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30.08.2025 à 09:00

Infographie : l'Irlande en un clin d'œil

Eve Bachler

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29.08.2025 à 17:49

Présidence de Donald Trump : quelles conséquences pour l’Europe et la France ?

Arthur Olivier

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, son homologue au Parlement européen Roberta Metsola, ou encore le chancelier allemand Olaf Scholz… Tous ont félicité Donald Trump pour sa réélection. Mais derrière les traditionnelles politesses diplomatiques, l’issue de l’élection américaine du 5 novembre 2024 représente un véritable défi pour les Européens. Le retour […]

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Texte intégral (6429 mots)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fait partie des interlocutrices en Europe du chef d'Etat américain - Crédits : The White House / Flickr CC0 1.0 | Commission européenne | RapidEye / Flickr
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fait partie des interlocutrices en Europe du chef d’État américain - Crédits : The White House / Flickr CC0 1.0 | Commission européenne | RapidEye / Flickr

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, son homologue au Parlement européen Roberta Metsola, ou encore le chancelier allemand Olaf Scholz… Tous ont félicité Donald Trump pour sa réélection. Mais derrière les traditionnelles politesses diplomatiques, l’issue de l’élection américaine du 5 novembre 2024 représente un véritable défi pour les Européens.

Le retour de Donald Trump n'a pas vraiment réjoui les dirigeants de ce côté de l’Atlantique. À l’exception de quelques uns, comme le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ou son homologue slovaque Robert Fico, connus pour leurs dérives autoritaires. Ou encore la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, figure de la droite radicale européenne.

Commerce, défense, régulation du numérique, lutte contre le réchauffement climatique… l’alternance au sommet de la première puissance mondiale conduit les Européens à multiplier les points de vigilance face aux incertitudes et aux décisions de Donald Trump lors de son deuxième mandat, qui a débuté le 20 janvier 2025.

L'épineuse question des droits de douane

S'il a fait de Pékin son adversaire principal, en matière de commerce, le milliardaire de 79 ans a aussi ciblé l’Union européenne, allant jusqu’à la qualifier de "mini-Chine" avant son second mandat. Partenaire économique important des États-Unis, le Vieux Continent exporte plus de biens qu’il n'en n’importe depuis ce pays.

Depuis le 7 août 2025, les États-Unis appliquent des droits de douane supplémentaires sur des produits en provenance de plusieurs pays à travers le monde. Les exportations européennes, elles, sont majoritairement taxées à hauteur de 15 %, conformément à un accord commercial conclu le 27 juillet. Plusieurs produits stratégiques en sont exemptés : équipements aéronautiques, semi-conducteurs, matières premières critiques, ainsi qu'un certain nombre de produits chimiques et certaines filières agricoles. L'Union européenne s'est en revanche engagée à des achats d'armes, de produits énergétiques et des investissements aux États-Unis.

Cet accord intervient après de longues négociations, marquées par de nombreux rebondissements et revirements. Fervent défenseur de "l'Amérique d'abord" et d'un programme protectionniste, Donald Trump a multiplié les menaces et les mesures. Celles-ci ont connu de nombreux allers-retours, menaces et suspensions temporaires au gré des tractations avec l'Union européenne.

Lors de son investiture pour son retour à la Maison-Blanche, le Républicain n'a pris aucune mesure ferme à l'encontre de l'Union européenne. Mais le discours a évolué dès le lendemain. "L'UE est très mauvaise pour nous. Ils nous traitent très mal", déclarait-il lors d'une conférence de presse, assurant que les pays européens pourraient être soumis à des droits de douane.

Le 3 février 2025, Donald Trump évoquait un déficit commercial de 300 milliards de dollars avec le Vieux Continent, une situation jugée “injuste”. Dans les faits, ce déficit (en matière de biens) a atteint 158 milliards d’euros en 2023, et dépassait les 183 milliards d’euros fin novembre 2024, selon la Commission européenne. Il était toutefois partiellement compensé par le déficit de l'Union européenne dans les services échangés avec les États-Unis.

Le 10 février 2025, le président américain Donald Trump a instauré une taxe de 25 % sur l’acier et l’aluminium, une mesure entrée en vigueur le 12 mars. Le 3 juin, il a franchi une nouvelle étape en signant un décret doublant ces droits de douane à 50 % sur les importations d’acier et d’aluminium, y compris celles en provenance de l’Union européenne.

Entretemps, le président américain a annoncé début avril de nouveaux droits de douane "réciproques" à 20 % ou plus sur certains biens européens. "L’Europe nous arnaque, eux, c’est 39 % qu’ils prennent. On va leur en demander à peine la moitié", a-t-il justifié. Des droits qui devaient entrer en vigueur le 9 avril, mais que Donald Trump a décidé de suspendre pour 90 jours à la surprise générale, maintenant un simple taux plancher général de 10 % sur les produits étrangers importés. Le milliardaire justifiait alors sa décision en assurant que "plus de 75 pays" s'étaient manifestés auprès de son gouvernement pour "négocier" une solution en matière commerciale. L'UE faisait partie de ces territoires en sursis.

