Un jour après que les douanes syriennes ont interdit aux camions non syriens d’entrer dans le pays par voie terrestre, le président du syndicat des transporteurs routiers, Bassam Tleiss a appelé à des discussions urgentes entre Beyrouth et Damas, dénonçant l'impact direct et négatif de cette décision sur le secteur.
L’Autorité générale syrienne des passages frontaliers et des douanes avait publié vendredi une décision régulant le trafic de marchandises et de transport via les frontières terrestres et les ports maritimes. Conformément à cette mesure, « les camions non syriens ne seront pas autorisés à entrer en territoire syrien via les passages terrestres ». « Le transfert des marchandises entre les camions syriens et non syriens doit avoir lieu dans l’enceinte douanière de chaque passage, selon les procédures établies, à l’exception des camions en transit. Les autorités douanières seront responsables de leur escorte entre les passages conformément aux procédures applicables », ajoute le texte.
Réagissant à cette décision, Bassam Tleiss a estimé que « cette décision a un impact direct et négatif sur le secteur du transport terrestre. Elle touche un large segment de conducteurs, industriels, commerçants et travailleurs de ce secteur, en particulier ceux impliqués dans le transport de denrées alimentaires et de produits périssables, qui ne peuvent tolérer de retards ». Le syndicaliste a également souligné que cette problématique est d'autant plus critique que les « camions syriens continuent d'entrer en territoire libanais et d’y circuler normalement et sans obstacle ».
Après avoir mené des contacts avec le ministre des Travaux publics Fayez Rassamny et le directeur général du transport terrestre et maritime, M. Tleiss a indiqué avoir été informé que la question faisait l’objet d’un suivi sérieux auprès des autorités syriennes « dans le but de résoudre le problème existant et de parvenir à des solutions appropriées garantissant les intérêts des deux pays et empêchant toute répercussion négative sur le commerce et le transport ». Il a également appelé à une réunion urgente réunissant les autorités concernées au Liban et en Syrie, ainsi que les syndicats impliqués, afin d’établir un « mécanisme clair et complet pour organiser le mouvement du transport terrestre entre les deux pays ». « Cela inclut les camions, le transport en transit, le transport touristique et toutes les activités connexes, afin d’assurer le bon déroulement des opérations et de protéger les droits des travailleurs dans ce secteur vital », a-t-il précisé.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsOnze personnes appartenant au Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), un groupe considéré par l'Iran comme « terroriste », ont été arrêtées avant de commettre des actes de sabotage, a rapporté samedi la télévision d'Etat.
Cette annonce intervient après un vaste mouvement de contestation en Iran, qui a fait plusieurs milliers de morts en janvier.
Depuis sa création en 2004, le PJAK, branche dissidente du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a été impliqué dans des opérations contre les forces armées iraniennes.
Les 11 personnes arrêtées dans l'ouest du pays étaient « en contact direct avec des éléments du PJAK, cherchaient à mener des actions de sabotage et à perturber la sécurité de la population », a précisé l'agence de presse Fars.
« Elles ont été identifiées et arrêtées avant qu'elles ne puissent passer à l'acte », a ajouté l'agence, citant Mohsen Karimi, un responsable des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, pour l'ouest du pays.
Le PJAK est classé comme groupe terroriste par la Turquie et les Etats-Unis.
Le pouvoir iranien affirme que la grande majorité des victimes des « émeutes » de janvier sont des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes » à la solde d'Israël ou des Etats-Unis, ses ennemis.
Des ONG, basées à l'étranger, accusent, elles, les forces de sécurité d'avoir délibérément ciblé les manifestants.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsPlus de 2.200 membres présumés de l'organisation Etat islamique (EI), qui étaient détenus en Syrie, ont été transférés en Irak dans le cadre d'une opération américaine lancée en janvier, a rapporté samedi un responsable irakien auprès de l'AFP.
Au total, quelque 7.000 de ces détenus doivent être transférés vers l'Irak par l'armée américaine, qui avait dit le mois dernier vouloir s'assurer qu'ils restent dans des « centres de détention sécurisés », après que les Kurdes qui contrôlaient jusqu'ici leurs prisons aient cédé du terrain face aux forces de Damas.
« L'Irak a reçu 2.225 terroristes par voies terrestre et aérienne depuis la Syrie en coordination avec la coalition internationale », antijihadiste dirigée par Washington depuis 2014, a déclaré à l'AFP Saad Maan, chef de la Cellule d'information sécuritaire, rattachée au bureau du Premier ministre.
Ils se trouvent désormais dans des centres sécurisés, a-t-il ajouté.
Bagdad avait annoncé plus tôt cette semaine avoir ouvert des enquêtes sur plus de 1.300 prisonniers transférés de Syrie.
Les tribunaux irakiens ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l'EI, incluant de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient été transférés de Syrie.
L'Irak a déjà été épinglé pour des centaines de procès qualifiés d'expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace, selon des défenseurs des droits humains.
Les détenus transférés comprennent des Syriens, des Irakiens et des Européens, ainsi que d'autres nationalités, selon plusieurs sources de sécurité irakiennes.
Bagdad veut que les pays d'origine des détenus étrangers les rapatrient, mais se heurte aux réticences des capitales concernées.
Leur transfert « à leurs pays d'origine débutera lorsque les formalités légales seront terminées », a assuré M. Maan à l'agence de presse irakienne INA, sans plus de précisions.
En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel.
Appuyé par la coalition menée par les Etats-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017. En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard.
Samedi, un photographe de l'AFP a vu près de Qamichli, ville à majorité kurde du nord-est de la Syrie, un convoi militaire américain et 11 bus aux fenêtres teintées.
Une source militaire kurde a confirmé à l'AFP que le transfert de détenus se poursuivait « sous la protection des forces de la coalition ».
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats