LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs Revues MÉDIAS
IRIS
 
INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

▸ Les 10 dernières parutions

29.05.2026 à 12:48

Géopolitique à la télé : quelques aspects problématiques

stagiairedecomm@iris-france.org

La guerre en Iran a mobilisé les chaînes d’information permanentes. Les débats ont été abondants. Ont-ils vraiment aidé le public à s’informer et à comprendre ses enjeux ? Une réflexion est à mener sur la façon dont les médias ont traité ce conflit et les questions géopolitiques plus généralement. Dès le début du conflit avec les premières attaques israélo-américaines du 28 février 2026 sur le territoire iranien, un narratif pro-américain et pro-israélien – l’un expliquant d’ailleurs l’autre – s’est imposé. Le discours dominant était : oui, c’est la guerre, c’est malheureux, mais en même temps l’Iran est une dictature (ce qui est vrai), il faut donc libérer les Iraniens de la dictature des mollahs. C’est une guerre pour la bonne cause, une « guerre juste », le respect du droit international apparaissant comme une variable d’ajustement. Mais surtout, une guerre menée sans se soucier de la faisabilité du scénario rose vendu par Benyamin Netanyahou à Donald Trump : une guerre rapide décapitant le régime, provoquant un soulèvement iranien et l’établissement d’un régime démocratique, pacifique, et surtout pro-américain et pro-israélien. Ceux qui alertaient sur le caractère tout à fait irréaliste de ce scénario étaient alors traités de soutiens du régime iranien. Ils étaient de toutes façons très minoritaires. Un peu comme les alouettes dans le pâté de cheval et d’alouettes, leur présence ne change pas le goût général. Les voix dissonantes ont été rares. Très souvent elles ont été écartées comme étant en fait animées par des choix idéologiques condamnables. C’est le paradoxe. Ceux qui finalement ont prouvé que leur approche était réaliste et sérieuse ont été marginalisés par rapport à ceux qui avaient une approche idéologique beaucoup plus éloignée des réalités géopolitiques. Le choc des civilisations est en effet bien ancré chez la plupart des commentateurs qui ont une approche civilisationnelle. L’Occident, c’est le […]

L’article Géopolitique à la télé : quelques aspects problématiques est apparu en premier sur IRIS.

Texte intégral (1367 mots)

La guerre en Iran a mobilisé les chaînes d’information permanentes. Les débats ont été abondants. Ont-ils vraiment aidé le public à s’informer et à comprendre ses enjeux ? Une réflexion est à mener sur la façon dont les médias ont traité ce conflit et les questions géopolitiques plus généralement.

Dès le début du conflit avec les premières attaques israélo-américaines du 28 février 2026 sur le territoire iranien, un narratif pro-américain et pro-israélien – l’un expliquant d’ailleurs l’autre – s’est imposé. Le discours dominant était : oui, c’est la guerre, c’est malheureux, mais en même temps l’Iran est une dictature (ce qui est vrai), il faut donc libérer les Iraniens de la dictature des mollahs. C’est une guerre pour la bonne cause, une « guerre juste », le respect du droit international apparaissant comme une variable d’ajustement. Mais surtout, une guerre menée sans se soucier de la faisabilité du scénario rose vendu par Benyamin Netanyahou à Donald Trump : une guerre rapide décapitant le régime, provoquant un soulèvement iranien et l’établissement d’un régime démocratique, pacifique, et surtout pro-américain et pro-israélien. Ceux qui alertaient sur le caractère tout à fait irréaliste de ce scénario étaient alors traités de soutiens du régime iranien. Ils étaient de toutes façons très minoritaires. Un peu comme les alouettes dans le pâté de cheval et d’alouettes, leur présence ne change pas le goût général.

Les voix dissonantes ont été rares. Très souvent elles ont été écartées comme étant en fait animées par des choix idéologiques condamnables. C’est le paradoxe. Ceux qui finalement ont prouvé que leur approche était réaliste et sérieuse ont été marginalisés par rapport à ceux qui avaient une approche idéologique beaucoup plus éloignée des réalités géopolitiques. Le choc des civilisations est en effet bien ancré chez la plupart des commentateurs qui ont une approche civilisationnelle. L’Occident, c’est le bien. Il ne peut pas se tromper. Il faut être de son côté de l’Occident, quoi qu’il fasse. Les commentateurs sortent du même moule idéologique, ils ne se contredisent pas. Beaucoup vont aussi dans le même sens parce qu’ils ont peur, s’ils déviaient du sentiment majoritaire, d’être marginalisés, voire exclus. Il y a une assez grande unité à la fois sociologique et culturelle de la part des intervenants. Comme ils veulent garder leur rond de serviette quelle que soit leur croyance réelle, ils abondent dans le sens dominant. Et ceux qui viennent de minorités culturelles ou idéologiques ont plutôt intérêt à prendre le point de vue de la majorité s’ils veulent continuer à être invités.

Autre défaut inhérent aux chaînes d’information permanente : il faut commenter l’actualité la plus chaude sans toujours prendre du recul, sans garder de la hauteur pour analyser les événements, pour les resituer dans un contexte plus global en termes historiques et géopolitiques. Il y a un peu la tentation de commenter le fait du jour, de la minute, de l’heure.

Autre réalité, il y a une multiplication du nombre des chaînes, donc du nombre de débats ; au total ce sont au moins 200 personnes par jour qu’il faut convier pour nourrir tous ces plateaux. La bête de l’information permanente est très gourmande. Or, ces personnes ne peuvent être toutes compétentes pour traiter des sujets. Parfois, le remplissage l’emporte sur la connaissance. Souvent on préfère des gens qui peuvent se déplacer en plateau, plutôt qu’inviter en visio ceux qui ne peuvent être présent sur place. On est moins regardant sur le CV des invités parce qu’il faut que toutes les places autour du plateau soient remplies. La compétence réelle n’est donc pas toujours exigée.

Autre biais, certains viennent faire du plaidoyer, ou ont une cause à défendre et viennent sous couvert d’expertise plaider pour une cause. D’autres ont des titres bidons de professeurs. Ce n’est pas parce que vous avez une vacation à Sciences Po que vous êtes professeur à Sciences Po ou que vous êtes un véritable universitaire. Il y a des gens aussi qui inventent des structures qui n’ont pas d’existence réelle, qui ne sont pas des think tanks reconnus, ancrés dans le débat géopolitique. Il est très facile de créer une structure nominale au titre ronflant mais sans existence réelle.

Souvent, on fait parler des gens compétents sur un sujet, mais on les fait aussi parler sur d’autres. Est-ce que c’est tout à fait pertinent de faire parler du Proche-Orient à un spécialiste de la Russie ou de faire parler de la Chine un spécialiste du Proche-Orient ? Tout le monde n’est pas généraliste. Certains sont spécialistes de zones très précises, d’autres ont une approche plus globale. Mais souvent il faut remplir donc on prend un peu celui qui est présent car il a le mérite d’être là. S’il dit des choses qui ne sont pas tout à fait pertinentes, ça sera aussi vite oublié.

On pourrait aussi s’interroger sur le fait de présenter des gens comme experts en géopolitique et experts reconnus, alors qu’ils ne sont jamais à l’étranger, mais toujours en France, à Paris. Nombreux sont les spécialistes pour plateau télé, mais pour rien d’autres. Quelle est la crédibilité des invités qui ne sont jamais invités à l’étranger ? Quelle est la légitimé de celles et ceux qui n’ont pas de contacts avec leurs collègues ni ne sont des spécialistes reconnus par la profession en France comme à l’international ?

Les plateaux peuvent aussi être surpeuplés. Peut-on vraiment faire un débat articulé quand il y a six personnes en plus de l’animateur sur un plateau ? En fait, la tentation c’est la fragmentation. On n’a pas le temps de développer le raisonnement, on peut être coupé. On ferait certainement mieux en invitant moins de monde et leur laisser un peu plus de temps pour s’exprimer.

On nous a dit au début de la guerre d’Iran que tout allait bien se passer, or rien ne s’est passé comme le prévoyaient les faux spécialistes. On assiste à une impunité du mensonge. Tout le monde peut faire des erreurs si elles sont de bonne foi, mais on voit qu’il y a des fake news qui sont sciemment et volontairement répandues par certains en toute impunité. Celles et ceux qui nous ont dit en 2003 qu’il y avait des armes nucléaires en Irak et qu’il fallait faire la guerre pour empêcher que l’Irak se dote de l’arme nucléaire sont revenus nous dire la même chose sur l’Iran en 2026, 23 ans plus tard. Souvent les mêmes d’ailleurs.

Cette impunité du mensonge est regrettable et porte atteinte à la crédibilité des médias et à celles et ceux qui donnent la parole à ces faussaires. Les médias doivent réfléchir à leur crédibilité à long terme, à leur manière de remplir les plateaux sans trop s’interroger sur la façon dont ils le font qui ne fait que renforcer la méfiance grandissante du public à leur égard.

L’article Géopolitique à la télé : quelques aspects problématiques est apparu en premier sur IRIS.

29.05.2026 à 11:20

Mexique : une coupe du monde sous haute sécurité

admn_iris

À l’approche de la Coupe du monde 2026, la question de la sécurité est plus que jamais au centre des débats. Le Mexique, qui coorganise, du 11 juin au 19 juillet, l’événement, avec les États-Unis et le Canada, reste en effet un pays meurtri par la violence extrême des cartels de la drogue. La mort récente de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a rappelé la force de frappe criminelle de ces organisations et leur aptitude à défier l’ordre public. Les images chocs de véhicules incendiés, en guise de représailles, ont ravivé les interrogations sur la capacité de l’État mexicain à sécuriser le Mondial 2026, l’événement sportif le plus regardé au monde. Le 11 juin 2026, le match d’ouverture opposera le Mexique à l’Afrique du Sud au stade Azteca à Mexico. Douze autres rencontres sont programmées dans trois villes hôtes : Mexico (centre), Guadalajara (ouest) et Monterrey (nord-est). 5,5 millions de visiteurs sont attendus pour l’occasion dans un pays qui reçoit, rappelons-le, près de 50 millions de touristes étrangers par an. Sur le plan logistique, la capitale (plus de 20 millions d’habitants avec ses banlieues) dispose d’une longue expérience d’accueil, après avoir organisé deux Coupes du monde en 1986 et en 1970.

L’article Mexique : une coupe du monde sous haute sécurité est apparu en premier sur IRIS.

Lire plus (324 mots)

À l’approche de la Coupe du monde 2026, la question de la sécurité est plus que jamais au centre des débats. Le Mexique, qui coorganise, du 11 juin au 19 juillet, l’événement, avec les États-Unis et le Canada, reste en effet un pays meurtri par la violence extrême des cartels de la drogue. La mort récente de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a rappelé la force de frappe criminelle de ces organisations et leur aptitude à défier l’ordre public. Les images chocs de véhicules incendiés, en guise de représailles, ont ravivé les interrogations sur la capacité de l’État mexicain à sécuriser le Mondial 2026, l’événement sportif le plus regardé au monde.

Le 11 juin 2026, le match d’ouverture opposera le Mexique à l’Afrique du Sud au stade Azteca à Mexico. Douze autres rencontres sont programmées dans trois villes hôtes : Mexico (centre), Guadalajara (ouest) et Monterrey (nord-est). 5,5 millions de visiteurs sont attendus pour l’occasion dans un pays qui reçoit, rappelons-le, près de 50 millions de touristes étrangers par an. Sur le plan logistique, la capitale (plus de 20 millions d’habitants avec ses banlieues) dispose d’une longue expérience d’accueil, après avoir organisé deux Coupes du monde en 1986 et en 1970.

L’article Mexique : une coupe du monde sous haute sécurité est apparu en premier sur IRIS.

29.05.2026 à 10:31

Tensions, crises et contradictions en Turquie

admn_iris

Presque 10 ans après la tentative du coup d’État du 16 juillet 2016, la stratégie liberticide mise en œuvre par les autorités politiques turques continue à s’appliquer d’une façon préoccupante et ne manque pas d’interpeller. Coup sur coup, deux événements se conjuguent en effet ces derniers jours et indiquent combien l’État de droit est constamment et méthodiquement affaibli, en même temps que des lignes de faille semblent se cristalliser au sein du pouvoir et de la coalition qui dirige le pays. Il s’agit tout d’abord de la destitution de la direction du Parti républicain du peuple (CHP), le parti fondé par Mustafa Kemal Atatürk en 1923. Cette direction, élue à l’issue du congrès du parti à la fin de l’année 2023, avait battu l’équipe sortante incarnée par Kemal Kiliçdaroğlu. Celui-ci avait été le candidat malheureux de l’opposition, pourtant unie, face à un Recep Tayyip Erdoğan qui remportait alors une nouvelle victoire électorale présidentielle en mai 2023. Kemal Kiliçdaroğlu avait à l’époque fait une campagne d’entre deux tours aux relents xénophobes, n’hésitant pas à utiliser des thèmes s’apparentant à celui du grand remplacement, principalement dirigés contre les réfugiés syriens alors que la guerre civile continuait à faire rage dans leur pays d’origine. À l’issue dudit congrès, des délégués battus, donc minoritaires, ont initié un recours en justice, arguant d’irrégularités, notamment l’achat de voix de délégués. Après une longue procédure, le verdict est donc tombé le 21 mai dernier. Refusant de quitter le siège du parti, les dirigeants et militants présents en ont été délogés manu militari par des policiers antiémeutes. C’est dans ce cadre que Kemal Kiliçdaroğlu doit reprendre ses anciennes fonctions à la tête du parti dans les jours à venir, déclarant sans sourciller que son parti savait se purifier « lorsque cela s’avérait nécessaire » et acquiesçant de ce fait aux […]

L’article Tensions, crises et contradictions en Turquie est apparu en premier sur IRIS.

Texte intégral (1299 mots)

Presque 10 ans après la tentative du coup d’État du 16 juillet 2016, la stratégie liberticide mise en œuvre par les autorités politiques turques continue à s’appliquer d’une façon préoccupante et ne manque pas d’interpeller.

Coup sur coup, deux événements se conjuguent en effet ces derniers jours et indiquent combien l’État de droit est constamment et méthodiquement affaibli, en même temps que des lignes de faille semblent se cristalliser au sein du pouvoir et de la coalition qui dirige le pays.

Il s’agit tout d’abord de la destitution de la direction du Parti républicain du peuple (CHP), le parti fondé par Mustafa Kemal Atatürk en 1923. Cette direction, élue à l’issue du congrès du parti à la fin de l’année 2023, avait battu l’équipe sortante incarnée par Kemal Kiliçdaroğlu. Celui-ci avait été le candidat malheureux de l’opposition, pourtant unie, face à un Recep Tayyip Erdoğan qui remportait alors une nouvelle victoire électorale présidentielle en mai 2023. Kemal Kiliçdaroğlu avait à l’époque fait une campagne d’entre deux tours aux relents xénophobes, n’hésitant pas à utiliser des thèmes s’apparentant à celui du grand remplacement, principalement dirigés contre les réfugiés syriens alors que la guerre civile continuait à faire rage dans leur pays d’origine.

À l’issue dudit congrès, des délégués battus, donc minoritaires, ont initié un recours en justice, arguant d’irrégularités, notamment l’achat de voix de délégués. Après une longue procédure, le verdict est donc tombé le 21 mai dernier. Refusant de quitter le siège du parti, les dirigeants et militants présents en ont été délogés manu militari par des policiers antiémeutes. C’est dans ce cadre que Kemal Kiliçdaroğlu doit reprendre ses anciennes fonctions à la tête du parti dans les jours à venir, déclarant sans sourciller que son parti savait se purifier « lorsque cela s’avérait nécessaire » et acquiesçant de ce fait aux verdicts rendus par la justice.

Ces décisions d’une justice dont l’indépendance a pour le moins été entamée au cours des dernières années possèdent évidemment un contenu directement politique, dont l’inspiration provient sans guère de doute du palais présidentiel. Elle s’inscrit dans une vague de répression d’ampleur contre le CHP qui a remporté les élections municipales de 2024 et dont le principal responsable, Ekrem Imamoğlu, maire d’Istanbul, a été emprisonné il y a maintenant 14 mois. Depuis, ce sont 23 maires du CHP qui ont été emprisonnés et 25 démis de leurs fonctions.

