L'ambassade des Etats-Unis va offrir pour la première fois ses services consulaires dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée, une décision saluée mercredi par Israël mais condamnée par l'Autorité palestinienne. Le 27 février et « pour une journée seulement », les résidents américains pourront bénéficier « des services courants de passeports » dans la colonie d'Efrat, a annoncé sur X la mission américaine de Jérusalem.
Cette colonie, située à 12 km au sud de Jérusalem, compte quelque 12.000 habitants. L'expérience sera renouvelée au cours des prochains mois sur le territoire palestinien occupé depuis 1967, dans la colonie de Beitar Illit et la ville de Ramallah.
« Nous saluons l'importante décision de l'ambassade américaine d'étendre ses services consulaires à Efrat, en Judée-Samarie », le nom biblique de la Cisjordanie, a réagi le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar. « Alors que l'Amérique célèbre ses 250 ans d'indépendance, Israël se tient fièrement à ses côtés », a-t-il déclaré lors d'un événement marquant l'occasion.
Pour la Commission de résistance à la colonisation et au mur, qui dépend de l'Autorité palestinienne, il s'agit au contraire d'une « claire violation du droit international et d'un favoritisme flagrant envers les autorités d'occupation (Israël, NDLR) ». Elle a appelé Washington à revenir sur sa décision. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a également dénoncé « une mesure dangereuse qui vient soutenir les plans de judaïsation » menés par Israël en Cisjordanie.
Environ 500.000 Israéliens vivent dans les colonies de Cisjordanie, implantations régulièrement dénoncées par l'ONU comme illégales au regard du droit international, au milieu de trois millions de Palestiniens. Le gouvernement israélien actuel, considéré comme l'un des plus à droite de l'histoire du pays, a accéléré l'expansion des colonies.
Il a récemment pris une série de mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie, y compris sur des secteurs placés sous le contrôle de l'Autorité palestinienne en vertu des accords israélo-palestiniens d'Oslo, conclus dans les années 1990 et aujourd'hui moribonds.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa Turquie « évalue activement les mesures qu’elle pourrait prendre dans le cas où un conflit éclaterait entre son voisin iranien et les États-Unis », a déclaré mercredi une source diplomatique turque à Reuters.
Ce débat est initié alors que l’Iran et les États-Unis ont repris les négociations plus tôt ce mois-ci, à un moment où Washington renforce parallèlement sa présence militaire au Moyen-Orient. Téhéran a averti qu’il pourrait viser des bases américaines dans la région en cas d’attaque, tout en soulignant qu’un accord diplomatique restait « à portée de main » si la diplomatie était privilégiée.
Membre de l’OTAN et partageant une frontière avec l’Iran, la Turquie s’est publiquement opposée à toute intervention militaire contre son voisin oriental. Ankara maintient cependant des contacts autant avec Washington qu’avec Téhéran afin de désamorcer les tensions, et appelle régulièrement à privilégier la voie diplomatique.
« Naturellement, nous étudions les mesures qui pourraient être prises en cas d’évolution négative sous tous les aspects », précise la source diplomatique turque précitée. Le responsable ajoute que différents scénarios visant à protéger les citoyens turcs sont examinés, mais que toute action violant la souveraineté iranienne est « hors de question ».
Aucun détail n’a été fourni sur les mesures envisagées. Plus tôt ce mois-ci, la présidence turque avait démenti des informations médiatiques affirmant que la Turquie se préparait à entrer sur le territoire iranien pour gérer un éventuel afflux de réfugiés.
Par ailleurs, des manifestations ont été organisées à Istanbul devant le consulat général des États-Unis pour exprimer la solidarité avec le peuple iranien.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Parlement israélien a accepté mercredi de débattre d'une proposition de loi visant à renforcer l'autorité des rabbins ultra-orthodoxes sur le mur des Lamentations, leur permettant d'y interdire toute forme de prière mixte entre hommes et femmes.
Par une majorité de 56 députés - 47 ayant voté contre - la Knesset a jugé recevable ce projet d'amendement à la Loi de protection des Lieux saints présenté par un député d'opposition d'extrême droite, Avi Maoz. Il est soutenu par le ministre de la Justice, Yariv Levin, membre du Likoud, le parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui n'a lui-même pas pris part au vote.
Situé à Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, le mur des Lamentations est le dernier vestige du Second Temple juif, détruit au Ier siècle, et le lieu le plus sacré où les juifs sont autorisés à prier par le grand rabbinat d'Israël.
On y trouve trois espaces de prière: deux non-mixtes, dont le plus grand pour les hommes, et une section mixte, la plus petite, réprouvée par le rabbinat officiel qui est sous la houlette des ultra-orthodoxes.
Sur X, M. Maoz a expliqué vouloir riposter à un arrêt du 16 février de la Cour suprême - saisie par la mouvance réformée du judaïsme - exigeant que l'Etat développe cette section, dite aussi « égalitaire ».
Cet espace, où hommes et femmes peuvent pratiquer le culte côte-à-côte, est utilisé par des fidèles des courants réformés (libéraux et conservateurs), majoritaires aux Etats-Unis mais très minoritaires en Israël.
Dans un geste envers la communauté juive américaine, un précédent gouvernement Netanyahu avait voté en 2016 pour la création de cet espace, puis fait machine arrière l'année suivante sous la pression de ses alliés des partis ultra-orthodoxes.
Résultat : l'espace mixte a été créé mais n'a pas été aménagé, ce dont se plaignent ses usagers, dont certains sont à l'origine du recours devant la Cour suprême.
Dimanche, M. Levin avait appelé les députés à soutenir le texte de M. Maoz pour faire barrage à ce qu'il a présenté comme une ingérence inacceptable de la Haute Cour dans les affaires religieuses.
L'affaire témoigne du conflit qui oppose le gouvernement Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, à la Cour suprême, dont il cherche, depuis son entrée en fonction fin 2022, à réduire drastiquement les prérogatives. Il révèle aussi les tensions internes au sein du judaïsme.
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