20.10.2026 à 06:00
Laurent Bonnefoy
La chercheuse Cécile Boëx a longtemps vécu dans la capitale syrienne, où elle a notamment analysé les engagements des cinéastes. Fin 2011, la guerre qui se profile l'a durablement privée d'accès à son terrain. Quatorze ans après, elle le retrouve enfin. Dans Retrouver Damas, elle livre un récit marqué par l'émotion et l'espoir. Depuis deux décennies, les conflits et l'autoritarisme en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont grandement affecté la capacité des chercheurs occidentaux d'y (…)
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La chercheuse Cécile Boëx a longtemps vécu dans la capitale syrienne, où elle a notamment analysé les engagements des cinéastes. Fin 2011, la guerre qui se profile l'a durablement privée d'accès à son terrain. Quatorze ans après, elle le retrouve enfin. Dans Retrouver Damas, elle livre un récit marqué par l'émotion et l'espoir.
Depuis deux décennies, les conflits et l'autoritarisme en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont grandement affecté la capacité des chercheurs occidentaux d'y mener des enquêtes en sciences sociales. Les réflexions sur les « terrains empêchés », comprenant entre autres le Yémen, la Libye et l'Iran, ont érigé le cas syrien en paradigme.
En effet, avant la guerre, malgré toutes les contraintes existantes, liées en particulier au régime de surveillance par les services de renseignement, Damas et Alep accueillaient des centres de recherche étrangers actifs dans différentes disciplines. Au cours des années 2000, ceux-ci ont permis à toute une génération de mener des recherches novatrices. L'Institut français du Proche-Orient (IFPO), qui trouve ses racines en 1922, a notamment joué un rôle central, développant aussi des collaborations avec des collègues syriens. La Syrie, par sa diversité, sa profondeur historique, était alors un terrain passionnant pour des dizaines de sociologues, anthropologues, géographes et spécialistes de l'histoire et des langues.
La répression inimaginable qui a fait suite au soulèvement syrien de 2011 et la détérioration de la situation sécuritaire ont rapidement conduit à la fermeture de ces centres, au rapatriement de leurs pensionnaires étrangers et à la fuite de nombreux universitaires syriens. Soudainement, sans accès direct à la société étudiée, chacune et chacun s'est vu forcé à adapter ses méthodes de travail. Pour l'enseignante et chercheuse à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) Cécile Boëx, comme pour d'autres, cela a été « un arrachement » et une douleur.
La charge mentale liée à la violence de la guerre et à l'effondrement d'une société, parfois symbolisée par la destruction d'un patrimoine millénaire, a grandement pesé. Le sort funeste d'amis réfugiés, blessés, emprisonnés, morts ou disparus a hanté ses jours et ses nuits, des années durant. Ce terrible contexte a indéniablement ajouté une dimension affective et engagée dans l'acte d'écriture. Cette dimension ne s'est en réalité jamais atténuée, malgré la durée de la guerre et en dépit de la privation d'accès au terrain.
En mai 2025, six mois après la chute de Bachar Al-Assad, Cécile Boëx rejoint la capitale syrienne. Elle y retourne une seconde fois en décembre de la même année pour un colloque. Retrouver Damas est le récit de son retour. Pendant cette absence de quatorze ans, la Syrie ne l'a jamais quittée. Ses travaux scientifiques centrés sur les images produites par les révolutionnaires depuis 2011 ont été nombreux. La poursuite de cette activité et l'archivage d'images et documents, souvent horribles, n'ont pas refermé la blessure liée à l'impossibilité de retrouver les sensations liées à la vie damascène.

Le récit de Cécile Boëx, accompagné de documents et de photos — sombres pour la plupart car prises avec un appareil argentique volontairement rudimentaire —, est publié chez Actes Sud. Il s'inscrit dans une nouvelle collection stimulante, « Les Routes de l'après », consacrée aux villes qui ont été traversées par la guerre mais ne sont pas encore tout à fait en état de paix. Tel est sans aucun doute le cas de la capitale syrienne, et de ses trois millions d'habitants. Après le travail d'Aline Cateux sur Mostar en Bosnie-Herzégovine, Retrouver Damas ose adopter un registre personnel, traversé par l'amour pour son objet. La démarche est particulièrement féconde en ce qu'elle constitue une (ré)entrée concrète et vivante dans les bouleversements de l'après-guerre.
