Un énorme fragment de météorite a été découvert au port de Saint-Pétersbourg dans une caisse en partance pour le Royaume-Uni, ont annoncé jeudi les douanes russes, précisant que l'objet avait été présenté comme « une sculpture » pour jardin lors de cette tentative d'exportation clandestine.
« Cette marchandise d’importance stratégique a été découverte lors du scan d’un conteneur maritime dans le port de Saint-Pétersbourg », ont indiqué les douanes dans un communiqué sur Telegram, sans donner plus de détails sur la façon dont elle s'était retrouvée en Russie. « Lors de la tentative d'exportation, elle a été déclarée comme une sculpture destinée à l'aménagement paysager », ont-ils poursuivi, ajoutant que l'objet pesait plus de 2,5 tonnes.
Une enquête a été ouverte, ont indiqué les autorités, qui ont diffusé une vidéo montrant un imposant fragment noirâtre, d'une forme oblongue, émerger d'une caisse au fur et à mesure que les douaniers ouvrent la boîte.
Selon les douanes, il s'agit d'un fragment de la météorite Aletai, l'une des plus grandes météorites de fer connues, découverte en 1898 au Xinjiang, en Chine, et formée il y a 4,5 milliards d’années. La valeur de ce fragment est d'environ 323 millions de roubles (environ 3,6 millions d'euros), ont estimé les douanes.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes négociateurs ukrainiens et russes ont commencé jeudi une seconde journée de pourparlers sous l'égide des Américains à Abou Dhabi visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre sanglante en Ukraine.
« La seconde journée de discussions à Abou Dhabi a débuté », a annoncé le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov. La Russie a de son côté fait état de « progrès » dans ces pourparlers. « Il y a sans aucun doute des progrès », a déclaré à la presse l'émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev. Il n'a pas donné de détails, mais le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit mercredi soir, au terme de la première journée de discussions, tabler sur un nouvel échange de prisonniers « dans un avenir proche ». C'est par ailleurs le seul résultat concret auquel les deux camps étaient parvenus lors de précédents pourparlers en Turquie en 2025. Kirill Dmitriev a par ailleurs accusé des « instigateurs de la guerre en provenance d'Europe (..) d'entraver ce processus » de négociations avec Kiev, sans fournir de précisions.
L'invasion de l'Ukraine déclenchée par Moscou en 2022, le pire conflit armé en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, a fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés. Mercredi, la Russie a de nouveau réclamé que l'Ukraine se plie à ses exigences, renforçant les doutes sur les chances de succès des efforts diplomatiques menés sous l'impulsion du président américain, Donald Trump. « Tant que le régime de Kiev n'aura pas pris la décision appropriée, l'opération militaire spéciale se poursuivra », a averti le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Moscou exige notamment que Kiev abandonne l'intégralité de la région de Donetsk (est), y compris les zones contrôlés par l'armée ukrainienne, en échange d'un éventuel gel de la ligne de front.
Dans une interview diffusée par la chaîne de télévision France 2 mercredi soir, M. Zelensky a estimé que Moscou devrait sacrifier 800.000 hommes supplémentaires pour achever de conquérir militairement cette région. « Il leur faudra deux ans au minimum avec une progression très lente. A mon avis, ils ne tiendront pas aussi longtemps », a-t-il souligné, selon des propos traduits par la chaîne française. M. Zelensky a toutefois reconnu que le conflit pesait également lourdement sur son pays, avec « un grand nombre de disparus » et « 55.000 » militaires ukrainiens tués. Selon certaines estimations, il s'agit de dizaines de milliers de soldats portés disparus et de toute vraisemblance tués. Kiev se refuse à abandonner la région, où sont situées ses principales défenses face aux assauts russes, mais craint que Washington n'appuie la position de Moscou.
Durant les pourparlers, auxquels participent l'émissaire américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, la Russie maintient la pression sur les populations civiles ukrainiennes.
