16.07.2026 à 21:00
Rendez-vous vendredi 17 juillet à 16h place Saint-Augustin (Paris 8e)
Rendez-vous vendredi 17 juillet à 16h place Saint-Augustin (Paris 8e)
Soutien à Daniil Moukhametov, déserteur russe, que la République française veut extrader !

Daniil, jeune électromécanicien russe, a fui la mobilisation en Russie, car il ne veut pas faire la guerre, ni tuer ou être tué. Il a sauté d'un train qui traversait la Lituanie pour rejoindre l'enclave russe de Kaliningrad. (lire ici le portrait que lui a consacré le journal Le Monde le 15 juin dernier)
Les autorités lituaniennes risquent de le retourner à la Russie, pour ne pas se « fâcher » avec leur agressif voisin. Daniil s'est alors enfui en Finlande puis est venu en stop en France, pensant que c'était le pays des Droits de l'Homme et de la Liberté. Mais la République Française vient de décider de l'extrader vers la Lituanie. C'est à coup sur le
condamner à mort, car il serait ensuite remis aux autorités russes qui lui feront payer sa désertion avec la peine prévue dans ce cas, la peine de mort.
Des amis exilés et déserteurs russes viennent de nous informer qu'ils organisent un rassemblement de soutien vendredi 17 juillet. L'initiative Olga Taratuta appelle toutes les personnes qui soutiennent les déserteurs et qui sont opposées à la guerre en général à ce joindre à ce rassemblement qui aurai lieu :
RDV Place Saint Augustin,
Vendredi 17 juillet, 16 heures
Chaque déserteur nous rapproche de la paix !
Déserteurs de tous les pays, unissez-vous !
Initiative « Olga Taratuta », de soutien aux déserteurs, réfugiés, réfractaires russes, bélarusses et ukrainiens
contact@solidarite.online
http://nowar.solidarite.online/blog
16.07.2026 à 20:38
Rendez-vous devant le siège du SAMU Social (13 rue Jean Berlier, Paris 13e) pour soutenir l'occupation !
Rendez-vous devant le siège du SAMU Social (13 rue Jean Berlier, Paris 13e) pour soutenir l'occupation !

