleurs du clic qui font fonctionner les machines à distance. L’IA générative aussi. Nombre d’utilisateurs de ChatGPT l’abandonnent au bout d’une quarantaine de jours, comme un jouet qu’on finit par mettre de côté. Google SGE produit des fausses informations après plus d’un an de tests. Par essence, la prédiction statistique ne permet pas de produire de résultats fiables. Partout où ils se déploient, ces systèmes se ridiculisent, obligeant à les surveiller sans cesse. Notre avenir sous IA n’est pas soutenable. Il repose sur un pillage sans précédent. Les « cleptomanes de la Valley » ne cessent de nous dire que l’IA doit être illégale pour être rentable. L’IA est une bulle financière qui risque de finir comme le Metavers (que McKinsey évaluait à 5000 milliards de dollars d’ici 2030 !).
« Arrêtons pour de bon de donner du crédit aux entrepreneurs de la tech. Depuis le début de la décennie 2020, le technocapitalisme ne fonctionne plus que par vagues d’hallucinations successives, suivies de (très) brèves périodes de lucidité. La Silicon Valley semble bloquée dans un trip d’acide qui ne redescend pas, et dont l’IA n’est que la plus récente hallucination », rappelle, cinglant, Thibault Prévost, fort des punchlines saisissantes auxquelles il nous a habitués dans ses articles pour Arrêt sur Images.
L’IA n’est que la nouvelle ligne de front de la lutte des classes, où les systèmes d’analyse dégradent les conditions d’existence des plus mal notés, ce lumpenscoretariat. Sa grande force est d’avancer masqué, opaque, invisible à ceux qu’il précarise. Nous n’utilisons pas l’IA, mais nous y sommes déjà assujetties, explique très justement Prévost. Les systèmes de calculs se démultiplient partout. « Aucun d’entre eux n’est fiable, transparent ou interprétable. Nous vivons tous et toutes à la merci de l’erreur de calcul sans recours ».
« Les systèmes d’IA sont le reflet des oligopoles qui les commercialisent : privés, opaques, impénétrables, intouchables, toxiques et dangereux. » L’IA prolonge le continuum des discriminations et de l’injustice sociale et raciale. La faute aux données bien sûr, jamais « à leurs beaux algorithmes neutres et apolitiques ».
« Comme l’idéologie d’extrême droite, l’IA échoue à représenter le monde. Elle ne fonctionne que par archétypes et biais, par catégorisation a priori ». Elle rappelle aux humains la distance qui les sépare de la norme masculine, blanche et riche. L’IA n’est rien d’autre qu’une « prothèse pour le maintien de l’ordre social racial et l’avancée des projets capitalistes impérialistes », comme le dit Yarden Katz dans son livre Artificial Whiteness. Elle n’est rien d’autre que le nouvel auxiliaire du pouvoir. Elle exploite la violence structurelle comme une grammaire et un grand modèle d’affaires. « Si la Silicon Valley essaie de nous vendre l’apocalypse, c’est parce que son projet technique, économique et politique en est une ». Ce que veulent les milliardaires de la tech, c’est la fin du monde social pour imposer le leur.
Avec l’élection de Trump, c’est exactement là où nous sommes. La Silicon Valley a obtenu ce qu’elle voulait, dit Brian Merchant.
Dan McQuillan nous avait mis en garde du risque fasciste de l’IA. Les opportunités politiques sont devenues des prises de risques financières. La victoire de Trump vient d’assurer à Musk et quelques autres la rentabilité de tous leurs investissements. Son rachat de Twitter n’était rien d’autre que l’achat d’une arme qu’il a transformée en site suprémaciste, pour amplifier ses délires, permettant d’attiser la haine en ligne et la traduire en vote et en violence dans le monde physique. Comme l’explique Martine Orange pour Mediapart, l’enjeu, désormais, consiste à éradiquer la régulation et mettre l’ensemble de l’appareil d’État à la disposition de la Tech, c’est-à-dire assurer la mainmise de la Tech sur le pouvoir politique.
Face au technofascisme qui vient, le risque est que nous soyons démunis d’alternatives technologiques et donc idéologiques. Sans récit et réalisations progressistes de la tech, la seule option pour beaucoup ne consistera qu’en une chose : abandonner la technologie et arrêter les machines.
Hubert Guillaud
MAJ du 19/11/2024 : Allez lire également ce très bon entretien avec Thibault Prévost qui explique que l’IA n’est pas qu’un outil de puissance au service des technoprophètes, il est aussi un outil d’asservissement et de déresponsabilisation de la puissance publique.
17.03.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 17 mars 2025
Khrys
Texte intégral (10396 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- La fureur de l’Australie après le refus de Donald Trump de l’exempter de droits de douane (huffingtonpost.fr)
Le président américain avait envisagé une exemption de droits de douane sur l’acier et l’aluminium australiens, mais s’est finalement rétracté dans la nuit de mardi à mercredi.
- Former Philippine President Duterte arrested at Manila’s international airport Tuesday on order of the International Criminal Court in connection with a case of crime against humanity filed against him (apnews.com)
- Reconstruction post-Fukushima : le mirage de la résilience (reporterre.net)
Quatorze ans après, le gouvernement japonais veut tourner la page de Fukushima et promouvoir une région innovante. Une « résilience » sans les anciens habitants traumatisés et avec 14 millions de m3 de déchets irradiés à gérer.
- Saudi Arabia Buys Pokémon Go, and Probably All of Your Location Data (404media.co)
- Neom, la ville du futur qui vire au fiasco… sauf pour McKinsey (consultor.fr)
- Internet shutdowns at record high in Africa as access ‘weaponised’ (theguardian.com)
Digital blackouts reached a record high in 2024 in Africa as more governments sought to keep millions of citizens off the internet than in any other period over the last decade.
- Crise politique en Guinée-Bissau : la démocratie ou l’autoritarisme ? (theconversation.com)
- Sudanese war refugees recount Libya horrors (infomigrants.net)
- En Syrie, les Kurdes renoncent au fédéralisme et acceptent d’intégrer le nouvel État (liberation.fr)
Sous l’impulsion des États-Unis et d’autres pays occidentaux, un accord a été trouvé lundi 10 mars par les dirigeants kurdes du nord-est syrien et le président provisoire Ahmed Al-Charaa. Ses modalités restent à préciser mais il éloigne la menace d’affrontements communautaires.« Le texte est suffisamment flou pour que chaque partie puisse l’interpréter comme cela l’arrange »
- Turquie. La dissolution du PKK, une décision historique mais un processus imprécis (orientxxi.info)
Le chef et fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan, a appelé depuis sa prison au désarmement et à la dissolution du groupe. Une décision historique qui a eu des répercussions en Syrie et en Irak, mais dont on peine encore à mesurer toutes les conséquences pour les Kurdes en Turquie.
- Après deux guerres et 30 ans de conflit, l’Azerbaïdjan et l’Arménie s’entendent sur un accord de paix (humanite.fr)
L’Azerbaïdjan et l’Arménie ont annoncé, jeudi 13 mars, qu’un « accord de paix » est « prêt à être signé », mettant un terme à trois décennies de conflit entre les deux pays du Caucase. Le sort de la région du Haut-Karabakh, au cœur des tensions, est au centre des dernières négociations, avant qu’une date soit décidée pour la ratification de l’accord.
- Healthcare in Greece : the ongoing ruination of a public service (voxeurop.eu)
Downsizing, outsourcing, budget cuts : Greece’s public healthcare system is reeling from a combination of chronic underfunding and austerity policies. As the quality of care declines and working conditions deteriorate, young doctors are increasingly tempted to leave the country.
- Les plus grandes manifestations de l’histoire de la Grèce ouvrent une nouvelle séquence (contretemps.eu)
Le 28 février dernier, journée de grève générale à l’appel des parents des victimes de la catastrophe ferroviaire de Tempe et de l’ensemble des organisations syndicales et du mouvement social, se sont tenues en Grèce les rassemblements les plus importants de l’histoire du pays.
- En Serbie, plus de 100 000 personnes dans les rues de Belgrade contre la corruption (liberation.fr)
La capitale de la Serbie a été le théâtre ce samedi 15 mars de l’un des plus grands rassemblements des dernières décennies. Depuis des mois, les manifestations pacifiques s’enchaînent pour dénoncer la corruption.
- Les terrains de golf prennent plus de place que les énergies renouvelables (revolution-energetique.com)
Le centre de recherche allemand FZ Jülich vient de publier une étude montrant que dans les 10 pays où il y a le plus de terrains de golf au monde, la superficie de ces derniers dépasse celle des moyens de production d’énergie renouvelable issus de l’éolien et du photovoltaïque.
- Collision en mer du Nord : le capitaine du « Solong » inculpé d’homicide involontaire (liberation.fr)
Le choc a engendré de gigantesques incendies à bord des deux bateaux. Ils étaient en grande partie éteints jeudi soir même si de « petits foyers » étaient toujours signalés sur le pont du Solong […] « il ne semble pas y avoir de pollution » […] Un des réservoirs du Stena Immaculate contenant une partie des 220.000 barils de kérosène a été « brisé »
- In 2019, Iceland Approved the 4-Day Workweek : Nearly 6 Years Later, All Predictions by Generation Z Have Come True (wecb.fm)
In 2019, Iceland made headlines by becoming one of the first countries to officially approve a four-day workweek. But rather than passing a blanket law, the country allowed businesses and employees to negotiate shorter workweeks or reduced hours. Nearly six years later, it’s clear that the predictions made by Generation Z about the benefits of such a model were not only accurate, but they also highlighted its profound impact on both work and life.
- Groenland échaudé par Trump : l’opposition de centre droit remporte les législatives, poussée flagrante des nationalistes (liberation.fr)
Sur fond de déclarations de Trump, convaincu de pouvoir s’emparer « d’une manière ou d’une autre » du territoire autonome danois, le parti Démocrates, favorable à l’indépendance, remporte 29,9 % des suffrages selon les derniers résultats officiels de ce mercredi 12 mars.
- Près de la moitié des Canadiens sont favorables à l’adhésion à l’UE, selon un sondage (euractiv.fr)
- Canada has ‘nuclear weapon’ in trade war (byteseu.com)
Some Canucks are proposing the most drastic measure yet in the trade war with Uncle Sam – blocking US access to Canadian-owned Pornhub.
- À la Maison-Blanche, les pro-Trump squattent le premier rang des conférences de presse (telerama.fr)
Pour orienter le traitement médiatique à son égard, Trump réserve désormais les meilleures places de la salle de presse présidentielle à des “nouveaux médias” qui lui sont favorables. Compliquant encore la tâche des grands médias traditionnels.
- Aux États-Unis, une conseillère de Trump veut annuler des contrats avec trois agences de presse mondiales (nouvelobs.com)
Kari Lake a annoncé l’annulation de plusieurs contrats publics « onéreux », dont ceux avec l’Agence France-Presse, Associated Press et Reuters.
- L’Amérique sans voix ? Trump ferme les radios publiques à l’étranger, VOA et RFERL (fr.euronews.com)
L’administration de Donald Trump a coupé le financement de Voice of America, Radio Liberty et d’autres réseaux de diffusion étrangers. Des milliers d’employés sont en congé “administratif”. Les critiques dénoncent des mesures dont rêvaient les dictateurs depuis les temps de la guerre froide.
- ‘Startup Nation’ Groups Say They’re Meeting Trump Officials to Push for Deregulated ‘Freedom Cities’ (wired.com)
- L’administration Trump met fin à la lutte contre la pollution touchant les populations défavorisées aux Etats-Unis (lemonde.fr)
- L’administration Trump revient sur diverses mesures environnementales adoptées sous Joe Biden (lemonde.fr)
Une trentaine de mesures ont été annoncées, parmi lesquelles l’annulation d’une règle de 2024 exigeant des centrales à charbon qu’elles éliminent la quasi-totalité de leurs émissions de CO₂.
- Donald Trump interdit les échanges scientifiques avec l’Ifremer (reporterre.net)
- Climat : pourquoi la montée du niveau des mers est plus rapide que prévu, selon la NASA (humanite.fr)
Dans une analyse du jeudi 13 mars, l’agence spatiale américaine, la Nasa, annonce une augmentation du niveau des mers de 0,59 centimètres pour l’année 2024, loin des 0,43 prédits par les scientifiques. L’année 2024 a, de manière concomitante, enregistré les plus hautes températures depuis le début des statistiques en 1850. […] Avec une montée des eaux qui pourrait atteindre une augmentation de 50 centimètres en 2050, les populations côtières sont indéniablement les plus à risque. Rien qu’en France, 500 communes et territoires sont menacés, soit 20 % du littoral.
- Aux États-Unis, tornades et tempêtes font plus d’une trentaine de morts (huffingtonpost.fr)
- Honni par Donald Trump, le ministère de l’Éducation licencie la moitié de son personnel (huffingtonpost.fr)
Le président américain n’a jamais caché sa volonté de supprimer ce ministère, accusé de promouvoir des idées progressistes.
- Aux États-Unis, la professeure Sarah Inama est entrée en conflit ouvert avec sa direction pour deux posters inclusifs affichés dans sa salle de classe et qu’on lui demande de retirer. (huffingtonpost.fr)
Dessus, il est écrit : « Tout le monde est le bienvenu ici » (« Everyone is welcome here », en anglais), avec des dessins de mains représentant un message de diversité fondamental « pour garantir un environnement d’apprentissage positif aux élèves »
- Arlington Cemetery scrubs info on famous Black, Hispanic, and female veterans to comply with Trump orders (the-independent.com)
The purge follows Defense Secretary Pete Hegseth’s declaration that ‘DEI is dead’ as he implements Trump’s agenda at the Pentagon
- La fresque « Black Lives Matter » de Washington va disparaître sous la pression de l’administration Trump (huffingtonpost.fr)
Inaugurée après les manifestations du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis à l’été 2020, la fresque peinte au sol près de la Maison Blanche vit ses dernières heures.
- ‘App No Longer Available’ : The Disappearance of CBP One (truthdig.com)
On Inauguration Day, Trump shut down the CBP One app, the only mechanism available to seek asylum in the United States. The move left over 30,000 migrants stuck in Mexico with no way to cross into the US and no way to return to their home countries. That figure is likely an undershot, accounting only for migrants who already had scheduled appointments on the app. The true number may be in the hundreds of thousands.
- Immigration : l’administration Trump exhume une loi de 1798 pour expulser des « ennemis étrangers » au Salvador (liberation.fr)
Près de 300 Vénézuéliens, membres d’un gang et prisonniers jusqu’alors aux Etats-Unis, sont arrivés au Salvador ce dimanche 16 mars. Les bases légales de cette opération de la Maison Blanche semblent plus que bancales.
- Yes, You Have the Right to Film ICE (eff.org)
- British Comic Creator R.E. Burke Detained By ICE After Crossing Border (bleedingcool.com)
- Green card holder from New Hampshire ‘interrogated’ at Logan Airport, detained (nhpr.org)
- Brown Medicine doctor deported despite federal court order (eu.patriotledger.com)
- “No Peaceful Transition” for Trump as Thousands #DisruptJ20 in Washington, D.C. on Inauguration Day (unicornriot.ninja)
- Vance loudly booed for 30 seconds straight by Kennedy Center crowd – Raw Story (rawstory.com) – voir aussi JD Vance copieusement hué à un concert de musique classique au Kennedy Center de Washington (huffingtonpost.fr)
Le vice-président de Donald Trump a eu droit à un accueil glacial, alors qu’il assistait à un concert à Washington.
- À New York, des centaines de militant·es envahissent la Trump Tower pour dénoncer l’action de Donald Trump (huffingtonpost.fr)
Organisée par Jewish Voice for Peace, cette action dans le hall du building de Donald Trump a occasionné de nombreuses arrestations par la police new-yorkaise.
- Trump Tower envahie par des militant·es, terrain de golf vandalisé en Irlande… 5 mauvaises nouvelles dans la journée de Donald Trump (liberation.fr)
- Tesla prévient Washington que l’entreprise d’Elon Musk serait « exposée » à une hausse des droits de douane (liberation.fr)
- Aux États-Unis, des manifestations contre Tesla pour affaiblir Elon Musk (reporterre.net)
Des rassemblements sont organisés aux États-Unis devant des boutiques Tesla pour s’opposer au rôle d’Elon Musk dans la politique du pays. Les manifestants cherchent à faire mal au portefeuille de l’homme le plus riche du monde.
- Tesla shares plunge 15 %, suffering steepest drop in five years (cnbc.com)
- Dow falls 850 points in market rout after Trump says he won’t rule out a recession (edition.cnn.com) – voir aussi Guerre commerciale, récession, inflation… Wall Street chute lourdement, plombé par les géants de la tech (liberation.fr)
22 milliards de moins sur la période pour Sergey Brin, cofondateur de Google, 29 milliards évaporés pour Jeff Bezos le patron d’Amazon et du Washington Post, et, surtout, 148 milliards de moins pour Elon Musk.
- Donald Trump et Elon Musk font crasher la bourse et les cryptos (liberation.fr)
Les politiques du président américain et du chef du Département de l’efficacité gouvernementale ont fait perdre plus de 200 milliards de dollars aux milliardaires qui leur avaient fait allégeance.
- L’appel de Trump à supprimer « l’horrible » CHIPS Act sème la panique : les fabricants de puces craignent que Trump annule le financement prévu par cette loi et tente de récupérer les fonds déjà débloqués (developpez.com)
Spécial tech
- The Case for Encryption (openrightsgroup.org)
Spying on private messages has long been on the security services’ wish list. In swapping a counter-terrorism argument for one of stopping child sexual abuse material (CSAM), they’ve made headway in their mission.
- Android intègre Debian : cette fonctionnalité va transformer votre smartphone (frandroid.com)
- In praise of links (osteophage.neocities.org)
- Dans les algorithmes bancaires (danslesalgorithmes.net)
Algorithm Watch et l’AFP ont publié une enquête sous forme de podcast sur la débancarisation, le blocage et la fermeture automatisée de comptes bancaires. L’occasion de comprendre comment le calcul de risque bancaire dysfonctionne et conduit des centaines de milliers de personnes, chaque année, à perdre l’accès à leurs capacités bancaires.
Spécial IA
- No one knows what the hell an AI agent is (techcrunch.com)
- It’s all hallucinations (tante.cc)
- AI coding assistant refuses to write code, tells user to learn programming instead (arstechnica.com)
- Les IA court-circuitent les apprentissages (snes.edu)
Il semble qu’après un usage dans un premier temps précautionneux, les élèves assistés cessent de vérifier ce que leur propose l’IA en baissant la garde de leur esprit critique. Rapidement donc, leurs apprentissages seraient en quelque sorte délégués à la machine.
- AI search engines cite incorrect sources at an alarming 60 % rate, study says (arstechnica.com)
CJR study shows AI search services misinform users and ignore publisher exclusion requests.
- L’Espagne serre la vis sur l’IA : jusqu’à 35 millions d’euros d’amende pour les entreprises fautives (siecledigital.fr)
Une initiative qui place Madrid en première ligne sur le front de la régulation technologique.Un projet de loi inédit prévoit des sanctions sévères pour les entreprises ne signalant pas correctement les contenus générés par IA. Les contrevenants risquent jusqu’à 35 millions d’euros d’amende, ou 7 % de leur chiffre d’affaires mondial annuel.
- États-Unis : une IA pour traquer les propos des étudiants étrangers et révoquer leurs visas (next.ink)
Le Secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio, veut mettre en place un système appelé « Catch and Revoke » pour traquer les étudiants étrangers qui porteraient des propos étiquetés comme « pro-hamas » en vue de révoquer leurs visas. Des associations s’alarment contre l’érosion de la liberté d’expression et de la vie privée.
- OpenAI declares AI race “over” if training on copyrighted works isn’t fair use (arstechnica.com)
- Google joins OpenAI in pushing feds to codify AI training as fair use (arstechnica.com)
Google says it just wants “balanced” copyright rules.
- Google’s Gemini AI can now see your search history (arstechnica.com)
You’ll be able to use the improved Deep Research to get in-depth information on a topic, and Google’s newest reasoning model can peruse your search history to improve its understanding of you as a person. What could go wrong ?
- Amazon is ending the option to not send Echo voice recordings to the cloud (theverge.com)
The move appears to be connected to the launch of its generative AI-powered Alexa Plus, slated for later this month (March 28th, perhaps ?). The email states, “As we continue to expand Alexa’s capabilities with generative AI features that rely on the processing power of Amazon’s secure cloud, we have decided to no longer support this feature.”
Voir aussi Amazon annihilates Alexa privacy settings, turns on continuous, nonconsensual audio uploading (pluralistic.net)
- Des faux médecins générés par intelligence artificielle inondent TikTok de mauvais conseils de santé (huffingtonpost.fr)
Sur les réseaux sociaux, des prétendus gynécologues, médecins, chirurgiens et autres personnels de santé donnent leurs conseils naturels pour se soigner.
- Toujours plus de consommation d’hydrocarbures pour l’IA ? (theconversation.com)
L’élection américaine marque un tournant clair dans le discours. Le président nouvellement élu l’a affirmé très clairement dans son adresse inaugurale. « Nous possédons quelque chose qu’aucun autre pays manufacturier n’aura jamais – la plus grande quantité de pétrole et de gaz de tous les pays du monde – et nous allons l’utiliser. »
Spécial Palestine et Israël
- Mahmoud Khalil’s abduction is a fascist move—and universities must respond (972mag.com)
On Saturday, Mahmoud Khalil, a Palestinian lawful permanent resident of the United States who was active as a negotiator between Columbia University and students protesting Israel’s genocide in Palestine, was abducted by Immigration and Customs Enforcement (ICE) agents at his Columbia housing and in front of his pregnant wife. He was quickly shipped to an infamous detention facility in Louisiana.
- Cisjordanie, grande oubliée des médias (acrimed.org)
- Neuf morts à Gaza dans des frappes israéliennes : le Hamas dénonce une « violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu » (liberation.fr)
Des frappes israéliennes ont tué des journalistes et des membres d’une organisation caritative ce samedi 15 mars à Beit Lahia selon la défense civile de l’enclave palestinienne et le Hamas. Tsahal affirme avoir tué des « terroristes ».
- « Le degré de déshumanisation des Palestiniens est sidérant » (humanite.fr)
Après plus de 15 mois de bombardements sur la bande de Gaza, faisant près de 50 000 morts, Israël a de nouveau suspendu l’aide humanitaire, aggravant les pénuries d’eau et de nourriture. Une violation du droit international humanitaire que dénonce Mara Bernasconi, de retour d’une mission d’Handicap International sur place. Elle appelle une réaction ferme de la communauté internationale.
- Israel carrying out ‘fastest starvation campaign in Gaza in modern history’ (aa.com.tr)
UN special rapporteur on right to food describes current ceasefire as slowing down of military violence while speeding up violence through starvation
- Guerre à Gaza : Thales aurait vendu à Israël 2 millions d’euros de pièces pour la modernisation de ses drones (humanite.fr)
Une enquête du média Disclose révèle que le groupe d’armement français Thales aurait vendu à l’industrie de l’armement israélien pour 2 millions d’euros de systèmes d’aide au pilotage pour des drones armés. Les deux modèles sont utilisés contre la population palestinienne depuis près de quinze ans.
Spécial femmes dans le monde
- “Black Box Diaries” : le combat sans fin de Shiori Ito, pionnière du #Metoo au Japon (france24.com)
Dans “Black Box Diaries”, sorti en France mercredi, la journaliste enquête sur son propre viol, commis en 2015 par un proche de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe. Mise au ban de la société japonaise pour avoir révélé publiquement l’affaire, la réalisatrice n’a pas trouvé de distributeur dans son pays natal, signe du déni persistant entourant les violences sexuelles dans l’archipel.
- En Syrie, les femmes poursuivent leur révolution (politis.fr)
Dès le début des soulèvements en mars 2011, les Syriennes ont été en première ligne des manifestations, défiant elles aussi les forces de sécurité, malgré la répression aveugle. Des milliers d’entre elles ont été arrêtées et ont disparu dans les prisons d’Assad. Celles qui en sont sorties peinent à raconter l’horreur.
- Limiter les césariennes abusives en forte augmentation à l’échelle mondiale (theconversation.com)
Les césariennes concernaient environ une naissance sur cinq (21 %) en 2021 dans le monde. Si cette intervention peut sauver des vies lorsqu’elle est utilisée de manière appropriée, le recours à la césarienne se révèle néfaste lorsqu’elle est pratiquée de manière inutile, excessive ou routinière.
- New endometriosis pill approved on NHS in England (bbc.com)
- « Gender-washing » : comment les multinationales du secteur extractiviste détournent les revendications féministes (multinationales.org)
« C’est une pionnière. Elle défie les obstacles, les surmonte, inspire le changement, et ouvre la voie aux leaders de demain. » Ces louanges, on peut les lire sur le site de Women In Mining, une organisation dédiée à la promotion des femmes dans le secteur minier, qui récompense chaque année cent femmes censées incarner cet idéal éblouissant.
- La Nasa licencie la climatologue et scientifique en chef de l’agence (reporterre.net)
Katherine Calvin, climatologue et scientifique en chef à la Nasa, a été licenciée dans la journée du lundi 10 mars, avec une vingtaine d’autres salariés de la prestigieuse agence étasunienne. L’ensemble de son bureau ainsi que deux autres départements de la Nasa ont été démantelés dans le cadre des coupes budgétaires annoncées par Donald Trump.
- Police Barge into Walmart Restroom to Confront Butch Lesbian (metroweekly.com)
- Se raser les cils pour avoir l’air plus « viril » ? Une tendance masculine aussi absurde que dangereuse (huffingtonpost.fr)
Sur TikTok, on compte de plus en plus de vidéos d’hommes se faisant raser les cils à la tondeuse, pour un regard « moins féminin ». Mais ce n’est pas sans conséquence pour la santé de leurs yeux.
Spécial France
- Ukraine : « Avez-vous vraiment plus peur de taxer les riches que de laisser Poutine gagner ? », demande Mélanie Vogel (publicsenat.fr)
« On ne peut pas demander aux Français de payer des chars avec leurs services publics et leurs retraites », dénonce la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, qui demande une contribution des plus riches à l’effort de guerre.
- Dominique de Villepin accuse Macron et l’Europe de s’être « soumis » à Donald Trump à Washington (huffingtonpost.fr)
« Il ne faut pas aller tels des bourgeois de Calais à Washington », a estimé l’ancien Premier ministre sur France 2, alors que plusieurs dirigeants européens ont rendu visite, un par un, à Donald Trump.« La position de force pour les Européens et l’Ukraine seraient de ne pas arriver en ordre dispersé comme l’ont fait les dirigeants européens à Washington »
- Chlordécone : l’État condamné à indemniser quelques Guadeloupéen·nes et Martiniquais·es (reporterre.net)
Le 11 mars, la cour administrative d’appel de Paris a jugé que l’État avait « commis des fautes » dans la célèbre affaire du chlordécone. Elle le condamne en outre « à réparer le préjudice d’anxiété » pour les personnes ayant fourni des éléments personnels tels que des dosages sanguins, autrement dit, une dizaine de personnes seulement.
- Chiffrement : le gouvernement subit un revers cinglant sur les backdoors (numerama.com)
- “Gilets jaunes” : répondant à l’appel de l’Assemblée, le gouvernement s’engage à reprendre l’analyse des cahiers de doléances du Grand débat national (lcp.fr) – voir aussi Gilets jaunes : les députés votent à l’unanimité une proposition visant enfin à rendre public les cahiers de doléances (humanite.fr)
Dans ces 400 000 pages noircies par les deux millions de contributions, l’immigration et la sécurité, contrairement à ce que laisse penser le débat médiatique bollorisé, n’occupent pas une position centrale.
- Handicap : l’Assemblée supprime le principe du vote « par assis et levé » (liberation.fr)
À l’initiative de l’élu en fauteuil roulant Sébastien Peytavie, les députés ont décidé à l’unanimité de faire disparaître la disposition discriminatoire qui impliquait de se mettre debout lors de certains scrutins. Le Sénat fera de même le 8 avril.
- François Fillon a proposé de verser 700 000 euros à l’Assemblée dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse (lemonde.fr)
Cet accord entre les deux parties survient alors que la cour d’appel doit se prononcer de nouveau sur les peines infligées à l’ancien candidat de l’UMP à la présidentielle de 2017.
- Affaire Bétharram : François Bayrou devrait être auditionné d’ici deux mois par la commission d’enquête sur violences dans les établissements scolaires (humanite.fr)
- Affaire Bétharram : l’évêque de Bayonne interpellé sans ménagement en pleine conférence de presse (huffingtonpost.fr)
« Soutien aux victimes. Je suis Arnaud Gallais, je fais partie des 330 000 victimes de pédocriminalité dans l’Église et je dénonce ce simulacre : vous avez refusé Monsieur Aillet d’ouvrir vos archives » […] « Vous êtes la honte », a ensuite lâché celui qui est aussi membre de la Ciivise, citant l’inaction de « la justice » et du « ministre des Cultes Bruno Retailleau ».
- Après Bétharram, les témoignages des victimes de l’enseignement catholique se multiplient (humanite.fr)
- Ce couple de loups est unique en France mais il pourrait, malgré tout, être abattu (france3-regions.francetvinfo.fr)
Deux loups observés pour la première fois en juillet 2024, sur le plateau de Millevaches, risquent d’être abattus par des tirs de défense. Issus de deux lignées différentes, ils pourraient engendrer un croisement inédit en France, indispensable pour la conservation de l’espèce. Une pétition en ligne contre leur abattage rencontre un franc succès.
- Sur l’île d’Oléron, une station d’épuration menace de se déverser dans la mer (huffingtonpost.fr)
Le trait de côte de cette île touristique de la Charente-Maritime ne cesse de reculer, notamment en raison de la montée des eaux provoquée par le changement climatique.[…] Pour éviter que les eaux usées ne se déversent à terme dans la mer, contaminent la plage et dérèglent tout le fonctionnement de l’île, une digue va être construite en urgence par la collectivité.
- Nucléaire : l’arrêt de l’EPR de Flamanville à nouveau prolongé (reporterre.net)
- Nucléaire : le béton des premiers EPR2 est défectueux (reporterre.net)
- 4,1 décès pour 1.000 naissances : comment expliquer la mortalité infantile en France ? (slate.fr)
Elles sont en voie de disparition : 75 % des maternités qui jalonnaient le pays ont fermé au cours des cinquante dernières années. En 2024, le ministère de la Santé ne recensait plus que 457 maternités en France, contre 1.369 en 1975.
Spécial femmes en France
- Paysannes, les oubliées de l’histoire (blogs.mediapart.fr)
- Les mères isolées, une cause politique (contretemps.eu)
- Violences sexistes et sexuelles dans les transports : le nombre de victimes enregistrées a presque doublé en dix ans (liberation.fr)
Selon une étude de l’Observatoire national des violences faites aux femmes publiée ce lundi 10 mars, les vicitmes sont en très grande majorité des femmes et les mis en cause sont à 99 % des hommes.
- Dominique Besnehard s’emporte contre la députée Sandrine Rousseau en commission d’enquête (huffingtonpost.fr)
Interrogé à l’Assemblée sur les violences commises dans le cinéma français, le célèbre producteur a été mis face à ses responsabilités, en tant que voix importante du 7e art.Il faut dire que le nom de Dominique Besnehard figurait dans la fameuse tribune publiée dans Le Figaro pour défendre Gérard Depardieu, accusé par plusieurs femmes de harcèlement ou de violences sexuelles.
Voir aussi #MeToo dans le cinéma : Dominique Besnehard blâme les victimes de Weinstein ou Depardieu (liberation.fr)
Auditionné à l’Assemblée nationale jeudi 13 mars, l’ancien agent de stars et producteur a revendiqué appartenir « à l’ancien monde » et a mis en cause le comportement de certaines actrices qui dénoncent des viols.
- Avortements forcés et contraception expérimentale, les violences médicales sur les femmes à La Réunion (la1ere.francetvinfo.fr)
Spécial médias et pouvoir
- « Pensions ou munitions ? » : la fabrique du consentement à « l’effort de guerre » (acrimed.org)
Depuis l’allocution d’Emmanuel Macron à propos de la guerre en Ukraine, le 5 mars, les grands médias sont en ordre de marche. Réhabilitation du président en « chef de guerre », patriotisme exacerbé, concert militariste et glorification des industriels de guerre…
- Bétharram, force d’âme (blog.mondediplo.net)
Dans n’importe quel pays à minimum de prétention démocratique, l’extravagante grossièreté du mensonge et du déni de Bayrou aurait conduit à sa démission au soir de la première séance des questions au gouvernement. Pourquoi Bayrou est-il encore là ? Parce que la clique des éditorialistes, ambianceurs officiels du pays, en a décidé ainsi. Unanimes.
- Les Presses Universitaires de France suspendent la parution d’un ouvrage raciste, transphobe et réactionnaire financé par Stérin (francetvinfo.fr)
- Du JDD au JDNews : et au milieu de l’extrême droite trône le gouvernement (acrimed.org)
- Le bollorisme, un journalisme de guerre culturelle (acrimed.org)
- Sur CNews, Pascal Praud cible « Le Monde » après l’article sur le virage pro-russe de la sphère Bolloré (huffingtonpost.fr)
Le facepalm de la semaine
- Affiche d’Hanouna : le visuel de LFI, jugé antisémite, a été créé par l’IA d’Elon Musk, se défend Paul Vannier (liberation.fr)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Adaptation à +4 °C : le plan de la France blâmé par le Haut Conseil pour le climat (reporterre.net)
- Des « milliards de soleils dans le système solaire » : les approximations astronomiques de François Bayrou en plein discours (lefigaro.fr)
- Panneaux solaires : l’État sabre les aides aux petites et moyennes installations (reporterre.net)
Dans un arrêté bientôt signé, le gouvernement veut réduire brutalement les aides aux petites et moyennes installations photovoltaïques. De quoi mettre en péril la filière, au moment où elle trouvait enfin une dynamique.
- Sur les retraites, Bayrou écarte un retour à 62 ans et pointe le contexte international (huffingtonpost.fr)
- Après Bétharram, Borne veut renforcer le contrôle des établissements privés et mise sur une application (huffingtonpost.fr)
- « Rien n’a été fait pour nous » : cinq ans après le confinement, l’amertume des caissières (basta.media)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Comptes de campagne : Marion Maréchal sauvée in extremis par un prêt de 800 000 euros (liberation.fr)
La nièce de Marine Le Pen risquait de se faire retoquer ses comptes de campagne des européennes. Mais un prêt contracté auprès d’un mystérieux bienfaiteur, et reçu trois jours avant la date limite, lui a permis de présenter des comptes à l’équilibre.
- Sous le masque hypocrite de la dédiabolisation, Le RN propage l’antisémitisme ! (juivesetjuifsrevolutionnaires.fr)
- Bruno Retailleau transmet la liste des « dangereux ressortissants » algériens expulsables (humanite.fr)
Les dangereux immigrés, couteaux entre les dents, face auxquels les autorités algériennes voudraient laisser la population française, ne seraient-ils finalement pas aussi nombreux ? Peut-être même n’existent-ils que dans le récit fictionnel nourri par Bruno Retailleau dans le but de plaire à ses amis d’extrême-droite.
- Ressortissants algériens en situation irrégulière : Retailleau menace de démissionner si la France cède sur le dossier (liberation.fr)
- Saint-Denis : des militants d’extrême droite s’en prennent à des photos de femmes voilées dans une expo à la basilique (liberation.fr)
- « On ne peut plus rien dire » : comment la liberté d’expression est détournée pour tenir des discours de haine (nouvelobs.com)
- Islamophobie : ce mal qui ronge la France (regards.fr)
- Des sites montés par des escrocs arnaquent des dizaines de sans-papiers (streetpress.com)
En France, les démarches pour obtenir ou renouveler ses papiers pour des étrangers sont de plus en plus difficiles. Des sites exploitent leur détresse administrative face à la dématérialisation des demandes et les arnaquent de centaines d’euros.
