Alors que les tensions entre Israël et le Hezbollah continuent de s’aggraver au Liban-Sud et que la banlieue sud de Beyrouth est à nouveau menacée après un ordre d'évacuation de l'armée israélienne, Téhéran a haussé le ton lundi et évoqué la possibilité d’ouvrir de « nouveaux fronts » en cas de franchissement de ses « lignes rouges ».
Les gardiens de la révolution iraniens ont menacé d'ouvrir de « nouveaux fronts » face à l'offensive d'Israël au Liban, selon la télévision d’État iranienne lundi. « L’Iran considère que franchir les lignes rouges au Liban et à Gaza équivaut à une guerre directe », ont déclaré les gardiens. Ils ont ajouté être « déterminés à mener des opérations défensives » et à « ouvrir de nouveaux fronts », en référence aux opérations israéliennes au Liban et dans la bande de Gaza.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré que « les États-Unis portent une responsabilité directe dans les violations du cessez-le-feu avec nous ainsi que dans les violations du cessez-le-feu commises par Israël au Liban », ajoutant que « toute violation du cessez-le-feu sur un seul front équivaut à une violation sur l’ensemble des fronts ».
Dans la même dynamique, le commandant du quartier général central de Khatam al-Anbiya, Ali Abdollahi, a averti que si la banlieue sud de Beyrouth était ciblée, « nous avertissons les habitants du nord d’Israël de devoir évacuer ces zones ». Un autre haut responsable iranien, Mohsen Rezaee, a de son côté affirmé que « l’escalade des tensions au Liban ne sera pas tolérée », ajoutant : la patience des forces armées de la République islamique d’Iran a ses limites ».
L’agence semi-officielle Tasnim a par ailleurs indiqué que Téhéran avait suspendu ses négociations avec les États-Unis visant à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. Selon le média iranien, cette décision est liée aux « crimes » commis par Israël au Liban et à des violations du cessez-le-feu irano-américain conclu le 8 avril. « L’équipe de négociations iranienne suspend donc le dialogue et les échanges de textes via les médiateurs », a précisé Tasnim.
Sur le terrain, une source proche du Hezbollah a affirmé à l’AFP que le mouvement « ne cessera pas de bombarder le nord d’Israël », en réaction aux menaces israéliennes visant la banlieue sud de Beyrouth. « Le Hezbollah ne s’engagera pas à cesser de bombarder le nord d’Israël », a déclaré cette source sous anonymat. « Pourquoi cesser ces frappes qui font mal à Israël alors qu’il bombarde le Liban ? »
Cette position intervient alors que le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé lundi qu’il n’y aurait « pas de calme » à Beyrouth et dans sa banlieue sans l’arrêt des attaques du Hezbollah.
Un responsable américain a indiqué dimanche que Washington avait proposé un plan prévoyant que « le Hezbollah devait mettre fin à toutes ses attaques contre Israël », en échange d’un engagement israélien à ne pas escalader la situation à Beyrouth.