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14:19 Liban-Israël   Washington fustige le refus de Katz d'un retrait israélien du Liban-Sud, où l'armée poursuit ses destructions

Le département d’État américain a fustigé tard dans la soirée de mercredi les propos du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, qui affirmait plus tôt dans la journée qu’Israël ne « se retirerait pas » des territoires occupés au Liban-Sud, estimant que de telles déclarations n’étaient « pas conformes aux engagements pris dans le cadre de l’accord » entre Beyrouth et Tel-Aviv fin juin, parrainé par Washington. Jeudi pourtant, l'armée israélienne poursuivait ses opérations de démolition, ses tirs ainsi que ses mouvements de troupe au Liban-Sud.

« Les États-Unis attendent de toutes les parties qu’elles agissent d’une manière conforme au cadre sur lequel elles se sont entendues, et Israël a clairement déclaré qu’il n’avait aucune ambition territoriale au Liban », affirme un responsable du département d’État dans un communiqué transmis à des journalistes qui avaient sollicité une réaction aux propos d’Israël Katz, rapportent plusieurs médias israéliens. « Les États-Unis soutiennent pleinement l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban », poursuit le responsable, soulignant que l’accord-cadre négocié par Washington entre Israël et le Liban « prévoit clairement une voie, fondée sur le respect de certaines conditions, vers un redéploiement progressif lié au désarmement vérifié du Hezbollah et au démantèlement de ses infrastructures ». « Les Forces armées libanaises mettent en œuvre la première zone pilote, et les États-Unis continueront de soutenir la mise en œuvre intégrale de ce processus », ajoute-t-il, en référence à la localité de Zaoutar el-Gharbiyé, où l’armée libanaise a commencé à se déployer il y a deux semaines, après un retrait théorique des Israéliens, qui y faisaient des incursions avant le début du processus. Les forces israéliennes ont toutefois été aperçues de nouveau dans la localité en début de semaine.

Les États-Unis devraient organiser un nouveau cycle de négociations entre Israël et le Liban début septembre à Rome. Le Liban maintient son exigence de mettre en place de nouvelles « zones pilotes », ce que Tel-Aviv refuse. Mercredi, Israël Katz, en tournée dans des villages occupés libanais, avait ordonné à l'armée israélienne de se préparer sur les plans administratif et opérationnel, à une présence de longue durée au Liban, ainsi que de poursuivre la destruction de « toutes les maisons », et ce qu’il présente comme des « infrastructures terroristes ».

Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, s'était rendu à Washington fin juillet pour s'entretenir avec son homologue américain, Donald Trump, afin de demander notamment davantage de pressions sur Israël pour le retrait des territoires occupés au Liban-Sud.

60 appartements détruits à Kfar Tebnit

À rebours d'un éventuel retrait, des mouvements de l'armée israélienne ont été observés en profondeur dans le caza de Bint Jbeil jeudi, dans une zone située entre les villages de Aïta el-Jabal et Beit Yahoun, près du séminaire religieux d’al-Chahid al-Thaleth, rapporte notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Cette zone est de fait sous contrôle de l’armée israélienne au Liban-Sud, selon lui. Parallèlement, l’artillerie israélienne a visé les abords des localités de Beit Yahoun et Baraachit, dans la même région. Et les abords du village frontalier de Kfarchouba (caza de Hasbaya) ont été visés par l’artillerie israélienne, ainsi que par des tirs de ratissage à la mitrailleuse depuis la position de Roueissat al-Aalam.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée israélienne avait poursuivi ses tirs, parallèlement à ses opérations de dynamitage. Haddatha (caza de Bint Jbeil) notamment a été attaqué par des tirs d’artillerie, suivis de deux opérations de dynamitage de plusieurs maisons. Des tirs de ratissage similaires ont également visé Mansouri (Tyr), localité également victime d’une opération de dynamitage visant des maisons dans les terrains communaux, suivie de tirs de ratissage à la mitrailleuse de moyen calibre en direction de la localité. L’armée israélienne a également procédé à une explosion à Khiam (caza de Marjeyoun). L’aviation de guerre israélienne a en outre mené dans la nuit deux frappes successives sur Mansouri, parallèlement à une autre frappe visant Deir Seriane, dans le caza de Marjeyoun.

Signe des destructions d'ampleur au Liban-Sud, les forces israéliennes ont détruit « il y a une dizaine de jours » à Kfar Tebnit (caza de Nabatiyé) un complexe résidentiel « Ward », composé de 14 bâtiments abritant environ 60 appartements, selon Abou Moustapha Yassine, le mokhtar du village situé au sud de Nabatiyé, dans des propos rapportés jeudi à notre correspondant au Liban-Sud. « Le complexe a été entièrement détruit », a déclaré M. Yassine. Plusieurs autres maisons de Kfar Tebnit ont également été visées par des opérations de dynamitage similaires « ces derniers jours », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, dans un objectif affiché de « rétablir les liaisons entre les régions du Sud » et « faciliter la circulation des habitants », le ministère libanais des Travaux publics et des Transports a indiqué avoir entamé la construction d’un passage provisoire sur le fleuve Litani à Qaaqaiyet el-Jisr (caza de Nabatiyé), après la destruction de ponts et d’autres infrastructures essentielles dans le Liban-Sud lors d’attaques israéliennes.