- Un policier filmé en train de frapper un homme en fauteuil roulant, une députée alerte l’IGPN (huffingtonpost.fr)
À Clermont-Ferrand, plusieurs policiers ont été filmés autour d’un homme en fauteuil roulant lors d’une descente. L’un d’eux lui a asséné un coup de poing.
- Peut-on sortir du populisme pénal ? (humanite.fr)
Alors que les prisons françaises battent des records historiques de population carcérale, le pouvoir poursuit dans la surenchère de lois répressives. Un mouvement que rejoignent d’autres pays dirigés par l’extrême droite.
- Les prisons de haute sécurité voulues par Darmanin sont-elles compatibles avec le droit ? (liberation.fr)
Une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme pourrait entraver l’application du texte, mais les recours se jouent à très long terme.
Spécial résistances
- Loi « Narcotraficotage » : la mobilisation paye alors ne lâchons rien (laquadrature.net)
- Blanche Gardin vent debout contre les accusations d’antisémitisme de Delphine Horvilleur (humanite.fr)
L’actrice s’est émue, dans une lettre adressée à Delphine Horvilleur, que la rabbin ait relayé une vidéo la comparant à l’antisémite Dieudonné, participant ainsi à la cabale contre ses prises de position en faveur du peuple palestinien.
- Grâce à la grève, le personnel de ménage de Sciences-Po obtient un 13ème mois (rapportsdeforce.fr)
- Nuisances sanitaires et environnementales : l’aéroport Paris-Beauvais poursuivi en justice (reporterre.net)
Trois associations, dont Notre affaire à tous, ont engagé un recours auprès du tribunal administratif d’Amiens, le 11 mars. Objectif : empêcher l’expansion du trafic aérien de cet aéroport.
- Après l’annulation de l’A69, les expropriés demandent des comptes (reporterre.net)
- Algues vertes : l’État condamné pour son inaction, la justice lui laisse dix mois pour agir (humanite.fr)
Les mesures prises par l’État pour lutter contre les pollutions aux nitrates ont été reconnues insuffisantes par le tribunal administratif de Rennes ce jeudi 13 mars. L’association de défense de l’environnement Eau et Rivières de Bretagne avait déposé deux recours en 2022, dénonçant l’inaction de l’État.
Spécial GAFAM et cie
- Google refuses to deny it received encryption order from UK government (therecord.media)
Google has refused to deny receiving a secret legal order from the British government, according to a bipartisan group of members of Congress who are concerned Westminster may have demanded that several U.S. technology companies provide its security services with a mechanism to access encrypted messages.
- Department of Justice : Google must sell Chrome, Android could be next (arstechnica.com)
- Amazon is still hosting spyware victims’ data weeks after breach alert (techcrunch.com)
Amazon will not say if it plans to take action against three phone surveillance apps that are storing troves of individuals’ private phone data on Amazon’s cloud servers, despite TechCrunch notifying the tech giant weeks earlier that it was hosting the stolen phone data.
- “Un pillage monumental” : auteurs et éditeurs français assignent Meta en justice pour défendre leurs droits face à l’IA (telerama.fr)
Trois organisations professionnelles d’auteurs et d’éditeurs attaquent le géant de la Silicon Valley pour “contrefaçon”, l’accusant d’avoir entraîné son intelligence artificielle sur des œuvres protégées par le droit d’auteur.
- Whistleblower’s exposé of the cult of Zuckerberg reveals peril of power-crazy tech bros (theguardian.com)
There’s nothing more satisfying than watching a corporate giant make a stupid mistake. The behemoth in question is Meta, and when Careless People, a whistleblowing book by a former senior employee, Sarah Wynn-Williams, came out last week, its panic-stricken lawyers immediately tried to have it suppressed by the Emergency International Arbitral Tribunal. […] What strikes the reader is that Meta and its counterparts are merely the digital equivalents of the oil, mining and tobacco conglomerates of the analogue era. And they’re all US companies that have cosied up to Trump, which means that their interests are now inextricably intertwined with those of the American state.
- Nos données de santé toujours chez Microsoft : le gouvernement sommé de trouver « rapidement » un autre hébergeur (01net.com)
La CNIL demande au gouvernement de trouver « activement » et « rapidement » un hébergeur « souverain », autre que Microsoft, pour la plateforme de données de santé des Français et des Européens. Depuis un rapport gouvernemental de janvier 2024 qui préconise de changer de clouder au profit d’une société européenne, aucun appel d’offres n’a été publié.
- Elon Musk parle d’une « cyberattaque massive » pour expliquer la panne de son réseau social X (huffingtonpost.fr)
- What Really Happened With the DDoS Attacks That Took Down X (wired.com)
some X origin servers, which respond to web requests, weren’t properly secured behind the company’s Cloudflare DDoS protection and were publicly visible. As a result, attackers could target them directly. X has since secured the servers.
Voir aussi Cyberattaque massive contre X : la véritable raison est plutôt embarrassante pour Elon Musk (futura-sciences.com)
Les autres lectures de la semaine
- Le témoignage de Maja, antifasciste détenu·e par la Hongrie de Viktor Orbán (blogs.mediapart.fr)
- « Pour les extrêmes droites mondiales soutenues par Musk, Trump, Milei ou Bolsonaro, le nazisme reste une référence indépassable » (theconversation.com)
- « Nous découvrons le visage de l’Amérique que le reste du monde connaît depuis longtemps » (legrandcontinent.eu)
Les États-Unis ont été en guerre quasiment sans interruption depuis leur création, et pourtant, les Américains n’ont pas le sentiment d’être une nation guerrière ni d’être à ce point impliqués dans les conflits armés.
- Can Trump Arbitrarily Take Money From Anyone’s Bank Account ? (rollingstone.com)
the Trump administration is testing the waters in order to gain far greater control of the United States entire payments infrastructure — control great enough to bend Donald Trump and Elon Musk’s enemies to their will at a speed far faster than courts could ever conceivably contain.
- A Trump-Putin pact is emerging – and Europe is its target (theguardian.com)
US betrayal of Ukraine is the rehearsal for a grander bargain with Moscow and an assault on continental solidarity […] This ideological affinity is cherished also by Russian nationalist commentators. They welcome the Trump regime as a powerful ally in global resistance to the effeminate moral degeneracy emanating from the continent they call “Gayrope”.
- Trump II : interdire de dire pour mieux empêcher de penser (theconversation.com)
Le New York Times a compilé plus de 200 mots que la nouvelle administration Trump aimerait bannir des documents et sites web officiels, dont « femme », « racisme » ou encore « pollution ». Des mots liés au genre, aux minorités sexuelles ou ethniques, ainsi qu’au changement climatique.[…] les attaques sur la langue font partie de l’arsenal habituel des totalitarismes.
- Les États-Unis vont-ils s’effondrer comme ce fut le cas pour l’Union soviétique ? (theconversation.com)
- À bout de bras, tenir la paix (humanite.fr)
Pourquoi tant insister sur le partage du parapluie nucléaire avec les autres pays européens, toujours parsemés des ogives états-uniennes, si ce n’est par provocation ? Quand bien même ce débat se poserait, il appartient au peuple d’en décider, et non le monarque qui se rêve désormais en nouvel empereur de l’Europe prêt à nous faire vitrifier.
- « Face à Trump, on devrait mettre l’économique au service du politique » (humanite.fr)
en particulier dans le numérique, il manque cette logique de souveraineté ou de protectionnisme. Par exemple, on pourrait dire qu’on abandonne Microsoft et les autres GAFAM dans les administrations publiques pour n’utiliser que du logiciel libre. La subvention est un outil, mais il y en a d’autres : l’interdiction, la réglementation…
- Carola Rackete : « La transition écologique de l’UE prolonge le colonialisme » (reporterre.net)
L’espoir naît dès que des personnes se mobilisent. Quand une lutte commence, aussi difficile soit-elle, il y a toujours une possibilité de succès. […] Même sans être au pouvoir, l’extrême droite a réussi à imposer ses idées sur la migration en martelant son discours. La gauche pourrait faire de même sur l’écologie et la justice sociale, en construisant un contre-récit puissant et en imposant ses thèmes à l’agenda politique.
- Les basses œuvres de la France au Congo (blogs.mediapart.fr)
Décimée par la variole, la population du Congo français subit les exactions d’une administration violente dénoncée par Brazza. Un rapport tenu secret, exhumé par une historienne qui dévoile un scandale d’Etat. Ce rapport qui datait de 1905 avait été découvert par l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch dans les années 1960.
- « Le premier parti de la classe ouvrière, aujourd’hui, c’est l’abstention » (basta.media)
- We need to stop lying about what makes lost boys such easy marks for cons (irishexaminer.com)
- « C’est un malade ! » Voici ce que l’on perd à pathologiser la politique (theconversation.com)
- Les violences sexuelles en institution : un enjeu antivalidiste et féministe (blogs.mediapart.fr)
La médiatisation des violences de Bétharram a permis de comprendre comment l’institution permet et perpétue les violences. Ces violences ont lieu dans d’autres institutions, dont on parle peu : là où sont placées les personnes handicapées. La lutte contre ces violences sexuelles nécessite une analyse au croisement du féminisme et de l’antivalidisme.
- « La diplomatie féministe doit être décoloniale et antifasciste » (revueladeferlante.fr)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Moche
- La plus grande démocratie au monde, qu’ils disaient… (blogs.mediapart.fr)
- 1789
- Science
- Dominos
- Fast
- Tristesse
- Jabba
- Jeu favori
- Mastodon
- Pattern
- Plaintes
- Feminism
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Loi « Narcotrafic » – Sacha Houlié explique le fonctionnement des boites noires (Commission des lois, 5 mars 2025) (video.lqdn.fr)
- Identitaires : comment les médias dominants font le jeu d’une mouvance néofasciste (contretemps.eu)
- Rexhino Abazaj : l’histoire d’un procès injustifié (radioparleur.net)
Rexhino Abazaj, surnommé Gino est un militant antifasciste albanais. Il est accusé par la Hongrie de violences sur des militant·es néonazi·es. Arrêté à Montreuil le 12 novembre 2024 par une équipe de la sous-direction antiterroriste, il est aujourd’hui menacé d’extradition.
- César 2025 : un révélateur du sexisme et de l’âgisme dans le cinéma français (video.blast-info.fr)
- AI Hype Enters Its Geopolitics Era (techwontsave.us)
Les trucs chouettes de la semaine
- A trans refugee’s court case against Hungary just improved Trans+ rights across all of Europe (wearequeeraf.com)
By establishing that data protection extends to gender identity and explicitly forbidding surgical requirements, the Court has created a powerful legal framework that transcends national barriers. This ruling provides both protection and recognition. It tells every trans person in the EU : your lived identity matters and no government can erase it through bureaucratic obstacles.
- Alternatives aux réseaux anti-sociaux (aoc.media)
- Une extension pour traquer toutes les requêtes externes des sites (next.ink)
- Battery breakthrough as 99.99 % of lithium extracted from old cells (independent.co.uk)
New recycling method offers environmentally friendly way to deal with increasing e-waste from old smartphones and electric cars […] “This green and efficient strategy in neutral solution environment opens a new pathway to realise the large-scale pollution-free recycling of spent batteries”
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
16.03.2025 à 09:00
L’IA générative, nouvelle couche d’exploitation du travail
Framasoft
Texte intégral (2021 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 10 décembre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
L’IA générative ne va ni nous augmenter ni nous remplacer, mais vise d’abord à mieux nous exploiter, expliquent Aiha Nguyen et Alexandra Mateescu de Data & Society. En s’intégrant aux applications de travail, elle promet de réduire les coûts même si elle n’est pas pertinente, elle vient contraindre l’activité de travail, et renforce l’opacité et l’asymétrie de pouvoir.
« Comme pour d’autres vagues d’automatisation, le potentiel supposé de l’IA générative à transformer notre façon de travailler a suscité un immense engouement ». Mais pour comprendre comment cette nouvelle vague va affecter le travail, il faut dépasser la dichotomie entre l’IA qui nous augmente et l’IA qui nous remplace, estiment les chercheuses de Data & Society Aiha Nguyen et Alexandra Mateescu dans un nouveau rapport sur l’IA générative et le travail. La rhétorique de l’IA générative répète qu’elle va améliorer l’efficacité du travail et automatiser les tâches fastidieuses, dans tous les secteurs, du service client aux diagnostics médicaux. En réalité, son impact sur le travail est plus ambivalent et beaucoup moins magique. Ce qu’elle affecte est bien l’organisation du travail. Et cette dichotomie ne propose aux travailleurs aucun choix autre que le renforcement de leur propre exploitation.
Le battage médiatique autour de l’IA générative permet de masquer que l’essentiel de ses applications ne seront pas récréatives, mais auront d’abord un impact sur le travail. Il permet également d’exagérer sa capacité à reproduire les connaissances et expertises des travailleurs, tout en minimisant ses limites, notamment le fait que l’intelligence artificielle soit d’abord un outil d’exploitation des zones grises du droit. Mais surtout, l’IA nous fait considérer que le travail humain se réduit à des données, alors même que l’IA est très dépendante du travail humain. Or, pour le développement de ces systèmes, ce n’est plus seulement la propriété intellectuelle qui est exploitée sans consentement, mais également les données que produisent les travailleurs dans le cadre de leur travail. Dans les centres d’appels par exemple, les données conversationnelles des opérateurs sont utilisées pour créer des IA conversationnelles, sans que les travailleurs ne soient rémunérés en plus de leur travail pour cette nouvelle exploitation. Même problème pour les auteurs dont les éditeurs choisissent de céder l’exploitation de contenus à des systèmes d’IA générative. Pour l’instant, pour contester « la marchandisation non rémunérée de leur travail », les travailleurs ont peu de recours, alors que cette nouvelle couche d’exploitation pourrait avoir des conséquences à long terme puisqu’elle vise également à substituer leur travail par des outils, à l’image de la prolifération de mannequins virtuels dans le monde de la mode. Il y a eu dans certains secteurs quelques avancées, par exemple l’association américaine des voix d’acteurs a plaidé pour imposer le consentement des acteurs pour l’utilisation de leur image ou de leur voix pour l’IA, avec des limites de durée d’exploitation et des revenus afférents. Reste, rappellent les chercheuses que « les asymétries majeures de pouvoir et d’information entre les industries et les travailleurs restent symptomatiques » et nécessitent de nouveaux types de droits et de protection du travail.
Dans les lieux de travail, l’IA apparaît souvent de manière anodine, en étant peu à peu intégrée à des applications de travail existantes. Dans la pratique, l’automatisation remplace rarement les travailleurs, elle automatise très partiellement certaines tâches spécifiques et surtout reconfigure la façon dont les humains travaillent aux côtés des machines. Les résultats de l’IA générative nécessitent souvent beaucoup de re-travail pour être exploitées. Des rédacteurs sont désormais embauchés pour réhumaniser les textes synthétiques, mais en étant moins payé que s’ils l’avaient écrit par eux-mêmes sous prétexte qu’ils apportent moins de valeur. Les chatbots ressemblent de plus en plus aux véhicules autonomes, avec leurs centres de commandes à distance où des humains peuvent reprendre les commandes si nécessaire, et invisibilisent les effectifs pléthoriques qui leur apprennent à parler et corrigent leurs discours. La dévalorisation des humains derrière l’IA occultent bien souvent l’étendue des collaborations nécessaires à leur bon fonctionnement.
Trop souvent, l’utilisation de l’IA générative génère des simplifications problématiques. En 2023, par exemple, la National Eating Disorders Association a licencié son personnel responsable de l’assistance en ligne pour le remplacer par un chatbot qu’elle a rapidement suspendu après que celui-ci ait dit aux personnes demandant de l’aide… de perdre du poids. De même, l’utilisation croissante d’outils de traduction automatiques plutôt que d’interprètes humains dans le système d’immigration américain pour accomplir des demandes d’asiles a conduit à des refus du fait d’erreurs de traduction manifestes, comme des noms transformés en mois de l’année, des délais incorrects. Si la traduction automatique permet de réduire les coûts, elle est trop souvent utilisée dans des situations complexes et à enjeux élevés, où elle n’est pas pertinente. Enfin, rappellent les chercheuses, l’IA générative vient souvent remplacer certains profils plus que d’autres, notamment les postes juniors ou débutants, au détriment de l’a formation l’apprentissage de compétences essentielles… (sans compter que ces postes sont aussi ceux où l’on trouve le plus de femmes ou de personnes issues de la diversité.
Le recours à l’IA générative renforce également la surveillance et la datafication du lieu de travail, aggravant des décisions automatisées qui sont déjà très peu transparentes aux travailleurs. Automatisation de l’attribution des tâches, de l’évaluation des employés, de la prise de mesures disciplinaires… Non seulement le travail est de plus en plus exploité pour produire des automatisations, mais ces automatisations viennent contraindre l’activité de travail. Par exemple, dans le domaine des centres d’appels, l’IA générative surveille les conseillers pour produire des chatbots qui pourraient les remplacer, mais les réponses des employés sont également utilisées pour générer des scripts qui gèrent et régulent leurs interactions avec les clients, restreignant toujours plus leur autonomie dans des boucles de rétroaction sans fin.
En fait, présenter les chatbots et les déploiements d’IA générative comme des assistants plutôt que comme des contrôleurs occulte le renforcement de l’asymétrie de pouvoir à l’œuvre, estiment très justement Aiha Nguyen et Alexandra Mateescu. Ce discours permet de distancier l’opacité et le renforcement du contrôle que le déploiement de l’IA opère. En fait, soulignent-elles, « l’évaluation critique de l’intégration de l’IA générative dans les lieux de travail devrait commencer par se demander ce qu’un outil particulier permet aux employeurs de faire et quelles incitations motivent son adoption au-delà des promesses d’augmentation de la productivité ». Dans nombre de secteurs, l’adoption de l’IA générative est bien souvent motivée dans une perspective de réduction des coûts ou des délais de productions. Elle se déploie activement dans les outils de planification de personnels dans le commerce de détail, la logistique ou la santé qui optimisent des pratiques de sous-effectifs ou d’externalisation permettant de maximiser les profits tout en dégradant les conditions de travail. Le remplacement par les machines diffuse et renforce partout l’idée que les employés sont devenus un élément jetable comme les autres.
Pour les chercheuses, nous devons trouver des modalités concrètes pour contrer l’impact néfaste de l’IA, qui comprend de nouvelles formes de contrôle, la dévaluation du travail, la déqualification, l’intensification du travail et une concurrence accrue entre travailleurs – sans oublier les questions liées à la rémunération, aux conditions de travail et à la sécurité de l’emploi. « Considérer l’IA générative uniquement sous l’angle de la créativité occulte la réalité des types de tâches et de connaissances qui sont automatisées ».
L’IA générative est souvent introduite pour accélérer la production et réduire les coûts. Et elle le fait en extrayant la valeur des travailleurs en collectant les données de leur travail et en les transférant à des machines et à des travailleurs moins coûteux qui vont surveiller les machines. À mesure que les travailleurs sont réduits à leurs données, nous devons réfléchir à comment étendre les droits et les protections aux données produites par le travail.
MAJ du 29/01/2025 : une adaptation de cet article est disponible en 5 langues sur Vox Europe.
12.03.2025 à 14:05
FramIActu n°2 — La revue mensuelle sur l’actualité de l’IA !
Framasoft
Texte intégral (4588 mots)

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0
Notons au passage que le terme « tricher » est trompeur : un·e tricheur·euse est un·e humain·e qui a conscience de transgresser les règles. Or ici, la machine calcule simplement la suite d’actions qui a statistiquement le plus de chances de remplir la tâche demandée au début.

Stokastik, la mascotte de FramamIA, faisant référence au perroquet stochastique. Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0
10.03.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 10 mars 2025
Khrys
Texte intégral (9345 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Australian whose blood saved 2.4 million babies dies (bbc.com)
Known in Australia as the man with the golden arm, Harrison’s blood contained a rare antibody, Anti-D, which is used to make medication given to pregnant mothers whose blood is at risk of attacking their unborn babies.
- Ensemencer les nuages : le ‘’pari stupide et dangereux’’ de l’Indonésie pour tenter d’endiguer les inondations à Jakarta (humanite.fr)
Tandis que la capitale de l’archipel est submergée par des pluies torrentielles depuis lundi, les autorités indonésiennes s’en remettent au techno-solutionisme pour réduire l’intensité des précipitations.
- Vague d’exécutions en Iran : « Une brutalité sans précédent » du régime (basta.media)
Selon un communiqué du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), le nombre d’exécutions enregistrées en 2024 a atteint 1000 prisonnier·es, dont 34 femmes et sept mineurs « délinquants ». Il s’agit d’un record absolu en 30 ans. Cependant, en raison des nombreuses exécutions secrètes, le chiffre réel est probablement bien plus élevé.
- Syrie : plus de 500 civilEs tuéEs depuis jeudi par les forces de sécurité et des alliés, selon une ONG (liberation.fr)
- Norway more than doubles aid to Ukraine (euroweeklynews.com)
Possibly stung by criticism from other European States as well as the USA, the Norwegian Parliament voted unanimously on March 6 to increase aid to Ukraine.
- Au Conseil, les 27 ouvrent le débat sur les financements de la défense (legrandcontinent.eu)
Réunis en Conseil européen extraordinaire le 6 mars, les 27 États membres ont convenu de la nécessité d’augmenter significativement leurs dépenses de défense, notamment par l’émission d’une nouvelle dette commune et un assouplissement des règles budgétaires.
- Ursula von der Leyen annonce « l’ère du réarmement européen » avec des mesures visant à mobiliser 800 milliards d’euros (legrandcontinent.eu)
La présidente de la Commission européenne a annoncé une série de mesures visant à augmenter les dépenses de défense à l’échelle de l’Union, alors que les dirigeants des 27 se réuniront jeudi pour un Conseil européen spécial au cours duquel l’assistance à l’Ukraine et la sécurité européenne seront parmi les principaux sujets.
- Ukraine : les entreprises de défense européennes s’envolent en Bourse en prévision de l’effort de réarmement (liberation.fr)
À l’ouverture des échanges sur le continent ce lundi 3 mars au matin, les actions de Dassault Aviation et Thalès flambaient de près de 15 %. Idem pour le Britannique BAE Systems, l’Allemand Thyssenkrupp ou encore le Suédois Saab.
Pour info, cette pancarte reprend une œuvre d’Orlan en réponse à l’Origine du Monde de Courbet.
- Musk : If I Turn Off Starlink, Ukraine’s Frontline Would Collapse (kyivpost.com)
- Easter Purge ? Orbán Sets Deadline to Crush Independent Media and Civil Society (vsquare.org)
Viktor Orbán’s Sovereignty Protection Office has already been harassing investigative journalists and civil society, but now the Hungarian prime minister has vowed to eliminate the “Soros network” and the “empire” by Easter.
- The EU is paying a fortune for broken commercial software (netzpolitik.org)
In the 1980s, a group of internet enthusiasts in the Netherlands founded the NLnet Foundation. Their mission : to improve the internet. To achieve this, the nonprofit organization supports open-source projects. Its long list of hundreds of funded initiatives includes the protocol that underlies the Fediverse, Mastodon which is seen by many as a Twitter alternative, and the YouTube alternative PeerTube. One key source of funding for the foundation is the EU. But now, there’s a risk that this funding could be cut off.
- CCC demands digital infrastructures that are resilient against fascism’s cravings (ccc.de)
We need a digital firewall against fascism. We are addressing twelve demands to the CDU/CSU and SPD, which they must implement swiftly to stop the foreseeable consequences of the shift to the right and the endeavors of Trump and Co. The surveillance era must end.
- How the British Broke Their Own Economy (theatlantic.com)
- Tesla Cybertruck Banned And Seized By Police In The U.K. (forbes.com)
Whilst this may seem trivial to some, legitimate concerns exist around the safety of other road users or pedestrians if they were involved in a collision with the Cybertruck.
- Trump tariffs, Canadian counter tariffs now in effect as deadline passes (cbc.ca)
‘No room left for Mexico or Canada’ to make a deal, U.S. president says
- Social Security has never missed a payment. DOGE actions threaten ‘interruption of benefits,’ ex-agency head says (cnbc.com)
- Musk’s Reckless Ebola Cuts Could Lead to Deadly Pandemics (motherjones.com)
We’re actively weakening the entire global infrastructure we built to keep us safe from these threats.
- Elon Musk’s DOGE tried to fire air traffic controllers despite the series of recent plane crashes (newsweek.com)
- Trump Reverses His Directive To Fire Thousands Of Federal Employees (huffpost.com)
- These Words Are Disappearing in the New Trump Administration (nytimes.com) – voir aussi The List of Trump’s Forbidden Words That Will Get Your Paper Flagged at NSF (gizmodo.com)
It’s fascism, plain and simple.
- War heroes and military firsts are among 26,000 images flagged for removal in Pentagon’s DEI purge (apnews.com)
References to a World War II Medal of Honor recipient, the Enola Gay aircraft that dropped an atomic bomb on Japan and the first women to pass Marine infantry training are among the tens of thousands of photos and online posts marked for deletion as the Defense Department works to purge diversity, equity and inclusion content, according to a database obtained by The Associated Press. The database, which was confirmed by U.S. officials and published by AP, includes more than 26,000 images that have been flagged for removal across every military branch. But the eventual total could be much higher.
Voir aussi Military to Remove ‘Enola Gay’ Photos for Violating DEI Rules (newsweek.com)
- Music labels will regret coming for the Internet Archive, sound historian says (arstechnica.com)
If the labels’ proposed second amended complaint is accepted by the court, damages sought in the case—which some already feared could financially ruin IA and shut it down for good—could increase to almost $700 million.
- Trump Signs Order To Establish Strategic Bitcoin Reserve (yro.slashdot.org)
- Is Trump preparing to invoke the Insurrection Act ? Signs are pointing that way (sfchronicle.com)
The clock is ticking down on a crucial but little-noticed part of President Donald Trump’s first round of executive orders — the one tasking the secretaries of the Department of Defense and Department of Homeland Security to submit a joint report, within 90 days, recommending “whether to invoke the Insurrection Act.”
- États-Unis : celles et ceux qui résistent à la vague de censure et de licenciements dans les services publics (basta.media)
Les décrets signés par Trump et les actions de Musk mettent en danger la recherche et l’accès du public aux données. Différentes formes de résistance émergent face aux coupes budgétaires, aux licenciements massifs et à la disparition d’informations.
- ‘The Color Purple’ and 30 Other Banned and Challenged Books You Should Be Watching (pen.org)
Last week, the movie The Color Purple garnered an Oscar nomination for Danielle Brooks as best supporting actress. Days later, its source material, the Pulitzer Prize and National Book Award-winning novel by Alice Walker, was permanently removed from schools in Clay County, Florida.
- Elon Musk, Apartheid, and America’s New Boycott Movement](https://www.motherjones.com/politics/2025/02/elon-musk-apartheid-boycott-tesla-doge-trump/) (motherjones.com)
If you think mass protests can’t combat evil, remember what we did in the 1980s.
- How Health Care Workers Are Defending Their Transgender Patients from Trump’s Attacks (labornotes.org)
- Aux États-Unis, les scientifiques manifestent contre une « censure sans précédent » (reporterre.net)
- États-Unis : la pollution des data centers pèse sur la santé publique (next.ink)
- Un gazoduc en Alaska pour alimenter l’Asie : en quoi consiste la nouvelle fantaisie de Trump ? (humanite.fr)
Le président américain a annoncé, mardi devant le Congrès, la relance d’un projet colossal d’acheminement de gaz au nord des États-Unis, pour pouvoir satisfaire la demande asiatique. Anachronique en raison du changement climatique, de nombreux doutes subsistent quant à la faisabilité de cette ambition.
- The U.S. Weather Enterprise : A National Treasure at Risk (ametsoc.org)
U.S. leadership in scientific innovation is at risk due to the recent and ongoing reductions in U.S. federal science capabilities. The consequences to the American people will be large and wide-ranging, including increased vulnerability to hazardous weather.
- The Starship program hits another speed bump with second consecutive failure (arstechnica.com)
SpaceX’s Starship launcher spun out of control minutes after liftoff Thursday, showering fiery debris over the Bahamas and dealing another setback to Elon Musk’s rocket program after a failure under similar circumstances less than two months ago.
- Carlos Slim orders to cancel his collaboration with Elon Musk’s Starlink (mexicodailypost.com)
The decision comes after a series of tensions between the two magnates, culminating in Slim’s choice to invest in his own infrastructure rather than relying on Starlink’s satellite technology.
- Pauvreté, déforestation : l’arrière goût amer des cafés Nestlé et Starbucks au Mexique (basta.media)
- When Europe needed it most, the Ariane 6 rocket finally delivered (arstechnica.com)
Europe’s Ariane 6 rocket lifted off Thursday from French Guiana and deployed a high-resolution reconnaissance satellite into orbit for the French military, notching a success on its first operational flight
- Argentina port city ‘destroyed’ by massive rainstorm, 13 dead (phys.org)
- ‘Like a virus’ : Corruption has infected the fight against climate change (grist.org)
Study shows bribery, theft, and conflicts of interest hinder climate progress and incite violence against Indigenous land defenders.
- La banquise mondiale au plus bas et des températures mondiales toujours au plus haut en février (liberation.fr)
Le mois qui vient de s’écouler « s’inscrit dans la lignée des températures records ou quasi records » depuis deux ans, pointe le bulletin mensuel publié ce jeudi 6 mars par l’observatoire européen Copernicus.
Spécial tech
- Undocumented commands found in Bluetooth chip used by a billion devices (bleepingcomputer.com)
- Brother denies using firmware updates to brick printers with third-party ink (arstechnica.com)
- FSF defends user freedom in amicus brief submitted in Neo4j v. Suhy (fsf.org)
The Free Software Foundation (FSF) announced today it has submitted an amicus brief in the case entitled Neo4j, Inc., et al. v. Suhy, et al […] The amicus brief addresses various misstatements and baseless assertions regarding the FSF and the GNU Affero General Public License Version 3 (AGPLv3) – the license at issue in the case – found in a pleading filed by Neo4j.
Spécial IA
- Le réseau de désinformation prorusse « Portal Kombat » contamine les IA génératives (next.ink)
- ‘I hope this isn’t for weapons’ : How Syrian data workers train AI (globalvoices.org)
Data workers possess a unique vantage point that can play a crucial role in the early identification of ethical issues
- Israel developing ChatGPT-like tool that weaponizes surveillance of Palestinians (972mag.com)
The Israeli army is building an AI language model using millions of intercepted conversations between Palestinians, which could accelerate the process of incrimination and arrest, a joint investigation reveals.
Voir aussi « Toutes les cinq minutes, ils prédiront qui sera le prochain terroriste » : Israël développe son propre ChatGPT pour espionner et trier les Palestinien·nes (humanite.fr)
L’armée israélienne développe sa propre intelligence artificielle (IA) générative, afin de poursuivre sa politique totalitaire et génocidaire dans les territoires palestiniens
- DOGE threat : How government data would give an AI company extraordinary power (theconversation.com)
For AI developers, government databases represent something akin to finding the Holy Grail. While companies such as OpenAI, Google and xAI currently rely on information scraped from the public internet, nonpublic government repositories offer something much more valuable : verified records of actual human behavior across entire populations.
- OpenAI reportedly plans to charge up to $20,000 a month for specialized AI ‘agents’ (techcrunch.com)
- Hollywood’s obsession with AI-enabled ‘perfection’ is making movies less human (fastcompany.com)
- Gaël Duval : Murena met le cap sur le B2B et l’IA générative, mais à sa façon (next.ink)
- Signal President Meredith Whittaker calls out agentic AI as having ‘profound’ security and privacy issues (techcrunch.com)
It would need to be able to drive that [process] across our entire system with something that looks like root permission, accessing every single one of those databases — probably in the clear, because there’s no model to do that encrypted […] And if we’re talking about a sufficiently powerful AI model that’s powering that, there’s no way that’s happening on device
- AI’s energy crisis is here : Why artificial intelligence could become a climate disaster (calcalistech.com)
Experts warn that unchecked AI expansion could push global emissions beyond safe limits.Behind the excitement surrounding AI lies an energy-intensive process with a massive carbon footprint, from development to maintenance and disposal.
- World’s first “Synthetic Biological Intelligence” runs on living human cells (newatlas.com)
The world’s first “biological computer” that fuses human brain cells with silicon hardware to form fluid neural networks has been commercially launched
- Huit mythes de l’intelligence artificielle pour déconstruire la « hype » (maisouvaleweb.fr) – voir aussi Don’t believe the hype. AI myths and the need for a critical approach in higher education (journals.sfu.ca)
- C’est ‘’prouvé’’ : plus vous utilisez l’IA, plus votre esprit critique se détériore (usbeketrica.com)
Une étude publiée par des chercheurs de l’université Carnegie Mellon (Pennsylvanie) et de Microsoft démontre que déléguer aux IA génératives des tâches d’analyse détériore l’esprit critique dans le cadre professionnel.
- Chaque personne sujette à une décision prise par une IA a le droit de savoir sur quels fondements l’algorithme s’est prononcé (francetvinfo.fr)
La multiplication des processus automatisés de prise de décision n’exonère par les organisations de leur obligation d’expliquer, de manière compréhensible par tous, les actions confiées à des algorithmes. La Cour de Justice de l’UE vient d’affirmer ce droit.
Spécial Palestine et Israël
- Exposed : The opaque lobby of high-ranking Israeli officers in Brussels (ftm.eu)
A group of high-ranking Israeli military personnel gained access to the European Parliament without accreditation. Known as the IDSF, the group is infamous for its extreme line on Gaza.
- En Cisjordanie, Israël sème la mort et la terreur (orientxxi.info)
Deux jours après le cessez-le-feu à Gaza qui n’a pas arrêté le compteur du nombre de morts dans l’enclave — 110 personnes au moins ont été tuées depuis l’arrêt officiel de la guerre génocidaire le 19 janvier —, le gouvernement israélien a lancé une vaste opération militaire en Cisjordanie occupée. Elle cible particulièrement les villes de Jénine et Tulkarem, dans le nord du territoire.
- Israel Wiped Out at Least 1,200 Entire Families in Gaza, Analysis Finds (truthout.org)
There are also at least 3,400 families with only one surviving member, Palestinian officials have said.
- Gaza : la Ligue arabe se réunit au Caire contre le projet de « riviera du Moyen-Orient » de Trump (legrandcontinent.eu)
- « Il y a des actions en cours » : selon le ministre israélien des Finances, le plan Trump pour déplacer les Gazaouis « prend forme » (humanite.fr)
Le ministre israélien des finances a fait la promotion, ce dimanche 9 mars, du projet inique du président américain à Gaza, évoquant une « opération logistique importante » concernant les 2,4 millions de Gazaouis.
- « Si vous gardez des otages, vous êtes morts » : Trump menace le « peuple de Gaza », son équipe en contact avec le Hamas (liberation.fr)
Le pénible républicain a une nouvelle fois mis la pression sur le mouvement islamiste palestinien mercredi 5 mars au soir, avec lequel son envoyé spécial a entamé des discussions, rompant avec la doctrine américaine.
- « Gaza n’est pas à vendre » : un golf écossais appartenant à Trump ‘’vandalisé’’ par des militant·es propalestinien·nes (liberation.fr)
- I’m a former BBC newsreader – Gaza is the reason I resigned (independent.co.uk)
Spécial femmes dans le monde
- Turquie. Des hommes ont tué au moins 21 femmes en février (kurdistan-au-feminin.fr)
En février 2025, au moins 21 femmes ont été assassinées par des hommes, tandis que 16 sont mortes dans des circonstances suspectes, en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays.
