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05.08.2026 à 15:18

Dans l’Antiquité, les Grecs n’étaient pas tous bodybuildés !

Lydie Bodiou, Maîtresse de conférence en histoire ancienne, Université de Poitiers

Véronique Mehl, Maîtresse de conférences en histoire grecque, Université Bretagne Sud (UBS)

Les travaux récents en histoire ancienne mettent au jour des figures masculines très éloignées des stéréotypes athlétiques qui peuplent les musées.
Texte intégral (2606 mots)
Héraclès et Géras (personnification de la vieillesse). Pelikè (amphore dont la panse s’évase vers le bas) attique à figures rouges provenant de la nécropole de la Banditaccia (Italie), tombe 432, vers 480 avant notre ère, inv. 48238, Musée de la Villa Giulia, Rome. Photo : Lydie Bodiou , Fourni par l'auteur

Le corps tendu par l’effort, les muscles saillants sous une tension presque palpable, les membres proportionnés d’une harmonie parfaite, la statue du Discobole s’offre à l’admiration du visiteur du Musée national romain. Symbole de l’idéal esthétique grec, cette représentation de l’athlète incarne la beauté physique et morale, une perfection masculine longtemps pensée comme constitutive de l’Antiquité grecque.


L’image de l’athlète peuple aujourd’hui nos musées et nos films, éduque les regards dans les jeux vidéo, inspire les designers et les publicistes et façonne un imaginaire contemporain. Mais celui-ci n’est pas né au XXIᵉ siècle, il a traversé les siècles depuis l’Antiquité, construit dès le VIᵉ siècle avant notre ère.

Les cités grecques produisent des modèles normatifs masculins, ceux de leurs citoyens. Ces corps d’hommes libres se déclinent à l’envi dans le paysage des villes, dans les nécropoles et sur les places publiques avec la statuaire, dans l’intimité des maisons avec la céramique peinte, dans les écoles comme modèles de force et de courage à atteindre, glorifiés par la poésie d’Homère ou les odes de Pindare au banquet… Les citoyens doivent être conformés, maîtrisant leurs pulsions grâce à la philosophie, sans failles et sans peur, hâlés et musclés par l’exercice physique au grand air dans les gymnases et les palestres.


À lire aussi : Non, les athlètes grecs n’avaient pas tous des abdos parfaits


Les hommes doivent répondre à des modèles éducatifs qui accompagnent et déterminent leur place dans la cité : la guerre, la politique et une grande partie de l’économie sont des domaines du masculin. Le petit garçon, puis le jeune homme, l’imaginaire nourri par les récits homériques, façonné par l’effort physique, s’éduque sous le regard de la communauté, familiale et civique. Entre admiration et injonction, compétition acharnée et moqueries pour ceux qui défaillent, un idéal se construit, celui des élites. Dès le VIᵉ siècle, il est fondé sur la kalokagathia, la « beauté-bonté » qui lie une forme de supériorité corporelle et morale réservée à une minorité.

Les travaux récents en histoire ancienne interrogent ce modèle mais s’intéressent aussi aux autres : les citoyens ordinaires, ceux contraints au travail laborieux (paysans, artisans, marchands), ceux vieillissants, pauvres ou blessés que les performances du corps excluent, ceux qui statutairement (esclaves, métèques, étrangers, Barbares) ne possèdent pas de droits politiques… Les approches en étude de genre, qui jusqu’alors étaient surtout tournées vers les femmes, éclairent désormais les masculinités plurielles, considérant aussi les hommes comme des êtres sexués.

Quand le corps est empêché

Dans la Grèce des cités, la masculinité idéale repose sur un corps fort, beau, maîtrisé, utile. Pourtant cette norme esthétique, politique et symbolique est pour beaucoup inatteignable. Certains parce qu’ils sont malades (physiquement ou mentalement), handicapés de naissance ou invalides de guerre, etc., ou d’autres plus ordinaires, s’en écartent simplement : leur corps ou leur condition ne répond pas aux canons de la perfection. Un soldat estropié ne peut plus combattre, un pauvre use sa vie au labeur, un artisan aux mains déformées peine à travailler, un fou brise les liens familiaux et sociaux.

Mendiant assis sur un rocher, figurine en bronze, IIIᵉ siècle avant notre ère, Berlin, Antikensammlung Museum, inv. 30894.1.

Les déficiences, les défaillances, les fragilités physiques ou psychologiques empêchent de remplir parfois certains devoirs de citoyen, de père de famille ou simplement d’homme, de répondre à la totalité des attentes que la société impose : nourrir sa famille en travaillant ou en dirigeant ses esclaves, remplir son devoir militaire quand on est mobilisable de 20 à 60 ans et que les guerres sont communes, prendre la parole dans les assemblées politiques, les repas en commun ou les fêtes de la cité, ces temps marquant de la vie communautaire. Ces figures de la vulnérabilité peuvent être brocardées au théâtre ou lors de procès, mais aussi accompagnées, prises en charge par les familles qui les soutiennent, parfois même assistées par les cités, comme les invalides de guerre qui touchent une indemnité.

Le corps empêché ou entravé incarne les limites d’un modèle où la force physique et la maîtrise de soi induisent des qualités et des valeurs morales. Entre contrôle et soin, la cité et le groupe familial entourent les hommes de toutes les attentions car ces vulnérabilités affichent une vérité gênante, celle d’une masculinité précaire. Tous les Grecs n’étaient pas de vaillants Achilles ou des Ulysses rusés et tous ne possèdent pas l’andreia, « la virilité », le « courage », cette qualité attendue d’eux. Pourtant, leur statut n’est pas remis en cause, ils demeurent citoyens, quelles que soient leurs failles.

Il n’y a donc pas une façon d’être homme en Grèce ancienne, mais une pluralité de masculinités, selon les époques, les cités, les statuts, les richesses, mais aussi selon les moments ou les accidents de la vie.

Quand le corps trahit

Si l’histoire de l’art a popularisé une image lissée des corps grecs, jeunes, « bodybuildés », harmonieux, d’autres figures masculines existent. L’espérance de vie, relativement courte, n’est pas celle de nos sociétés contemporaines, la guerre et la maladie y font des ravages. Les cités grecques comptent pourtant des personnes âgées et parfois de grands vieillards.

Leur place est ambiguë, entre sagesse du vécu et dépérissement des forces physiques. Certaines cités, comme Sparte ou Cyrène, valorisent ces hommes d’expérience en leur confiant des fonctions politiques de premier plan. Mais, plus souvent, la vieillesse est mal aimée et redoutée. Ses caractérisations en témoignent : elle est « pénible », « cruelle », « haïssable », elle est « l’antichambre de la mort ».

