Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, doit rencontrer vendredi à Istanbul son homologue turc Hakan Fidan, soucieux d'éviter un embrasement de la région en cas d'attaque américaine, que le président Trump a finalement dit « espérer » éviter.
Pour Téhéran, les menaces des Etats-Unis, qui soufflent le chaud et le froid, doivent cesser pour laisser une chance à la diplomatie. « La réussite de toute initiative diplomatique dépend de la bonne volonté des parties concernées et de l'abandon des mouvements et actions belliqueux et menaçants dans la région », a déclaré le président iranien Massoud Pezeshkian à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un échange téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne. Ces déclarations interviennent alors que le ministre des Affaires étrangères iranien est arrivé en Turquie, pays voisin qui veut jouer un rôle de « facilitateur », a dit le président Erdogan à M. Pezeshkian.
M. Araghchi, dont c'est la première visite officielle à l'étranger depuis la vague de protestation en Iran, réprimée dans le sang, doit s'exprimer devant la presse à 13H45 locales (10H45 GMT) au côté de M. Fidan. Sa venue en Turquie s'inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l'inscription jeudi par l'Union européenne des Gardiens de la révolution, son bras armé, sur la liste des organisations terroristes.
Donald Trump a déclaré jeudi espérer ne pas avoir à frapper l'Iran, Téhéran menaçant pour sa part de s'en prendre « instantanément » aux bases et porte-avions américains en cas d'attaque. « Nous sommes forts. Nous sommes puissants financièrement. Nous sommes puissants militairement. (...) Et désormais nous avons un groupe (aéronaval) qui se dirige vers un pays appelé Iran. Et j'espère ne pas devoir utiliser cette force », a déclaré le président américain à Washington.
La Turquie, membre de l'Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire à ses portes, qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu'elle partage avec l'Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie. Selon la presse turque, le président Recep Tayyip Erdogan pousse de son côté pour l'organisation d'une réunion trilatérale Etats-Unis/Iran/Turquie. Par précaution, la Turquie se prépare à « renforcer la sécurité à sa frontière » avec l'Iran, a confié à l'AFP un haut responsable turc.
La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière « mais ce n'est pas suffisant », a-t-il estimé. Cet ouvrage, qui coupe des régions montagneuses et fortement enneigées en hiver, a été érigé afin de contenir les passages d'immigrants illégaux en provenance d'Iran et d'Afghanistan notamment mais aussi les trafics de stupéfiants. Surmonté de barbelés et de miradors, ce mur est doublé de tranchées où l'armée patrouille 24 heures sur 24.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes drones ont visé vendredi au Soudan la ville d'El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord encerclée par les paramilitaires depuis près d'un an, ont rapporté une source militaire et plusieurs témoins à l'AFP.
Les frappes, qui ont débuté au petit matin et duré plus de deux heures, ont visé une base militaire, le siège de la police, le parlement régional, les locaux de l'opérateur télécom Sudani et les abords du stade municipal, selon les témoins. Une source militaire a indiqué à l'AFP que vingt appareils avaient été interceptés par les défenses antiaériennes de l'armée.
Le Hamas a appelé vendredi Israël à permettre l'ouverture immédiate et dans les deux sens du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte, à laquelle le gouvernement israélien a dit avoir consenti avec des restrictions, et sans s'engager sur une date.
« Nous demandons (...) une transition immédiate vers la deuxième phase (de la trêve parrainée par les Etats-Unis) qui prévoit l'ouverture du point de passage de Rafah dans les deux sens et l'autorisation pour le Comité national (pour l'administration de Gaza, mis en place dans le cadre du plan américain) de travailler dans la bande de Gaza », écrit le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué.
Le poste-frontière de Rafah est le seul point d'entrée et de sortie entre la bande de Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël. Il est situé dans la partie de la bande de Gaza tenue par l'armée israélienne depuis son repli opéré au début du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, derrière une Ligne jaune lui donnant encore le contrôle de plus de la moitié de ce territoire palestinien dévasté par plus de deux ans de guerre. Les Palestiniens de Gaza, l'ONU et nombre d'ONG internationales attendent avec impatience la réouverture de ce poste compte tenu de la situation humanitaire dramatique qui prévaut dans le territoire.
Le gouvernement israélien avait annoncé lundi consentir à une réouverture limitée du poste-frontière de Rafah, pour les piétons uniquement, une fois que la dépouille du dernier otage israélien dans Gaza, Ran Gvili, aurait été ramenée en Israël, mais sans s'engager sur une date. Les restes de ce policier ont été exhumés en début de semaine par l'armée israélienne dans un cimetière du nord de Gaza et enterrés en Israël mercredi. Depuis lors, Israël n'a fait aucune annonce sur Rafah.
« Les bombardements continus menés par l'occupation sioniste (Israël, NDLR) sur diverses zones de la bande de Gaza, ainsi que les opérations de démolition perpétrées dans certaines parties » du territoire témoignent « du mépris flagrant de l'occupation pour l'accord de cessez-le-feu et de son entêtement à se soustraire à ses obligations et engagements », a critiqué le Hamas. Le mouvement islamiste palestinien, qui avait lancé une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023, prélude à la guerre, appelle une nouvelle fois « les médiateurs et les Etats garants de l'accord de cessez-le-feu (Egypte, Etats-Unis, Qatar et Turquie) (à assumer) leurs responsabilités » et à exercer une « pression sérieuse » sur le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour « l'empêcher d'entraver l'accord ». Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer quotidiennement les termes de la trêve.
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