
22.10.2026 à 11:07
Frédérique Cassegrain
Après une année 2025 éprouvante pour le secteur culturel et marquée par d’importantes contractions budgétaires, comment les collectivités territoriales et intercommunalités envisagent-elles l’évolution de leurs dépenses culturelles en 2026 ? Comment s’orientent leurs choix de politique culturelle ?
L’article Baromètre sur les budgets et choix culturels des collectivités territoriales : volet national 2026 est apparu en premier sur Observatoire des politiques culturelles.
Outil annuel de mesure de l’évolution de l’action publique territoriale de la culture, le baromètre s’appuie sur une enquête réalisée auprès d’un échantillon de collectivités territoriales par l’Observatoire des politiques culturelles avec le soutien du ministère de la Culture (DEPS et DGDCER), et en partenariat avec Régions de France, Départements de France, France urbaine, Intercommunalités de France, Villes de France, Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité, FNADAC, FNCC, Culture·Co.
Le volet national du baromètre 2026 repose sur les données déclarées L’enquête a été menée par questionnaire (via emailing et campagne téléphonique auprès des directeurs et directrices des affaires culturelles prioritairement) de fin mars à début juin 2026. par un échantillon de 213 collectivités (régions, départements, collectivités à statut particulier, communes de plus de 50 000 habitants) et intercommunalités (comprenant une ville de plus de 50 000 habitants) en matière d’évolution des budgets primitifs et de positionnement culturel. Il concerne également des éléments de conjoncture.
Le baromètre 2026, avec un nombre de répondants équivalent à l’enquête 2025, offre des résultats consolidés pour les principales catégories territoriales L’échantillon des collectivités d’Outre-mer à statut particulier comprend un nombre de répondants moins important cette année, ce qui invite à la prudence pour en tirer une tendance générale. Leurs données ont toutefois été conservées dans les graphiques.. Le taux de réponse est de 100 % pour les régions, 80 % pour les départements, 57 % pour les communes de plus de 50 000 habitants et 52 % pour les intercommunalités comprenant une ville de cette taille (dont 73 % de taux de réponse pour les métropoles) L’échantillon est constitué de : 13 régions ; 74 départements ; 78 communes de plus de 50 000 habitants, dont 27 communes de plus de 100 000 habitants et 51 communes de 50 000 à 100 000 habitants ; 45 intercommunalités comprenant une ville de plus de 50 000 habitants, dont 16 métropoles, 4 communautés urbaines, 25 communautés d’agglomération ; 3 collectivités d’Outre-mer à statut particulier (collectivité d’Outre-mer et collectivités à statut particulier situées en Outre-mer)..
Ce qu’il faut retenir : Le baromètre 2025 avait mis en évidence un recul budgétaire massif et inédit des collectivités et de leurs groupements. 2026 se caractérise par une forme de stabilisation de la situation : sur chacune des entrées traitées (budgets primitifs totaux des collectivités, budgets culturels totaux, budgets culturels en fonctionnement et en investissement), les déclarations de stabilité constituent la modalité la plus citée, devant les baisses et les hausses, si l’on considère l’échantillon complet. Et, pour chacun de ces budgets, derrière la stabilité, les déclarations de baisses sont systématiquement plus nombreuses que celles des hausses.
De nouveaux traitements spécifiques croisant les données déclarées dans les deux derniers baromètres montrent par ailleurs que très peu de collectivités du baromètre sont parvenues à augmenter successivement leurs budgets culturels au cours des deux derniers exercices, ne serait-ce que pour suivre l’inflation.
Si en 2026 la situation budgétaire semble à première vue moins alarmante qu’en 2025 (l’hémorragie a été en partie stoppée), elle correspond en réalité au maintien d’une situation dégradée pour un nombre important de collectivités dont les budgets ont baissé l’an dernier – « stabilisation des baisses de 2025 » comme le résume un répondant à l’enquête –, laissant penser qu’un état de financement détérioré s’installe.
Les propos de certains directeurs et directrices des affaires culturelles (DAC) permettent de contextualiser les tendances chiffrées, lorsqu’ils évoquent une « année de pause dans les baisses » « Après une baisse conséquente du budget culture en 2025, l’année 2026 s’est traduite par une stabilisation. » ; « En 2026, il a été opéré un choix de stabilité budgétaire sur les politiques culturelles après une année 2025 marquée par une très forte baisse. » ; « Le budget 2026 est légèrement en hausse en fonctionnement en raison d’une baisse plus importante en 2025. ». Plusieurs d’entre eux alertent déjà sur les prochains arbitrages budgétaires en évoquant une « grande inquiétude pour 2027 et 2028 » « La demande d’effort est d’ores et déjà plus importante en vue de 2027 avec des projections de baisses budgétaires allant de 5 à 15 %. » ; « L’année 2027 s’annonce difficile. ».
La plupart des collectivités déplorent leur manque de marges de manœuvre « Si la collectivité n’a pas opéré de coupes franches dans son budget dédié à la culture, il a fallu prioriser, faire des choix dans la répartition des aides aux structures accompagnées. » ; « Un budget stable mais pas de marge de manœuvre pour de nouveaux projets/acteurs/politiques. » ; « Maintien des moyens financiers dédiés à la politique culturelle mais baisse des moyens humains dédiés. » et ne parviennent pas à sécuriser les services et acteurs fragilisés par les coupes budgétaires antérieures, ce qui témoigne de la poursuite d’une érosion cumulée et persistante du soutien à la culture en France. De manière certes moins retentissante qu’entre 2024 et 2025, mais toujours bien réelle. Cette situation n’est pas non plus sans effets sur la gouvernance territoriale des politiques culturelles et les financements croisés entre partenaires publics, même si le baromètre 2026 ne fait pas encore état de grands bouleversements ni dans l’adhésion aux logiques de coconstruction multiniveaux, ni dans les orientations stratégiques des collectivités.

