Les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont affirmé vendredi qu'ils rejoindront la guerre si les attaques contre l'Iran se poursuivent, si d'autres pays rejoignent l'offensive américano-israélienne ou si des frappes sont menées depuis la mer Rouge.
« Nous sommes prêts à une intervention militaire directe en cas de nouvelle alliance avec les Etats-Unis et Israël contre l'Iran (...), de conduite d'opérations hostiles à l'Iran ou tout pays musulman depuis la Mer Rouge (...), et en cas de poursuite de l'escalade contre la République islamique » d'Iran, a déclaré le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans une vidéo diffusée sur X.
Au moins trois personnes ont été blessées vendredi soir en Israël, dont une grièvement, selon la police et les secours, après que l'armée israélienne eut fait état de missiles tirés depuis l'Iran.
Un homme, sexagénaire, se trouve dans un état critique après ces tirs, a rapporté le Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix-Rouge. La police a de son côté recensé trois personnes blessées « à des degrés variés ».
Peu de temps avant, l'armée israélienne avait averti sur Telegram de tirs de missiles depuis l'Iran, précisant que « les systèmes de défense » étaient « entrés en action pour annihiler la menace ».
Elle avait annoncé l'envoi d'équipes de recherche et de sauvetage vers les zones d'impact, dans le centre du pays.
Des sirènes ont retenti à Jérusalem et des bruits d'explosion ont été entendus à Jéricho, en Cisjordanie occupée, selon des journalistes de l'AFP. Un témoin a partagé auprès de l'AFP des images semblant montrer un barrage de missiles au-dessus de Jérusalem.
En début de soirée, Téhéran avait menacé Israël de représailles après des frappes israélo-américaines ayant visé vendredi deux sites nucléaires ainsi que deux complexes sidérurgiques majeurs en Iran.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes « crimes de guerre » et des crimes contre l'humanité pourraient avoir été commis au moment des violences qui ont secoué la province druze syrienne de Soueida en juillet dernier, faisant plus de 1.700 morts, ont déclaré vendredi des enquêteurs de l'ONU.
« Les graves violations commises par les forces gouvernementales et les groupes armés druzes pourraient constituer des crimes de guerre », a dit Fionnuala Ní Aolaín, membre de la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie, dans un communiqué.
Pour elle, « ces événements soulèvent également de sérieuses inquiétudes quant à la possibilité que ces attaques aient fait partie d'une offensive généralisée et systématique contre la population civile » de la province de Soueida.
Mme Fionnuala Ní Aolaín a à cet égard exhorté le gouvernement syrien à « prendre des mesures supplémentaires pour enquêter sur ces événements » afin de déterminer s'ils constituent « des crimes contre l'humanité ».
Le ministère syrien des Affaires étrangères a de son côté fait part dans un communiqué de la volonté des autorités de « poursuivre le dialogue et la coopération » avec la Commission d'enquête concernant ce rapport.
Le gouvernement traite les conclusions relatives aux violations commises contre les civils avec « le plus grand sérieux et la plus grande responsabilité », a-t-il ajouté, assurant de « l'engagement ferme du gouvernement de faire rendre des comptes à tous les responsables, sans exception ».
La province en majorité druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, avait été le théâtre d'affrontements meurtriers en juillet entre combattants druzes et bédouins sunnites, qui s'étaient étendus avec l'intervention des forces gouvernementales et de tribus en provenance d'autres régions.
Dans son dernier rapport, la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie affirme avoir documenté des « exécutions, des actes de torture, des violences sexistes et des incendies de maisons à grande échelle » ayant alors eu lieu dans le cœur de ce territoire contrôlé par les Druzes, qui pratiquent une religion ésotérique issue de la branche ismaélienne du chiisme.
La commission, qui enquête sur les violations du droit international commises en Syrie depuis le début de la longue guerre civile en 2011, a dénombré « trois vagues de violences simultanées » dans la province de Soueida entre le 14 et le 19 juillet de l'année dernière. Elles ont fait plus de 1.700 morts et près de 200.000 personnes ont été déplacées.
Le rapport, s'appuyant sur 409 témoignages de survivants et de témoins, ainsi que sur des visites de terrain, a relevé que la première vague de violences, du 14 au 16 juillet, avait été la plus meurtrière.
Les forces gouvernementales, accompagnées de combattants tribaux, ont commis des « violations généralisées du droit international humanitaire et des droits de l'homme à l'encontre des civils druzes », avec notamment des « meurtres, tortures, détentions arbitraires et pillages », selon la commission.
Une seconde vague a débuté le 17 juillet, tandis que les forces gouvernementales se retiraient à la suite de frappes aériennes israéliennes, lorsque des groupes armés druzes ont attaqué des civils bédouins, avec là aussi des meurtres et actes de torture.
Et puis, du 17 au 19 juillet, des combattants tribaux ont pris pour cible des civils druzes en représailles, a expliqué la commission, soulignant que des membres des forces gouvernementales avaient alors ôté leurs uniformes pour participer aux violences.
La Commission a également souligné que les frappes israéliennes avaient non seulement causé des morts et des mutilations chez les civils mais aussi contribué à l'instabilité, « alimentant les accusations de trahison contre les dirigeants de la communauté druze et provoquant des représailles contre l'ensemble de la communauté ».
Le rapport a aussi averti que la province demeurait profondément divisée et que la quasi-totalité des quelque 200.000 personnes déplacées en juillet restaient dans l'impossibilité de rentrer chez elles.
« Il est urgent de déployer des efforts accrus pour que tous les auteurs de ces actes rendent des comptes, quels que soient leur affiliation ou leur rang, afin de rétablir la confiance au sein des communautés victimes, parallèlement à un véritable dialogue pour s'attaquer aux causes profondes du conflit », a déclaré Paulo Pinheiro, le président de la Commission.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats