Douze jours après l'attaque commise par des colons israéliens d'un village en Cisjordanie dans laquelle une mosquée avait été visée, six personnes ont été inculpées en Israël notamment pour « terrorisme », annonce la police vendredi.
« Six actes d'accusation ont été déposés pour des actes de terrorisme, incendie criminel, sabotage et émeutes violentes dans le village de Deir Debouane, motivés par des considérations nationalistes », a indiqué la police, en référence à ce village du centre de la Cisjordanie.
« Ils se sont organisés avec d'autres personnes et ont commis ces actes violents dans le village palestinien », a-t-elle ajouté.
Le 14 juin, des colons israéliens avaient attaqué deux villages de Cisjordanie, dont Deir Debouane. L'armée avait alors déclaré que des forces de sécurité avaient été déployées à plusieurs endroits « à la suite de signalements d'incendies criminels et d'émeutes violentes menés par des civils israéliens ».
Selon la police, l'enquête a révélé que les colons s'étaient organisés pour pénétrer ensemble dans le village, masqués et munis de substances inflammables, de gaz lacrymogène et d'un couteau.
« Une fois entrés dans le village, ils ont commis une série d'actes terroristes, notamment en mettant le feu à la végétation, en incendiant des véhicules, en endommageant la mosquée locale, en attaquant les habitations des résidents et en lançant des pierres sur des véhicules et des maisons habitées », détaille le communiqué.
Cette nouvelle décision du parquet du district de Jérusalem porte à 51 le nombre d’actes d’accusation déposés cette année contre des personnes impliquées dans des violences extrêmes, selon la police israélienne.
Les Palestiniens disent fréquemment que les violences commises par des colons en Cisjordanie restent la plupart du temps impunis.
Les actes d'accusation se multiplient mais les organisations de défense des droits humains estiment que cela ne se traduit pas par une amélioration de la sécurité des Palestiniens.
Israël occupe depuis 1967 la Cisjordanie, où vivent plus de 500.000 colons (Jérusalem-Est exclue) parmi près de trois millions de Palestiniens.
Les violences y ont explosé avec la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Depuis en Cisjordanie, au moins 1.082 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.
Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, civils comme soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.
Selon des chiffres publiés en juin par le Bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha), la violence des colons israéliens en Cisjordanie occupée atteint un rythme « record », avec une moyenne de six attaques par jour entraînant victimes et dégâts.