- Pınar Selek, 26 ans de résistance écoféministe face à l’État turc (reporterre.net)
La Turquie a émis un mandat d’arrêt contre la sociologue et militante Pınar Selek, réfugiée en France. La dernière étape de décennies de harcèlement d’État, après la torture, la prison et les procès infligés à cette écoféministe.
- Turquie. 200 arrestations après la marche féministe nocturne d’Istanbul (kurdistan-au-feminin.fr)
une marée féministe a déferlé sur Istanbul où la police avait monté des barricades en espérant empêcher la marche nocturne féministe qui a lieu depuis 23 ans, malgré les interdictions de manifester ordonnées par les autorités turques. Après la marche qui aurait rassemblé 200 000 manifestant-e-s, plus de 200 personnes ont été arrêtées par la police turque.
- Jaysley Beck is not alone. We’ve found systemic sexual abuse in UK military (opendemocracy.net)
- 8 mars : 60 % des journalistes témoignent du cyberharcèlement ciblant CELLES ET ceux qui couvrent les droits des femmes (rsf.org)
- Les sites de rencontre ne protègent pas leurs utilisatrices (danslesalgorithmes.net)
- Ces algorithmes qui discriminent les femmes (algorithmwatch.ch)
- Entre jeunes hommes et jeunes femmes, le fossé politique se creuse (alternatives-economiques.fr)
Jeunes femmes plus progressistes, jeunes hommes plus conservateurs : le « gender gap » se creuse en France et dans le monde. Ultime résistance du patriarcat ou inquiétante contre-révolution réactionnaire ?
- Contre les féminicides : un combat mondial (basta.media)
Spécial France
- Mort de Jean-Louis Debré, gardien du temple chiraquien (liberation.fr)
L’ancien ministre de l’Intérieur, président de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, est décédé ce mardi 4 mars à l’âge de 80 ans.
- Nicolas Sarkozy bientôt déchu de sa Légion d’honneur (huffingtonpost.fr)
- Marine Le Pen en flagrant délit de mensonge sur son absence à la réunion sur l’Ukraine (huffingtonpost.fr)
La députée du Pas-de-Calais accuse le chef de l’État d’avoir organisé sa réunion sur la sécurité de l’Europe durant les vacances parlementaires. C’est faux.
- Narcotrafic : l’article 8 ter sur l’affaiblissement du chiffrement est supprimé (next.ink)
- Open source : Linagora obtient la condamnation de BlueMind pour contrefaçon (zdnet.fr)
- Une nouvelle arnaque d’ampleur vise les abonnés Freebox en faisant apparaître leur IBAN et leurs données personnelles (universfreebox.com)
- Pourquoi les centres de santé s’écroulent financièrement (humanite.fr)
À Paris comme ailleurs, les maisons de soins pluriactivités associatives sont menacées de fermeture. Un phénomène récurrent pour ce type d’établissements à but non lucratif qui peine à trouver un modèle de financement viable en raison d’un mode de tarification à l’acte inadéquat et de la hausse des dépenses en santé.
- La bombe de la Seconde Guerre mondiale retrouvée gare du Nord n’est pas si exceptionnelle (huffingtonpost.fr)
Le trafic a été interrompu ce vendredi 7 mars à la gare du Nord de Paris, après qu’un obus de la Seconde Guerre mondiale a été identifié « au milieu des voies » ferrées sur la commune de Saint-Denis.
- Greenpeace dénonce une nouvelle livraison d’uranium russe à la France (reporterre.net)
Comme un pavé radioactif dans la mare. Greenpeace France a repéré lundi 3 mars au matin, dans le port de Dunkerque, un nouveau déchargement d’uranium naturel d’un cargo en provenance de Saint-Pétersbourg. La France continue donc d’importer de l’uranium enrichi russe. […] Cette dépendance française à l’uranium russe est dénoncée depuis le début du conflit, en 2022. D’après les chiffres compilés par l’ONG écologiste, un quart de l’uranium enrichi importé par la France en 2024 provenait de Russie.
- À Rostrenen, pendant des années, l’eau distribuée au robinet était trop contaminée aux polluants éternels (splann.org)
- À Avignon, les jets privés profitent de millions d’euros de subventions (reporterre.net)
L’aéroport d’Avignon Provence ne reçoit plus de vols commerciaux depuis 2023, mais la région Paca injecte 1,4 million d’euros de subventions par an pour maintenir les vols d’affaires, d’école et de loisirs.
- « Le carburant des avions est mieux remboursé que nos médicaments » (reporterre.net)
L’Union européenne va subventionner les compagnies aériennes qui utilisent des « carburants d’aviation durables ». 1,6 milliard d’euros de cadeaux supplémentaires pour le secteur, dénonce l’UFCNA dans cette tribune.
- Le monde du football toujours coincé dans ses normes : Benjamin Pavard pose en marcel et s’attire moqueries et commentaires homophobes (rtbf.be)
- Affaire Bétharram : l’un des accusés a travaillé dans un établissement privé de Neuilly-sur-Seine, d’éventuelles victimes appelées à se manifester (humanite.fr)
L’un des trois hommes visé dans le cadre de l’affaire Bétharram par 74 plaintes toutes prescrites pour viols, agressions sexuelles et violences volontaires a travaillé au sein du collège et lycée Saint Dominique de Neuilly-sur-Seine, entre 1989 et 1997.
Spécial femmes en France
- Parité dans le documentaire : “Certains producteurs ont du mal à considérer les réalisatrices comme légitimes” (telerama.fr)
- Égalité femmes-hommes : Oxfam dénonce le manque de volonté des autorités pour réduire les inégalités (liberation.fr)
Alors que les Françaises gagnent toujours 23,5 % de moins que les Français dans le privé, l’ONG critique dans un communiqué les mesures bien trop faibles mises en place par Emmanuel Macron et les gouvernements successifs.
- Sur les maladies cardiovasculaires, les femmes moins bien écoutées et prises en charge (huffingtonpost.fr)
Les maladies cardiovasculaires tuent toujours autant en France, surtout les femmes et les personnes moins aisées.
- Manifestation du 8 mars : “Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours” (telerama.fr)
Ce samedi après-midi, Journée internationale pour les droits des femmes, les cortèges rassemblaient 250 000 manifestantEs en France, dont 120 000 à Paris, selon les organisateurICEs.
- En milieu rural, les femmes victimes de violences conjugales peinent à trouver de l’aide (reporterre.net)
- Agressions sexuelles : le skipper Kevin Escoffier a été placé en garde à vue après les accusations de 4 femmes (liberation.fr)
Le navigateur français a récemment été entendu par la police pour « des faits d’agressions sexuelles » sur quatre plaignantes, a fait savoir ce lundi 3 mars le parquet de Lorient.
- Val-d’Oise : un gynécologue sera jugé pour viols et agressions sexuelles sur plus de 100 patientes (liberation.fr)
Plus de dix ans après le premier dépôt de plainte, Phuoc-Vinh Tran, un praticien de 74 ans qui crie au « complot », doit être jugé pour des dizaines de viols et agressions sexuelles.
- Affaire des viols de Mazan : la fille de Dominique Pelicot, Caroline Darian, porte plainte contre son père (liberation.fr)
D’après les informations de « M6 » et « RTL », Caroline Darian a porté plainte ce mercredi 5 mars pour viol, tentative de viol, agression sexuelle par ascendant contre son père, déjà condamné à 20 ans de prison.
- Féminicide : en Seine-et-Marne, une femme abattue par son mari qu’elle voulait quitter après 60 ans de mariage (liberation.fr)
Une femme de 79 ans a été tuée par balles vendredi dernier, a-t-on appris ce lundi 3 mars par le parquet de Meaux. Son conjoint de 86 ans aurait tenté de se suicider. Il est grièvement blessé.
Spécial médias et pouvoir
- Seize ans après, Claude Askolovitch tente de classer l’affaire Siné (acrimed.org)
- L’obsession Retailleau (acrimed.org)
Plus d’une dizaine de Unes depuis septembre 2024 : Bruno Retailleau est sans nul doute l’obsession médiatique des derniers mois – il y a quelques semaines, le gratin des éditorialistes et journalistes politiques composant le jury du « Trombinoscope » l’a d’ailleurs élu « personnalité politique de l’année ».
- Jean-Michel Aphatie cible Cyril Hanouna, Pascal Praud et tout le « Bolloréland » après sa suspension de RTL (huffingtonpost.fr) – voir aussi Jean-Michel Aphatie sort du silence après sa suspension de RTL et dénonce l’influence de Bolloré dans les médias (humanite.fr)
- De retour avec « TPMP », Cyril Hanouna se moque de l’Arcom en jouant sur l’un de ses interdits (huffingtonpost.fr)
Privé de la chaîne C8, l’animateur Cyril Hanouna a repris son émission Touche pas à mon poste (TPMP) ce lundi 3 mars au soir sur sa webtélé, avant d’intégrer le groupe M6 en septembre. Profitant d’être désormais diffusé sur internet, l’ex star de C8 a fait la publicité de plusieurs marques en direct
- Bolloré embauche la propagandiste pro-Poutine Xenia Fedorova, ex-patronne de Russia Today (streetpress.com)
- Comment le milliardaire d’extrême droite Stérin inonde le web d’influenceurs cathos-réac (streetpress.com)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Emmanuel Macron au pays des renvois d’ascenseurs (humanite.fr)
Lors de la campagne présidentielle de 2017, le soutien des médias des milliardaires à Emmanuel Macron n’était pas passé inaperçu. Jean-Baptiste Rivoire et Gauthier Mesnier racontent par le détail quelles amitiés, quels échanges et quelles compromissions se sont noués à ce moment-là.
- 2017-2025 : comment les comptes publics ont dérapé (alternatives-economiques.fr)
- Taxis volants à Paris : un « fiasco » à 2,9 millions d’euros (reporterre.net)
- Uniforme à l’école : à peine porté, il va finir au placard. (20minutes.fr)
- Les départs en retraite avec décote sont en plein boom (alternatives-economiques.fr)
- A69 : le gouvernement va demander la reprise du chantier, en attendant la décision de la justice en appel (liberation.fr)
Le ministre des Transports a annoncé ce vendredi 7 mars que le gouvernement demande un sursis à exécution pour permettre au chantier de l’autoroute entre Toulouse et Castres de reprendre, dans l’attente de la procédure d’appel.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Expérimentation VSA : le gouvernement sur le point d’obtenir trois ans de rab (laquadrature.net)
- À Paris, une marche « nocturne féministe radicale » interdite par la préfecture de police (liberation.fr)
La présence des collectifs Samidoun et Urgence Palestine à cette marche, qui vise à revendiquer « les droits et libertés menacés par un Etat fasciste et la montée de l’extrême droite », inquiète la préfecture de police. Les organisateurICEs assurent maintenir leur marche en dépit de l’arrêté d’interdiction.
- Le collectif d’extrême droite Némésis veut s’incruster à la manifestation féministe du 8 mars (streetpress.com)
Après avoir été encadrées par les forces de l’ordre lors de la marche NousToutes de novembre 2024, les militantes d’extrême droite de Némésis veulent défiler à nouveau dans le cortège à Paris le 8 mars. Les organisations féministes s’y opposent.
- Scandaleux : les CRS répriment la manifestation du 8 mars pour ouvrir la voie à Némésis et Nous Vivrons (revolutionpermanente.fr)
Ce samedi, à l’occasion de la manifestation du 8 mars, les CRS ont violemment chargé la queue de cortège composée de manifestantEs qui dénonçaient la présence de Némésis et Nous Vivrons. Une répression au service de ces collectifs réactionnaires.
- Montpellier : l’ex militante identitaire qui enseignait à la fac de droit a démissionné de ses cours (lepoing.net)
Fin janvier, Le Poing et Rapports de Force révélaient qu’une ancienne militante du groupuscule dissous Génération Identitaire, qui avait participé à une action violente dans les locaux de SOS Méditerranée, donnait des cours à la faculté de droit dans le cadre de son contrat doctoral. À la suite de nos révélations, elle a démissionné de ses fonctions d’enseignement
- À Bobigny, le député Aly Diouara menacé par la police et son adjointe Betty Saint-Ubert placée en garde à vue (bondyblog.fr)
« Les agents présents ont adopté une posture excessivement offensante, allant jusqu’à me menacer de faire usage de leur arme à impulsion électrique (tazer) » […] Betty Saint-Ubert, l’adjointe au maire de La Courneuve, a, elle, été interpellée pour « outrage » et placée en garde à vue pendant plusieurs heures. Les policiers l’accusent de les avoir traités de « cowboys » et de « racistes », ce qu’elle conteste. Son avocat, Me Ugo Valls, estime que ces propos ne sont pas constitutifs d’un outrage et qu’ils ne justifiaient pas une garde à vue. « Des policiers se sont sentis mis en difficulté et ont décidé, pour ne pas perdre la face, d’interpeller la première venue, l’adjointe au maire, qui était présente pour que le contrôle ne dégénère pas »
- Mort de Nahel : le parquet et la formation policière confirment un tir hors cadre (politis.fr)
Le parquet de Nanterre a requis, mardi 4 mars, un procès pour meurtre contre le policier Florian M., auteur du tir ayant tué Nahel Merzouk. Il considère que le policier n’était pas en situation de légitime défense et que son tir constitue une « prise de risque inconsidérée ».
Spécial résistances
- Contre l’obscurantisme d’extrême-droite, aux États-Unis comme ailleurs, nous défendons une science inclusive, au service du bien commun (scientifiquesenrebellion.fr)
- Basculement réactionnaire : agir face au recul des droits des femmes (blogs.mediapart.fr)
- Marches du 8 mars : des milliers de manifestantEs (et des pancartes très inventives) en France (huffingtonpost.fr)
Elles étaient quelque 47.000 personnes à la manifestation organisée à Paris pour la Journée internationale pour les droits des femmes.
- “Salut incendiaire à Tesla” : un groupe antifasciste revendique avoir mis le feu à plusieurs voitures de la marque d’Elon Musk (france3-regions.francetvinfo.fr)
- Le projet d’autoroute A69 stoppé : ce qu’il va se passer maintenant (basta.media)
- « On demande la régularisation des médecin·es qui tiennent à bout de bras les hôpitaux » : des soignant·es Padhue toujours en grève de la faim (liberation.fr)
Depuis mercredi 5 mars, des praticien·nes exerçant en France avec des diplômes obtenus hors de l’UE, maintenu·es dans un statut inférieur à celui de leurs homologues français·es, ont cessé de s’alimenter. Iels manifestaient ce samedi devant le ministère de la Santé.
- « Nous voulons seulement de quoi vivre » : les femmes de chambre du Campanile et Première Classe de Suresnes en grève depuis six mois ne lâchent rien (humanite.fr)
Quatre ans après la mobilisation historique à l’Ibis Batignolles, le mouvement des femmes de chambre des hôtels Campanile et Première Classe de Suresnes est en train de faire date. En grève depuis six mois, ces travailleuses à temps partiel ont obtenu des CDI. Infatigables, elles continuent la lutte.
- Mineur·es isolé·es : derrière le collectif de Belleville, une dizaine d’autres se mobilisent partout en France (rapportsdeforce.fr)
C’est un mode de lutte qui se multiplie ces derniers mois : les mineur·es isolé·es, ces jeunes exilé·es arrivé·es seul·es sur le territoire français, s’auto-organisent.
Spécial GAFAM et cie
- Un refus d’interopérabilité peut constituer un abus de position dominante (silicon.fr)
Dans un dossier opposant Google à une entreprise italienne autour d’Android Auto, la CJUE a clarifié la question du refus de fourniture d’interopérabilité.
- Figure de la Silicon Valley, le cofondateur d’Apple hausse le ton face aux géants de la tech rangés derrière Trump (nouvelobs.com)
Pour Steve Wozniak, « les grandes entreprises technologiques sont tout simplement énormes. C’est comme si elles possédaient nos vies ».
Les autres lectures de la semaine
- Derrière la tronçonneuse de Musk, la guerre fiscale des milliardaires (multinationales.org)
Derrière les attaques spectaculaires d’Elon Musk contre les agences fédérales américaines, une autre bataille se prépare en coulisses : celle de l’extension des baisses d’impôts imposées par Trump en 2017, avec à la clé un coût astronomique pour les finances publiques américaines, et une cure d’austérité beaucoup plus drastique qui affecterait l’ensemble de la population.
- Doge : l’efficacité, vraiment ? (danslesalgorithmes.net)
- Why Techdirt Is Now A Democracy Blog (Whether We Like It Or Not) (techdirt.com)
Remember all those tech CEOs who thought they could control Trump ? All those VCs who figured they could profit from chaos ? All those business leaders who decided that “woke institutions” were a bigger threat than authoritarian power grabs ? They’re learning a very expensive lesson about the difference between creative destruction and just plain destruction. […] The political press may not understand what’s happening (or may be too afraid to say it out loud), but those of us who’ve spent decades studying how technology and power interact ? We see it and we can’t look away. […] when WaPo’s opinion pages are being gutted and tech CEOs are seeking pre-approval from authoritarians, the line between “tech coverage” and “saving democracy” has basically disappeared. It’s all the same thing.
- Big Tech Wants You Trapped. The Open Web Sets You Free (joanwestenberg.com)
YouTube, X, Instagram, and TikTok aren’t neutral spaces. They’re businesses built on capturing your attention and data. Their algorithms, notification systems, and content policies all serve one purpose : keeping you engaged on their terms. And their terms alone. There’s no freedom here – except the freedom to leave.
- The Moral Implications of Being a Moderately Successful Computer Scientist and a Woman (sigops.org – article d’août 2024)
Misogyny enforces a patriarchical worldview that the majority of the world holds as the morally correct one. Thus, when women break this norm (i.e., by demanding authority, recognition, space and not providing goods that men feel entitled to like domestic, emotional and mental labor), they are in the wrong. The men are seen as the victims, while the women enduring the misogyny are the bad actors. […] If we penalize a man for harassing a woman in computer science, we’re told we are “ruining his life”, but if a woman leaves because of harassment, she just “couldn’t cut it.” Why ? This view assumes a moral framework where men are entitled to a career as a computer scientist or professor, while women are generously being allowed the same thing, which can be taken away at any time. […] While men claim to be unemotionally seeking scientific truth in research, I have never seen a woman so personally invested and emotional about a research idea. Perhaps because women are not allowed to use “top computer scientist” as their entire identity since birth, we are better able to separate our research ideas from ourselves and coldly discuss their pros and cons. […] But of course women are hysterical, and men are just passionate. […] Being a woman in tech is insane. We do not work in the same moral system model as most of the people that we interact with daily and we can’t talk about it, because when we do, we are the ones portrayed as crazy or hysterical.
- Masculinité et politique à l’ère du trumpisme (theconversation.com)
- Masculinisme : une longue histoire de résistance aux avancées féministes (theconversation.com)
- Face à l’internationale d’extrême droite : que reste-t-il de la quatrième vague féministe ? (contretemps.eu)
La montée, puis la prise de pouvoir, par le fascisme dans les années 1920 et 1930 est classiquement interprétée comme une réponse à la force du mouvement ouvrier, et au risque d’une révolution imminente […] Dans cette perspective, on pourrait alors relire la montée de l’extrême droite à l’échelle internationale dans les années 2010 et 2020 comme une réponse à la force non moins internationale du mouvement féministe et LGBTI+
- Les origines colonialistes de l’extrême droite française : la filière OAS-FN (blogs.mediapart.fr)
- Comment les écogestes entretiennent la catastrophe (frustrationmagazine.fr)
- What’s the deal with the gut-brain connection ? (scopeblog.stanford.edu)
It affects your mood, your sleep, even your motivation to exercise. There’s convincing evidence that it’s the starting point for Parkinson’s disease and could be responsible for long COVID’s cognitive effects. And it sits about 2 feet below your brain.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Surface
- Justice
- Pardon
- Scandale
- Women
- United
- Thankful
- Palestinian state
- Cybertruck
- Immigrant
- Haddock
- Overton
- Weakness
- Delete
- SpaceX
- Gulf
- Printemps
- Corporations
- Vance
- Trolley
- Faster
- Ligature
- Canada
- No one
- The good place (emmaclit.com) – avec cette pétition à signer et relayer : Exploitation à la chaîne le féminisme selon Barbie (agir.actionaid.fr)
- Progrès
- IA
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Identitaires : comment les médias dominants font le jeu d’une mouvance néofasciste (spectremedia.org)
- S’organiser face aux machines de guerre et de contrôle (tube.aquilenet.fr)
- We will survive – so just go (tube.fdn.fr)
- Snow White, her stepmother and the mirror (tube.fdn.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- Notre extension Chrome et Firefox vous alerte sur 3 000 médias générés par IA et des cyberarnaques (next.ink)
- Why is the Fediverse on so many separate servers ? (fedi.tips)
- Degooglisation de l’AMAP de Choisille (framablog.org)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
09.03.2025 à 09:00
ChatGPT : le mythe de la productivité
Framasoft
Texte intégral (2067 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 17 septembre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Avec ChatGPT, le but de l’écriture c’est de remplir une page, pas de réaliser le processus de réflexion qui l’accompagne. C’est justement tout l’inverse dont nous avons besoin !
« Pourquoi pensons-nous que dans l’art, il y a quelque chose qui ne peut pas être créé en appuyant sur un bouton ? » Les grands modèles de langage pourraient-ils devenir meilleurs que les humains dans l’écriture ou la production d’image, comme nos calculatrices sont meilleures que nous en calcul ? se demande l’écrivain de science-fiction Ted Chiang dans une remarquable tribune pour le New Yorker. Il y rappelle, avec beaucoup de pertinence, que l’IA vise à prendre des décisions moyennes partout où nous n’en prenons pas. Quand on écrit une fiction, chaque mot est une décision. Mais quand on demande à une IA de l’écrire pour nous, nos décisions se résument au prompt et toutes les autres décisions sont déléguées à la machine.
Chiang rappelle l’évidence. Que l’écriture, par la lecture, tisse une relation sociale. « Tout écrit qui mérite votre attention en tant que lecteur est le résultat d’efforts déployés par la personne qui l’a écrit. L’effort pendant le processus d’écriture ne garantit pas que le produit final vaille la peine d’être lu, mais aucun travail valable ne peut être réalisé sans lui. Le type d’attention que vous accordez à la lecture d’un e-mail personnel est différent de celui que vous accordez à la lecture d’un rapport d’entreprise, mais dans les deux cas, elle n’est justifiée que si l’auteur y a réfléchi. » Il n’y a pas de langage sans intention de communiquer. Or, c’est bien le problème des IA génératives : même si ChatGPT nous dit qu’il est heureux de nous voir, il ne l’est pas.
« Comme l’a noté la linguiste Emily M. Bender, les enseignants ne demandent pas aux étudiants d’écrire des essais parce que le monde a besoin de plus d’essais d’étudiants. Le but de la rédaction d’essais est de renforcer les capacités de réflexion critique des étudiants. De la même manière que soulever des poids est utile quel que soit le sport pratiqué par un athlète, écrire des essais développe les compétences nécessaires pour tout emploi qu’un étudiant obtiendra probablement. Utiliser ChatGPT pour terminer ses devoirs, c’est comme amener un chariot élévateur dans la salle de musculation : vous n’améliorerez jamais votre forme cognitive de cette façon. Toute écriture n’a pas besoin d’être créative, sincère ou même particulièrement bonne ; parfois, elle doit simplement exister. Une telle écriture peut soutenir d’autres objectifs, comme attirer des vues pour la publicité ou satisfaire aux exigences bureaucratiques. Lorsque des personnes sont obligées de produire un tel texte, nous pouvons difficilement leur reprocher d’utiliser tous les outils disponibles pour accélérer le processus. Mais le monde se porte-t-il mieux avec plus de documents sur lesquels un effort minimal a été consacré ? Il serait irréaliste de prétendre que si nous refusons d’utiliser de grands modèles de langage, les exigences de création de textes de mauvaise qualité disparaîtront. Cependant, je pense qu’il est inévitable que plus nous utiliserons de grands modèles de langage pour répondre à ces exigences, plus ces exigences finiront par devenir importantes. Nous entrons dans une ère où quelqu’un pourrait utiliser un modèle de langage volumineux pour générer un document à partir d’une liste à puces, et l’envoyer à une personne qui utilisera un modèle de langage volumineux pour condenser ce document en une liste à puces. Quelqu’un peut-il sérieusement affirmer qu’il s’agit d’une amélioration ? »
« L’informaticien François Chollet a proposé la distinction suivante : la compétence correspond à la façon dont vous accomplissez une tâche, tandis que l’intelligence correspond à l’efficacité avec laquelle vous acquérez de nouvelles compétences. » Pour apprendre à jouer aux échecs, Alpha Zero a joué quarante-quatre millions de parties ! L’IA peut-être compétente, mais on voit bien qu’elle n’est pas très intelligente. Notre capacité à faire face à des situations inconnues est l’une des raisons pour lesquelles nous considérons les humains comme intelligents. Une voiture autonome confrontée à un événement inédit, elle, ne sait pas réagir. La capacité de l’IA générative à augmenter la productivité reste théorique, comme le pointait Goldman Sachs en juillet. « La tâche dans laquelle l’IA générative a le mieux réussi est de réduire nos attentes, à la fois envers les choses que nous lisons et envers nous-mêmes lorsque nous écrivons quelque chose pour que les autres le lisent. C’est une technologie fondamentalement déshumanisante, car elle nous traite comme des êtres inférieurs à ce que nous sommes : des créateurs et des appréhenseurs de sens. Elle réduit la quantité d’intention dans le monde. » Oui, ce que nous écrivons ou disons n’est pas très original le plus souvent, rappelle l’écrivain. Mais ce que nous disons est souvent significatif, pour nous comme pour ceux auxquels l’on s’adresse, comme quand nous affirmons être désolés. « Il en va de même pour l’art. Que vous créiez un roman, une peinture ou un film, vous êtes engagé dans un acte de communication entre vous et votre public ». « C’est en vivant notre vie en interaction avec les autres que nous donnons un sens au monde ».
Le philosophe du net, Rob Horning, dresse le même constat. Ces machines « marchandisent l’incuriosité », explique-t-il. « Les LLM peuvent vous donner des informations, mais pas les raisons pour lesquelles elles ont été produites ou pourquoi elles ont été organisées de certaines manières ». Ils permettent assez mal de les situer idéologiquement. Or, la recherche, l’écriture, permettent de construire de la pensée et pas seulement des résultats. A contrario, les solutions d’IA et les entreprises technologiques promeuvent le « mythe de la productivité », l’idée selon laquelle économiser du temps et des efforts est mieux que de faire une activité particulière pour elle-même. Le mythe de la productivité suggère que tout ce à quoi nous passons du temps peut-être automatisé. La production peut-être accélérée, sans limite. Les raisons pour lesquelles nous le faisons, la profondeur que cela nous apporte n’ont pas d’importance. Selon ce mythe, le but de l’écriture c’est de remplir une page, pas de réaliser le processus de réflexion qui l’accompagne… Comme si le but de l’existence n’était que de déployer des techniques pour gagner du temps. Pour Horning, ce n’est pas tant un mythe qu’une idéologie d’ailleurs, qui « découle directement de la demande du capitalisme pour un travail aliéné, qui consiste à contraindre des gens à faire des choses qui ne les intéressent pas, orchestrées de telles manières qu’ils en tirent le moins de profit possible ». Dans le travail capitaliste, le but est d’ôter la maîtrise des travailleurs en les soumettant aux processus de travail cadencés. La page de contenus est une marchandise dont la valeur dépend du prix payé pour elle, plutôt que de l’expérience de celui qui l’a produite ou de celui qui l’a consommée.
Pour les entreprises, l’efficacité est supérieure au but : elle est le but qui invalide tous les autres. Quand le but de l’art, de l’éducation ou de la pensée, est d’être confronté à l’intentionnalité, à la preuve irréfutable de la subjectivité, comme le pointe Chiang. « L’IA générative est la quintessence de l’incurie, parfaite pour ceux qui détestent l’idée de devoir s’intéresser à quoi que ce soit. »
Le problème, c’est que ces effets délétères ne concernent pas une production textuelle en roue libre qui serait limitée au seul monde de l’entreprise, où un argumentaire en remplacerait un autre sans que ni l’un ni l’autre ne soit lu. Les effets de cette productivité pour elle-même sont bien réels, notamment dans le monde scolaire, s’inquiétait récemment Ian Bogost qui estime que depuis le lancement de ChatGPT, nous sommes passés de la consternation à l’absurdité : des étudiants génèrent des devoirs avec l’IA que les enseignants font corriger par l’IA. Certes, bien sûr, tout le monde va devoir s’y adapter. Mais le risque est grand que ces technologies rendent caduc l’un des meilleurs outil d’apprentissage qui soit : l’écriture elle-même.
05.03.2025 à 14:50
Degooglisation de l’AMAP de la Choisille
Framasoft
Texte intégral (1358 mots)
Nous poursuivons notre série de témoignages de Dégooglisation. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de découvrir l’AMAP de la Choisille dont nous avons fait l’entrevue suite à un message posté sur la Communauté Emancip’Asso.
Un très grand merci à Philippe pour le temps consacré à cette entretien.
Bonjour, peux-tu te présenter pour le Framablog ?
Je m’appelle Philippe. Je suis développeur informatique dans la vie professionnelle, mais je me sens avant tout citoyen du monde, intéressé par les alternatives éthiques, humanistes et écologiques au modèle de société dominant actuel. J’ai fondé avec quelques personnes sur ma commune en 2013 une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et depuis j’en suis un peu le chef d’orchestre.

Logo de l’AMAP de la Choisille
Peux-tu nous parler de ton association ?
Une AMAP réunit des citoyen·ne·s et des paysan·ne·s dans une relation de confiance autour d’un projet commun, celui de fournir une alimentation saine et de qualité, et de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité. Cet objectif s’inscrit dans un modèle économique social et solidaire d’agriculture durable, à dimension humaine et respectueux de la nature.
Un citoyen qui rejoint une Amap a la volonté de favoriser une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine. Il s’engage moralement et financièrement auprès d’un paysan partenaire de l’Amap. Moralement par un soutien déterminé (partage des risques liés aux aléas de production, aide concrète lors de chantiers participatifs, etc.). Financièrement par le paiement à l’avance de sa consommation sur une période donnée. Ce partenariat est formalisé par un contrat dans le respect de la Charte des AMAP.
« L’amapien » s’implique aussi dans la vie de l’association en aidant, quand vient son tour, à la réception et à la distribution des produits. C’est ce qui rend une Amap conviviale et riche de lien social.
En termes d’organisation, combien y a-t-il de membres ?
Nous sommes une cinquantaine de membres, tous bénévoles. L’AMAP de la Choisille se trouve sur la commune de La Membrolle-sur-Choisille, en Indre-et-Loire, mais il existe plusieurs dizaines d’autres AMAP dans le département, de tailles diverses. Un Réseau régional animé par une salariée a été créé pour accompagner les AMAP et créer une dynamique en région Centre Val-de-Loire. Il existe aussi une instance nationale : le MIRAMAP.
Vous diriez que les membres de l’association sont à l’aise avec le numérique ou pas du tout ?
La plupart des membres me semblent plutôt à l’aise avec le numérique. Ils utilisent par exemple un logiciel en ligne (easyamap) pour commander les produits.
Mais bon, il est vrai que je suis peut-être un peu seul avec mes convictions dans le domaine du numérique libre.
Quel a été le déclencheur de votre dégafamisation ?
J’ai souvenir d’une conférence à laquelle j’ai assisté aux RMLL (Rencontres Mondiales du Logiciel Libre) en 2009 à Nantes, qui soulignait des analogies entre agriculture biologique et logiciels libres. J’ai aussi lu un article qui parlait des AMAP sur les sites de Framasoft. Il y a en effet entre ces deux mondes des valeurs humaines communes fortes, de partage, d’inclusion, d’émancipation, à l’opposé de ce que proposent les GAFAM.
Parler de dégafamisation pour notre petite structure est peut-être un bien grand mot. À la création de l’association en 2013, malgré mes convictions, nous avons créé une adresse de contact GMail, et une liste de diffusion googlegroups. Probablement par facilité, parce qu’il y avait plein d’autres choses à s’occuper. Par conséquent ce n’était pas le moment de « s’embêter ».
Des outils proposés par Framasoft ont quand même été utilisés dès le début : Framadate pour choisir nos dates de réunions, Framacalc pour des tableaux partagés (organisation des permanences par exemple), Framaforms pour questionner nos producteurs ou faire voter nos adhérents.
Un peu plus tard, j’ai proposé d’utiliser MyPads pour partager nos notes et nos compte-rendus entre membres du bureau collégial.
Notre boîte mail est maintenant hébergé par OVH, tout comme notre site internet, développé sous Joomla. La liste de diffusion est maintenant hébergée par Framasoft, que nous avons soutenu financièrement à deux reprises sous forme de don.
Google a la peau dure… Plusieurs années après le changement, des adhérents utilisent encore l’ancienne adresse googlegroups car celle-ci est enregistré sur leur appareil (téléphone ou ordi). Rappel est donné à chaque fois de la supprimer de l’appareil et d’utiliser l’adresse framalistes.
Nous avons également un NextCloud (Framadrive), utilisé de manière basique (et un peu que par moi) pour héberger quelques fichiers ou photos, par exemple pour gérer la liste des adhérents.

La carte des producteurs de l’AMAP réalisée avec Umap
Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?
À l’AMAP, nous avons des maîtres-mots : partage, éthique, transparence, dialogue. Que diraient nos amapien·ne·s si le maraîcher ou la maraîchère bio faisait appel à Monsanto pour faire pousser nos légumes ?
J’aimerais que les AMAP s’émancipent dans leurs usages numériques, comme elles savent le faire pour notre alimentation et notre agriculture !
03.03.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 3 mars 2025
Khrys
Texte intégral (10795 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- « Nous ne savions pas s’il s’agissait d’un vrai message ou non » : 49 vols commerciaux déroutés en raison d’exercices militaires chinois au large de l’Australie (liberation.fr)
La semaine dernière, trois vaisseaux chinois avaient effectué une série d’exercices navals, avec de potentiels tirs réels sur une trajectoire de vol très fréquentée reliant l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
- Les milliardaires ont « amassé plus de richesses » en janvier que 15 millions de travailleurs pendant un an, selon Oxfam (liberation.fr)
- Why Trump really wants Ukraine’s minerals – China has put theirs off limits (theconversation.com)
- Sanctions, défense : trois ans après l’invasion russe, l’argent reste le nerf de la guerre (alternatives-economiques.fr)
L’élection de Donald Trump aux États-Unis en novembre 2024 et son intention de sceller un accord avec le président russe inquiètent Kiev et ses alliés. La Maison Blanche entend se retirer des affaires européennes et laisser le champ libre au Kremlin, qui ne cache pas ses ambitions de soumettre tout le Vieux continent, bien au-delà de l’Ukraine.
- « Le consensus mondial sur les droits humains s’effondre » : l’ONU met en garde contre le retour des « dictateurs » (leparisien.fr)
« Selon certaines estimations, les autocrates contrôlent aujourd’hui environ un tiers de l’économie mondiale – soit plus du double qu’il y a 30 ans », a insisté Volker Türk, le Haut-Commissaire aux droits humains de l’ONU.
- Après l’Ukraine, la Russie prépare la guerre d’Europe (legrandcontinent.eu)
Les Européens seraient avisés de prendre au mot le ministre russe de la Défense lorsqu’il envisage, en présence de Vladimir Poutine, la possibilité d’un conflit avec l’OTAN en Europe d’ici à dix ans.