La question des attaques israéliennes continues dans le Sud a été discutée à Baabda lors d'une réunion entre le président Joseph Aoun et le Premier ministre, Nawaf Salam. Les deux responsables ont également évoqué la visite du chef Groupe de coordination militaire pour le Liban (MCG4L), le général Joseph Clearfield.

Le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade de France au Liban, Bruno Pereira da Silva, s’est en outre rendu mardi dans les villages chrétiens isolés au Liban-Sud de Rmeich et Aïn Ebel (caza de Bint Jbeil), en vue de soutenir les « élus locaux et la population », selon un communiqué de l’ambassade publié jeudi sur X. La visite était effectuée « sous le signe de l’action de la France en faveur dans les domaines l’éducation et de la nutrition », lit-on dans le message. Des réunions ont été organisées avec les conseils municipaux afin de témoigner de « l’engagement de la France auprès des communautés du Liban-Sud », selon la chancellerie. À Rmeich, des échanges ont eu lieu avec les bénéficiaires du projet « Sécurité alimentaire et nutrition », financé par la France et mis en œuvre par le groupe « Action contre la faim ».

14:10 Cisjordanie   Une colonie de Cisjordanie, démantelée en 2005, à nouveau inaugurée par Israël

Plus de vingt ans après son retrait de la colonie de Ganim, en Cisjordanie occupée, Israël l'a officiellement inaugurée à nouveau jeudi, selon des journalistes de l'AFP sur place, dans une nouvelle illustration de la politique d'intensification de la colonisation menée par le gouvernement Netanyahu. « Nous sommes revenus à Ganim - et nous sommes revenus pour y rester », a affirmé le ministre de la Défense israélien Israël Katz, présent pour la cérémonie.

Sur l'unique rue récemment aménagée, l'odeur de l'asphalte fraîchement coulé flotte dans l'air. De nouveaux résidents et leurs proches, venus les aider à s'installer, sourient à la vue de leurs caravanes flambant neuves.

Ganim est l'une des quatre colonies israéliennes de Cisjordanie évacuées par Israël dans le cadre du plan de retrait de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon en 2005, avec Homesh, Sa-Nour et Kadim. Leur emplacement isolé, dans le nord de la Cisjordanie, près de la ville palestinienne de Jénine, avait notamment motivé leur démantèlement. Trois d'entre elles ont désormais été reconstruites sous l'actuel gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur fond de forte accélération de la création de nouvelles colonies, et de légalisation d'avant-postes (souvent constitués de quelques caravanes ou préfabriqués construits sans l'aval du gouvernement israélien, et destinés à créer des faits accomplis).

À Ganim, environ deux douzaines de maisons préfabriquées ont déjà été installées. Des niveleuses et des rouleaux compresseurs s'activent sur le flanc de la colline afin de dégager de nouveaux espaces destinés à de futures habitations. Dans la vallée en contrebas, des Palestiniens interrogés par l'AFP témoignent de leur crainte que la construction de Ganim ne rende leur vie plus difficile, voire n'entraîne à terme leur déplacement. De part et d'autre de la route reliant Israël à la nouvelle colonie, l'armée a démoli ces derniers jours des commerces et bloqué plusieurs chemins de terre menant aux villages palestiniens, y amoncelant des gravats.

Une centaine de personnes ont assisté à Ganim à la cérémonie d'inauguration, venus d'Israël ou d'autres colonies de Cisjordanie, dont des députés et deux ministres. Yossi Dagan, le président du Conseil régional, chargé des colonies de ce secteur a parlé « moment historique ». Il a rappelé qu'un plan de construction de 19 nouvelles colonies dans cette zone avait été lancé, avec le soutien du gouvernement.

« Aujourd'hui, nous revenons à Ganim et nous la reconstruisons. Nous ne sommes pas seulement revenus dans les quatre localités qui avaient été évacuées : nous multiplions par deux et par trois la présence juive dans le nord de la Samarie », a-t-il déclaré, utilisant le nom israélien de la Cisjordanie occupée.

13:26 Guerre   A Gaza, les patients cancéreux face à un taux de mortalité en hausse à cause des restrictions israéliennes

Les patients atteints de cancer à Gaza meurent à un rythme deux à trois fois supérieur à celui d’avant le début de la guerre dans le territoire, Israël empêchant de nombreux malades de voyager pour se faire soigner après avoir détruit la seule structure spécialisée dans l'enclave, ont averti des médecins de Gaza, cités par Reuters.