45 % des collectivités et intercommunalités déclarent stabiliser La catégorie « stabilité » englobe également les évolutions à la hausse et à la baisse inférieures à 1 %. leurs budgets culturels totaux entre 2025 et 2026. 37 % indiquent les baisser cette année (contre 47 % des répondants entre 2024 et 2025), dont 12 % des collectivités qui mentionnent des baisses supérieures à 10 % du budget. Seulement 18 % des collectivités déclarent les augmenter entre 2025 et 2026, soit une proportion plus faible encore que dans le précédent baromètre où elles étaient 22 % à déclarer une hausse de ce budget culturel total entre 2024 et 2025.
Si l’on replace cette évolution dans le contexte budgétaire général des collectivités et intercommunalités en mettant en regard les budgets primitifs totaux (non uniquement culture) Cf. graphique p. 25 de la publication complète du baromètre 2026. 31 % des répondants indiquent une baisse du budget primitif total (non uniquement culture) de leur collectivité entre 2025 et 2026. Ils étaient 40 % à le déclarer entre 2024 et 2025, mais seulement 15 % entre 2023 et 2024. Il y a un peu moins de baisses déclarées cette année par rapport à l’an dernier, mais il y a également moins de hausses et plus de stabilité. Si le contexte budgétaire général des collectivités et intercommunalités apparaît en 2026 un peu moins mauvais que dans le baromètre précédent, leur situation reste relativement dégradée. avec les budgets culturels totaux, on constate davantage de baisses et moins de hausses déclarées pour la culture que pour les budgets totaux des collectivités (dans les deux cas, 45 % des répondants déclarent une stabilité). Cette indication d’un rapport à priori plutôt défavorable à la culture dans les arbitrages budgétaires est cependant à nuancer car, lorsqu’on interroge les DAC sur la place donnée à la politique culturelle au sein de leur collectivité, on ne constate pas de signal de dépriorisation de l’action publique culturelle : pour 8 répondants sur 10, la culture est autant une priorité politique qu’avant Cf. graphique p. 44 de la publication complète du baromètre 2026.. Et, selon certains DAC, s’il y a des baisses, cela correspond à une trajectoire générale de la collectivité, dans laquelle « la culture n’est pas plus impactée que les autres secteurs de politique publique ».

L’examen des budgets culturels totaux par catégories territoriales permet d’affiner les tendances globales.
47 % des régions déclarent une baisse de budget culturel total entre 2025 et 2026, contre près de 60 % d’entre elles entre 2024 et 2025. Toutefois, les déclarations d’augmentation sont moins nombreuses cette année.
42 % des départements indiquent une baisse entre 2025 et 2026, contre près de 65 % d’entre eux l’an dernier.
Régions et départements étaient particulièrement affectés par des baisses budgétaires entre 2024 et 2025. C’est un peu moins le cas cette année, où l’on constate une progression des déclarations de stabilité. Mais la situation du bloc local – qui représente, selon les travaux du DEPS-ministère de la Culture, environ 79 % des dépenses culturelles des collectivités territoriales, devant les départements (13 %) et les régions (8 %) – s ’est, elle, détériorée, avec des déclarations de hausses de budget culturel total qui sont en retrait.
Seulement 20 % des communes de plus de 50 000 habitants font état d’une augmentation cette année ; elles étaient 27 % dans le baromètre précédent. 32 % d’entre elles indiquent une baisse entre 2025 et 2026, contre 36 % des communes l’an dernier.
La situation est particulièrement négative pour les communautés urbaines et communautés d’agglomération de l’échantillon : près de la moitié indiquent une baisse de leur budget culturel total entre 2025 et 2026, contre 39 % des communautés répondantes entre 2024 et 2025. Cette année, seules 18 % d’entre elles déclarent les augmenter. Par ailleurs, alors que 45 % des métropoles augmentaient leur budget culturel total l’an dernier, elles ne sont que 25 % dans ce cas cette année.

