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13:38 Cisjordanie   Des militants israéliens tentent de ravitailler des Palestiniens assiégés

Des militants israéliens ont tenté vendredi de faire parvenir des vivres à des Palestiniens soumis depuis près d'une semaine au siège de colons de leurs maisons dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Depuis dimanche, des dizaines de colons israéliens bloquent l'accès à des maisons dans le village de Qusra, des habitants disant être coupés de ce fait de tout approvisionnement en vivres.

Une journaliste de l'AFP a rapporté avoir vu des colons sur place tôt vendredi matin, mais ceux-ci semblaient s'être dispersés des environs immédiats plus tard dans la matinée. Selon elle, des dizaines de militants de gauche israéliens ont marché vers les maisons assiégées, brandissant un drapeau palestinien, des pancartes réclamant « Justice pour tous » et des provisions pour les familles. Des boissons et de la nourriture ont été déposées devant l'une des maisons, où étaient positionnées des forces israéliennes lourdement armées.

L'armée a indiqué qu'elle allait inspecter les vivres avant qu'elles puissent parvenir aux habitants de la maison, qui observaient la scène depuis le balcon. On ne savait pas dans l'immédiat si les Palestiniens avaient pu les récupérer.

Plus tôt, toujours selon la journaliste de l'AFP, les colons avaient érigé une nouvelle tente près de l'une des maisons dont l'accès était bloqué, provoquant l'arrivée de deux véhicules militaires sur place. Plus tard dans la matinée, la tente a été démontée et les colons n'étaient plus visibles sur le site. L'armée israélienne a déclaré jeudi que des troupes avaient été déployées à Qusra « pour protéger les habitants et maintenir la sécurité » dans le secteur.

« La défense des communautés »

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a annoncé vendredi avoir chargé l'armée de préparer un plan visant à transférer l'ensemble des compétences de maintien de l'ordre concernant les colons de Cisjordanie à la police israélienne. Actuellement, la Cisjordanie étant un territoire occupé, ces compétences sont aux mains de l'armée. « Le rôle de Tsahal est de combattre le terrorisme palestinien et de se concentrer sur la défense des frontières et des communautés face aux menaces. Toute la compétence en matière d'application des lois civiles et de maintien de l'ordre public sera transférée à la police », indique le cabinet du ministre dans un communiqué. Si cette mesure devait être mise en œuvre, elle constituerait une nouvelle étape vers l'annexion par Israël de ce territoire palestinien occupé depuis 1967. Cependant, selon les médias israéliens, elle est peu susceptible d'être adoptée avant les élections législatives prévues le 27 octobre, qui s'annoncent serrées selon les sondages. La mission de l'armée n'est pas de « courir après des jeunes sur des collines », a ajouté M. Katz, apparemment en référence aux colons assiégeant Qusra.

Plusieurs ministres du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu appellent ouvertement à l'annexion de tout ou une partie de la Cisjordanie.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Mike Huckabee, de longue date fervent soutien des colons, avait déclaré jeudi, dans une déclaration inhabituelle, qu'il n'y avait « aucune excuse à un tel comportement de voyous », en parlant du siège par les colons des maisons de Palestiniens, dont l'une appartient à un homme également détenteur de la citoyenneté américaine.

La colonisation de la Cisjordanie s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s'est nettement accélérée depuis l'arrivée de l'extrême droite dans la coalition au pouvoir fin 2022. Plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

13:34 Conflit   Les colons israéliens confisquent des sources d’eau douce palestiniennes

Par une journée d'été accablante, des colons israéliens se baignent dans une piscine de Cisjordanie créée en siphonnant l’eau qui irriguait autrefois les cultures palestiniennes, l'une des nombreuses saisies de ressources hydriques à travers le territoire occupé.

La source constituait une bouée de sauvetage pour le village voisin de Fassayil, dans la fertile vallée du Jourdain, où les Palestiniens en dépendent depuis des générations pour l’alimentation, l’emploi et pour compléter des approvisionnements domestiques irréguliers fournis par Israël. « Notre approvisionnement en eau demeure coupé à ce jour, nous privant de l’eau dont nous dépendons pour nos foyers, nos moyens de subsistance et nos terres agricoles », déclare Saad Nemr, exploitant du terrain.