Occupation illimitée - parvis du Samu social de Paris (13 rue Jean Berlier, Paris 13e).
Communiqué d'Utopia 56
Ce soir, nous, familles, femmes isolées, enfants, mineurs non accompagnés, Utopia56 et travailleurs-euses en grève du 115, occupons le parvis du SAMU Social de Paris.
Nous n'avons cessé d'interpeller, d'alerter, de manifester.
Les travailleuses et travailleurs du 115 et du SAMU Social de Paris sont en grève reconductible depuis plus de deux semaines, sans aucune réponse de leur direction, ni de l'État.
Nous resterons ici, jour et nuit, avec toutes celles et ceux qui voudront rejoindre cette mobilisation, jusqu'à avoir obtenu des réponses à nos revendications communes.
Nous demandons des places d'hébergement pour celles et ceux qui dorment dehors, des moyens supplémentaires pour les équipes de l'urgence sociale, de meilleures conditions de travail pour celles et ceux qui accompagnent chaque jour les personnes les plus précaires.
Toutes ces revendications convergent ensemble et sont restées ignorées jusqu'ici.
Face au silence des institutions et à la poursuite des politiques de destruction de l'hébergement d'urgence, nous n'avons pas d'autre choix que de passer une étape supplémentaire dans notre mobilisation.
Nous occupons donc le parvis du siège du SAMU Social de Paris, point névralgique de l'hébergement d'urgence à Paris.
C'est ici que se prennent, en lien avec l'État, des décisions qui affectent directement des milliers de personnes privées de solution.
C'est aussi ici que travaillent les écoutantes et écoutants du 115, contraints chaque jour de répondre à des familles, des femmes seules à la rue et de leur annoncer qu'aucune place n'est disponible faute de moyens.
Pour les personnes concernées, venir ici revendiquer leurs droits est essentiel : elles viennent rendre visible leur abandon et exiger des réponses devant le seul dispositif de droit commun existant.
Cette occupation porte donc un double objectif :
Cette lutte est commune. C'est une convergence entre celles et ceux qui sont privé-es de toit, et celles et ceux qui tentent chaque jour de les accompagner.
Face à nous, la préfecture de région Île-de-France (l'État) a annoncé la suppression de 1200 nuitées-jours supplémentaires. Ce n'est pas une fatalité, mais des choix politiques contraires au droit.
L'article L345-2-2 du Code de l'action sociale et des familles garantit à toute personne sans abri en situation de détresse un accès à l'hébergement d'urgence. L'article L345-2-3 impose, lui, la continuité de l'hébergement et interdit toute remise à la rue sans solution.
Cette annonce est tombée en pleine canicule. L'État n'accorde que quelques ouvertures temporaires de places indignes quand la pression médiatique monte, notamment pendant les épisodes de canicule ou de grand froid, puis des remises à la rue dès que l'attention retombe, comme aujourd'hui.
Cette logique doit cesser.
Les mineurs non accompagnés sont les premières victimes de cet abandon.
Après des évaluations de minorité menées par la Ville de Paris que nous dénonçons comme arbitraires, défaillantes et racistes, des jeunes sont remis à la rue pendant des mois avant de pouvoir faire valoir leurs droits devant un juge des enfants.
Pourtant, plus de 60% qui font un recours finissent par être reconnus mineurs par un juge des enfants.
ces jeunes demandent : la présomption de minorité, l'hébergement immédiat, l'accès aux soins et à la scolarisation, ainsi que la réduction des délais de recours.
Les institutions ne peuvent plus se renvoyer la balle, entre protection de l'enfance et droit commune : les jeunes ne doivent plus jamais être les victimes de ces guerres institutionnelles, ni sacrifiés à dormir chaque nuit à la rue.
Concrètement, nos revendications :
Ce soir, nous ne demandons pas des réponses temporaires.
Nous exigeons le respect des droits fondamentaux, des moyens pour accueillir dignement, la fin du tri, de la pénurie organisée et de l'abandon.
Nous exigeons des conditions dignes de travail.
Rejoignez l'occupation. Venez soutenir les rondes de nuit, apporter du matériel, de la nourriture, des produits d'hygiène et partagez partout autour de vous cette mobilisation.
Nous sommes plus fort-es que ceux qui, depuis leurs bureaux climatisés, décident en plein été de ruiner toujours plus l'urgence sociale. Nous ne lâcherons rien.
16.07.2026 à 13:12
Le 16 juillet 1942 avait lieu la rafle du Vel' d'hiv'. Maurice Rajsfus, l'un des survivants, revient en ces termes sur cet épisode de son histoire, de notre histoire : « il faut que cette mémoire soit constructive, et qu'on n'oublie pas que depuis, même s'il n'y a plus Auschwitz au bout du voyage, il y a des hommes politiques, des gouvernements, des pouvoirs qui continuent à exclure, à marginaliser, à expulser. »
Le 16 juillet 1942 avait lieu la rafle du Vel' d'hiv'. Maurice Rajsfus, l'un des survivants, revient en ces termes sur cet épisode de son histoire, de notre histoire : « il faut que cette mémoire soit constructive, et qu'on n'oublie pas que depuis, même s'il n'y a plus Auschwitz au bout du voyage, il y a des hommes politiques, des gouvernements, des pouvoirs qui continuent à exclure, à marginaliser, à expulser. »
Des documents accablants montrent la collaboration active des forces de sécurité française. Programmée par les nazis, cette rafle organisée avec la complicité du gouvernement de Vichy est la plus grande rafle de juifs organisée sur le territoire français durant la guerre, mais n'est d'ailleurs pas la première : en 1941, trois rafles ont déjà eu lieu, essentiellement à Paris. En application de la loi du 4 octobre 1940, la préfecture de police met à disposition de l'occupant nazi son fichier juif : ce sont ainsi 4232 arrestations qui ont lieu du 20 ou 23 août 1941, les juifs arrêtés se retrouvant au camp de Drancy, qui vient juste d'être inauguré.
Le site de la horde propose de revoir une courte vidéo réalisée par TV5, où Maurice Rajsfus revient sur la difficulté à parler de cet événement. Arrêté avec ses parents lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver alors qu'il n'a que 14 ans, il est l'un des survivants de cette tragédie, à la suite d'un ordre excluant les juifs de 14 à 16 ans de la rafle. Militant communiste après la guerre, puis membre du groupe Socialisme ou Barbarie, il cofonde en 1994 l'Observatoire des libertés publiques, qui recense les crimes sécuritaires commis par la police française, jusqu'en avril 2014.
16.07.2026 à 13:12
Bref retour sur les émeutes des banlieues de 1990-91
Bref retour sur les émeutes des banlieues de 1990-91
Cinq nuits d'émeutes à Vaulx-en-Velin ont fait voler en éclats ces 10 dernières années de pacification sociale menée par la maison de commerce Mitterrand, Marchais & Co. La palme d'or en revient au trèèès distinguééé boutiquier Pierre Joxe qui nous déclara sans rire et sous le serment de la bonne foi que : « le renforcement de la police, c'est ce que j'ai fait de plus utile depuis que je suis au gouvernement ».
La fête a duré du 6 au 10 octobre 1990, d'abord pour venger Thomas Claudio, « pare-choqué » par des flics, ensuite pour se venger soi-même et se servir sans servir. Des centaines d'émeutiers et des milliers de « mains innocentes » se sont offerts les plus fabuleuses soldes de leur vie, écrasant mieux que Mammouth les prix de la marchandise. Le Centre Commercial et l'Intermarché sont intégralement pillés puis incendiés. Des groupes organisés affrontent sans relâche les CRS, qui sous la pression ne doivent, à certains moments, leur salut qu'à la fuite ou à l'intervention des pacificateurs et autres pompiers sociaux. Des voitures sont brûlées, d'autres tourbillonnent dans d'infernaux rodéos nocturnes. Ainsi donc, Vaulx-en-Velin, à la pointe de la réhabilitation sociale et citée comme exemple, n'a pas résisté au replâtrage et à la rénovation des empêcheurs de révolutionner en rond.
Et pourtant, tous les spécialistes du maintien de l'ordre bourgeois croyaient avoir accompli leur basse et méprisable besogne : des flics de tous poils quadrillant notre espace militarisé jusqu'au racket puant d'Harlem Désirant-la-paix-sociale qui n'ose plus montrer sa trogne de vautour dans nos ZUP de peur de se faire lyncher. Tout avait été prévu.
Mais, rien n'y fait !
Notre haine générée par ce système de merde est plus forte que tout. Partout, la bourgeoisie nous enferme dans son univers concentrationnaire. Des clapiers déshumanisés des banlieues où s'entasse le trop plein de bras inutiles, jusqu'aux hideux bagnes industriels où des millions de citoyens décervelés perdent leur vie à la gagner, ce système de mort nous condamne à végéter dans une misère sociale toujours plus pesante, toujours plus IN-humaine.
Enfermés comme des fauves dans nos murs de béton armé jusqu'aux dents, suintant l'ennui et la névrose. Rivés devant nos téléviseurs, étalant leur bêtise à la Sabatier, laveurs de cerveaux et anesthésieurs de nos révoltes. Spectateurs d'une vie irréelle, alors que notre propre existence n'a jamais cessé de nous échapper. Encadrés par une chiée d'éducateurs, de sociologues, de psychologues, d'assistants sociaux, d'urbanistes, d'architectes, de géomètres qui ont le trouillomètre à zéro devant nos accès de rage et notre refus viscéral de leur monde en carton-pâte. Cette vie est devenue IMPOSSIBLE !
Aux 4 points cardinaux de l'enfer capitaliste, la rage destructrice se répand comme une traînée de poudre. De Vaulx-en-Velin à la Réunion, d'Argenteuil à Sartrouville et aux manifs soi-disant lycéennes — raisonnables et responsables — qui dégénèrent en bastons si pas en pillages joyeux où tout le monde se sert allègrement, les enfants de la colère descendent de leurs banlieues pourries et menacent d'embraser Babylone, rayonnante d'éclats de lumières artificielles et regorgeant de ses marchandises putrides et faisandées.
Dans les semaines et les mois qui suivent l'explosion de Vaulx-en-Velin, on remet ça encore et toujours plus fort. Les lascars sortent de leurs trous à rats et de leurs caves pour déterrer la hache de guerre, pour reprendre les armes des jeunes Apaches du début du siècle, ces banlieusards relégués dans des dépotoirs aux portes de Paname-l'enfer. Quand le vin est tiré, il faut le boire. Et à force de bousiller cette société qui nous détruit, nous finirons ivres de joie. L'incendie social s'annonce gigantesque. Tous les spécialistes du maintien de l'ordre social en prennent pour leur grade. À l'initiative des lascars de Vaulx-en-Velin et des jeunes Apaches, un nouveau dialogue est inauguré avec les représentants du spectacle médiatique, qui à coups de photos et de vidéos balancent aux flics nos frères de luttes les plus acharnés : le cassage de gueule et de matériel de tout ce que la racaille journalistique dépêche sur le terrain. L'ennemi est repéré : le journaliste n'a jamais été l'écho de nos combats, le porte-voix de nos revendications que cette société ne pourra jamais satisfaire, puisqu'il s'agit de passer sur le corps en décomposition de ce vieux monde dont les journaleux sont parmi les plus ardents défenseurs. Leur liberté d'expression et de désinformation se résume à travestir nos besoins fondamentalement humains pour les encadrer dans une contestation négociable, digne et responsable, pour les résumer à un simple cri désespéré dans le désert de cette non-vie planifiée.
Nos révoltes, nos haines, nos luttes ne peuvent être réduites à ce pillage médiatique, à ce cloisonnement du spectacle de 20 Heure. Fais gaffe à toi, journaleux de mes deux, ton rôle de flic est mis à jour, tes jours sont comptés, comme cette société que tu sers ! La chasse aux flics déguisés en journalistes, en photographes, en caméramen est ouverte, à chacun son trophée de guerre. Partout où tu te permets de fouiner, tu risques ta peau. Partout dans nos ghettos de mort ou dans nos luttes, tes collègues se font proprement tabassés et faucher leur matos. Ça s'appelle les risques du métier, et ton boulot méprisable en comportera de plus en plus, sois-en sûr.
Une simple étincelle suffit à embraser les citadelles du luxe. Les tambours de notre guerre que nos maîtres croyaient à tout jamais enfouis sous la chape de plomb de leur paix sociale se mettent à nouveau à raisonner. Leurs échos s'amplifient au loin annonçant la tempête salvatrice. Tous les ingrédients, tous les matériaux de base générés par ce système de misère sont à portée de nos mains pour que détonne aux oreilles frilleuses des bourgeois abasourdis, la gigantesque explosion sociale des miséreux qui crient vengeance, qui hurlent leur haine sanguinaire. Nos ennemis ne savent plus où donner de la matraque. La tempête semble se calmer pour quelques temps ici, et c'est l'ouragan social qui balaye tout là-bas. Le Chaudron volcanique a fait exploser la Réunion les 24, 25 et 26 février, savourant une fête mille fois plus grandiose que Vaulx-en-Velin n'a pu en vivre. Des centres commerciaux, des super-hyper-marchés sont pillés puis incendiés dans cette banlieue pourrie où le luxe et la richesse côtoient des masses de « chômeurs et de déclassés », euphémisme socio-bourgeois pour dire les prolétaires. Des banques et des commissariats sont saccagés, des voitures et des barricades sont enflammées. A la Réunion, comme n'importe où, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Des jeunes prolos sont entassés dans des cloaques-ghettos, des dépotoirs de bout du monde, suspendus à quelques minables allocs de chômage et autre RMI de survie (une des grandes victoires socialistes !).
Agitez ce mélange explosif et rien d'étonnant (détonnant !) que le tout vous saute en pleine gueule. Car bien sûr, et Rocard le sinistre premier de classe l'a bien compris, la Réunion constitue un « problème social grave », d'autant plus qu'elle n'est pour les bourgeois pas assez rentable. Il n'est pas question de nous laisser embobiner par les conneries sur le « peuple créole » débitées par « le salaud lumineux » Vergès et sa maffia familiale. Ni d'ailleurs par le sous-spectacle de Télé Free-Dom dont le dirlo appelle au calme pendant les pillages et tente de canaliser les émeutiers avec son service d'ordre. Les bourgeois se reconnaissent partout dans ce monde, par leur manie de nous exploiter ou de nous laisser crever à petit feu dans la pire des misères. Notre problème, c'est notre survie dans cette jungle de richesse et nos moyens pour nous en sortir collectivement quand le pouvoir désire que chacun d'entre nous tire la couverture à soi de manière individuelle. Ne vous étonnez donc pas, Messieurs les bourgeois, que nous n'en ayons rien à foutre de vos stages de formation, d'insertion et d'intégration sociale. De vos TIC, de vos TUC, de vos TOC, toute cette camelote de bazar destinée à nous faire prendre la tangente et à étouffer nos révoltes contre votre économie marchande, contre le marchandage de nos vies. Votre économie, c'est notre mort. Sa destruction, c'est notre vie. Il est clair que nous assumons complètement par le pillage massif et collectif la « destruction de l'outil de travail et la détérioration du tissu économique » (dixit la CFDT/Réunion). Aucune solidarité ne peut exister entre nous, les éternels dindons de leurs magouilles, et ces messieurs de la haute. Encore une fois, l'addition sera très lourde, les 3 jours d'émeutes qui ont fait pour plus de 350 millions de francs de dégâts à la Réunion, c'est de la peccadille par rapport à ce qui est encore à venir !
Le 17 mars, Rocard vient prendre le pouls de ce foyer de tensions et de troubles. Il ne peut que constater ce que n'importe quel gestionnaire du capital ferait à sa place : « si l'économie mondiale ralentit sa croissance, qu'est-ce que j'y peux ? » « Tout n'est pas forcément plus beau en métropole ». « Le problème du sous-développement se rencontre aussi dans les Yvelines, dans la ZUP du Val-Fouré à Mantes-la-Jolie ». « La Réunion ressemble fort à un phénomène de banlieue » (sic !). Alors que sa visite se veut un signe d'apaisement et de retour au calme, c'est tout le contraire qui se passe. Les émeutes et les pillages reprennent de plus belle. Rocard est obligé de cavaler à toute vitesse et sous la haute surveillance de centaines de CRS et de véhicules blindés. Le Chaudron se réveille et explose toutes les nuits pendant plus d'une semaine de véritable guérilla sociale. Centres des impôts incendiés et déclarations de revenus brûlées, brigades de gendarmerie attaquées, voitures carbonisées, armurerie dévalisée. Plusieurs fusillades éclatent en divers endroits de l'île, des flics sont blessés par balles dans des embuscades. Les émeutes finissent par s'essouffler, bien que nos frères soient de plus en plus déterminés à en découdre. D'abord, par manque de combustible : il ne reste plus beaucoup de commerces à piller. Ensuite par la force de la répression qui s'accélère au fil des jours. Les CRS et les paras interviennent avec leurs blindés et lâchent leurs grenades offensives. Quant à leur justice, elle applique au mieux les sanctions pour que règne l'ordre et la sécurité des bonnes affaires.
Les affrontements durant cette dizaine de jours seront d'une telle ampleur, que même la bonne sœur des pauvres, Danielle Mitterrand, viendra égrener son chapelet d'appel au dialogue et de leçon de pacification puante.
La guerre sociale reste toujours notre mot d'ordre, là comme partout ailleurs. Il y a en France, 400 points sensibles, 400 raisons pour que les bourgeois ne dorment plus la nuit en tremblant de peur.
À Sartrouville, le meurtre d'un jeune par un vigile d'Euromarché enflamme la ZUP qui se fait aussi son Vaulx-en-Velin. À Mantes-la-Jolie, des lycéens font grève et foutent le feu à leur collège. À Vaulx-en-Velin, la terreur continue de régner pour les forces de l'ordre mercantile. Toutes les nuits, des voitures sont incendiées, et les rodéos se terminent souvent par des percutages de cages à poulets. Ce ne sont pas leur ministre de la ville, cet honorable poubelle publique Mr. Delebarre, leur Banlieues 89 et leurs gauchistes à la Roland Castro, pas même leur Bernard Tapie, leur Forum des Citoyens, leur Développement Social des Quartiers (DSQ), leurs plans d'aménagement foireux qui élimineront définitivement les contradictions existantes entre leurs intérêts et les nôtres. Les fissures apparaissent de plus en plus nombreuses dans le fragile équilibre du consensus social tant nécessaire au sous-spectacle démocratique. Demain, ce seront des crevasses avant de devenir des gouffres. Leur société est malade, qu'elle crève ! Non, décidément, RIEN ne va plus pour eux. « La question sociale » réémerge enfin tous avec toujours plus de fureur et de véhémence. Tous leurs architectes, tous leurs urbanistes, tous les ravaleurs de façades de leur vieux monde en déglingue peuvent toujours repeindre en vert la grisaille de nos ghettos douloureux et planter quelques arbres plastifiés, quelques murs d'escalade en guise d'ersatz de vie, c'est le vert-de-gris de l'encasernement qui domine notre non-existence quotidienne que nous éclabousserons du rouge vif du sang des bourgeois !
Extrait de « Le Musicien Exécute le Requiem au 38 Spécial », N°24, 1 juin 1991.
16.07.2026 à 08:00
Arpentons propose un atelier d'arpentage autour de l'ouvrage Habiter une ville touristique du Collectif Droit à la ville Douarnenez, le samedi 18 juillet de 14h30 à 17h à la Ressourcerie de Belleville (46 rue des Rigoles, 75020).
Arpentons propose un atelier d'arpentage autour de l'ouvrage Habiter une ville touristique du Collectif Droit à la ville Douarnenez, le samedi 18 juillet de 14h30 à 17h à la Ressourcerie de Belleville (46 rue des Rigoles, 75020).
L'arpentage est une technique d'éducation populaire issue du milieu ouvrier. Il s'agit d'une méthode de lecture collective d'un ouvrage par un petit groupe. Comment ça marche concrètement ?
Au début de l'atelier, l'ouvrage est découpé en autant de parties qu'il y a de participant.es. Chacun·e lit son extrait de son côté pendant un temps déterminé, pas trop long car le but est surtout d'échanger par la suite. Ensuite, on fait une mise en commun où chacun.e restitue ce qu'iel a compris de son passage et peut partager ce qu'il en a pensé, ses ressentis et ses expériences vécues en lien avec l'extrait. Enfin, on discute de manière libre de l'ouvrage.
Il n'est pas nécessaire d'acheter le livre, ni de l'avoir lu avant. Les ateliers sont ouverts à toustes même si tu n'es pas un grand.e lecteur.ice, et sont à prix libre.
Les places sont limitées (8 personnes max). Inscription à l'avance par mail : arpentons@gmail.com ou via message privé sur instagram : https://www.instagram.com/arpentons/
Les ateliers Arpentons sont animés par Léon Lamotte, formé à l'arpentage par l'association Ressources Alternatives.
Pour cet atelier : « Habiter une ville touristique » du collectif Droit à la ville Douarnenez s'attache à décrire les mécanismes de touristification des villes côtières. Cet essai montre comment le tourisme met au ban une partie importante et précarisée des populations locales. À partir de l'exemple de la ville de Douarnenez, le collectif a mené une riche enquête dont ce livre restitue les principaux éléments.
Aux éditions du commun.
📍Samedi 18 juillet de 14h30 à 17h à la Ressourcerie de Belleville (46 rue des Rigoles, 75020)

