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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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01.07.2026 à 17:42

Mon combat sur Gaza. Avec Aymeric Caron

stagiairedecomm@iris-france.org

La guerre à Gaza a profondément marqué l’opinion publique, mais également suscité de fortes divisions au sein de la classe politique française. Si au début du conflit les responsables politiques ont affiché leur soutien à Israël, les prises de position ont progressivement évolué face au génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie. Cette guerre interroge également le silence de nombreux États, notamment la France, face aux violations du droit international par Israël, alors même que ces pays se revendiquent comme des défenseurs de ce droit. De même, le traitement médiatique de la question palestinienne fait l’objet de nombreux débats. La voix des Palestiniens est largement invisibilisée dans les médias, qu’ils soient publics ou privés, ce qui soulève des interrogations sur l’impartialité de l’information et le respect des principes déontologiques dans la couverture du conflit. Dans ce contexte, les réseaux sociaux apparaissent comme une source d’information alternative aux médias traditionnels, en permettant la diffusion d’images et de témoignages des populations sur le terrain. Dès lors, comment expliquer les profondes divergences d’opinions au sein de la société et de la classe politique françaises ? Que révèle la guerre à Gaza sur le traitement médiatique du conflit et sur les principes d’impartialité de la presse ? Les réseaux sociaux constituent-ils une véritable alternative aux médias traditionnels ? Dans ce podcast avec Aymeric Caron, ancien reporter et député Révolution écologique pour le vivant (REV) de Paris, revient sur son engagement politique à propos de la situation à Gaza.

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La guerre à Gaza a profondément marqué l’opinion publique, mais également suscité de fortes divisions au sein de la classe politique française. Si au début du conflit les responsables politiques ont affiché leur soutien à Israël, les prises de position ont progressivement évolué face au génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie. Cette guerre interroge également le silence de nombreux États, notamment la France, face aux violations du droit international par Israël, alors même que ces pays se revendiquent comme des défenseurs de ce droit. De même, le traitement médiatique de la question palestinienne fait l’objet de nombreux débats. La voix des Palestiniens est largement invisibilisée dans les médias, qu’ils soient publics ou privés, ce qui soulève des interrogations sur l’impartialité de l’information et le respect des principes déontologiques dans la couverture du conflit. Dans ce contexte, les réseaux sociaux apparaissent comme une source d’information alternative aux médias traditionnels, en permettant la diffusion d’images et de témoignages des populations sur le terrain.

Dès lors, comment expliquer les profondes divergences d’opinions au sein de la société et de la classe politique françaises ? Que révèle la guerre à Gaza sur le traitement médiatique du conflit et sur les principes d’impartialité de la presse ? Les réseaux sociaux constituent-ils une véritable alternative aux médias traditionnels ?

Dans ce podcast avec Aymeric Caron, ancien reporter et député Révolution écologique pour le vivant (REV) de Paris, revient sur son engagement politique à propos de la situation à Gaza.

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01.07.2026 à 15:55

Géopolitique des fruits et légumes

Déborah Yapi

Cet article est extrait de l’ouvrage Géopolitique des fruits et légumes (IRIS Éditions/Eyrolles Éditions, 2026), sous la direction de Sébastien Abis et d’Anaïs Marie. Ils sont présents dans notre quotidien, bons pour la santé et riches en couleurs. Ils bénéficient d’un grand capital sympathie. Fruits et légumes composent nos repas, structurent nos prises alimentaires et garnissent généreusement le panier des ouvrages traitant de cuisine ou de jardinage… De quoi en oublier, parfois, pour ne pas dire très souvent, leur dimension géopolitique. C’est donc ici l’objectif principal de ces pages : proposer une perspective longue et large relative aux fruits et légumes. Derrière le rappel de fondamentaux et le décryptage de tendances planétaires se dévoilent des dynamiques agricoles, climatiques, économiques, politiques et sociales qui peuvent surprendre le consommateur. Et donc le cueillir à froid. Plantons ici le décor avec quelques points de repère afin de vous inviter, par la suite, à croquer dans notre menu. Les fruits et légumes sont clés dans la sécurité alimentaire mondiale. Ils assurent 15 % des apports caloriques globaux, représentent 30 % de la production agricole mondiale et 12 % des terres agricoles cultivées, soit environ 200 millions d’hectares (Mha). Cela correspond à deux fois et demie la taille totale de la France métropolitaine, un confetti sur le globe. Néanmoins, ces surfaces augmentent : elles ont doublé en cinquante ans, atteignant 132 Mha pour les légumes (tubercules et racines compris) et 68 Mha pour les fruits. Alors que la population mondiale est passée de 4 milliards d’habitants à 8 milliards au cours du dernier demi-siècle, la demande en fruits et légumes a augmenté sur tous les continents. Plus de bouches à nourrir et une attractivité pour ces aliments en raison de leurs vertus nutritionnelles. Dans de nombreux pays, notamment les plus développés, les sociétés en veulent tout au […]

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Texte intégral (1076 mots)

Cet article est extrait de l’ouvrage Géopolitique des fruits et légumes (IRIS Éditions/Eyrolles Éditions, 2026), sous la direction de Sébastien Abis et d’Anaïs Marie.