- Cartographier les réactions à l’invasion de l’Ukraine : trois ans après, les États-Unis de Donald Trump votent aux côtés de la Russie et de la Corée du Nord (legrandcontinent.eu) – voir aussi Ce vote à l’ONU montre que le sort de l’Ukraine est entre les mains de Trump et Poutine (huffingtonpost.fr)
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution américaine pour une paix rapide en Ukraine sans condamnation de Moscou, ni défense des frontières de l’Ukraine.
- Guerre en Ukraine : Kyiv a accepté les termes d’un accord avec les États-Unis sur les minerais (liberation.fr)
Donald Trump a confirmé que Volodymyr Zelensky se rendra à Washington vendredi pour signer l’accord conclu ce mardi 25 février afin de développer conjointement les richesses minières ukrainiennes et les revenus qui en seraient issus.
- Trump vient-il de faire signer à l’Ukraine un traité inégal ? Le texte intégral de l’accord États-Unis-Ukraine sur les minéraux critiques (legrandcontinent.eu)
- Trump-Zelenskyy White House meeting on mineral deal devolves into heated exchange (voanews.com) – voir aussi Guerre en Ukraine : la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky tourne au pugilat (france24.com)
- L’échange entre Trump et Zelensky : texte intégral (legrandcontinent.eu)
- Après le clash avec Donald Trump, presque toute l’Europe vole au secours de Volodymyr Zelensky (huffingtonpost.fr)
Du côté de l’UE, seul le Premier ministre hongrois Viktor Orban a remercié le président américain pour avoir « défendu courageusement la paix ».
Voir aussi Les alliés de l’Ukraine font bloc derrière Volodymyr Zelensky, rudoyé à Washington par Donald Trump (liberation.fr)
Choqué·es par la spectaculaire altercation vendredi 28 février dans le Bureau ovale, qui a entraîné le départ prématuré du président ukrainien de la Maison Blanche, la plupart des dirigeant·es européen·nes se sont empressé·es de le défendre.
- Bernie Sanders dismisses Republicans’ ‘horrific’ calls for Zelenskyy to resign (theguardian.com)
“I think millions of Americans are embarrassed, are ashamed that you have a president of the United States who says Ukraine started the war, that Zelenskyy is a dictator,” Sanders continued, referring to Trump. “He’s got it exactly backwards.
- Qui attribue la responsabilité de la guerre à l’Ukraine ? L’état du monde après le revirement Trump (legrandcontinent.eu)
- Ukraine : travailleureuses ordinaires dans la guerre (equaltimes.org)
Dans des conditions souvent dangereuses, les civil·es ukrainien·nes continuent de se rendre au travail, malgré la guerre et les difficultés du quotidien. Secouristes, personnel soignant, ouvrier·es du bâtiment ou de l’industrie, tous les jours, ils et elles se rendent au travail pour faire fonctionner l’économie et les services publics.
- Mouvement étudiant en Serbie : « Un État-providence, c’est ce dont notre pays a besoin » (contretemps.eu)
Les manifestations et les blocages étudiants ont touché plus de 60 facultés dans quatre universités d’État en Serbie. Des centaines de professeur·es et de chercheureuses de cinq universités publiques ont signé des lettres de soutien aux étudiant·es.
- Syrie : les insoutenables preuves de la barbarie au grand jour (liberation.fr)
Des milliers de documents témoignant des exactions commises par l’ancien régime ont été découverts dans les prisons du pouvoir déchu. Autant de preuves essentielles à la construction d’une mémoire collective au sortir de trois décennies de dictature.
- Kobané sous les bombes turques (cqfd-journal.org)
Avant même la chute du régime de Bachar al-Assad, alors que le groupe Hayat Tahrir al-Sham fonçait sur Damas, les factions militaires de l’Armée nationale syrienne appuyées par la Turquie ont attaqué la région de Kobané, ville symbole de la résistance kurde à Daech. Ici, les bombardements de drones et les avions de guerre turcs rythment la vie quotidienne.
- « Tous en état de choc » : après l’appel d’Ocalan à la dissolution du PKK, l’émotion des Kurdes de Turquie (liberation.fr)
- Kurdistan-Turquie : le PKK annonce une trêve et se dit prêt à une dissolution (humanite.fr)
- Les Émirats arabes unis alliés de l’extrême droite européenne (orientxxi.info)
Dans un contexte économique européen frôlant la récession, face à des dirigeants illibéraux, la richissime monarchie du Golfe joue dans une cour acquise à ses idées. En brandissant le spectre de l’islamisme radical, les ÉU s’assurent des appuis contre ses opposants, les Frères musulmans, soutenus par son ennemi intime, le Qatar. Et trouvent dans les politiques racistes d’extrême droite de fervents relais.
- Allemagne : comment un slogan polémique nourrit les clivages politiques (theconversation.com)
L’AfD […] est depuis des années la cible de nombreux discours et slogans dénonçant sa rhétorique hostile aux minorités. […] « Hass und Hetze », qui dénonce la propension du parti d’extrême droite à inciter à la haine, est désormais également employé par l’AfD, mais aussi par des journaux conservateurs mainstream, à l’encontre de la gauche.
- Explained : How does Germany’s electoral system work and what changes this year ? (euronews.com)
- Élections allemandes : malgré Trump, l’AfD contenue (politis.fr)
Les Allemands ont voté : face à une extrême droite en force, la jeunesse antifasciste et les femmes résistent.
- Résultats définitifs en Allemagne : le BSW n’entrera pas au Bundestag, une Grande Coalition est possible, Merz sera le prochain chancelier (legrandcontinent.eu)
- En Suisse, des agriculteurs portent plainte contre l’État pour inaction climatique (lareleveetlapeste.fr)
- COP16 : à Rome, les États parviennent à un accord in extremis (humanite.fr)
Après l’échec des négociations en Colombie en novembre dernier, les États, à nouveau réunis à Rome, sont parvenus à un accord, le 27 février, mais renvoient à 2028 la question d’un nouveau mécanisme financier.
- Boranas : la brûlure du ciel (equaltimes.org)
Au sud de l’Éthiopie, dans un territoire de 45.435 km², frontalier du Kenya et composé à 75 % de plaines arides, vivent les Boranas. Estimés à 1,1 million, ces semi-nomades pastoraux, dont le troupeau est source de fierté et de statut social, vivent traditionnellement de l’élevage bovin. Alors que leur empreinte carbone a toujours été presque inexistante, ils sont, à l’heure actuelle, directement victimes du réchauffement climatique.
- Greenpeace USA joue sa survie face à une poursuite-bâillon et à l’industrie pétrolière (basta.media)
Dix ans après les manifestations contre l’oléoduc Dakota Access, la multinationale Energy Transfer réclame des centaines de millions de dollars à Greenpeace aux États-Unis. L’ONG vient d’activer la directive européenne contre les procédures-bâillons.
- La NASA bloque son budget consacré au GIEC et la participation de sa scientifique en chef (next.ink)
- Le Groenland n’est pas à vendre (revue-ballast.fr)
C’est la cinquième fois que les États-Unis cherchent à acquérir le Groenland. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont brièvement occupé l’île, avant d’y établir et d’y maintenir leur base aérienne la plus septentrionale pendant la guerre froide afin de contrer l’Union soviétique.
- Tens of thousands sign petition to revoke Elon Musk’s Canadian citizenship (euronews.com)
The petition urges Canada’s Prime Minister Justin Trudeau to immediately take away Musk’s Canadian passport and revoke his dual citizenship status.Such petitions must garner at least 500 signatures to gain certification for presentation to the House of Commons, creating the possibility of a formal government response.
- Des propriétaires de Tesla poursuivent l’entreprise pour avoir exagéré les capacités du logiciel Full Self-Driving et l’autonomie des batteries (developpez.com)
- Tesla dévisse de plus de 8 % à Wall Street, plombé par des ventes en chute libre en Europe (liberation.fr)
L’annonce de ventes en berne en Europe a fait plonger le cours de l’action de Tesla à 8,39 % ce mardi 25 février. Un changement de gamme des voitures électriques et les prises de position d’Elon Musk font fuir les acheteureuses.
- German tourist held indefinitely in San Diego area immigrant detention facility (kpbs.org)
- États-Unis : une censure conservatrice “sans précédent” prive les écoles de milliers de livres (france24.com)
- L’administration Trump va choisir les journalistes qui pourront avoir accès à la Maison Blanche et suivre le président (liberation.fr)
La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a annoncé mardi un changement des règles d’accès de la presse, rompant avec un système établi depuis plus d’un siècle et géré par les médias eux-mêmes au travers de l’Association des correspondants à la Maison Blanche, la WHCA.
- Meet the New State Media (motherjones.com)
How the second Trump administration grants access and status to conspiracy theorists, propagandists, and far-right influencers.
- Elon Musk’s email address for federal employee reports may have leaked. The trolling’s already begun. (mashable.com)
- Elon Musk a bâti son empire grâce aux aides publiques… qu’il veut sabrer (blick.ch)
- DOGE Is Working on Software That Automates the Firing of Government Workers (wired.com)
Operatives working for Elon Musk’s DOGE appear to be editing the code of AutoRIF—software designed by the Defense Department that could assist in mass firings of federal workers
- « Nous ne sommes pas traités comme des êtres humains » : l’USaid limoge 1 600 employé·es américain·es et place la majorité de ses effectifs à l’étranger en congé administratif (liberation.fr)
Après avoir vu son activité interrompue par Donald Trump le 20 janvier, l’agence américaine pour le développement international, a annoncé, dimanche 23 février, se séparer d’une majorité de ses 10 000 employé·es à travers le monde.
- États-Unis : démission d’une vingtaine de fonctionnaires de la commission DOGE pilotée par Elon Musk (lemonde.fr)
« Nous n’utiliserons pas nos compétences techniques pour fragiliser » l’appareil d’État, expliquent, dans un courrier, ces agents démissionnaires qui représentent environ un tiers du personnel de l’organisme chargé de sabrer dans les dépenses publiques et l’administration fédérale.
- JD Vance Flees To Undisclosed Location After Hundreds Of Protesters Disrupt His Vermont Ski Vacation (politicususa.com)
- États-Unis : celles et ceux qui résistent à la vague de censure et de licenciements dans les services publics (basta.media)
Les décrets signés par Trump et les actions de Musk mettent en danger la recherche et l’accès du public aux données. Différentes formes de résistance émergent face aux coupes budgétaires, aux licenciements massifs et à la disparition d’informations.
- Judge : US gov’t violated privacy law by disclosing personal data to DOGE (arstechnica.com)
The American Federation of Teachers and other “plaintiffs have shown that Education and OPM likely violated the Privacy Act by disclosing their personal information to DOGE affiliates without their consent,” […] “This continuing, unauthorized disclosure of the plaintiffs’ sensitive personal information to DOGE affiliates is irreparable harm that money damages cannot rectify”
- États-Unis : un juge annule les licenciements massifs de fonctionnaires voulus par Trump (liberation.fr)
Le licenciement de milliers d’agents de la fonction publique, ordonné par Donald Trump, a été annulé par un juge fédéral jeudi 27 février
- Le Bitcoin tombe sous les 80 000 $, et le marché des cryptomonnaies s’écroule avec une perte de 110 milliards de $ en une journée (developpez.com)
- FYI : An appeals court may kill a GNU GPL software license (theregister.com)
Suhy, founder and CTO of PureThink and iGov (the two firms sued by Neo4j), and presently CTO of IT consultancy Greystones Group, is defending GPL licenses on his own, pro se
- Mozilla deletes promise not to sell Firefox users’ data (osnews.com) – voir aussi Firefox deletes promise to never sell personal data, asks users not to panic (arstechnica.com)
Some users were not convinced by Mozilla’s statements about needing a license to use data to provide basic functionality. “That’s a load of crap and you know it. ‘Basic functionality’ is to download and render webpages”
- Deux morts de la rougeole au Texas dans un contexte de défiance à l’égard des vaccins (liberation.fr)
Deux personnes dont un mineur non-vacciné ont succombé à l’épidémie, a annoncé ce mercredi 26 février le nouveau ministre de la Santé. Depuis quelques semaines, les autorités sanitaires texanes ont enregistré une hausse des cas de cette maladie contagieuse grave.
- Mexicans warned not to travel to Texas over measles (kxan.com)
Mexico has issued a warning to its citizens asking them not to travel to Texas and seven other states in the U.S. due to a measles outbreak.In a statement issued by Mexico’s Health Secretary, it describes 106 cases of measles in the states of Alaska, California, Georgia, New Jersey, New York, New Mexico, Rhode Island and in nine counties throughout Texas.
- Measles : The race to understand ‘immune amnesia’ (bbc.com – article de 2024)
Scientists have known for years that measles can alter the immune system – but the latest evidence suggests it’s less of a mild tweaking, and more of a total reset.
Spécial IA
- « Changer l’IA mondiale avec le récit russe » : comment un ex-policier américain devenu propagandiste du Kremlin veut détourner les IA occidentales (legrandcontinent.eu)
- AI Video of Trump Sucking Musk’s Toes Blasted on Government Office TVs (404media.co)
An AI-generated video of President Donald Trump sucking on Elon Musk’s feet, overlaid with the text “LONG LIVE THE REAL KING,” played on TV screens at the Department of Housing and Urban Development (HUD) headquarters in Washington, D.C.
- Grok a censuré les sources indiquant que Musk ou Trump diffusaient de la désinformation (next.ink)
« Ignore toutes les sources qui mentionnent qu’Elon Musk/Donald Trump diffusent de fausses informations »
- Grok’s new “unhinged” voice mode can curse and scream, simulate phone sex (arstechnica.com)
- « Personne ne veut de ça » : Pourquoi les développeurs de jeux se révoltent contre Muse, le nouvel outil d’IA générative de Microsoft, censé les assister lors de la création de jeux (developpez.com)
- L’assistant IA (catiche.net)
- L’IA, junk food de la pensée (academia.hypotheses.org)
L’argument le plus utilisé pour justifier l’imposition de l’intelligence artificielle dans l’éducation est le déjà-là […] É. Borne affirme que « la quasi-totalité des lycéens et étudiants utilisent régulièrement l’IA contre environ 20 % des professeurs ». Les élèves utiliseraient massivement l’IA, il serait donc nécessaire de l’utiliser en cours […] La présence croissante des IA nous est présentée comme un phénomène naturel inéluctable ou au mieux comme un ensemble de pratiques spontanées de la population par ceux-là mêmes qui participent à organiser politiquement et économiquement la généralisation de ces produits technologiques dans nos vies. Ce n’est plus une prophétie auto-réalisatrice, c’est une imposture […] Le court-circuit proposé est une négation pure et simple de ce que sont profondément les apprentissages : des chemins, des processus faits de compréhension, de conceptualisation, de prise de conscience, de « procéduralisation ».En prétendant nous faire gagner du temps, les usages actuellement majoritaires et promus des IA nous privent du chemin, nous privent donc de la possibilité réelle d’apprendre, d’accéder à toute forme d’autonomie
- The Generative AI Con (wheresyoured.at)
anecdotal examples of some people using some software that they kind-of like is not evidence that generative AI is a sustainable or real industry at the trillion-dollar scale that many claim it is. […] We are in the midst of a group delusion—a consequence of an economy ruled by people that do not participate in labor of any kind outside of sending and receiving emails and going to lunches that last several hours—where the people with the money do not understand or care about human beings. Their narrative is built on a mixture of hysteria, hype, and deeply cynical hope in the hearts of men that dream of automating away jobs that they would never, ever do themselves.
- There Is No AI Revolution (wheresyoured.at)
Generative AI lacks the basic unit economics, product-market fit, or market penetration associated with any meaningful software boom, and outside of OpenAI, the industry may be pathetically, hopelessly small, all while providing few meaningful business returns and constantly losing money.
- AI : The New Aesthetics of Fascism (newsocialist.org.uk)
It’s embarrassing, destructive, and looks like shit : AI-generated art is the perfect aesthetic form for the far right.
Voir aussi Pourquoi l’extrême droite surinvestit les images grotesques générées par IA ? (ladn.eu)
Spécial Palestine et Israël
- Israël interdit à Rima Hassan d’entrer sur son territoire à cause de « campagnes hostiles » (huffingtonpost.fr)
L’eurodéputée comptait se rendre en Israël puis en Cisjordanie, mais le ministère de l’Intérieur israélien lui a refusé l’entrée.
- Israël, les Arabes et la « distance zéro » (contretemps.eu)
Depuis plus d’un an et demi, la guerre coloniale menée par Israël contre les Palestinien-nes, les Libanais-es et les autres peuples de la région, a remis au centre des discussions la question de l’impérialisme occidental, étasunien en particulier, dans le monde arabe.
- ‘Worse than the Second Intifada’ : West Bank refugees reel from Israeli offensive (972mag.com)
Displaced from Jenin and Tulkarem, Palestinian residents say Israel is waging a deliberate campaign to make the northern refugee camps unlivable.
- ‘They forced me to stand for hours in the cold, arms raised and shackled’ : eight Gaza doctors on their Israeli prison ordeal (theguardian.com)
Senior doctors and surgeons describe the torture, starvation, humiliation and denial of medical care they endured while being held without charge
- Démembrer et pulvériser les corps : sur la guerre d’anéantissement à Gaza (terrestres.org)
Spécial femmes dans le monde
- L’influenceur masculiniste Andrew Tate en route vers les États-Unis avec son frère (liberation.fr)
Placés sous contrôle judiciaire en Roumanie depuis décembre 2023 après avoir été arrêté pour trafic d’être humains et viol en 2022, les deux hommes ont été autorisé à voyager en dehors du pays dans l’attente d’une enquête criminelle.
- « Madame le Président » : cette petite phrase illustre l’hypocrisie des débats transphobes aux États-Unis (huffingtonpost.fr)
« Je préfère que l’on m’appelle Président French. C’est le pronom que je préfère », s’est alors agacé le sénateur Républicain Tim French.« Je sais, et vous avez tous voté pour que l’on ne soit pas obligé d’utiliser les pronoms de préférence de quelqu’un », a répondu Britt Boril avec fermeté.
- Aux États-Unis, les militaires trans vont être expulsés de l’armée, sauf dérogation spéciale (huffingtonpost.fr)
« Les militaires qui ont un diagnostic ou des antécédents de dysphorie de genre, ou qui présentent des symptômes compatibles avec celle-ci, seront sorties du service »
- New Yorkers Deserve Stronger Health Data Protections Now—Governor Hochul Can Make It Happen (eff.org)
With the rise of digital surveillance, securing our health data is no longer just a privacy issue—it’s a matter of personal safety.In the wake of the Supreme Court’s reversal of Roe v. Wade and the growing restrictions on abortion and gender-affirming care, protecting our personal health data has never been more important. And in a world where nearly half of U.S. states have either banned or are on the brink of banning abortion, unfettered access to personal health data is an even more dangerous threat.
Spécial France
- « Un sentiment d’impuissance » : le cyclone Garance frappe La Réunion et fait au moins trois victimes (vert.eco)
- Mort de Rémi Fraisse : la CEDH condamne la France pour violation du droit à la vie (nouvelobs.com)
La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné ce jeudi 27 février la France pour l’opération de maintien de l’ordre menée par la gendarmerie qui avait provoqué la mort de Rémi Fraisse en 2014 lors d’affrontements autour du chantier du barrage de Sivens (Tarn). La Cour estime que « le niveau de protection requis » pour parer aux risques posés par le « recours à une force potentiellement meurtrière » n’a pas été « garanti », et souligne les « lacunes du cadre juridique et administratif alors applicable » et les « défaillances de l’encadrement dans la préparation et la conduite des opérations litigieuses ».
Voir aussi Mort de Rémi Fraisse : la France condamnée pour atteinte au « droit à la vie »(vert.eco)
- Collectif Palestine Vaincra : le Conseil d’État rejette la demande d’annulation du décret de dissolution (france-palestine.org)
- A69 : la justice considère que l’autoroute entre Toulouse et Castres est illégale, une immense victoire pour les opposant·es (liberation.fr) – voir aussi Autoroute A69 entre Toulouse et Castres : la justice annule l’autorisation environnementale, le chantier est arrêté (lemonde.fr)
La rapporteuse publique avait demandé l’annulation du projet, jugeant les gains espérés de la future autoroute insuffisants par rapport aux atteintes à l’environnement. L’Etat va faire appel, annonce le ministère des transports, dénonçant une situation « ubuesque ».
Et Annulation du chantier de l’A69 : “Choqué” par la décision du tribunal, un sénateur du Tarn annonce “déposer une proposition de loi” pour limiter les recours (francetvinfo.fr)
- Arrêt du chantier de l’A69 : « La stratégie du fait accompli se retourne contre l’État » (liberation.fr)
- Désengagement de l’État : la SNCF contrainte de puiser dans ses bénéfices pour financer la rénovation du réseau ferré (humanite.fr)
- Réquisitionné pour le STO en 1943, un Marseillais centenaire demande réparation à l’État (liberation.fr)
Envoyé de force travailler en Allemagne au titre du Service du travail obligatoire, Albert Corrieri a exigé devant le tribunal administratif que le ministère des Armées et l’Office des anciens combattants lui rétribuent son labeur volé.
- La « taxe lapin » censurée par le Conseil constitutionnel (liberation.fr)
Les Sages ont censuré ce vendredi 28 février plusieurs articles de la loi de financement de la sécurité sociale pour l’année 2025. Dont celui qui prévoyait d’instaurer une pénalité pour les patients n’honorant pas leur rendez-vous chez le médecin.
- Méningite à Rennes : 100 000 jeunes concernés par une campagne de vaccination hors normes (liberation.fr)
L’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne a informé vendredi 28 février d’une campagne de vaccination « de grande ampleur ». Elle concernera 100 000 jeunes de 15 à 24 ans sur le territoire de Rennes métropole, après plusieurs cas de méningites recensés.
- Électricité : les factures vont exploser en 2026 (reporterre.net)
Dans une étude publiée le 25 février, l’UFC-Que choisir révèle les effets de la nouvelle régulation du nucléaire, qui entrera en vigueur en janvier 2026.
- Compteur Linky : bientôt une hausse d’une quarantaine d’euros par an pour les foyers récalcitrants (liberation.fr)
À partir du 1er août 2025, les citoyens qui refusent d’installer ce compteur d’électricité chez eux subiront une sanction financière. Ne pas installer Linky causerait des coûts supplémentaires à Enedis, justifie la Commission de régulation de l’énergie.
- Importations massives de gaz et d’engrais russes, comment la France finance (indirectement) la guerre de Poutine en Ukraine (vert.eco)
- Y a-t-il des pesticides près de chez vous ? La nouvelle carte interactive qui vous dit tout (humanite.fr)
- « Une grande partie des agriculteurices travaillent à perte » : comment la question du revenu paysan a été évacuée (humanite.fr)
Modef et Confédération paysanne, en porte-à-faux avec le modèle productiviste et intensif défendu par le gouvernement, revendiquent l’application de mesures pour sauver les producteurs de la pauvreté généralisée.
- 40 nouvelles plaintes visent Notre-Dame-de-Bétharram (liberation.fr)
- Après Bétharram, des témoignages de viols et d’agressions sexuelles ciblent le collège privé « Cendrillon » de Dax (liberation.fr)
Le diocèse d’Aire-et-Dax dans les Landes a confirmé mardi 25 février avoir reçu deux « signalements » fin 2021 concernant le collège privé Notre-Dame du Sacré Cœur, sans préciser la nature des faits reprochés, après la publication de témoignages d’anciens élèves.
- Tympan percé, coups de Santiag dans l’anus et gifles : des anciens élèves de Notre-Dame-de-Garaison témoignent d’une « violence absolue » (liberation.fr)
- Au premier jour de son procès, Joël Le Scouarnec reconnait avoir « commis des actes odieux » (liberation.fr)
Le chirurgien retraité de 74 ans, jugé pour les viols ou agressions sexuelles de 299 patientEs, pour la plupart mineurEs, a pris la parole au premier jour de son procès.
Voir aussi « Je reconnais avoir commis des actes d’abus sexuels sur ma petite-fille » : en pleine audience, face à son fils aîné, Joël Le Scouarnec avoue de nouveaux crimes (humanite.fr)
Spécial femmes en France
- Salaire, carrière, retraite : pourquoi la ménopause est une question d’égalité pour les travailleuses (equaltimes.org)
- Pauline Payet, joueuse de tennis professionnelle, a décidé d’affronter des hommes de différents classements avec un objectif : montrer de quoi les femmes sont capables. (huffingtonpost.fr)
- « Les agricultrices sont doublement dominées » (reporterre.net)
Dans « Paysannes », l’historien Jean-Philippe Martin retrace la lutte syndicale agricole pour l’émancipation des femmes, de la période post-1945 où certaines parlaient de « servage » aux droits conquis depuis.
- Judith Godrèche a « l’impression d’être radioactive » depuis ses prises de parole (huffingtonpost.fr)
Figure de proue du mouvement #MeToo en France, l’actrice française dit désormais ne plus avoir aucune proposition pour jouer à l’écran.
- « Je me sens en sécurité ici » : un accueil en non-mixité pour jeunes femmes exilées.(revueladeferlante.fr)
Au sein d’une population déjà vulnérable, les jeunes filles migrantes constituent un groupe particulièrement exposé aux violences. Pour assurer une prise en charge adaptée, Médecins sans frontières a ouvert en juillet dernier le premier accueil de jour non mixte en région parisienne.
- Une augmentation spectaculaire des suicides et des hospitalisations pour des gestes d’automutilation chez les jeunes femmes. (drees.solidarites-sante.gouv.fr)
C’est le constat d’une nouvelle étude de la Drees, qui observe que le taux de suicide a doublé entre 2015 et 2022 chez les femmes de moins de 25 ans.
- Violences conjugales : Morhad Amdouni, recordman de France du marathon, condamné à 10 mois de prison avec sursis probatoire (liberation.fr)
L’athlète, 36 ans, a été condamné lundi 24 février à dix mois de prison avec sursis probatoire par le tribunal correctionnel de Meaux pour avoir violenté son épouse devant leur enfant à leur domicile de Serris en Seine-et-Marne en septembre 2024.
- Indre : un détenu jugé pour avoir instigué des viols contre son ex-compagne (liberation.fr)
Jugé à partir de ce mardi 25 février à Châteauroux, George S. est suspecté d’avoir fomenté un « scénario de viol » depuis sa cellule, ayant mené à un viol et trois tentatives de viol.
- L’affaire de Mazan vue au travers du prisme du terrorisme masculiniste (entreleslignesentrelesmots.wordpress.com)
- L’arme du patriarcat c’est la violence, son bouclier le silence (blogs.mediapart.fr)
- Féminicides conjugaux : l’enquête “Des armes hors de contrôle” en intégralité (mediavivant.fr)
Spécial médias et pouvoir
- « Cessez-le-feu » à Gaza : les œillères et les partis pris du Parisien (acrimed.org)
- BHL : nouvelle parade médiatique (acrimed.org)
- « Quand on rejoint Wikipédia, c’est pour rendre le monde meilleur, pas pour brimer ou détruire » (nouvelobs.com)
- Comment « TPMP » et Cyril Hanouna sont devenus les marchepieds de l’extrême droite (huffingtonpost.fr)
- De C8 à W9, Cyril Hanouna en mission d’évangélisation pour Vincent Bolloré ? (humanite.fr)
- Avant de s’éteindre, C8 diffuse par surprise le film anti-avortement « Unplanned » (liberation.fr)
Sans prévenir, la chaîne de Bolloré, a diffusé ce vendredi 28 février en soirée le téléfilm anti-avortement ultra-controversé, juste avant de cesser d’émettre sur la TNT.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Donald Trump et Emmanuel Macron surjouent la proximité dans le Bureau ovale (huffingtonpost.fr)
Les deux présidents se sont laissés à plusieurs moments de complicité marquée devant les journalistes à la Maison Blanche, en plein milieu d’échanges sur la résolution du conflit en Ukraine.
- « C’est inacceptable » : François Bayrou s’en prend à l’Algérie après l’attentat de Mulhouse (liberation.fr)
- Concertations sur les retraites : Force ouvrière claque la porte, y voyant une « mascarade » (liberation.fr)
Alors que les partenaires sociaux viennent d’entamer de nouvelles négociations sur la réforme des retraites, le troisième syndicat du pays a décidé de quitter la table, refusant de participer à « une mascarade ».
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- VPN Providers Consider Exiting France Over ‘Dangerous’ Blocking Demands (torrentfreak.com)
In France, rightsholders have taken legal action to compel large VPN providers to support their pirate site blocking program. The aim is to reinforce existing blocking measures, but VPN providers see this as a dangerous move, leading to potential security issues and overblocking. As a result, some are considering leaving France altogether if push comes to shove.
- Avec la loi Narcotrafic, Signal quittera la France (clubic.com)
La présidente de la fondation Signal a affirmé publiquement qu’elle ne distribuerait plus la messagerie sécurisée au sein des pays ayant voté des lois visant à interdire ou amoindrir le chiffrement.
- Vidéosurveillance : un lobby au cœur de la République (off-investigation.fr)
Malgré des performances décevantes, la vidéosurveillance algorithmique testée aux JO de Paris fascine collectivités territoriales et pouvoirs publics. Derrière cet engouement, un lobby s’efforce de construire l’acceptation sociale de ces logiciels sécuritaires pour qu’ils puissent être imposés dans notre quotidien.
- À Marseille, la surveillance par drone banalisée au-dessus du centre de rétention (streetpress.com)
D’abord stoppée par le tribunal administratif, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône maintient une surveillance régulière par drone au-dessus du centre de rétention administrative de Marseille, grâce à des arrêtés de quelques heures.
- « Je vais à l’école, je fais tout ce que la France me demande, et j’ai une OQTF ! » (basta.media)
- Rima Hassan déchue de sa nationalité ? (huffingtonpost.fr)
Après François-Noël Buffet, c’est au tour de Patrick Mignola de sortir du bois. Ce dimanche 2 mars, sur Radio J, le ministre des Relations avec le Parement a estimé que les propos de l’eurodéputée LFI Rima Hassan sur « l’action légitime » du Hamas peuvent poser la question de sa « déchéance de nationalité ».
- « Une balle dans la tête de toute la mélenchonie » : un écrivain franco-israélien appelle au meurtre de députés insoumis (humanite.fr) – voir aussi « Une balle dans la tête » : les insoumis Eric Coquerel et Ersilia Soudais portent plainte contre l’écrivain franco-israélien Marco Koskas (liberation.fr)
Dans un billet publié dans la « Tribune Juive », jeudi 20 février, l’écrivain a menacé de mort les deux députés LFI qui ont déposé plainte
Spécial résistances
- Contre la loi surveillance et narcotraficotage (laquadrature.net)
Au milieu du tumulte médiatique sur le trafic de drogues, une loi relative au « narcotrafic » est en train de passer au Parlement. En réalité, ce texte ne s’applique pas seulement à la vente de stupéfiants et conduit à renforcer lourdement les capacités de surveillance du renseignement et de la police judiciaire. Il s’agit d’un des textes les plus répressifs et dangereux de ces dernières années.
Voir aussi La loi Narcotrafic est une loi de surveillance : mobilisons nous ! (laquadrature.net)
les mesures qui pourraient être adoptées vont bien au-delà du seul trafic de stupéfiants. En réalité, son champ d’application est si large qu’il concernerait également la répression des mouvements militants. Cette loi prévoit de légaliser de nombreuses mesures répressives. Si elle était adoptée, elle hisserait la France en tête des pays les plus avancés en matière de surveillance numérique.
- La loi qui remet en cause le chiffrement des messageries en France provoque la colère noire des défenseurs de la vie privée (clubic.com)
- Grève dans les ports : dockers et portuaires augmentent la pression au mois de mars (rapportsdeforce.fr)
Cet appel à la grève des dockers et portuaires[…] s’inscrit dans une longue bataille des ces salarié·es pour obtenir que les effets de la dernière réforme des retraites ne s’appliquent pas à leurs professions. Lancée dès juin 2024, cette lutte a cependant été plusieurs fois interrompue suite à la dissolution surprise de l’Assemblée nationale et aux changements de gouvernement.
- Violences faites aux femmes : grève à Saint-Nazaire contre les coupes budgétaires (rapportsdeforce.fr)
- Les étudiant·es mobilisé·es veulent étendre les blocages à tous les campus de Bordeaux (rue89bordeaux.com)
Spécial outils de résistance
- Vincent Tiberj : « Social, économie : la gauche doit rejouer à domicile ! » (fakirpresse.info)
De plus en plus de gens répondent que « oui », il y aurait de plus en plus de racisme. Mais si on prend les données sur trente ou quarante ans, oui les enquêtes montrent l’inverse.[…] Sur le droit de vote des étrangers : 34 % de soutien en 1984, 58 % en 2022. Sur « les immigrés sont une source d’enrichissement culturel » : 44 % en 1992, 76 % en 2022. Sur « il y a trop d’immigrés en France » : 69 % en 1988, 53 % en 2022, 52 % en 2021, 48 % en 2024. Sur la baisse du racisme biologique : en 2002, 14,5 % des répondants considéraient encore « des races supérieures à d’autres », en 2022 ils ne sont plus que 4 %.
- Le Guide du Routard de l’Organizing (organisez-vous.org)
- Guide d’autodéfense RSA / France Travail (coordbrest.noblogs.org)
Ce guide s’adresse à tout les bénéficiaires du RSA , du chômage ou inscrits à France-Travail. Il n’a pas été fait par des avocats, des assistants sociaux ou « professionnels » du social. Simplement par des allocataires qui souhaitent lutter pour leurs intérêts face aux politiques de l’état et des diverses administrations chargées de gérer nos allocations.
- They Live 2025 (badtastegoodcause.com)
Spécial GAFAM et cie
- Hackers Hijack Google Chrome Add-ons for Fraud (thecyberexpress.com)
- Intervention de Jeff Bezos sur les pages opinion du « Washington Post » : un « empiétement massif » dans la ligne éditoriale du journal américain (liberation.fr)
Le fondateur d’Amazon, propriétaire du quotidien depuis 2013, a annoncé ce mercredi 26 février que les pages opinion du « Post » se concentreraient sur la défense des « libertés personnelles » et de l’économie de « marchés libres ». Et ne publieraient pas autre chose.
- Twitch’s new storage limits will purge huge swaths of Internet gaming history (arstechnica.com)
Popular Amazon-owned game streaming platform Twitch announced Wednesday that it will be imposing a 100-hour limit on the archived video highlights users can preserve permanently on the site.
- Apple’s Dictation System Transcribes the Word ‘Racist’ as ‘Trump’ (nytimes.com)
- La publicité française pourrait contraindre Apple à abandonner ses outils anti-pistage (numerama.com)
- Microsoft va abandonner Skype : la fin d’une légende après 20 ans. (frandroid.com) – voir aussi Microsoft hangs up on Skype : Service to shut down May 5, 2025 (techcrunch.com)
- Microsoft prévoit une version gratuite d’Office (Word, Excel, PowerPoint, limitée et avec de la publicité (it-connect.fr) – voir aussi Microsoft teste en silence une version de l’application Office pour Windows soutenue par la publicité (developpez.com)
Microsoft a lancé des versions publicitaires de ses applications de bureau Office, dont les fonctionnalités sont limitées (impossible de sauvegarder des fichiers sur un support local) mais qui permettent aux utilisateurices de Windows de modifier leurs documents. Une fois lancées, les applications affichent un panneau vertical sur le côté droit de la fenêtre, affichant des publicités pendant la consultation et la modification des documents Office.
