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13:44    Téhéran annonce la fermeture du détroit d'Ormuz, Washington maintient qu'il est ouvert

L'Iran a annoncé dimanche la fermeture du détroit d'Ormuz après une nouvelle reprise des hostilités avec les Etats-Unis, qui assurent de leur côté que cette voie navigable stratégique reste ouverte, hypothéquant davantage un retour à la table des négociations.

Il s'agit de la deuxième série d'affrontements en moins d'une semaine, alors que les deux pays avaient signé le 17 juin un protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par l'attaque israélo-américaine du 28 février contre l'Iran. L'accord prévoyait notamment une réouverture du détroit, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial et dont la fermeture par l'Iran au début de la guerre avait provoqué une flambée des cours du pétrole.

Signe de l'enjeu, le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, cité par l'agence Isna, a déclaré dimanche que ce passage était « plus important que des dizaines de bombes atomiques », alors que son pays est accusé de chercher à obtenir l'arme nucléaire, ce qu'il dément.

« Route non autorisée »

« Le transit par le détroit d'Ormuz n'est actuellement pas possible », a indiqué dans l'après-midi l'agence de presse de l'Autorité judiciaire iranienne, Mizan Online. Le Commandement central de l'armée américaine (Centom) a assuré de son côté sur X qu'il était « ouvert à tous les navires souhaitant emprunter légalement cette voie maritime internationale ». « Les forces américaines sont déployées et prêtes à garantir le maintien de la liberté de navigation, malgré l'agression » de l'Iran, a-t-il poursuivi. L'Iran avait annoncé plus tôt dimanche la fermeture « jusqu'à nouvel ordre » du détroit, après avoir tiré sur un navire qui empruntait selon lui une « route non autorisée ».

Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit, ce que les Etats-Unis contestent. Le Centcom a annoncé des frappes en représailles, évoquant quelque 140 frappes contre des cibles militaires, visant notamment « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication ». Les Etats-Unis ont frappé « très fort » l'Iran la nuit dernière, a lancé le président américain Donald Trump à CNN par téléphone.

Des médias iraniens ont rapporté des explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask où un militaire a été tué, sur l'île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak. L'Iran a ciblé en retour des pays de la région: les sirènes d'alerte ont retenti à Bahreïn et la Jordanie a indiqué avoir été la cible de trois missiles iraniens. Au Qatar, des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions et vu des interceptions dans le ciel. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré avoir visé une base aérienne américaine au Qatar. Ils ont aussi revendiqué une rare attaque sur le voisin d'en face, Oman, affirmant avoir détruit des bases d'appui logistique aux porte-avions américains dans le port de Duqm, selon l'agence Irib.

Appel à la désescalade

L'attaque a été fermement condamnée par le sultanat, qui avait accueilli samedi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour discuter de la gestion du détroit d'Ormuz, passage situé dans les eaux iraniennes et omanaises.

Les pays médiateurs multiplient les initiatives pour une reprise des négociations alors que Donald Trump avait affirmé cette semaine que le cessez-le-feu était « terminé ». Ishaq Dar, chef de la diplomatie du Pakistan, pays médiateur, a appelé à la « désescalade », exhortant les deux ennemis à « faire preuve de retenue ».

Oman a annoncé dimanche avoir secouru 23 membres d'équipage et être à la recherche d'un autre après l'attaque du navire à Ormuz, qui a déclenché la riposte américaine.

Selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l'attaque a eu lieu à environ 17 km à l'est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d'Oman, provoquant un incendie qui a engendré l'évacuation de l'équipage. Selon le Centom, le navire touché est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. Les Etats-Unis avaient déjà bombardé l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi et la suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l'Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.

19:15    Katz : Les habitants des villages occupés du Liban-Sud « n’y retourneront pas avant très longtemps »

Le ministre israélien de la Défense Israel Katz, a de nouveau affirmé, dans une interview au podcast d’un commentateur politique israélien, qu’Israël entendait maintenir sa zone d’occupation dans le sud du Liban et que les dizaines de milliers d’habitants des villages occupés ne pourront pas retourner sur leurs terres « avant très longtemps ».

