Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé samedi que les raisons invoquées par Washington pour annoncer son retrait de l'agence onusienne étaient « fausses », répétant que ce départ rendrait les États-Unis et le monde « moins sûrs ».
« Malheureusement, les raisons citées pour la décision des États-Unis de se retirer de l'OMS sont fausses », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X, soulignant que l'OMS avait « toujours dialogué avec les États-Unis, et avec tous les États membres, dans le plein respect de leur souveraineté ».
Quelques heures seulement après son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, le président américain Donald Trump avait signé un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de l'OMS. Ce départ est devenu effectif jeudi, après un délai d'un an réglementaire. « Nous retrouvons notre indépendance, protégeons la sécurité américaine et rendons la politique de santé publique des États-Unis au peuple américain », a commenté sur X le secrétaire à la Santé américain, Robert Kennedy Jr.
Dans un communiqué commun, M. Kennedy et le secrétaire d’État Marco Rubio accusent l'OMS de nombreuses « défaillances pendant la pandémie de Covid-19 » et d'avoir agi « à maintes reprises contre les intérêts des États-Unis ». Ils affirment que l'organisation onusienne a « bafoué et terni tout ce que l'Amérique a fait pour elle » et a remise en cause son indépendance.
« C'est l'inverse qui est vrai », s'est justifiée l'OMS dans un communiqué. « Comme nous le faisons avec chaque État membre, l'OMS a toujours cherché à s'engager de bonne foi avec les États-Unis. »
Robert Kennedy Jr a également suggéré dans une vidéo publiée sur X vendredi, que l'OMS devait être rendue responsable « des Américains morts seuls dans des maisons de retraite (et) des petites entreprises détruites par des obligations irresponsables » de porter des masques et de se faire vacciner.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus au contraire, cette déclaration « contient des informations inexactes ». « Tout au long de la pandémie, l'OMS a agi rapidement, a partagé toutes les informations dont elle disposait de manière rapide et transparente avec le monde, et a conseillé les États membres sur la base des meilleures données disponibles », s'est justifiée l'agence. « L'OMS a recommandé l'utilisation de masques, des vaccins et de la distanciation physique, mais n'a à aucun moment recommandé d'obligations de port du masque, d'obligations vaccinales ou de confinements », a-t-elle ajouté.
MM. Kennedy et Rubio regrettent dans leur communiqué que l'OMS ait refusé de rendre le drapeau américain devant son siège. Et de demander une compensation, pour avoir refusé le retrait américain.
Au siège de l'OMS, on fait remarquer que « la notification de retrait pose problème », et doit encore être examinée. Les États-Unis sont en effet censés être à jour de leurs versements à l'organisation s'il veulent la quitter. Or, ils lui doivent environ 260 millions de dollars.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes États-Unis prévoient d'expulser prochainement des migrants iraniens vers leur pays d'origine, théâtre d'une répression sanglante qui a fait plusieurs milliers de morts à la suite du récent mouvement de contestation, a alerté une ONG irano-américaine. Il s'agirait de la première expulsion de ce type vers l'Iran depuis la mobilisation, qui avait pris une ampleur majeure le 8 janvier, avant d'être violemment réprimée.
Donald Trump avait plusieurs fois menacé de frapper l'Iran en réponse à la répression, avant de sembler faire marche arrière la semaine dernière, affirmant que Téhéran avait suspendu les exécutions prévues de manifestants.
« La même administration qui avait promis aux Iraniens que +l'aide arrivait+ au plus fort d'une répression meurtrière est aujourd'hui en train de renvoyer de force des Iraniens vers le danger », a dénoncé dans un communiqué jeudi Jamal Abdi, président de l'ONG National Iranian American Council. Il s'agirait au moins du troisième vol transportant des migrants expulsés des États-Unis vers l'Iran, selon l'organisation, deux autres ayant déjà eu lieu en septembre et en décembre.
Abolfazl Mehrabadi, un diplomate représentant les intérêts de l'Iran aux États-Unis, a précisé samedi à l'agence officielle iranienne Irna qu'une quarantaine d'Iraniens allaient être expulsés. Ils embarqueront dimanche depuis un aéroport de Phoenix, dans l'Arizona, a-t-il ajouté. Parmi eux, se trouvent deux hommes homosexuels, qui risquent d'être exécutés en Iran, où l'homosexualité est passible de la peine de mort, a affirmé dans un communiqué l'organisation de défense des immigrés American Immigration Council, qui les représente. Les deux hommes sont actuellement détenus dans un centre de rétention pour migrants de l'Arizona et des procédures judiciaires visant à empêcher leur expulsion sont toujours en cours, selon l'organisation. « Les expulser à ce stade constituerait une grave atteinte au droit à une procédure régulière », a-t-elle estimé dans son communiqué.
Sollicité par l'AFP à propos de ces expulsions, le ministère américain de la Sécurité intérieure n'a pas répondu dans l'immédiat.
Donald Trump a érigé la lutte contre l'immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une « invasion » des États-Unis par des « criminels venus de l'étranger » et communique abondamment sur les expulsions d'immigrés.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa principale alliance chiite irakienne, qui détient la majorité au Parlement, a apporté samedi son soutien à la candidature de l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki pour un nouveau mandat à la tête du gouvernement.
Le Cadre de coordination, une alliance de factions chiites ayant des liens divers avec l'Iran, a déclaré dans un communiqué avoir « décidé, à la majorité des voix, de désigner » M. Maliki au poste de Premier ministre « en tant que candidat du plus grand bloc parlementaire ».