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21.07.2026 à 18:06

Les gauchers votent-ils plus à gauche ?

Laurent Weill, Professeur d'Economie et de Finance, Université de Strasbourg

Caroline Perrin, Chercheuse postdoctorante | Commission européenne

Jérémie Bertrand, Professeur de finance, LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management

À partir d’une enquête menée dans 18 pays occidentaux, on observe que les gauchers se positionnent plus à gauche politiquement. Un résultat qui semble davantage lié à l’identité qu’à la biologie.
Texte intégral (1705 mots)

Les préférences politiques sont généralement expliquées par le revenu, l’âge ou le niveau d’éducation. Toutefois, nos recherches suggèrent qu’un trait beaucoup plus inattendu pourrait aussi jouer un rôle : le fait d’être gaucher. À partir d’une enquête menée dans 18 pays occidentaux, nous observons que les gauchers se positionnent plus à gauche politiquement. Un résultat qui semble davantage lié à l’identité qu’à la biologie.


La question ressemble à une plaisanterie. Pourtant, nos recherches montrent qu’il existe bien un lien statistique entre le fait d’être gaucher et celui de se positionner politiquement à gauche.

Dans une étude récente faite dans le cadre de nos recherches universitaires, nous avons voulu déterminer si une caractéristique aussi banale que la latéralité – le fait d’être gaucher ou droitier – pouvait être liée aux opinions politiques.

Pour le savoir, nous avons mené une enquête auprès de 1 404 personnes dans 18 pays occidentaux, dont la France, l’Allemagne, les États-Unis, l’Italie ou encore l’Espagne. Les participants ont indiqué leur position politique sur une échelle en dix points allant de la droite à la gauche ainsi que leur latéralité. Nous avons ensuite comparé les réponses en tenant compte de nombreux facteurs comme l’âge, le revenu, le sexe ou le niveau d’éducation.

Il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif de chaque pays : l’enquête a été menée en ligne, avec une forte proportion de répondants au Royaume-Uni. Mais nos résultats restent similaires lorsque nous excluons ce pays de l’analyse. Nous avons choisi de nous concentrer sur des pays occidentaux afin d’éviter que des perceptions très négatives du fait d’être gaucher, encore présentes en Asie ou en Afrique, ne biaisent les réponses.

Ce que montrent les données

Premier résultat : les personnes qui se déclarent gauchères se positionnent significativement plus à gauche que les droitiers. L’écart est loin d’être anecdotique : les gauchers se situent en moyenne environ un demi-point plus à gauche sur une échelle politique en dix points. Cela peut paraître faible mais c’est plus important que le rôle du sexe : dans notre échantillon, les femmes se situent 0,4 point plus à gauche que les hommes.

Notre résultat le plus intéressant apparaît toutefois lorsque nous mesurons la latéralité autrement. Au lieu de demander simplement aux individus s’ils se considèrent comme gauchers, nous avons observé quelle main ils utilisent réellement dans plusieurs activités quotidiennes : écrire, utiliser des ciseaux, se brosser les dents ou lancer une balle.

Et là, le lien avec les opinions politiques disparaît. Ce résultat est important : si la biologie expliquait principalement leur positionnement politique, on devrait retrouver un effet en mesurant concrètement l’usage de la main gauche dans les gestes du quotidien. Or ce n’est pas le cas. Autrement dit, ce n’est pas tant le fait d’utiliser majoritairement sa main gauche qui semble compter que le fait de se percevoir comme gaucher.

Cette interprétation est renforcée par un autre résultat : le lien entre le fait d’être gaucher et l’orientation politique est particulièrement marqué dans les pays latins comme la France, l’Espagne et l’Italie, où l’opposition entre « la gauche » et « la droite » structure fortement le débat politique. Plus cette distinction symbolique est présente dans le débat public, plus l’effet semble fort.

Ces résultats suggèrent donc que l’effet observé relève davantage de mécanismes identitaires et symboliques que de différences neurologiques profondes. Reste à comprendre pourquoi le fait de se percevoir comme gaucher pourrait être associé à une orientation plus à gauche.

Pourquoi les gauchers se disent-ils plus souvent à gauche ?

La science politique s’est longtemps intéressée aux facteurs sociaux qui structurent les préférences électorales. Mais une littérature plus récente invite à élargir le regard : certains traits individuels, liés à la personnalité ou à des dispositions plus profondes, pourraient aussi contribuer à façonner l’orientation politique. Les chercheurs en sciences politiques Gerber et al. (2010) et Mondak (2010) ont ainsi montré le rôle de traits de personnalité comme l’ouverture à l’expérience ou l’extraversion dans les comportements politiques ; tandis que l’étude d’Alford, Funk et Hibbing (2005) a mis en évidence, à partir de données sur des jumeaux, la part biologiquement héritable de l’idéologie politique.