Israël a fait exploser le seul hôpital spécialisé dans les soins oncologiques, l'hôpital d'amitié turco-palestinien, dynamité par les forces israéliennes en mars 2025. Cela signifie qu’environ 17 000 Gazaouis atteints de cancer n’ont plus d’option locale pour la chimiothérapie ou d’autres traitements avancés.

Peu de Palestiniens peuvent se permettre de voyager pour se faire soigner, et ceux qui le peuvent font face à des restrictions israéliennes. L’armée impose des quotas sévères sur les passages quotidiens vers l’Égypte, malgré un accord de cessez-le-feu conclu en 2025 entre Israël et le Hamas qui garantit la libre circulation vers et hors de Gaza.

Interrogée, la COGAT, l’agence militaire israélienne qui contrôle l’accès à Gaza, a affirmé qu’elle coordonnait les évacuations médicales avec l’Organisation mondiale de la santé. Pour partir, les Gazaouis doivent disposer d’une demande valide d’un pays d’accueil et passer les « vérifications de sécurité requises », a précisé la COGAT. L’OMS n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

Course contre la montre

Pour Khouloud Abou Sahmoud, une mère palestinienne de deux enfants atteinte d’un cancer de l’ovaire avancé, l’attente d’un traitement à l’étranger est devenue une course contre la montre alors que son cancer progresse. « Chaque jour, ma maladie évolue, et ma situation est tragique. Tous mes ongles sont tombés – je n’en ai plus aucun. J’attends juste de mourir. » Mme Abou Sahmoud, 33 ans, affirme attendre de quitter Gaza pour un traitement en Égypte ou plus loin depuis la signature du cessez-le-feu en octobre dernier. Durant ce laps de temps, le cancer s’est propagé à ses poumons et ses os, dit-elle.

La COGAT a déclaré qu’environ 5 800 Gazaouis nécessitant des soins médicaux sont sortis vers l’Égypte depuis qu’Israël a accepté, en février, une réouverture limitée du passage frontalier de Rafah, resté largement fermé durant la guerre commencée en 2023. « Les évacuations médicales ne sont en aucun cas restreintes par l’État d’Israël, mais dépendent entièrement de la demande du pays d’accueil ; sans demande officielle, la COGAT ne peut pas coordonner le départ d’un patient », a indiqué l’agence.

Des responsables de la santé palestiniens rapportent que 11 000 personnes, dont des patients, ont franchi Rafah depuis sa réouverture, soit moins de la moitié du nombre attendu selon l’accord de cessez-le-feu. En outre, 20 000 patients, dont 5 000 atteints de cancer, sont inscrits pour un traitement à l’étranger, mais ne sont pas encore autorisés à partir, selon ces responsables.

Exposition à des substances toxiques

Le cessez-le-feu a mis fin aux principaux combats, mais les forces israéliennes contrôlent toujours plus de la moitié de Gaza, une zone aujourd’hui étendue à près des deux tiers du territoire. Presque toute la population de plus de 2 millions de Gazaouis vit dans une bande côtière sous contrôle du Hamas, principalement dans des tentes de fortune ou des abris dans des bâtiments endommagés. Avant la guerre, les services de santé locaux avaient progressé, grâce aux investissements étrangers et à la persévérance de médecins locaux, selon une investigation de Reuters. Mais la plupart des hôpitaux de Gaza ont été détruits ou endommagés pendant la guerre, et ceux qui restent opérationnels manquent jusqu’à 70 % des fournitures médicales essentielles, notamment celles nécessaires au traitement du cancer et aux services de diagnostic, ont indiqué des médecins.

Parmi les personnes tuées par Israël pendant la guerre figuraient des dizaines de spécialistes hautement qualifiés, dont des experts en cancérologie. « Nous enregistrons un nombre important de décès, allant de trois à cinq par jour, parce que les patients ne reçoivent pas la chimiothérapie nécessaire pour leur sauver la vie », a déclaré Mohammad Abou Selmia, directeur du principal hôpital de Gaza, al-Shifa. Sobhi Skaik, chirurgien palestinien et ancien directeur de l’hôpital d’amitié turco-palestinien, affirme que le taux de décès avant la guerre était d’environ un à deux patients par jour. Certaines statistiques pré-conflit estimaient ce chiffre à environ 1,7 par jour, précise-t-il. Selon lui, l’augmentation des décès résulte principalement de l’absence de traitements locaux et des restrictions frontalières. Mais il estime également que le cancer pourrait se propager plus rapidement en raison de la présence de matériaux toxiques provenant des explosifs israéliens largués sur Gaza.

Il y avait environ 11 000 patients atteints de cancer enregistrés à Gaza avant la guerre, déclenchée après les attaques menées par le Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023, après quoi les enregistrements se sont quasiment arrêtés, indique M. Skaik. Il estime qu’environ 6 000 Gazaouis supplémentaires auraient probablement développé un cancer depuis lors.

Cet article est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'un papier publié en anglais par l'agence Reuters.

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