Donald Trump a évoqué samedi un possible envoi futur de troupes au sol en Iran pour contrôler les stocks d' »uranium enrichi du pays.
« Peut-être qu'à un moment nous le ferons. Ce serait formidable », a dit le président américain, interrogé sur cette éventualité pendant un échange avec des journalistes à bord d'Air Force One. C'est « quelque chose que nous pourrions faire plus tard. Mais pas maintenant », a-t-il ajouté. La Maison Blanche a entre autres affirmé, pour justifier l'offensive contre l'Iran, que le pays avait accumulé des stocks d'uranium enrichi tels qu'il était très proche de pouvoir fabriquer une bombe atomique.
Steve Witkoff, émissaire spécial qui a mené des négociations indirectes avec Téhéran, a assuré il y a quelques jours sur la chaîne Fox News que l'Iran avait « environ 460 kilogrammes d'uranium enrichi à 60% » et que « ce matériau à 60% pouvait être porté à 90%, le niveau pour fabriquer une bombe, en une semaine environ, peut-être dix jours ».
Le chef de l'agence des Nations Unies pour l'énergie nucléaire (AIEA), Rafael Grossi, avait lui écrit sur X le 3 mars: « Il n'existe pas de preuve que l'Iran soit en train de fabriquer une bombe nucléaire, mais son stock important d'uranium enrichi à un degré proche de celui nécessaire pour une arme et son refus de donner un accès total à mes inspecteurs sont une source de sérieuse inquiétude ».
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne explosion a retenti dans la nuit de samedi à dimanche devant l'ambassade des Etats-Unis à Oslo, sans faire de victime, a annoncé la police norvégienne.
Cette explosion a eu lieu vers 01H00 (00H00 GMT), a indiqué la police en ajoutant ne disposer à ce stade d'aucune information sur son origine. Selon le commandant des opérations policières Michael Dellemyr, interrogé par la chaîne publique NRK, l'explosion a touché l'entrée de la section consulaire de l'ambassade. « Les dégâts sont mineurs », a déclaré M. Dellemyr. « Nous ne ferons aucun commentaire sur la nature des dégâts, sur ce qui a explosé et sur d'autres détails similaires, au-delà du fait qu'il y a eu une explosion », car « l'enquête n'en est qu'à ses débuts », a-t-il ajouté. Il a ensuite dit à la chaîne privée TV2 que la police « avait une idée de la cause », ajoutant en restant très flou : « Il nous semble qu'il s'agit d'un acte commis par quelqu'un ». Des enquêteurs interrogent des témoins, a-t-il expliqué, tandis que selon TV2, une équipe de déminage est sur place.
Une grande partie du quartier autour de l'ambassade a été bouclée et la police arrêtait les voitures circulant à proximité, ont rapporté les médias.
Un habitant du quartier âgé de 16 ans, identifié uniquement par son prénom, Edvard, a déclaré à la chaîne TV2 qu'il regardait la télévision lorsqu'il a entendu l'explosion. « Ma mère et moi avons d'abord pensé que cela venait de notre maison, alors nous avons regardé autour de nous, mais nous avons ensuite vu les lumières clignotantes à l'extérieur de la fenêtre et une foule de policiers », a-t-il déclaré. « Il y avait des chiens policiers, des drones, des policiers munis d'armes automatiques et des hélicoptères dans les airs », a-t-il ajouté.
Les ambassades américaines ont été placées en état d'alerte maximale au Moyen-Orient en raison des opérations militaires américaines en Iran, et plusieurs d'entre elles ont été visées par des attaques, Téhéran ripostant contre des cibles industrielles et diplomatiques. Mais la police n'a donné aucune indication laissant penser que l'incident près de l'ambassade à Oslo était lié à la guerre au Moyen-Orient. « Nous ne faisons pas le lien avec le conflit. Il est beaucoup trop tôt pour cela », a précisé M. Dellemyr à TV2.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Iran a assuré dimanche être capable de se battre pendant encore au moins six mois contre les Etats-Unis et Israël.
La guerre au Moyen-Orient, entrée dimanche dans son neuvième jour, a donné lieu à de nouvelles attaques aériennes nocturnes dans plusieurs pays du Golfe.
« Les forces armées de la République islamique d'Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations », a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, cité par l'agence de presse Fars.
De leur côté, les Etats-Unis et Israël ont visé samedi un dépôt de pétrole du sud de Téhéran, selon les médias d'Etat iraniens, la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le début de la guerre.
Des frappes ont aussi touché un dépôt de carburant dans le nord-ouest de la capitale, selon un journaliste de l'AFP qui a vu des flammes et de la fumée s'élever du site.
Dans une allocution, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait affirmé plus tôt que son pays allait poursuivre « de toute sa force » la guerre contre l'Iran, au moyen d' « un plan méthodique, avec de nombreuses surprises ».
La guerre a démarré le 28 février à l'initiative d'Israël et de Washington, qui ont frappé le cœur du pouvoir à Téhéran et tué, entre autres, le guide suprême, Ali Khamenei.
Depuis, les bombardements israélo-américains continuent sur l'Iran. Israël mène aussi des frappes au Liban pour neutraliser le Hezbollah. L'armée israélienne a dit avoir mené 3.400 frappes en une semaine. Washington en a rapporté 3.000.
Le régime iranien réplique en envoyant des missiles et des drones vers Israël et des Etats du Golfe qui abritent des intérêts américains.
Dimanche matin, les sirènes d'alerte ont d'ailleurs retenti à nouveau dans le nord d'Israël, en raison de l'arrivée de missiles tirés depuis l'Iran, selon l'armée.
La guerre déstabilise tout le Moyen-Orient et au-delà, en raison notamment des impacts sur la production et la distribution des hydrocarbures, qui font flamber les prix.
Au Koweït, des drones ont attaqué les réservoirs de carburant de l'aéroport international, selon le ministère de la Défense local, qui a dénoncé une opération contre « une infrastructure essentielle »
Et en Arabie saoudite, le quartier diplomatique de Riyad a été pris pour cible par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement du royaume.
Le président iranien Massoud Pezeshkian s'était pourtant excusé samedi auprès des pays voisins pour les frappes iraniennes les ayant visés, assurant qu'ils ne seraient plus attaqués sauf si des frappes étaient tirées depuis leur sol. Puis le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï avait affirmé que Téhéran poursuivrait ses opérations contre des sites des Etats voisins de l'Iran utilisés dans « l'agression » contre lui.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ari Larijani, a estimé que les Etats-Unis s'étaient « piégés » en misant sur une résistance de courte durée. « Ils pensaient que ce serait comme au Venezuela: ils frapperaient, prendraient le contrôle et ce serait fini », a-t-il dit.
Au début de la guerre, qui a embrasé la région et fait s'envoler les cours du pétrole, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.
Mais si Washington souhaite la chute du pouvoir, l'objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques de l'Iran et de l'empêcher de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément avoir.
Les autorités iraniennes ont recensé environ un millier de personnes tuées depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, des affirmations que l'AFP n'a pas pu vérifier.
La guerre au Moyen-Orient « n'aurait jamais dû avoir lieu », a lancé dimanche le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, refusé un retour à la « loi de la jungle » au niveau international.
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront dimanche une réunion d'urgence par visioconférence sur les attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs membres.
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