Homme chauve tenant une bourse discutant avec un jeune homme, fragment de kylix attique à figures rouges, 490-480 avant notre ère, MET NY, inv. 2011.604.6801. Source : L. Bodiou, Fourni par l'auteur

La littérature antique évoque moins le mauvais caractère ou l’esprit ralenti que les transformations physiologiques et physiques : la calvitie et la canitie effacent la belle chevelure signe de force et de puissance, les rides remplacent le beau hâle acquis par l’effort au grand air, l’embonpoint ou l’émaciation altèrent la stature, la surdité, la vue affaiblie ou la voix éraillée entravent le quotidien, les tremblements ou la faiblesse rendent dépendants en limitant la capacité de travail.

Deux traits stigmatisants sont fréquemment cités : la perte des dents et l’impuissance. Le nombre de dents servirait même à donner l’âge d’un individu. Surtout, la perte des capacités sexuelles ébranle la place des hommes dans la société. Alors que la sexualité des épouses et des filles est scrutée pour garantir la légitimité des lignées, celle des hommes affirme leur domination sur les autres groupes sociaux : les jeunes garçons, les prostitués des deux sexes, les esclaves. Ne plus participer aux plaisirs d’Aphrodite, les aphrodisia, c’est perdre un peu de sa masculinité.

Les vieillards ne sont pas les seuls à incarner la faillite de la virilité triomphante. La laideur souvent utilisée en contrepoint pour exalter les modèles héroïques apparaît déjà lors de la guerre de Troie opposant des héros, grands, beaux, forts et véloces. Thersite, un simple soldat en est l’exemple frappant : il n’hésite pas attaquer les décisions des rois et à les injurier. Homère en dresse un portrait physique et moral sans concession : « le plus laid qui soit venu sous Ilion » louche, boite, a les épaules voûtées, les cheveux rares, la voix aiguë.

Le sort qui lui est réservé montre le regard porté sur les laids dans les cités : la moquerie des héros dégénère en violence et en coups. Avec constance, au fil des siècles, les sources s’inspirent de cette description homérique. Si hommes et femmes sont également marqués par la laideur, celle-ci sert surtout à souligner des failles morales. Esthétique et éthique sont ici particulièrement liées. Une exception notable : le philosophe Socrate. Son physique reconnaissable (yeux obliques et globuleux, nez camus et narines retroussées, lèvres épaisses, « bouche plus vilaine que celle d’un âne », front dégarni), évoque celui d’un silène. Il invite alors à la réflexion : il ne faut pas s’attacher à ce que l’on perçoit en apparence, mais s’ouvrir à la philosophie.

En Grèce ancienne, le corps d’un homme est le baromètre de la vie sur lequel repose la destinée comme la réputation. Longtemps pensé au travers de quelques critères normatifs, il a forgé des modèles masculins dont nos sociétés seraient les héritières. Beau, jeune, fort, entraîné et performant, le corps du citoyen est avant tout utile : il combat, gère la politique et protège sa famille.

Cette masculinité s’affirme autant par sa domination sur les femmes que par son opposition à d’autres hommes : les pauvres, les vaincus, les malades, les vieillards, les laids, etc., tous les perdants de la cité, mais aussi les citoyens ordinaires, ceux qui ne font pas parler d’eux et échappent grandement aux approches historiennes.


Lydie Bodiou et Véronique Mehl ont dirigé le Dictionnaire des masculinités en Grèce ancienne, paru aux éditions PUR.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

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05.08.2026 à 15:08

‘They walk among us.’ The White House’s Aliens page and the dehumanisation of undocumented migrants

Fatima-Zahra Aklalouch, Doctor in English Linguistics specialized in Political Discourse Analysis, Université Paris Cité

The White House’s controversial Aliens.gov portal dehumanises undocumented non-US citizens by blurring the boundaries between the term “illegal aliens”, or unauthorised residents, and extraterrestrials.
Texte intégral (2749 mots)
A screen shot of the White House’s Aliens.gov home page. Whitehouse.gov

KEY TAKEAWAYS

  • Last May, the Trump administration launched a website designed to track down and arrest undocumented migrants across the United States.

  • Playing on the ambiguity of the term ‘aliens’, the online platform portrays Washington’s anti-immigration policy as a system combining science-fiction entertainment with large-scale surveillance.

  • A linguistic analysis of this website highlights a digital process of dehumanising undocumented migrants, who are portrayed as hidden threats that need to be flushed out and deported.


Launched on May 29 2026, the White House webpage Aliens.gov appears to belong to the world of science fiction. Its visual universe evokes secrecy, extraterrestrial life, government files, hidden truths, and UFO mythology.

The page uses dark colours, luminous green lettering, references to “declassified” information, and the dramatic sentence “They walk among us”. The reader is invited to scroll through what looks like a playful, conspiratorial, X-Files-style interface.

Then comes the twist: the object of the page is not declassified information about the existence of extraterrestrial life. The aliens in question are migrants described as “illegals”.

This shift is the page’s central rhetorical mechanism. It plays on the double meaning of alien: a legal term for a non-citizen, and a popular term for a being from another planet. By activating the second meaning before redirecting it toward migrants without regular status, the page turns a legal category into a scene of strangeness, secrecy and threat.

From non-citizen to non-human

Before the page makes any explicit argument, one word has already shaped the meaning.

Call someone an “undocumented migrant” and the reader may think of law, paperwork, or border policy. Call the same person an “alien”, surround the word with UFO imagery, and a different picture appears: not a person with a story, but a strange and dangerous presence to be detected.

That is where the dehumanising work begins. The page does not need to state that undocumented migrants are less than human. It weakens their personhood by making them appear first as a category of threat rather than as people with names, voices, families, motives or histories.

Nick Haslam’s work on dehumanisation helps explain this mechanism. Dehumanisation can deny people full human recognition by representing them as animal-like, machine-like, object-like, or as lacking the qualities associated with ordinary human personhood. On Aliens.gov, undocumented migrants appear through precisely this kind of reduction as aliens, arrests, map points, suspicious presences, and objects of return.

The result is both anti-immigration rhetoric and multimodal dehumanisation. Words, colour, visual genre, mapping, pronouns and institutional links all work together to produce the same figure: the undocumented migrant as an alien presence inside national space. The question is no longer only “What legal status does this person have?” It becomes “How do we find them?”

Not just a joke: when policy speaks in pop-cultural form

The humour of the page is part of its political efficiency.

In an NBC10 Philadelphia In Depth with Lena Tillett segment on Aliens.gov, political and media historian Brian Rosenwald notes that Trump’s supporters are likely to read this style as “tongue-in-cheek” humour: provocative, amusing, and deliberately irritating to critics. In that reading, the joke does more than entertain supporters. It also shapes opponents as humourless or excessive – people “going crazy” because they supposedly cannot take a joke.

Humour gives the message a protective layer. If critics object to the page’s dehumanising imagery, the response is already available: they missed the joke. Political disagreement is recast as emotional overreaction.

But the opposition to the page is not only a matter of taste. NBC10 Philadelphia reported that immigration advocates in Philadelphia condemned the site, with the Pennsylvania Immigration Coalition describing it as “an embarrassment” and “taxpayer-funded Internet trolling”. The same report notes concern over the site’s tip-line logic, which advocates read as encouraging neighbours to turn on neighbours.