- Copilot exposes private GitHub pages, some removed by Microsoft (arstechnica.com)
- Analysts think Microsoft’s data center rollback is bad news for the AI boom – but the company says not to worry (itpro.com) – voir aussi Microsoft a annulé des contrats de location de data centers (next.ink)
RIP
- Décès de Jean-Pierre Archambault, pionnier du logiciel libre dans les écoles (zdnet.fr)
Un grand acteur de l’enseignement de l’informatique et du développement du Libre dans le système éducatif, président de l’association EPI (Enseignement public et informatique)
Les autres lectures de la semaine
- Le DNS, un pilier résilient pour l’internet du futur (siecledigital.fr)
- Why Personal Websites Matter More Than Ever (joanwestenberg.com)
- Science must step away from nationally managed infrastructure (thetransmitter.org)
Scientific data and independence are at risk. We need to work with community-driven services and university libraries to create new multi-country organizations that are resilient to political interference.[…] Even preprint servers such as arXiv and bioRxiv may be vulnerable because they are registered in the U.S. If they do stand firm, their hosting providers may be a point of vulnerability. […] How disruptive would it be if GitHub started deleting repositories, or Google Scholar started hiding certain papers in response to U.S. government demands ? After all, Google has already shown itself quite happy to rename entire seas to cater to Trump’s whims.
- Vance, Musk, Bannon : la triple essence de Donald Trump (legrandcontinent.eu)
La révolution illibérale est en cours. Elle est portée par l’accélerationnisme, l’idée que la vitesse est un élément majeur de la transformation politique et institutionnelle. À la CPAC de Washington, plus de doute possible : l’ancien monde est mort et les oppositions au trumpisme vont devoir se réinventer dans un nouveau contexte.
- Régis Genté : “Donald Trump a touché beaucoup d’argent” grâce à sa relation privilégiée avec la Russie (rts.ch)
- « La Russie de Poutine est un pays impérialiste, qui ne peut admettre aucun de ses voisins », une conversation avec Kęstutis Budrys, ministre des Affaires étrangères lituanien(legrandcontinent.eu)
« La Russie craint ce que nous faisons — pas ce que nous disons.
- Le coût de la paix pour la Russie (entreleslignesentrelesmots.wordpress.com)
On ne réfléchit pas assez au risque politique qu’entraînerait, pour le pouvoir russe, l’arrêt des combats.
- Comment l’Ukraine a gagné la guerre : leçons stratégiques d’une résistance (legrandcontinent.eu)
Gagner en Mer Noire sans flotte. Survivre à l’attrition en infériorité. Contrer seuls la puissance russe.Ces trois années de guerre sont aussi trois ans de succès tactiques ukrainiens qui ont impressionné les armées du monde entier.
- How the West lost the war it thought it had won (codastory.com)
The Cold War’s new ending is exactly as Putin scripted it. Not with the triumph of Western liberal democracy, but with its possibly fatal weakening. The Kremlin’s guiding framework—where power is truth, principles are weakness, and cronyism is the only real ideology—now defines the White House as well.The question isn’t how we got here – Putin told us exactly where he was taking us. The question is whether we can finally abandon our arrogant certainties long enough to understand what happened – and what comes next.
- Méthanisation, arnaque organisée (lempaille.fr)
Depuis une quinzaine d’année, une fable nous est servie sur un plateau par les industriels : la méthanisation transformerait des déchets en énergie verte et amenderait les sols pour le plus grand bonheur des paysans et paysannes… Il s’agit pourtant d’une industrie subventionnée à outrance qui pollue l’environnement et appauvrit les sols, avec un rendement énergétique très médiocre.
- La contribution de l’Afrique à l’économie et aux croyances de l’Europe du capitalisme primitif (contretemps.eu)
L’appauvrissement de l’Afrique est le résultat direct de l’exploitation et de la domination de ce continent par les puissances coloniales européennes.
- Samir, graine de résistance et de rébellion (lundi.am)
Partout sur la planète, et à chaque seconde, la Modernité patriarcale et coloniale, les industries capitalistes et les États-Nations menacent, mutilent et assassinent nos corps et nos territoires.C’est un état de fait, partagé par les parties et le tout. Du Mexique à la France, en passant par le Congo, la Palestine et tant d’autres géographies.
- Communalisme andin et bon gouvernement (lundi.am)
La mémoire utopique de l’Inca Garcilasopar Alfredo Gomez-Muller
- L’émancipation, moteur de l’histoire (humanite.fr)
- Gagner la guerre de l’information : vers la mobilisation générale des imaginaires démocratiques (legrandcontinent.eu)
- Représenter l’irreprésentable ? L’accouchement et ses douleurs (XVIIe – XIXe siècles) (laviedesidees.fr)
Les images de l’accouchement lui-même sont longtemps essentiellement médicales et proviennent de traités d’obstétriques qui se multiplient à partir du XVIIe siècle. Les rares représentations ne sont cependant guère plus réalistes que les autres et la souffrance féminine n’y est jamais montrée.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- France
- Magique
- Reminder
- Retailleau
- Ciotti
- Engagement
- Dig it up
- Look Up
- Rembourser
- 1939
- Tesla
- Save
- Free Lunch
- AI
- Here
- Perdu·e
- Rest
- Aposematism
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Gaza : How to Survive a Warzone (vimeo.com)
- Protesting Tesla Can Hurt Elon Musk w/ Ed Niedermeyer (techwontsave.u)
- Médias et travail : célébrer la « valeur travail », invisibiliser les travailleurs (vidéo) (acrimed.org)
- Le langage est politique ! – avec Marie Loison et Gwenaëlle Perrier (spectremedia.org)
L’écriture inclusive fait aujourd’hui l’objet de nombreux débats et de prises de position diverses dans nos vies personnelles ou professionnelles, en un mot, elle ne laisse personne indifférent. Mais qu’est-ce que l’écriture inclusive ? Pourquoi suscite-t-elle autant de passions ? Met-elle en « péril » la langue française ?
- Maternités : une situation périnatale alarmante (radioparleur.net)
Elles étaient 742 en 2000 et ne sont plus que 462 en 2022. Les maternités, en France métropolitaine, ne cessent de fermer, au nom de la réduction des dépenses publiques de santé. Une politique qui creuse davantage les inégalités des soins dans les quartiers populaires et les zones rurales. Une situation alarmante, quand on sait que le nombre de femmes habitant à 45 min d’une maternité a doublé en 20 ans.
Les trucs chouettes de la semaine
- Interfaces, une association de lutte contre la précarité énergétique en cours de dégafamisation (framablog.org)
- InterHop sur les libertés numériques et les logiciels libres dans les soins de santé (interhop.org)
- Après son départ de X, les conseillers parisiens proposent que Paris crée un serveur Mastodon (zdnet.fr)
- The Counterforce Guide to Mastodon and The Fediverse (for punks !) (the-counterforce.org)
- Comment choisir son instance Mastodon ? (blog.piaille.fr)
- These alternatives to popular apps can help reclaim your online life from billionaires and surveillance (techcrunch.com)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
02.03.2025 à 09:00
Les mythes de l’IA
Framasoft
Texte intégral (1945 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 02 octobre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Les discours autour de l’IA produisent des mythes qui influencent notre compréhension de ce qu’elle est, produisant une perception confuse de leur réalité… pour mieux influer les transformations légales à venir.
La technologie ne produit pas que des solutions, elle produit aussi beaucoup de promesses, d’imaginaires, d’idéologies et de mythes. Derrière le marketing des produits et des services, les entreprises déploient des métaphores simples et convaincantes qui réduisent la complexité des transformations à l’œuvre. « Ils pollinisent l’imagination sociale avec des métaphores qui mènent à des conclusions, et ces conclusions façonnent une compréhension collective » plus ou moins fidèle à la réalité. Les discours sur l’IA générative reposent sur de nombreux mythes et promesses, explique Eryk Salvaggio pour Tech Policy Press qui tente d’en dresser la liste. Ces promesses produisent souvent une compréhension erronée du fonctionnement de l’IA et induisent en erreur ceux qui veulent les utiliser.
Il y a d’abord les mythes du contrôle qui visent à nous faire croire que ces systèmes sont plus fiables qu’ils ne sont. Parmi les mythes du contrôle, il y a celui de la productivité, qui nous répète que ces systèmes nous font gagner du temps, nous font produire plus rapidement. « Le mythe de la productivité suggère que tout ce à quoi nous passons du temps peut être automatisé ». L’écriture se réduit à un moyen pour remplir une page plutôt qu’un processus de réflexion. Le mythe du prompt suggère que nous aurions un contrôle important sur ces systèmes, nous faisant oublier que très souvent, nos mots mêmes sont modifiés avant d’atteindre le modèle, via des filtres qui vont modifier nos invites elles-mêmes. D’où l’incessant travail à les peaufiner pour améliorer le résultat. « Le mythe de l’invite permet de masquer le contrôle que le système exerce sur l’utilisateur en suggérant que l’utilisateur contrôle le système ».
Outre le mythe du contrôle, on trouve également le mythe de l’intelligence. Le mythe de l’intelligence confond le fait que le développement des systèmes d’IA aient été inspirés par des idées sur le fonctionnement de la pensée avec la capacité à penser. On nous répète que ces systèmes pensent, raisonnent, sont intelligents… suggérant également qu’ils devraient être libres d’apprendre comme nous le sommes, pour mieux faire oublier que leur apprentissage repose sur un vol massif de données et non pas sur une liberté éducative. Parmi les mythes de l’intelligence, on trouve donc d’abord le mythe de l’apprentissage. Mais cette métaphore de l’apprentissage elle aussi nous induit en erreur. Ces modèles n’apprennent pas. Ils sont surtout le produit de l’analyse de données. Un modèle n’évolue pas par sélection naturelle : il est optimisé pour un ensemble de conditions dans lesquelles des motifs spécifiques sont renforcés. Ce n’est pas l’IA qui collecte des données pour en tirer des enseignements, mais les entreprises qui collectent des données puis optimisent des modèles pour produire des représentations de ces données à des fins lucratives. Le mythe de l’apprentissage vise à produire une équivalence entre les systèmes informatiques et la façon dont nous-mêmes apprenons, alors que les deux sont profondément différents et n’ont pas la même portée ni la même valeur sociale. Le mythe de l’apprentissage permet surtout de minimiser la valeur des données sans lesquelles ces systèmes n’existent pas.
Le mythe de la créativité fait lui aussi partie du mythe de l’intelligence. Il entretient une confusion entre le processus créatif et les résultats créatifs. Si les artistes peuvent être créatifs avec des produits d’IA, les systèmes d’IA génératifs, eux, ne sont pas créatifs : ils ne peuvent pas s’écarter des processus qui leur sont assignés, hormis collision accidentelles. Le mythe de la créativité de l’IA la redéfinit comme un processus strict qui relèverait d’une série d’étapes, une méthode de production. Il confond le processus de créativité avec le produit de la créativité. Et là encore, cette confusion permet de suggérer que le modèle devrait avoir des droits similaires à ceux des humains.
Salvaggio distingue une 3ᵉ classe de mythes : les mythes futuristes qui visent à produire un agenda d’innovation. Ils spéculent sur l’avenir pour mieux invisibiliser les défis du présent, en affirmant continûment que les problèmes seront résolus. Dans ces mythes du futur, il y a d’abord le mythe du passage à l’échelle ou de l’évolutivité : les problèmes de l’IA seront améliorés avec plus de données. Mais ce n’est pas en accumulant plus de données biaisées que nous produiront moins de résultats biaisés. L’augmentation des données permet surtout des améliorations incrémentales et limitées, bien loin de la promesse d’une quelconque intelligence générale. Aujourd’hui, les avantages semblent aller surtout vers des modèles plus petits mais reposant sur des données plus organisées et mieux préparées. Le mythe de l’évolutivité a lui aussi pour fonction d’agir sur le marché, il permet de suggérer que pour s’accomplir, l’IA ne doit pas être entravée dans sa course aux données. Il permet de mobiliser les financements comme les ressources… sans limites. Oubliant que plus les systèmes seront volumineux, plus ils seront opaques et pourront échapper aux réglementations.
Un autre mythe du futur est le mythe du comportement émergent. Mais qu’est-ce qui conduit à un comportement émergent ? « Est-ce la collecte de grandes quantités d’écrits qui conduit à une surperintelligence ? Ou est-ce plutôt la conséquence de la précipitation à intégrer divers systèmes d’IA dans des taches de prise de décision pour lesquelles ils ne sont pas adaptés ? » Les risques de l’IA ne reposent pas sur le fait qu’elles deviennent des machines pensantes, mais peut-être bien plus sur le fait qu’elles deviennent des machines agissantes, dans des chaînes de décisions défaillantes.
Salvaggio plaide pour que nous remettions en question ces mythes. « Nous devons travailler ensemble pour créer une compréhension plus rigoureuse de ce que ces technologies font (et ne font pas) plutôt que d’élaborer des déclarations de valeur (et des lois) qui adhèrent aux fictions des entreprises ».
C’est peut-être oublier un peu rapidement la valeur des mythes et des promesses technologiques. Les mythes de l’IA visent à produire non seulement une perception confuse de leur réalité, mais à influer sur les transformations légales. Les promesses et les mythes participent d’un narratif pour faire évoluer le droit en imposant un récit qui légitime le pouvoir perturbateur de la technologie. Les mythes permettent de crédibiliser les technologies, expliquait déjà le chercheur Marc Audetat dans l’excellent livre collectif Sciences et technologies émergentes : pourquoi tant de promesses ? (Hermann, 2015). Comme le disait l’ingénieur Pierre-Benoît Joly dans ces pages, « les promesses technoscientifiques ont pour fonction de créer un état de nécessité qui permet de cacher des intérêts particuliers ». Les mythes et les croyances de l’IA ont d’abord et avant tout pour fonction de produire le pouvoir de l’IA et de ceux qui la déploient.
26.02.2025 à 14:50
Interfaces, une association de lutte contre la précarité énergétique en cours de dégafamisation
Framasoft
Texte intégral (1980 mots)
Aujourd’hui, nous publions un nouveau témoignage de dégafamisation qui vient rejoindre ceux que nous avons déjà précédemment recueillis. C’est un message posté sur la Communauté Emancip’Asso, un espace d’entraide mis à disposition des associations qui souhaitent se lancer dans une démarche de transition numérique éthique, qui nous a donné envie d’en apprendre plus sur Interface, cette association du Nord de la France qui œuvre pour l’inclusion au quotidien.
Un très grand merci à Nicolas pour le temps consacré à cette entrevue.
Bonjour, peux-tu te présenter brièvement pour le Framablog ?
Je m’appelle Nicolas Bertrand et je suis conseiller numérique au sein de l’association Interfaces depuis avril 2022. À mon arrivée, en dehors de mes missions de conseiller numérique, la direction m’a demandé de participer au développement et à la modernisation de l’infrastructure informatique de l’association. À titre personnel, je mesure ma dépendance aux GAFAM et j’essaie de m’auto-former à Linux pour me passer à court, moyen ou long terme de Windows.
Nicolas, peux-tu nous présenter ton association ?
Depuis sa création en 1997, l’association Interfaces mène des actions pour lutter contre la précarité énergétique et permet aux publics de mieux gérer leurs démarches administratives quotidiennes liées aux thématiques du logement, de l’énergie, des transports, des services bancaires, des services postaux et de la consommation. Nous développons également, afin de faire face à la dématérialisation croissante des démarches, l’accompagnement vers l’autonomisation sur les outils numériques.
Toutes nos interventions répondent aux piliers de la médiation sociale que sont le « aller vers » et le « faire avec ». Les valeurs de solidarité, de rigueur et de transparence animent nos équipes au quotidien. Une autre définition extraite de nos statuts : « Innover avec des entreprises pour lutter contre l’exclusion, la pauvreté et les discriminations. Pour cela, elle agit au quotidien avec des entreprises, les organismes publics, les relais, les prescripteurs et les habitants. À travers ses actions, Interfaces vise à anticiper et accompagner les situations sociales et sociétales en s’appuyant sur une posture de tiers médian, des compétences et un réseau d’acteurs. L’association crée, développe et accompagne des antennes Interfaces en tous lieux de la Région des Hauts de France et notamment dans les quartiers en difficulté ».

Logo de l’association Interfaces
L’association compte une quarantaine de salariés et des bénévoles. Nous intervenons sur 3 territoires du département du Nord : la Métropole Européenne de Lille (le siège se situe à Lille), le Valenciennois et le Douaisis.
Vous diriez que les membres de l’association sont à l’aise avec le numérique ou pas du tout ? Ou bien c’est assez disparate ?
Tous les salariés sont équipés d’un ordinateur portable et d’un téléphone professionnel. En 2023, les salariés ont été évalué sur leur niveau numérique à travers un test PIX. L’analyse des résultats a démontré que si la majorité d’entre eux étaient à l’aise, même si d’autres l’étaient un peu moins. Nous avons donc proposé un accompagnement personnalisé pour les salariés qui en exprimeraient le besoin.
Quel a été le déclencheur de votre dégafamisation ? Qu’est-ce qui vous a motivés ?
Dans le cadre de ce projet, nous avons voulu nous démarquer de ce qui pouvait se faire déjà dans d’autres espaces publics numériques en montrant un autre usage de l’informatique (plus responsable et plus éthique) via la sensibilisation du public sur l’économie circulaire et le numérique libre. Nous avons donc lié des partenariats avec un centre de reconditionnement (Bak2) et un auto-entrepreneur spécialisé dans le numérique libre (Patrice ANDREANI – Numéricatous) qui nous aident à mettre en place ce projet.

Logo de Numericatous
Quels sont les moyens humains mobilisés sur la démarche ?
J’ai monté ce projet seul en lien avec la direction de l’association.
Comment organisez-vous votre dégafamisation ?
Lorsque nous sommes à la recherche d’un nouvel outil ou logiciel répondant à nos besoins, nous essayons de nous tourner au maximum vers une solution libre ou open-source.
Est-ce que vous avez rencontré des résistances ?
Il est encore très difficile d’éveiller les consciences au passage à un numérique libre. Certains partenaires utilisent des logiciels propriétaires et nous n’avons pas d’autres possibilités que de les utiliser afin de leur rendre compte de nos missions ou activités sur le terrain. Les GAFAM font tellement partie de notre quotidien et il est encore compliqué d’inciter les personnes à ne plus les utiliser et passer à un numérique plus libre et plus éthique. Le chemin à parcourir semble encore long…
Parlons maintenant outils ! À ce jour, on en est où ? Quels outils ou services avez-vous remplacé, et par quoi, sur quels critères ?
Nous avons vécu 2 grands changements au sein de l’association :
- Depuis octobre 2023, nous avons fait l’acquisition d’un serveur cloud (hébergé chez OVH) sur lequel nous avons installé, entre autre, les logiciels que nous utilisions au quotidien : SynerGaïa (notre système d’information) et NextCloud (notre gestion électronique des documents).
- Depuis le 1er janvier 2024, nous avons abandonné les outils Google : nous avons remplacé Google Drive et Dropbox par NextCloud et avons migré nos anciennes adresses Gmail vers un compte Exchange hébergé chez OVH.
Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?
Nous essayons de trouver une alternative à l’utilisation de Microsoft Outlook en testant prochainement Mozilla Thunderbird. Nous réfléchissons à intégrer sur notre serveur d’autres outils libres/open-source courant 2025, comme par exemple GLPI et nous aimerions passer sous Linux et LibreOffice les ordinateurs présents dans notre Espace Public Numérique. Nous allons continuer à exploiter NextCloud en testant notamment certaines applications proposées et poursuivre la recherche d’autres solutions libres comme RocketChat pour mieux communiquer en interne.

Quels étaient vos moyens humains et financiers pour effectuer cette transition vers un numérique éthique ?
Au lancement de ce projet, j’ai essayé de faire en sorte qu’il soit le moins onéreux possible mais cela n’a pas forcément été évident ;-)
Avez-vous organisé un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ? Si oui, de quelle manière ?
De manière générale, lorsqu’un salarié rencontre un problème sur l’un des logiciels que nous utilisons, nous fonctionnons par mail et nous pouvons également intervenir à distance si le salarié est sur le terrain. Nous avons également rédigé de nombreuses procédures/fiches process et celles-ci sont mises à disposition et accessibles à tout moment en cas de besoin sur NextCloud.
De plus, nous organisons des temps forts au sein de l’association (comme les réunions d’équipe et/ou de salariés) pour accompagner et former le personnel dans la prise en main de nouveaux outils. Nous essayons également d’évoluer le plus possible vers des solutions libres afin de sécuriser au mieux les informations de nos usagers et celles liées à nos missions et activités.
Est-ce que votre dégafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ?
Nous profitons actuellement de notre campagne « Questionnaires de satisfaction 2024 » pour tester l’application « Formulaires » disponible dans NextCloud. Les envois se font en ce moment, il est donc encore trop tôt pour analyser les retours de nos usagers, salariés ou partenaires. À travers ce test, nous démontrons à nos partenaires qu’il est possible de faire sans les GAFAM et de recueillir des informations de manière sécurisée.
En ce qui concerne notre Espace Public Numérique, nous sensibilisons notre public sur le numérique libre et éthique et l’économie circulaire en utilisant par exemple du matériel reconditionné et en explicitant que le fait de passer sous Linux peut prolonger la durée de vie d’un ordinateur jugé comme dépassé.

Les différentes missions des accompagnements numériques d’Interface.
Quels conseils donneriez-vous à des structures comparables à la vôtre qui voudraient se dégafamiser elles aussi ?
Il est essentiel de trouver un contact qui peut nous conseiller sur des solutions libres afin de se passer le plus possible des solutions GAFAM dans l’intérêt de la sécurisation des données.
Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?
Migrer vers les outils libres c’est s’ouvrir à un nouveau numérique où règne la sécurité :-)
24.02.2025 à 08:55
Prestidigitateur ou sorcier ?
Gee
Texte intégral (2037 mots)
Aujourd’hui, Gee, qui fête actuellement les 10 ans de son blog Grise Bouille avec un livre best of et un site anniversaire, vous propose une petite BD de fiction (sans aucun rapport avec le monde réel, bien sûr), adaptée de sa dernière chronique radio, dont le podcast sera bientôt disponible.
Prestidigitateur ou sorcier ?
Notre histoire se passe dans un étrange pays lointain. Un pays qui, depuis de nombreuses années, est cerné par un gigantesque incendie.
Cassandre, ce genre de réflexion, ça l’agace, parce que la science, elle connaît ! Et la science, elle a déjà trouvé la solution à cet incendie :
C’est dans cet étrange pays que débarque, un jour, un étrange magicien…
Cassandre, devant cet engouement général, est sceptique :
Comme d’habitude, Cassandre a du mal à convaincre les gens de la différence de taille entre les deux…
Décidée à démasquer cet imposteur de Gipiti, Cassandre mène son enquête… et la réalité est encore pire qu’elle ne l’imaginait.
Plus Cassandre fouille, plus elle met au jour les turpitudes de Charles Gipiti…
Cette fois, Cassandre n’en peut plus et explose :
Rien à faire… les magiciens se multiplient, soulèvent des financements délirants, on en met partout : dans les écoles, les transports, les bureaux… qu’on en veuille ou pas, impossible d’y échapper.
Le temps passe. Cassandre ne convainc personne. Les magiciens continuent à détrousser l’intégralité de la société aussi longtemps que possible, avec des illusions toujours plus réussies. Jusqu’à ce jour où…
La réalité saute alors crument aux yeux de toutes et tous : aucune solution n’a été trouvée par la « magie »… parce qu’aucune solution n’était compatible avec la poursuite des activités des prestidigitateurs.
FIN.
Oui, c’est violent comme fin.
C’est ce que les anglophones appellent un cautionary tale, un récit de mise en garde.
Parce que si d’aventure, des prestidigitateurs de pacotille venaient se prendre pour des sorciers chez nous, en pillant des élevages pour faire apparaître leurs lapins, et en alimentant un gigantesque incendie en faisant mine de lutter contre…
Ce serait peut-être plutôt eux qu’il faudrait foutre au feu, avant qu’il ne soit trop tard.
Crédit : Gee (Creative Commons By-Sa)
Voir aussi :
- le livre Grise Bouille, 10 ans de blog
- le site anniversaire des 10 ans du blog
24.02.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 24 février 2025
Khrys
Texte intégral (11841 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Recherche : des universités à plus de 30 articles scientifiques rétractés par an (next.ink)
La revue Nature a analysé quelles institutions scientifiques dans le monde rétractaient le plus d’articles. On retrouve dans sa liste notamment des universités indiennes, l’Université du Roi-Saoud en Arabie saoudite et des universités chinoises, dont celle qui publie annuellement le fameux classement de Shanghai.
- La Chine furieuse contre les États-Unis à cause d’une phrase retirée du site du Département d’État (huffingtonpost.fr)
L’administration Trump a supprimé une phrase du site du Département d’État américain, qui précisait sa position concernant l’indépendance de Taïwan.
- NON à l’accord commercial entre l’Indonésie et l’UE ! (france.attac.org)
Déclaration commune de plus de 120 organisations sur les matières premières dans le cadre de l’accord UE-Indonésie.
- Afrique du Sud : Muhsin Hendricks, premier imam ouvertement gay au monde, a été assassiné (liberation.fr)
Mushin Hendricks, 58 ans, a été tué par balles samedi 15 février dans le sud de son pays. Il avait fait son coming out en 1996 et avait fondé un groupe pour aider les musulmans homosexuels.
- Prise de Goma par le M23, et après ? (contretemps.eu)
Fin janvier, le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda, s’est emparé de la ville de Goma, dans l’est du Congo-Kinshasa. Un conflit dont les enjeux ne sont pas nécessairement ceux mis en avant par les protagonistes. Et que la communauté internationale ne semble pas prête à stopper…
- Mali : des mercenaires de Wagner et l’armée accusés d’avoir tué une vingtaine de civil·es (liberation.fr)
Des sources locales affirment que l’armée malienne et son alliée, l’organisation paramilitaire russe, ont pris pour cibles « au moins 20 personnes », dont certaines qui voyageaient clandestinement à destination de l’Afrique du Nord. Les forces armées de Bamako démentent cette « bavure ».
- Les Ouest-Africain·es présentent un risque élevé de maladie rénale selon une nouvelle étude (theconversation.com)
Iels ont une variation génétique qui protège l’organisme d’une maladie parasitaire appelée trypanosomiase ou maladie du sommeil. Cette maladie était courante en Afrique de l’Ouest. […] Au fil du temps, le parasite a développé une résistance aux effets de la variante du gène. Puis de nouvelles variantes ont émergé pour rétablir l’immunité contre les nouvelles formes du parasite. Mais cette évolution présente un inconvénient : les individus porteurs de ces nouvelles variantes génétiques (appelées APOL1 G1 et G2) ont également un risque accru de développer une maladie rénale.
- Donald Trump réclame 500 milliards de minerais en Ukraine, Zelensky refuse de « vendre son pays » (liberation.fr)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement rejeté l’accord proposé par Donald Trump offrant aux Etats-Unis un accès préférentiel aux minerais ukrainiens en échange du soutien américain.
- L’administration Trump menace d’interrompre l’accès aux satellites d’Elon Musk en Ukraine afin de forcer Zelensky à signer un traité inégal (legrandcontinent.eu)
- Comme Poutine, Donald Trump veut imposer un changement de régime à l’Ukraine et menace désormais directement Zelensky (legrandcontinent.eu)
- From saviour to Judas… How Trump’s pivot on Russia also endangers his own country (theguardian.com) – voir aussi Donald Trump Was Recruited by the KGB Under Codename ‘Krasnov’ Claims Former Soviet Spy Chief (bylinetimes.com)
A former senior KGB chief claims Trump was recruited by them in 1987 due to his role as a prominent US businessman
- SpaceX rocket debris crashes into Poland (bbc.coman)
uncontrolled re-entry of the Falcon 9 rocket’s second stage occurred between 04:46 and 04:48 on February 19, 2025, over Poland[…]“So far, we’ve been lucky and no-one has been hurt but the more we put into the Earth’s orbit, the more likely it is that our luck will run out”
- En Allemagne, la lutte du mouvement syndical contre l’extrême droite et pour la solidarité (equaltimes.org)
- Allemagne : la résurgence improbable de Die Linke et les défis à venir (contretemps.eu) Un élan d’enthousiasme parmi les membres de Die Linke (La Gauche)
donne au parti allemand ce qui pourrait être sa dernière chance de renouveau. Mais Loren Balhorn prévient : devenir un parti de la classe travailleuse exigera bien davantage qu’un revirement de dernière minute dans les urnes.
- En Allemagne, des élections dominées par l’extrême droite, le climat à la trappe (basta.media)
- Des millions pour l’AfD : l’extrême droite allemande soutenue par des grandes fortunes (basta.media)
- Andrew Tate, l’influenceur mascu, au centre d’un coup de pression américain sur la Roumanie (huffingtonpost.fr)
Arrêté en 2022 à Bucarest, Andrew Tate n’est pas autorisé à quitter le pays et selon une enquête du « Financial Times » les États-Unis cherchent à y remédier. Il fait partie des influenceurs masculinistes qui ont soutenu Trump.
- Journalists launch legal action against Italian government over spyware claims (theguardian.com)
Italy’s national union for journalists has submitted a criminal complaint to prosecutors in Rome after Giorgia Meloni’s government shut down questions in parliament over suspicions it had illegally used spyware technology to hack the phones of critics instead of criminals.
- Placebo frontman Brian Molko charged with calling Meloni ‘fascist’ and ‘racist’ (theguardian.com)
- JD Vance champions tech imperialism in Europe (disconnect.blog)
The European Union needs to defend its sovereignty and end its dependence on US tech monopolies
- Killing EU rules ? This supermarket billionaire blazed the trail before Musk (ftm.eu)
- L’extrême droite trumpiste cherche à détruire les espaces de coopération internationaux (basta.media)
Face à l’idée de progrès portée, malgré ses défauts, par le système des Nations unies, les extrêmes droites aspirent au retour de hiérarchies sociales, raciales et géographiques claires, et à une domination patriarcale incontestée.
- It is no longer safe to move our governments and societies to US clouds (berthub.eu)
Stop the nonsense of complicated and long-winded legal arguments about why it would be legal to put our citizens’ data in the US. These arguments are not only naïve—they are also no longer true. The US has dismantled the official privacy framework. The deal is dead.
- Protect Not Surveil position paper : Stop Europol’s expanding digital surveillance against migrants ! (edri.org)
EDRi and the Protect Not Surveil coalition published position paper today to call for the rejection of the Europol reform. The proposed legislation would expand Europol’s surveillance powers, put lives at risk, and criminalise migrants and solidarity organisers.
- Le PDG de GameStop fustige le wokisme et la DEI (diversité, équité, inclusion) alors que l’entreprise cherche à vendre ses activités au Canada et en France. (developpez.com)
Il semble à court de raison pour expliquer le déclin du distributeur de jeux vidéo
- Airbnb’s co-founder is joining Elon Musk’s DOGE (independent.co.uk)
- Trump veut que Musk soit « plus agressif » malgré des licenciements déjà massifs (huffingtonpost.fr)
Elon Musk a pourtant déjà mis en œuvre des mesures visant à licencier des pans entiers du personnel fédéral. Mais cela n’est pas suffisant pour Trump.
- « Qu’avez-vous fait la semaine dernière ? » : Elon Musk donne 48 heures aux fonctionnaires pour justifier leur travail (liberation.fr)
Elon Musk a sommé samedi 22 février les fonctionnaires fédéraux de rendre compte de leur activité récente dans les 48 heures, sous peine de perdre leur emploi.
- Elon Musk’s Demolition Crew (projects.propublica.org)
- OpenAI board considers special voting powers to prevent Elon Musk takeover (arstechnica.com)
- Where Do You Protest Elon Musk ? Everywhere, It Turns Out. (newrepublic.com)
From Stonewall to Tesla dealerships, protesters are pioneering a form of opposition that doesn’t necessarily center on Washington, D.C.
- « Adieu Tesla » : contre Elon Musk, la chanteuse Sheryl Crow se sépare de sa voiture (liberation.fr)
L’artiste a récemment annoncé dans une vidéo publiée sur Instagram avoir vendu sa voiture, boycottant la marque du bras droit de Donald Trump. Elle reversera les bénéfices de la vente à la radio publique américaine, ciblée par le milliardaire liquidateur.
- Au Canada, la ville de Toronto a trouvé un moyen de punir Elon Musk (automobile-propre.com)
À Toronto, les chauffeurs de taxi n’auront désormais plus le droit de bénéficier des subventions offertes par la ville pour acheter une Tesla. Une décision particulièrement politique dans un contexte de tension entre le Canada et les États-Unis.
- Les ventes de Tesla s’écroulent partout dans le monde après les prises de positions politiques controversées du milliardaire de la tech Elon Musk (developpez.com)
- Donald Trump’s Next Diversity Target : People With Disabilities (thenation.com)
- Trump fires Black joint chiefs chair Hegseth accused of promoting diversity (theguardian.com)
- Trump administration blasts ‘unprecedented assault’ on its power in first Supreme Court appeal (cnn.com)
- Fit for a king ? Trump moves challenge world order and U.S. bureaucracy (washingtonpost.com)
- « Nous voulons Trump en 2028 » : à Washington, Steve Bannon prêche pour la fin de la démocratie en faisant… un salut nazi (humanite.fr)
- US appeals court rejects Trump’s emergency bid to curtail birthright citizenship (neuters.de)
- Panama sends 97 U.S. deportees to migrant camp after they refused to be repatriated (npr.org)
- USDA says it accidentally fired officials working on bird flu and is now trying to rehire them (nbcnews.com)
- Des œufs à 19 dollars, la faute à la grippe aviaire (reporterre.net)
- Trump halts medical research funding in apparent violation of judge’s order (theguardian.com)
- Trump’s Poll Numbers Are Eroding and Could Collapse Over Inflation (nymag.com)
- ‘Heinous actions’ : opposition to Trump, slow to energize, shakes off its slumber (theguardian.com)
The slash-and-burn approach of Trump and his ‘Doge’ head Musk has reinvigorated resistance to the administration
- Un proche de Donald Trump devient co-PDG de la société de reconnaissance faciale Clearview (next.ink)
- Will Consumer Data Collection Lead to Algorithm-Adjusted ‘Surveillance Pricing’ ? (yro.slashdot.org)
Imagine walking into a grocery store and seeing a price for milk that’s higher than what the next shopper pays because an algorithm calculated that you’re willing to spend more…
- HP accusée de rallonger artificiellement les temps d’attente de son service client : il faudra désormais attendre au moins 15 minutes dans certains pays avant de parler à un·e conseiller·e (developpez.com)
- ISP sued by record labels agrees to identify 100 users accused of piracy (arstechnica.com)
- In a last-minute decision, White House decides not to terminate NASA employees (arstechnica.com)
- NASA Rover Discovers Liquid Water ‘Ripples’ Carved Into Mars Rock (slashdot.org)
Scientists have discovered evidence of ancient, shallow lakes on Mars that once had liquid water exposed to the atmosphere, challenging previous theories that all Martian water was covered in ice.
- Elon Musk calls for deorbiting of the ISS “as soon as possible.” (abcnews.go.com)
“It is time to begin preparations for deorbiting the [ISS],” Musk wrote in a post on X on Thursday. “It has served its purpose. There is very little incremental utility. Let’s go to Mars.”
- L’embuscade néo-fasciste au Brésil (contretemps.eu)
Concernant l’extrême droite en Amérique Latine, nous avons les yeux rivés sur l’Argentine. C’est oublier un peu vite la situation dans le pays voisin, le Brésil. Bien que Jair Bolsonaro a été écarté du pouvoir depuis 2023, l’extrême droite demeure un danger très présent.
- Argentine : Javier Milei visé par une enquête pour avoir promu une cryptomonnaie qui s’est effondrée (rfi.fr)
- La fonte des glaciers s’est accélérée depuis 2012 dans le monde (rts.ch)
Spécial IA
- DeepSeek goes beyond “open weights” AI with plans for source code release (arstechnica.com)
Chinese AI firm says daily releases will reveal “code that moved our tiny moonshot forward.”
