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Publication épinglée 22:02 22:02    Derrière le massacre du 8 avril au Liban : les noms et les visages de celles et ceux tués par Israël

Un massacre. Voilà comment résumer ce qu'il s'est passé mercredi 8 avril 2026 au Liban.

Au premier jour du cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-unis, l’armée israélienne a mené 100 frappes en 10 minutes. Des frappes à Beyrouth, dans la banlieue de la capitale, au Liban-Sud et dans le Békaa. Des frappes qui, à Beyrouth notamment, ont visé des quartiers densément peuplés, sans avertissement aucun.

Le bilan, toujours provisoire puisque les secours s’employaient encore, jeudi matin, à sortir des victimes des décombres des bâtiments frappés, est effroyable : au moins 203 morts et plus de 1000 blessés

Parce que derrière les chiffres il y a des hommes, des femmes et des enfants, il y a des vies fauchées, nous rassemblons, ici, les noms des victimes de ce funeste 8 avril. Cet article va être actualisé au fur et à mesure que nos journalistes rassemblent des informations sur les victimes.

Ola Attar, veuve de Hamad Attar, une victime du 4 août 2020. La jeune femme a été emportée par une frappe israélienne à Beyrouth. Depuis la mort de son époux, à l’âge de 28 ans, elle s’était consacrée à une association de victimes du 4 août et luttait pour que justice soit rendue dans cette affaire. Ola était la mère de deux enfants de 12 et 17 ans.

Nader Khalil, employé depuis 35 ans de l’entreprise Rifai. Il a été tué par une frappe à Corniche el-Mazraa, alors qu’il se trouvait dans le magasin Rifaï. Maître torréfacteur, il avait gagné l’affection et le respect des clients comme de ses collègues, indique Rifaï.

Jamil Jrab, employé par le restaurant Jaï, à Hamra. Il était en train de déjeuner près de son domicile lorsqu'il a été tué par une frappe israélienne à Beyrouth.

Hatun Kchreit, poétesse, et son époux, tués à Tallet el-Khayat. « Le Sud est parti. La maison est partie. Les vergers d’oliviers sont partis. La vie est partie», écrit sur Facebook la sœur de la défunte, Maha Salma, journaliste libanaise.

Ghada Dayekh, journaliste à Radio Sot el-Farah, à Tyr. Elle a été tuée lorsqu’une frappe israélienne a touché son immeuble, le détruisant complètement, selon le directeur de la station, Alwan Sharafeddine, qui s’est confié au Committee to Protect Journalists. Il a ajouté que Dayekh travaillait avec Sawt Al-Farah depuis sa création dans les années 1980 et qu’elle était à l’antenne depuis 37 ans.

Alia Badreddine, sa mère et ses trois enfants adultes, Mohammad, Ali et Fatima el-Atrach, originaires de Kfar Sir, ont été tués dans frappe israélienne sur Hayy el-Sellom : la famille était réunie dans le logement au moment de l’impact.

Suzanne Khalil travaillait pour la chaîne Al-Manar, du Hezbollah. Elle a été tuée dans une frappe à Kayfoun, dans le caza d'Aley.

Dr Nadim Chamseddine, médecin, son épouse Asrar et leurs trois enfants, ont été tués par une frappe sur Keyfoun. Une famille entière décimée dans leur maison, où le médecin exerçait aussi une partie de son activité.

Rana Hessaiki Mlaheb, une jeune femme originaire du village de Baïssour, a été tuée par une frappe israélienne sur Keyfoun à Aley, Mont-Liban, alors qu’elle se trouvait dans une pharmacie pour acheter des médicaments à distribuer aux déplacés de la guerre dans sa région.

Fatima Amhaz, sœur d'Imad Amhaz (enlevé par les forces israéliennes à Batroun lors du conflit de 2024), originaire de Qomatiyé, a été tuée lors d'une frappe israélienne sur une pharmacie a Keyfoun, Aley, où elle travaille.

