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20:53 Cisjordanie occupée   Israël déjoue une attaque contre l'inauguration d'une colonie, des ministres potentiellement visés, selon Channel 14

L'armée israélienne a annoncé vendredi avoir arrêté trois personnes à Jénine, en Cisjordanie occupée, suspectées d'avoir planifié une « attaque imminente » dans ce territoire palestinien. Une annonce faite au lendemain de la cérémonie d'inauguration de la colonie israélienne de Ganim, à l'ouest de Jénine et dans le nord de la Cisjordanie, en présence du ministre de la Défense Israel Katz. Selon Channel 14, ce projet d'attaque visait l'événement auquel assistait plusieurs responsables israéliens.

Le communiqué conjoint de l'armée, de la police et du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, indique que les trois individus arrêtés, dont l'identité n'a pas été communiquée, étaient « recherchés pour activités terroristes à Jénine, soupçonnés de préparer un attentat imminent. » Ils ont été remis au Shin Bet pour complément d'enquête.

Channel 14, proche de la droite israélienne, affirme pour sa part que l'attaque déjouée avait comme cible la cérémonie d'inauguration de la colonie de Ganim, à laquelle devaient participer Israel Katz et de nombreux autres responsables. « Une cellule composée de trois terroristes affiliés au Hamas a planifié une attaque contre la cérémonie d'inauguration de la localité de Ganim à laquelle assistait le ministre de la Défense Israel Katz, ainsi que d'autres responsables, notamment le gouverneur de la Samarie, Yossi Dagan, et le ministre de la Communication, Shlomo Karhi. Il est fort possible que ces trois individus aient été la cible de cette cellule », affirme un reporter de Channel 14.

« La tentative visant spécifiquement la cérémonie d’inauguration de Ganim prouve à quel point l’ennemi comprend l’importance stratégique d’un retour (israélien, ndlr) dans le Nord de la Samarie », a dit un gouverneur régional, Yossi Dagan, cité par Channel 14, en citant la « Judée Samarie », le nom donné par les Israéliens à la Cisjordanie. Selon les informations du même média, les suspects se trouvaient « dans trois bâtiments distincts et ont été arrêtés sans résistance ».

Ganim est l'une des quatre colonies israéliennes de Cisjordanie évacuées par Israël dans le cadre du plan de retrait de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon en 2005, avec Homesh, Sa-Nour et Kadim. Leur emplacement isolé, dans le nord de la Cisjordanie, près de la ville palestinienne de Jénine, avait notamment motivé leur démantèlement. Trois d'entre elles ont désormais été reconstruites sous l'actuel gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur fond de forte accélération de la création de nouvelles colonies, et de légalisation d'avant-postes (souvent constitués de quelques caravanes ou préfabriqués construits sans l'aval du gouvernement israélien, et destinés à créer des faits accomplis). À Ganim, environ deux douzaines de maisons préfabriquées ont déjà été installées. De part et d'autre de la route reliant Israël à la nouvelle colonie, l'armée a démoli ces derniers jours des commerces et bloqué plusieurs chemins de terre menant aux villages palestiniens, y amoncelant des gravats. « Nous sommes revenus à Ganim - et nous sommes revenus pour y rester », avait affirmé Israël Katz lors de la cérémonie.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 - qui a déclenché la guerre à Gaza - avec notamment des attaques quasi-quotidiennes de colons contre des villages palestiniens. Plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

20:51 Liban   Désarmement du Hezbollah : Geagea fustige « l'attentisme » des autorités

Le chef des Forces libanaises Samir Geagea a regretté vendredi « l'attentisme » des autorités libanaises concernant le désarmement du Hezbollah, les appelant à « s'inspirer » de l'Irak où le Premier ministre irakien actuel n'a selon lui « pas peur de la confrontation ».

Dans un entretien à l'agence al-Markaziya, M. Geagea a estimé que le « cœur du problème » des négociations entre le Liban est Israël « n'est pas nouveau et remonte au cessez-le-feu de novembre 2024, lorsque le gouvernement dirigé alors par le Hezbollah avait accepté le démantèlement des armes du parti en échange du retrait israélien. Mais cela ne s'est pas produit. » L'armée libanaise, rappelle-t-on, avait affirmé avoir démantelé la majorité des infrastructures militaires du parti chiite au sud du Litani, mais ce dernier a rapidement pu se rétablir dans la zone, d'où il a lancé des attaques contre Israël, après la reprise du conflit, le 2 mars 2026.

L'exemple du Premier ministre irakien Zaïdi

« Ce n'est pas l'armée qui porte la responsabilité de cette situation, mais plutôt l'autorité politique attentiste qui tente de gagner du temps pour trouver une solution », a critiqué le chef des FL. Il a dans ce cadre appelé les responsables à « s'inspirer du Premier ministre irakien Ali Zaïdi, qui a fixé un délai pour le monopole d’État sur les armes et ne craint pas la confrontation. » M. Zaïdi avait lancé le 29 juin aux milices irakiennes pro-iraniennes un ultimatum, les appelant à rendre les armes avant fin septembre.

Après l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, et au début du mandat du président Joseph Aoun, Samir Geagea avait plusieurs fois reproché au nouveau chef de l’État sa volonté de négocier avec le Hezbollah et son refus d'une confrontation. Une position qu'il avait toutefois adoucie dans les mois qui avaient suivi, mais qu'il semble adopter de nouveau en usant d'un ton plus ferme envers les autorités, sur fond de négociations qui piétinent entre Beyrouth et Tel-Aviv.

Geagea défend Assir et accuse le Hezbollah

Concernant la loi d'amnistie générale, adoptée mercredi par le Parlement après des mois de débats à tournure politique et confessionnelle, M. Geagea a ironisé sur « l'alignement du Courant patriotique libre sur le Hezbollah », dont les députés se sont tous retirés de l'hémicycle pour protester contre l'amnistie de détenus islamistes qui s'en sont pris à l'armée libanaise. Cet alignement a conduit le chef des FL à rappeler l'adage : « on n'aime que son premier amour », en allusion à l'alliance de ces deux partis entre 2006 et 2024.

Abordant la question de l'amnistie, Samir Geagea a affirmé que les FL ont soutenu le texte en raison des « injustices subies par les islamistes », notamment en raison de l'influence du Hezbollah sur la scène politique. « Beaucoup ont été emprisonnés injustement au moyen de dossiers montés de toutes pièces, parfois seulement parce qu'ils soutenaient la révolution syrienne. Ensuite, l'injustice subie en particulier par Ahmad el-Assir (un cheikh salafiste polémiste, accusé d'avoir participé aux combats contre l'armée à Abra en 2013, ndlr), qui dérangeait le Hezbollah », a-t-il précisé. Le chef chrétien a aussi accusé le parti pro-iranien d'avoir « envoyé à plusieurs reprises les Brigades de la Résistance (groupuscule sunnite affilié au Hezbollah, ndlr) pour provoquer des accrochages avec les hommes de Assir » et que, sans que cela ne mène à des résultats « il a inventé une histoire pour envoyer l'armée à Abra. »

L'absence de Raggi à Washington

Samir Geagea est par ailleurs revenu sur le bras de fer entre le ministre de la Défense Michel Menassa et le Premier ministre Nawaf Salam, ce dernier ayant refusé au nom de la cohésion gouvernementale que M. Menassa prononce un discours pour défendre l'armée et critiquer la libération des islamistes, ainsi que la position de l'armée sur l'amnistie. « L'État traite l'armée comme une voiture neuve garée sur le bord de la route, empêchée de rouler, mais dont on prélève une pièce détachée chaque fois qu'on en a besoin », a-t-il soutenu. « Pour éviter une discorde sunnito-chiite dans l'affaire de l'amnistie, ils ont mis les martyrs de l'armée en première ligne en les utilisant comme façade pour des intérêts politiques, ce qui constitue la plus grande trahison à leur égard ». Et d'ajouter: « S'il y a quelqu'un qui doit rendre des comptes, c'est celui qui a provoqué leur martyre en les envoyant attaquer Abra, à l'époque », dans une nouvelle allusion au Hezbollah.

Interrogé enfin sur la mise à l'écart du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi (proche des FL) au cours notamment la visite présidentielle à Washington, M. Geagea a affirmé avoir été « étonné de cette absence, à l'heure où l'on nous dit que nous sommes dans un État d'institutions ». « Toutefois, parce que nous menons une confrontation politique majeure — nous-mêmes, ainsi que le président de la République et le chef du gouvernement —, il nous faut parfois fermer les yeux sur quelques petites erreurs, au regard d'un enjeu plus vaste ; et le ministre Raggi lui-même en est conscient », a-t-il conclu.

19:38 Syrie/Liban   Mandat d'arrêt contre un ex-officier du régime Assad : la demande d'extradition sera tranchée ultérieurement

L'ancien général de l'armée syrienne Adel Issa, arrêté la semaine dernière au Liban, fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt émis vendredi par le procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami el-Hajj. L'ancien général était en poste sous le régime Assad et fait déjà l'objet d'un mandat d'arrêt des nouvelles autorités syriennes, qui l'accusent de « meurtres et crimes contre l’humanité », à l'instar de nombreux autres anciens responsables du régime déchu.

Selon nos informations, le procureur général a interrogé M. Issa dans la journée. Il a, sur base des pièces et documents transmis par la justice syrienne, décidé d'émettre un mandat d'arrêt, dans l'attente de prendre une décision en début de semaine prochaine concernant la demande d'extradition envoyée par Damas. L'Agence nationale d'information (ANI, officielle) indique que le mandat a été émis sur base de soupçons de « meurtre volontaire et prémédité, torture ayant entraîné la mort, ainsi qu'agitation de conflits internes et confessionnels ».

Concernant la demande d'extradition, le procureur devra notamment s’assurer que les conditions d’une remise aux autorités syriennes sont réunies, au regard notamment des conventions bilatérales entre le Liban et la Syrie, qui ont signé en février dernier un accord de coopération judiciaire.

Adel Issa, 67 ans, faisait partie de la 17e brigade de l’armée syrienne. Il s’était rendu vendredi dernier à l’ambassade de Syrie à Beyrouth pour y effectuer des démarches administratives, selon une source judiciaire qui s'était exprimée sous couvert d’anonymat à l'AFP.

Lors de l’interrogatoire qui a suivi son arrestation, annoncée le 8 août, Issa avait expliqué, selon une autre source judiciaire à L'OLJ, s’être rendu à l’ambassade sans se douter qu’il risquait d’y être arrêté. Il a affirmé n’avoir commis aucun des actes qui lui sont reprochés. D’après nos informations, Adel Issa avait quitté le territoire syrien de manière illégale, mais résidait légalement au Liban en vertu d’un titre de séjour délivré par la Direction générale de la Sûreté générale. Selon les informations de l’AFP, après avoir pris connaissance du mandat d’arrêt émis par Damas par contumace, le personnel de l’ambassade a demandé aux autorités libanaises de procéder à son arrestation.

Après la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, les autorités syriennes ont arrêté des dizaines de personnes qu'elles accusent de crimes commis pendant les plus de treize années de guerre civile. Les premiers procès ont débuté en avril et ont notamment mené, en début de semaine, à la condamnation à mort par contumace de l'ancien dictateur syrien, Bachar el-Assad, et de son frère Maher.

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