Ils sont présents dans notre quotidien, bons pour la santé et riches en couleurs. Ils bénéficient d’un grand capital sympathie. Fruits et légumes composent nos repas, structurent nos prises alimentaires et garnissent généreusement le panier des ouvrages traitant de cuisine ou de jardinage… De quoi en oublier, parfois, pour ne pas dire très souvent, leur dimension géopolitique.

C’est donc ici l’objectif principal de ces pages : proposer une perspective longue et large relative aux fruits et légumes. Derrière le rappel de fondamentaux et le décryptage de tendances planétaires se dévoilent des dynamiques agricoles, climatiques, économiques, politiques et sociales qui peuvent surprendre le consommateur. Et donc le cueillir à froid. Plantons ici le décor avec quelques points de repère afin de vous inviter, par la suite, à croquer dans notre menu.

Les fruits et légumes sont clés dans la sécurité alimentaire mondiale. Ils assurent 15 % des apports caloriques globaux, représentent 30 % de la production agricole mondiale et 12 % des terres agricoles cultivées, soit environ 200 millions d’hectares (Mha). Cela correspond à deux fois et demie la taille totale de la France métropolitaine, un confetti sur le globe. Néanmoins, ces surfaces augmentent : elles ont doublé en cinquante ans, atteignant 132 Mha pour les légumes (tubercules et racines compris) et 68 Mha pour les fruits.

Alors que la population mondiale est passée de 4 milliards d’habitants à 8 milliards au cours du dernier demi-siècle, la demande en fruits et légumes a augmenté sur tous les continents. Plus de bouches à nourrir et une attractivité pour ces aliments en raison de leurs vertus nutritionnelles. Dans de nombreux pays, notamment les plus développés, les sociétés en veulent tout au long de l’année, indépendamment des saisons et des origines, la primauté étant donnée à la disponibilité sur les étals. Tous n’ont pas cette abondance. D’ailleurs, trois freins persistent à leur consommation universelle : des millions d’habitants doivent se contenter des récoltes locales, qui peuvent manquer fréquemment ; le prix des fruits et légumes limite parfois leur accessibilité ; la fraicheur de ces aliments reste complexe à garantir dans le temps ou dans des espaces dépourvus d’équipements de stockage performants.

Comme toujours en agriculture et dans l’alimentaire, la géographie s’exprime à plein régime. Les fruits et légumes sont doublement climatodépendants. Les conditions météorologiques conditionnent les volumes et la qualité des productions, mais aussi les pratiques de consommateurs, plus avides à végétaliser leur assiette en fonction des températures et de l’ensoleillement. Les fruits et légumes entrent aussi dans les verres, les pots ou les gourdes car boissons, yaourts ou compotes en raffolent. Retour sur Terre : dorénavant, environ 2 100 millions de tonnes (Mt) de légumes récoltés (tubercules et racines compris) et 950 Mt de fruits. C’est 3 fois plus qu’en 1975. Cela fait donc désormais 2 150 milliards de kilos par an. Nous convertissons, à dessein, pour que chacun puisse prendre la mesure du poids de ces productions. Blé, maïs et riz représentent ensemble 2 500 Mt si l’on compare les fruits et légumes avec les grandes céréales.

Qui sont les stars dans les champs ? Bananes avant tout, mais ensuite pastèques, pommes, raisins et oranges au rayon fruits. Oignons, concombres, choux, aubergines mais surtout tomates côté légumes. À l’échelle mondiale, ce sont les plus produits. Détour par la botanique pour expliquer nos choix. Tomates, concombres et avocats sont traités dans la partie fruits, car ils se développent après une fleur. Ce ne sont donc pas des légumes. Pour ces derniers, nous avons aussi intégré les tubercules, avec les pommes de terre et le manioc, deux cultures clés de l’alimentation mondiale. Les fruits et légumes sont aussi portés par la recherche génétique depuis des années, facteur déterminant dans l’accroissement des rendements et des variétés. Ils sont également au cœur du commerce, se positionnant même comme la catégorie de produits alimentaires la plus échangée au monde en valeur (230 milliards de dollars par an). Et pourtant, seuls 12 % des fruits et 6 % des légumes collectés sont internationalisés. Ces franchissements de frontières requièrent des infrastructures, des chaînes du froid, des transports multimodaux et des centres de distribution territoriaux. Entre marchés de gros, marchés de plein vent et supermarchés se font ensuite les courses.