Par-delà ses propres sensations, dont certaines sont très touchantes – tel ce premier appel à la prière de l'aube entendu de nouveau –, l'autrice accorde une attention particulière à ses retrouvailles avec les Syriens restés à Damas. Les destins de celles et ceux qui ont eu à subir la férocité de la guerre occupent à chaque fois le cœur des chapitres. Le deuil traverse la société dans son entièreté, de l'habitacle d'un taxi, d'un café ou d'un centre équestre à des cimetières où se trouvent les tombes de ses proches Khaled et Souheil.
Pour l'autrice, le choc du retour est d'abord lié à la transformation de la ville, emmenée par des profiteurs de guerre. Ces nouveaux lieux contrastent avec la grande pauvreté qui règne dans certains quartiers en ruine et le long de la route empruntée depuis Beyrouth pour rejoindre la capitale syrienne. Mais le choc est aussi lié à la stabilité de nombre d'odeurs, de sons, des souvenirs, du bourdonnement du quartier Bab Charki, des amitiés préservées et des espaces familiers qu'elle retrouve.

Le mélange entre l'intime et le politique se révèle très efficace pour aborder les enjeux fondamentaux d'une société fracturée par la guerre : mémoire, vengeance, ravages psychologiques, réagencements identitaires et politiques. Les chapitres, brefs, laissent apparaître les attentes et espoirs concernant la reconstruction et le grand chantier de la justice et de la réconciliation. Les incertitudes et interrogations face au nouveau pouvoir emmené par Ahmed Al-Charaa sont évidemment nombreuses. Elles transparaissent dans les propos reproduits, ici d'une bibliothécaire, là d'un activiste ou d'un cinéaste. L'écriture à chaud, marquée par la sensibilité, est alors particulièrement convaincante en ce qu'elle permet aussi, malgré tout, de préserver l'espoir d'un avenir meilleur.
19.10.2026 à 06:00
Elza Goffaux
Dans son nouveau livre, le journaliste et poète palestinien Mohammed El-Kurd livre une analyse acerbe des médias et du milieu politique occidental qui attend des Palestiniens d'être des « victimes parfaites » pour que leur soit accordée de l'empathie ou même que leur soit rendue justice. L'auteur, originaire de Jérusalem, invite à décoloniser la pensée et la presse, et à regarder les Palestiniens dans les yeux. Tous les jours, Mohammed El-Kurd se rendait dans son bureau new-yorkais en (…)
- Lu, vu, entendu / Israël, Palestine, Médias, Essai , Colonialisme , Gaza 2023-2025
Dans son nouveau livre, le journaliste et poète palestinien Mohammed El-Kurd livre une analyse acerbe des médias et du milieu politique occidental qui attend des Palestiniens d'être des « victimes parfaites » pour que leur soit accordée de l'empathie ou même que leur soit rendue justice. L'auteur, originaire de Jérusalem, invite à décoloniser la pensée et la presse, et à regarder les Palestiniens dans les yeux.
Tous les jours, Mohammed El-Kurd se rendait dans son bureau new-yorkais en début d'après-midi pour n'en sortir qu'au milieu de la nuit. De ces longues heures, seules quelques-unes étaient dédiées à l'écriture de son manuscrit. « Le reste du temps, je ne regardais que les infos, lisais ce que je pouvais et réfléchissais à ce que je pouvais en conclure », se souvient-il, alors qu'Israël mène sa guerre génocidaire à Gaza. Il retranscrit cette sensation dans les pages de sa note d'auteur : « Ce n'est pas seulement le chagrin qui rend si atroce d'écrire en temps de génocide, c'est plus encore d'accepter la révoltante impuissance des mots face à des bombes d'une tonne. »
Pourtant, Mohammed El-Kurd est loin de s'être résigné. Avec Perfect Victims (« Victimes parfaites »), il choisit plutôt de résister aux tentatives de déshumanisation et d'essentialisation du peuple palestinien. Déjà traduit en plusieurs langues, l'ouvrage est publié en français depuis début octobre aux éditions Les liens qui libèrent. L'auteur, âgé de 28 ans, puise dans ses prises de parole et ses articles pour expliquer, dans un même texte, ce sur quoi il met des mots depuis plusieurs années : dans le champ politique et médiatique occidental, une voix palestinienne vaut moins qu'une voix israélienne et, pour avoir le droit de parler, les Palestiniens doivent non seulement plaire, mais également se montrer irréprochables.
