
01.06.2026 à 18:40
Déborah Yapi
L’administration Trump a présenté les grandes lignes de sa politique africaine « America First ». L’accent est mis sur le principe du « commerce plutôt que l’aide », avec une priorité accordée à l’accès américain aux terres rares et aux ressources primaires africaines, à la coopération avec certains partenaires dans le secteur de la santé, aux efforts de résolution des conflits dans quelques zones (notamment en République démocratique du Congo et au Soudan), ainsi qu’à la collaboration avec des partenaires africains dans la lutte contre les menaces terroristes. Compte tenu de l’importance de cette question pour le président et son équipe, l’immigration est également devenue une priorité majeure dans les relations de Washington avec le continent. De manière très visible, l’administration a cherché à réduire drastiquement le nombre d’immigrants africains venant aux États-Unis ou y résidant. En janvier 2026, le gouvernement américain a suspendu unilatéralement la délivrance de tous les visas aux ressortissants de onze pays d’Afrique subsaharienne et imposé une interdiction partielle à quatorze autres. Ces mesures concernent à la fois les visas de visiteur et les visas d’immigration et touchent certains des partenaires les plus importants des États-Unis dans la région (Angola, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, etc.). Même lorsque des visas de visiteur peuvent encore être délivrés aux Africains, l’administration a instauré de nouvelles restrictions particulièrement contraignantes. Au Nigeria, par exemple, les demandeurs dont le visa est approuvé doivent désormais déposer une caution de 15 000 dollars avant que leur visa ne soit délivré. Les expulsions d’Africains déjà présents aux États-Unis ont également augmenté de manière significative sous Trump. Ces politiques vont clairement à l’encontre d’autres objectifs affichés par les États-Unis dans la région, notamment le renforcement des liens économiques, mais elles s’inscrivent parfaitement dans le cadre plus large du programme intérieur de Trump. De façon surprenante, l’Afrique joue également […]
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L’administration Trump a présenté les grandes lignes de sa politique africaine « America First ». L’accent est mis sur le principe du « commerce plutôt que l’aide », avec une priorité accordée à l’accès américain aux terres rares et aux ressources primaires africaines, à la coopération avec certains partenaires dans le secteur de la santé, aux efforts de résolution des conflits dans quelques zones (notamment en République démocratique du Congo et au Soudan), ainsi qu’à la collaboration avec des partenaires africains dans la lutte contre les menaces terroristes. Compte tenu de l’importance de cette question pour le président et son équipe, l’immigration est également devenue une priorité majeure dans les relations de Washington avec le continent.
De manière très visible, l’administration a cherché à réduire drastiquement le nombre d’immigrants africains venant aux États-Unis ou y résidant. En janvier 2026, le gouvernement américain a suspendu unilatéralement la délivrance de tous les visas aux ressortissants de onze pays d’Afrique subsaharienne et imposé une interdiction partielle à quatorze autres. Ces mesures concernent à la fois les visas de visiteur et les visas d’immigration et touchent certains des partenaires les plus importants des États-Unis dans la région (Angola, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, etc.). Même lorsque des visas de visiteur peuvent encore être délivrés aux Africains, l’administration a instauré de nouvelles restrictions particulièrement contraignantes. Au Nigeria, par exemple, les demandeurs dont le visa est approuvé doivent désormais déposer une caution de 15 000 dollars avant que leur visa ne soit délivré. Les expulsions d’Africains déjà présents aux États-Unis ont également augmenté de manière significative sous Trump. Ces politiques vont clairement à l’encontre d’autres objectifs affichés par les États-Unis dans la région, notamment le renforcement des liens économiques, mais elles s’inscrivent parfaitement dans le cadre plus large du programme intérieur de Trump.
De façon surprenante, l’Afrique joue également un rôle dans la politique mondiale d’immigration de Trump. L’administration, avec le soutien direct du président lui-même, a activement recherché des partenaires africains prêts à accueillir des personnes expulsées de pays tiers, même lorsqu’elles n’ont aucun lien avec le pays d’accueil, ni même avec l’Afrique.
