
15.07.2026 à 12:37
stagiairedecomm@iris-france.org
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les divergences entre les États-Unis et les pays européens ne cessent de s’accentuer, au point de remettre en question l’existence d’un monde occidental uni autour de valeurs communes. Le droit international constitue l’un des principaux points de rupture. Les récentes attaques de Marco Rubio contre la Cour pénale internationale marquent, à cet égard, une étape supplémentaire dans la croisade états-unienne à l’encontre de l’institution. Les désaccords transatlantiques autour de la CPI ne sont pas nouveaux. Dès l’adoption du Statut de Rome, en 1998, les États-Unis de Bill Clinton avaient choisi de rester en dehors de cette juridiction. Mais la confrontation s’est considérablement durcie après la délivrance de mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. Washington a alors pris des sanctions contre des responsables de la Cour, traités comme s’ils étaient eux-mêmes des criminels. Marco Rubio souhaite désormais aller plus loin et ne cache plus sa volonté de voir disparaître la CPI. Il présente la Cour comme la « bête noire » des États-Unis et affirme que « la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays à coup de statuts ». En évoquant avec mépris « ce qu’on appelle le droit international », il ne se contente plus de contester certaines décisions de la Cour : il remet en cause le principe même d’une justice internationale. L’administration américaine entend ainsi pousser les États signataires du Statut de Rome à se retirer de la CPI. Cette offensive traduit une volonté de revenir à un ordre international dominé par les rapports de force et la loi du plus puissant. Les Européens se retrouvent face à un choix déterminant : défendre les principes et les institutions qu’ils affirment soutenir, au risque de s’opposer frontalement à Washington, […]
L’article Rubio : feu à volonté sur la Cour pénale internationale est apparu en premier sur IRIS.
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les divergences entre les États-Unis et les pays européens ne cessent de s’accentuer, au point de remettre en question l’existence d’un monde occidental uni autour de valeurs communes. Le droit international constitue l’un des principaux points de rupture. Les récentes attaques de Marco Rubio contre la Cour pénale internationale marquent, à cet égard, une étape supplémentaire dans la croisade états-unienne à l’encontre de l’institution.
Les désaccords transatlantiques autour de la CPI ne sont pas nouveaux. Dès l’adoption du Statut de Rome, en 1998, les États-Unis de Bill Clinton avaient choisi de rester en dehors de cette juridiction. Mais la confrontation s’est considérablement durcie après la délivrance de mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. Washington a alors pris des sanctions contre des responsables de la Cour, traités comme s’ils étaient eux-mêmes des criminels.
Marco Rubio souhaite désormais aller plus loin et ne cache plus sa volonté de voir disparaître la CPI. Il présente la Cour comme la « bête noire » des États-Unis et affirme que « la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays à coup de statuts ». En évoquant avec mépris « ce qu’on appelle le droit international », il ne se contente plus de contester certaines décisions de la Cour : il remet en cause le principe même d’une justice internationale.
L’administration américaine entend ainsi pousser les États signataires du Statut de Rome à se retirer de la CPI. Cette offensive traduit une volonté de revenir à un ordre international dominé par les rapports de force et la loi du plus puissant.
Les Européens se retrouvent face à un choix déterminant : défendre les principes et les institutions qu’ils affirment soutenir, au risque de s’opposer frontalement à Washington, ou y renoncer pour préserver la protection et les financements américains. Au-delà de l’avenir de la CPI, c’est la crédibilité internationale de l’Europe qui est en jeu.
Mon analyse dans cette vidéo.
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14.07.2026 à 00:00
Coline Laroche
L’étude du continent africain ne se résume pas à celle des 55 États qui le composent. Dans son ouvrage, Patrick Ferras étudie l’Afrique à travers différentes échelles et analyse l’évolution des organisations qui la composent, afin de mieux comprendre les dynamiques du continent. L’Afrique connaît une forte croissance démographique et dispose d’importantes ressources naturelles, qui représentent de véritables leviers de développement. À travers l’Union africaine et des initiatives comme l’Agenda 2063, les États africains cherchent à répondre aux enjeux sécuritaires, tout en renforçant leur intégration et leur poids économique, politique et diplomatique sur la scène internationale. Quels sont les principaux défis géographique et démographique du continent ? Quel rôle l’Union africaine joue-t-elle sur la scène internationale et en quoi l’Agenda 2063 illustre-t-il la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ? Comment renforcer l’intégration économique régionale ? Enfin, quelle est l’action de l’Union africaine face aux enjeux sécuritaires en Afrique ? Le point avec Patrick Ferras, enseignant à IRIS Sup’ et président de l’association stratégies africaines, à l’occasion de la parution de son ouvrage Afrique = Union africaine + 55 États (2026). En quoi la géographie et la démographie du continent africain constituent-elles des opportunités, mais également des vulnérabilités pour son développement ? La géographie et la démographie du continent représentent un potentiel important, mais sa valorisation peine à être concrétisée. L’immensité et la diversité des ressources du continent (cobalt, terres rares, hydroélectricité…) sont de réelles opportunités et donnent à l’Afrique une valeur stratégique importante. Néanmoins, le faible nombre d’infrastructures de transport et d’énergie est une contrainte qui affecte de très nombreux États, et plus particulièrement les États enclavés. L’intégration régionale peut apporter une solution à ces nombreux obstacles, mais elle reste encore peu développée. Si la démographie est un atout pour certains économistes (en termes de main-d’œuvre ou de […]
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L’étude du continent africain ne se résume pas à celle des 55 États qui le composent. Dans son ouvrage, Patrick Ferras étudie l’Afrique à travers différentes échelles et analyse l’évolution des organisations qui la composent, afin de mieux comprendre les dynamiques du continent. L’Afrique connaît une forte croissance démographique et dispose d’importantes ressources naturelles, qui représentent de véritables leviers de développement. À travers l’Union africaine et des initiatives comme l’Agenda 2063, les États africains cherchent à répondre aux enjeux sécuritaires, tout en renforçant leur intégration et leur poids économique, politique et diplomatique sur la scène internationale.