« Ils n'y retourneront pas avant très longtemps, il faut le comprendre. La moitié de leurs maisons sont détruites, il n'y a plus d'habitants, il n'y a que des soldats et des maisons en ruines. Prenez ce modèle face à des organisations jihadistes, et vous gagnerez », a déclaré le ministre.

Israel Katz s’est également félicité que le sud du Liban a été dévasté de la même façon que la bande de Gaza. « Au Liban, j'avais dit en substance : le sud du Liban deviendra Gaza. Nous agirons selon le modèle de Rafah : nous y détruirons tout, nous les traiterons par d'autres moyens, et c'est ce que nous avons fait. (…) Il n'y a rien de ce que j'ai menacé de faire qui n'ait pas été mis à exécution. Ces déclarations ont un objectif : c'est le message que vous adressez à vos forces, le message que vous adressez à vos ennemis, puis vous mettez ces choses en œuvre », a-t-il poursuivi.

Le ministre de la Défense a également avancé que « 9 000 » membres du Hezbollah ont été tués par les attaques israéliennes depuis le début de la guerre en octobre 2023. « Ce que nous avons fait, c'est les détruire. Nous avons ordonné à l’armée de procéder à des destructions systématiques : avec des bulldozers et des explosifs, ils ont tout rasé », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Nous contrôlons environ 700 km² de territoire, soit presque deux fois la superficie de Gaza, où toutes les infrastructures sont détruites, où 90 % des maisons de 24 villages frontaliers au Liban ont été détruites. Il faut comprendre qu'il s'agit de 15 000 à 20 000 habitations », a-t-il énuméré, ajoutant que « plus aucune menace pour Metoula, Chtoula et toutes les autres localités frontalières » ne pourrait venir de cette partie du Liban.

Ces propos du ministre israélien interviennent alors que l’armée est censée amorcer son retrait des deux « zones pilotes » définies au Liban-Sud, destinées à repasser sous le contrôle de l’armée libanaise, tel que convenu dans l’accord-cadre signé fin juin entre le Liban et Israël.

Ce début de retrait progressif tarde toutefois à advenir, à l’heure où Tel-Aviv indique attendre qu’un nouveau mécanisme piloté par l’armée américaine soit mis en place pour coordonner les manœuvres entre les deux troupes.

Malgré le nouveau cessez-le-feu annoncé le 19 juin entre le Hezbollah et Israël, les tirs, les frappes aériennes et les dynamitages de l'armée israélienne n'ont pas cessé dans la zone occupée, alors que le bilan de l'offensive israélienne contre le Liban depuis la reprise de la guerre le 2 mars s'élève désormais à au moins 4 322 tués et 12 210 blessés selon le gouvernement libanais.

Israel Katz a également eu quelques mots sur la situation régionale, marquée ces derniers jours par un regain des tensions entre l’Iran et les États-Unis menaçant la pérennité du protocole d’accord annoncé le 14 juin à Islamabad. Il a ainsi affirmé qu’Israël est en capacité de relancer seul une guerre contre l’Iran, sans l’aide des États-Unis. « Le Premier ministre et moi-même avons donné instruction à l’armée de se préparer à une opération militaire israélienne indépendante contre l'Iran. Israël peut s’occuper de l’Iran seul si nécessaire », a-t-il dit.

18:46    Liban-Sud : calme précaire, après des tirs d'artillerie et explosions dans des villages frontaliers

L’escalade au niveau régional après des tirs iraniens dans le détroit d’Ormuz et une série de bombardements américains sur l’Iran ne s’est pas traduite au Liban. Plusieurs attaques israéliennes, majoritairement des tirs d’artillerie, étaient néanmoins à déplorer au Liban-Sud, dans la soirée de samedi à dimanche, avant qu'un calme précaire ne soit observé dans l'après-midi, selon les informations notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah. Seuls des tirs d’artillerie israéliens visant les abords de Kfar Tebnit, dans le caza de Nabatiyé, ont été signalés en fin d’après-midi.