Près d’un répondant sur deux déclarait une baisse de budget culturel de fonctionnement (hors masse salariale) entre 2024 et 2025 ; cette année c’est un peu plus d’un répondant sur trois. La stabilité est déclarée par 47 % des collectivités. Seules 18 % annoncent une hausse de leur budget culturel de fonctionnement ; une proportion équivalente à celle de l’an dernier.

En 2026, on constate un peu moins de disparités dans les tendances d’évolutions entre les catégories territoriales que dans le baromètre précédent où régions et départements étaient majoritaires à déclarer une baisse de budget culturel en fonctionnement (deux tiers des régions et près de 70 % des départements de l’échantillon de l’enquête 2025). La stabilité constitue la modalité la plus souvent citée, sauf dans le cas des communautés urbaines et d’agglomération qui sont plus fortement affectées par des baisses cette année (52 % d’entre elles).
31 % des communes et des métropoles déclarent baisser leurs budgets culturels de fonctionnement par rapport à l’année dernière. Seulement 13 % des communes de plus de 50 000 habitants parviennent à l’augmenter. Rappelons que l’enquête s’est déroulée en période électorale (municipales), et que ce contexte n’est pas sans impact sur l’élaboration des budgets pour le bloc local. Plusieurs DAC ont d’ailleurs indiqué manquer de visibilité sur certaines orientations budgétaires ou de positionnement de leur collectivité.

Si la stabilité est majoritaire pour tous les domaines de politique culturelle, la part des collectivités qui déclarent des baisses de budget en fonctionnement est systématiquement supérieure à celle qui déclare des augmentations, sauf pour l’enseignement artistique. Cependant, pour l’ensemble des domaines, les déclarations de diminutions sont un peu moins nombreuses en 2026 que dans le précédent baromètre où elles avaient bondi. Festivals-événements et spectacle vivant sont les domaines les plus affectés par des baisses budgétaires, comme l’an dernier.
Pour les régions, les baisses concernent principalement le spectacle vivant, le cinéma et l’audiovisuel. Pour les communes et les départements, les coupes portent surtout sur les festivals et événements Cf. graphiques p. 28-29 de la publication complète du baromètre 2026..


Comme l’année précédente, la situation reste hétérogène concernant l’évolution des budgets culturels d’investissement. 39 % des collectivités déclarent une stabilité (34 % l’an dernier), 35 % une baisse (36 % l’an dernier), et 27 % une hausse (29 % l’an dernier).
En dépit d’un léger recul des déclarations de baisses par rapport au baromètre précédent, plus de la moitié des régions et 43 % des départements diminuent leur budget culturel d’investissement entre 2025 et 2026 : les situations de baisses y sont plus fréquentes que les situations de stabilité et de hausse. Par ailleurs, les intercommunalités sont plus nombreuses à déclarer une diminution de leur budget culturel d’investissement en 2026 qu’en 2025. Ces perspectives soulèvent des inquiétudes quant à l’entretien et la rénovation des équipements, ainsi que leur adaptation aux défis de la transition écologique.

Une grande majorité de collectivités (64 %) déclarent stabiliser les subventions versées aux associations culturellesentre 2025 et 2026. Presque moitié moins de collectivités déclarent des baisses que l’an dernier : 22 % des répondants entre 2025 et 2026, contre 42 % entre 2024 et 2025. La proportion de collectivités en baisse reste toutefois importante en 2026 : elle est deux fois supérieure à celle de la période 2023-2024 (11 %).
À contrario, seulement 9 % des DAC déclarent une hausse du montant des subventions versées aux associations en 2026, contre 12 % dans le baromètre 2025 et 27 % dans l’enquête 2024.
Il est intéressant de noter que les tendances d’évolution des emplois culturels des collectivités sont assez identiques à celles des subventions aux associations : 9 % de répondants déclarent une hausse entre 2025 et 2026, 20 % une baisse et 67 % une stabilité des emplois culturels Cf. graphique p. 32 de la publication complète du baromètre 2026..