D’une manière générale, cette pratique est légale au regard du droit américain de l’immigration, bien qu’il existe certains cas particuliers où elle ne l’est pas. En 2025, la Cour suprême a confirmé le droit du gouvernement à procéder à de telles expulsions ; plus récemment, une juridiction inférieure a estimé que les immigrés devaient disposer d’un délai pour contester les expulsions vers un pays tiers, mais cette affaire est toujours en cours d’examen. Le droit international n’interdit pas non plus ce type d’expulsion, à condition qu’il n’existe pas de risque substantiel de persécution ou de torture. Il est probable que les responsables de l’administration Trump se soient inspirés d’un projet britannique de 2022, soutenu par le gouvernement de Boris Johnson, visant à expulser un grand nombre de ressortissants de pays tiers vers le Rwanda en échange de centaines de millions de livres sterling d’aide britannique. (Cette mesure a finalement été abandonnée après des contestations judiciaires et le départ du Parti conservateur du pouvoir.)
Jusqu’à présent, l’administration a conclu des accords avec au moins sept pays africains, bien que le Département d’État ait fourni peu de détails. Il s’agit notamment du Rwanda, du Soudan du Sud, de l’Eswatini, de l’Ouganda, du Ghana, du Cameroun et de la République démocratique du Congo. Des informations relayées par les médias indiquent également que la Guinée équatoriale, la Sierra Leone et le Liberia pourraient avoir accepté d’accueillir des expulsés en provenance des États-Unis. Ces accords comprennent des montants modestes d’aide américaine — généralement entre 5 et 7 millions de dollars — destinés à soutenir l’accueil des personnes expulsées. Le président Trump aurait personnellement promu les expulsions vers des pays tiers lors de son « mini-sommet » de juillet 2025 à Washington avec les dirigeants de la Mauritanie, du Gabon, du Sénégal, de la Guinée-Bissau et du Liberia. Jusqu’à présent, le nombre d’expulsions réalisées dans le cadre de ces accords semble toutefois limité, probablement à quelques dizaines de personnes par pays au maximum.
Étant donné que l’administration cherche à expulser des milliers d’immigrants chaque jour, pourquoi déployer autant d’efforts pour seulement quelques expulsions vers l’Afrique ? Plusieurs explications plausibles peuvent être avancées.
Premièrement, il y a l’effet dissuasif de l’exil en Afrique. Indépendamment du nombre réel d’immigrants expulsés vers le continent, de nombreux candidats à l’immigration peuvent être effrayés par cette perspective. Un jeune Mexicain ou Vénézuélien cherchant une nouvelle vie aux États-Unis peut être prêt à courir le risque d’être renvoyé dans son pays d’origine, ou même dans un pays voisin familier, pour tenter sa chance dans la réalisation du rêve américain. Ce calcul peut changer considérablement si une arrestation par l’ICE signifie être envoyée dans un pays africain éloigné offrant des garanties de protection des droits humains incertaines.
Deuxièmement, l’administration cherche presque certainement à développer des capacités d’accueil en prévision d’éventuels besoins futurs, notamment dans des pays peu susceptibles de contester d’éventuels abus. Face à la forte pression exercée par la Maison-Blanche et le Département de la sécurité intérieure pour expulser des millions d’immigrants, les responsables américains de l’immigration doivent être désespérément à la recherche d’endroits où ils peuvent transférer rapidement les cas les plus problématiques. On peut également supposer qu’ils souhaitent se décharger complètement de ces dossiers une fois les personnes arrivées sur le continent, même si toutes les procédures n’ont pas été scrupuleusement respectées. En mai, l’ICE a expulsé une Colombienne vers Kinshasa alors que le gouvernement congolais avait auparavant refusé de l’accueillir pour des raisons de santé. (Un juge américain a par la suite ordonné son retour aux États-Unis, mais il n’est pas clair si l’ICE s’est conformée à cette décision).
