12.02.2026 à 16:10
David Simard, Docteur en philosophie, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)
Une mise en perspective historique éclaire la position initiale prise par l’Organisation mondiale de la santé lors du déclenchement de la pandémie de Covid-19. L’agence de l’ONU avait d’abord minoré la transmission par voie aérienne, mode de propagation majoritaire du SARS-CoV-2.
Quelques semaines après l’apparition de la pandémie de Covid-19, début 2020, une controverse majeure avait émergé concernant les modes de transmission du virus SARS-CoV-2. Le virus se transmet-il principalement par contact rapproché entre individus et par l’intermédiaire d’objets et surfaces (fomites), ou bien par voie aérienne sur de plus longues distances ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait d’abord rejeté l’idée de la transmission aérienne. Puis, elle avait progressivement modifié sa position, reconnaissant finalement cette voie comme la principale forme de propagation du coronavirus.
Cette controverse ainsi que l’évolution de la position de l’OMS s’inscrivent dans un contexte historique plus large, marqué par des débats séculaires sur la nature des épidémies.
En février 2020, après quelques hésitations en interne, l’OMS a statué officiellement sur les voies de transmission du SARS-CoV-2. Selon elle, le virus se transmet alors directement par les grosses gouttelettes émises par une personne infectée qui tousse ou éternue, et qui sont respirées par une autre personne se trouvant à proximité. Il se transmet également indirectement par l’intermédiaire d’objets ou surfaces contaminées par les gouttelettes émises par les personnes infectées. Ces voies de transmission caractérisent le modèle dit de contact (médiat ou immédiat).
Toutefois, exception faite de certaines procédures en milieu de soins générant des aérosols (intubation endo-trachéale, bronchoscopie…), la voie aérienne n’est pas retenue comme un facteur majeur de transmission. Fin mars 2020, l’agence de l’ONU rejette même catégoriquement cette dernière possibilité, à travers une communication sur les réseaux sociaux.
Déclinée par la plupart des autorités politiques et sanitaires à travers le monde (l’U.S. Center for disease control and prevention ou CDC aux États-Unis, l’European Centre for Disease Prevention and Control ou ECDC en Europe…), la minimisation de la transmission dite « aéroportée » (airborne en anglais) a rapidement donné lieu à controverse au sein de la communauté scientifique. En particulier, de nombreuses et nombreux scientifiques et ingénieur·es du domaine de la dynamique des fluides et des aérosols ont mis en avant la transmission aéroportée du Covid-19, mais aussi d’autres infections respiratoires, privilégiant ainsi le modèle dit de l’air.
Ce débat se traduit en pratique par la promotion de mesures sanitaires différentes :
pour le modèle du contact, la distanciation sociale (se tenir à un ou deux mètres les uns des autres), la désinfection des surfaces et le lavage des mains, ainsi que le port d’un masque anti-projections de type chirurgical, en particulier par les personnes infectées, lorsque la distance entre les personnes ne peut être respectée ;
pour le modèle aérien, le port d’un masque de protection respiratoire individuelle de type FFP2 par les personnes infectées ou non, particulièrement dans des lieux clos, et la désinfection de l’air dans ces mêmes lieux, par l’aération et/ou la ventilation filtrée.
Les mesures soutenues par le modèle du contact se fondent sur la théorie selon laquelle les contaminations s’opèrent essentiellement par l’intermédiaire des grosses gouttelettes émises par les personnes infectées. Ces gouttelettes sont porteuses de particules pathogènes, dont la trajectoire est semi-balistique : leur poids les fait tomber rapidement sur le sol à proximité du lieu de leur émission. Pour être contaminé, il faut alors se trouver physiquement proche de la personne infectée, ou toucher des surfaces ou objets (poignée de porte, stylo, téléphone…) où se sont déposées des gouttelettes, et porter ensuite ses mains au visage.
En revanche, les mesures soutenues par le modèle de l’air reposent sur la théorie d’une transmission des particules infectieuses par l’intermédiaire de gouttelettes beaucoup plus fines et légères, appelées microgouttelettes, dont la trajectoire est dynamique, c’est-à-dire répondant aux lois de la mécanique des fluides : elles peuvent être transportées par les mouvements de l’air à plusieurs mètres de leur lieu d’émission (on parle alors d’aérosols).
L’enjeu de santé publique est d’importance : si la théorie de l’aéroportage est correcte, les mesures promues par le modèle du contact sont inadaptées et donc inefficaces. De plus, si un confinement drastique, comme ce fut le cas en 2020, interrompt les transmissions interfoyers, l’absence de prise en compte de l’aéroportage contribue aux contaminations au sein des foyers par les personnes infectées avant la mise en œuvre du confinement.
