
26.08.2026 à 11:40
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Ce 29 août 2026, les Islandais sont appelés aux urnes pour un référendum sur la réouverture d’un processus d’adhésion à l’Union européenne (UE), interrompu depuis plus d’une décennie. Le scrutin est consultatif, même si le gouvernement s’est engagé à en respecter le résultat. Si le « oui » l’emporte, de nouvelles négociations seraient engagées et un accord final d’adhésion devrait ensuite être soumis aux Islandais. À quelques jours du vote, les sondages témoignent d’un pays profondément partagé, illustrant un dilemme de souveraineté et de puissance. Il s’agit aussi, en miroir, d’une potentielle réflexion stratégique à venir pour l’UE : est-elle capable de développer une nouvelle ambition maritime et halieutique si l’Islande intègre la Communauté ? Points de repère spatio-temporels Sur une carte, l’Islande semble périphérique, avec à peine moins d’un demi-million d’habitants sur cette île volcanique de l’Atlantique Nord. Mais sur une carte océanique, elle trouve davantage de centralité, avec une position charnière entre Europe, Amérique du Nord et Arctique. Tout le paradoxe géopolitique islandais est là : petite puissance terrestre et démographique, mais grande puissance maritime et halieutique. La Chine ne s’y trompe d’ailleurs pas, souhaitant placer des pions en Islande dans le cadre de sa stratégie des routes polaires de la soie. L’Islande est déjà profondément imbriquée dans l’espace européen. Membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949, elle appartient à l’Association européenne de libre-échange depuis 1970, à l’Espace économique européen (EEE) depuis 1994 et à l’espace Schengen depuis 2001. Elle applique ainsi une partie considérable des règles du marché intérieur européen et participe à de nombreux programmes sans être membre de l’UE. Son économie est également très connectée au continent. Cette proximité économique et institutionnelle rend parfois difficile à percevoir ce qui sépare encore véritablement Reykjavik de Bruxelles. Or, deux secteurs essentiels restent précisément à […]
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Ce 29 août 2026, les Islandais sont appelés aux urnes pour un référendum sur la réouverture d’un processus d’adhésion à l’Union européenne (UE), interrompu depuis plus d’une décennie. Le scrutin est consultatif, même si le gouvernement s’est engagé à en respecter le résultat. Si le « oui » l’emporte, de nouvelles négociations seraient engagées et un accord final d’adhésion devrait ensuite être soumis aux Islandais. À quelques jours du vote, les sondages témoignent d’un pays profondément partagé, illustrant un dilemme de souveraineté et de puissance. Il s’agit aussi, en miroir, d’une potentielle réflexion stratégique à venir pour l’UE : est-elle capable de développer une nouvelle ambition maritime et halieutique si l’Islande intègre la Communauté ?
Sur une carte, l’Islande semble périphérique, avec à peine moins d’un demi-million d’habitants sur cette île volcanique de l’Atlantique Nord. Mais sur une carte océanique, elle trouve davantage de centralité, avec une position charnière entre Europe, Amérique du Nord et Arctique. Tout le paradoxe géopolitique islandais est là : petite puissance terrestre et démographique, mais grande puissance maritime et halieutique. La Chine ne s’y trompe d’ailleurs pas, souhaitant placer des pions en Islande dans le cadre de sa stratégie des routes polaires de la soie.
L’Islande est déjà profondément imbriquée dans l’espace européen. Membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949, elle appartient à l’Association européenne de libre-échange depuis 1970, à l’Espace économique européen (EEE) depuis 1994 et à l’espace Schengen depuis 2001. Elle applique ainsi une partie considérable des règles du marché intérieur européen et participe à de nombreux programmes sans être membre de l’UE. Son économie est également très connectée au continent. Cette proximité économique et institutionnelle rend parfois difficile à percevoir ce qui sépare encore véritablement Reykjavik de Bruxelles.
