06.10.2026 à 12:05
Léa Deseille

"Nous ne céderons ni aux intimidations, ni à l'escalade de la Russie, qui ne doit pas se méprendre : le temps joue contre elle", a écrit le président français sur X, lundi 5 octobre. "Emmanuel Macron a dénoncé […] le 'choix irresponsable' de la Russie 'd'intensifier ses frappes contre les infrastructures et les objectifs civils' […]
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"Nous ne céderons ni aux intimidations, ni à l'escalade de la Russie, qui ne doit pas se méprendre : le temps joue contre elle", a écrit le président français sur X, lundi 5 octobre. "Emmanuel Macron a dénoncé […] le 'choix irresponsable' de la Russie 'd'intensifier ses frappes contre les infrastructures et les objectifs civils' en Ukraine, après un échange avec Volodymyr Zelensky", explique France 24.
Ce choix est "en violation des principes les plus fondamentaux du droit international humanitaire", a ajouté Emmanuel Macron, cité par Le Figaro. "La France et l'Europe continueront de prendre leurs responsabilités pour soutenir l'Ukraine et rechercher tous les espaces pour épargner les civils, obtenir une réduction des hostilités et faire progresser l'idée d'une paix juste et durable", a encore écrit le président de la République.
"En réponse à des déclarations du président Volodymyr Zelensky qui avait promis d’accroître les attaques de Kiev contre les raffineries russes" [Le Figaro], "la Russie a annoncé dimanche qu'elle allait 'intensifier' ses frappes sur les infrastructures ukrainiennes, après avoir visé un pont à Kiev pour le quatrième jour d'affilée" [France 24]. "Des menaces russes susceptibles de réveiller chez les Ukrainiens le spectre, en pire, du terrible hiver de l’an dernier que la population a dû traverser en grelottant" [Le Figaro].
Cette annonce s'est vite inscrite dans la réalité. Lundi, "le président ukrainien Volodymyr Zelensky a condamné une attaque russe 'horrible' contre un navire transportant du maïs en mer Noire" [BBC]. "Le capitaine du navire a été tué lors de la frappe menée par deux drones, a déclaré Zelensky. Un autre marin est porté disparu. Onze membres d'équipage, de nationalité azerbaïdjanaise et indienne, ont été secourus", détaille l'audiovisuel public britannique. Le même jour, "au moins cinq personnes sont mortes […] dans des frappes russes de bombes guidées sur Kharkiv, la deuxième plus grande ville d'Ukraine" [France info].
"La pression russe se fait de plus en plus écrasante à l’approche de l’hiver", constate L'Express. "Depuis l’été, il n’y a pratiquement pas eu un seul jour sans attaque contre les infrastructures énergétiques", a confirmé le Premier ministre ukrainien. "L’Ukraine craint l’arrivée de l’hiver car l’armée russe pourrait être en mesure d’infliger d’importants dégâts aux centrales électriques, comme en 2025, lorsque des millions de personnes [ont] été plongées par moments dans le noir et le froid par des températures glaciales", rappelle Le Parisien.
"Attaquées de toutes parts, les réserves financières ukrainiennes se réduisent donc dangereusement", écrit L'Express. Face à ce constat, "l'Allemagne a annoncé le 4 octobre un nouveau programme de soutien d'une valeur de plus de 1,3 milliard d'euros (environ 1,46 milliard de dollars) pour l'Ukraine", note The Kyiv Independent.
Lors de sa visite à Kiev le 4 octobre, "[le chancelier Friedrich] Merz a précisé que l'Allemagne financerait la production conjointe de drones conçus pour intercepter les drones à réaction russes, ajoutant que des avancées techniques significatives réalisées ces dernières semaines accéléraient la production" [The Guardian].
Son déplacement "s'est déroulé dans le fracas des explosions, des sirènes d’alarme et des détonations du système de défense aérienne ukrainien" [Le Figaro]. "L'Allemagne ne se laissera pas intimider et maintiendra son soutien à l'Ukraine", a déclaré dimanche le chef du gouvernement allemand.
Cette aide est donc jugée nécessaire alors que la situation budgétaire de l'Ukraine "s’annonce pire encore en 2027", selon L'Express. "Le déficit pourrait atteindre environ 70 milliards d'euros", révèle le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). "Sur ce montant, près de 40 milliards d'euros sont destinés à la défense contre la Russie et 30 milliards d'euros au budget de fonctionnement du pays", poursuit le quotidien allemand.
