Le parti du Premier ministre maltais Robert Abela est arrivé en tête des élections législatives à Malte, offrant un historique quatrième mandat au gouvernement travailliste, qui avait convoqué ce scrutin anticipé sur fond d'incertitudes géopolitiques.
Des feux d'artifice ont été tirés sur l'île méditerranéenne et des partisans travaillistes en liesse, vêtus de rouge, la couleur du parti, scandaient « quatre fois ! » après que les responsables du centre de dépouillement de Naxxar ont annoncé dimanche que les résultats préliminaires donnaient la victoire au parti au pouvoir. « Je vote travailliste depuis que je suis toute petite, je suis ravie qu'ils aient marqué l’histoire », a déclaré à l'AFP Margaret Camilleri, 73 ans, tandis que des supporters du Parti travailliste (gauche) passaient en camion, des haut-parleurs diffusant à plein volume la chanson « We Are the Champions ».
Robert Abela, 48 ans, avait convoqué ces élections avec un an d'avance, affirmant que le gouvernement avait besoin d'un nouveau mandat pour protéger cette petite île fortement dépendante des importations face à la crise au Moyen-Orient. Bien que l'économie maltaise ait progressé de 4,0 % l'an dernier, certains craignent que le conflit n'ait un impact sur le tourisme en raison de la flambée des coûts du carburant aérien, et n'alimente l'inflation. Le Premier ministre travailliste a axé sa campagne sur le bilan économique de son parti depuis 2013, promettant la stabilité dans une période d'incertitude.
« Tout semble indiquer que le Parti travailliste maltais est entré dans l’histoire, en remportant quatre élections d’affilée », a-t-il déclaré sur la page Facebook de sa formation politique. Son principal rival était le candidat du Parti nationaliste (conservateur), Alex Borg, un avocat de 30 ans et ex-lauréat du concours de beauté « Mr World Malta », qui a exhorté les Maltais à voter pour le changement.
Alex Borg a reconnu sa défaite dimanche, déclarant dans une allocution publiée sur les réseaux sociaux qu’il avait « appelé personnellement Robert Abela pour le féliciter » de sa victoire. Robert Abela dirige Malte depuis 2020, lorsque son prédécesseur a démissionné à la suite d'une crise politique provoquée par l'assassinat en 2017 de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui avait mis au jour la corruption au plus haut niveau de l'État. Selon un rapport du Conseil de l'Europe de 2025, Malte reste très en retard dans la lutte contre la corruption – un sujet qui n'a pourtant pas dominé la campagne.
Explosion démographique
Les performances économiques de Malte ont éclipsé les autres préoccupations. Située au large de la Sicile, l'île est le pays le plus petit et le plus densément peuplé de l'Union européenne, avec environ 550 000 habitants sur 316 kilomètres carrés (122 miles carrés). Malte dispose d'une économie florissante, fondée en grande partie sur le tourisme, les jeux en ligne et les services financiers, et affiche l'un des taux de chômage les plus bas de l'UE.
Mais malgré un faible taux de natalité, la population a augmenté de près de 30 % en une décennie, principalement en raison de l'arrivée d'étrangers. Cela a alimenté un boom de la construction, hérissant l'horizon de grues, créant des embouteillages et mettant sous pression les services essentiels. Les associations de défense du patrimoine dénoncent la dégradation de l'environnement et les risques pour les sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco dans l'ancienne colonie britannique.
L'île dispose de très peu de ressources naturelles et importe une grande partie de son énergie, ce qui la rend vulnérable aux chocs externes. Le Parti travailliste subventionne massivement les factures d’énergie et a promis de continuer à le faire. Malte se trouve également en première ligne du changement climatique et est menacée de désertification et de sécheresse, ce dont aucun des deux grands partis n'avait toutefois fait une priorité.