Quels sont les principaux défis géographique et démographique du continent ? Quel rôle l’Union africaine joue-t-elle sur la scène internationale et en quoi l’Agenda 2063 illustre-t-il la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ? Comment renforcer l’intégration économique régionale ? Enfin, quelle est l’action de l’Union africaine face aux enjeux sécuritaires en Afrique ? Le point avec Patrick Ferras, enseignant à IRIS Sup’ et président de l’association stratégies africaines, à l’occasion de la parution de son ouvrage Afrique = Union africaine + 55 États (2026).
En quoi la géographie et la démographie du continent africain constituent-elles des opportunités, mais également des vulnérabilités pour son développement ?
La géographie et la démographie du continent représentent un potentiel important, mais sa valorisation peine à être concrétisée.
L’immensité et la diversité des ressources du continent (cobalt, terres rares, hydroélectricité…) sont de réelles opportunités et donnent à l’Afrique une valeur stratégique importante. Néanmoins, le faible nombre d’infrastructures de transport et d’énergie est une contrainte qui affecte de très nombreux États, et plus particulièrement les États enclavés. L’intégration régionale peut apporter une solution à ces nombreux obstacles, mais elle reste encore peu développée.
Si la démographie est un atout pour certains économistes (en termes de main-d’œuvre ou de jeunesse par exemple) et pourrait être un dividende, elle reste tributaire de systèmes éducatifs peu développés et de structures de santé insuffisantes. 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050 représentent un potentiel important, mais cela devra s’accompagner d’un investissement massif dans l’emploi.
Le développement du continent sera lié à la réduction de l’écart entre le potentiel de la géographie et de la démographie et sa valorisation effective.
Quelle est la place de l’Union africaine sur la scène internationale et quels sont les défis internes auxquels elle fait face ? En quoi les objectifs de l’Agenda 2063 traduisent-ils la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ?
La montée en puissance de l’Union africaine comme acteur diplomatique reconnu s’affirme depuis quelques années. Elle est devenue incontournable pour représenter le continent et siège au G20 depuis 2023. Elle enchaîne les sommets avec de très nombreux bailleurs (Union européenne, Chine, États-Unis, Japon, France…). Ses deux « bras armés », la Commission et le Conseil de paix et de sécurité, portent la voix du continent sur des enjeux globaux et sécuritaires.
Les défis restent néanmoins importants. Le financement de son budget est assuré à 60 % par des partenaires extérieurs. Comme toute union, elle est sujette aux intérêts nationaux divergents, mais aussi aux rivalités régionales (communautés économiques régionales (CER)[1]) qui l’affaiblissent. La gestion des crises majeures, qui impliquent 21 États africains, demeure le point faible de l’organisation africaine. Son poids institutionnel reste encore modeste face aux grandes puissances et aux institutions financières internationales.
L’Agenda 2063, est révélateur de la volonté des acteurs africains de penser l’avenir de leur continent. Cette ambition se heurte à plusieurs difficultés :
En résumé, l’Agenda 2063 traduit clairement une ambition de peser davantage. Il revendique une Afrique « influente, unie et forte » et la volonté d’être un acteur des relations internationales.
Quels sont les principaux moteurs de la croissance économique en Afrique ? Dans quelle mesure les communautés économiques régionales (CER) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) contribuent-elles à renforcer l’intégration économique sur le continent africain ?
Les principaux moteurs de la croissance économique en Afrique sont les ressources naturelles, la démographie, les investissements directs étrangers (IDE) et le potentiel de l’agriculture. S’y ajoutent le potentiel des services et de la consommation intérieure.