Or, deux secteurs essentiels restent précisément à l’écart du fonctionnement ordinaire de l’EEE : l’agriculture et la pêche. Ce n’est évidemment pas anodin. L’une des singularités de l’Islande réside dans la place occupée par ses ressources naturelles et surtout marines. Sa prospérité, son histoire et une partie de son identité se sont construites autour de cette mer nourricière. L’Islande avait officiellement déposé sa candidature à l’UE en 2009, dans le contexte de la grave crise financière internationale, qui n’avait pas épargné le pays. Les négociations furent suspendues en 2013, avant que le processus ne soit abandonné en 2015. Parmi les principaux points de friction figurait déjà la pêche.
Plus d’une décennie après, le contexte global a changé, avec notamment ces velléités trumpiennes sur le Groenland qui perturbent les raisonnements islandais et modifient les enjeux dans l’Arctique pour l’UE. Or, si l’Islande et l’UE peuvent trouver de nouvelles raisons géopolitiques à se rapprocher, la pêche reste l’épine dorsale des divisions.
La pêche et l’aquaculture représentent environ 7 % du PIB, 5 % de l’emploi et près de 40 % des exportations islandaises de marchandises. Les captures atteignent en moyenne 1,4 million de tonnes par an, dont environ 710 000 tonnes d’espèces démersales – parmi lesquelles quelque 220 000 tonnes de morue – et 550 000 tonnes de poissons pélagiques comme le capelan, le maquereau ou le hareng. L’aquaculture progresse, notamment en saumon. Il faut dire que de nombreux pays de l’UE en raffolent (à commencer par la France) sans en produire sur leurs littoraux ou leurs sols.
Parler d’une éventuelle adhésion de l’Islande à l’Union européenne sans parler de poisson reviendrait presque à parler de l’Arabie saoudite sans évoquer le pétrole. Car la pêche islandaise n’est pas une activité économique périphérique qu’il faudrait maintenir artificiellement en vie. Au contraire, les Islandais en sont fiers et misent sur ce secteur. Ce dernier s’avère créateur de richesses, exportateur, performant et fortement intégré aux circuits mondiaux. Sa ressource sauvage – cabillaud, églefin, espèces pélagiques notamment – comme sa production aquacole sont très recherchées sur des marchés où la concurrence est mondiale. Les produits islandais sont largement présents sur le marché européen. Les opérateurs se sont adaptés au Brexit, avec notamment un redéploiement d’une partie des flux vers les Pays-Bas avant redistribution vers d’autres États membres. L’Islande dispose donc déjà du débouché européen sans appartenir à l’UE.
Entre les années 1950 et 1970, les fameuses « guerres de la morue » opposèrent l’Islande au Royaume-Uni autour de l’extension des zones de pêche islandaises. Reykjavik parvint progressivement à imposer son contrôle jusqu’à 200 milles nautiques de ses côtes. Pour cette micro-nation insulaire, la maîtrise de la mer et de ses ressources est ainsi devenue une manifestation particulièrement concrète de l’indépendance nationale. Cette mémoire demeure présente. Là où d’autres États pensent leur souveraineté d’abord à travers leurs frontières terrestres, l’Islande la pense aussi à travers ses poissons, ses quotas, ses navires et son espace maritime. Et c’est ici la tension majeure d’une éventuelle adhésion à l’UE : pour la pêche islandaise, l’intérêt à y entrer reste faible.
Pour Reykjavik, la question est d’abord celle de la souveraineté. L’Islande détermine largement ses règles de gestion des ressources halieutiques et défend jalousement le contrôle de ses stocks, de ses quotas et de l’accès à ses eaux. Une éventuelle adhésion obligerait pourtant l’Islande à négocier son intégration à la politique commune de la pêche (PCP). Les modalités feraient évidemment l’objet de discussions, mais le principe est politiquement explosif : pourquoi transférer une partie de sa capacité de décision à Bruxelles sur une ressource considérée comme nationale, stratégique et particulièrement bien valorisée ? Pourquoi modifier un modèle qui fonctionne, accepter davantage de règles communes et renoncer à une partie d’autonomie alors que l’accès au marché européen existe déjà ? Si pour Bruxelles, la pêche pourrait constituer l’une des raisons de vouloir l’Islande dans l’Union, pour une partie du secteur halieutique islandais, elle constitue précisément l’une des meilleures raisons de rester dehors.
