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11:14 Ukraine   Zelensky accuse Moscou d'avoir utilisé des missiles nord-coréens dans des frappes meurtrières

Le président Volodymyr Zelensky a accusé mardi Moscou d'avoir utilisé des missiles balistiques nord-coréens lors de frappes nocturnes sur la ville de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, qui ont fait au moins six morts. « La ville a été frappée par des missiles balistiques nord-coréens, des (missiles russes) Zircon et des bombes aériennes guidées », a déclaré M. Zelensky sur X, sans étayer ses accusations, dénonçant une « attaque brutale, conçue pour infliger un maximum de dégâts ».

Selon les autorités mardi matin, au moins neuf personnes ont été tuées au total lors d'une nouvelle nuit de bombardements russes sur l'Ukraine. Ces attaques interviennent alors que Volodymyr Zelensky avait affirmé la veille que la Russie se préparait à déployer davantage de soldats nord-coréens sur son territoire et avait reçu de nouveaux missiles balistiques en provenance de Pyongyang.

La Corée du Nord est un allié de la Russie et les relations entre les deux pays se sont renforcées depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. Moscou et Pyongyang ont conclu un accord de défense en 2024 et des milliers de soldats nord-coréens avaient participé aux combats contre les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk en 2024-2025.

L'Ukraine a déjà accusé la Russie par le passé d'utiliser des armes de fabrication nord-coréenne. Le week-end dernier, Volodymyr Zelensky avait appelé la Corée du Sud à soutenir et coopérer avec l'Ukraine, notamment en matière de systèmes de défense anti-aérienne.

Dans la grande ville de Zaporijjia, « six personnes ont été tuées et 19 ont été blessées », a écrit sur Telegram le chef de l'administration militaire régionale, Ivan Fedorov, rehaussant le bilan auparavant de cinq morts. D'après le responsable, l'armée russe a procédé à une frappe « massive » de missiles et de bombes aériennes guidées, endommageant des immeubles d'appartements et des bâtiments non-résidentiels.

Précédemment, il avait diffusé une image de voiture totalement détruite par les flammes et évoqué des attaques contre des infrastructures industrielles. L'armée russe a aussi lancé une attaque de drones et d'artillerie contre cinq districts de la région de Dnipropetrovsk (centre-est), a rapporté le chef de l'administration militaire locale. « Trois personnes ont été tuées », dont un adolescent de 15 ans, a détaillé Oleksandre Ganja sur Telegram, faisant également état de cinq blessés.

Explosions à Kiev

A Kiev, une série d'explosions ont retenti mardi peu après 00H00 (21H00 GMT lundi), ont constaté des journalistes de l'AFP, après une alerte aux missiles. Un incendie s'est déclaré dans un entrepôt, et un blessé a été recensé, ont rapporté les services d'urgence. Le ministère russe de la Défense a revendiqué sur la plateforme Max des attaques « visant des entreprises du secteur militaro-industriel et des centres de transport et de logistique dans les villes de Kiev et de Zaporijjia ».

Moscou a intensifié ces dernières semaines ses frappes de missiles balistiques, que seuls certains systèmes de défense antiaérienne, dont les Patriot américains, sont capables d'intercepter. La pénurie de missiles intercepteurs PAC-3 destinés à ces batteries s'est aggravée depuis la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran fin février.

En parallèle, l'Ukraine multiplie les frappes contre des villes russes, à l'image de la nuit de lundi à mardi: une attaque de drone a tué un homme de 49 ans dans la région de Voronej (ouest de la Russie), après la chute de débris, a indiqué Alexandre Goussev, son gouverneur.

Deux autres personnes ont été blessées et hospitalisées. La frappe a touché un centre logistique mais aussi des entrepôts « appartenant à une grande entreprise », a-t-il écrit.

La veille, au moins 13 personnes avaient été tuées et une quarantaine d'autres blessées dans une frappe ukrainienne au Tatarstan, dans le centre de la Russie, l'une des attaques les plus meurtrières survenues sur le territoire russe depuis 2022.

Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la diplomatie est au point mort et les deux pays font monter en puissance leurs frappes à longue portée. Ces frappes ciblent quasi quotidiennement des sites énergétiques, logistiques, portuaires ou de transport, faisant un nombre croissant de victimes civiles.

10:39 Libye   Un attentat à la voiture piégée tue le chef du renseignement militaire de l'Est libyen

Le chef du renseignement militaire de l’Armée nationale libyenne de l’Est a été tué lundi lorsqu’un engin explosif a détoné dans sa voiture devant son domicile, dans le quartier de Hawari à Benghazi, ont rapporté à Reuters deux sources sécuritaires. Le brigadier Fowzi Mansouri a été tué dans l’explosion survenue en soirée, ont indiqué les sources, sous couvert d’anonymat. Elles n’ont pas précisé qui était responsable de l’attaque ni donné davantage de détails sur l’engin utilisé.

L’assassinat met en lumière la persistance des défis en matière de sécurité en Libye, où des administrations rivales et des groupes armés continuent d’exercer leur influence malgré un cessez-le-feu instauré en 2020 ayant mis fin aux principaux combats. La Libye est divisée depuis 2014 entre des factions rivales de l’Est et de l’Ouest, à la suite du soulèvement soutenu par l’OTAN en 2011 qui a renversé le dirigeant de longue date Mouammar Kadhafi. L’Armée nationale libyenne, dirigée par le commandant militaire Khalifa Haftar, contrôle une grande partie de l’Est et du Sud du pays. Elle est alliée aux autorités basées à Benghazi, tandis que le Gouvernement d’union nationale, reconnu par la communauté internationale, siège à Tripoli et contrôle l’essentiel de la région occidentale.

*Cet article est une traduction d'une information publiée en anglais par Reuters.

10:35 Syrie   Le retour de déplacés kurdes syriens suspendu après des attaques

Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).

Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer, mais a subi une attaque « délibérée et préméditée » de « groupes armés », qui a fait plusieurs blessés. Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais les retours « ont été temporairement suspendus par mesure de précaution afin de garantir la sécurité des habitants », a ensuite annoncé Mahmoud Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.

« Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une protection complète assurée pour les personnes de retour », a-t-il ajouté. Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre « dans les tout prochains jours », alors que quelques 100.000 personnes au total veulent rentrer. Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région, située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière avec la Turquie.

« Comme un rêve »

L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP. À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier général des forces de sécurité locales.

« Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes pendant leur retour », a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de l'accord de janvier. Il a appelé le peuple kurde « à faire preuve de retenue, à ne pas se laisser entraîner dans des actes irresponsables », assurant être en lien avec les autorités pour « garantir la protection des civils déplacés rentrant chez eux ».

Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route. « J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin », a confié à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge ces dernières années.

Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et endommagés à Ras al-Aïn. Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.

Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était « complètement détruite ». Mais « nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce que nous pouvons faire », dit cette femme de 39 ans. Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies.

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