L’ancien Premier ministre et chef de file du Courant du Futur, Saad Hariri, a écrit dimanche sur X que la visite du pape Léon XIV au Liban « évoque le "Liban-message", tel que le décrivait le pape Jean-Paul II ».
« C’est un événement historique à tous points de vue, compte tenu de l’importance de la venue d’un visiteur porteur de la bannière de la paix, ce dont notre pays, meurtri par des guerres successives, manque cruellement », a-t-il déclaré.
Et d'ajouter : « Nous espérons que la présence du Saint-Père portera de bonnes nouvelles en faveur de la sécurité, de la stabilité et de la paix au Liban ».
Premier ministre à deux reprises, de 2009 à 2011 puis de 2016 à 2020, Saad Hariri s’est retiré de la vie politique et a quitté le pays en 2022, après avoir échoué à former un gouvernement.
La visite historique du pape au pays du Cèdre intervient alors que les craintes d’une nouvelle offensive israélienne au Liban ont pris de l'ampleur ces dernières semaines et que des responsables israéliens menacent d’intensifier les attaques contre le Hezbollah.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDans son homélie dominicale à la cathédrale Saint-Georges, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a appelé les Libanais à un « sursaut national » à l'occasion de la visite du pape Léon XIV, attendu dimanche après-midi à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB).
Évoquant les attentes suscitées par la venue du souverain pontife, Mgr Audi a affirmé qu'elle « doit être une occasion de sursaut national », invitant les Libanais, chrétiens et musulmans, à « présenter au Saint-Père un pays rassemblé, digne et fidèle à son message de coexistence » (...) et à tirer parti de ce moment historique pour remettre la nation sur la voie de la responsabilité, de la transparence et de la réconciliation ».
Le prélat a aussi appelé à « une fidélité totale au Liban, à sa démocratie, à sa liberté et à l’unité de son peuple », face aux divisions et aux dérives institutionnelles.
Dans un contexte de blocage politique persistant, Mgr Audi a exhorté les responsables à « préserver l’État, ses équilibres et le respect de ses lois », dénonçant implicitement «l’abus de pouvoir, l’appropriation de l’argent public et la soumission aux partis», autant de problèmes qui, selon lui, corrompent la vie publique.
Mgr Audi a enfin encouragé les croyants à « témoigner de l’espérance chrétienne dans l’espace public », afin de faire du Liban «une lumière pour le monde et un modèle de paix dans la région».
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsEn dépit de l'arrivée imminente du pape dimanche après-midi à Beyrouth pour son premier voyage pontifical au Moyen-Orient, l’armée israélienne poursuit ses attaques au Liban-Sud, sans faire de victime pour l’instant.
Un drone israélien a ainsi pris pour cible dimanche matin un excavateur dans le village de Chebaa, dans le caza de Hasbaya, a rapporté notre correspondant Mountasser Abdallah. Un véhicule tout-terrain sur le site a aussi été endommagé. Plus tard, un petit drone israélien a lancé trois grenades assourdissantes sur Naqoura (caza de Tyr), dont l’une a atteint le port de pêche de la ville.
Des responsables du Hezbollah et d’Amal ont dénoncé ces frappes dans des communiqués séparés publiés plus tard dans la journée. Le député du Hezbollah, Ali Fayad, a affirmé que « les messages d’escalade et les menaces de retour à la guerre visent à contraindre le Liban à se plier entièrement aux conditions israéliennes, ou à pousser l’État à un affrontement avec la résistance en réclamant son désarmement, par la force si nécessaire ». S’exprimant au cours d’une cérémonie d’hommage organisée par le parti chiite dans le complexe Imam al-Moujtaba, dans la banlieue sud de Beyrouth, pour les combattants tués dans le village de Meis al-Jabal (Marjeyoun), il a ajouté que le Liban « ne cédera à aucune de ces exigences » et assuré qu’il n’y aura pas d’affrontement entre le Hezbollah et l’armée libanaise.
De son côté, le député du mouvement Amal, Kassem Hachem, a affirmé que « le ciblage par l’ennemi israélien des engins travaillant à retirer les vestiges de l’agression et les destructions qu’il a laissés (…) sont la continuation de ses pratiques barbares dans tout le Sud ». « C’est un message clair révélant ses intentions malveillantes dans cette région, en particulier les localités frontalières, de Chebaa et le Arkoub jusqu’à Naqoura », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024, l’armée israélienne a violé l’accord plus de 12 000 fois, presque quotidiennement, par le biais d’incursions, frappes aériennes, tirs d’artillerie, destructions de bâtiments, tirs sur des civils, enlèvements, structures piégées et installation de postes militaires en territoire libanais. Les soldats de l’État hébreu affirment viser les tentatives de reconstruction et le transfert d’armes vers le Hezbollah qui, selon l’accord, devrait être entièrement désarmé.
Le député des Forces libanaises Antoine Habchi a critiqué dans un communiqué dimanche le message publié la veille par le Hezbollah, qui exhortait à « adopter des positions rejetant les injustices et attaques » perpétrées par Israël contre le Liban. Pour Antoine Habchi, ce message « adopte un ton général présenté comme un ton unificateur national, alors qu’en réalité, il est utilisé comme un outil pour diffuser des concepts prédéfinis et les imposer comme références obligatoires pour tous les Libanais ».
« Ce que les Libanais ne veulent pas, c’est qu’une faction, guidée par la République islamique [d’Iran], les transforme en sacs de sable et en sacrifice gratuit au service des intérêts de cette république », a-t-il ajouté.
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