La position initiale de l’OMS en faveur du modèle du contact s’est inscrite dans la suite de la prédominance depuis plus d’un siècle de ce modèle à propos des infections respiratoires. Autour des années 1910, le médecin de santé publique américain Charles Chapin a soutenu le modèle du contact entre les corps individuels pour la plupart des maladies infectieuses, y compris respiratoires, en insistant en outre sur le rôle prépondérant des porteurs asymptomatiques dans les dynamiques épidémiques. Il a tenu pour négligeables les transmissions par fomites (par des objets et surfaces) et par l’air.
Charles Chapin a exercé une très grande influence sur la santé publique du XXᵉ siècle au niveau international, et on considère qu’il a inauguré « une troisième phase révolutionnaire du mouvement moderne de santé publique », après l’assainissement urbain (nettoyage des rues, réseaux d’égouts…) et la lutte contre les maladies infectieuses à partir de la théorie microbienne (isolement des malades, vaccination…).
Mais Chapin a élaboré sa conception sur les modes d’infection selon deux biais majeurs :
il l’a avant tout fondée à partir des infections sexuellement transmissibles et des maladies de l’appareil digestif, en insistant pour ces dernières sur la transmission directe (poignées de main) ou indirecte (alimentation) de matière fécale par les mains non lavées ;
ses considérations sur le rôle des gouttelettes dans les infections respiratoires reposaient uniquement sur des expériences réalisées avec des bactéries, alors que, si l’existence de microbes plus petits que celles-ci était soupçonnée, aucun virus au sens restrictif du terme n’avait été observé. Certaines maladies virales, telles que la grippe, étaient d’ailleurs faussement considérées comme bactériennes.
Comme pour les infections digestives, Chapin a mis en exergue la transmission par les mains pour les infections respiratoires, celles-ci étant souvent portées à la bouche et au nez, et touchant de nombreux objets. Sur le plan épidémiologique, il considérait que le manuportage des microbes contenus dans les sécrétions nasales et buccales suffisait à rendre compte des épidémies respiratoires, y compris de tuberculose pulmonaire, sans faire appel à d’autres mécanismes.
En particulier, il a rejeté la théorie des microgouttelettes élaborée à la fin du XIXᵉ siècle par l’hygiéniste et bactériologiste allemand Carl Flügge, collègue de Robert Koch : sans contester l’émission de telles gouttelettes, il considérait qu’elles étaient très peu porteuses de microbes, contrairement aux plus grosses gouttelettes.
Pourtant, avec l’émergence de la bactériologie dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, la théorie de la transmission des microorganismes infectieux, alors appelés « germes », incluait la voie aérienne, notamment pour la tuberculose pulmonaire (alors appelée « phtisie »). Non seulement Flügge, mais également Koch, Pasteur, etc., soutenaient l’idée de l’air transportant des microbes. Comment, alors, expliquer un tel revirement au début du XXᵉ siècle ?
Si la seconde moitié du XIXe siècle a établi que les maladies infectieuses ont pour cause biologique des microorganismes qui se reproduisent, deux grandes théories étaient auparavant en concurrence : la théorie des germes se transmettant de personne à personne, et la théorie des miasmes se transmettant par l’air. Cette dernière trouve ses racines dès l’Antiquité dans la médecine hippocratique, tandis que la première a surtout commencé à être développée à la fin de la Renaissance par le médecin et philosophe italien Jérôme Fracastor.
Mais en l’absence d’identification des microorganismes, la théorie des germes contagieux n’était pas moins spéculative que la théorie des miasmes supposés émaner, par phénomène de génération spontanée, de la matière en putréfaction et des marécages viciant l’air.
Pour autant, dès Fracastor, l’idée d’une transmission de personne à personne n’excluait pas l’air comme vecteur. Mais, pour Chapin et d’autres, cette idée évoquait trop la théorie des miasmes, tombée en désuétude. De plus, elle était généralement considérée comme plus inquiétante et susceptible d’effrayer les populations, en rendant invisible la voie de transmission par des microgouttelettes plutôt que par de grosses gouttelettes visibles (crachats, postillons…).
Enfin, persistait l’idée issue de la théorie des miasmes selon laquelle, si les maladies sont transmises par l’air, alors la médecine se trouve dans une forme d’impuissance pour les combattre sur le plan prophylactique, ou doit recourir à des mesures considérées comme beaucoup trop contraignantes et complexes.
Malgré l’appropriation de la transmission aérienne par la théorie microbienne dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, sa proximité avec la théorie des miasmes a ainsi favorisé le modèle de la transmission par contact, plus rassurant en ce qu’il écarte le risque volatil.
Mais tout au long du XXᵉ siècle, et ce dès les recherches sur le virus de la grippe dans les années 1930, des recherches expérimentales ont été menées sur la transmission des infections respiratoires virales par l’air.