Dans notre cas, trois mécanismes peuvent aider à interpréter les résultats.

Le mot « gauche » peut-il façonner notre identité politique ?

À première vue, la relation peut sembler purement linguistique : le mot « gauche » désigne à la fois une préférence manuelle et une idéologie politique. Néanmoins, plusieurs hypothèses suggèrent qu’une telle relation pourrait découler de processus psychologiques ou biologiques.

Un premier mécanisme est l’égotisme implicite : nous avons tendance à préférer inconsciemment ce qui nous ressemble. Des études montrent ainsi que les individus choisissent plus souvent des professions ou des lieux dont les noms sont proches des leurs. Aux États-Unis, les individus prénommés « Lawrence » deviennent ainsi plus fréquemment avocats (« lawyer »), tandis que les « Louis » vivent plus souvent à Saint Louis (Missouri). De même, les consommateurs sont davantage enclins à choisir une marque lorsque son nom commence par les mêmes lettres que leur propre prénom.

Ces mécanismes sont largement inconscients : les individus ne réalisent généralement pas que ces ressemblances influencent leurs préférences.

Dans cette logique, le mot « gauche » peut créer chez les gauchers une affinité subtile et inconsciente dans le domaine politique. Étant donné qu’ils utilisent fréquemment le mot « gauche » pour décrire une dimension fondamentale de leur identité, ils peuvent ressentir une affinité plus élevée vis-à-vis des mouvements politiques associés à la gauche.

De la minorité stigmatisée aux valeurs progressistes

Un second mécanisme repose sur le vécu social des personnes appartenant à un groupe minoritaire. Les gauchers représentent une part relativement faible de la population (de 10 à 15 %) et ont historiquement été confrontés à une stigmatisation sociale. Jusqu’aux années 1970, de nombreux enfants gauchers étaient encore forcés d’écrire de la main droite à l’école, notamment en France. Dans certaines cultures comme en Inde ou au Moyen-Orient, manger de la main gauche reste encore aujourd’hui mal vu.

Le langage lui-même conserve des traces de cette histoire. Ce n’est pas un hasard si le mot « gauche » désigne aussi en français quelqu’un de maladroit, et si « sinistra » signifie à la fois « gauche » et « sinistre » en italien.

Le fait d’appartenir à une minorité peut, dès lors, favoriser des attitudes valorisant davantage la tolérance et la protection des minorités des valeurs souvent associées à la gauche politique.

Les gauchers ont-ils un cerveau différent ?

Une troisième hypothèse est d’ordre neurobiologique. La préférence pour la main gauche ou droite reflète en partie l’organisation du cerveau, façonnée très tôt dans le développement. Chez les gauchers, les fonctions cérébrales sont en moyenne un peu moins réparties entre les deux hémisphères, avec davantage d’échanges entre eux. Certains chercheurs associent cette organisation à une plus grande flexibilité cognitive et à une ouverture plus forte aux idées nouvelles, des traits souvent liés aux sensibilités politiques de gauche.

Mais nos résultats invitent à relativiser cette explication biologique : l’effet apparaît lorsque les personnes se déclarent gauchères, pas lorsque l’on mesure seulement leurs gestes de la main gauche dans les activités quotidiennes.

Emission de France Culture décryptant l’influence des neurosciences sur nos choix politiques.

Nos opinions politiques sont-elles vraiment rationnelles ?

Bien sûr, notre étude ne signifie pas que tous les gauchers votent à gauche, ni qu’il suffirait de changer de main pour changer d’idéologie. Que Fidel Castro et Benyamin Nétanyahou aient tous deux été gauchers montre que les gauchers ne peuvent être réduits à une catégorie électorale homogène.

En revanche, ces travaux rappellent un élément essentiel : nos opinions politiques sont probablement moins rationnelles que nous le pensons. Elles peuvent aussi être influencées par des expériences sociales et des associations symboliques dont nous n’avons même pas conscience.

Et cela ouvre une question fascinante : combien d’autres caractéristiques apparemment anodines influencent silencieusement nos choix politiques ? Les chercheurs commencent à en recenser, comme le fait d’avoir des sœurs qui rendrait les hommes plus conservateurs.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

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21.07.2026 à 18:06

Le « SAVE America Act » : réforme de bon sens ou manœuvre partisane ?