Dès son enfance, l'auteur a fait les frais de cette « stratégie du plaire » (politics of appeal, en anglais). Il raconte comment, à 11 ans, il se retrouve porte-parole de son quartier, Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est, dont les habitants sont menacés d'expulsion par des colons israéliens. Le jeune Mohammed El-Kurd, lui-même originaire du quartier et dont la maison finit par être occupée à moitié par des colons juifs « à l'accent new-yorkais », parle devant les journalistes, les diplomates, et figure dans un documentaire. Si à l'époque il pense avoir été choisi car il était « spécial », il se rendra compte plus tard que l'Occident préfère faire parler les enfants car il les considère comme inoffensifs.
Alors qu'il poursuit ses études aux États-Unis, ses proches sont de nouveau menacés d'expulsion et son quartier est encore une fois à la Une en 2021. Il rentre et, auprès de sa sœur Muna, se mobilise à nouveau et mène une campagne qui dépasse rapidement les frontières de la Palestine, connue sous le mot-dièse #SaveSheikhJarrah. Les deux jumeaux sont nommés dans la foulée dans le classement des cent personnalités les plus influentes du Time Magazine. « J'ai pensé qu'on pouvait utiliser ce coup de projecteur pour dire quelque chose, se remémore Mohammed, cinq ans plus tard. Dès que ça a été annoncé, j'ai dit que ce prix était purement symbolique, mais que c'était un signe de la centralité de la cause palestinienne. Et si le monde veut soutenir la cause, alors il faut rompre les relations avec Israël. »

La même année, Mohammed El-Kurd sort son premier ouvrage, Rifqa, un recueil de poèmes en arabe nommé d'après sa grand-mère (non traduit en français). À la différence de celui-ci, l'auteur choisit l'anglais pour écrire Perfect Victims. Il s'adresse avec un ton acerbe, mais toujours bienveillant, au peuple palestinien, à sa diaspora et aux alliés de la cause. « J'imagine mon lecteur comme quelqu'un de curieux, sympathique, qui a ses biais, intéressant et intéressé. Mais ce n'est pas quelqu'un à qui je peux mentir ni quelqu'un que je puisse décevoir, expose l'auteur. J'y pense comme si c'était un ami que j'accueille dans ma maison, avec qui je peux cheminer en toute honnêteté. »
Ce cheminement commence par les mots « et quand bien même ! » inscrits en gras, trois fois de suite sur une page. L'auteur refuse que l'empathie envers les Palestiniens soit conditionnée à leur affiliation politique, à leurs idées ou à leurs valeurs morales. « Et quand bien même on pensait toutes les mauvaises choses qu'on nous accuse de penser, ça ne justifie toujours pas le génocide », glisse-t-il, le regard franc. Dans ce contexte de renversement des valeurs, seules les « victimes parfaites » ont l'espace pour s'exprimer : les enfants, les civils, les diplômés, les détenteurs d'une double nationalité. Les autres sont relégués à la case « terroristes ».
Mohammed El-Kurd s'appuie sur un exemple cher à son cœur, et au cœur de nombreux téléspectateurs à travers le monde arabe, le meurtre de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh. La correspondante de la chaîne d'information Al Jazira est tuée en 2022 par les forces israéliennes alors qu'elle est en reportage dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée. L'info fait le tour du monde, mais l'indignation se concentre sur sa nationalité états-unienne. Mohammed El-Kurd y voit une hiérarchie dans l'empathie et l'attention que peuvent recevoir les Palestiniens. « Je voulais que la Terre s'arrête de tourner parce qu'une Palestinienne était morte, indépendamment de tout qualificatif », écrit-il dans le chapitre qu'il consacre à la journaliste.