15.07.2026 à 18:00
Projection du film la Renaissance puis discussion avec le réalisateur Nader S. Ayache. Entrée prix libre. Tous les fonds seront versés à la cagnotte pour la bourse de Nidal.
Projection du film la Renaissance puis discussion avec le réalisateur Nader S. Ayache. Entrée prix libre. Tous les fonds seront versés à la cagnotte pour la bourse de Nidal.
Nidal est étudiant à Gaza. La poursuite de ses études lui est impossible depuis l'offensive génocidaire d'Israël qui est accompagnée du ciblage systématiques des universités et des chercheur.euses gazaouis. Il souhaite rejoindre la France pour étudier à Paris 8 où il a été admis en Master. Pour cela, il a besoin d'une bourse afin de pouvoir être évacué. Le Comité Palestine de Paris 8 appelle à la solidarité pour permettre à Nidal d'être évacué et de pouvoir poursuivre ses études.
Cependant, l'évacuation n'est pas uniquement conditionnée à une bourse, car jusqu'à récemment, la France avait fait le choix explicite de ne plus évacuer de palestinien.nes. De plus, quand elle le faisait encore, c'était dans des proportions moindres que la plupart des autres états européens qui ont évacué plusieurs centaines de personnes, y compris l'Italie de Meloni.
Dans ce contexte, l'évacuation de Nidal est incertaine.
Tout l'argent récolté sera engagé pour la bourse de Nidal en attendant sa venue en France, en partenariat avec l'AAIEE, qui recevra les dons puis les versera sous forme de bourse. Les dons sont déductibles à 66 % de vos impôts si vous en payez, par exemple, un don de 100€ ne vous coûtera en réalité que 34€.
Enfin, même si nous faisons aujourd'hui appelle à votre solidarité, nous rappelons que l'évacuation est une solution individuelle face au génocide perpétré par Israël.
Palestine libre !!
📍 au Baranoux, 78 rue Compans (Paris)
📆 le 17 juillet, entrée 18h30
Au programme : Film, musique et boissons ✨️
Tout les fonds seront versés à la cagnotte de Nidal.
Call for support : Fundraiser for Nidal, a Palestinian student accepted in Paris 8 university
Nidal is a student from Gaza. He cannot continue to study due to Israel genocidal attacks and continuous targeting of Gaza universities and researchers. He wants to come to France at Paris 8 University where he was accepted in a Master's degree. For that, he needs a scholarship to be evacuated. The Paris 8 Palestine Committee calls for support to evacuate Nidal so that he can continue his studies.
However, the scholarship is not the only condition for his evacuation. For the past year, France has made the explicit choice to not evacuate Palestinian student. Moreover, when it did, it was less than other European states who evacuated hundreds of people, even Meloni's Italy.
In this context, Nidal's evacuation in uncertain. All the money raised will be used for Nidal's scholarship while waiting for his arrival in France thanks to the AAIEE, the association we are paired with to receive donations. In France, these are 66% deductible from your taxes if you pay them, for instance, a donation of €100 will actually only cost you €34.
Finally, even if we call for your solidarity, we recall that evacuation is an individual response to the genocide commited by Israel.
Free Palestine !!
15.07.2026 à 14:51
Paris, abandonnez le projet Thermo-sur-Seine, une injustice territoriale pour les habitants du Val-de-Marne !
Le jeudi 16 juillet, venez manifester devant l'Hôtel de ville de Paris à 12h45.
Paris, abandonnez le projet Thermo-sur-Seine, une injustice territoriale pour les habitants du Val-de-Marne !
Le jeudi 16 juillet, venez manifester devant l'Hôtel de ville de Paris à 12h45.

Le nouveau Conseil de Paris doit prendre la décision d'abandonner le projet absurde et injuste Thermo/Seine voté par l'ancienne mandature et visant à construire une usine polluante en banlieue afin d'améliorer la qualité de l'air à Paris.
Ce contrat à 15 milliards d'euros s'est conclu sans débat démocratique. Aucune consultation n'a eu lieu avec les populations de banlieue alors que 90% des installations qui produisent de la chaleur pour Paris y sont installées. Cela explique que le Conseil départemental du Val-de-Marne ainsi que les Conseils municipaux de Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Alfortville, Choisy-le-Roi et Ris-Orangis aient voté des délibérations ou des vœux contre le projet.
Nous ne sommes plus au XXe siècle. La banlieue ne doit plus, à ses dépens et en dépit de la densité, accueillir des industries polluantes, sur décision de la capitale. Le projet Thermo/Seine destiné à chauffer Paris relève du solutionnisme guidé par les lobbies alors que l'étude des besoins aurait conduit à moderniser, isoler plutôt qu'à une fuite en avant de produire davantage d'énergie.
Ce jeudi 16 juillet, le Conseil de Paris débat de la première étape du projet Thermo-sur-Seine : l'acquisition d'un terrain appartenant à EDF et situé à Vitry-sur-Seine, Les Ardoines, afin de devenir propriétaire des parcelles et pouvoir y installer à terme l'usine Thermo/Seine.
A cette occasion, le Groupe Nouveau Paris Populaire (Verts Populaires et LFI) dépose 2 vœux :
Notre collectif inter-associations, luttant contre le projet Thermo/Seine, appelle tous les élu.e.s du Conseil de Paris à se prononcer en faveur de ces 2 vœux. Nous appelons à la forte mobilisation de la population du Val-de-Marne mais aussi de la population parisienne qui ne peut accepter que les politiques municipales en faveur de la transition écologique à Paris aggravent la situation climatique extra-muros.
Acteurs associatifs, simples citoyen.n.e.s luttant pour la justice environnementale, l'urgence climatique et les projets inutiles et imposés, rejoignez-nous !
15.07.2026 à 13:12
Dans le Paris de la Belle Époque, une tentative d'arrachage de drapeau antimilitariste dans un bar fréquenté se solde par un rossage en règle du commissaire présomptueux.
Dans le Paris de la Belle Époque, une tentative d'arrachage de drapeau antimilitariste dans un bar fréquenté se solde par un rossage en règle du commissaire présomptueux.
Le 15 juillet 1908, 33, rue Guersant dans le 17e arrondissement de Paris, une bagarre éclate dans un restaurant coopératif lors de la venue d'un commissaire de police.
Il est accompagné d'un secrétaire, d'un inspecteur et de deux agents du service anthropométrique et tente d'arracher un drapeau affiché sur la vitrine de l'établissement sur lequel sont écrits des slogans antimilitaristes dont « À Bas la Patrie ! »
Le commissaire, pris à partie par les consommateurs du restaurant, finira pas s'emparer de l'objet du délit, mais sortira de l'aventure couvert d'ecchymoses et les vêtements en lambeaux.
Pas de chance pour lui !
Ce n'est que plus tard que le chauffeur anarchiste Maurice Girard qui n'était pas sur les lieux, mais qui avait garé sa voiture immatriculée 279 U-3 devant le restaurant fut arrêté.
Et pour cause : son frère Alexandre Girard, à qui il avait prêté la voiture, déjeunait ce jour-là au restaurant coopératif.
Un autre camarade, Albert Jacquard, fut arrêté.
Ils seront défendus par René de Marmande, Anatole France, la Ligue des droits de l'homme, et le « Comité de défense sociale » (CDS).
Ils furent condamnés par défaut, le 19 août, à deux ans de prison pour coups et blessures à un commissaire.
Le 21 octobre, en appel, la peine fut ramenée à trois mois.
Le 20 janvier 1909, le CDS organise, avec le concours du syndicat des cochers et chauffeurs, la toute première manifestation en automobile que la France ait connue. Vingt-cinq automobiles défilent du quai des Tuileries à la place de la République en passant par la Concorde, la Madeleine et l'Opéra.
Les manifestants exhibaient des pancartes « Affaire Girard-Jacquart — une infamie judiciaire — Deux innocents condamnés » et jettent des paquets de tracts à la volée.
Les deux ouvriers furent remis en liberté suite à l'audience du 3 février où les accusations mensongères de la police furent dévoilées.
Sources :
15.07.2026 à 08:00
Samedi 18 avril 2026, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Dijon contre la construction du centre de rétention administrative. C'était un moment joyeux et déter, pendant lequel on a pu voir à la fois un spectacle mettant en scène les politiques locaux (les maires de Dijon et Longvic, des « socialo » pro enfermement et expulsions des étranger.es), des pancartes ou des collages.