Celles publiées sur le Covid-19 ont conduit l’OMS à infléchir sa position, jusqu’à publier en 2024 deux documents qui proposent une révision du modèle de compréhension de la transmission du SARS-CoV-2 en particulier et des maladies respiratoires transmissibles en général. Ils mettent en exergue la transmission aéroportée en milieu intérieur et proposent un nouveau modèle de gestion du risque, en précisant la terminologie afférente en conséquence (aéroporté, transmission aéroportée, transmission par aérosols…). Reste à savoir dans quelle mesure l’héritage historique, profondément ancré dans les pratiques médicales et paramédicales, pourra être dépassé.
Alors que les infections respiratoires sont récurrentes, que le Covid-19 sévit plusieurs fois par an, et que de nouvelles pandémies respiratoires sont probables, l’enjeu de santé publique s’avère fondamental.
David Simard est membre du Comité d’Orientation et de Dialogue de Santé Publique France, ainsi que du Collège des Humanités Médicales.
12.02.2026 à 12:45
Julia Milner, Professeure de leadership, EDHEC Business School
L’amour n’est évidemment pas une habitude comme les autres. Reste que pour comprendre l’amour, comme pour comprendre comment certaines habitudes s’installent et se modifient, un parallèle entre les deux peut être éclairant. De la rencontre à la rupture, analyse entre quatre temps des points communs.
Nos histoires d’amour peuvent nous en apprendre beaucoup sur nous, nos manières de faire, nos habitudes et toutes nos autres routines.
Je ne parle pas ici de la passion que vous pouvez éprouver pour certaines de vos habitudes. Bien sûr, le lien affectif que vous développerez avec quelques-unes de vos routines pourra vous aider à en adopter certaines, en changer d’autres voire à abandonner les plus néfastes. Car aimer quelque chose est un bon début pour trouver en vous les ressources pour vous adapter…
Je parle ici de quatre enseignements tirés des histoires d’amour, qui peuvent transformer vos habitudes en une love story. À partir de mes recherches récentes, plongeons ensemble dans le monde de la romance…
Nous nous souvenons tous probablement de la phase qui suit la première rencontre avec une personne. Parfois, nous pouvons rapidement nous dire : « Il ou elle n’est pas pour moi. » Le plus souvent, cependant, lorsque nous commençons à fréquenter quelqu’un, nous voyons d’abord son potentiel. L’autre personne se montre sous son meilleur jour, peut-être en affichant un profil en ligne avec de nombreuses qualités, en affirmant qu’elle est organisée et fiable, etc.
Pourtant, lorsque vous vous rencontrez, elle a vingt minutes de retard et vous fait attendre. Vous vous êtes peut-être dit : « Ah, je suis sûr qu’elle sera à la hauteur de son potentiel… un jour. » Il semblerait pourtant judicieux de se concentrer plutôt sur ses schémas, son quotidien. Que vous montre-t-elle en ce sens ?
À lire aussi : Au Moyen Âge, l’état amoureux était parfois synonyme de maladie
Il en va de même pour nos habitudes. Vous pouvez vous offrir un abonnement coûteux à une salle de sport, car cela présente un grand potentiel pour votre bien-être. Cependant, au quotidien, des urgences peuvent se présenter, des choses inattendues, et vous êtes alors susceptible de mettre la salle de sport au second plan. Adopter un programme d’entraînement à domicile pourrait donc être une meilleure solution, car cela vous permettrait de faire face aux imprévus quotidiens, tels qu’un enfant malade, un projet professionnel qui prend plus de temps qu’imaginé, etc.
Vous vous êtes engagé dans une relation, et nous sommes nombreux à faire des sacrifices pour que cela fonctionne dès le départ. Pourtant, selon certaines recherches sur les relations, trop de sacrifices ne sont pas une bonne chose. Tout d’abord, la plupart des partenaires ne sont même pas conscients que l’autre fait des sacrifices et, deuxièmement, même s’ils le remarquent, ils peuvent avoir des sentiments mitigés à ce sujet, comme la culpabilité. En d’autres termes, dans les relations, les efforts et l’investissement sont une bonne chose, mais des sacrifices trop élevés ont souvent l’effet inverse à celui recherché.
Adoptez la même approche pour vos habitudes. Investissez-vous dans tel ou tel projet professionnel, travaillez dur, mais ne faites pas des nocturnes quotidiennes, au détriment de votre santé et d’autres aspects de votre vie. Vos collègues, votre hiérarchie ou encore vos clients n’auraient sans doute pas conscience de ces sacrifices. L’équilibre est essentiel.
