Le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé mardi que le pouvoir en Iran vivait ses « derniers jours et dernières semaines », au moment où les autorités iraniennes sont accusées de réprimer dans le sang de vastes manifestations.
« Lorsqu'un régime ne peut se maintenir au pouvoir que par la violence, il est de facto à bout de souffle. Je pars du principe que nous voyons là les derniers jours et semaines de ce régime », a-t-il dit au cours d'un déplacement à Bangalore, dans le sud de l'Inde, selon des propos retransmis par la télévision allemande.
Le pouvoir à Téhéran ne dispose « de toute façon d’aucune légitimité issue d'élections populaires », a encore dit Friedrich Merz, au second jour de sa visite en Inde.
Le dirigeant allemand a néanmoins dit espérer une issue « pacifique ».
L'Allemagne est « en étroite concertation avec le gouvernement américain et avec les gouvernements européens » afin de faire en sorte qu’une transition « pacifique vers un gouvernement démocratiquement légitimé puisse avoir lieu en Iran », selon M.Merz.
Le chancelier s'est inquiété de la « propension toujours plus grande à la violence de la police et des prétendus Gardiens de la révolution en Iran contre leur propre population », lançant un appel « au régime des mollahs » pour qu'il « cesse immédiatement ces violences ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa Première ministre japonaise Sanae Takaichi a reçu mardi le président sud-coréen Lee Jae Myung, tous deux appelant à resserrer les liens entre leurs pays en pleine crise diplomatique entre Tokyo et Pékin. Les deux dirigeants se sont serré la main devant les caméras avant un entretien dans l'ex-capitale impériale de Nara près de Kyoto (ouest), région natale de la dirigeante nationaliste, a constaté une journaliste de l'AFP sur place.
La rencontre intervient alors que les relations entre la Chine et le Japon enregistrent un coup de froid depuis que Mme Takaichi a laissé entendre en novembre que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan, considérée comme partie intégrante de la Chine par Pékin.
La semaine dernière, Pékin a annoncé des contrôles renforcés sur l'exportation vers le Japon de biens à double usage, civil et militaire, au risque d'affecter l'approvisionnement du Japon en terres rares.
« Dans cette situation de plus en plus complexe, au sein d'un ordre international en rapide évolution, nous devons continuer à progresser vers un avenir meilleur (...) la coopération entre nos deux pays est plus importante que jamais, et primordiale », a déclaré Lee Jae Myung au début de la rencontre.
M. Lee, qui ne souhaite pas se mêler du différend entre Pékin et Tokyo, est au Japon pour deux jours.
Mme Takaichi, elle, a déclaré à M. Lee que, « tout en faisant progresser leurs relations bilatérales, les deux pays devaient coopérer pour assurer la stabilité régionale et remplir leurs rôles respectifs ».
« Face à la détérioration de la situation dans le voisinage de nos deux pays, nos relations bilatérales, ainsi que la coopération entre Japon, Corée du Sud et États-Unis, revêtent une importance croissante » et les liens entre Tokyo et Séoul sont « stratégiques », a-t-elle martelé à l'issue de l'entretien.
Selon la présidence sud-coréenne, les deux pays sont convenus de renforcer leur coopération sur la sécurité économique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur les « questions régionales et mondiales ».
Avant sa visite au Japon, M. Lee s'est rendu il y a une semaine en Chine où il a rencontré son homologue Xi Jinping et mis en scène leur entente dans des selfies largement partagés en ligne.
Sa visite au Japon peu de temps après sert à « montrer que Séoul ne favorise pas un camp plutôt qu'un autre », analyse Benoît Hardy-Chartrand, expert de géopolitique au campus de l'Université Temple à Tokyo.
Pour lui, la Chine s'imposait au menu des discussions à huis clos « car les mesures de rétorsion de Pékin, y compris les contrôles à l'exportation, auront également un impact sur la Corée ». Les chaînes d'approvisionnement des trois pays sont imbriquées, notamment dans l'industrie électronique.
La rencontre au sommet intervient aussi après d'importantes manoeuvres militaires chinoises autour de Taïwan et des tirs de missiles balistiques par la Corée du Nord, dont Pékin est proche, en mer du Japon.
Dans un entretien avec la chaîne publique nippone NHK diffusé lundi, M. Lee a cependant déclaré qu'il n'avait pas à « intervenir ou s'impliquer » dans la dispute sino-japonaise.
Contrairement à son prédécesseur, tenant d'une ligne dure avec la Corée du Nord, il défend l'apaisement avec Pyongyang, alors que Tokyo s'inquiète des menaces nord-coréennes pour la sécurité régionale.
Tokyo et Séoul pourraient également évoquer les relations avec leur allié américain. L'imprévisibilité du président Donald Trump « a remis en question de vieilles certitudes et souligné l'importance de renforcer leurs liens », selon M. Hardy-Chartrand.
