05.10.2026 à 16:34
Rédaction
Le Syndicat de la magistrature a publié, le vendredi 2 octobre 2026, un communiqué dénonçant la réponse des autorités aux blocages et aux mobilisations lycéennes. Il appelle à « cesser de réprimer la jeunesse pour la faire taire » et à mettre fin à la « brutalisation du mouvement social des lycéen·nes ».
Le Syndicat de la magistrature estime que le gouvernement a choisi une réponse « brutale » face à la colère des lycéens, notamment liée, selon lui, à la dégradation du service public de l’éducation et à des moyens jugés insuffisants.
Il critique notamment le gazage d’élèves, des interpellations qualifiées de « brutales », l’utilisation de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades explosives, ainsi qu’une stratégie de maintien de l’ordre qu’il juge inadaptée à un mouvement composé majoritairement de mineurs.
Le syndicat affirme également que ces usages de la force toucheraient particulièrement les jeunes racisés issus des quartiers populaires. Une preuve supplémentaire du positionnement habituel du syndicat, qui s’illustre régulièrement par des déclarations et des prises de position particulièrement marquées à gauche, reprenant ici la rhétorique d’élus d’extrême gauche, notamment de La France insoumise.
Dans son communiqué, le Syndicat de la magistrature reprend un bilan faisant état de 119 élèves et personnels blessés depuis le début de la mobilisation. Il rappelle également que l’IGPN, la « police des polices », aurait été saisie à plusieurs reprises. Il ferme cependant facilement les yeux sur les plus de 600 policiers et gendarmes blessés, ainsi que sur les 65 personnels de l’Éducation nationale blessés, dont 40 proviseurs, lors des émeutes impliquant des étudiants.
Le Syndicat de la magistrature s’en prend également aux instructions données aux parquets. Il reproche au ministère de la Justice de privilégier une logique de « tout-répressif », notamment dans les dossiers concernant la participation à un groupement en vue de préparer des violences ou des dégradations, la responsabilité civile des parents pour les dégâts causés par leurs enfants, ou encore la participation à une manifestation avec une arme.
Le syndicat estime que des réponses éducatives devraient être privilégiées lorsqu’il s’agit de mineurs, conformément, selon lui, à la Constitution, aux engagements internationaux de la France et à la loi. Il dénonce ainsi une volonté de « silenciation de la jeunesse » par la violence.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a répondu le 4 octobre, rejetant les accusations du Syndicat de la magistrature. Il affirme que les forces de l’ordre ne « répriment pas la jeunesse », mais qu’elles « protègent » et encadrent les élèves et étudiants qui manifestent pacifiquement.
03.10.2026 à 18:30
Rédaction
Le registre officiel des intérêts des députés indique qu’Islamic Relief UK a financé plusieurs voyages à l’étranger de Shabana Mahmood, actuelle Home Secretary du Royaume-Uni (ministre de l’Intérieur britannique), alors députée, notamment du 15 au 18 septembre 2010, ainsi que des événements auxquels elle a participé sur place.
Shabana Mahmood a participé à plusieurs voyages et événements liés à Islamic Relief, notamment à un voyage humanitaire au Pakistan à la suite d’inondations en 2010, à une visite de projets au Kenya en 2012, ainsi qu’à un événement de solidarité organisé à Birmingham à la suite des attentats contre deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en 2019.
Le siège d’Islamic Relief Worldwide se trouve à Birmingham, dans la circonscription de Mahmood. Elle a également participé à de nombreux événements locaux liés à l’organisation et publié sur les réseaux sociaux des contenus faisant la promotion de certaines de ses actions.
Il est toutefois important de noter qu’à partir de 2014, les Émirats arabes unis ont inscrit Islamic Relief Worldwide sur une liste d’organisations qu’ils considèrent comme liées aux Frères musulmans ou au terrorisme. L’Allemagne et les Pays-Bas ont, par la suite, eux aussi exprimé des réserves concernant des liens supposés avec la mouvance des Frères musulmans et ont limité ou interrompu certains financements publics.
En 2020, deux administrateurs, Heshmat Khalifa et Almoutaz Tayara, ont dû quitter l’organisation à la suite de révélations concernant d’anciennes publications sur les réseaux sociaux contenant notamment des propos antisémites et des messages exprimant un soutien aux Frères musulmans.
En août de la même année, après la révélation des publications de Tayara, l’ensemble du conseil d’administration d’Islamic Relief Worldwide a annoncé sa démission.
Des controverses ont également concerné la branche galloise de l’association : en juillet 2020, trois anciens responsables, dont deux administrateurs et un ancien directeur exécutif, ont été exclus à la suite de révélations concernant leurs publications sur les réseaux sociaux.
30.09.2026 à 15:29
Rédaction
Louisa Yousfi, journaliste, critique littéraire et essayiste « décoloniale », a accordé, le 9 septembre 2026, un entretien au podcast C’est réel, dans l’émission Angle mort. Dans cet entretien, elle déclare notamment : « Il ne faut pas venir chercher à nous sauver, nous, on n’a pas à être sauvés, c’est vous qu’il faut sauver », en parlant des Blancs.
Elle décrit également les Blancs comme « aliénés dans un rapport de domination en leur faveur » et affirme qu’ils « ne sont pas rattachés à ce qu’on appelle l’humanité générique – c’est des Blancs ».
Dans des réactions ultérieures, Louisa Yousfi précise : « Lorsque je parle de “Blanc”, je ne parle pas de couleur de peau mais d’une catégorie sociale historiquement constituée. » Elle rejette ainsi les accusations de racisme et estime que ses propos ont été déformés par leur circulation sous forme d’extraits sortis de leur contexte, malgré des déclarations particulièrement explicites laissant peu de place au doute quant aux termes employés.
Plusieurs élus ont réagi à ces déclarations. Le député RN Jean-Philippe Tanguy a annoncé un signalement au procureur à son encontre, tandis que le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a déclaré saisir le procureur pour « racisme anti-Blanc ». L’association LÉA (Lutte pour l’Égalité dans l’Antiracisme) a également annoncé saisir la justice afin d’examiner une éventuelle qualification pénale de ces propos.
Le festival Actoral, consacré aux écritures contemporaines et aux artistes émergents, doit se tenir à Marseille du 30 septembre au 10 octobre 2026. Louisa Yousfi y est invitée le 6 octobre pour une lecture-performance autour de son livre La Grande méthode.
Un ouvrage qui porte notamment sur le voyage d’une famille issue de l’immigration algérienne retournant en Algérie afin de rapatrier et d’enterrer le corps du père sur sa terre natale. Les notions de « condition postcoloniale » et de « post-migration » y occupent notamment une place importante.
Le 25 septembre 2026, Martine Vassal, présidente LR du Département des Bouches-du-Rhône, a annoncé le retrait de la délibération concernant la subvention accordée au festival. Cette aide devait s’élever à 90 000 euros, soit environ un sixième du budget du festival.
Le Département indique avoir saisi l’association Actoral afin qu’elle « s’explique sur cette programmation et sur les suites qu’elle entend donner à cette situation ». Il précise qu’aucune décision concernant le financement ne sera prise avant d’avoir reçu sa réponse.
La maison d’édition La Fabrique défend de son côté Louisa Yousfi et dénonce une tentative de « faire taire une voix antiraciste, digne, intransigeante et littéraire ». Pour le moment, le nom de Louisa Yousfi apparaît toujours dans la programmation du festival Actoral.