Nouvelle volte-face le 23 mai : c'est à un taux de 50 % que le président américain annonce cette fois vouloir imposer les produits européens, toujours à partir du 1er juin 2025. Avant de décréter deux jours plus tard, après un échange téléphonique avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la suspension de ces mesures jusqu’au 9 juillet. Le 7 juillet, le président américain a annoncé un nouveau report au 1er août, avant de chiffrer cinq jours plus tard à 30 % le montant de ces futures taxes visant l'Union européenne.

Car face à cette guerre commerciale déclarée, l’Union européenne a joué la carte du dialogue, tout en élaborant ses propres contre-mesures. Le 12 mars, elle menaçait d'appliquer des droits de douane "forts mais proportionnés" sur une série de produits américains à compter du 1er avril. Des mesures finalement repoussées puis suspendues à plusieurs reprises, au gré des annonces de Washington. Cette riposte menace dans un premier temps d'imposer une surtaxe de 25 % à une vaste gamme de produits américains pour une valeur de 22 milliards d’euros : des produits agricoles comme le riz, les légumes surgelés et certains jus de fruits, ainsi que des produits cosmétiques. Le 15 mai, les motos, le tabac, les réfrigérateurs, le plastique ou encore l’acier auraient à leur tour été ciblés, avant une dernière salve le 1er décembre.

Le 24 juillet, l'Union européenne donnait son feu vert à une nouvelle série de mesures de rétorsion commerciale. Chiffrées à 93 milliards d'euros, celles-ci visaient notamment les avions, le bourbon, les voitures ou encore le soja. Des contre-mesures officiellement suspendues le 5 août, les deux parties ayant conclu un accord le 27 juillet. "La Commission a adopté aujourd’hui la procédure juridique nécessaire pour suspendre la mise en œuvre de nos contremesures européennes", a déclaré un porte-parole de l’exécutif européen, Olof Gill, précisant que l'Union n'excluait pas la réactivation de ces mesures de riposte dans l'éventualité où le bras de fer commercial avec l’administration américaine venait à connaître de nouveaux rebondissements.

Le 21 août, l’UE et les États-Unis ont publié une déclaration conjointe confirmant l’accord commercial conclu fin juillet en Écosse entre Donald Trump et Ursula von der Leyen. Ce texte marque l’aboutissement de plusieurs mois de négociations et définit les règles d’un nouveau cadre tarifaire transatlantique. "Il s’agit d’un accord stratégique important, que nous soutenons pleinement", a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. Dans un court message posté sur X, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un texte qui "garantit les meilleures conditions possibles pour les entreprises et les consommateurs de l'UE".

La déclaration commune présente un régime tarifaire américain de 15 % pour la majorité des exportations de l'UE, y compris dans des secteurs clés comme l'automobile, les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs et le bois d'œuvre. Les secteurs déjà soumis à des tarifs de 15 % ou plus ne seront pas impactés. En ce qui concerne les voitures et les pièces automobiles, le plafond tarifaire américain de 15 % s'appliquera rétroactivement au 1er août.

En échange, l'UE a formulé des propositions de règlements visant à supprimer les droits de douane sur les produits industriels américains (machines-outils, produits chimiques, automobiles et pièces détachées, plastiques) et à accorder un accès préférentiel au marché à une gamme de produits de la mer et de produits agricoles non sensibles provenant des États-Unis. "Ces mesures contribuent à rétablir la stabilité et la prévisibilité du commerce et de l'investissement entre l'Union européenne et les États-Unis", explique la Commission, "pour le bénéfice des entreprises, des travailleurs et des citoyens des deux côtés de l'Atlantique". Les textes, présentés jeudi 21 août, vont être soumis aux colégislateurs, à savoir les États membres et le Parlement européen.

En outre, à partir du 1er septembre, plusieurs produits bénéficieront d'un régime spécial avec uniquement les tarifs de la "clause de la nation la plus favorisée", incluant les ressources naturelles rares (comme le liège), les aéronefs et leurs pièces, les produits pharmaceutiques génériques et leurs ingrédients, ainsi que les précurseurs chimiques. "La Commission procédera rapidement, avec le soutien des États membres de l'UE et du Parlement européen, et conformément aux procédures internes pertinentes, à la mise en œuvre des principaux aspects de l'accord", précise l'institution dans un communiqué.

La situation semble toutefois plus sensible sur le volet du numérique. Le président américain a prévenu, lundi 25 août, qu'il imposerait de nouveaux droits de douane aux pays qu’il accuse de "discriminer" les entreprises technologiques américaines. Une annonce qui semble viser en particulier l’Union européenne. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, il accuse régulièrement le DSA d'entraîner une censure des contenus en ligne, et le DMA d'être une arme contre les entreprises américaines. La Commission européenne n'a pas tardé à réagir à ces nouvelles menaces, mardi 26 août. "Il est du droit souverain de l'UE et de ses États membres de réglementer les activités économiques sur notre territoire dans le respect de nos valeurs démocratiques", a déclaré la porte-parole de l’exécutif européen, Paula Pinho. Le lendemain, le commissaire européen chargé de la stratégie industrielle, le Français Stéphane Séjourné, n’a pas écarté l’option d’une révision de l’accord commercial, si les intentions exprimées par Donald Trump se transformaient en mesures concrètes.