This is where the joke becomes strategy.

The page condenses a wider official grammar already present in Trump’s immigration discourse: invasion, emergency, protection, criminality, removal and national restoration.

Executive orders signed in January 2025 describe undocumented migration as a “large-scale invasion”, an “unprecedented flood of illegal aliens”, and a “grave threat” to the nation. The border is shaped as a place of emergency, territorial defence, and military support. Another order, titled “Protecting the American People Against Invasion,” links immigration enforcement to national security, public safety and the economic well-being of Americans.

The Aliens page translates this official grammar into another language.

The executive orders provide the doctrine. The webpage provides the spectacle.

What appears in executive language as emergency, sovereignty, and enforcement reappears on the page as a viral form of political entertainment. This is policy discourse redesigned for a digital attention economy.

That is why the shareability of the page matters. Virality is not separate from ideology, as it is one of the ways ideology travels. The page borrows the entertainment value of UFO culture, then attaches it to arrests, reporting, and deportation. It becomes an official interface of deportability.

‘They walk among us’

“They walk among us” is the sentence that turns the page from a joke into a warning.

Its force comes from the word “among”, via which the border disappears. The imagined threat is no longer arriving from outside, but it is already inside the everyday spaces of national life.

It may be in the street, at work, next door, in the crowd, as the sentence describes an unsettling intimacy.

It also creates, in four words, a political community. There is a “they” and there is an “us”. The “us” is never defined, because it does not need to be. It is the presumed national public: innocent, addressed, endangered, and entitled to protection. The “they” are physically present, but symbolically expelled. They are close enough to be feared, but never close enough to belong.

This is the classic grammar of “othering”. As Teun van Dijk argues in his work on ideology and discourse, political language often organises the world by enhancing the virtues of “us” and the dangers of “them.” Ruth Wodak’s work on the politics of fear shows how this opposition becomes especially powerful when a group is turned into a scapegoat for social anxiety. The White House page performs that operation with unusual visual efficiency, as it both names an out-group and teaches the in-group to search for it and inform about it.

The quiet violence of “it”

One of the page’s most revealing sentences reads: “The Alien is in good hands. We will take care of it… and return it safely to its place of origin.”

The sentence sounds almost gentle. “In good hands.” “Take care.” “Safely.” These are words denoting protection.

But the grammar tells another story. The Alien is “it”. In English, “it” is used for objects, abstractions, animals in some contexts, and non-human beings. On a page already designed around extraterrestrial imagery, the pronoun extends then fiction into grammar. The person is not he, she or they. The person becomes “it”.

The phrase “return it safely to its place of origin” replaces biography with origin. There is no home, no family, no fear, no legal claim, no community, no history. There is simply an origin to which the object can be returned.

This is not the loud violence of insult. It is the quieter violence of administrative objectification. Removal is made to sound like care. Deportation is phrased as safe handling. The state appears calm, almost benevolent, while the person is grammatically reduced.

The map and the making of a neighbourhood watch

A screenshot of Aliens.gov. “The truth is no longer out there” refers to the X-Files catchphrase. whitehouse.gov/aliens

The Alien Arrest Map is one of the page’s most consequential features.

Maps carry a quiet authority. They seem factual, almost self-explanatory. In this case, the map does not show migration routes, labour patterns, asylum claims, family separation, court backlogs or community life. It shows arrests. The undocumented migrant enters the visual field through the moment of enforcement.

Therefore, a person becomes a point. A life becomes a location. A legal situation becomes a trace on a dashboard.

Taken from the White House’s official Aliens.gov portal. whitehouse.gov/aliens

The page then goes further by linking to an ICE tip line where users can report “suspicious aliens”. This changes the reader’s role. The visitor is no longer simply receiving a government message. The visitor is invited to become an informer.

Content from the White House’s Aliens.gov page. whitehouse.gov/aliens

The word “suspicious” is elastic. Most people cannot know someone’s immigration status by looking at them. Suspicion can attach itself to accent, language, skin colour, workplace, neighbourhood, clothing, movement, or simply to the perception of foreignness. A page like this risks making suspicion feel like civic participation.

This is the most serious political effect of the interface. It turns the public gaze into part of the enforcement apparatus as it builds the perceptual world in which deportation feels obvious. It makes an old vocabulary of exclusion feel contemporary, clickable and official. Once a human being has been redesigned as an alien presence, removal can be made to look less like a political choice and more like common sense.

From illegality to invasion

The page’s final movement is from “alien” to “invader”. It declares that these “Aliens” are “illegals” who “invaded” the country.

Once undocumented migration is described as invasion, the political imagination changes.

One can debate policy toward undocumented migrants: due process, border administration, asylum, labour, regularisation, detention, deportation, family unity, local economies. But invasion belongs to another register. Invasions are not managed; they are repelled. This is how fear becomes policy logic. The page does not only construct “Aliens” as a danger to “every American family, every community, and the future of our nation”. It also turns Trump into the figure who recognised the threat first: “President Trump was the first to call out the real danger Aliens pose.” The result is a familiar rescue narrative: a hidden danger, a vulnerable people, a leader who dares to name it, and removal presented as protection.

The page compresses a whole politics into a short sequence. First, undocumented migrants are made strange through the figure of the alien. Then they are brought close through “they walk among us.” Then they are visualised with the help of a map. Then they are made reportable through the ICE link.

Finally, they are named as invaders and assigned the remedy:

“Deport them all.”

The Conversation

Fatima-Zahra Aklalouch ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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05.08.2026 à 11:31

L’éclipse solaire, un spectacle impressionnant source de mythes et de découvertes scientifiques

Yaël Nazé, Astronome FNRS à l'Institut d'astrophysique et de géophysique, Université de Liège

Le plus impressionnant spectacle naturel ? Probablement une éclipse solaire ! Petit tour d’horizon, avant l’éclipse de ce 12 août 2026.
Texte intégral (2442 mots)

L’ESSENTIEL

  • Une première depuis 1999, le 12 août 2026, une éclipse solaire totale sera visible en Europe. En France hexagonale, ce spectacle astronomique parmi les plus marquants sera observable jusqu’à 99 % selon les régions.

  • Découvrez comment se produit ce phénomène et pourquoi on ne l’observe pas tous les mois.

  • Les éclipses ont toujours fasciné et sont à l’origine de nombreux mythes, mais aussi de découvertes scientifiques majeures.


Une éclipse solaire totale, c’est quoi ? Facile : le Soleil qui disparaît – il fait donc nuit en plein jour !

Un événement forcément impressionnant qui a donné naissance à de nombreux mythes. Comme le Soleil est source de vie, sa disparition était synonyme de malheur partout dans le monde, à part dans quelques tribus aborigènes d’Australie, pour qui un voile pudique tombait alors sur les rencontres intimes entre époux, Soleil et Lune. Pour résoudre le problème, des cérémonies spéciales, bruyantes, devaient alors se tenir afin d’effrayer le monstre ou le démon tentant d’engloutir l’astre du jour.

Aujourd’hui encore, difficile de rester indifférent quand les ténèbres tombent en pleine journée – notre cœur se serre instinctivement. Quelques minutes après, la délivrance, quand la lumière revient : comme les oiseaux qui saluent alors ce retour, on peut avoir envie de chanter, soulagé…

D’où viennent ces éclipses ? La base est bien connue : la Terre tourne autour du Soleil et la Lune autour de la Terre. On peut donc avoir, de temps en temps, un alignement Soleil – Lune – Terre. Dans ce cas-là, la Lune va bloquer les rayons solaires, un peu comme un parasol fait de l’ombre. L’ombre de la Lune s’étire en un long cône derrière elle, et la Terre en coupe juste le sommet : cela implique que seule une toute partie du Globe pourra bénéficier du spectacle, hélas.

Configuration d’une éclipse solaire. Iunity/Wikipedia, CC BY

Et c’est là qu’intervient un heureux hasard : la Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais aussi 400 fois plus près. Du coup, vus de la Terre, les deux semblent avoir la même taille apparente (on dit aussi « angulaire »). Autrement dit, la Lune cache pile le Soleil ! Cela rend le spectacle plus intéressant encore, car une éclipse permet de voir le profil d’éruptions en bord de Soleil, mais aussi l’atmosphère qui l’entoure, appelée « couronne solaire ». Très faiblement lumineuse, elle ne se dévoile que lors des éclipses – quand il n’y en a pas, les astronomes produisent des éclipses artificielles dans leurs télescopes avec un masque adéquat pour pouvoir la voir.

Pourquoi pas une éclipse solaire chaque mois ?

Évidemment, on pourrait croire que, à chaque tour de la Lune autour de la Terre, elle va venir bloquer le Soleil. Cela ferait une éclipse chaque mois, mais malheureusement ce n’est pas le cas, à cause d’une légère différence (5°) entre le plan de l’orbite terrestre et celui de l’orbite lunaire.

Pour avoir une éclipse, il faut un alignement parfait, ce qui ne se produit que si les astres se positionnent le long de la ligne faisant l’intersection entre ces deux plans. La Terre s’y trouve deux fois par an, et on a donc deux saisons d’éclipses chaque année. Le reste du temps, la Lune se trouve juste un peu trop haut ou trop bas pour que l’alignement se fasse. Précision supplémentaire : les orbites ne sont pas des cercles, mais des ellipses. Du coup, le facteur 400 évoqué ci-dessus est une moyenne. Parfois, la Lune est un peu plus loin et le Soleil plus près, alors la Lune n’arrive plus à cacher complètement le Soleil : on observe alors une éclipse dite annulaire, car on voit encore un anneau lumineux autour de la Lune enténébrée… Cela deviendra la règle à l’avenir, car la Lune s’éloigne de la Terre au rythme de 4 centimètres par an.

Les plans des orbites terrestre et lunaire ne sont pas identiques, une différence qui rend les éclipses fort rares. Yaël Nazé/Rejouisciences, Fourni par l'auteur

Les éclipses solaires, entre mythes et réalités

Ces impressionnantes éclipses ont donné lieu à de nombreuses histoires. La première concerne rien de moins que la naissance de la science ! En 585 avant notre ère, une guerre faisait rage entre deux peuples d’Asie Mineure : les Lydiens (de l’ouest de l’Anatolie actuelle, ndlr) et les Mèdes (du nord-ouest de l’Iran actuel, ndlr). Soudain, en pleine bataille, voilà que le Soleil se voile. Les soldats des deux camps, apeurés par ce « signe céleste », cessèrent immédiatement le combat, ce qui ouvrit la voie à des négociations de paix.

Mais Hérodote, qui raconte cet épisode, ajoute que les Ioniens, un peuple de la Grèce antique qui n’a pas participé à ce conflit, eux, n’auraient pas eu peur, car le fameux Thalès les avait prévenus. Et voilà la première victoire « classique » de la raison sur la superstition. Jolie histoire, mais fortement remise en cause aujourd’hui. Sans sources directes, difficile en effet de s’assurer du fait, mais on sait par contre que le temps a tendance à enjoliver certaines choses…

Autre éclipse : celle de Pâques. Moins connu que l’étoile de Noël, l’événement céleste s’impose néanmoins sur de nombreuses œuvres montrant la Crucifixion. Les passages bibliques parlent bien de ténèbres tombant sur la Terre, mais il y a un problème sérieux. Le martyre du Christ est censé s’être passé à la Pâque juive, une fête qui a lieu… à la pleine lune. Une éclipse solaire, elle, ne peut se produire qu’à la nouvelle lune, soit dans la configuration opposée, une demi-révolution lunaire plus tard ! De plus, impossible de trouver une éclipse qui « colle » avec l’année et le lieu. Bref, on est plus dans le symbole – d’ailleurs, les représentations classiques montrent Lune et Soleil éclipsés, de part et d’autre de la croix. Or, il est évidemment impossible d’avoir les deux en même temps…

Il existe aussi une éclipse célèbre mais fictionnelle, celle du Temple du Soleil, d’Hergé. Tintin, ayant lu dans le journal qu’une éclipse allait se produire, profite de l’événement pour faire croire que le Soleil lui obéit. Ses geôliers, impressionnés par le prodige, le libèrent immédiatement ainsi que ses amis. Si les détails de la BD peuvent permettre de savoir où se trouve le fameux temple, il faut avouer qu’Hergé s’est probablement inspiré d’une histoire bien réelle. À son quatrième voyage en 1504, Christophe Colomb se trouvait en mauvaise posture quand il se souvint de l’imminence d’une éclipse – et ses « pouvoirs » impressionnèrent suffisamment Arawaks et Taïnos pour qu’ils l’aident à s’en sortir. Seule différence : Colomb se contenta d’une éclipse de Lune, alors qu’Hergé préféra la version solaire…

Einstein et l’éclipse

La célébrité touche aussi des éclipses récentes, comme celle d’août 1868 ou celle de mai 1919. En 1868, plusieurs astronomes rapportent l’existence d’une signature lumineuse supplémentaire associée aux éruptions visibles au bord du Soleil caché par la Lune. Son origine n’est pas claire et Norman Lockyer creuse la question. Il montre qu’elle n’est associée à aucun élément connu et le baptise « hélium », du nom du dieu grec du Soleil Hélios, l’élément qui produit cette signature – il faudra encore quelques décennies avant de le trouver sur Terre ! C’est aussi lors de cette éclipse que Jules Janssen et Norman Lockyer, indépendamment, trouvent une méthode encore utilisée aujourd’hui : en filtrant sur les signatures lumineuses associées aux éruptions, ils montrent que ces dernières existent un peu partout sur le Soleil – il s’agit donc bien de structures solaires, et cela permet de repérer l’activité solaire sur l’ensemble du Soleil et en dehors des éclipses.