« Sanae Takaichi se méfiera de la stratégie de la Chine, conçue pour creuser des divisions entre la République de Corée et le Japon, et elle voudra réaffirmer le terrain d'entente partagé entre Séoul et Tokyo », note auprès de l'AFP Yee Kuang Heng, professeur en sécurité internationale à l'Université de Tokyo.
Les relations entre les deux voisins ont longtemps été minées par les questions liées à l'occupation brutale de la péninsule coréenne par le Japon entre 1910 et 1945.
L'ancien président conservateur sud-coréen Yoon Suk Yeol avait travaillé à un réchauffement diplomatique avec Tokyo. Son successeur, Lee Jae Myung, compare pour sa part la relation entre les deux pays à celle de « voisins partageant un jardin ». Sa visite au Japon est la deuxième depuis août lorsqu'il avait rencontré le prédécesseur de Mme Takaichi, Shigeru Ishiba.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de onze autres prévenus s'ouvre mardi à Paris: la cheffe de file de l'extrême droite française joue son éligibilité pour l'élection présidentielle de 2027 et, plus généralement, son avenir politique.
L'audience, présidée par Michèle Agi, doit débuter à 13H30. Le procès est prévu théoriquement jusqu'au 11 février dans le palais de justice historique au cœur de la capitale, avant une décision attendue à l'été.
La triple candidate malheureuse à l'Elysée a été condamnée pour détournement de fonds publics le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d'amende et, surtout, cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate, qui l'empêche à date de concourir à la présidentielle - ou, en cas de dissolution, à sa propre succession dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Les juges de première instance l'ont reconnue coupable d'avoir mis en place un « système » entre 2004 et 2016 de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés, destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg.
Pour l'accusation, qui sera représentée devant la cour d'appel par Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, lesdits assistants travaillaient en réalité pour le seul parti Front national (FN, devenu RN) ou leurs dirigeants. « Il y a une règle intangible qui a toujours été là, c'est que les fonds qui sont versés à l'assistant parlementaire, c'est pour le député, c'est pas pour le parti. Cette règle-là a toujours existé », a rappelé mardi sur RTL l'avocat en partie civile du Parlement européen, Me Patrick Maisonneuve.
Le tribunal correctionnel a établi le préjudice à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros déjà remboursés par une partie des prévenus - ils étaient 25 en première instance, douze ont renoncé à faire appel malgré leur condamnation, dont la propre sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen. Le maire de Perpignan Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l'eurodéputé Nicolas Bay ou Bruno Gollnisch seront en revanche à nouveau sur le banc des prévenus.
« J'espère pouvoir convaincre les magistrats de mon innocence », a rappelé Marine Le Pen lundi en marge des vœux à la presse de Jordan Bardella, estimant qu'il n'y avait qu' »un seul axe de défense: dire la vérité, c'est la stratégie qui est la mienne, comme je l'ai fait en première instance, en espérant être mieux entendue ». Mais, assistée de son conseil historique, Me Rodolphe Bosselut, et d'une nouvelle avocate, Me Sandra Chirac-Kollarik, la patronne du groupe RN à l'Assemblée pourrait davantage insister sur sa « non-intentionnalité » de commettre les faits qui lui sont reprochés plutôt qu'une dénégation en bloc, parfois perçue comme une « défense de rupture », telle que plaidée en première instance, selon plusieurs de ses proches.
Le député RN Jean-Philippe Tanguy a par ailleurs indiqué mardi sur RTL qu'une consigne de sobriété avait été adressée à la garde rapprochée: « il n'y a pas à médiatiser outre mesure cette affaire ; nous, en tant que parlementaires, on a beaucoup de dossiers à l'Assemblée nationale ».
Si Marine Le Pen n'a pas abandonné l'espoir d'être relaxée, une déclaration de culpabilité n'obérerait pas sa possibilité de concourir à la présidentielle de 2027 mais à une double condition: qu'une éventuelle peine d'inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats renoncent à la condamner au port d'un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener une campagne. Elle a quoi qu'il en soit indiqué que la seule décision de la cour d'appel déterminera son avenir, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation - bien que cette dernière entende se prononcer, si elle devait être saisie, avant l'échéance présidentielle. Neuf mois après sa condamnation, Marine Le Pen a déjà vu son image se dégrader dans l'opinion, l'idée d'une candidature de substitution de Jordan Bardella à l'Elysée s'étant peu à peu imposée comme la plus probable.
Dans une étude Verian pour Le Monde et L'Hémicycle parue dimanche, 49% des Français estiment que, des deux leaders d'extrême droite, c'est le président du RN qui a « le plus de chances de remporter la présidentielle », contre 16% pour la fille de Jean-Marie Le Pen. De même que M. Bardella ferait « un meilleur président de la République » que sa mentor pour 30% des personnes interrogées, alors que 22% pensent le contraire. Qu'importe: cet automne, Marine Le Pen avait pris la peine de rappeler qu'il était « sûr et certain » qu'elle briguerait à nouveau l'Elysée « si elle p(ouvait) être candidate ». Tout en reconnaissant que, à défaut, « Jordan Bardella peut gagner à (sa) place ».
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