Quelles sont les conséquences des droits de douane américains pour la France ?

Les relations avec Washington sont tout aussi cruciales côté français. Selon les chiffres du Trésor, les échanges de biens et services entre la France et les États-Unis ont atteint un niveau historique en 2023 (153,1 milliards de dollars). L’Hexagone représente par ailleurs le 5e plus gros investisseur outre-Atlantique, tandis que les États-Unis occupent la première place en sens inverse.

Les droits de douane supplémentaires aux frontières américaines risquent de peser sur les secteurs dans lesquels les exportations sont particulièrement importantes : les industries de l’aéronautique et de la chimie, mais aussi les boissons (vins, cognacs et autres alcools de l'Hexagone), dont certaines sont déjà visées par la Chine.

Les plans du gouvernement américain prévoyaient par ailleurs, dans leur version initiale, des droits de douane différenciés et plus sévères vis-à-vis des territoires d’Outre-mer. Ainsi, La Réunion devait voir ses exportations taxées à 37 %, tandis que ce taux devait atteindre 50 % sur les produits en provenance de Saint-Pierre-et-Miquelon - taxation la plus élevée à l'échelle du globe.

Augmenter les dépenses militaires

Le mot "Europe" n’apparaissait qu'une fois dans le programme du ticket Trump-Vance : pour aborder le sujet des dépenses militaires. "Les Républicains renforceront les alliances en veillant à ce que nos alliés respectent leur obligation d'investir dans notre défense commune et en rétablissant la paix en Europe", pouvait-on dans le document de 16 pages.

Depuis des années, le milliardaire critique les États membres de l’Otan, les accusant de sous-investir en matière de défense et de compter sur le parapluie de leur allié américain. Donald Trump leur a longtemps reproché de ne pas respecter l’objectif de consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses militaires, une cible fixée en 2006. Et le 7 janvier 2025, il a déclaré que les membres de l'Alliance atlantique devaient accroître ce budget de défense à 5 % de leur PIB. "Ils peuvent tous se le permettre", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse dans sa résidence de Mar-a-lago.

Un objectif que beaucoup jugent irréaliste. Parmi les 23 membres de l’Union européenne que compte l'Otan, une large majorité dépasse aujourd’hui le palier des 2 %. La Pologne a plus que doublé cet objectif en 2024, avec un niveau de dépenses atteignant 4,1 % de son PIB. Le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022, a notamment poussé les gouvernements de l’UE à mieux investir dans leur défense.

Face aux menaces de désengagement des États-Unis (qui ont suspendu temporairement leur aide militaire à l'Ukraine entre le 3 et le 8 mars dernier) en Europe, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, a présenté mardi 4 mars un plan pour une Europe "plus sûre et résiliente". Initialement nommé "ReArm Europe" ("Réarmer l'Europe"), ce plan désormais appelé "Readiness 2030" ("Préparation 2030") vise à répondre aux défis sécuritaires auxquels est confronté le continent.

Ce projet prévoit une enveloppe de près de 800 milliards d’euros à mobiliser dans les cinq ans à venir pour moderniser les capacités militaires des Vingt-Sept. Un autre volet majeur du financement concerne la création d’un nouvel instrument de prêt de 150 milliards d’euros, appelé "SAFE", destiné à aider les États membres à acheter des équipements militaires européens. Ce mécanisme vise à renforcer l’interopérabilité entre les forces armées européennes, tout en soutenant l’industrie de défense européenne.

Le 26 juin 2025, lors d’un sommet à La Haye, les pays membres de l’Otan se sont engagés à augmenter leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB d’ici à 2035, mais dont 1,5 % seront consacrés à la sécurité nationale. Il s'agit donc d'un compromis par rapport à la demande initiale des États-Unis. La veille de son arrivée, le président américain avait semé la confusion en remettant une nouvelle fois en cause l’engagement des États-Unis envers la clause de défense mutuelle de l’Alliance. Le lendemain, il assurait que Washington soutiendrait ses alliés "jusqu’au bout".

Quel avenir pour l’aide américaine à l’Ukraine ?

Le conflit entre l’Ukraine et la Russie est l'autre grand sujet de préoccupation des Européens. Le milliardaire, qui avait souligné à plusieurs reprises vouloir engager des négociations avec Moscou avant sa prise de fonction, promettant de "mettre fin à la guerre en Ukraine en vingt-quatre heures", s'y est bel et bien employé. Avec un succès très relatif pour le moment.

Le 28 février, une rencontre houleuse à la Maison-Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exacerbé les tensions, le milliardaire américain accusant son homologue de manquer de volonté pour parvenir à un "accord de paix durable". En réponse, le chef d’État ukrainien a souligné que des garanties de sécurité solides étaient indispensables pour mettre fin à la guerre. Cette divergence a non seulement affaibli le soutien américain à l'Ukraine, mais aussi inquiété les alliés européens concernant l'engagement des États-Unis dans cette crise.

Sur le plan militaire, Donald Trump a négocié un cessez-le-feu partiel avec la Russie, limité aux attaques sur les infrastructures énergétiques et maritimes. Ce compromis, bien qu'insuffisant pour stopper les combats au sol, a permis d'ouvrir la voie à une pause temporaire dans les hostilités. Cependant, la Russie a répondu en posant des conditions strictes, comme l'arrêt de l'aide militaire américaine à l'Ukraine et la levée de sanctions économiques, compliquant toute avancée vers une trêve durable. L'administration Trump a utilisé ce cessez-le-feu pour exercer une pression sur l'Ukraine, suspendant temporairement son assistance militaire afin d'obtenir des concessions.

Puis le 14 juillet, le président américain a opéré un revirement important en promettant la fourniture d'armes à l'Ukraine, financées par les alliés européens via l'Otan. Parallèlement, et face à l'échec des négociations avec la Russie pour un cessez-le-feu, il a imposé un ultimatum à la Russie de 50 jours pour arrêter la guerre, sous peine de sanctions économiques supplémentaires et de droits de douane contre les alliés de Moscou. Un délai réduit le 29 juillet à dix jours, soit une échéance fixée au 8 août. Cet ultimatum a cependant été abandonné après l'annonce par Donald Trump d'une rencontre avec Vladimir Poutine en Alaska.

Ce sommet, tenu le 15 août dernier à Anchorage, a ouvert la voie à de nouvelles discussions sur la résolution du conflit en Ukraine. Trois jours plus tard, un sommet organisé à Washington réunissant Volodymyr Zelensky et sept dirigeants européens – dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen - a marqué une étape décisive. Outre la perspective d'une rencontre entre le président ukrainien et son homologue russe dans un avenir proche, ce temps fort a été l'occasion d'aborder l'épineuse question des garanties de sécurité accordées à l'Ukraine.

Volodymyr Zelensky a annoncé que les alliés de Kiev s’apprêtaient à formaliser "d’ici dix jours" des propositions destinées à prévenir toute nouvelle offensive russe après un éventuel accord de paix, l'idée d'un cessez-le-feu n'ayant pas été jugée "nécessaire" par Donald Trump. Les Américains se sont toutefois engagés à s'impliquer dans la sécurité future de l'Ukraine. "Il est important que les États-Unis donnent un signal clair qu’ils feront partie des pays qui assisteront, coordonneront, et seront aussi des participants dans les garanties de sécurité pour l’Ukraine. Je pense que ça, c’est un grand pas en avant", a déclaré Donald Trump, cité dans un communiqué de la présidence. Il a par ailleurs ajouté que Kiev avait offert de se fournir en armes américaines. Ce montant pourrait atteindre 90 milliards de dollars, le Financial Times évoquant lui un budget de 100 milliards financés par les Européens.

En parallèle, le président américain continue de chercher à tirer parti des vastes ressources en terres rares présentes sur le sol ukrainien pour compenser le soutien financier américain. Un accord sur ces minerais stratégiques est en négociation mais reste difficile à trouver. D'autant qu'une partie importante des gisements se trouve dans des zones occupées par la Russie, compliquant leur exploitation. Les négociations sur les centrales électriques ukrainiennes, en particulier la centrale nucléaire de Zaporijia, occupent également une place centrale dans les discussions entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine.

La régulation du numérique en question

S’agissant des dossiers liés au numérique, les relations transatlantiques pourraient là aussi se tendre un peu plus. Ces dernières années, l’UE a renforcé la modération des réseaux sociaux avec le Digital Services Act (DSA) et limité la domination des géants du web avec le Digital Markets Act (DMA). Et le gouvernement américain s'affiche particulièrement critique envers la régulation européenne, accusée d’entraver la compétitivité des géants nationaux et d’exercer un contrôle excessif sur le contenu en ligne.

Ces législations sont par exemple peu appréciées d'Elon Musk, propriétaire de la plateforme X (ex-Twitter) et de l'entreprise automobile Tesla, qui a connu des conflits avec la Commission européenne au sujet de l’application du DSA. X fait notamment l’objet d’une enquête approfondie depuis fin 2023 pour non-respect de règles sur la désinformation, la transparence des publicités et la vérification des comptes certifiés. Remercié par Donald Trump, l'ancien responsable du ministère de l’Efficacité gouvernementale s'était illustré par des actions peu amicales vis-à-vis de l’Europe, notamment en s’ingérant dans la campagne des dernières élections allemandes en faveur de l'extrême droite.

Plus inattendu est le revirement de Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta qui regroupe Facebook, Instagram et WhatsApp. Il semble avoir rejoint la croisade contre les législations de l'Union européenne, accusée d'"institutionnaliser la censure", en annonçant une forte réduction de la modération sur ces trois réseaux sociaux le 7 janvier 2025. Trois jours plus tard, le milliardaire critiquait l'UE pour avoir imposé des amendes massives aux géants américains de la tech, exprimant l'espoir que Donald Trump défende leurs intérêts.

Le Conseil du commerce et de la technologie UE/États-Unis n'a quant à lui pas survécu au second mandat du milliardaire. La plateforme avait été créée en 2021 pour rétablir un dialogue des deux côtés de l’Atlantique sur des sujets comme l’intelligence artificielle ou la cybersécurité.

Douche froide pour le climat ?

L'élection de Donald Trump s'apparente à un recul pour la politique climatique, alors que les États-Unis sont le deuxième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, derrière la Chine. Le milliardaire veut augmenter la production d'énergies fossiles en favorisant les forages et la construction de nouveaux pipelines. Il est également revenu sur plusieurs normes antipollution dans le secteur automobile.

