Lors d’une audience au Vatican avec les membres du corps diplomatique, le 9 janvier, le pape Léon XIV a mentionné son voyage quelques semaines plus tôt en Turquie et au Liban.
« Au cours de l'année écoulée, ayant accepté l'invitation adressée au pape François, j'ai eu la joie de me rendre en Turquie et au Liban », a-t-il déclaré. « Au Liban, j'ai rencontré un peuple qui, malgré ses difficultés, est plein de foi et d'enthousiasme. J'y ai ressenti l'espoir des jeunes qui aspirent à construire une société plus juste et plus solidaire, et à renforcer le lien entre les cultures et les religions qui rend le pays du Cèdre unique au monde », a-t-il ajouté.
Le pape Léon a effectué une visite officielle de trois jours au Liban, du 30 novembre au 2 décembre 2025, où il avait été reçu en grande pompe par les officiels, mais avait également été à la rencontre de nombreux Libanais, notamment les chefs religieux au centre-ville de Beyrouth le 1er décembre, les jeunes au siège du patriarcat maronite à Bkerké (Kesrouan) le même jour, les malades et le personnel de l’hôpital de la Croix le lendemain, ainsi que les parents des victimes de l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020. Il avait également célébré une grande messe dans la capitale le 2 décembre.
Au cours de son discours au corps diplomatique, le pape Léon a rappelé qu’à İznik, en Turquie, « en présence du patriarche œcuménique de Constantinople et de représentants d'autres confessions chrétiennes, j'ai commémoré le 1700e anniversaire du premier concile œcuménique ». « Ce fut une occasion importante de renouveler notre engagement à progresser vers la pleine unité visible de tous les chrétiens », a-t-il ajouté.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa lauréate du prix Nobel de la Paix 2003, l'avocate iranienne Shirin Ebadi, s'inquiète vendredi dans un communiqué d'un possible « massacre » par les forces de sécurité en Iran, durant la coupure des communications internet.
« Des indices crédibles laissent penser que la République islamique pourrait tenter de transformer cette nuit en un massacre, sous le couvert d'un black-out total des communications », écrit Shirin Ebadi, qui vit en exil.
La coupure nationale d'internet « n'est pas un problème technique en Iran, c'est une tactique », ajoute Shirin Ebadi sur son compte officiel Telegram, disant avoir été informée que des centaines de personnes ont été transportées jeudi dans un hôpital de Téhéran avec des « blessures graves aux yeux » causées par des tirs de fusils à plombs.
Les manifestations qui ont lieu depuis deux jours en Iran sont les plus importantes depuis le soulèvement qui a fait suite à la mort de Mahsa Amini, en 2022. La coupure d'internet dans le pays dure depuis 24 heures, ont dénoncé vendredi plusieurs ONG.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa sont arrivés vendredi après-midi à Beyrouth, et ont été accueillis à l'aéroport par le Premier ministre Nawaf Salam, qui a notamment plaidé à cette occasion pour le maintien au Liban-Sud d'une force internationale au sein de laquelle la participation des pays européens serait importante. Ils ont ensuite été reçus par le président Joseph Aoun qui a réaffirmé « la nécessité d’obliger Israël » à respecter l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.
Selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), le chef de l’État a souligné « la nécessité d’obliger Israël à respecter sa signature de l’accord de cessation des hostilités et de se retirer des zones qu’il occupe, afin que l’armée libanaise puisse achever son déploiement jusqu’aux frontières internationales ». « Israël a poursuivi ses violations de l’accord et ses agressions répétées, sans entreprendre aucune mesure positive (...) Nous attendons des Israéliens qu’ils respectent ce qu’ils ont signé, se retirent des zones libanaises occupées, cessent leurs agressions et libèrent les prisonniers », a-t-il ajouté. « Nous poursuivrons notre engagement dans la voie diplomatique et le monopole d’État sur les armes, mais nous avons besoin du soutien des pays amis, et agissons en premier lieu dans l’intérêt de notre pays », a-t-il également dit. Le cabinet a donné jeudi son feu vert au lancement de la deuxième phase du plan de désarmement, que l'armée libanaise devra présenter en février.
Le président Aoun a mis en exergue l’importance de l’aide européenne à l’armée et au Liban en général, rappelant que « l’instabilité au Liban se répercuterait négativement sur la situation en Europe dans son ensemble, ce que personne ne souhaite ». Il a réitéré son accueil favorable à la volonté de « certains États européens de maintenir des forces dans le sud du pays après la fin du mandat de la Finul », appelant à soutenir l’armée libanaise en équipement et en matériel pour qu'elle puisse « achever son déploiement jusqu’aux frontières internationales après le retrait israélien, lutter contre le terrorisme et réduire le risque de trafic de stupéfiants et d’autres menaces qui pèsent sur la stabilité du Liban ».