Départements et régions étaient très nombreux (respectivement 68 % et 58 %) à déclarer diminuer leurs subventions aux associations culturelles entre 2024 et 2025. On note nettement moins de baisses cette année. Cependant, un tiers des départements réduisent encore leur soutien aux associations culturelles entre 2025 et 2026 et, comme l’an dernier, aucune région de l’échantillon n’indique une hausse du montant de ces subventions.
De plus, pour toutes les catégories territoriales Nous ne traitons pas ici les tendances des collectivités d’Outre-mer à statut particulier en raison de la petite taille de l’échantillon de répondants dans cette catégorie cette année., les répondants qui mentionnent une baisse de leurs subventions aux associations sont plus nombreux que ceux qui les augmentent, à l’exception de l’échantillon des communes – principales financeuses des associations culturelles – qui parviennent dans leur grande majorité à stabiliser leur soutien, et dans lequel les tendances à la baisse et à la hausse sont plus équilibrées.
Enfin, la grande majorité des régions et près d’un tiers des départements du baromètre déclarent financer une ou plusieurs agences culturelles. Ces financements sont stables dans près de 80 % des cas en 2026.
Des traitements spécifiques ont été réalisés sur un échantillon de 178 collectivités et intercommunalités qui ont participé aux deux derniers baromètres (enquêtes 2025 et 2026) Cet échantillon est constitué de : 12 régions ; 67 départements ; 60 communes de plus de 50 000 habitants ; 36 intercommunalités comprenant une ville de plus de 50 000 habitants, dont 13 métropoles, 23 communautés urbaines et communautés d’agglomération ; 3 collectivités d’Outre-mer à statut particulier., pour avoir une vision des tendances budgétaires dans une temporalité allongée.

En croisant leurs déclarations, on constate que très peu de collectivités sont parvenues à augmenter successivement leurs budgets culturels de fonctionnement (hors masse salariale) au cours des deux derniers exercices budgétaires : seules 4 % déclarent les avoir augmentés entre 2024 et 2025 et entre 2025 et 2026, ce qui correspond à seulement 7 collectivités sur les 167 pour lesquelles nous disposons de l’information sur les deux enquêtes. 19 % les ont stabilisés deux années de suite, 22 % les ont baissés et un peu plus de la moitié des répondants de notre échantillon (54 %) ont adopté des trajectoires budgétaires divergentes sur les deux derniers exercices.

Près d’un quart des communes et environ un tiers des métropoles parviennent à stabiliser leurs budgets de fonctionnement (hors masse salariale) entre 2024 et 2025 et entre 2025 et 2026.
Un quart des régions et un quart des départements déclarent des baisses successives de leurs budgets culturels de fonctionnement les deux années. 60 % des départements de l’échantillon indiquent des évolutions divergentes sur les deux derniers exercices budgétaires ; c’est aussi le cas de 50 % des régions. Ces tendances témoignent de la difficulté des collectivités à construire une trajectoire budgétaire dans le temps ainsi que des contraintes fortes qui pèsent sur elles en matière d’autonomie financière et fiscale et de dépenses obligatoires Comme l’évoquent plusieurs responsables culturels : « baisse budgétaire pour pouvoir prendre en charge les dépenses sociales obligatoires en hausse » ; « recentrage sur les compétences obligatoires et priorités de la mandature et concentration de l’action sur les projets d’intérêt régional majeur plutôt que la dispersion avec du multi-financement »..

La moitié des collectivités et intercommunalités qui ont participé aux deux derniers baromètres ont déclaré une tendance d’évolution identique sur les deux années d’enquête concernant les subventions qu’elles versent aux associations culturelles : 33 % les stabilisent entre 2024 et 2025 et entre 2025 et 2026, 17 % les baissent et 3 % les augmentent sur les deux exercices, soit seulement 5 collectivités sur les 163 pour lesquelles nous disposons de l’information sur les deux enquêtes.
Les communes constituent la catégorie territoriale qui déclare le plus de stabilité dans notre échantillon : 54 % d’entre elles font part d’une stabilité du montant des subventions versées aux associations culturelles sur les deux derniers exercices Cf. graphique p. 43 de la publication complète du baromètre 2026..
Le baromètre s’intéresse au système de partenariat public propre aux politiques culturelles en France, à travers les logiques de coopération des collectivités avec l’État et avec les autres niveaux de collectivités territoriales.

Les répondants du bloc local ont été interrogés sur l’évolution des financements croisés dédiés au soutien aux équipements et événements culturels sur leur territoire. Sur un échantillon de 123 communes et intercommunalités qui ont répondu, 54 % estiment que les financements croisés dédiés au soutien aux équipements et événements culturels ont baissé sur leur territoire en 2025-2026 ; les territoires les plus densément peuplés – communes de plus de 100 000 habitants et métropoles – étant souvent plus enclins à déclarer des baisses. En outre, 7 % des répondants considèrent que ces financements croisés ont augmenté sur leur territoire et 33 % les jugent stables.
Selon les intercommunalités qui identifient des baisses de financements croisés, ces dernières proviennent principalement des départements, alors que, pour les communes de plus de 50 000 habitants concernées, elles proviennent d’abord des régions, puis de l’État et des départements, de manière plus équilibrée entre les niveaux.
En 2026, 62 % des DAC considèrent que la coopération Cf. graphique p. 52 de la publication complète du baromètre 2026. avec la politique culturelle de l’État n’a pas évolué ; ils étaient 50 % à le déclarer en 2025. Ils sont plus de la moitié en ce qui concerne la coopération avec les autres niveaux de collectivités territoriales ; une proportion assez similaire à l’an dernier.
D’année en année, ils sont moins nombreux à déclarer un renforcement de la coopération avec l’État : 23 % des DAC en 2026, 32 % en 2025 et 39 % en 2024. Le DAC d’une ville témoigne par exemple d’un « soutien de l’État moins structurant et fort que par le passé. De fait, la collectivité a tendance à affirmer ses ambitions de développement culturel en mettant en place des dispositifs alternatifs. Les réductions de budgets, aussi bien de la collectivité que des financements des partenaires, nous obligent à réinventer notre lien aux territoires. »