Certaines affiches ont fait faire ouin ouin chez une certaines gauche associative et institutionelle qui n'a pas hésité à voler au secours des patron.nes constructeurs de prison (aller lire leur pépite ici : https://www.ici.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or-21/dijon/indignation-et-tristesse-apres-les-affiches-collees-a-dijon-en-marge-de-la-manifestation-anti-cra-ce-samedi-2674624 , / !\ TW larmes de soc'dem).
Pour rappel, l'ouverture d'un CRA de 140 places est prévue pour 2027, à côté de l'aéroport, sur la commune de Longvic. Ce projet dégueulasse va bien dans le climat de fascisation ambiante. Il y a quelques années, Darmanin avait annoncé la construction de 8 nouveaux CRA d'ici 2027. Le but est clair : toujours plus de criminalisation et d'enfermement pour celles et ceux qui n'ont pas ou plus les bon papiers pour vivre en france.
Pendant le weeekend, des banderoles et des tags ont fleuris un peu partout dans Dijon pour visibiliser la construction du CRA.
Le chantier doit commencer en 2026 et c'est C3B (Vinci) qui a remporté une bonne partie de l'appel d'offre.
Mais les énormes boites nationales n'ont pas le monopole : 3 boites locales profitent aussi de l'enfermement des étrangers pour se faire de la thune : la boîte de BTP Pennequin, les cabinet TAUW et DGET.
Pendant le weekend, il semblerait que certains d'entre eux aient eut leur façade repeintes… Oups…. On les laisse prendre contact avec Paul Garrigues, porte parole de la LDH, pour essuyer leurs larmes.
Parce que oui, même si comme le dit Francis Pennequin, ces sales boîtes n'ont « commis aucune faute » et on « juste répondu à un appel d'offre » elle n'ont aussi apparemment aucun semblant de moral ou d'éthique.
Dire qu'on est contre les CRA c'est bien, mais ça suffit pas. Il faut attaquer partout et tout le temps les acteurs qui les produisent, et y font leur business.
Allez, on vous laisser avec les affiches en question et des adresses utiles pour s'opposer en acte à la fascisation ambiante, à l'enfermement et aux frontières.
Bisou !
*******************
* A26 : l'architecte —> à PARIS !
165 B RUE DE VAUGIRARD 75015 PARIS
*C 3 B
6 RUE DU ROMPOT , 21121 FONTAINE-LES-DIJON

* DGET
39 AVENUE DU 14 JUILLET , 21300 CHENOVE

* TAUW France
7 RUE DU GOLF 21800 QUETIGNY
— > adresse en IDF :
19 RUE MARTEL 75010 PARIS
174 AVENUE DE LATTRE DE TASSIGNY 94120 FONTENAY-SOUS-BOIS

* PENNEQUIN
601 RUE DE LA PIECE LEGER 21160 MARSANNAY-LA-COTE

Samedi 18 avril 2026, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Dijon contre la construction du centre de rétention administrative. C'était un moment joyeux et déter, pendant lequel on a pu voir à la fois un spectacle mettant en scène les politiques locaux (les maires de Dijon et Longvic, des « socialo » pro enfermement et expulsions des étranger.es), des pancartes ou des collages.

Certaines affiches ont fait faire ouin ouin chez une certaines gauche associative et institutionelle qui n'a pas hésité à voler au secours des patron.nes constructeurs de prison (aller lire leur pépite ici : https://www.ici.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or-21/dijon/indignation-et-tristesse-apres-les-affiches-collees-a-dijon-en-marge-de-la-manifestation-anti-cra-ce-samedi-2674624 , / !\ TW larmes de soc'dem).
Pour rappel, l'ouverture d'un CRA de 140 places est prévue pour 2027, à côté de l'aéroport, sur la commune de Longvic. Ce projet dégueulasse va bien dans le climat de fascisation ambiante. Il y a quelques années, Darmanin avait annoncé la construction de 8 nouveaux CRA d'ici 2027. Le but est clair : toujours plus de criminalisation et d'enfermement pour celles et ceux qui n'ont pas ou plus les bon papiers pour vivre en france.
Pendant le weeekend, des banderoles et des tags ont fleuris un peu partout dans Dijon pour visibiliser la construction du CRA.
Le chantier doit commencer en 2026 et c'est C3B (Vinci) qui a remporté une bonne partie de l'appel d'offre.
Mais les énormes boites nationales n'ont pas le monopole : 3 boites locales profitent aussi de l'enfermement des étrangers pour se faire de la thune : la boîte de BTP Pennequin, les cabinet TAUW et DGET.
Pendant le weekend, il semblerait que certains d'entre eux aient eut leur façade repeintes… Oups…. On les laisse prendre contact avec Paul Garrigues, porte parole de la LDH, pour essuyer leurs larmes.
Parce que oui, même si comme le dit Francis Pennequin, ces sales boîtes n'ont « commis aucune faute » et on « juste répondu à un appel d'offre » elle n'ont aussi apparemment aucun semblant de moral ou d'éthique.
Dire qu'on est contre les CRA c'est bien, mais ça suffit pas. Il faut attaquer partout et tout le temps les acteurs qui les produisent, et y font leur business.
Allez, on vous laisser avec les affiches en question et des adresses utiles pour s'opposer en acte à la fascisation ambiante, à l'enfermement et aux frontières.
Bisou !
*******************
* A26 : l'architecte —> à PARIS !
165 B RUE DE VAUGIRARD 75015 PARIS
*C 3 B
6 RUE DU ROMPOT , 21121 FONTAINE-LES-DIJON

* DGET
39 AVENUE DU 14 JUILLET , 21300 CHENOVE

* TAUW France
7 RUE DU GOLF 21800 QUETIGNY
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19 RUE MARTEL 75010 PARIS
174 AVENUE DE LATTRE DE TASSIGNY 94120 FONTENAY-SOUS-BOIS

* PENNEQUIN
601 RUE DE LA PIECE LEGER 21160 MARSANNAY-LA-COTE

15.07.2026 à 08:00
Duel drôle et engagé contre l'hégémonie culturelle du cacapipitalisme. Dimanche 9 août de 16h30 à 18h00 à Montreuil dans les Murs à Pêches.
Duel drôle et engagé contre l'hégémonie culturelle du cacapipitalisme. Dimanche 9 août de 16h30 à 18h00 à Montreuil dans les Murs à Pêches.
Prenez un utopiste, mettez-lui le nez dans le dérèglement climatique, puis trempez-le dans Extinction Rébellion, les Zapatistes, les gilets jaunes. Vous obtenez un ours bipolaire en colère capable de refaire le monde dans la joie et la bonne humeur avec Raymond Aubrac, Antonio Gramsci et... Coluche (notamment)
La situation est grave mais on n'a pas besoin de l'être, car ça n'arrange rien ! Alors éteignez la télé et laissez Bisounours vous réveiller pour vous faire rêver d'un nouveau monde. C'est le one-man-show pour la vie contre l'argent.

14.07.2026 à 13:12
En cette période de montée des idéologies de crise agressives (néo-nationalisme, islamisme, racisme, virilisme) et de manipulation capitaliste (publicité, consommation, électoralisme) des frustrations découlant de ce même capitalisme, une relecture actualisée (et critique) de La psychologie de masse du fascisme de Reich nous permet de comprendre ces phénomènes en échappant d'une part à un réductionnisme économiciste incapable de penser « la part subjective de l'histoire » et d'autre part à une psychologie individualisante, biologisante et conservatrice incapable de critique sociale, mais aussi de penser une libération révolutionnaire des frustrations capitalistes – avec le chercheur Pierre-Ulysse Barranque.
En cette période de montée des idéologies de crise agressives (néo-nationalisme, islamisme, racisme, virilisme) et de manipulation capitaliste (publicité, consommation, électoralisme) des frustrations découlant de ce même capitalisme, une relecture actualisée (et critique) de La psychologie de masse du fascisme de Reich nous permet de comprendre ces phénomènes en échappant d'une part à un réductionnisme économiciste incapable de penser « la part subjective de l'histoire » et d'autre part à une psychologie individualisante, biologisante et conservatrice incapable de critique sociale, mais aussi de penser une libération révolutionnaire des frustrations capitalistes – avec le chercheur Pierre-Ulysse Barranque.
Entretien avec Pierre-Ulysse Barranque, doctorant, co-directeur de In Situs. Théorie, spectacle et cinéma chez Guy Debord et Raoul Vaneigem (Grupen, 2013) et surtout auteur de « Wilhem Reich et la Révolution allemande. Penser l'entre-deux-guerres avec Marx et Freud » (Contretemps).

Avec en outre une discussion approfondie du cycle capitaliste conduisant à une souffrance perpétuelle : frustration découlant du capitalisme (aliénation, souffrance, absence d'épanouissement), besoin de « décharger » cette frustration sans s'en libérer réellement – ce qui supposerait une sortie du capitalisme –, manipulation capitaliste et/ou politique de cette frustration en offrant un déchargement porteur d'une nouvelle frustration, etc. Avec enfin une critique du capitalisme du 21e siècle comme sadisme de masse, comme déchargement des frustrations sans épanouissement (consommation, idéologies de crise, défonce), comme renouvellement infini du cycle frustration-décharge-frustration
14.07.2026 à 08:00
Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes, majoritairement européennes, depuis la Révolution Française via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..
Dans une période où la gauche social-démocrate – capitaliste, réformiste ou léniniste – reprend du galon en France face aux avancées du capital et de l'extrême-droite, on se dit qu'il est important de faire circuler au maximum l'histoire des luttes par le bas.
Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes, majoritairement européennes, depuis la Révolution Française via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..
Dans une période où la gauche social-démocrate – capitaliste, réformiste ou léniniste – reprend du galon en France face aux avancées du capital et de l'extrême-droite, on se dit qu'il est important de faire circuler au maximum l'histoire des luttes par le bas.
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À ce qui commence, ou éloge de l'excès.
On nous dit que la fin du monde serait aujourd'hui plus facile à imaginer que la fin du capitalisme. Cette formule, signée de la main d'un acteur médiatique de la scène néomarxiste, est sombre et prête à confusion. Il est aujourd'hui évident que le monde et le capitalisme risquent bien de n'avoir qu'une seule et même fin. Mais la formule traduit aussi l'état d'esprit des forces politiques défaites et déçues par l'effondrement du bloc capitaliste d'État, et pour qui l'espérance était indissociable d'un modèle étatique du bonheur social. Le slogan de Nuit debout du printemps 2016, « Une autre fin du monde est possible », est une réplique positive à la formule pessimiste de Slavoj Zizek. Elle dit que, si la route du capitalisme, jalonnée d'horreurs et de barbarie, peut nous emmener, à coup sûr, à la catastrophe finale, il nous reste toujours la liberté de penser à sa subversion et d'agir en conséquence. La fin du monde, capitaliste s'entend, ne sera pas nécessairement la fin du monde humain.
Nous n'avons pas fait un travail d'historien sur les diverses périodes révolutionnaires du mouvement socialiste, même si l'histoire est évidemment au centre de notre réflexion. Notre propos est de revisiter ces périodes, de les discuter à travers le prisme des conceptions hérétiques du socialisme. Nous l'avons fait de façon parcellaire, parfois rapide, avec un parti pris assumé. Nous sommes concerné.e.s, interpellé.e.s par les courants que les historiographies officielle et officieuse – celles qui se placent du côté de la normalité des pouvoirs en place ou en devenir – appellent les « excès des extrêmes ». Et que les chefs du socialisme orthodoxe qualifièrent très tôt de « sauvages », car ils leur échappaient. Avec ce parti pris, nous revendiquons des choix forts : pour la défense du mandat impératif des Enragés dans la Grande Révolution française, pour le combat des soviets tentant de garder le pouvoir sur la réorganisation de la production et de la société au cours des révolutions russes, pour l'expérience d'autogouvernement des conseils et les tentatives de socialiser l'économie lors de la révolution allemande de 1918-1920, pour les réalisations des collectivités anarchistes au cours de la révolution espagnole, pour les pratiques d'auto-organisation autonomes lors de la grève générale de Mai 68 et de la révolution portugaise de 1974-1975.
Un certain nombre de prémisses forment la charpente de cette conception que nous partageons, avec des nuances et des désaccords non essentiels, avec celles et ceux qui se revendiquent des courants antiautoritaires du socialisme. Les certitudes non négociables sont celles de la critique de la délégation permanente du pouvoir et du principe d'autorité qui lui est indissociablement lié, fondamentalement incompatibles avec la transformation du monde. Nous savons, en nous penchant sur l'histoire, que le processus contradictoire de subversion du capitalisme ne peut se développer que dans et par l'organisation assumée collectivement de nouvelles formes de vie, de production et de consommation par les intéressés eux-mêmes. Il ne peut trouver sa force que dans l'opposition déclarée aux séparations de l'économie, de la politique et de la société qui sont les fondements de la reproduction du vieux pouvoir.
Au-delà de ces certitudes, tout peut être discuté, questionné, et cet ouvrage se veut une contribution à cette mise à jour nécessaire.
En achevant notre parcours sur les mouvements récents et les débats qu'ils suscitent, nous tenons à rappeler qu'ils se rapprochent aussi des courants du socialisme sauvage. Car, avec leurs contradictions et limites, ces mouvements s'écartent des principes et des objectifs du socialisme des chefs, du parti qui possède le savoir de la transformation. A ce jour, ces mouvements n'ont pas été récupérés ou dénaturés par les organisations institutionnelles du passé. Ils ont tout simplement manqué de la dynamique autonome, ce qui a permis aux vieilles tendances d'étouffer les graines de rupture. Les balbutiements de l'avenir se croisent toujours avec les derniers sursauts d'un passé en déroute. Mais les questions soulevées sont incontournables et sont là pour durer. Car les nouveaux possibles avancent par tâtonnements, par des poussées qui s'épuisent et qui recommencent.
Tout compte fait, nous n'avons toujours pas surmonté l'antagonisme entre la démocratie de délégation permanente et l'exercice direct de la souveraineté. Comme l'écrivait Pierre Kropotkine à propos de la Grande Révolution, la démocratie directe doit toujours travailler à se faire jour dans les mouvements émancipateurs.
L'intention est donc de parcourir avec le lecteur de fil rouge, ou rouge et noir, de l'émancipation sociale, de l'exigence de la maîtrise de la subversion du monde par celles et ceux qui sont concernés et intéressés. Autrement dit, le chemin ardu et escarpé du socialisme sauvage, qui relie la Grande Révolution à Occupy Wall Street.
L'origine des formes d'organisation fondées sur la représentation remonte aux sociétés précapitalistes et aux États de l'Antiquité. On les retrouvera par la suite dans les cités du Moyen Âge européen où les producteurs, artisans associés en corporations, gouvernaient les affaires publiques dans des assemblées. Ce fut aussi le cas lors de la première révolution anglaise du XVIIè siècle (1648-1657), où les organisations de soldats s'appuyaient sur le principe de la représentativité. Toutefois, « la démocratie n'y apparaissait pas sous la forme de l'expression d'une conception théorique sur l'égalité des droits de tous les hommes » et l'organisation politique était dominée par des minorités qui possédaient le pouvoir économique, les exploités étant exclus du processus de représentation.
Corriger la démocratie Pure
Lors de la Révolution française de 1789, la bourgeoisie opposa l'idée de souveraineté populaire, l'égalité formelle des citoyens, à la souveraineté de droit divin de la monarchie – idée qui constitua par la suite le socle des théories politiques sur le pouvoir représentatif. Le mouvement même de la Révolution, le besoin de la bourgeoisie montante de s'unir avec les forces des exploités pour supprimer les obstacles féodaux qui empêchaient le développement du capitalisme, avait pour conséquence immédiate de questionner la difficulté de l'exercice de cette souveraineté. « Si elle [la bourgeoisie moderne] avait besoin de proclamer contre l'absolutisme que tout pouvoir émane du peuple, elle ne pouvait admettre que le peuple prétendit l'exercer. Il fallait donc trouver un correctif . » Plus concrètement, les bourgeois, dont la force en tant que classe était encore faible, « craignaient que les classes inférieures, qu'ils écrasaient sous la concurrence et l'exploitation, puissent finir par contrôler la législation ». Ce correctif trouva sa forme accomplie dans le système représentatif parlementaire. La délégation permanente permit de garder l'idée de souveraineté populaire tout en revalorisant la vieille institution parlementaire, héritée de la fin de la féodalité. « Tout pouvoir émanait du peuple ; mais, en pratique, on lui déniait le droit de l'exercer lui-même : il avait seulement la permission de le ‘'déléguer'' ». C'est ainsi qu'on crut résoudre « un des grands inconvénients de la démocratie » dont parlait Montesquieu, voix de la noblesse libérale : l'« incapacité » du peuple à exercer sa propre souveraineté telle qu'elle était revendiquée par la Révolution. Les formes pratiques de cette correction par la délégation permanente furent l'enjeu d'une lutte longue et contradictoire. Limité au départ par le revenu, la place sociale ou le sexe des membres du peuple, l'exercice du vote ne fut que progressivement élargi à la majorité des membres des classes pauvres et, plus tard, aux femmes. Ainsi, la lutte pour le suffrage universel resta fortement attachée à l'esprit et à l'action politique des exploités. Puis, avec la montée des luttes de classe et le développement du capitalisme, le suffrage universel pour la délégation permanente et le système représentatif s'avérèrent finalement indispensables à la consolidation du consensus social, légitimant le pouvoir politique de la bourgeoisie. « Loin d'être un danger ou une source de faiblesse pour le capitalisme, il est clair [...] que la démocratie est une de ses forces . »
Certains penseurs, tels Rousseau, commencèrent par reconnaître que la délégation de la souveraineté constituait la négation même de la souveraineté : « La volonté générale ne se représente pas. » Ayant recours à l'idée de « nature humaine », ils en vinrent ensuite à conclure que la vraie démocratie n'existerait jamais, car les hommes sont imparfaits. Robespierre ne s'en éloignait pas trop lorsqu'il écrivait : « La démocratie est un état où le peuple souverain [...] fait par lui-même tout ce qu'il peut bien faire, et par des délégués tout ce qu'il ne peut pas faire lui-même . » Les Jacobins, tendance politique extrême de la nouvelle classe dirigeante, basculèrent ainsi clairement vers une opposition à l'exercice direct de la démocratie par le peuple, que Robespierre appelait « la démocratie pure ». Ils cherchèrent à corriger l'imperfectibilité du système représentatif de type parlementaire par la voie juridique, établissant des garanties et des règles destinées à prévenir les excès et l'arbitraire des représentants élus. Un des postulats de la doctrine de Robespierre était, justement, que celui à qui l'on délègue la souveraineté serait toujours tenté de se montrer infidèle et manquerait d'intégrité. L'exercice du pouvoir comportait donc des dangers : « le mandataire est a priori enclin à l'infidélité parce que l'exercice de tout mandat comporte une part d'avantages personnels (d'orgueil, de fortune ou d'ambition), dont l'acquisition ou le maintien détériore à la longue l'intégrité première des mieux intentionnés . » Ainsi, non seulement le peuple souverain était incapable d'exercer son pouvoir, mais il avait aussi besoin d'être protégé des infidélités de ceux qui le représentaient par le recours à des contrôleurs indépendants sans mandat électif qui seraient en mesure d'assurer les droits du peuple et de le protéger des déficiences de ses mandataires. L'idée n'était pas nouvelle. Dans d'autres circonstances historiques et sociales, la démocratie grecque de l'Antiquité s'en était préoccupée, plaçant ses « experts » hors du champ politique et ayant recours aux esclaves. Le souci était de séparer le pouvoir de décision (des hommes libres) du pouvoir d'exécution (des esclaves) .
Pour les Jacobins de la Grande Révolution, il s'agissait donc de protéger la sphère publique des défauts et abus du système de délégation permanente du pouvoir donc ils reconnaissaient les imperfections qui lui étaient inhérentes. Au point que – paradoxe ou aveu – ils en venaient à proposer la protection du peuple par des « contrôleurs » non élus, non soumis au principe démocratique de délégation du pouvoir. Seule façon selon eux de trouver un contrepoids à la dépossession de la souveraineté produite par le système représentatif lui-même. Reconnaître le principe démocratique de l'égalité formelle dévoilait ainsi inévitablement l'inégalité sociale qui est son fondement. Ainsi, conscients du danger qui entraînait l'expropriation de l'exercice de la souveraineté par le peuple insurgé, les Jacobins se déclaraient aussitôt prêts à accepter, dans certaines limites, l'action populaire comme moyen de pression sur le système représentatif. Une sorte d'exception souveraine. On peut voir, dans cet arrangement, une illustration de l'idée de Pierre Kropotkine, qui présentait les Jacobins comme un courant fondamentalement opportuniste, spécificité qu'il mettait sur le compte de sa composition sociale. « Loin de gouverner la Révolution, le club des Jacobins n'a fait que la suivre. [...] L'esprit du club changeant avec chaque nouvelle crise . » Soucieux de placer l'action populaire au centre de son étude de la Grande Révolution, Kropotkine considérait par ailleurs que l'historiographie de l'après-Révolution crut voir chez les Jacobins une capacité d'initiative exagérée qui ne correspondait pas au rôle que le courant avait joué dans la société .