Pour souligner ces hiérarchies, l'auteur fait référence au peuple palestinien en faisant usage des pronoms « je », « nous » et « ils » :
Nous sommes tous Palestiniens, évidemment, mais il existe une réelle fragmentation coloniale. Nous avons des statuts légaux différents1, et donc nous avons des intérêts personnels différents, qu'on veuille l'admettre ou non. Ces pronoms communiquent cette fragmentation au lecteur. Parfois, je vais dire “ils” à propos de Gaza, parce que je ne vis pas dans cette réalité, mais je dis aussi “nous” pour résister à cette fragmentation coloniale.
À côté des noms des victimes qui ont touché le grand public par l'horreur et la violence de leur mort, tels que l'États-unienne Rachel Corrie, 23 ans, écrasée par un bulldozer israélien en 2003, Mohammad Abu Khdeir, 16 ans, enlevé et brûlé vif en 2014 par trois Israéliens, ou Hind Rajab, enfant de 6 ans tuée à Gaza en même temps que les secouristes venus la sauver par des soldats israéliens en 2024, Mohammed El-Kurd fait de la place à ceux qui n'ont pas fait les gros titres. Il présente Ghufran Warasneh, journaliste originaire d'Hébron, assassinée trois semaines après le meurtre de Shireen Abu Akleh. Il parle de Walid Sharif, 23 ans, qui meurt à la suite de blessures infligées par l'armée israélienne sur l'esplanade des Mosquées en 2022 et dont l'enterrement est pris d'assaut par des soldats israéliens. Il recense aussi les prisonniers politiques, dont son ami Omar, arrêté à l'aéroport et détenu sans chef d'inculpation, à qui il dédie son livre.
Je voulais résister à la désensibilisation, parce que, comme dirait mon cousin, notre calendrier n'est que jours de deuil. C'est difficile de mettre quoi que ce soit en avant, alors en nommant les martyrs, je rappelle au lecteur qu'ils ne sont pas juste des chiffres. Parfois, je n'ai même pas expliqué qui ils étaient, car ce sont des noms connus de tous, ils devraient faire partie des connaissances de base.
En plus de s'appuyer sur la pensée décoloniale d'Aimé Césaire, de Frantz Fanon et de James Baldwin, Mohammed El-Kurd liste aussi les chercheurs et historiens palestiniens, tels que Aref Al-Aref ou Salman Abu Sitta, effacés de la production intellectuelle sur la Palestine. Il emprunte aussi à la poésie, citant Amal Dunqul et Mahmoud Darwich, ainsi que les textes de Walid Daqqa.
Dans la tradition arabe, et surtout palestinienne, la poésie joue un rôle d'archive de l'opinion, de relations publiques et aussi une fonction psychologique, expose l'auteur. J'utilise aussi beaucoup de proverbes, souvent balayés, relégués à la superstition populaire, alors qu'ils jouent un rôle essentiel dans notre histoire orale et notre manière de transmettre le savoir. Ils sont un aperçu de la psychologie d'une époque tout entière ; certains sont défaitistes, d'autres sont révolutionnaires.
La langue de Mohammed El-Kurd ne se veut donc pas proprement académique ou journalistique. L'auteur varie les tons, mais ne fait aucune concession. Il écrit avec humour, trait de caractère pour lequel il est connu dans ses passages sur les plateaux télé, où il n'est d'ailleurs jamais invité deux fois.
Lui-même journaliste pour les médias états-uniens de gauche The Nation et Mondoweiss, il analyse dans Perfect Victims la partialité du système médiatique. « Les journalistes nous tuent à coups de voix passive », écrit-il dans son ouvrage. En plus de ne donner la parole qu'aux « victimes parfaites », l'auteur note que rarement les médias invitent les Palestiniens comme experts, seulement comme témoins. Les journalistes palestiniens sont discrédités, car trop subjectifs, alors que les liens de journalistes avec Israël, à l'image d'une correspondante du New York Times à Jérusalem dont les enfants sont enrôlés dans l'armée, sont rarement soulignés. La résistance palestinienne est présentée comme pathologique, alors que celle ukrainienne est applaudie.
Mais l'auteur ne se limite pas à ces constats. Perfect Victims se veut plutôt comme un guide.
Premier conseil : recourir à l'irrévérence. C'est-à-dire, en utilisant l'humour, refuser les termes du débat cadré autour du soutien ou non à la résistance, de la haine ou non des Israéliens. « C'est ça repousser le plafond de verre, expose Mohammed El-Kurd, je veux tourner en dérision le postulat de base, m'en moquer, le renverser complètement ». Libératrice pour l'orateur, cette technique l'est aussi pour l'audience, car elle recentre le débat sur la violence coloniale.
Deuxième conseil : l'honnêteté et l'humilité. Assumer les hiérarchies de paroles dans les médias et questionner les pratiques journalistiques. Amplifier les initiatives intellectuelles palestiniennes. En somme, pour l'auteur, « décoloniser la presse ». Et enfin, passer de la rhétorique à l'action : le slogan « Nous sommes tous des Palestiniens » doit se traduire dans les faits, chacun doit sortir de la passivité.
« Nous avons obtenu un soutien massif de la population et provoqué un changement d'opinion sans précédent, note Mohammed El-Kurd, alors qu'il tente de faire un bilan du mouvement en soutien de la Palestine en Occident. Mais nous n'avons pas réussi à traduire ça au niveau institutionnel. J'aime beaucoup cette citation de Martin Luther King, selon laquelle “l'arc moral de l'univers tend vers la justice”, mais je ne suis absolument pas d'accord, il ne se courbe pas tout seul. Les gens s'informent sur la Palestine, et c'est maintenant qu'il faut se mettre au travail. »
Mohammed El-Kurd garde donc espoir et continue le travail. Figure de proue du mouvement pro-palestinien, ses prises de paroles et ses textes font de lui un penseur vers qui les militants se tournent, en témoignent les salles pleines lors de la tournée de promotion de son livre. Et en rêve, lui, rend visite à une Palestine libre, où, comme il l'écrit, « il n'y a ni sirènes, ni colons, ni fouilles au corps à la lumière des réverbères, et je ne me demande pas pourquoi ».
1Les Palestiniens vivent sous des statuts juridiques différents : ceux qui habitent en Cisjordanie occupée ou à Gaza ont une carte d'identité verte, qui leur interdit de voyager en dehors de leur territoire, sauf s'ils obtiennent un permis. Les Palestiniens qui vivent sur le territoire israélien ou à Jérusalem-Est ont une carte d'identité bleue (les Palestiniens qui vivent à Jérusalem-Est ne sont pas citoyens israéliens), et ont le droit de se déplacer sur le territoire, mais font face à des contrôles et à des fouilles aux checkpoints. Ce système, comparé au système d'apartheid sud-africain, contribue à la division et au contrôle des Palestiniens par Israël. Certains Palestiniens qui vivent à l'étranger n'ont pas le droit de retourner sur leur terre s'ils n'ont pas une de ces cartes d'identité ou une nationalité étrangère leur permettant d'entrer dans le pays.
16.10.2026 à 14:00
Horizons XXI, « Yémen, du conflit national à la guerre régionale », mercredi 21 octobre, à 9h, en direct sur Au Poste Le Yémen se trouve aujourd'hui au cœur d'enjeux et de conflits régionaux incompréhensibles si l'on ne prend pas en compte l'évolution de la situation interne du pays depuis 2014, la prise du pouvoir par les houthistes et la guerre menée par la coalition internationale menée par l'Arabie saoudite. C'est sur tous ces événements, boule de neige formée dans le sillage du (…)
- Archives
Le Yémen se trouve aujourd'hui au cœur d'enjeux et de conflits régionaux incompréhensibles si l'on ne prend pas en compte l'évolution de la situation interne du pays depuis 2014, la prise du pouvoir par les houthistes et la guerre menée par la coalition internationale menée par l'Arabie saoudite. C'est sur tous ces événements, boule de neige formée dans le sillage du soulèvement de 2011, et leur imbrication aujourd'hui dans le contexte du génocide à Gaza et de la guerre contre l'Iran, sans oublier l'actualité de la Corne de l'Afrique, que nous allons revenir dans cette nouvelle émission d'Horizons XXI. Ensemble, nous essayerons de comprendre, sans simplisme, les événements qui secouent un pays culturellement et historiquement riche, souvent ignoré par la solidarité internationale.
Avec :
Khaled Al-Khaled, journaliste, chercheur et traducteur franco-yéménite, expert Yémen au sein du centre d'études stratégiques AESMA. Titulaire d'un doctorat en sciences de l'information et de la communication de l'Université Paris II - Panthéon-Assas, il a signé plus de dix ouvrages traduits de l'arabe au français.
