Les meurtres lundi à Ankara, la capitale turque, de trois femmes d'une même famille a suscité l'indignation d'associations féministes qui affirment que le principal suspect était un détenu bénéficiant d'une permission de sortie temporaire. Selon la presse turque, les trois victimes, toutes tuées par balle, sont la mère, l'épouse et la fille du suspect, qui a ensuite retourné l'arme contre lui.
L'homme, qui purgeait une peine de prison pour « menace avec arme » et « fraude » dans le nord-ouest de la Turquie, s'était vu accorder début février une permission de sortie de onze jours, affirme l'agence de presse privée DHA. « L'an dernier, six femmes ont été assassinées par des individus évadés de prison ou bénéficiant d'une permission de sortie. Le ministres de la Justice et de l'Intérieur sont restés silencieux et personne n'a été tenu responsable ! Et aujourd'hui un autre détenu (...) a encore pu semer la terreur », a fustigé sur X le groupement des Comités de solidarité féminine, issu du parti communiste turc.
Dénonçant également ce triple meurtre, l'association turque « Nous ferons cesser les féminicides » a appelé à un rassemblement mardi soir à Ankara. Selon cette organisation, 294 femmes ont été tuées par des hommes en 2025 en Turquie, et 297 autres sont mortes dans des circonstances jugées suspectes.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe conseil d'administration de l'Institut du monde arabe (IMA) se réunira mardi prochain en vue du remplacement de Jack Lang, démissionnaire après l'ouverture d'une enquête sur ses liens avec Jeffrey Epstein, a indiqué mardi à l'AFP le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Plus tôt, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait déclaré à des journalistes que ce conseil d'administration se tiendrait « en principe lundi prochain » pour permettre « de désigner le successeur du président sortant qui a présenté sa démission », en marge d'une visite dans l'est de la France.
D'autres sources informées du dossier avaient ensuite évoqué la date de mardi.
Jack Lang, ex-ministre socialiste de 86 ans, a été contraint de quitter la présidence de l'IMA qu'il occupait depuis 2013 à la suite de la publication fin janvier de millions de nouveaux documents liés à l'homme d'affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein. Parmi les messages échangés par le financier américain, son nom ressort 673 fois et fait apparaître des intérêts économiques communs.
Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire contre lui et sa fille Caroline Lang pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
Lors du vote prévu mardi, les membres du conseil d'administration de l'IMA désigneront soit un successeur jusqu'à fin décembre avant de prolonger son mandat pour trois ans, soit un successeur intérimaire jusqu'à la fin de l'année avant la nomination d'un autre candidat, selon ces sources.
La nomination du président de cette prestigieuse institution est faite par le président de la République, mais doit être entérinée par un vote du conseil d'administration.
Le conseil d'administration de l'IMA, fondation privée créée en 1980 issue d'un accord international entre la France et 22 pays arabes, est composé de sept membres français et sept membres arabes, selon un rapport de la Cour des comptes.
Côté français, il s'agit de deux hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et deux adjoints, ainsi que d'un député, un sénateur et un président d'un grand mécène. Côté arabe, les membres sont des ambassadeurs ou adjoints ou ès qualité en poste à Paris, dont la durée du mandat est mouvante puisqu'elle dépend de leur présence en France.
Les noms de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ainsi que des ex-ministres de la Culture Rima Abdul Malak et Audrey Azoulay -qui a quitté la direction générale de l'Unesco en novembre- circulent comme potentiels successeurs.
Pour autant, l'entourage de Jean-Yves le Drian, qui était intéressé par la présidence de l'IMA avant que Jack Lang ne soit prolongé dans ses fonctions, a semblé écarter mardi cette potentielle candidature, indiquant à l'AFP que l'actuel envoyé spécial d'Emmanuel Macron pour le Liban « est bien dans ce qu'il fait et est utile au pays ».
Après avoir dans un premier temps exclu de quitter son poste, Jack Lang a finalement « proposé » sa démission samedi de l'IMA, instrument des relations de la France avec le monde arabe.
Ex-figure du Parti socialiste français, l'ancien ministre de la Culture est notamment célèbre pour avoir lancé dans les années 80 le concept de la Fête de la musique repris par plusieurs pays.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accordé des grâces et des remises de peine à plus de 2.000 prisonniers mardi, ont annoncé les autorités judiciaires, précisant que ces mesures ne concernaient aucune des personnes impliquées dans les récentes manifestations. L'annonce intervient la veille de l'anniversaire de la Révolution islamique, qui donne traditionnellement lieu à de telles mesures.
« Le guide de la révolution islamique a accédé à la demande du chef du pouvoir judiciaire de gracier, réduire ou commuer les peines de 2.108 condamnés », a indiqué sur son site Mizan Online, le média en ligne du pouvoir judiciaire.
La liste des bénéficiaires ne comprend cependant aucune des personnes « poursuivies ou condamnées après les récentes émeutes », a précisé le média, citant le chef adjoint du pouvoir judiciaire, Ali Mozaffari.
Des manifestations antigouvernementales massives ont commencé le 28 décembre contre la hausse du coût de la vie en Iran et ont ensuite évolué en un mouvement de contestation contre le pouvoir.
Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de plus de 3.000 personnes dans les manifestations, mais affirment que la plupart des victimes sont des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes » agissant pour le compte des Etats-Unis et d'Israël.
L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a dit de son côté avoir confirmé la mort de 6.964 personnes, des manifestants pour l'écrasante majorité, et enquêter sur 11.730 autres cas.
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