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22:17 Sanctions   Washington sanctionne la présidente de la Cour pénale internationale, la Japonaise Tomoko Akane

Les Etats-Unis ont annoncé mardi des sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu'un autre haut magistrat, renforçant leur offensive contre cette institution que Washington accuse d'être « politisée ».

« Ces personnes ont participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n'a pas accepté la compétence de la CPI », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans un communiqué, sans citer d'exemples.

L'autre haut responsable sanctionné est l'actuel substitut du procureur de la CPI, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye. Les États-Unis, qui n'adhèrent pas au traité international ayant institué la CPI, basée à La Haye au Pays-Bas, ont imposé des sanctions visant plusieurs magistrats de la Cour.

Celles-ci interdisent notamment aux juges d'entrer dans le pays et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale. Ces sanctions constituent en majorité une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l'encontre d'Israël, allié des Etats-Unis. La Cour a notamment émis en 2024 des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à cause de la guerre à Gaza.

Washington a lancé le mois dernier une offensive diplomatique majeure contre la CPI, l'accusant de « menacer » les Américains et appelant ses partenaires à s'en retirer. Le Tchad et le Venezuela, désormais proche de Washington après la capture du dirigeant Nicolas Maduro, ont récemment emboîté le pas, et M. Rubio s'est dit confiant dernièrement que d'autres pays suivraient. La CPI a déclaré avoir pris note « avec préoccupation » de ces retraits, affirmant que ces pays risquaient ainsi de compromettre la poursuite collective de la justice.

Plainte aux Etats-Unis

L'administration Trump « a été claire: la CPI est une juridiction supranationale corrompue et gravement politisée qui a abusé de son autorité de manière malveillante et outrepassé son mandat », a dénoncé Marco Rubio. « Nous ne tolérerons pas qu'elle porte atteinte à la souveraineté des États », a ajouté le secrétaire d'Etat américain.

Fondée en 1998 et entrée en fonctions en 2002, la CPI, juridiction pénale internationale permanente, est chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l'humanité, crime d'agression et crime de guerre. Elle traverse une grave crise, prise à partie par les Etats-Unis qui sont signataires du Statut de Rome ayant fondé la CPI, mais qui ne l'ont jamais ratifié. Ni Israël ni la Russie n'en sont membres.

La juge Akane avait délivré un mandat d'arrêt contre le président russe Vladimir Poutine, Moscou émettant en réponse ses propres mandats d'arrêt contre de hauts responsables de la cour. Aux États-Unis, des organisations de défense des droits humains ont récemment saisi la justice pour contester les sanctions imposées par le président américain Donald Trump à la Cour, affirmant qu'elles entravent la capacité des victimes de crimes de guerre à obtenir justice.

Dans une plainte déposée à New York, quatre organisations dont Human Rights Watch ont affirmé que ces sanctions devaient être annulées, car elles violaient notamment le droit à la liberté d'expression protégé par le Premier amendement de la Constitution américaine.

22:12 Crise diplomatique   Paris va expulser deux diplomates iraniens « dans les tout prochains jours »

Paris va expulser deux diplomates iraniens en poste en France, en représailles à la décision de l'Iran de décréter persona non grata deux diplomates de l'ambassade de France à Téhéran, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères mardi soir.

« Je vous annonce que deux diplomates iraniens en France seront expulsés dans les tout prochains jours », a déclaré Jean-Noël Barrot dans un message posté sur X et dans un entretien au quotidien français La Montagne.

Le ministère iranien des Affaires étrangères avait annoncé lundi avoir signifié à la France que les deux diplomates français, qui avaient été brièvement arrêtés à Téhéran le mois dernier avant de quitter le pays, ne seraient pas autorisés à revenir en Iran. Le 20 juillet, M. Barrot avait dénoncé cette arrestation comme « une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens » à l'encontre des diplomates, dont l'un avait été « molesté ». L'un d'eux était l'attaché culturel de l'ambassade.

Il avait alors affirmé que ceux-ci avaient été « détenus sans raison pendant plusieurs heures » et « interrogés », en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne. Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que « brièvement interrogés » par les services de sécurité, après avoir participé à une « réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités ».

Puis samedi, le ministère du Renseignement iranien a accusé la France d'avoir mené « un vaste projet visant à exercer une influence » en Iran et « à préparer le terrain pour une action de la France contre l'indépendance » de l'Iran.