Enfin, certains critiques estiment que ces accords pourraient être conçus pour contourner le droit américain ou international. Plus précisément, ils craignent que les expulsions vers des pays tiers ne conduisent ensuite à des renvois vers des États où les personnes concernées risquent des persécutions. Cette inquiétude est particulièrement forte pour les demandeurs d’asile qui pourraient finalement être renvoyés dans leur pays d’origine et exposés aux persécutions mêmes qu’ils avaient cherché à fuir. En février 2026, la minorité démocrate de la Commission des relations extérieures du Sénat a publié un rapport très critique sur cette pratique. Les auteurs ont souligné que la majorité des personnes expulsées vers des pays tiers par l’administration Trump bénéficiaient de protections ordonnées par les tribunaux. Le rapport cite notamment des cas d’immigrants protégés qui ont été envoyés au Ghana et en Guinée équatoriale avant d’être renvoyés par la suite dans leur pays d’origine. La juge saisie de ces affaires a déclaré dans sa décision :
« Ces actions semblent également s’inscrire dans un schéma plus large et dans un effort généralisé visant à contourner les obligations légales du gouvernement américain en faisant indirectement ce qu’il ne peut pas faire directement. »
Retrouvez régulièrement les éditos de Jeff Hawkins, ancien diplomate américain, chercheur associé à l’IRIS, pour ses Carnets d’un vétéran du State Department.
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01.06.2026 à 15:35
Coline Laroche
Depuis leur formalisation en 2009 par le Stockholm Resilience Centre, les limites planétaires constituent un cadre de référence pour analyser les perturbations anthropiques du système Terre. Elles désignent les seuils au-delà desquels les équilibres biophysiques cessent d’assurer des conditions stables et prévisibles pour les sociétés humaines. Parmi elles, l’intégrité de la biosphère occupe une place singulière. Contrairement à d’autres limites définies par des indicateurs physiques, la perte de biodiversité ne se réduit ni à un seuil unique ni à un signal global. Elle renvoie à l’érosion simultanée de la diversité du vivant et des fonctions écologiques qui en dépendent, fonctions pourtant essentielles à la stabilité des écosystèmes. Longtemps reléguée au second plan des priorités politiques en raison de cette complexité, la biodiversité constitue pourtant une limite d’interaction. Sa dégradation altère simultanément les régulations climatiques, hydrologiques, biogéochimiques et sanitaires, faisant du vivant une infrastructure fonctionnelle du système Terre.
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Depuis leur formalisation en 2009 par le Stockholm Resilience Centre, les limites planétaires constituent un cadre de référence pour analyser les perturbations anthropiques du système Terre. Elles désignent les seuils au-delà desquels les équilibres biophysiques cessent d’assurer des conditions stables et prévisibles pour les sociétés humaines.
Parmi elles, l’intégrité de la biosphère occupe une place singulière. Contrairement à d’autres limites définies par des indicateurs physiques, la perte de biodiversité ne se réduit ni à un seuil unique ni à un signal global. Elle renvoie à l’érosion simultanée de la diversité du vivant et des fonctions écologiques qui en dépendent, fonctions pourtant essentielles à la stabilité des écosystèmes.
Longtemps reléguée au second plan des priorités politiques en raison de cette complexité, la biodiversité constitue pourtant une limite d’interaction. Sa dégradation altère simultanément les régulations climatiques, hydrologiques, biogéochimiques et sanitaires, faisant du vivant une infrastructure fonctionnelle du système Terre.