Majoritairement, en 2026, les collectivités indiquent ne pas être à la recherche d’une plus grande autonomie dans la conduite de leur politique culturelle.
Les régions se singularisent des autres catégories par leur recherche d’une plus grande autonomie dans la conduite de leur politique culturelle par rapport à celle de l’État. C’est le cas cette année pour 8 d’entre elles sur 13, contre 5 en 2025. On renoue avec une situation rencontrée dans le baromètre 2024 où les régions se démarquaient déjà. En 2025, leur affaiblissement budgétaire en matière culturelle avait partiellement entamé cette revendication. La relation entre régions et Drac a toujours été un équilibre complexe du fait d’une échelle territoriale commune d’intervention : l’État, via les Drac, fait valoir ses priorités nationales appliquées à un territoire régional, les régions formulant leurs propres objectifs politiques et préoccupations territoriales. Le récent rapport de la commission culture de Régions de France sur les labels d’État en est une parfaite illustration https://regions-france.org/les-regions-publient-leurs-propositions-pour-reorienter-les-labels-detat-vers-les-territoires/. Cette situation ne se retrouve pas au niveau des départements et du bloc local qui, dans leur majorité, restent attachés à la coconstruction des politiques culturelles avec l’État.
Pour ce qui est de la recherche d’autonomie avec les autres niveaux de collectivités territoriales, la situation est globalement assez proche de 2025 : dans leur majorité, les principaux échelons territoriaux privilégient une logique de coopération entre eux. Si le modèle coopératif de la culture est actuellement malmené du fait de désajustements politiques et du décroisement de certains financements, il apparaît aussi comme une modalité toujours plébiscitée dans la conduite des politiques culturelles. La coopération est à la fois considérée comme un problème et comme une solution, ce qui converge avec les positions en faveur de la poursuite du partenariat prises en 2025-2026 par les associations d’élus et de collectivités territoriales dans le cadre de la démarche de Livre blanc de la décentralisation culturelle https://www.observatoire-culture.net/wp-content/uploads/2026/01/LIVREBLANC_30mars26.pdf.
Enfin, comme chaque année, l’enquête interroge les DAC sur les objectifs politiques qui orientent en priorité les choix culturels des exécutifs. Regroupés en registres d’action, les mots-clés les plus cités renvoient aux logiques territoriales, d’accès, d’offre, d’impact social et d’éducation-jeunesse, dans la lignée des trois baromètres précédents ; ces cinq registres continuent à dominer les choix de priorisation de l’action publique culturelle Cf. graphique p. 48 de la publication complète du baromètre 2026..

Les DAC ont été interrogés sur l’importance accordée aux problématiques de transition écologique dans la politique culturelle de leur collectivité, sur une échelle de 0 (inexistante) à 5 (très importante). Le troisième échelon – légèrement devancé par le deuxième l’an dernier – est le plus cité cette année, par 35 % des répondants. Par rapport à 2025, l’enquête montre néanmoins une légère diminution de la place de la transition écologique dans la politique culturelle des régions et des communes de plus de 100 000 habitants, même si ces échelons (avec des notes de 3,2 et 3,1 sur 5) restent parmi les plus mobilisés sur ces questions avec les métropoles. La note moyenne des départements (2,2 sur 5) progresse légèrement cette année, bien que cette catégorie territoriale reste en dernière place dans notre échantillon de collectivités.

Quelles démarches ont été impulsées par les services culturels en faveur de la transition écologique ? Près de 14 % des répondants indiquent ne pas avoir mis en place d’action spécifique, une proportion équivalente à l’enquête 2025. Pour les collectivités et intercommunalités qui en déclarent, les mesures de sobriété énergétique (équipements culturels, adaptation du patrimoine…) sont – comme dans les enquêtes précédentes – les plus citées (près de 60 % de l’ensemble des répondants ; cette modalité arrive en tête pour toutes les catégories territoriales), devant les actions de mutualisation de matériel et les actions de formation des agents : un ordre de réponses inchangé par rapport au baromètre 2025.