Saïd el-Khansa, fils de l'ancien président de la municipalité de Ghobeiri Mohamad el-Khansa : Il a été tué à Keyfoun, dans le caza de Aley, alors qu'il travaillait dans sa pharmacie.

Rana Naji : Originaire de Harouf, dans le caza de Nabatiyé, elle a été tuée a Keyfoun alors qu’elle s’était rendue à la pharmacie pour acheter du lait pour ses deux fillettes.

Talin Ahmed Hamzi, Yasmine Hussein Alam et Ali Hamad Haidar, trois élèves de l'établissement scolaire al-Karama, à Choueifat, ont été tuées par les frappes israéliennes. L'établissement scolaire, qui a rapporté ces trois décès, n'a pas donné de précisions sur le lieu de la frappe qui les a tués.

La frappe qui a emporté Yasmine Alam, a également tué ses parents Hussein Mohammad Alam et Fatima Mohammad Alam. Ils étaient tous originaires de Hermel. La frappe israélienne visait contre le complexe al-Ajneha al-Khamsa, qui a rasé trois immeubles à Choueifat.

Sept membres de la famille Nassereddine ont été tués par une violente frappe sur leur maison à Mansoura, dans le Hermel, a rapporté la chaîne de télévision al-Mayadeen. La frappe a pulvérisé la maison et les alentours.

La famille Haoui, trois générations, sept morts dont trois enfants : réunis dans un même immeuble à Jnah, plusieurs membres de la famille ont été tués ensemble, dans un appartement qui était devenu le refuge familial élargi. Le père, Zouhair Haoui, son épouse Aïda Rmeiti, leurs fils Mahdi et Mohammad, ainsi que les trois enfants de ce dernier, Mahdi, Ali Rida et Amir, ont péri dans ce bombardement, tandis que la femme de Mohammad Haoui est toujours dans un état grave.

Hussein Rihani : C'est l'entreprise dans laquelle il travaille, dipndip, qui a annoncé son décès, dans une frappe à Beyrouth. « Hussein était un membre précieux de la famille dipndip, dont on se souviendra pour son dévouement, sa gentillesse et sa passion pour son travail. Il manquera profondément à tous ceux qui l’ont connu, et sa mémoire restera à jamais parmi nous. »

Les soeurs Rayane et Rahmé Haïdar Cheaib. Elles ont été tuées dans la frappe sur le complexe d’al-Sayida Zahraa à Saïda, où une figure politique religieuse proche du Hezbollah, le cheikh Sadek Naboulsi, a également trouvé la mort. Comme tous les déplacés du Liban-Sud dans ce quartier de Saïda, elles fréquentaient ce complexe pour profiter des services qui y étaient disponibles ou pour prier.

Maya Mohammad Balaghi et sa fille Lina Hassan Afif Issa : la mort de ces deux femmes, dans une frappe israélienne également sur le complexe d’al-Sayida Zahraa à Saïda, a été annoncée par la page Facebook de Ramiyé, une localité du Liban-Sud dont elles sont originaires.

Samah Alloush, âgée de 25 ans : La jeune femme a été tuée par la frappe sur le complexe al-Sayyida Zahraa à Saïda. Elle travaillait dans une petite papeterie-librairie. Des proches l’ont décrite sur les réseaux sociaux comme étant fille unique. Elle laisse derrière elle sa mère, qui a été blessée lors de la frappe. Dans l’un de ses derniers messages, elle écrivait : « Je suis restée 36 jours sous les bombardements. Dès que j’ai été déplacée, ils ont décidé d’annoncer un cessez-le-feu. Quelle chance j’ai. »

Khawla Medlej, professeure d'arabe, 32 ans, et ses deux enfants, Abbas, en classe de CM1, et Youssef, en moyenne section : Ils ont été tués à Hay el-Sellom, un quartier de Beyrouth, alors que la famille venait de rentrer chez elle après une journée de cours au Lycée national de Choueifat, où Khawla enseignait et où ses enfants étaient scolarisés.