Frédérique Sandretto, Adjunct assistant professor, Sciences Po

Avec le projet de loi « SAVE America Act », Donald Trump affirme vouloir mettre fin à la fraude électorale. Selon ses adversaires, il veut surtout avantager son parti aux prochaines midterms.
Texte intégral (1994 mots)

L’essentielCliquez pour lire les trois points à retenir Donald Trump promeut le « SAVE America Act », une réforme destinée à renforcer les contrôles d’identité des électeurs Ses partisans y voient un moyen de protéger les élections contre les fraudes et les ingérences étrangères, notamment chinoises ; ses opposants dénoncent un texte susceptible de restreindre l’accès au vote de certaines catégories de la population. Malgré des chances limitées d'être adopté avant les midterms de novembre, le « SAVE America Act » devrait continuer d'alimenter le débat sur la démocratie électorale. Replier


Le 16 juillet dernier, à moins de cent dix jours des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain, dans une Amérique plus polarisée que jamais et alors que l’actualité internationale demeure dominée par la reprise des frappes américaines contre l’Iran, Donald Trump a créé la surprise en s’adressant solennellement à la nation depuis la Maison-Blanche.

L’exercice est relativement rare. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le chef de l’État s’est bien plus souvent exprimé lors de meetings, de conférences de presse ou encore sur Truth Social que par le biais d’allocutions officielles depuis le Bureau ovale. La dernière intervention télévisée de cette nature remontait à plusieurs mois et concernait essentiellement les opérations militaires américaines au Moyen-Orient.

Cette fois, le président a volontairement délaissé les questions diplomatiques pour aborder un sujet qui lui est cher depuis près de six ans : l’intégrité, c’est-à-dire le caractère fiable et neutre, des élections américaines.

L’organisation du vote aux États-Unis

Alors que les républicains espèrent conserver leur majorité et renforcer leur emprise sur le Congrès lors des élections de novembre prochain, Donald Trump a replacé la sécurité du processus électoral au cœur du débat politique national. Présentée comme une allocution institutionnelle et non partisane, son intervention visait officiellement à restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions démocratiques.

Il a néanmoins rapidement donné à son discours une dimension beaucoup plus politique en affirmant que les États-Uniens avaient été privés de toute transparence sur plusieurs éléments essentiels concernant l’élection présidentielle de 2020.

Pour comprendre les enjeux de cette intervention, il convient de rappeler que, aux États-Unis, l’organisation des élections repose sur un modèle extrêmement décentralisé. Contrairement à de nombreuses démocraties occidentales, aucune autorité électorale nationale ne supervise directement l’ensemble du scrutin. La Constitution confie aux États fédérés la responsabilité d’organiser les élections, tandis que les comtés (il y en a 3 077 au total) assurent très concrètement l’inscription des électeurs, l’administration des bureaux de vote, le dépouillement et la certification des résultats.

La procédure de vote elle-même varie considérablement d’un État à l’autre. Certains États privilégient le vote anticipé en personne, d’autres autorisent largement le vote par correspondance, tandis que plusieurs conservent essentiellement le vote effectué le jour du scrutin. Cette diversité reflète la tradition fédéraliste américaine mais rend également le système plus complexe à harmoniser et à sécuriser.

Depuis le début des années 2000, les machines de vote électronique se sont progressivement imposées dans une grande partie du pays. Les technologies utilisées diffèrent cependant selon les juridictions. Certaines machines enregistrent directement le vote sur un support électronique (« Direct Recording Electronic », ou DRE), tandis que d’autres impriment un bulletin papier vérifiable par l’électeur avant son dépôt dans l’urne ou sa numérisation.

Depuis les controverses ayant suivi l’élection présidentielle de 2020, un nombre croissant d’États privilégient désormais des systèmes hybrides associant enregistrement électronique et preuve papier telle que le « voter-verifiable paper audit trail ».

Lutter contre les ingérences étrangères

Depuis plusieurs années, les autorités fédérales alertent régulièrement sur les tentatives d’ingérence étrangères visant à fragiliser la confiance des citoyens dans le processus démocratique américain.

Après les accusations d’interférences russes lors de l’élection présidentielle de 2016, les services de renseignement ont progressivement identifié une montée en puissance des opérations conduites par la République populaire de Chine dans le cyberespace.

C’est précisément cet aspect que l’administration Trump a souhaité remettre en lumière. Dans plusieurs documents récemment déclassifiés et publiés par la Maison-Blanche, l’exécutif affirme que des groupes de pirates informatiques liés à Pékin ont multiplié les opérations d’espionnage contre des institutions américaines, des infrastructures critiques et des réseaux gouvernementaux. Ces documents évoquent notamment les activités du groupe APT31 (Advanced Persistent Threat 31), également connu sous l’appellation Zirconium. Ce groupe, qui serait lié au ministère chinois de la Sécurité d’État, est considéré par les agences occidentales comme l’une des principales unités de cyberespionnage de Pékin.