L’intégration économique s’est construite par la montée en puissance de huit communautés économiques régionales majeures. Si elles ont permis des avancées réelles, la différence de niveau d’intégration au sein des CER est importante et ne facilite pas l’intégration du continent. De surcroît, la possibilité pour un État d’appartenir à plusieurs CER (fragmentées et inégales) complique l’intégration. En 2019, la Zone de libre-échange continentale africaine est créée. Elle réunit 54 États[2]. Seule l’Érythrée n’a pas adhéré à cette initiative économique majeure. Les objectifs sont l’augmentation du commerce intra-africain et une meilleure attractivité pour les investisseurs. Mais la mise en œuvre de la ZLECA reste lente et a été très ralentie par la pandémie de Covid-19 et les crises internationales qui se succèdent. Le manque d’infrastructures de transport participe à cette difficile mise en œuvre. L’affirmation de résultats positifs de la ZLECA prendra de nombreuses années. La question qui demeure posée pourrait être la suivante : quel sera l’avenir des CER lorsque la ZLECA sera pleinement opérationnelle ? Le mille-feuille des organisations économiques ne gagnerait-il pas à être réduit ?
Quels sont les principaux enjeux sécuritaires auxquels sont confrontés les États africains ? Quel rôle joue l’Union africaine dans la résolution des crises ? Quelles actions pourraient être mises en place pour renforcer la stabilité du continent ?
Ving-et-un États africains sont confrontés à une crise ou un conflit majeur (coups d’État, guerres civiles, terrorisme ou extrémisme violent). La criminalité organisée et les tensions liées aux ressources et au climat sont aussi des enjeux sécuritaires majeurs.
Dès le mois de février 2004, l’Union africaine s’est dotée d’une politique commune de défense et de sécurité. Deux principes fondamentaux sont à mettre en relief : la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, mais l’UA se réserve le droit d’intervenir en cas de crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre l’humanité.
Un des programmes majeurs de l’UA réside dans l’Architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS). Elle s’articule principalement autour du Conseil de paix et de sécurité (CPS), appuyé par la Commission de l’Union africaine. Seul le CPS peut autoriser des missions de soutien à la paix, imposer des sanctions, prendre des initiatives et des actions en réponse à des conflits éventuels ou réels. Il est composé de 15 membres, siégeant pour deux ou trois ans. Quatre outils sont importants au sein de l’AAPS : la Force africaine en attente (intervention), le Groupe des sages (médiation), le Système continental d’alerte rapide (information) et le Fonds pour la paix (financement).
L’AAPS demeure ralentie par le manque de moyens financiers et la rivalité décisionnelle entre le niveau continental et celui des CER.
L’Agenda 2063 reste une feuille de route intéressante. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité du terrain reste important. L’intégration économique continentale, comme l’unité politique, ne pourront se réaliser qu’avec l’application du principe de base de la renaissance africaine : « Faire taire les armes en 2030 ».
[1] Elles sont au nombre de huit : la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).
[2] Qui représentent un potentiel d’environ 1.5 milliard de consommateurs.
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13.07.2026 à 12:05
stagiairedecomm@iris-france.org
Le match de demi-finale de la Coupe du monde 2026, qui opposera l’Argentine à l’Angleterre mercredi 15 juillet, s’inscrit comme un nouveau chapitre d’une rivalité unique, où sport et géopolitique s’entremêlent depuis soixante ans. De la polémique arbitrale de 1966, où l’Argentine se sent lésée par un arbitrage perçu comme partial, à la guerre des Malouines en 1982, qui creuse un fossé politique entre les deux nations, chaque affrontement a dépassé le cadre sportif. Puis, en 1986 : la « Main de Dieu » et le « But du Siècle » de Maradona transforment un simple quart de finale en acte de résistance symbolique, où le football devient l’arme d’une revanche historique. Pourquoi cette rivalité, plus qu’une autre, cristallise-t-elle autant de passions et de tensions ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Le match de demi-finale de la Coupe du monde 2026, qui opposera l’Argentine à l’Angleterre mercredi 15 juillet, s’inscrit comme un nouveau chapitre d’une rivalité unique, où sport et géopolitique s’entremêlent depuis soixante ans.
De la polémique arbitrale de 1966, où l’Argentine se sent lésée par un arbitrage perçu comme partial, à la guerre des Malouines en 1982, qui creuse un fossé politique entre les deux nations, chaque affrontement a dépassé le cadre sportif. Puis, en 1986 : la « Main de Dieu » et le « But du Siècle » de Maradona transforment un simple quart de finale en acte de résistance symbolique, où le football devient l’arme d’une revanche historique.
Pourquoi cette rivalité, plus qu’une autre, cristallise-t-elle autant de passions et de tensions ? Mon analyse dans cette vidéo.
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