Soyons réalistes : la PCP ne fait pas rêver Reykjavik. Cette évaluation est d’autant plus légitime que la pêche européenne traverse elle-même de fortes tensions et que l’UE peine à définir un cap clair en matière de stratégie halieutique. Rappelons ici que les produits de la mer font partie des plus grandes dépendances alimentaires dans la majorité des pays de l’UE. Cela vaut pour la France, grande puissance bleue, sauf dans l’assiette. Depuis plusieurs décennies, la PCP cherche à concilier trois impératifs : exploiter économiquement les ressources, assurer le renouvellement des stocks et protéger les écosystèmes marins. Quotas, limitations de l’effort de pêche, contraintes pesant sur les capacités des flottes (coût de l’énergie, vieillissement des professionnels, etc.), développement des aires marines protégées et multiplication des normes environnementales alimentent chez une partie des pêcheurs européens le sentiment d’un espace halieutique qui se rétrécit. La flotte européenne diminue et sa vétuste inquiète. Certains armateurs connaissent de sérieuses difficultés économiques, d’autant que la compétition internationale s’est intensifiée.
L’UE veut protéger ses zones maritimes, mais elle importe donc massivement les produits de la mer qu’elle consomme. Réduire la pression de pêche dans les eaux européennes peut produire un bénéfice environnemental local. Mais si la consommation demeure et si elle est satisfaite par davantage d’importations, la pression productive ne disparaît pas nécessairement. Elle peut aussi être déplacée vers d’autres mers. La question ne serait-elle pas de déterminer comment l’Europe peut simultanément préserver ses ressources et préserver sa capacité à produire ? Cela pourrait être le narratif islandais, d’autant que l’on voit mal ce pays ne pas rester une puissance halieutique quand bien même l’adhésion à l’UE se profilerait. Dit autrement, Reykjavik pourrait-elle faire évoluer la PCP et la vision halieutique de l’UE ?
Le Brexit a rétréci l’Europe maritime, l’Islande pourrait l’agrandir. La sortie du Royaume-Uni en 2020 a accéléré les problématiques pour les pêcheries européennes. L’hypothèse d’une intégration de l’Islande dans l’UE pourrait rebattre les cartes, une décennie plus tard. La zone économique exclusive islandaise représente environ 758 000 km². Son adhésion accroîtrait donc considérablement l’espace maritime relevant d’un État membre de l’UE. Les captures islandaises représentent à elles seules l’équivalent d’environ 30 % des volumes actuellement pêchés par l’UE27. Avec l’Islande, l’UE réaliserait 5 % des captures mondiales.
Aujourd’hui, l’Islande est simultanément partenaire et redoutable concurrent halieutique de l’Union européenne. Sa flotte est productive, son expertise scientifique reconnue, son industrie de transformation performante et son système de gestion des ressources fortement structuré. Avec la Norvège, elle illustre une forme de puissance halieutique nordique fondée sur l’association entre ressources, technologie, efficacité des flottes et gestion des stocks. Tant qu’elle reste extérieure à l’UE, cette puissance s’exerce en partie face à elle : compétition commerciale, négociations sur les stocks partagés, accès aux marchés, quotas et rapports de force autour des espèces migratoires. Mais l’adhésion changerait la perspective. L’Islande intégrée pourrait devenir une contributrice majeure à la capacité halieutique et alimentaire européenne. À une condition cependant : que l’UE souhaite redevenir une puissance halieutique et s’assume comme protagoniste sur les affaires maritimes de l’Arctique.
