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15:06 Liban   Amnistie générale : les observations de l’armée remises à la veille de la séance au Parlement

Le ministre de la Défense, Michel Menassa, a remis lundi au vice-président de la Chambre, Élias Bou Saab, les observations écrites de l’armée libanaise concernant les amendements proposés au projet de loi d’amnistie générale, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Auparavant, M. Menassa s’était entretenu avec le président de la Chambre, Nabih Berry.

Le bureau de la Chambre a convoqué les députés à deux séances plénières mardi et mercredi prochains, à partir de 11h, afin d’examiner plusieurs textes-clés inscrits à l’ordre du jour. Deux séances sont prévues chacun de ces deux jours, l’une en matinée et l’autre dans l’après-midi. L’Orient-Le Jour a appris que l’ordre du jour des séances plénières a été établi conformément à l’entente conclue en début de semaine entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et la majorité des députés sunnites.

La proposition de loi portant sur l’abolition de la peine de mort figure ainsi en tête de l’ordre du jour, suivie du texte sur le secteur de l’information, puis de celui sur la loi d’amnistie générale. « C’est une façon de permettre à des détenus, dont plusieurs islamistes, de profiter de la modification de la loi sur la peine de mort, qui doit être remplacée par les travaux forcés aggravés à perpétuité », avait commenté pour L’OLJ Nabil Badr, député sunnite de Beyrouth. Selon lui, le texte sur l’amnistie devrait être adopté aisément mardi, d’autant plus que sa version finale bénéficie du soutien des principales composantes sunnites. De leur côté, les Forces libanaises, dont le retrait avait torpillé une séance tenue en juillet, affirment se ranger derrière les députés sunnites sur le dossier de l’amnistie. Les députés du parti devraient donc voter en faveur du texte, en vue de son adoption.

De son côté, lundi également, l’Observatoire libanais des droits des détenus a appelé les députés à « faire preuve de solidarité et à parvenir à un consensus » lors de la séance de la Chambre prévue mardi en votant en faveur de l’adoption de la loi d’amnistie générale. Dans un communiqué, l’Observatoire a souligné que « les regards de milliers de familles libanaises resteront tournés vers eux, dans l’attente d’un geste d’humanité et de conscience », à travers leur vote en faveur de l’adoption de la loi d’amnistie générale. Celle-ci est devenue, selon l’Observatoire, « une nécessité humanitaire urgente et impérieuse, qui permettra de sauver de nombreuses vies, de tourner la page d’une sombre période traversée par le pays, d’ouvrir la voie à un avenir où les Libanais se réconcilieront entre eux et de redonner espoir à de nombreux citoyens qui sont sur le point de le perdre ».

14:52 Conflit   Une carte israélienne qui annexe une partie du Liban-Sud supprimée par Israël sur X... mais pas sur Telegram

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié le 6 août, sur son compte X, une carte sur laquelle le Liban est amputé d'une partie de son territoire dans le Sud, celle-ci apparaissant comme annexée au territoire israélien. Cette publication a rapidement suscité des protestations libanaises officielles auprès de Washington, avant d'être supprimée du réseau social par le ministère israélien au cours des dernières 24 heures. Toutefois, la même carte a été publiée dimanche sur le compte Telegram officiel de l'État hébreu, où elle était toujours visible lundi.

Le document en question est censé illustrer le niveau de malnutrition dans plusieurs pays de la région et étayer l’affirmation israélienne selon laquelle il n’y aurait pas de famine dans la bande de Gaza assiégée et majoritairement détruite par l'offensive israélienne lancée après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. « Une nouvelle étude commissionnée par l'Unicef montre que la situation alimentaire à Gaza--contrairement à toute propagande--est aujourd'hui mieux que celle de tous les pays arabes voisins, voire de certains pays européens », affirme Tel-Aviv dans le texte qui accompagne sa publication. L'étude en question affirme que « les crises liées à la sécurité alimentaire et à la nutrition infantile persistent à Gaza malgré des progrès encore fragiles », alors que l'Unicef confirmait pour la première fois une « famine » dans l'enclave palestinienne en août 2025.

La carte, elle, montre un Liban amputé d'une partie du sud de son territoire, visiblement annexée au Nord israélien, alors que l'armée israélienne occupe plus de 600km2 de territoire au Liban-Sud depuis la reprise de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars dernier, dans le sillage du conflit régional avec l'Iran.