Enfin, pour la troisième année, le baromètre examine les formes de pressions qui impactent la liberté de création/diffusion artistique. Les résultats sont assez proches des baromètres précédents : plus de 8 DAC sur 10 ne constatent pas d’entraves à la liberté de création/diffusion artistique sur leur territoire. Pour ceux qui en constatent (10 % des répondants), elles correspondent principalement à des obstructions politiques (critique d’élu sur des choix de programmation, ingérence politique, réduction de soutiens à des projets ou à des associations en raison des thèmes, etc.) et des formes de pressions citoyennes et associatives (intimidations, menaces, manifestations, etc.).
Quelles ont été les réactions des collectivités face à ces entraves à la liberté de création/diffusion artistique ? Sur une vingtaine de situations identifiées, près d’un tiers des DAC indiquent une absence d’action de leur collectivité, et deux tiers font remonter une forme d’intervention. Ces réponses consistent principalement en des rappels législatifs (rappel de la loi relative à la liberté de création, rappel du droit en assemblée générale ou en conseil d’administration, etc.) et des prises de position volontaristes en faveur de la liberté de création (affirmation publique d’un soutien, prises de paroles politiques, maintien de subventions aux créateurs et aux acteurs, intégration d’une clause liberté de création dans des conventions pluriannuelles d’objectifs multipartites, etc.).
Concernant les atteintes matérielles contre des œuvres ou des équipements culturels Cf. graphique p. 64 de la publication complète du baromètre 2026., les résultats sont proches du baromètre précédent : 81 % des répondants n’en constatent pas sur les biens culturels de leur territoire en 2025-2026, et 10 % en font état. Il s’agit principalement de dégradations d’œuvres, de tags et d’actes de vandalisme dans des équipements ou dans l’espace public. Sont notamment cités des cas de dégradations dans des bâtiments patrimoniaux et des médiathèques.
L’ensemble des traitements, notamment par catégories territoriales, est disponible dans la publication complète du baromètre 2026 (à télécharger ici).
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15.10.2026 à 09:58
Frédérique Cassegrain
Comment transmettre les mémoires et cultures LGBTQIA+ en l’absence d’archives institutionnelles ? Depuis 2021, le réseau Big Tata réunit dix-huit associations qui tentent de répondre à cette question en développant une « archive vivante » : une mémoire queer collectée, indexée et réactivée par et pour les communautés concernées sur les territoires.
L’article Archives et mémoires queers françaises : les collectifs d’archives issus du réseau Big Tata est apparu en premier sur Observatoire des politiques culturelles.

