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13:07 Monopole des armes    Discours de Kassem : Baabda rappelle que la « décision de guerre et de paix » ne revient qu’à l’État

La présidence libanaise ne commentera pas « officiellement » le discours lundi du chef du Hezbollah, Naïm Kassem, dans lequel ce dernier affirmait que son parti était « concerné par la nécessité de faire face à la menace » américaine contre l'Iran et n'était « pas neutre » dans un conflit impliquant son parrain iranien, rapporte une source proche de Baabda à L’Orient-Le Jour.

« Mais nous rappelons que la décision (du monopole des armes, et de guerre et de paix aux mains de l’État) est prise », dit la source. Le président de la République, Joseph Aoun, « ne fera pas marche arrière à ce sujet », ajoute-t-elle.

Le président de la République, Joseph Aoun, ainsi que le gouvernement de Nawaf Salam, sont hostiles à l’influence politique iranienne au Liban, et souhaitent voir le Hezbollah désarmer. Alors que l’armée libanaise doit présenter en février un plan pour le désarmement du parti-milice au nord du fleuve Litani, le Hezbollah refuse de remettre son arsenal dans cette zone, faisant craindre de possibles troubles internes. Il y a deux semaines, le secrétaire général du Hezbollah avait haussé le ton à l'encontre des Libanais qui prônent le désarmement total de sa formation, qu'il qualifie de « revendication israélo-américaine ». « Si nous ne sommes pas tous unis, personne ne survivra », avait-il lancé.

Réagissant au discours de Naïm Kassem lundi, la République islamique d’Iran, allié du parti chiite, s'est de son côté félicitée de la « position honorable du Liban. » « Notre relation (avec le Liban) est un lien de fraternité indissoluble », a écrit lundi l'ambassade iranienne au Liban, dans un message sur son compte X.

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13:00 Liban   « On n'a plus rien » : Des milliers de manifestants, à Beyrouth, contre le projet de budget 2026

Des milliers de protestataires manifestent mercredi devant le Parlement contre le projet de budget 2026 que les députés examinent ce matin et qui devrait être soumis au vote à l'issue de trois jours d'étude. Militaires à la retraite, fonctionnaires, enseignants du public et locataires réclament une amélioration de leurs rémunérations ou pensions de retraite, nettement dépassées par l’inflation galopante au Liban depuis la crise économique de 2019.

Place des martyrs, des dizaines de militaires à la retraite, dont certains accompagnés de leurs familles, sont postés devant la mosquée el-Amine, où l'armée est déployée. « Le militaire qui a servi plus de 23 ans n'a pas de quoi vivre sans s'endetter », déplore Majid Harb, venu de Rachaya. L'homme ne touche plus que 280 dollars alors qu'il est père de trois enfants. « Je suis endetté et je travaille dans le béton maintenant. J’ai dû apprendre ce travail. Ils ont sapé tous nos droits », regrette-t-il.

« On n'a plus rien. La crise de 2019 a complètement changé nos vies », confie à notre journaliste sur place Lyana Alameddine Hana’ Matar, venue de Aïn Baalbeck et dont le mari est lui aussi militaire retraité. « L’État ne nous regarde pas. On a l’impression de ne pas être les enfants de ce pays. On paye les factures d'électricité, d'eau et autres, et on n'a rien de tout ça », renchérit Amal Sbat, venue de la Békaa.

Des militaires à la retraite avaient bloqué mardi matin une partie de l'autoroute de Chekka au Liban-Nord à l'aide de pneus incendiés, à quelques heures de la séance parlementaire, a rapporté notre correspondant Michel Hallak.