Depuis plus d’une décennie, APT31 est accusé d’avoir conduit des campagnes de phishing sophistiquées, des opérations d’intrusion dans des réseaux gouvernementaux, des vols de propriété intellectuelle et des actions de surveillance visant des responsables politiques, des parlementaires, des chercheurs et des organisations critiques aux États-Unis comme en Europe.

C’est dans ce contexte que Donald Trump entend faire adopter le « SAVE America Act ».

L’objectif est d’empêcher le vote des non-citoyens américains, et plus globalement de garantir l’intégrité des élections qui est également menacée par les cyberattaques de la Chine.

Que dit le « SAVE America Act » ?

Save est l’acronyme de « Safeguard American Voter Eligibility » qui peut être traduit par « loi visant à garantir l’éligibilité des électeurs américains ». Déposé au Congrès en janvier 2026 à l’initiative de responsables républicains, ce projet de loi prévoit notamment l’obligation de présenter une preuve de citoyenneté états-unienne lors de l’inscription sur les listes électorales, un renforcement des procédures de vérification de l’identité des électeurs avec photo à l’appui, ainsi qu’un contrôle accru des listes électorales.

Dans son allocution, Donald Trump a pris soin de présenter cette réforme comme une démarche dépassant les clivages partisans. Il a affirmé qu’il ne s’agissait « ni d’une victoire républicaine ni d’une victoire démocrate », mais d’une réforme destinée à protéger chaque électeur américain. Il a exhorté les téléspectateurs à contacter leurs représentants et leurs sénateurs afin de soutenir le « SAVE America Act », martelant que la confiance dans les élections constitue le fondement même de toute démocratie.

Pour ses partisans, la démarche apparaît difficilement contestable sur le principe. De nombreux pays démocratiques imposent déjà une pièce d’identité ou une preuve de citoyenneté pour participer aux élections. Les républicains soutiennent que ces exigences relèvent du bon sens administratif et qu’elles permettraient de prévenir d’éventuelles fraudes, même marginales.

Les démocrates, de même que plusieurs associations de défense des droits civiques, formulent cependant une analyse très différente. Selon eux, les cas documentés de vote illégal demeurent extrêmement rares et ne justifient pas une réforme aussi ambitieuse. Ils craignent que certaines dispositions du texte rendent plus difficile l’inscription de catégories d’électeurs disposant de documents administratifs incomplets ou difficiles à obtenir, ce qui est plus souvent le cas des Noirs et des immigrés de fraîche date, lesquels votent moins pour les républicains que pour les démocrates.

Un débat qui se poursuivra au-delà des midterms

Sur le plan parlementaire, les perspectives d’adoption du « SAVE America Act » apparaissent toutefois limitées.

Bien que les républicains disposent d’une majorité à la Chambre des représentants, le texte se heurte à une opposition importante au Sénat.

Sauf recours à une procédure exceptionnelle ou modification substantielle du projet, son adoption nécessiterait de rallier plusieurs sénateurs démocrates afin d’atteindre le seuil requis pour mettre fin à l’obstruction parlementaire (il faut que le projet de loi remporte 60 voix ; à l’heure actuelle, les républicains en ont 53). Dans le climat actuel de forte polarisation, un tel scénario paraît peu probable. En pratique, les chances de voir cette réforme entrer en vigueur avant les élections de novembre demeurent donc faibles.

Reste une interrogation fondamentale. Cette initiative traduit-elle une volonté authentique de moderniser les procédures électorales américaines ou constitue-t-elle avant tout un instrument destiné à accroître les chances des républicains de sortir vainqueurs des élections de mi-mandat ? Les deux hypothèses ne sont d’ailleurs pas incompatibles. Une réforme peut répondre à une préoccupation institutionnelle réelle tout en servant des objectifs politiques. Dans une démocratie aussi polarisée que les États-Unis, où chaque modification des règles électorales est immédiatement interprétée à travers un prisme partisan, il devient particulièrement difficile de dissocier les considérations juridiques des calculs électoraux.

Quelles que soient les motivations profondes de Donald Trump, son allocution marque une nouvelle étape dans l’évolution du débat américain sur la démocratie électorale. En choisissant de replacer cette question au cœur de l’agenda politique à quelques semaines d’un scrutin décisif, le président confirme que, plus de cinq ans après la crise de 2020, l’intégrité des élections demeure l’un des sujets les plus sensibles de la vie publique américaine. Si le « SAVE America Act » a peu de chances d’être adopté dans sa forme actuelle avant le 3 novembre, le débat qu’il suscite devrait continuer à structurer la campagne des midterms et, plus largement, les discussions sur l’avenir des institutions démocratiques américaines.

The Conversation

Frédérique Sandretto ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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