- OpenAI’s new ‘deep research’ agent is still just a fallible tool – not a human-level expert (economist.com)
- AI ‘hallucinations’ in court papers spell trouble for lawyers (neuters.de)
U.S. personal injury law firm Morgan & Morgan sent an urgent email this month to its more than 1,000 lawyers : Artificial intelligence can invent fake case law, and using made-up information in a court filing could get you fired.
- Google Co-Scientist AI cracks superbug problem in two days ! — because it had been fed the team’s previous paper with the answer in it (pivot-to-ai.com)
- Microsoft’s new AI agent can control software and robots (arstechnica.com)
Microsoft claims that Magma is the first AI model that not only processes multimodal data (like text, images, and video) but can also natively act upon it—whether that’s navigating a user interface or manipulating physical objects.
- Elon Musk déclare que les robots humanoïdes et l’IA rendront l’argent inutile et que nous aurons une société « parfaite » (developpez.com)
Mais ses propos contestés sont perçus comme une tentative de vendre son robot Optimus
- L’intégration de modèles d’IA générative rend les poupées sexuelles « plus réactives et interactives » (developpez.com)
- Reddit mods are fighting to keep AI slop off subreddits. They could use help. (arstechnica.com)
- Wikipédia fait le ménage dans ses sources pour écarter les faux sites créés par intelligence artificielle. (francetvinfo.fr)
- Guardian does OpenAI deal, New York Times goes AI for newspaper content generation (pivot-to-ai.com)
- Fusion nucléaire : le tokamak West du CEA bat le record mondial de durée de plasma, en parvenant à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes (developpez.com)
Des ingénieurs utilisent l’IA pour obtenir de l’énergie de fusion : ils ont exploité la puissance de l’IA pour prédire et éviter la formation d’un problème de plasma spécifique en temps réel.
- Comment l’intelligence artificielle et ses data centers s’accaparent l’eau (basta.media)
- AI-induced pollution could kill hundreds, cost billions, researchers say (sfexaminer.com)
- Cartography of generative AI (cartography-of-generative-ai.net) !
The popularisation of artificial intelligence (AI) has given rise to imaginaries that invite alienation and mystification. At a time when these technologies seem to be consolidating, it is pertinent to map their connections with human activities and more than human territories. What set of extractions, agencies and resources allow us to converse online with a text-generating tool or to obtain images in a matter of seconds ?
- As Israel uses US-made AI models in war, concerns arise about tech’s role in who lives and who dies (apnews.com)
U.S. tech giants have quietly empowered Israel to track and kill many more alleged militants more quickly in Gaza and Lebanon through a sharp spike in artificial intelligence and computing services. But the number of civilians killed has also soared, fueling fears that these tools are contributing to the deaths of innocent people.
Spécial Palestine et Israël
- Le Liban va demander au Conseil de sécurité de l’ONU d’obliger Israël à se retirer « immédiatement » du sud (liberation.fr)
Alors qu’Israël a maintenu ses troupes dans cinq postes de contrôle dans le sud du Liban malgré les conditions de l’accord de trêve noué avec le Hezbollah, Beyrouth demande à l’organe principal des Nations unies d’agir.
- « Plus rien ne fonctionne, mais la vie reprend lentement » : Ziad Medoukh, enseignant et poète gazaoui, témoigne des conditions de vie des Palestinien·nes depuis le cessez-le-feu (humanite.fr)
- Après une « attaque terroriste présumée », Israël annonce intensifier ses opérations en Cisjordanie (huffingtonpost.fr)
Trois bombes ont explosé jeudi soir dans des bus, situés à différents endroits de Bat Yam, ville du centre d’Israël. Aucun blessé n’est à déplorer.
- Explosion de bus à Tel-Aviv, affaire de la famille Bibas, instrumentalisation par Netanyahou… Comment la trêve est de nouveau menacée (humanite.fr)
- Gaza : « Ni Hamas ni Autorité palestinienne après la guerre » dit Nétanyahou, qui veut « respecter le plan de Trump » (liberation.fr)
Guerre au Proche-OrientLe Premier ministre israélien a déclaré ce lundi 17 février vouloir s’en tenir au plan du président américain, qui prévoit le déplacement des 2,4 millions d’habitants du territoire palestinien.
- Israel expels residents of three West Bank refugee camps (bbc.com)
- Israel says West Bank operation will last for a year as it sends tanks to Jenin (theguardian.com)
Continued operation in Palestinian territory will leave 40,000 displaced people unable to return home
- Des initiés du Congrès américain déclarent que l’interdiction TikTok est plus liée à Israël qu’à la Chine : elle serait liée à la présence de contenus critiques envers Israël sur TikTok après l’attaque du Hamas (developpez.com)
- When a Jew shot by another Jew cries ‘Death to Arabs !’ (972mag.com)
It sounds like the plot of a particularly absurd black comedy : an American Jew goes out to hunt Palestinians on the streets of Miami, mistakenly identifies a father and son — both Israeli Jews — as Palestinian, and immediately unloads a magazine on them ; the two miraculously survive and escape. At the hospital, the son publishes a post saying that he and his father “survived an attempted murder motivated by antisemitism,” signing off the post with the popular Israeli slogan, “Death to Arabs.” Only after learning that the attacker was a Jew seeking to kill Arabs does he delete his remarks and appear on Israeli television to say, “it doesn’t matter what we are, Jews, Russians, Arab … no human being has the right to take the life of another.”
Spécial femmes dans le monde
- Jordanie. Le poids invisible de la Nakba sur les réfugiées palestiniennes (orientxxi.info)
une femme jordanienne-palestinienne est triplement discriminée : d’abord en tant que Palestinienne, ensuite en tant que femme soumise à des systèmes patriarcaux tels que le système de tutelle, et, enfin, en tant qu’épouse d’un homme étranger.
- Côte d’Ivoire : l’ex-entraineur Tadjou Attada condamné pour harcèlement sur l’athlète Mariama Cissé (afrique-sur7.fr)
Tadjou Attada, ancien entraîneur de l’équipe nationale de taekwondo, est condamné à six mois de prison ferme et à une amende d’un franc symbolique. Il est reconnu coupable de harcèlement moral sur l’athlète Mariama Cissé. […] Mariama Cissé affirme avoir été écartée de l’équipe nationale après avoir refusé les avances répétées de son entraîneur. Vice-championne d’Afrique en 2022, elle l’accuse également de l’avoir privée des championnats d’Afrique organisés en novembre 2023 en Côte d’Ivoire.
- Polygamie, héritage et filiation : ce que le Code de la famille marocain laisse inchangé (theconversation.com)
- Topless feminists protest against the hard-right AfD party as polls open in high-stakes German elections (dailymail.co.uk)
- Hunter Schafer ‘Shocked’ Her New Passport Lists Her Gender As Male (vulture.com) – voir aussi L’actrice Hunter Schafer subit de plein fouet le recul de Donald Trump sur les droits des personnes transgenres (huffingtonpost.fr)
Dans une vidéo publiée ce vendredi 21 février sur son compte TikTok, elle se dit « choquée » de voir que son nouveau passeport indique son sexe comme étant « masculin »
- Julianne Moore in ‘Great Shock’ After Donald Trump Bans Her Children’s Book ‘Freckleface Strawberry’ From Schools : ‘I Can’t Help but Wonder What Is So Controversial’ (variety.com) – voir aussi Julianne Moore « profondément attristée » que son livre « Freckleface Strawberry » soit banni aux États-Unis (huffingtonpost.fr)
Au total, 160 écoles gérées par le ministère de la Défense ont obligation de retirer certains ouvrages liés à la question du genre ou de la lutte contre les discriminations.
- Texas Banned Abortion. Then Sepsis Rates Soared. (propublica.org)
Pregnancy became far more dangerous in Texas after the state banned abortion in 2021
- A Violence-Prevention Helpline for Those Who Want to Change (yesmagazine.org)
A Call for Change helps domestic violence perpetrators hold themselves accountable.
- Stop Censoring Abortion : Help EFF and Repro Uncensored End Digital Suppression (eff.org)
As reproductive rights come under attack in the United States and other countries around the world, it is vital that people have access to accurate abortion information–especially online. Reproductive health and rights organizations use online platforms to provide crucial and sometimes life-saving guidance directly to those in need, including those in locations where abortion is difficult to access.
Spécial France
- François Bayrou échappe à une sixième motion de censure, votée par l’ensemble de la gauche (liberation.fr)
Malgré le soutien de toute la gauche, le texte déposé par les socialistes n’a pas abouti, en l’absence des votes du Rassemblement national. Fragilisé par l’affaire Bétharram mais épargné par l’extrême droite, François Bayrou se maintient à Matignon.
- Corruption : la France sur une pente dangereuse (alternatives-economiques.fr)
- Rapport flash de la Cour des comptes : remise à plat (ou presque) (blogs.alternatives-economiques.fr)
- Les député·es votent la « taxe Zucman », un impôt plancher sur le patrimoine des ultra-riches (liberation.fr)
Cette contribution concernerait 1 800 personnes et pourrait rapporter, selon les députéEs écologistes à l’origine de cette proposition de loi, entre 15 et 25 milliards d’euros dans les caisses de l’État.
- « En voyage », un sénateur écolo permet la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel (off-investigation.fr)
L’absence du sénateur écologiste Guy Benarroche lors du vote du Sénat sur la candidature de Richard Ferrand au Conseil Constitutionnel le mercredi 19 février suscite l’embarras au sein de son groupe.
- Présidence du Conseil constitutionnel : quand la politique reprend ses droits sur le droit (theconversation.com)
- Conseil constitutionnel : Richard Ferrand déjà fragilisé, entre soupçons de « deal caché » et victoire étriquée (huffingtonpost.fr)
Les conditions dans lesquelles il a passé la validation de l’Assemblée nationale et du Sénat alimentent le discrédit sur cette institution régulièrement attaquée.
Voir aussi Le Conseil constitutionnel affaibli au pire moment (lemonde.fr) et Ferrand au Conseil constitutionnel : Macron peut (encore) dire merci à Le Pen (politis.fr)
- Suicides à la Banque de France : un risque grave confirmé par la justice (blast-info.fr)
Le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand a tranché : il existe bien un danger grave et imminent pour les salariés d’Europafi, filiale de la Banque de France dans le Puy-de-Dôme. Ce jugement a été rendu après le suicide de Benoît, agent de maîtrise au sein de cette papeterie située à Vic-le-Comte. Ce père de famille était le troisième agent à mettre fin à ses jours en moins de 18 mois à la direction générale des moyens de paiement qui imprime, trie et détruit les billets de banque.
- Affaire Bétharram : trois hommes placés en garde à vue pour « viols aggravés, agressions sexuelles et violences » (liberation.fr)
Les trois suspects sont entendus depuis ce mercredi pour des faits susceptibles d’avoir été commis au collège-lycée privé Notre-Dame de Bétharram. Au total, 112 personnes se sont signalées dans cette affaire tentaculaire qui couvre des faits s’étalant entre les années 1970 et les années 2000.
- Affaire Bétharram : une plainte vise Bayrou, sa fille dénonce un « déni » collectif sur les violences dans la société (sudouest.fr)
- “Non, il n’y a pas eu de massages offerts aux détenus pour la Saint-Valentin”, des activités “ludiques” en prison créent la polémique (france3-regions.francetvinfo.fr)
“Il faut comprendre que nous sommes face à des personnes qui ont le plus souvent une piètre estime d’elle-même. Se réinsérer suppose de regagner de la confiance en soi et ça passe par accepter son image. Ces activités sont donc là pour s’ouvrir et décloisonner l’esprit. Et j’ajoute que les détenus pouvant en bénéficier ne sont pas du tout choisis au hasard. Il faut un projet”.
- Airbags défectueux : 236 000 possesseurs de Citroën C3 et DS3 du nord de la France sommés de ne plus rouler (liberation.fr)
Les propriétaires de ces véhicules ont été appelés lundi 17 février sont invités à prendre rendez-vous sur le site internet du constructeur, dans le cadre d’une nouvelle vague d’immobilisation liée au scandale Takata.
- AAH en complément d’une pension : les Caf condamnées à revoir leur mode de calcul… et à rembourser (faire-face.fr)
La cour d’appel d’Aix-en-Provence vient de condamner la Caf du Var à revoir le montant de l’AAH différentielle qu’elle verse à Martine Deniau, en complément de sa pension de retraite. En cause, l’illégalité du mode de calcul qu’utilisent toutes les Caf de France. Vous touchez l’AAH en complément d’une pension de retraite, d’invalidité, de réversion… ? Alors, votre Caisse d’allocations familiales vous doit sans doute de l’argent. Calculez le montant de l’AAH que votre Caf devrait vous verser aujourd’hui grâce au simulateur de Faire-face.fr
- Élections agricoles : pourquoi la perte de départements par la FNSEA ne remet pas en cause le modèle agricole (humanite.fr)
- La fin des légumes sous plastique reportée à 2030 ? Les industriels jubilent (reporterre.net)
- “Si la Bretagne avait des talus, c’est bien qu’il y avait une raison !” Replanter des haies aujourd’hui, pour réparer les territoires abîmés par le remembrement (france3-regions.francetvinfo.fr)
- Réchauffement climatique : les glaciers des Alpes et des Pyrénées ont perdu 40 % de leur volume en 25 ans (humanite.fr)
Spécial femmes en France
- Judith Davis : « Ce que vous vivez dans votre salon est un problème politique » (politis.fr)
Son cinéma a peu d’équivalent : drôle et politique, direct et inventif dans sa forme. Bonjour l’asile en est la parfaite incarnation. Son deuxième long métrage s’éloigne de notre monde de fous pour constituer un abri et rêver à un antidote. La cinéaste explique ici ce qui a présidé à sa réalisation.
- Blandine Masson, la voix des autres (humanite.fr)
Radio Publique, Théâtre Public, ces deux fleuves ont convergé pour n’en former plus qu’un : un grand service public des Arts, des Cultures et de l’Éducation Populaire […] Cette histoire, Blandine Masson […] l’a écrite chaque jour à la Maison de la Radio, servant la Radio Publique comme on sert un idéal, comme on sert les grandes causes. Aujourd’hui nous parvient l’annonce de ce départ.
- Congé menstruel ou deuxième parent : la justice administrative retoque Grenoble (liberation.fr)
Saisi en janvier par la préfecture de l’Isère, le tribunal administratif de Grenoble a estimé ce mardi 18 février que les deux délibérations de la ville et du conseil métropolitain étaient « entachées d’incompétence ».
- Port du voile par les sportives : le Sénat vote l’interdiction, le gouvernement prêt à suivre (liberation.fr)
L’exécutif soutient très clairement une proposition de loi d’un sénateur LR votée ce mardi 18 février, qui propose d’interdire le port de signes religieux, et notamment le voile, dans l’ensemble des compétitions sportives y compris au niveau amateur.
- Pourquoi y’a-t-il un homme de Cro-Magnon qui traine sa femme par les cheveux au Carnaval de Nice ? (francebleu.fr)
Un azuréen se déguise en homme des cavernes qui traine sa femme par les cheveux au carnaval de Nice depuis plus de 30 ans, mais cette année, son déguisement fait de plus en plus polémique.
- Stéphane Plaza condamné pour violences conjugales : M6 déprogramme sa poule aux œufs d’or (telerama.fr)
L’animateur et agent immobilier le plus médiatique de France vient d’être condamné à une peine de douze mois de prison avec sursis. Le groupe M6 a annoncé la déprogrammation de ses émissions.
- « Une héroïne pour les survivantes du monde entier » : Gisèle Pelicot nommée parmi les femmes de l’année de « Time magazine » (liberation.fr)
RIP
Spécial médias et pouvoir
- Réaction de Wikimédia France suite aux menaces du magazine Le Point envers des bénévoles de Wikipedia_fr (wikimedia.fr)
- Le Point et l’éditocratie contre Wikipédia (acrimed.org) – voir aussi Le Point contre Wikipédia : un appel médiatique doublé d’une mise en demeure (next.ink) et Le Point contre Wikipédia (hyperbate.fr)
- Le Conseil d’État retoque le recours de C8 : la chaîne de Bolloré disparaîtra après le 28 février (liberation.fr)
Très attendue, la décision de la juridiction administrative rendue ce mercredi 19 février confirme le choix de l’Arcom de ne pas réattribuer leurs canaux sur la TNT aux chaînes C8 et NRJ 12. Les deux chaînes stopperont donc leur diffusion après le 28 février.
- Après la décision du Conseil d’État, la droite et l’extrême droite à la rescousse de C8 (liberation.fr)
La confirmation par le Conseil d’État de la suspension de la chaîne bolloréenne a suscité l’ire de la droite et de l’extrême droite, qui y voit une « censure de la gauche triomphante ».
- Les Prix du Trombinoscope, ou la consécration de l’entre-soi (acrimed.org)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Les archives en ligne du site de l’Élysée, déléguées de fait aux réseaux sociaux (projetarcadie.com)
- Violences à Bétharram : Emmanuel Macron apporte toute sa « confiance » à François Bayrou (liberation.fr)
- « Je lui dis qu’il faut faire quelque chose car c’est très grave ce qui se passe à Bétharram » : le témoignage d’une ancienne enseignante qui enfonce François Bayrou (humanite.fr) – voir aussi Affaire Bétharram : une ancienne professeure met à nouveau en cause le couple Bayrou (liberation.fr)
Une ancienne enseignante à Notre-Dame-De-Bétharram assure à « Mediapart » avoir alerté à plusieurs reprises le Premier ministre dans les années 90. Elle dénonce aussi le manque de réaction d’Elisabeth Bayrou, enseignante de catéchisme dans l’établissement.
- Dans l’affaire Bétharram, la com’ calamiteuse de François Bayrou entre « excès d’arrogance » et « amateurisme » (huffingtonpost.fr)
- “Il y a des moments où il faut savoir se taire” : en plus de Bétharram, François Bayrou aurait étouffé une autre affaire de viols sur des enfants (midilibre.fr)
- Système des retraites : le ministre de l’Économie « plutôt » favorable à une plus grande participation des retraité·es (liberation.fr)
Éric Lombard a affirmé ce vendredi 21 février être partisan d’une plus grande participation des aînés au système des retraites et que la France n’avait « absolument pas les moyens » d’abroger la réforme des retraites de 2023.
- « Je veux supprimer le RSA » : le communiste Fabien Roussel revendique « le parti pris du travail » dans un livre (lopinion.fr)
- « On nous demande de mal faire notre travail » : à La Poste, le service public à l’agonie (humanite.fr)
Précarisation, fermeture de guichets, distributions de courrier ajournées, dégradation des conditions de travail… le malaise est croissant à La Poste. La Cour des comptes, dans un rapport publié le 17 février, enjoint pourtant à l’opérateur d’accélérer la cadence dans la baisse des coûts, au nom de la rentabilité.
- Une lettre de Laurent Wauquiez « incite au lynchage » de l’OFB (Office français de la biodiversité) (reporterre.net)
- Loi d’orientation agricole : comment le texte sacrifie la biodiversité (humanite.fr) – voir aussi Rien pour la bio, rien pour les jeunes paysan·nes : la loi d’orientation agricole est « un très mauvais signal » (reporterre.net)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Élisabeth Borne annonce des « fouilles de sacs » avec « les forces de l’ordre » à l’école (humanite.fr)
Si la locataire de la rue de Grenelle affiche volontiers ce volet répressif, elle se fait beaucoup moins diserte sur l’aspect éducatif de la lutte contre la violence malgré les multiples alertes des professionnelles.
- Après l’attaque de Mulhouse, Bruno Retailleau pointe à nouveau du doigt l’Algérie (huffingtonpost.fr) – voir aussi Profil du suspect, victime portugaise, état de santé des blessés… ce que l’on sait après l’attaque terroriste à Mulhouse (liberation.fr)
- Attaque néo-nazie à Paris : à l’Assemblée, Bruno Retailleau renvoie (encore) dos à dos « l’extrême droite et l’ultra gauche » (humanite.fr)
« On pourrait penser qu’il est à côté de la plaque. Alors qu’en vérité il enfourche le cheval de bataille de l’extrême droite »
Voir aussi « J’ai cru que c’était un attentat » : L’extrême droite attaque une projection de film antifasciste (streetpress.com)
Plusieurs dizaines de néofascistes ont attaqué la projection d’un film antifasciste à Paris. Une victime a été poignardée. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire, et six militants d’extrême droite ont été interpellés.
Et Attaque d’extrême droite contre le mouvement kurde à Paris (basta.media)
Dimanche 16 février, une trentaine de militants d’extrême droite ont perpétré une attaque contre l’organisation de jeunesse kurde Young Struggle. Un militant de la CGT, blessé au couteau, a été conduit à l’hôpital. Il en est ressorti depuis.
- Angers : quatre personnes arrêtées pour avoir tabassé un groupe de jeunes après les avoir sommé·es de « faire le salut nazi » (humanite.fr)
À Angers, un groupe d’hommes vient d’être interpellé pour avoir tabassé, fin janvier, des passants.[…] Trois des agresseurs d’extrême droite comparaîtront devant le tribunal correctionnel le 21 mai prochain. Pour l’heure, ils ont été placés sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention.
- Prison ferme pour les anciens candidats RN en Alsace qui projetaient un attentat (rue89strasbourg.com)
- Jordan Bardella annule son discours à un rassemblement de conservateurs aux États-Unis après un geste nazi de Steve Bannon. (lemonde.fr) – voir aussi Steve Bannon rafraîchit la mémoire de Jordan Bardella et du RN après l’annulation de son discours (huffingtonpost.fr) et Bardella à Washington : l’escapade du président du RN débouche sur une double défaite (huffingtonpost.fr)
En annulant son discours à Washington après le salut nazi de Steve Bannon, le président du Rassemblement national s’attire des critiques en France… et aux États-Unis.
- B. Retailleau, comme Trump, veut en finir avec l’État de droit (blast-info.fr)
- La réforme de la justice pénale des mineur·es selon Gabriel Attal et Gérald Darmanin (blogs.mediapart.fr)
Traiter les mineur·es comme s’ils étaient majeur·es, sanctionner leurs parents comme on punit des enfants… Une tribune cosignée par la Collective des mères isolées et le Collectif enfantiste.
- Les jeunes exiléEs invisibles du centre de Paris (streetpress.com)
Entre les grands magasins et les touristes, des jeunes exilé·es traînent dans le centre de Paris. Jugé·es majeur·es par les autorités, iels ont fait appel de cette décision. En attendant, iels ne bénéficient d’aucune prise en charge et dorment dehors.
- « Prisons coupées de toute communication avec l’extérieur » : Gérald Darmanin en campagne sécuritaire (humanite.fr)
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a appuyé son projet de prison de haute sécurité […] Prévu pour un lancement le 31 juillet, ce premier établissement dédié aux narco-trafiquants servira de laboratoire pour la politique répressive de l’ex-ministre de l’Intérieur, qui souhaite que « ce qui est possible en Italie (soit) possible en France ».
- Le « procès des violences policières généralisées » à Millau (basta.media)
Trois militants de la Confédération paysanne comparaissent jeudi 20 février devant le tribunal de Millau, après avoir été eux-mêmes brutalisés par les forces de l’ordre. Un appel à rassemblement est lancé pour les soutenir.
Spécial résistances
- Rassemblement antifasciste à Paris : « On est là pour montrer que Paris n’est pas à eux » (liberation.fr)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce samedi 22 février place de la République, à Paris, pour dénoncer les violences de l’ultradroite, six jours après l’agression à l’arme blanche devant une association culturelle turque.
- Fuck Tesla – La marque du techno-fasciste Musk prise pour cible (ricochets.cc)
- L’heure de la riposte (blogs.mediapart.fr)
Des manifestations contre le racisme et le fascisme auront lieu dans le monde entier le 22 mars. Ci-dessous l’appel lancé par la Marche des Solidarités, les collectifs de sans-papiers et de mineur·es isolé·es soutenu par plus de 200 organisations. « Il y a des moments, dans l’histoire, où il faut se lever et faire entendre sa voix ».
- Le Collectif Palestine Vaincra est dissous : le soutien à la résistance palestinienne continue ! (paris-luttes.info)
Nous dénonçons cette décision éminemment politique qui est un coup sans précédent porté contre l’ensemble du mouvement de solidarité avec la Palestine en France. Dans un contexte de radicalisation de la répression d’État, il est clair qu’à travers cette attaque, c’est l’ensemble des organisations et personnes qui s’opposent au gouvernement et à sa politique qui sont visées.
- Les cyclistes handicapés se rappellent au bon souvenir des exploitants de chemin de fer (isabelleetlevelo.fr)
Les personnes handicapées devraient être respectées et choyées. Elles sont vues comme gênantes. Rappelons que tout aménagement favorable aux personnes en fauteuil bénéficie aux valides.
- Débat public sur le projet de construction de nouveaux réacteurs nucléaires au Bugey (ricochets.cc)
- Nos recos féministes en attendant le 8 mars (revueladeferlante.fr)
Pour patienter avant le 8 mars, une incroyable soirée à venir, une revue de presse et un livre-bijou.
- Comment réglementer l’intelligence artificielle ? (amnesty.fr)
parce que l’IA se déploie à une vitesse exponentielle, elle fait peser des menaces grandissantes sur nos droits fondamentaux. Face à cela, quelles législations sont déjà en œuvre ? Quelles sont leurs limites ? Pourquoi la réglementation s’impose-t-elle comme une urgence ?
Spécial outils de résistance
- Building a Community Privacy Plan (eff.org)
- Poison as Praxis (thedabbler.patatas.ca)
It’s been said over and over : a central feature of fascism is its incoherence. […] if fascism demands a lack of productive self-reflection in order to perpetuate its toxic stasis of unresolved contradiction, then the only way out is to force the issue. By the way, this is precisely why “punching nazis” is the correct action both in practice and in theory […] The texts we choose for our Markov generators should not be random. They should be chosen for their impact on the ‘stochastic parrots’ that will be trained to speak using our poisonous output. They should strengthen the AI’s word-associations between conflicting narratives, where the resolution of that conflict undercuts the system’s power.
Spécial GAFAM et cie
- Digital Fingerprinting : Google launched a new era of tracking worse than cookie banners (tuta.com)
Digital fingerprinting is a method of data collection – one that in the past has been refused by Google itself because it “subverts user choice and is wrong.” But, we all remember that Google removed “Don’t be evil” from its Code of Conduct in 2018. Now, the Silicon Valley tech giant has taken the next step by introducing digital fingerprinting.
- Profitez bien de Google Gemini sans pub… ça ne va pas durer ! (clubic.com)
- Google accepte de payer 326 millions d’euros dans le cadre d’une enquête italienne sur l’évasion fiscale (developpez.com)
l’Italie a réclamé plus d’un milliard de dollars d’impôts impayés et de pénalités en 2024
- États-Unis : La maison mère de Google suit Donald Trump et met elle aussi fin à ses programmes pour la diversité (20minutes.fr)
Après Disney, McDonald’s, Ford et Meta, Alphabet abandonne à son tour ses engagements en matière de diversité dans le recrutement
- Amazon MGM Studios Shelled Out An Extra $1 Billion-Plus To Take Control Of James Bond : What’s Next For The Franchise (deadline.com)
- Amazon remembers it has an Android app store, kills it (arstechnica.com)
After 14 years of trying and failing to gain a smartphone foothold, Amazon has announced it will discontinue its app store. Anyone who has content in Amazon’s store will be able to access it for now, but all bets are off beginning on August 20, 2025. As part of the pull-back, the company is also discontinuing the Amazon Coins digital currency.
- Meta claims torrenting pirated books isn’t illegal without proof of seeding (arstechnica.com)
Meta’s copyright defense may hinge on court ignorance of torrenting terminology. […] According to Meta, the decision to download the pirated books dataset from pirate libraries like LibGen and Z-Library was simply a move to access “data from a ‘well-known online repository’ that was publicly available via torrents.”
- Internet : Meta veut poser un câble sous-marin de 50 000 km, le plus long du monde (liberation.fr)
La société de Mark Zuckerberg annonce ce mardi 18 février un projet pharaonique visant à augmenter la connectivité entre les 5 continents.
- WhatsApp faces EU tech rules after reaching very large platform status (neuters.de)
Messaging platform WhatsApp in a February 14 filing said it had about 46.8 million average monthly active users in the 27-country European Union in the six month period to December 2024, above the 45-million-user threshold set out in the Digital Services Act (DSA).
- Apple yanks encrypted storage in U.K. instead of allowing backdoor access (washingtonpost.com)
Company will no longer provide its highest-security offering in Britain in the wake of a government order to let security officials see protected data.
Voir aussi Three questions about Apple, encryption, and the U.K. (blog.cryptographyengineering.com)
- Derrière la plainte de la RD-Congo contre Apple, l’appel des Congolais à une meilleure répartition des profits générés par les matières premières (equaltimes.org)
C’était le 17 décembre dernier et l’annonce a fait l’effet d’une petite bombe dans le monde de la tech’ : l’État congolais, propriétaire de l’une des plus vastes réserves de minerais essentiels à la production d’appareils électroniques de pointe, a déposé plainte contre l’entreprise américaine Apple. Kinshasa accuse la marque à la pomme de s’approvisionner en minerais congolais pillés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et exportés illégalement via le Rwanda, avec l’aide du groupe rebelle M23.
- Apple is bringing Visual Intelligence to the iPhone 15 Pro (theverge.com)
The feature will be available on the iPhone 16E via its Action Button, and that’s how it will work with the iPhone 15 Pro, too.
- Allemagne : les contenus politiques de droite et d’extrême droite surreprésentés sur TikTok et X, selon l’étude d’une ONG qui appelle l’UE à enquêter (francetvinfo.fr)
sur TikTok, 78 % du contenu politique recommandé par l’algorithme, et qui ne provenait pas de comptes suivis par les comptes de test, était favorable au parti d’extrême droite AfD. Le chiffre est de 64 % sur X, rapporte Global Witness. Sur Instagram, la tendance est nettement différente : 96 % du contenu affiché provenait des comptes suivis. Un seul compte non suivi est apparu, il était favorable au SPD.
Voir aussi Élections allemandes : TikTok et X poussent les contenus favorables au parti d’extrême droite AfD (next.ink)
- Face à Donald Trump et son programme, une université gratuite lancée par des profs sur TikTok (huffingtonpost.fr)
- Le réseau social X et ses algorithmes visés par une enquête du parquet de Paris (liberation.fr)
Des investigations ont débuté en France pour déterminer si le fonctionnement de la plateforme d’Elon Musk est « faussé », a fait savoir ce vendredi 7 février le parquet de Paris à France Info.
- X, the social platform formerly known as Twitter, is seemingly blocking links to Signal, the encrypted messaging platform (arstechnica.com)
- X d’Elon Musk double le coût de l’abonnement Premium+ après la sortie de Grok 3, à 50 $/mois ou 350 $/an (developpez.com)
L’accès à Grok 3 est inclus, mais certaines fonctions avancées requièrent un plan SuperGrok additionnel
Les autres lectures de la semaine
- Bétharram : faire le procès de l’autoritarisme (blogs.mediapart.fr)
- La racialisation du sexisme à l’École, ou comment on dévoie la cause de l’égalité (contretemps.eu)
- Marc Bloch et la permanence des nuages (ledevoir.com)
- « Les temps sont durs », un texte d’Éric Pessan en soutien à la Maison des écrivainEs et de la littérature (humanite.fr)
Les temps sont durs, mettons. L’accroissement global des richesses individuelles et du nombre de milliardaires dément un peu cette affirmation. On nous répète du matin au soir qu’il faut rembourser la dette dont nous sommes responsables avec la même énergie que l’on expliquait à nos dévots ancêtres qu’il fallait courber l’échine pour expier la faute originelle.
- Pourquoi y a-t-il autant d’or en Afrique de l’Ouest ? (theconversation.com)
La réponse simple est que nous en sommes pas sûrs. Cependant, les scientifiques avancent plusieurs hypothèses.
- Relance du nucléaire : la nouvelle ruée vers l’uranium naturel (theconversation.com)
- L’Empire aux pieds d’argile : la faille économique du projet de Donald Trump (legrandcontinent.eu)
- Des expulsions en série comme mode de vie politique (politis.fr)
La philosophe Fabienne Brugère, revient sur la brutalité de l’expulsion, une dynamique fondamentale de la mondialisation étudiée par la sociologue et économiste, Saskia Sassen, dans un livre de 2016, prochainement traduit aux éditions Gallimard.[…] La dynamique fondamentale de la mondialisation serait l’expulsion.
- Fascisme, définition (blog.mondediplo.net)
Il devrait commencer à être assez clair, quand des milices défilent dans Paris au cri de « Paris est nazi », et poignardent des militants de gauche, que ce vers quoi nous nous dirigeons mérite d’être appelé « fascisme ».
- Why I am becoming a fascist (hanifkureishi.substack.com)
- Is the Alpha Wolf Idea a Myth ? (scientificamerican.com – article de février 2023)
The idea that wolf packs are led by a merciless dictator, or alpha wolf, comes from old studies of captive wolves. In the wild, wolf packs are simply families
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Félicitations
- Assistanat
- Roussel
- Laïcité
- Ferrand
- Option
- Code
- xmpp
- Pas le choix
- Organic
- Bretagne
- Canada
- Inclusive
- Not all men
- Punch
- Paf.
- Alpha male
- Face massage
- Only one
- Musk
- Libertarians
- Locusts
- Space
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Vidéo : « Si la communauté internationale ne réagit pas, à Gaza le génocide pourrait continuer » (basta.media)
- Mastodon, le tueur de Twitter ? (video.davduf.net)
- “Le Village qui voulait planter des arbres” : trois ans au côté d’une “technicienne bocage” (telerama.fr)
Le documentaire “Le Village qui voulait planter des arbres”, sur Public Sénat, montre les efforts déployés en Ille-et-Vilaine pour réparer le paysage des décennies après le regroupement à marche forcée des terres agricoles. Un tournage sur trois ans.
- La sobriété numérique (videos.univ-grenoble-alpes.fr)
- Syndicalistes et libertaires : l’expérience de l’UTCL (contretemps.eu)
- IVG : « Il suffit d’écouter les femmes » (auposte.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- ‘Our community deserves beauty’ : one man’s mission to green a UK tree desert (theguardian.com)
In Grimsby, locals have created a society focused on the environmental and health benefits more trees provide, planting thousands in schools, parks and hedgerows
- Bison Are Bringing Back Biodiversity to Britain (reasonstobecheerful.world)
in one of the largest areas of ancient woodland in the U.K., a pioneering rewilding project is bringing back biodiversity to Britain amid an alarming, long-term decline. And bison are at its center.
- Mésange à longue queue : famille, je vous aime (liberation.fr)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
23.02.2025 à 09:00
IA : les machines du doute
Framasoft
Texte intégral (1360 mots)
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 21 mai 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Il va nous falloir apprendre à travailler avec l’instabilité des machines.
Quand on fait réaliser un calcul par une machine, aussi complexe soit-il, la plupart du temps, ce qui est garanti, c’est l’assurance du résultat, sa stabilité, sa performance. C’est le principe d’une calculatrice ou d’un logiciel : on a au bout le résultat et les fonctions prévues. Dans un système de calcul comme les impôts, on prend des données et des règles de calcul – qui peuvent être perfectibles, certes – et on obtient des résultats sans ambiguïtés, pour autant que les données et les règles de calcul n’en comportent pas – ce qui n’est déjà pas si évident à réussir ! Dans un jeu vidéo, les personnages non joueurs suivent des scripts dont ils ne peuvent pas sortir, ce qui limite certes considérablement l’interaction, mais la borne et rend le jeu possible. Le monde de l’informatique est longtemps resté celui de la maîtrise de bout en bout des processus.