Donald Trump a choisi un homme pour mener à bien cette tâche. Le 11 novembre 2024, le président élu a désigné Lee Zeldin à la tête de la puissante Agence de protection de l'environnement (EPA), l'organe qui élabore et fait respecter les politiques environnementales au niveau fédéral. "Nous rétablirons la domination énergétique américaine, revitaliserons notre industrie automobile pour ramener des emplois aux États-Unis et ferons [du pays] le leader mondial de l’intelligence artificielle. Nous le ferons tout en protégeant l’accès à l’air et à l’eau propres", a réagi sur X le Républicain originaire de New York.

Cette situation fragilise aussi la diplomatie climatique. Rapidement après son accession à la Maison-Blanche en 2017, Donald Trump avait décidé de sortir de l’accord de Paris sur le climat, adopté lors de la COP21 fin 2015. Il a récidivé pour son retour aux affaires en 2025. Tout juste investi, le milliardaire a annoncé le retrait des États-Unis de ce texte, qui doit engager le monde sur la voie d'un réchauffement planétaire inférieur à 2°C. Sa décision ne pourra cependant être effective que dans un délai d’un an.

Ce choix rétrograde a aussitôt été pointé du doigt par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, affirmant que “l’Accord de Paris demeure le meilleur espoir de l’humanité tout entière”. L'Allemande a fait de la lutte contre le réchauffement climatique l'une de ses grandes priorités avec le Pacte vert présenté en décembre 2019. Loin des ambitions affichées par Trump, la présidence de Joe Biden avait quant à elle été marquée par des politiques significatives et une bonne coopération entre les deux continents sur le plan climatique.

Tensions diplomatiques

Les dirigeants européens ont également été nombreux à réagir à la menace d'annexion du Groenland formulée par Donald Trump le 7 janvier. Un territoire situé entre l'Amérique du Nord et l'Arctique, mais qui appartient au Danemark, membre de l'Union européenne et de l'Otan. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé qu'il n'était "pas question" que l'UE laisse des pays "s'en prendre à ses frontières souveraines". La Commission européenne a quant à elle qualifié ces menaces d'extrêmement "hypothétiques", tout en soulignant son attachement à la souveraineté des États.

Des propos loin de calmer les ardeurs du milliardaire, qui a remis le sujet sur la table le 4 mars 2025, lors de son discours face aux deux chambres du Congrès. Le président américain a garanti que cette annexion se ferait "d’une manière ou d’une autre", tout en promettant aux habitants de cette île autonome de 2,1 millions de km2 prospérité économique et succès. "Nous assurerons votre sécurité, nous vous rendrons riches et, ensemble, nous mènerons le Groenland vers des sommets que vous n’auriez jamais imaginés possibles", a-t-il déclaré. Les États-Unis possèdent une base militaire dans le nord-ouest de l'île depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et ont a priori le droit d'augmenter leur présence, tant qu'ils en informent les autorités groenlandaises et le Danemark.

Sur la guerre au Proche-Orient, Donald Trump et Joe Biden ont tous deux revendiqué l'accord de cessez-le-feu annoncé le 15 janvier 2025 entre Israël et le Hamas. L'UE, qui n'a pas été directement impliquée dans les négociations, a salué l'accord tout en se montrant prudente quant à la suite. Un certain nombre de dirigeants européens ont rappelé l'engagement officiel de l'Union, favorable à une solution à deux États. Une position apparemment peu compatible avec le nouveau plan proposé par Donald Trump en 2025, qui prévoit une prise de contrôle de Gaza par les États-Unis pour en faire une "Riviera du Moyen-Orient".

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29.08.2025 à 16:10

Les présidents français et l’Europe : du plan Marshall au général de Gaulle (1948-1969) 

Vincent Lequeux

En 1948, alors que les alliances de la Seconde Guerre mondiale ont vécu, un nouvel ordre mondial marqué par la confrontation implicite des deux superpuissances américaine et soviétique se met en place. En pleine reconstruction, l’Europe est alors un continent convoité par les deux protagonistes qui cherchent à y imposer leur doctrine. Les États-Unis, conscients […]

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Texte intégral (3798 mots)
Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont accéléré le rapprochement entre la France et l'Allemagne dans les années 1950
Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont accéléré le rapprochement entre la France et l'Allemagne dans les années 1950 - Crédits : Bundesarchiv, B 145 Bild-F015892-0010 / Ludwig Wegmann / Wikicommons CC-BY-SA 3.0

En 1948, alors que les alliances de la Seconde Guerre mondiale ont vécu, un nouvel ordre mondial marqué par la confrontation implicite des deux superpuissances américaine et soviétique se met en place. En pleine reconstruction, l’Europe est alors un continent convoité par les deux protagonistes qui cherchent à y imposer leur doctrine. Les États-Unis, conscients que le communisme pourrait s’étendre et gagner l’ouest de l’Europe, théorisent dès 1947 la doctrine du "containment". Or endiguer l’expansion du communisme nécessite d’intervenir sur le continent européen de manière financière et militaire.

