TikTok a annoncé jeudi avoir créé une coentreprise majoritairement détenue par des investisseurs américains pour gérer ses activités aux États-Unis, mettant fin à une longue saga judiciaire qui menaçait de conduire à son interdiction dans le pays.
Cette nouvelle structure servira plus de 200 millions d’utilisateurs, tout en mettant en œuvre des garanties strictes en matière de protection des données, de sécurité des algorithmes et de modération des contenus, a assuré la plateforme dans un communiqué. Sa création répond à une loi adoptée sous le mandat de l’ancien président démocrate Joe Biden, obligeant ByteDance, le propriétaire chinois de TikTok, à céder le contrôle de ses activités aux États-Unis sous peine d’y être interdit.
Le président américain Donald Trump a salué cet épilogue et le rôle joué, selon lui, par son homologue chinois Xi Jinping. « Je suis tellement heureux d’avoir aidé à sauver TikTok ! », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, affirmant que le réseau « appartient désormais à un groupe de grands patriotes et investisseurs américains ». « Je voudrais aussi remercier le président chinois Xi d’avoir travaillé avec nous et, en fin de compte, approuvé l’accord. Il aurait pu faire le contraire, mais il ne l’a pas fait, et nous lui en sommes reconnaissants », a-t-il ajouté.
Donald Trump avait repoussé à plusieurs reprises la date butoir pour cette mise en conformité de TikTok, qui avait été fixée pour la dernière fois à vendredi. Le réseau social avait annoncé en décembre avoir signé un accord permettant de créer la coentreprise américaine exigée par la loi.
Cette dernière sera détenue par une majorité d’investisseurs américains. Les sociétés Silver Lake - qui fait au passage partie du consortium mené par le Fonds public d'investissement saoudien qui rachète le géant du jeu vidéo Electronic Arts -
Parmi les investisseurs figurent plusieurs riches soutiens du président américain Donald Trump, qui avait défini les contours de la nouvelle structure dans un décret publié en septembre, à l’instar de Larry Ellison, d’Oracle. Ce géant technologique sera notamment chargé de stocker les données des utilisateurs américains dans son cloud sécurisé, selon TikTok.
La société d’investissement Silver Lake Partners et le groupe informatique Dell font également partie des investisseurs. ByteDance conserve pour sa part une participation de 19,9 % dans la coentreprise, restant ainsi en dessous du seuil de 20 % fixé par la loi. Selon TikTok, la structure fonctionnera comme « une entité indépendante », dirigée par un conseil d’administration de sept membres majoritairement américains, incluant le directeur général de la plateforme, Shou Chew, et des dirigeants de grands fonds d’investissement.
En revanche, TikTok conservera le contrôle, aux États-Unis, de ses services chargés de ses activités commerciales (publicité, vente en ligne, communication, etc.) et de « l’interopérabilité mondiale » du réseau social. La loi adoptée au printemps 2024 par le Congrès américain visait à empêcher que les autorités chinoises puissent accéder aux données personnelles d’utilisateurs de TikTok aux États-Unis ou influencer l’opinion américaine via le puissant algorithme du réseau social de courtes vidéos.
TikTok a admis que des employés basés en Chine avaient eu accès à des données d’utilisateurs américains, mais a toujours démenti les avoir communiquées au gouvernement chinois.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président ukrainien Volodymyr Zelensky a vertement critiqué jeudi ses alliés européens, disant voir une Europe « fragmentée » et « perdue » lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump et manquant de « volonté politique » face à Vladimir Poutine.
Ce discours très offensif à l'égard des principaux soutiens politiques et financiers de Kiev depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 intervenait après une rencontre avec Donald Trump à Davos qui a permis, selon M. Zelensky, de parvenir à un accord sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine.
Le dialogue avec son homologue américain n'est « pas simple », a admis le dirigeant ukrainien, tout en évoquant une rencontre « positive ». Il a ainsi affirmé que les documents préparés avec Washington pour mettre fin au conflit sont « presque prêts ». Il a plus tard assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.