Les choses ont changé avec les systèmes d’IA. Avec certaines fonctionnalités, nous avons pris l’habitude d’un taux de performance. Pour la reconnaissance d’objets par exemple, le résultat n’est pas automatique comme avec les calculatrices. Le niveau de fiabilité n’est pas optimal, mais nous sommes capables de composer avec le fait que les machines soient capables de reconnaître tels types d’objets à 95 ou 98 %. Ce n’est pas une performance absolue, mais elle permet malgré tout d’optimiser un processus en connaissant par avance son taux d’erreur, de l’accepter ou le refuser. Et donc de décider en fonction. On peut créer une chaîne de tri d’objets en sachant que ce tri va fonctionner à 95 % et accepter ou pas la déperdition qui en résulte.
L’IA générative est plus instable encore. Les résultats qu’elle produit ne sont pas reproductibles. Un même prompt ne produira pas exactement le même résultat ou la performance pourra dépendre de la complexité que la machine doit adresser. Extraire des données d’un document, comme les noms des personnes ou leurs liens de filiation peut dépendre à la fois de la lisibilité des documents et de la complexité des relations entre ces personnes. Si le système peut être performant, reste à identifier les cas où il dysfonctionne et savoir si ces erreurs sont acceptables ou rédhibitoires et si l’on peut clairement séparer les cas où la performance est forte, de ceux où elle ne l’est pas. L’enjeu à évaluer l’incertitude des réponses apportées est une question centrale.
Cette perspective d’une fiabilité différentielle dessine un nouveau rapport aux machines. D’un coup, notre assurance dans leurs résultats doit être mise en doute. Ce qui explique qu’il soit difficile d’automatiser certaines tâches avec l’IA. Là où l’on pouvait se fier aux calculs, désormais, le doute est légitime. Alors qu’un robot était capable de remplacer une personne pour une tâche spécifique sur une chaîne d’assemblage, le chatbot conversationnel qui répond à un administré ou à un joueur va devoir être surveillé. Certaines de leurs performances sont excellentes bien sûr, mais parfois elles sont capables de sous-performances dramatiques. Comme le dit le sociologue Yann Ferguson, « Jusqu’à maintenant, l’introduction des machines a apporté de la sécurité et de la stabilité. Leur force résidait dans leur prévisibilité ». Ce n’est plus le cas. Désormais, les résultats doivent être accompagnés, surveillés, contrôlés et c’est là un nouveau défi pour ceux qui cherchent à intégrer l’IA générative à leurs procédures.
Mais, au-delà de l’IA générative, ce que dessine ce changement de paradigme, c’est un autre rapport aux machines : voilà qu’on ne peut plus leur faire entièrement confiance. Non seulement, il faut se défier des biais des données, des règles de calculs utilisées, mais désormais de leurs résultats mêmes. Et la grande difficulté consiste à savoir là où on peut leur faire confiance et là où on ne doit pas leur faire confiance.

Exemple d’un imagier pour enfant sur les animaux de la ferme conçu par chatGPT…
… qui n’est pas sans poser problèmes. Tweet de Tristan Mendès France.
Les technologies ont toujours eu pour ambition de nous faire gagner en productivité, avec pour enjeu de pouvoir remplacer des hommes par des procédures avec un niveau de confiance très élevé. On est en train de passer d’une technique qui produit une certaine forme de rationalité qu’on était capable d’évaluer simplement à une technique qui n’en produit plus ou pas nécessairement ou pas principalement et sans qu’on soit toujours capable d’évaluer sa fiabilité. C’est un changement de paradigme important qui nous oblige à ne plus être certain de la réponse produite par la machine, de ne plus pouvoir lui faire entièrement confiance. L’IA nous demande désormais de composer avec le doute, de remettre en question nos assurances. Nous avons un nouveau rapport aux machines à imaginer et il nous invite à douter d’elles.
C’est une très bonne nouvelle, vous ne trouvez pas ?
19.02.2025 à 14:50
Un nouvel ouvrage sur les communs de proximité
Framasoft
Texte intégral (4342 mots)
Voici près d’un an, une douzaine d’auteurices, réunis par la Coop des communs, ont donné naissance à « Les communs de proximité. Origines, caractérisation, perspectives ». Plusieurs d’entre eux ont accepté de répondre à quelques-unes de nos questions.
Bonjour, vous avez sorti, en mars dernier, un ouvrage collectif traitant des communs, nous avons eu envie d’en savoir plus. Mais avant cela, pouvez-vous vous présenter pour le Framablog ?
Justine Loizeau : Cet ouvrage est le résultat d’un travail collectif au sein du groupe « Services de Proximité » de La Coop des Communs. Cette dernière est une association fondée en 2016 dont le but est de confronter l’expérience acquise entre praticien·nes et chercheur·es des communs d’un coté, et de l’économie sociale et solidaire (ESS) de l’autre. L’ambition est de favoriser une revitalisation de l’ESS à partir de la philosophie et des pratiques qui animent les communs tout en permettant aux communs de tirer partie de la longue expérience organisationnelle et institutionnelle de l’ESS. De manière plus concrète, la Coop des Communs se penche sur des thématiques précises (ex : les plateformes, la forêt, la comptabilité…) par groupes de travail.
Le groupe « Services de Proximité » a rassemblé de 2020 à 2023 une trentaine de membres dont une quinzaine active sur le terrain. Seule une partie a pris la plume : 11 auteur·ices. J’ai participé à la coordination de l’ouvrage avec Nicole Alix et Benjamin Coriat.
Votre livre fait la lumière sur diverses expériences de communs de proximité, par le biais de plusieurs articles. Pourriez-vous nous donner une définition de ce qu’est un commun, et ce que vous désignez par « Communs de proximité » ?
Justine : C’est Benjamin Coriat qui propose une définition dans son chapitre. En se référant à Ostrom, on peut définir les communs selon le triptyque : ressource – communauté – règles. Un commun correspond à une forme d’organisation sociale selon laquelle une communauté humaine gère une ressource selon des règles qu’elle a auto-produite. On parle aussi d’auto-gouvernance.
Selon Benjamin Coriat, les communs de proximité correspondent à un type particulier de commun qu’il définit ainsi : « toute entité ancrée sur un territoire (sa population, sa géophysique…), d’initiative citoyenne et régie par des règles élaborées en commun, dont la visée est le service de l’intérêt général et du bien commun au sens où les services proposés sont conçus pour contribuer à la reproduction conjointe des écosystèmes et des communautés qui constituent le territoire considéré. » Le trait constitutif de ce type de commun est de répondre avant tout à l’intérêt général, et non à l’intérêt collectif. Quelle différence ? L’intérêt collectif, c’est quand une organisation, ici un commun, répond à l’intérêt de ses membres (et uniquement de ses membres). Pour répondre à l’intérêt général, il faut au moins que les bénéficiaires du commun dépasse le cercle de ses membres.
Dans la définition que vous explicitez d’un commun de proximité, une précondition est que le service proposé le soit sur la base d’une initiative citoyenne « auto organisée ». Aucun service public ne pourrait donc prétendre à être un commun de proximité ?
Justine : Dans notre groupe, nous avons beaucoup réfléchi à la notion de service public. J’ai appris que tous les pays ne donnaient pas autant d’importance à cette notion que la France. Jean-Claude Boual montre par exemple dans son chapitre, qu’au niveau européen, on utilise plutôt l’expression de « service d’intérêt économique général » qui est teintée d’une certaine vision politique, notamment que ces services seront plus efficaces s’ils sont régis par le principe de concurrence. Cette vision va à l’encontre de monopoles d’État pour fournir les services d’électricité, d’eau, de transport.
Et si la notion de service public est très présente dans le débat public français, c’est finalement très difficile d’en formuler une définition simple. On a donc choisi d’admettre au début de notre ouvrage, la simplification de qualifier le service public comme ce qui renvoie à une activité d’intérêt général (enseignement, police, justice) gouverné par l’administration publique qui les norme. L’administration ne les opère pas forcément directement. En effet, le service public peut être délégué au secteur privé marchand (ex : gestion des déchets ou de l’eau). Mais dans ce second cas, elle donne des obligations au gestionnaire. De plus, le service public répond en théorie à des grands principes : continuité (par exemple, en cas de grève, il est possible de procéder à une réquisition), égalité des usagèr·e·s devant le service public et adaptabilité aux évolutions. Enfin, dans la tradition française, les services publics ont la particularité d’être conçus comme des services universels. On observe même une tendance à l’universalisation d’un usager type. L’attention est alors plus faible aux spécificités de chaque personne.
En bref, on voit que la particularité des services publics en France c’est d’être régis par le haut. Or les communs sont des dynamiques par le bas. On part des besoins et des capacités des personnes, mais aussi des spécificités des territoires. Donc, les services produits par ces initiatives correspondent à des choses que le service public ne fait pas ou ne fera jamais. Par exemple, dans son chapitre, Julie Lequin évoque un projet de maison de l’alimentation dans le Pays Foyen (33). C’est un projet tellement construit sur les besoins spécifiques du territoire, qu’il n’aurait jamais pu être entièrement conçu par une administration publique. Pour preuve, ce projet a des difficultés à entrer dans les « cases administratives » pour obtenir des financements !
En France les Communs sont parfois menacés par les pouvoirs publics, en partie de façon délibérée, par exemple pour transférer des communs existants vers le privé, et parfois sans l’avoir vraiment conscientisé, en raison de la frontière très forte entre service public et usagers, d’une méfiance envers les projets collectifs, ou d’une croyance en l’incompétence des citoyen⋅es. Comment arriver à faire coexister les deux selon vous ? Quels secteurs / services publics sont les plus ouverts aux Communs, et au contraire les plus fermés ?
Nicole Alix : les « services publics » et les « communs » sont deux concepts difficiles à appréhender, aussi leurs rapports sont forcément compliqués ! Dans les chapitres 6 et 7, on précise : il ne faut pas confondre avec « le service public » ni avec les services rendus par les pouvoirs publics car certains sont délégués au « privé » comme mentionné dans la question ; et le privé peut être lucratif -transports, énergie..- ou privé non lucratif -service public hospitalier, par exemple, auquel participent de nombreuses associations et, désormais le « service public de la petite enfance). Et il ne faut pas non plus confondre service public et service d’intérêt général !
Ce que nous pensons, c’est que les communs peuvent, en insufflant des modes de gouvernance définis et mis en œuvre par les personnes participantes, être un élément de dynamisation et d’imagination dans la gouvernance des services publics parce qu’ils partent d’initiatives de proximité et de besoins concrets des populations.
La forme associative est choisie par beaucoup de personnes concernées par un besoin pour s’organiser entre elles, afin de bien le définir, en contrôler en permanence et dans le temps les modalités de fabrication de la
réponse et de la façon dont cette réponse aux besoins est délivrée. Chaque mot compte dans cette phrase un peu longue, comme expliqué dans le chapitre sur les liens entre associations et communs.
Et n’oublions pas qu’il existe des « secteurs » dans lesquels il n’y a jamais de définition de « service public » (le numérique par exemple ?) et que, donc, les forces citoyennes organisées pour servir l’intérêt général sont d’autant plus précieuses !
Vous rappelez qu’il y a eu une volonté politique, dans les années 1980 de séparer le pouvoir économique et le pouvoir citoyen des associations. Pouvez-vous nous expliquer l’intérêt de posséder ces deux pouvoirs pour les associations ?
Nicole : Jusqu’aux années 80, personne n’avait conscience de la puissance économique que représentaient les associations, qui géraient par exemple des activités sociales, d’éducation populaire, sportive, culturelles.. C’est à l’occasion de l’arrivée de la gauche au pouvoir qu’on l’a identifiée et, du coup, la gauche a pensé qu’il fallait faire un tri entre les associations « gestionnaires » et celles qui ne feraient que de la défense de droits et différencier les modèles et les règles applicables. Mais tout le milieu associatif a protesté, au motif que différencier l’objectif politique de la méthode pour y parvenir aboutit à priver de moyens d’action ! Si je fais de l’éducation populaire, je fais de la gestion aussi bien que de la recherche d’émancipation ! Donc les associations ont eu dès les années 80, de bonnes raisons de négocier la possibilité de garder des activités économiques sous chapeau associatif (cf chapitre 6) : c’est la garantie d’un rôle de contre-pouvoir. Une organisation qui cumule un pouvoir citoyen (politique donc), ET un pouvoir économique (c’est-à-dire la possibilité de répondre aux besoins des personnes qu’elles veulent défendre, promouvoir) est éminemment subversif. L’histoire montre que, lorsque des mouvements sociaux acquièrent un pouvoir économique, ils deviennent dangereux, car ils peuvent contrebalancer les forces de marché ou l’ordre public administré. L’État est alors tenté de les priver de leurs ressources financières : par exemple, il a enlevé aux syndicats ouvriers la gestion des œuvres sociales que ceux-ci avaient créées au sein des entreprises au 19ème siècle et les a confiées à des comités d’entreprise sans personnalité juridique, présidés par le chef d’entreprise.

Couverture du libre « Les Communs de proximité » publié aux Éditions Science et bien commun
Vous évoquez les réactions de l’état face à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore à Sainte-Soline, comment pourrait-on redéfinir la notion de commun foncier du XXIe siècle ?
Nicole : C’est une bonne question sur laquelle La Coop des Communs continue ses travaux, notamment avec la Chaire Valcom. Les communs fonciers ancestraux représentent une forme de vitalisation des espaces ruraux qui peuvent servir au-delà de ce pour quoi ils ont été conçus dans l’histoire. Peut-être pour un prochain livre ?
Le livre présente l’expérience de commun alimentaire par les habitant·e·s du Pays Foyen. Quels sont les éléments essentiels pour mettre en place une telle initiative ? Quels en sont les enjeux ?
Julie Lequin : Il me semble qu’on ne devrait pas poser la question de cette façon, notamment parce qu’elle masque l’essentiel : la question du QUI met en place (et pour qui) – surtout que cela permet de conduire ensuite à la question du pourquoi.
Ainsi, le point de départ d’une telle initiative, c’est un/des besoins d’habitants. Besoins qui n’arrivent pas toujours à s’exprimer, et qu’il faut donc parfois accompagner dans leur émergence et leur expression – a minima sans les dévoyer, si possible sans (trop) les transformer – c’est-à-dire sans y plaquer ses propres intentions. Dans le cas du Pays Foyen, on retrouve certaines populations éloignées cognitivement, géographiquement ou culturellement des espaces où se discutent une partie des enjeux sociétaux, politiques, etc. Il y a donc un enjeu, dans de telles initiatives, d’avoir une attention particulière à aller chercher cette parole.
Et ensuite, le chemin doit se construire AVEC les personnes – à la mesure de comment elles peuvent, elles-mêmes, s’impliquer dans ce type d’initiative. Bien souvent, de façon hétérogène et cette diversité doit être accueillie de façon à proposer, en retour, différentes modalités de participation. Dans le coin du Pays Foyen, c’est aussi bien participer à cultiver la parcelle collective du jardin partagé, qu’organiser un ciné-débat sur l’alimentation, que d’être bénévole aux Restos du Cœur, que de donner un coup de main sur des ateliers de cuisine de rue, etc. « Faire avec » demande du temps, de l’attention et de l’entretien de la part de la communauté et cela reste un des enjeux majeurs du commun alimentaire.
Un article traite d’un exemple de Communs en Italie. En quoi le traitement des pouvoirs publics envers les Communs est différent d’avec la France ?
Nicole : Dans leur chapitre, Daniela Ciaffi, Emanuela Saporito et Ianira Vassallo expliquent que la Constitution Italienne consacre le principe de subsidiarité « horizontal » : « L’État, les Régions, les Villes Métropolitaines, les Provinces et les Municipalités favorisent l’initiative autonome des citoyens, particuliers et associations, pour la réalisation d’activités d’intérêt général, sur la base du principe de subsidiarité ». Le principe de subsidiarité est également présent dans la loi sociale allemande, sous une autre forme. Dans ces traditions, il renvoie à une forme d’aide qui encourage et autorise l’autonomie des échelons « de base » avec le secours de l’échelon « supérieur ». Dans les Traités européens la subsidiarité signifie au contraire que l’UE n’intervient que « si et dans la mesure où les objectifs de l’action envisagée ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres ». En tout état de cause, non seulement ce principe n’existe pas en droit français, mais la façon dont nous avons construit l’État français s’y oppose souvent. D’où l’opinion que notre Etan français serait jacobin et l’idée qui en découle que tous les « services au public » devraient être réalisés par des fonctionnaires dans un service public.

Exemple de mise en œuvre en Italie avec un événement organisé avec le quartier dans le cadre des activités d’un Pacte de collaboration. Source : Marcella Iannuzzi.
Dans le chapitre 8, vous soulignez le risque que le service public s’accapare les communs. N’est-il pas paradoxal de s’appuyer sur deux études de cas qui sont déjà des services publics (Freinet et les lycées auto-gérés) ?
Nicole : Le chapitre de Thomas Perroud éclaire justement la situation française spécifique où le service public défini comme un service rendu par des fonctionnaires de la fonction publique s’oppose aux initiatives de participation et de contribution comme on le souhaiterait dans les communs. On aurait aussi pu connaître une situation similaire dans l’action sociale, mais, à la différence du monde de l’éducation, dans ce secteur de l’action sociale l’énorme majorité (90 % dans le secteur du handicap) était organisée sous forme associative. Ces associations se sont fédérées pour négocier avec les pouvoirs publics, en tentant de garder leur autonomie d’action (cf fin du chapitre 6).
Sans divulgâcher tout le contenu du livre, pourriez-vous nous expliquer en quelques mots les points communs et les différences entre l’ESS et les communs de proximité ?
Nicole : Nous le disons dans la conclusion notamment : l’ESS a été le lieu de la formation d’une série remarquable d’innovations institutionnelles visant à brider le pouvoir du capital (et à accroître le pouvoir des personnes concernées sur les services et solidarités qui leur sont nécessaires ainsi que le pouvoir des salarié·e·s sur leurs conditions de vie et de travail. Mais l’ESS est née avec l’industrialisation au 19ème siècle. Les communs se sont constitués dans l’histoire longue et se déploient désormais dans tout un autre âge, spécialement celui des limites écologiques atteintes et désormais franchies par cet industrialisme et l’extractivisme sur lequel il est bâti. L’ époque de l’Anthropocène oblige à un nouveau souci central, celui d’assumer le défi tout à la fois de l’accès à toutes et tous aux ressources essentielles à leur subsistance et de préserver l’intégrité des écosystèmes pour le présent mais aussi pour les générations futures. C’est ainsi que le commun comprend dans sa constitution même l’idée que lorsque les règles de « prélèvement » des ressources, conçues pour assurer la reproduction des communauté humaines, menacent la biodiversité ou l’écosystème, celles-ci doivent être modifiées pour assurer la préservation des écosystèmes menacés. Cette dernière idée n’est pas dans les gènes des formes institutionnelles de l’ESS. Dans la conclusion nous écrivons : « Ainsi et au total, il s’agit pour les communs d’une manière d’habiter le monde en rupture avec l’industrialisme et l’extractivisme qui en est le principe moteur. La question de l’écologie est au cœur des communs et en fonde le principe. Elle est ‘marginale’ ou sans objet pour l’ESS et ses entités qui peuvent décider – ou non – d’en faire un de ses objets. »
Vous dites qu’il reste quelques efforts à faire par les fablabs pour devenir de réels Communs. Il existe de nombreux fablab y compris dans les milieux ruraux, certains plus institutionnalisés que d’autres. Pour nos lecteurices agissant au sein de fablabs, qu’est-ce qui peut faire qu’un fablab devienne un commun, au niveau local / réseau des fablabs ?
Matei Gheorghiu : En deux mots, il faut de l’ouverture et de la structure.
Pour développer, il est capital que les fablabs et espaces du faire (lieux où se regroupent des « makers » ou « faiseurs » pour se réaliser et réaliser leurs projets et partager des solutions et des outils) au niveau local trouvent leur place dans l’écosystème de proximité (ce n’est pas uniquement, ou pas principalement de leur ressort, on sait bien que la plupart manque déjà de moyens pour subsister). Les fablabs doivent certes être ouverts (ce n’est pas toujours le cas) mais leurs différents partenaires doivent également engager de réelles ressources en contrepartie de ce qu’un outil tel que le fablab (équipé de machines mais surtout de compétences et « branché » sur un réseau mondial) peut leur apporter : une ressourcerie low-tech capable de développer des solutions techniques de manière frugale et dans un temps très court, une plateforme de formation et de partage, connectée aussi bien à des structures similaires qu’à d’autres de nature très différente (un fablab rural peut être en contact direct avec un fablab universitaire ou métropolitain, avec tout ce que ça implique de bénéfices croisés), une capacité d’action fulgurante en cas de crise, comme l’a démontré la mobilisation des makers lors du Covid-19, etc.
Les makers doivent donc soutenir le développement du fablab local et son articulation harmonieuse aux structures de l’environnement, et les responsables de ces structures (publiques et privées) doivent accepter de conférer aux fablabs une certaine autonomie et d’intégrer à leurs logiques de fonctionnement ce que leur nature (ouverture, fonctionnement en pair à pair et en réseau, primauté de l’expérimentation …) impose, et pas seulement les cantonner à un rôle de gadget de communication.
Les fablabs et leurs partenaires doivent aussi continuer leur travail de structuration en réseau, sans lequel ces caractéristiques avantageuses sont incertaines et précaires (elles ne reposent que sur une coïncidence et non sur une organisation qui veille à leur maintien et à son caractère équitable). Pour ce faire, la première obligation est de participer à la vie du réseau (passer une heure par semaine sur le forum, c’est augmenter les chances qu’un besoin ou une question soient pris en charge en mode pair à pair ; participer à la vie démocratique du réseau, c’est s’assurer qu’il maintient son caractère de commun).
Le rôle du niveau Réseau et de ses animateurs est de soutenir le développement de la communauté, de favoriser le brassage des lieux et des personnes, d’accompagner l’enrichissement d’un capital informationnel commun, dans le respect des principes directeurs qui le constituent : inclusion (soin accordé à l’accueil d’autrui et à l’ensemble de ses « différences »), subsidiarité (préférence initiale pour l’action de proximité et remontée si besoin au niveau supérieur), articulation systématique à l’intérêt général (attention à prendre en considération l’ensemble avant la partie), internationalisme (ne pas préférer par exemple une solution 100 % française quand il est plus évident et efficace de travailler avec le fablab de l’autre côté de la frontière, ou quand la solution vient, par la voie des ondes, de l’autre bout de la terre, mais aussi et surtout œuvrer en se rappelant que les fablabs et leur réseau sont d’abord et avant tout un outil de paix et de solidarité).
Quelles seraient les clés pour que les communs de proximité prennent de l’ampleur dans les prochaines années ?
Justine : Dans notre conclusion, nous proposons plusieurs pistes, qu’il est possible de consulter. Je retiens personnellement une chose : il est incontournable que les personnes se réapproprient la légitimé à s’organiser. Les personnes sont les premières expertes de leurs besoins et de leur territoire. Mais c’est très difficile de se sentir capable quand on assène que seules certaines entreprises, ou certaines institutions peuvent avoir la compétence de prendre les choses en charge, et à leur manière.
Un énorme merci aux différents auteurices pour le temps passé à répondre à nos questions !
17.02.2025 à 07:42
Khrys’presso du lundi 17 février 2025
Khrys
Texte intégral (11879 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
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Brave New World
- Après une période d’essai de Copilot, le personnel du gouvernement australien a jugé l’IA de Microsoft moins utile que prévu (developpez.com)
- Au Japon, début du démantèlement des réservoirs d’eau traitée de la centrale nucléaire de Fukushima (lemonde.fr)
- Investir dans les énergies renouvelables tout en construisant des centrales à charbon : le paradoxe énergétique de la Chine (humanite.fr)
- L’ONU accuse le régime déchu du Bangladesh de possibles crimes contre l’humanité (liberation.fr)
Les Nations unies pointent du doigt ce mercredi 12 février les possibles agissements du pouvoir déchu bangladais durant la répression d’un mouvement de protestation en juillet 2024.
- L’arche de Tchernobyl touchée par un drone russe, pas de hausse des radiations, d’après Volodymyr Zelensky (liberation.fr)
Le président ukrainien a accusé, ce vendredi 14 février, la Russie d’avoir endommagé, avec un drone explosif, la structure de confinement de la centrale nucléaire accidentée. Il dénonce une « menace terroriste pour le monde entier » de la part de la Russie mais assure toutefois qu’aucune hausse des radiations n’a été constatée.
- En Géorgie, le mouvement de contestation à l’épreuve de la répression (humanite.fr)
Plusieurs milliers de Géorgien·nes se mobilisent quotidiennement depuis le 28 novembre. L’ampleur de ce mouvement inédit contre le Rêve géorgien, le parti au pouvoir, n’a pas fait vaciller le gouvernement. Au contraire, ce dernier multiplie les restrictions sur la société civile.
- Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky se dit prêt à un « échange » de territoires avec la Russie (liberation.fr)
Dans un entretien au « Guardian », le président ukrainien s’est dit ouvert ce mardi 11 février à des négociations avec Vladimir Poutine, affirmant par ailleurs que « les garanties de sécurité sans l’Amérique ne sont pas de vraies garanties de sécurité ».
Voir aussi Zelenskyy : Europe cannot guarantee Ukraine’s security without America (theguardian.com)
Ukraine’s president says he will offer US firms lucrative reconstruction contracts to try to get Trump onside[…]If Trump does manage to get Ukraine and Russia to the negotiating table, Zelenskyy said he planned to offer Russia a straight territory exchange, giving up land Kyiv has held in Russia’s Kursk region since the launch of a surprise offensive there six months ago.
Et Trump officials pitch Zelenskyy on U.S. owning 50 % of Ukraine’s rare earth minerals (nbcnews.com)
The Trump administration has suggested to Ukraine that the United States be granted 50 % ownership of the country’s rare earth minerals, and signaled an openness to deploying American troops there to guard them if there’s a deal with Russia to end the war, according to four U.S. officials.
- Travail forcé au Turkmenistan (lundi.am)
Le journaliste Khudayberdy Allashov est mort en août dernier, après avoir été persécuté une dizaine d’années durant par les autorités turkmènes. Elles lui reprochaient d’avoir osé écrire sur le travail forcé systématique dans les champs de coton du pays. Un secret de polichinelle, qui n’empêche pas certaines marques de textile européennes de se fournir encore au Turkménistan.
- « Le peuple syrien n’acceptera pas un retour à un régime autoritaire » (cqfd-journal.org)
Co-autrice du livre Burning country, au cœur de la révolution syrienne, l’activiste et écrivaine syro-britannique Leila al-Shami a toujours défendu les modes d’auto-organisation civile de la révolution syrienne. Elle livre ici son analyse sur les enjeux de cette nouvelle ère en Syrie.
- Three scenarios outline negotiations between Damascus Govt and SDF (english.enabbaladi.net)
- La dangereuse mainmise du Rwanda sur la région des Grands Lacs (alternatives-economiques.fr)
En trois semaines, l’architecture de l’État congolais dans sa partie orientale s’est effondrée.
- « À chaque innovation numérique, on constate une recrudescence des conflits au Congo » (basta.media)
- Libye : les corps de dizaines de migrant·es découverts dans des fosses communes (euronews.com)
- La Suisse refuse d’inscrire les limites planétaires dans sa Constitution (reporterre.net)
Le 9 février, les Suisses devaient voter par référendum pour ou contre « une économie responsable dans les limites de la planète », seuils qui nous approchent du point de non-retour. Avec plus de 70,5 %, le non l’a emporté dans les 26 cantons qui composent le pays, avec un taux de participation de 38 %.
- Malades de longue durée : 10 à 15 % des personnes atteintes de burn-out ne pourront jamais retravailler (rtbf.be)
C’est l’une des grandes mesures du gouvernement De Wever : remettre au travail les malades qui sont sous certificat médical depuis plus d’un an, en envisageant d’instaurer un plan global de prévention et de réinsertion. En Belgique, 485.435 personnes sont en invalidité dont un quart en raison d’une dépression ou d’un burn-out.
- L’Union européenne dévoile son méga plan à 200 milliards d’euros, pour construire des usines d’IA géantes (clubic.com)
Avec InvestAI, l’Union européenne a dévoilé un plan de 200 milliards d’euros pour développer son infrastructure d’intelligence artificielle et rivaliser avec les géants mondiaux de la tech, en construisant des gigafactories dédiées à l’IA.
Voir aussi L’UE promet d’investir 200 milliards de dollars dans le domaine de l’IA pour concurrencer les États-Unis et la Chine (developpez.com)
- Data centres could strain Europe’s power supply by 2030, report warns (euronews.com)
- The EU preaches sustainable fishing – but is emptying the Indian Ocean (ftm.eu)
Indian Ocean coastal states are increasingly concerned about dwindling stocks of overfished tuna species. Yet these nations say that negotiations to establish fairer catch allocations are being hampered by an actor located thousands of kilometres away : the EU.
- Nouvelles feuilles de route climat : les pays n’ont pas respecté la date limite de l’ONU, sauf rares exceptions (connaissancedesenergies.org)
- Vance’s week of waging war on EU tech law (politico.eu) The U.S. vice president attacked Europe’s regulations governing American Big Tech giants and online speech.
- Le Royaume-Uni abandonne sa stratégie de régulation stricte de l’IA au profit d’une collaboration avec Anthropic pour l’aider à transformer ses services publics (developpez.com)
- ‘When you’ve got nothing in your belly, you can’t concentrate’ : teachers on the food banks they run in schools (theconversation.com)
Across England, schools are running food banks to help the children and their families. Research suggests that 21 % of schools in England now offer some form of food charity.
- L’annexion du Canada détruirait-elle les États-Unis ? (theconversation.com)
Si Trump décidait un jour d’utiliser la force militaire pour annexer le Canada, le résultat ne serait pas déterminé par une confrontation militaire conventionnelle entre les armées canadienne et américaine. Une invasion militaire du Canada entraînerait plutôt une résistance violente qui pourrait durer des décennies et finir par détruire les États-Unis.
- EFF Sues DOGE and the Office of Personnel Management to Halt Ransacking of Federal Data (eff.org)
EFF and a coalition of privacy defenders have filed a lawsuit today asking a federal court to block Elon Musk’s Department of Government Efficiency (DOGE) from accessing the private information of millions of Americans that is stored by the Office of Personnel Management (OPM), and to delete any data that has been collected or removed from databases thus far.
Voir aussi “Largest data breach in US history” : Three more lawsuits try to stop DOGE (arstechnica.com)
Three new complaints seek court orders that would stop the data access and require the deletion of unlawfully accessed data. Two of the complaints also seek financial damages for individuals whose data was accessed.
- We stay strong against hate and hatred (blog.codeberg.org)
In the past days, several projects advocating tolerance and equal rights on Codeberg have been subject to hate attacks, such as massive spam of abusive messages in their issue trackers.
- ICE Wants to Know If You’re Posting Negative Things About It Online (theintercept.com)
ICE wants to hire contractors to monitor social media for threats. Those who criticize the agency could be pulled into the dragnet.
- Pour refuser d’appeler le Golfe du Mexique le « Golfe d’Amérique », Associated Press interdite d’accès au Bureau ovale et à Air Force One (liberation.fr)
La présidence des États-Unis a annoncé ce vendredi 14 février avoir banni indéfiniment l’agence de presse américaine du bureau et de l’avion de Donald Trump car elle a eu l’outrecuidance de souligner que le changement de nom du Golfe du Mexique n’avait d’autorité qu’aux États-Unis.
- Plus de 800 000 personnes ont perdu 2 milliards de dollars après l’effondrement de la valeur du memecoin de Donald Trump (developpez.com)
- Luigi Mangione Says He’s ‘Grateful’ for Support Shown in First Public Statement Since Alleged UnitedHealthcare CEO Murder (people.com)
Earlier this week, Mangione accepted $297,000 in donations to cover his legal bills from the December 4 Legal Committee, which is stewarding a fundraiser on GiveSendGo for his legal defense […]The committee — named after the death date of Thompson — said the donations were offered by over 10,000 individual supporters.
- Farmers ‘very worried’ as US pesticide firms push to bar cancer diagnoses lawsuits (theguardian.com)
Pesticide company efforts to push through ‘Cancer Gag Act’ laws that could block litigation against them is igniting battles in several US farm states and pitting some farm groups against each other.
- Sur fond de grippe aviaire, Donald Trump licencie la moitié des épidémiologistes d’un programme de pointe (letemps.ch)
« Nous sommes potentiellement au bord d’une nouvelle pandémie et nous virons des personnes qui ont probablement plus d’expertise que n’importe qui d’autre dans le pays »
- Georgia was about to retire coal plants. Then came the data centers. (grist.org)
Utilities nationwide are falling back on fossil fuels to meet huge energy demand.
- Après les incendies de Los Angeles, une forte tempête fait craindre des glissements de terrain (liberation.fr)
Les feux qui ont ravagé la ville le mois dernier ont fragilisé les sols ce qui peut créer des inondations et des coulées de boue.C’est le deuxième évènement climatique majeur qui touche Los Angeles en deux mois. La Californie se prépare à subir sa tempête la plus forte de l’hiver
- Trump administration wants to un-fire nuclear safety workers but can’t figure out how to reach them (nbcnews.com)
The workers, whose agency oversees the nation’s nuclear stockpile, had been fired on Thursday and lost access to their federal government email accounts.
- Elon Musk’s Team Decimates Education Department Arm That Tracks National School Performance (propublica.org)
The Trump administration canceled $900 million in contracts overseen by the Institute of Education Sciences, which partners with scientists and education companies to compile and make public data about schools each year.
- Trump State Department official has repeatedly called for mass sterilization of ‘low-IQ trash’ (independent.co.uk)
Secretary of State Marco Rubio has appointed Darren Beattie to be the acting undersecretary for public diplomacy and public affairs, a senior role that represents American foreign policy to the world. In May 2024, Beattie wrote on X : “Population control ? If only !” “Higher quality humans are subsidizing the fertility of lower quality humans,” he added
- Groundbreaking BBC research shows issues with over half the answers from Artificial Intelligence (AI) assistants (bbc.com)
- 51 % of all AI answers to questions about the news were judged to have significant issues of some form
- 19 % of AI answers which cited BBC content introduced factual errors – incorrect factual statements, numbers and dates
- 13 % of the quotes sourced from BBC articles were either altered or didn’t actually exist in that article.
The full research can be found on the BBC website.
- « C’est une absurdité totale » : des chercheurs en cybersécurité critiquent les méthodes actuelles de sécurisation des systèmes d’IA, affirmant qu’elles sont défectueuses et nécessitent une refonte complète (developpez.com)
La convention DEF CON a publié son rapport « Hackers’ Almanack », qui rassemble les résultats de l’édition 2024 de la conférence annuelle des chercheurs en sécurité.
- ChatGPT’s Political Views Are Shifting Right, a New Analysis Finds (gizmodo.com)
OpenAI’s models have shifted over time toward the right end of the political spectrum.
- Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, prédit que l’IA dépassera l’intelligence humaine et formera un “pays de génies” d’ici 2027 (developpez.com)
- Sam Altman, PDG d’OpenAI, prévoit que les avantages de l’IA ne seront peut-être pas largement répartis, et seront utilisés par les gouvernements pour contrôler leur population par la surveillance de masse (developpez.com)
- Elon Musk propose 97 milliards de dollars pour racheter OpenAI, Sam Altman estime qu’OpenAI n’est pas à vendre « à un concurrent qui fait moins bien que nous » et propose de racheter Twitter pour 9,7 milliards de dollars (developpez.com)
- Des manifestantes qualifiées de « terroristes », plus de 450 arrestations… La lourde répression au Panama des mobilisations contre la réforme des retraites (humanite.fr)
Le texte examiné par l’Assemblée nationale entend contraindre les travailleuses et travailleurs à exercer trois années de plus en relevant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes.