Les colons israéliens ont saisi sa conduite d’irrigation en juin, acheminant l’eau vers une piscine ancienne située sur un site archéologique. Peu de temps après, les colons l’ont présentée comme attraction touristique israélienne et le ministre israélien des Finances, issu de l’extrême droite, Bezalel Smotrich, a promis un soutien financier. « Ils sont désormais en train de développer un parc de loisirs autour de la piscine », indique Nemr.

Rendre la vie intenable

La saisie de la source à Fassayil s'inscrit dans un schéma que les Palestiniens considèrent comme étant conçu pour rendre leur vie intenable en Cisjordanie. Selon les données des Nations unies, les colons israéliens ont attaqué au moins 160 sites d’eau et d’assainissement à travers le territoire palestinien cette année.

Les serres et champs de Nemr devraient normalement être remplis d’aubergines, de courgettes et de pastèques, mais sans eau, il n’a pas pu planter sur cette terre brûlée. « Le fait que les colons coupent notre eau nous a causé des pertes et fait que de nombreuses familles perdront leur travail et leurs moyens de subsistance », dit-il. Nemr raconte qu’un de ses employés a été frappé par des colons et qu’il a lui-même fait l’objet de menaces pour avoir tenté d’approcher la source il y a déjà deux ans.

Yishaï Shreiber, 21 ans, colon israélien venu se baigner dans la piscine près de Fassayil un après-midi d’août, affirme que les Palestiniens n’osent plus maintenant s’approcher. « Maintenant qu’ils voient cette foule entière, tous ces grands groupes de Juifs venir ici pour se baigner, ils ont peur de venir », affirme-t-il. Le colon soutient que la Cisjordanie appartient au peuple juif et que si les Palestiniens refusent d’accepter l’autorité juive, ils devraient partir.

La « guerre de l'eau »

Le gouvernement de coalition d’extrême droite d’Israël a supervisé une construction massive de colonies que Bezalel Smotrich affirme destinée à enterrer l’idée d’un État palestinien, lequel a été reconnu par plus de 150 des 193 États membres de l’ONU comme englobant la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. Les Nations unies et la plupart des gouvernements considèrent que les colonies sont illégales au regard du droit international relatif à l’occupation militaire. Israël a conquis la Cisjordanie lors de la guerre de 1967, mais estime que le territoire est disputé plutôt qu’occupé.

Les Palestiniens ont constaté une forte augmentation des violences de la part des colons et, selon le chercheur de terrain palestinien Farès Foqahaa, les colons contrôlent désormais 95 % des sources dans le nord de la vallée du Jourdain, entraînant le déplacement de communautés.

Dans un autre village de Cisjordanie, Qousra, des colons assiégeant toujours trois habitations jeudi, ont également coupé leur eau et électricité. Adel Yassine, responsable de l'eau à l’Autorité palestinienne, affirme que les colons s’en prennent aux ressources hydriques dans le cadre d’une campagne systématique visant à forcer les Palestiniens à quitter leurs terres. « Je considère cela comme une guerre de l’eau. C’est la balle silencieuse qui tue les Palestiniens sans bruit », dit-il, évoquant le processus qui rend leur subsistance intenable.

Un archéologue israélien dénonce

Début juin, Eliav Libi, un responsable colon visé par des sanctions du Canada et d’autres pays, a publié une vidéo montrant la piscine en train de se remplir d’eau. Lui et d’autres colons soutiennent que la piscine appartenait au roi juif Hérode, remontant à la période biblique. Mais un archéologue du groupe israélien de défense du patrimoine Emek Shaveh, Alon Arad, précise que l’origine de la piscine reste incertaine. « Nous observons dans de nombreux cas l’utilisation de l’archéologie… pour créer l’impression que la Cisjordanie est exclusivement juive », explique-t-il, ajoutant que les colons endommagent un site archéologique en le remplissant d'eau.

À l’extérieur de la piscine, un panneau publicitaire annonçait un investissement de 3 millions de shekels (1 million de dollars) de M. Smotrich, l’un des architectes de l’extension des colonies, qui a indiqué sur la plateforme Telegram que cette somme était destinée à la restauration et au développement des « piscines d’Hérode ». La piscine et la source voisine étaient bondées de familles israéliennes nageant et pataugeant dans l’eau. Aucun Palestinien n’était présent.