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29.05.2026 à 12:48
stagiairedecomm@iris-france.org
La guerre en Iran a mobilisé les chaînes d’information permanentes. Les débats ont été abondants. Ont-ils vraiment aidé le public à s’informer et à comprendre ses enjeux ? Une réflexion est à mener sur la façon dont les médias ont traité ce conflit et les questions géopolitiques plus généralement. Dès le début du conflit avec les premières attaques israélo-américaines du 28 février 2026 sur le territoire iranien, un narratif pro-américain et pro-israélien – l’un expliquant d’ailleurs l’autre – s’est imposé. Le discours dominant était : oui, c’est la guerre, c’est malheureux, mais en même temps l’Iran est une dictature (ce qui est vrai), il faut donc libérer les Iraniens de la dictature des mollahs. C’est une guerre pour la bonne cause, une « guerre juste », le respect du droit international apparaissant comme une variable d’ajustement. Mais surtout, une guerre menée sans se soucier de la faisabilité du scénario rose vendu par Benyamin Netanyahou à Donald Trump : une guerre rapide décapitant le régime, provoquant un soulèvement iranien et l’établissement d’un régime démocratique, pacifique, et surtout pro-américain et pro-israélien. Ceux qui alertaient sur le caractère tout à fait irréaliste de ce scénario étaient alors traités de soutiens du régime iranien. Ils étaient de toutes façons très minoritaires. Un peu comme les alouettes dans le pâté de cheval et d’alouettes, leur présence ne change pas le goût général. Les voix dissonantes ont été rares. Très souvent elles ont été écartées comme étant en fait animées par des choix idéologiques condamnables. C’est le paradoxe. Ceux qui finalement ont prouvé que leur approche était réaliste et sérieuse ont été marginalisés par rapport à ceux qui avaient une approche idéologique beaucoup plus éloignée des réalités géopolitiques. Le choc des civilisations est en effet bien ancré chez la plupart des commentateurs qui ont une approche civilisationnelle. L’Occident, c’est le […]
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La guerre en Iran a mobilisé les chaînes d’information permanentes. Les débats ont été abondants. Ont-ils vraiment aidé le public à s’informer et à comprendre ses enjeux ? Une réflexion est à mener sur la façon dont les médias ont traité ce conflit et les questions géopolitiques plus généralement.
Dès le début du conflit avec les premières attaques israélo-américaines du 28 février 2026 sur le territoire iranien, un narratif pro-américain et pro-israélien – l’un expliquant d’ailleurs l’autre – s’est imposé. Le discours dominant était : oui, c’est la guerre, c’est malheureux, mais en même temps l’Iran est une dictature (ce qui est vrai), il faut donc libérer les Iraniens de la dictature des mollahs. C’est une guerre pour la bonne cause, une « guerre juste », le respect du droit international apparaissant comme une variable d’ajustement. Mais surtout, une guerre menée sans se soucier de la faisabilité du scénario rose vendu par Benyamin Netanyahou à Donald Trump : une guerre rapide décapitant le régime, provoquant un soulèvement iranien et l’établissement d’un régime démocratique, pacifique, et surtout pro-américain et pro-israélien. Ceux qui alertaient sur le caractère tout à fait irréaliste de ce scénario étaient alors traités de soutiens du régime iranien. Ils étaient de toutes façons très minoritaires. Un peu comme les alouettes dans le pâté de cheval et d’alouettes, leur présence ne change pas le goût général.
Les voix dissonantes ont été rares. Très souvent elles ont été écartées comme étant en fait animées par des choix idéologiques condamnables. C’est le paradoxe. Ceux qui finalement ont prouvé que leur approche était réaliste et sérieuse ont été marginalisés par rapport à ceux qui avaient une approche idéologique beaucoup plus éloignée des réalités géopolitiques. Le choc des civilisations est en effet bien ancré chez la plupart des commentateurs qui ont une approche civilisationnelle. L’Occident, c’est le bien. Il ne peut pas se tromper. Il faut être de son côté de l’Occident, quoi qu’il fasse. Les commentateurs sortent du même moule idéologique, ils ne se contredisent pas. Beaucoup vont aussi dans le même sens parce qu’ils ont peur, s’ils déviaient du sentiment majoritaire, d’être marginalisés, voire exclus. Il y a une assez grande unité à la fois sociologique et culturelle de la part des intervenants. Comme ils veulent garder leur rond de serviette quelle que soit leur croyance réelle, ils abondent dans le sens dominant. Et ceux qui viennent de minorités culturelles ou idéologiques ont plutôt intérêt à prendre le point de vue de la majorité s’ils veulent continuer à être invités.