Mercredi, une frappe russe sur un marché dans la ville de Droujkivka, dans l'est de l'Ukraine, a fait au moins sept morts et 15 blessés, selon le gouverneur régional.
Après une brève pause obtenue sur requête du président américain, Moscou a par ailleurs repris mardi ses frappes sur les infrastructures énergétiques du pays, entraînant des coupures de chauffage et d'électricité pour des centaines de milliers de foyers, par des températures frôlant les -20°C.
La Russie cible également les voies ferrées avec l'objectif « de couper certaines régions d'Ukraine et de semer la peur dans l'esprit des populations », a déclaré mercredi à l'AFP le chef de la société nationale ferroviaire Ukrzaliznytsia, Oleksandr Pertsovsky.
Dans ce contexte, les Ukrainiens interrogés par l'AFP doutent qu'un accord puisse être conclu. « Je pense que tout cela n'est qu'une mise en scène pour le public », résume Petro, un habitant de Kiev. « Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur. »
À Moscou en revanche, les Russes interrogés ont fait part de leur espoir de voir la guerre se terminer. « Cela doit finir un jour, tout le monde en a assez », a souligné Anton, un ingénieur de 43 ans, tandis que Dmitri, 44 ans, dit souhaiter que « les drones cessent de survoler nos têtes et que les gens cessent de mourir ».
« Poutine n'a peur que de Trump », a jugé mercredi M. Zelensky sur France 2 ajoutant que le dirigeant américain a « un moyen de pression par l'économie, par les sanctions, par les armes qu'il pourrait nous transférer ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Volker Türk a mis en garde jeudi sur la situation de son organisation, actuellement en « mode survie » avec le reflux des financements. « Nous sommes actuellement en mode survie et devons assurer nos missions sous la contrainte (...) L'année dernière, nous avons mené moins de la moitié des missions de suivi des droits humains par rapport à 2024 (...) Nous avons réduit notre présence dans 17 pays », a annoncé Volker Türk à Genève (Suisse) en lançant devant des diplomates l'appel aux financements volontaires pour 2026 de son organisation.
« Nos besoins estimés pour 2026 s’élèvent à 400 millions de dollars US (340 millions d'euros) de contributions volontaires », a-t-il expliqué. « En cette période critique, ce montant nous permettra de défendre tous les droits – civils, politiques, sociaux, culturels et économiques – de tous et toutes ». Il a rappelé que son organisation « fournit des informations crédibles sur les atrocités et les évolutions en matière de droits humains à un moment où la vérité est érodée par la désinformation et la censure ».
L'année dernière, le Haut-Commissariat avait lancé un appel à 500 millions de dollars (424 millions d'euros) de dons, sur lesquels il n'a reçu qu'environ 260 millions (220 millions d'euros). De plus, son budget régulier, estimé à 246 millions de dollars (209 millions d'euros) pour 2025, avait in fine été réduit de plus de 54 millions (46 millions d'euros).
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a averti la semaine dernière les États membres d'un « effondrement financier imminent » du système de l'ONU si certains, comme les États-Unis, continuent de ne pas honorer leurs engagements. Selon M. Türk, les coupes et réductions frappant le Haut-Commissariat « donnent carte blanche aux auteurs de violations des droits humains, leur permettant d'agir à leur guise ».
En 2025, le Haut-Commissariat, qui dispose de 1.275 employés dans 87 pays, a mené plus de 5.000 missions de surveillance des droits humains et apporté un soutien direct à 67.000 survivants de la torture et des formes contemporaines d'esclavage, a souligné M. Türk.
L'organisation a aussi documenté des dizaines de milliers de violations des droits humains, dont des centaines commises contre des journalistes et des défenseurs des droits, et dénoncé des discriminations dans plus de 100 pays. « A l’échelle mondiale, nous avons contribué à la libération de plus de 4.000 personnes détenues arbitrairement, soit environ 1.000 de plus que l’année précédente », a ajouté M. Türk.
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