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18:42 Diplomatie   Israël accuse l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri d'avoir organisé une cellule « terroriste » démantelée

Les autorités israéliennes ont accusé mardi l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri d'avoir organisé et dirigé depuis l'Europe une « cellule terroriste » de Palestiniens de Jérusalem-Est, démantelée fin 2025.

Dans un communiqué conjoint, la police et le service de renseignement intérieur (Shin Bet) ont indiqué que « cinq résidents de Jérusalem-Est, membres du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ont été arrêtés pour interrogatoire par le Shin Bet durant les mois de novembre et décembre 2025 ».

« L'enquête du Shin Bet a révélé qu'au cours des années 2024 et 2025, Hamouri a rencontré en Europe, dans différents pays, les membres de cette cellule — tous résidents de Jérusalem-Est — et les a recrutés pour établir une infrastructure destinée à mener des activités terroristes en Israël », indique le communiqué.

« A cette fin, il leur aurait notamment fourni des téléphones permettant des communications chiffrées », précise le texte.

Né à Jérusalem d'une mère française, M. Hamouri avait été arrêté en 2005 et condamné en 2008 à sept ans de prison par un tribunal israélien pour sa participation à un projet d'assassinat d'Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d'Israël, à l'origine du parti ultra-orthodoxe Shass.

Le Franco-Palestinien, qui clame son innocence, avait été relâché en 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers ayant permis la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit.

Salah Hamouri détenait un « permis de résidence permanente » délivré aux Palestiniens vivant à Jérusalem-Est, partie occupée et annexée par Israël.

Ce permis lui a été retiré fin novembre 2022 pour « violation d'allégeance » à l'Etat d'Israël, un mois avant son expulsion vers la France qu'il qualifie de « déportation » et contre laquelle il a porté plainte en France.

Israël l'accuse d'appartenir au FPLP, une organisation considérée comme « terroriste » par l'Etat israélien et l'Union européenne - ce que l'avocat nie.

18:33 Justice   Flottille Gaza : la France envisage de saisir la justice pour des actes « odieux » côté israélien

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit mardi qu'il envisageait une « saisine » de la justice française pour le traitement qu'il a jugé « odieux » infligé par le gouvernement israélien à des militants de la « flottille pour Gaza », après la diffusion d'une vidéo qui avait provoqué un tollé international.

« Plus que les images, les actes (sont) absolument odieux, choquants » et « nous les condamnons sans réserve, car ils sont choquants humainement, ils sont choquants au regard du droit international », a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot « va recevoir les différents avocats concernés, et puisqu'il s'agit de ressortissants français, nous n'excluons pas une saisine de notre propre justice sur l'ensemble des agissements tels qu'on a pu les constater sur cette vidéo », a-t-il ajouté.

M. Lecornu répondait à une question de la cheffe de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain.

Le chef de la diplomatie française a annoncé samedi que la France avait interdit l'accès à son territoire au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après la diffusion d'une vidéo de militants de la « flottille pour Gaza » agenouillés et mains liées, à la suite de leur interception en mer et de leur placement en détention dans le sud d'Israël.

Plusieurs de ces militants ont dénoncé des « violences », « attouchements » ou encore « humiliations » imposés par les forces israéliennes lors de leur détention.

M. Barrot avait aussi demandé « à l'Union européenne de prendre également des sanctions à l'égard d'Itamar Ben Gvir ».

Le geste de M. Ben Gvir a été critiqué au sein même du gouvernement israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu dénonçant un traitement « non conforme aux valeurs et aux normes d'Israël ».

Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie le 14 mai avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Les autorités israéliennes ont annoncé l'interpellation de 430 militants - dont 37 Français - à bord des bateaux qui ont tous été expulsés jeudi.

17:27    Frappes sur la Békaa, avancée au nord du Litani, évacuation de Nabatiyé : Israël met ses menaces à exécution

Frappes sur la Békaa, avancée au nord du Litani, évacuation de Nabatiyé... Si les déclarations lundi soir du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, concernant l'« intensification » de l'offensive israélienne au Liban, ont créé un mouvement de panique dans la banlieue sud de Beyrouth - épargnée à une exception près depuis la trêve du 17 avril - elles se sont traduites mardi par une offensive violente contre le Liban-Sud et la Békaa. Les attaques se sont enchaînées dans ces deux régions, sonnant comme un prélude à une extension de l'invasion israélienne, au niveau notamment du secteur Est. Et c'est dans l'après-midi que l'armée israélienne a confirmé mardi avoir étendu ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la « ligne jaune » qu'elle a établie dans le sud du Liban pour délimiter une zone qu'elle contrôle. L'armée « opère de manière ciblée au-delà de la ligne de défense avancée afin d'éliminer les menaces directes qui pèsent sur les citoyens de l'Etat d'Israël et sur les soldats (...) conformément aux directives de l'échelon politique », a-t-elle dit dans un communiqué.

Alors qu'elle effectuait une incursion presque inédite au nord du fleuve Litani, cherchant à gagner le village de Zaoutar el-Charqiyé (caza de Nabatiyé), qui ne fait pas partie de la « zone tampon » établie de facto par l’État hébreu au Liban-Sud, l'armée israélienne a ordonné pour la première fois l'évacuation de l'ensemble de la ville de Nabatiyé, située à environ six kilomètres plus au nord. Simultanément, elle a bombardé la Békaa-Ouest au niveau de l'axe principal qui relie le village de Qaraoun à celui de Machghara, localité lourdement bombardée la veille, dans des frappes ayant fait onze victimes, selon un bilan toujours provisoire du ministère de la Santé. Des développements qui ne peuvent être séparés les uns des autres, une accélération dans le secteur Est permettant de gagner la Békaa-Ouest, et la séparer ainsi du Liban-Sud, coupant des voies essentielles utilisées par les combattants du Hezbollah... ou préparant le terrain à une offensive dans la Békaa.

Progression vers Zaoutar el-Charqiyé

Les combats ont fait rage dès l'aube entre le Hezbollah et l'armée israélienne aux abords du village de Zaoutar el-Charqiyé, sans que les forces israéliennes ne puissent y pénétrer jusqu'à présent, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Dans son premier communiqué de la journée, le Hezbollah a fait état de combats rapprochés avec des soldats israéliens qui « avançaient en direction » de la localité. Puis il a publié une série de communiqués détaillant ses attaques. La formation chiite dit ainsi avoir touché depuis le matin un véhicule militaire de type Humvee au moyen d'un drone kamikaze, des véhicules et soldats à l’aide d’obus d’artillerie puis de roquettes, un bulldozer D9 à l'aide aussi d'un drone kamikaze, et un véhicule de télécommunications. Les cibles se trouvaient à chaque fois aux abords du village, selon les communiqués du Hezbollah, soit au niveau des rives du Litani, soit près du « réservoir d'eau » de la localité.

Signe de sa volonté d'étendre son invasion, l'armée israélienne a simultanément bombardé près d'une dizaine de fois le village de Yohmor el-Chaqif, situé dans le coude du Litani, à quelques kilomètres à l'est de Zaoutar el-Charqiyé, et inclus pour sa part dans la « zone tampon ». Et elle a ordonné aux habitants de la ville de Nabatiyé, l'un des principaux centres urbains du Liban-Sud, de se rendre « vers le nord du fleuve Zahrani », avant des attaques visant le Hezbollah, selon un message sur X du porte-parole militaire arabophone Avichay Adraee. S'en sont suivis une série de bombardements soutenus sur plusieurs quartiers et villages environnants. En une heure dans l'après-midi, au moins 33 frappes israéliennes ont visé le caza de Nabatiyé, touchant plusieurs villages dont Habbouche, Deir Zahrani, Kfarremane et Meifadoun, ainsi que la ville de Nabatiyé. Une attaque de drone à Jebchite a également fait trois blessés. Dans le caza de Tyr, des frappes ont touché Bourj Chemali, Bazouriyé et Cana, tandis que des raids ont aussi visé les abords du château de Beaufort et Hariss (Bint Jbeil). À Maarka, au moins cinq personnes, dont une fillette, ont été tuées dans une frappe, selon notre correspondant.

La Békaa bombardée

Dans la Békaa, l'armée israélienne a renouvelé son ordre d'évacuation visant les villages de Machghara et Sohmor (Békaa-Ouest), lourdement bombardés au cours des derniers jours. « Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos maisons et vous diriger vers le nord, en direction de la Békaa », a écrit l'armée israélienne dans l'après-midi. Un avion de chasse avait bombardé un peu plus tôt la route qui longe le barrage sur le lac Qaraoun, qui a été bloquée à la circulation, selon notre correspondante dans la région. Selon les informations disponibles, trois missiles ont été tirés.

L'armée israélienne a affirmé avoir frappé pendant la nuit de lundi à mardi, « plus de 100 infrastructures » du Hezbollah dans la Békaa et au Liban-Sud. Dans un message sur X, la porte-parole militaire Ella Waweya a précisé que ces bombardements visaient notamment « des dépôts d'armes, des quartiers généraux et des postes d’observation ». Commentant les attaques meurtrières en série sur Machghara lundi soir, l'armée israélienne affirme avoir effectué « plusieurs frappes en quelques secondes contre des bâtiments » qui auraient été utilisés par des combattants du Hezbollah.

Plus largement, dans un développement faisant craindre la poursuite de l'invasion dans la durée, l'armée israélienne a commencé à mobiliser des réservistes, a rapporté l'autorité de radiodiffusion de l’État hébreu. Selon ces informations, « les soldats démobilisés ces derniers jours ont été sommés de rejoindre le service de réserve sans délai. »

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