Au cours de la réunion avec les dirigeants européens, qui a eu lieu au salon d'honneur de l'Aéroport international de Beyrouth, M. Salam a quant à lui présenté les progrès réalisés pour que l'État récupère le monopole de armes et restaure son autorité sur l'ensemble du territoire national. « Les discussions ont également porté sur le soutien de l’Union européenne à l’armée libanaise, ainsi que sur la phase post-Finul », dont le mandat touche à sa fin, selon le bureau de presse de la présidence du Conseil. Nawaf Salam a fait part de « la nécessité de maintenir une force des Nations unies dans le Sud, même réduite, ainsi que l’importance de la participation des pays européens à cette force ». Il a aussi abordé les réformes lancées par le gouvernement depuis sa formation, il y a près d'un an, dont la loi sur le « trou financier ». De leur côté, les responsables européens ont salué les réformes financières engagées et insisté sur « la nécessité de poursuivre le développement du partenariat entre l’Union européenne et le Liban ».
Depuis Baabda, le président du Conseil européen Antonio Costa a salué de son côté les efforts du Liban pour « rétablir le monopole de l’État sur les armes », jugeant cette mesure « cruciale pour garantir le plein contrôle du pays sur son territoire ». « Nous sommes attachés à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. Il n’y a pas de place pour les milices armées : elles sapent la sécurité et la stabilité du pays », a-t-il dit. Il s’est dans ce cadre félicité de « l’achèvement de la première phase du désarmement du Hezbollah » et de « la participation de représentants civils libanais et israéliens à la réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu », estimant qu’une « stabilité durable dans la région ne peut être obtenue par les seuls moyens militaires ».
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué pour sa part « l’objectif commun de stabilité, de sécurité et de prospérité pour nos peuples » et affirmé que « notre partenariat avec le Liban est solide et nous sommes prêts à le développer encore davantage ». Elle a souligné le rôle-clé du soutien financier européen, notamment un programme d’un milliard d’euros pour accompagner les réformes libanaises. « La réforme du système bancaire sera déterminante pour stabiliser l’économie et attirer davantage d’investissements au Liban. Elle peut également ouvrir la voie à un accord avec le FMI, ainsi qu’à un soutien accru de l’Union européenne », a-t-elle souligné.
Elle a par ailleurs insisté sur la sécurité et la défense : « Nous apportons un soutien conséquent aux forces armées libanaises, aux Forces de sécurité intérieure et à la Sûreté générale, et nous sommes prêts à renforcer encore davantage notre coopération ». Elle a rappelé « qu’il est essentiel que le cessez-le-feu entre le Liban et Israël soit pleinement respecté par toutes les parties. La souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban doivent être garanties. Il est en outre primordial que le Hezbollah soit entièrement désarmé » .« Je salue aussi les efforts du Liban pour engager un dialogue avec Israël », a-t-elle ajouté.
Concernant les réfugiés syriens, Ursula von der Leyen a rappelé que « le Liban a fait preuve d’une solidarité remarquable en accueillant l’une des plus importantes populations de réfugiés syriens au monde » et que l’Union européenne soutient « les retours sûrs, volontaires et durables, via un programme de 80 millions d’euros récemment signé ». Elle a invité le président Aoun à « participer à la réunion qui se tiendra à Chypre à la fin du mois d’avril prochain dans le cadre du Pacte méditerranéen, qui regroupe les pays de l’UE et leurs partenaires dans la région ». Joseph Aoun avait lui rappelé « le lourd fardeau que représentent les réfugiés pour le Liban depuis 2011 ». « Il est temps qu’ils retournent dans leur pays, avec l’aide du gouvernement syrien et de l’Europe également », a-t-il affirmé.
Avec son étape à Beyrouth, la délégation de l'UE clôture une tournée dans la région, entamée jeudi en Jordanie et poursuivie vendredi à Damas, où Mme von der Leyen et M. Costa ont été reçus par le président syrien Ahmad el-Chareh. La présidente de la Commission a écrit sur X que « après des décennies de peur et de silence, les Syriens ont entamé un long chemin vers l’espoir et le renouveau. L’Europe fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir le redressement et la reconstruction de la Syrie ». L’Union européenne est l’un des principaux bailleurs de fonds de la Syrie et elle a assoupli les sanctions imposées durant la guerre civile afin de stimuler les efforts de reconstruction.
Le leader druze Walid Joumblatt s'est lui dit « indigné » de la visite de la présidente de la Commission européenne. « Personnellement je suis très indigné de la visite au Liban d’Ursula von der Leyen qui a presque justifié les massacres de Gaza après l’agression du 7 octobre 2023. On dirait que certains allemands sont incapables de s’émanciper de leur camps de concentration », a-t-il écrit sur son compte X. Quelques jours après le 7 octobre 2023, Ursula von der Leyen avait déclaré au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que l'Europe se tenait « aux côtés d'Israël », qui a « le droit de se défendre » face aux « atrocités commises par le Hamas ».
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