Pour que la relation reste passionnante, savoir la pimenter peut apporter de réels bénéfices. Il ne s’agit pas ici de disputes violentes, mais simplement de maintenir l’intérêt et de changer certaines approches, d’essayer un nouveau restaurant, de se lancer dans un nouveau passe-temps…
En ce qui concerne vos habitudes, il est bon d’être constant, mais, là aussi, de nouvelles aventures peuvent être bénéfiques. Comment pouvez-vous changer votre routine ? Peut-être devriez-vous trouver un partenaire d’entraînement ou emprunter un autre chemin pour aller au travail…
Parfois, malgré tout l’investissement et les tentatives de pimenter la relation, cela ne marche pas. Bonne nouvelle : ce n’est pas grave ! Cela signifie peut-être simplement que vous n’étiez pas compatibles, que vous n’aviez pas les mêmes valeurs, et qu’il vaut mieux lâcher prise plutôt que de s’acharner.
Soyez également honnête avec vous-même en ce qui concerne vos habitudes. Certaines habitudes ont peut-être fonctionné dans le passé, mais vous les avez dépassées. Il est maintenant temps de faire de la place pour quelque chose de nouveau, sans mauvaise conscience.
En cette Saint-Valentin, veillez à investir dans la relation la plus importante et la plus longue que vous aurez jamais. Celle que vous entretenez avec vous-même. Les habitudes font partie des fondements de cette relation. Nos habitudes quotidiennes façonnent notre mode de vie, alors veillez à faire des choix judicieux, à bien investir et à savoir quand commencer quelque chose de nouveau. Et joyeuse Saint-Valentin à tous !
Julia Milner ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
12.02.2026 à 10:54
Laetitia Mimoun, Associate Professor in Marketing at ESCP Business School, ESCP Business School
Julien Schmitt, Professeur de Marketing, ESCP Business School
The rain hasn’t stopped for hours. Wind rattles the shelter’s windows as the storm outside swells, flooding the streets they used to call home. In a crowded gym, a family of four sit huddled together on makeshift beds pushed side by side each other. The parents wrap donated blankets around their shoulders; the teenagers lean against each other. Someone suggests a movie: something light, something old. They settle on a childhood favourite, a worn-out Pixar film, its colours flickering softly on the phone screen. Familiar voices, the opening music, the brand logo before the title… For a few minutes, it feels like the flood damage caused to their home no longer matters because they are together.
This is not just nostalgia. Research shows it is a form of collective coping. When the world feels unstable, why do we cling to familiar household brands and family rituals?
In our recent research published in the International Journal of Research in Marketing, we explored how families use everyday brands and consumer rituals to restore a shared sense of identity after major life-changing disruptions.
Drawing on interviews and the diaries of 22 French families during the Covid-19 lockdowns, we found that major life disruptions, sudden collective shocks like pandemics, wars, or natural disasters, destabilise shared identities. When crisis strikes, family units don’t merely adapt their routines; they rebuild who they are together through consumption.
Brands act as scaffolding for reconstructing “who we are together”. Products, platforms, and rituals, from Netflix series to board games to family meals, become tools for resilience and belonging.
And this pattern extends well beyond Covid. In an era of growing environmental volatility, it matters more than ever. According to global risk reports, the number of natural disasters causing major economic losses is at record highs. As more and more communities around the world face upheaval, these small, mundane gestures of consumption are likely to become even more vital.
The study identifies three-way people use shared consumption to soothe anxiety and reclaim a sense of belonging.
1) Ritualised structuring: re-creating routine
When time feels suspended, people rebuild daily habits through familiar brands. This can involve watching the same show every night at eight to mark family time or deciding that Tuesday night is reserved for a sisterly chat over WhatsApp while watching a cooking show. Even a simple coffee in a beloved mug every morning can signal the start of “normal” life again.
These rituals restore predictability and reinforce family structure: who does what, when, and with whom?
2) Collective revalorising: rediscovering shared fun
Shared consumption becomes a new form of togetherness. Families dust off old board games like Monopoly and Cluedo. Parents can cook with kids using brands that “belong” to the household (e.g. Nutella pancakes, Lego projects). The activity is not about the brand itself; it is about reasserting family character traits: “We’re playful,” “We’re resilient,” “We do this together.”
3) Intergenerational romanticising: reviving lineage
Families can also turn to the past for comfort, rewatching classics from childhood, cooking passed down recipes, or creating family newsletters to share stories across generations. These rituals ease anxiety by reconnecting with lineage and continuity. A form of quiet resistance to the fear that the future is slipping away.
Together, these practices form a kind of psychological architecture: a way to impose meaning, order, and belonging amidst chaos.
Not all brands can play that role. The ones that endure crises often do so not because they shout louder, but because they embody stability, shared experience, and emotional legacy.
During an economic downturn or after a parent’s layoff, trusted retailers can become family anchors and symbols that life can still be rearranged. A brand like Ikea, for example, could help families adjust to smaller homes by buying back larger furniture and offering adaptable, modular pieces that transform rooms into communal areas. That kind of gesture does more than move products: it helps families reimagine togetherness and regain a sense of control.
In climate disasters, local brands can strengthen communities and become symbols of solidarity. After the 2025 Texas flash floods, Walmart offered free meals to affected families. Initiatives like that could go further, for example by creating spaces where families gather, connect, and rest. The value is not just in the food; it is in rebuilding collective morale.
Even in political upheaval, cultural and media brands provide continuity. National broadcasters, for instance, can help by reviving beloved classic films that families can watch together. A subtle act of collective reassurance, reminding people of their shared cultural heritage.
The insight is simple but powerful: during disruption, consumption is not escapism. It’s sense making.
If brands can become emotional lifelines, it is because consumption in moments of rupture is not mindless escapism. Sharing a meal, lighting the same candle, queuing up the same movie… these acts whisper, “We’re still ourselves.”
The brands that subsist are not the ones that dominate conversations, but those that quietly fit into our family coping mechanisms. Our research shows that brands become vectors of family history, creators of gathering occasions, and delineators of individual, relational, and collective times and activities. They are, in effect, identity technologies which act as everyday anchors for group belonging and continuity.
As societies face mounting major challenges, from climate anxiety to digital disconnection and geopolitical tension, the emotional dimension of the marketplace will matter more than ever. When the world falls apart, the brands we hold onto are not about consumption at all; they are about remembering who we are.
A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
12.02.2026 à 10:54
Julia Milner, Professeure de leadership, EDHEC Business School
Our love stories speak volumes about habit building and the quirks that become part of our daily routines… and vice versa!
By this, I’m not talking about being passionate about certain habits. But when you enjoy doing something, you are more likely to make it part of your daily routine.
In my latest research, I took a dive into the world of romance by looking at how, throughout the four stages of a love affair, we can become “routine lovers”.
We all probably remember the first stage of getting to know someone. Sometimes we say fairly early on, “Okay, this is not for me,” but often at the start of the dating game we see potential. The other person puts on their best front, maybe via an online profile with wonderful attributes, stating how organised and reliable they are. Yet, when you meet for the date, they are always 20 minutes late and keep you waiting. You might say to yourself, “Ah, I am sure one day they’ll live up to their potential,” yet it’s wiser to focus on patterns that emerge and their day-to-day. What you see is what you get.
You might buy yourself an expensive gym membership, as this habit would give your well-being a huge boost. However, as more pressing matters and unexpected events arise in everyday life, going to the gym takes a backseat; so a home workout program might actually be a better fit, as it would allow you to deal with life’s curveballs, such as a sick child or a work project that ends up being more time-consuming than initially planned, etc.
So, you entered the relationship and made sacrifices to make it work. Yet according to relationship research, too much sacrifice is not a good thing. First of all, most partners aren’t even aware that the other person has made sacrifices and second of all, even if they do notice, they might have mixed feelings about it, like guilt. In other words, effort and investment are good for relationships, whereas big sacrifices often backfire.
The same applies to our habits. Invest in that work project, put the graft in, but don’t work all hours on a continuous basis and sacrifice your health and other parts of your life. The sacrifices you make aren’t even likely to register with your chain of command, work colleagues or clients. Balance is key.
To keep relationships exciting, some drama can bear fruit. We are not talking about huge fights here, but keeping it interesting and changing some approaches, like trying a new place to eat out or taking up a new hobby. Consistency is great for building habits but adding some new adventures to the mix can benefit them too. How can you tweak your routine? Maybe find a workout buddy or take a different route to work, for instance.
Sometimes it doesn’t work out and it’s okay. It doesn’t mean the other person is evil; it might just mean that you weren’t compatible or shared the same values, and that it’s better to let go instead of letting it drag on.
Be honest with yourself when it comes to your habits. Some habits might have worked in the past, but you may have outgrown them. Now it’s time to make way for something new, without having a guilty conscience.
This Valentine’s make sure you invest in the most important relationship and the longest one you will ever have. The one with yourself. Habits are part of the building blocks of that relationship. Through our daily habits, we design our lifestyle, so be sure to choose wisely at work and at play, invest well and know when the time is right to start something new. Happy Valentine’s day everyone!
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12.02.2026 à 10:29
Clément Nedoncelle, Chercheur en economie INRAE, Inrae
Basak Bayramoglu, Directrice de recherche, Inrae
Estelle Gozlan, Chercheuse, Inrae
Thibaut Tarabbia, chercheur, Paris School of Economics – École d'économie de Paris
Une étude montre que les clauses environnementales contenues dans les accords de libre-échange sont ambivalentes : leur succès dépend, pour beaucoup, du contexte global et de la volonté politique à les mettre en œuvre. Le principal problème ? Elles ne contribuent pas vraiment à transformer les modèles et les pratiques qui nuisent le plus à l’environnement.