Inspiré de son mémoire, le texte que Marie-Madeleine Dumax-Vorzet a rédigé pour la collection Écrire demain, regards d’étudiants est disponible en téléchargement ici.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Marie-Madeleine Dumax-Vorzet, j’ai 25 ans. J’ai commencé mon parcours dans le secteur culturel vers l’âge de 16 ans environ comme administratrice puis vice-présidente d’une MJC. En parallèle, j’étais engagée dans plusieurs projets associatifs. Je suis issue d’études de lettres, puis j’ai fait le master Développement de projets artistiques et culturels internationaux à l’université Lyon 2 en 2024, qui venait rassembler un intérêt artistique et un engagement associatif, personnel et militant. Cet engagement a aussi son importance pour mon sujet de mémoire : je suis une femme transgenre, ce qui vient interroger des dynamiques personnelles, des réflexions à la fois intimes et communautaires.
J’étais en voyage jusqu’à il y a quelques mois, et je recommence tout juste à chercher un emploi. Avant cela, je travaillais à la Biennale des arts contemporains de Lyon, au service Développement.
Comment est née l’envie de travailler sur ce sujet de mémoire ?
Dans mon cas, ce sujet s’est imposé assez rapidement et spontanément, avant même que je commence à vraiment y réfléchir, car il se situait à l’intersection de plusieurs questionnements que j’avais déjà. D’abord, l’univers artistique queer, très présent dans les collections des grands collectifs d’archives. S’y ajoutait la question de l’autoédition et de la microédition, très liée à ces collectifs d’archives queer, puisque nombre d’entre eux sont par ailleurs éditeurs ou auto-éditeurs. Il y avait également un intérêt militant : comment faire communauté au sens large, pas seulement autour du présent, mais aussi autour du passé et d’une mémoire commune ? Ce mémoire est aussi parti de recherches personnelles sur les différents mouvements militants, qui m’ont fait prendre conscience d’un manque d’information sur l’histoire communautaire française. On associe souvent la révolution queer à des événements très américains, comme les émeutes de Stonewall, alors qu’il en existe une histoire française, tout aussi riche, mais largement méconnue. Ce sujet m’est venu par ce biais, mais aussi de façon plus autobiographique : c’est à cette période que j’ai rejoint le collectif lyonnais Mémoire minoritaire, ce qui m’a permis d’avoir un double point de vue, à la fois comme membre découvrant le collectif et comme acteur·rice culturel·le réfléchissant aux enjeux plus larges de programmation culturelle.
Votre terrain d’enquête vous a-t-il surpris ?
Le fonctionnement en tant que tel ne m’a pas vraiment étonnée, car les collectifs sont assez présents sur les réseaux sociaux et j’avais déjà une bonne idée de la manière dont ils agissaient. Ce qui m’a davantage surprise, c’est l’ampleur de ce qu’ils proposent. Je les imaginais un peu comme des bibliothèques qui organisent occasionnellement deux ou trois événements. En réalité, j’ai découvert une grande diversité de formes – chaque collectif s’organise différemment – et une programmation culturelle souvent ambitieuse, ne se limitant pas à l’archivage et touchant aussi bien la littérature que l’art contemporain. La seconde surprise concerne les spécificités locales. Je pensais au départ que ce réseau fonctionnerait presque comme des antennes régionales chargées de relayer la bonne parole parisienne sur le reste du territoire. Or, j’ai constaté l’inverse : une véritable revendication de spécificité locale de la part des collectifs, aussi bien à travers les événements et les auteur·ice·s qu’ils mettent en avant que dans le contenu de leurs collections, avec une volonté de valoriser des mémoires locales queers – un sujet encore plus invisibilisé que l’histoire queer française en général. Cet aspect a été la partie la plus enrichissante de mes rencontres avec les différents collectifs.
Que voudriez-vous faire évoluer dans le secteur culturel ?
Selon moi, et de façon un peu prosaïque, la question la plus actuelle est celle des moyens. Les principales scènes nationales sont complètement sous l’eau budgétairement, avec une incertitude terrible. En tant que jeune actrice culturelle, je constate également une forte précarisation du secteur : des difficultés à entrer dans le domaine professionnel, mais aussi à s’y maintenir au-delà d’un fonctionnement précaire, temporaire et incertain. Un aspect découle de ce manque de moyens et constitue un vrai problème : la mise en concurrence croissante des actrices et acteurs culturels entre eux. Il faut toujours proposer plus et mieux que le voisin, avec des fonctionnements toujours plus ambitieux mais toujours moins de moyens. Le troisième point important, notamment dans le contexte politique actuel, concerne l’engagement. S’il y a bien un domaine appelé à s’engager et à se mobiliser, c’est précisément le domaine culturel et artistique, au sens très large. C’est en tout cas, ce que l’on essaie de faire aujourd’hui dans le secteur, même si les nouvelles ne sont pas toujours très bonnes.
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13.10.2026 à 10:58
Frédérique Cassegrain
Depuis 2024, avec l’effondrement meurtrier d’un auvent en béton dans la gare de Novi Sad, le mouvement de contestation lancé par les étudiants secoue désormais l’entièreté de la Serbie. Face à la corruption, au contrôle des médias et à la répression dans le domaine culturel, tous réclament le respect de l’État de droit. Nous republions ici la tribune rédigée par des artistes et acteurs culturels en 2025 dans laquelle ils témoignent et documentent les entraves aux libertés de pensée, d’expression et de création qu’ils subissent.
L’article Chronique de la répression culturelle en Serbie est apparu en premier sur Observatoire des politiques culturelles.