L’éclipse de mai 1919 est également restée dans les annales. Depuis plusieurs années, Einstein tentait de convaincre les astronomes de mesurer précisément la position des étoiles autour du Soleil lors d’une éclipse solaire. Son idée ? La masse du Soleil devrait dévier les rayons stellaires, de sorte que la position des étoiles changeait un peu par rapport aux observations habituelles, quand le Soleil n’est pas là. La valeur de cette déviation n’était pas pareille dans les théories de Newton et dans sa propre théorie de la relativité générale – les éclipses constituaient donc un joli test pour savoir qui avait raison. Hélas, plusieurs éclipses ne purent être observées, pour cause de mauvaise météo ou de guerre en cours (et tant mieux, vu qu’Einstein avait initialement fait une petite erreur de calcul…).

L’éclipse de 1919 présentait toutefois des conditions particulièrement favorables : le Soleil se trouvait en effet dans un amas stellaire, multipliant les mesures… Les astronomes anglais décident de ne pas rater l’opportunité et ils se lancent dès que l’armistice est signé. Une équipe est envoyée au Brésil, une autre à Principe, une île dans le golfe de Guinée, à 350 kilomètres des côtes du Gabon, chacune accumule les photographies et les analyse de manière indépendante. À l’automne, après des mois de calcul, le verdict tombe : Einstein a raison ! Si certains ont tenté de remettre en cause le résultat, il s’est non seulement vérifié de nombreuses fois depuis, mais en plus des vérifications sur les données originales confirment bien le résultat de l’époque… Cette éclipse-là a bien changé notre façon de voir le monde !

The Conversation

Yaël Nazé ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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05.08.2026 à 11:31

Quelles sont les limites de la clim ?

Brice Trémeac, Professeur et directeur du Laboratoire du froid et des systèmes énergétiques et thermiques, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

L’efficacité d’une climatisation dépend de nombreux facteurs : la technologie utilisée, le bâtiment, le réseau électrique, l’urbanisme local et les usagers.
Texte intégral (2012 mots)

L’ESSENTIEL

  • L’efficacité d’une climatisation dépend de nombreux facteurs : la technologie utilisée, le bâtiment, le réseau électrique, l’urbanisme local, les usagers.

  • On peut refroidir une pièce, un hôpital, et même organiser le froid à l’échelle d’un quartier… mais on ne peut pas climatiser le climat.

  • Tant que la climatisation reste un équipement de confort, les inégalités d’accès à la fraîcheur peuvent sembler acceptables. Mais lorsqu’elle devient un moyen de protection contre les fortes chaleurs, elles prennent une dimension de santé publique.


À chaque canicule, la climatisation apparaît comme la réponse la plus immédiate à la chaleur. Dans certains cas, elle devient même un outil de protection sanitaire : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que les vagues de chaleur touchent particulièrement les personnes âgées, les nourrissons, les personnes malades ou encore les personnes isolées.

Mais la climatisation peut-elle tout résoudre ? Continue-t-elle de fonctionner lorsqu’il fait 45 ou 50 °C dehors ? Toutes les climatisations se valent-elles ? Et surtout, peut-on imaginer répondre au réchauffement climatique en refroidissant toujours davantage nos bâtiments ?

La réponse est nuancée. La climatisation constitue bien l’un des leviers d’adaptation au changement climatique, mais son efficacité dépend de nombreux facteurs. Ses limites ne sont pas uniquement techniques : elles sont aussi physiques, énergétiques, économiques, urbaines… et humaines.

Toutes les climatisations ne se valent pas

Dans le débat public, on parle souvent de « la climatisation » comme d’une technologie unique. En réalité, plusieurs systèmes très différents coexistent.

Les climatiseurs mobiles monoblocs, souvent achetés en urgence lors des épisodes de chaleur, sont les plus accessibles mais aussi parmi les moins performants. L’Agence de la transition écologique (Ademe) estime qu’ils peuvent consommer environ 2,5 fois plus d’électricité qu’un climatiseur fixe de type split ou qu’une pompe à chaleur réversible pour un même service rendu. Ils sont également plus bruyants et offrent généralement une puissance de refroidissement plus limitée.

À l’inverse, les systèmes fixes représentent un investissement plus important, mais leur rendement est bien meilleur. Leur performance est mesurée par leur coefficient de performance (COP) : les modèles les plus efficaces produisent plusieurs kilowattheures de froid pour un seul kilowatt-heure d’électricité consommé.


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À une tout autre échelle, les réseaux de froid urbain n’ont plus grand-chose à voir avec une climatisation individuelle. Une centrale produit de l’eau glacée qui est distribuée à plusieurs bâtiments, selon un principe comparable à celui du chauffage urbain. À Paris, le réseau dépasse aujourd’hui une centaine de kilomètres de canalisations et alimente hôpitaux, bureaux, musées ou grands ensembles immobiliers. Il s’agit d’une infrastructure collective davantage que d’une « grosse climatisation ».

Que se passe-t-il lorsqu’il fait 45 °C dehors ?

Cela paraît paradoxal, mais une climatisation ne fabrique jamais de froid. Elle déplace simplement la chaleur d’un endroit vers un autre. Cette opération devient progressivement plus difficile à mesure que la température extérieure augmente. Maintenir un logement à 26 °C lorsqu’il fait 35 °C ne demande pas le même effort que lorsqu’il fait 45 °C. Plus l’écart de température augmente, plus le compresseur doit travailler et plus le COP diminue.

Il n’existe pas de température à partir de laquelle une climatisation « cesse de fonctionner ». Les performances dépendent du modèle, de son dimensionnement, de son entretien et de la température maximale prévue par le fabricant.

Mais toutes sont soumises aux mêmes lois de la thermodynamique et c’est la première limite des climatiseurs : lorsque les températures extérieures augmentent, chaque degré supplémentaire de fraîcheur devient plus coûteux à produire.

Les pics de consommation électrique

La deuxième limite concerne moins les appareils que le système électrique qui les alimente.

À l’échelle mondiale, climatiseurs et ventilateurs représentent déjà près d’un cinquième de la consommation d’électricité des bâtiments. L’Agence internationale de l’énergie estime que cette demande pourrait plus que tripler d’ici à 2050 si les politiques d’efficacité énergétique ne sont pas renforcées. En France, la consommation électrique totale s’est établie à 451 TWh en 2025, selon RTE.


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Le principal enjeu est celui des « pointes estivales » : les besoins de refroidissement se concentrent précisément pendant les journées les plus chaudes, lorsque de nombreux équipements fonctionnent simultanément.

Les réseaux électriques doivent alors être dimensionnés pour répondre à ces quelques épisodes critiques, c’est-à-dire que l’on construit des centrales qui ne sont en usage que quelques jours par an.

En France, le chauffage d’hiver demeure aujourd’hui le principal moteur des pics de consommation, mais la multiplication des canicules pourrait progressivement déplacer une partie de cette pression vers l’été.

Qui peut payer le froid ?