Les projecteurs sont actuellement braqués sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, signé le 17 janvier 2026 et déjà très contesté. Nombre de préoccupations portent sur les effets délétères qu’il pourrait avoir sur l’environnement.
Peut-on concilier commerce international et protection de l’environnement ? Cette question dépasse les forêts amazoniennes ou les bœufs brésiliens. Il touche aussi un bien commun trop souvent oublié : les océans et les pêcheries qui en dépendent.
Les pêcheries sont, en effet, un pilier de la sécurité alimentaire mondiale. Elles nourrissent des milliards de personnes, font vivre des communautés entières dans les pays côtiers et assurent une part cruciale des exportations des pays du Sud global. Et pourtant, elles s’épuisent : selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à peine 65 % des stocks mondiaux de poissons sont exploités durablement, contre 90 % dans les années 1970.
Face à ce déclin, les gouvernements mobilisent un éventail de politiques : quotas, aires marines protégées, taxes, subventions… Mais un autre outil, plus discret, joue un rôle croissant : celui es accords commerciaux, qui incluent désormais des « clauses environnementales » censées limiter les effets néfastes du commerce sur la nature. Certaines portent directement sur les pêcheries. Mais sont-elles efficaces ?
Notre étude récente publiée dans la revue World Development analyse les conséquences économiques et écologiques de ces clauses, appliquées au secteur des pêcheries. En examinant plus de 700 accords commerciaux conclus depuis la Seconde Guerre mondiale, nous avons comparé ceux qui comportaient des clauses sur la pêche à ceux qui n’en prévoient pas.
Nous avons ainsi étudié leur effet sur le niveau trophique moyen des prises, c’est-à-dire la position des poissons pêchés dans la chaîne alimentaire. Si cet indicateur baisse, cela signifie que l’on pêche des espèces de plus en plus petites et basses dans la chaîne, et donc que les grands prédateurs marins disparaissent.
À lire aussi : Que sait-on sur les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, et pourquoi est-il si difficile de les éviter ?
Notre étude montre un résultat principal : les accords commerciaux sur la pêche détériorent la durabilité des ressources marines, mais l’inclusion de clauses environnementales atténue significativement cette dégradation. Ces clauses limitent les dégradations supplémentaires provoquées ou accentuées par la libéralisation des échanges.
En clair, ces dispositions environnementales jouent un rôle de filet de sécurité : elles empêchent la situation de se dégrade davantage, sans pour autant l’améliorer spectaculairement. Les effets positifs apparaissent lentement, entre cinq et neuf ans après la signature.
Ces résultats ont des implications au-delà des pêcheries. En effet, depuis une quinzaine d’années, les accords commerciaux ont intégré une multitude de clauses environnementales : sur les forêts, le climat, la pollution, la biodiversité… Toutefois, si ces dispositions ont parfois prouvé leur efficacité – pour réduire la déforestation ou les émissions polluantes, par exemple – leurs effets varient fortement selon les secteurs et les pays. Ils dépendent notamment largement de la qualité des institutions des pays signataires : les pays dotés d’une gouvernance solide en tirent bien plus de bénéfices écologiques.
Autrement dit, cela peut fonctionner, mais d’abord là où les États sont capables de les mettre en œuvre.
À lire aussi : Quel est le poids exact de la France dans la « déforestation importée » qui touche l’Amazonie ?
Notre étude souligne aussi le revers de la médaille, autrement dit l’ambivalence de ces politiques : elles peuvent atténuer les dégâts écologiques, mais pas nécessairement transformer les comportements économiques qui en sont à la source.
En effet, les améliorations écologiques observées, par rapport à un accord de libre-échange dépourvu de dispositions environnementales, ne sont pas tant liés à la transformation des pratiques de pêche – comme l’abandon du chalutage destructeur – qu’à la réduction forte des volumes pêchés et exportés.
Les clauses environnementales semblent donc d’abord agir comme des freins au commerce plutôt que comme des moteurs d’innovation durable. Elles freinent la pression commerciale, mais sans transformer le modèle de production vers davantage de soutenabilité.
Elles montrent surtout que la réussite de la transition écologique ne dépend pas uniquement des règles internationales, mais de la volonté politique et institutionnelle de les faire vivre par les États.
À lire aussi : À quelles conditions peut-on parler d’activités de pêche « durables » ?
La question dépasse donc le commerce international : tout se joue dans la capacité des États à appliquer localement des engagements pris au niveau supranational. Une clause environnementale n’a d’effet que si la capacité des administrations à contrôler et sanctionner suit.
Sans investissement dans la mise en application et l’accompagnement des secteurs concernés, ces accords ne peuvent donc agir qu’à la marge. L’enjeu n’est donc pas d’ajouter des obligations dans les traités, mais de s’assurer qu’elles sont réellement mises en œuvre, seule condition pour changer les pratiques plutôt que simplement freiner le commerce.