"Nous sommes prêts à dialoguer, prêts à discuter de la fin de cette guerre", a déclaré le chancelier allemand lors de sa rencontre dimanche avec Volodymyr Zelensky [The Kyiv Independent]. Une reprise des négociations pourrait d'ailleurs avoir lieu plus tôt que prévu. "Le président ukrainien a annoncé dimanche que Washington prévoyait d’organiser des pourparlers trilatéraux avec la Russie et l’Ukraine d’ici fin octobre, pour tenter de relancer les négociations, au point mort depuis plusieurs mois", souligne Le Parisien.
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05.10.2026 à 12:29
Ugo Bertet

"Le parti de centre droit Liste unie, dirigé par le Premier ministre letton Andris Kulbergs, a remporté les élections législatives en Lettonie, selon les résultats provisoires annoncés dimanche [4 octobre]", rapporte Euronews. La formation a obtenu 35,4 % des voix et 42 sièges sur les 100 que compte le Parlement, soit un "record depuis l'indépendance" […]
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"Le parti de centre droit Liste unie, dirigé par le Premier ministre letton Andris Kulbergs, a remporté les élections législatives en Lettonie, selon les résultats provisoires annoncés dimanche [4 octobre]", rapporte Euronews. La formation a obtenu 35,4 % des voix et 42 sièges sur les 100 que compte le Parlement, soit un "record depuis l'indépendance" du pays, selon le média paneuropéen.
Il s'agit d'une "victoire écrasante", la Liste unie "triplant presque le score de son adversaire le plus proche" [Les Échos]. Le chef du gouvernement, Andris Kulbergs, a estimé que ce résultat était "plus élevé que prévu" et que "les gens veulent vraiment le changement", souligne Le Monde.
"[Andris] Kulbergs est devenu Premier ministre fin mai, après que sa prédécesseure, Evika Siliņa, a démissionné à la suite d'une vague de critiques suscitées par des frappes de drones ukrainiens", rappelle Politico.
Malgré cette avance, le Premier ministre "devra encore négocier avec d'autres partis pour former un gouvernement majoritaire" [Politico].
"Parmi les partis qui forment l’actuelle coalition autour de Liste unie, l’Alliance nationale (nationaliste) arrive en quatrième position […] et Nouvelle Unité (centre) en sixième position" [Le Monde], tandis qu'un autre membre, l’Union des paysans et Verts, "n’a pas franchi les 5 % nécessaires pour entrer au Parlement".
Ce score "inédit sur la scène politique locale" [Les Échos] devrait toutefois "permettre [à Andris Kulbergs] de construire une coalition à seulement deux partis", alors que "les Lettons se sont habitués à de larges alliances […] perçues comme instables et peu efficaces", analyse le journal économique.
"Les partis populistes enregistrent eux aussi de bons résultats", indique Euronews. Lettonie d'abord (LPV) et Pouvoir souverain (Suverena vara, SV) se classent deuxième et troisième avec respectivement 13,1 et 11,7 % des suffrages. Ces partis avaient "courtisé l’importante minorité ethnique russe du pays à l’approche du scrutin" [Kyiv Post]. Andris Kulbergs a déclaré qu'il "ne coopérerait avec aucun parti pro-russe", souligne la Deutsche Welle.
Dans ces conditions, "[Liste unie] pourrait obtenir une majorité parlementaire avec l'Alliance nationale nationaliste ou les progressistes de gauche", selon le politologue Roberts Kits [Deutsche Welle]. Ces résultats ouvrent en tout cas "une voie solide vers une nouvelle coalition pro-Ukraine", estime Politico.
Durant la campagne, la question sécuritaire "a largement dominé les débats", observe Le Monde. "Membre de l'Otan et de l'Union européenne depuis 2004, [la Lettonie] considère la Russie comme sa principale menace" [Euronews].
"Le budget militaire [letton] a été multiplié par cinq en une décennie" pour répondre à l'instabilité de la situation géopolitique régionale. La future administration devra concilier cet effort avec une économie qui "amorce seulement un rebond", soulignent Les Échos. "Parce que nous sommes la frontière extérieure de l'Europe, nous devons avoir une économie solide", a résumé le Premier ministre [Euronews].
"Tout au long de sa campagne, Andris Kulbergs a […] promis de renforcer les capacités anti-drones de la Lettonie et de maintenir les dépenses de défense à 5 % du PIB, l’un des niveaux les plus élevés de l’Otan" [Kyiv Post].
Les enjeux socio-économiques, la "hausse du coût de la vie, [les] bas salaires, [la] santé et [le] déclin démographique, ont [également] été au cœur de la campagne", la Lettonie étant "le pays le plus modeste des trois États baltes en termes de niveau de vie", précise Le Monde.