Un climatiseur mobile peut coûter quelques centaines d’euros, alors qu’une pompe à chaleur réversible représente un investissement de plusieurs milliers d’euros. Quant aux réseaux de froid urbain, ils supposent des infrastructures lourdes qui ne sont pertinentes que dans des secteurs suffisamment denses, comme les hôpitaux, les quartiers d’affaires ou certains ensembles résidentiels.

Derrière cette différence de prix se cache une autre question : qui peut réellement accéder à un refroidissement efficace ? La question n’est donc pas seulement celle du coût d’un kilowatt-heure de froid. Elle est aussi celle de l’accès à des solutions efficaces. Tant que la climatisation reste un équipement de confort, ces inégalités peuvent sembler acceptables. Mais lorsqu’elle devient un moyen de protection contre les fortes chaleurs, elles prennent une dimension de santé publique.

Une efficacité qui dépend aussi de l’usager

On l’oublie souvent. Les performances d’une climatisation ne dépendent pas uniquement de la machine. Elles tiennent aussi aux choix de son utilisateur : le modèle retenu, son dimensionnement, son entretien ou encore la température de consigne.

Le premier est celui de l’équipement lui-même. Un appareil correctement dimensionné, installé par un professionnel et adapté aux caractéristiques du bâtiment, offrira de meilleures performances qu’un modèle choisi dans l’urgence ou mal dimensionné. L’entretien joue également un rôle essentiel : des filtres encrassés ou un manque de maintenance peuvent dégrader les performances et augmenter la consommation d’énergie.

Enfin, la température de consigne n’est pas anodine. Plus l’écart entre la température intérieure souhaitée et la température extérieure est important, plus la climatisation doit fournir d’efforts. Régler son logement à 26 °C plutôt qu’à 20 °C lors d’une canicule ne relève pas seulement du confort ; cela influence directement la consommation électrique et le fonctionnement du système.

Il serait pourtant réducteur d’en conclure que tout dépend de l’utilisateur. Les choix individuels comptent, mais ils ne remplacent ni un bâtiment bien conçu ni un équipement performant. Comme souvent en matière d’énergie, la technologie et les comportements sont indissociables.

Refroidir dedans, réchauffer dehors

Refroidir un logement revient aussi à rejeter de la chaleur à l’extérieur. À l’échelle d’un quartier, l’accumulation de ces rejets contribue à renforcer les îlots de chaleur urbains.

Les réseaux de froid permettent de limiter une partie de ces effets grâce à la mutualisation des équipements et à une meilleure gestion des rejets thermiques. Ils ne suppriment toutefois pas la contrainte fondamentale : produire du froid consiste toujours à déplacer la chaleur ailleurs.

La meilleure climatisation est probablement celle dont on a le moins besoin

Les limites de la climatisation ne signifient pas qu’il faudrait s’en passer. Lors des vagues de chaleur, elle peut sauver des vies. Dans les hôpitaux, les EHPAD, les crèches ou certains logements particulièrement exposés, elle peut devenir indispensable.

Mais le véritable enjeu est de réduire les besoins de froid avant de chercher à en produire toujours davantage. Cela passe d’abord par des bâtiments mieux adaptés : protections solaires, volets, brise-soleil, ventilation nocturne, isolation pensée pour le confort d’été, végétalisation, matériaux réfléchissants ou encore réseaux de froid lorsque leur déploiement est pertinent.


À lire aussi : Canicules : le rôle de l’isolation et de l’inertie thermique des bâtiments pour se protéger contre la chaleur


Cette approche est également celle défendue par l’Association française du froid à travers son programme Clim’Eco, qui met en avant des « écogestes » allant de la réduction du besoin en froid jusqu’à une utilisation plus durable des systèmes de climatisation. L’idée est simple : le premier levier consiste souvent à éviter que les bâtiments ne surchauffent, avant même de chercher à les refroidir.

L’adaptation passe aussi par l’évolution de certaines habitudes. Choisir un équipement adapté, le faire installer et entretenir correctement, régler une température de consigne raisonnable, mais aussi accepter que nos modes de vie évoluent face à des étés plus chauds, font partie des solutions. Adapter les horaires lorsque cela est possible ou faire évoluer les codes vestimentaires en période de canicule peut parfois permettre d’améliorer le confort tout en limitant le recours à la climatisation.

La climatisation est un outil technologique dont l’efficacité dépend de la technologie utilisée, du bâtiment, du réseau électrique, de l’organisation urbaine, mais aussi de l’usager. On peut refroidir une pièce. On peut refroidir un hôpital. On peut même organiser le froid à l’échelle d’un quartier. Mais on ne peut pas climatiser le climat.

Pendant longtemps, nous avons surtout cherché à adapter les bâtiments à nos habitudes. Avec des étés qui dépassent désormais régulièrement les 40 °C, c’est peut-être l’inverse qui commence à se produire : nous allons aussi devoir adapter certaines de nos habitudes à notre environnement. Porter un bermuda au bureau pendant une canicule n’est peut-être pas seulement une question de confort ; c’est peut-être déjà une forme d’adaptation au changement climatique.

The Conversation

Brice Trémeac a reçu des financements de l'ANR, l'Ademe, des bourses de l'école doctorale SMI

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04.08.2026 à 16:09

How grief became a subscription service

Vitor Lima, Associate Professor of Marketing, ESCP Business School

Russell Belk, Professor, York University, Canada

Two researchers navigate the mind-boggling and often sinister, parallel universe that is known as the digital afterlife industry and chatbots specifically designed to help people grieve.
Texte intégral (1834 mots)
There is life after death: digitally speaking thanabots prove this by virtually recreating loved ones who have passed away. It’s a money-spinning, potentially heart-wrenching and largely unregulated business. AI generated image , Fourni par l'auteur

KEY TAKEAWAYS

  • Interactive digital clones of deceased people feed off a person’s digital footprint which is comprised of messages, photos, videos, voice recordings and social media, enabling the living to simulate conversations with the dead.

  • These mind-bending subscription services are becoming part of a burgeoning commercial “digital afterlife” industry that raises emotional and ethical concerns about how we process grief.

  • This article offers food for thought on who has the final say on how the deceased’s identity should be represented, who has access to these services and how companies make money from them.


Thanabots (or griefbots), artificial intelligence (AI) trained based on the deceased’s social media and other personal data, turn these traces of a human being’s life into an eerie speaking identity shaped by families, algorithms, and companies.

A phone lights up. A dead friend answers. A dead son remembers our birthday.

What once belonged to seances, prayer, and science fiction is edging towards an ordinary consumer service. In the Black Mirror episode Be Right Back, Martha loses her partner, Ash, and turns to a service that rebuilds him from his digital “footprint”. It starts with messages, then moves to a familiar voice, and ends with a synthetic body. The replica knows Ash’s catchphrases and jokes. While it can reproduce what he left behind, it cannot recover what it was like to be him.

Griefbot subscription services act much like transitional objects by allowing bereaved people to remain virtually connected with the deceased. (Shutterstock AI) Shutterstock AI, CC BY

One early, real-world case came when Replika co-founder Eugenia Kuyda used messages from her dead friend Roman Mazurenko to build a conversational bot in his style. Today, thanabots, griefbots, and deathbots use messages, photographs, videos, voice recordings, and social media posts to simulate a dead person’s speech and behaviour. They are part of a growing Digital Afterlife Industry that turns the traces of a life into interactive recreations.