C’est là que le référendum islandais devient un débat européen si le oui l’emporte le 28 août et si le processus d’adhésion s’en trouve relancé. L’UE transformera l’Islande, mais l’Islande pourrait aussi faire évoluer l’Europe halieutique. Il ne s’agirait évidemment pas de revenir sur la nécessité d’une gestion durable des ressources. Une puissance halieutique ne peut l’être durablement qu’en préservant le capital biologique sur lequel elle repose. Mais soutenabilité et puissance ne sont pas nécessairement contradictoires.
Sous cet angle, un parallèle peut être esquissé avec l’Ukraine agricole, qui apporterait des forces considérables à l’UE dans ce secteur en cas d’adhésion de Kiev demain, si et seulement si une vision géopolitique et géoéconomique s’exprime. Sans cela, l’agriculture constituera le dossier le plus explosif et le plus fracturant du dialogue euro-ukrainien. Les situations sont évidemment très différentes par leur taille, leur histoire et leur contexte géopolitique. Mais elles interrogent toutes deux la manière dont l’Union envisage ses futurs élargissements Ukraine et Islande posent ainsi, chacune dans leur domaine, une même question à Bruxelles : l’élargissement consiste-t-il seulement à étendre un espace juridique et réglementaire, ou peut-il aussi servir à agréger de nouvelles capacités de puissance ?
Ajoutons une brique aux réflexions précédentes. La question euro-islandaise devient encore plus stratégique avec le changement climatique. Le réchauffement des eaux modifie progressivement la répartition géographique de certaines espèces. Les stocks évoluent, migrent ou deviennent plus variables. Certaines espèces apparaissent davantage dans certaines zones tandis qu’elles en délaissent d’autres. La géographie de la pêche n’est donc pas immuable. Les tensions observées autour du maquereau entre l’Islande, les îles Féroé, la Norvège et l’UE en fournissent une illustration. Elles pourraient préfigurer d’autres controverses à mesure que le changement climatique transforme les écosystèmes de l’Atlantique Nord. Un poisson qui change de latitude peut déplacer de la valeur économique, chambouler des quotas et durcir des discussions diplomatiques. La gouvernance halieutique devient ainsi une forme de géopolitique climatique. Elle oblige les États côtiers à négocier simultanément la conservation de ressources mobiles, l’accès aux zones de pêche et le partage de la richesse qu’elles génèrent. Cette évolution renforce mécaniquement la valeur stratégique des États disposant à la fois d’importants espaces maritimes, d’une expertise scientifique reconnue et d’une industrie halieutique performante. L’Islande réunit précisément ces trois caractéristiques.
La mer pousse l’Islande à préserver son autonomie ; la géopolitique peut la pousser vers l’UE. Contrairement à la Norvège, l’Islande ne dispose pas de la même profondeur financière et énergétique pour absorber les chocs d’un environnement international plus incertain. Dans un monde où les rapports de force reviennent au premier plan, la petite taille démographique peut redevenir une vulnérabilité. La campagne référendaire conduit naturellement les Islandais à s’interroger sur ce que l’UE pourrait leur apporter : sécurité, influence politique, stabilité économique ou perspective d’intégration monétaire. La dynamique géopolitique en Arctique pousse au rapprochement avec l’UE. Mais la souveraineté halieutique les invite à la prudence. Mais il convient de poser aussi la question de ce que gagnerait l’UE avec l’Islande. Dans cette perspective, le sujet halieutique, avec ses composantes spatio-maritimes et économico-alimentaires, est inévitable.
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25.08.2026 à 17:10
Déborah Yapi
Iran, Chine, Canada, CPI, Ukraine, Gaza, climat… Pour cette rentrée, les fronts géopolitiques se multiplient et Donald Trump se retrouve, une nouvelle fois, au centre de la plupart d’entre eux. Sa stratégie de guerre économique totale contre l’Iran peut-elle fonctionner face à la Chine ? Le Canada ouvre-t-il la voie à une résistance plus ferme aux exigences américaines ? Jusqu’où ira l’offensive de Washington contre la Cour pénale internationale ? Et que reste-t-il des promesses de Donald Trump de mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza ? Mon analyse de cette rentrée géopolitique.