Autre défaut inhérent aux chaînes d’information permanente : il faut commenter l’actualité la plus chaude sans toujours prendre du recul, sans garder de la hauteur pour analyser les événements, pour les resituer dans un contexte plus global en termes historiques et géopolitiques. Il y a un peu la tentation de commenter le fait du jour, de la minute, de l’heure.
Autre réalité, il y a une multiplication du nombre des chaînes, donc du nombre de débats ; au total ce sont au moins 200 personnes par jour qu’il faut convier pour nourrir tous ces plateaux. La bête de l’information permanente est très gourmande. Or, ces personnes ne peuvent être toutes compétentes pour traiter des sujets. Parfois, le remplissage l’emporte sur la connaissance. Souvent on préfère des gens qui peuvent se déplacer en plateau, plutôt qu’inviter en visio ceux qui ne peuvent être présent sur place. On est moins regardant sur le CV des invités parce qu’il faut que toutes les places autour du plateau soient remplies. La compétence réelle n’est donc pas toujours exigée.
Autre biais, certains viennent faire du plaidoyer, ou ont une cause à défendre et viennent sous couvert d’expertise plaider pour une cause. D’autres ont des titres bidons de professeurs. Ce n’est pas parce que vous avez une vacation à Sciences Po que vous êtes professeur à Sciences Po ou que vous êtes un véritable universitaire. Il y a des gens aussi qui inventent des structures qui n’ont pas d’existence réelle, qui ne sont pas des think tanks reconnus, ancrés dans le débat géopolitique. Il est très facile de créer une structure nominale au titre ronflant mais sans existence réelle.
Souvent, on fait parler des gens compétents sur un sujet, mais on les fait aussi parler sur d’autres. Est-ce que c’est tout à fait pertinent de faire parler du Proche-Orient à un spécialiste de la Russie ou de faire parler de la Chine un spécialiste du Proche-Orient ? Tout le monde n’est pas généraliste. Certains sont spécialistes de zones très précises, d’autres ont une approche plus globale. Mais souvent il faut remplir donc on prend un peu celui qui est présent car il a le mérite d’être là. S’il dit des choses qui ne sont pas tout à fait pertinentes, ça sera aussi vite oublié.
On pourrait aussi s’interroger sur le fait de présenter des gens comme experts en géopolitique et experts reconnus, alors qu’ils ne sont jamais à l’étranger, mais toujours en France, à Paris. Nombreux sont les spécialistes pour plateau télé, mais pour rien d’autres. Quelle est la crédibilité des invités qui ne sont jamais invités à l’étranger ? Quelle est la légitimé de celles et ceux qui n’ont pas de contacts avec leurs collègues ni ne sont des spécialistes reconnus par la profession en France comme à l’international ?
Les plateaux peuvent aussi être surpeuplés. Peut-on vraiment faire un débat articulé quand il y a six personnes en plus de l’animateur sur un plateau ? En fait, la tentation c’est la fragmentation. On n’a pas le temps de développer le raisonnement, on peut être coupé. On ferait certainement mieux en invitant moins de monde et leur laisser un peu plus de temps pour s’exprimer.
On nous a dit au début de la guerre d’Iran que tout allait bien se passer, or rien ne s’est passé comme le prévoyaient les faux spécialistes. On assiste à une impunité du mensonge. Tout le monde peut faire des erreurs si elles sont de bonne foi, mais on voit qu’il y a des fake news qui sont sciemment et volontairement répandues par certains en toute impunité. Celles et ceux qui nous ont dit en 2003 qu’il y avait des armes nucléaires en Irak et qu’il fallait faire la guerre pour empêcher que l’Irak se dote de l’arme nucléaire sont revenus nous dire la même chose sur l’Iran en 2026, 23 ans plus tard. Souvent les mêmes d’ailleurs.
Cette impunité du mensonge est regrettable et porte atteinte à la crédibilité des médias et à celles et ceux qui donnent la parole à ces faussaires. Les médias doivent réfléchir à leur crédibilité à long terme, à leur manière de remplir les plateaux sans trop s’interroger sur la façon dont ils le font qui ne fait que renforcer la méfiance grandissante du public à leur égard.
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