« Ce qui s'est passé ne nous rassure pas »

Une source officielle libanaise a indiqué lundi à L'Orient-Le Jour que le président de la République, Joseph Aoun, avait « pris contact avec les Américains ainsi qu'avec d'autres parties » et « exercé des pressions concernant cette question », conduisant dans un premier temps à la suppression de la version anglaise de la publication contenant la carte. Celle-ci est restée visible pendant un temps sur le compte X arabophone du ministère israélien des Affaires étrangères, avant d'en être également retirée, ajoute la source précitée. « Ce qui s'est passé ne nous rassure pas et semble révéler les intentions » israéliennes, estime-t-elle. Contacté par L'OLJ, le ministère libanais des Affaires étrangères n’a pas répondu à nos sollicitations.

Selon le site libanais al-Modon, l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadé, aurait de son côté pris contact avec le département d’État américain pour lui transmettre la position de Beyrouth et demander à Washington d’intervenir auprès d’Israël afin que la carte soit retirée.

La frontière entre le Liban et Israël apparaît sur la carte nettement plus au nord que la Ligne bleue, alors qu'Israël a imposé une « ligne jaune » pour délimiter la surface qu'elle occupe au Liban-Sud, sous l'appelation de « zone de sécurité ». Dans l’accord-cadre signé le 26 juin entre le Liban et Israël sous l'égide de Washington, Tel-Aviv affirme n’avoir « aucune ambition territoriale au Liban ». D'autres inexactitudes géographiques apparaissent sur cette même carte, comme l'absence de frontière commune entre la bande de Gaza et l'Égypte, ou des frontières approximatives dessinées autour de la Cisjordanie occupée, semblant être confondue avec le plateau syrien du Golan, occupé par Israël en 1967 puis annexé en 1981.

Le respect des frontières libanaises

Le Hezbollah a réagi dimanche à la carte israélienne, estimant qu'elle confirmait « sans équivoque la réalité des ambitions de l'ennemi israélien sur le Liban, son territoire, ses richesses et ses ressources, ambitions auxquelles il n'a pas renoncé et ne renoncera pas ». Pour le parti chiite, la participation d'Israël aux négociations directes avec les autorités libanaises « n'est qu'une tentative manifeste de gagner du temps et d'imposer de nouveaux faits accomplis sur le terrain ». Dans un communiqué particulièrement virulent à l'égard du pouvoir libanais, la milice l'a appelé à mettre fin aux négociations directes avec Israël et à agir sur les plans politique, diplomatique et juridique, réclamant notamment une réunion d'urgence du Conseil supérieur de défense et le dépôt d'une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

La suppression de la carte sur X ne semble toutefois pas avoir clos le dossier pour Beyrouth. Selon al-Modon, les autorités libanaises souhaitent l’inscrire à l’ordre du jour du prochain cycle de négociations avec Israël, qui risque toutefois de ne pas se tenir, le Liban ayant menacé récemment de suspendre les négociations directes avec l'État hébreu. Beyrouth chercherait notamment à obtenir de la partie israélienne une position claire et sans ambiguïté sur le respect des frontières internationales du Liban. La question est d’autant plus sensible que l’armée israélienne poursuit ses opérations de démolition et de travaux de terrassement au Liban-Sud malgré le cessez-le-feu entré en vigueur à la mi-juin avec le Hezbollah.

14:50 Syrie   Des centaines de kurdes syriens rentrent chez eux après des années de déplacement

Un premier groupe de 2.500 kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Raïn, près de la frontière turque, à la faveur d'un accord avec Damas, a indiqué un responsable local à l'AFP.

L'accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de l'administration autonome, prévoit le retour des déplacés kurdes pendant la guerre. Le processus a pris du retard mais cette première étape est « l'aboutissement des efforts » et de « la coordination continue » entre les deux parties, s'est réjoui Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn. Selon lui, un deuxième groupe de déplacés doit suivre « dans les tout prochains jours » et quelques 100.000 personnes au total veulent rentrer. « J'attendais ce moment... C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin », confie à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis la ville de Hassaké où elle avait trouvé refuge ces dernières années.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de camions chargés de meubles et d'affaires, et des familles avec leurs enfants, prêts à prendre la route au départ. Des dizaines de milliers de kurdes ont été forcés de fuir la région de Ras al-Aïn en 2019, devant une offensive contre les forces kurdes de la part des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière avec la Turquie. Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et des biens y ont été pillés, volés et endommagés.

Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison est « complètement détruite ». Mais « nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir et une fois rentrés (...) nous verrons ce que nous pouvons faire », dit cette femme de 39 ans.

Cette première étape est « le début d'un processus de retour global, non la fin du dossier », a mis en garde le comité représentant des déplacés de Ras al-Aïn dans un communiqué. Il est nécessaire de « protéger les droits de propriété, de logement et de terres » et de « fournir les services de base et les infrastructures nécessaires » au retour, a-t-il insisté. Au total et après plus de 13 ans de guerre civile, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies.

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