L'agence américaine antidrogue (DEA) a enquêté pendant près de cinq ans au moins sur Jeffrey Epstein et 14 autres personnes pour des transferts d'argent suspects possiblement liés au trafic de stupéfiants, selon un document du volumineux dossier Epstein repéré lundi soir par CBS News.
« Selon un rapport de la DEA, les personnes mentionnées sont impliquées dans des transferts de fonds illégaux liés à des activités illicites de trafic de drogue et/ou de prostitution se déroulant dans les îles Vierges américaines et à New York », indique le document de 69 pages daté du 18 mai 2015. La note est marquée « réservé aux forces de l'ordre » et les noms autres que celui de Jeffrey Epstein sont caviardés tout comme les détails de l'enquête policière. Pour que la DEA ouvre une enquête, il faudrait qu'il y ait un lien avec le trafic de drogue, a déclaré une source policière à CBS News. Le document mentionne un numéro de dossier de la DEA et indique que l'affaire a été ouverte le 17 décembre 2010 à New York. Il précise que la procédure est « en cours », ce qui signifie que l'enquête était toujours active au moment de la rédaction de la note, quatre ans et demi plus tard.
Jeffrey Epstein a finalement été arrêté et inculpé en juillet 2019 pour exploitation sexuelle de mineures et association de malfaiteurs. Déjà accusé plus de dix ans auparavant en Floride de recourir aux services de prostituées mineures, M. Epstein avait été condamné en 2008 à une peine aménagée de prison de 13 mois, selon un accord secret passé avec un procureur lui permettant d'échapper à des poursuites fédérales. Jeffrey Epstein a été retrouvé pendu dans sa cellule le 10 août 2019, alors qu'il était en attente de son procès. L'autopsie a conclu à un suicide.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Hamas a salué mardi la déclaration publiée la veille par près de 20 pays condamnant les mesures prises par Israël pour renforcer son contrôle sur la Cisjordanie occupée, et appelé ces pays à imposer « des sanctions dissuasives » au gouvernement israélien.
Au début du mois, Israël a pris une série de mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie, qu'elle occupe depuis 1967, y compris sur des secteurs placés sous le contrôle de l'Autorité palestinienne en vertu des accords israélo-palestiniens d'Oslo, conclus dans les années 1990 et aujourd'hui moribonds. Lundi, près de 20 pays, du Brésil à l'Arabie saoudite, en passant par la France et l'Espagne, ont condamné « avec la plus grande fermeté » ces mesures et dénoncé « une stratégie manifeste visant à modifier la situation sur le terrain et à poursuivre une annexion de facto inacceptable ». « De telles actions constituent une attaque délibérée et directe contre la viabilité de l'État palestinien et la mise en œuvre de la solution à deux États », ajoutent les auteurs du texte, appelant le gouvernement israélien « à revenir immédiatement sur ces décisions » et « à respecter ses obligations internationales ».
Le Hamas a estimé mardi que cette déclaration constituait « un pas dans la bonne direction pour faire face aux plans expansionnistes de l'occupation (israélienne, ndlr), qui violent ouvertement le droit international et les résolutions de l'ONU ». Il a appelé les États signataires, ainsi que « tous les pays du monde », à imposer « des sanctions dissuasives et à exercer des pressions sur le gouvernement d'occupation fasciste pour qu'il cesse ses politiques visant à imposer l'annexion, la colonisation et les déplacements forcés ».
La colonisation s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement de Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier après le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza le 7 octobre 2023. En dehors de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël depuis 1967, plus d'un demi-million d'Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsParis a décidé de révoquer l'accès direct au gouvernement français de l'ambassadeur américain Charles Kushner, qui a ignoré une convocation des Affaires étrangères après des commentaires sur la mort d'un étudiant d'ultradroite.
Le diplomate avait été convoqué en raison de la republication par l'ambassade américaine d'une réaction de l'administration Trump au décès à 23 ans de Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France. L'ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui « devraient tous nous préoccuper ».
Charles Kushner « ne s'est pas présenté » malgré l'appel du ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot, a déploré lundi soir le Quai d'Orsay. Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que Charles Kushner s'est fait représenter par un responsable de l'ambassade américaine, invoquant des engagements personnels. « C'est une surprise », a réagi mardi Jean-Noël Barrot sur France Info tout en réfutant l'idée que ce soit un camouflet. « Quand on a l'honneur de représenter son pays, les États-Unis d'Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères », a-t-il déclaré sur France Info. « Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d'ambassadeur ayant l'honneur de représenter son pays, le ministre a demandé qu'il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français », a annoncé le ministère.
Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP, l'ambassade des États-Unis n'a pas donné suite aux demandes.
Jean-Noël Barrot a assuré que cet incident, qui relève de la « responsabilité personnelle » de l'ambassadeur, n'affecterait « en rien la relation entre la France et les États-Unis » qui fêtent cette année le 250ᵉ anniversaire. « Elle en a vu d'autres, mais ça affectera naturellement sa capacité à exercer sa mission dans notre pays », a-t-il ajouté. Interrogé sur la possibilité que l'ambassadeur soit déclaré persona non grata, Jean-Noël Barrot n'a pas directement répondu. Il a souligné la nécessité d' « avoir avec lui une explication ». « Je crois que tous les Français partagent le même sentiment », a-t-il insisté. « Nous n'acceptons pas que des pays étrangers puissent venir interférer puis s'inviter dans le débat politique national, quelles que soient les circonstances ». « C'est cette explication que nous devons avoir », a-t-il ajouté, précisant que le ministère souhaitait en outre évoquer les sanctions américaines à l'encontre de plusieurs citoyens européens, dont l'ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.
L'administration Trump a dénoncé la violence politique d'extrême gauche et appelé à traduire les responsables de la mort de Quentin Deranque en justice.
« Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (...) à des fins politiques », a souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n'avait « aucune leçon s'agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire ».
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d'armes avec le président français Emmanuel Macron qui l'a priée d'arrêter de « commenter ce qui se passe chez les autres ».
M. Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu'il n'y avait « pas de place pour les milices d'où qu'elles viennent », va réunir mardi matin des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les « groupes violents ultras ou extrêmes ».
La mort de l'étudiant, que Jean-Noël Barrot a qualifiée de « drame qui concerne la communauté nationale », a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques. Un suspect, mis en examen pour « complicité de meurtre », était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d'un député LFI.
Quant à l'ambassadeur américain, en fonctions dans la capitale française depuis l'été dernier, il avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur « l'absence d'action suffisante » d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme. « En l'absence de l'ambassadeur » à Paris, c'est le chargé d'affaires de l'ambassade américaine qui s'était rendu à cette convocation.
Charles Kushner est le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci.
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