The concept has moved well beyond fringe experimentation. Microsoft holds a patent, granted in 2020, for “creating a conversational chatbot of a specific person” using social data such as messages, voice data, images, and other personal material. The patent explicitly says that the “specific person” may be a past person, including a friend, relative, celebrity, or historical figure. The pricing makes the commercial logic clear. One recent report described HereAfter AI (which announced it was shutting down earlier this month) plans priced around US$199, while South Korean company DeepBrain AI was said to offer premium 3D avatar recreations for up to US$50,000, with maintenance fees on top of that.

From souvenir to speaking identity

People have always used objects to sustain relationships with the dead. A coat can keep a smell. A recipe can evoke the voice of someone who was close. A saved voicemail can collapse years into seconds. But older memorial objects carry something of the person without claiming to be the person. A thanabot changes that arrangement. It speaks in the first person: “I remember,” “I miss you,” “I still believe,” even though these are new sentences generated after death. A photograph says, “This person was here.” A thanabot says, “I am still here.”

That shift in pronoun may produce problems. The system is assembled from what others can collect, such as messages, recorded habits, photographs, jokes, and remembered actions. It then performs a point of view, as though these fragments had recovered the inner life that once gave them meaning. What looks like preservation is already production. Each reply combines the dead person’s data with a family’s selections, a mourner’s prompts, a model’s predictions, and a company’s design choices. The answer sounds as if it comes from one person, but its authorship is potentially spread across many.

The dead are not the only people being recreated

The question “Is it healthy to keep talking to the dead?” sounds straightforward. But grief has never required silence. People speak at graves, write letters to the dead, repeat shared rituals, and imagine what a loved one might say. Continuing a bond can be part of mourning. The harder question is not whether people should maintain a relationship with the dead. It is exactly what the service keeps “alive”. Relationships help make us who we are. We become partners, parents, children, and friends through the ways other people recognise and address us. Death removes a person, but it also unsettles part of the survivor’s own identity. A parent loses a child, but also loses the voice that made their parenting into a living exchange.

A thanabot can restore some of that recognition. It can remember the anniversary, repeat the family joke, or call someone “Mum” again. In that sense, the service does not just recreate a version of the dead. It can also preserve a version of the living person who existed inside that relationship. This, of course, may offer comfort at first. But it may also hold the mourner close to an earlier version of oneself, organised around a relationship that death has changed. Companies may be selling access to the dead and, with it, access to a former version of the customer.

Who decides who the dead become?

A thanabot can say things the dead person never said. This can be appealing but ethical difficulties may begin at the same point. In 2025, the father of Joaquin Oliver, a 17-year-old killed in the 2018 Parkland school shooting, created an AI version of his son and allowed a journalist to interview him. The avatar answered new questions using Joaquin’s voice and publicly advanced his anti-gun activism. The same issue appears privately within families. Who gets to authorise a recreation: a spouse, a parent, all siblings, or only the actual person before their death? Love may motivate the reconstruction, but it does not grant unlimited authority over another person’s identity. And consent is only the beginning. A thanabot may change over time. A software update can alter its vocabulary, humour, “memories”, or political tone. Relatives may upload new material, allowing it to grow beyond the life on which it was trained. At some point, preservation gives way to interpretation.

Interpretation then becomes invention. Ownership, then, is divided from the start. The family may supply the archive. The company controls the model, interface, and servers. The dead person provides the identity that gives the product its emotional and commercial value, but can no longer renegotiate the arrangement. Companies can decide which version appears, what it remembers, and how long it remains available. Better memory may sit behind a premium tier. A familiar voice may change after an update. The clone may vanish when the company shuts down.

Psychoanalyst Jacques Lacan distinguished biological death from symbolic death, when a person disappears from collective memory. Subscription-based resurrection, we suggest elsewhere, introduces a third possibility: digital death happens when payment stops, the provider closes, or the model is removed.

Here, the ethics are not abstract. They are built into the service itself: whose consent counts, who answers for distortion, how grief is priced, and whether a family can pause, export, or permanently remove a recreation without being forced to rent it forever. The dead have always spoken through possessions, rituals, and the people who remember them. What is new is the generated animated reply, together with a company’s power to edit, interrupt, and invoice it. Once grief depends on server uptime, someone owns the next sentence.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

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04.08.2026 à 16:09

Canicules : le rôle de l’isolation et de l’inertie thermique des bâtiments pour se protéger contre la chaleur

Simon Rouchier, Maître de conférence en performance énergétique des bâtiments, Université Savoie Mont Blanc

La réaction d’un logement à une vague de chaleur tient à son isolation et à son inertie thermique, deux concepts liés mais différents.
Texte intégral (2677 mots)

L’essentielCliquez pour lire les trois points à retenir L’isolation est le premier facteur pour améliorer le confort thermique en été et limiter les besoins en climatisation. Une « bouilloire thermique » n’est autre qu’une « passoire thermique » (c’est-à-dire un logement peu ou pas isolé)… … ou un logement isolé mais sans protections solaires. La deuxième priorité est donc d’installer des protections solaires : volets, masques adaptés, vitrages sélectifs, etc. L’inertie thermique est un plus qui permet de retarder le besoin de climatisation, voire de s’en passer, mais à la condition qu’il y ait une alternance de périodes de fraîcheur relative (la nuit). Replier


Les canicules successives de l’été 2026 et leurs victimes nous rappellent le manque d’adaptation du parc immobilier français au réchauffement climatique. Dans ce contexte, on voit souvent circuler l’idée qu’un bâtiment isolé, et donc bien protégé du froid hivernal, risque de piéger la chaleur en été. Les mesures de rénovation pour diminuer le besoin de chauffage sont pourtant largement compatibles avec la protection contre la chaleur.

Tout comme il est coûteux l’hiver de chauffer une passoire thermique – c’est-à-dire un logement mal isolé –, il est coûteux de climatiser un logement mal adapté aux fortes chaleurs estivales. Le recours à la climatisation ne doit y arriver qu’après les mesures élémentaires de rénovation – l’isolation et les protections solaires, sous peine de consommer trop de climatisation, et d’aggraver l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU).

Pour prioriser la lutte contre la surchauffe des bâtiments, il est utile de comprendre comment ils réagissent à une vague de chaleur, avec ou sans climatisation.

Le rôle de l’isolation

L’isolation thermique est la première mesure préconisée pour réduire les consommations de chauffage en hiver. Pour un écart de température donné de part et d’autre d’un mur, l’isolation diminue la quantité de chaleur le traversant, et donc le coût du chauffage pour maintenir votre intérieur au chaud.