Dans le débat sur l’accord UE–Mercosur, beaucoup craignent que l’environnement serve à nouveau de variable d’ajustement aux intérêts commerciaux. Nos recherches montrent qu’il n’y a pas de fatalité : si les clauses environnementales sont ambitieuses, assorties de mécanismes de suivi et appliquées par des États capables de les faire respecter, elles peuvent réellement protéger les ressources naturelles.
Basak Bayramoglu est membre de la Chaire Énergie et Prospérité, sous l'égide de La Fondation du Risque.
Clément Nedoncelle, Estelle Gozlan et Thibaut Tarabbia ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.
12.02.2026 à 10:29
Amaury Bardelle, Doctorant au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Anthony Foucher, Chercheur CEA au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)
Olivier Evrard, Directeur de recherche, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA); Université Paris-Saclay
Pierre-Alexis Chaboche, Chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE), Université Paris-Saclay
Renaldo Gastineau, Chercheur postdoctorant au laboratoire EDYTEM, Université Savoie Mont Blanc
Alors que l’accord UE-Mercosur suscite de vives inquiétudes chez les agriculteurs européens, il ne faut pas éluder ses conséquences environnementales potentielles en Amérique du Sud. Notre étude récente, qui s’appuie sur la datation radiométrique de sédiments, a permis de reconstituer une histoire des pollutions agricoles dans la Pampa uruguayenne. Or, en matière de pesticides, la terre n’oublie pas : on retrouve par exemple du DDT, pourtant interdit depuis des décennies, dans des prélèvements récents.
Alors que la récente signature de l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur fait encore débat, on a beaucoup parlé – à raison – de ses retombées pour les agriculteurs français et européens. On a, par contre, beaucoup moins évoqué les impacts que cet accord pourrait avoir sur l’environnement dans les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).
L’Amérique du Sud est aujourd’hui devenue une puissance agricole mondiale, et l’un des premiers producteurs de soja dans le monde. La production de cette légumineuse est en effet passée de 297 000 tonnes en 1961 à 210 millions de tonnes en 2024, soit plus de la moitié de la production mondiale d’après les statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Cette expansion agricole se fait au détriment des espaces naturels. La région amazonienne retient souvent l’attention du grand public et des médias. Pourtant, il ne s’agit pas – loin s’en faut – du seul ensemble d’écosystèmes naturels (ou « biome ») à pâtir de l’expansion agricole. C’est également le cas de la Pampa, localisée entre le sud du Brésil, l’Uruguay et dans le nord-est de l’Argentine. Sa superficie dépasse les 1,2 million de kilomètres carrés (km²), soit plus de deux fois la superficie de la France hexagonale.
Ces vastes étendues de prairies naturelles constituent un vaste réservoir de biodiversité et un important puits de carbone. En 2023, une équipe de chercheurs brésiliens y avait identifié plus de 12 500 espèces différentes. L’accélération de la conversion de la Pampa en cultures, en prairies intensives et en plantations forestières commerciales au cours des dernières décennies menace ainsi les services fournis par ces écosystèmes.
Afin de reconstituer l’histoire agricole de ces écosystèmes depuis les 80 dernières années, nous avons collecté et analysé les sédiments qui se sont déposés au cours du temps dans le réservoir du barrage de Rincón del Bonete, sur le rio Negro, en étroite collaboration avec des chercheurs uruguayens.
Nous avons ensuite procédé à des analyses pour dater ces échantillons, en nous appuyant sur les traces de radionucléides à la fois naturels (qui retombent en continu avec les pluies) et artificiels (issus des essais nucléaires atmosphériques réalisés entre les années 1950 et les années 1970) qu’on y retrouve. Nous avons ainsi abouti à une remise en perspective historique inédite de l’histoire agricole de la région.
Ces sédiments jouent le rôle d’archives naturelles. En effet, chaque année, au fil des évènements pluvieux et des crues, les sédiments érodés à l’amont du rio Negro et transportés par la rivière se déposent dans le réservoir. Leur collecte et leur analyse permettent ainsi de reconstruire l’histoire des paysages de la région depuis l’inauguration du barrage hydroélectrique en 1945. C’est l’un des barrages l’un des plus anciens d’une telle ampleur en Amérique du Sud.
L’analyse de cette archive sédimentaire (intensité des flux sédimentaires, détection de pesticides…) a permis de reconstruire quatre grandes phrases de développement agricole dans la région :
De la fin de la Seconde Guerre mondiale à 1963 : une agriculture conventionnelle en continu, basée sur la mise en place de rotations annuelles, se développe. Ce système est associé, dans notre analyse, à des flux sédimentaires importants. Comprendre : une quantité importante de terres agricoles étaient alors lessivées par les pluies et transportées par le rio Negro.