En avril 1948, les États-Unis décident donc d’aider massivement les États européens à se reconstruire grâce à un vaste programme de dons et de prêts financiers : le plan Marshall. Pour en faciliter la gestion tout en conservant un contrôle via l’Economic Cooperation Administration américaine, ils amènent les États européens à créer l’Organisation européenne de coopération économique (OECE). Cette institution internationale sera chargée de gérer et de distribuer les 13 milliards de dollars distribués entre 1948 et 1951. Important jalon vers une relative unification du continent, elle permet un accord sur la libéralisation des échanges entre les pays membres. L'OECE restera toutefois une stricte organisation internationale de coopération gouvernementale, alors même que le gouvernement français est favorable à une structure supranationale plus puissante.

Sur le plan militaire, dans le contexte de la Guerre froide naissante, des premiers essais nucléaires soviétiques et du partage de Berlin, les Américains souhaitent renforcer leur présence en Europe de l'Ouest. Pour ce faire, le traité de l’Atlantique nord est signé le 4 avril 1949 et entre en vigueur en août de la même année. Il pose les bases de l'Otan, qui ne prend véritablement forme comme organisation structurée qu’à partir de 1950.

La Guerre froide, tant sur le plan économique que militaire, façonne donc les relations des pays de l’Ouest européen. La France, comme ses futurs partenaires européens, intègre ces premières institutions internationales dont la création est imputable aux États-Unis, qui voient d’un bon œil l’unification du bloc de l’Ouest.

Dès mai 1949, 10 États européens décident d’approfondir leurs relations en signant le traité de Londres qui institue le Conseil de l’Europe, dont l’objectif est la défense des valeurs communes : droits de l’homme, démocratie libérale et état de droit. Pour la première fois, une structure institutionnelle est mise en place avec une Assemblée consultative, un Comité des ministres des Affaires étrangères et un secrétariat général. La Cour européenne des droits de l’homme suivra plus tard avec la Convention européenne des droits de l’homme de 1950 (entrée en vigueur en 1953 et institution judiciaire en 1959). Selon Winston Churchill, ce Conseil devait constituer le berceau des "États-Unis d’Europe". Cependant, du fait de son caractère purement consultatif, le Conseil de l'Europe sera par la suite largement supplanté par de nouvelles formes d'intégration européenne.

Années 1950 : les premières institutions européennes

Sous l’impulsion de Jean Monnet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, décide de lancer en 1950 une nouvelle forme d’intégration. La Déclaration Schuman du 9 mai 1950 marque le début de l’unification de l’Europe par le biais d’un projet économique. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est composée d’une Haute Autorité supranationale, d’une Assemblée commune, d’une Cour de justice et d’un Conseil des ministres. Ce dispositif s’inspire de certaines idées débattues au Conseil de l’Europe (assemblée, coopération juridique) mais innove radicalement par le rôle supranational donné à la Haute Autorité.

Fondé sur la méthode fonctionnaliste imaginée par Jean Monnet, l’objectif est d’unifier les productions européennes de charbon et d’acier. Il s’agit en premier lieu de créer une "Union de fait" entre la France et l’Allemagne afin d’apaiser les tensions qui pourraient naître entre ces deux pays. Politiquement, la CECA vise à stabiliser les relations franco-allemandes en plaçant des secteurs stratégiques sous autorité commune, dans l’espoir de rendre toute guerre économiquement impossible. Deuxièmement, la CECA vise à moderniser les infrastructures de production afin d’augmenter les capacités productives de l’Europe et de participer au redressement économique des six pays fondateurs. Initiative française, la communauté convainc l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Italie. Le traité de Paris l’instituant est signé le 18 avril 1951 et elle entre en vigueur le 23 juillet 1952.

En parallèle de la CECA, le contexte international amène la France à réfléchir à un projet d’union militaire. En effet, à la suite de la signature du traité de l’Atlantique nord, les Allemands envisagent leur réarmement à partir de 1949. Soutenue par les États-Unis, cette initiative est vue d’un mauvais œil par le gouvernement français. Sous l’influence de Jean Monnet mais surtout à travers le plan Pleven présenté en octobre 1950, la France propose la création d’une Communauté européenne de défense (CED). Ce projet sera toutefois un échec. Alors que le gouvernement signe le traité, l’Assemblée nationale le rejette en 1954, une majorité transpartisane (gaullistes, communistes, mais aussi une partie des radicaux et socialistes) refusant une perte de souveraineté militaire. Cet échec marque un sérieux revers pour l’intégration européenne.

Néanmoins, les Six reprennent l’initiative dix ans après la fin de la guerre à la conférence de Messine (1955), où ils envisagent d’autres formes de coopération économique. Paul-Henri Spaak et Johan Willem, ministres des Affaires étrangères belge et néerlandais, y ouvrent la voie vers le traité de Rome. Une résolution commune aux six membres de la CECA est signée pour la création d'un marché commun. Le 25 mars 1957, l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas deviennent "l'Europe des Six" en signant les traités de Rome instituant la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom).

