Le président Volodymyr Zelensky a accusé mardi Moscou d'avoir utilisé des missiles balistiques nord-coréens lors de frappes nocturnes sur la ville de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, qui ont fait au moins six morts. « La ville a été frappée par des missiles balistiques nord-coréens, des (missiles russes) Zircon et des bombes aériennes guidées », a déclaré M. Zelensky sur X, sans étayer ses accusations, dénonçant une « attaque brutale, conçue pour infliger un maximum de dégâts ».
Selon les autorités mardi matin, au moins neuf personnes ont été tuées au total lors d'une nouvelle nuit de bombardements russes sur l'Ukraine. Ces attaques interviennent alors que Volodymyr Zelensky avait affirmé la veille que la Russie se préparait à déployer davantage de soldats nord-coréens sur son territoire et avait reçu de nouveaux missiles balistiques en provenance de Pyongyang.
La Corée du Nord est un allié de la Russie et les relations entre les deux pays se sont renforcées depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. Moscou et Pyongyang ont conclu un accord de défense en 2024 et des milliers de soldats nord-coréens avaient participé aux combats contre les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk en 2024-2025.
L'Ukraine a déjà accusé la Russie par le passé d'utiliser des armes de fabrication nord-coréenne. Le week-end dernier, Volodymyr Zelensky avait appelé la Corée du Sud à soutenir et coopérer avec l'Ukraine, notamment en matière de systèmes de défense anti-aérienne.
Dans la grande ville de Zaporijjia, « six personnes ont été tuées et 19 ont été blessées », a écrit sur Telegram le chef de l'administration militaire régionale, Ivan Fedorov, rehaussant le bilan auparavant de cinq morts. D'après le responsable, l'armée russe a procédé à une frappe « massive » de missiles et de bombes aériennes guidées, endommageant des immeubles d'appartements et des bâtiments non-résidentiels.
Précédemment, il avait diffusé une image de voiture totalement détruite par les flammes et évoqué des attaques contre des infrastructures industrielles. L'armée russe a aussi lancé une attaque de drones et d'artillerie contre cinq districts de la région de Dnipropetrovsk (centre-est), a rapporté le chef de l'administration militaire locale. « Trois personnes ont été tuées », dont un adolescent de 15 ans, a détaillé Oleksandre Ganja sur Telegram, faisant également état de cinq blessés.
Explosions à Kiev
A Kiev, une série d'explosions ont retenti mardi peu après 00H00 (21H00 GMT lundi), ont constaté des journalistes de l'AFP, après une alerte aux missiles. Un incendie s'est déclaré dans un entrepôt, et un blessé a été recensé, ont rapporté les services d'urgence. Le ministère russe de la Défense a revendiqué sur la plateforme Max des attaques « visant des entreprises du secteur militaro-industriel et des centres de transport et de logistique dans les villes de Kiev et de Zaporijjia ».
Moscou a intensifié ces dernières semaines ses frappes de missiles balistiques, que seuls certains systèmes de défense antiaérienne, dont les Patriot américains, sont capables d'intercepter. La pénurie de missiles intercepteurs PAC-3 destinés à ces batteries s'est aggravée depuis la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran fin février.
En parallèle, l'Ukraine multiplie les frappes contre des villes russes, à l'image de la nuit de lundi à mardi: une attaque de drone a tué un homme de 49 ans dans la région de Voronej (ouest de la Russie), après la chute de débris, a indiqué Alexandre Goussev, son gouverneur.
Deux autres personnes ont été blessées et hospitalisées. La frappe a touché un centre logistique mais aussi des entrepôts « appartenant à une grande entreprise », a-t-il écrit.
La veille, au moins 13 personnes avaient été tuées et une quarantaine d'autres blessées dans une frappe ukrainienne au Tatarstan, dans le centre de la Russie, l'une des attaques les plus meurtrières survenues sur le territoire russe depuis 2022.
Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la diplomatie est au point mort et les deux pays font monter en puissance leurs frappes à longue portée. Ces frappes ciblent quasi quotidiennement des sites énergétiques, logistiques, portuaires ou de transport, faisant un nombre croissant de victimes civiles.