De 1963 aux années 1990 : un système associant cultures et élevage se met en place. Il permet la réduction des flux sédimentaires. Cette période est caractérisée par la première détection de pesticides dans l’archive sédimentaire.
Des années 1990 au début des années 2000 : l’usage du semis direct, c’est-à-dire de cultures sans labour, commence à se répandre dans la région. Cette évolution est liée au développement de variétés de soja génétiquement modifiées, conçues pour être résistantes au glyphosate, qui pouvait ainsi être répandu pour détruire les adventices (les « mauvaises herbes ») sans endommager la culture principale.
Accompagnée d’une rotation entre polyculture et élevage, cette pratique semble avoir contribué à la réduction de l’érosion des sols, puisque cette période enregistre les plus faibles taux de sédimentation de la séquence. Cette période coïncide aussi avec d’importantes plantations d’arbres exotiques, principalement l’eucalyptus, utilisé pour produire de la pâte à papier.
À partir de 2007 : bien que le semis direct ait été adopté par la majorité des agriculteurs, les pratiques agricoles s’intensifient. La monoculture continue intensive ou une double récolte au cours de l’année (généralement une succession de soja et de céréales) est souvent de mise.
De nombreuses zones naturelles sont alors converties pour la culture du soja et la plantation d’eucalyptus. En conséquence, cette période enregistre les plus forts taux de sédimentation et les flux de pesticides les plus élevés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Parmi les pesticides retrouvés au sein des sédiments déposés récemment dans le barrage uruguayen, on retrouve notamment des substances interdites en Europe et aux États-Unis, telles que le Mirex – utilisé dans les plantations d’eucalyptus – ou le DDT.
Ce pesticide nocif à la fois pour l’humain et l’environnement, désormais interdit dans la quasi-totalité du monde, a été historiquement utilisé comme insecticide pour l’agriculture. Il fut également largement répandu à travers l’Amérique lors de grandes campagnes d’éradication des vecteurs du paludisme au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
L’explication la plus probable derrière la réapparition du DDT serait une remobilisation des quantités de ce pesticide déjà présentes dans l’environnement. Cela pourrait faire suite à l’augmentation de l’érosion des sols cultivés depuis des décennies, ainsi qu’à la mise en culture et à l’érosion de nouvelles terres, faisant partie d’espaces naturels qui avaient été traités avec du DDT au milieu du siècle dernier.
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Dans notre étude, nous avons combiné plusieurs analyses à haute résolution des sédiments accumulés par le barrage. L’analyse historique a été rendue possible grâce à la datation des couches successives de sédiments, réalisée à travers l’analyse de radionucléides à la fois naturels (qui retombent en continu avec les pluies) et artificiels (liés aux essais nucléaires atmosphériques réalisés entre les années 1950 et les années 1970).
Ces essais nucléaires, menés principalement par les États-Unis, l’Union soviétique et la France, sont en effet associés à des émissions de césium et de plutonium spécifiques, dont ils sont, en quelque sorte, la signature. De quoi aider à reconstruire l’âge des couches successives de la séquence sédimentaire.
Nous avons ensuite pu mettre en relation les propriétés des sédiments avec des données historiques, telles que les statistiques agricoles ou d’usage des sols, afin de proposer cette analyse historique de l’impact des changements paysagers.
Les impacts environnementaux liés à la mise en culture de la Pampa sont déjà très nets, mais ce n’est malheureusement peut-être que le début.
À ce jour, seuls 20 % des prairies qui étaient encore en place en 1985 ont été transformées. Les prairies de la Pampa, qui recouvraient 83 % de la zone étudiée en 1985, ne représentaient plus que 60 % de la surface en 2022. Autant d’espaces où les activités agricoles et sylvicoles pourraient continuer à se développer.
Dans ce contexte, les accords commerciaux qui ont été conclus entre les pays du Mercosur et de l’Union européenne – mais aussi avec d’autres grandes puissances, telles que la Chine – auront un impact. Ils favoriseront les exportations et augmenteront la demande en produits tels que le soja et la pâte à papier. Ce faisant, ils risquent d’exacerber l’expansion et l’intensification agricole, ainsi que leurs impacts environnementaux.
L’approche développée, qui a donc permis de reconstruire une perspective historique inédite, pourrait être prolongée dans le temps pour suivre les impacts environnementaux à venir dans la région, en lien avec les évolutions réglementaires et commerciales en cours.
Amaury Bardelle a reçu des financements de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project - IRP - CELESTE Lab).
Anthony Foucher a reçu des financements de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project - IRP - CELESTE Lab).
Olivier Evrard a reçu des financements de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project - IRP - CELESTE Lab).
Pierre-Alexis Chaboche a reçu des financements de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project - IRP - CELESTE Lab).
Renaldo Gastineau a reçu des financements de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001).