« Au lieu de faire la lumière sur cette agression préméditée et délibérée, d'en punir les auteurs et de prendre les engagements nécessaires pour garantir la sécurité de nos emprises et de nos agents, conformément à leurs obligations internationales, les autorités iraniennes ont fait le choix de proférer des accusations totalement mensongères à l'encontre de nos agents et de monter de toute pièce une affaire d'ingérence pour justifier leurs agissements », a déploré le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay, Glenn Salic. « Cette décision (d'expulsion, ndlr) a été notifiée à l'ambassadeur de la République islamique d'Iran qui a été convoqué ce jour (mardi) au Quai d'Orsay », a-t-il précisé.

Deux graphistes iraniens détenus

Lundi, des proches de deux graphistes iraniens avaient, eux, fait savoir à l'AFP que ces derniers étaient détenus depuis leur arrestation le 19 juillet à Téhéran après avoir rencontré ces diplomates français. Selon eux, Aria Kasaei, 46 ans, et Elly Naghilou, 36 ans, ont été arrêtés le 19 juillet au cours d'une réunion de travail avec deux représentants du service culturel de l'ambassade de France consacrée à Villa Zadig, un programme de résidences et d'échanges artistiques porté par le service culturel de l'ambassade de France en Iran.

Cette réunion se déroulait au domicile d'Aria Kasaei, à Téhéran. Les deux graphistes travaillaient à la conception de l'identité visuelle de Villa Zadig. Jean-Noël Barrot ne fait pas mention de ces graphistes mais il souligne que « c'est précisément parce que la France se tient aux côtés du peuple iranien, en soutenant ses artistes, ses scientifiques et ses chercheurs, que deux diplomates français ont été scandaleusement et délibérément agressés le 19 juillet dernier ».

« Le peuple iranien, un grand peuple, est la principale victime de cette période d'extrême tension au Moyen-Orient, pris en étau entre la répression sanglante des manifestations de janvier 2026 et les bombardements », a-t-il estimé.

Depuis plusieurs années, les relations diplomatiques entre la France et l'Iran sont extrêmement tendues. Jusqu'à sept Français ont été détenus simultanément en 2023 par la République islamique d'Iran. Les deux derniers, Cécile Kohler et Jacques Paris, ont pu quitter le pays début avril.

22:05 Gaza   Six personnes, dont un enfant, tuées lors d'une frappe israélienne sur le port de Gaza-ville

Six personnes, dont un enfant, ont été tuées mardi par une frappe aérienne israélienne sur le port de Gaza-ville, ont rapporté les autorités sanitaires gazaouies, faisant également état d'une dizaine de blessés. Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas, a déclaré à l'AFP qu'au moins six personnes avaient été tuées, « dont un enfant, et un grand nombre ont été blessées, à la suite d'un raid israélien contre des tentes de déplacés dans le port de Gaza ».

L'hôpital al-Shifa, à Gaza-ville, a indiqué avoir reçu cinq corps et 13 blessés, dont l'un est décédé un peu plus tard. L'armée israélienne a déclaré avoir lancé une « frappe aérienne précise » visant « plusieurs commandants du Hamas » qui « prévoyaient de mener des attentats terroristes contre des troupes israéliennes dans la bande de Gaza ». Elle a affirmé que des « mesures avaient été prises pour limiter les dommages causés aux civils ».

Dans un communiqué distinct, l'armée a dit avoir frappé une réunion de commandants des unités d'élite du Hamas, dont l'un avait participé à l'attaque du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre de Gaza.

« Des avions de guerre israéliens ont tiré deux missiles sur le café +Sweet and Bitter+ dans le port de pêcheurs à l'ouest de Gaza-ville », a indiqué sur place à l'AFP, Mohammed Alghoul, un témoin.

Le Hamas a condamné cette frappe, affirmant dans un communiqué qu'elle illustrait « le mépris flagrant d'Israël pour tous les appels au cessez-le-feu lancés par les médiateurs et les Etats garants, y compris l'appel du président Trump hier », en référence aux propos tenus par le dirigeant américain lors d'une interview accordée à Fox News.

Selon les médias israéliens, l'armée israélienne a réduit ses opérations dans la bande de Gaza ces derniers jours sous la pression de Washington et ne mène plus que des frappes visant à neutraliser les menaces imminentes contre ses troupes ou à éliminer les personnes ayant participé à l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Cette frappe intervient au lendemain de la rencontre à Jérusalem entre l'émissaire américain Jared Kushner et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a réaffirmé qu'un retrait de l’armée israélienne n'aurait lieu qu'une fois le Hamas complètement désarmé.

Le mouvement islamiste palestinien, dont le dirigeant Khalil Hayyé s'était entretenu avec M. Kushner dimanche, a déclaré qu'il maintenait son engagement à respecter le plan de paix parrainé par les Etats-Unis, et a demandé que l'administration américaine fasse pression sur M. Netanyahu pour qu'il respecte ce plan.

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