Fouad Al-Baradi : originaire de la ville de Bkifa, dans le Mont Liban et membre du Parti socialiste progressiste (PSP), il a été tué dans la frappe ayant visé Bechamoun. L’information a été annoncée par le média Al-Anba’, affilié au PSP. Lors de ses funérailles, organisées jeudi, le député Wael Bou Faour a déclaré : « Aujourd’hui, nous faisons nos adieux à un camarade cher, généreux, courageux et militant. »

L’armée libanaise a annoncé jeudi la mort de quatre soldats dans les frappes israéliennes. Selon un communiqué de la troupe, le caporal-chef, Hussein Khaled Yassine, a été tué dans une frappe à Saïda. Le soldat de première classe Mohammad Bassam Chheitali ainsi que le soldat Ali Hassan Kassem ont, eux, été tués dans les frappes sur Chmestar, dans le caza de Baalbeck. Enfin, Ali Nasser Eddine, élève gradé, a été tué dans une frappe dans la région de Hermel, dans la Békaa.

Amani Soufan, tuée avec ses parents Bassam Saoufan et Sanaa Fadlallah dans la frappe israélienne sur Aïn Mraissé. Son mari, membre de la Défense civile, les a retrouvés morts après plusieurs heures de recherches durant lesquelles des avis avaient été publiés sur les réseaux sociaux.

L'enfant Hadi Ismail Fahs, tué par une frappe israélienne à Aramoun. Le Docteur Hussein A. Yahfoufi, qui semble avoir tenté de le soigner après son arrivée aux urgences, a écrit sur sa page Facebook : « Il n’a pas crié, il n’a pas pleuré, il ne s’est pas plaint. Il était silencieux d’une manière douloureuse. Sur ses vêtements, il y avait de petites taches de nouilles (...) les restes d’un repas inachevé. Puis est venu le silence… Ce silence lourd que nous, les médecins, connaissons, quand la vie s’éteint doucement, insupportablement… (...) J’ai pressé sa petite poitrine comme pour le supplier de revenir, je l’ai appelé sans voix, et mon cœur criait : « Ne pars pas maintenant… pas comme ça… pas avant d’avoir fini ton repas. »

Afaf al-Sidawi : Originaire de Nabatiyé, elle a été tuée dans la frappe ayant visé Tallet el-Khayat. Son fils, Hassan al-Sabbagh, initialement porté disparu, a été retrouvé mort dans les décombres de l’immeuble.

Lamar Ibrahim Saad et sa mère Noha Mcheik : « C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de notre petite Lamar Ibrahim Saad, élève de maternelle (section anglaise), et de sa chère maman », a écrit la soeur Thérèse Nassar. « Nous présentons également nos condoléances les plus sincères à M. Ibrahim Saad, le père endeuillé, et prions pour que le Seigneur lui apporte patience et réconfort », a-t-elle ajouté.

Mohammed Karim Ibrahim Noureddine. Ecolier au collège Imam Hassan à Hadath et fils du directeur du Centre de formation médiatique de l’Union à Ghobeiry, il a été tué lors de la frappe à Keyfoun.

Nada Mustafa Hayek, sa soeur Olaa et leur mère Fatima : Nada était enseignante à l’école publique de Najjariyeh, dans le caza de Saïda, a été tuée à son domicile à Adloun, au Liban-Sud. Selon son établissement, dans ses derniers instants, Nada continuait « d’enseigner à distance à ses élèves, de porter leurs fardeaux et de semer l’espoir dans leurs cœurs ». Elle était en troisième année d’études en psychologie à l’Université libanaise, à Saïda. Sa sœur, Olaa, aurait également été tuée dans la frappe, ainsi que leur mère Fatima Mohammad Abbas.

Abdelhalim Kabalan, 60 ans, tué dans une frappe israélienne à Bir Hassan, dans la banlieue sud de Beyrouth. Abdelhalim se trouvait à l'entrée du centre médical de la husseyniyé Ahel el-Beit, qu'il gérait avec sa fille, pharmacienne, pour apporter un suivi médical et fournir des traitements aux personnes modestes, lorsqu'un bombardement israélien s'y est abattu. Plusieurs employés syriens ainsi que d'autres personnes dont les identités demeurent inconnues ont été tués dans cette frappe, et deux personnes sont toujours portées disparues sous les décombres.

Ali Khaled : Sergent inspecteur à la sûreté générale, Ali hale a été tué par la frappe israéliennes à Mansouri, près de Tyr. Il était marié et père de trois enfants. Il aurait eu 37 ans à la fin de l’année.

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22:59 Diplomatie   La Syrie condamne les frappes israéliennes au Liban

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a condamné jeudi les meurtrières frappes israéliennes contre le Liban, appelant la communauté internationale à soutenir Beyrouth dans ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu. « Nous condamnons tous les bombardements actuellement menés au Liban par l'entité israélienne », a déclaré M. Chaibani depuis Ankara, en présence de son homologue turc, Hakan Fidan.

Il a également appelé la communauté internationale à « soutenir le Liban en cette période critique et à éloigner le spectre de la guerre », tout en exprimant le soutien de son pays aux efforts de Beyrouth pour désarmer le Hezbollah. Dans des déclarations relayées par l'agence de presse officielle syrienne Sana, M. Chaibani a précisé que Damas soutenait le cessez-le-feu conclu entre l'Iran et les Etats-Unis, estimant « possible » de « parvenir à une stabilité durable qui dissipe le danger qui menace toute la région ».

Ces déclarations interviennent au lendemain de raids israéliens qui ont tué plus de 300 morts au Liban, et fait plus de 1.100 blessés. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis que le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a entraîné début mars le pays dans la guerre régionale. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a demandé jeudi à son homologue pakistanais de confirmer que la trêve entre l'Iran et les Etats-Unis incluait le Liban.

Le Hezbollah avait apporté un soutien militaire à l'ancien président syrien Bachar el-Assad, renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste hostile au mouvement chiite. Depuis, les voies d'approvisionnement syriennes du Hezbollah ont été coupées, et les autorités libanaises et syriennes s'efforcent de lutter contre la contrebande qui profite de la porosité de la frontière entre les deux pays. En août 2025, Beyrouth s'était engagé à désarmer le Hezbollah et a interdit, en mars, les activités militaires du groupe.

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22:57 Israël   Le procès de Benjamin Netanyahu pour corruption reprendra dimanche

Le procès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, poursuivi pour corruption, reprendra dimanche, a annoncé jeudi le tribunal de district de Jérusalem, après la levée de l'état d'urgence consécutive au cessez-le-feu irano-américain. « Avec la levée de l'état d'urgence et la reprise du fonctionnement du système judiciaire, les audiences reprennent leur cours », et la prochaine audience du Premier ministre « est fixée au dimanche » à 09H30 (06H30 GMT), pour une audition avec la défense au tribunal de district de Jérusalem, indique un communiqué du tribunal.

Benjamin Netanyahu est jugé dans trois affaires de corruption, dans lesquelles il nie toute responsabilité. Il est accusé, ainsi que son épouse Sara, d'avoir accepté des produits de luxe d'une valeur de plus de 260.000 dollars (environ 225.000 euros), tels que cigares, bijoux et champagne, de la part de milliardaires, en échange de faveurs politiques. Dans deux autres affaires, il est accusé d'avoir tenté de négocier une couverture plus favorable dans deux médias israéliens.

M. Netanyahu est le premier chef de gouvernement en fonction de l'histoire d'Israël à être mis en examen pour corruption. Il avait officiellement demandé fin novembre une grâce présidentielle, fort du soutien du président américain Donald Trump qui avait demandé un tel geste à son homologue israélien, Isaac Herzog. Ce dernier a affirmé mi-février que l'examen de cette demande était en cours, tout en disant refuser toute pression dans cette affaire.

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