Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a réitéré lundi son soutien déjà exprimé la veille au président libanais Joseph Aoun, et au commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, ce dernier étant sous le feu des critiques ces deux dernières semaines pour avoir refusé le recours à la force pour désarmer le Hezbollah. Le chef de l’État veut de son côté lancer des négociations directes avec Israël pour obtenir un nouveau cessez-le-feu, alors que la guerre fait rage entre le Hezbollah et l’État hébreu depuis le 2 mars, ce qui lui a également valu des critiques. La présidence de la République et le commandement de l'armée sont des positions de pouvoir traditionnellement confiées à des maronites.
« Nous exprimons notre estime pour le président Joseph Aoun et pour son travail à la tête de l’État libanais », a affirmé le patriarche, après avoir été reçu en audience par le chef de l’État au palais présidentiel de Baabda. « Nous soutenons chaque démarche qu’il entreprend pour le bien du Liban, et nous appuyons également l’armée libanaise ainsi que son commandant », a-t-il ajouté, précisant avoir entendu « des propos rassurants » de la part du président. Dimanche, lors de son homélie à Bkerké, le chef de l’Église maronite avait déjà pris la défense de MM. Aoun et Haykal, affirmant qu'il faut « dans les circonstances difficiles » actuelles, « protéger l’État, son président et son armée ». « En temps de guerre féroce, on ne change pas de dirigeants », avait-il lancé.
Une campagne avait visé ces dernières semaines le général Haykal, appelant à sa démission pour son refus de désarmer de force le Hezbollah par crainte de tensions internes. Le Conseil des ministres avait demandé à l’armée le 2 mars de mettre en œuvre le plan sur le monopole des armes « par tous les moyens possibles » et dans « les plus brefs délais ». Les États-Unis auraient notamment poussé vers le limogeage du commandant en chef, une démarche aussitôt rejetée par les autorités.
Le patriarche a en outre affirmé soutenir « les chrétiens des régions périphériques », après que des frappes israéliennes ont fait plusieurs morts au cours de la semaine dernière dans des villages chrétiens de la zone frontalière avec Israël. Le curé de la paroisse de Qlayaa a ainsi été tué dans un tir d'artillerie, tandis que trois ouvriers de Rmeich ont été ciblés par un drone. Le dimanche 8 mars, un septuagénaire de Alma el-Chaab, village depuis totalement évacué, avait été tué dans une frappe de drone également. Les chrétiens du Sud « constituent le rempart du Liban aux frontières et font partie intégrante de ce pays », a martelé Mgr Raï, qui a annoncé qu'il allait demander à l’évêque de l’archidiocèse maronite de Tyr, Charbel Abdallah, « de résider à Rmeich », village frontalier du caza de Marjeyoun, dans le centre de la bande frontalière « en tant que représentant du patriarche. »
Une tournée du nonce apostolique au Liban, Mgr Paolo Borgia, est actuellement en cours dans cette zone, afin d'apporter de l'aide humanitaire aux habitants restés sur place.
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