The daughter of a retired military officer demands an adjustment to her father's pension in front of Parliament on Jan. 27, 2026. (Credit: Mohammad Yassin/L'Orient-Le Jour)

« Ma plus grande peur, c'est la retraite »

A Riad el-Solh, des dizaines d'enseignants du public réclament un ajustement de leurs salaires. Chadia, enseignante d'anglais et mère de deux enfants, peine à subvenir « aux simples besoins » de sa famille. « Ma plus grande peur, c'est la retraite. J’ai peur de la somme que je percevrai », ajoute la femme venue de Choueifate. Même son de cloche du côté de Boufayna, 42 ans, prof d'arabe et également mère de deux enfants, dont l'un à besoins spécifiques qu'elle n'arrive pas à scolariser dans un institut spécialisé en raison de son salaire insuffisant. La quadragénaire réclame un ajustement du salaire de base pour la retraite.

Devant le Parlement, des locataires pointent aussi du doigt la lois sur les baux commerciaux adoptée l'année dernière par le Parlement. « La loi sur les loyers est nulle » ; « Vous nous avez humiliés » ; « Nous fermons à cause de cette loi », scandaient les protestataires. Cette loi concerne les loyers de magazines, bureaux, usines… conclus avant 1992. Elle prévoit leur libéralisation progressive sur une période maximale de quatre ans à compter de son entrée en vigueur. Après un gel prolongé de loyers devenus insignifiants en raison de l’inflation et de la dévaluation monétaire, les propriétaires concernés s’en félicitent, alors que leurs locataires la critiquent vivement, estimant que la hausse des loyers menace leur survie économique.

Liliane Costantine, auxiliaire de justice, a dénoncé le fait que son salaire n'a pas été ajusté après la crise alors que « tout est devenu plus cher ». « Mon salaire était de 1 500$ et ne vaut plus que 400 $ aujourd'hui », dénonce-t-elle.

Selon une source au sein de la police, plus de 5 000 protestataires prennent part à la manifestation.

Les rémunérations dans le secteur public demeurent l’un des défis les plus pressants au Liban. Les salaires ont été nettement dépassés par l’inflation, tandis que la fonction publique est critiquée pour son ampleur, son inefficacité et son coût. Avant l’effondrement économique, les salaires représentaient environ un tiers du budget de l’État — environ 15 milliards de dollars — pour un effectif estimé entre 200 000 et 300 000 fonctionnaires, forces armées comprises.

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12:48 Marchés   Le pétrole prudent face aux tensions entre l'Iran et les Etats-Unis

Les cours du pétrole sont stables mardi, entre un marché prudent sur les tensions entre Washington et Téhéran et une offre d'or noir par ailleurs jugée abondante. Vers 10H00 GMT (11H00 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, perdait 0,04% à 65,55 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 0,05% à 60,66 dollars.

Les investisseurs restent particulièrement attentifs aux développements en Iran, un des dix principaux producteurs de pétrole. Le pays a mis en garde lundi contre une intervention américaine après le récent mouvement de contestation réprimé dans le sang, au moment où les Etats-Unis renforcent leur présence dans la région.

« Nous avons une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela », a déclaré le président américain Donald Trump au site Axios, dans une allusion à la capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.

Mais sans rupture d'approvisionnement liée au risque géopolitique, « la reprise des exportations depuis le champ pétrolier de Tengiz au Kazakhstan vient s'ajouter au scénario de surproduction », explique Derren Nathan de Hargreaves Lansdown. Le Kazakhstan avait subi des incidents sur ce champ pétrolier majeur. Selon l'analyste, la reprise « pourrait entraîner l'arrivée sur le marché de plus d'un million de barils de pétrole par jour ».

Par ailleurs, le marché « sera également attentif aux informations concernant l'impact éventuel du froid arctique aux États-Unis sur la production pétrolière et le raffinage », précise Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Les Etats-Unis affrontent une vague de froid polaire qui a laissé près de 600.000 foyers sans électricité dans la soirée de lundi.

Les températures doivent encore chuter dans les prochains jours sous l'action d'une masse d'air arctique, notamment dans des régions du nord du pays, où le ressenti pourrait atteindre -45°C.

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