Les tirs d'artillerie ont visé les abords de Bouyout al-Sayyad (caza de Tyr) peu après 23h samedi, et, dès dimanche matin Kfar Tebnit à plusieurs reprises, ainsi que la vallée de Houjeir (caza de Marjeyoun), et la zone de Aïn el-Samahiyé, entre Zaoutar el-Charqiyé et Mayfadoun (caza de Nabatiyé). Des tirs de mitrailleuses contre Qantara (Marjeyoun) ont également été rapportés, tout comme le largage d’une nouvelle grenade assourdissante près de Mansouri (caza de Tyr), où des tracts ont été lancés samedi par l’armée israélienne pour ordonner aux habitants revenus sur place depuis l’annonce du « cessez-le-feu » de quitter le village.

Dans le village côtier de Mansouri, les frappes israéliennes menées la veille ont tué au moins une personne et fait plusieurs blessés, indique notre correspondant. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 2 heures du matin, une forte explosion a retenti à Majdel Zoun (caza de Tyr), parallèlement à une vaste opération de ratissage menée par les forces israéliennes dans le secteur. Par ailleurs, peu après 21 heures samedi dans le caza de Bint Jbeil, l’armée israélienne a procédé à des explosions dans les localités de Beit Yahoun et Kounine, et un drone a largué une grenade assourdissante au-dessus de Haddatha.

Le Hezbollah a, de son côté, organisé dimanche les funérailles de 30 de ses miliciens, tués pendant la guerre qui a repris le 2 mars dernier, à Kherbet Selm, village situé en profondeur dans le caza de Bint Jbeil.

La municipalité de Bint Jbeil appelle l'État à agir « immédiatement »

Dans un contexte qui demeure marqué par l'occupation israélienne au Liban-Sud sur plus de 600 km2, sans perspective claire de retrait des forces qui le lient à un désarmement du Hezbollah par l'État libanais, plusieurs municipalités du caza de Bint Jbeil, dont le chef-lieu, ont publié un communiqué dimanche appelant l’État à agir « immédiatement » pour faire face à l’occupation et les destructions qu’elle engendre.

La municipalité de Bint Jbeil, localité largement détruite par l’armée israélienne, a de nouveau tancé « l'urbicide » ou destruction du milieu urbain et appelé « l’État libanais à agir immédiatement afin de mettre un terme à ce qu’elle a qualifié de « massacre urbain » visant la ville et, plus largement, le Liban-Sud ». Elle a également demandé à l’État de porter plainte devant les instances internationales pour que « les responsables de ces violations soient tenus de rendre des comptes ».

De son côté, sans mentionner le Hezbollah, la municipalité de Aïtaroun s’est interrogée sur « ce qu’ont apporté les processus de négociation aux habitants des villages frontaliers ». Suite à une critique à peine voilée de l’accord-cadre signé fin juin à Washington entre Beyrouth et Tel-Aviv, notamment concernant l’absence de « calendrier clair et contraignant pour mettre fin à l’occupation », la municipalité demande notamment à l’État « d’annoncer un plan national d’urgence, clair et spécifiquement consacré aux villages de première ligne, comprenant un calendrier pour le retour des habitants, la reconstruction, le rétablissement des services essentiels et l’indemnisation équitable et rapide de toutes les personnes sinistrées ».

Au-delà de l'identification des besoins, le gouvernement n'a pas encore abordé en profondeur la question de la reconstruction du Liban-Sud, à l'heure où les pays du Golfe, principaux bailleurs de fonds, sont réticents à financer le chantier, contrairement à l'après-guerre en 2006, notamment en raison de l'occupation israélienne, ainsi que, selon des experts, de la crainte que cela ne renforce le Hezbollah, malgré une guerre destructrice.

Enfin, de l'autre côté de la frontière, le ministre israélien de la Défense Israel Katz a de nouveau affirmé, dans une interview qu’Israël entendait maintenir sa zone d’occupation dans le sud du Liban et que les dizaines de milliers d’habitants des villages occupés ne pourront pas retourner sur leurs terres « avant très longtemps ».

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