L’une des rares sources naturelles encore accessibles aux Palestiniens se situe près de la ville de Naplouse, à Wadi al-Badhan. En juillet, des familles s’y installaient à des tables en plastique posées dans des ruisseaux peu profonds et pique-niquaient les pieds dans l’eau courante. Les sources se trouvent près du centre urbain de Naplouse et, jusqu’à cette année, avaient rarement fait l’objet d’incursions de colons.

Des centaines de colons ont envahi les sources plus tôt cet été, s’asseyant aux tables en plastique et marchant dans les bassins, selon cinq Palestiniens. Nizam Farès, propriétaire d’un parc aménagé autour d’une source naturelle à al-Badhan, affirme que les gens ne prennent plus plaisir à visiter la région. « Les gens sont devenus craintifs et nerveux. Ils viennent et demandent si les colons arrivent ou non ? » dit-il.

12:46 Guerre au Liban   Face au chef du « Mécanisme » et à Michel Issa, Berry et Salam exigent la fin des attaques israéliennes

Le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry ont tous les deux exigé la fin des attaques israéliennes au Liban auprès du lieutenant-général américain Joseph Clearfield, qui dirige le « Mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu piloté par les États-Unis, ainsi que de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, qui ont poursuivi leur tournée auprès des responsables libanais.

Mercredi, le lt-général Clearfield avait rencontré le président Joseph Aoun et le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, pour discuter de la situation au Liban-Sud.

Lors de discussions au Grand Sérail sur le volet militaire du cadre des négociations et sur les développements sur le terrain au Liban-Sud, selon le communiqué publié sur le compte X de la présidence du Conseil des ministres, Nawaf Salam a insisté sur la nécessité de mettre fin aux opérations de destruction de l’armée israélienne dans cette partie du pays, d’élargir le périmètre des « zones pilotes » définies dans l’accord-cadre israélo-libanais et de fixer un calendrier clair pour le retrait israélien des territoires libanais.

Le président du Parlement, chef du mouvement Amal, allié au Hezbollah, a pour sa part déclaré après la réunion à Aïn el-Tiné que « la clé de la stabilité reste de contraindre Israël à mettre fin à sa guerre et à se retirer jusqu’à la frontière internationale ».

L’ambassadeur américain a affirmé que les négociations à Rome se poursuivaient, qualifiant leur atmosphère de « positive », et expliqué que la visite de Joseph Clearfield à Beyrouth visait à exposer à Berry la réalité de la situation, en référence à l’évolution des négociations et aux obstacles liés à la mise en œuvre de l’accord-cadre.

Il a déclaré à la presse que les démolitions israéliennes s’arrêteront « lorsque le moment sera venu ». « Dites au Hezbollah que, dès qu’il remettra ses armes, tout s’arrêtera », a-t-il souligné à la presse. Concernant la partie qui sera chargée de la vérification du travail de l’armée libanaise dans les zones pilotes, l’ambassadeur américain a affirmé « qu’aucun accord n’a encore été conclu (...) mais qu’il y avait une liste restreinte (shortlist) comprenant certains pays ». Une référence à la vérification du déploiement de l’armée libanaise dans les zones pilotes au Liban-Sud et du désarmement du Hezbollah.

Répondant de plus à une question sur le fait de savoir si les États-Unis soutiennent une éventuelle attaque israélienne contre Ali Taher, l’ambassadeur américain a dit qu’il n’en savait rien : « Je ne sais pas. Vous en savez plus que moi », a-t-il souligné. Également interrogé sur la prochaine session de négociations entre le Liban et Israël, il a affirmé qu’« aucune date n’a encore été fixée pour les négociations, mais elles se poursuivront ».

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait visité mercredi le Liban-Sud et réaffirmé sa détermination à maintenir des troupes dans une zone où elles occupent plus de 600 km² de territoire, ainsi qu’en Syrie et à Gaza. Ordonnant à l’armée israélienne de se préparer, sur les plans administratif et opérationnel, à une présence de longue durée au Liban, le ministre a assuré que l’État hébreu ne se retirerait « en aucun cas » des « zones de sécurité ». Ces propos ont été dénoncés au Liban et fustigés par l’administration américaine, en plein contexte de guerre régionale et de conflit entre Israël et le Hezbollah, en cours depuis le 2 mars.

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