C'est en l'absence des ministres d'Amal et du Hezbollah, que doit s'ouvrir jeudi un Conseil des ministres au Grand Sérail, qui aurait normalement du se pencher sur la question de l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran, comme l'a appris L'Orient-Le Jour. Le sujet ne devrait toutefois pas être abordé par le gouvernement de Nawaf Salam en l'absence des ministres du tandem chiite, qui n'ont pas été suivis dans leur boycott de la séance par Fadi Makki, cinquième ministre chiite non-affilié aux deux partis.
Sur la convocation officielle au Conseil, le Grand Sérail avait indiqué qu'au cours de cette réunion, les ministres allaient « poursuivre l’examen de la situation actuelle et de ses répercussions à tous les niveaux — politique, sécuritaire et social — notamment celles liées à l’escalade des attaques israéliennes et à la question des déplacements de population. » La guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, et les frappes de l'Etat hébreu sur le pays, ont fait près de 1.100 morts, 3.000 blessés et ont déplacé plus d'un million de personnes.
La question de l’expulsion de l'ambassadeur iranien, décidée mardi par les Affaires étrangères et catégoriquement rejetée par le Hezbollah et le mouvement Amal, ne devrait pas être évoquée en leur absence par le cabinet, selon une source au sein du ministère des Affaires étrangères contactée par notre publication. Cette source précise que le chef de la diplomatie, Joe Raggi, ne compte pas faire marche arrière. « Il n'y a pas de solution médiane pour le moment. Si tel était le cas, le tandem aurait annoncé la participation de ses ministres », souligne la source.
De son côté, une source proche du Sérail a confié à L'Orient-Le Jour que le scénario d'un pas en arrière du gouvernement est exclu tout comme celui de la chute du gouvernement. Un autre responsable proche de Aïn el-Tiné a pour sa part indiqué que le président du Parlement, Nabih Berry, n'a pas demandé au président de la République, Joseph Aoun, de revenir sur la décision. On ajoute que le député en chef est contre tout scénario à même de faire tomber l'équipe ministérielle.
La réunion au Grand Sérail doit avoir lieu quasiment en même temps qu'un sit-in prévu à 16h00 devant l'ambassade d'Iran à Bir Hassan, dans la banlieue sud de Beyrouth, sous le feu israélien depuis le début de la guerre, pour « protester » et « condamner » l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran au Liban.
Mardi, le ministère libanais des Affaires étrangères a convoqué à Beyrouth le chargé d’affaires iranien, Toufic Samadi Khoshkhou, pour lui notifier que le Liban avait retiré l’accréditation de l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Shibani. Cette décision a été prise alors que l'État libanais tente de se distancier autant que possible de l'Iran et de ses gardiens de la révolution, afin de se tenir à l'écart de la guerre opposant ce pays et le parti-milice pro-iranien du Hezbollah aux États-Unis et à Israël, et au lendemain d'une frappe ciblée israélienne à Hazmieh, une banlieue de Beyrouth, visant un membre « de la force al-Qods » des gardiens de la révolution iraniens, son unité d'élite. Le Hezbollah avait vivement critiqué la décision, estimant qu’elle est « dépourvue de tout fondement légal » et constitue une « soumission manifeste à des pressions et diktats extérieurs. » De son côté, le mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, avait également appelé l'État à revenir sur sa décision pour « éviter au pays de sombrer dans une crise politique et nationale ».
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Iran laisse des pétroliers malaisiens traverser le détroit d'Ormuz après des pourparlers avec des dirigeants régionaux, a indiqué jeudi le Premier ministre malaisien.
« Je saisis cette occasion pour remercier le président de l'Iran (...) Nous sommes en plein processus de passage de pétroliers malaisiens et leur équipage, afin qu'ils puissent continuer leur route jusqu'à chez eux », a déclaré dans une allocution télévisée Anwar Ibrahim.
Le président Donald Trump a exhorté jeudi l'Iran à « devenir sérieux avant qu'il ne soit trop tard », sur son réseau Truth Social.
« Les négociateurs iraniens sont très différents et +bizarres+ », a-t-il dit soulignant qu'à défaut d'accord « il n'y aura pas de retour en arrière et ça ne va pas être joli ». « Ils nous +supplient+ de conclure un accord, ce qu’ils devraient faire puisqu’ils ont été anéantis sur le plan militaire, sans la moindre chance de se rétablir, et pourtant ils déclarent publiquement qu’ils ne font que +regarder notre proposition+. FAUX !!! Ils feraient bien de devenir sérieux très vite », a-t-il souligné.
Les Etats-Unis « n'ont besoin de rien de l'Otan », a aussi affirmé le président américain dans une deuxième publication en reprochant aux pays membres de l'Alliance de n'avoir « absolument rien fait » pour l'aider dans la guerre contre l'Iran.
« Les nations de l'Otan n'ont absolument rien fait pour aider (les Etats-Unis) avec la nation folle, à présent décimée, qu'est l'Iran », a-t-il écrit. « Les Etats-Unis d'Amérique n'ont besoin de rien de l'Otan mais +n'oubliez jamais+ ce moment très important dans l'Histoire », a-t-il ajouté dans son message en lettres capitales.
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