Tous ces éléments, de la production à la consommation en passant par les différents maillons logistiques, industriels et sanitaires s’intègrent dans le paysage mondial des affaires internationales. Les capacités et les intentions des acteurs ne sont pas homogènes. États et entreprises rivalisent pour être compétitifs sur ce secteur stratégique des fruits et légumes. Bien plus qu’un segment marginal, il s’agit d’un domaine attractif pour les investisseurs puisque ces aliments cochent potentiellement toutes les cases de l’alimentation durable, saine et bonne. Ce serait aller trop vite en besogne, les situations étant plus complexes et plus tranchées que cela.

Mais, puisque l’on parle de travail, concluons cette mise en appétit par un rappel vital : sans femmes ni hommes dans le maraîchage et l’arboriculture, sans ces agriculteurs, ces agricultrices et ces entrepreneurs et entrepreneuses, dans la nature et dans les serres, point de fruits et de légumes sur nos tables. À moins d’une révolution robotique de grande ampleur ou d’un régime sévère collectif. La prospective géopolitique passe toujours par des voies inévitables et des scénarios contrastés.

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30.06.2026 à 18:16

Souveraineté européenne des paiements (2026-2035). De la dépendance structurelle à la construction d’une doctrine des paiements européenne

admn_iris

« Les paiements constituent une infrastructure critique du fonctionnement économique dont la continuité conditionne la fluidité des échanges commerciaux et financiers mondiaux. Ils représentent à ce titre un point de vulnérabilité structurelle pour les économies qui en dépendent. Cette fragilité est aujourd’hui exacerbée par un double phénomène : Dans ce contexte, la double concentration, tant sur les paiements de détail par carte, que sur les systèmes numériques associés, conduit à placer des fonctions critiques du système financier européen sous dépendance d’infrastructures soumises à des législations extraterritoriales étrangères. L’évolution récente de l’environnement géopolitique renforce ces enjeux de dépendance qui deviennent de potentiels leviers de pression ou de déstabilisation. La nouvelle administration états-unienne a en effet ravivé la perspective d’un usage agressif de la puissance technologique contre l’UE, y compris la possibilité d’« un switch numérique » capable d’affecter massivement le fonctionnement des infrastructures européennes. L’UE doit désormais intégrer un risque crédible de rupture, volontaire ou accidentelle, de chaînes technologiques essentielles susceptibles d’affecter directement la continuité de ses fonctions économiques et régaliennes… »

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Texte intégral (587 mots)

« Les paiements constituent une infrastructure critique du fonctionnement économique dont la continuité conditionne la fluidité des échanges commerciaux et financiers mondiaux. Ils représentent à ce titre un point de vulnérabilité structurelle pour les économies qui en dépendent. Cette fragilité est aujourd’hui exacerbée par un double phénomène :

  • D’une part, le marché des paiements de détail par carte se caractérise par une forte concentration autour de deux acteurs états-uniens, Visa et MasterCard, qui représentent 90 % des paiements transfrontaliers en Europe et près de 72 % de ceux de la zone euro. Cette concentration confère à ces acteurs une position duopolistique, exposant en conséquence l’économie européenne à un risque de dépendance critique. Toute coupure, contrainte technique ou mesure coercitive unilatérale (notamment à caractère extraterritorial) affectant ces réseaux serait susceptible d’entraîner des répercussions immédiates et significatives sur l’ensemble des flux économiques européens.
  • D’autre part, la numérisation massive de l’économie a profondément reconfiguré les chaînes de valeur, au prix d’une dépendance accrue de l’Union européenne (UE) à des infrastructures extra-européennes. Les fonctions essentielles de systèmes de paiement (cloud, interface de programmation – ou API -, dispositifs anti-fraudes, solution d’identité numérique) reposent désormais sur des acteurs numériques majoritairement états-uniens. À cet égard, près de 70 % du marché européen du cloud est détenu par trois hyperscalers états-uniens (AWS, Microsoft et Google), contre seulement 15 % pour l’ensemble de leurs équivalents européens. À moindre échelle, la Chine déploie également des centres de données en Europe. Ces implantations s’inscrivent dans un cadre juridique permettant aux autorités chinoises d’exiger l’accès aux données y compris lorsqu’elles sont hébergées à l’étranger ou détenues par des entreprises soumises à leur juridiction.

Dans ce contexte, la double concentration, tant sur les paiements de détail par carte, que sur les systèmes numériques associés, conduit à placer des fonctions critiques du système financier européen sous dépendance d’infrastructures soumises à des législations extraterritoriales étrangères. L’évolution récente de l’environnement géopolitique renforce ces enjeux de dépendance qui deviennent de potentiels leviers de pression ou de déstabilisation. La nouvelle administration états-unienne a en effet ravivé la perspective d’un usage agressif de la puissance technologique contre l’UE, y compris la possibilité d’« un switch numérique » capable d’affecter massivement le fonctionnement des infrastructures européennes. L’UE doit désormais intégrer un risque crédible de rupture, volontaire ou accidentelle, de chaînes technologiques essentielles susceptibles d’affecter directement la continuité de ses fonctions économiques et régaliennes… »

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