Les arguties du pouvoir s’abritant derrière des décisions de justice ne leurrent en réalité pas grand monde. Il s’agit de décapiter un parti qui représente pour le gouvernement un véritable danger dans la perspective des futures échéances électorales, notamment présidentielles. Que l’appareil d’État puisse directement interférer dans la vie des partis politiques est radicalement contradictoire avec leur nécessaire indépendance et constitue une nouvelle brèche dans un État de droit déjà très malmené. Cette vague répressive indique néanmoins une certaine agitation des cercles dirigeants du Parti de la justice et du développement (AKP), s’inscrivant aussi dans la perspective d’une succession de Recep Tayyip Erdoğan qui se posera à court ou moyen terme. Il est significatif que le leader du Parti d’action nationaliste d’extrême droite, Devlet Bahçeli, principal partenaire de la coalition qui soutient Erdoğan a téléphoné au leader du CHP déchu, Özgür Özel, pour lui souhaiter une bonne fête de l’Aïd al Adha – fête du Sacrifice –, célébré actuellement en Turquie. Le désaccord avec la destitution du leader du CHP apparaît on ne peut plus clair.

La fébrilité dans les cercles du pouvoir s’est aussi manifestée par la décision présidentielle de fermer l’université privée de Bilgi, le 22 mai 2026, pour revenir ensuite sur celle-ci 48 heures plus tard ! Le décret présidentiel d’interdiction tenait en une phrase, sans aucune explication. La contre décision n’en comportait pas plus. Quelle est la logique ? Tenter de museler une université à la réputation libérale, fondée en son temps par des universitaires chassés de leurs postes après le coup d’État militaire de septembre 1980, et dont on se souvient qu’elle avait été l’année dernière un des principaux lieux de contestation après l’arrestation d’Ekrem Imamoğlu. Comment comprendre ces voltefaces ? Sinon d’alimenter un climat de polarisation dans un contexte où le pouvoir ne parvient pas à juguler des difficultés économiques qui s’approfondissent, aggravées par les conséquences des conflits régionaux, au premier rang desquels la guerre contre l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz. Nous avons dans ces péripéties une nouvelle illustration de ce que le politologue Ahmet Insel appelle une « autocratie aléatoire ».

On peut ajouter à ce panorama assez pessimiste le blocage d’hypothétiques avancées sur la question kurde, qui constitue probablement le défi politique le plus important que la société turque doit parvenir à régler. On se souvient que des espoirs étaient nés sur le sujet à la fin de l’année 2024 et qu’un processus de résolution avait alors été engagé. Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait décidé son autodissolution lors de son congrès en mai 2025 et envisagé de rendre ses armes. Le président Erdoğan semblait apparaître comme le vainqueur de cette séquence politique alors qu’il ne s’y est guère investi, se contentant de vagues déclarations sur la fraternité entre les peuples turc et kurde ou sur la nécessité de rester inflexible dans le combat contre le terrorisme. Après l’annonce de l’autodissolution du PKK, il a mis l’accent sur la nouvelle phase qui s’ouvrait pour « une Turquie sans terrorisme ». Mais cela ne suffit pas pour aller de l’avant. Des propositions positives doivent être avancées sans tarder pour que chacun des acteurs puisse se prévaloir de progrès efficients. La commission transpartisane intitulée « Commission parlementaire pour la solidarité nationale, la fraternité et la démocratie », qui a initié ses travaux au cours de l’été 2025, pourrait revêtir cette fonction souhaitable, mais elle est en réalité fort peu transparente. Un rapport a certes été rendu public en février 2026, mais aucune mesure n’a été votée depuis lors. Ces quelques éléments indiquent une situation politique intérieure singulièrement tendue qui donne la désagréable impression d’une fin de règne. L’AKP n’est plus en situation de fournir un récit mobilisateur susceptible de redynamiser sa base sociale et électorale qui s’est considérablement affaiblie ces dernières années, même si elle n’a pas véritablement disparu. Cette situation contraste paradoxalement avec le rôle international que la Turquie continue à endosser en s’affirmant comme incontournable sur de nombreux dossiers. Nous y reviendrons.

L’article Tensions, crises et contradictions en Turquie est apparu en premier sur IRIS.

4 / 10
  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Conspirationnisme
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
Wokisme
🌓