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Iran, Chine, Canada, CPI, Ukraine, Gaza, climat… Pour cette rentrée, les fronts géopolitiques se multiplient et Donald Trump se retrouve, une nouvelle fois, au centre de la plupart d’entre eux. Sa stratégie de guerre économique totale contre l’Iran peut-elle fonctionner face à la Chine ? Le Canada ouvre-t-il la voie à une résistance plus ferme aux exigences américaines ? Jusqu’où ira l’offensive de Washington contre la Cour pénale internationale ? Et que reste-t-il des promesses de Donald Trump de mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza ? Mon analyse de cette rentrée géopolitique.
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13.08.2026 à 15:20
Coline Laroche
Cette note a été initialement publiée en anglais sur le site du Sejong Institute sous la forme d’un Sejong Focus le 21 avril 2026. Elle a été traduite en français par son auteur et légèrement remaniée. Elle s’inscrit dans la perspective de la visite du président sud-coréen Lee Jae-myung en France les 7 et 8 septembre 2026 avec le souhait d’approfondir la coopération stratégique entre les deux pays dans un domaine structurant. À l’occasion du sommet franco-coréen du 3 avril 2026, les relations entre les deux pays ont été rehaussées au rang de « partenariat stratégique global », et un mémorandum d’entente (Memorandum of Understanding – MoU) de coopération globale sur l’ensemble du cycle du combustible nucléaire a été signé entre Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) et Orano, l’entreprise publique française du cycle du combustible. Ce MoU se concentre toutefois essentiellement sur la construction de nouveaux réacteurs et la coopération en matière d’approvisionnement en combustible, sans aborder, à ce stade, la question du retraitement du combustible usé comme enjeu central. Cela étant, le simple fait qu’un cadre institutionnel de coopération nucléaire franco-coréenne ait été établi ouvre une fenêtre politique favorable à l’engagement de véritables discussions sur l’aval du cycle (l’ensemble des opérations de gestion du combustible après son utilisation en réacteur : entreposage, retraitement, stockage définitif), y compris le combustible usé. Le présent article analyse les possibilités et les conditions d’une telle coopération et propose une feuille de route stratégique réaliste.
L’article La crise de l’entreposage du combustible nucléaire usé en Corée et l’alerte pour 2030 est apparu en premier sur IRIS.
Cette note a été initialement publiée en anglais sur le site du Sejong Institute sous la forme d’un Sejong Focus le 21 avril 2026. Elle a été traduite en français par son auteur et légèrement remaniée. Elle s’inscrit dans la perspective de la visite du président sud-coréen Lee Jae-myung en France les 7 et 8 septembre 2026 avec le souhait d’approfondir la coopération stratégique entre les deux pays dans un domaine structurant.
À l’occasion du sommet franco-coréen du 3 avril 2026, les relations entre les deux pays ont été rehaussées au rang de « partenariat stratégique global », et un mémorandum d’entente (Memorandum of Understanding – MoU) de coopération globale sur l’ensemble du cycle du combustible nucléaire a été signé entre Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) et Orano, l’entreprise publique française du cycle du combustible. Ce MoU se concentre toutefois essentiellement sur la construction de nouveaux réacteurs et la coopération en matière d’approvisionnement en combustible, sans aborder, à ce stade, la question du retraitement du combustible usé comme enjeu central. Cela étant, le simple fait qu’un cadre institutionnel de coopération nucléaire franco-coréenne ait été établi ouvre une fenêtre politique favorable à l’engagement de véritables discussions sur l’aval du cycle (l’ensemble des opérations de gestion du combustible après son utilisation en réacteur : entreposage, retraitement, stockage définitif), y compris le combustible usé. Le présent article analyse les possibilités et les conditions d’une telle coopération et propose une feuille de route stratégique réaliste.
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