Sur le plan européen, "aucun parti n'a proposé d'écart majeur par rapport à l'alignement de la politique étrangère de la Lettonie sur l'UE et l'Otan", indique la Deutsche Welle. La semaine précédant le scrutin, Andris Kulbergs "[s'était] initialement opposé à un accord de l'UE" visant à retirer deux milliardaires russes de la liste des sanctions, mais la Lettonie "s'est finalement abstenue, permettant ainsi la prolongation du régime de sanctions global à la suite d'un compromis entre les pays de l'UE", conclut Politico.
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02.10.2026 à 12:27
Valentin Ledroit

"La révolte étudiante qui avait commencé discrètement il y a une semaine avec des blocages dans quelques lycées de la région parisienne s'est intensifiée" et "s'est étendue à tout le pays", constate le quotidien espagnol El País. Près de 2 000 personnes ont été interpellées dans la seule journée de jeudi 1er octobre, tandis que […]
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"La révolte étudiante qui avait commencé discrètement il y a une semaine avec des blocages dans quelques lycées de la région parisienne s'est intensifiée" et "s'est étendue à tout le pays", constate le quotidien espagnol El País. Près de 2 000 personnes ont été interpellées dans la seule journée de jeudi 1er octobre, tandis que 305 policiers et gendarmes ont été blessés, précise le journal.
Ce vendredi matin, Le Soir dresse un bilan de "1 027 établissements" concernés, sur environ 3 700 lycées en France, dont 222 bloqués. "Les étudiants ont rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués", ajoute le journal belge.
Les images de la journée de jeudi sont impressionnantes. Sky TG24 évoque "un camion de pompiers incendié à Marseille", "une école de Nantes en flammes", un campus occupé à Saint-Denis et des affrontements à Lille.
À l'origine des blocages se trouvent des revendications concrètes. Les élèves demandent notamment le remplacement des enseignants absents, rappelle le média portugais Observador. "On ne nous écoute pas, nous sommes obligés de descendre dans la rue", témoigne Lola.
Parmi les griefs, Sky TG24 liste également "l'augmentation des moyens, la rénovation des écoles et des conditions d'apprentissage 'décentes'". À Strasbourg, un lycéen interrogé par The Guardian explique que son établissement, "n'a pas assez de toilettes, et [que] certaines salles ont des fuites d'eau. Le bâtiment tombe en ruine, la cantine est trop petite. Il n'y a aucun budget, aucune ressource".
Le HuffPost relate qu'à Saint-Denis, les élèves du lycée Paul-Éluard "documentent depuis 2023 la dégradation du bâtiment sur un compte X". L’établissement "accueille des rats en villégiature", dénoncent-ils ainsi avec ironie dans l'une de leurs vidéos. Selon le ministère de l'Éducation nationale, environ 10 % des 60 000 écoles, collèges et lycées publics présenteraient une vétusté importante [HuffPost].
Ces motifs de colère ont néanmoins été relégués au second plan au fil de la journée du 1er octobre. Les revendications des élèves "ont été éclipsées par les images d'incendies, de conteneurs et de mobilier urbain brûlés" ainsi que par les affrontements avec les forces de l'ordre, écrit El País.
Face à l'escalade, l'exécutif français a durci le ton. Pour le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, la mobilisation "n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes, mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines" [Le Soir].
La réponse policière fait elle aussi débat. The Guardian souligne que "des blessures ont […] été causées par des projectiles lancés par les manifestants, mais aussi par des projectiles anti-émeutes tirés par la police". Une enquête interne a été ouverte après des accusations de recours excessif à la force contre trois élèves. Laurent Nuñez assure quant à lui que les forces de l'ordre sont intervenues "avec une grande proportionnalité" [Sky TG24].
Cette controverse intervient à quelques mois de l'élection présidentielle française [18 avril et 2 mai 2027, ndlr.]. Le Soir décrit ainsi une mobilisation "plus que sensible" dans un "climat social et politique électrique".
La question des violences s'est ainsi rapidement doublée d'une bataille sur l'origine du mouvement. L'entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu affirme que les services de renseignement considèrent les blocages comme "une manœuvre organisée par La France insoumise et ses satellites d'ultra-gauche", rapporte El País.
Le Corriere della Sera pousse encore plus loin cette lecture politique, titrant que "Jean-Luc Mélenchon souffle sur le feu de la révolution populaire". Ce dernier rejette fermement l'accusation selon laquelle sa formation politique aurait organisé la mobilisation. "Ce doit être la première manifestation organisée par télépathie, puisque nous n'en sommes pas à l'origine", a-t-il ironisé avant d'affirmer que LFI défend "la lutte non violente".
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