Entre Messine et Rome, de 1955 à 1957, un long chemin a été parcouru entre les partenaires européens, particulièrement afin d'élaborer le futur marché commun. En parallèle, Jean Monnet fonde le 13 octobre 1955 le Comité d’action pour les États-Unis d’Europe, un réseau de responsables politiques et syndicaux européens qui jouera un rôle déterminant dans la promotion du projet d’intégration. Signés le 25 mars 1957, les traités de Rome entrent en vigueur le 1er janvier 1958, après des ratifications relativement rapides dans les six États membres. En France, la majorité approuvant le texte est courte : 342 voix contre 239. Parmi les groupes s'opposant à l'extension de l'intégration européenne, les gaullistes font office de leaders. Plus généralement, en raison de la Guerre d'Algérie, qui débute en 1954, et de l'instabilité gouvernementale, qui caractérise la IVe République, le rôle jusqu'ici moteur de la France dans la construction européenne est réduit.

Les fondateurs de la CECA
Les fondateurs de la CECA

Les Pères fondateurs

Konrad Adenauer (1876-1967) est un avocat et homme politique allemand. Exerçant la fonction de maire de Cologne avant la guerre, il est fait prisonnier à deux reprises par la Gestapo sous le régime nazi. Après la guerre, il fonde le Parti chrétien-démocrate (CDU) puis participe à concevoir la Constitution de la RFA dont il devient le premier chancelier en 1949. Favorable à l’unification des nations composant le continent, il défend une Europe de la défense, projet qui échouera en 1954. Le 7 mai 1950, il donne son accord à Robert Schuman sur le projet de la CECA et signe le traité de Paris le 18 avril 1951. En 1963, il démissionne de la fonction de chancelier après avoir signé le traité de l’Élysée actant la réconciliation franco-allemande et le succès de ce qui sera considéré comme le premier "couple franco-allemand" avec le général de Gaulle.

Alcide de Gasperi (1881-1954) est un homme politique italien originaire de la région du Trentin. Docteur en philosophie et emprisonné durant le régime fasciste, il devient président du Conseil italien en 1945 et occupe ce poste jusqu’en 1953. Il œuvre notamment à la mise en place de la nouvelle Constitution italienne votée en 1948 et ancre l’Italie dans la Communauté européenne. Fédéraliste convaincu, il répond à l’appel de Robert Schuman et signe le traité de Paris instituant la CECA. Il milite pour la création d'une communauté politique européenne.

Jean Monnet (1888-1979) est un haut-fonctionnaire français originaire de la région de Cognac. Il s'engage dans le service public lors de la Première Guerre mondiale, en tant que gestionnaire des ressources alliées. Expatrié en Chine et aux États-Unis dans l'entre-deux-guerres, où il négociera un programme de construction d'armes à destination des forces alliées, il se trouve à Londres lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Jean Monnet participera alors au plan visant à fusionner la Grande-Bretagne et la France dans la lutte contre le régime nazi. Nommé commissaire au Plan après-guerre, il proposera le projet de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) à Robert Schuman. Jean Monnet (1888-1979) est un haut-fonctionnaire français originaire de la région de Cognac. Il s'engage dans le service public lors de la Première Guerre mondiale, en tant que gestionnaire des ressources alliées. Expatrié en Chine et aux États-Unis dans l'entre-deux-guerres, où il négociera un programme de construction d'armes à destination des forces alliées, il se trouve à Londres lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Jean Monnet participera alors au plan visant à fusionner la Grande-Bretagne et la France dans la lutte contre le régime nazi. Nommé commissaire au Plan après-guerre, il proposera le projet de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) à Robert Schuman. Il en devient le premier président en 1952 et conserve cette fonction jusqu’en 1955, date à laquelle il fonde le Comité d’action pour les États-Unis d’Europe.

Robert Schuman (1886-1963) est un avocat et homme politique français, né à Luxembourg. En 1919, il entame une carrière politique en devenant député de Moselle. Il poursuit sa carrière jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et exerce les fonctions de sous-secrétaire d’État jusqu’à son arrestation par la Gestapo en septembre 1940. En 1945, il réintègre les bancs de l’Assemblée nationale comme député puis devient ministre des Finances en 1947. En 1948, il est nommé ministre des Affaires étrangères et conserve ce poste jusqu’en 1952. Créateur de la CECA sous les conseils de Jean Monnet, le titre de "Père de l’Europe" lui est décerné par l’Assemblée européenne de Strasbourg en 1960 alors qu’il quitte la présidence de cette Assemblée qu’il occupait depuis 1958.

Paul-Henri Spaak (1899-1972) est un homme politique belge. Il débute sa carrière politique comme député en 1932 et devient ministre durant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, il est l'un des instigateurs du Benelux, l'union économique liant la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Premier ministre puis ministre des Affaires étrangères, il occupe les fonctions de président de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe de 1949 à 1951. Président du comité d’expert lors de la conférence de Messine en 1954, qui donnera le coup d'envoi de la création de la Communauté économique européenne (CEE), il joue un rôle de premier plan dans la signature du traité de Rome et dans l’édification de la CEE en 1957. Profondément européiste, il combat la vision européenne confédérale de De Gaulle en se faisant l’avocat du supranationalisme. Paul-Henri Spaak a également été le premier président de l’Assemblée commune de la CECA (1952-1954), ancêtre du Parlement européen, et secrétaire général de l'Otan (1957-1961).