« Les garanties de sécurité, c'est prêt », a-t-il déclaré, indiquant que « le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux ». « La guerre doit prendre fin », a de son côté indiqué Donald Trump après leur rencontre, à des journalistes qui l'interrogeaient sur le message qu'il voulait faire passer au chef de l'Etat russe Vladimir Poutine.
Les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, sont parallèlement attendus jeudi soir à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Depuis des mois, les capitales européennes tentent de peser dans les discussions, redoutant que Washington, qui se présente en médiateur, n'impose à Kiev une solution trop favorable à Moscou. Fait rare, les flèches de Volodymyr Zelensky se sont concentrées sur l'Europe.
« Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l'Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances », a-t-il déploré, évoquant des « querelles internes incessantes et des non-dits » qui « empêchent l'Europe de s'unir ». « L'Europe a l'air perdue lorsqu'elle tente de convaincre le président américain de changer », a-t-il poursuivi, avant de lancer: « L'Europe adore discuter de l'avenir, mais évite d'agir aujourd'hui ».
Après avoir critiqué les Européens pour leur gestion de la crise autour du Groenland et de l'Iran, M. Zelensky a estimé « qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis » en Ukraine et que le soutien de son homologue américain était « indispensable ».
Des discussions « trilatérales » entre l'Ukraine, les Etats-Unis et la Russie doivent se dérouler cette semaine aux Emirats arabes unis, a-t-il aussi dit, ajoutant: « les Russes doivent être prêts à des compromis ». M. Zelensky n'a pas indiqué le format des discussions, ni si les représentants ukrainiens et russes discuteraient directement. Son cabinet n'avait pas répondu dans l'immédiat aux demandes de précisions. La question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est « pas encore résolue », a-t-il déclaré. « Poutine a réussi, malheureusement, à arrêter l'Europe », a encore tancé le président ukrainien, appelant les Européens à « s'unir pour stopper la Russie ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsC'est déjà le cas pour l'avortement, mais les Etats-Unis entendent interdire que leur aide étrangère bénéficie aux programmes favorisant la promotion de la diversité et de l'égalité de genre, a-t-on appris jeudi auprès d'un responsable américain.
Le département d'Etat doit rendre publiques vendredi de nouvelles règles élargissant « la politique dite de Mexico », qui interdit de subventionner l'avortement, pour inclure les programmes de genre et de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) et leur « idéologie discriminatoire », a indiqué ce responsable sous couvert de l'anonymat. Cela doit porter non seulement sur les 8 milliards de dollars consacrés annuellement à la santé mondiale, mais aussi sur l'ensemble de l'aide étrangère américaine - soit plus de 30 milliards de dollars - et « s'appliquer aux ONG étrangères » et « aux organisations internationales et aux ONG américaines », selon ce responsable.
La « Mexico City Policy », connue des critiques sous le nom de « règle du bâillon global », interdit aux ONG étrangères d'utiliser l'aide américaine pour soutenir les services ou la défense de l'avortement. L'impact exact reste à déterminer, car l'administration Trump a déjà considérablement réduit l'aide étrangère, notamment en démantelant l'Agence américaine pour le développement international (USAID), qui était le plus grand fournisseur d'aide gouvernementale au monde.
Le président américain Donald Trump s'est insurgé contre les droits des personnes transgenres, utilisant fréquemment des termes péjoratifs pour rappeler le soutien de l'ancien président démocrate Joe Biden à la communauté transgenre. Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a également annulé la décision de Biden d'autoriser l'utilisation du symbole « X » pour indiquer le genre sur les passeports. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a fait la chasse aux programmes DEI au sein du gouvernement fédéral, des universités et des écoles, ainsi que dans le sport. L'ancien président Biden et d'autres présidents démocrates ont, pendant leur mandat, abrogé la politique de Mexico.
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