En effet, l'action du peuple pour accéder pleinement à l'exercice de sa propre souveraineté rythma le cours de la Révolution, forçant les deux courants majoritaires et opposés, Montagnards et Girondins, à se repositionner constamment durant les événements. Cette action, qui s'affirma surtout lors des violences contre les résistances de l'Ancien Régime, en 1792 et 1793, fut menée par les sections révolutionnaires et les clubs qui, du coup, prenaient leurs distances avec la Convention, assemblée représentative élue à deux niveaux. Organes de la vie publique, se fédérant entre elles et menant des actions communes qui étaient parfois illégales au regard de l'Assemblée, les sections de Paris exprimaient un esprit d'organisation spontanée. La population parisienne était parvenue à constituer, à côté de l'Assemblée nationale, « un pouvoir réel qui donna corps aux tendances révolutionnaires ». Ce pouvoir fut la Commune révolutionnaire de Paris, née après le 8 août 1792, et qu'il ne faut pas confondre avec la commune, organe d'administration locale qui existait depuis 1789. Ce fut pourtant dans le cadre des districts (devenus par la suite les sections) de la première commune que, dès juillet 1789, le débat prit de l'ampleur sur la question du « mandat impératif », qui fut le terme utilisé à l'époque pour « démocratie directe ».
La Commune révolutionnaire revendiquait un gouvernement direct du peuple. Ce fut l'apogée de l'insurrection, pendant laquelle la rue maintint la pression sur la royauté, cela jusqu'à son abolition et la proclamation de la République. « La Commune doit légiférer et administrer elle-même, directement autant que possible ; le gouvernement représentatif doit être restreint au minimum ; tout ce que la Commune peut faire directement doit être décidé par elle, sans intermédiaire, sans délégation, ou par des délégués réduits au tôle de mandataires spéciaux, agissant sous le contrôle incessant des mandants . » Les hésitations de l'Assemblée puis de la Convention, les craintes envers la Commune et la radicalisation de la rue, renforcèrent les désirs des courants bourgeois de limiter, de corriger, voire de réprimer la souveraineté populaire. La bourgeoisie révolutionnaire s'inquiéta du progrès rapide de ce principe de démocratie directe dans les classes populaires, qui se trouvait en opposition frontale avec l'idée jacobine de démocratie représentative. A ce propos, on ne peut que soutenir l'affirmation selon laquelle la « méfiance à l'égard des modes et des organes de décision spontanément créés par le peuple, et finalement la répression à leur encontre » traduisent incontestablement la nature bourgeoise de la Révolution .
Pierre Kropotkine, malgré le fait qu'il n'eut accès qu'à des sources limitées, celles disponibles au début du XXe siècle, fit un véritable travail d'historien sur la Révolution. Et ce, en montrant clairement ses options politiques, réussissant ainsi à dégager les principes du mouvement social avec une vision d'avenir. Il affirma que ces principes étaient les précurseurs de la radicalité moderne en politique. « La Grande Révolution [...] fut la source de toutes les conceptions communistes, anarchistes et socialistes de notre époque . »
Le déplacement de l'esprit révolutionnaire
Sans s'égarer dans le déroulement complexe de la Grande Révolution, il importe de rappeler ici quelques lignes de forces. Tout d'abord, l'importance qu'y jouèrent les organisations populaires, les comités et les sections. On ne peut imaginer la vie politique des clubs, les affrontements entre les grands courants de la Révolution, sans ce ferment révolutionnaire, sans ce radicalisme de la rue. Un siècle plus tard, Karl Kautsky, théoricien social-démocrate, pourtant peu enclin à soutenir la spontanéité créatrice, reconnut que le soulèvement du peuple et l'initative collective furent à l'origine des moments les plus importants de la Révolution. « Les décisions importantes des diverses Assemblées nationales, de la Constituante, de la Législative, de la Convention ne faisaient que confirmer ce que le peuple avait déjà fait. Dans les combats révolutionnaires, ces assemblées apparaissaient beaucoup plus comme recevant des directives du peuple et non comme lui en donnant . » L'esprit et l'énergie révolutionnaires se déplacèrent constamment selon le changement de fonction des organisations. Kropotkine fut de ceux qui surent mettre en relief ce mouvement propre à toute situation révolutionnaire. Dans le jeu de l'action politique et des contradictions du processus révolutionnaire, les organisations populaires se vidèrent progressivement de leur fonction originale souveraine et se transformèrent en rouages de l'État. Ainsi, l'État centralisé réussit à enlever aux comités et aux sections populaires, qui étaient le fondement de la Commune révolutionnaire, leurs fonctions sociales, les soumettant ainsi à la bureaucratie centrale. L'importance donnée aux tâches policières de contrôle et de répression sociale, dans la situation de guerre déclarée de l'extérieur à la Révolution, fut déterminante dans cette soumission à l'État national. « L'État les avait dévorées [les sections]. Et leur mort fut la mort de la Révolution », écrit Pierre Kropotkine, citant au passage Michelet, lequel parlait de « l'anéantissement de la vie publique ». Le centre révolutionnaire se déplaça vers les clubs et l'écrasement de la Commune fut ainsi facilité. Il fut suivi par celui des tendances radicales des Enragés. Le fait qu'en 1793, les Jacobins appuyèrent la Commune révolutionnaire contre les Montagnards et la Convention pour, un an plus tard, se retourner contre elle et exécuter les chefs hébertistes (Chaumette et Hébert), fut une preuve supplémentaire de la nature politicienne, et donc opportuniste, de ce courant de la bourgeoisie radicale.
L'impasse de l'exception souveraine.
Noyée a posteriori dans le grand débat sur la Terreur, la question de l'exception souveraine fut facilement réduite à la vengeance populaire, à la seule action directe violente. Les Jacobins cherchaient à canaliser la « vengeance souveraine » vers la Terreur instituée, alors que les tendances plus modérées, les Girondins, identifiaient tout exercice direct de la souveraineté à l'anarchie et à la barbarie. On peut ainsi affirmer que la « vengeance instituée », la création de tribunaux révolutionnaires (1793) et la promulgation de lois répressives furent des mesures nécessaires pour canaliser les actions de souveraineté directe, en utilisant la terreur d'État pour neutraliser l'excès de souveraineté populaire . Comme disait Danton : « Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être ». Ainsi se voyait confirmée l' « incapacité » du peuple à exercer sa propre souveraineté, inévitable source d'excès, voire de « terreur ».
Nous devons aussi nous référer, sur cette question, à l'analyse perspicace de Karl Kautsky, pour qui l'usage de la terreur par le peuple fut plus qu'une « arme de guerre », destinée à décourager l'ennemi intérieur et à mobiliser contre l'ennemi extérieur. Certes, l'état de guerre avait imposé la Terreur. Mais elle fut aussi un produit de la situation historique. « Les événements leur [les sans-culottes] avaient mis le pouvoir entre les mains, mais leur interdisaient la mise sur pied d'institutions à leur avantage. Eux qui avaient à leur disposition les moyens du pouvoir dans toute la France, ne pouvaient et ne voulaient pas se soumettre volontairement à la misère que répandait sur eux le développement rapide de l'économie capitaliste et que la guerre aggravait. Ils furent obligés de le combattre par des interventions violentes dans la vie économiques, [...] mais sans arriver à pouvoir approcher de leur but. L'exploitation était comme une hydre, plus on lui coupait de têtes et plus en repoussaient de nouvelles. Pour atteindre leur but, les sans-culotte étaient poussés toujours plus loin . »
Plus le peuple luttait contre l'Ancien Régime, plus il renforçait le pouvoir des nouveaux exploiteurs. « Les circonstances rendaient intenable tout ce qui s'opposait à la révolution capitaliste . » Ainsi Kautsky suggère qu'une telle impasse rendait difficile l'exercice direct de la souveraineté, éloignait le peuple de tout projet émancipateur, le poussait au contraire vers la terreur.
La « dangerosité » du peuple
Le postulat de la « dangerosité » du peuple remontait à bien avant la Révolution et la philosophie des Lumières. Chez les philosophes anglais des instituions politiques de la fin du XVIIe siècle, Thomas Hobbes et John Locke, la révolte des opprimés ne peut jamais contester la légitimité des institutions politiques et du gouvernement. Elle peut, à la limite, être tolérée dans les situations d'abus du pouvoir. La pensée politique bourgeoise de la Révolution française ne rompit pas vraiment avec cette idée et continua à aborder l'intervention populaire avec prudence. Ainsi, dans l'imagerie du pouvoir post-thermidorien, les classes travailleuses furent progressivement transformées en classes dangereuses, bras armé des idées jacobines.
Plus tard, vers les années 1840, l'idée des « classes dangereuses » s'imposa dans la vision bourgeoise des révoltes populaires et des révolutions, vision affinée ensuite dans les analyses de Gustave Le Bon . L'image du peuple, du prolétariat naissant, devait coller à celle d'un regroupement de criminels potentiels, voire de déséquilibrés, à celle d'une masse désorganisée, informe, sauvage, en attente de guide éclairé et conscient. Jusqu'à nos jours, la crainte des actes aveugles et barbares des « foules » est un des arguments légitimant le système représentatif, qui se présente comme la seule forme viable, responsable, de démocratie. Le gouvernement de ceux qui savent bien faire à la place de ceux qui ne peuvent pas faire, pour reprendre l'idée de Robespierre et de ses amis. La conception jacobine d'une souveraineté déléguée à des dirigeants capables de défendre les intérêts du peuple dans le cadre du respect de l'intérêt de la nation tout entière et la construction d'un « contrat social » par le haut constituèrent le fil de la théorie politique démocratique.
Le triomphe du système représentatif sur les expériences d'exercice direct de la souveraineté populaire, la mise au pas de l'exception souveraine connurent un parcours discontinu et tumultueux au cours de la Révolution. Dans l'historiographie dominante, certains auteurs parmi les plus reconnus parlent bien d'une tendance « vers la pratique d'un gouvernement direct et l'instauration d'une démocratie populaire », une expérience faite de façon « spontanée et non comme l'application d'un système a priori ». Au lieu de saisir que « la démocratie directe se « déduit » bien, pratiquement et logiquement, de la souveraineté populaire », on a tendance à y voir une sorte de pratique politique infantile (au sens léniniste), intuitive, manquant de consistance théorique. Pratique qui cèderait ensuite la place à la vraie démocratie représentative fondée sur une théorie politique. Or le « spontané » renvoie ici, dans les mots mêmes de Pierre Kropotkine, aux idées qui surgissaient de l'expérience et des besoins concrets du moment et non d'une élaboration savante.
Le mandat impératif et l'attaque contre la souveraineté populaire
L'exercice direct de la souveraineté populaire fut un processus jalonné de vifs débats sur la nature de la délégation, sur la sélection des citoyens (revenu et sexe) dans la pratique de la démocratie directe et, surtout, sur la révocation des députés par ceux qui les ont mandatés, c'est la question dite du « mandat impératif ». Le but avoué de ce mandat était de lier les élus à leurs représentés. Ce qui n'alla pas de soi et ne fut pas sans créer de conflits. Ainsi fallait-il à chaque fois revenir devant les représentés ? Certains opposants évoquèrent des pratiques utopiques qui allaient à l'encontre du principe d'efficacité de gouvernement, et la nécessité d'« éviter l'anarchie ». Or, si le mandat impératif était revendiqué, c'était parce qu'il avait fonctionné dans les pratiques populaires d'avant et pendant la Révolution, et non parce qu'il était un rêve éloigné. Le côté spontané de la Révolution se manifesta justement dans la réappropriation d'expériences concrètes du peuple. Le combat politique pour le mandat impératif mené par les Enragés rencontra tout naturellement la farouche opposition des autres grandes tendances révolutionnaires qui furent souvent forcées de lâcher du lest, car la pression populaire pour la démocratie directe resta forte .
Les courants dominants de la Révolution, les Montagnards et les Girondins, malgré leur irréductible antagonisme, s'opposèrent à tout développement des pratiques de la démocratie directe. Ce fut le cas, par exemple, lorsque les Enragés et autres représentants des sans-culottes demandèrent une intervention de l'État et, surtout, des organisations populaires, sur le problème essentiel des subsistances. Ce qui séparait les Montagnards et les Girondins était donc moins fort que ce qui les unissait : l'opposition à la revendication populaire d'un contrôle des prix, ce dont les Enragés s'étaient faits les porte-parole. « Il est impossible à chacun de vous, leur dira Marat, de s'occuper continuellement des affaires de l'État, ce soin doit être commis à des représentants . Robespierre craignait quant à lui qu' « un excès de démocratie [...] renverse la souveraineté nationale ».