Laurent Bonnefoy, membre du comité éditorial d'Orient XXI, chercheur au CNRS, Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. Spécialiste des mouvements islamistes dans la péninsule arabique et arabisant, il a séjourné quatre ans à Sanaa et dans les provinces du Yémen.
Une émission présentée par Sarra Grira, rédactrice en chef d'Orient XXI
Elle sera diffusée en direct le mercredi 21 octobre, à partir de 9h sur le média Au Poste.
Pour aller plus loin, dans les archives d'Orient XXI :
Notre correspondant à Gaza, Rami Abou Jamous, était l'invité de Clara Barge pour l'émission d'Arrêt sur Images « "Cessez-le-feu" à Gaza : une autre réalité médiatique ».

Avec Muzna Shihabi, collaboratrice au Centre arabe de recherches et d'études politiques (CAREP) et ancienne conseillère de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), et Insaf Rezagui, docteure en droit international et vice-présidente de JURDI, un collectif de juristes qui œuvre pour l'application du droit international en Palestine.
Pour aller plus loin, dans les archives d'Orient XXI :
Les autorités israéliennes ont refusé l'entrée sur le territoire à l'envoyé spécial de l'Humanité qui devait couvrir les élections législatives qui auront lieu le 27 octobre. Aucune justification n'a été transmise à la rédaction et ses demandes d'explications sont restées sans réponse.
Comme le dénonce le journal : « Cette décision est une entrave caractérisée à la liberté de la presse. Elle ne surgit pas de nulle part. Depuis le 7 octobre 2023, Israël interdit l'accès de la bande de Gaza aux médias étrangers. Plus de 200 journalistes palestiniens y ont été tués par l'armée israélienne. En Cisjordanie occupée, les militaires multiplient les attaques contre les reporters qui documentent les violences des colons. »
Orient XXI apporte tout son soutien à la rédaction de L'Humanité face à cette attaque contre le droit à une information libre.
Inquiètes de la montée de l'extrême droite, de l'antisémitisme et l'islamophobie, des personnalités juives invitent à s'engager en faveur d'une gauche de rupture dans le cadre de la prochaine élection présidentielle :
« […] Nous sommes nombreux, en prenant la parole, à vouloir rendre visible une réalité que l'on cherche à effacer : il existe en France des juifsves qui refusent que l'antisémitisme serve à faire taire toute critique d'Israël ou toute solidarité envers les Palestiniens. Des juifsves profondément attachées à la justice, à l'égalité des droits, au droit international. Notre parole compte précisément parce qu'elle brise les amalgames. On peut être juifve, inquiete de la montée de l'antisémitisme, et refuser les crimes commis à Gaza, comme la fuite en avant coloniale de l'État israélien. C'est pour cela qu'on cherche à nous disqualifier : notre voix fissure toute cette construction idéologique.
Notre engagement ne vient pas de nulle part : il prolonge une longue histoire, celle des juifsves qui ont pris part, partout, aux combats pour l'émancipation, du mouvement ouvrier aux luttes antiracistes. C'est de cette tradition universaliste et humaniste que nous nous réclamons : on ne protège pas durablement les juifs en les coupant des autres, mais en combattant toutes les formes de racisme ensemble. Et une société vraiment protectrice est aussi celle qui défend ses services publics, refuse la misère et prend au sérieux la catastrophe écologique. Voilà ce à quoi nous tenons : non pas une exception qui nous isole, mais une justice qui nous relie. Face au danger, il nous faut une gauche de rupture, capable non seulement de résister à la fascisation, mais de porter ce projet d'émancipation. C'est pourquoi nous prenons notre part, ici et maintenant. »
Lire l'appel en entier et le signer.
Pour aller plus loin, dans les archives d'Orient XXI :
« Burkina Faso. L'héritage de Sankara piétiné par Ibrahim Traoré », Evan Michel Traoré, 14 octobre 2026.
Ibrahim Traoré, auteur d'un coup d'État le 30 septembre 2022, se réfère régulièrement à son illustre prédécesseur. Mais, à bien des égards, sa « Révolution progressiste populaire » n'a pas grand-chose à voir avec les principes édictés par le capitaine assassiné il y a bientôt quarante ans, le 15 octobre 1987.