Les Etats-Unis ont fait passer à l'Iran un plan en 15 points pour tenter de mettre fin au conflit, qui demande par exemple à Téhéran de remettre tout le combustible nucléaire enrichi dont il dispose ou de laisser le détroit d'Ormuz ouvert, rapportent plusieurs médias mardi.
Le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 avancent ainsi que l'administration Trump a fait passer ses exigences à l'Iran, par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.
Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les négociateurs américains - l'envoyé spécial Steve Witkoff ou le gendre de Donald Trump Jared Kushner -, proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.
Parmi les 15 points mis en avant, les cinq premiers concernent le secteur du nucléaire: Washington demande ainsi que l'Iran n'essaie jamais de se doter de l'arme atomique, que Téhéran remette tout le combustible enrichi dont il dispose à une date fixée par les parties, ou que plusieurs installations nucléaires importantes soient démantelées.
L'Iran devra aussi abandonner son soutien à ses « proxys », et ne plus financer ou armer des groupes comme le Hezbollah ou le Hamas. Des limites seront posées sur la quantité de missiles dont le pays pourra disposer, et sur leur rayon d'action.
Par ailleurs, le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% des hydrocarbures mondiaux, devra rester ouvert pour la circulation maritime.
En contrepartie, l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.
Interrogés, la Maison Blanche et le département d'Etat n'ont pas réagi dans l'immédiat.
Donald Trump s'est montré mardi optimiste sur les chances de pouvoir parvenir à un accord avec Téhéran.
Il n'est pas fait mention dans ce plan d'un changement de régime en Iran.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe haut représentant pour Gaza du « Conseil de paix » mis en place par Donald Trump a enjoint mardi les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU à faire pression sur le Hamas pour qu'il accepte de rendre les armes.
« Je demande aux membres du Conseil d'utiliser tous les moyens à leur disposition pour exhorter le Hamas et l'ensemble des factions palestiniennes à accepter » de désarmer « sans délai », a déclaré le diplomate bulgare Nickolay Mladenov.
« Chaque heure, chaque jour perdu a un coût humain et érode davantage le processus vers une paix crédible et durable », a-t-il estimé.
Le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 entre Israël et le mouvement islamiste palestinien a permis une accalmie des combats à Gaza après deux ans de guerre, même si des frappes israéliennes continuent de faire des morts.
La deuxième phase du plan Trump prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne et le déploiement d'une Force internationale de stabilisation dans le territoire. Mais le mouvement islamiste refuse tout désarmement aux conditions posées par Israël.
« Le dépôt des armes par les groupes armés représenterait une rupture décisive avec les cycles de violence qui ont façonné la vie à Gaza depuis des décennies », a insisté Nickolay Mladenov.
« Les implications seraient profondes : retrait de l'armée israélienne et reconstruction à grande échelle. Cela ouvrirait la voie à des investissements internationaux durables, à la liberté de circulation et à la reconstruction d'institutions capables d'assurer la gouvernance, la justice et des perspectives pour tous », a encore dit le diplomate.
Au cours de ce Conseil de sécurité consacré à la question des Palestiniens, le Coordonnateur spécial adjoint de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a jugé par ailleurs « profondément alarmant » le « niveau accru de violence en Cisjordanie ».
« Je suis particulièrement préoccupé par la multiplication et l'intensification des attaques de colons qui, parfois menées à proximité - voire avec l'appui - des forces de sécurité israéliennes, contribuent au déplacement de communautés palestiniennes », a-t-il dit.
Un message relayé avant la réunion par un groupe de neuf pays présents au Conseil de sécurité (Bahreïn, Danemark, France, Grèce, Lettonie, Pakistan, Somalie et Grande-Bretagne) qui ont jugé « inacceptables » les « attaques continues et de plus en plus violentes de colons israéliens contre la population civile palestinienne ».
Depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, les attaques de colons contre des civils palestiniens dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967 se sont nettement intensifiées.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'armée israélienne a averti tard mardi que Téhéran avait lancé une salve de missiles vers Israël, où une dizaine de personnes ont été blessées dans la journée par des tirs en provenance d'Iran.
« Il y a peu de temps, les forces de défense ont identifié des missiles lancés depuis l'Iran vers le territoire » d'Israël, a annoncé l'armée sur son compte Telegram, en précisant que les systèmes de défense « sont en cours d'activation pour intercepter la menace ».