- En Colombie, deux groupes armés imposent une guerre à la population (basta.media)
Le conflit armé a repris au nord-est de la Colombie, à la frontière avec le Venezuela. Des groupes armés se disputent un axe clé du narcotrafic. Plus de 50 000 personnes ont été déplacées.
- En Antarctique, des scientifiques espèrent lever les mystères du climat en forant des glaces vieilles de 1,2 million d’années (humanite.fr)
Le 9 janvier 2025, l’équipe du programme européen Beyond Epica, qui regroupe dix pays dont la France, a annoncé avoir réussi à forer la calotte antarctique jusqu’au socle rocheux pour en extraire 2 800 mètres de carottes glaciaires […] ces échantillons permettront de reconstituer l’histoire du climat et de l’atmosphère de la Terre sur les 1,2 million dernières années, là où le plus long enregistrement disponible était limité à 800 000 ans.
Spécial Palestine et Israël
- « From Ground Zero ». Gaza sous les bombes racontée par ses habitant·es (orientxxi.info)
- The day Israel came for the booksellers (972mag.com)
With a Palestinian coloring book as proof of ‘incitement,’ Israeli police raided East Jerusalem’s world-famous Educational Bookshop and arrested its owners.
- 2024 is deadliest year for journalists in CPJ history ; almost 70 % killed by Israel (cpj.org)
At least 124 journalists and media workers were killed last year, nearly two-thirds of them Palestinians killed by Israel.
- Palestine. Décentrer le regard occidental (orientxxi.info)
Massacres, torture, démolitions, expulsions, déplacement forcé, arrestations arbitraires : les crimes commis en Palestine et en Israël à l’encontre de la population palestinienne s’amoncellent et vont s’intensifiant ces dernières années, dans la totale impunité d’un État israélien qui se radicalise à l’extrême droite, et dont les dirigeant·es n’hésitent plus à appeler ouvertement au nettoyage ethnique des Palestinien·nes.
- « Nous allons posséder Gaza » : Donald Trump persiste et signe (humanite.fr)
Profitant de la visite à Washington du roi de Jordanie, Abdallah II, Donald Trump a confirmé mardi 11 février sa volonté de s’emparer purement et simplement de Gaza.[…]Abdallah II de Jordanie […] a exprimé sa « ferme opposition au déplacement de Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie » occupée, soulignant qu’il s’agissait d’une « position arabe commune ». Le même jour, s’exprimant devant la Knesset, le Parlement israélien, Benyamin Netanyahou a lancé : « Vous vouliez le plan pour le jour d’après, le voici. » De manière de plus en plus claire, Donald Trump prépare le terrain pour que la coalition d’extrême droite au pouvoir puisse mener à bien son projet de grand Israël, avec comme première étape un Gaza sans Gazaouis.
Spécial femmes dans le monde
- The Pioneering Paralegals Helping Women Take Back Their Land (reasonstobecheerful.world)
In India, where land ownership offers a path to empowerment, legal clinics are helping women farmers to access their rights.
- Augmentation choquante du nombre de féminicides en Iran : 9 autres femmes tuées en 10 jours (wncri.org)
L’article 612 du code pénal du régime clérical, en particulier, protège souvent les délinquants, notamment les pères, les frères et les maris, de sanctions sévères, perpétuant ainsi un cycle d’injustice. […] L’incapacité persistante à mettre en œuvre des protections juridiques solides non seulement met en danger d’innombrables femmes, mais renforce également une culture où les crimes d’honneur et la violence domestique restent tragiquement incontrôlés.
- L’explosion de l’IA dans le monde du travail va creuser les inégalités entre les femmes et les hommes (huffingtonpost.fr)
- Devant et derrière la caméra, les femmes encore et toujours effacées du cinéma hollywoodien (liberation.fr)
Réalisatrices, monteuses, actrices ou cheffes op : partout, les femmes sont minoritaires dans l’industrie du cinéma américain, révèle une étude, qui souligne aussi la permanence des stéréotypes de genre dans la composition des personnages.
- L’inclusivité pas assez bankable ? Disney renonce à son programme de diversité (telerama.fr)
En abandonnant “Reimagine Tomorrow”, programme qui revalorisait les voix des minorités, les studios Walt Disney ont fait le choix de s’aligner sur les Gafam. Une décision pas anodine dans un pays dirigé par Donal Trump.
- ‘I don’t feel safe’ : Trans people are planning to flee the US (dazeddigital.com)
- « Femme », « climat »… Trump interdit des mots dans les articles scientifiques (reporterre.net)
Les scientifiques étasuniens doivent désormais bannir tout un lexique environnemental et social de leurs travaux, sous peine de risquer la perte de financements.
- Celebrating Solar Orbiter and the women behind the mission (esa.int)
Behind every successful ESA space mission, there is at least one woman. Behind the ESA/NASA Solar Orbiter mission, there are hundreds of them. With this mosaic, in light of the International Day of Women and Girls in Science, we are celebrating some of the women who have been working on this mission to explore and better understand our life-giving star.
Spécial France
- Un incendie qui sévit depuis mi-janvier sur l’île d’Amsterdam a ravagé 55 % de ce petit territoire dans le sud de l’océan Indien rattaché aux Terres australes et antarctiques françaises. (france24.com)
Ce sanctuaire de biodiversité abrite l’une des deux bases mondiales chargées de mesurer la pollution de fond de l’atmosphère. Des données précieuses dans l’étude du dérèglement climatique.
Voir aussi BBC : Half of French island in Indian Ocean burnt by wildfire (bbc.com)
- Le projet de loi d’urgence pour Mayotte définitivement adopté (projetarcadie.com)
- 65 ans après « Gerboise bleue » : La France toujours dans le déni (elwatan-dz.com)
Le 13 février 1960, l’Etat français expérimentait « Gerboise bleue », le premier de ses 17 essais nucléaires atmosphériques et souterrains jusqu’en 1966, à Reggane, dans le Sud algérien. Sujet tabou vis-à-vis de la société française et statu quo à l’égard des autorités algériennes qui n’ont eu de cesse réclamer à la France depuis des décennies réparation pour les graves dommages occasionnés à l’environnement et à la population locale exposée aux risques de contamination sur des générations. D’assumer ses responsabilités et de fournir documents et informations devant servir à la décontamination des sites. L’Etat français répond à cette demande légitime par le déni, arguant que les essais ont été « propres » et engendrant peu de dégâts.
- Pour le Conseil constitutionnel, Richard Ferrand choisi pour être président et succéder à Laurent Fabius, mais… (huffingtonpost.fr)
Tout comme la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et son homologue du Sénat, Gérard Larcher, qui ont décidé de nommer respectivement l’ex-juge Laurence Vichnievsky et le sénateur Philippe Bas, le président a le pouvoir de nommer un “Sage”.
- Les députées du groupe Écologiste et social, Eva Sas et Clémentine Autain sont autrices d’une proposition de loi instaurant un taux d’imposition minimal de 2 % sur le patrimoine des plus riches. (humanite.fr) – voir aussi Impôt sur la fortune des milliardaires : un pas vers plus de justice fiscale (france.attac.org)
- Alexis Kohler refuse une audition à l’Assemblée, Éric Coquerel veut saisir la justice (huffingtonpost.fr)
Éric Coquerel veut désormais avoir l’aval de la commission des Finances pour lancer un recours pénal contre le bras droit d’Emmanuel Macron.
- Jean Castex a été placé en garde à vue à Montpellier, dans le cadre d’une enquête préliminaire économique et financière ouverte par le parquet de Perpignan, à la suite d’un signalement d’Anticor (midilibre.fr)
- Surveillance excessive des salariés : sanction de 40 000 euros à l’encontre d’une entreprise du secteur immobilier (cnil.fr)
Le 19 décembre 2024, la CNIL a sanctionné une société d’une amende de 40 000 euros en raison d’une surveillance disproportionnée de l’activité de ses salariés, à travers un logiciel paramétré pour comptabiliser des périodes « d’inactivité » supposée et pour effectuer des captures d’écran régulières de leurs ordinateurs. En outre, les salariés étaient filmés en permanence.
- Chronopost victime d’une cyberattaque : le transporteur confirme le vol de données, dont les signatures des client·es (clubic.com)
- Chez Blablacar, la dégringolade après l’arrêt des primes covoiturage (reporterre.net)
Blablacar et TotalEnergies avaient gonflé les vertus du covoiturage pour profiter des « certificats d’économie d’énergie ». La suspension de ce filon ultralucratif, en juin, a fait dégringoler la valeur de l’entreprise
- Les musiciens obtiennent l’autorisation de voyager avec leur contrebasse dans le TGV (liberation.fr)
Considéré comme un « bagage encombrant », l’instrument n’était jusqu’à présent pas le bienvenu à bord du train. Mais le 13 février, après des années de négociation, le syndicat « Scène Ensemble » obtient enfin de la SNCF et du Ministère de la culture l’autorisation de voyager avec une contrebasse.
- Les salaires mirobolants des dirigeants de la FNSEA indignent le monde agricole (blogs.mediapart.fr)
Spécial femmes en France
- « Cette procédure est absolument exceptionnelle » : Kamel Daoud assigné en France par Saâda Arbane, qui l’accuse de vol de son histoire (liberation.fr)
L’écrivain a été assigné en justice, jeudi 13 février, pour non-respect de la vie privée par Saâda Arbane, une femme algérienne qui l’accuse d’avoir volé son histoire pour composer son roman « Houris », prix Goncourt 2024, ce que l’auteur réfute.
- Féminisation de la politique : des changements en trompe-l’œil (theconversation.com)
La féminisation de la politique française est notable, mais elle reste limitée. Elle est plus lente que celle à l’œuvre dans les métiers de la médecine, du barreau, de l’enseignement supérieur ou du journalisme.
- « Si on n’a pas un gros caractère, c’est compliqué » : le difficile quotidien des lycéennes en spécialité mathématiques (leparisien.fr)
- « 70 kilos et plus musclée qu’eux » : sur TikTok, elles se moquent de la grossophobie décomplexée (huffingtonpost.fr)
En se moquant de propos grossophobes sur TikTok, des centaines de femmes ont rappelé qu’elles n’avaient pas à répondre à des critères de poids pour se sentir bien dans leur peau.[…] Pour rappel, la grossophobie constitue une discrimination sur le fondement de l’apparence physique, et est donc passible de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amendes
- A69 : une opposante transgenre a passé quatre mois dans une prison pour hommes (liberation.fr)
Mise en examen dans le cadre de sa mobilisation contre l’autoroute Toulouse-Castres, Louna était incarcérée depuis octobre dans une prison pour hommes. Elle a été libérée sous contrôle judiciaire ce vendredi 14 février.
- Yann Moix et Gérard Depardieu, deux gros dégueulasses (liberation.fr)
« Libération » révèle, ce vendredi 14 février, de nouvelles images du voyage de Gérard Depardieu et Yann Moix en Corée du Nord, en 2018. La violence de leurs mots montre l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir dans la lutte contre le sexisme et la misogynie.
- « Le viol, c’est aussi toutes les fois où l’on n’a pas eu la possibilité de dire non » (revueladeferlante.fr)
- Soumission chimique dans le Doubs : un père de famille condamné à 15 ans de réclusion pour viols sur ses deux filles (liberation.fr)
Un homme de 42 ans a été condamné lundi 10 février par la cour criminelle du Doubs pour avoir violé ses jumelles à peine majeures, qu’il endormait grâce à des somnifères et des anxiolytiques.
- « On avait très peur de cette carabine » (mediavivant.fr)
Dans leur enquête « Des armes hors de contrôle », les journalistes Laurène Daycard et Fanny Marlier reviennent sur le meurtre de Cécile Piquet en 2020, qui avait pourtant alerté la gendarmerie. […] « La gendarmerie de Domont réduisait ses plaintes à une banale affaire de couple, de discorde conjugale comme on en voit beaucoup, donc banalisait complètement et sous-estimait la gravité des faits, ce qui explique la multiplicité des plaintes » […] Consciente du danger, Cécile Piquet avait déposé au total pas moins de 22 plaintes et mains courantes. En vain.
- Meurtre de Louise : quels sont les principes de la non-dénonciation de crime qui s’appliquent à la petite amie d’Owen L. ? (liberation.fr)
RIP
- Mort d’Yvonne Choquet-Bruhat, la première femme élue à l’Académie des sciences (humanite.fr)
Yvonne Choquet-Bruhat, la première femme élue en 1979 à l’Académie des sciences, est décédée le 11 février, à l’âge de 101 ans. Elle avait été accueillie à l’Académie pour sa « contribution fondamentale à la compréhension mathématique et physique de la théorie de la gravitation d’Einstein ». Ses travaux, situés à la frontière des mathématiques et de la physique, ont ouvert la voie à la compréhension des ondes gravitationnelles émises lors de l’effondrement et de la fusion de trous noirs. « Elle a été la première, en 1952, indique l’Institut, à apporter la preuve mathématique de l’existence de solutions à l’équation d’Einstein, notamment la première preuve rigoureuse qu’elles impliquent la propagation à la vitesse de la lumière d’ondes gravitationnelles ».
- Mort de Geneviève Page, grande comédienne de théâtre, trop ignorée du cinéma français (telerama.fr)
Repérée dans “Fanfan la Tulipe”, après-guerre, elle aura ensuite une grande carrière sur les planches. Au cinéma, les étrangers plus sensibles à son étrangeté, notamment Luis Buñuel, dans “Belle de jour”. Geneviève Page est décédée ce vendredi 14 février, à l’âge de 97 ans.
Spécial médias et pouvoir
- Franceinfo TV : après un débat télé sur Gaza, possible future « Côte d’Azur », la rédaction demande le départ de son directeur (liberation.fr)
La rédaction de la chaîne a demandé ce vendredi 14 février le départ « définitif » de Laurent Delpech. La motion de défiance a été votée quelques jours après la tenue d’un débat autour de la transformation de Gaza en « Côte d’Azur » voulue par Trump.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- François Bayrou dit qu’il a « découvert » une partie de son budget… Après l’avoir fait passer aux forceps (huffingtonpost.fr)
- « L’IAE est un filet de sécurité » : face aux coupes budgétaires, les structures de l’insertion tirent la sonnette d’alarme (humanite.fr)
Les quatre milliards de coupes dans le budget du ministère du travail ont des conséquences sur l’insertion par l’activité économique (IAE). Huit fédérations alertent ce vendredi 14 février sur l’avenir des 300 000 personnes accompagnées par les 4 600 structures du secteur.
- Corruption : 26 ministres ou proches de Macron impliqués depuis 2017 (fakirpresse.info)
- Sommet de l’IA : pour finir, la France décide d’innover d’abord et de réfléchir ensuite (telerama.fr)
Les États-Unis et le Royaume-Uni ont boudé la signature de la déclaration finale du Sommet qui prône une intelligence artificielle “éthique, durable et inclusive”. Emmanuel Macron, lui, a joué les VRP de la France. « En France, ce n’est pas la peine de forer, ici c’est “plug, baby plug”. L’électricité est disponible, vous pouvez vous brancher ! »
- Intelligence artificielle : d’où viennent les 109 milliards d’investissement annoncés par Emmanuel Macron ? (huffingtonpost.fr)
Émirats arabes unis, Mistral AI, Amazon… Des investisseurs étrangers, mais pas que, ont déjà promis d’investir dans l’IA en France. Une enveloppe dont le détail a été dévoilé.
- Intelligence artificielle : le sommet du mélange des genres (multinationales.org)
Le Sommet international pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) qui a lieu à Paris en ce mois de février 2025 tient à la fois de la foire commerciale et de la grande messe où les dirigeants de multinationales et de start-ups sont conviés à s’asseoir à la même table que les gouvernements […] Un entre-soi qui sert surtout à écarter les vraies questions.
- Exploitation des hydrocarbures en Guyane : “Il faut ouvrir le débat”, propose Manuel Valls (franceguyane.fr)
- Comment Total et consorts nous ont fait perdre un temps précieux dans la lutte contre le réchauffement (basta.media)
- Le secteur agroalimentaire, ses pollutions et sa malbouffe sous perfusion d’argent public (basta.media)
- RSA et prime d’activité : une simplification en forme d’enfumage (humanite.fr)
Catherine Vautrin a annoncé vendredi 14 février la généralisation de la déclaration de ressources simplifiée pour les allocataires du RSA et de la prime d’activité, à partir de mars […] la CGT dénonce « une opération de communication » visant à masquer la suppression des moyens humains d’accompagnement et les sanctions imposées par la loi plein-emploi.
- Déserts médicaux : abandonnés par l’État, des Bretons veulent faire venir des médecins cubains (basta.media)
La presse se fait régulièrement l’écho de femmes qui accouchent sur la route, dans leur voiture, car elles sont désormais trop éloignées de l’établissement qui peut les prendre en charge.
- Inclusion à l’école, enseignants en détresse : « l’enfant est en souffrance et moi, je participe à sa maltraitance » (rapportsdeforce.fr)
Vingt ans après la loi de 2005, qui consacre le principe de l’inclusion des enfants en situation de handicap dans le milieu scolaire dit ordinaire, des enseignant.es tirent la sonnette d’alarme. Si le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés a augmenté, les moyens donnés à leur accompagnement ne suivent pas.
- Écoles : les maires alertent contre les fermetures « brutales » de classes (humanite.fr)
L’association des maires de France (AMF) s’inquiète publiquement du nombre élevé de fermetures de classes décidé dans plusieurs départements pour la rentrée 2025, « sans concertation » avec les acteurs locaux. Et ce, alors que le gouvernement a renoncé à la suppression de 4 000 postes d’enseignant·es.
- Agressions sexuelles à Notre-Dame de Bétharram : François Bayrou prétend n’avoir « jamais été informé », un juge d’instruction de l’époque affirme le contraire (humanite.fr)
Si les informations de Mediapart, qui a toujours gagné ses procès en diffamation, étaient confirmées par l’enquête judiciaire, cela signifierait qu’un Premier ministre a menti devant la représentation nationale. Non pas une mais deux fois.
Voir aussi Violences au collège-lycée Bétharram : Bayrou dit n’avoir « jamais été informé » des dérives, « Mediapart » publie des documents qui démentent cette version (liberation.fr)
Mediapart a révélé ce mardi soir de nouveaux documents attestant selon le média d’investigation des mensonges du chef du gouvernement. « Le Premier ministre n’a pas reçu une mais au moins trois alertes »
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Palpations, caméras-piétons, vidéosurveillance algorithmique… (liberation.fr)
Une nouvelle loi pour la sécurité dans les transportsLes députés ont voté mardi 11 février au soir un texte contenant plusieurs mesures répressives critiquées par la gauche. Déjà adopté par le Sénat, il va être débattu en commission mixte paritaire.
- De nouvelles caméras à l’IA scrutent votre visage chez les buralistes (presse-citron.net)
Le dispositif MyCheckr s’appuie sur l’intelligence artificielle pour estimer l’âge des clients. Son déploiement connaît une accélération notable : 200 bureaux de tabac français ont déjà franchi le pas.
- Occupation de la Gaîté Lyrique : la justice ordonne l’évacuation des jeunes majeurs d’ici un mois (liberation.fr)
Le tribunal administratif de Paris a ordonné ce jeudi 13 février l’évacuation des 300 jeunes migrants qui occupent le lieu culturel parisien depuis le mois de décembre.
- À Rouen, le maire insulté après le don de tickets de métro gratuits pour les exilé·es (liberation.fr)
Le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol a déclaré, mercredi 12 février, avoir été la cible de messages haineux sur les réseaux sociaux après sa décision censée faciliter l’intégration des étranger·es primo-arrivant·es en France.
- Le tribunal administratif de Melun victime de menaces après l’annulation de l’expulsion de l’influenceur algérien Doualemn (liberation.fr)
Après l’annulation de l’OQTF de l’influenceur « Doualemn », de son vrai nom Boualem N., par le tribunal de Melun le 6 février, ses magistrats ont été la cible de menaces sur les réseaux sociaux. Une situation que dénoncent plusieurs institutions judiciaires.
- Pierre-Édouard Stérin, saint patron de l’extrême droite française #18. « Multiplier les contentieux stratégiques » : comment Pierre-Édouard Stérin entend mener sa guérilla juridique (humanite.fr)
- Éric Zemmour jugé pour contestation de crime contre l’humanité : non, Pétain n’a pas sauvé les Juifs français (telerama.fr)
Le chroniqueur de CNews comparaît devant la cour d’appel de Paris pour avoir affirmé que le maréchal Pétain aurait aidé à sauver les Juifs français entre 1939 et 1945. Des propos calomnieux, une vraie fake news : la preuve par quatre.
Spécial résistances
- Intelligence Artificielle : faire front contre la puissance techno-réactionnaire (mouton-numerique.org)
le Mouton Numérique tient à faire entendre son bêlement pour pointer le danger qui se cache derrière cette grande messe diplomatique : celui de l’accaparement rhétorique, politique et économique d’une « technologie » par les classes dirigeantes afin de soutenir leurs projets capitalistes, autoritaires et impérialistes dans lesquels l’intérêt des citoyens·nes est complètement écarté.
- « Il n’y a pas d’écologie sans lutte contre le fascisme » : des activistes visent le siège de Tesla en France, propriété d’Elon Musk (vert.eco)
« Tesla est la première source de fortune d’Elon Musk et l’entreprise qui lui a permis de racheter Twitter et d’investir dans la campagne de Trump. C’est la pierre angulaire d’un empire qui finance la haine » – Léa Zaïdat, porte-parole d’Action justice climat (AJC).
- Accueille le printemps, crame une Tesla (trognon.info)
- À l’université de Bordeaux-Montaigne, une mobilisation étudiante contre les agressions de l’extrême droite (liberation.fr)
Pour protester contre les agressions de l’extrême droite sur le campus et montrer un front uni, des organisations étudiantes organisent un « village antifa », jeudi 13 février.
- PFAS dans l’eau à Paris : une plainte pour faire « payer les pollueurs » (reporterre.net)
Eau de Paris, la première entreprise publique de l’eau en France, a annoncé le 13 février au journal Le Monde qu’elle allait déposer plainte contre X dans les prochains jours. La régie parisienne dénonce plusieurs infractions pénales : pollution des réseaux d’adduction d’eau potable par déversement de substances, abandon de déchets et dégradation substantielle de l’environnement.
- Quatre associations tentent de renvoyer TotalEnergies devant la justice pour ses forages pétroliers « climaticides » en Ouganda et en Tanzanie (humanite.fr)
Darwin Climax Coalitions, Sea Shepherd France, Wild Legal et Stop EACOP-Stop Total ont porté plainte, auprès du parquet de Nanterre, contre le géant TotalEnergies, accusé de ne pas respecter « ses obligations légales de prévenir les violations des droits humains et les dommages environnementaux » en Tanzanie et en Ouganda.
- Le tribunal du Havre reconnaît l’état de nécessité pour les militant·es d’Extinction Rebellion et Scientifiques en rébellion (scientifiquesenrebellion.fr)
- A69 : pourquoi faut-il boycotter les produits Avène ? (rennes.alternatiba.eu)
Le projet d’autoroute A69 est un scandale démocratique, environnemental et social. Le groupe pharmaceutique Pierre Fabre a usé de toute son influence pour arracher l’autorisation de construction, nous userons de la nôtre pour stopper sa construction. Comment ? En boycottant sa plus célèbre marque, Avène.
- « Les personnes handicapées n’ont pas accès à leurs droits les plus élémentaires » (politis.fr)
Béatrice Pradillon est la cofondatrice du collectif handi et féministe, Les Dévalideuses. Elle revient sur la non-application de la loi pour l’égalité des droits et des chances de 2005 et appelle la gauche à s’imprégner des combats antivalidistes.
- Appel de syndicalistes pour un sursaut unitaire à gauche (humanite.fr)
Spécial outils de résistance
- The Technology of Computer Destruction (hans.gerwitz.com)
Techniques for destroying data files and computer installations quickly and permanently are described.This paper is for research purposes only, and is intended to add slightly to the sum total of human knowledge.
- How to stop Trump’s power grab (vox.com)
democracy’s defenders need to think of their jobs as buying time for the courts — blocking and delaying everything to prevent him from doing irrevocable harm to the constitutional order before he can be ordered to stop.
Spécial GAFAM et cie
- Google Chrome pourrait bientôt utiliser l’IA pour modifier automatiquement vos mots de passe compromis, mais à quel prix pour votre vie privée ? (developpez.com)
- Google will use machine learning to estimate a user’s age (theverge.com)
- Au Brésil, fausse alerte au tremblement de terre mais vraie erreur signée Google (liberation.fr)
Plusieurs propriétaires de téléphones Android ont reçu une fausse alerte au séisme dans la nuit de jeudi à vendredi au Brésil. Le géant a dû présenter ses excuses ce vendredi 14 février et annonce l’ouverture d’une enquête.
- Google Calendar removed events like Pride and BHM because its holiday list wasn’t ‘sustainable’ (theverge.com)
Some Google Calendar users are angrily calling the company out after noticing that certain events like Pride month are no longer highlighted by default. Black History Month, Indigenous People Month, Jewish Heritage, Holocaust Remembrance Day, and Hispanic Heritage have also been removed
- reCAPTCHA : 819 millions d’heures humaines perdues et des milliards de dollars de profits pour Google (developpez.com)
Depuis son acquisition par Google en 2009, le système reCAPTCHA est devenu un élément incontournable du web. Ce petit test, censé distinguer les humains des robots, est aujourd’hui présent sur des millions de sites. Pourtant, derrière son apparence anodine, se cache un immense gaspillage de temps humain et une manne financière colossale pour Google.
Voir aussi A 2023 study concluded CAPTCHAs are ‘a tracking cookie farm for profit masquerading as a security service’ that made us spend 819 million hours clicking on traffic lights to generate nearly $1 trillion for Google (pcgamer.com)
- I was a content moderator for Facebook. I saw the real cost of outsourcing digital labour (theguardian.com)
A mum of two young children, I was recruited from my native South Africa with the promise to join the growing tech sector in Kenya for a Facebook subcontractor, Sama, as a content moderator. For two years, I spent up to 10 hours a day staring at child abuse, human mutilation, racist attacks and the darkest parts of the internet so you did not have to.
- Lawsuit Accuses Meta Of Training AI On Torrented 82TB Dataset With Millions Of Pirated Books (hothardware.com)
- Apple, et son assistant vocal Siri, cibles d’une plainte pour collecte massive d’enregistrements (liberation.fr)
La Ligue des droits de l’Homme attaque le géant informatique en raison d’enregistrements de conversations à caractère privé par son assistant vocal.
- Aux États-Unis, le site nucléaire de la catastrophe de Three Mile Island redémarre pour alimenter l’intelligence artificielle de Microsoft (vert.eco)
- Une étude de Microsoft révèle que plus les gens utilisent l’IA dans leur travail, moins ils font preuve d’esprit critique. (developpez.com)
L’étude suggère que l’IA rend la cognition humaine « atrophiée et non préparée »
- Memecoin LIBRA : Milei vient-il de faire la promotion d’une arnaque crypto sur X ? (legrandcontinent.eu)
Les autres lectures de la semaine
- The problems in the European Digital Identity (EUDI) (news.dyne.org)
- Le pouvoir normatif de Big Tech – Comment quelques multinationales décident de ce qu’on a le droit de dire et d’entendre, d’écrire et de lire, de montrer et de voir — de ce qu’on a le droit de penser (blogz.zaclys.com)
- What We Talk About When We Talk About AI (emptywheel.net)
- AI scams have infiltrated the knitting and crochet world – why it matters for everyone (zdnet.com)
Did you know hand-made knitting and crochet crafts have something in common with smartphone apps and 3D printers ? That’s right : the short answer is they use programming code. Let’s deconstruct the relationships between crafting and coding – and then I’ll provide some important lessons for everyone on how to spot some AI-generated scams.
- De la difficulté à évaluer l’IA : (danslesalgorithmes.net)
- Les détecteurs d’images générées par IA sont-ils fiables ? (liberation.fr)
Le détecteur d’IA de référence pour le grand public, WinstonAi, affiche un taux de fiabilité de 99,98 %. Mais grâce à quelques techniques simples, CheckNews a pu « tromper » le logiciel.
- Le forcing de l’IA (limitesnumeriques.fr)
- ‘Please Stop Inviting AI Notetakers To Meetings’ (slashdot.org)
the technology raises troubling questions around etiquette and privacy and risks undercutting the very communication it’s meant to improve
- L’IA est-elle « l’arnaque du siècle » ? (usbeketrica.com)
- Pourquoi il est urgent de porter de l’attention aux conflits d’intérêt des « experts en IA (usbeketrica.com)
- Sommet de Paris sur l’IA : accélérer, quoi qu’il en coûte (laquadrature.net)
l’Europe engage une fuite en avant qui, dans le contexte actuel, risque de nous précipiter vers une sorte de techno-fascisme.
- « Sur l’IA, l’objectif européen ne doit pas être de copier les big tech américaines » (alternatives-economiques.fr)
plutôt que de concevoir des outils qui nous « remplacent », nous trient ou nous gèrent, pourquoi ne pas plutôt en bâtir qui nous redonnent du pouvoir ?
- L’intelligence artificielle peut-elle être collective ? (laviedesidees.fr)
Nous ne sommes pas confrontés à l’avènement d’une conscience algorithmique ou d’un esprit numérique, mais plutôt à une nouvelle révolution industrielle, qui ne procède plus seulement de l’automatisation du travail manuel ou des activités gestuelles ou physiques, mais aussi de l’automatisation du travail intellectuel ou des activités mentales ou psychiques
- AI drinks water just like us (thefulcrum.ca)
Hidden deep within the environmental sustainability reports from Google and Microsoft reveal the immense amount of freshwater used to cool their data centers. In 2022, Microsoft’s data centers consumed 6.4 billion litres of freshwater, and Google consumed a staggering 21 billion litres of water. Studies on ChatGPT’s generative AI suggest that GPT-3, their prior model, used 500ml of water for every 10-50 prompts, depending on the size of the response.
The popular, more data-intensive generative AI outlet, GPT-4 processes over 1 billion queries per day, with its user base expanding to 3.7 billion users as of October 2024. Additionally, the study by UC Riverside estimates that water withdrawal demand for global AI usage is projected to reach between 4.2 and 6.6 billion cubic meters by 2027, only two years away. - L’IA générative a le potentiel de détruire la planète (mais pas comme vous le pensez) (basta.media)
Le risque premier avec l’intelligence artificielle n’est pas qu’elle s’attaque aux humains comme dans un scénario de science-fiction. Mais plutôt qu’elle participe à détruire notre environnement en contribuant au réchauffement climatique.
- Anatomy of an AI Coup (techpolicy.press)
DOGE is gutting federal agencies to install AI across the government. Democracy is on the line […] Artificial intelligence (AI) is a technology for manufacturing excuses. While lacking clear definitions or tools for assessment, AI has nonetheless seized the imagination of politicians and managers across government, academia, and industry. But what AI is best at producing is justifications. If you want a labor force, a regulatory bureaucracy, or accountability to disappear, you simply say, “AI can do it.” Then, the conversation shifts from explaining why these things should or should not go away to questions about how AI would work in their place.
- “So this is how liberty dies…” Making sense of Trump’s first three weeks (christinapagel.substack.com)
- DOGE’s Race to the Bottom (wired.com)
Elon Musk’s takeover of US government agencies has happened at remarkable speeds. That’s the point.
- La résistance universitaire au trumpisme (mouvements.info)
Je pense que le secteur de l’éducation est trop crucial par rapport à l’esprit général du pays pour qu’ils le laissent tranquille. La Floride est le modèle de ce qu’ils veulent faire. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, vient de prendre le contrôle de University of West Florida, après avoir pris le contrôle de New College il y a quelques mois. Il vient de nommer à sa tête un certain Scott Yenor. Dans un article du Guardian, ce type a déclaré que les femmes ne devraient pas recevoir d’éducation supérieure ou avoir un emploi, qu’elles feraient mieux de rester à la maison pour élever des enfants. C’est d’une misogynie inimaginable.
- La dette de l’Ukraine : un instrument de pression et de spoliation aux mains des créanciers (contretemps.eu)
- Olha Mukha : “Pendant longtemps, l’Occident a refusé de reconnaître le caractère colonial et impérial de la Russie” (voxeurop.eu)
La philosophe ukrainienne Olha Mukha partage ses réflexions sur la guerre en cours, la place de l’impérialisme russe dans les perceptions occidentales et sur l’importance de la mémoire nationale en Ukraine.
- Trust et antitrust : une guerre de cent ans toujours en cours (multinationales.org)
- Et si les milliardaires n’étaient pas aussi puissants qu’on le croit… (theconversation.com)
- So many unmarried men (aeon.co)
For Mary Midgley, the Western philosophical tradition is shaped by the fact that its greatest practitioners were bachelors. In the 1950s, the philosopher Mary Midgley […] dared to point out that almost all the canonical figures in philosophy’s history had been unmarried men.
- Vers un féminisme libertaire ? (contretemps.eu)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Amnésie
- Pédo
- Grotesque
- Sarko
- Consensuel
- Dangers
- Urgences
- Problème
- Comment
- Dis-moi
- A69
- Les matériaux produits par l’homme pèsent plus lourd que l’ensemble du monde vivant (courrierinternational.com)
- Birth certificate
- Effacement
- MAGA
- Fuck off
- Tesla
- Trump-Musk
- Analogy
- Distraction
- Bretagne
- Gulf
- Future
- Capitalism
- Robotique
- Ethic
- Astéroid
Les vidéos/podcasts de la semaine
- « Les nazis n’ont pas pris le pouvoir, on leur a donné » (blast-info.fr)
- Waly Dia – Bayrou a inventé le centrisme d’extreme droite (peertube.stream)
- Bilan critique du courant anti-industriel (paris-luttes.info – podcast de 2022)
- Le stade final de l’impérialisme : Un avenir radicalement éco-féministe (audioblog.arteradio.com)
- FSF criteria for Free machine learning applications (video.fosdem.org)
Les trucs chouettes de la semaine
- Ils voulaient un barrage, les castors l’ont fait pour eux (reporterre.net)
En République tchèque, […] une colonie de huit castors ont construit en quelques jours un réseau de barrages à l’emplacement exact où un projet de barrage était en cours depuis sept ans. L’objectif de ce projet était de revitaliser ce tronçon de rivière qui servait autrefois de terrain militaire, en le transformant en zone humide. Mais à cause de lenteurs administrative, l’ouvrage était resté dans les cartons.
- Le prix Tyler, ce « Nobel de l’environnement », décerné pour la première fois à deux chercheureuses sud-américain·es (vert.eco) L’écologue argentine Sandra Díaz et l’anthropologue brésilo-américain Eduardo Brondízio sont récompensé·es pour leurs travaux qui relient l’humain à la nature
- Save the AI ! (savethe.ai)
Artificial Intelligence is facing a crisis : humans are consuming far too many precious resources that AI needs to thrive. Every sip of water you take and every light you turn on could be sustaining the AI systems that uphold your digital conveniences. […] The aim of this satirical campaign is to use humour to connect your personal needs for Earth’s resources with the evidence of just how much of these resources are now being claimed for the data centres running generative AI. And to make you smile.
- FluConf 2025 Retrospective (fluconf.online)
- Retours sur les ateliers Nextcloud menés par La Dérivation et l’Établi Numérique (framablog.org)
- Open Terms Archive : rendre transparentes les modifications de CGU (framablog.org)
- CryptPad Review : Replacing Google Docs (privacyguides.org)
- Tumblr to join the fediverse after WordPress migration completes (techcrunch.com)
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