Avec le lancement de la Chronique de la répression dans le domaine culturel en novembre 2025, la Communauté des arts et de la culture [en serbe, Zajednica umetnosti i kulture – ZUK] – un collectif informel de travailleurs issus de différents domaines de la production culturelle en Serbie, créé dans le contexte particulier de 2025 Le 1er novembre 2025, un an après l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies sur les lieux de l’accident lors d’un rassemblement commémoratif. – cherche à créer un espace commun pour échanger des connaissances sur la répression exercée par le régime à l’encontre du secteur culturel dans le pays. Ce faisant, la ZUK vise à empêcher que les travailleurs culturels et les artistes ne soient cantonnés à des luttes individuelles, et à contrer leur isolement et atomisation persistants. En documentant les cas de représailles politiques, nous assumons le rôle de témoins collectifs, afin que ces cas ne soient ni passés sous silence ni oubliés, mais servent au contraire à favoriser la solidarité, les liens mutuels et le soutien.
Un questionnaire, mis à la disposition de nos collègues, visait à recueillir des témoignages concernant des expériences d’intimidation, de menaces, de coercition, de licenciements, de censure, ainsi que le retrait d’un soutien financier ou du droit au travail pour ceux qui ont rejoint la vague de manifestations de masse en Serbie en 2024 et 2025. Outre les nombreux cas bien connus de violations de la liberté d’expression et de réunion, du droit au travail et d’infraction à la loi dans le domaine de la culture et du patrimoine culturel, ZUK a recueilli en un mois, du 15 novembre au 15 décembre 2025, 37 signalements supplémentaires concernant des cas moins connus de répression au sein du secteur culturel national.
Le rapport complet en serbe est accessible ici.
Les formes et les méthodes de répression étaient diverses. Il convient de noter en particulier les problèmes liés à la mise en œuvre des appels à candidature et des concours publics, ainsi que les manipulations concernant la nomination des directeurs et des responsables d’institutions culturelles. Dans six cas, des licenciements ou des menaces de licenciement ont été signalés, tandis que cinq cas concernaient du chantage. Des témoignages font également état d’une forme spécifique de répression : les commissaires locaux du parti au pouvoir intimident le personnel politiquement dissident.
Les textes réglementaires internes, tels que les statuts et les systèmes de classification des postes, ont été modifiés, entre autres, pour permettre l’embauche de candidats sans qualifications appropriées mais politiquement loyaux, ou pour licencier des employés récalcitrants, comme ce fut le cas au Théâtre de la ville de Šabac. Au Théâtre national de Belgrade, un nouveau règlement sur la discipline au travail, la conduite des employés et l’indemnisation des dommages a été adopté le 25 septembre 2025, les privant de nombreux droits humains, droit au travail et à la création artistique. Des mesures similaires ont été adoptées dans certains musées, exigeant l’autorisation écrite des directeurs pour toutes les réunions, les visites protocolaires, les visites guidées gratuites des expositions et les déclarations aux médias. Les employés « désobéissants » des institutions culturelles à travers le pays ont été discrédités, malmenés, soumis à des insultes et à des humiliations, tandis que de fausses informations concernant leur travail ont été diffusées.
La plupart des cas signalés concernaient une censure directe – à savoir l’annulation de manifestations artistiques en raison de la participation d’acteurs politiquement indésirables ou du thème du programme. Parallèlement, des « listes noires » fonctionnent comme un mécanisme de répression efficace précisément parce qu’elles sont invisibles pour le grand public et que leur existence est niée. Les directeurs demandent à leurs collaborateurs de surveiller attentivement leurs propos lors des lancements de saison, l’autonomie éditoriale est sapée, et la qualité ainsi que la continuité du travail au sein des institutions culturelles publiques sont considérablement compromises.
Les travaux de rénovation ou la fermeture de bâtiments sous prétexte de sécurité incendie constituent une forme, jusqu’alors rare, de restriction de la liberté d’expression. Le Théâtre national de Belgrade s’est révélé être un exemple de ce mécanisme de musellement. Dans d’autres institutions, les employés ont été menacés de fermeture de l’établissement et de licenciement de troupes théâtrales si les manifestations se poursuivaient.
La scène culturelle indépendante a été confrontée à une forme spécifique de harcèlement et de pression externes, se traduisant par des poursuites judiciaires, des contrôles financiers, des audits extraordinaires de projets cofinancés et des charges administratives excessives. À la suite du soutien apporté par l’opinion publique aux manifestations étudiantes, l’attribution d’espaces à certaines organisations de la société civile au sein d’institutions publiques a été remise en cause ou suspendue. Dans de nombreux rapports, la survie des organisations de la scène indépendante – en particulier celles axées sur la critique sociale et l’engagement – a été remise en question. Des associations artistiques représentatives, telles que l’Association des artistes plasticiens de Serbie [ULUS], soulignent que non seulement leurs programmes habituels, mais aussi leur existence même sont menacés.
Pour les collègues qui ont été licenciés de manière injuste et illégale, les conséquences sont lourdes : les moyens de subsistance de leurs familles sont menacés, parfois de manière imminente, tandis que leur santé psychologique et physique, leur dignité et leur intégrité personnelle sont gravement compromises. Parmi les jeunes artistes censurés pour avoir soutenu le mouvement étudiant, on observe un sentiment de crainte manifeste quant à l’impact à long terme de la censure sur leurs carrières. Cette situation contribue à l’émigration des travailleurs culturels et des artistes à l’étranger, à la recherche d’opportunités leur permettant d’exercer un travail libre et à l’abri de telles contraintes politiques.
Les acteurs des secteurs de la production culturelle n’ayant généralement pas les moyens d’intenter des poursuites judiciaires à titre privé, de nombreuses violations des lois et des règlements restent impunies. Les conséquences de la répression sont supportées exclusivement par les travailleurs culturels et les organisations elles-mêmes, tandis que la question de la responsabilité étatique reste en suspens. En raison d’expériences négatives relatives aux appels à projets publics, de nombreux artistes renoncent purement et simplement à y participer, exposant ainsi davantage les fonds culturels publics à des abus. Néanmoins, certains employés d’institutions culturelles documentent systématiquement les violations et les infractions pénales, mettant en évidence l’effondrement du système juridique. Ainsi, selon les employés du Théâtre national d’Užice, pas moins de 278 violations de la Constitution, des lois (sur le travail, la culture, la lutte contre les discriminations, les services publics, le système budgétaire, etc.), ainsi que des règlements intérieurs, ont été recensées.
La Communauté des arts et de la culture [ZUK] continuera à recueillir des témoignages sur la répression dans le secteur culturel et publiera périodiquement de nouveaux rapports.
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