Nous l'avons vu, dans la Révolution, l'affrontement entre le courant voulant limiter l'exercice de la souveraineté populaire et celui défendant cet exercice se retrouva matérialisé dans l'opposition entre l'Assemblée souveraine et la Commune révolutionnaire, qui se révéla une organisation moins figée. À Paris, une Commune révolutionnaire fut constituée à partir de l'assemblée des sections des quartiers. Ces sections, à l'origine de simples organes électoralistes du tiers état, se transformèrent en mouvement révolutionnaire et devinrent des clubs de discussion ouverts. Dans le mouvement de la Révolution, elles constituèrent une force de pression sur la Commune, qui était vue (jusqu'à Thermidor) comme un « pouvoir populaire » plus proche de la souveraineté directe. Un pouvoir dangereux, car menaçant le système représentatif. Pour ne pas affronter la question, l'Assemblée insista pour identifier la Commune avec le passé, avec le Moyen Âge, lui attribuant le danger d'un éclatement de la nation. Certes, la forme « commune » datait du XIe siècle, remontant à la société féodale et aux libertés communales, à la défense des intérêts du tiers état des villes. La « commune libre médiévale » avait précédé la formation de l'État de la bourgeoisie et le parlement lui-même. A l'époque, elle était la manifestation concrète de la lutte que la bourgeoisie mena en vue d'abattre l'ordre féodal et de lui substituer son ordre à elle . Mais, pendant la Révolution, la nature de cette forme d'organisation s'était aussi transformée. La Commune se réclama du principe de l'unité et ne s'opposa pas au nouvel État centralisé. Elle réapparut, encore plus radicalement transformée, des années plus tard, en 1871.
Au départ, les sections – qui avaient succédé aux districts de la commune administration locale – élisaient directement des représentants au conseil municipal révolutionnaire, appelé la Commune de Paris. Ces représentants étaient placés sous le contrôle du peuple et révocables. Puis, la centralisation jacobine transforma ces sections en organismes du pouvoir de l'État central. Signal décisif de reprise en main : ce fut en 1793 qu'on interdit les clubs féminins. Si la dualité de pouvoir n'existait déjà plus avant la défaite des Jacobins, après Thermidor, le cours de la vie politique fut normalisé, les sociétés populaires, lieux de débat politique, puis les assemblées de section furent interdites, enfin le suffrage universel fut remplacé par le suffrage censitaire. Vider de tout pouvoir les formes d'exercice direct de la souveraineté du peuple, les clubs, les sections et la Commune, supprimer toute velléité de double pouvoir, tel fut le bilan politique de la Révolution jusqu'à Thermidor (juillet 1794). Bilan qui peut se résumer à la victoire du système représentatif parlementaire contre toutes les tendances opposées à la limitation de la souveraineté directe du peuple, y compris les plus hésitantes.
Questions sociales et souveraineté
Les limites posées progressivement à la souveraineté populaire avaient accompagné la dégradation des conditions de vie des pauvres. « Le problème social se présenta pendant la Grande Révolution surtout sous la forme de problème des subsistances et de problème de la terre . » Très vite, il s'imposa dans le débat politique. Les tendances les plus extrémistes des sans-culottes, les Leclerc, Roux, Varlet à Paris et Chalier et l'Ange à Lyon, les Enragés en général, n'eurent de cesse d'exhorter le peuple à s'emparer de l'exercice de la souveraineté. Faisant écho aux pressions de la rue, ils mirent la démocratie directe au centre de leur agitation . Ainsi, ce furent les conditions sociales mêmes de la révolution, la révolte des sans-culottes contre l'écart existant entre l'égalité de fait et l'égalité politique, contre la question de la propriété privée, leur revendication du partage des richesses, enfin la question agraire, qui donnèrent son énergie à la Révolution et nourrirent les propos des Enragés. « Ce que les pauvres réclament et imposent, les Enragés en font un programme . » On ne peut pas sous-estimer les possibles émancipateurs des propositions de ce courant du fait qu'il était minoritaire. On peut en revanche s'accorder avec Kropotkine qui décelait chez les Enragés une idée de l'avenir qui cherchait à s'imposer. « L'idée communiste, pendant toute la Révolution, a travaillé à se faire jour . »
Dans une de ses études de 1930 sur la Révolution, Karl Korsch écrivait : « La contradiction interne de cette révolution et plus spécialement de son expression la plus achevée, la dictature des Jacobins, se ramène au fait qu'elle visait à réaliser la liberté, l'égalité et la fraternité dans la sphère économique, en n'apportant à l'ancien régime féodal d'exploitation et d'oppression des masses travailleuses que des changements de forme tout en en laissant subsister l'essence, l'exacerbant même . » Ainsi, les tendances bourgeoises de la Révolution, les Jacobins les premiers, avaient constamment œuvré à dissocier la question sociale de la question de la souveraineté. Insistant sur le fait que l'égalité politique de la démocratie représentative ne devait pas être confondue avec l'égalité économique et sociale. On sait que si les Jacobins étaient politiquement autoritaires, ils tendaient à être libéraux lorsqu'il s'agissait de protéger la propriété privée. Robespierre le revendiqua ouvertement en s'opposant à la loi agraire, demandant la prise en considération de la richesse et des riches, incitant simplement ces derniers à respecter les pauvres : « L'égalité des biens est une chimère. Il s'agit bien plus de rendre la pauvreté honorable que de proscrire l'opulence . » Pourtant, Kropotkine remarqua que la force de l'idée communiste ne manqua pas d'influencer ceux qui la combattirent, y compris Robespierre : « Le superflu seul des denrées pourrait être objet de commerce : que le nécessaire appartenait à tous . » Kropotkine alla par ailleurs jusqu'à défendre la « supériorité » du courant communiste de la Grande Révolution sur le courant du socialisme de 1848. Dans la Grande Révolution, écrivait-il, le courant communiste « allait droit au but en s'attaquant à la répartition des produits ».
La passivité, voire l'indifférence, des classes pauvres vis-à-vis de la chute de l'« Incorruptible » a pu être interprétée dans le sens que l'ambiguïté de l'attitude de Robespierre avait été levée et que le peuple pressentait avoir perdu la partie. Les journées de Prairial de mai 1795, l'insurrection et les émeutes des faubourgs parisiens qui avaient toujours été au cœur des l'activité révolutionnaire, furent déclenchées par la dégradation des conditions de vie, l'inflation, le chômage et la famine, et non pas par la solidarité avec Robespierre et ses amis. Ce fut une révolte de nature sociale plus que politique. Et bien que les derniers chefs jacobins tentèrent encore d'en prendre la tête pour s'opposer à la Convention, le peuple n'avait plus de force organisée, son pouvoir de mobilisation était épuisé ».
L'épuisement de la Révolution et la voie étroite de l'avant-gardisme.
C'est précisément sur la défense de cette corrélation – pas d'exercice de souveraineté politique sans égalité économique et sociale – que toutes les tendances extrémistes de la Révolution ont bataillé. Après les Enragés et les hébertistes, ce fut le tour de Babeuf et ses amis d'accuser le gouvernement révolutionnaire d'avoir « dépouillé » le peuple de la souveraineté. Babeuf rappelait : « Là où il n'y a plus de droits, il n'y a plus de devoirs » ; tout en désignant l'ennemi : « Travaille beaucoup, mange peu, ou tu n'auras plus de travail et tu ne mangeras pas du tout. Voilà la loi barbare dictée par les capitaux . »
Le courant babouviste fut souvent mis en avant comme l'ennemi irréductible de la propriété privée et comme partisan d'un communisme distributif. Son programme s'inscrivait pourtant dans la continuité des propositions que les Enragés avaient, souvent dans le désordre et de façon individuelle, soumises à la Convention : réquisition et taxation des produits de base, lutte contre les accapareurs, nationalisation du commerce, terreur contre les classes de l'Ancien Régime, exercice plein de la souveraineté et de la démocratie directe et droits des femmes. Les babouvistes arrivèrent sur la scène de la Révolution après la répression des extrémistes menée par les Jacobins, et après Thermidor. Ils s'étaient organisés comme courant indépendant et fermé, clandestin même. Une fois de plus, on convoquera Pierre Kropotkine, pour sa mise en perspective des conceptions politiques du babouvisme dans le mouvement de la Révolution. Chez Babeuf, la conception du communisme était « étroite », elle prit corps lorsque la réaction thermidorienne eut mis fin au mouvement ascendant de la Grande Révolution. « L'idée d'arriver au communisme par la conspiration, au moyen d'une société secrète qui s'emparerait du pouvoir, est un produit de l'épuisement – non pas un effet de la sève montante de 1789 à 1793 . » Ses moyens d'action « en rapetissaient l'idée. Alors que beaucoup d'esprits comprenaient à cette époque que le mouvement vers le communisme serait le seul moyen d'assurer les conquêtes de la démocratie ». Le projet politique des Egaux était en effet porteur d'une contradiction majeure, héritée des limites de l'époque. Alors qu'ils dévoilaient clairement la fausseté du système représentatif parlementaire, qu'ils montraient que, en l'absence d'égalité économique, l'égalité formelle était un leurre, les babouvistes se voyaient comme une élite dirigeante, capable d'imposer, du haut vers le bas, une nouvelle forme de représentation « pour le bien du peuple », fondée sur les sections et les clubs, sur des assemblées populaires, qu'ils appelaient « assemblées de souveraineté ». La nouvelle organisation proposée se fondait sur l'abandon des revendications de souveraineté et de démocratie directe, elle devait être l'œuvre de la conspiration d'une minorité consciente, expression d'une forme extrême de dirigisme, et le respect de la souveraineté devait être garanti par les chefs de l'insurrection. « Après avoir posé les bases de l'économie sociale, propre à maintenir l'égalité, le comité de l'insurrection songeait à disposer les choses, de manière que le principe de la souveraineté du peuple ne fût jamais violé, c'est-à-dire à faire en sorte que nulle obligation ne put être imposée au peuple sans son consentement réel, qu'il pût facilement émettre sa volonté, et qu'il portât dans ses délibérations toute la maturité désirable . »
Il s'agissait donc d'un projet revendiquant la dictature révolutionnaire provisoire pour élargir la souveraineté populaire et bâtir « la vraie démocratie » de la future société communiste – construction contradictoire qui présageait d'autres modèles totalitaires à venir. Pour les babouvistes, la démocratie directe était, certes, directement liée à l'instauration de l'égalité économique, les deux étant toutefois soumis à l'action comploteuse d'une élite révolutionnaire décidée. L'ensemble de la pensée socialiste jacobine de l'après-Révolution incorpora sans mal leur projet et on a pu identifier une filiation directe entre les conceptions de Babeuf et Buonarroti et celles de Blanqui, Barbès et plus tard de l'Internationale elle-même . On retrouva cette conception dirigiste, modifiée dans la forme mais non dans son essence, dans la théorie de l'État de la social-démocratie et ensuite dans celle de la social-démocratie radicale, les bolcheviks. Pour ces courants, les organes de base des mouvement sociaux, conseils ou soviets, restaient une « exception souveraine », une force susceptible d'être instrumentalisée par le parti de ceux qui savent bien faire, dans le but de prendre et transformer l'appareil d'État nécessaire à la construction du socialisme.
Somme toute, dans son essence, c'était un programme jacobin avant-gardiste, lequel, remarquait en 1929 Karl Korsch, revenait à « accoupler la Constitution de 1793 et les revendications économiques et sociales de la classe ouvrière ». Selon cette conception, qui dominerait le développement ultérieur du mouvement socialiste, le communisme, sur le plan socio-économique, présuppose l'instauration préalable de la « démocratie radicale » de souche jacobine, l'État révolutionnaire . L'organisme qui dirige l'insurrection doit prendre la forme du parti d'avant-garde et l'État révolutionnaire doit être unitaire et centralisé, antifédéraliste.
14.07.2026 à 08:00
Actions sur plusieurs chantiers menés par le cabinet d'architectes A26 qui construit des CRA
Actions sur plusieurs chantiers menés par le cabinet d'architectes A26 qui construit des CRA
Tout au long du mois de juin, plusieurs chantiers des architectes A26 ont été tagués et recouverts d'affiches, dénonçant la complicité de l'agence dans la construction de Centres de Rétention Administrative (CRA).
Une dizaine d'affiches ont été collées à l'entrée du chantier de rénovation de l'Institut-Hôpital Curie (rue Gay Lussac dans le 5e arrondissement), sur le chantier dans le quartier des Longues Raies à Rosny-sous-Bois, et sur un autre dans le quartier de Rougemont à Sevran (à l'angle de la rue d'Aulnay et de la rue Charlie Chaplin), où des tags ont aussi été faits le long des palissades.

Des locaux d'A26 avaient déjà été envahis par des militant.e.s en avril 2026 pour ces mêmes raisons !
A26 cumule les contrats dégueu regroupés sous son pôle « protéger » (gendarmeries, tribunaux, prisons...). Tout ce qu'on aimerait voir partir en flammes ! On a commencé par visibiliser leurs dégueulasseries sur ces chantiers « innocents » pour inviter gentiment leurs collègues à prendre position.

Rubrique «À LIRE AILLEURS»