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01.03.2026 à 09:44

Le grand piège : demander l'impeccable pour installer l'inacceptable | Ricardo Parreira

Ce qui me frappe, plus encore que l'offensive extérieure, c'est la fragmentation interne. Une partie de la gauche se précipite pour surenchérir dans la condamnation, comme si l'existence d'antisémites, de racistes, d'homophobes ou de validistes au sein d'un espace politique « de gauche » relevait de l'impossibilité métaphysique. Dans quel monde imaginaire vivrions-nous pour croire qu'un mouvement humain, quel qu'il soit, pourrait être exempt de toute faute politique, morale ou éthique ? Cette situation met en exergue deux réalités : d'une part, les questions décoloniales, la morale catholique et le suprémacisme blanc restent insuffisamment traitées au sein des mouvements de gauche ; d'autre part, l'exigence d'une pureté absolue appliquée à ces mêmes mouvements — et donc à leurs membres entre eux — instaure un standard moral inatteignable. Ce standard cristallise des conflits internes, tandis que d'autres acteurs politiques — le centre, la droite et l'extrême droite — prospèrent dans l'impunité discursive.
La machine de fabrication du consentement à la fascisation n'a alors plus besoin d'attaquer frontalement l'ennemi. Il suffit de prélever la moindre scorie, le plus petit « cheveu dans la soupe », et de l'amplifier jusqu'à saturation, pour que l'ego de certains, qui pèchent autant que les autres, s'érige en défenseur d'une moralité qu'ils ne possèdent pas. Le pédantisme devient alors le meilleur ami du politicien. Pendant ce temps, certaines personnalités de gauche profitent de l'erreur de leur « allié » pour satisfaire des désirs personnels, tandis que la haine antisémite, islamophobe et xénophobe se déverse quotidiennement sur les plateaux télévisés, devant des millions de spectateurs, sans susciter la même intensité d'indignation structurelle.
Nous finissons ainsi par jouer le jeu de l'adversaire. L'extrême droite n'a même plus à pointer les failles de ses opposants : nous nous déchirons entre nous, non pour progresser collectivement, mais parce que l'ennemi a réussi à imposer l'image d'une gauche sommée d'être immaculée face à des forces qui ne s'imposent aucune contrainte éthique équivalente.

27.02.2026 à 08:56

Pour faire fonctionner toute l'IA, le colonialisme, l'impérialisme, l'exploitation, l'esclavage sont indispensables

Par leur conception, les I.A. statistiques, qui reposent dans leur immense majorité sur un entraînement nécessitant des millions ou des milliards de données, annotées, classées, filtrées par des travailleurs humains, puis sur un alignement là aussi nécessairement humain, mais aussi sur du matériel et des matières premières exploitant des ouvriers et mineurs dans le monde entier, sont structurellement dépendantes de ces chaînes de sous-traitance qui commence dans les start-ups de l'I.A. et se termine sur les tâcherons philippins, indiens, kényans ou les mineurs et mineuses congolaises, par exemple. C'est absolument inévitable, et il faut arrêter d'imaginer les start-ups comme des lieux de conception numérique détachés de ce colonialisme, qui seraient juste des enclos à développeurs informatiques branchés sur internet concevant des I.A. simplement à travers de complexes lignes de code. Toutes les start-ups dépendent des données, des métaux et des semi-conducteurs, dans une quantité qui ne permet et ne permettra jamais leur production éthique, alors même que nous n'avons pas abordé ici les conséquences sur l'environnement planétaire de cette production.
On peut alors mettre un mot plus exact pour qualifier ces tâcherons, ces ouvriers, ces mineurs : ils sont des esclaves, modernes certes, mais pas bien différents depuis toujours, issus de pays pauvres, « d'anciennes » colonies, toujours victimes de l'exploitation par ceux qui possèdent les richesses et la puissance.

25.02.2026 à 09:03

Le bug de l'an 2038

Il suffit de creuser un peu pour s'apercevoir que ce “bug 2038” est connu depuis plus de vingt ans dans le monde des codeurs. Son origine est simple : un grand nombre de nos systèmes informatiques fonctionnent avec une date paramétrée qui permet de repérer des actions dans le temps (prêt bancaire, maintenance…). Et pour que tout soit harmonisé, une norme dite “heure Unix” ou “heure Posix” impose que cette date soit calculée en égrenant les secondes à partir du 1er janvier 1970 (juste après l'invention du système d'exploitation Unix, en 1969). Par exemple, le 25 février 2026, date de sortie de ce numéro d'Epsiloon, il se sera écoulé 1 772 020 678 secondes. Sauf que cette date, exprimée en bits (0 ou 1), est souvent codée sur un nombre de bits limité, en l'occurrence 32 : 31 pour égrener les secondes qui s'écoulent et le 32e pour préciser si on est avant ou après 1970. Le problème, avec ce système, c'est que le nombre le plus élevé s'écrit 01111111 11111111 11111111 11111111. Ce qui correspond au 19 janvier 2038, 3 h 14 min et 7 s donc. Et que la seconde suivante, le codage va afficher 10000000 00000000 00000000 00000000 : le 13 décembre 1901, la date la plus reculée possible dans le passé… “Nos systèmes informatiques comparent les chiffre, et une date future qui se retrouve d'un seul coup plus ancienne que la précédente induit des erreurs”, conclut Thierry Roger, directeur de recherche chez Alten, à Rennes.
Source: Epsiloon
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