Elle a le même effet en été. Tout comme votre frigo est isolé pour consommer moins d’énergie, un bâtiment isolé consommera moins de climatisation, ou restera frais plus longtemps s’il n’est pas climatisé. Dans ce dernier cas, la chaleur s’accumulera jusqu’à ce que la température intérieure soit égale à l’extérieure.

On peut ici faire le parallèle avec un réservoir d’eau dont le niveau est la température de votre intérieur. Il se remplit lorsque la température extérieure dépasse celle intérieure, et se vide dans le cas contraire. L’isolation (ou « résistance thermique ») établit le débit de remplissage et de vidange : une meilleure isolation ralentit les variations de niveau d’eau dans les deux sens.

La masse thermique et l’inertie

Comme, en pratique, une isolation ne peut pas être parfaite, le réservoir de chaleur se remplit pendant une canicule. Avec un même débit (combien de chaleur entre ou sort), un grand réservoir mettra plus de temps à se remplir ou se vider : on parle de « capacité thermique » ou de « masse thermique » du bâtiment. Une construction lourde (béton, pierre, briques) sera plus « capacitive » qu’une construction légère (ossature bois).

Ces deux facteurs, isolation et capacité thermique, se combinent pour former l’« inertie thermique » du bâtiment. Elle est en réalité difficilement quantifiable, mais résulte grosso modo de la résistance thermique totale des matériaux de construction, et de leur masse thermique. D’autres facteurs entrent en compte dans l’inertie, comme le fait qu’une construction isolée par l’extérieur est beaucoup plus « inertielle », car l’essentiel de sa masse thermique (les matériaux lourds, surtout les murs porteurs, les sols et les niveaux intermédiaires) se trouve à l’intérieur de sa résistance thermique (les matériaux isolants). C’est pourquoi on recommande d’isoler par l’extérieur quand les contraintes architecturales le permettent.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’inertie thermique du bâtiment influence la vitesse de variation de la température dans des conditions climatiques données.

Une forte inertie thermique : quand est-ce un avantage ? Et un inconvénient ?

Représentons très schématiquement comment un logement non climatisé réagit à une vague de chaleur. Lorsque la température extérieure oscille entre une minimale (au lever du jour) et une maximale (en fin de journée), la température intérieure suit, avec un certain retard (on parle de « déphasage »), et une amplitude réduite.

L’inertie augmente ce déphasage et cet amortissement : le pic de chaleur de l’après-midi est d’autant plus réduit et repoussé que le bâtiment est soit mieux isolé, soit plus lourd, soit les deux.

graphique
L’isolation et la masse thermique du bâtiment influence son « inertie thermique », qui va permettre de réduire l’amplitude des variations de température (on parle d’« amortissement ») et de les retarder (on parle de « déphasage »). Plus l’inertie est importante, plus cet effet d’amortissement et déphasage est grand. Simon Rouchier, Fourni par l'auteur

L’inertie thermique apparaît donc à double tranchant, puisqu’elle retarde aussi bien la montée en température que sa descente, d’où le sentiment de chaleur « piégée ».

On peut cependant l’exploiter pour en tirer plus d’avantages que d’inconvénients. Par exemple, elle permet de retarder l’arrivée du pic de chaleur jusqu’à la nuit, où la ventilation naturelle par l’ouverture des fenêtres « décharge » la chaleur plus rapidement qu’elle ne s’est accumulée en journée.

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Cas favorable : la montée de température est lente en journée, et le rafraîchissement efficace grâce à une bonne ventilation nocturne. La température intérieure reste toujours en dessous de la température extérieure. Simon Rouchier, Fourni par l'auteur

Dans ce cas un peu idéal, l’inertie est un avantage. Elle peut même retarder la chaleur pendant plusieurs jours et, couplée au rafraîchissement naturel, permettre de se passer de climatisation.

Si la canicule persiste et si les températures restent élevées la nuit, comme c’est souvent le cas dans les centres-villes à cause de l’effet d’îlot de chaleur, l’inertie ne fera en revanche pas de miracle : pour qu’elle contribue à réduire les consommations d’énergie, le bâtiment doit connaître une alternance entre des périodes d’apports et de perte de chaleur

Elle peut même devenir un inconvénient si la chaleur s’est installée dans votre logement. Une bonne isolation peut se retourner contre vous si de grandes fenêtres sans volets laissent rentrer le soleil. C’est pourquoi les protections solaires ont une importance prépondérante dans la prévention de la surchauffe : volets et stores, bien sûr, vitrages sélectifs, mais aussi brise-soleil de type « casquette », laissant passer le soleil en hiver quand il est bas, et le masquant en été quand il est haut.

graphe
Cas défavorable : une montée rapide de température en journée à cause de l’ensoleillement sans protections solaires, et une descente de la température trop lente la nuit, par manque de ventilation nocturne. Simon Rouchier, Fourni par l'auteur

La sensation de « bouilloire thermique » apparaît donc principalement dans deux cas de figure :

  • un bâtiment mal isolé, dans lequel le pic de chaleur extérieur se propage rapidement ;

  • un bâtiment, isolé ou non, laissant entrer le soleil. Sans protections, fenêtres de toit et vastes baies vitrées plein sud changeront vite votre bâtiment en serre.

L’isolation est prépondérante dans les dépenses de climatisation

Dans un bâtiment climatisé, les enjeux sont plus simples. Revenons à notre analogie du réservoir : un système de climatisation (ou de chauffage) maintient le niveau à une certaine valeur, votre température de consigne.

Pour faire des économies d’énergie, seul importe le débit de chaleur qui entre ou sort de votre réservoir, et donc son isolation, pas sa capacité.

L’isolation qui réduit votre besoin de chauffage aura le même effet sur votre besoin de froid. La masse thermique aura également un impact positif, en particulier en périodes tempérées, où exploiter la fraîcheur nocturne permet de moins (ou ne pas) climatiser le lendemain.

Quel choix de matériaux ?

L’inertie est la combinaison de l’isolation, et de la masse thermique, apportée surtout par les murs porteurs et dalles. C’est la première qui est prépondérante : à isolation égale, et à protections solaires équivalentes, il y a peu de différence de besoin de refroidissement entre des parois très lourdes (béton isolé par l’extérieur) et des constructions légères (ossature bois).

Quant à l’idée que certains matériaux isolants offrent un meilleur « déphasage » que d’autres, c’est-à-dire qu’ils jouent aussi le rôle de masses thermiques qui retardent donc encore l’accumulation de chaleur, elle est largement exagérée. Le surplus de masse thermique apporté par les isolants « lourds », comme le béton de chanvre ou les panneaux rigides de fibre de bois, a un effet marginal sur le confort d’été, par rapport aux autres mesures de prévention de la chaleur, comme les protections solaires.

Le critère principal du choix des matériaux biosourcés est leur bilan environnemental, pas le confort d’été.

The Conversation

Simon Rouchier est membre de l'Université Savoie Mont-Blanc et de plusieurs associations de chercheurs et de professionnels: SFT, AICVF, IBPSA. Il a reçu des financements d'organismes publics : ANR, région Auvergne Rhône-Alpes, ADEME.

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