Charles de Gaulle, entre souverainisme et pragmatisme

Appelé pour prendre la tête du gouvernement le 13 mai 1958 alors que la Guerre d'Algérie s'intensifie, le général de Gaulle obtient les pleins pouvoirs de l'Assemblée nationale le 1er juin suivant. Douze jours plus tard, sous la direction de Michel Debré, l'élaboration de la future Ve République démarre. Soumise aux Français dès le 28 septembre 1958, la nouvelle Constitution est adoptée par référendum, asseyant le retour triomphal du général de Gaulle à la tête du pays.

Parmi les multiples implications de ce tournant dans l'histoire de la France, la politique étrangère et européenne passe dans le giron de l’Élysée. Renforcé par l'élection du président de la République au suffrage universel direct en 1962, le présidentialisme à la française fait, entre autres, passer la politique étrangère et européenne dans le "domaine réservé" du chef de l’État. Une répartition des compétences encore en vigueur aujourd'hui et plutôt inhabituelle au sein de l'Union européenne, largement composée de régimes parlementaires.

S'agissant de la vision européenne du général de Gaulle, deux courants de pensée se distinguent. Le premier voit en le premier président de la Ve République un pourfendeur de l'Europe, au nom de la nation. Quand le second décrit le général de Gaulle comme un pragmatique converti à l'idée européenne.

Certains historiens comparent son attitude à ce qu’on appelle aujourd’hui "euroscepticisme", même si le terme n’existait pas à l’époque et qu’il ne correspond pas exactement à sa position. Bien que réfutant toute idée de pouvoir supranational, le général de Gaulle n'était pas antieuropéen. Selon lui, la France est libre sur la scène internationale et seule la souveraineté nationale doit trancher les conflits politiques. Défendant le rôle spécifique et le message universel de la France dans le monde, le président de la République s'emploiera à se distinguer des blocs américain et soviétique durant la Guerre froide. Tandis que sur la scène européenne, de Gaulle adoptera une vision confédérale ou intergouvernementale, largement à rebours donc de celle des Pères fondateurs.

Cette orientation confédérale du général de Gaulle est principalement symbolisée par son attachement indéfectible à la règle de l'unanimité dans la prise de décision au niveau européen. Une position en contradiction avec les traités de Rome, puisque ces derniers prévoyaient un passage progressif à des votes à la majorité. La crise de la Chaise vide de juillet 1965 à février 1966 sera justement le fruit de la confrontation de ces deux conceptions de l'Europe. Le président français étant parfaitement opposé à l'idée de perdre son droit de veto sur l'élaboration de la Politique agricole commune, il se retira de la table du Conseil en signe de protestation. S'en suivit une absence de six mois du gouvernement français, qui s’achève par le compromis de Luxembourg (janvier 1966). Ce dernier réaffirme la règle de l’unanimité quand un État invoque un "intérêt vital", consacrant une entorse durable au principe de majorité prévu par le traité de Rome. Désormais, si cet intérêt est en jeu, un État pourra demander la poursuite des négociations jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé avant de procéder au vote.

De Gaulle sort renforcé de cette confrontation. Il reste un partenaire difficile mais engagé : jamais l’idée de quitter la CEE n’est envisagée, car il y voit un moyen pour la France de peser davantage, notamment en s’appuyant sur le couple franco-allemand. Tant sur le plan économique – les premières années de la construction européenne constituent représentent à cet égard un grand succès – que sur le plan politique – l'Europe donne la possibilité à la France se conserver sa grandeur – le général de Gaulle n'a vu l'intérêt de quitter le navire européen.

La défense des intérêts français se manifesta aussi lors des deux tentatives d’adhésion du Royaume-Uni dans les années 1960. Ne souhaitant pas prendre part à l’aventure européenne en 1951 puis en 1957, les Britanniques ont, dès le début des années 1960, désiré intégrer les communautés. En 1961 puis en 1967, les Britanniques échouent pour la même raison : de Gaulle s’y oppose, en avançant l’incompatibilité des orientations économiques. Mais il redoutait aussi que le Royaume-Uni serve de relais privilégié aux États-Unis dans les institutions européennes, ce qui risquait de diminuer l’autonomie du bloc européen. Le Royaume-Uni est, selon lui, lourdement endetté alors que les pays membres de la CEE affichent une bonne solidité financière. En outre, Londres refuse le principe de la Politique agricole commune.

Mais pour une partie des experts, le général de Gaulle a mené, y compris au niveau européen, avant tout une politique pragmatique, qui prenait en comptes les contraintes et les possibilités du moment. En matière européenne, le général de Gaulle a considéré que l'intérêt de la France était d'y participer dès les premières années afin de peser au maximum, avec l'Allemagne, dans sa conception.

Ne remettant pas en cause l'appartenance de la France au projet européen, mais défendant néanmoins une vision très intergouvernementale de l'Europe, le général de Gaulle s'est régulièrement présenté à ses homologues comme un interlocuteur exigeant, voire difficile. Refusant à deux reprises l'intégration du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne, de Gaulle s'est également élevé contre la remise en cause du principe de l'unanimité dans la prise de décision au niveau européen.

Chronologie de la construction européenne sous de Gaulle

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